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Édition du lundi 9 mars 2015 | VOLUME LXXXII N O 22 - Le journal
Édition du lundi 9 mars 2015
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VOLUME LXXXII N O 22
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L Éditorial Marc-André Bonneau rédaction@larotonde.ca Discussions asexuées contre la violence Alors que le mouvement

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L Éditorial Marc-André Bonneau rédaction@larotonde.ca Discussions asexuées contre la violence Alors que le mouvement

Éditorial

L Éditorial Marc-André Bonneau rédaction@larotonde.ca Discussions asexuées contre la violence Alors que le mouvement

Marc-André Bonneau rédaction@larotonde.ca

L Éditorial Marc-André Bonneau rédaction@larotonde.ca Discussions asexuées contre la violence Alors que le mouvement

Discussions asexuées contre la violence

Discussions asexuées contre la violence Alors que le mouvement #Fem- mesSurLeWeb prend de l’am-

Alors que le mouvement #Fem- mesSurLeWeb prend de l’am- pleur, ses revendications rap- pellent l’urgence de décrier la violence à l’égard des femmes, qui prend des proportions inquiétantes dans l’espace numérique. Cet es- pace est aussi celui où le corps se dissipe, où les idées sont dissociées d’une identité physique. Cet envi- ronnement permet d’imaginer une discussion avant-gardiste sur les relations hommes–femmes, dans un espace où le sexe et le genre ne s’additionnent pas.

Raisonner la haine

Les poignantes dénonciations d’une lettre intitulée « Misogynie 2.0: harcèle- ment et violence en ligne », récemment publiée dans Le Devoir, critiquent la flambée de propos haineux à caractère sexuel dont les femmes sont victimes sur la toile. Les auteures revendiquent une plus grande implication des comi- tés éditoriaux sur les plateformes nu- mériques ainsi qu’un support juridique approprié.

L’amplification des rapports haineux dans l’espace numérique rappelle évi- demment la nécessité de dénoncer les inégalités entre les genres et les impacts du patriarcat sur la condition de la femme. Ces revendications ne sont pas nouvelles, mais elles dénoncent des iné-

galités qui s’articulent dans un nouveau contexte : l’espace virtuel.

Bien que ce nouvel environnement de discussion pose des défis uniques, notamment au niveau juridique, le dé- ploiement de ce débat sur le web nous permet aussi d’imaginer une discussion dans un terrain neutre. Les symboles traditionnellement associés à l’identi- té masculine ou féminine perdent de leur importance. Ce nouveau contexte permet à ses usagers de modeler leur identité sans que l’identité virtuelle soit définie par un déterminant biolo- gique. D’une façon particulièrement éloquente, le genre – comme construit social – existe sans le sexe – comme dé- terminant biologique.

Où la binarité se dissipe

Cette particularité nous permet d’ani- mer une discussion qui n’est pas enca- drée par la dichotomie entre les deux genres acceptés par la majorité, qui résulte de l’opposition directe entre les hommes et les femmes. Une fois que ce faux dilemme est abandonné, il est possible de réfléchir les inégalités des genres avec de nouveaux horizons.

Le mouvement #FemmesSurLeWeb crée adroitement une communauté importante et permet d’en sensibiliser d’autres sur l’égalité des genres. Mais l’environnement dans lequel s’animent ces revendications permet aussi d’ima- giner des relations qui vont au-delà des rapports hommes–femmes. Les discus- sions sur le genre sont malheureuse- ment trop souvent limitées par des ar-

ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE

guments qui réduisent la construction de l’identité à des aspects biologiques. Dans une conversation en tête à tête (ou corps à corps), la présence physique de l’individu tend à additionner le sexe et le genre. Dans l’espace virtuel, les usa- gers sont libres de construire leur iden- tité avec un minimum de contraintes, tel qu’en transformant noms et photos comme bon leur semble. Mais comment exploiter cette neutralité comme lieu de discussions saines?

Cogiter sans le corps

La valorisation de cette possibilité ne vise pas à mettre de côté l’importance de l’identité féminine dans les revendi- cations, ainsi que la dimension histo- rique sur laquelle s’appuie cette identi- té. Le potentiel de ce nouvel espace de discussion se présente plutôt comme une possibilité supplémentaire pour af- fronter les inégalités des genres et pour dépasser la dimension binaire du débat.

La critique du patriarcat doit s’ap- puyer sur des faits socio-historiques, mais soustraire une partie de la com- posante identitaire liée au débat permet une nouvelle réflexion sur les questions liées à la fois au sexe et au genre.

#FemmesSurLeWeb est une néces- sité, mais un #SurLeWeb tout court, qui fait abstraction du genre, est aussi primordial pour une discussion trans- personnelle. L’espace numérique a le potentiel d’alimenter une discussion sur l’égalité des genres sans que ces ré- flexions soient déterminées par l’identi- té des interlocuteurs. Profitons-en!

TABLE DES MATIÈRES

ACTUALITÉS

Mobilisation pancanadienne Processus d’embauche de l’U d’O Les femmes en politique Mois de la francophonie Chronique d’une acadienne Chronique de deux Fransaskois Chronique Brèves Revue de presse

ARTS ET CULTURE

Festival Diverciné Festival du film français Art Battle 234 Miami City Ballet Mieux connaître sa scène

Calendrier de la semaine

SPORTS et bien-être

Entrevue avec Sabrina Roy

Coupe Wilson Chronique Au rythme des Gee-Gees

Labyrinthes

Asiles

Opinions

Réponse du MER-UO à « une AG sur le campus est possible »

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Actualités Alex Jürgen Thumm actu2@larotonde.ca Mouvement étudiant révolutionnaire Mobilisations pancanadiennes pour
Actualités Alex Jürgen Thumm actu2@larotonde.ca Mouvement étudiant révolutionnaire Mobilisations pancanadiennes pour

Actualités

Alex Jürgen Thumm

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Actualités Alex Jürgen Thumm actu2@larotonde.ca Mouvement étudiant révolutionnaire Mobilisations pancanadiennes pour

Mouvement étudiant révolutionnaire

Mobilisations pancanadiennes pour l’accessibilité aux études

pancanadiennes pour l’accessibilité aux études Christopher Bernard actu1@larotonde.ca Le Mouvement

Christopher Bernard

actu1@larotonde.ca

aux études Christopher Bernard actu1@larotonde.ca Le Mouvement étudiant révolu- tionnaire planifie une

Le Mouvement étudiant révolu- tionnaire planifie une série d’ac- tions concertées sur plusieurs campus au Canada le 24 mars pro- chain. La journée d’action, qui se veut en solidarité avec la grève du Printemps 2014 et la lutte à l’aus- térité, touchera aussi le campus de l’Université d’Ottawa (U d’O). En entrevue avec La Rotonde, Jean-Philippe Ouellet, membre fondateur du Mouvement étudiant révolutionnaire d’Ottawa, a pré- senté les objectifs de la mobilisa- tion du 24 mars.

« Le 24 mars est une initiative du Mou- vement étudiant révolutionnaire pan- canadien. C’est une organisation qui a

commencé en 2011. On essaye d’être une alternative au mouvement étudiant actuel. Avec le printemps érable en 2012 au Québec, on s’est rendu compte qu’une mobilisation étudiante était possible. Non seulement c’est possible, mais c’est la seule réelle façon de combattre les frais de scolarité », explique Jean-Philippe Ouellet.

Le Mouvement est également très cri- tique des organisations étudiantes ac- tuelles. « Alors qu’on a vu au Québec qu’une mobilisation a mené à des résul- tats, ici, nos frais de scolarité continuent de monter. On voit que les tactiques pri- vilégiées par des groupes comme la Fé- dération canadienne des étudiants ne fonctionnent pas. Ils font du lobbying et croient que c’est suffisant d’avoir une ou deux manifestations ici et là mais ça ne marche pas, ça prend une mobilisation massive. On ne voit rien de concret ».

Si certains étudiants sur le campus ont pu sentir des tensions associées à la grève, Ouellet et son groupe ne craignent pas la controverse. « Nous, on ne voit aucun problème à poser des questions qui vont polariser la population étudiante. Ce n’est pas parce qu’on est tous étudiants qu’on

a les mêmes intérêts. Quand on pose les questions, on voit où tout le monde se situe, on veut forcer le débat. Pour nous c’est une très bonne chose », affirme-t-il.

Le Mouvement a une vision différente de l’attitude sur le campus. « Avant le début de la dernière Assemblée générale, on distribuait nos pamphlets et je te di- rais qu’une personne sur trois ou même sur deux était sympathique à l’idée d’une grève. Les gens comprennent que c’est la seule option ».

Journée d’action sur le campus

Si la journée d’action se déroule sur plu- sieurs campus simultanément, de la côte ouest jusqu’au Québec, il ne s’agira pas non plus d’un événement uniforme. « On va en profiter pour mettre de l’avant nos propres demandes pour rendre l’Univer- sité plus accessible. Honnêtement je ne suis pas au courant de ce que les autres chapitres vont faire, on s’attend à quelque chose de gros à Guelph et à Montréal évi- demment », explique Ouellet.

Le groupe a déjà commencé la planifi- cation des actions du 24 mars. « On va oc- cuper plusieurs espaces sur le campus. Ce

sera des espaces stratégiques par rapport à nos revendications. On devrait être ca- pable de mobiliser une quarantaine de personnes pour les occupations en plus de faire de la sensibilisation durant la journée ».

L’Assemblée générale

La journée d’action aura lieu le même jour que la deuxième Assemblée géné- rale de la Fédération étudiante de l’Uni- versité d’Ottawa (FÉUO). Plusieurs se souviendront que la motion apportée par le Mouvement révolutionnaire lors de la première assemblée, concernant l’évalua- tion de la possibilité de faire une grève, avait soulevé les passions. Malgré le fait que le quorum n’ait pas été atteint, plu- sieurs étudiants avaient tout de même tenu à prendre la parole pour s’opposer à une grève hypothétique.

L’Assemblée générale se tiendra le 24 mars au Centre des congrès d’Ottawa à partir de 17 h. La FÉUO n’a pas encore publié les motions présentées à cette AG car elles sont toujours en cours de tra- duction. Selon sa constitution, elles ne peuvent être publiées qu’une semaine avant l’AG.

ne peuvent être publiées qu’une semaine avant l’AG. CRÉDIT PHOTO : AYOUB BEN SESSI Le Mouvement

CRÉDIT PHOTO : AYOUB BEN SESSI

Le Mouvement étudiant révolutionnaire planifie une série d’actions concertées sur plusieurs campus au Canada, le 24 mars prochain.

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9 mars 2015

Actualités

actu2@larotonde.ca

SÉlection des professeurs

Coup d’oeil sur le processus d’embauche

des professeurs Coup d’oeil sur le processus d’embauche Frédérique Mazerolle informations@larotonde.ca Gloria

Frédérique Mazerolle

informations@larotonde.ca

Frédérique Mazerolle informations@larotonde.ca Gloria Charles-Pierre Bénévole L’Université d’Ottawa

Gloria Charles-Pierre

Bénévole

informations@larotonde.ca Gloria Charles-Pierre Bénévole L’Université d’Ottawa (U d’O) embauche plus de 2000

L’Université d’Ottawa (U d’O) embauche plus de 2000 profes- seurs réguliers, à temps partiel ainsi que des assistants par an- née pour combler tous les postes d’enseignement dans les diverses facultés. La Rotonde s’est pen- chée sur la question d’embauche des professeurs pour savoir com- ment les enseignants sont ame- nés à enseigner.

Les étudiants peuvent penser que les professeurs à temps plein ainsi que ceux à temps partiel sont égaux dans leurs tâches. Par contre, leur proces- sus d’embauche diffère puisque les deux partis ne sont pas représentés par le même syndicat, soit l’Associa- tion des professeurs de l’Université d’Ottawa (APUO) et l’Association des professeurs à temps partiel de l’Uni- versité d’Ottawa (APTPUO).

Selon les propos de Jules Carrière, vice-recteur associé aux affaires pro- fessorales de l’Université, le proces- sus d’embauche se fait plus rapide- ment pour les candidats aux postes à

temps partiel. Normalement, 30 jours après l’affichage des postes, les postes

à temps partiel sont comblés. Pour les

professeurs réguliers, ils doivent pas- ser devant un comité de sélection où on peut leur demander de faire une présentation. De plus, pour être en mesure d’obtenir leur permanence, les professeurs à temps plein doivent avoir accumulé au minimum quatre années d’enseignement dans un éta-

blissement postsecondaire, dont deux

à l’U d’O.

En ce qui concerne la langue, que ce soit pour enseigner en français ou en anglais, aucun examen général de compétence linguistique n’est requis au moment de l’embauche pour les candidats aux postes à temps plein ou à temps partiel. Cependant, comme l’indique l’article 11 de la Convention collective de l’APUO, la connaissance active ou passive de l’autre langue officielle peut être un atout pour un professeur qui voudrait demander sa permanence.

« Un examen n’est pas requis, mais au moment de son embauche, on s’at- tend à ce que le professeur ait une connaissance active de l’anglais ou du français. On peut exiger en outre qu’il ait un niveau donné (actif ou passif)

de connaissance de l’autre langue offi- cielle », explique M. Carrière.

Lucie Hotte, professeure titulaire au département de français de l’U d’O,

a eu la chance de faire partie de plu- sieurs comités d’embauches. Ceux-ci sont normalement composés de pro- fesseurs réguliers du département en question. Certains départements peuvent même aller chercher un re- présentant étudiant.

Cependant, elle explique également

que dans le cas de la Faculté des arts,

il est nécessaire pour tous les profes-

seurs qui veulent obtenir leur perma- nence de passer un test de compétence linguistique, compte tenu du fait que la majorité des programmes sont of- ferts dans les deux langues. Selon l’ar-

ticle 11.1 de la Convention collective, les facultés peuvent, si elles croient que c’est nécessaire, évaluer cette compétence.

« [La Faculté des arts] exige que tous les professeurs passe[nt] un test de compétence linguistique avant l’obtention de la permanence afin de s’assurer que le niveau de langue exi- gé lors de l’embauche est atteint », ex- plique-t-elle.

Pour ce qui en est du rang d’ensei- gnement du professeur, il en revient également aux facultés de prendre cette décision. Les professeurs sont normalement embauchés à titre de

Les professeurs sont normalement embauchés à titre de ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE professeur adjoint et peuvent

ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE

professeur adjoint et peuvent dès lors monter dans l’échelle professorale. « Lorsqu’ils obtiennent la perma- nence après cinq ans de probation, ils passent au rang d’agrégé, puis ils peuvent [faire] une demande de pro- motion au rang de titulaire cinq ans plus tard si leur dossier de recherche est de qualité supérieure et qu’ils ont de bonnes évaluations d’enseigne- ment », explique Mme Hotte. « Pas tous les professeurs deviendront titu- laire. Parfois, un professeur peut être embauché à un rang plus élevé que professeur adjoint, mais cela n’arrive que si le professeur a déjà un poste ail- leurs à ce rang plus élevé. Il a donc déjà beaucoup d’expérience comme profes- seur. Les facultés sont habituellement réticentes à embaucher quelqu’un à un rang supérieur au rang d’adjoint, car le salaire sera aussi plus élevé ».

Professeur titulaire : ne plus risquer le congédiement

Le titre de professeur titulaire, un système propre à l’Amérique du Nord, est le plus haut titre que l’on peut avoir en tant que professeur. Il pro- tège le professeur d’un congédiement sans cause dans la théorie, alors que dans les faits, les professeurs titulaires jouissent d’un poste permanent. Pour- quoi accorder un tel privilège? La titu- larisation sert à garantir l’autonomie et la liberté académique du chercheur.

Matthew Kerby, professeur titu- laire depuis trois ans au Département d’études politiques, possédait déjà sa permanence dans un autre établisse- ment où il enseignait et a postulé pour l’avoir à l’U d’O après un an d’ensei- gnement. En partageant sa perspec- tive sur la titularisation à La Rotonde, il a demandé que ses propos soient conservés dans leur intégrité.

Lorsque La Rotonde lui a demandé s’il croyait que tous les professeurs devraient bénéficier du statut de pro- fesseur titulaire, M. Kerby nous a ré- pondu que « si par statut vous faites référence au droit de mener et de diffuser de la recherche de bonne foi sans contrainte, oui, je crois que tous les professeurs devraient avoir droit à la titularisation. À la fin de la journée, la titularisation existe pour protéger la connaissance. Pour le faire, ceux qui produisent les recherches doivent savoir qu’ils peuvent le faire sans en- trave. ([I]f by “status” you mean the right to conduct and disseminate re- search in good faith free from exter- nal interference then yes, I do think all “professors” should be entitled to that status. At the end of the day tenure exists to protect knowledge. In order to do that those who produce research need to know that they can pursue that knowledge unhindered) ».

4 LaRotonde.ca @LaRotonde larotonde.ca
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Actualités

Actualités actu2@larotonde.ca 9 mars 2015

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9 mars 2015

#FemmesEnPolitique

« Il n’y a pas de meilleur endroit qu’ici pour en parler » - Wynne

pas de meilleur endroit qu’ici pour en parler » - Wynne Clémence Labasse nouvelles@larotonde.ca C’est

Clémence Labasse

nouvelles@larotonde.ca

parler » - Wynne Clémence Labasse nouvelles@larotonde.ca C’est accompagnée par la clameur d’une salle comble

C’est accompagnée par la clameur d’une salle comble d’étudiants que Ka- thleen Wynne est arrivée à l’Universi- té d’Ottawa (U d’O) jeudi dernier. La première ministre de l’Ontario a réaf- firmé sa détermination de faire avan- cer concrètement la cause des femmes durant son mandat.

L’allocution clôturait un après-midi de discussions dédiées à l’enjeu des femmes et de la politique orchestrée par le mouvement jeVote. Colloque, table ronde et finalement allocution, à quelques jours de la Journée internationale de la femme, la Faculté des sciences sociales a proposé une réflexion sur la place des femmes en politique. De la salle de conférence intime à l’allocution grand public, l’événement aura mobilisé les foules. Retour sur une journée de discussions.

Mettre en place des stratégies d’action

« Pourquoi est-ce important de parler de femmes en politique? Parce que la sphère politique est, dans sa nature même, le lieu où la société prend des décisions collectives et imagine et construit son futur? » C’est par ces mots que Caroline Andrew, professeure émé- rite qui présidait le premier colloque, a inau- guré la journée.

Dans les institutions gouvernementales, lieux où se manifeste plus conventionnelle- ment la politique, les femmes restent large- ment sous-représentées. Nancy Perkins du mouvement Voix Égale a, en début de journée, tenu à rappeler quelques statistiques clés. « Il n’y a que 25 % de femmes dans la chambre des communes », a-t-elle souligné. Aux paliers provincial et municipal, on retrouverait plus ou moins ces mêmes proportions.

L’importance et l’influence des mouve- ments populaires, la réforme du processus de nomination, le leadership des femmes au- tochtones, ainsi que le comportement des mé- dias et de l’électorat sont autant de sujets qui ont été explorés au cours de cette table ronde.

Les intervenants du premier panel, univer- sitaires et praticiens, en plus de se pencher sur les causes du problème, ont mis la priorité sur l’action. « Il faut transformer les défis en opportunités », a d’ailleurs déclaré l’avocate

Nancy Peckford.

La politique de l’intérieur

Travaillant souvent dans les coulisses, trois femmes en sont sorties pour parler de leurs expériences dans le monde de la politique et des défis qu’il reste à relever. Trois femmes élues, trois femmes chef de cabinet, trois femmes diplômées de l’U d’O. Interrogées par

trois femmes diplômées de l’U d’O. Interrogées par CRÉDIT PHOTO : AYOUB BEN SESSI La première

CRÉDIT PHOTO : AYOUB BEN SESSI

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, lors de son allocution à l’U d’O, jeudi dernier.

la rédactrice de Maclean’s, Anne Kingston, Katie Telford et Michele Austin ont ainsi sou- ligné les difficultés des femmes à s’imposer en politique dans le climat actuel et les incohé- rences des attentes à leur égard.

L’environnement dans lequel évoluent les femmes, notamment dans l’arène politique, est hostile et valorise les traits masculins aux dépens des autres, selon Katie Telford, du Parti libéral. « On nous demande de penser comme un homme, d’agir comme un homme, d’être comme un homme, mais dès lors que l’on s’y applique, la femme perd sa féminité et cela lui est reproché », a-t-elle remarqué.

Il existe de nombreuses femmes compé- tentes qu’il faut pousser à aller de l’avant. Ce- pendant, il faut penser autrement. « Nous de- vons arrêter de penser les femmes candidates comme des femmes candidates, mais seule- ment des candidates », a souligné Michele Austin de Summa Strategies. « Les femmes peuvent gagner des élections, elles peuvent être des gagnantes ».

Anne McGrath, directrice nationale du Nouveau Parti démocratique, a d’ailleurs tenu à faire remarquer que jamais de sa carrière elle n’avait entendu d’homme douter de ses capacités à concourir pour une nomination.

Qui sont les mères de la Confédération?

Dans son intervention très attendue, la première ministre de l’Ontario a soutenu que la société doit encourager les femmes

à prendre les devants. Elle a témoigné avec franchise de son propre chemin, un chemin qu’elle décrit comme parsemé d’embuches.

« Il y a eu des barrières parce que je suis une femme. Des barrières parce que je suis une lesbienne. Et comme le faisait remar- quer l’un de mes voisins surpris de me savoir première ministre, des barrières parce que j’étais une mère. Il m’a dit “C’est incroyable que vous y soyez arrivée. Vous n’êtes qu’une mère.” ».

ajoute-t-elle,

mieux préparée à sa tâche qu’être mère.

Pourtant,

rien

ne

l’avait

Trop souvent, on mesure le succès et l’in- fluence des femmes par leur nombre au sein des organes de pouvoir politiques ou écono- miques, mais il ne faut pas pour autant mi- nimiser le rôle des mères dans ces cercles de pouvoir, insiste la première ministre.

Projetant à l’écran la photo des « Pères de la Confédération », elle a ironisé « où sont donc les mères de la Fédération? »

Ultimement, « il ne s’agit pas de recher- cher l’égalité pour l’amour de l’égalité », a précisé la première ministre en français. « Nous devons bâtir une société plus égali- taire pour tout le monde ».

jeVote : une entreprise étudiante

Troisième édition de jeVote, une initia- tive qui est majoritairement dirigée par les étudiants, l’événement aura réuni quelques

centaines d’étudiants, hommes comme femmes. Très commentées sur Twitter et sur les autres réseaux sociaux, ces conférences en auront touché un très grand nombre.

« Pour moi la première ministre a touché des points très pertinents. Selon moi il est clair que les femmes doivent prendre plus de place dans l’arène politique », assure Rami Marsit, étudiant de troisième année en sciences de la santé. Philipe Lavoie, étudiant de deuxième année en études internatio- nales et langues modernes, abonde dans le même sens : « Dans la société canadienne, l’idée qu’une femme ne peut pas concilier avoir des enfants et avoir une carrière est encore forte ».

Sara Minaelea, étudiante, organisatrice et coordinatrice des bénévoles pour jeVote, est ravie du déroulement de la journée. « Voir tellement d’étudiants, hommes comme femmes, avec leur carrière devant eux, s’in- téresser aux dynamiques des femmes en politique et essayer de comprendre les dy- namiques en jeu auprès de personnalités impliquées dans ce monde, de la première ministre de l’Ontario elle-même, me rend particulièrement enthousiaste », confie-t- elle.

Avec l’approche des élections fédérales, d’autres événements du même acabit vont être tenus. « Nous ne pouvons donner plus de détails, parce que nous n’en sommes nous-mêmes pas sûrs », a plaisanté Minae- lea. « Mais ce n’est certainement pas la fin ».

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9 mars 2015

Actualités

actu2@larotonde.ca

Mois de la Francophonie Redécouvrir les couleurs de l’Acadie

chronique

Ode à mon Acadie, aus- si complexe qu’elle soit

Frédérique Mazerolle

informations@larotonde.ca

soit Frédérique Mazerolle informations@larotonde.ca Je suis née à Caraquet, au Nouveau-Brunswick. « La

Je suis née à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.

« La capitale nationale de l’Acadie », comme le pan-

neau d’accueil l’indique. Une Acadienne pur-sang. Dès mon jeune âge, on m’a appris qu’il fallait célé- brer cet héritage pour lequel mes ancêtres s’étaient battus de peine et de misère contre le Grand méchant anglophone. Mes souvenirs du 15 août se traduisent par beaucoup de bruits, de visages peinturés aux cou- leurs de ma patrie, de chandails « Bec moi, chu aca-

dien(ne)! » et de rues remplies de gens proclamant haut et fort leur amour de l’Acadie. Seulement, je com- pris plus tard que la majorité d’entre eux voyaient tout simplement cette fête nationale comme une autre ex- cuse pour prendre un verre (ou une bouteille) de trop. À l’école, c’était encore la même histoire. Dès le pri- maire, nous connaissions tous l’histoire d’Évangéline et Gabriel, nos Roméo et Juliette acadiens, victimes du Grand Dérangement de 1755. Nous connaissions tous Louis-J. Robichaud, militant acadien, pour qui nous devions être reconnaissants, car c’est lui qui a fait en sorte que nous pouvions être éduqués en fran- çais. Nous connaissions tous les mots de la chanson

« Réveille » de Zachary Richard, musicien cajun, qui

nous rappelait les injustices et les exploits des héros

acadiens. L’héritage acadien a été ancré dans nos têtes, que nous le voulions ou non. Ayant habité à la fois dans le nord et dans le sud

du Nouveau-Brunswick, il va sans dire que la réalité acadienne n’est pas la même partout. Au contraire, les Acadiens du sud de la province sont confrontés à une dualité linguistique plus prononcée qu’au nord. Bref,

il n’était pas rare d’entendre des élèves parler le chiac ou même exclusivement l’anglais dans les corridors. Ils étaient cependant vite réprimandés par les ensei- gnants, craignant l’assimilation linguistique contre laquelle bien d’autres s’étaient battus avant nous. Avant de terminer mon secondaire, j’ai eu la chance

de faire un stage dans un journal de ma région, l’Étoile. Comme premier texte, on m’avait offert d’écrire un texte subjectif sur le sujet de mon choix. Sans même

y penser, je me suis assise devant mon ordinateur et

j’ai transcrit ma frustration concernant les difficultés en français chez les élèves de mon école secondaire. Le texte fut publié la semaine suivante. Les commen- taires ont été mixtes et par moment, désagréables. Ma frustration envers mon héritage linguistique n’a fait que grandir. Je voulais tout simplement pratiquer mon français dit standard et sortir de ma peau d’Aca- dienne. Avant mon déménagement à Ottawa, on m’avait promis « des Acadiens en masse », ce que je voyais comme une couverture de sécurité, alors que j’ai plutôt eu droit à des anglophones unilingues, des étudiants en immersion française et à quelques exceptions des compagnons québécois et franco-ontariens. L’Acadie est partout, mais où était-elle à ce moment-là? C’est dès lors que j’ai compris l’envers de la médaille. Sans renier le fait qu’il est important d’avoir une bonne maîtrise du français standard, j’ai également pris conscience de l’importance de mon héritage. Mon accent, que les gens remarquent dès mes premières phrases, fait partie de mon identité. Comment pour- rais-je renier mon identité? Il est évident que mon opinion de la francophonie change constamment. Elle va continuer de changer. Elle sera teintée par les gens que je vais rencontrer, par les médias, par mon Acadie. Cependant, une chose est certaine : on peut sortir l’Acadienne de l’Aca- die, mais on ne peut pas sortir l’Acadie de l’Acadienne.

die, mais on ne peut pas sortir l’Acadie de l’Acadienne. Frédérique Mazerolle informations@larotonde.ca Même si

Frédérique Mazerolle

informations@larotonde.ca

Frédérique Mazerolle informations@larotonde.ca Même si plusieurs historiens pro- posent que l’Acadie est

Même si plusieurs historiens pro- posent que l’Acadie est géographique- ment formée des provinces du Nou- veau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard, il est tout de même difficile de cerner où se trouve cette région. Pour plusieurs, l’Acadie est partout, c’est-à-dire n’importe où se trouvent des gens de descendance aca- dienne.

Avec son histoire vieille de plus de 400 ans, l’Acadie a été à la fois sous l’occupation fran- çaise, puis sous l’occupation des Anglais, qui ne se sont pas montrés aussi cordiaux. Chassés de leurs terres en 1775, les Acadiens sont revenus en force pour s’y établir à nouveau. Aujourd’hui, le peuple acadien est reconnu pour la fierté qu’il ressent envers sa culture et ses multiples dia- lectes.

Historique de l’Acadie

C’est en 1604 que Samuel de Champlain, car- tographe et explorateur français, et son équi- page, envoyés par le roi Henri III, débarquent

sur l’Île Sainte-Croix, située au bord de l’état du Maine et juste au-dessous de la province du Nouveau-Brunswick.

Ayant mis les pieds sur le «Nouveau Monde», Champlain et ses accompagnateurs s’instal- lèrent avec les autochtones qui habitaient déjà l’île. Cependant, après un an, Champlain se désintéressa de la région et repartit en France. Quatre ans plus tard, il deviendra le fondateur de la Nouvelle-France.

Plusieurs colons décidèrent d’y rester, voyant dans la région un potentiel indéniable. Ils durent par contre se déplacer vers Port-Royal, situé dans le compté d’Annapolis, en Nou- velle-Écosse, en raison des conditions hiver- nales rudes qui furent difficiles pour les colons, auxquelles certains n’ont pas survécu.

Entretemps, la France et l’Angleterre ne ces- sèrent de s’affronter pour la Nouvelle-France. En 1740, les Anglais s’emparèrent éventuelle- ment de l’Acadie, sous la direction de Charles Lawrence comme lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse en 1753. Agacés par la neutra- lité des Acadiens face à la couronne britannique, Lawrence ordonna la déportation de près de 2000 Acadiens vers les colonies britanniques du sud, qui deviendront les premiers états amé- ricains. Certains d’entre eux se sont rendus en Louisiane, ce qui explique aujourd’hui la pré- sence acadienne (ou communément appelée cajun) dans cet état. De 1763 jusqu’à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867, les Acadiens sont revenus sur leurs terres, mais cette fois pour s’installer majoritairement dans

mais cette fois pour s’installer majoritairement dans ILLISTRATION : ANDREY GOSSE le nord du Nouveau-Brunswick,

ILLISTRATION : ANDREY GOSSE

le nord du Nouveau-Brunswick, dans la région de la péninsule acadienne.

La Révolution tranquille à saveur aca- dienne

Après avoir été déportés de leurs terres une première fois, les Acadiens ont décidé de ne plus reculer et de militer pour leurs droits culturels et linguistiques. Plusieurs journaux franco- phones, comme le Moniteur Acadien à Shédiac (N.-B.), L’Évangéline à Digby (N.-É.) et L’Im- partial (Î.-P.-É.) furent créés suite à la Confé- dération, ainsi que plusieurs conseils scolaires et linguistiques, veillant à la promotion et la protection de la langue française. L’Université Sainte-Anne, créée en 1890, deviendra la pre- mière université francophone en Acadie.

Durant les deux premières Conventions na- tionales acadiennes, qui eurent lieu respecti- vement à Memramcook (N.-B.) en 1881 et à Miscouche (Î.-P.-É.) en 1884, les Acadiens ont choisi le 15 aout comme fête nationale, le dra- peau tricolore étoile, ainsi que l’hymne « Ave Maris Stella ».

Les Acadiens ont souffert de la présence do- minante d’anglophones et leurs revendications se sont amplifiées lorsque Louis-J. Robichaud, militant des droits acadiens et francophones, de- vint premier ministre du Nouveau-Brunswick. En 1969, la province devient la première pro- vince canadienne officiellement bilingue. L’Uni- versité de Moncton vit le jour en 1963 et devien- dra l’université francophone la plus importante des Maritimes.

L’Acadie contemporaine

Après s’être battues pour une éducation en français, c’est en 1982 avec la Loi constitution- nelle que les provinces de l’Acadie obtiennent le droit à des écoles francophones. On voit égale- ment la naissance d’organismes comme la So- ciété de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et la Fédération des Acadiens de la Nouvelle-Écosse.

Plusieurs figures acadiennes se sont dé- marquées sur la scène nationale, comme l’au- teure Antonine Maillet, qui donna naissance au personnage de La Sagouine, et Roméo Le- blanc, qui deviendra le premier acadien à être nommé gouverneur général du Canada. Sur la scène musicale, des artistes comme Wilfred Le- Bouthillier, Roch Voisine et Natasha St-Pier se sont hissés en haut des palmarès de la musique francophone.

On assiste également à une montée en popu- larité de la musique chiac, dialecte acadien mé- langeant le français, l’anglais, des mots inusités du vieux-français et des mots inventés. Des ar- tistes musicaux comme Lisa Leblanc, Radio-Ra- dio et les Hay Babies affichent sans gêne leur héritage acadien dans leurs compositions.

Chaque année, la communauté acadienne est invitée à faire du bruit et à célébrer son héritage lors de la fête nationale, le 15 aout. Le plus gros rassemblement se déroule à Caraquet, au Nou- veau-Brunswick. Depuis 1999, il y également le Congrès mondial acadien, qui se déroule durant la période estivale du mois d’aout chaque quatre ans. Le dernier, qui s’est déroulé en 2014, a eu lieu dans trois régions : le Maine, le nord-ouest du Nouveau-Brunswick et la région du Témis- couata, au Québec.

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Actualités

Actualités actu2@larotonde.ca 9 mars 2015

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9 mars 2015

Mois de la francophonie : chroniques de deux Fransaskois

Qui sont les Fransaskois?

: chroniques de deux Fransaskois Qui sont les Fransaskois? Geoffrey Carter Bénévole Les Fransas-quoi? Malgré le

Geoffrey Carter

Bénévole

Qui sont les Fransaskois? Geoffrey Carter Bénévole Les Fransas-quoi? Malgré le fait que nous ne soyons

Les Fransas-quoi? Malgré le fait que nous ne soyons que quelques dizaines à l’Université d’Ottawa, la communauté fransaskoise est vibrante et en croissance chez nous en Saskatchewan, spécialement chez les jeunes.

En effet, les 13 écoles secondaires réu- nies dans une seule division scolaire pour toute la province voient pour la plupart une augmentation dans leur base d’étudiants. Par exemple, l’école francophone à Saska- toon, l’École canadienne-française, a dû se diviser en école élémentaire et secondaire en 2009, une division rapidement suivie par celle de Régina un an après.

Bref, il y a un intérêt accru pour ap- prendre le français en Saskatchewan et cette division scolaire provinciale va loin pour assurer la vibrance de la communau- té francophone dans la province. C’est un rôle crucial puisque les francophones qui ne vivent pas en milieu urbain se trouvent isolés dans de petites communautés telles que Bellevue, Zénon Park, Gravelbourg et Bellegarde. Par la fin du secondaire, c’est difficile de ne pas connaître presque tous les étudiants francophones en Saska- tchewan avec les tournois de hockey salon, les jeux du Conseil des écoles fransaskoises et Francofièvre, un rassemblement annuel de plus de 2000 jeunes. Ces évènements ne réunissent pas seulement les étudiants, mais souvent la communauté francophone entière qui vient supporter l’évènement par n’importe quel moyen possible.

Un autre membre important de la com- munauté fransaskoise est certainement l’AJF (Association jeunesse fransaskoise). C’est un organisme créé par les jeunes pour les jeunes Fransaskois entre 12 et 25 ans et il compte parmi ses evènements

CRÉDIT PHOTO : COURTOISIE

un Parlement jeunesse, l’Équipe saska- tchewanaise pour les Jeux de la Franco- phonie et un voyage à Winnipeg pour le Festival du Voyageur. Récemment, nous avons vu de nombreux succès chez nos artistes émergents, comme Shawn Jobin, Mario Lepage et Alexis Normand, pour en nommer quelques-uns, sans oublier les Fransaskois célèbres qui les ont précédés, tels que Carmen Campagne, Joe Fafard et la gouverneure générale Jeanne Sauvé, qui est née à Prud’homme, une petite commu- nauté fransaskoise.

Ceci étant dit, il y a toujours des défis d’assimilation en Saskatchewan, parti- culièrement vis-à-vis des écoles grandis-

santes. Il y a toujours un équilibre à établir entre ouvrir les écoles à davantage d’étu- diants et s’assurer que le français soit la langue principale parlée entre les élèves. Souvent, les jeunes vivant dans un milieu anglophone ont une meilleure apprécia- tion de leur francophonie à la fin de leur secondaire. Pourtant, quand ils quittent le secondaire, les options sont très limi- tées quant aux études postsecondaires en français dans leur propre province. Malgré la présence de l’Institut français

à l’Université de Régina qui propose des

baccalauréats ès arts et en éducation, le manque de diversité dans l’offre des pro- grammes crée un phénomène de fuite avec les Fransaskois les plus ambitieux quittant la province pour leur postsecondaire et hé-

sitant à revenir dû au manque d’emplois

dans leur langue de préférence. C’est alors que la population fransaskoise est en fluc- tuation entre 1 % et 2 % de la population saskatchewanaise et aura de la difficulté

à surmonter ces chiffres sans la présence d’options postsecondaires francophones dans la province.

Ceci étant dit, c’est une communauté francophone bien soudée à travers la pro- vince et certainement, si tu en rencontres un ou une, tu es sûr de le savoir parce qu’il te le dira avec un grand sourire pour te voir répondre, un peu confus, « Fran- sas-quoi? ».

Une Fransaskoisie inclusive

confus, « Fran - sas-quoi? ». Une Fransaskoisie inclusive Alex Jürgen Thumm actu2@larotonde.ca La Fransaskoisie ne
confus, « Fran - sas-quoi? ». Une Fransaskoisie inclusive Alex Jürgen Thumm actu2@larotonde.ca La Fransaskoisie ne

Alex Jürgen Thumm

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inclusive Alex Jürgen Thumm actu2@larotonde.ca La Fransaskoisie ne m’a pas bercé comme nouveau-né, mais

La Fransaskoisie ne m’a pas bercé comme nouveau-né, mais elle m’a accueilli à bras ouverts dès que nous avons faits connaissance. Elle est infiniment accueillante. Ça a pris 15 ans avant que je ne la croise et du jour au lendemain, elle m’a adopté même si ma famille ne parlait pas un mot de français.

En grandissant à Saskatoon, une ville presque aussi peuplée que Ga- tineau, j’ignorais complètement qu’il y avait des francophones parmi nous. Je ne l’aurais pas cru. J’ap- prenais cependant le français pour le plaisir. Un jour, une amie de ma famille m’a fait part de l’existence de Gravelbourg, une ville de 1200 âmes à à peine trois heures au sud- est. J’étais bouche bée, il fallait que je la voie.

L’année d’après, je me suis inscrit en 11e année au pensionnat Col- lège Mathieu à Gravelbourg. Pour 5000 $, on m’a nourri et logé et j’étais bien à l’aise. Il ne fallait pas payer de droits de scolarité. Nous étions 22 élèves à l’école et cinq en 11 e année et c’était peut-être la meilleure et la plus formatrice an- née de ma vie. Pour une fois, j’avais une identité collective, une apparte- nance. Je n’étais plus ni le « nazi » unique comme je l’étais au primaire

CRÉDIT PHOTO : COURTOISIE

ni un simple anglophone qui res- semble à tous les autres. Je dois beaucoup aux Fransaskois. Même si je ne m’appelais pas Gaudet ou For- tier, je n’étais jamais un étranger ou considéré comme étranger.

Les Fransaskois sont un peu uniques, en effet. Notre accent n’est pas toujours perçu comme étant francophone malheureusement, et de moins en moins de jeunes choi- sissent de parler le français en de- hors de l’école. Toutefois, nous sommes un fait et nous ne dispa- raissons guère.

La Fransaskoisie ne doit pas sa croissance relative à des gens comme moi, pourtant. Je l’attri- bue plutôt à la migration, surtout du Québec et de différents pays africains. En effet, plusieurs statis- tiques se montrent en notre faveur : plus de 4 % des Saskatchewanais parlent français, Saint Isidore de Bellevue compte une population francophone de 78 % et le nombre de francophones se renforce par rapport à la croissance de la popula- tion en général.

Néanmoins, beaucoup de Saska- tchewanais ignorent la présence du fait français chez eux. Nous restons invisibles aux anglophones. Je me souviens qu’une camarade de classe est montée un jour dans l’autobus à Saskatoon et a montré sa carte étu- diante de l’École canadienne-fran- çaise afin de payer le tarif étudiant. Le conducteur ne s’est pas laissé convaincre qu’une telle école exis- tait à Saskatoon, il croyait donc que sa carte étudiante devait être une fausse. Elle a dû payer le tarif adulte. Une élève fransaskoise paraît ne pas être toujours reconnue comme une élève.

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9 mars 2015

Actualités

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Chronique

Oui, M. Rock, le transport coûte plus cher à Ottawa

Alex Jürgen Thumm

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plus cher à Ottawa Alex Jürgen Thumm actu2@larotonde.ca Pour la dernière édition de La Ro- tonde

Pour la dernière édition de La Ro- tonde, mon collègue Chris Bernard et moi avions interviewé le recteur de l’Université d’Ottawa, Allan Rock. Je lui avait demandé s’il était justifiable que le U-Pass, obligatoire pour les étudiants, soit le plus cher au Canada. La deuxième partie de ma question :

si vous croyez que les étudiants paient trop cher, l’Université pourrait-elle in-

tervenir, tasser la Fédération étudiante de côté, et renégocier avec OC Transpo? Il peut aussi prendre exemple sur l’Uni- versité de l’Alberta, qui donne un rabais annuel de 51,66 $ à ses étudiants, parce qu’elle se sent mal pour eux. M. Rock a pourtant, à bon droit, relan- cé la question à moi : « Quand je prends le bus, je paie cher, plus cher que dans d’autres villes. OC Transpo coûte cher. Avez-vous fait les calculs pour voir si le U-Pass n’est pas relatif au tarif régulier? Je suis certain que ça va faire une diffé- rence dans votre jugement ». Non, je n’avais pas fait les calculs. Or, je n’ai pas cru que notre U-Pass ressorti- rait plus justifiable. Donc, j’ai fait les maths plus tard chez moi et il est évident que même compte tenu du tarif régulier, les étudiants à Ottawa paient trop. Rappelons-nous que le U-Pass ottavien coûte 376 $ par année. Si on divise cette somme par le tarif régulier actuel de 3,45 $, il résulte qu’il faut faire 109 déplacements pour que notre U-Pass en vaille la peine. Bon, notre méthodologie est établie.

À Halifax, où le U-Pass coûte 146 $ et

un trajet simple 2,50 $, il ne faut que 58 déplacements pour que le U-Pass ait du sens.

À Calgary, 76 déplacements. À Water-

loo, 87 déplacements. Edmonton, où le U-Pass est valide pour trois réseaux dif- férents, 80 déplacements. À Vancouver, le nombre de déplace- ments n’est que trois de moins qu’à Ot- tawa (106) si on compte se déplacer que dans une seule zone tarifaire. Le réseau de transport vancouvérois compte trois zones et il est vrai qu’une grande partie de la population étudiante habite les banlieues de Richmond et de Burnaby, soit la zone 2. L’une des universités, Si- mon Fraser, se trouve à Burnaby, donc il faut nécessairement payer deux zones si l’on veut se rendre au centre-ville. Là, en traversant deux zones, le U-Pass se paie après seulement 74 déplacements. Habitez-vous Surrey? Que 53 déplace- ments. Si les villes plus petites qu’Ottawa comme Halifax, les villes comparables comme Calgary et les régions métropo- litaines plus grandes comme Vancouver sont toutes capables d’offrir un U-Pass moins cher, et ce, même en proportion aux tarifs réguliers, pourquoi pas Ot- tawa? M. Rock, voilà la recherche que vous m’avez demandée. J’espère que vous re- considérerez votre position.

EN BREF

Mois de la francophonie : l’U d’O impose l’inscription sur Facebook

L’Université d’Ottawa (U d’O) fait la promotion d’un concours pour gagner un forfait VIP pour le spectacle de Radio Radio, le 12 mars, dans le cadre du Mois de la francophonie. Pour s’inscrire au tirage, il est nécessaire de le faire avec un compte Facebook et tout autre moyen d’inscription est exclu. « Toutes les fiches de participation reçues doivent être obligatoirement via Facebook », explique Alexandre Boileau du Service de vie communautaire. Quoique les conditions du concours stipulent que celui-ci n’est aucunement associé à Facebook, le manque de flexibilité du Service de vie communautaire profite à Facebook, dont les revenus croissent avec une augmentation de son usage. Dans un vox pop auprès de dix étudiants au Centre universitaire, sept ont affirmé à La Rotonde qu’ils jugent « injuste » que l’Université exclut les étudiants de ses concours s’ils ne sont pas des usagers de Facebook. Le forfait à gagner comprend un aller-retour en limousine, un souper d’une valeur de 100 $, deux billets pour le spectacle et une rencontre avec les artistes.

L’U d’O tente de rejeter le recours collectif des joueurs de hockey

L’Université d’Ottawa (U d’O) et le recteur Allan Rock ont déposé une motion pour demander le rejet du recours collectif de 6 millions de dollars des anciens membres de l’équipe de hockey des Gee-Gees. L’U d’O explique avoir l’in- tention de lutter contre le recours collectif, mais refuse de commenter sur sa stratégie.

La STO investit 8 millions de dollars

La Société des transports de l’Outaouais (STO) déboursera 8 millions de dollars pour un nouveau réseau d’informa- tion en temps réel à base d’un système mondial de positionnement (GPS), ce qui lui permettra de rattraper la tech- nologie d’OC Transpo. L’échéancier de réalisation s’échelonnera de mars 2015 à décembre 2017. Cette nouvelle est accompagnée par une hausse d’achalandage de 4,2 % comparativement à janvier 2014.

Ottawa continue la fluoration de l’eau

Santé publique d’Ottawa persiste dans son soutien de l’eau fluorée selon Le Droit, malgré une nouvelle étude britan- nique dévoilant un risque plus élevé d’entre 40 et 60 % d’une maladie de la glande thyroïde. La fluoration coûte à la ville 400 000 $ par année. Gatineau a cessé la pratique en 2010. Au Canada, 42 % de la population est desservie par de l’eau fluorée.

Alex Jürgen Thumm Chef actualités

REVUE DE PRESSE

Samuel Poulin correcteur@larotonde.ca

Samuel Poulin

correcteur@larotonde.ca

Samuel Poulin correcteur@larotonde.ca

Des commentaires le bannissent du campus

Dal Gazette, Université Dalhousie

Coupures de notes pour les étudiants québécois

Quartier libre, Université de Montréal

Amazon devient libraire universi- taire

Quartier libre, Université de Montréal

Un étudiant au doctorat en théâtre de l’Université Dalhousie, Nick Ba- ros-Johnson, a reçu une liste de la part du service de protection de l’établisse- ment lui indiquant qu’il était mainte- nant banni de la majorité des bâtiments du campus. Baros-Johson aurait publié des commentaires sur les réseaux so- ciaux en référence au scandale impli- quant des étudiants du Département de dentisterie qui avaient exprimé des propos misogynes, l’année dernière. Ba- ros-Johnson soutient cependant que ses commentaires voulaient plutôt contrer la misogynie. Rappelons que le service de protection de l’Université basée à Ha- lifax n’est pas dans l’obligation d’infor- mer l’administration de ses décisions de bannir un étudiant du campus.

Le contexte d’austérité économique au Québec pourrait pousser les professeurs des institutions postsecondaires québé- coises à s’inspirer d’une tactique de grève employée par les corps professoraux fran- çais. Une majorité de professeurs du cam- pus d’Orsay de l’Université Paris-Sud, en France, ont choisi de ne pas afficher les notes de leurs étudiants pour une période indéfinie, selon ce que rapporte le Quartier libre. Le vice-président du regroupement universitaire de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Qué- bec, Sylvain Marois, se fait hésitant quant à la tactique française, qui « pénalise les étudiants ». Ce dernier ajoute que « pour le moment, on évalue l’ampleur du dégât, on veut surtout pénaliser le gouvernement qui saccage l’enseignement supérieur ».

Les étudiants universitaires améri- cains dépensent 10,3 milliards de dol- lars par année pour des manuels sco- laires. Le 3 février dernier, Amazon a ouvert sa première succursale physique sur le campus de l’Université Purdue en Indiana, ce qui s’annonce comme le début d’un projet d’envergure pour l’entreprise. Selon le quotidien améri- cain The Wall Street Journal, Amazon payera 1,7 million de dollars à l’Univer- sité Purdue sur les quatre prochaines années dans le but d’assurer sa pré- sence sur le campus. Dans le cadre de l’entente, les étudiants pourront com- mander des livres et les recevoir 24 heures plus tard aux locaux d’Amazon sur leur campus.

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Arts et culture culture@larotonde.ca Alexandre Millaire et Didier Pilon La septième édition des « Femmys
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Arts et culture

Arts et culture culture@larotonde.ca Alexandre Millaire et Didier Pilon La septième édition des « Femmys »

culture@larotonde.ca

Alexandre Millaire et Didier Pilon

culture@larotonde.ca Alexandre Millaire et Didier Pilon La septième édition des « Femmys » Changements sociaux

La septième édition des « Femmys »

Changements sociaux en action

édition des « Femmys » Changements sociaux en action Alexandre Millaire cultures@larotonde.ca En entretient avec

Alexandre Millaire

cultures@larotonde.ca

sociaux en action Alexandre Millaire cultures@larotonde.ca En entretient avec La Rotonde , Jackie Hansen explique le

En entretient avec La Rotonde, Jackie Hansen explique le rôle qu’occupe les « Femmys » dans la com- munauté ottavienne. cinq prix ont été accordés cette année à des femmes qui se sont distinguées pour la cause fémi- niste dans les champs de l’activisme, du travail académique, des services de la santé, et du féminisme global ainsi qu’un prix d’excellence pour l’ensemble des réalisations.

La Rotonde : D’où vient l’inspiration pour les « Femmys » ?

JH : Les Femmys ont commencé comme une façon d’honorer l’engagement des féministes lo- cales vers l’égalité des sexes. On a des gens qui travaillent à l’échelle locale, provinciale, natio- nale et même internationale, tous basés ici à Ot- tawa. C’est une manière de dire « Tu sais quoi?, on a des incroyables femmes qui font des choses étonnantes dans cette communauté, qu’on se rassemble pour célébrer leur réalisations ». Ce soir, c’est notre manière de dire « we kick butt ».

LR : D’où viennent les fonds pour la cé- lébration?

JH : Des organismes tels que Amnesty Interna- tional et Oxfam qui contribuent un peu d’argent

vers l’événement. C’est vraiment important pour nous que l’événement soit gratuit et accessible. Il y a un service de garderie gratuit, de la nourriture gratuite et aucun coût d’entrée, alors on est com- mis à ce que ce soit un vrai événement féministe, accessible à tous les femmes.

LR : Combien de prix étaient accor- dés ce soir?

JH : Il y en avait cinq, et il y a des trophées, cette notre version des Oscars. […] On avait Sandy Harmer, qui gère un centre de toxico- manie pour femmes à Kanata depuis plus de quatre décennies ; Dr. Angel Foster, de l’U d’O, son travail se concentre sur les droits sexuels et reproductifs ; Dr. Dawn Moore, qui étudie la violence faite aux femmes, elle lutte haut et fort pour des endroits sûrs à l’Univer- sité Carleton et est la présidente du conseil d’administration du Camp Ten Oaks pour des jeunes queer ; Colleen Cardinal, qui travaille au Families and Sisters in Spirit, […] elle fait un travail incroyable à l’égard des femmes disparues et assassinées, ayant perdu deux membres de sa famille – incluant sa sœur – à la violence ; et Liz Burnstein, directrice gé- nérale du Nobel Women’s Initiative, qui ras- semble tous les lauréates du Prix Nobel de la Paix pour travailler en collectivité.

LR : Quelles sont les entraves les plus importantes aux femmes ici à Ottawa?

JH : […] On est chanceux puisqu’en Onta- rio il y a la Loi Toby, qui protège les gens contre la discrimination basée sur l’identité sexuelle, par contre, si tu es dans un espace fédéral, tu n’as plus le droit à la même protec- tion. On travail fort à Amnesty International

protec - tion. On travail fort à Amnesty International CRÉDIT PHOTO : AYOUB BEN SESSI Une

CRÉDIT PHOTO : AYOUB BEN SESSI

Une simulation éclatante de débat de chefs de partis.

et dans d’autres organismes sur le Projet de loi C-279, qui est au sénat en ce moment et qui changerait le code criminel canadien et la loi canadienne sur les droits de la personne afin d’ajouter l’identité sexuelle comme base protégée contre la discrimination. Malheu- reusement, un amendement horrifiant a été passé la semaine dernière afin d’exempter le projet de n’importe quel endroit ségrégé par sexe, essentiellement où ils en ont besoin le

plus : des salles de toilettes, des salles de re- change, des centres de crise et des refuges. Pour ceux qui cherchent à s’impliquer dans

la lutte contre l’amendement du Projet de loi

C-279, appellez ou écrivez le Sénateur Do- nald Platt.

LR : Quelles étapes faut-il toujours prendre à Ottawa pour soutenir l’éga- lité des sexes?

JH : Ce que je ressens à cet événement à chaque année est la puissance. Il y a un sen- timent merveilleux lorsque tu regroupes 400 féministes dans une salle et tu ressens qu’on peut changer les choses. Ce qui nous réunit le plus en ce moment est l’appel d’un débat durant les élections fédérales au sujet des enjeux des femmes et des filles au Canada. […] On est plus que la demie des électeurs! Voulez-vous parler des questions qui nous concernent?

Lecture de Karyn Freedman

Une histoire de viol et de récupération

de Karyn Freedman Une histoire de viol et de récupération Didier Pilon culture@larotonde.ca Octopus Book sur

Didier Pilon

culture@larotonde.ca

viol et de récupération Didier Pilon culture@larotonde.ca Octopus Book sur la rue Bank a invité Karyn

Octopus Book sur la rue Bank a invité Karyn Freedman, professeure de philoso- phie à l’Université de Guelph, pour lire un extrait de son livre One Hour in Paris : A True Story of Rape and Recovery, mardi dernier. Au deuxième étage du 251 rue Bank, la

petite librairie Octopus Book se spécialise en littérature engagée. Parmi les clas- siques de Chomsky et Klein on y retrouve aussi des textes d’auteurs de la région qui militent pour la justice sociale. Le livre de Freedman décrit son expé- rience à Paris, en 1990, alors qu’elle fut victime d’un viol agressif et violent, à la merci d’une lame contre sa gorge. Tou- tefois, plutôt que de se limiter à décrire ce crime certes trop commun, elle utilise son bagage conceptuel en tant qu’épisté- mologue pour partager son fait vécu de cet expérience non seulement pendant le

crime, mais surtout à travers le proces- sus de rétablissement. Elle décrit donc de manière à la fois songée et fluide la phénoménologie des crises de panique

qu’elle a souffert, des troubles de stress post-traumatique, des personnes qu’elle

a blâmées et même des erreurs qu’elle a

commises. La beauté du récit est dans sa modestie, soit son effort de comprendre et de pen- ser une expérience particulière sans pré- tendre parler de tous les cas similaires. L’auteure arrive à dégager les moments positifs de cette histoire d’horreur : les

forces policières qui ont bien répondu, ses parents qui l’ont aidée, etc. Mais sur- tout, c’est la description de sentiments de honte et de culpabilité qui, en dépit de son éducation et de ses facultés cogni- tives, l’accompagne secrètement tout au long de sa récupération. Pei-Ju Wang, la coordonnatrice de l’événement, organise un atelier le 17 mars, 18 h 30, intitulé Consent and the Law en présence de Sunny Marriner du Ottawa Rape Crisis Centre et Elizabeth Sheehy, professeure de droit à l’U d’O.

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9 mars 2015

Arts et culture

culture@larotonde.ca

9 mars 2015 Arts et culture culture@larotonde.ca Programmation internationale Soirées francophones au ByTowne

Programmation internationale Soirées francophones au ByTowne

Romane Baleynaud Bénévole

Soirées francophones au ByTowne Romane Baleynaud Bénévole La projection de Meutre à Pa- cot au cinéma

La projection de Meutre à Pa- cot au cinéma ByTowne, en pré- sence du réalisateur haïtien Raoul Peck, a inauguré plus d’une se- maine de cinéma francophone, samedi dernier. Du 7 au 15 mars, l’Ambassade de France au Canada et le ministère du patri- moine canadien, en collaboration avec l’Institut Canadien du Film (ICF) et le cinéma ByTowne, pré- sentent pour la 13 e année consé- cutive une dizaine de films fran- cophones dans le cadre du festival DiverCiné.

L’objectif de cet événement est de célébrer la production cinématogra- phique francophone dans sa diversité. En effet, comme le souligne le critique de films et directeur de l’ICF, Tom Mc- Sorley, Ottawa, à l’instar de Montréal ou Toronto, ne propose pas de festival international du film, ce qui est déplo- rable en raison de sa qualité de capi- tale bilingue. Ce grand cinéphile écume donc les festivals de ces métropoles canadiennes et celui de Cannes, où il y sélectionne « la crème de la crème », le meilleur des œuvres qui y sont présen-

tées. Cette démarche donne lieu à la sé- lection de DiverCiné, qui se révèle, cette année encore, riche et diversifiée. Il s’agit alors de donner accès au pu- blic ottavien à des œuvres d’une qualité reconnue, peu diffusées dans les salles de la capitale. Ce festival offre l’oppor- tunité d’effectuer un tour du monde de la francophonie, qui est à l’honneur du- rant ces quelques soirées, par le biais de réalisations françaises, mais aussi canadiennes, roumaines, polonaises, mauritaniennes, haïtiennes, suisses et belges. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges, avec des comé- dies joyeuses, des romances drama- tiques ou des portraits du quotidien où transparaît la complexité des relations humaines. Pour autant, tous ces longs métrages se montrent émouvants, poé- tiques et bien faits. McSorley recommande de ne pas manquer le film belge Tokyo Fiancée présenté le 11 mars. Cette romance en toute simplicité montre le mélange des cultures avec émotion, humour et finesse. Bref, « c’est un petit bijou », se- lon le témoignage du directeur. L’évé- nement se clôt quatre soirs plus tard dans le rire et la légèreté avec l’émou- vant film québécois en noir et blanc de Stéphane Lafleur, Tu dors Nicole. Pour chaque film, les tarifs s’élèvent à 12 $, 8 $ pour les membres du ciné- ma ByTowne, de l’Institut Canadien du Film et du Musée des beaux-arts, qui bénéficient également de carnets de six films à 30 $, en vente à 40 $ au tarif normal.

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Critique de FILM

Meurtre à Pacot, de Raoul Peck

@LaRotonde Critique de FILM Meurtre à Pacot , de Raoul Peck Clémence Labasse nouvelles@larotonde.ca Nous sommes

Clémence Labasse nouvelles@larotonde.ca

, de Raoul Peck Clémence Labasse nouvelles@larotonde.ca Nous sommes le lendemain du trem- blement de terre

Nous sommes le lendemain du trem- blement de terre en Haïti de 2010. La poussière vient de retomber, les murs tremblent encore, mais la tourmente des esprits ne fait que commencer. À Pacot, quartier prospère de Port-au-Prince, un couple (Alex Descat et la chanteuse-ac- trice Ayo) se trouve contraint de louer ce qui reste d’habitable de leur maison, une villa qui à chaque secousse manque de s’effondrer un peu plus. Alex (Thi- bault Vinçon), un travailleur de l’aide humanitaire étrangère, emménage et avec lui sa petite amie haïtienne An- drémise (Lovely Kermonde Fifi), une jeune femme sexy et entreprenante, mais aussi dérangeante. Le principe semble simple : quatre personnages et un meurtre à la fin.

Après un documentaire sur la catas- trophe en 2012, Assistance mortelle, Raoul Peck file dans cette fiction com- plémentaire, métaphore d’une force déroutante. Ce huis clos complexe, qui se déroule sur huit jours, a de faux airs de pièce de théâtre, où les quelques personnages principaux sont enfermés dans les décombres de leur propre mai- son et où la volonté de vivre se confronte au désespoir et même à la présence am- biante de la mort. Lentement, l’atmos- phère se construit, les tempéraments s’échauffent, la tension sexuelle grandit, les cultures s’entrechoquent et l’étau se resserre sur les personnages. Raoul Peck, avec une précision de maître, aborde les thèmes de conflit de classes, de responsabilité et de justice, dans un monde où il semble que les pendules se soient arrêtées. Le film qui dépeint une société dont les fondations s’effritent et qui pourtant peine à se remettre en question. Comme le dit l’Homme :

« Nous étions des bêtes avant et nous sommes des bêtes après ».

des bêtes avant et nous sommes des bêtes après ». Le réalisateur haïtien, Raoul Peck. CRÉDIT

Le réalisateur haïtien, Raoul Peck.

CRÉDIT PHOTO : MAYSEM ATYAOUI

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Arts et culture

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9 mars 2015

Arts et culture culture@larotonde.ca 9 mars 2015 Festival du film français Campus Films Matinées

Festival du film français Campus Films

Matinées cinématographiques

du film français Campus Films Matinées cinématographiques Alexandre Millaire cultures@larotonde.ca En conjonction avec

Alexandre Millaire

cultures@larotonde.ca

cinématographiques Alexandre Millaire cultures@larotonde.ca En conjonction avec l’Ambas- sade de France au Canada, le

En conjonction avec l’Ambas-

sade de France au Canada, le Ser-

vice

de vie communautaire offrait

dix

visionnements de films dans

le cadre du Mois de la francopho- nie, dont plusieurs nominations au Festival de film de Cannes.

Quoiqu’inusité de faire la projection de films dès 8 h 30, quelques dizaines d’étudiants se sont rassemblés pour les visionnements matinaux de Campus Films dans le calme du 12 e étage du pa- villon Desmarais. Des films d’origines belge, coréenne, française et sénéga-

laise donnaient appétit de découvrir la richesse francophone des quatre coins du globe. Les sous-titres anglais per- mettaient l’appréciation des sélections par un public plus large.

Bien que le choix de nom anglais pour un festival de films français ainsi que les visionnements répétés des films La pirogue et Ma part du gâteau sou- lèvent certaines intérrogations, le festi- val disposait d’une variété satisfaisante de style et de contenu. Avec plusieurs organismes faisant la promotion et la production d’œuvres cinématogra- phiques à Ottawa telles que IFCO et le Ottawa International Film Festival, un rapprochement entre le festival et ceux-ci encouragerait l’apport de plus de contenu étudiant dans le futur. Le popcorn gratuit – qui goûte drôlement bon le matin – était une touche bien ap- préciée du public.

le matin – était une touche bien ap- préciée du public. CRÉDIT PHOTO : COURTOISIE CRÉDIT

CRÉDIT PHOTO : COURTOISIE

CRÉDIT PHOTO : AYOUB BEN SESSI

Quai d’Orsay

De la BD au grand écran

Ahmed Gabtni

Bénévole

d’Orsay De la BD au grand écran Ahmed Gabtni Bénévole Pour son 22 e long métrage,

Pour son 22 e long métrage, Bertrand Tavernier a choisi de s’approprier la BD à succès, Quai d’Orsay de Christophe Blain et Abel Lanzac pour son adaptation cinématographique homonyme.

Le film nous plonge au cœur du ministère français des Affaires étran- gères pour nous raconter l’histoire d’un jeune diplômé d’une école d’ad- ministration appelé à travailler en tant qu’écrivain de discours sous le ministre Alexandre Taillard de Worms.

Sous la forme d’une comédie, le film nous dévoile les coulisses du fonc- tionnement du Ministère des Affaires étrangères, entre crises diploma- tiques à gérer et rédaction de discours qui doivent plaire à tout le monde, en particulier au ministre si bien joué par Thierry Lhermitte, à qui on doit une très belle prestation dans cette œuvre du cinéma français.

Le rythme au Quai d’Orsay est fré- nétique, s’accordant à la réalité de l’univers qu’il dépeint où tout peut tomber à n’importe quel moment et où il faut être prêt à réagir à tout ins- tant.

Alors que la plupart des comédies jouent sur le pastiche, le registre ici

des comédies jouent sur le pastiche, le registre ici CRÉDIT PHOTO : COURTOISE est clairement celui

CRÉDIT PHOTO : COURTOISE

est clairement celui de la caricature, un art autrement plus difficile. Mais Tavernier et sa troupe d’acteurs y excellent vraiment avec le comédien Niels Arestrup qui incarne fabuleu- sement le directeur de cabinet, tout en douceur et dévouement, constam- ment au bord de l’épuisement, ce qui lui a d’ores et déjà valu le césar du meilleur acteur dans un second rôle.

Finalement, si on fait abstraction du côté parodique qu’on reproche parfois d’être un peu lourd, Quai d’Orsay nous livre un regard sans complaisance sur le monde politique dans une comédie bien écrite, juste, parfaitement rythmée, jouée par des acteurs d’une tessiture parfaite et le tout accompagné d’une musique pleine d’entrain.

Couleur de peau : Miel LaRotonde.ca @LaRotonde larotonde.ca 11
Couleur de peau : Miel
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9 mars 2015

Arts et culture

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Art Battle 234

Confrontation artistique

Maude-Érica Desjardins Bénévole silencieux qui permet aux spectateurs de ra- mener à leur domicile d’étonnantes
Maude-Érica Desjardins
Bénévole
silencieux qui permet aux spectateurs de ra-
mener à leur domicile d’étonnantes œuvres
d’art réalisées dans un court laps de temps.
Art Battle 234 est un événement
mensuel qui permet à des artistes
peintres de performer devant un pu-
blic enthousiaste et friand de com-
pétitivité créative. La dernière édi-
tion a eu lieu le vendredi 6 mars à
19 h dans la cour des arts d’Ottawa.
C’est la cinquième édition de cette
compétition qui permet aux specta-
teurs d’interagir et de découvrir le
talent de nos artistes régionaux.
Cette compétition n’est pas seulement
réservée aux artistes professionnels, tout le
monde peut s’y inscrire. Les amateurs, les
artistes émergents et les professionnels sont
en compétition pour obtenir le vote du pu-
blic. Pour assurer une certaine égalité entre
les concurrents, il y a des restrictions sur le
médium utilisé, les outils et les couleurs. Les
participants doivent obligatoirement utili-
ser de la peinture acrylique sur un canevas
de format standard. Seuls les outils non mé-
caniques sont autorisés et les participants
doivent tous travailler avec les mêmes cou-
leurs de base.
Art Battle 234 est un nouveau véhicule
qui permet aux artistes d’être vus, non
seulement au niveau local, mais également
national. Cette compétition a pour objectif
de trouver le ou la meilleure peintre de la
région d’Ottawa dans le but de représenter
la capitale au « Championnat national Art
Battle ».
La beauté dans la performance en direct
est l’interaction entre les artistes et les spec-
tateurs. « Art Battle 234 » tente de briser
les barrières du monde de l’art et de rendre
accessible à tous cet univers unique de créa-
tion esthétique.
Le concept de cet événement est interactif
puisque les spectateurs ont un pouvoir déci-
sionnel sur le vainqueur de la compétition.
Les concurrents doivent créer une œuvre en
20 minutes devant une foule d’individus qui
observent de près leur processus créatif. Par
la suite, le public vote pour leur tableau pré-
féré, ce qui permet de déterminer le vain-
queur. La soirée se termine avec un encan
L’artiste et ancien participant, Peter
Purdy, est l’organisateur de cette compéti-
tion qui soutient la création artistique in-
dividuelle et collective de la communauté
ontarienne. Il explique que « l’événement a
pour objectif d’inspirer les gens à suivre leur
passion et de renforcer la communauté ar-
tistique dans son ensemble ».
La grande gagnante de cette édition du 6
mars 2015 est l’artiste Galina Ponomarenko.
édition du 6 mars 2015 est l’artiste Galina Ponomarenko. CRÉDIT PHOTOS : AYOUB BEN SESSI Miami

CRÉDIT PHOTOS : AYOUB BEN SESSI

Miami City Ballet

Du classique au néo-classique

Maïlys Besson

Bénévole

Du classique au néo-classique Maïlys Besson Bénévole Le Centre national des Arts d’Ot- tawa a invité

Le Centre national des Arts d’Ot- tawa a invité le Miami City Ballet à présenter un programme compo- sé de trois chorégraphies des plus diversifiées. Avant les spectacles, une discussion a été présentée par la productrice générale du CNA pour la danse, Cathy Lévy, avec la directrice artistique de la compa- gnie, Lourdes Lopez.

Le Miami City Ballet se produit partout aux États-Unis et est aussi connu grâce à ses tournées à l’étranger. La compagnie est dirigée par l’ancienne danseuse pri- mée maintes fois, Lourdes Lopez, cu- baine ayant immigré enfant aux États- Unis. La compagnie possède un vaste et divers répertoire. Les danseurs passent donc de chorégraphies aussi classiques que le Tschaikovsky Pas de deux de George Balanchine ou Carmen de Ri- chard Alston et aussi modernes que Symphonic Dances d’Alexei Ratmansky. Tout le spectacle étant accompagné par l’orchestre du CNA, les spectateurs ont droit à un concert en plus de la danse.

En premier, Carmen propose une créa- tivité tant chorégraphique que scénique. La mise en scène y est en effet débor- dante de créativité : les cartes de tarot d’une bohémienne servent d’éventail, accessoire typique dans Carmen ; les menottes passées aux poignets de Car- men et de Don José sont utilisées pour leur duo, les liant physiquement l’un à l’autre. Les costumes sont tous diffé- rents, comme les coiffures des danseuses en chignon, queue de cheval ou cheveux lâchés : cela permet de voir les danseurs de manière individuelle avec leurs par- ticularités comme l’a évoqué Lourde Lopez avant le spectacle. De costumes traditionnels espagnols à volants pour

les femmes et pantalons serrés pour les hommes, on passe à d’extravagants cos- tumes multicolores, scintillants de satin et de paillettes. Le jeu de lumière est de même travaillé : bleu en complémenta- rité avec les couleurs chaudes orangées des premiers costumes, puis rouge avant le meurtre et enfin d’un blanc froid et cinglant pendant la mort de Carmen. Au rythme de l’arrangement Carmen Suite de Schchedrin d’après Bizet, l’ambiance est tantôt frénétique, tantôt langoureuse. Le personnage de Carmen est lui-même tout en complexité : léger, gracieux, sé- duisant avec caractère et assurance.

Ensuite, le Tschaikovsky Pas de Deux, initialement composé par Tchaikovsky pour le Lac des Cygnes, a été repris pour un duo gracieux se distinguant par ses prouesses techniques. La danseuse im- pressionne en effet par sa rapidité de bas de jambes et de tours lors de son manège, tandis que le danseur éblouit par ses sauts et tours suspendus en l’air. Tous les deux sont talentueux en tech- nique, mais aussi en interprétation, ce qui donne l’impression de simplicité tant recherchée en danse pour le specta- teur. La ballerine semble flotter légère- ment au-dessus du sol, prête à s’envoler comme un cygne grâce aux portés avec son partenaire.

Enfin, les Symhponic Dances présente un élan novateur dans le répertoire clas- sique, au rythme tourmenté de la mu- sique de Rachmaninoff. Commençant dans une pénombre intrigante et téné- breuse, les danseurs en tenues couleur chair, semblent se fondre en un corps de ballet fantomatique. Puis, vient une valse onirique allégée par les robes flot- tantes et colorées des danseuses don- nant l’impression d’être sur un nuage de coton, bien que les danseurs soient vêtus de costumes sombres agrémentés d’une fleur rose exubérante. Cela se finit sur une chorégraphie composée d’un tel nombre de chorégraphies différentes, en même temps sur la scène, que cela coupe le souffle du spectateur, hypnotisé par ces danses symphoniques.

du spectateur, hypnotisé par ces danses symphoniques. CRÉDIT PHOTO : COURTOISE L’événement Art Battlle 234

CRÉDIT PHOTO : COURTOISE

L’événement Art Battlle 234 est une compétition entre des artistes peintres de la région. 12
L’événement Art Battlle 234 est une compétition entre des artistes peintres de la région.
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Arts et culture

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9 mars 2015

MIEUX CONNAÎTRE SA SCÈNE

Mehdi Hamdad

« La seule chose qui compte, c’est le feu qui pousse à créer »

chose qui compte, c’est le feu qui pousse à créer » Didier Pilon culture@larotonde.ca Avec des

Didier Pilon

culture@larotonde.ca

qui pousse à créer » Didier Pilon culture@larotonde.ca Avec des cris déchaînés enivrants se mélangeant et

Avec des cris déchaînés enivrants se mélangeant et des soupirs mélo- diques attendrissants, la musique et poésie de Mehdi Cayenne Club s’em- parent tout entier des spectateurs pour une expérience musicale holis- tique.

Avec une carte de route qui inclut une résidence en France avec Francis Cabrel et Grand Corps Malade, des concerts avec Alex Nevsky et Saul Williams, quatre prix au Fes- tival de la chanson Petite-Vallée ainsi qu’une prestation à la télévision à Belle et Bum, Mehdi Cayenne Club perce rapidement la grande scène musicale. Humble, ce chan- teur-musicien-poète confie qu’il demeure plus fier de ses petits spectacles dans des prisons, des maisons de retraite, des écoles, des cafés, des bars et, bien sûr, dans la rue.

Mehdi Cayenne Club est le projet musical de Mehdi Hamdad. Au cours des dernières années, plusieurs musiciens de la région d’Ottawa-Gatineau (bassistes, guitariste, percussionnistes) ont participé à cette plate- forme et contribué à la force créative du groupe. « Je travaille – en fait je joue – avec des gens que j’admire et que j’aime », confie Hamdad, « et donc j’accueille et je cherche la différence ». Dans sa forme actuelle, le groupe est composé de Mehdi à la guitare et au chant, d’Olivier Bernatchez à la batterie (qui joue aussi avec Le Havre) et de François Gravel au clavier. Le trio clavier et drums permet d’explorer des sons parfois com- plexes, parfois minimalistes.

Né en Algérie, grandi à Montréal, Moncton et Ottawa, Mehdi se dit étranger perpétuel. Sa musique se voit une réflexion ouverte et assumée de sa personne et de son parcours diasporique. Au-delà d’un style musical uni, elle s’exprime comme point de convergence des forces culturelles qui l’ont façonnée : l’ici et l’ailleurs, le nouveau et l’ancien. « C’est par l’hybride que je suis naturellement – le fait que moi j’ai le cul entre deux chaises, linguistiquement, culturellement, musica- lement –, que je me sens pertinent à mon époque », s’exprime le chanteur.

Ainsi, à ses airs se mélangent le familier des mélodies pop folklorique et la dissonance et les cassures rythmiques d’un post-punk pe- sant. Son plus récent album, Na Na Boo Boo, est une collection de chansons hétéroclites qui emprunte autant aux narratives poé- tiques prononcées à la Jean Leloup, qu’aux arrangements indie pop à la Malajube ; au folk minimaliste qu’au post-rock écrasant. Bref, il échappe les comparatifs simplistes en créant un style bien unique.

Cette polyphonie de style est le résultat de ses goûts particulièrement variés. Alors qu’il a grandi en écoutant à la fois la grande Chan- son française de ses parents (Brel et Piaf de- meurent incontournables!) et le rock indus- triel de ses grands frères (Nine Inch Nails, A Silver Mt. Zion), le chanteur-poète a aussi trouvé une niche dans le mouvement hip- hop et slam. Toutefois, ses influences sont beaucoup plus complexes et incluent des artistes aussi variés qu’Amédé Ardoin (pion- nier de la musique cadienne dans les années 1930), Deerhoof (noise punk sanfranciscain aux reflets de pop) et Caetano Velso (musi- cien expérimental brésilien).

Avec un nouvel album prévu pour mai 2015, il ne faut pas rater sa chance de le voir en direct dans les bars intimes de la région. Sa prochaine tournée sera peut-être sur la grande scène!

Sa prochaine tournée sera peut-être sur la grande scène! Mehdi Hamdad. CRÉDIT PHOTO : MAYSEM ATYAOUI

Mehdi Hamdad.

CRÉDIT PHOTO : MAYSEM ATYAOUI

Quand ça nous chante

La relève en musique franco-ontarienne

Didier Pilon

cultures@larotonde.ca

musique franco-ontarienne Didier Pilon cultures@larotonde.ca Organisé par l’Association de profes - sionnels de la

Organisé par l’Association de profes- sionnels de la chanson et de la musique (APCM), le festival Quand ça nous chante plonge les jeunes des écoles secondaires francophones de l’Ontario dans l’indus- trie musicale. Le jour, des douzaines d’ateliers et d’activités sont organisés :

écriture de texte en chanson, production de beats, guitare acoustique, métiers liés

à la promotion des artistes, techniques vocales, animation radio, etc. Le soir, le party est ouvert au grand public. Des ar- tistes francophones des quatre coins de la province défilent sur scène et démontrent que l’Ontario français est en pleine effer- vescence.

Pour la 12 e édition du festival, du 5 au 7 mars, Big Balade et Hey Wow ont ouvert les festivités avec un show qui a su faire danser. Mastik, Mehdi Hamdad, Anique Granger, Le R et Tricia Foster ont offert

des concerts diversifiés à l’École secon- daire De La Salle. En particulier, la per- formance charismatique et émouvante de Foster, accompagnée de l’orchestre symphonique de De La Salle, restera sans aucun doute gravée dans la mémoire des spectateurs.

En plus d’être l’occasion de développer ses aptitudes musicales, Quand ça nous chante donne la chance aux jeunes musi- ciens de se faire valoir sur scène. Après les concerts professionnels, la scène s’ouvre

au talent émergeant. La dernière journée, cinq prix « Coup de Cœur » sont offerts pour reconnaitre le talent des groupes, des artistes solos et des musiciens, des techniciens en arrière-scène, etc. Cette année, le duo clavier-guitare de Jean-Ni- cholas Richardson et Nicoleta Blaja de L’Académie de la Seigneurie à Casselman avec un son pop-punk ambiant. Toutefois, bien au-delà des prix, les fes- tivités étaient la chance de mettre en vi- trine tout ce talent qui hantera les scènes de l’Ontario dans les années à venir.

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9 mars 2015

Arts et culture

culture@larotonde.ca

Calendrier de la semaine |

du 9 mars au 16 mars 2015

LUNDI 9

12 h

Conférence : « The Po- litics of Language in Education in African States » FSS 4006

17 h 30

Débats électoraux pour les élections de la GSAÉD. 2e étage de la Maison des diplômés (Café Nostalgica).

16 h Lundis Yoga avec le SSUO et Art of Living. 90, rue Université.
16 h
Lundis Yoga avec
le SSUO
et Art of Living.
90, rue Université.

16 h 30

Conférence : « Schoen- berg’s Liszt » avec Joe Argentino. Pavillon Pérez, musicothèqu, salle 302D.

17 h Les arts et les droits de la femme. Café Nostalgica.
17 h
Les arts et les
droits de la femme.
Café Nostalgica.

18 h

Souper d’initia- tion à l’étiquette avec Julie Blais Co- meau. Pavillon Desmarais, salle 4101.

18 h Souper d’initia- tion à l’étiquette avec Julie Blais Co- meau. Pavillon Desmarais, salle 4101.

18

h 45

18 h 45

DiverCiné : Win Win. Cinéma ByTowne.

20

h

20 h

Récital de Maî- trise : Christopher Hutchinson, flûte. Pavillon Tabaret.

20 h.

Soirée d’hu-

mour: MaXXXed

Out Mondays.

Maxwell’s Bistro.

20 h. Soirée d’hu- mour: MaXXXed Out Mondays. Maxwell’s Bistro.

20 h

Showcase Mon- days avec Danz Bloom, Archy&Mehi- tabel et The Colour E. Zaphod Beeblebrox.

20 h Showcase Mon- days avec Danz Bloom, Archy&Mehi- tabel et The Colour E. Zaphod Beeblebrox.

MARDI 10

8 h 30 à 14 h 30 Ateliers de fran- çais gratuit. Carrefour Franco- phone.
8 h 30 à 14 h 30
Ateliers de fran-
çais gratuit.
Carrefour Franco-
phone.
10 h à 12 h
Un atelier de
SAEA: Le droit
d’auteur à l’uOttawa.
Pavillon Vanier.
10 h à 15 h
Gratuiterie: marché
aux puces gratuit. 647
King Edward.

12 h à 13 h

Brown Bag Lunch Series: « Le notaire médiéval à l’ère nu- mérique ». Pavillon Simard, salle 123.

13 h à 15 h Le syndrome de l’imposteur. Pavillon
13 h à 15 h
Le syndrome de
l’imposteur. Pavillon

Morrisset, salle 611.

13 h à 16 h

Consultations car- rières : étudiants de la Faculté des arts. Café Alt.

17 h 30

Débats électoraux pour les élections de la GSAÉD. Atrium du campus Roger-Guindon.

19 h

Session d’info: Be- come a Blues In The Schools Teacher. Bluesfest School of Music and Art.

19 h

Visionnement gratuit de Kinocular Vision : I Want Some More. Avant-Garde Bar.

19 h Visionnement gratuit de Kinocular Vision : I Want Some More . Avant-Garde Bar.
21 h Phil Kesler. Bassline Pub & Eatery. 21 h 15 DiverCiné :
21 h
Phil Kesler. Bassline
Pub & Eatery.
21 h 15
DiverCiné :

Poziția copilului (Mère et fils). Cinéma ByTowne.

MERCREDI 11

9 h à 16 h

Atelier sur la Rédaction stratégique pour les étudiants aux cycles supérieurs. Vanier 1042. Inscription sur uocal. uottawa.ca requise.

stratégique pour les étudiants aux cycles supérieurs. Vanier 1042. Inscription sur uocal. uottawa.ca requise.

11 h 30 à 12 h 50

Conférence : « Ethical Culture and Serving

the Public Interest ». Pavillon Fauteux, salle

351.

11 h 30 à 13 h 30 Tire sur neige gratuite. Pavillon Guindon. 12 h
11 h 30 à 13 h 30
Tire sur neige gratuite.
Pavillon Guindon.
12 h
Lancement du
Ottawa Grass-
roots Festival. Pressed.
12 h Lancement du Ottawa Grass- roots Festival. Pressed. 16 h Dr Dave’s Blues and Jazz
16 h Dr Dave’s Blues and Jazz En- semble. The Rainbow Bistro. 17 h 30
16 h
Dr Dave’s Blues
and Jazz En-
semble. The Rainbow
Bistro.
17 h 30
Groupe de
soutien LGBTQ+.
100 rue Marie Curie,
432.
17 h 30
Assemblée générale
annuelle de la Ro-
tonde. 120 priv. Uni-
versity.
18 h 50
DiverCiné : Tokyo
Fiancée. Cinéma
ByTowne.

19 h à 21 h

Conférence: « Beyond Innocence: The Challenge of Exonera- tion ». Pavillon Taba- ret, Salle 112.

20 h La Virée Blues présente Mike Goudreau. Le petit
20 h
La Virée Blues
présente Mike
Goudreau. Le petit

Chicago.

21 h

DJ Oddity. Father & Sons.

21 h DJ Oddity. Father & Sons.

JEUDI 12

Chicago. 21 h DJ Oddity. Father & Sons. JEUDI 12 11 h 30 La guérilla du
11 h 30 La guérilla du recyclage. 141 rue Louis-Pasteur. 18 h Vernissage: « Corporeal
11 h 30
La guérilla du
recyclage. 141
rue Louis-Pasteur.
18 h
Vernissage: «
Corporeal » de
Sabrina Chamberland.
Studio Sixty Six.

18

h à 20 h

Vernissage: Her Stories. The Frit- zi Gallery

Vernissage: Her Stories. The Frit- zi Gallery

19

h

19 h

Bedtime stories:

vitrine musicale et revue satyrique.

Auditorium des an- ciens.

19 h Sounds Simple Series: Amanda Cottreau. A Thing For Chocolate. 19 h Vernissage:
19 h
Sounds Simple
Series: Amanda
Cottreau. A Thing For
Chocolate.
19 h
Vernissage:

« Sapsucker

Sounds » de Annie Dunning. Gallery 101.

19

h à 22 h

19 h à 22 h

DJ set et danse.

Pavillon Tabaret, salle 112.

 

19

h 30

19 h 30

Sneezy Waters.

Centre National

 

des arts.

20

h

20 h

The Elwins.

Zaphod Beeble-

 

brox.

21 h

DiverCiné : Ðap Cánh Giua Khô- ng Trung (Battement d’ailes dans les airs). Cinéma ByTowne.

21 h DiverCiné : Ðap Cánh Giua Khô- ng Trung (Battement d’ailes dans les airs). Cinéma
20 h Ladies Night: levée de fonds pour Ottawa Coali- tion to End Violence Against
20 h
Ladies Night:
levée de fonds
pour Ottawa Coali-
tion to End Violence
Against Women.
Maxwell’s Bistro.
VENDREDI 13 13 h Atelier 1 de 3:
VENDREDI 13
13 h
Atelier 1 de 3:

Self Esteem. 100 rue Marie Curie, salle 432.

19 h Visionnement: Zelary (République Tchèque). Pavillon Morrisset, sall 256.
19 h
Visionnement:
Zelary (République
Tchèque). Pavillon
Morrisset, sall 256.
19 h 30 Urban Legends March Edition avec Vanessa Mc- Gowan. Oh So Good
19 h 30
Urban Legends
March Edition
avec Vanessa Mc-
Gowan. Oh So Good

Westboro.

19 h 30 The Once et Sa- rah MacDougall. Centre national des arts.
19 h 30
The Once et Sa-
rah MacDougall.
Centre national des
arts.

SAMEDI 14

12 h Récital: Maggie Watson, cor français. Pavillon Ta- baret, salle 112.
12 h
Récital: Maggie
Watson, cor
français. Pavillon Ta-
baret, salle 112.
13 h Récital : Daniel John Desgro- seilliers, trombone.
13 h
Récital : Daniel
John Desgro-
seilliers, trombone.

Pavillon Tabaret, salle

112.

14 h Récital : Zachary Adam Everett, trombone basse. Pavillon Tabaret, salle
14 h
Récital : Zachary
Adam Everett,
trombone basse.
Pavillon Tabaret, salle

112.

14 h

14 h Atelier de percussion afro-brézilien-sam- ba-reggae. Overbrook Community Centre.

Atelier de percussion

afro-brézilien-sam-

ba-reggae. Overbrook Community Centre.

DIMANCHE 15

13 h 45 Minuscule : La vallée des fourmis perdues. Cinéma Bytowne.
13 h 45
Minuscule : La
vallée des fourmis
perdues. Cinéma
Bytowne.
14 h Opéra : A Hand of Bridge de Bar- ber. Auditorium des Anciens.
14 h
Opéra : A Hand
of Bridge de Bar-
ber. Auditorium des
Anciens.

14 h à 16 h

Atelier de danse: Guan- guanco et pachanga avec Walter Rivera. Azucar Latin Dance Company.

14 h à 16 h Atelier de danse: Guan- guanco et pachanga avec Walter Rivera. Azucar

16 h

16 h The Doggers Annual St. Pad- dy’s Day Stomp. Black Sheep Inn.

The Doggers Annual St. Pad- dy’s Day Stomp. Black Sheep Inn.

18 h

Blues and Com- pany. Atomic Rooster.

18 h Blues and Com- pany. Atomic Rooster.
18 h 35 DiverCiné : Tu dors Nicole. Cinéma Bytowne.
18 h 35
DiverCiné : Tu
dors Nicole.
Cinéma Bytowne.

19 h

Danse de fin d’année de SwingUO: Vieux Hol- lywood. Café Nostal- gica.

19 h Danse de fin d’année de SwingUO: Vieux Hol- lywood. Café Nostal- gica.

19 h

19 h Beer’N’Board Games. The Hin- tonburg Public House.

Beer’N’Board Games. The Hin- tonburg Public House.

19 h 30

An Evening with Berlioz. Église unie South- minster.

19 h 30 An Evening with Berlioz. Église unie South- minster.

20 h

Dance of the Lepre- chaun de Ecstatic Dance Ottawa. Sur- round Circle Yoga.

chaun de Ecstatic Dance Ottawa. Sur- round Circle Yoga. 20 h Loaded Sons et Kris Magnoigne.
20 h Loaded Sons et Kris Magnoigne. Zaphod Beeblebrox. 21 h The Playhouse (IFCO). Le
20 h
Loaded Sons et
Kris Magnoigne.
Zaphod Beeblebrox.
21 h
The Playhouse
(IFCO). Le Châ-
teau Cyr.

21 h

The Wicked Mer- cy, Brandon Al- lan et Dear Blackwolf. Irene’s Pub.

21 h The Wicked Mer- cy, Brandon Al- lan et Dear Blackwolf. Irene’s Pub.
21 h 20 DiverCiné : Kret (La dette). Cinéma ByTowne.
21 h 20
DiverCiné : Kret
(La dette). Cinéma
ByTowne.

18 h

Hosting and Fa- cilitating Artistic Events: A Tutorial w/ Brandon Wint. Bread By Us.

18 h Hosting and Fa- cilitating Artistic Events: A Tutorial w/ Brandon Wint. Bread By Us.
18 h 50 DiverCiné : Itar el-Layl (The Narrow
18 h 50
DiverCiné : Itar
el-Layl (The Narrow

Frame of Midnight). Cinéma ByTowne.

19 h Opéra : A Hand of Bridge de Barber. Audito- rium des Anciens.
19 h
Opéra : A Hand
of Bridge de
Barber. Audito-
rium des Anciens.

19

h 30

19 h 30 21 h

21

h

19 h 30 21 h

Cookies and Tea

Milo McMahon.

Concert Series avec Kaleigh Watts. Bread By Us.

The Rainbow

Bistro.

 

20 h

Happiness™. Court des arts.

20 h Happiness™. Court des arts.

22 h

Hip Hop Karaoke. Elmdale Oyster House and Tavern.

22 h Hip Hop Karaoke. Elmdale Oyster House and Tavern.

20 h

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21 h
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Sports et bien-être Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca Entrevue avec Sabrina Roy Une progression saisissante
Sports et bien-être Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca Entrevue avec Sabrina Roy Une progression saisissante

Sports et bien-être

Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca
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Entrevue avec Sabrina Roy

Une progression saisissante

Entrevue avec Sabrina Roy Une progression saisissante Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca Les recrues voient

Moussa Sangaré-Ponce

sports@larotonde.ca

saisissante Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca Les recrues voient rarement le terrain lors de la saison

Les recrues voient rarement le terrain lors de la saison ré- gulière avec Lionel Woods, en- traineur-chef de l’équipe de vol- leyball féminin. Mais Sabrina Roy a passé beaucoup de temps sur le terrain avec les Gee-Gees cette saison. La recrue s’est en- tretenue avec La Rotonde pour faire une retour sur sa première saison avec le Gris et Grenat.

« Mon premier service universi- taire, je l’ai mis dans le filet », se souvient Roy. C’était dans un match de pré-saison contre les Carabins de Montréal. Malgré la faute, ses coé- quipières n’ont pu que rire et encou- rager la recrue qui était très nerveuse lorsqu’elle a touché le terrain pour la première fois. La pré-saison serait probablement là ou Roy serait le plus sur le terrain, ce qui donnerait peu d’opportunité à la rédemption. Ce- pendant, des blessures à des joueuses ont fait en sorte que Roy serait dans la rotation lors de la saison régulière, lui donnant une certaine chance d’effacer ses souvenirs de son premier service.

Cette saison, Woods a utilisé la recrue pour ses talents défensifs, comme passeuse et comme serveuse. Roy s’est rapidement ajustée au ni- veau de jeu universitaire, mais égale- ment à la vie d’étudiante-athlète. « Je trouve que le volley était vraiment plus vite », confie-t-elle. Elle mentionne aussi qu’elle fait maintenant face à de meilleures adversaires. Du côté académique, Roy a eu une période de transition en sortant du secon- daire. « Avec le volley, il faut que tu t’organises plus », explique-t-elle. Par contre, ses coéquipières et sa famille ont aidé l’étudiante en sciences de l’activité physique à devenir acclamée au campus et à la vie étudiante. Grâce à eux, Roy nous dit que la période de transition a duré un semestre.

Roy était une des 35 recrues qui ont eu la chance de se rendre aux cham- pionnats nationaux. Jouer contre des joueuses de partout au Canada et

voyager à un évènement d’une telle grandeur était motivant pour la native d’Ottawa. Elle espère faire le voyage aux nationaux pour le reste de sa car- rière comme Gee-Gee. « C’était vrai- ment une belle expérience. J’espère la refaire dans mes quatre années qui restent », souhaite-t-elle.

D’amies

et

idoles

à

coéqui-

pières

Comme plusieurs joueuses qui sont passé par le programme de volley à Ottawa, Roy a joué pour les Mavericks d’Ottawa au secondaire. Le club per- met aux jeunes athlètes de s’entrainer et de faire compétition à un niveau élite. Chaque année, des universités de partout au pays vont recruter les meilleures Mavericks pour leur pro- gramme. Les joueuses de deuxième année Kaly Soro et Meseret Tamrat ont joué pour les Mavericks avec Roy.

Cette familiarité avec ses anciennes coéquipières a permis à la recrue de s’intégrer immédiatement à l’équipe.

Les légendes du Gris et Grenat My- riam et Kelsie English et Stephanie Theiler ont également joué pour les Mavericks. Ces trois femmes étaient des idoles pour Roy, qui était réjouie de pouvoir jouer leur dernière saison avec elles. « Je me rappelle quand j’étais toute petite et que je les voyais, [je me disais] ‘‘Oh my god! Elles sont tellement bonnes’’. Elles étaient su- per populaires. Je voulais être comme elles », raconte la Gee-Gee. Roy aura la chance d’être comme Theiler puisque le plan sera de la faire jouer comme libéro l’année prochaine. Theiler a eu un impact sur la recrue. « Elle m’a vraiment inspirée ; je veux être comme elle », révèle Roy. Elle espère aussi garder l’esprit des jumelles En- glish qui, selon elle, sont super com- pétitives, mais toujours souriantes.

« Je me rappelle quand j’étais toute petite et que je les voyais, [je me disais] ‘‘Oh my god! Elles sont telle- ment bonnes’’»

Maintenant joueuse universitaire, c’est Roy qui doit s’habituer au fait d’être admirée par les jeunes vol- leyeuses de la région. « C’est quelque chose d’autre », partage-t-elle. « C’est drôle parce que j’étais dans leur posi- tion avant. Maintenant, ce sont [elles] qui sont dans ma position. C’est spé- cial! Je trouve qu’elles sont vraiment motivantes. J’aime les motiver à continuer au volleyball ».

Qu’un début

Avec son premier service universi- taire dans le filet et après avoir per- du son soulier lors d’un rallye contre McGill, la première pré-saison de Roy sera quelque chose qui fera toujours rigoler ses coéquipières. Cependant, sa performance sur le terrain dans les années à venir amènera des sourires pour différentes raisons. Ses services et son jeu défensif ne sont qu’une frac- tion de ce qu’elle apportera à l’équipe dans les années à venir. Après le se- condaire, Sabrina Roy pensait avoir fini avec le volleyball. Heureusement pour les Gee-Gees, les choses se sont déroulées différemment.

les Gee-Gees, les choses se sont déroulées différemment. Sabrina Roy a complété sa première saison avec

Sabrina Roy a complété sa première saison avec les Gee-Gees.

Crédit photo : Maysem Atyaoui

23 février 2015

Sports et bien-être

sports@larotonde.ca

Final de la Coupe Wilson

Une fin mémorable mais décevante

Final de la Coupe Wilson Une fin mémorable mais décevante Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca Alessandro

Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca

mais décevante Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca Alessandro Cardinali Bénévole Une défaite surprenante de

Alessandro Cardinali

Bénévole

sports@larotonde.ca Alessandro Cardinali Bénévole Une défaite surprenante de 85-80 aux mains des Lancers de

Une défaite surprenante de 85-80 aux mains des Lancers de l’Université Windsor a em- pêché les Gee-Gees de rempor- ter la Coupe Wilson pour une deuxième année consécutive. Malgré l’immense déception, les joueurs ont dû centrer leur attention sur leur prochaine tâche : donner aux vétérans Johnny Berhanemeskel et Gabriel Gonthier-Dubue un adieu mémorable.

Mitch Ferrell a porté un coup dur au Gris et Grenat en inscrivant un panier de trois points dans le qua- trième quart. Cela a permis aux Lan- cers de prendre une avance de cinq points qui au bout leur a donné la victoire.

Le rythme qu’a imposé Windsor dans le dernier quart a mis en dif- ficulté Ottawa. Windsor a réussi de 56,7 % de ses paniers dans la deu- xième demie. « Nous nous sommes concentrés sur la confiance de notre équipe, ce qui a permis aux joueurs de foncer et d’y aller avec de gros jeux », partage l’entraineur-chef des

Lancers, Chris Oliver. « Nous avons eu une très bonne deuxième demie

pour ce qui est des points et lorsque

tu joues contre une formation aussi

talentueuse à l’attaque tu te dois de réussir les lancers », rajoute l’entraî-

neur.

La bonne prestation défensive des Lancers lors du dernier quart a déstabilisé chaque montée des

Gee-Gees, qui n’ont pas été efficace sous le panier. Pour les Gee-Gees,

le coup dur a été l’absence de Caleb

Agada pour une bonne partie de la première demie suite à deux fautes commises dans le premier quart. Son retour dans le troisième quart

a donné de la fraicheur au Gris et Grenat.

« Windsor a été très bon défensi- vement contre nous. Des petits dé- tails nous ont fait mal tout au long du match, mais, en fin de compte, nous n’avons pas assez bien joué pour remporter la partie », partage James Derouin, entraineur-chef d’Ottawa, après la partie. « Nous n’avons pas fait ce dont nous avions discuté toute la semaine pendant les entrainements et c’est très décevant. Ils ont profité de chacune de nos erreurs et nous devons leur donner crédit », ajoute-t-il.

Le vétéran Johnny Berhanemes-

kel a lui aussi tenu à s’exprimer :

« Parfois, il faut juste accepter la

défaite et assumer ses responsabili- tés et j’imagine que ce soir est l’une de ces soirées. C’est difficile compte tenu du moment où nous sommes en saison. Il est difficile d’avoir une deuxième chance dans la vie, mais demain, nous en avons une et nous devons la saisir ».

mais demain, nous en avons une et nous devons la saisir ». Dernier match à domicile

Dernier match à domicile mé- morable contre les Rams

Gabriel Gonthier-Dubue et John- ny Berhanemeskel ont pour une der- nière fois remporté un match au pa- villon Montpetit. Avec une victoire de 79-66 contre les Rams de l’Uni- versité Ryerson, Ottawa a remporté le bronze à la Coupe Wilson et s’est niché une place au championnat na- tional. Les Rams étaient déjà qualifiés pour les championnats nationaux, étant l’équipe hôtesse du tournoi. Par contre pour le Gris et Grenat, la saison entière se jouait sur ce match.

Gonthier-Dubue a marqué le pre- mier panier pour son équipe. Malgré une forte offensive de la part d’Ot- tawa, les Rams ne se sont pas laissés intimider. Un des faits saillants du premier quart est lorsque Caleb Aga- da a déjoué les défenseurs adversaires avec son dribble et une fois près du panier a fait une longue passe à Matt Plunkett qui était dans le coin et qui a marqué un trois points. Malgré cela, l’effort des Gee-Gees n’était visible. La façon dont le premier quart se dérou- lait, il était possible de se demander si l’équipe était épuisée ou mentalement dégonflée après la défaite contre les Lancers.

Le troisième quart est là où le Gris et Grenat a pris feu. Tout indiquait que la partie allait encore être serrée. Puis

dans les premières minutes de jeu du quart, l’arbitre a sifflé une faute contre Berhanemeskel, qui était frustré avec la décision de l’arbitre. De là, le match était terminé pour les Rams. Que ce soit des trois points, des tirs en course ou autres, Berhanemeskel marquait

avec fureur

C’était comme revivre le

troisième quart de la Classique de la

Capitale à nouveau. Sa performance a énergisé la foule et ses coéquipiers qui n’ont presque pas raté les quelques fois qu’ils ont pu tirer. Les entrai- neurs s’attendaient à une explosion offensive, mais pas de la sorte

Gabriel Gonthier-Dubue attribue aussi la performance à la défaite contre Windsor. « La défaite d’hier ça nous vraiment fait mal et c’était pas mal un wake up call », affirme-t-il. « Pour être honnête, oui, Johnny [Berhane- meskel] a joué une très bonne partie, mais j’en suis venu à m’attendre à rien de moins de sa part, c’est sa façon de jouer », partage James Derouin.

Agada a pris le contrôle au début du dernier quart et le reste de l’équipe a su maintenir une avance confortable. Avec moins de deux minutes à jouer, Berhanemeskel et Gonthier-Dubue, sont sortis du match en recevant une ovation de la foule. Les deux joueurs de cinquième année ont terminé leur carrière à Montpetit en étant les meil- leurs joueurs de leur équipe, Gon- thier-Dubue a terminé avec 11 points et six rebonds tandis que Berhane- meskel a fini le match avec 39 points et six rebonds, ce qui lui a valu l’hon- neur d’être nommé joueur du match. Les deux vétérans n’ont peut-être pas pu remporter la Coupe Wilson devant leurs partisans, mais leur performance ont donné pour une dernière fois une victoire à domicile pour les Gee-Gees.

Maintenant il reste à voir s’ils peuvent donner à Ottawa un premier championnat national dans l’histoire du programme. Les Gee-Gees joue- ront leur premier match des cham- pionnats nationaux à Toronto contre les Gaiters de l’Université Bishop’s le 12 mars à 20 h.

à Toronto contre les Gaiters de l’Université Bishop’s le 12 mars à 20 h. 16 LaRotonde.ca
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Sports et bien-être

Sports et bien-être sports@larotonde.ca 9 mars 2015

sports@larotonde.ca

9 mars 2015

Chronique

Occasion ratée par les Sports universi- taires de l’Ontario

Moussa Sangaré-Ponce

sports@larotonde.ca

de l’Ontario Moussa Sangaré-Ponce sports@larotonde.ca Les Sports universitaires de l’Ontario (SUO) ont

Les Sports universitaires de

l’Ontario (SUO) ont transformé

ce qui devait être une célébra-

tion en une débâcle et un mo- ment gênant pour les joueurs et entraineurs. Après une défaite surpre- nante aux mains des Lancers de l’Université Windsor le ven- dredi 6 mars, Johnny Berha- nemeskel et James Derouin, l’entraineur des Gee-Gees ont

dû rester sur le terrain encore

plus longtemps qu’ils ne le vou- laient pour une remise de prix. Berhanemeskel a été nommé à la première équipe des étoiles des SUO et joueur de l’année tandis que Derouin a été nom- mé entraineur de l’année. Les deux hommes étaient visible- ment mécontents de la défaite encore toute fraiche. Derouin a eu un sourire forcé en recevant son prix. Berhanemeskel quant à lui était assis sur la table des annonceurs les bras croisés, vi- siblement irrité. Le pire était que Berhanemeskel était en arrière-plan des caméras de té- lévision durant la cérémonie. Quelle belle image que les SUO ont donnée aux téléspectateurs. Si les Gee-Gees auraient rem- porté la partie, les deux hommes

auraient probablement accep- té leur prix avec joie et la foule aurait probablement fait plus qu’applaudir poliment. Par contre, au lieu d’avoir l’image de deux membres du Gris et Grenat en train de bouder, les deux joueurs des Lancers Roti-

mi Osuntola et Mitch Farrell se

retrouveraient dans la fâcheuse situation. Pour éviter que cette situation gênante arrive à nouveau, les SUO doivent repenser quand la cérémonie aura lieu. Aux championnats nationaux, la cérémonie a lieu avant la pre-

mière demi-finale. Bien que ce soit avant un match, les joueurs

et entraineurs sont bien plus

chaleureux avant un match qu’après une défaite. Les SUO devraient mettre la cérémo- nie avant le premier match du tournoi provincial ou avant le match de la médaille de bronze, de cette façon, la célébration sera visiblement ce qu’elle de-

vrait être : une célébration.

ce qu’elle de- vrait être : une célébration. Crédit photos: Ayoub Ben Sessi LaRotonde.ca @LaRotonde
ce qu’elle de- vrait être : une célébration. Crédit photos: Ayoub Ben Sessi LaRotonde.ca @LaRotonde
ce qu’elle de- vrait être : une célébration. Crédit photos: Ayoub Ben Sessi LaRotonde.ca @LaRotonde
ce qu’elle de- vrait être : une célébration. Crédit photos: Ayoub Ben Sessi LaRotonde.ca @LaRotonde

Crédit photos: Ayoub Ben Sessi

qu’elle de- vrait être : une célébration. Crédit photos: Ayoub Ben Sessi LaRotonde.ca @LaRotonde larotonde.ca 17
qu’elle de- vrait être : une célébration. Crédit photos: Ayoub Ben Sessi LaRotonde.ca @LaRotonde larotonde.ca 17
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9 mars 2015

Sports et bien-être

sports@larotonde.ca

Spectacle de danse Au rythme du Gris et Grenat Roxanne Bourque Bénévole La troupe de
Spectacle de danse
Au rythme du Gris et Grenat
Roxanne Bourque
Bénévole
La troupe de danse des Gee-Gees
de l’Université d’Ottawa offrait une
prestation le dimanche 8 mars au
Ottawa Little Theater. Il y avait deux
séances du spectacle, une à 14 h et
l’autre à 19 h. L’équipe est composée
de 23 danseurs incluant les entrai-
neurs et est à veille de commencer la
partie compétitive de sa saison.
Il y avait plusieurs styles différents
dans le spectacle, qui comptait 24 nu-
méros. Le nombre de numéros varie
puisque les membres de l’équipe ont
toujours l’opportunité de chorégra-
phier et performer une routine en
solo, duo, trio ou petit groupe au
spectacle. « Il y [a] aussi plusieurs
solos et un duo dans le spectacle. Les
danseurs sont généralement très po-
lyvalents, mais certains danseurs ex-
cellent dans certains styles plus que
d’autres. Le spectacle est rempli de
styles divers, mais nos pratiques se
comportent généralement de jazz et
de contemporain », explique la dan-
seuse Alexa Matergio.
Le spectacle permet aussi aux Gee-
Gees de pratiquer les chorégraphies
qui seront présentées en milieu
compétitif. « Il y [a] des numéros de
danse avec tous les danseurs, mais
il y avait quelques numéros avec
moins de danseurs. La troupe est
toujours séparée en équipe de deux
pour avoir deux petits numéros, en
plus de nos autres numéros, à ame-
ner en compétition », commente
Matergio.
Les danses qui incluent tout le
monde sont pratiquées dès que
l’équipe est formée au début de l’an-
née. « Après nos auditions en sep-
tembre, on commence immédiate-
ment à chorégraphier et apprendre
nos danses «grand groupe» pour
nos compétitions en mars »., ajoute
Matergio.
L’équipe organise des « classes ou-
vertes » au public tous les vendredis
de 15 h à 16 h dans le studio de danse
à Montpetit. Ces classes varient en
style chaque semaine, un différente
membre de l’équipe enseigne sont
type de danse préféré à ceux qui
aiment danser ou qui veulent sim-
plement trouver une autre façon de
bouger.
Crédit photos: Maysem Atyaoui
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Sports et bien-être

Sports et bien-être sports@larotonde.ca 9 mars 2015

sports@larotonde.ca

9 mars 2015

Spectacle de Danse Lorsque le sport devient art Crédit photos: Maysem Atyaoui
Spectacle de Danse
Lorsque le sport devient art
Crédit photos: Maysem Atyaoui

Nikita Kirner

Bénévole

art Crédit photos: Maysem Atyaoui Nikita Kirner Bénévole L’équipe de danse des Gee-Gees s’est produite dimanche

L’équipe de danse des Gee-Gees s’est produite dimanche pour sa 24e édition au Ottawa Little Theater. Le spectacle était rempli de routines passionnées et des pas qui n’ont pu qu’impressionner la foule.

Quand la musique s’est enclenchée et que la salle a tremblé avec énergie, danseurs et dan- seuses se sont d’abord tous présentés dans une danse dynamisante avant de commencer l’heure et demie de ce surprenant spectacle. Jenny Eriksson s’est engagée la première avec une tenue orientale et une danse pour mixte, élançant son corps élégamment sous

des instruments orientaux, pourtant avec une allure de danseuse classique. Ensuite, Thys Armstrong nous a fait entrevoir dans sa danse comme un réveil énergique d’un jeune homme presque encore endormi, pourtant mouvemen- té d’émerveillement et d’enthousiasme avec des dégagés qui s’élançaient. Laura Felthman a fait une performance de claquette éton- nante. Elle a rayonnée tout en passant d’une jambe à l’autre à une vitesse époustouflante. C’est ensuite sur la musique d’« Addicted to you » qu’ont dansé la majorité des Gee-Gees, en séparant la performance en deux clans qui semblaient s’affronter avec une énergie et un désir de s’élancer à travers des arabesques dy- namiques.

Emily O’Krafka a continué le spectacle avec des pas contrôlés. C’est une danse qui a encore proposé un doux réveil passionnel. Les pas étaient simples et élancés, avec une maitrise passionnelle. Par la suite, c’était au tour d’une

passionnelle. Par la suite, c’était au tour d’une « diva » de faire son apparition sur

« diva » de faire son apparition sur scène. Kay- la Howard, habillée d’une robe de soirée chic,

a offert un moment fort lorsqu’elle a réussi une

parfaite arabesque. Laura St. Germain s’est débattue sur une musique qui l’entrainait à danser de façon robotique mais totalement élégante. Après que Julia Panetta ait fini sa pi- rouette à la perfection, 11 des danseurs se sont adonnés à une danse tout à fait théâtrale. Deux clans semblaient alors s’opposer élégamment. Rognés par l’amour, les deux principaux dan- seurs ont animé leurs clans en maintenant des fouettés et des pirouettes collectifs. L’énergie des corps a fait alors comprendre à quel point l’amour et le manque, mis en scène dans cette performance, étaient puissants. Les deux dan- seurs maitres se sont enlacés pour se retrou- ver au final entourés des danseurs alertes qui jouaient les clans. Ensuite, Nicholas Lefebvre a tendu tellement vers une énergie débordante et frissonnante que les spectateurs étaient stu- péfaits.

Le spectacle a continué avec Haley Forestell

qui s’est présentée doucement et qui a maitrisé parfaitement le paradoxe des pas totalement dynamiques sur une musique acoustique. Elle

a été suivie d’Alex Jackson en nuisette noire

qui semblait se réveiller et danser la vie telle qu’elle l’entrevoit au réveil. La dernière perfor- mance avant l’entracte témoignait de la pas- sion qui animait les danseurs

Deuxième entracte : l’énergie continue

Suite à la pause, la première danse a offert un soupçon de contemporain. Les Gris et Gre- nat se sont présentés en maillot de l’équipe de l’Université d’Ottawa et ont animé une variété de tons de danses, allant du twerk, aux pas osés qu’on danse dans des clubs, à leur fameux cla- quement de fesses en ligne. Tous synchronisés,

ont a eu un l’impression de vivre en quelques minutes en mouvements dynamiques et assu- rés, la vie nocturne d’un étudiant de l’univer- sité.

Amelia Stuetz a dansé la liberté en lançant ses bras comme si elle s’envolait. Christina Weir s’est courbée lentement et a produit des alignements démontrant un maintien incom- parable de son corps. C’était ensuite au tour de Nicholas, alias James Bond sur cette musique, qui a su montrer une performance de claquette dans une atmosphère de sensualité et de pas- sion. Le danseur a su faire passer dans les mouvements de son corps une danse émotive et passionnelle. Isabelle Sinclair, en suivant, a offert aux spectateur des pas contrôlés et vifs à travers des arabesques et des alignements alertes.

Cela s’est enchainé d’un petit flashback en enfance grâce à quatre des danseurs de cla- quette qui nous ont proposé une mise en scène d’école où la maitresse tente de contrôler ses élèves. Une danse de claquette dynamique, amusante et spontanée. Ils ont fini alignés avec les jambes qui se sont synchronisées si aisément que s’en était stupéfiant. C’est après les performances de Haley et Nicholas qui ont dansé la vie d’un couple qui se désire, puis de Michelle Mercier qui a surpris avec une pi- rouette fouettée parfaite, que Katherine Ebata a donné une performance accompagnée d’une chaise. Ses mouvements ont été tout à fait mai- trisés et dynamiques, à l’image d’une femme forte et indépendante. Elle a sublimé les re- gards de par sa légèreté et sa souplesse.

Le spectacle s’est clôturé avec une fabuleuse chorégraphie de groupe. C’est en même temps avec des pas synchronisés et paradoxalement dépourvus d’ordre que s’est achevée la 24e édi- tion de l’équipe de danse des Gee-Gees.

LaRotonde.ca @LaRotonde larotonde.ca 19
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Labyrinthes Asile : lieu ou l’on peut se réfugier, « L’homme n’est rien en lui-même.
Labyrinthes Asile : lieu ou l’on peut se réfugier, « L’homme n’est rien en lui-même.

Labyrinthes

Labyrinthes Asile : lieu ou l’on peut se réfugier, « L’homme n’est rien en lui-même. Il
Labyrinthes Asile : lieu ou l’on peut se réfugier, « L’homme n’est rien en lui-même. Il

Asile : lieu ou l’on peut se réfugier,

« L’homme n’est rien en lui-même. Il n’est qu’une chance infinie. Mais il est le res- ponsable infini de cette chance. » – Albert Camus

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Une question de temps

Vous êtes vous déjà demandé si l’espèce humaine allait un jour s’éteindre? Le professeur observa un moment de si- lence en contemplant sa classe silencieuse de soixante élèves. Il remonta ses lunettes sur son nez. Remplaçant un collègue ma- lade, il avait dû improviser un cours à la dernière minute. Vous êtes tous étudiants au baccalauréat en histoire. L’un d’entre vous peut sans doute me donner un exemple de civilisa- tion disparue. L’ile de Pâques? Excellent exemple. Votre nom s’il vous plait? Mélanie Auclair. Merci madame Auclair. Comme vous le savez peut-être, l’ile de Pâques appar- tient au Chili malgré les 3680 kilomètres qui la séparent de la côte. On la connait notamment pour ses gigantesques statues de basalte. Dans le passé, l’ile a connu un déclin de sa population. Quelqu’un peut-il suggérer une hypothèse quant à ce qui s’est produit sur l’ile pour qu’elle connaisse cette dégénérescence démographique? Vous, monsieur, réveillez-vous. Ce n’est pas le temps de dormir. Votre nom s’il vous plait? Francesco Da Silvio. Votre hypothèse? Je vous écoute. Aucune idée. Vous, à côté? Vous êtes…? Kevin Yuen. On pourrait penser que les habitants ont manqué de ressources. C’est une bonne piste. Quelqu’un d’autre? Oui? On pourrait penser que les habitants n’ont pas su planifier leur utilisation de leurs ressources efficacement en fonction de la croissance de leur population. Très bien, monsieur…? Jack Lawrence. Le professeur déposa un acétate sur le ré- troprojecteur et afficha les consignes d’un exercice sur la toile blanche. Il lut les direc- tives à voix haute. Admettons que vous possédez une ile qui dispose d’une quantité limitée de res- sources. Disons qu’elle compte 1000 habi- tants, et que chaque couple a entre deux et cinq enfants. Cette ile est si loin de la côte qu’elle n’a pas la possibilité d’aller cher- cher des ressources ailleurs. En groupe de quatre, je veux que vous m’écriviez un court paragraphe sur les techniques que

vous penseriez employer pour maximiser les chances de survie de votre population insulaire hypothétique. Nous discuterons de vos réponses dans quinze minutes.

Les étudiants formèrent des groupes de quatre. Comme d’habitude, Jack, Frances- co, Mélanie et Kevin se mirent en équipe.

- On n’a qu’à interdire aux gens d’avoir plus que deux enfants. Comme ça la population est stable, dit Francesco. - Oui, mais les gens ne seront pas forcé- ment d’accord, observa Mélanie.

- Demande à la Chine si ça la dérange, pas vrai Kevin?

- Je suis Vietnamien…

- Bon, écrivons qu’on peut stabiliser la croissance de la population par des législa- tions comme la limite du nombre d’enfants. C’est qu’une idée. Pas besoin d’avoir un consensus, trancha Jack. Prochaine sug-

gestion?

L’équipe opérait souvent selon la logique absurde où Francesco contredisait Mélanie par défaut, où Kevin essayait de placer un mot sans y parvenir et où Jack finissait par prendre une décision pour le groupe.

Quinze minutes plus tard, la classe se li- vra à un débat sur les solutions que pour- raient adopter les chefs de la population de l’ile hypothétique. Le professeur récupéra les textes de chaque groupe et termina son cours sur un dernier point. J’aimerais que vous commenciez à réflé- chir à votre sujet pour le travail de session. Imaginez que la Terre est une ile. Ses res- sources sont limitées et sa population n’a pas la possibilité d’aller chercher des res- sources ailleurs. Vous aurez le choix d’ar- gumenter que la Terre est comme l’ile dont nous avons parlé et que la bonne gestion de nos avoirs est la clé de notre survie, ou qu’elle n’est pas comme l’ile et que la tech- nologie est la solution à l’expansion des limites planétaires. Bonne fin de semaine à tous. Profitez du beau temps. C’est rare qu’il fasse aussi chaud à ce temps-ci de l’an- née.

- Où tu vas comme ça, coloc? lança Frances-

co à Jack qui était pressé de s’éclipser.

- On est le premier vendredi d’avril. Je vais chez mes parents. Ils commencent à orga-

niser leur expé d’été. C’est une tradition. À chaque été, ils parcourent les Grands Lacs avec ma sœur sur le voilier et je les aide à préparer le matériel. J’aimerais ça y aller avec eux, mais je dois travailler.

- Ça veut dire que j’ai l’appart à moi tout seul ce weekend?

- Oui m’sieur!

- Alright!

Jack salua le groupe et prit le métro en direction de Brossard, la banlieue sud de Montréal. Il sauta dans un bus et retrouva

la maison où il habitait avant de déménager avec Francesco dans le quartier Côte-des- Neiges.

- Allo?

- Jack, c’est toi? lança sa sœur par-dessus

le son d’un disque de rock du sud des États-

Unis dont ses parents étaient fans. Il monta à l’étage et se jeta sur le lit de sa sœur qui clavardait sur son nouvel or-

dinateur portable. Elle avait treize ans, lui vingt-deux. Les murs de la chambre étaient tapis de posters de groupes de musique populaire et de cartes postales d’un peu partout dans le monde même si ses pieds n’avaient pas foulé le sol du dixième des destinations.

- Comment ça va avec Justin? demanda

Jack en étudiant une photo du Colisée de Rome.

- Ouache, t’es tellement en retard. Justin

c’était le mois passé. Maintenant, je sors avec Philippe. -C’est ça que j’pensais. J’me demande pourquoi je pose encore la question. C’est jamais le même nom. Les parents sont là?

- Maman est en train de faire l’inventaire

du sous-sol, papa est parti acheter…

- Jack? Peux-tu venir m’aider? C’est lourd!

Le père venait d’arriver avec les nouvelles voiles pour le bateau.

- Les autres commençaient à devenir vieilles. T’sais l’usure à cause du soleil pis des rayons UV. Tu dois avoir faim? Il est quoi? 18 h? Le barbecue est déjà sorti. J’te dis, avec le temps qu’il fait, on se gâte pour l’utiliser. Jamais vu un mois d’avril comme ça! Déjà qu’on n’avait plus de neige le mois passé!

- Même que les arbres ont déjà leurs feuilles,

ajouta la mère qui venait de remonter avec un cartable à la main dans lequel elle dres- sait peu à peu l’itinéraire approximatif de l’expédition.

Après le souper, la famille s’assit dans le

salon pour discuter des plans pour les pro- chains mois.

- On pensait partir en mai, mais vu la tem-

pérature. On a décidé de partir deux se- maines plus tôt, annonça le père. Mainte-

nant qu’on est tous les deux à la retraite, ta mère pis moi, why not?

- On s’est arrangé avec l’école de ta sœur

pour qu’elle ait tout le matériel d’étude dont elle a besoin. Elle prendra un bus de Kingston en juin pour aller faire ses exams

pendant quelques jours et revenir après.

- Si vous saviez à quel point je suis jaloux… dit Jack. - Fais comme l’an passé. Prends une se- maine off en juillet quand c’est tranquille au restaurant et viens nous rejoindre en autobus.

- Ouais, on pourrait…

Jack s’interrompit.

- Vous avez ressenti ça?

- Ressenti quoi?

- La vibration? Comme un petit tremble-

ment de terre. - Pas moi, dit la soeur. Les parents haussèrent les épaules.

- C’était peut-être juste mon imagination.

2

L’infestation (1/2)

Montréal conservera le souvenir d’un 21e siècle où elle pouvait dormir sur ses deux oreilles pendant la nuit. Où il n’y avait rien de bien extraordinaire à sortir au restau- rant ou à aller au travail. Enfin, tous ceux qui étaient nés avant l’infestation se sou- viendront et diront d’autres temps, d’autres mœurs. Difficile de croire qu’on appuyait sur l’in- terrupteur et la lumière s’allumait. Qu’on ouvrait le robinet et que l’eau coulait. Avant, les gens prenaient l’autobus, le mé- tro, la voiture comme la chose la plus ano- dine. Les rues étaient pleines de passants et de cyclistes. Presque tout le monde pos- sédait un cellulaire pour parler à n’importe qui en tout temps. Avant, écrire un message à quelqu’un où qu’il soit était histoire de quelques clics. Avant, c’était une tout autre époque. Cette civilisation n’allait pas durer éternel- lement. Pas plus que l’ile de Pâques.

L’infestation s’amorça le 5 juin 2013, journée communément désignée comme la Première Émergence. Un été anormale- ment chaud et humide plongea Montréal dans la canicule. Le linge collait à la peau. Les climatiseurs fonctionnaient à plein ré- gime et les ventilateurs tournaient au maxi- mum. La métropole s’agitait comme on ne l’a jamais vue à l’image d’une fourmilière en détresse. Le monde se ruait et se bous- culait pêle-mêle dans les commerces pour en ressortir avec des épiceries monstres. En travers du dédale bruyant de voitures, Jack pédalait sa vieille bicyclette rongée par la rouille. L’asphalte était brûlant. Il se fraya de peine et de misère un chemin dans la circulation jusqu’au restaurant où il travaillait.

Une fois sur place, vers 11 h, le proprié- taire fermait à clé la porte du restaurant. Cigarette au bec, il mâcha des jurons in- compréhensibles. Jack ne parvint à saisir qu’une chose : « Ils ont annulé la livraison! Lis les journaux, Jack! Lis les journaux! ». Habituellement au courant des dernières actualités tant sur la scène locale qu’inter- nationale, Jack ne comprenait pas ce dont parlait le petit homme pressé qui fumait comme une cheminée. Et il n’eut pas le temps de questionner son patron puisque celui-ci était déjà parti. Jack cadenassa sa bicyclette et se hâta vers le café le plus

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Labyrinthes se sentir en sécurité, ou perdre la tête proche qui semblait ouvert. Des arômes
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Labyrinthes

Labyrinthes se sentir en sécurité, ou perdre la tête proche qui semblait ouvert. Des arômes de
Labyrinthes se sentir en sécurité, ou perdre la tête proche qui semblait ouvert. Des arômes de

se sentir en sécurité, ou perdre la tête

proche qui semblait ouvert.

Des arômes de cannelle et de viennoise- ries flottaient dans le café aux murs décorés d’aquarelles. À l’opposé des rues bondées de monde, l’endroit était vide. Jack passa devant le comptoir de pâtisseries et ramas- sa un journal sans rien commander. Le ser- veur indifférent passait un torchon sur les tables comme s’il n’était pas moindrement dérangé par l’agitation dans la rue. Jack s’assit près d’une fenêtre.

En page titre, le quotidien présentait un dossier sur la situation de la sécurité ali- mentaire. On pouvait y lire: « l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture urge le rationnement des res- sources ». Jack feuilleta les pages jusqu’au dossier en question. Les grands titres an- nonçaient : « Les chefs d’État du G20 convoquent un sommet d’urgence, on craint la pire crise alimentaire de l’Histoire dans tous les pays du monde, tensions sociales dans nombre de pays et nations déclarant l’état d’alerte ». Enfin, son index parvint à trouver la cause du chaos dans la rue:

« Une activité constante de faibles

ondes sismiques a été enregistrée à l’échelle de la planète dans les der- niers mois. On croit que l’évènement est associé à l’émergence, ce matin, d’une nouvelle espèce d’insecte ra- vageur qui surgit des sols de tous les pays. Les cultures agricoles du globe sont en train d’être réduites à néant à une vitesse jamais observée aupa- ravant. Toute tentative de contrôler la peste depuis semble inefficace jusqu’à maintenant. Même l’emploi intensif d’insecticides organochlo- rés comme le DDT ne donne aucun résultat. Les récoltes s’évaporent. Une situation qui suscite de vives in- quiétudes chez les agriculteurs. Il se pourrait que la production de nour- riture sur la Terre soit temporaire- ment suspendue pour la première fois de l’Histoire. »

Une photographie de l’insecte en ques- tion figurait sous l’article : une espèce de l’ordre des hyménoptères. Une guêpe au corps élancé, à la robe noire et jaune, munie de deux paires d’ailes et mesurant dix centi- mètres. Une équipe de chercheurs en Nor- vège lui avait assigné le nom Vespinae vo-

rare en raison de son appétit. À ce stade-ci, personne ne savait encore que seul le mâle avait émergé du sol. La femelle allait appa- raitre plus tard dans l’été, atteignant près d’un mètre de long, presque le double en en- vergure, pesant jusqu’à quinze kilos et dotée d’un aiguillon capable de percer au travers des vitres et des parebrises des voitures.

L’article spécifiait également qu’une pi- qure de l’insecte devait immédiatement être examinée par un spécialiste. Le venin hautement alcalin du dard pouvait pro- duire un vaste éventail de symptômes va- riant depuis la confusion, l’étourdissement, les vomissements et la perte de conscience. Les hôpitaux de plusieurs pays étaient déjà occupés à traiter plusieurs patients. Jack s’étonna de la quantité de détails que l’ar- ticle contenait, mais s’il était dix heures du matin à Montréal, il était déjà l’après-midi ailleurs dans le monde. La nouvelle circu- lait depuis plusieurs heures à présent.

Le serveur augmenta le volume du poste de télévision. Jack interrompit sa lecture. Le premier ministre du Canada en costume noir s’adressait à la nation en conférence de presse. Il s’efforçait de conserver des

traits neutres pour ne pas paraitre anxieux. « Des temps difficiles s’annoncent, décla- ra-t-il d’une voix grave. Mais soyez assurés que nos meilleurs scientifiques cherchent une solution à l’heure actuelle. Il y a un im- portant problème d’insectes qui ravagent toutes les productions agricoles, et pas qu’au Canada. Les équipes de dépistage de tous les pays rapportent cette espèce nui- sible. Les experts ne sont pas actuellement en mesure de produire un pronostic sur la durée de cette crise. Je tiens à encourager les Canadiens et les Canadiennes à faire preuve de compréhension face à la pénurie de denrées alimentaires et à consommer modérément jusqu’à nouvel ordre. Merci. »

Le serveur éteignit la télévision et se tourna vers Jack, le seul client du café. « Les gens s’inquiètent tout le temps pour rien, dit-il en haussant les épaules. Ils s’énervent aujourd’hui, mais dans quelques jours, quelques semaines peut-être, les scientifiques ou le gouvernement vont trouver une solution et tout va rentrer dans l’ordre. Tu vas voir, tout finit toujours par rentrer dans l’ordre. »

- Charles-Étienne Ferland

À suivre dans la prochaine édition.
À suivre dans la prochaine édition.

ILLUSTRATION: CHARLES-ÉTIENNE FERLAND

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Opinions Réponse du MER-UO à « une AG sur le campus est possible » Le
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Opinions Réponse du MER-UO à « une AG sur le campus est possible » Le chapitre

Réponse du MER-UO à « une AG sur le campus est possible »

Le chapitre uOttawa du Mouvement étu- diant révolutionnaire (MER-UO) voudrait féliciter La Rotonde pour son article sur la possibilité des assemblées générales sur le campus. En tant que club responsable pour les campagnes référendaires qui nous ont donné nos instances de démocratie étudiante directe, nous sommes ravis qu’une publica- tion telle que La Rotonde investisse autant de temps et d’énergie dans une enquête aus- si professionnelle et profonde. Bien que les trouvailles ne semblent pas, pour le moment, changer la situation de notre prochaine AG le 24 mars, il reste que ces informations seront pertinentes dans les années qui suivent pour l’organisation à long terme de nos assem- blées populaires.

Contrairement à plusieurs groupes et indi- vidus sur le campus, nous ne voyons pas la

première assemblée générale, soit celle du 17 novembre 2014, comme un échec total. Bien que nous n’ayons pas atteint le quorum (il nous manquait à peine 20 personnes!), l’as- semblée a tout de même servi d’espace où une discussion entre la FÉUO et son membership

a été possible. Oui, certains membres de ce

corps étudiant ont abusé de ce forum pour leur propre plaisir ou simplement par leur manque de savoir-vivre (avec de la violence

verbale et avec un haut degré d’intoxication entre autres) et cela doit être dénoncé, mais

il reste qu’en général nous gardons une vi-

sion optimiste de cette première instance de démocratie directe.

Cela étant dit, nous étions tout de même très critiques de son format, sa date, son

emplacement et ses conditions de participa- tion. Comme mentionné dans notre rapport officiel publié en ligne dans les journées qui ont suivi l’assemblée, nous croyons que pour avoir un véritable succès à notre prochaine AG, plusieurs changements devaient être réalisés. D’abord l’assemblée s’est déroulée

trop tard dans la session et trop tard dans la journée même : 17 h un 17 novembre n’était pas raisonnable pour un évènement où l’on espérait attirer les masses étudiantes. Avec la fin de session proche et un lancement qui promettait de nous garder jusqu’à 20 h ou 21 h (eh oui, c’est long une assemblée gé-

il est tout à fait logique que nous

n’ayons pas atteint le quorum. Le fait qu’on se soit rendu si près représente un miracle en soi. Donc, avec cela en tête, il nous semblait évident que la prochaine AG devrait avoir

lieu à la mi-février vers le milieu de la jour-

vous comprenez donc notre surprise

d’apprendre qu’elle serait le 24 mars à 17 h. Soit presque la même date (par rapport à la fin de session) et la même heure que la pre- mière assemblée qui ne s’est pas rendue au quorum. Pourquoi reproduire un format qui s’est avéré si inefficace? Eh bien, on nous a expliqué que c’était dû à un manque de dis- ponibilité au Centre des congrès.

née

nérale

),

Maintenant cela n’est pas surprenant ; le centre des congrès est clairement très occu- pé alors il est juste que d’y louer une pièce pour assoir 500 personnes soit difficile. Mais comme nous sommes un syndicat étudiant qui opère sur un campus universitaire, il semblait aller de soi que nous organisions nos AG sur notre campus. L’explication que

nous avons reçue pour ceci est la même que vous : louer de grandes pièces sur le campus n’est pas possible dans un délai aussi court. Et avec ceci en tête, le leadership MER-UO se doit de présenter une autocritique de lui- même, car nous avons accepté cette réponse du syndicat sans faire notre propre recherche sur le terrain. C’est pourquoi nous tenons à remercier La Rotonde pour son enquête sur la question des assemblées sur le campus. Le MER-UO ne souhaite pas faire un procès

d’intention à l’égard des représentant.es élu. es de la FÉUO, ce serait de la pure spécula- tion et ne servirait pas à la cause étudiante. Cela étant dit, nous devons tout de même fortement critiquer les démarches entre- prises par notre association étudiante en ma- tière de planification pour notre prochaine assemblée générale. Avec le format actuel, il y a de fortes chances que cette deuxième instance de démocratie directe ait autant de

et plusieurs l’auront

succès que la première prédit.

Le troisième facteur qui limita la première AG que nous souhaitons soulever ici ne fut malheureusement pas, lui aussi, résout par La Rotonde (du moins, pas encore!). Même avec une AG à une heure raisonnable lors d’une date raisonnable dans un endroit rai- sonnable, l’obstacle le plus important qui empêche les étudiant.es de participer à leur assemblée populaire est l’absence d’amnistie académique. En ce moment, les étudiant.es qui ont un cours durant les heures d’assem- blée doivent faire le choix entre leur édu- cation et leur droit et devoir démocratique. Pour que nos AG puissent représenter réel-

lement notre population étudiante, ceci est une étape cruciale à franchir. Et pour avoir cette victoire, ce n’est pas à la porte de la FÉUO que nous devons cogner, mais à celle de l’administration de l’Université. Et cette porte, nous avons appris après cinq ans d’ac- tivisme politique sur le campus, ne s’ouvre ni souvent ni facilement. L’Université doit re- connaître la légitimité de nos assemblées et ceci ne pourra pas être accompli par des ave- nues bureaucratiques et officielles comme le BdG ou par le lobbying.

Nous demandons donc à nos camarades de classe à l’Université d’Ottawa de nous joindre dans l’action et le militantisme le 24 mars prochain pour la réalisation d’une jour- née d’action nationale pancanadienne orga- nisée par le Mouvement étudiant révolution- naire pancanadien. La journée elle-même, qui devrait être mentionnée dans la publica- tion de cette semaine, sera dédiée à mettre de l’avant nos points d’unité nationale (qui peuvent être lus en ligne) ainsi que garantir une reconnaissance officielle d’une amnistie académique pour la population étudiante durant les journées d’assemblée générale. Nous n’aurons pas ce que nous voulons sim- plement en le demandant, c’est uniquement par la lutte politique organisée et militante que la population étudiante aura ce qu’elle mérite.

Osez lutter, osez gagner

En solidarité,

- Le Comité Central du MER-UO

Les Publications La Rotonde inc. sont une organisation à but non-lucratif gérée par un conseil d’administration (CA) de membres votants. Vous trouverez en ligne les ordres du jour et les procès-verbaux des réunions du CA, des assemblées des membres ainsi que les Status et Règlements en vigueur qui régissent l’administration du journal.

Louis Jacques – president@larotonde.ca Hélène Labelle – secretaire@larotonde.ca Julien Imbeau – tresorier@larotonde.ca

Membres votants : Abdellah Lahyane, Hélène Labelle, Mathieu Simard, Véronique Laverdure, Bruno Gélinas-Faucher, Samuel Poulin Membres non-votants : Marc-André Bonneau, Jérôme Simon, Simon-Nicolas Grandmaître

Bonneau, Jérôme Simon, Simon-Nicolas Grandmaître La Rotonde est à la recherche de personnes afin de siéger
Bonneau, Jérôme Simon, Simon-Nicolas Grandmaître La Rotonde est à la recherche de personnes afin de siéger

La Rotonde est à la recherche de personnes afin de siéger au CA!

Envoyez votre CV et votre lettre de présentation à president@larotonde.ca

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Opinions

9 mars 2015

La Rotonde

veut vous lire!

La Rotonde veut vous lire! La Rotonde est heureuse d’accueillir les textes de ses lecteurs et

La Rotonde est heureuse d’accueillir les textes de ses lecteurs et lectrices. Pour nous les faire parvenir, envoyez un courriel à redaction@larotonde.ca

Université d’Ottawa | University of Ottawa Venez prendre connaissance du Plan directeur du campus de
Université d’Ottawa
|
University of Ottawa
Venez prendre connaissance du Plan directeur
du campus de l’Université d’Ottawa
Journées portes ouvertes pour
le nouveau Plan directeur du campus
Le 10 mars 2015 de 10 h à 20 h
(présentation pour le grand public à 19 h)
à l’agora du centre universitaire Jock-Turcot
Le 11 mars 2015 de 10 h à 14 h
au pavillon Roger-Guindon, 2 e étage
uOttawa.ca
h à 14 h au pavillon Roger-Guindon, 2 e étage uOttawa.ca souhaite remercier les contributeurs de
h à 14 h au pavillon Roger-Guindon, 2 e étage uOttawa.ca souhaite remercier les contributeurs de

souhaite remercier les contributeurs de la semaine

Maude-Érica Desjardins| Romane Baleynaud | Gloria Charles-Pierre | Ahmed Gabtni | Alessandro Cardinali | Roxanne

Maude-Érica Desjardins| Romane Baleynaud | Gloria Charles-Pierre | Ahmed Gabtni | Alessandro Cardinali | Roxanne Bourque| Charles-Étienne Ferland | Nikita Kirner

Merci de la part de l’équipe de La Rotonde

Nikita Kirner Merci de la part de l’équipe de La Rotonde L ÉDITION DU LUNDI 9
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ÉDITION DU LUNDI 9 MARS 2015 VOLUME LXXXIII NO 22

109, rue Osgoode Ottawa, Ontario K1N 6S1 TEL: 613-421-4686

RÉDACTION Rédacteur en chef Marc-André Bonneau redaction@larotonde.ca

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Samuel Poulin correcteur@larotonde.ca

CORRECTEURS

ARTS ET CULTURE