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JEUNESSES. « NO FUTURE » ?

Être jeune aujourd’hui… Quoi de commun entre l’apprenti, déjà au travail,
et l’étudiant des grandes écoles, promis au meilleur avenir ? Quelles rencontres imaginer entre les « galériens » des « quartiers » qui résistent
comme ils le peuvent à la relégation et celles et ceux qui inventent de
nouvelles manières de vivre dans le bout de campagne où ils ont trouvé
refuge ? Quelle unité possible entre les convertis aux nouveaux fantasmes
de la radicalité religieuse et celles et ceux qui s’efforcent de gagner pas à
pas leur propre émancipation, sociale, sexuelle ou politique ?
Il y a pourtant quelques questions qui se posent à tous ceux et toutes celles
qui, comme on dit, entrent aujourd’hui dans la vie. Ce que leur promettent
les générations en place, c’est toujours plus d’attente, toujours plus de menaces, toujours plus de risques. Ce que leur ont déjà offert les institutions
qui ont accompagné leur enfance et leur adolescence, ce sont des diplômes
au rendement incertain, un monde économique livré au consumérisme, une
politique habitée par la désespérance.

Il y a pourtant beaucoup à apprendre des façons dont chacun fait ou a fait sa
jeunesse. On gagne à comparer les expériences, à transmettre ce qui peut
l’être, à réinventer ce qui doit l’être. Sous réserve que chacun prenne la parole et fasse le récit de sa propre existence et de ce qui compte pour lui.
À la condition, aussi, que l’on soit attentif à tout le nuancier des mondes
d’avant et à ce qui se vit aujourd’hui, dans les nouvelles façons d’appréhender le travail, les études, la famille, le sens de la justice, l’espoir de la transformation sociale.
La 10e édition du festival Raisons d’agir mettra donc en discussion le rapport
des jeunes d’hier et d’aujourd’hui à l’engagement. Plus encore qu’à l’occasion
des précédentes éditions, il s’agira de croiser les expériences individuelles et
collectives et les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes,
la sensibilité des artistes.
Site du festival : festivalraisonsagir.org
contact : contact@festivalraisonsagir.org

Et puis, il y a le regard des presque déjà vieux, souvent condescendant ou un
peu nostalgique, forcément nostalgique. De leur temps, on ne se complaisait
pas « chez papa et maman » jusqu’à pas d’âge, on savait s’engager pour la
vie ou on savait se révolter – selon, bien sûr, la lucarne d’où ils les observent.
Conflit de génération ? Même pas. Mais distances, ruptures, malentendus.

INFORMATIONS PRATIQUES
Le festival est ouvert à toutes et tous.
Entrée gratuite à tous les évènements sauf les projections. Le jeudi soir au
TAP Castille — tarif unique 5 € — et le vendredi soir au cinéma Le Dietrich
— tarif plein 5 € et tarifs réduits 3 € (chômeurs, étudiants, carte culture,
bourse spectacles, étudiants, ADS).

Espace Mendès France
1 place de la Cathédrale
........................................
05 49 50 33 08
emf.fr

Cinéma Tap-Castille
23 place du Maréchal Leclerc
................................................
05 49 39 40 00
tap-poitiers.com

Cinéma Le Dietrich
34 boulevard Chasseigne
..........................................
05 49 01 77 90
le-dietrich.fr

Le Plan B
30-32 boulevard du Grand-Cerf
....................................................
06 34 01 63 14
barleplanb.fr

UFR sciences humaines et arts
Hôtel Fumé – 8, rue René Descarte
....................................................
05 49 45 45 45
sha.univ-poitiers.fr

PARTENARIATS
Le festival Raisons d’agir 2015 est organisé par l’association Raisons d’agir Poitiers et l’Associo
(Association des étudiants en sociologie de l’université de Poitiers), en partenariat avec l’Espace
Mendès France, le cinéma TAP Castille, le cinéma Le Dietrich, l’UFR Sciences humaines et
arts, l’Association culturelle de l’UFR Lettres et Langues, et les Amis du Monde Diplomatique,
avec le soutien financier de l’université de Poitiers, l’UFR Sciences humaines et arts, la ville de
Poitiers et la région Poitou-Charentes.

festivalraisonsagir.org
Illustration et conception graphique : © Lucile Bonnaud

10e festival Raisons d’agir

PROGRAMME

POITIERS
8, 9, 10 AVRIL 2015

• 21h – 23h •
MILITANTISME, CONTRECULTURE ET ROCK
ALTERNATIF DES 80'S

MERCREDI 8 AVRIL
Espace Mendès France
• 15h – 16h30 •
DES JEUNES
ENQUÊTENT
SUR LES JEUNES
« Quand la sociologie critique se confronte
aux enquêtés ». Une dizaine d’étudiants
en master de sociologie de l’université
de Limoges présenteront une enquête
collective conduite dans une MJC de banlieue parisienne. Ils raconteront leur travail
de terrain, les difficultés qu’ils ont rencontrées mais aussi les résultats de cette
démarche collective d’investigation.
• 17h – 19h30 •
TRACER SA ROUTE
Projection du film Pascaline et Klara de
Céline Dréan (2013, 52 mn).
Pascaline et Klara sont étudiantes à
Rennes, elles ont 22 ans et sont amies. Elles
viennent de milieux populaires et doivent
travailler pour financer leurs études. Elles
sont à l’âge où l’on s'affranchit des origines
familiales pour choisir seule la route à
prendre. Entre leurs petits boulots, le mémoire à écrire, le militantisme, les copains
et la famille, elles se construisent en se cognant au monde qui les entoure. Sur fond
de campagne présidentielle, Pascaline et
Klara cherchent leur avenir.
Conférence-débat de
Henri Eckert, professeur
à l’université de Poitiers
(GRESCO) et Jérôme
Camus, maître de conférences à l’université de
Tours (CITERES).

VENDREDI 10 AVRIL
Espace Mendès France
• 10h – 12h30 •
S’ENGAGER, OUI MAIS
COMMENT ?
Table-ronde avec Rémi Douat, producteur délégué de l’émission Les Pieds sur
Terre sur France Culture, Manon Labaye,
conseillère municipale à Poitiers, Tangui Le
Bolloc’h, animateur-lecteur au sein d’associations, Camille, ZADiste. Animation :
Samuel Bouron, docteur en sociologie
(CURAPP-ESS) à l’université de Poitiers
(GRESCO).
Non, les jeunes n’ont pas renoncé à l’engagement. Mais la façon dont ils voient
la société, la politique et l’engagement
lui-même, s’est largement transformée. De
celles et ceux qui ont rejoint des groupes
d’extrême-droite à celles et ceux qui
militent dans les ZAD, de nouvelles manières de penser voient le jour. Les lieux
plus classiques de l’éducation populaire ou
de la politique institutionnelle sont euxmêmes réinvestis de nouvelles significations.
Passage en revue à partir de différentes
expériences personnelles et de documents
audio sélectionnés par Rémi Douat.
• 14h – 16h •
DEVENIR MILITANT,
D’UNE GÉNÉRATION
À L’AUTRE
Table-ronde avec Jean-Jacques Pensec,
militant communiste depuis les années
1960, Pascal Boissel, Jean-Pierre Duteuil
et Dominique Royoux, militants dans
différents courants de la gauche alternative
dans les années 1970, et Pierre Lhomme,
militant associatif et syndical. Animation :
Bertrand Geay, professeur à l’université de
Picardie (CURAPP-ESS).

Conférence-débat de Marsu (labels
Bondage Productions et Crash Disques,
manager Bérurier-Noir 1985-1989), et de
Goy, (On A Faim Label). Retour sur leurs
expériences de politisation par la musique
dans les années 1980.
Certains modes d’entrées en politique
sont bien connus, d’autres le sont moins.
Qu’est-ce qui fait que pour certains, la
politisation passe par la musique ? Comment s’établissent les liens entre musique
et politique ? En quoi deviennent-ils
indissociables ? Quelles sont les conditions
de pertinence d’une telle expérience ?
Le dialogue portera sur leurs espérances
politiques et leurs pratiques d’autogestion
dans les années 1980 et leurs évolutions,
les luttes sociales dans lesquelles s’inscrivaient leurs rencontres, mais également les
moments d’essoufflement. À partir de ces
deux carrières militantes, on se demandera
aussi comment ces combats antérieurs
peuvent être capitalisés dans les luttes
actuelles.

JEUDI 9 AVRIL
UFR sciences humaines et arts
Hôtel Fumé, amphi Pierre Bourdieu
• 14h – 16h30 •
ACCÉDER
AUX SAVOIRS
Table-ronde avec Romuald Bodin, maître
de conférences à l’université de Poitiers
(GRESCO), Aurélien Casta, docteur en
sociologie (IDHES), Sophie Orange, maître
de conférences à l’université de Nantes
(CENS), Arnaud Pierrel, doctorant à
l’université de Poitiers (GRESCO), ainsi que
des étudiants et des étudiantes engagés.
Animation : Véronique Rauline, maître
de conférences à l’université de Paris
Ouest Nanterre.
L’accès à l’enseignement supérieur s’est
largement ouvert au cours des 20 dernières
années. Mais les inégalités entre filières
et en fonction des origines sociales sont
considérables. Et l’université française
reste très largement sous-financée. Des
soi-disant « solutions » sont régulièrement
avancées, comme le développement de
formations « professionnalisées » ou l’élévation des droits d’inscription. On mettra
en débat l’ensemble de ces évolutions, en
particulier à partir d’une comparaison avec
ce qui s’est passé en Angleterre.
• 17h – 18h •
RÉSISTER
À LA DOMINATION

Pascaline et Klara,
de Céline Dréan,
2013.

Conférence-débat de Nicolas Rénahy,
chercheur à l’INRA (CESAER).
Comment les formes de résistance se
renouvellent-elles en fonction de son cycle
de vie ? Les conditions de possibilités de la
résistance à la domination seront présentées ici à partir d’extraits d’entretiens

filmés : des formes usuelles de quant à soi
populaire et juvéniles aux tentatives d’accéder à une honorabilité jusqu’à une forme
d’apaisement aujourd’hui. Les matériaux
mobilisés permettront ainsi de présenter la
manière dont sont évoqués les motifs de
la mise en retrait volontaire sur le marché
du travail. En reliant la posture et l’histoire
de vie d’un ouvrier du bâtiment, le débat
portera sur la manière dont il politise sa
pratique du travail au « black ».

TAP Castille
• 20h30 •
LE DERNIER CONTINENT
Projection en avant-première au TAP
Castille du film de Vincent Lapize (2015,
75 mn). En présence du réalisateur et de
l’équipe du film.
Du printemps 2012 au printemps 2014, Le
Dernier Continent propose un regard subjectif sur l’expérience politique atypique
vécue par les opposants au projet de l’Aéroport Grand-Ouest sur la ZAD de NotreDame-des-Landes. La ZAD, c’est deux mille
hectares de forêts et de prairies appelés
«Zone à Défendre» par ceux qui y vivent et
«Zone d’Aménagement Différé» par l’État
et les promoteurs. Plusieurs centaines de
personnes y partagent un quotidien et
luttent ensemble « contre l’aéroport et son
monde ». Ils sont d’anciens habitants, des
paysans, des sympathisants, des constructeurs, des combattants et des activistes.
Ensemble, ils inventent des modes d’organisation collectifs et horizontaux pour
dépasser la simple opposition au projet
d’aéroport et mettre en place des modes
de vie en cohérence avec leurs valeurs.
Au travers des réussites et des impasses,
l’expérience politique se réinvente chaque
jour. Les militants transforment ainsi la ZAD
par leur pratique de l’utopie, et la ZAD les
transforme en retour.

Du contexte des « 30 glorieuses » à celui
de la « crise » économique perpétuelle d’aujourd’hui, des guerres de décolonisation
aux guerres de la mondialisation, comment
s’est noué l’engagement des jeunes des
différentes générations qui se sont succédé
depuis cinquante ans ? Quelles sont les
causes que les uns et les autres ont voulu
défendre ? Quelles pratiques ont-ils
construites ? Qu’avaient-ils reçu en héritage ? Qu’ont-ils souhaité transmettre aux
générations d’après ?
• 16h30 – 18h •
VIVRE SA JEUNESSE,
D’UNE GÉNÉRATION
À L’AUTRE
Table-ronde avec Julie Pagis, chercheuse
au CNRS (CERAPS) et Camille Peugny,
maître de conférences à l’université Paris
8 (CRESPPA). Animation : Pierig Humeau,
post-doctorant au CURAPP-ESS.
Les générations se succèdent et ne se
ressemblent pas. Mais il existe entre elles
des relations complexes, faites d’inégalités,
de conflits et de coopérations. Les jeunes
d’aujourd’hui sont aussi bien tributaires de
la situation économique et politique léguée
par leurs prédécesseurs que des valeurs que
ceux-ci et celles-ci ont tenté de leur transmettre. A eux et à elles de dire ce qu’ils et
ce qu’elles souhaitent faire de cet héritage
et de quoi sera faite la société de demain.

Le Dernier
Continent de
Vincent Lapize,
2015.

Cinéma Le Dietrich
• 20h30 •
ON N’EST PAS DES
MARQUES DE VÉLO
Projection du film de Jean-Pierre Thorn,
(2003, 90 mn). En présence du réalisateur.
Un portrait de Bouda, jeune danseur de hip
hop de trente ans, entré en France à l’âge
de trois mois avec sa famille et aujourd’hui
clandestin à vie, victime de la loi dite de
« double peine ». Au sortir d’une peine
de prison, celle-ci expulse les enfants de
l’immigration dans des pays d’origine qui
leur sont devenus étrangers. Un destin à la
fois individuel et collectif, l’histoire d’une
génération au coeur des banlieues nord de
Paris où naquit le mouvement hip hop au
début des années 80.

On n’est pas des marques de vélo,
de Jean-Pierre Thorn, 2003

Plan B

• 23h30 •
SOIRÉE-CONCERT

Pour conclure la dixième édition du festival
Raisons d’agir, l’Associo organise en partenariat avec le Plan B une soirée concert.
En lien avec le thème de cette année,
quoi de mieux qu’un AFTER-PUNK avec le
groupe The Last Fucking Delight (punk
rock, Nantes).