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LA VIE INTERNATIONALE
Léotard
inspecte
aujourd’hui
le dispositif
« Turquoise
»

Rwanda : les assassinsracontentleurs massacres


Horrifiés
par
leurs
dé’couvertes,
les
militaires
français
recudlla~t,
devillage
euvillage,
les
aveux
detueurs
sans
remords.
NYAGURATI : Le ministrede la Défense, François Goma trente-cinq religleuaeset huit que le Frontpatriotiquerwandais(FPR) iéouVeZvoir, on est entre 5 000 couteau.RegardezI Le sang enfants.Toutesnos femmes
t 8 000. Ils nous chassent couleencore,it étaitcaché ont déjà été assassinées. On
I, notreenvoyésp~cia
de Léotard, estce matindansla zonefron- jeunes orphelines de Kibuye, dans est « toujour«;déterminé à combattra sansrépiLUne dizaine de sol- dans un champ. Quand ils y ne peutp/ustenir... »
Patrickde SAINT-EXUPI~RY tal/ère entre
le Rwandaet le Za’ire,où la l’ouestdu Rwanda,où elles se sen- tesFrançais e’ilss’avancent jusqu’aux datsdes forcesarméesrwan- ontmisle feu,ê a couru.Il a
France achève de déployerles deux taient« menacées ». C’està Gomaqu’a - « Pourl’instant, reprend
lignesde fronI». L’officier
doitrencon- da/ses, accompagnés de couru, maisilsl’ont rattrapé».
rugiecinqcentshommesde l’opération étéinstallée la cellulehumanitaire
de avec une patienceinfinie~e
trer demaina ,)omale commandantde 150 miliciensarmés de ma- Brutalement, un jeunetutsi lieutenant-colonel D/égo,nous
Hier,quarante soldats fran- « Turquoise». Accompagnëdu secré- l’op~ration « Turquoise». Un premier l’op~ration« ";urquoise», le général chettes, arrivent tousles ma- sort du groupedes reseapés, ne pouvons rientaire.Lïmpor-
çaisont découvert l’enferau taired’Etatà l’Action humanitaire, Lu- contingentde quarantehommesy est Jean-ClaudeLafourcade.Le chefd’état- tinsversdixheureset ça com- en proieà unecolèreextrême : tant,pourvous,c’estde sur-
paysdesmille collines. cetteMichaux-Chevry, il doitinspecter arrivéhieravecdes tonnesde médica- major des at,nées,l’amiralJacques mence. Nous, on court, on « Lui,hurle-t-il, pointant du vivre encoredeux ou trois
Combattants d’élite, issus le dispositif
français le longde la fron- mentset de nourriture.Une autrean- Lanxade,a dbclaréque les militaires court, mais on n’en peut doigtl’instituteur
des commandes de l’air de hutuquisert jours. On reviendra, on saito~~
tièrerwandaise, à Gomaet à Bukavu.Le tenneseraétablieà Bukavu,à 120 km français« éviterontautantquepossible plus...
»
N[mes~.’tdes groupes d’inter- ministre doitensuiteentrerau Rwanda plusau sud. de guideaux militaires fran- vousêtes... »
toutcontactavecle FPR ». Parisa en- Peu à peu les fuyards s’ap- çais.Il s’appelle Jean-Baptiste L’ordre de départ est
ventionspéciaux de la gendar- pourvisiter lespositions avancéesfran- Le commandantde la Mission des voyé quatrea-ïonsde reconnaissance prochent des soldats français. Twagirayezu et c’estle chef donné.Les soldatsfrançais
merie,ilss’aventurent pourla ça/ses. Nations un/es pour l’assistanceau Mirage F 1 C[t au Rwanda dans le En quelques minutes, ils sont desmiliciens. C’était monpro- embarquentdans leurstrois
premièrefoisà Pintéri6ur du Les forcesspêciales françaises ont Rwanda(Mlnuar),le génëralcanadien cadre de la rqssion« Turquoise». 70. Tousmalingres,visible- fesseur, je le reconnais ! » Le véhicules.
territoirerwandais. Dansleurs évacué hier par hèlicoptèresvers RoméoDallaire, L’instituteur hutuest
a affirméhier~ K/gai/ (AFP,Reuter.) mentépuisés. Leursvêtements jeunetutsiest ceinturépar placé sous bonne garde :
troisjeeps,on embarqueun sont en lambeaux,certains deuxréfugiés. Le lieutenant" « Ces gens-lànousont atta-
matérielSobhistiqué : fusils portentdes plaiescausées par colonelD/égos’approchede qués
d’assautà lunettesde visëe », martèle-t-iL
des coups de machettes.Un luietl’interroge
nocturne,systèmes radioultra- : Arrivésdanste villagede
enfanta la fesse gauche arra-
performants,fusi!sMac Milan - « Tu es sQr? Tu le recon- Muguba, l’officier le prenden
chée,un hommele brasà moi- nais? »
capablesde percertoue les têteà tète: « Alors, tu es res-
tiésectionné.
blindages,armesde précision - « Oui, hurle le jeune pensable de milice ? ,,
pourripoeteraux aeeautede homme,il est venuici toutle L’hommefait minede ne plus
francs-tireurs.. Leurmission . « Restez
ounous tempsnousattaquer. C’estun comprendre le français. « Je te
est simple: reconnaitre deux
endroits distanlsd’unetren-
mourrons
[» chefdesmiliciens. Il a tuéma préviens, reprend le lieutenant-
sur et mon frère.Je le recon- colonelD/égo,je saisque tu
tainede kilomètres de Kibuyé, Scènepathétique, halluci- nais, c’était mon profes- comprends ce que je dis.Alors
où des « incidents» sérieux nante.Ces gensviventun en- seur... » je vaiste le direunefoiset tu
sontsignalés. ferquotidien depuisdeuxmois. - « Tu estbiensflr? », in- t&cheras de ne pas/’oublier : si
Deux heures de route, Ilsonttousle regard égaré, les sistel’officier français. tu recommences,ça se pas-
ponctuéesde quelqueshaltes membres efflanqués, les traits - « OuLjel’aivu.Un jour, il sera très, très mai !
pourvérifier la poeition exacte f/gés.Ce sontdessurvivants.est venuavecle préfetde Ki- Compds? »
du villagede Nyagurati, dans Ils s’en rendent à peine buye et ils ont discutélong- De retourà Kibuye,à ~a
le eecteur de Kagabiro. A compte, ilsn’ontplusla force tempsensemble.Après,c’est nug tombée,les soldatsfran-
chaquearrét,le groupese dé- de rêfléchir. devenuencoreplusdifficile çais discutent entre eux
ploieen protection rapprochée. Seul EricNzabihimana, le pour nous. La chasse à Ecoeurés et amers.« Que va-t.
Entreeux,les hommesparlent chef du groupe,a conscience l’homme ón pouvoir faire? » se deman-
s’est intensifiée ».
le moinepossible. de la situation. « Aujourd’hui L’instituteur dent-i~s. « Jamaisje n’aurais
hutu,réfugié
Une bifurcation à gauche: encore,dit-il, lesmiliciens et dansune voiture, imaginé cettefoliefurieuse »,
s’est mis à
la pieteest raide,presque im- lessoldats sontvenusnousat- dit l’un.Le lieutenant-colonel
praticable.Quelqueskilo- trembler. Sans conviction, il
taqueret brQler/es champs estencoresousle choc: « J’ai
mètree de grimpée vere le pour nous empécherde man- tentede nier: « Ces gensont de l’expérience maisça...» Il
sommetd’unecolline et te vil- ger.Ilsse sontrépartis en trois commisdes crimesterribles », ne se fait pas d’illusion:
lagede Nyagurati appaYë~t. groupes et nousont encerclés.bredouille-t-iL « Avantque l’onpuisseinter-
Tout de suite,le ton est Nousne pouvons rienfaire. » Le lieutenant-colonel Diego venir à Besesero,au moins
donné: un Rwandaisivremort Toutà l’heure, dansle petit ordonne à un soldat de proté- 2 go0 autresréfugiésseront
s’approche en agitant frénéti- villagehutu,lessoldats fran- gerl’institueur chefdemilice, g assassin~s. »
quement une machette. Les çaisétaientchoquée. Mainte- réglera ça plus tard. Pour L’airépuisé et pleinde re-
soldatsne bougentpas. Im- nant,ils se rendentcompte l’heure, illuifautpartir. Lanuit mords, l’officier français envoie
pressionnë,comme brutale- ,,.qu!p~yér.[table géoopide se tombe. ses informations à Pétat-ma-
mentréve[llé, le Rwanda[s dé- déroulesous leursyeux.Ja- « Nousallonsrevenir, as- jet: « A eux,ditdl, de prendre
cideda saluerpJutétque de maisilsn’~uraient pu Imaginer
t:apper.Oeyant[es comman- ~reil~e. Leurgorgese
des français équipée du uïlsécoutent leréeit
meilleurarmementqui eoit,
l’hommese lancedaneune fu-
du vieilhomme. Milices
en bleu-blanc-rouge
« Dès le 7 avril,les mili-
rieusedansedu sabre... Lessoldatsfrançais
se rendent compte qu’un
véritable
génocide
se déroule
sousleursyeux.[PhotoAP.) taireset lesmiliciens ontcom- De nombreuxvéhiculesmilitairesrwandaisarborentde
La scène est grotesque enfants? Commentil a orga- talent mencé à nous tuer,à brgler grandsdrapeauxfrançais.Les soldatsgouvernementaux en
mal le peuplehutu.Je le avecune logistiqueaussi mo- nair~de cetterégion, pst en-
maisnul n’aenviede rire.Les nos maisons et à voler nos déroutes’abritent derrière la bannière bleu-blanc-rouge pour
nisé la chasse à l’homme au sais, le préfet de Kibuyém’a deste? barbu~ dans un véhicule : il
renseignements étaientbons: vaches.Depuis,celane s’est mener d’ultimesopérationsde chasseà Phomme. Les réfu-
petitvillagede nom de la puretéde la race? montré ces textes. I/ est Toutescee questions,le servrade guide.Une heureet pasarrëté,
à Nyagurati, le t8 avril, j’aivu giéstutsis,qui saventq~e la Franceintervientde manière
Dégoêté,un lieutenantdes d’ailleurs venuicipour vérifierlieutenant-colonelD/égoles dea,,ede route,durantlaquelle
600 habitants, des événements commandes les miliciens tuer4000réfu- neutre,sortentnaturellement de leurs cachesdevantdes
de l’air - pourtant comment ça se passaih II m’a formuleà demi-mots,le temps [ïnsiluteur hutu ne cessede gié~* é /’hhpital
au-delàde l’horreur se produi- habitués de Mugonero. troupesqu’ilsidentifientcommefrançaises. S’ilstombent
auxopérations diffi- dit que je faisais du bon de boireunebièredansle vil- rép~nf qu’ilest« triste ». « Je Ma femme et mes enfants sur des miliciensou des gouvernementaux
ser~ttoustesjours. portantle dra-
ciles- s’éloigne du groupe. travail.» lagede Mubuga.L’arrivée des ne peuxpar revenirchezmoi. étaient Ié,ilssontmorte,ris peaufrançais, Ils sonttués.
« Je n’en pouvaisplusd’en- Le lieutenant-colonelD/égo soldats françaisdanscettepe- Le /PR me l’interdit. Les re- sont enterrésdans la fosse
« J’ai
tué tendredes chosespareil/es», n’enpeutplus. Il donnel’ordre titelocalitéa déclenché
l’en- bei!~sse sont regroupés sur communeou’ontcreu.~ê~I~~
inlpeftu’rbaDle, !e oolicte, geois hufus, tous atmés de rage iiotte u,, drapeau nec,~;ttaquer. ilsveulent tous Moi,j’aifuidanslescollines.sure-t-il aux réfugiés, avec unedécision. S/onpartIà haut
L’unique policierde cette municipaletl’instituteurdu vil- maehettes,sont maintenant bleu-blanc-rouge. Les soldats nerf. tueL» J’airetrouvé d’autres genset beaucoupd’émotion.Ne vous protégerces milliers
;ocalité perdueau milieudes lagepoursuivent leurtragique rassemblés sur la placedu vil- sont gênés : le malentendu de gens
En quelques kilomètres, le on a forméce petitgroupe. De- en faitespas : dans deux ou traqués comme des animaux,
collines raconte sans réc=,t: On a chassétous les lage: « Ce soir,on va encore entreeux et la population hu- pay»~age de cetterégionidyl- puis deux mois,on n’arréte troisjours,nousseronslà.En
embages: ,, Nous avonstué Tutsisdu village,ditle premier.attaquerles malfaisants», tue - persuadée que la France }iqucbasculedansle cauche- pas de courir.Tous ceux qui attendant, on s’engaged’un .~té et on
fl fautse cacheret risqued’avoirtoutesles mi-
quelquesTutsis, ça ne dé- Mais on n’a pas pu les tuer lance l’und’eux. vientà son « secours» - est n’,z,rSur lesdoucescollines n’ontpas réussi à fuiront été survivre! »
passe pas la cinquantaine. tous.Ilsse sentrassemblés là- rwandaises, on ne distingue tués.Partout, liceset lesautorïtés locales
il y a des ca- - « Mais ils vont nous contre nous. Nous, on est
Cëtaientdes adultes,maisfl y haut,dansla forêt.Tousles plusque des maisonsbrèlées davres. » tuert, lanceun jeuneTutsi. prëts, Nous obéirons aux
avaitaussides femmeset des soirs,ces malfaiteurs et les et dus champsdévastés. Alors - « Où par exemple? » de- Restezicit Ne partez pas l Je
enfants.Vousvoyezcetteran- complicesdu FPR reviennent OUGANDA que dansla vallée,toutprès mandele lieutenant-colonelvousen çuppfie ordres.Maissont-ils prêtsà
gée de maisons,
à gauche? Ils nousattaquer. Ils n’ontden à ZAïRE deIl,toutparaissait tranquille.Diego.
t »
Paris?»
habitaientlà.On a toutincen- mangeret veulentprendrede Désormais, on ne croiseplus - « Nous devons partir,
- « Là, justeici, à deux tented’expliquer l’officier.Mais Une s~.e u r rwandaise
dié.Il fallaitqu’ilne reste la nourriture. Nous,on se dé- &me qui vive.Un cadavregït métresde vos voitures, il y a nous reviendrons, passe : « Comment, s’ex-
rien,» fend. » je vous le
dan»le fossé,sansdoutede- une tombe.» clame-t-elle,il y a encorede
L’instituteur
- Hututuiaussi - « Monsieur l’instituteur, puisdessemaines. Les soldats promets I»
Deux soldatsfrançaisse gens en vie à Besesero? Ce
- se jointà la discussion. « Ily voustrouvezque c’estnormal flan:laisposent le doigtsurla précipitent. Un jeuneTutsiles - « Non, on va mourir !
a eu beaucoupde morts ici, de tuerdes enfantssous pré- gachette de leurarme.L’atmo- guide derrièreun fourré : Restez,ou biendites-nous où n’estpas possible [ Aucunëtre
avoueAtanaseKafigita. Tous texte qu’ils sontcomplices ?» sphi~rese tend.De longspa- « Voilà,c’estlà I » Bienca- nouspouvonsvousrejoindre l ne peut survivre comme ça
les soirs, des malfaiteurs des- L’enseignant refusede ré- naches de fumée s’élèvent chée, couverte de troncs Regardez, il ne resteplusque pendant deuxmoisf ,,
cendentdes coflines pournous pondre. Il tourne autourdu pot, vers le ciel bleuazuré.Des d’arbreet de boue,protégée quelqueshommeset quelques
attaquer. Nous,on se défend. cherchevaguement à se justi- P. S.-E,
champsenflammésapparais- parlesbrousailles, unefosse
Moi-re~me,j’ai tué des en- fier, puisfinitparadmettre, au sentC’est la guerre. Ici,on est étécreusée.
fants. » détour d’unephrase : ,, J’avais en bainde s’assassiner. La pluiea ramolli la terre.
Le policier reprend : « Tout 80 enfantsen premièreannée D’un coup, quelquessil- Deux piedsémergentdu trou.
ça, c’estla fautedesTutsis. à l’école. Aujourd’hui, il en houetlesfantomatiques appa- « Moncolonel, lanceun soldat
On lesa tuésparcequ’ilssont reste25. Tousles autres,on
complices du FPR.On le sait. lesa tuésou ilssonten fuite.
C’estpourça qu’onles tue. Le lieutenant-colonel
Les femmes et tes enfants (un nom de code)est stupé-
»
Diego
rais.ïentsurle bas-,~t~.
à une voléede moineaux
lée»,,e petitgroupe
Pareil c’est
affo-
exactI »
« Il y a plusieurs
- paniqué de mortsici,précise
par l’arrivéedes véhicules Des trouscommecelui-là,
dizaines
un fuyard.
CERRUTI1881
P .\ l{ I S
il y
aussi.C’estnormal: les en- fait: « Vous,instituteur, vous fra;~,:ais- se disperse dansle en a partoutsurfa colline».
fantsdes complicessont des aveztué des enfants? » Ata- dést~rdre. Seulun vieilhomme, Quatrerétugiésapparais-
complices. On les a donc naseKafigitane répondpas. appuyésur un bàton,resteim- sent.Ils portentsur leurs
tués.»
Sur tes collines
Embarrassé, iI change de
alentour, sujet : « En face,dansla forët, \
mot;ile,commeindifférent.
;~ s’appelle
épaulesun brancardhétive-
EricNzabihi- ment composé de branches.
~.ÇPOLDES
des dizainesde maisonssont fs se comportentcomme des maha,il esttutsi. IlenseignaitDessus,le corpsd’unadoles-
brLïlées : « On en a incendiéesrebelles. Ils ne pensentqu’à à Ihicole primaire de la com- cent.« Il vientd’ëtretuépar BOUTIQUESH O~,t~,lE
au moins 200, s’exclame une chose, nous attaquer. Aprèsavoir
quitté le village,total. « J’en ai assez de voir rnune de Gisovo.Trempéde les miliciens,il y a deux
l’homme de Ici.11 ne fallait pas Nous,on se défend. » un gendarmefrançais I&che ces assassins nous sueur,épuisé,il raconte: 27,RUEP,OYALE - 8’’ 48,RUEPIERR[ ~,+CHARRON.8
heures,expliqueun rescapé.
queles fuyards puissent reve- Le policier municipalvient à dansun souffle : « Je n’aija- acclamer l », lance,impertur- « ,’,,~»us sommesun groupede Ilsluiontdécoupé la gorge au
nir.On estdespoliciers muni- son secours: « Moi-mëme, j’ai maisvu ça,c’est de fa folieto- bable,un gendarme. 2&~ Tutsis.Depuisdeuxmois
cipaux. Ici,chacun a unearme. tué au fusildix malfaisants, tale l» Mais la missionn’estpas l’am}ée et lesmiliciens rwan-
Avectesvillageois, on partait dontdeuxenfants, cëtaittous terminée. Le lieutenant-colonel daA’.nouspoursuivent. Nous
le matinet tous les Tutsis des complices.Mon chef m’a « Cesassassins Diegoa un deuxième objectif: suldvonsici, au sommetde
qu’ontrouvait, on les tuait envoyélà pourça.Il m’adit:
quinous reconnaitre la zonede Bise- cescolline, maistouslesjours Private Stock
Vous savez,le bourgmestre « Tous les Tutsissont mau- sero.Là-bas,selondes refi- ilsv ennent nousattaquer. Il y
nousa envoyés ici dansce vil- vais.Avant,du tempsdu prési- acclament
!» gieuses, desHutusextrérnistesa ,~uxheures,les miliciens COMPAGNIE
lage,pourfaire fuirlesmalfai- dent Habyarimana, on savait se rassemblent pourextermi- o»!::técinqd’entre nous.Nous DE
teurset lescomplices. C’estce qu’ily avaitun complot.On Le Lieutenant-colonel ner5 000Tutsisréfugiés dans ne pouvons pas nous dé-
que nousavonsfait.On avait avait remarqué que des Diegorestepensif: la mission lescollines. SelonJe gouverne-fourbe, nous n’avons rien. » CALIFORNIE
desordres.., groupesde Tutsisse rassem- attribuée à ses hommesse ré- ment rwandais, ce sont au I ticNzabihimana s’exprime
Les soldatsfrançais écou- blaientpourtramerdes choses vèle plus compliquée que contrairedes Tutsisdu FPR trè~bien en français. Etil parle Homme- Femme- Enfant
tentsansbroncher. Partisde mauvaises. On a voulules em- prévu: comment intervenir tout qui se regroupent pourlancer satl:~ pouvoirs’arrëter. Comme
Nïmesen hale,vendredi soir, pécher d’attaquer,on a prisles en restantneutresface à de desassauts contreles villages s’ilallait mourir avantd’avoir
ils découvrent brutalement une devants. » tels agissements? Comment hutus « pudtiés~,. pu ,.’xpliquer ce qui se passe
réalitéinimaginable.
prennent
Ils ap- Il reprend, décidé à
les règlesde ce jeu convaincre les soldats
calmerles espritsde monta- Poursavoir, il fauty aller. dans ce décordévasté.« On Dumercredi
29juinauDimanche
2 juillet
gnards enflammés par une Et fairevite.Pendant le court n’cepeut plus.Chaquejour,
macabre, cherchent à com- français : « Il y avaiteu de propagande racialeofficielle-arrètdans le villagede Mu- le«miliciens et lesau!criés
inclus
de10h.
à 19h.
prendre, s’assurent qu’ilne rè- nombreux gestes qui mon- ment déverséedepuisdes an- buga,lessoldats français res- tueltquelques-uns d entrei
vent pas. Cmllmentaccorder traient qu’ilsvoulaientnousat- nées par un gouvernement aux tésen factionontrepérédeux nou».Ça faitdeuxmois,on est
foi,au début, à un policierqui taquer.., » mainsdes extrémistes ? Com- coupsde feu provenant juste- à baut.Partout ici,il y a des 27,rueJeanJacques
« Rousseau Paris1
vous raconte spontanément - « Lesquets ?» mentintervenirdansun paysà mentde la zonede Bisesero. groltpes de Tutsis en fuite.Là,
comment il a assassinëdes - « Desécritsoù ils frai- la géographie aussidifficile Un instituteur hutu,origi- sut les sommets que vous
(Métro Louvre - face au 40, rue du Louvre)