n° 1 40 - mars 201 5

www.fo38.fr

Bulletin d'information de l'Union départementale des syndicats Force Ouvrière de l'Isère

J u sti ce
d u travai l :
d an g er !
Sommaire

Market : défendre
le métier
p. 4

Mon compte personnel
de formation
p. 5

Congrès départemental
le 1 9 juin
p. 9

Directeur de publication : Jean-Pierre Gilquin - commission paritaire : 071 6 S 05801 ISSN 0338-5701 - Impression : Imprimerie Notre Dame - Montbonnot
UD FO Isère - bourse du travail - 32 avenue de l'Europe - 38030 Grenoble cedex 02 - tél. 04 76 09 76 36 - fax 04 76 22 42 55 - courriel : udfo.38@laposte.net
Prix le numéro : 0.80 € - Abonnement 1 an : 3,20 €

E d it o ri a l
Les oracles

Justice prud’homale : ce

La loi Macron, en cours d’adoption, acte nombre de reculs des droits des salariés
conseillers qui jugent des conflitsC tous s’accordent à dire que les délais sont tro
Le point avec Joëlle Ferretti, conseillère prud’homale (FO), salariés, Anne-Marie
Joëlle Ferretti : attention danger !
La loi Macron s’occupe aussi de la justice
prud’homale…

Le chômage repart à la hausse.
L’Isère bat son record avec plus
de 1,4% de demandeurs d’emploi. Mauvais remake des années
90 lorsque le chômage atteignait
un tel niveau.
Aujourd’hui la France est en panne : les salaires des fonctionaires sont bloqués, plus de négociation dans le privé, retraités à
la diète, hôpitaux manquant
d’effectifs et de moyens, investissements bloqués dans les collectivités territoriales. La réforme
territoriale brouille les cartes.
Les électeurs ne s’y retrouvent
plus, le disent. Mais droit dans
ses bottes, soutenu par le leader
cédétiste qui ne voit pas d’austérité (sic !) le premier Ministre
s’essaye à son tour (après la tentative calamiteuse du Président)
à lire dans une boule de cristal :
reprise de la croissance en 2015
et recul du chômage. L’oracle
croit à la loi Macron. Balladur en
rêvait, il l’a fait, s’attaquant à la
représentation du personnel pour
soi-disant faire baisser le coût du
travail, lever les contraintes…
Mais non ! On ne parle pas de
libéralisme !
FO dénonce tout cela, les salariés, retraités, chômeurs n’ont
pas à être les boucs émissaires
de la crise.
Ça suffit ! il faut passer à l’action,
faire reculer le gouvernement qui
est prêt à infliger au pays une
nouvelle cure d’austérité sous la
pression de la commission européenne.
Le 9 avril c’est contre tout cela
qu’il faut se mobiliser. La grève
est l’arme des travailleurs. Tout
doit-être mis en œuvre pour commencer à construire le rapport de
forces qui permettra d’obtenir
satisfaction des revendications.
Jean-Pierre Gilquin,
Secrétaire général.

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

Le ministre de l'économie s’occupant de
justice, ce n'est pas forcément un bon signe.
Je suis profondément choquée par le fait qu'il
sera possible d'envoyer les justiciables en
départage dès la conciliation. Cette modalité
existe aujourd’hui mais seulement après le
constat que les juges salariés et employeurs
ne sont pas arrivés à dégager une majorité.
Pendant la phase de conciliation on ne juge
pas, le seul but est de faire émerger un
possible terrain d'entente.

La loi crée par ailleurs un circuit court
avec seulement deux juges en garantissant
un jugement dans les trois mois.
N’est-ce pas une bonne chose ?

C’est d’abord un leurre total. Cela existe
aujourd’hui à certaines conditions et… cela
ne marche pas. Globalement le risque est
grand de voir poindre une justice prud'
homale à deux vitesses. D'une part un
tribunal normal, de l'autre un tribunal allégé
qui laisse espérer aux salariés un jugement
rapide. Les salariés les plus précaires
risquent de choisir cette voie afin d’être
dédommagés plus rapidement, mais souvent
beaucoup moins.

L’article 2064 du Code civil reconnait
que les parties ne sont pas à égalité
dans les conflits du travail. Cette particularité
n’est plus reconnue. Est-ce un problème ?

Le droit du travail en totalité est en péril.
C'est très technique mais terriblement
efficace. L'article 2064 du Code civil et l'article 24 de la loi du 8 février 1995 excluent le
droit du travail des conventions amiables. La
loi Macron fait sauter ces deux verrous en ne
reconnaissant plus l'inégalité entre un patron
et un salarié. Ils pourront donc signer une
convention de fin de conflit et la justice n’aura rien à dire. Voilà une nouvelle revendication du Medef satisfaite !

Les conseillers pourront être sanctionnés…

Les obligations déontologiques précisées
dans le nouvel article L1421-2, c'est une
bonne chose. Lors de notre installation, nous
prêtons serment dans ce sens. Que les sanctions soient prises par une commission
nationale de discipline spécifique me choque. Les juges judiciaires sont sanctionnés
par le Conseil supérieur de la Magistrature
qui veille à la séparation des pouvoirs. Cette
procédure spécifique montre encore une fois
que les juges prud'homaux sont considérés
comme des sous juges.

Anne-Marie Gomez : gare à l'usine à gaz
lisation. Sans conciliation, la procédure devient une usine à gaz. Il suffira qu’un juge
demande à ce que l’affaire soit renvoyée
devant une instance avec juge professionnel,
ce sera fait, sans explication.

C'est ce que vous appelez l'échevinage ?

Une réforme des tribunaux prud'homaux
était-elle souhaitable ?

Oui, pour améliorer la juridiction et diminuer
le délai de traitement des affaires. Mais je
doute que la réforme permette d’atteindre
cet objectif. Le nouveau "bureau de conciliation et d'orientation" devra plus se préoccuper de bien orienter les parties que de
concilier. C’est déjà une phase négligée, durant laquelle les avocats ne laissent pas leurs
clients s'exprimer. Il faudrait laisser plus de
temps aux parties afin que chacun ait le
temps de passer de l’émotion à la rationa-

2

Oui, c'est l'introduction d'un juge professionnel parmi les juges prud'homaux lorsque
ces derniers se retrouvent à deux contre
deux lors de la prise de décision.
Cela concerne aujourd’hui environ 20 % des
affaires. Si cette procédure devient plus
fréquuente, cela aura tendance à éloigner la
justice du travail des salariés et des employeurs. Bref, à éloigner la justice du travail
des réalités du terrain.

D’autres points ne correspondent
pas à vos attentes ?

La désignation des conseillers par les
centrales syndicales de salariés et patronales. Ils doivent être plus professionnels, plus
motivés et moins idéologiques. Il est bien, en
revanche que l’importance de la formation
soit reconnue. Elle sera obligatoire, dispensée par l'école nationale de la magistrature à Bordeaux, en sus des formations
déjà organisées par les syndicats.

ce sera très compliqué !

alariés. La justice du travail n’est pas épargnée. Les salariés, victimes, les avocats qui les défendent, les
ont trop longs et qu’il faut améliorer le système. Ce ne sera pas grâce à la loi Macron !
Marie Gomez, présidente (Medef) du tribunal et Pierre-Louis Ferretti, défenseur salarial (FO).

Pierre Louis Ferretti : un petit acquis... un jour peut-être
La loi Macron a-t-elle des aspects positifs ?
Oui, cette loi a au moins un aspect
positif. La loi reconnaît la possibilité aux
syndicats de défendre les salariés devant les prud'hommes et la Cour d'appel,
mais le défenseur syndical est aujourd’hui une espèce d'Ovni sans aucune
reconnaissance. Seul l'article L1453-4
du Code du travail autorise 10 heures
d’autorisation d’absence du travail par
mois… sans aucune rémunération.
L'article modifié prévoit les fonctions du
défenseur syndical, l'inscription sur une
liste administrative, 10 heures de délégation avec maintien de la rémunération
plus un droit à la formation dans la limite
de deux semaines sur quatre ans.

Est-ce suffisant ?
C'est une avancée, mais bien sur 10
heures, c'est très nettement insuffisant.

De plus le défenseur ne bénéficie pas
d'un statut de salarié protégé.
Surtout, dans loi dans son état actuel
(ndlr. navette parlementaire en cours à
l’heure où nous écrivons), l’employeur
aura la faculté de faire radier le défenseur syndical par l'autorité administrative. Cela sous prétexte qu’il aurait divulgué une information à caractère
confidentiel.
Le problème est que la notion de
caractère confidentiel d’une information
est très floue.

A partir de quand ces nouvelles modalités
sont-elles applicables ?
Je me demande si les décrets d’application concernant le défenseur paraîtront ! A un moment, quelqu’un va bien
faire les comptes et additionner les
coûts  : maintien de la rémunération,
formation…

3

"Le délégué syndical est une espèce d'Ovni, sans
reconnaissance".

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

Joël Perrin n’est plus

Joël Perrin est décédé en mars
à l’âge de 67 ans. Informaticien,
militant chez Schneider (à l’époque Merlin-Gerin), il s’était très
rapidement investi dans différents mandats, notamment au
sein de l’Union départementale
(UD) de l’Isère.
Il a aussi, tout au long de sa vie,
consacré du temps et de l’énergie au monde associatif, donnant réalité aux valeurs de
confraternité et de solidarité.
Elu à la commission exécutive
de l’UD, il a aussi assuré la
responsabilité de trésorier-adjoint puis trésorier dans les
années 80 et de 2000 à 2007.
C’est à lui, par exemple que l’UD
doit d’avoir pris le virage informatique. Accueillant, aimable, il
était toujours disponible pour
aider chacun.

Education nationale :
l’équipe se forme
Les 9 et 10 mars, 27 agents de
l’Education nationale de l’académie (administratifs, enseignants, chefs d’établissements)
ont participé, à Grenoble, à une
formation organisée par la
FNEC-FP (fédération nationale
de l’Education, culture et Formation professionnelle. Le but :
améliorer encore leur capacité à
défendre leurs collègues dans
les différentes commissions gérant les affaires concernant ces
derniers.
L’équipe, faut-il le rappeler, est
aujourd’hui plus forte puisque
FO a amélioré sa représentativité lors des élections de
décembre 2014.

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

Vizille

"On a perdu la
reconnaissance du métier"
A Vizille, Market appartient au groupe Carrefour. Les salariés bénéficient de la convention
de la grande distribution et des accords
d’entreprise Carrefour. Ce n’est pas le cas des
Market franchisés. Il y a deux ans beaucoup
de magasins sont passés en franchisés (indépendants) perdant tous les avantages Carrefour, avec des situations catastrophiques.
Isabelle Bernard travaille depuis 10 ans comme caissière à Vizille. Elue déléguée du personnel FO en 2013 elle obtient 50 % aux élections, élimine la CGT et devient déléguée syndicale. "Nous sommes 56 salariés équivalents
temps plein. Tous votent".
Pourquoi ce succès ? "Les filles me disent : en
3 ans tu as fait plus de choses qu’en 15 ans
de CGT. J’informe beaucoup ; j’aide les salariés ; je fais respecter les droits".
50 % des salariés travaillent à temps partiel.
Un temps de travail non choisi générateur de
précarité. FO s’est battue pour que le maximum de coupures dans la journée ne dépasse pas 2 heures. En 2014, un accord a été
signé pour augmenter le temps de travail à 26
heures minimum. Certains Market en ont
profité pour obliger les salariés, sous couvert

de volontariat, à travailler le dimanche. Mais
pas à Vizille.
Il existe beaucoup de turn-over car le travail
est difficile : gestes répétitifs avec problèmes
musculo-squelettiques, des horaires variables
d’une semaine sur l’autre, lourdes charges à
porter.
La recherche de rentabilité n’épargne aucun
poste. Les caissières par exemple doivent
faire un certain nombre de clients à l’heure.
Moins de clients ? Elles mettent les produits
en rayon, servent à la boulangerie, charcuterie... Il n’y a plus de poste attitré ce qui
oblige à la polyvalence sans reconnaissance
du métier.

"Nous n’avons plus de poste attitré, nous sommes des employés commerciaux, ce qui veut dire que nous sommes polyvalents, de la base à la
direction."

Saint-Martin-d'Hères

Géant : c'est FO qu'il faut
l'impor-tance. Aller dans le conflit pour le
conflit, ce n'est pas sa façon de faire. Et ça
marche !
Rapidement, une équipe se monte, jeune et
dynamique, ralliant des salariés jusqu'à présent non syndiqués. Les salariés adhèrent au
syndicat FO et à sa manière de fonction-ner.

Karine Pélissier, déléguée syndicale, dans son tout nouveau local
syndical.

Sa décision, Karine Pelissier ne la regrette
pas. La situation ne lui convenait pas, elle ne
se trouvait pas en phase avec le mode
d'action.

Elle est ravie. Aux dernières élections, ça a
payé. Du coup elle inquiète aussi les syndicats
en place. FO a un élu DP (délégué du personnel) titulaire et 1 suppléant sur 3, 1 titulaire et
1 suppléant CE sur 3.
Elle va continuer à privilégier l'action rapide et
concrète aux jeux de postures et aux déclarations théâtrales.

Huit ans secrétaire du CHSCT (comité Hygiène
Sécurité et conditions de Travail) du Géant
Casino de Saint-Martin-d'Hères, syndiquée 10
ans… à la CGT.

Ses sujets du moment : travail du dimanche
(non M. Macron, les salariés n'en veulent pas,
ils ont une vie en dehors du travail!), les modalités de la prise des repas et aussi
évidement les salaires.

Approchée par un fédéral FO, elle saute le
pas. Ce qu'elle veut c'est répondre aux
problèmes des salariés, à leur avantage plutôt
que s'en servir en réunion pour se donner de

Les 220 salariés du Géant Casino, qui ont
voté à 24 % pour FO, savent à qui ils peuvent
s'adresser.

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Isère

Maintenant, le Compte
personnel de Formation…
Le Compte personnel de Formation (CPF) a
pris la suite du DIF (Droit individuel à la Formation) dont-il est écrit qu’il était peu utilisé
par les salariés. La nouvelle formule incitera-telle chaque salarié à mieux faire valoir ses
droits à formation et les syndicalistes saurontils les aider à se retrouver dans un système
qui demeure compliqué ?
Ce serait une bonne chose. Avis partagé par
le pays Voironnais qui a bâti un programme
de rencontres permettant à tout élu du personnel de mieux comprendre l’intérêt et le
fonctionnement de la formation professionnelle continue.
Interview d’Abderrahman Lachkar, chef de
projet Ressources humaines pour l’intercommunalité du Pays Voironnais.

Qu’est devenu le Dif ?

Les heures de Dif acquises jusqu’au 31
décembre 2014 le restent. L’employeur avait
l’obligation d’informer ses salariés des heures
acquises. Désormais, il appartient à chaque
salarié de renseigner lui-même ses heures de
Dif (voir encadré). Les heures de Dif devront
être utilisées avant le 01/01/2021 sinon
elles seront perdues ! Ces heures de Dif
seront mobilisables selon les nouvelles règles
du CPF.
Pour le moment, le Dif (droit Individuel à la
formation) est maintenu dans la Fonction
publique.

Depuis quand est-ce effectif ?

Depuis le 1 janvier. La réforme de la formation
impose à l’employeur de former ses salariés
mais elle responsabilise également chaque
salarié qui doit devenir un acteur actif de son
propre parcours de formation. Le CPF est un
compte personnel auquel seul le salarié a
accès.

Les heures du CPF et du Dif se cumulent elles ?

Oui, si j’avais 120 heures de Dif fin 2014, je
pourrais les cumuler avec les heures de CPF
acquises à partir de janvier. Je cumule 24 h
par an jusqu’à atteindre 120 h, puis 12 h par
an jusqu’à 150 h. Je pourrais alors normalement cumuler jusqu’à 270 h. Pour un salarié à temps partiel, l’alimentation se fait au
prorata du temps de travail. Ces heures appartiennent au salarié qui les conserve
lorsqu’il quitte l’entreprise et il peut les utiliser
jusqu’à la fin de sa carrière.

Région ou Pôle emploi ; et en dernier ressort
par le salarié lui-même. D’autres cas spécifiques seront porteurs d’abondement (handicap, travail pénibilité, difficultés liées à l’éloignement…).

Dois-je demander l’accord de mon employeur
pour mobiliser mes heures de CPF ?

L’entreprise est contrainte d’accepter la demande en continuant à verser la rémunération au salarié (situation donc très différente du Cif –congé individuel de formation-).
Elle ne peut refuser les demandes de formation hors temps de travail : celles figurant
dans un accord de branche, un accord d’entreprise ; celles permettant d’acquérir le socle
commun de connaissances et de compétences, et l’accompagnement VAE (validation
des acquis de l’expérience).
La demande doit-être faite par le salarié au
minimum 60 jours avant le début de la formation (pour les formations inférieures à 6 mois)
et 120 jours minimum pour les autres. L’absence de réponse de l’employeur dans un
délai d’un mois vaut acceptation.

Quelles formations pourrais-je suivre ?

Des formations qualifiantes, diplômantes ou
qui permettent d’acquérir un socle de connaissances et de compétences. Les autres formations éligibles au CPF devront figurer sur une
liste qui sera élaborée par les conseils régionaux, les partenaires sociaux et les branches professionnelles.

Et si je n’ai pas assez d’heures pour ma
formation malgré ce que j’ai cumulé ?

On pourra articuler le total Dif + CPF avec le
plan de formation de l’entreprise, une période
de professionnalisation, un CIF ou un congé
VAE. Pour les jeunes de 16 à 25 ans ou les
chômeurs, l’État, la Région ou Pôle Emploi
pourront compléter.

Info. pratiques

Inscrivez vos heures de Dif acquises
jusqu’au 31 décembre 2014 sur votre
compte CPF.
Créez ce compte, un dossier formation,
renseignez vos heures, sur le site :
www.moncompte formation.gouv.fr
Contact UD : 04 76 09 76 36.

150 h pour un CPF, est-ce un maximum ?

Non. Le compte pourra par exemple être
abondé de 100 h par l’employeur s’il ne remplit pas ses obligations de formation professionnelle tout au long de la carrière du
salarié. Mais il pourra aussi l’être par des accords d’entreprise, des conventions collectives, par un accord avec les OPCA ou encore
par l’Etat, ou tout autre organisme public : la

Conflit salarial
chez Caterpillar…

Les négociations annuelles obligatoires n’ont pas abouti chez
Caterpillar. La direction proposait 0 % d'augmentation pour le
personnel non cadre, ce qui a
mis le feu aux poudres.
Le personnel s’est mis en grève
et a demandé à la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la
consommation, du travail et de
l'emploi), ancien inspection du
travail, la médiation d’un médiateur. A ce jour cette médiation a
été refusée.

En savoir plus sur :
http://www.fo38.fr/
… Et aux VFD

Les salariés des VFD étaient en
grève les week-end des 19 et
27 février à l’appel de l’intersyndicale FO, CGT, CFTC, pour des
augmentations de salaire. En effet, depuis 2006 les augmentations étaient quasi-inexistantes.
Ils ont obtenu une augmentation de presque 30 euros par
mois, une prime "à la caisse" de
47 euros (prime à la responsabilité de vente de billets).

En savoir plus sur :
http://www.fo38.fr/
Les retraités
se défendent

Ils étaient environ 300 retraités
à manifester à Grenoble le 18
mars à l’appel des syndicats FO,
CGT, CFTC, FSU, Solidaires,
UNRPA, LSR, pour protester
contre leurs conditions de vie
de plus en plus difficiles.
Leurs revendications ? La fin du
gel des pensions et l’amélioration de leur pouvoir d’achat ;
la mise en œuvre de la loi sur
l’adaptation de la société au
vieillissement (prise en charge
de la perte d’autonomie par la
Sécurité sociale).

En savoir plus sur
http://www.fo38.fr/

Hôpitaux en danger

l'équivalent de deux hôpitaux
supprimés en Isère ? C’est la
perspective très pessimiste du
SNMH-FO (syndicat national des
Médecins hospitaliers) si le projet de loi santé du ministère
voyait le jour.
Les internes et médecins manifestaient à Paris le 15 mars
contre ce projet. Le train était
financé par les internes de Lyon,
Saint-Etienne et Grenoble.

En savoir plus sur :
http://www.fo38.fr/
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Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

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Crémieu

Tranports Guillermin :
"le patron nargue la justice"
La SAS transports Guillermin, 85 salariés
permanents et 45 saisonniers, propose des
dessertes par cars pour les scolaires et pour
les stations de ski, des sorties à la journée,
des voyages à la semaine.

FO a recueilli 50 % des voix aux dernières
élections professionnelles. Représenté par
Gilbert Collin, elle s'oppose à la direction sur
le thème de la modulation. La convention collective impose en effet que cette dernière soit
faite sur un an et fasse l’objet d’un accord. Or,
il n'y a pas d'accord.
Après le passage en Cour d'appel en février
2014, la Cour de cassation a donné raison au
syndicat.
Tout comme Bricorama sur le travail du dimanche, les transports Guillermin s'assoient
sur la décision de justice et continuent à appliquer la modulation, en payant les salariés
concernés à la quatorzaine. Le refus de l'employeur d'accepter la décision du tribunal
s'explique, selon Gilbert Collin, par la volonté
de ce dernier de vendre la société. Dans une
démarche primaire, celui-ci réduit la masse
salariale pour avoir des comptes plus présen-

tables. Qu’importe si la tension sociale est à
son comble !
Les revendications de FO sont simples et
claires : suppression de la modulation et passage du comptage des heures supplémentaires à la semaine.
Après deux dossiers gagnés par les salariés,
le rendu du tribunal pour 3 dossiers en cours
appuiera-t-il encore la démarche de FO ? En
attendant, les salariés trinquent.

Gilbert Collin, délégué syndical FO.

Otis : un plan social
tous les 3 ans

Otis France, c’est 5300 salariés, des usines,
un centre d’appel, maintenance et réparation
de portes automatiques, ascenseurs…
C’est aussi entre 2009 et 2014 la perte de
800 à 900 emplois et un 3ème plan social en
2015 qui prévoit le départ de 170 salariés :
30 sur la région, 2 en Isère.
Farid Mahboubi est délégué syndical FO
région Sud-Est, élu au comité d’entreprise et
au CCE (comité central). A ce titre il participe
aux "négociations" du plan de sauvegarde

Aucune ouverture le dimanche,
puis ouverture cinq dimanches
par an puis… la loi Macron amplifie les possibilités d’ouvertures jusqu’à 12 dimanches par
an. Elle donne de nouvelles prérogatives aux maires, élargissant le spectre des ouvertures,
plus spécifiquement dans les
communes comportant des
zones commerciales.
L’Union départementale FO a
donc saisi les mairies de l’Isère,
et la Métro (qui émet un avis sur
les ouvertures dans l’agglomération grenobloise) et demandé
un statu-quo sur cinq dimanches.
Deux mairies ont répondu :
Seyssins et Chatte maintiendront le nombre d’ouvertures à
cinq dimanches.

Artisan de vos droits

Isère

Farid Mahboubi : "La Direccte peut demander à Otis de revoir sa copie
mais le plan sera juste retardé".

Travail du dimanche

pour l’emploi qui se terminent début avril.
Mais… aucune marge de manœuvre pour
négocier. La direction accorde le minimum
légal. "La prime d’aide à la création d’entreprise est ridicule, ce n’est que de la
façade", s’indigne Farid. "L’entreprise gagne de
l’argent mais licencie et toujours plus de
dividendes pour les actionnaires !".
Otis reçoit des injonctions de la Direccte (inspection du travail) car les mesures proposées
sont indignes. Ca se passe très mal entre
organisations syndicales et direction. Plus de
dialogue, tout passe par avocats interposés.
Le climat est conflictuel. Otis veut traiter rapidement, mais n’offre pas les moyens. Une expertise est en cours sur les risques
psychosociaux.
"Le calendrier précis présenté au CE est pris
comme un maximun par le patron et ne permet pas de faire annuler un plan social (délais
trop rigides). On demande aux syndicats de
valider, c’est tout. Avec la loi Macron qui veut
fusionner les IRP (institutions représentatives
du personnel) on va noyer les élus dans des
réunions et le travail ne pourra plus se faire."

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La Confédération FO, l’Union
départementale se préoccupent
des salariés de l’artisanat.
FO agit dans tous les secteurs :
boucherie, bâtiment, métallurgie. Elle participe à la
création de nouveaux droits :
dans la coiffure, l’ameublement, le bâtiment… défend
les droits des salariés et les
informe.
Souvent il n’y a pas de délégué
dans le secteur de l’artisanat
puisque le nombre de salariés
ne le permet pas. L’Union départementale FO a décidé de mettre en place, lors de son
congrès en juin, un stand "FO
artisan de vos droits" marquant
ainsi une nouvelle dynamique
en faveur des salariés de ces
secteurs.
Un kit salariés de l’artisanat
sera distribué et une brochure
est dès à présent disponible à
l'Union départementale.

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

9 avril, "la grève utile"

Manifestation à Grenoble en mai 2014.

A l’appel des organisations syndicales : FO, CGT, Solidaire et
FSU, les salariés retraités, chômeurs étaient appelés à la
grève le 9 avril.
Il s’agissait de montrer au
gouvernement que cela suffit et
que les salariés doivent être
non seulement écoutés, mais
entendus.
La politique économique du
gouvernement coorganisée avec
la commission européenne,
comme dans les autres pays,
conduit à la précarité des salariés, des jeunes et des retraités.
Ce n’est pas en augmentant la
durée légale du travail et en déréglementant le droit du travail
que l’on combat le chômage.
Avec le projet de loi Macron le
gouvernement donne encore
raison aux demandes du patronat qui n’est jamais rassasié.
C’est pourquoi FO demande le
retrait de la loi Macron et du
pacte de responsabilité.
Dans le département la mobilisation s'est s’organisée. L’Union
départementale FO avait réservé des places en TGV. Une
cinquantaine de militants sont
allés manifester à Paris.
Mais aussi plusieurs rassemblements et manifestations ont
eu lieu dans l'Isère :
- Grenoble
-Tour-du-Pin.
Sur des appels communs les
hospitaliers de Voiron, SaintEgrève… appelaient à la grève
pour le retrait de la loi de santé
dite loi Touraine. Mais également dans l’Education nationale contre "la refondation de
l’école", dans le privé. Partout la
grève s'est organisée.

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

Voiron

Nouvel élan à l’union locale
Franca De Luca vient d’être élue secrétaire de
l’union locale de Voiron. Ainsi a-t-elle accepté,
avec Roberto Fiorini, secrétaire adjoint, la
mission de revivifier ce lieu d’échanges, d’expériences entre les syndicalistes et de ressources pour tous les salariés.

l’intérêt d’une structure interprofessionnelle.
Ainsi l’Union locale trouvera-t-elle les énergies
pour vivre pleinement et fera-t-elle naître
l’envie de s’investir activement.

Interview.

C’est être présent, parce que c’est intéressant
et que l’ambiance est fraternelle ! C’est donner une meilleure visibilité à FO, en organisant
par exemple, des tractages à la sortie des
entreprises, sur le marché lieu incontournable
de rencontre à Voiron le mercredi et surtout le
samedi.
S’investir, c’est aussi, pour les responsables
syndicaux, aller dans les entreprises où FO
n’est pas représentée, pour négocier les
protocoles pour les élections professionnelles.
C’est aussi une manière de construire FO.

Pourquoi s’investir
dans une union locale ?
Parce qu’il est important de faire vivre les
structures de proximité.
L’union locale est un lieu d’échange et
d’entraide entre les syndicalistes appartenant
à des entreprises de branches diverses de
l’économie, avec des expériences et des personnalités différentes. Le voironnais est une
zone pleine de vie ou FO doit-être reconnue. Et
ni les syndicalistes ni les salariés ne doivent
avoir à faire des kilomètres pour trouver du
soutien et les infor-mations nécessaires à la
défense de leurs droits.

Qu’allez-vous faire ?
Nous allons également créer une assistance
juridique pour les salariés et les consommateurs et je crois important d’appuyer la création d’un FO Jeune.
Nous allons commencer par décider d’une
date et organiser la rencontre des responsables syndicaux des entreprises du territoire.
Ce sera aussi une manière de démontrer

Que veut dire s’investir activement ?

As-tu déjà rencontré
des délégués syndicaux ?
Oui, et en particulier les personnes du centre
hospitalier de Voiron. Ce sont des camarades
qui se sentent un peu isolés. Ils sont en réelle
souffrance car l'hôpital actuel et en danger et
la construction du nouveau devient de plus en
plus hypothétique. Ils se sont vraiment investis
pour réussir la journée de manifestation du 9
avril et envisagent d'aller le plus possible à Paris, car c'est là que se prennent véritablement
les décisions.

Pour contacter l’union locale : 06 89 14 75 21

Franca De Luca : "A la Bourse du Travail, les bureaux de UL FO sont ouverts à tous, syndiqués ou non syndiqués. Chacun trouvera là des réponses et du
soutien".

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Fontaine

Le 19 juin,
rassemblons-nous !

Le 1 9 juin 201 5 aura lieu le XXXème congrès de l'Union départementale (UD) FO Isère.
Deux élus sortants de la commission exécutive (CE) de l'UD se sont exprimés sur leur rôle au sein
de la Commission exécutive.

Pascal Costarella, secrétaire adjoint de l’UD

Mathias Verdière, membre de la CE

"La CE m’a permis d’avoir une vision plus large des
actions syndicales que celles portées par mon secteur
d’activité. Le congrès sera l’occasion de renforcer d’autant plus son fonctionnement grâce aux contributions de
chacun et d’être ainsi la plus représentative possible."
Le congrès a lieu tous les quatre ans et
regroupe plus de 200 congressistes. Il
est avant tout l’occasion de faire le bilan
de l’activité écoulée et de voter les résolutions qui donneront les orientations de
l’Union départementale pour les quatre
prochaines années.
Lors du 29ème congrès, l’Union
départementale avait notamment rappelé la nécessité de l’application de la
politique confédérale et émis le souhait
de l’abrogation de la loi du 20 août 2008
qui aboutit à la remise en cause du
syndicalisme libre et indépendant.
Le congrès sera également l’occasion
d’élire les représentants de la Commission exécutive (CE) et de la commission
de contrôle.

"La CE devrait être le cadre permettant l’implication dans
la vie de l’Union départementale et la participation aux décisions politiques. C’est également un lieu d’échanges où
l’on apprend beaucoup grâce à la diversité des responsables syndicaux et des entreprises dans lesquelles ils sont
implantées. C’est cela, l’interpro…"

La commission exécutive
La CE, véritable parlement de l’Union
départementale, compte trente-deux
membres. Elle doit être représentative de
tous les syndicats et de tous les
secteurs, public comme privé. Elle a pour
charge de faire appliquer la politique de
l’organisation dans le département ainsi
que de mener des actions locales. Elle
élit également les membres du bureau,
notamment le(la) trésorier(e) et le(la)
secrétaire général(e).

La commission de contrôle
La commission de contrôle constituée de
cinq membres non élus à la CE valide,
elle, les comptes et veille ainsi à la pérennité économique de notre syndicat.

Tout adhérent à Force Ouvrière peut présenter sa candidature à l’une de ces instances. C’est pourquoi les délégués syndicaux sont invités dès aujourd’hui à
réunir leurs instances afin d’élire le
porteur de mandat pour le congrès mais
aussi de rassembler les candidatures.
Celles-ci doivent être transmises à
l’Union départementale d’ici début mai.
Ensuite, la liste de l’ensemble des candidats sera envoyée à chaque syndicat
afin que celui-ci puisse faire connaître
son choix au porteur de mandat.
Marie-Alice Medeuf-Andrieu, secrétaire
confédérale du secteur convention collective, représentera la confédération
Force ouvrière.

Congrès FO Isère
19 juin 2015 de 8h30 à 18h

salle Edmond Vigne - 23 rue des alpes - Fontaine
* validation des mandats,
* présentation et vote des différents rapports, motions, orientations,
* élections : membres de la Commission exécutive, commission de contrôle.
Ouvert à tous les adhérents. Inscription auprès de l'Union départementale au 04 76 09 76 36
Participation au repas 1 0€.
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Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

Cotherm

Le 24 février, FO a obtenu, chez
Cotherm (environ 180 salariés à
Vinay), en délégation unique du
personnel, 45,45 % des voix et
2 élus sur l’ensemble des collèges. La CFDT a recueilli 21,82
% des voix (un élu), la CGC sur
son collège 85,72% (deux élus).
Pour la première fois, FO a fait
son entrée dans le collège cadres et assimilés via un poste
de suppléant.

Carrefour Meylan

Avec 43,41 % des voix, FO a vu
trois de ses candidats élus lors
des élections CE (comité d’établissement) qui ont eu lieu le 13
mars. Elle est ainsi devenue la
première organisation syndicale
chez Carrefour Meylan. La CGT
a recueilli 10,71 % des voix (aucun élu), la CFTC 16,21 % (un
élu), la CGC sur son collège 100
% (un élu), le Cat, 22,53 % (un
élu).

Finorga

Une liste FO a été présentée
pour la première fois chez Finorga
à
Chasse-sur-Rhône
(entreprise de produits chimiques, emploie 190 salariés).
Les élections ont eu lieu le 16
mars. F0 a obtenu 5,73 %
(aucun élu), la CGT 45,22 %
(trois élus), la CFDT 15,29 %
(aucun élu). La CGC sur son
collège a obtenu 52,85 % (deux
élus). FO a désigné un représentant de section syndicale et le
travail de construction du syndicat a commencé.

Les CHS CT en danger
Les négociations syndicats de salariés,
syndicats patronaux sur le dialogue social ont
échoué. Le gouvernement est aujourd’hui à la
manœuvre et son cap n’a de cesse d’inquiéter, particulièrement sur la question de la
réorganisation des instances représentatives
des salariés : Comités d’entreprise, délégation
du personnel et comités Hygiène, Sécurité et
Conditions de travail (CHSCT). Il est question
de créer une instance unique appelée conseil
d’entreprise.

Exemple ? Des problèmes de sécurité ont été
constatés du fait de plaques d’aluminium situées sur le toit et menaçant de s’envoler.
Malgré plusieurs alertes auprès de la direction
faisant état du risque encouru, celle-ci retardait sans cesse le lancement des travaux.
Le CHSCT a fait pression sur la direction en
annonçant le déclenchement d’une procédure
de droit d’alerte. "Cette simple annonce a eu
un effet immédiat : les travaux commençaient
dès la semaine suivante !", se remémore Eric.

La première approche de la sécurité au travail
date de 1890, mais les CHSCT seront créés en
1982 par la loi Auroux. Ils ont permis, depuis,
d’éviter de nombreux accidents et de dénoncer des dangers pour la santé publique tels
que l’amiante ou, plus récemment, les risques psychosociaux.

Des moyens réduits

C’est un lieu de dialogue et de partage où le
bien-être du salarié est au cœur des préoccupations. Les chiffres confortent cette analyse : plus de 70 % des accidents mortels professionnels ont lieu dans des entreprises sans
CHSCT.

Des actions très concrètes
Il est essentiel, au sein des entreprises,
comme le rappelle Eric Baret, délégué au
CHSCT du pôle logistique de l’entreprise King
Jouet (Rives et Voiron).
A sa tête depuis deux mandats, il ne compte
plus les actions menées pour le bien-être et la
sécurité des salariés.

Elections HLM

En décembre 2014, l’Afoc (Association FO consommateurs) a
obtenu 10,75% des voix aux élections des locataires, contre
10,72 % en 2010. Légère amélioration par rapport aux précédentes élections, mais l’Afoc a
perdu l’élu qu’elle avait obtenu
en 2010.

Afoc : assemblée générale

L’Afoc (Association FO consommateurs) invite tous ses adhérents et tous les adhérents FO
(membres de droit de l’Afoc), à
participer à l’assemblée générale qui aura lieu le 14 avril de
9h30 à 12h,
Salle 150 - Tour FO à la Bourse
du Travail, 32 avenue de l’Europe à Grenoble.
L’ordre du jour : rapport financier et d’activité, modification
des statuts, élection du bureau.
Eric Barret, élu au CHS CT de King-Jouet.

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

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Même s’il déplore d’avoir du menacer d’une
procédure juridique pour obtenir satisfaction, il
démontre ici le besoin essentiel de conserver
le CHSCT.
Une délégation unique entrainerait des heures
de délégation réduites et ne permettrait plus
aux élus de pouvoir démontrer à la direction
l’apport positif des diverses demandes. Mener
de front l’ensemble des ac-tions deviendrait
impossible.
Eric rappelle également la force supplémentaire que lui apporte le syndicat dans l’ensemble de ces démarches : "D’abord, vis-à-vis
des rapports avec la direction qui a adopté
une posture plus souple. Ensuite, à un niveau
personnel : les formations proposées m’ont
permis de comprendre l’ensemble des droits
et d’accompagner au mieux les salariés." Pour
lui, FO est véritablement un "atout supplémentaire" et un gage d’être entendu par la
direction.

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Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

Jacqueline Verhaeghe

"Ils n’ont pas le droit de t’abîmer"

mais sans avoir vraiment l’envie de les
suivre. Vous savez, je ne suis pas très
fière d’être arrivée au syndicat seulement quand j’ai eu des problèmes".

Jacqueline Verhaeghe : "Une petite personne plus une petite personne plus une petite personne… Cela fait beaucoup de monde. Cela
fait le syndicat".

Jacqueline Verhaeghe a l’habitude d’être
appelée Jack. Cela lui plaît. "Parce que
Jack, cela donne un sentiment de force.
C’est important d’avoir de la force intérieure. Cela évite de se faire écraser".
Salariée d'un organisme social à Grenoble, Jack a adhéré à FO voici peu d’années. "Tu te syndiques soit du fait de ta
famille : tu as grandi avec des syndicalistes, ils t’ont expliqué. Soit parce que tu
as eu des soucis, que tu as cherché de
l’aide".
Elle en a trouvé. Elle se souvient avoir

été "dans une détresse totale. J’aurais
pu plonger, déprimer, ne plus ressembler
à rien. Tu dois te relever. Ils n’ont pas le
droit de t’abîmer. Et si tu tombes, tes
enfants aussi vont tomber". Pas question, je les protège.

Chacun de nous
est capable de se défendre
Elle a donc trouvé des syndicalistes, de
celles qu’elle voyait "passer dans les
bureaux, que j’écoutais puisqu’elles
parlaient de choses nous concernant

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Les syndicalistes ont cru ce qu’elle disait
et l’ont aidée, lui faisant un bien immense. Puis la machine s’est mise en route
jusqu’à ce que soit reconnue la maltraitance au travail dont elle a été victime.
"Pendant le temps où tu te défends,
personne ne te parle", se souvient Jack.
Mais elle comprend que des "collègues
aient eu peur de l'aider". Elle comprend
aussi que tout le monde ne veuille pas
s’engager pour défendre un droit ou le
gagner. "Ce n’est pas grave. Chacun son
tempérament. Si nous gagnons, la personne récoltera elle aussi le bénéfice.
C’est tout. Un jour, elle se rendra compte
et comprendra que chacun de nous est
capable de se défendre".
Au moins, il existe un "truc génial, le
syndicat. C’est quelque chose qui nous
unit". Il permet de régler quelques problèmes, histoire d’éviter que n’en surviennent de plus graves ; d’éliminer les
discriminations ; de se battre pour tous.
A la fin, s’il restait quelque chose à
ajouter, ce serait : "Côté monde du travail, on fait beaucoup trop dans le sentimental. Dans le sens où si tu ne plais
pas au chef…" Disons que le syndicat
peut être utile.

Alpes FO - mars 201 5 - n° 1 40

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