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AFP
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"LIBERTÉ" RÉVÈLE LES DÉTAILS DU VOTE

CAN-2017 :

comment

Hayatou a roulé l'Algérie

P.23

UNE JOURNÉE D’ÉTUDE A ÉTÉ CONSACRÉE À L’AUTEUR À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE D’ALGÉRIE

Mohand Tazerout :

LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D’INFORMER

LIBERTE

À LA VEILLE DE LA REPRISE

DU DIALOGUE INTERLIBYEN

À ALGER

Aggravation des violences armées P.13

au-delà du mythe P.11

des violences armées P.13 au-delà du mythe P.11 QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37, RUE LARBI BEN

QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37, RUE LARBI BEN M’HIDI, ALGER - N° 6894 LUNDI 13 AVRIL 2015 - ALGÉRIE 20 DA - FRANCE 1,30 € - GB 1£ 20 - ISSN 1111- 4290

DOSSIER MARCHÉ PARALLÈLE DE LA DEVISE “CONSTANTINE, CAPITALE DE LA CULTURE ARABE 2015” Louiza/Liberté Descente
DOSSIER
MARCHÉ PARALLÈLE DE LA DEVISE
“CONSTANTINE, CAPITALE
DE LA CULTURE ARABE 2015”
Louiza/Liberté
Descente
policière
à Port-Saïd
P.3
À J-2 DE L’OUVERTURE
DE LA MANIFESTATION
“Cirta s’efforce
d’être au rendez-
vous avec elle-
même”
REPORTAGE RÉALISÉ PAR
LYNDA NACER
LE DISPOSITIF A ÉTÉ RENFORCÉ
Le plan de sécurisation
de l’événement peaufiné
LA DIRECTRICE GÉNÉRALE
DE L’UNESCO À CONSTANTINE
“Nous devons tous nous
unir pour protéger le
patrimoine”
P.8/9
Liberté
Louiza/Liberté
Louiza/Liberté
PRIX DES FRUITS ET LÉGUMES Vers une baisse de près de 40% en mai P.6
PRIX DES FRUITS ET LÉGUMES
Vers une baisse de près
de 40% en mai P.6

RUSH DES AUTOMOBILISTES SUR LES STATIONS D’ESSENCE

Carburant : la tension persiste à Alger P.2

de 40% en mai P.6 RUSH DES AUTOMOBILISTES SUR LES STATIONS D’ESSENCE Carburant : la tension

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L’actualité en question

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

RUSH DES AUTOMOBILISTES SUR LES STATIONS D’ESSENCE

Carburant : la tension persiste à Alger

Les assurances de Naftal ne sont pas synonymes d’apaisement et d’un retour à la normale. Les stations-service sont encore prises d’assaut. Au cinquième jour de la pénurie de carburant, les pompes n’ont pas tellement “carburé”. Virée dans quelques zones de l’Algérois.

S tations-service Les Bananiers, à l’entrée est d’Alger, il est 7h45mn. La file des automobilistes est immense. De la bande d’arrêt d’urgence jusqu’à la deuxième voie du périphérique, ca- mions, autobus et voitures de touris-

me “se bousculent” pour faire le plein. Le plus ru-

sés, les “marguine” comme on les appellent à Al- ger, slaloment

entre les véhicules pour arriver à la

caisse rapidement. En ce premier jour de la semaine, les images cho- quent, avec des enfants visiblement mal ré- veillés qui s’invitent à ce décor “d’économie de guerre”. Après plus de 50 mn, nous atteignons, enfin, le fameux passage obligatoire pour faire commande. La tension atteint son paroxysme quand un père de famille descend de sa voiture et… sort de ses gonds. Il s’accrochera avec un autre automobiliste qui venait de le dépasser par la droite pour passer le premier. Il aura fallu l’in- tervention des présents pour que les antagonistes baissent le ton et retrouvent leur calme. Et, sur-

tout, pour que cessent les propos de bas étage échangés devant des familles et des enfants. Nous quittons cet “enfer”, direction Oued Rou- mane. Il est à peine 11h, la tension semble s’es- tomper. Cette station vient d’être ravitaillée, mais la file de voitures est déjà longue. Le gérant a pris ses précautions pour orienter les automo- bilistes et éviter de congestionner la circulation routière. À 12h15mn, nous poursuivons notre vi- rée vers l’extrême ouest de la capitale, Zeralda. Sur l’autoroute, des dizaines de camions-ci- ternes roulent à vive allure pour approvisionner les pompes. La fermeture de la station de Che- raga n’arrange pas les choses et les automobilistes

Reportage réalisé par :

FARID BELGACEM

Louiza/Liberté
Louiza/Liberté

sont contraints d’aller vers Bouchaoui pour re- venir vers la station des Grands-Vents, attenan- te au groupe Sovac. Il est 12h30mn, nous arrivons à la station de Zeralda. Un jeune employé ac- cueille les automobilistes à même l’autoroute pour leur éviter une perte de temps. Il les oriente alors vers la seconde pompe, moins visible, mais qui venait de faire le plein de ses citernes. “Je suis là pour orienter les automobilistes afin d’éviter les longs embouteillages sur l’autoroute. C’est très dan- gereux. Notre seul problème, c’est le gasoil. Il y a un manque. Même le comportement des automo-

Les stations-service de l’Algérois sont prises d’assaut.

bilistes est pour quelque chose dans cette histoi- re. Il suffit d’annoncer une pénurie pour que nos stations soient prises d’assaut. Mais d’ici à vingt minutes, nous aurons droit à quatre citernes”, té- moigne-t-il.

“La pénurie ? Ce n’est pas nous, c’est Naftal” Au même moment, un camion-citerne débarque avec 13 000 litres d’essence Super et 13 000 autres de gasoil. Notre interlocuteur quitte à nouveau la pompe et fait rentrer les camions et les auto- bus. Un jeune, visiblement excité, arrive à vive

allure à bord d’une camionnette chinoise. Il de- mande qu’on lui remplisse quatre fûts de gasoil. Devant le refus catégorique du gérant, il quitte la pompe non sans lâcher des obscénités. Inter- rogé à ce propos, un employé nous révélera que des “instructions fermes ont été données afin de ne servir que les automobilistes”. En face, en re- vanche, une queue interminable se forme en at- tendant que le camion remplisse les cuves. Là aus- si, c’est la pagaille générale. Autrement dit, toutes les pompes situées sur l’axe menant vers l’entrée d’Alger sont submergées de monde. Un conducteur d’autobus se pointe avec un jerrican à la main. Il essuiera, lui aussi, le refus du pom- piste. “Ce n’est pas normal. Tout le monde me connaît dans la région. Mon bus est à l’arrêt de- puis hier soir. Je dois travailler. Moi aussi, j’ai des enfants à nourrir”, clame-t-il pour plaider sa cau- se. À 13h30mn, nous arrivons à la station des Grands-Vents. Ici, quatre camions-citernes ve- naient d’approvisionner la pompe. Mais, les automobilistes ne quittent pas pour autant les lieux sans faire le plein, même si des restrictions sont données pour rationner les quantités de car- burant pour servir tout le monde. En revanche, en milieu urbain, la colère des automobilistes est difficile à contenir. Y compris celle des gérants qui n’acceptent même pas de discuter avec nous. “Allez parler avec les patrons de Naftal. La pénu- rie, c’est Naftal, c’est pas nous. Les petits ne créent pas la pénurie et vous le savez bien !”, crie un gérant qui, semble-t-il, n’est pas suffisamment approvisionné. Nous quittons ce décor avec cette dernière info : depuis le début de l’appro- visionnement, samedi dernier, les stations-ser- vice sont ravitaillées, au quotidien, à hauteur de 54 000 litres d’essence et de mazout.

F. B.

NAFTAL

“C’est la faute à la rumeur”

L es stations-service d'Alger et des wilayas avoisinantes ne connais- sent aucune pénurie de carbu-

rants, a déclaré hier à l'APS le P-DG de Naftal, Saïd Akretche, expliquant les longues files d'attente des automobilistes devant ces stations par l'effet de la ru- meur suite à une rupture temporaire de carburants à Blida. “Rien ne justifie la crainte des automobilistes à se précipi- ter vers les stations. Le carburant est suffi- samment disponible et le système de dis- tribution fonctionne correctement”, affir-

me-t-il. Face à ces files d'attente de vé- hicules et pour répondre à cette brusque hausse de la demande, Naftal a dû dou- bler le volume des carburants destinés à ces stations envahies par les automo- bilistes. Ainsi, 7 millions de litres de car- burants ont été distribués samedi der- nier aux stations de la capitale, alors que la moyenne habituelle est de 3,5 millions de litres par jour. “Les automobilistes viennent et font le plein. C'est la preuve qu'il n'y a aucun manque de carburants”, soutient M. Akretche. Néanmoins,

ajoute-t-il, les petites stations, dotées d'une faible capacité de stockage, se vi- dent rapidement. Ce qui a encouragé, selon le même responsable, la propaga- tion de la rumeur de pénurie. “Les ap- provisionnements se font normalement, la production dans les raffineries fonc- tionne correctement, le mouvement de transport par camions, par bateaux, par pipelines et par trains est normal. Le personnel est mobilisé. Il n'y a, donc, pas lieu de craindre de ne pas trouver de car- burant”, rassure-t-il. Selon le premier

PÉNURIE DE CARBURANT À L’OUEST

La crise persiste

L capitale de l’Ouest semble épargnée par la pénurie

de carburant. Il y a seulement une tension, touchant

a

le

gasoil et le super, au niveau de certaines stations.

À Oran, ce sont les automobilistes qui ont anticipé cette si- tuation en se rendant dans les stations-service pour faire le plein et éventuellement remplir un jerrycan de réserve. En revanche, à Tlemcen, la situation de crise persiste de- puis des années et s’aggrave de jour en jour avec un parc roulant sans cesse croissant. Le fléchissement des livraisons par Naftal aux stations-ser- vice, est l’un des facteurs à l’origine de la crise. En 2014, le quota est descendu à 54 millions de litres durant le second semestre alors qu’il était pratiquement le double durant la même période de l’année précédente. Selon les autorités locales, cette démarche mise en œuvre sur le terrain a pour but de lutter contre les trafiquants de carburant, mais elle pénalise les automobilistes en général alors que ces derniers doivent respecter la note du wali pré- voyant de remplir 500 DA maximum d’essence ou de ga- soil. Le statu quo est aussi enregistré à Tiaret avec la pres-

sion sur les stations-service qui se fait remarquer depuis quelques jours. Au chef-lieu de la wilaya ou à travers les lo- calités avoisinantes, notamment à Ksar Chellala, Sougueur, Mahdia et Frenda, on assiste à de gigantesques files de voi- tures attendant, des heures durant, pour faire le plein de car- burant. Au niveau des stations-service de Naftal, on dément l’exis- tence d’une quelconque pénurie et les responsables concer- nés imputent cette situation à une rumeur sur une ruptu- re de carburant qui risquerait de durer. C’est presque le même scénario dans la wilaya de Chlef où presque toutes les stations-service à travers toutes les communes de la wilaya connaissent, depuis la semaine der- nière, une pénurie sans précédent de mazout. À Aïn Témouchent, là encore, la pénurie de carburant semble s’installer de nouveau touchant l’essence normale, le super, le sans-plomb et le gasoil. Si des chaînes intermi- nables de véhicules sont constatées dans certaines stations- service, d’autres, en revanche, sont carrément désertes.

R. S./M. L./B. A./A. C./D. L.

responsable de Naftal, le phénomène d'afflux vers les stations est dû plutôt à ces rumeurs circulant sur une éventuel- le pénurie suite à une rupture temporai- re constatée, jeudi dernier, aux sta- tions de Blida et de l'ouest d'Alger. Les stations de ces zones ont mis du temps pour se réapprovisionner, déclenchant, ainsi, cette rumeur de pénurie, d'après les explications de M. Akretche qui

précise, toutefois, que la distribution des produits pétroliers est, parfois, soumi- se à des aléas causant des retards d'ap- provisionnement pouvant durer jusqu'à une demi-journée. “Aucun système ne peut fonctionner de manière parfaite. Il peut arriver que des problèmes survien- nent à l'exploitation, des ports, des pipe- lines ou des routes. Mais dans ces cas, il ne s'agit pas de pénurie”.

ACCOSTAGE DES BATEAUX, DÉCHARGEMENT ET APPROVISIONNEMENT DE CARBURANT

Le port d’Alger et Naftal s’expliquent

Malgré les mauvaises conditions météorologiques, les deux tankers, qui avaient été mis en rade par mesure de sécurité, ont été autorisés à accoster de nouveau au port d’Alger. C’est ce qu’a indiqué, hier, l’Entreprise portuaire d’Alger (Epal) dans un communiqué rendu public. Selon la même source, “les opérations d’accostage et de déchargement de carburants des pétroliers se déroulent normalement et sans aucune perturbation” au port d'Alger depuis le 8 avril dernier. Ces opérations se sont déroulées “à titre exceptionnel et prioritaire et malgré les conditions

météorologiques difficiles”. La cellule de crise installée à cette occasion au port d’Alger a, ainsi, décidé de faire sortir tous les navires, y compris les deux pétroliers, amarrés aux quais exposés au ressac et aux vents violents, et remis en rade le 6 avril dernier, pour leur sécurité. Après quoi, les deux pétroliers transportant du carburant ont été autorisés à partir du 8 avril “à titre exceptionnel et prioritaire et malgré les conditions météorologiques difficiles, à accoster en vue de leur déchargement”, ajoute l’Epal. À ce propos, il a été décidé le déchargement en 24 heures seulement des deux tankers par pompage. De son côté, le P-DG de Naftal a indiqué que “les approvisionnements se font normalement, la production dans les raffineries fonctionne correctement, le mouvement de transport

par camions, bateaux, pipelines et trains est normal ( lieu de craindre de ne pas trouver de carburant”.

FARID B.

)

Il n’y a donc pas

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

L’actualité en question

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MARCHÉ PARALLÈLE DE LA DEVISE

Descente policière à Port-Saïd

Les cambistes du square Port-Saïd à Alger n’ont pas régné en maîtres des lieux, hier. La police s’est, en effet, intéressée de plus près à leur activité de change informel, pratiquée jusqu’ici en toute quiétude.

Louiza archives Liberté
Louiza archives Liberté

Les cambistes tiennent leur activité au su et au vu de tout le monde.

L a brigade chargée de la ré- pression des infractions à la réglementation des changes de la sûreté de wilaya d’Alger a mené, hier, une opération dans le

milieu des cambistes, qui s’est soldée, a-t-on appris de bonne source, par une dizaine d’arrestations. Notre source était incapable de nous révéler le mon- tant des devises et de dinars saisis chez les cambistes interpellés. En revanche, elle a indiqué que l’opé- ration, la première du genre, depuis de longues années, participerait d’un schéma d’intervention plus vaste qui ciblerait les “fiefs” cambistes en diffé- rents endroits de la capitale et dans d’autres villes du pays. Autrement dit, l’opération policière d’hier à Port-Saïd traduirait une vo- lonté politique d’éradiquer le marché parallèle de la devise. Un marché,

faut-il le rappeler, illégal, mais toléré. L’on se souvient de la déclaration, pour le moins surprenante, dans la- quelle l’ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, s’exprimant en marge d’une confé- rence des cadres de l’administration lo- cale au Palais des nations, en octobre 2012, justifiait l’existence et l’utilité du marché parallèle de la devise. “On es- saye de combattre ce genre de marché informel de la devise, mais les citoyens y trouvent leur compte. Je ne trouve pas d’inconvénient à ce qu’on le supprime ou qu’on le laisse”, avait-il soutenu, ajoutant que “le marché parallèle de la devise permet de prémunir contre la fausse monnaie”. L’ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, dont la sortie avait fait couler beaucoup d’encre, estimait même qu’il n’y avait pas de quoi en faire des montagnes, tant est que, avait-il argué, “le change qui se pratique dans ces marchés est à la limite correct par rapport au taux de change officiel”. D’aucuns avaient peine à croire qu’un ministre de la Répu- blique trouve ainsi tolérable l’exerci- ce d’une activité illégale. Sa déclaration n’avait d’ailleurs pas manqué de soulever la question de sa- voir qui a pignon sur ce marché in- formel de la devise que l’État semble couvrir. La question est restée sans réponse. Les conjectures, en revanche, n’avaient pas manqué. Surtout que, au sein même du gouvernement, les violons, à l’époque, ne semblaient pas accordés. Le ministre des Finances de l’époque, Karim Djoudi, interrogé quelque

temps après la déclaration de son col- lègue de l’Intérieur, s’était déclaré foncièrement pour l’éradication du marché parallèle de la devise. Le gou- vernement, aussi, s’était-il même ris- qué à affirmer. “Le gouvernement va combattre le marché informel de la de- vise. La loi ne permet pas l’existence d’un marché parallèle de la devise”, avait-il, en effet, déclaré, ajoutant que “dans l’économie, il existe un marché officiel. Il n’y a pas de place pour le mar- ché noir”. Les affirmations du ministre des Fi- nances n’ont pas été suivies d’effet. Ce qui a laissé comprendre que les barons de ce marché étaient réellement puis- sants. Les cambistes de Port-Saïd et d’ailleurs n’ont pas été inquiétés, même au plus fort des réactions à la dé- claration d’Ould Kablia. Que s’est-il passé pour qu’ils se re- trouvent cibles des services de sécuri- té ? Ils devraient leur infortune pré- sente au reflux des recettes pétro- lières qui a contraint le gouverne- ment à l’austérité financière. Car, le marché informel des devises impacte négativement sur l’économie nationale. En tout cas, les experts sont una- nimes à le soutenir. Selon nombre de spécialistes, le mar- ché parallèle de devises permet l’éva- sion massive de devises vers l’étranger. Est-ce pour parer à cela que les pou- voirs publics ont décidé d’agir ? Il fau- dra, dans le sillage de cette opération, guetter le comportement des banques.

SOFIANE AÏT IFLIS

ABDERREZAK TRABELSI, DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DE L’ABEF, À “LIBERTÉ”

“C’est la plus grande plaie de ce pays”

Zehani/Liberté
Zehani/Liberté

D epuis 2013, le problème du marché parallèle des devises est posé avec acuité sans que

l’on puisse avancer sur le dossier d’un iota. La cohabitation entre le circuit of- ficiel et le circuit informel continuait à exister tranquillement jusqu’à ce que les pouvoirs publics décident d’agir en allant titiller, hier, les cambistes de square Port-Saïd. Abderrezak Trabel- si, en qualité de délégué général de l'As- sociation des banques et établisse- ments financiers (Abef), a déclaré à Liberté que “le marché parallèle des de- vises est la plus grande plaie de ce pays” et l’a qualifié de “massacre” porté à la production nationale, en par- ticulier, et à l’économie du pays, de ma- nière plus globale. M. Trabelsi parle de problèmes de sous-facturation et d’éva- sion fiscale à travers le marché paral- lèle des devises pour révéler une si- tuation des plus préoccupantes. Pourquoi laisser perdurer une situation dont les causes sont connues alors que les solutions existent et que la tâche revient aux ministères du Commerce et des Finances pour arrêter la saignée ? “Il faut une volonté politique forte pour oser…”, soutient M. Trabelsi, attes- tant que “le marché parallèle des devises porte également préjudice aux banques”.

Il expliquera que “si l’argent transitait par ce canal officiel, il pourrait être transformé par les banques pour être un produit d’investissement”. C’est à se de- mander, alors, qui s’adresse au marché parallèle des devises ? M. Trabelsi ré- pond sans détour : “Le premier bloc concerne les citoyens qui achètent les de- vises pour voyager ou pour acheter un médicament ou une pièce de voiture, etc. Des petites choses qu’ils ne trouvent pas ici. Cette catégorie est importante en nombre, mais pas en montants. Le se- cond bloc comprend les entreprises qui ne sont peut-être pas nombreuses, mais elles mettent en jeu des sommes colos- sales. Des entreprises pour partie in- formelles et pour d’autres, tout à fait for- melles pour payer leurs fournisseurs à l’étranger et choisir de ne pas passer par la procédure habituelle, à savoir la banque, et c’est ce qui provoque le phé- nomène de la sous-facturation.” À cet état de fait s’impose inéluctablement la question d’identifier la source qui ali- mente ce marché parallèle des de- vises. “De nombreux pensionnés qui s’élèvent à 800 000 qui retirent leurs re- traites en devises auprès des banques et 900 000 autres via la poste. C’est aussi l’argent des émigrés et ceux de certains étrangers qui, pour leurs dépenses, pré- fèrent s’adresser au marché noir”, confie notre interlocuteur, indiquant que “c’est entre 3 et 5 milliards de dollars qui tournent dans ce marché parallèle des devises”. Une grande aberration pour un pays comme l’Algérie où les gens s’adonnent à ce commerce illicite au vu et au su des autorités, et en toute im- punité. Cela se passe à proximité du tri- bunal d’Alger, pas loin du Parlement au square Port-Saïd et au marché Laâ- qiba à Belcourt, dans certains com- merces bien identifiés au marché Clau- zel (Hassiba-Ben-Bouali) et dans cer- tains commerces privés à Hydra, et la liste est loin d’être exhaustive. Et com- me si cela ne suffisait pas, le marché s’est éltendu à l’aéroport international d’Alger, parmi l’une des premières vi-

trines du pays, sans que cela inquiète. Un marché organisé et concurrentiel où les cours de change sont uniques et bien connus de tous, et sont parfois ré- visés en fonction de l’offre et de la de- mande. Il dispose même d’un site web eurodz.com…

NABILA SAÏDOUN

L’ÉDITO

PAR K. REMOUCHE

La chasse aux effets et non aux causes

Les meilleurs spé- cialistes du dossier penchent plutôt

pour des thérapies qui trai- tent le mal à la racine. La légalisation des circuits paral- lèles de la devise par des bureaux de change officiels constitue l'une des solutions.

Encore faut-il intéresser les investisseurs dans le créneau en offrant des commissions de change plus attractives.”

E n déclenchant la chasse aux cambistes du square Port-Saïd, le gou- vernement s'attaque au marché parallèle de la devise, un pan important du marché informel et une importante source de blanchiment d'ar-

gent et de fuite de capitaux. Une œuvre de salubrité publique car ces phé- nomènes, en se généralisant, menacent l'économie nationale d'effondre- ment, voire la stabilité du pays. Mais la question est de savoir si ces opé- rations coup-de-poing sont conjoncturelles ou s'inscrivent dans la durée. En tout état de cause, les expériences passées montrent que l'interdiction n'a jamais été le bon remède dans la lutte contre le marché noir. Les meilleurs spécialistes du dossier penchent plutôt pour des thérapies qui traitent le mal à la racine. La légalisation des circuits parallèles de la devise par des bureaux de change officiels constitue l'une des solutions. Encore faut-il in- téresser les investisseurs dans le créneau en offrant des commissions de change plus attractives. Mais les mesures les plus efficaces paraissent, éga-

lement pour ces experts, l'ouverture plus large de l'économie nationale, une large offre de produits et de services locaux restreignant le recours au mar- ché parallèle de la devise. Autre remède : l'augmentation de l'allocation de- vises, à l'instar du Maroc et de la Tunisie, pour les voyages, et la hausse du montant convertible pour les soins de santé et les études à l'étranger, au titre de la convertibilité du dinar. Cette mesure devra être consolidée pour assurer sa pérennité par le développement des exportations hors hydro- carbures et l'augmentation des recettes en devises tirées du tourisme. En somme, le gouvernement tente de s'attaquer aux effets et non aux causes. Il risque, comme pour le dossier de la lutte contre l'informel, d'essuyer un échec. Quant à la fuite des capitaux, la coordination intersectorielle, l'échange in- formatisée d'informations entre les institutions de contrôle, un système de veille sur les prix internationaux des biens et services sont préconisés. Sans pour autant qu'ils soient retenus rapidement dans la lutte actuelle contre le phénomène. Sur ce dossier, le gouvernement tergiverse et semble ménager les lobbies qui s'opposent à une meilleure organisation du commerce extérieur et à une transparence dans les transactions commerciales. Jusqu'à quand ?

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L’actualité en question

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

GARDES COMMUNAUX-MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR

Deuxième round du dialogue sur le cas des agents radiés

Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, dont relève ce corps, créé durant les années 1990 dans le cadre de la lutte antiterroriste, accepte enfin de dialoguer avec cette frange de patriotes jusque-là lésée.

Y oucef B. de Médéa et M’hena H. de Tizi Ouzou sont tous deux victimes d’une radiation “arbitraire” du corps des gardes communaux, après de loyaux services rendus à la nation, notamment durant la dé-

cennie noire. Le nombre de leurs collègues à se retrouver dans la même situation, a-ton appris de sources proches du dossier, avoisinerait ac- tuellement les 35 000 agents au niveau national.

Leur plus grand malheur est qu’ils ne sont pas éli- gibles à la retraite, car n’ayant pas atteint les

15 ans de service exigés.

Après des années de combat, ils viennent tout de même de gagner une bataille, celle de convaincre les autorités à se pencher enfin sur leur cas. Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales dont relève ce corps, créé durant les années 1990 dans le cadre de la lutte antiterroriste, accepte, en effet, de dialoguer avec cette frange de patriotes jusque-là lésée. Après une première rencontre tenue le 1 er avril,

les délégués nationaux de la police communale ont été reçus, hier, pour second round de négo- ciation, par le directeur général des ressources hu- maines, de la formation et des statuts au minis- tère de l'Intérieur, Abdelhakim Merabti. Ce round entrant dans le cadre d’un dialogue “continu” a été exclusivement réservé à l’examen, par la commission regroupant les représentants des deux camps, des dossiers des agents radiés. Lors d’un point de presse tenu juste avant l’ou- verture de la séance de la commission, M. Merabti a de prime à bord tenu à rappeler le traitement de “6 dossiers” à l’occasion de première rencontre, avant de s’engager à “accélérer la ca- dence” du travail de la commission afin d’exa- miner progressivement tous les dossiers dont il se réserve, néanmoins, de révéler le nombre. “On

Yahia archives Liberté
Yahia archives Liberté

Le corps des gardes communaux a été créé dans les années 1990 pour lutter contre le terrorisme.

ne peut pas savoir le nombre exact des dossiers sa- chant que les cas diffèrent”, s’est contenté de jus- tifier, non sans rassurer, qu’ils seront “minu- tieusement examinés au cas par cas”. Youcef B. et M’hena H. — ce dernier père de 6 enfants — , ayant exercé respectivement 13 ans et demi et 9 ans, en ont gros sur le cœur. Ils crient à l’injustice. “J’ai été radié en 2009 pour avoir déserté, sous pression, mon poste dans la ré- gion de Ksar Boukhari”, raconte, un brin d’amer- tume, Youcef B., qui s’impatiente à “comparaître” devant la commission. Son chagrin est partagé par tous ses collègues et, plus particulièrement,

les délégués du Conseil national des gardes communaux s’apprêtant à défendre, entre autres, son cas. Les agents radiés revendiquent, soit leur réintégration dans le corps, soit la compensation des années qui leur manque pour bénéficier d’une retraite. “La commission était souveraine dans ses décisions pour adopter les mesures adéquates après examen des recours”, a précisé M. Merabti. La volonté affichée par le département de Tayeb Belaïz ne pouvait qu’être “saluée” par le coordi- nateur national des gardes communaux, Tayeb Benamara Tayeb, qui s’engage, par ailleurs, à dé- fendre l’ensemble des revendications des gardes

communaux. Même son de cloche chez son col- lègue, également membre du CN, Zoheir Koua- dria, qui énumère, entre autres, la revalorisation de la retraite, la compensation des heures sup- plémentaires, l’accès aux microcrédits, la reva- lorisation des primes de risque et d’astreinte, ou encore la hausse du taux de remboursements des soins à 100% par carte Chifa. Des revendications, somme toute légitimes, que le représentant du ministère ne pouvaient que re- connaître. M. Merabti s’est montré, néanmoins, dubitatif quant la revendication relative à l’at- tribution des primes de responsabilité réclamée par des agents ayant assuré les postes de chef ou adjoint-chef de détachement, chef de groupe ou chef d’équipe. Ce problème, révèlent les contestataires, se po- serait dans au moins 15 wilayas. Pour M. Mera- beti, cette revendication n’a pas lieu d’être tant que, estime-t-il, les postes de responsabilité re- présentés des grades ayant été affectés par “no- mination”. Une explication qui ne tient pas la rou- te selon les gardes communaux qui réfutent l’idée que des postes de responsabilité auraient été oc- cupés volontairement. Selon eux, tous les agents ayant occupé des postes de responsabilité ont été “nommés” par rapport à leur expérience. L’autre revendication des gardes communaux, dont la pension de retraite accumulée dépasse les 24 000 DA, est relative à l’accès quasi-impossible aux logements sociaux. En attendant l’issue du dialogue engagé, les gardes communaux s’interrogent : pourquoi leurs revendications tardent encore à être satis- faites, alors que celles des terroristes repentis qu’ils ont combattus le sont depuis déjà longtemps ?

FARID ABDELADIM

UNIVERSITÉ

Le Cnes appelle à une grève de trois jours

L e Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), réuni le 10 avril à Alger, a décidé d’appeler à une grève de trois jours à l’université à partir du

14 avril. Selon les syndicalistes du Cnes, cette décision in-

tervient suite au refus de la tutelle de prendre en charge les revendications des enseignants maintes fois exprimées. Des revendications qui s’articulent notamment autour de la ré- vision du statut particulier de l’enseignant-chercheur, la re-

valorisation des salaires, la prise en charge du problème de logement, la “démocratisation” de l’université, l’améliora- tion des conditions de travail des enseignants, ainsi que la révision du système LMD, lequel a eu, selon les syndica- listes, des répercussions négatives sur la qualité de l’en- seignement. Dans une déclaration qu’il a rendue pu-

blique, le Cnes a également exprimé sa “déception” quant au maintien, par le ministère, du projet de décret exécutif modifiant et complétant le décret exécutif 130-08 du 03 mai 2008 portant statut particulier de l’enseignant-chercheur. Un projet qui constitue, selon ce syndicat, une “régression” par rapport au texte en vigueur. Par ailleurs, le Cnes a décidé de laisser ouverte la session de son conseil national jusqu’à la prochaine réunion, qui se tiendra le 18 avril, et à l’issue de laquelle, la décision des suites à donner au mouvement de protestation seront prises, note le document. “Si le ministère de tutelle continue à igno- rer les revendications légitimes des enseignants, une grève illi- mitée sera envisagée”, a-t-on averti.

HAKIM KABIR

DÉTENTION ET VENTE DE MUNITIONS SANS AUTORISATION

Deux individus arrêtés à Boghni

poudre servant au remplissage de car- touches de fusil de chasse destinées à la vente. Une simple perquisition effectuée par les policiers en son domicile a permis de découvrir un appareil et des us- tensiles servant au rembourrage des cartouches de fusil de chasse, au mon- tage et au démontage des capsules, des cartouches pleines et des douilles de ca- libres 14 et 16, ainsi que de la poudre explosive noire et des produits sous forme de poudre de différentes cou-

S uite à des renseignements éma- nant de citoyens sur les activités clandestines d’un individu qui

s’adonnait à un commerce illicite de munitions, les policiers de la BMPJ de Boghni (Tizi Ouzou) ont procédé à une enquête minutieuse qui a permis d’arrêter, à un barrage routier, le contrevenant au volant de son véhi- cule, un homme âgé de 47 ans et de- meurant à Boghni. Lors de la perquisition de son véhicule, il a été découvert une quantité de

leurs qui ont été aussitôt saisis. Un se- cond individu, âgé de 44 ans, qui lui fournissait de la poudre et des car- touches a été aussi arrêté dans le cadre de cette affaire. Présentés au parquet de Draâ El-Mi- zan, le 5 avril dernier, pour détention et commercialisation de munitions de catégorie 5 sans autorisation des au- torités habilitées, les deux mis en cau- se ont été placés sous mandat de dépôt.

M. H.

L’AUTEUR A ÉTÉ INTERPELLÉ PAR LA POLICE

Il simule un kidnapping et exige 150 millions

Un individu a été interpellé par les éléments de la police, relevant de

la division-ouest de la capitale, pour avoir simulé le kidnapping d’un enfant, et qui n’est autre que le fils de son patron. Selon notre source, cet individu est allé jusqu’à menacer le père de la victime en lui intimant l’ordre de lui verser 150 millions de centimes pour libérer son fils. Pis encore, et pour faire vrai, ce malfrat faisait croire au père de l’otage qu’il détenait une vidéo des personnes sur le point d’exécuter son fils. Informés, les policiers ont réussi à localiser cet individu avant de l’interpeller. Présenté devant le procureur de la République près le tribunal de Chéraga, le mis en cause a été placé en détention préventive en attendant les résultats de l’instruction.

FARID B.

ILS CIBLAIENT DES AGENCES DE LOCATION DE VOITURES DE L’EST ET D’ORAN

Des escrocs tombent à Aïn Témouchent et à Ouargla

Enquêtant sur la disparition de 13 véhicules auprès d’agences de

location de voitures d’Oran, la brigade de recherches et d’investigations de la Police judiciaire, et après une extension territoriale qui l’a conduite à Ouargla, a arrêté le principal suspect, un repris de justice, âgé de 30 ans, et récupéré huit véhicules. Le mis en cause a été écroué. Par ailleurs, la Police judiciaire de la sûreté de wilaya d’Aïn Témouchent a démantelé un réseau national de trafic de véhicules tombé grâce à un renseignement sur son activité. Les enquêteurs ont identifié les suspects et arrêté le principal mis en cause et saisi 29 véhicules de différents types. Selon une source policière, les membres de ce réseau, qui activent à l’est du pays, ont réussi à escroquer plusieurs agences de location de voitures pour revendre ensuite les véhicules supposés loués dans la wilaya d’Aïn Témouchent. Alors que le reste des membres du réseau demeure activement recherché, le principal mis en cause a été présenté à la justice.

AYOUB A./M. LARADJ

LIBERTE Lundi 13 avril 2015

LE RADAR

PAGE ANIMÉE PAR SOUHILA HAMMADI

radar@liberte-algerie.com

DE LIBERTÉ

DE LIBERTÉ

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QUAND LES CITOYENS S’ENQUIÈRENT DU E-PAYEMENT DANS LES BUREAUX DE POSTE

“Nous donnons des formulaires aux curieux, sans plus…”

“Nous donnons des formulaires aux curieux, sans plus…” ■ Plus d’une année après son lancement en

Plus d’une année après son lancement en

grande pompe à Constantine par la ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Zohra Derdouri, le e- payement stagne au point de départ. Rien n’est fait pour inciter le citoyen à intégrer dans ses habitudes ce mode pratique de règlement des achats et des factures. Dans beaucoup de pays, on est parvenu à payer ses courses avec le téléphone portable. Les Algériens continuent à fonctionner avec de l’argent liquide et le fe- ront vraisemblablement longtemps encore.

Les plus édifiés sur le e-payement jusqu’à le ré- clamer dans les bureaux de poste sont confron- tés à des situations anecdotiques. Un citoyen nous a raconté qu’il s’est enquis, dans une pos- te à Aïn Taya, de la procédure à suivre pour pouvoir recourir au e-payement, un préposé au guichet lui a répondu qu’il n’en savait rien. “On n’est pas au courant. On ne sait même pas ce que c’est. Certes, on a des formulaires à don- ner aux curieux comme vous mais sans plus… Allez demander ailleurs.” Sans commentaire.

SAÂDANI L’A FAIT, HANOUNE L’A RÉÉDITÉ On chante et on danse dans les rassemble- ments…

SAÂDANI L’A FAIT, HANOUNE L’A RÉÉDITÉ

On chante

et on danse dans les

rassemble-

ments…

politiques

chante et on danse dans les rassemble- ments… politiques ■ Après les madahete (Khadija Michele, connue

Après les madahete (Khadija Michele, connue dans la région de l’Oranie), qui avaient animé l’ouverture d’un meeting du se- crétaire général du FLN, Amar Saâdani, à Oran, le mois passé, ce fut autour de Louisa Hanoune de surprendre. Samedi dernier, des militants de son parti sont venus assez nombreux écouter son discours. Mais avant de connaître les messages politiques que la porte-parole du Parti des travailleurs voulait

transmettre, ils ont dansé et chanté sans re- tenue sur les rythmes de Houari Galb, un chanteur raï qui a carrément chauffé la salle. Vraisemblablement, de nouvelles mœurs s’incrustent dans la pratique politique ou est- ce l’illustration de l’échec des chefs de parti à fédérer les citoyens et les militants autour de leurs projets et leur personne à telle en- seigne qu’ils recourent à des chanteurs pour remplir les salles ?

DÉGORGEMENT DES EAUX USÉES À LA CITÉ DES 48-LOGEMENTS REHAHLIA

Un calvaire au quotidien pour les résidents

Les habitants de la cité 48-

Logts Rehahlia de Oued Aïssi (Tizi Ouzou) vivent le calvaire depuis deux mois suite à la dété- rioration d’une canalisation d’eaux usées qui s’infiltrent à l’intérieur de leur cité. “L’espace de jeu des en- fants est occupé par la crasse. Le problème persiste alors que l’été ap- proche et une telle situation pour- rait bien causer l’irréparable”, avertissent-ils. Avec l’arrivée des grandes chaleurs, les eaux stag- nantes fait peser effectivement sur les habitants de cette cité un gros risque sanitaire.

sur les habitants de cette cité un gros risque sanitaire. ELLE A REMBOURSÉ SON CRÉDIT BANCAIRE

ELLE A REMBOURSÉ SON CRÉDIT BANCAIRE PAR ANTICIPATION EN JANVIER 2015

Une femme d’affaires attend encore la main- levée sur l’hypo- thèque

Une jeune femme, ayant souscrit un crédit d’inves- tissement de deux millions de dinars auprès d’une agence de la Banque exté- rieure d'Algérie (BEA) à Béjaïa, tarde à obtenir la mainlevée d'hypothèque. Elle a fait la demande y af- férente, le 27 janvier der- nier, soit dix jours après avoir remboursé par anti- cipation la totalité de son crédit. Et pour cause ! Pour pouvoir établir ce fameux document, affirme-t-on à ladite agence, il faudrait attendre l’aval de la direc- tion régionale de la même banque, située à Sétif. Cet- te procédure interne à la banque en question n’est pas accomplie près de trois mois après le dépôt du dos- sier. Ces lenteurs injusti- fiables pénalisent lourde- ment la jeune femme d’af- faires, bloquée dans le dé- veloppement de son inves- tissement.

RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE SUR L’AFFAIRE DE CORRUPTION DANS DES FÉDÉRATIONS Tahmi se dérobe
RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE SUR L’AFFAIRE
DE CORRUPTION DANS DES FÉDÉRATIONS
Tahmi se dérobe

Le ministre des Sports, Mo- hamed Tahmi, est interpellé

à chacune de ses sorties pu-

bliques, sur les échéances qu’il

a fixées pour rendre publics les

résultats de l’enquête que son département a diligentée sur les affaires de mauvaise ges- tion et détournements de fonds dans certaines fédéra- tions telles que celle du hand- ball et du karaté. Il n’a pas jus- qu’alors donné la moindre

information sur l’état des in- vestigations de l’inspection générale du MJS. Il a esquivé, encore une fois, le sujet lors de

la conférence de presse qu’il a animée samedi dernier à son

retour du Caire, où l’Algérie a perdu le vote du bureau exé-

cutif de la CAF sur le pays or- ganisateur de la prochaine édition de la CAN. Le MJS oc- culte si bien le dossier qu’on commence à croire que l’en- quête a certainement révélé des vérités compromettantes qu’il vaudrait mieux, au regard des pouvoirs publics, taire et éviter par là même aux res- ponsables des fédérations mises en accusation des pour- suites judiciaires.

CRÉATION D’UN NOUVEAU PARTI POLITIQUE

Hizb El-Ghed attend son agrément

Un nouveau parti politique Hizb El-Ghed (Parti de de- main), d’obédience centriste, a été créé à Tlemcen et attend depuis plusieurs mois le rendez-vous que doit lui fixer le mi- nistère de l’Intérieur et des Collectivités locales pour le dé- pôt du dossier d’agrément. Son président Bekhti Tahar, investisseur, licencié en sciences politiques de l’université d’Alger, a exercé en qualité de dé- taché des services de l’éducation auprès de l’ambassade d’Al- gérie en France. Il a déclaré que son futur parti va rayonner dans une première phase sur une vingtaine de wilayas, ajou- tant que les grandes lignes de l’avant-projet des statuts por- teront notamment sur le développement durable dans tous les secteurs d’activité et l’encouragement de la politique étran- gère en Afrique et dans le monde ainsi que l’édification d’un Maghreb arabe uni.

ARRÊT SUR IMAGE

(Ph. Louiza/Liberté)
(Ph. Louiza/Liberté)

VU À ALGER

Les réfugiés syriens occupent les abords des stations-service pour demander l’aumône aux conducteurs de véhicules qui viennent s’approvisionner en carburants.

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L’actualité en question

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

PRIX DES FRUITS ET LÉGUMES

Vers une baisse de près de 40% en mai

C’est, du moins, ce que prévoient les mandataires grossistes qui annoncent des productions en quantités suffisantes dès la fin du mois d’avril en cours.

L e marché des fruits et légumes devrait enregistrer une baisse inouïe des prix, d’ici au mois de mai prochain. Cette tendance baissière attendue des tarifs qui se situerait entre 30 et 40%, sera le fait de l’arrivée sur les es-

paces commerciaux réglementés des productions issues notamment des wilayas du littoral et de la Mitidja. Les récoltes entamées d’ores et déjà à Mostaganem, Boumerdès, Tipasa, pour ne citer que ces zones, viendront, dans les tout prochains jours, inonder les marchés de gros. Les produits de saison, tels que la tomate, le poivron, le piment, la laitue… verront ainsi leurs cours baisser de ma-

nière considérable au grand bonheur des ménages qui, ces derniers mois, ont fait leur deuil de la ma- jorité des légumes à cause d’une hausse vertigi- neuse mais surtout inconcevable des prix. Une augmentation invraisemblable car l’offre de- meure suffisante et, par conséquent, la deman- de peut être satisfaite aisément. La réalité du terrain est curieusement tout autre. Loin d’être abordables, les cours dissuadent les consommateurs à faire la tournée des marchés. Dans le cas où ils se rendraient malgré eux, dans ces lieux commerçants, maigre est le contenu des couffins avec lesquels ils repartent chez eux. Si cette bonne nouvelle annoncée par les agricul- teurs et les mandataires agrée les ménages, les mé- canismes inefficaces avec lesquels fonctionne le marché risquent de remettre en cause leur eu- phorie. Proie à une spéculation à grande échel- le, la vente de ces produits intervient dans un en- vironnement marqué par des pénuries récur-

rentes et des flambées des prix répétitives. L’on déplore, en effet, une désorganisation en matiè- re de stockage dans les chambres froides. Ce qui ouvre la voie à une spéculation fomentée par “une mafia bien organisée”, s’emparant de toutes les composantes de la filière pomme de ter- re. “La filière de la pomme de terre a désormais ses parrains”, avoue un des mandataires des mar- chés de gros.

Le diktat de “la mafia de la pomme de terre” L'incontournable tubercule était, il y a à peine un mois, inaccessible pour les bourses moyennes. À cause de son prix qui a frôlé les 120 DA le kilo- gramme, la pomme de terre n'était plus à la por- tée de tous. La ménagère se contentait seulement de quelques centaines de grammes, juste pour la saveur des plats cuisinés. En dépit des mesures prises, l'État n'arrive plus à assumer son rôle de régulateur. Dans un marché qui fonctionne se- lon les normes communément requises dans le monde, le niveau des prix est déterminé par le seul mécanisme de l'offre et de la demande. En Algérie, cette règle obéit à d'autres considérations que les pouvoirs publics n'arrivent plus à maî- triser. L'État n'assume plus son rôle de régulateur. La hausse des tarifs de la pomme de terre est es- sentiellement due, avouent les grossistes, à une pénurie provoquée. Il a été enregistré une sur- production émanant notamment de la région des Hauts-Plateaux qui a poussé les agriculteurs à re- courir aux chambres froides pour stocker les quantités nécessaires appelées à être mises sur le marché en cas de production insuffisante et de

Archives Liberté
Archives Liberté

Les prix des fruits et légumes vont être accessibles aux ménages à partir du mois prochain.

manque de produits. C'est ce que les agriculteurs appellent dans leur jargon la période de soudu- re qui coïncide avec les mois de septembre et d'oc- tobre de chaque année. Les fellahs devraient, en principe, déstocker leur marchandise et la mettre sur le marché. Ce qui n'a pas été fait convena- blement. Ils décident de provoquer alors une pé-

nurie afin de maintenir les tarifs à la hausse. Il res- te à savoir si tous ces dysfonctionnements seront atténués avec la création de marchés de proxi- mité censés mettre fin à cette différence exagé- rée entre les prix de gros et ceux de détail qui at- teint parfois les 100%

B. K.

BAISSER DE RIDEAU DU SALON DE L’EMPLOI

Carton plein pour cette nouvelle édition du Salem

APS
APS

Clôture hier du Salem-2015 en présence de ministres et autres personnalités.

L 5 e édition du Salon de l’emploi,

Salem-2015, à Alger, a baissé ri- deau hier. La cérémonie de clô-

ture s’est déroulée en présence de

a

bon nombre de ministres et repré- sentants du gouvernement. À cet effet, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed El-

Ghazi, a fait savoir que “cette nouvel- le édition était un réel succès”. Pour le ministre, les meilleurs indicateurs de la réussite du salon sont le nombre de participants qui était de 2 300 partici- pants et celui des visiteurs qui a atteint les 150 000 visiteurs. “L’événement était l’occasion pour les jeunes désirant ouvrir leur propre entreprise de se rap- procher de l’Ansej, la Cnac et l’Anem dans l’optique d’une meilleure orien- tation”, a expliqué M. El-Ghazi. Lors de la cérémonie de clôture du sa- lon, six conventions de partenariat ont été signées. Il s’agit, en l’occurrence, d’un accord de partenariat entre la Cnac et la SAA, d’une convention avec les banques pour le financement des startup, une convention entre l’Ansej et l’université d’Alger III, et de trois conventions entre l’Anem et l’opérateur de téléphonie mobile Oo-

LE MINISTRE DES TRANSPORTS À BOUMERDÈS

Mise en exploitation de la ligne Thénia-Bordj Menaïel

L ministre des Transports a procédé, hier, à la mise

en exploitation de la ligne Thénia-Bordj Menaïel après un arrêt qui aurait duré plus d'une décennie. La ligne

incluse dans le projet de modernisation de la voie entre Thé- nia et Oued Aïssi (Tizi Ouzou), sur 50 km, a finalement été livrée partiellement sur 16 km. Ainsi, la navette Thénia- Bordj Menaïel est de nouveau opérationnelle depuis hier, c’est le ministre des Transports, Amar Ghoul, et Kamel Ab- bas, wali de Boumerdès, qui ont fait le trajet inaugural à bord d’une locomotive diesel sur la distance de 16 km séparant les deux gares. Grâce à deux navettes quotidiennes en “die- sel”, la première à partir de 6h10, le matin, la deuxième le soir vers 18h, en attendant la fin des travaux, le billet est de 25 DA, où une correspondance sur Alger à 100 DA, pré- cisent les agents de la SNTF. Par ailleurs, le ministre a inau-

e

guré les trois nouvelles gares de Si Mustapha, des Issers et de Bordj Menaïel dotées de toutes les commodités ; elles permettront de répondre aux attentes des usagers. La mise en exploitation de cette ligne, dira Amar Ghoul, atténue- ra à coup sûr la pression subie par le réseau routier, à tra- vers la RN12 qui relie la RN5 aux environs de Thénia. Au parking de la gare de Bordj Menaïel, le ministre des Transports, exposant les grands projets du rail, a mis en exergue les objectifs des pouvoirs publics pour ce secteur stratégique appelé dans les années à venir grâce à la mo- dernisation de plus de 12 500 km de voies répondant aux normes de sécurité les plus performantes, à assurer le tra- fic mixte à plus de 200 millions de voyageurs par an et le transport de millions de tonnes de marchandises.

M. T.

redoo, l’Anem et Maghreb Tube Chlef, ainsi que l’Anem et SKTM (So- nelgaz). À noter que pas moins de quinze prix ont été décernés à plusieurs lauréats, avant la fin de la cérémonie, dont le prix du ministre, le prix du dévelop- pement local, le prix de l’innovation, le prix de la meilleure startup, le prix de l’environnement et le prix de la pro- motion des énergies nouvelles. Il est également prévu l’octroi du prix de la meilleure femme entrepreneur, le prix du meilleur produit, le prix de la création d’emploi, le prix de l’export, le prix du meilleur stand, etc. Les journalistes seront, eux aussi, primés par le biais du prix de la meilleure cou- verture médiatique. Pour rappel, le Sa- lem-2015 s’est fixé pour objectifs de vulgariser davantage les dispositions de création de microentreprises, de mettre en relation les acteurs et par- tenaires des agences de création d’em-

plois et d’encourager la création de projets d’activité. Il est également question de présenter et de valoriser les dispositifs publics de promotion de l’emploi, de susciter l’intérêt des visiteurs, particulière- ment les jeunes en quête d’un parcours professionnel, tant à travers le salariat que l’entrepreneuriat, et de faire connaître le savoir-faire et les com- pétences des microentreprises créées dans le cadre des dispositifs Ansej et Cnac, dans divers secteurs d’activité, et les mettre en condition d’affaires, d’échange et de partenariat. Cet événement est, aussi, une occasion pour les décideurs de différents sec- teurs, de s’informer des capacités de sous-traitance disponibles parmi les microentreprises exposantes, en vue d’étudier les opportunités d’affaires avec d’éventuels partenaires et four- nisseurs.

D. SAFTA

COMMUNIQUÉ

Djezzy partenaire officiel du Forum ITN Emploi

Djezzy, leader de la téléphonie mobile en Algérie, est partenaire officiel de la 3 e édition du Forum ITN Emploi, qui a ouvert ses portes avant-hier, pour une période de 2 jours (11 & 12 avril 2015), à l’espace Charenton, dans le 12 e arrondissement de Paris. Organisé pour la première fois en France en mars 2014 (Paris) puis en novembre 2014 (Lyon), ce forum, tenu cette année sous le haut patronage du ministère de la Jeunesse, a pour objectif d’être le point de rencontre entre les recruteurs et la diaspora algérienne à la recherche d’une opportunité professionnelle en Algérie. Cette édition sera enrichie d’un “espace création d’entreprise” afin de répondre aux interrogations des porteurs de projets souhaitant investir en Algérie, avec la présence d’experts et des témoignages d’entrepreneurs ayant tenté l’aventure.

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

L’actualité en question

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VISITE EN ALGÉRIE DE JEAN-PIERRE RAFFARIN

Évoluer dans une démarche “gagnant-gagnant”

L’ambassadeur de France en Algérie a souligné, dans son intervention, samedi soir, “la montée en puissance” des relations bilatérales entre l’Algérie et la France, depuis 2012.

J ean-Pierre Raffarin, ancien Pre- mier ministre, président de la

commission des affaires étran- gères, de la défense et des forces armées du Sénat, chargé, pré- cédemment, par le président de

République française de contribuer

au développement des relations éco-

nomiques bilatérales entre la France et l’Algérie, effectue une visite en Algé- rie du 11 au 13 avril 2015, à l’invitation des autorités algériennes. Jean-Pierre Raffarin a été, notamment, reçu hier par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et le Premier mi- nistre, Abdelmalek Sellal. Dans un communiqué de presse, l’ambassade de France indique que cette visite illustre l’intensité de la coopération in- terparlementaire franco-algérienne, marquée notamment par le déplace- ment en Algérie en octobre 2014 de

M me Élisabeth Guigou, présidente de la

la

commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Une visite en Algérie de M. Patrick Mennucci, pré- sident du groupe d’amitié France-Al- gérie de l’Assemblée nationale est, aussi, attendue prochainement, de même que des échanges de visites entre les présidents des Assemblées française et algérienne. L’ambassa- deur de France en Algérie a souligné, dans son intervention, samedi soir, “la montée en puissance” des relations bilatérales entre l’Algérie et la France,

APS
APS

Jean-Pierre Raffarin, sénateur français, reçu par le Premier ministre Abdelmalek Sellal.

depuis 2012. L’ambassadeur de Fran- ce rappelle l’institution d’une ren- contre annuelle des Premiers mi- nistres des deux pays, le Comité in- tergouvernemental de haut niveau, ou encore des réunions, tous les ans, du Comité mixte économique franco- algérien. Il annonce la visite, les 19 et

20 avril, du secrétaire d’État français aux Anciens combattants et à la Mé- moire, Jean-Marc Todeschini. Au mois de mai, ensuite, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le ministre de l’Économie, Emma- nuel Macron, seront présents à Alger dans le cadre d’un point d’étape du Co-

mité mixte économique franco-algé- rien d’étape après celui de novembre 2014. L’ambassadeur de France a re- levé que l’engagement de M. Raffarin à développer les relations écono- miques entre les deux pays a permis de faire progresser les partenariats in- dustriels franco-algériens. Il cite, entre

autres, le projet d’usine de production de Renault à Oued Tlélat, à Oran, “qui

a

été inauguré en novembre dernier par

le

Premier ministre Abdelmalek Sellal

en présence de Laurent Fabius et d’Em- manuel Macron et qui symbolise cette volonté d’avancer ensemble dans une démarche ‘gagnant-gagnant’. Il évoque, également, “le projet Sanofi d’usine de fabrication de médicaments de Sidi-Abdallah, qui devrait entrer en production à l’échéance prévue en dé- cembre prochain et qui devrait per- mettre de produire 80% du volume des produits distribués par Sanofi en Al- gérie”. L’ambassadeur de France relè- ve aussi le travail accompli par M. Jean-Louis Bianco qui a succédé à M. Raffarin. “Sa dernière visite en Algérie, en février dernier, a permis d’identifier de nombreux chantiers d’avenir, dans les secteurs les plus stratégiques pour l’Algérie comme pour la France : l’agri- culture, les transports, le logement, ou encore le numérique”, a-t-il indiqué. “À Annaba, c’est une filière ferroviaire que nous souhaitons bâtir ensemble, autour de l’usine de tramways d’Alstom, que Laurent Fabius et Emmanuel Macron inaugureront d’ailleurs le 12 mai pro- chain. C’est par ces beaux projets d’ave- nir, dans un esprit de partenariat, que nous répondrons ensemble aux défis communs auxquels nos deux pays font face”, souligne l’ambassadeur.

M. R.

CONCEPT DE DÉFENSE ALIMENTAIRE

Les États-Unis présentent leurs expériences aux Algériens

L département de l’Agriculture des États-Unis a organisé, hier

e

à

l’hôtel Hilton d’Alger, un atelier sur la défense alimentai-

re qui a réuni plusieurs cadres d’institutions et d’entreprises

algériennes. Des experts américains ont présenté l’expérience amé- ricaine dans ce domaine. La publication, aux USA, de la loi sur

le bioterrorisme et des textes associés a provoqué une sensibili-

sation grandissante des différents acteurs du domaine agroali- mentaire au regard des dangers liés aux actes de malveillance. Les experts américains expliqueront, pendant deux jours, aux Algériens ce concept de défense alimentaire, ou “food defense” en anglais, et comment élaborer un plan d’action national de défense alimentaire. Contrairement à la notion de sûreté alimentaire, qui évoque la pré- vention de la contamination accidentelle des aliments, ou la sé- curité alimentaire qui renvoie à la disponibilité, le concept de dé- fense alimentaire porte les efforts mis en œuvre pour protéger les aliments des frelatages intentionnels dont le but est de porter at- teinte à la santé publique ou d’engendrer des perturbations éco- nomique. Le directeur des services vétérinaires auprès du minis- tère de l’Agriculture, Abdelkrim Boughanem, a évoqué l’instau- ration en Algérie, par voie réglementaire, du système HACCP. Ce système détecte les contaminations accidentelles, mais il ne

prend pas compte des contaminations volontaires et in- tentionnelles. “Dans un cas pareil, ce n’est pas le ministè- re de l’Agriculture qui doit intervenir. Il faut que toute l’in- tersectorialité fonctionne”, estime le D r Boughanem. L'am- bassadrice des États-Unis à Alger, M me Joan A. Polaschik, dans son allocution d’ouverture, a indiqué que la coopé- ration dans le domaine agricole est un axe important de la relation algéro-américaine. “Les États-Unis sont prêts à as- sister l'Algérie dans ses efforts pour accroître les productions agricoles, notamment la transformation du lait, la fabrication du matériel agricole et les techniques de production animale”, a-t-elle assuré. M me Polaschik a indiqué que les États-Unis ont beaucoup d’expériences techniques à partager. “Cet ate- lier est juste un exemple de ce qui pourrait être fait ensemble pour avancer nos objectifs communs”, a-t-elle souligné. M me Polaschik a affirmé que “le bureau des affaires de l’am- bassade peut aider à établir des relations avec les organi- sations et entreprises américaines spécialisées dans ces do- maines”, et permettre le transfert de technologie. L’am- bassade des États-Unis fournit des opportunités de formation et de recherches à travers les programmes de bourses Cochran et Bor- laug dans des domaines divers de l’agriculture, notamment la bio-

APS
APS

Des experts américains en agriculture hier lors d’un atelier sur la défense alimentaire.

technologie, la sécurité alimentaire, l’irrigation, la gestion de l’eau, le marketing et la politique agricole, ainsi que la gestion des risques.

M. R.

ENTRE COMMERCE ÉLECTRONIQUE, DISTRIBUTION ET SÉCURISATION DES DONNÉES

Data News affiche ses ambitions au Sicom

D e nombreux messages ont été délivrés via le Salon international des technologies

de l'informatique, de la bureautique et de

la communication (Sicom), mettant en avant la

pertinence de recourir aux TIC qui impactent notre quotidien de manière évidente. L’occasion

aussi, lors de cette 24 e édition qui se déroule, de- puis mercredi dernier, au Palais des expositions des Pins-Maritimes, de pointer tous les projec- teurs sur l’importance de “la mobilité, la sécuri- sation des données et la maintenance” notamment avec le e-paiement qui devrait intervenir en Al- gérie dans les plus brefs délais. Data News pour sa part, en sa qualité d’entreprise

de distribution, a tenu à marquer sa participation

à l’événement en allant à la rencontre de ses par- tenaires et de ses clients pour découvrir et faire découvrir les nouvelles facettes du marché. “Les TIC sont un créneau très porteur qui dé- montrera toute sa teneur avec l’avènement du e- paiement”, a déclaré Amine Khelifa, DG de Data News expliquant : “Depuis l’année derniè- re où notre entreprise avait affiché ses ambitions sur le marché lié au commerce électronique via In- ternet et sur d’autres supports, voire les systèmes d’achat et le paiement électronique, que d’avan- cées ont été enregistrées sur ce plan, nous mettant ainsi en droit de prétendre au rôle de leader, sur- tout depuis la promulgation au Journal officiel de la loi n°15-04 du 1 er février 2015 fixant les règles

générales relatives à la signature et à la certifica- tion électronique.” Sur un autre registre, les responsables de Data News ont souligné “le devoir” de toute entreprise algérienne “d’œuvrer pour le développement na- tional du processus d’appropriation des TIC” et c’est en ce sens que l’entreprise qui assure la dis- tribution autant pour Mobilis que pour Micro- soft s’emploie à promouvoir ses produits et ser- vices en faveur du Corporate ainsi que les grandes et moyennes surfaces. Data News dispose de 80 employés, 30 commerciaux et un réseau di- rect de 1 500 points de vente et fait 40% du CA de Mobilis et a réussi à multiplier son chiffre d’af- faires par trois pour ce qui est de l’e-paiement

(TPE). Hocine Merah, représentant de la Safex, a, de son côté, indiqué que “l’événement a enre- gistré, entre autres, 16 000 entrées professionnelles” avant de vanter les mérites des TIC et plaider “pour la conjugaison des efforts et donner ainsi au Sicom une portée internationale”. Celui-ci n’a pas manqué, d’ailleurs, de souligner avec force le rôle des médias en les appelant “à contribuer da- vantage à faire évoluer cette optique”. Dans le même sillage, Data News a choisi, également, de montrer sa reconnaissance en direction des médias spécialisés dans le secteur des télécoms par la remise de distinctions symboliques en gui- se d’encouragement.

NABILA SAÏDOUN

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Dossier

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

“CONSTANTINE, CAPITALE DE LA CULTURE ARABE 2015”

LA DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’UNESCO À CONSTANTINE

“Nous devons tous nous unir pour protéger le patrimoine”

Lors de son intervention, la directrice de l’Unesco, s’est, en effet, longuement étalée sur les richesses que recèle la capitale de la Numidie.

APS
APS

Plusieurs personnalités étaient présentes hier à Constantine aux côtés de la directrice de l’Unesco.

“L a science doit s’appuyer sur toute la société de savoir fon- dée sur le respect de la diver- sité d’accès à l’éducation et à la liberté d’expression, la cul- ture d’Ibn haythame en est le

meilleur exemple il fut le grand inventeur de la science optique et porte avec lui le témoignage de l’âge d’or des sciences arabes”, a déclaré, hier, la directrice générale de l’Unesco, M me Irina Bokova, lors d’une conférence de presse tenue à l’audi- torium de la faculté des lettres et langues de l’uni- versité des frères Mentouri, à Constantine. Cet- te dernière s’exprimait, en effet, à l’occasion de la célébration de l’année internationale de la lu- mière, approuvée le 19 novembre dernier par la conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unes- co). “C’est un grand privilège pour moi d’être là, aujourd’hui, pour célébrer avec vous Constan- tine, capitale de la culture 2015”, dira M me Bokova. Et de poursuivre : “C’est également un héritage que nous célébrons, dans un moment où, mal- heureusement, nous assistons aux attaques de toutes les formes, contre le patrimoine culturel des pays arabes”. Lors de son intervention, la di- rectrice de l’Unesco, s’est, en effet, longuement étalée sur les richesses que recèle la capitale de la Numidie. “Aujourd’hui, la diversité culturel-

le se voit dans les murs de la ville. Constantine

possède de fortes traditions et un patrimoine riche qu’elle a hérité des différentes civilisations qu’elle se doit de protéger”, dira encore

M me Bokova. Non sans émotion, elle rappellera

les vestiges du musée de Mossoul, le site d’Ha- tra, de Nimroud ou encore Khorsabad. Tous fi- guraient sur la liste mondiale du patrimoine. Ils ont tous étaient la cible d’attaques de la part d’ex- trémistes de Daech. “C’est un crime en totale contradiction avec le message de l’Islam qui est un message de tolérance, d’ouverture et surtout de paix”, regrette la représente de l’Unesco, tout en signifiant qu’à travers la destruction de ces vestiges, les extrémistes veulent détruire les

peuples. Aussi, M me Irina Bokova appellera les étu- diants à participer massivement à la campagne pour la protection du patrimoine, lancée par l’Unesco avec les étudiants irakiens, sous le slo- gan “Unis pour le patrimoine”. “Nous devons tous nous unir pour protéger notre patrimoine”, insistera-t- elle pour conclure. De son côté, le mi- nistre de l’Enseignement supérieur et de la Re- cherche scientifique, Mohamed Mebarki, a ap- pelé les étudiants à s’engager dans l’animation et les activités culturelles programmées dans le cadre de la manifestation “Constantine, capitale de la culture arabe 2015”.

HOUDA CHIED

LE DISPOSITIF A ÉTÉ RENFORCÉ

Le plan de sécurisation de l’événement peaufiné

L es habitants du Vieux-Rocher constatent, depuis une semaine, une présence de plus en renfor-

cée des services de sécurité en ville et

extra-muros. La direction générale de la Sûreté nationale et la Gendar- merie nationale ont mis en application, dès le début du mois en cours, leurs dispositifs de sécurisation de la ma- nifestation “Constantine, capitale de la culture arabe 2015”. Des dispositifs qui se peaufinent de jour en jour pour que le tout soit opérationnel à partir de mercredi prochain. Les deux dispositifs reposent sur plu- sieurs leviers dont le renforcement du nombre des barrages fixes en ville et

hors de la ville, la sécurisation des sites étapes pouvant accueillir les visiteurs, l’élargissement de la couverture de la surveillance par vidéo et, enfin, le traitement des déplacements des dé- légations étrangères. Ainsi, la Police nationale a augmenté le nombre des barrages fixes installés

à hauteur des accès du chef-lieu de la

commune de Constantine, comme celui visible au carrefour Aouinet-El-

Foul, et ceux en plein milieu urbain et

à des points jugés critiques comme ce-

lui installé à l’intersection Mansourah-

Sakiet Sidi-Youcef. Dans ce sillage, même la sûreté de daïra de Zighoud- Youcef a renforcé sa présence à travers un barrage fixe sur la nationale 3. La même démarche est initiée par la Gendarmerie nationale qui a renfor- cé la présence de ses unités aux accès de la commune de Constantine avec un nouveau barrage fixe à El-Hamma sur le carrefour Constantine par les gorges et Constantine par El-Menia. Il faut dire que ce dispositif, et à 90% de sa composante, est souvent ac- tionné, depuis les années 1990, au gré de l’évolution de la situation sé- curitaire. En plus de ces barrages fixes à caractère dissuasif, les services de la DGSN ont renforcé la présence de leurs effectifs, y compris des agents opérant en civil, dans les sites-étapes des visites tels que le Monument aux morts, les alentour du palais Ahmed- Bey, ainsi que dans les autres ruelles commerçantes de la vieille ville. Ces efforts physiques sont accompa-

gnés par un autre travail et que le co- mité de sécurité de la wilaya supervi- se depuis des années. Il s’agit du maillage de la région de Constantine,

soit la commune chef-lieu de la wilaya et les autres 11 communes, par le sys-

tème de télé-surveillance avec un in- térêt particulier pour le Khroub et sa nouvelle ville Ali-Mendjeli. À partir de mercredi prochain, un autre dispositif, qui est déjà opéra- tionnel depuis la fin des années 1990,

sera fortement sollicité : il s’agit de l’ac- compagnement-protection des délé- gations étrangères. La DGSN dispose

à Constantine, depuis deux plus de

deux décennies, d’un service spéciali- sé opérationnel H24 avec un effectif bien rodé aux différentes situations. Avec l’ensemble de ces leviers, ce n’est pas seulement la prévention contre les actes de subversion qui est recherchée mais, et surtout, la lutte contre la dé- linquance. En effet, la grande hantise est de voir des touristes, des invités de l’Algérie et de son peuple agressés par des voyous en quête qui d’un pas- seport, qui d’un appareil photos ou en- core de quelques euros. Même si de l’année 2000 à ce jour, moins de 5 cas ont été signalés sur l’ensemble du ter- ritoire de la wilaya, la vigilance reste de rigueur car il y va de l’image de l’Al- gérie et de son peuple. Dans cette effervescence, l’essentiel est que la sécurisation de l’événement “Constantine, capitale de la culture ara-

Liberté
Liberté

Un plan de sécurité a été mis en place à Constantine durant l’événement culturel

be 2015” soit efficiente plus qu’effica- ce, c’est-à-dire sans poser trop de désagréments au citoyen lambda et que les Constantinois profiteront, eux aus-

si, du climat de sécurité pour renouer avec les sorties et, pourquoi pas, avec la vie nocturne.

MOURAD KEZZAR

POUR DÉSENGORGER LE CENTRE-VILLE

Un nouvel axe routier reliant la RN3 au quartier de l’ex-Bardo

L e maillage routier de la ville de Constantine sera renforcé cette semaine par l’ouverture d’un

nouvel axe routier reliant la RN3 (Constantine-Skikda) au quartier Rah- mani-Achour (ex- Bardo), a indiqué hier le directeur des travaux publics (DTP), Djamel-Eddine Bouhamed. Cette route de plus de 1 km, avec un

ouvrage sur l’oued Rhumel, a été réa- lisée au titre d’un programme spécial initié dans le cadre des efforts déployés localement pour désengorger le centre- ville de Constantine, a souligné le même responsable, précisant que l’ou- verture à la circulation de cette voie de communication aura lieu avant l’ou- verture officielle de la manifestation

“Constantine, capitale de la culture ara- be 2015”. Cet axe routier permettra aussi d’al- léger le flux de la circulation que vit le pont Sidi-Rached, dont les travaux de renforcement se poursuivent encore,

a également souligné M. Bouhamed,

mettant l’accent sur l’importance de cette route dans la suppression des

goulots d’étranglement caractérisant la sortie nord de la ville. Avec la mise en circulation de cette voie de communication, les automo- bilistes auront à leur disposition trois accès, en l’occurrence la nouvelle rou-

te, le pont Sidi-Rached et le viaduc transrhumel, qui leur permettront de rejoindre les parties nord et sud de la

ville sans pression, a estimé le DTP, rappelant l’impact qu’aura cette rou- te dans l’accompagnement de la ma- nifestation “Constantine, capitale de la culture arabe 2015” à travers la facili- tation des déplacements des hôtes de la ville.

R. N./APS

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

Dossier

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“CONSTANTINE, CAPITALE DE LA CULTURE ARABE 2015”

À J-2 DE L’OUVERTURE DE LA MANIFESTATION

“Cirta s’efforce d’être au rendez-vous avec elle-même”

“Ya Rab, Faites qu’on soit au rendez-vous !” À quelques jours de l’ouverture officielle de la manifestation “Constantine, capitale de la culture arabe 2015”, ce cri du cœur, les autorités voudraient qu’il soit poussé haut et fort. D’autres, tels des amants éconduits, cèdent à la fatalité et baissent déjà les bras, convaincus que Constantine ne sera pas en mesure de respecter tous ses engagements…

L a scène se passe sur l’avenue Be- louizdad. En plein jour. Des pas- sants viennent de recevoir des pierres sur la tête, des gravats visiblement tombés du chantier non sécurisé. C’est la débandade. Des insultes com-

mencent à fuser de part et d’autre et cela dure pen- dant plusieurs minutes. Cette scène, parmi tant d’autres, rappelle le

quotidien “cauche-

mardesque” des

Constantinois, de-

puis plusieurs mois. Impossible d’échapper au brouhaha causé par les gros engins de construc- tion qui ont envahi les grandes avenues du centre-ville. En effet, c’est par la grâce de sa nomination au titre de capitale de la culture arabe, par l’organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (Alesco), que Constantine tente de rattraper dans la précipitation son retard culturel. Profitant des préparatifs de cet événement, les pouvoirs pu- blics ont entrepris un véritable programme de ré- novation des infrastructures culturelles, en ont créé d’autres, restauré “superficiellement” son vieux bâti et changé aussi sa physionomie. Dans leur élan de “générosité”, les autorités ont égale- ment décidé de paver, une fois encore, les prin- cipales artères et de badigeonner les façades lé- preuses des immeubles de la cité Numide. En fait, dans une ville qui ne connaît pas la mesure, on est passé du manque au trop plein. La cité tout en- tière, pour ainsi dire, résonne des coups de mar- teaux et des raclements de pelles. Jour et nuit. Devant cette suractivité, les riverains prennent leur mal en patience. “Notre quotidien a été complè- tement bouleversé au point de ne plus s’y retrou- ver, les ouvriers travaillent de jour comme de nuit pour rattraper le retard, mais ce sont les habitants qui en pâtissent”, dira Hamid S., un jeune étudiant qui, pour se rendre à la faculté, a dû changer ses habitudes comme des centaines comme lui. D’autres pour éviter d’être coincés dans les bou- chons, causés pour la plupart par les travaux, ont carrément opté pour le tramway, même si cela leur revient plus cher. “J’ai décidé de prendre le tram pour ne pas perdre de temps dans la circulation, et ça me coûte 170 DA chaque jour, car une fois arrivé au terminal, je dois encore prendre un taxi pour enfin rentrer chez moi, à la nouvelle ville Ali- Mendjeli”, nous dira Lamia. Mais si pour cette der- nière, la situation est peu enviable, elle l’est moins pour d’autres. Il s’agit des transporteurs clandestins. Ces derniers se sont constitués, pour ainsi dire, en association informelle et ont créé leurs propres stations de taxi et déterminé les lignes à desservir. Une initiative que les usagers ont accueillie non sans une certaine satisfaction. “La plupart des stations de taxi réglementaires ont été délocalisées à cause des travaux”, confie Salim, un usager des transports en commun. Et de pour- suivre : “Certes, il y a beaucoup de désagréments, mais la manifestation a donné un coup d’accélé- rateur à un certain nombre de projets jamais en- trepris faute de volonté politique.” Beaucoup de Constantinois ont davantage à l’esprit les contraintes engendrées depuis l’entame de l’opé- ration, avec le lancement officiel de la manifes- tation. Les commerçants, notamment ceux qui ont pi- gnon sur rue, en subissent le contrecoup. Il suffit de se rendre dans certains magasins déses- pérément vides pour se rendre compte que ceux-

ci subissent, malgré eux, une baisse sensible de leur

chiffre d’affaires. En fait, les clients ne s’y bous- culent plus, et ce, pour deux raisons. La difficul-

té d’accès pour les piétons et la quasi-impossibi-

lité pour les automobilistes de stationner. Lazhar est patron d’une parfumerie de luxe. “J’ai perdu jusqu’à 20% de mon chiffre d’affaires, depuis le dé- but des travaux”, se désole-t-il. Le patron d’une pizzeria a, lui aussi, vu sa clientèle se réduire com- me une peau de chagrin. “On voit de moins en moins de clients, même ceux qui avaient l’habitude

Reportage réalisé par :

LYNDA NACER

Louiza/Liberté
Louiza/Liberté

Constantine, qui faisait figure de ville morte, incapable

jusqu’ici de se mettre au diapason de ses rivales Alger, Oran, ou encore Annaba, se voit, aujourd’hui, non seulement rehaussée de nouveaux espaces, mais se doit également de faire valoir son statut de grande métropole de l’Est. Un défi qu’il lui sera difficile de relever car il faut

reconnaître qu’en dépit de sa réputation de ville de la culture, elle a cessé depuis des lustres de développer sa vie nocturne.”

de venir déjeuner chaque jour on ne les voit plus”, déplore notre interlocuteur. Même constat pour certaines boutiques de vêtements, dont les gérants profitent du calme plat pour faire un brin de toilette. “Avec les travaux, les gens ont peur de se déplacer et buter sur les gravats ou recevoir une pierre sur la tête”, constate Khalil, tout en re- grettant l’inexistence d’un dispositif d’échelon- nement de leurs charges fixes du moment que les travaux impactent sur leurs activités.

La vaine course contre la montre continue “Ya Rab, Faites qu’on soit au rendez-vous !” À quelques jours de l’ouverture officielle de la ma- nifestation “Constantine, capitale de la culture ara- be 2015”, ce cri du cœur, les autorités vou- draient qu’il soit poussé haut et fort. D’autres, tels des amants éconduits, cèdent à la fatalité et baissent déjà les bras. Pour eux, Constantine ne sera pas en mesure de respecter tous ses engagements. Nous sommes à J-2. La sérénité de façade des au- torités s’est muée, malgré eux, en inquiétude. En quelques jours, le climat a basculé, force est de le constater. Le wali de Constantine a dû multiplier ses visites d’inspection, car malgré une relative avancée dans le programme de modernisation ur- baine, la ville continue à enregistrer beaucoup de retards. Si bien qu’au jour de l’inauguration, hormis le Zé- nith, presqu’aucun des nouveaux équipements

La ville des Ponts suspendus vivra des événements culturels une année durant.

phares de la capitale culturelle ne sera livré. La grande bibliothèque en chantier à Bab El-Kantara, ainsi que le nouveau musée des Arts construit dans les anciens locaux du monoprix ne seront pas prêts, pas plus que le parc citadin du Bardo, réalisé sur les ruines des anciens bidonvilles. Même constat pour les lieux de culte, à savoir les

anciennes mosquées et les zaouïas situées dans la vieille ville. Les travaux de restauration, bien qu’ils aient été lancés dans les temps, sont aujourd’hui à l’arrêt, à cause d’une confusion entre le code des marchés et la loi sur la préservation du patrimoine. “Les travaux ont été lancés à la hâte sans consul- tations préalables”, conviennent les professionnels du secteur.

par l’organisation arabe pour l’éducation, la cul- ture et les sciences, il n’en demeure pas moins qu’el- le se révélera à la hauteur du titre qui lui a été dé- volu”, espère-t-il. Antar Hellal soutient, par ailleurs, que la polémique créée autour de la ma- nifestation n’a pas lieu d’être. “Ceux qui appellent au boycott n’ont aucun argument à faire valoir. Ce n’est pas seulement avec une langue (amazighe) qu’on peut faire de Constantine ou d’une autre wi- laya une capitale de la culture”, dira notre inter- locuteur.

Des disparités criantes entre les quartiers Aujourd’hui, Constantine se pare de ses plus beaux atouts pour accueillir l’événement de l’an-

L. N.

A

contrario, les anciennes infrastructures à l’ima-

née. Le projet a été financé à hauteur de

ge

du centre culturel Mohamed-Laïd-El-Khalifa,

60 milliards de dinars. La majeure partie de ces

le

palais de la culture Malek-Haddad et le théâtre

fonds a été injectée dans les nouvelles construc-

régional seront prêts, a assuré le chef de l’exécu-

tions. Mais dans cette gigantesque opération de

tif, Hocine Ouaddah, lors de sa dernière visite d’inspection des chantiers ouverts pour l’occasion.

lifting urbain, les habitants des cités périphériques, situées au sud de la ville, incluant les plus pauvres,

Les Constantinois se réconcilieront-ils avec leur ville ? Constantine, qui faisait figure de ville morte, in- capable jusqu’ici de se mettre au diapason de ses rivales Alger, Oran, ou encore Annaba, se voit, au- jourd’hui, non seulement rehaussée de nou- veaux espaces, mais se doit également de faire va- loir son statut de grande métropole de l’Est. Un

ont été lésés. Aucun projet ni programme de ré- habilitation ne leur a été attribué. Pourtant, cer- tains de ces quartiers en avaient grandement be- soin et la manifestation “Constantine, capitale de la culture arabe 2015” se révélait l’occasion ou ja- mais d’un regain salutaire d’intérêt. De l’avis des spécialistes, c’est sur ces quartiers qu’il aurait fal- lu également se focaliser. On se demande, donc, à qui profite réellement la manifestation capita-

défi qu’il lui sera difficile de relever car il faut re- connaître qu’en dépit de sa réputation de ville de

le de la culture ? C’est ainsi donc que Constan- tine se retrouve avec un patrimoine infrastructurel

la

culture, elle a cessé depuis des lustres de dé-

digne d’une capitale de la culture. Aujourd’hui,

velopper sa vie nocturne à commencer par les

tous les centres culturels, la salle de spectacle du

transports en commun qui cessent toute activi-

Zénith et le théâtre régional battront leur plein.

dès 20h et les rues et grandes places de la ca-

Mais une question se pose : dans une ville où la

pitale de la Numidie, qui commencent à se vider dès 18h. Aussi, on en est à se demander si la ma- nifestation “Constantine, capitale de la culture ara-

population est peu ou pas du tout habituée aux institutions culturelles, sauf pendant le mois sa- cré de Ramadhan, quel sera le devenir de toutes

be 2015” arrivera à réconcilier la ville avec ses ha- bitants. La ville du Rocher a l’occasion de mettre sur le devant de la scène arabe et internationale ses meilleurs atouts dans le domaine de la créa- tion culturelle et artistique. Cet événement que l’on souhaite grandiose devrait permettre, no- tamment aux acteurs de la culture locale, d’être reconnus et consacrés. L’un d’entre eux, Antar Hellal, est optimiste, quant à lui. “Constantine a réussi un véritable coup de maître depuis l’Indé- pendance en donnant contre vents et marées l’image d’une ville incontournable. Même si elle n’était pas prête au moment où elle a été désignée

ces infrastructures ? De l’avis de certains : “Il sera très difficile de maintenir à flots ces salles, une fois que la manifestation arrivera à sa fin.” Crise financière oblige. Les Constantinois ont d’autres soucis et d’autres priorités que d’aller au théâtre ou au cinéma, s’accordent à dire les quelques personnes que nous avons interrogées. D’autres, en revanche, estiment qu’“il fallait d’abord ré-inculquer l’esprit de la culture au sein de la population d’une ville qui, aussi paradoxal soit-il, est le berceau du savoir et de l’art”.

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Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

ANEP N°318 075 Liberté du 13/04/2015
ANEP N°318 075 Liberté du 13/04/2015

AVIS DE RECRUTEMENT

 
 

Importante entreprise spécialisée dans le domaine maritime située à Alger-centre, cherche dans lʼimmédiat :

 

01 DIRECTEUR DʼAGENCE À ANNABA

01 DIRECTEUR DʼAGENCE À SKIKDA

01 DIRECTEUR DʼAGENCE À BÉJAÏA

Exigences du poste :

- Etre titulaire dʼun diplôme universitaire

Disponibilité à se déplacer en mission à travers le territoire national et à lʼétranger

-

- Expérience professionnelle de 05 ans au minimum

 

dans le domaine

Avantage :

 

- Avoir des connaissances aux normes IAS-IFRS

-

Salaire intéressant

- Maîtriser les langues française, arabe et anglaise

 

- Maîtriser lʼoutil informatique

Dossier de candidature :

 

Le dossier doit contenir :

Conditions :

- Une lettre de motivation

-

Libre de tout engagement

- Un CV détaillé

Sens de la responsabilité, de lʼorganisation, de la communication et de la négociation

-

- Copie du (des) diplôme(s) et attestation(s) de travail

- Une photo dʼidentité

 

Envoyez votre dossier à la boîte électronique suivante :

candidature015@gmail.com

Il ne sera répondu quʼaux candidatures jugées intéressantes

 

ANEP N°206 574 Liberté du 13/04/2015

DIRECTION DE DISTRIBUTION DE BELOUIZDAD AVIS DE COUPURE PROGRAMMÉE Interruption de la fourniture de l’énergie

DIRECTION DE DISTRIBUTION DE BELOUIZDAD

AVIS DE COUPURE PROGRAMMÉE

Interruption de la fourniture de l’énergie électrique pour travaux

La Direction de distribution de Belouizdad informe son aimable clientèle qu’une coupure de l’alimentation est programmée le 15/04/2015 de 09h00 à

16h30.

Cette coupure concernera la commune de Sidi M’hamed et touchera les quar- tiers suivants :

• RUE ADOLPHE DOUIEB

• CH, MALIK FATMA ZOHRA

• AVE DE L’INDÉPENDANCE

Pour plus d’informations, la Direction de distribution met au service de son aimable clientèle les numéros suivants :

021 67 24 52 / 021 67 91 62 / 021 68 55 00 / 021 67 59 77 à 80

ANEP N°318 062 Liberté du 13/04/2015

ALP
ALP
ANEP N°317 656 Liberté du 13/04/2015
ANEP N°317 656 Liberté du 13/04/2015

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

Culture

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UNE JOURNÉE D’ÉTUDE A ÉTÉ CONSACRÉE À L’AUTEUR À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE D’ALGÉRIE

Mohand Tazerout : au-delà du mythe

Il y a de ces hommes de culture que l’histoire officielle occulte, mais que quelques volontés anonymes déterrent des limbes de l’oubli, sans verser dans la mythification et le folklore. Mohand Tazerout (1893-1973) est l’un d’eux. Peu connu dans le milieu intellectuel algérien, ce globe-trotter mérite autant d’intérêt de la part des scientifiques que d’éloges pour l’immense œuvre qu’il nous a léguée.

“L a conscience de la parole et l’in- telligence de l’écriture, insé- parable l’une de l’autre”, avait

noté cet érudit “indigène” Mohand Ta- zerout, dans son Manifeste contre le ra- cisme, écrit en 1960 et publié un an après l’indépendance de l’Algérie. Au- delà de cette thématique, toujours d’actualité, l’enfant de Tazerout, dans la commune d’Aghribs, à Tizi Ouzou, s’est insurgé contre sa condition de co-

lonisé. À sa manière. En prenant la parole et en saisissant sa plume, grâce auxquelles il a réussi “le dépassement du complexe du colonisé” comme l’a souligné l’universitaire Fo- dil Boumala, lors de l’hommage ren- du, samedi à la Bibliothèque nationa- le d’El-Hamma à Alger, à ce globe-trot- ter algérien du siècle dernier. Mo- hand Tazerout, auteur d’une vingtai- ne d’ouvrages, entre écrits person- nels et traductions, a réussi, en libre penseur, ce dépassement “par la langue et une formidable ouverture sur le monde” comme l’a expliqué le confé- rencier. Le choix de la culture alle- mande, d’où il a puisé sa matière pre- mière, faisait partie de la lutte de Mo- hand Tazerout contre cette puissance qu’était la France coloniale. “Cela lui

a permis d’écrire son livre sur l’histoi-

re politique de l’Afrique du Nord, en éli- minant les références françaises en la matière. Pour Mohand Tazerout, les ré- férences françaises étaient minées”, a noté pour sa part Tayeb Ould La- roussi, de l’Institut du monde arabe à Paris, dans son intervention sur le parcours de l’auteur dont il a précisé

D. R.
D. R.

Mohand Tazerout (à gauche), une des rares photos de l’auteur à Alger en 1953.

qu’il était victime d’une certaine dé-

magogie politique, à cause de ses idées

ouvertes sur la pensée marxiste”. Mo- hand Tazerout a sillonné plusieurs pays durant des années. Ses voyages, dès les années 1920, l’ont mené en Iran, après avoir fréquenté l’université cai- rote d’Al-Azhar, avant de poursuivre son chemin vers la Chine. “Même si on ignore les raisons de ses voyages”, com-

me l’a précisé Fodil Boumala, les pas- sages de Tazerout en Russie, au Maroc, au Mali et en Tunisie lui ont permis d’avoir une autre vision de l’humani- té et de cette France qu’il pensait,

avant les événements du 8 mai 1945, qu’elle allait enfin offrir les mêmes droits aux Algériens. Mohand Taze- rout avait pris la nationalité française dès l’âge de 21 ans, contre vents et ma- rées, se mettant à dos toute sa famille en Kabylie. La naturalisation de Mo- hand Tazerout a soulevé un tollé chez les siens qui l’ont traité, pendant des années, d’assimilationniste. “Pour mieux comprendre Mohand Tazerout, il est nécessaire de replacer son parcours et son œuvre dans le contexte spatio- temporel de son vécu”, a insisté Fodil Boumala, expliquant que l’auteur “a fait des choix de rupture, indépen- damment des idées postindépendance”, souvent à l’origine de la mise à l’écart de nombreux militants et intellectuels sincères du champ des études univer- sitaire par les tenants du pouvoir. En homme de rupture, Mohand Tazerout a donc agi contre les massacres des ma- nifestants algériens du 8 mai 1945, qui lui ont fait prendre conscience de la barbarie du colonialisme. Les mas- sacres de Guelma et de Sétif ont consti- tué un véritable tournant dans la pen- sée politique et philosophique de Mo- hand Tazerout, dans sa perception de la civilisation occidentale. Avant sa mort à Tanger, au Maroc, il avait en- trepris une traduction du Coran. Tout en refusant d’être l’adepte d’une quel- conque religion, même s’il est “né” mu- sulman, Mohand Tazerout a défendu l’islam en tant que civilisation.

LYÈS MENACER

Quelques œuvres de Mohand Tazerout :

Quelques conditions méconnues d’un rapprochement franco- allemand, par Tazerout, 1931. Le déclin de l'Occident : Esquisse d'une morphologie de l'histoire universelle, de Oswald Spingler et

Mohand Tazerout, 1931. Sociologie relationnelle, par Leopold

von Wiese,

de Leopold Max Walther von Wiese und Kaiserswaldau et Mohand Tazerout, 1932.

Au congrès des civilisés, 4 tomes,

1956.

Histoire politique de l'Afrique du Nord, 1961. Le capitalisme mondial du XIV e siècle à nos jours, 1958. Manifeste contre le racisme, 1963 La philosophie amoureuse de l’antiquité, 1958 Les Éducateurs sociaux de l’Allemagne moderne: L'Éducation vitaliste, 1948.

Traducteur M. Tazerout

Le communisme soviétique et la sociologie de la coexistence pacifique, 1959. L'éducation idéaliste, 1943. La foi religieuse du Proche-Orient,

1956.

La métaphysique intellectuelle d'Extrême-Orient, 1955. Critique de l'éducation allemande, de Kant à Hitler, 1946.

Les problèmes de la coexistence pacifique : le mal et la foi en sa guérison possible, 1956. L’État de demain : théorie et réalisation d'une démocratie parlementaire en France, 1936. Afrique contemporaine, 1971 Karl Dunkmann et l'“Institut de sociologie appliquée”, 1936 La Pensée politique de Moeller Van den Bruck, 1936. L'Œuvre de Dilthey (contribution à l'histoire de la sociologie en Allemagne), 1938.

Mohand Tazerout (1893 1973)

Natif du village Tazerout en Kabylie, il fait ses études à l’école normale de Bouzaréah à Alger. Mohand Tazerout finit la formation d'instituteur, et est nommé dans une école de Thénia. En 1912, il se rebelle contre le directeur et quitte l’Algérie pour Le Caire et fera une formation à l'université Al-Azhar. En 1913, il part pour l'Iran où il apprend le persan. Ensuite, il s'en va en Russie, il apprendra le russe, et après il voyage vers la Chine et acquit le mandarin, vers 1914. Mohand Tazerout se rend en Europe, visite plusieurs pays, et sera mobilisé en 1917 en Belgique pendant la Première Guerre mondiale. Rapatrié vers la France, il continue ses études à Poitiers et prépare une licence en allemand à Strasbourg. De retour en Algérie en 1953, il visitera Biskra, Ghardaïa et repart pour Tunis. Il mourut à Tanger en 1973. Ses œuvres sont inconnues en Algérie mais elles seront rééditées dans leur intégralité, a indiqué Fodil Boumala lors de son intervention à la Bibliothèque nationale d’Algérie, à El-Hamma. Une association du nom de l’auteur s’attelle par ailleurs, à Aghribs, à la collecte de tout ce qui a trait à Mohand Tazerout. Un documentaire-témoignage a été déjà réalisé par Hocine Redjala, en collaboration avec les membres de cette association.

CONCERT DES FRÈRES BOUCHAKOUR DANS LE CADRE DE L’EXPOSITION “OFFRANDE AU PAYS DU CÈDRE” DE DJAHIDA HOUADEF

La musique à la rencontre des arts plastiques

L es frères Bouchakour (Walid et Massine), duo flûte-guitare, ont présenté avant-hier à la villa Dar Abdeltif un très beau spectacle musical, ré-

vélant ainsi tout leur talent d’instrumentistes et leur sens de la musique. Ils ont interprété Raïs Ha- midou, une composition originale, et des morceaux de différents répertoires réarrangés, notamment celui de Mohamed El-Badji. Ce spectacle s’inscrit dans le cadre de l’exposition de Djahida Houadef intitu- lée “Offrande au pays du Cèdre”. Cette exposition est, en fait, le premier événement culturel organisé (en collaboration avec l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel) par l’association Musaika, nouvellement créée. Cette jeune association a plu- sieurs projets qu’elle aspire à concrétiser dans le cou- rant de cette année, et qui concernent notamment des

ateliers, workshop, un cycle de conférences sur les arts et l’architecture ainsi que des expositions et des concerts. Prévue jusqu’au 18 avril, l’exposition “Of- frande au pays du Cèdre” réunit une trentaine de ta- bleaux, inspirée à l’artiste suite à un voyage touris- tique au Liban. Réalisées en trois ans, ces nouvelles peintures conservent la profusion d'éléments et la lu- minosité propres à la démarche artistique de Houa- def, tout en proposant quelques aspects inédits, par- ticulièrement dans la représentation des statues an- tiques et des monuments historiques. Le peintre y abandonne en partie les motifs végétaux explorés à outrance lors de ses précédentes expositions pour des lignes plus sobres, en jouant sur les perspectives, les reliefs et le contraste de couleurs et donner un aspect plus vivant à des éléments comme la pierre ou le

marbre. Cette nouveauté est visible dans la série Fi El-Mathaf (au musée) où guerriers et animaux sacrés sont peints en clair sur un fond sombre avec une gran- de attention accordée au mouvement dans la dis- position des sujets. Les visiteurs pourront également admirer les ciels jaunâtres ou violets de vues sur des monuments comme la mosquée Muhammed-Al- Amin à Beyrouth ou les ruines phéniciennes de Baal- bek (nord-est), en plus d'autres toiles sublimant la na- ture. En plus de l’exposition, un certain nombre d’ac- tivités en parallèle est organisé. Après le récital poétique qui a eu lieu le 4 avril et la rencontre mu- sicale des frères Bouchakour, samedi prochain dès 9h30, Djahida Houadef animera un atelier d’art plas- tique pour enfants à Dar Abdeltif.

R. C./APS

d’art plas- tique pour enfants à Dar Abdeltif. R. C./APS …SORTIR… Performance danse ■ Spectacle Algérie
d’art plas- tique pour enfants à Dar Abdeltif. R. C./APS …SORTIR… Performance danse ■ Spectacle Algérie

…SORTIR…

tique pour enfants à Dar Abdeltif. R. C./APS …SORTIR… Performance danse ■ Spectacle Algérie ma liberté

Performance danse

Spectacle Algérie ma liberté du

Ballet national, vendredi 17 avril à 17h à la salle Ibn Khaldoun (12, rue

docteur Saâdane, Alger).

Cinéma

Le film d’action algérien les

Portes du soleil –Algérie pour toujours de Jean-Marc Minéo est à l’affiche à la salle Ibn Khaldoun (12, rue docteur Saâdane, Alger). Jusqu’au 16 avril, le long-métrage sera projeté à raison de trois séances : 14h, 16h et 20h. Il sera projeté à 21h le vendredi 17 avril. Du 18 au 22 avril, le film sera projeté à raison de trois séances :

14, 16h et 20h. Prix : 300 DA.

Jusqu’au 30 avril à la salle El-

Mouggar, projection du film l’Héroïne de Chérif Aggoun, à raison de 4 séances par jour : 14h, 16h, 18h et 20h. Le samedi 25 avril, seules deux séances seront maintenues : 14h et 20h.

Concerts

Concert de l’Orchestre algérien

de chaâbi “El-Gusto”, jeudi 16 avril

à 18h au Théâtre national algérien

Mahieddine-Bachtarzi. Entrée sur invitation.

Concert de Joe Batoury, à

l’occasion de la sortie de son nouvel album Galou, samedi 25 avril à 16h à la salle El-Mouggar.

Rencontres

L’établissement Arts et Culture

de la wilaya d’Alger, en collaboration avec la fondation Mouloud-Feraoun, organise, aujourd’hui à 14h30 à la bibliothèque multimédia Didouche-Mourad (38-40, rue Didouche-Mourad), une conférence intitulée “Mohand Tazrout, un itinéraire singulier”, qui sera animée par le journaliste Slimane Benaziez. L’inauguration d’une exposition de livres aura lieu, et des séances de vente- dédicace seront également organisées.

Youcef Messaoudene présentera

son ouvrage Physique et métaphysique, Science et foi,

réalisé avec le physicien François Vannuci, mercredi 15 avril à 14h30

à la bibliotthèque multimédia

Didouche-Mourad (38-40, rue

Didouche-Mourad).

Le professeur Kamel Bouamara

et le doctorant Nacer Mehdi animeront conjointement un café littéraire, le samedi 18 avril à 14h au Théâtre régional Malek- Bouguermouh de Bejaïa, autour des thèmes suivants : “Production littéraire et scientifique d'expression amazighe” et “Enseignement électronique de Tamazight”.

Expositions

Jusqu’au 30 avril au Musée

public national des beaux-arts (galerie des Bronzes, 1 er étage), exposition intitulée “Duelle, rencontre de Générations” des artistes plasticiens Fatiha Bisker et Amor-Idriss Dokman.

Jusqu’au 25 avril à Aïda Gallery

(villa 132 haï El-Bina, Dély Brahim, descente vers la clinique El-Azhar), exposition de l’artiste peintre Youcef Hafid. La galerie est

ouverte tous les jours, sauf les jours fériés, de 14h à 18h30.

Jusqu’au 14 avril au centre

culturel Mustapha-Kateb (5, rue

Didouche-Mourad, Alger), exposition de l’artiste Bedri Mohamed Zaghloul.

Jusqu’au 16 avril à la galerie

Asselah Hocine (39, 41, rue Asselah-Hocine, Alger), exposition

de l’artiste peintre Amel Benghezala.

12

L’internationale

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

L’ÉVÉNEMENT EST MARQUÉ PAR DES VIOLENCES SPORADIQUES

Le Nigeria suspendu aux résultatsdesélectionslocales

Le Nigeria attendait hier les

premiers résultats des élections des gouverneurs et des représentants des assemblées locales des États, un scrutin que l'opposition espère remporter dans la foulée de sa victoire historique à la présidentielle. Les élections des gouverneurs n'ont eu lieu que dans 29 États samedi, les autres ayant déjà

fait l'objet d'élections partielles, mais l'ensemble des 36 États se sont rendus aux urnes pour élire les représentants des assemblées locales. Les opérations de vote ont dû être prolongées hier à certains endroits, dont l'État stratégique de Rivers (sud), où, selon la commission électorale indépendante (Inec), certains bureaux n'ont pu ouvrir samedi faute de matériel électoral, et des bulletins ont été volés dans d'autres bureaux. L'Inec a qualifié le scrutin de “relativement pacifique”, tout en déplorant avoir enregistré 66 incidents violents. Le porte- parole de l'Inec s'est refusé à donner un bilan chiffré de ces violences. Seize de ces 66 incidents se sont déroulés samedi dans l'État de Rivers, a-t-

il précisé. “Les choses se sont

bien passées. Nos bureaux de vote ont ouvert à l'heure pour la plupart, et les lecteurs (de cartes biométriques) ont bien fonctionné”, a déclaré le porte- parole de l'Inec, Kayode Idowu, à l'AFP. Les lecteurs de cartes biométriques, utilisés pour la première fois cette année pour éviter les fraudes, ont engendré de nombreux couacs techniques lors de la présidentielle le mois dernier.

DÉCLARATIONS DU PAPE SUR LE “GÉNOCIDE” ARMÉNIEN

Turquie : Ankara convoque le représentant du Vatican

La Turquie a convoqué hier le

représentant du Vatican à Ankara afin qu'il s'explique sur

la position du pape François qui

a prononcé pour la première

fois le terme de “génocide” à propos des massacres des Arméniens en 1915, ont annoncé les télévisions turques. Le représentant a été convoqué au ministère des Affaires étrangères turc, ont précisé les chaînes NTV et CNN-Turk, sans autre détail. Selon des médias turcs, un communiqué officiel devrait être publié dans la journée par le ministère. Le pape François a qualifié dimanche les massacres de 1915 de “premier génocide du XX e siècle”, lors d'une messe à Rome concélébrée avec le patriarche arménien Nerses Bedros XIX Tarmouni et en présence du président arménien, Serge Sarkissian. Les Arméniens estiment que 1,5 million des leurs ont été tués de manière systématique à la fin de l'empire ottoman. Nombre d'historiens et plus d'une vingtaine de pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont reconnu le génocide. La Turquie affirme pour sa part qu'il

s'agissait d'une guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort. En 2014, le président Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait présenté pour la première fois des condoléances aux Arméniens, sans pour autant cesser de contester toute volonté d'extermination.

R. I./AFP

APRÈS LA POIGNÉE DE MAIN HISTORIQUE ENTRE BARACK OBAMA ET RAUL CASTRO

Amériques : un tournant dans les relations entre les deux hémisphères

Une poignée de main, sous une pluie de flashes des photographes, a scellé un demi-siècle de ten- sions diplomatiques entre Cuba et les États-Unis. Plus qu’une normalisation des relations américa- no-cubaines, Washington espère regagner la confiance des autres pays du continent sud-américain qui gardent en mémoire la triste image d’une puissance aux desseins impérialistes.

L e président américain Ba- rack Obama a finalement rencontré Raul Castro, son homologue cubain, au sommet des Amériques de Panama, où il a mis fin

symboliquement à un des derniers épisodes de la guerre froide. Une ren-

contre historique qui marque un nou- veau départ dans l’histoire tumul- tueuse de cette petite île des Caraïbes, sous embargo américain depuis 1956. Mais pour les observateurs de la scène politique régionale et internationale, cette “paix des braves” est plus qu’une

réconciliation entre ces deux États. Le chef d’État américain n’en pense pas moins dans son discours qu’il a pro- noncé à l’ouverture de cet événement historique. “Le changement de poli- tique (américaine) envers Cuba marque un avant et un après dans l'hémisphè-

Le fait que le président Castro et

re (

moi soyons assis ici aujourd'hui repré- sente un événement historique”, a dé- claré Obama lors de son intervention. “Cette rencontre était incroyablement importante. Elle a tout le potentiel pour faire bouger des lignes fondamentales

)

D. R.
D. R.

pour l'amélioration des relations” entre les deux hémisphères, relève Joy Olson, du groupe de réflexion Bureau de Wa- shington sur l'Amérique latine (WOLA). Selon Barack Obama, le rap- prochement entre Washington et La Havane marque “un tournant” pour les Amériques. “Les relations entre les États-Unis et l'Amérique latine sont dif-

Une poignée de main entre Obama et Raul Castro.

férentes à partir de maintenant”, abon- de Santiago Canton, responsable du centre Robert-F.-Kennedy pour la jus- tice et les droits de l'homme. “Le fan- tôme de Cuba était présent dans toutes les relations bilatérales et multilaté- rales entre les États-Unis et l'Amérique latine. Et à partir de maintenant ce fan- tôme a disparu”, explique l'expert, tout

en espérant qu'il ne sera pas remplacé par un autre. “Souhaitons que ce ne sera

pas le Venezuela”, dit l'expert. Le dos- sier vénézuélien faisait planer une me- nace sur ce sommet, mais le président Obama s'est aussi efforcé de le désa- morcer. Constatant la mobilisation de nombreux pays latino-américains der- rière Caracas au moment de la prise de sanctions par Washington, assorties d'une maladroite qualification de “me- nace pour la sécurité” des États-Unis, Barack Obama a su limiter les dégâts pendant ces 48 heures panaméennes. Après avoir dépêché cette semaine un envoyé spécial auprès de M. Maduro,

il a tout fait pour ne pas trop s'exposer

aux critiques devant les autres chefs d'État. Vendredi, il a d'abord assuré que le Venezuela ne représentait pas vrai- ment de menace pour la sécurité de son pays. Et samedi, il s'est judicieuse- ment éclipsé de la table ronde avant le discours du président vénézuélien, qui avait annoncé son intention de faire un “coup” médiatique en lui remettant une pétition d'une dizaine de millions de si- gnatures contre ce décret.

LYÈS MENACER/AFP.

CAMP DES RÉFUGIÉS PALESTINIENS DE YARMOUK

Le chef de l'UNRWA “très inquiet”

U n responsable de l'ONU a affirmé hier à Da- mas sa détermination à venir en aide aux ci-

vils ayant fui le camp palestinien de Yarmouk

contrôlé en partie par les djihadistes, se disant “très inquiet” pour ceux restés à l'intérieur. Le commissaire général de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour l'ai- de aux réfugiés palestiniens, Pierre Krähenbühl, s'exprimait lors d'une rencontre avec des déplacés du camp qui ont été installés dans une école du quar- tier de Tadamon, voisin du camp dans le sud de Da- mas. “Nous sommes déterminés à fournir des aides à ceux qui ont décidé de quitter temporairement le camp pour trouver refuge ailleurs”, a-t-il dit. “Nous restons très inquiets pour les civils à l'intérieur du camp.” Le 1 er avril, l'EI a pris d'assaut le camp de Yarmouk où près de 18 000 civils palestiniens et syriens ont été pris

au piège des combats entre groupes palestiniens ar- més et djihadistes dont les positions sont bombar- dées par l'aviation du régime syrien. Jusqu'à présent, près de 2500 Palestiniens ont été évacués et se sont réfugiés à Damas dans des quartiers voisins du camp. Depuis les changements “dramatiques” in- tervenus à Yarmouk le 1 er avril “avec la présence de nouveaux groupes armés, notre objectif est de (savoir) comment fournir des aides à la population à l'inté- rieur”, a ajouté M. Krähenbühl. L'UNRWA veut éga- lement permettre à ceux qui le souhaitent de “sortir du camp en toute sécurité et de leur fournir les aides nécessaires, comme ici à Tadamon”, a-t-il poursuivi. Dans le centre d'accueil à Tadamon, M. Krähenbühl a écouté les doléances des déplacés palestiniens. Il s'est assis au sol à côté d'une femme portant un bébé dans

ses bras. Un homme lui a demandé s'il était possible que les enfants aillent à l'école. Une autre personne lui a raconté comment les habitants du camp assié- gé depuis mi-2013 par l'armée syrienne ont souffert de la faim et ont dû manger de l'herbe. Plus de 200 personnes sont mortes depuis le début du siège gou- vernemental, dont plusieurs dizaines de la faim, se- lon des ONG. Avant le début de la guerre en Syrie en mars 2011, plus de 160 000 personnes, des Pa- lestiniens et des Syriens, vivaient à Yarmouk. En 2012, le camp, qui est en réalité un grand quartier du sud de Damas, a été un champ de bataille entre forces du régime et rebelles syriens, appuyés chacun par des groupes palestiniens. Les groupes rebelles sont sor- tis ensuite du camp.

R. I./AFP

SIX SOLDATS TUÉS DANS UNE NOUVELLE ATTAQUE DE L'EI AU SINAÏ

L’Égypte sombre dans le terrorisme islamiste

S ix soldats ont été tués et deux bles- sés hier dans l'explosion d'une bombe dans la péninsule du Sinaï

dans l'est de l'Égypte, une nouvelle at- taque revendiquée par la branche égyp- tienne du groupe djihadiste État isla- mique (EI), a rapporté l’AFP. Selon un dernier bilan revu à la haus- se, fourni par des responsables de sé- curité, un officier et cinq militaires ont été tués dans l'explosion d'une bombe placée en bord de route, au passage de leur véhicule blindé dans le secteur d'Al-Kouzat, près de la localité de Cheikh Zouwaid, dans le nord-Sinaï. Un premier bilan avait fait état de cinq morts et de trois blessés dans les rangs des militaires. Le nord-Sinaï est un fief du groupe Ansar Beït al-Maq- dess (les Partisans de Jérusalem en arabe), considéré comme la branche

égyptienne de l'EI après avoir fait allé- geance à l'organisation jihadiste et s'être rebaptisé “province du Sinaï”. Sur un compte qui lui est attribué sur Twitter, “la province du Sinaï” a re- vendiqué l'attaque “contre un véhicule des soldats mécréants”. Ce groupe a revendiqué de nombreuses attaques contre les forces de l'ordre dans le nord-Sinaï, frontalier d'Israël et du territoire palestinien de la bande de Gaza. Le 2 avril, une attaque a coûté la vie à 15 soldats et deux civils, l'une des plus meurtrières de ces derniers mois contre l'armée. Il affirme vouloir établir dans le Sinaï une “province” du “cali- fat” autoproclamé par l'EI sur les larges pans de territoire qu'il a conquis en Irak et en Syrie. Outre leur volonté d'étendre le “califat” de l'EI au Sinaï, ces djiha- distes assurent agir en représailles à la

très sanglante répression qui s'est abat- tue sur les partisans du président isla- miste élu Mohamed Morsi depuis qu'il

a été destitué et arrêté par l'armée le 3

juillet 2013. Une vaste campagne mi- litaire, lancée contre les groupes ex- trémistes dans le Sinaï par les autori-

tés il y a près de deux ans à une échel-

le inédite dans l'histoire récente de l'É-

gypte, n'a pas réussi à mettre fin aux at- tentats des djihadistes. Selon le nouveau pouvoir du président Abdel Fattah al- Sissi, l'ex-chef de l'armée tombeur de M. Morsi, plus de 500 policiers et soldats ont été tués dans des attentats et at- taques essentiellement dans le nord-Si- naï, depuis 2013. Dans le même temps, les forces de sécurité ont tué depuis cet- te date plus de 1 400 manifestants pro-Morsi et emprisonné plus de 15 000 sympathisants islamistes. Des cen-

taines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs, procé- dés dénoncés notamment par l'ONU.

L'Égypte est menacée par l'EI à l'est,

dans le Sinaï, mais aussi à sa frontière ouest avec la progression de la branche locale du groupe djihadiste dans une Li- bye en proie au chaos.

D'ailleurs la branche libyenne de l'EI a revendiqué une attaque dimanche de- vant l'ambassade de Corée du Sud qui

a tué deux personnes. À son sommet

fin mars en Égypte, la Ligue des États arabes a annoncé la prochaine création d'une force conjointe pour combattre notamment “les groupes terroristes” dans la région. M. Sissi insistait depuis plusieurs mois pour qu'une telle force soit créée afin d'endiguer la progression de l'EI dans la région.

R.

I/AFP.

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

L’internationale

13

À LA VEILLE DE LA REPRISE DU DIALOGUE INTERLIBYEN À ALGER

Aggravation des violences armées

Les combats opposant l’armée libyenne aux milices se sont intensifiés, hier, à la veille de la reprise des pourparlers de paix à Alger, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies. Parallèlement, la branche libyenne de l’État islamique s’est attaquée à la représentation diplomatique de la Corée du Sud, tuant deux gardes.

L a Libye poursuit sa descente aux enfers, au moment où les efforts diplomatiques tentent de juguler les violences ar- mées qui n’épargnent aucune ville du nord du pays. Hier ma-

tin, des combats meurtriers ont opposé les soldats du général Khalifa Haftar à la coa- lition des milices islamistes dans la ville d’Al-Azizia, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale Tripoli. À Benghazi, l’armée a perdu une dizaine de soldats et une quarantaine d’autres blessés, lors d’un accrochage avec Ansar al- charia. Cette milice islamiste avait fait al- légeance à Al-Qaïda l’été dernier, date à la- quelle elle a pris le contrôle d’une grande partie de cette ville de l’Est libyen, où se sont exilés le gouvernement et le Parlement re- connus par la communauté internationa- le. Les combats à Benghazi et ses environs sont, en effet, quasi quotidiens entre les mi- lices islamistes et les troupes de Khalifa Haf- tar. Avant sa nomination, en mars, à la tête de l’état-major des forces armées, Haftar

avait lancé, en mai 2014, l’“opération al-Ka- rama”, une vaste offensive terrestre et aé- rienne, mais qui ne semble pas venir à bout des milices radicales, dont certaines sont exclues du dialogue interlibyen. Malgré les appels fusant de partout en faveur de la ces- sation des combats, les parties libyennes en conflit, depuis la chute du régime de Kad- hafi en 2011, poursuivent leur lutte pour étendre leur territoire dans l’espoir d’influer sur le cours des négociations. Outre la guerre opposant l’armée aux mi- lices, une guerre parallèle fait rage entre la milice islamiste et les terroristes de l’État islamique (Daech), dans la ville de Misra- ta. Fajr Libya, qui contrôle Tripoli depuis fin août, est originaire de Misrata, ville cô- tière située à 213 kilomètres à l’est de la ca- pitale libyenne. L’armée libyenne s’est aussi engagée dans un meurtrier face-à-face avec Daech à Syrte, la ville natale du défunt guide d’al-Djamahirya, Mouammar Kadhafi, tué à l’issue de neuf mois de révolte po- pulaire en 2011. Cette guerre multidi-

mensionnelle risque de conduire, à court terme, à un échec des pourparlers de paix et à un éclatement de ce pays voisin, si la médiation internationale n’arrive pas à fai- re entendre raison aux parties en conflit d’ici à quelques semaines. Dans une mou- ture pouvant servir de feuille de route pour le dialogue interlibyen, le représentant du secrétaire général de l’ONU en Libye, Bernardino Léon, a proposé la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Cette proposition a été accueillie positi- vement par la classe politique libyenne. Il restera à convaincre le gouvernement exi- lé à Tobrouk et l’exécutif parallèle de Tri- poli, mis en place par Fajr Libya, pour l’ou- verture d’un dialogue constructif, capable d’aboutir à un consensus politique rapi- dement. Autrement, c’est à Daech que pro- fitera ce chaos politique. D’ailleurs, l’État islamique a profité encore de cette anarchie pour commettre une nouvelle attaque contre l’ambassade de la Corée du Sud à Tripoli, tuant deux gardes libyens.

LYÈS MENACER

AFP
AFP

Les violences entre les parties en conflit s’accentuent en Libye.

DIALOGUE INTERMALIEN

Le Conseil de sécurité de l’ONU prévient contre la reprise des hostilités

L es groupes politico-militaires de la Coor- dination de l’Azawad sont sous pression. Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni avant-

hier, a sommé les membres de la CMA de signer l’accord d’Alger qu’il a jugé “équilibré” et garant de la paix et de la stabilité. Les membres du Conseil ont considéré que cet accord, qui vise à régler la crise dans toutes ses dimensions — sur les plans politique et institutionnel mais aussi du point de vue de la gouvernance, de la sécurité, du développement et de la réconciliation — était équilibré et global après l’exposé du secrétaire gé- néral adjoint aux opérations de maintien de la

paix, M. Hervé Ladsous. Ils ont, à cette occasion, invité les groupes de la Coordination à signer le projet d’accord et de- mandé à tous les acteurs d’user de leur influen- ce sur les parties maliennes à cette fin. Cette som-

mation de la CMA est assortie d’une nuance en invitant toutes les parties à “saisir cette occasion historique” pour poursuivre le dialogue “afin de signer l’accord dans les meilleurs délais et de s’en- gager sincèrement en faveur de sa mise en œuvre effective et complète”. Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé, cependant, leurs inquiétudes quant à la détérioration de la situation sécuritaire au Mali et des actes terroristes commis depuis le mois de mars 2015 à Bamako, Gao, Kidal, Boni et qui ont pris pour cible y compris les forces de la Minusma. D’où leur appel à l’application ra- pide des mesures de confiance arrêtées pour la mise en place du cessez-le-feu et à s’abstenir de commettre des actes qui compromettraient les perspectives de paix. À ce sujet, le Conseil s’est dit prêt à prendre les mesures appropriées, entendre des sanctions

ciblées contre ceux qui “reprennent les hostilités et violent le cessez-le-feu”. La mise en garde est adressée particulièrement au MNLA qui a vou- lu faire une démonstration de force en faisant pa- rader, dans plusieurs villes, ses éléments armés et menacé un moment de reprendre les armes. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a accusé la CMA de bloquer l’accord de paix. Il a usé de termes durs en qua- lifiant les groupes “d’extrémistes”, lors de son in- tervention devant le Conseil de sécurité. “Il est inacceptable que le processus de paix au Mali, es- poir de 15 millions de Maliens, soit pris en otage par un groupe d’individus radicaux et extré- mistes. Ceux qui, malgré tout, auront choisi de se mettre en travers du chemin menant à la paix, ne laisseront à la Communauté internationale que le choix de les isoler et de les traiter comme tels en

leur imposant des sanctions, conformément, du res- te, à la déclaration de votre Conseil du 6 février 2015”, a-t-il déclaré. Pire, le diplomate accuse ces groupes de prendre en otage la population et le pays. Il a, par ailleurs, démenti que les forces gou- vernementales aient violé le cessez-le-feu com- me l’attestent, a-t-il précisé, les observations de la commission mixte de sécurité présidée par la Munisma. Il a relevé cependant que le refus de la CMA de signer l’accord de paix a favorisé la réinstallation des groupes terroristes et des narcotrafiquants qui ont repris leurs activités criminelles. Il a exhor- té, enfin, le Conseil de sécurité à éviter de pro- longer le dialogue en soulignant que le gouver- nement a commencé à mettre en place des mé- canismes préconisés dans l’accord d’Alger.

DJILALI B.

INTERVENTION DE L’ARABIE SAOUDITE CONTRE LES HOUTHIS AU YÉMEN

La caution “politique” de la France

L France a ouvertement pris par-

a

ti

en faveur de l’intervention ar-

mée de l’Arabie saoudite contre

les Houthis au Yémen. “Concernant le Yémen, nous venons manifester notre soutien, surtout politique, aux autori- tés saoudiennes”, a déclaré, hier, le chef de la diplomatie française, Laurent Fa-

bius, à l’entame d’une série d'entretiens avec les principaux dirigeants saou- diens, dont le nouveau roi Salmane, a repris l’AFP. C’est en effet un soutien

ris évite donc de contrarier un parte- naire économique et politique dans cette région où d’autres acteurs, com- me la Russie et la Chine, se disputent violemment l’influence. Cela sans oublier le dossier du nu- cléaire iranien au sujet duquel le mi- nistre français des Affaires étrangères et du Développement international es- saie de rassurer les “partenaires” saou- diens de la France. “Ce qui a été conclu est positif”, a rassuré Laurent Fabius,

LUTTE ANTITERRORISTE

Réunion informelle UE-bassin méditerranéen

qui sentirait l’odeur du pétrole et de la

poudre que Paris entendrait, peut-être, négocier à Riyad. “La France se tient aux côtés de l'Arabie saoudite”, qui cha- peaute les raids aériens de la coalition arabe, soutenus par les États-Unis et d’autres pays de la région, à l’exception de l’Iran, accusé de soutien aux Hou- this pour étendre leur influence dans la péninsule arabique. Tout en réaffirmant son soutien pour une solution pacifique au Yémen, Pa-

lors de son point de presse conjoint avec Saoud al-Fayçal. Toutefois, “il res- te du travail à faire”, avant la conclu- sion d'un accord définitif, a nuancé le chef de la diplomatie française, insis- tant sur le fait qu’il faut “qu’il n'y ait pas de dimension militaire possible” du nu- cléaire iranien, une condition préalable au règlement définitif de “la question des sanctions, de leur levée, de leur ré- tablissement”, a rapporté l’AFP. “La France souhaite un accord solide et vé-

rifiable. Nous avons jusqu'à la fin juin pour essayer d'avancer” sur le dossier du nucléaire iranien, a expliqué Lau- rent Fabius, dont le pays demeure ferme sur le sujet, même s’il a accueilli avec enthousiasme la signature de l’accord-cadre, à Lausanne (Suisse), entre Téhéran et les puissances occi- dentales, à l’issue d’un âpre processus de discussion qui a commencé depuis des années.

L. M.

M inistres ou hauts responsables des Af- faires étrangères européens et de pays du bassin méditerranéen se retrouvent au-

jourd’hui à Barcelone pour discuter de projets de développement à moyen terme qui permettent d'endiguer la montée du terrorisme. Pendant une réunion informelle d'une journée, les délégations des 28 membres de l'Union européenne et de huit pays du bassin méditerranéen vont étudier com- ment renforcer la coopération face aux défis ac-

tuels que sont “l'extrémisme et le terrorisme, la sé- curité énergétique, l'immigration clandestine”, a annoncé le commissaire européen chargé de la Po- litique de voisinage de l'UE et de l'élargissement, Johannes Hahn. M. Hahn coprésidera la rencontre avec la chef de la diplomatie européenne, Fede- rica Mogherini. “L'idée, c'est comment on répond là, tout de suite, à la crainte des pays méditerra- néens face à la menace terroriste. Mais cette aide ne vaut que si on développe dans le même temps

des structures pour assécher l'attirance vers le ter- rorisme en répondant aux besoins de la popula- tion”, a expliqué à l'AFP une source diplomatique. Cette rencontre est la première à ce niveau depuis le lancement en 2008 de l'Union pour la Médi- terranée rassemblant 43 pays, soulignent des sources diplomatiques. Une telle réunion n'avait pu se tenir jusqu'à présent en raison “notamment des conséquences du conflit israélo-palestinien”, a expliqué un diplomate espagnol. Les Israéliens,

tout comme les Marocains, devraient dépêcher leur vice-ministre des Affaires étrangères, tandis que les Palestiniens, les Tunisiens, les Libanais, les Algériens, les Jordaniens et les Égyptiens de- vraient être représentés par leurs ministres des Af- faires étrangères, selon cette source. La Syrie de Bachar al-Assad, visée par des sanctions de l'UE, et la Libye, en pleine guerre civile, ne participe- ront pas à la rencontre.

R. I./AFP

14

Publicité

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

14 Publicité Lundi 13 avril 2015 LIBERTE ANEP n°317 880 Liberté du 13/04/2015

ANEP n°317 880 Liberté du 13/04/2015

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

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LIBERTE Lundi 13 avril 2015 Publicité 15 F.896 ANEP N°317 824 Liberté du 13/04/2015

F.896

LIBERTE Lundi 13 avril 2015 Publicité 15 F.896 ANEP N°317 824 Liberté du 13/04/2015

ANEP N°317 824 Liberté du 13/04/2015

Yahia/Liberté

D. R.

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Contributions

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

Éclairez-nous, s’il vous plaît !

Nos routes sont-elles aussi sûres de jour comme de nuit, comme certains veulent bien nous le faire croire ?

l est vrai que depuis quelque temps, cer- taines choses se sont améliorées, mais

I des insuffisances vitales subsistent, à sa- voir l’éclairage sur nos routes, les tra-

vaux de réfection

de l’autoroute Est-

Ouest qui sont faits de nuit, mais qui ne

sont pas éclairés, mal éclairés ou non signalés. Ré- sultats des courses : un danger permanent. Le tronçon de

Boumedfaa jus- qu’à Chlef, les

“éternels” travaux de réfection de la chaussée sont un réel danger, de jour comme de nuit. D’ailleurs, à Boumedfaa, c’est devenu un gros point noir, souvent dû aux travaux non signalés, à des barrières abandonnées sur la chaussée ou sur ses abords. Le 8 avril vers 20h, je rentrais d’Oran, un acci-

dent s’est produit à environ 2 km du barrage fixe de la Gendarmerie nationale. Résultat : un em-

et

bouteillage monstre,

beaucoup d’angoisse ! Comment en sommes-nous arrivés là ? L’une des causes premières est l’absence totale d’éclairage sur nos routes et particulièrement sur l’autoroute. Pas un seul lampadaire surtout dans les virages où nous sommes éblouis par les phares des voi- tures venant d’en face. Dès la tombée de la nuit,

c’est la guerre des étoiles qui se met en action, des phares blancs qui inondent d’un flux lumineux

qui vous

vous devez

conduire au sonar, à vos risques et périls. Le jour, ça roule plus au moins bien, car il y a la crainte du gendarme en civil, comme à l’époque de la célèbre émission TV culte, de Salim Saïdoun, “Echourti El-Makhfi” (le policier caché). La plu- part des automobilistes roulent, bien alignés dans

le couloir central, à une vitesse égale à celle exi- gée, à savoir 120 km/h. Mais, la nuit, il n’y a ni motards ni gendarmes pour les pénaliser, alors chacun dicte sa loi !

Quand on

que

notre autoroute est

sûre, sur le terrain elle n’est pas aussi sûre que cela, et elle ne répond pas au minimum des règles in- ternationales.

Par : YAHIA BELHADJ-MEZIANE (*)

une heure

d’attente

laisse aucune

chance,

nous dit

(*) une heure d’attente laisse aucune chance, nous dit Les automobilistes subissent certains désagréments lors de

Les automobilistes subissent certains désagréments lors de leurs déplacements à cause de l’état des routes.

Par ailleurs, à force d’utiliser la langue de bois, nous risquons une déforestation dans un avenir très proche. Que faire pour l’éviter ? Nous maî-

trisons bien le solaire, des petites start-up qui ont commencé à fleurir, çà et là, offrent une solution écologique sûre, créatrice d’emplois et peu oné- reuse par rapport à l’éclairage conventionnel. À titre d’exemple, un poteau avec équipement so-

120 000 DA l’unité. En

laire coûterait environ

outre, ces poteaux ne nécessitent que peu d’en- tretien, pas de centrale, pas de câbles qui pol- lueraient le paysage et notre horizon verdoyant.

Ces équipements seraient financés avec les 8 mil-

liards de

de vi-

gnettes ou encore des recettes des contreventions qui se chiffrent également à des milliards de di- nars. Tandis que le conventionnel coûterait jusqu’à

dinars émanant de

la vente

350 000 DA et plus… Utilisons donc le solaire, soyons écologiques, créons de l’emploi, écono- misons notre gaz et sauvons des vies ! Alors que les États-Unis d’Amérique commen- cent à remplacer le bitume et autres matériaux, par un verre spécial qui résisterait à une charge de 100 tonnes et qui serait équipé de photocel- lules voltaïques pour l’éclairage, chez nous, nous en sommes encore à remplacer le bitume par une autre couche de bitume dont le prix du km est le plus cher au monde. Pour cela, nous mérite- rions de figurer au Guinness des records. Je préconise d’autres mesures pour réduire cet- te hécatombe qui endeuille la famille algérienne quotidiennement : l’implication du bon conduc- teur en l’équipant de caméras embarquées. Ain- si, considéré comme un collaborateur des services de sécurité routière, il remettra le film de la jour-

née aux services concernés pour l’exploiter et pé- naliser les contrevenants. J’ai toujours demandé à ce que les associations soient sur le terrain et non dans des bureaux cli- matisés ou chauffés, pour porter le message ci- toyen. Le chauffard ne fréquente pas les mêmes endroits. Il faudrait vivre au quotidien ses pro- blèmes et essayer de lui apporter des réponses au- près de l’administration et des autorités locales afin de lui faciliter la tâche. Accompagner les poids lourds notamment ceux qui transportent quotidiennement le sable du Sud vers le Nord en passant par Berrouaghia. Chaque

jour, à l’appel de la prière du maghreb, c’est le “lâ- cher” de ces montres que plus rien n’arrête, ils roulent côte à côte, à 3 ou 4, et n’essayez surtout pas de les dépasser, car ils n’hésiteront pas à vous précipiter dans le ravin, ou carrément vous pas- ser dessus. Il y a des gens de bonne volonté qui veulent ai- der à vivre ensemble dans un espace sécurisé, har- monieux et convivial. Qui ne souhaiterait pas une autoroute digne de ce nom, respectant les règles internationales, utilisant les dernières technolo- gies. Il y a des stations-service sur une partie de l’autoroute, c’est bien ! Mais où sont les espaces

la vidange,

verts,

pourquoi pas un petit motel, style chalet d’une trentaine de chambres, à certains endroits, un café-restaurant digne de ce nom, une salle TV pour les amoureux de foot ou autres sports ? Il y a encore beaucoup à faire sur notre autoroute avant de penser au péage ? N’est-ce pas ? Com- mencez par nous éclairer, la visibilité serait déjà meilleure, ensuite passons à autre chose. Faisons confiance aux jeunes et moins jeunes, les “seniors” qui sont une valeur inestimable, sont margina- lisés.

le

vulcanisateur,

le

lavage,

Y. B.-M.

(*) Collaborateur,

l’Onudi-Vienne, ex-membre fondateur et ex- président de l’ex-Association algérienne des vic- times de la route.

ex-expert, consultant de

Occidentaliste ou moderniste ?

C’est récurrent, dès que vous sortez de la ligne droite tracée par la pensée unique, vous serez taxé d’occidentaliste ! Être un occidentaliste serait-il synonyme de “traître”, de “collabo”, etc. ? Toutefois, de qui s’agit-il : d’un pays ? D’une organisation, d’une idéologie ? Le mot occiden- taliste est partout dans les médias, dans les discus- sions entre amis, etc. Cependant, la confusion est totale quand on demande de le définir.

S ouvent, je suis confronté à cette question : peut-on être un Al- gérien occidentaliste
S ouvent, je suis confronté à cette
question
: peut-on être un Al-
gérien occidentaliste ? Que veut
dire
“être occidentaliste”
? S’agit-il
d’une
doctrine (marxiste, libérale,
etc.) religieuse
Par :
YAZID HADDAR
(chrétienne, ju-
daïque ou mu-

sulmane) ? Po- litique (démocratique, dictatoriale,

etc.) ? Philosophique ? S’agit-il d’une

hé-

question linguistique

braïque, arabe, chinoise, etc.) ? S’agit-

il

espace géogra-

d’un

phique (Europe, Amérique, Afrique,

etc.)

? D’une manière de vivre (mo-

(latine,

d’un

lieu

ou

derne, conservateur ou traditionnaliste,

etc.)

sique,

S’agit-il

historique

? S’agit-il

d’une culture (mu-

etc.)

mode vestimentaire,

d’une période

(l’époque romaine, moyenâgeuse, pré-

les

questions que l’on peut se poser.

Le terme “Occident” vient du verbe la-

tin

“chuter”. Au début, c’était une histoi-

re

direction où le soleil se couche. Le ter- me “Occident” est donc “le couchant”,

journée.

C’est le cas du terme “Maghreb”, qui

Ainsi, le

Maghreb est-il l’Occident du monde

arabo-musulman ? Ou fait-il partie du monde occidental ? Essayons de creuser un peu quelques

questions

S’agit-il

réellement d’un espace géographique ?

Non, car

que

dérive

là où

la

signifie “tomber”,

moderne, moderne)

mières faisait partie de cet-

te dynamique. Donc, les re-

ligions étaient un élément, et non pas toute la substance

de la

S’agit-il d’une doctrine po-

litique ? Non ! Car on trou- ve dans ces pays dits occi- dentaux, des doctrines po- litiques libérales, commu-

etc.

Donc, pas de doctrine spé-

cifique. Il s’agit des principes

favorisent

l’émergence de liberté indi-

viduelle,

tions prononcées du gieux du politique.

Occi-

dent est né par rapport au

soleil, l’idéologie occidentale est l’émanation de l’histoire des pays européens, cepen- dant, elle échappe de plus en plus à la limitation géogra-

phique

mode de

de l’homme

Cela

des sépara-

reli-

de

nistes,

culture occidentale !

Cela des sépara- reli- de nistes, culture occidentale ! Il est fort difficile de donner une

Il est fort difficile de donner une définition rigoureuse du terme “occidentaliste”.

tion du principe de domination, qui lui permet “de distinguer les ‘dominés’, qui se soumettent à la domination, de l’hé-

respecter celles des autres, sans porter de jugement et surtout contribuer à l’évolution de celles-ci. Avec la mon-

ritier raisonnable de la modernité, qui

dialisation et

la circulation

d’infor-

n’écoute que son devoir”. Ce qui les dis-

mations, les

frontières idéologiques

tingue, ce n’est pas ce qui fait la diffé-

sont dessoudées

des

frontières

géo-

rence entre l’esclavage et la liberté, mais

graphiques. L’homme de l’avenir s’ins-

?

Ce sont

“occidere”

qui

de soleil

le soleil

de “le

posées

“tombe”, c’est-à-dire

termine sa

couchant”.

plus haut.

sociolibérales,

qui

avec

si le terme

droit

dit,

comment expliquer

l’Australie ou le Japon qui font partie du monde occidental, mais qui ne se

trouvent pas

phique réservé généralement au mon-

de occidental ! Peut-on dire que l’Oc-

l’espace géogra-

cident

dans l’espace géogra-

se limite à

phique européen et américain ? Non également. Quand j’écoute les religieux

pour devenir un

vie

ou les politiques, les élites disent que

moderne. Nous

appelons

tout ce qui n’appartient pas au mon-

que

le mode de

vie occi-

de arabo-islamique est

dental

taxé

monde occidental

a existé

d’occi-

! En résumé, selon ce raison-

nement, il y a le monde arabo-musul- man et les autres (qui sont des Occi- dentaux) ?…

S’agit-il d’une religion ? Non ! Car le

avant

l’émergence des religions. Cependant, les religions, en particulier la judéo- chrétienne, ont-elles favorisé l’émer-

gence d’une culture occidentale ? Oui !

D’ailleurs, certains chercheurs en his-

saint Augustin (le

toire considèrent

? Berbère) comme un des pères de la cul-

lu-

dentalisé est celui où se trou- vent valorisées une série de libertés in- dividuelles qui paraissent essentielles à ce mode de vie. La liberté d’expres-

sion, la liberté de culte, la liberté de dé- placement sont fondamentales. Elles n’appartiennent pas en propre à l’Oc- cident géographique, car elles ont été

connues

et formulées

dans bien

le seul fait

“que les premiers ont leur

crit dans cette dynamique ; d’ailleurs,

plusieurs régions

montrent clairement. Il reste à y ad-

du monde nous le

d’autres civilisations, mais c’est dans la culture occidentale, depuis la Renais- sance, qu’elles ont été le plus nettement

maître hors d’eux, tandis que le second le porte en lui-même, et est, de ce fait, son propre esclave”, selon Habermas.

les derniers événements qui secouent

élaborées,

approfondies

et

mises

en

À terme, être occidental aujourd’hui

hérer ou de continuer à rejeter par une

œuvre.

La

modernité,

selon Hegel,

n’est pas forcement se nier soi-même,

idéologie…

s’accompagnerait

d’une intériorisa-

mais intégrer les valeurs de liberté et

 

Y. H.

ture occidentale

? L’Islam

des

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

L’Algérie profonde

17

HASSI R’MEL (LAGHOUAT)

L’union locale UGTA mise à rude épreuve

Le processus pour l’élection de la section syndicale des travailleurs de la compagnie gazière Sonatrach/DP de Hassi R’mel semble ignorer les lois et les règlements de l’ac- tivité syndicale. Ce qui lui a valu une action en justice intentée par des travailleurs candidats à ce scrutin dont les dossiers ont été rejetés.

D. R.
D. R.

Les travailleurs estiment que le processus électoral n’est pas valide car il ne s’est pas déroulé selon la réglementation.

L e début de cette année 2015 s’annonce décidé- ment très agité pour l’union locale UGTA de Hassi R’mel, ou ce qu’il en reste. Pour cause, le

processus pour l’élection de la section syndicale des travailleurs de la com- pagnie gazière Sonatrach/DP de Hassi R’mel semble ignorer les lois et les règlements de l’activité syndica- le. Ce qui lui a valu une action en jus- tice intentée par des travailleurs candidats à ce scrutin dont les dos- siers ont été rejetés. En effet, alors que le collectif des tra- vailleurs de cette compagnie s’ap- prêtait à élire leur section syndicale UGTA, six travailleurs dont des dos-

TOUGGOURT

Des automobilistes en danger

Les automobilistes empruntant le tronçon routier reliant la daïra de Touggourt à la daïra de Timacine par la RN 3 sont exposés, quotidiennement, aux risques d’accident, surtout durant la nuit, à cause de l’entassement de quantités de sable au milieu de la route. Ces quantités de sable se sont accumulées à cause des séparateurs en béton des deux voies réalisés dernièrement par une entreprise de travaux publics. Ces séparateurs, réalisés sans une étude préalable des conditions naturelles des régions sahariennes caractérisées par les vents de sable, empêchent ces quantités de sable de passer de l’autre côté de la chaussée, formant ainsi des obstacles dangereux. Selon un automobiliste de la daïra de Timacine, les autorités locales ont été, à maintes reprises, alertées de cette situation dangereuse, en vain. Les automobilistes de ces deux daïras exigent l’élimination en urgence de ces séparateurs avant que le pire n’arrive.

AMMAR DAFEUR

siers de candidature ont été rejetés af- firment avoir pu obtenir une or- donnance en référé invalidant le 2e tour qui devait se tenir le 3 du mois en cours. Selon eux, cette ordon- nance a été signifiée au secrétaire gé- néral de l’union locale UGTA par un huissier de justice. Celui-ci aurait dressé un procès-verbal faisant état de tentatives de l’union locale UGTA de s’opposer aux termes de l’ordon- nance du tribunal qui stipule l’obli- gation de surseoir au scrutin. Ceci dans la forme. Quant au fond, l’affaire a été renvoyée, nous dit-on, pour les 14 et 21 du mois en cours pour va- lider ou invalider le processus élec- toral, notamment l’assemblée géné- rale élective de la commission élec- torale, et la réhabilitation des six de- mandeurs dans leur droit d’éligibili- té. Il faut rappeler que le bras de fer

a commencé depuis la convocation

des travailleurs à l’assemblée générale élective de la commission électora- le. En effet, l’union locale UGTA a choisi la date de la tenue de l’assem- blée générale qui a coïncidé avec le match de football qui a opposé dans

le cadre de la CAN l’équipe nationale

à l’Afrique du Sud. Pour beaucoup de

travailleurs, le choix du lieu et la date n’étaient pas fortuit. Et pour cause !

La convocation étant affichée le jour même où doit se tenir l’AG, soit le 19 janvier passé, à 17h30, et l’AG s’est te- nue le soir à 20h30. Soit. Or celle-ci doit être convoquée 8 jours avant pour permettre à la majorité des tra- vailleurs d’y assister. Voulant leur for- cer la main pour plébisciter une composante de la section syndicale taillée sur mesure, la cinquantaine de travailleurs présents, triés sur le vo-

let, ont élu la commission électora- le. à signaler que l’assemblée générale s’est tenue étrangement en l’absence du SG de la section syndicale “dési- gné”, et en la présence d’un seul membre de l’union locale, vraisem- blablement invité afin de bien asseoir

le fait accompli. Une fois élue, la

commission électorale a purement et simplement rejeté les dossiers de candidature des six travailleurs au motif qu’ils n’ont pas justifié leur can- didature par des cartes d’adhérent. à présent, les travailleurs approchés cherchent à invalider le processus électoral qu’ils considèrent comme “bourré d’irrégularités”. En atten- dant l’aboutissement de la procédu- re judiciaire qui risque de durer, ils sont dépourvus de représentants syndicaux.

BOUHAMAM AREZKI

MÉDÉA

Inspection de plusieurs projets du secteur des TP par le wali

L es nombreux projets du secteur des travaux publics ont constitué l’essentiel de la visite de terrain que la wali, Brahim Merad, a effectué la semaine der-

nière dans les daïras de Médéa, Ouzera et Berrouaghia. La programmation d’une visite spécifique au secteur des travaux publics a été de nature à mieux appréhender les contraintes et difficultés susceptibles de ralentir le rythme d’avancement des projets, en vue de leur apla- nissement, en présence de tous les acteurs concernés. Le traitement du cas d’un glissement de terrain situé au niveau du CW8 reliant Médéa et Tamesguida, ayant at- teint un taux de réalisation de 80%, sera très bientôt ache- vé, alors que les travaux de construction du chemin de contournement de la ville de Médéa par Béni-Atelli, d’une longueur de 11 km, ont atteint un taux d’avan- cement de 80%, selon le directeur des travaux publics. La livraison de cet axe est de nature à réduire la pres- sion sur la circulation à travers l'agglomération et de sup- primer les goulets d’étranglement qui caractérisent la circulation en de nombreux carrefours et à l’entrée de la ville, d’une part, et à favoriser le développement et le désenclavement des zones périphériques en densifiant le transport et les échanges ainsi que le commerce des produits frais de l’agriculture locale. La délégation de l’exécutif s’est par la suite rendue sur le chantier de réa-

lisation du CW62 faisant la jonction entre la wilaya de Médéa et la wilaya de Blida à hauteur de la station de concassage exploitée par le groupe chinois. Ce qui a ame- né le premier responsable de la wilaya à insister auprès des responsables et des Chinois pour que le site soit ré- habilité par des plantations d’espèces forestières afin de lui redonner son aspect naturel premier. Les travaux de creusement du tunnel situé sur la nouvelle voie ex- press sur la RN 1 entre Berrouaghia et El Hamdania, en cours de réalisation par le groupe chinois, a été l’autre halte du wali au cours de laquelle il a été fait état de la réalisation de plus de 288 ml. Les explications fournies ont suscité quelques remarques quant à la nécessité de se conformer aux standards internationaux pour la réa- lisation des ouvrages tout en demandant que tout soit mis en œuvre pour que les délais de livraison du pro- jet, qui revêt un caractère stratégique eu égard à ses re- tombées économiques pour la région et le pays, soient respectés ou écourtés. Le projet de réalisation de la voie express a rencontré des contraintes liées à l’indemni- sation des riverains qui se trouvent sur le tracé, contraintes qui seront levées dans les plus brefs délais en application des dispositions réglementaires afférentes à l’expropriation pour utilité publique.

M. EL BEY

à l’expropriation pour utilité publique. M. EL BEY BRÈVES du Centre BOUZEGUÈNE La ville croule sous

BRÈVES du Centre

BOUZEGUÈNE

La ville croule sous les ordures

La ville et les villages de la commune et

daïra de Bouzeguène, à une soixantaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, font face, depuis quelques mois, à un envahissement inquiétant de la grande majorité des espaces publics par des déchets de tous genres. Des amoncellements horribles de déchets naissent partout et prennent des proportions alarmantes au beau milieu des agglomérations, des accotements, des champs et des lieux publics. Dans presque la totalité des communes de la daïra, à l’exception de quelques villages, comme Taourirt (Bouzeguène) qui a instauré le tri des déchets, ou Iguerdafène (Idjeur), le village le plus propre de la wilaya de Tizi Ouzou, le reste des villages, malgré de vaines tentatives de prise en charge, font face à une “overdose” de déchets de toutes sortes. Le manque de civisme des villageois ne participe guère à la sortie de cette situation de putréfaction à tous les niveaux. La pollution effrénée de l’environnement gagne du terrain. Chaque citoyen y va de sa propre initiative pour se débarrasser de ses déchets, si bien qu’on assiste à une anarchie indescriptible. Des automobilistes, sans scrupules, qui ne se soucient guère de l’environnement, se débarrassent de leurs déchets, de leurs canettes et bouteilles de bière jetés du véhicule, aux proches alentours du village voisin. Les tentatives de Hamoum Arezki, un universitaire qui active dans la sensibilisation des villageois dans le tri des déchets avec comme point de départ le village, bute face à l’inertie des citoyens qui ne montrent aucune volonté de s’impliquer dans la protection de l’environnement. Depuis la fermeture de la décharge d’Azaghar, après avoir été transformée en décharge intercommunale, les habitants de Bouzeguène ne savent plus à quel saint se vouer. Le chef de la daïra et le P/APC de Bouzeguène que nous avons approchés n’ont pas manqué de signaler l’urgence de remédier à une telle situation, mais malheureusement ils ne passent pas à l’action. Ils semblaient même carrément dépassés par les événements et incapables de trouver des solutions pour éradiquer les décharges sauvages et les amoncellements des déchets qui envahissent la ville et les villages de la région. En attendant une éventuelle voie de salut, les citoyens de la commune de Bouzeguène, à l’instar de la commune voisine d’Illoula Oumalou, hument les odeurs nauséabondes. L’air est devenu irrespirable. Les ordures sont proches de la mosquée de Bouzeguène et avancent progressivement vers le siège de la sûreté de daïra et celui de l’APC, alors que d’autres tas considérables de déchets, éparpillés au beau milieu du chef-lieu de daïra, offrent un décor chaotique. La fumée ne cesse d’empester, tous les jours, la ville, et il est certainement temps que les autorités locales tirent la sonnette d’alarme pour l’éradication de ces décharges, car il s’agit là d’un problème grave et urgent de salubrité et de santé publique.

KAMEL NATH OUKACI

BLIDA

Saisie de plus de 123 quintaux de poulet et de dinde impropres à la consommation

Les éléments de la brigade de

Gendarmerie nationale de la ville de Bougara, wilaya de Blida, ont saisi hier une quantité de plus 123 quintaux de poulet et morceaux de dinde impropre à la consommation stockée dans une chambre froide située dans la commune de Ouled Slama. Cette quantité de viande blanche

était destinée à la vente dans les différents restaurants et fast-foods de la commune de Bougara. C’est suite à une information faisant état de stockage et vente de viande blanche avariée que les gendarmes ont agi en arrêtant sur les lieux le dénommé A. M.,

34 ans, propriétaire de la chambre froide.

Après fouille, les gendarmes, qui étaient accompagné par un médecin vétérinaire, ont procédé à la saisie de toute la quantité de viande blanche et la camionnette de marque asiatique qui servait au transport de cette marchandise impropre à la consommation.

K. FAWZI

18 L’Algérie profonde Lundi 13 avril 2015 LIBERTE BRÈVES de l’Est JIJEL Vers le raccordement

18

L’Algérie profonde

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

L’Algérie profonde Lundi 13 avril 2015 LIBERTE BRÈVES de l’Est JIJEL Vers le raccordement de 4

BRÈVES de l’Est

JIJEL

Vers le raccordement de 4 000 foyers au gaz naturel

Pas moins de 4 000 foyers bénéficieront du programme de rattrapage pour le raccordement au gaz naturel, avons-nous appris. Ces foyers ont été recensés par les services de la direction de l’énergie de la wilaya et les services de la société de distribution d’électricité et de gaz (SDE), en coordination avec les présidents des APC des communes concernées par ce projet. Lors d’une réunion consacrée au suivi du programme de raccordement au gaz naturel, le directeur de l’énergie et des mines de la wilaya a affirmé que “le taux de couverture actuel est de 61% et atteindra les 86% après l’achèvement du programme en cours de réalisation qui porte sur le raccordement de 120 000”. Nous apprendrons par ailleurs que les directeurs de l’énergie et de la SDE en coordination avec les présidents des APC, devraient effectuer prochainement un autre recensement pour l’inscription d’un programme supplémentaire au profit des foyers non encore raccordés. Des sources de la wilaya ont indiqué que des instructions ont été données afin que les délais de réalisation soient respectés par les différents intervenants dans les projets de raccordement.

MOULOUD SAOU

KHENCHELA

Affrontements entre policiers et dealers dans la commune de Kaïs

Un officier de police a été grièvement blessé, avant-hier, lors d’affrontements qui ont opposé les services de sécurité et des jeunes dealers de la commune de Kaïs, à 22 kilomètres à l’ouest de Khenchela. C’est lors de l’arrestation d’un dealer que les policiers ont été pris à partie par des jeunes de la cité qui ont tenté de s’y opposer en leur lançant des pierres et d’autres objets hétéroclites. Un policier a été grièvement blessé. Il a été évacué en urgence vers l’hôpital de la ville avant d’être transféré au CHU de Batna vu la gravité de son état, précise notre source. L’arrivée immédiate des renforts a permis de ramener le calme dans le quartier. Par ailleurs, il faut noter que la commune de Kaïs a été secouée, la semaine écoulée, par une vague de protestation sans précédent suite à l’affichage de la liste de 1 903 logements sociaux, rappelle-t-on. Les sièges de la daïra et l’APC ont été fermés par des citoyens en colère ainsi que la route nationale n°88 reliant Khenchela à Batna. Les exclus de la liste réclamaient la révision de cette dernière dans les plus brefs délais.

M. ZAIM

OUM EL-BOUAGHI

La localité d’Ouled Zouaï raccordée au gaz de ville

La commune d’Ouled Zouaï, située à l’extrême sud-ouest du chef-lieu de la wilaya d’Oum El- Bouaghi, vient d’être raccordée au réseau de gaz naturel, avons-nous appris de sources concordantes. L'opération, qui a touché 373 foyers, a eu lieu en fin de semaine, lors d'une visite d'inspection du chef de l'exécutif dans cette commune rurale pour s'enquérir des projets de développement et écouter les doléances et préoccupations des citoyens. Nous apprendrons, par ailleurs, qu’une opération similaire touchera bientôt les communes de Blala et Aïn Diss. “Ainsi, nous arriverons à un taux de couverture de 90%”, selon le wali d’Oum El-Bouaghi. Dans un tout autre registre, la localité d’Ouled Zouai a bénéficié d’un nouveau lycée qui ouvrira ses portes durant la prochaine rentrée scolaire. Le taux d’avancement des travaux de cette infrastructure est estimé, selon nos sources, à 90%.

K. MESSAD

EL-AYOUN

Saisie de 35 000 euros chez un ressortissant libyen

Les Douanes du poste-frontière d’El-Ayoun, dans la wilaya d’El-Tarf, ont saisi, hier, une importante somme en devises et des dinars algériens. Selon des sources sécuritaires, les douaniers ont mis la main sur 35 000 euros, 2 millions de dinars algériens ainsi que 12 000 dinars tunisiens, lors de la fouille corporelle d’un ressortissant libyen. Une amende a été infligée au contrevenant, estimée au double de la somme saisie, ont encore révélé nos sources. Par ailleurs, une enquête a été ouverte afin de déterminer l’origine exacte de

TAHAR B.

JOURNÉE D’ÉTUDE NATIONALE SUR LE STATUT DE L’ARTISTE

Quatorze wilayas présentes à Mila

La rencontre entre dans le cadre des consultations entreprises depuis 2004 en vue de fixer les préoccupations réelles de la corporation et, par ricochet, élaborer un statut qui préservera les droits de l’artiste.

D. R.
D. R.

Cette rencontre a pour but de fixer les préoccupations réelles de la corporation et d’élaborer un statut qui préservera les droits de l’artiste.

Q uatorze wilayas ont participé aux travaux de la Journée na- tionale sur le statut de l’artis- te tenue ce samedi à Mila. En effet, le musée El-Moudjahid de Mila a abrité, ce samedi, les

travaux d’une journée d’étude sur le statut de l’artiste, laquelle a réuni une quarantaine d’ar- tistes issus de quatorze wilayas, le directeur du bureau régional de l’ONDA et des responsables du Syndicat national des artistes algériens. La rencontre entre dans le cadre des consultations entreprises depuis 2004 en vue de fixer les pré- occupations réelles de la corporation et, par ri- cochet, élaborer un statut qui préservera les droits de l’artiste. Des interventions ont été don- nées par les animateurs de cette journée d’étu- de sur le statut social de l’artiste, les recomman- dations du Congrès de l’Unesco tenu à Berne

en 1980 et les droits d’auteurs et droits voisins. Mais ce qui a le plus focalisé l’attention a été les insuffisances des lois actuelles, lesquelles ne per- mettent pas aux artistes plasticiens spécialement l’accès aux droits d’auteurs, contrairement à leurs homologues comédiens, chanteurs, com- positeurs et autres. Selon Hamid Bouaïche, se- crétaire général du Syndicat national des artistes algériens, “les artistes peintres ne profitent pas des droits d’auteurs et droits voisins accordés par l’ONDA à cause d’un vide juridique dans le sys- tème de lois régissant l’activité”. La même caren- ce a été, d’ailleurs, mise en relief dans l’inter- vention du directeur régional de l’ONDA. Pour parer à cette lacune, le Syndicat national des artistes propose la création d’un Salon na- tional des arts plastiques afin de permettre aux auteurs de toiles de peinture de vendre leurs œuvres. Pour sa part, le représentant de l’ON-

DA appelle les artistes peintres à adhérer à son organisme pour, d’une part, garantir la protec- tion de leurs œuvres contre d’éventuels actes de plagiat et, d’autre part, tirer des dividendes à chaque fois que leurs tableaux sont exploités à des fins de décor. “L’ONDA défend les droits des artistes peintres si leurs œuvres sont utilisées, par exemple, dans le décor d’un film ou d’un salon, à condition cependant que ces œuvres soient ins- crites à l’ONDA.” Le problème des artistes au chômage, donc non couverts socialement, a été également soulevé. Les participants ont conve- nu d’engager une démarche auprès du minis- tère de la Culture dans le but d’intégrer ces ar- tistes sans revenus aux personnels des struc- tures du secteur, comme les bibliothèques municipales et les maisons, et centres de la culture.

KAMEL BOUABDELLAH

GUELMA

Deux piscines communales à l’abandon

L ors de la dernière session de l'APW, des élus avaient saisi l'op- portunité de l'ordre du jour, pour

évoquer le cas déplorable des deux pis- cines communales du chef-lieu de wi- laya. Des intervenants s'étonnent que ces infrastructures inestimables soient vouées à l'abandon et à l'oubli de la part des édiles dont la mission est pourtant de répondre aux attentes de leurs admi- nistrés. Ces deux piscines réalisées avec l'argent des contribuables sont fermées depuis deux décennies et leur réhabili- tation n'a pu être concrétisée par la mu- nicipalité car les devis établis par des promoteurs seraient au-dessus des moyens de l'APC de Guelma. Celle qui est implantée à la cité Gahdour, sur les hauteurs de la ville, est livrée à elle- même et offre un aspect désolant. Elle est squattée par une famille depuis des années et les installations se dégradent au fil des ans. La deuxième située aux

abords du collège du 8-Mai 1945 avait été louée à un investisseur qui l'avait ex- ploitée seulement durant deux ans puis- qu'elle avait fait l'objet d'une fermetu- re administrative pour des raisons d'at- teinte aux bonnes mœurs. La wilaya de Guelma a le triste privilège d'enregistrer chaque été des températures caniculaires et les autochtones sont contraints de se calfeutrer chez eux pour se soustraire à une chaleur étouffante. Des familles et des jeunes s'étonnent que ces infrastruc- tures ne soient pas opérationnelles pendant les saisons estivales car les déplacements vers les plages sont oné- reux. De toute évidence, le wali a pris acte de ces doléances citoyennes en an- nonçant aux locataires de l'APW que la piscine de Gahdour va bénéficier inces- samment d'une opération de réhabili- tation pour accueillir la population durant l'été .

HAMID BAALI

OPGI DE MILA

Des mesures incitatives au profit des mauvais payeurs

L’OPGI de Mila vient de lancer une série de mesures incitatives afin d’aider ces clients insolvables à régler leurs dettes. Ainsi, une opération de rééchelonnement des créances, dont la valeur n’excède pas les 30 000 DA, vient d’être lancée au bénéfice des locataires récalcitrants. Cette opération concerne tout spécialement les locataires dont le montant de la dette se situe entre 10 et 30 000 DA. Cependant, pour ceux endettés de plus de 40 000 DA, les services de l’Office proposent la résiliation pure et simple du contrat de location liant ces clients insolvables au promoteur public. Par ailleurs, de nombreux clients mauvais payeurs sont poursuivis en justice, selon notre informateur qui précise : “Chaque semaine près d’une vingtaine de dossiers de clients insolvables est porté devant la justice”. Signalons que, selon notre source, le montant des créances retenu par les clients de l’OPGI de Mila dépasse les 17 milliards. En effet, des centaines de locataires et d’occupants de biens immobiliers appartenant à l’OPGI continuent à se dérober à leurs engagements de locataires, ce qui cause d’indéniables préjudices financiers aux propriétaires des lieux, c’est-à-dire l’Office de promotion et de gestion immobilière.

KAMEL B.

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

L’Algérie profonde

19

ORAN

50 jeunes inventeurs au concours de robotique

Organisée par l’Association scientifique oranaise de la robotique et l'intelligence artificielle (Oria), cette édition a la particularité d’intégrer une troisième compétition dédiée aux robots solveurs de labyrinthes.

L a 4 e édition du concours de robotique a été lancée, dimanche, au Centre de loisirs scientifiques d’Oran (CLS), avec la par- ticipation de 50 jeunes

inventeurs venus des wilayas d’Oran, Alger, Blida, Constantine, Boumerdès, Mascara et Chlef, dans la perspecti- ve de promouvoir le domaine de la ro- botique en Algérie, tout en donnant l’opportunité aux jeunes passionnés de différents âges et niveaux sco- laires d’échanger leurs connaissances et expériences en la matière. Organisée par l’Association scienti- fique oranaise de la robotique et l'in- telligence artificielle (Oria), cette édi- tion a la particularité d’intégrer une troisième compétition dédiée aux robots solveurs de labyrinthes en plus de deux autres compétitions des robots suiveurs de lignes (course de vitesse entre des robots) et des mini- robots sumo (combat entre deux ro- bots), a souligné Redouane Ayad, président d’Oria et formateur. Ainsi, l’événement Orobot 2015 a retenu pour cette année un espace d’exposi- tion de projets libres où tout le mon- de peut présenter sa création ou ses prototypes de la robotique, l’élec- tronique, la mécanique ou l’infor- matique embarquée. Les responsables d’Oria encouragent toute personne désireuse de suivre une formation soutenue dans la robotique sur une période de 3 mois. “Notre but est d’en- cadrer le jeune pour réaliser son pro- totype en lui dispensant un soutien théorique et pratique par des forma- tions gratuites prodiguées par des en-

D.R.
D.R.

Ce concours permettra aux jeunes passionnés de robotique d’échanger leurs connaissances et expériences en la matière.

seignants et des étudiants universi- taires”, a indiqué notre interlocu- teur. Toutes les formations sont sanc- tionnées par un concours et aucune condition d’âge n’est exigée aux can- didats si ce n’est que les robots doi- vent être complètement autonomes, c'est-à-dire qu’ils se déplacent de manière automatique et sans télé- guidage. Dans ce cadre, plusieurs formations de création de robots au- tonomes ainsi que des ateliers d’élec- tronique ont été dispensés par l’as- sociation Oria au cours de l’année 2014 et début 2015 au profit des ly-

céens et étudiants de la wilaya d’Oran. Des cycles de formation sont égale- ment programmés par les respon- sables d’Oria à l’endroit des jeunes des classes de terminale pour leur per- mettre de bénéficier d’un encadre- ment dans le segment de la pro-

grammation des robots mobiles. Cet- te édition récompensera les 3 pre- miers lauréats qui recevront chacun un kit composé de matériel et com- posants de robotique.

K. REGUIEG-ISSAAD

Découverte d’un noyé à la plage de Mers El-Hadjadj

B. Ali, 19 ans, est mort noyé, vendredi dernier vers 15h30, à la plage de Mers El-Hadjadj. Le corps de la victime a été repêché par les plongeurs de la Protection civile d’Oran. Une enquête a été ouverte.

AYOUB A.

RELIZANE

Déficit en communication à Algérie-Télécom

I l semblerait que la communication ne soit pas le fort de la direction locale d’Algérie-Télécom, en dépit de son appellation. En effet, des abon-

nés ont pris attache avec notre rédaction afin de dé- noncer le manque flagrant de communication dont fait preuve cette entreprise envers ses usagers, no- tamment lors de l’opération de changement de la numérotation du téléphone fixe actuellement en

cours. “À croire que ce changement de numérota- tion se fait dans la clandestinité”, fulmine un

client courroucé. “Après avoir constaté, au bout d’une quinzaine de jours que ma connexion inter- net était coupée et que mon téléphone fixe ne son- nait plus, je me suis déplacé au service commercial, croyant avoir affaire à un simple dérangement pas- sager. Le préposé m’a ainsi avisé que mon numéro avait été modifié. Nul doute que si je n’avais pas fait le déplacement, personne ne m’aurait averti de ce changement. Et croyez-moi, il y avait sur place des dizaines d’utilisateurs à avoir vécu la même mésa-

venture que moi”, conclut notre interlocuteur. Un autre usager, employé dans une direction ex- centrée de la wilaya de Relizane révèle que le chan- gement de numérotation du standard de la wilaya n’a pas non plus été communiqué aux autres ser- vices publics et encore moins aux citoyens. S’agis- sant d’un secteur aussi stratégique que l’exécutif wi- layal, que dire alors du citoyen lambda ?

M. SEGHIER

MOSTAGANEM

Les créances pèsent sur l’Algérienne des eaux

A u 31 décembre dernier, les créances, estimées à 130 mil- liards de centimes, commen-

cent à porter préjudice à l’équilibre fi- nancier de l’entreprise, a-t-on appris auprès de la direction de l’unité locale de l’Algérienne des eaux. Au registre de la clientèle redevable figurent les ménages avec la plus grosse facture, les collectivités locales avec une note qui frôle les 50 milliards, les diffé- rentes administrations et le secteur de la santé publique avec 21 milliards. Si la plupart des institutions et orga- nismes publics fonctionnant sur le budget de l’Etat n’indisposent pas

outre mesure l’entreprise par le différé du règlement de leurs dettes, il n’en demeure pas moins que de nom- breuses factures d’eau ne sont pas ho- norées à temps malgré les campagnes vaines de sensibilisation invitant par- ticuliers, administrations publiques et entreprises à s’en acquitter, surtout quand il s’agit de sommes devenues très importantes par le cumul. Au ter- me du 1 er trimestre de l’exercice cou- rant, les fuites relevées au niveau des réseaux de distribution de l’AEP, en majorité signalées sur les an- ciennes conduites réalisées en PVBD, ont atteint quelque 700 cas, soit un lé-

ger mieux par rapport aux années précédentes, surtout suite au passa- ge à la desserte en H/24, dont les sta- tistiques faisaient état de plus de dix mille fuites réparées. Au sujet de ces fuites qui semblent “indomptables”, et en vue d’une meilleure efficacité, l’ADE mise sur le renouvellement des conduites, notamment celle installées en PEHD. A cet effet, une étude est en cours, aux fins de réhabiliter le réseau d’eau potable du chef-lieu de wi- laya. La réhabilitation des réseaux de la Salamandre et du 5-Juillet, réalisée avec un nouveau matériau, a pleine- ment donné satisfaction, les fuites en-

registrées ayant été réduites au seuil tolérable. Avec une dotation moyen- ne régulière de quelque 160 litres/jour et par habitant, l’alimentation en eau potable s’est nettement améliorée et on ne semble plus se plaindre de cette préoccupation particulière à Mostaganem. Les 32 communes que compte la wilaya sont pratiquement desservies per le réseau de distribu- tion de l’ADE, alimenté par le com- plexe hydraulique MAO, la station de dessalement de Sonaghter, et le bar- rage d’Oued Kramis.

M. OULD TATA

de Sonaghter, et le bar- rage d’Oued Kramis. M. OULD TATA BRÈVES de l’Ouest ACCIDENTS DE

BRÈVES de l’Ouest

ACCIDENTS DE LA ROUTE À AÏN TÉMOUCHENT

Un mort et 10 blessés en deux jours…

Les services de la Protection civile

ont enregistré huit accidents de la circulation, jeudi et vendredi derniers, faisant un mort et 10 blessés. L’accident le plus grave s’est produit dans l’après-midi de vendredi sur le CW26 reliant les localités d’El-Malah et Terga où trois véhicules se sont télescopés à la suite du dérapage et du renversement d’une Peugeot 207 dont le conducteur âgé de 25 ans a trouvé la mort sur le coup alors que trois autres passagers ont été blessés. Les autres accidents ont eu lieu à l’intérieur des zones urbaines. A Hammam Bou Hadjar avec le dérapage et le renversement d‘un véhicule léger, sur la RN2 reliant Aïn Témouchent à Oran, sur le boulevard de la Révolution du chef-lieu de wilaya avec la collision entre un véhicule et une moto. Un autre accident s’est produit le vendredi sur la RN2 près de Chabat El-Leham lorsqu’un véhicule a percuté un arbre et le conducteur a été grièvement blessé au nez et à la jambe. La série de ces accidents a été ponctuée par le dérapage et le renversement d’un camion de petit tonnage sur la RN108 dans la commune de Aïn El-Arba et le conducteur gravement blessé à la tête.

M. LARADJ

…Séisme d’une magnitude de 3,5 degrés

La région de Aïn Témouchent a été

secouée dans la nuit de samedi à dimanche derniers, plus exactement vers 0h55 par une secousse tellurique d'une magnitude de 3,5 degrés sur l'échelle ouverte de Richter. Selon le site du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag) l’épicentre a été localisée en pleine mer à 34 km au nord-ouest de Bouzedjar alors qu’aucune victime ni dégât matériel n’ont été déplorés.

M. L.

TIARET

30 278 bénéficiaires de l’AFS en 2014

Selon un rapport remis à l’APW, lors

de sa dernière session ordinaire, la Direction de l’action sociale (DAS) a annoncé que 30 278 personnes, dont 18 482 femmes, ont bénéficié de l'allocation forfaitaire de solidarité (AFS) en 2014. La commune de Tiaret s’est taillée la part du lion avec 6 790 bénéficiaires suivie de celles de Ksar Chellala (2147), Frenda (1895), Sougueur (1452), Mahdia (1100)… La même structure a souligné que durant la même période, le dispositif d’aide à l’insertion sociale (DAIS) a enrôlé 13 631 bénéficiaires dont 11 590 âgés entre 18 et 35 ans alors que 3 828 jeunes ont été enregistrés dans le cadre du programme d’insertion professionnelle (PID), dont 78 ont été permanisés. S’agissant du programme Blanche Algérie, 400 projets, porteurs de 3 000 postes de travail, ont été inscrits contre 197 projets pour 1 552 postes en 2013. Quant à l’allocation d’aide aux personnes handicapées, une indemnité de 4 000 DA/mois allouée aux handicapés invalides à 100%, âgés de 18 ans et plus et ne disposant d’aucun revenu, elle a concerné 8 329 personnes, dont 3 191

handicapés physiques, 4803 handicapés mentaux et 335 autres. Quant aux handicapés invalides à moins de 100%, ils sont 4 630 à bénéficier de l’AFS. Dans le même rapport, la DAS a également évoqué les 20 millions de DA dans le cadre du mois de Ramadhan, l’aide scolaire avec 22,5 millions de DA et plus de deux millions pour les vacances au profit des enfants nécessiteux.

R. SALEM

20

Des

Gens

& des Faits

Lundi 13 avril 2015

LIBERTE

Vous écrivez des histoires et aimeriez les faire publier. Envoyez-les nous à l’adresse suivante : libertehistoires@gmail.com. Si après sélection, elles retiennent l’attention de la rédaction, elles seront publiées.

CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE

Récit de Adila Katia

L’inaccessible

44 e partie

Cinquieme chapitre : Malgré elle…

Résumé : Ils arrivent dans l’après-midi à Rouiba. Hayet est là et les guide dans le quartier. Le studio est parfait. Maria le nettoie et bouge les meubles, l’arrangeant à son goût. En fin de journée, le vieux couple monte les voir…

Maria a l’impression de rêver. Le vieux couple, hadj Zoubir et sa femme Fati- ma, sont ouverts. Elle les trouve d’em- blée sympathiques. Tout en voulant en savoir plus sur elle, les questions de la bonne femme ne l’indisposent pas. -Benti, on te demande une chose ! Il faut que tu nous comprennes ! Hayet a toujours ramené des filles tran- quilles, sans problème. Des tra- vailleuses qui ont toutes quitté le stu- dio pour aller fonder une famille ! Maintenant ce studio est le tien ! Tu peux mener ta vie comme bon te semble mais ta conduite doit être ir- réprochable ! -Oui, je comprends, dit Maria. Hayet ne m’a pas laissé de contrat, de bail… Hadj Zoubir délaisse l’enfant pour s’approcher d’elles. -On a un contrat moral ! Au moindre problème, on te met à la porte ! Sache que ce n’est jamais arrivé ! On est un petit quartier, tout se sait ! Alors cela ne nous gêne pas que tu élèves ton en- fant ! Ce qui compte, c’est l’honneur ! -Oui, ne vous inquiétez pas ! Person- ne ne nous montrera du doigt, promet

Maria. Y a-t-il une crèche dans le quartier ? -Oui, tout près de l’école, répond Fa- tima. Si tu veux, on sortira ensemble ! Je te montrerais le quartier ! -C’est gentil… Si j’ai besoin d’aide, je viendrais vous voir ! -On a tout ce qu’il faut dans le quartier ! Le dernier étage et le local, nous les avons loués à une famille qui en a pro- fité pour ouvrir une supérette, lui ap- prend la vieille. Leurs enfants la tien- nent et se chargent des commissions des voisins ! Si tu as besoin de quoi que ce soit, je peux t’envoyer leur petit ! Tu n’as qu’à préparer une liste ! -C’est gentil ! Il va me rendre service ! Envoie-le moi ! Maria les remercie et promet de les in- viter à prendre un thé la prochaine fois. -Benti, ma fille, ce n’est rien ! On aura d’autres occasions ! Au fait, l’ancienne locataire a réglé la facture de télépho- ne ! Si tu n’en as pas besoin, el-hadj pourra couper la ligne ! -Oh non ! C’est toujours bien d’avoir un téléphone sous la main, en cas d’ur- gence, dit Maria en les raccompa-

gnant jusqu’à la porte. Merci pour la vi- site ! Je suis soulagée et rassurée de sa- voir que vous êtes des gens bien ! Hadj Zoubir est passé devant. Fatima lui rappelle que si elle a besoin de n’im- porte quoi, elle sera là, pour eux. Ma- ria referme doucement la porte et s’y adosse un moment. Les propriétaires lui paraissent bien mais elle pense que ce serait mieux de ne pas les avoir derrière le dos matin et soir. Elle veut préserver l’intimé de son foyer. À for- ce de discuter avec eux, elle sera for- cée de mentir. Leur dire la vérité est hors de question, mais elle n’a pas le cœur à mentir. -Mamaaaa ! -Tu dois avoir faim mon ange… At- tends ! Deux petits coups discrets leur font tourner la tête. Elle va ouvrir et tom- be sur un garçon de dix-onze ans. -Vous avez besoin de quelque chose ? -Oui, entre ! Comment t’appelles-tu ? lui demande-t-elle. -Massi… il est beau, dit-il en regardant Salem qui le regardait avec de grands yeux. Il s’approche de lui et ils restent un moment à se regarder. Maria a sor- ti du papier et un stylo de son sac. Elle lui écrit rapidement une liste d’aliments de première nécessité et la lui remet. Elle lui donne de l’argent. L’enfant em- brasse Salem et file lui faire ses com- missions.

Dessin/Mokrane Rahim
Dessin/Mokrane Rahim

-Allah n’abandonne jamais ses faibles créatures, dit-elle à Salem. Apparem- ment, il a mis des gens bien sur notre chemin ! Croisons les doigts pour que ça dure ! Maria appelle Dalila pour lui ap- prendre qu’ils sont bien arrivés et qu’ils se sont installés. Elle promet de passer la voir quand elle aura le temps. La première chose qu’elle fera demain, c’est chercher du travail. Lorsque Mas-

si revient avec les sacs, elle lui dit de garder la monnaie et de lui acheter des journaux le matin. Avec ses diplômes et son expérience, elle devrait vite se trouver du travail. Elle ne peut pas res- ter les bras croisés. Ce soir-là, elle ne parviendra pas à dor- mir, même si son cauchemar était à des centaines de kilomètres de là…

(À SUIVRE)

A. K.

adilaliberte@yahoo.fr VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS.

VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS. Dessin/Amouri Résumé : Mordjana entame des formations,
VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS. Dessin/Amouri Résumé : Mordjana entame des formations,
Dessin/Amouri
Dessin/Amouri

Résumé : Mordjana entame des formations, décroche ses diplômes et déniche même un boulot. Désormais, elle pouvait faire des folies et se permettre tout ce dont elle avait envie. Mais son bonheur demeurait incomplet. Elle voulait donner un enfant à Samir…Hélas, après plus de deux années de mariage, elle n’arrivait pas à tomber enceinte.

50 e partie

Récit de Yasmina Hanane

Mordjana

Samir ne lui avait jamais fait part de ses intentions d’être père dans l’immédiat. On dirait que le sujet ne l’intéressait pas. À chaque fois qu’elle tentait d’en- tamer le sujet avec lui, il rétorquait qu’ils étaient encore jeunes, qu’ils avaient encore tout l’avenir devant eux… Les enfants viendront toujours assez tôt. Pourtant Hasna lui lançait de temps à autre des sous-entendus. Elle ira même jusqu'à lui affirmer qu’une femme qui n’avait pas encore bercé un enfant dans ses bras ne pouvait se sentir femme à part entière. Seule la mater- nité lui permettrait de s’affirmer. Ces remarques lui faisaient atrocement mal. Même loin des remarques acerbes de sa belle-mère, la jeune femme sa- vait que c’était là une réalité irréfutable. Elle rêvait d’enfanter et de fonder une famille. La poisse semblait lui coller à la peau… Un jour, elle confia ses angoisses à Ma- lika. Elle aimait tant Samir et n’aime- rait pas le décevoir… Sa belle-sœur lui conseillera alors de consulter un gy- nécologue… Peut-être que ses craintes n’étaient pas fondées… Peut-être que c’était juste un facteur psychique qui l’empêchait de tomber enceinte ? À for- ce de vouloir un enfant, on peut par- fois provoquer un blocage. Prenant au sérieux les suppositions de sa belle-sœur et suivant son conseil, Mordjana se rendit chez une gynéco- logue. Après plusieurs tests et analyses, cet- te dernière la rassure : elle pouvait avoir un enfant sans trop de soucis… Elle était en parfaite santé et il n’y avait

pas lieu de s’inquiéter. Parfois, la na- ture fait des caprices… Un jour, elle se réveillera avec les premiers symp- tômes d’une grossesse. Combien de temps devra-t-elle at- tendre encore ? Le médecin avait ouvert ses mains dans un geste impuissant : peut-être pas trop longtemps…. Peut-être… Mordjana met les mains sur ses oreilles, car le mot commençait à ré- sonner d’une manière désagréable. Tout son être frémissait à la perspec- tive d’avoir un bébé… Mais avec des “Peut-être”. Cela ne pouvait être ra- tionnel… Elle repense à sa mère qui enfantait tous les neuf mois. Comment s’arran- geait-elle donc pour avoir un bébé der- rière l’autre sans jamais tomber “en panne” ? Elle secoue la tête… Non ! Elle n’ai- merait pas devenir une lapine comme sa maternelle…Maintenant qu’elle avait des diplômes en poche et un em- ploi, elle comprenait plus les préoc- cupations des jeunes mamans… En particulier les actives. Il faut savoir pla- nifier et organiser son temps afin de subvenir aux besoins des enfants et ré- pondre aux attentes de la famille. Fatiguée et stressée par ses angoisses et par la crainte de se découvrir sté- rile à long terme, elle propose à Samir un petit voyage au Sud. Voici plus de deux années qu’ils sont mariés main- tenant et elle n’avait pas revu sa famille. Samir se montre très compréhensif. Il lui proposera même de prendre l’avion pour éviter les désagréments de la route.

-Je ne vais pas partir seule…, s’excla- me-t-elle. Tu vas m’accompagner, Sa- mir. -Moi ? Mais que vais-je faire chez tes parents ? Ta famille ne me connaît pas encore assez… -Eh bien, ce serait justement l’occasion de faire plus ample connaissance. Il est grand temps pour toi de découvrir l’univers où j’ai grandi… Il fait une petite grimace, puis hausse les épaules :

-Tu veux réellement que je t’accom- pagne ? -Bien sûr… Nous sommes mariés, Samir, et tu ne connais presque rien de ta belle-famille. Il se met à réfléchir avant de deman- der :

-Combien de temps va-t-on devoir res- ter chez tes parents ? -Oh ! pas longtemps… Nous avons tous les deux nos activités… Je te proposerais un week-end… -C’est tout ? Nous allons faire un aus- si long voyage pour deux journées ? Elle rit :

-Il y a quelques minutes, tu refusais de m’accompagner, et maintenant tu trouves que le séjour est trop court. -Je voulais juste te dire qu’un si long voyage n’en valait pas la peine si on ne doit passer qu’un week-end. -Eh bien, ça sera le cas. Je vais prépa- rer nos bagages… Nous pourrions partir vers la fin de semaine. Tu seras gentil de t’occuper des billets d’avion.

(À SUIVRE)

Y. H.

y_hananedz@yahoo.fr VOS RÉACTIONS ET VOS TÉMOIGNAGES SONT LES BIENVENUS.

LIBERTE

Lundi 13 avril 2015

Jeux

21

Sudoku N° 1939 : PAR FOUAD K. Comment jouer ? Mots croisés N°5351 : PAR
Sudoku
N° 1939 : PAR FOUAD K.
Comment jouer ?
Mots croisés
N°5351 : PAR FOUAD K.
L’HOROSCOPE
Le sudoku est une grille
de 9 cases sur 9, divisée
de Mehdi
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
1
2
3
6
BÉLIER
elle-même en 9 blocs de 3
cases sur 3. Le but du jeu
I
(21 mars - 20 avril)
AUJOURD’HUI
6
4
1
8
5
7
2
est de la remplir
entièrement avec des
chiffres allant de 1 à 9
de manière que :
II
III
IV
4
2
7
5
Vous vous sentirez capable de
déployer une activité débordante.
Les affaires que vous allez pouvoir
réaliser vont attirer des curieux.
Ne vous laissez pas dépasser par
des concurrents peu scrupuleux.
chaque ligne contienne
tous les chiffres
de 1 à 9 ;
-
V
TAUREAU
9
8
3
VI
(21 avril - 21 mai)
-
chaque colonne
6
1
8
contienne tous les
chiffres de 1 à 9 ;
VII
VIII
9
8
5
2
-
chaque bloc de 3X3
contienne tous les
chiffres de 1 à 9.
IX
Une opportunité de dernière heure
dans les affaires pourrait se décider
brusquement. Vous pourrez enfin
prendre une part du gâteau
correspondant à vos aspirations. Faites
un pas en avant si vous voulez vraiment
qu'on vous repère.
1
8
X
GÉMEAUX
HORIZONTALEMENT -
I
-
Fabricant de jeux d’échecs.
II -
2
9
7
Cette grille est de niveau
moyen : elle contient
déjà 30 chiffres.
(22 mai - 21 juin)
Protège la couronne - Bonne conseillère. III - Étendue d’eau -
Introduit dans l’estomac. IV - Espace vert. V - Poursuivie - Mot
d’enfant. VI - À la mode - Dans un parler très populaire. VII - Qui
dure le temps d’une révolution - Possessif. VIII - Patriarche -
Fleuve d’Irlande. IX - Titane - Garantir. X - Grosse mouche.
Solution Sudoku n° 1938
Proverbes
Belle réussite en perspective si vous
gardez votre flegme. Il n'y a là rien
d'héroîque, je vous l'accorde, mais
votre performance ne passera pas
inaperçue. Faites néanmoins preuve de
prudence, on pourrait vous jalouser. La
forme est moyenne.
français
7
2
3
1
6
4
8
5
9
VERTICALEMENT - 1- Sobre. 2 - Douloureux - Sombre. 3 -
Raconte des boniments. 4 - Mesure les routes de Chine - Victoire
impériale - Bat le roi. 5 - Choisir librement - Poids à jeter. 6 -
CANCER
Nickel - Fit couler. 7 - Innocent - Sans effets. 8 - Grugée - Pourri.
9 - S’esclaffer - Mère des Titans. 10 - Heureuse élue - Prendra une
(22 juin- 22 juillet)
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couleur gaie.
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Ce qui est bon à
prendre est bon à
rendre.
Solution mots croisés n° 5350
Il est inutile de ruminer les récents
événements malheureux. Le passé est
le passé. Vous allez rencontrer de
nouvelles occasions. Vous risquez de
les manquer encore si vous continuez
à
ressasser vos vieux souvenirs.
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Ce qui vient du
diable retourne au
diable.
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LION
(23 juillet - 22 août)
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Saisissez l'étonnante opportunité qui
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va se présenter. Vous saurez en profiter
III
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à
condition de garder cela pour vous.
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Ce sont deux cha-
pons de rente, l'un
gras et l'autre
maigre.
IV
Votre désintéressement et votre
dénouement vous desserviraient.
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S
C
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T
G
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A
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Faites preuve de discrétion, vous
n'aurez qu'à vous en louer.
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