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École de technologie supérieure

Mat 165 : Algèbre linéaire et analyse vectorielle Résumé pour la deuxième moitié de la session

Michel Beaudin 17 avril 2014

Intégrales doubles

1.1 Notations et contexte Si D est un domaine borné du plan xy et si f = f(x, y) est un champ scalaire continu sur un ensemble ouvert contenant D, alors l’intégrale double de f sur D est souvent dénotée par

,

∫∫

f

(

x

y

)

dA .

D

L’interprétation dépend du contexte. En particulier, si la fonction z = f(x, y) est positive sur D et décrit une surface S, la valeur de l’intégrale double peut être assimilée au volume du solide situé au-dessus de D et sous la surface S. Ici, « dA » représente un élément d’aire : on écrira dx dy ou dy dx une fois l’ordre d’intégration choisi.

1.2 Définitions L’aire de D est tout simplement calculée par

∫∫

D

1

dA

.

Si D représente une plaque

mince avec, au point (x, y) une fonction de densité δ(x, y) (masse par unité d’aire), alors les

coordonnées ( x, y ) 1 x = ∫∫ x δ ( x , M
coordonnées (
x, y
)
1
x
=
∫∫
x
δ
(
x
,
M
D

du centre de masse de D sont données par

y

)

dA

,

1 y = M
1
y
=
M

∫∫

D

y

δ

(

x

,

y

)

dA

avec

M

=

∫∫

D

δ

(

x

,

y

)

dA

(la masse totale).

1.3 Calculs d’une intégrale double par intégrales itérées Lorsqu’on utilise les coordonnées

rectangulaires (cartésiennes), la région D est soit décrite par un rectangle, une région de type I ou une région de type II.

Pour un rectangle R = {(x, y) : a x b, c y d}, les 2 ordres d’intégration sont utilisables :

∫∫

R

f

(

x

,

Pour une région de type I, i.e. fait par rapport à x :

Pour une région de type II, i.e.

fait par rapport à y :

y

)

dA =

b

d

∫ ∫

a

c

f

(

x

,

y

)

dy dx =

d

b

∫ ∫

c

a

f

(

x

,

y

D =

{

(x, y) : a x b, g (x) y g

1

)

2

dx dy

.

(x)

}

, la dernière intégrale se

∫∫

R

f

(

D =

x

,

y

)

dA =

b

a

g

2

(

x

)

g

1

(

x

)

f

(

x

,

y

)

dy dx

.

{

(x, y) :c y d,h (y) x h (y)

1

2

}

, la dernière intégrale se

∫∫

R

f

(

x

,

y

)

dA =

d

c

h

2

(

y

)

h

1

(

y

)

f

(

x

,

y

)

dx dy

.

1.4 Calculs d’une intégrale double à l’aide des coordonnées polaires

variables (coordonnées polaires)

x

y

=

=

r cos

r sin

θ

θ

 

r

2

=

x

2

+

y

2

,

tan

θ

=

y

x

 

transforme une intégrale double comme suit :

∫∫

D

f

(

x

,

y

)

dA =

∫∫

D

*

f

(

r

cos

θ r

,

sin

θ r dr dθ

)

D* est l’image de D dans le plan des rθ.

Le changement de

1.5 Exemple Soit

I =

∫∫

D

(

2

x

y

2

+

1

)

dA

D =

{

(x, y) : x

2

+ y

2

6x, y 0

}

.

On peut montrer que

I =

1773

π

16

348.13.

≥ 0 } . On peut montrer que I = 1773 π 16 ≈ 348.13. En

En effet, on a

I =

∫∫

D

(

2

x

y

2

+

1 )

En coordonnées polaires, on a

Intégrales triples

dA

=

TypeI

6

0

2 6 x − x
2
6
x
x

0

I

∫∫

(

x

= +

2

y

2

D

1

)

(

2

x

dA

y

=

2

+

π

0

2

1

)

dy dx

=

TypeII

6cos

0

θ

(

r

4

cos

3

0

3

+

2 9 − y
2
9
− y

2

2 3 − 9 − y 2 θ sin θ +
2
3
9
− y
2
θ
sin
θ +

(

x

1

)

2

y

2

+

r dr d

1

)

θ

.

dx dy

.

2.1 Notations, contexte et définitions Si E est un solide borné de l’espace xyz et si f = f(x, y, z) est un champ scalaire continue sur un ensemble ouvert contenant E, alors l’intégrale triple de f sur E est souvent dénotée par

Si

∫∫∫

E

f

(

x

,

f 1, alors cela donnera le volume de E :

y

,

z

)

dV .

volume de E =

∫∫∫

E

1

dV

.

Lorsqu’on décide d’un

ordre d’intégration, alors on peut remplacer dV par dx dy dz par exemple. Ainsi, si E peut être décrit par un ensemble du type

E =

{

(x, y, z) : (x, y)D, g (x, y) z g

1

2

(x, y)

}

,

alors le volume de E se calcule par

∫∫∫

E

1

dV =

g

2

(

x y

,

)

∫∫ ∫

D

g

1

(

x y

,

)

dz dA =

∫∫

D

(

g

2

(

x

,

y

)

g

1

(

x

,

y

)

)

dA .

Et comme l’intégrale double qui reste à calculer peut se faire par intégrales itérées, on en conclut qu’une intégrale triple se calcule aussi par intégrales itérées. D’autres ordres d’intégration sont possibles, selon la géométrie du solide E.

Si, sur le solide E, une fonction (positive) de densité (masse par unité de volume) δ(x, y, z) est définie, alors la masse totale M de E et les coordonnées du centre de masse de E sont obtenues par

M

= ∫∫∫

E

δ

(

x

,

y

,

z

)

dV

,

1 α =
1
α =

M

∫∫∫

E

α δ

(

x

,

y

,

z

)

dV

[

α =

x

ou

y

ou

z

]

.

2.2 Coordonnées cylindriques Le système de coordonnées cylindriques est défini par

x

y

z

= r cos

= sin

= z

r

θ

θ

 

r

2

=

2

x

+

y

2

, tan

θ

=

y

x

 

.

On montre alors qu’une intégrale triple est transformée comme suit:

∫∫∫

E

f

(

x

,

y

,

z

)

dV

=

∫∫∫

E

f

(

r

cos

θ r

,

sin

θ z r dr dθ dz

,

)

E* est l’image de E sous cette transformation.

2.2.1 Exemple Trouvons le volume du solide borné en bas par le paraboloïde

haut par le plan z = 10 + y et latéralement par le cylindre

2

x

+ y

2

= 4.

z

= 4x

2

+ 4 y

2

, en

par le cylindre 2 x + y 2 = 4. z = 4 x 2 +

Alors ce volume vaut

∫∫∫

E

1

dV

=

2

π

2

∫ ∫

0

0

10

+

r

sin

4

r

2

θ

r dz dr d

θ

=

8

π

25.13.

2.3 Coordonnées sphériques Le système de coordonnées sphériques est défini par

x =

=

y

z

=

ρ

ρ

ρ

cos

sin

cos

θ

θ

ϕ

sin

sin

ϕ

ϕ

(

ρ

2

=

2

x

+

y

2

+

z

2

)

.

On montre alors qu’une intégrale triple est transformée comme suit:

∫∫∫

E

f

(

x

,

y

,

z

)

dV

=

∫∫∫

E

f ρ

(

cos

θ

sin

ϕ ρ

,

sin

θ

sin

ϕ ρ

,

cos

)

ϕ ρ

2

sin

ϕ d ρ dϕ dθ

.

E* est l’image de E sous cette transformation.

et

supérieurement par la sphère ρ = 10cosϕ , sachant que la densité en un point (x, y, z) est donnée

par la fonction

2.3.1 Exemple Trouvons la masse totale du solide délimité inférieurement par le cône

π

6

ϕ =

δ (x, y, z) = x

2

+ y

2

+ z

2

.

cône π 6 ϕ = δ ( x , y , z ) = x 2

Remarquez que l’équation de la sphère est donnée en utilisant les coordonnées sphériques (de même que celle du cône) pour la simple et bonne raison que ce système de coordonnées est tout à fait approprié pour cet exemple : on a

M

= ∫∫∫

E

δ

(

x

,

y

,

z

)

dV

=

2

π π

6 10cos

0

0

0

ϕ

ρ

2

ρ

2

sin

ϕ

d

ρ

d

ϕ

d

θ =

23125

π

6

12108.2.

On peut reprendre le calcul en coordonnées cylindriques genre de choses qu’on se permet

lorsqu’on dispose d’un calculateur symbolique : l’équation du cône devient z =

3 r et celle de

la sphère devient

= 10z (donc sphère centrée en (0, 0, 5) et de rayon 5). À l’intersection

centrée en (0, 0, 5) et de rayon 5). À l’intersection 2 r + z 2

2

r + z

2

des 2 surfaces, le cercle a un rayon de

r =

5 3
5
3

2

(ce cercle est donc situé dans le plan z = 15/2,

dans l’hémisphère nord : par conséquent, en résolvant pour z dans l’équation prendra le signe “+” devant le radical):

r

2

+ z

2

= 10z , on

M

=

∫∫∫

E

δ

(

x

,

y

,

z

)

dV

=

2 2 π 5 3 2 5 + 25 − r ∫ ∫ ∫ 0
2
2
π 5
3 2
5
+
25
− r
0
0
r
3

(

r

2

+

z

2

)

r dz dr d

θ

=

23125

π

.

6

2.4 Changement de variables quelconques Nous en parlerons plus loin, une fois les matrices et déterminants présentés. De tels changements sont appropriés dans des « exemples arrangés » comme le suivant.

Exemple 2.4.1 Le lecteur intéressé pourra trouver l’aire de la région du premier quadrant englobée par les droites y = 3x, y = x/3 et les hyperboles xy = 1, xy = 8. Cette région doit être

découpée puisqu’elle n’est pas, en bloc, ni de type I ni de type II. Mais un changement de variables comme u = xy, v = y/x, peut la transformer en un « beau » rectangle dans le plan des uv.

Intégrales curvilignes, potentiel, théorème de Green

3.1

résumé, nous aurons toujours n = m et les valeurs de n = m seront toujours 2 ou 3.

Définition

Soit F un champ vectoriel, donc une fonction de

n

dans

Pour le présent

Soit C une

On appelle intégrale

d

le nombre suivant

m

.

courbe orientée,

curviligne de F le long de C ou encore intégrale de ligne et on note

paramétrée par la fonction

r :[

,

a b

]

n , t

r( )

t

.

C

F

r

(ceci vient généraliser la notion de travail d’un champ de forces constant F le long du segment

qui est défini par W = F PQ

PQ

) :

C

F

d

r

b

a

(

F r

( ))

t

d

r

dt

dt

On peut montrer que la valeur de cette intégrale ne dépend du choix des équations paramétriques (à condition qu’elles soient bonnes!). Mais elle dépend en général du chemin C comme va le montrer l’exemple en 3.3.1. Notez l’abus de notation : il est clair, lorsqu’on écrit F(r(t)), que cette composition est permise en écrivant r comme un triplet et non un vecteur…

3.2 Exemple de courbes paramétrées

(2 points quelconques du même espace) peut toujours être paramétré par

Un segment de droite, allant d’un point A à un point B

r(t) = A + t (B A), 0 t 1.

On a ici utilisé l’abus de notation A = OA .

3.3 Autre notation pour l’intégrale curviligne. En 2D, on écrit souvent F(x, y) = [P, Q] où P et Q

sont 2 champs scalaires des variables x et y, Alors, puisque dr = [dx, dy], on effectue le produit

scalaire et obtient

C

F

d

r

=

C

P dx + Q dy

.

En 3D, on écrit souvent F(x, y, z) = [P, Q, R] où P, Q et R sont 3 champs scalaires des variables x, y et z. Alors

C

F

d

r

=

C

P dx + Q dy + R dz

.

3.3.1

Exemple

Calculons

I =

C

(

2

x

+ xy

)

dx +

(

e

x

4

y

)

dy

C est la portion de la parabole

y = x

2 allant du point (0, 0) au point (2, 4).

Si l’on pose

r(t)

=

 

t, t

2

 

, 0

t

2

afin de paramétrer le parcours, on a alors

I

=

2

0

 

t

3

+

t

2

,

e

t

Si l’on utilise le fait que toutefois!) :

I =

2

0

(

2

x

+ x x

2

4

t

2

 

[

1, 2

t

]

dt

=

y = x

2

, alors

dy

2

0

(

=

2

te

t

7

2x dx

)

dx +

(

e

x

4

2

x

)

2

x dx =

2

0

(

2

t

3

+

t

2

)

dt

=

2

e

2

70

3

≈ −

8.56.

et on obtient la même

xe

x

7

x

3

+ x

2

)

dx =

2

e

2

intégrale (en x

70

.

3

Si l’on utilise le fait que x =

x 70 . 3 Si l’on utilise le fait que x = y (car on reste

y (car on reste dans le premier quadrant), alors

I =

4 dy ( y + y y ) ∫ 2 y 0
4
dy
(
y
+
y y
)
2
y
0

+

( e

y
y

4 y

) dy

=

dydy ( y + y y ) ∫ 2 y 0 + ( e y −

=

2

dy dx = 2 y 2 70 e − .
dy
dx =
2
y
2 70
e
.

3

et on a

La calculatrice vient confirmer le résultat : nous utilisons ici la fonction « int_curv » du Kit_ETS_MB qui donne instantanément la réponse (en classe, nous montrerons comment une telle fonction se programme) :

nous montrerons comment une telle fonction se programme) : 3.3.2 Exemple Calculons J = ∫ C

3.3.2

Exemple

Calculons

J =

C

(

2

x

Figure 1

+ xy

)

dx +

(

e

x

4

y

)

dy

C est le segment de droite allant

de (0, 0) à (2, 4). On peut paramétrer ce segment par r(t) = [2t, 4t], 0 t 1 et on trouverait

J = 2e 26 ≈ −11.22. On voit qu’en général, la valeur d’une intégrale

curviligne dépend du parcours. Il serait donc intéressant de trouver des champs vectoriels pour lesquels l’intégrale curviligne ne dépend pas du parcours mais seulement des points de départ et d’arrivée du parcours. Remarquons qu’en vertu de la règle de dérivation des fonctions

composées, nous savons que, pour un champ scalaire φ, on a,

facilement la valeur

2

C

φ

b

d t

r

(

r

( ))

φ

a

d

r

dt

dt

=

b

a

d

dt

φ

(

r

( ))

t

dt

=

φ

(

r

( ))

t

b

a

=

(r

φ

(

b

))

φ

(

r

(

a

))

=

φ

(

B

)

φ

(

A

).

allant du point A au point B et on a

encore utilisé l’abus de notation : r(a) = A, r(b) = B. Donc, les intégrales curvilignes des champs de gradient sont indépendantes du parcours. Cela amène la définition suivante.

Ici C est un chemin paramétré par

r :[

a b

,

]

n

,

t

r( ),

t

3.4 Définition Soit F un champ vectoriel continu sur un ensemble ouvert U. On dit que F est conservatif s’il existe un champ scalaire φ tel que φ = F. On appelle φ un potentiel de F.

3.4.1 Condition nécessaire pour avoir un potentiel

considérer seront de classe

est conservatif, on a φ = F. En 2D, en posant F = [P, Q], cela signifie que

En pratique, les champs F qu’on va

P

y

=

Q

x

.

C , i.e. auront des dérivées partielles premières continues. Alors, si F

En effet,

1

par le théorème de Clairault, les dérivées mixtes de φ sont égales car φ est alors de classe

C

2

:

 

ϕ

x

ϕ

  y

= P

= Q

P

2

ϕ

2

ϕ

Q

=

=

=

y

y

x

x

∂ ∂

y

x

.

Un calcul similaire, en 3D, nous dit qu’une condition nécessaire pour que F = [P, Q, R ] soit conservatif est que

P

=

Q

et

P

=

R

y

x

z

x

et

Q

z

=

R

y

.

3.4.2 Remarques et définitions La dernière condition n’est pas suffisante en général : nous

verrons cela un peu plus loin mais on peut montrer que si F est défini sur un espace possédant une certaine propriété, alors la condition précédente est nécessaire et suffisante. Parlons quelque

peu de ces espaces. Un sous-ensemble U de

de U peuvent toujours être reliés par une courbe C qui reste dans U. Si cette courbe peut être choisie comme étant un segment de droite, on dit que U est convexe. Si toute courbe fermée simple (qui ne se recoupe pas) de U peut se déformer de façon continue pour devenir un point et

,

n est dit connexe par arcs si 2 points quelconques

sans sortir de U, alors on dit que U est simplement connexe par arcs. Évidemment, si U = alors toute ces définitions sont satisfaites.

n

3.4.3 Définition et notation

« curl ») d’un champ vectoriel F = [P, Q, R ] par

Souvent, en physique, on définit le rotationnel (en anglais,

rot

F =

R

y

Q

z

,

P

z

R

x

,

Q

x

P

y

.

Mais alors, si F est défini sur tout l’espace, une condition nécessaire et suffisante pour qu’il soit conservatif est que rot F = 0. Notez aussi qu’en posant le vecteur symbolique « nabla »

=  

x

,

y

,

   , on peut écrire que rot F = × F.

z

3.4.4

potentiel.

Exemple

Vérifions si le champ vectoriel F suivant est conservatif et, si oui, trouvons un

F

(

x

,

y

,

z

)

=

(

y

cos(

xy

)

+

2

z

2

)

i +

(

x

cos(

xy

)

+

3

y

2

)

j+

(

4

xz

+

2

e

2 z

)

k

.

Puisque le domaine de F est tout l’espace et puisque rot F = 0 comme un calcul direct le montre, nous allons trouver (à constante près) un champ scalaire φ dont le gradient vaut F. Nous devons résoudre le système (de 3 équations aux dérivées partielles) suivant :


ϕ

x

ϕ

y

z

ϕ

=

=

=

y

x

4

cos(

cos(

xz

+

xy

xy

2

e

)

)

+

+

2 z

2

3

z

y

2

2

En intégrant (1) par rapport à x, nous trouvons que

ϕ

= sin(xy) + 2xz

2

(1)

(2)

(3)

+ C( y, z)

avec C une fonction qui ne dépend pas de x mais possiblement de y et z. En dérivant cette réponse par rapport à y et en comparant avec (2), nous trouvons que

C

y

=

3

y

2

On sait maintenant que

et alors

C

(

y

,

z

)

=

y

3

+

ϕ = sin(xy) + 2xz

2

D

(

z

+ y

)

3

(

D

ne dépend que de

+ D(z).

z

).

Il reste seulement à déterminer la fonction D(z) et en dérivant par rapport à z la réponse trouvée jusqu’à présent et en comparant avec (3), nous déduisons que

D

(

z

)

=

2

e

2

z

D

(

z

)

= −

Ainsi, à constante près, un potentiel de F est donné par

(

ϕ x

,

y

,

z

)

=

sin(

xy

)

+

2

2

xz

e

+

2

z

y

+

K

3

e

,

K

2

z

.

.

On vérifie la réponse obtenue en calculant le gradient de φ pour voir que ça redonne bien F. On peut aussi trouver φ en intégrant tout de suite (1) par rapport à x, (2) par rapport à y et (3) par rapport à z et, ensuite, on compare les réponses : on aurait alors

ϕ = sin(xy) + 2xz

ϕ = sin(xy) + y

3

ϕ

=

2

2

xz

e

2

z

2

+ C ( y, z)

1

+ C

2

(x, z)

+

C

3

(

x

,

y

)

de sorte que

ϕ

=

sin(

xy

)

+

2

2

xz

+

y

3

e

2

z

+

K

,

K

.

Nous utilisons maintenantNspire CAS et des fonctions du Kit_ETS_MB pour confimer : la

fonction « potential » donne la même réponse que le ϕ ci-haut mais avec la constante « K » égale

à 1

:

ϕ ci-haut mais avec la constante « K » égale à 1 : Figure 2 3.5

Figure 2

3.5 Théorème (démontré en classe) Soit F un champ vectoriel continu, défini sur un ensemble ouvert U, connexe par arcs. Alors, les conditions suivantes sont équivalentes :

1)

2)

3)

F est conservatif; L’intégrale curviligne de F est indépendante du parcours;

Si C est un quelconque chemin fermé de U, alors

F

d

r

C

= 0.

3.6 Remarque et notation En prouvant ce dernier théorème, nous verrons que si F est

conservatif et si C est un quelconque chemin dans U allant d’un point A à un point B, alors si

φ est un potentiel de F,

F

C

d

r

(

= ϕ B

)

(

ϕ A

).

Cela vient généraliser le théorème fondamental du calcul intégral pour les champs de vecteurs et nous permet d’utiliser la notation suivante : si un champ vectoriel F est conservatif, alors l’intégrale curviligne le long d’une courbe C allant d’un point A à un point B est souvent dénotée par

B

F

A

d

r

.

De plus, dans certains espaces, il est facile de voir que la condition nécessaire rot F = 0 n’est pas suffisante pour que F soit conservatif. L’exemple 3.8 va illustrer cela. Notons aussi que lorsque le chemin C est fermé et parcouru dans le sens direct (contraire des aiguilles d’une montre), on

ajoute souvent un petit « rond » avec la flèche sur l’intégrale curviligne:

.

C

3.7

Exemple Soit F le champ conservatif de l’exemple 3.4.4. Alors si C est le cercle défini par

les équations paramétriques

{x = 2 + cos t,

y = 3,

z = sin t,

0 t 2π

(donc le cercle centré au point (2, 3, 0) de rayon 1, dans le plan y = 3), alors il ne sert à rien de calculer l’intégrale curviligne de F le long de C : ce sera 0 puisque C est une courbe fermée! Et si C est le demi-cercle obtenu en limitant t à l’intervalle [0, π], alors C va du point A = (3, 3, 0) au point B = (1, 3, 0) et alors, en prenant le potentiel trouvé à 3.4.4., on a

F

C

d

r

= ϕ

(1,3,0)

ϕ

(3,3,0)

=

sin 3

sin 9

≈ −

0.271.

3.8 Exemple En 2D, si C est le cercle unité et si F est le champ défini en tout point (x, y) sauf en

(0, 0) par F(x, y) = [P(x, y), Q(x, y)] avec

P

(

x

,

y

)

= −

x

2

y

+

y

2

,

Q

 

P

=

Q

=

y

2

2

x

y

x

(

2

x

+

y

2

)

2

on peut vérifier facilement que

(

x

,

(

y

x

,

)

=

y

)

x

x

2

+

y

2

(0,0).

,

Remarquons que le domaine de F qui est tout le plan sauf le point (0, 0) est connexe par arcs, non convexe, mais surtout non simplement connexe par arcs et en calculant l’intégrale curviligne le long de C, nous avons

C

F

d

r

=

C

P dx

+

Q dy

=

2

π

0

sin

t

cos

2

t

+

sin

2

t

 

(

sin

t

)

dt

+

 

cos

t

cos

2

t

+

sin

2

t

(cos )

t

dt

=

2

π

0

1

dt

=

2

π

0.

Puisque F est continu sur son domaine et que C est un chemin fermé, alors F n’est pas conservatif d’après le théorème 3.5 (même si la condition nécessaire est satisfaite). Même si un potentiel φ n’existe pas, il devient intéressant de tenter d’en trouver un! En essayant de résoudre le système

ϕ

x

ϕ

y

= −

=

y

2

x

+

x

y

2

x

2

+

y

2

(1)

(2)

on va voir que cela est impossible. En effet, en intégrant (1) par rapport à x et (2) par rapport à y, on trouve que

(

ϕ

x

,

y

)

= −

tan

1

x

y

+

C

(

y

)

et

(

ϕ

x

,

y

)

=

tan

1

 

y

x

 

+

D

(

x ).

Chacune de ces 2 réponses renferme une information intéressante : on ne doit pas croiser les axes! Et ces 2 réponses seront compatibles si l’on reste dans un même quadrant à cause de l’identité générale suivante :

tan

1

x

y

+

tan

1

 

y

x

 

=

π

2

sign(

xy

).

Donc, si notre courbe avait été située complètement dans le premier quadrant par exemple, alors un potentiel aurait pu être

et l’intégrale aurait été nulle.

ϕ (

x

,

y

)

=

π

2

tan

1

x

y

3.9 Théorème de Green-Riemann Soit U un ouvert simplement connexe par arc, soit C un parcours fermé simple dans U, bornant une région D. Soient P et Q 2 champs scalaires de classe C 1 définis sur U. Alors

C

P dx

+

Q dy

=

∫∫

D

Q

x

P

y

dA .

3.10 Exemple Très souvent, on utilise la formule de Green pour calculer une intégrale

curviligne sur un chemin (d’un champ non conservatif!) qui comporte plusieurs côtés (un triangle par exemple) puisque le calcul de l’intégrale double est alors plus rapide. On peut aussi utiliser la formule de Green pour calculer l’aire d’une région plane (dont la frontière est souvent donnée par

des équations paramétriques) puisque, en choisissant P = y/2 et Q = x/2, on a

∫∫

D

Q

x

P

y

dA

=

∫∫

D

1

dA

=

aire de

D

=

1

2

C

x dy

y dx

.

3.11 Remarque La formule de Green peut aussi être réécrite sous la forme suivante si l’on pose

F = [P, Q, 0], n =[0, 0, 1] = k et si l’on se sert de 3.4.3 :

F

d

r

=

∫∫

rot

F

C D

n

dA

.

Cette dernière formule nous amènerait au cas général d’une intégral curviligne sur une courbe

fermée C simple dans l’espace, englobant une région S. L’intégrale double serait alors une

intégrale de surface et la formule serait plutôt écrite sous la forme du théorème de Stokes : soit

F un champ vectoriel de classe C 1 défini sur un ouvert U, soit S une surface « à bord » , contenue

dans U, dont la frontière est la courbe fermée simple C, soit n le vecteur unitaire perpendiculaire

à S. Alors

F

d

r

=

∫∫

rot

F

C S

n

dS

.

Finalement, si l’on avait un solide E dont la surface fermée le délimitant serait dénotée par S (par exemple une sphère S englobant la boule intérieure E), alors le lien entre les différentes intégrales serait donné par le théorème de la divergence (théorème de Gauss) :

∫∫

S

F

n

dS =

∫∫∫

E

div

F

dV

où div F est le champ scalaire appelé la divergence de F et défini par, posant F = [P, Q, R],

div

F

=

∂ ∂

P

+

Q

x y

+

R

z

= ∇⋅

F

.

Matrices et systèmes d’équations linéaires

4.1 Contexte et définition Dans un système d’équations linéaires, on a A une matrice de format

m × n, qui est la matrice des coefficients du système (en général des nombres réels ou

complexes), on a X = [

matrice m × 1 des constantes (le « côté droit » dans le système d’équations : X et K sont souvent appelés des vecteurs colonnes). Si K = 0, le système est dit homogène.

la

x

1

x

2

x

n

]

T

la matrice n × 1 des inconnues et K =