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M. Bourouissa, La République, 2006– Courtesy de l’artiste et de la Galerie Les filles du calvaire Paris/Bruxelles

La guerre civile en France


« La société, dit Montesquieu, est la réunion des hommes et non pas
les hommes. » Dans certains livres de La Fabrique, on trouvera décrites
quelques-unes de ces réunions : filles voilées et étrangers sans-papiers,
magistrats et prisonniers, policiers et professeurs... des sociétés où l’on
travaille à préparer – ou à réprimer – l’insurrection qui vient.
“La gauche”, les Noirs et les Arabes.
Laurent Lévy
La loi sur le foulard à l’école, les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues françaises,
l’Appel des Indigènes de la République : autant d’événements où sont apparus des clivages
graves dans ce qu’on appelle « la gauche» – qu’il s’agisse de l’ex-LCR, du Parti communiste,
des Verts ou des anarchistes. Dans tous ces groupes et partis, on trouve des fondamentalistes
de la laïcité, des « républicains », des féministes institutionnelles qui crient aux valeurs bafouées
ou au communautarisme. Laurent Lévy décode le racisme et la haine de l’islam dissimulés
d e rr i è re chacun de ces discours. Il décrit le combat de la jeunesse populaire postcoloniale :
les « islamogauchistes», le collectif « Une école pour toutes et tous », les Indigènes.
Un livre qui fera grincer bien des dents mais qui défend l’égalité de n’importe qui avec
n’importe qui – valeur républicaine après tout.

Laurent Lévy a longtemps exercé la profession d’avocat à Paris. Il est également l’auteur de Le Spectre du communautarisme (2005).

Sortie le 28 janvier 2010


13 euros – 200 pages
ISBN 978-2-35872-004-5
La contre-révolution coloniale en France
Sadri Khiari
Comme le Capital a produit les classes, le patriarcat les genres, le colonialisme
a produit les races. Si le mot fait peur, se chuchote à peine, la chose, elle, n’en finit
pas d’exister et de tisser les rapports sociaux. Le racisme engendre les discriminations
à l’embauche, à l’avancement, au logement, dans l’accès aux instances médiatiques
et politiques, dans les pratiques policières et judiciaires, etc.
Face à cette offensive massive contre tous ceux qui sont de l’autre côté de la barr i è re
raciale et que la France s’acharne à combattre en part i c u l i e r pour ce qu’ils sont censés
avoir de part i c u l i e r,Sadri Khiari nous donne à voir la résistance de ceux dont on tolère
à peine l’existence quand on ne la nie pas complètement.
Derrière les défaites, les « récupérations» et les protestations sans lendemain,
les émeutes réprimées ou les divisions, Sadri Khiari nous révèle l’existence
d’une véritable puissance politique, parfois inconsciente d’elle-même mais bien
réelle – tant, dans une logique d’opposition à la domination blanche, elle pèse
dans les rapports de forces.
2009 / 250 pages / 12 euros / ISBN : 978-2-91-337283-2

Classer, dominer
Christine Delphy
L’idéologie dominante nous enjoint de tolérer l’Autre. Les textes de Christine Delphy
nous montrent que celui qui n’est pas un Autre, c’est l’homme, et l’homme blanc.
C’est sur la base du sexe, de l’orientation sexuelle, de la religion, de la couleur de peau
et de la classe que se fait la construction sociale de l’altérité. L’ A u t re c’est la femme,
le pédé, l’Arabe, l’indigène, le pauvre. La république tolère: les homos sont tolérés
si ils et elles savent rester discrets, le musulman et la musulmane sont tolérés si ils et elles
se cachent pour prier, la femme est tolérée si ses revendications égalitaires n’empiètent
pas sur le salaire et le pouvoir de l’homme, l’oriental est toléré s’il laisse les armées
américaines tuer sa famille pour le libérer de la dictature – et libérer sa femme de lui-
même par la même occasion. Parité, combats féministes et homosexuels, Afghanistan,
Guantanamo, indigènes et société postcoloniale, loi sur le voile: autant de prismes
pour analyser les dominations, tant hétérosexistes, racistes, que capitalistes.
Écrits dans un style offensif, incisif et souvent drôle, ces textes nous forcent à déplacer
n o t rere g a rd, à mettre en lien des événements toujours cloisonnés, et nous apportent
ce supplément d’intelligence qui seul permet de compre n d re le monde tel qu’il va.
2008 / 227 pages / 12 euros / ISBN : 978-2-91-337282-5

La république mise à nu par son immigration


Sous la direction de Nacira Guénif-Souilamas

Violence, machisme, sécurité, laïcité, intégration, antisémitisme : les mots part o u t


répandus sur le sujet de l’immigration sont piégés, et ce piège est monté autour
de la défense de la République. Dans ce livre collectif, les mécanismes et les discours
stigmatisent les immigrants postcoloniaux pour ce qu’ils sont : les instruments
du maintien de l’ord re (républicain), de la tradition à conserver contre les intru s i o n s
b a r b a res, du sauvetage de la belle langue française mise à mal par le parler des
banlieues… Le paradoxe de cette lutte d’arrière-garde est qu’elle conduit à abandonner
les principes qui ont fondé la cité politique en France – au nom, justement,
des « valeurs républicaines ». Huit auteur-e-s pour décrypter cette posture
républicaine à travers ces «questions » ressassées comme faisant « problème » :
immigration et délinquance par Laurent Mucchieli; politisation de l’immigration
par Saïd Bouamama ; laïcité par Joël Roman ; le voile par Nacira Guénif-Souilamas ;
féminisme par Christine Delphy ; antisémitisme par Joëlle Marelli ; discriminations
par Patrick Simon ; posture médiatique par Eric Macé et Ahmed Boubeker.
2006 / 240 pages / 15 euros / ISBN : 978-2-91-337250-3
Les filles voilées parlent
Ismahane Chouder, Malika Latrèche & Pierre Tevanian
Coordonné par

Ce livre ne traite pas de « la question du voile ». Les trois personnages qui l’ont
conduit – dont deux sont des femmes voilées – n’ont pas cherché à mener une enquête
sociologique. On pourrait même dire, au contraire : celles qui parlent ici ne sont pas
des objets d’étude, mais des sujets – il n’y pas de féminin à ce mot. Elles peuvent être
drôles et insolentes, elles peuvent être en colère ou découragées, mais de témoignage
en témoignage, au-delà de la diversité des tempéraments, des origines sociales,
des contextes familiaux, des itinéraires spirituels et des parcours scolaires
et professionnels, ce qui relie toutes ces filles et ces femmes, c’est l’expérience
intime et violente de la stigmatisation.
2008 / 352 pages / 18 euros / ISBN : 978-2-91-337276-4

Votre voisin n’a pas de papier


Cimade
Nous croisons tous les jours des personnes sans-papiers. Ils et elles sont nos voisins
ou nos voisines, vivent à nos côtés, travaillent dans nos villes sans que nous
soupçonnions les difficultés rencontrées dans leur vie quotidienne quand il s’agit
de faire valoir leurs droits. Régulièrement la question des étrangers revient dans
les débats publics. Chaque évocation de cette « question » contribue à renforcer
une vision déformée, parfois fantasmatique, des étrangers en France.
La Cimade a décidé de donner ici la parole à celles et ceux qu’elle accueille tous
les jours, qui témoignent des obstacles à affronter pour bénéficier de droits aussi
élémentaires que celui de se faire soigner, de vivre avec sa famille ou tout simplement
d’être entendus. Ils et elles nous racontent leurs difficultés, leurs espoirs, leurs
déconvenues, et souvent leur désespoir.
2006 / 92 pages / 15 euros / ISBN : 978-2-91-337253-8

Un léger incident ferroviaire


Jean Baumgarten
Janvier 1999. B. prend un train de banlieue avec un billet de seconde. Surviennent tro i s
contrôleurs: il est dans un wagon de pre m i è re. Les choses se gâtent et B. est conduit en
prison où il va passer 23 heures en garde à vue. «Je suis tombé, j’ai dégringolé, me voilà
au trou, dans les caves malodorantes de cette société française pourrie. Et surgie en moi
une scène de 1952. J’avais vingt ans et je faisais partie du Mouvement Révolutionnaire
de la Jeunesse, nous collions un soir des affiches pour la libération de Messali Hadj… »
Dans son sommeil agité se mêlent les souvenirs de l’occupation – l’étoile jaune,
la ligne de démarcation, les trains déjà – ceux de l’après-guerre… Et sur son banc,
sous sa couvert u re trouée, B. en arrive à l’actualité politique du moment. « Ce récit,
écrit Sophie Wahnich, est comme un radeau, une tentative douce-amère utilisant
le passé pour s’évader avec humour d’un présent trop faiblement politique. »
2002 / 112 pages / 9 euros / ISBN : 978-2-91-337218-7
Tout a failli, vive le communisme !
Tiqqun
La question communiste ne revient pas : elle ne nous a jamais quittés.
C’est l’homme occidental qui la porte partout, en portant partout sa folie
d’appropriation. « Communisme » est le nom du possible qui s’ouvre chaque fois
et en tout lieu où l’appropriation échoue - sur une grève sauvage, une planète ravagée
ou un féminisme extatique. C’est dire si le sentiment de désastre qui nous hante naît
d’abord de la difficulté que nous éprouvons à trouver le passage, à forger le langage,
à embrasser le dénuement d’où nous parviendrons à saisir une tout autre possibilité
d’existence. C’est dire si le communisme est peu affaire d’hypothèse ou d’Idée,
mais une question terriblement pratique, essentiellement locale, parfaitement sensible.
Les textes rassemblés dans ce volume, et tout le travail de Tiqqun, ne font qu’explorer
cette dimension de l’expérience que nous devinons tous sans savoir l’habiter.
2009 / 408 pages / 15 euros / ISBN : 978-2-91-337299-3

Contributions à la guerre en cours


Tiqqun
Comme les bureaucrates syndicaux craignent l’émancipation effective des travailleurs,
les intellectuels n’ont de pire ennemi que le vrai, qui les met au chômage. Leur fonction
est plutôt d’accompagner de leur bavardage la création d’événement – comme le
« 11 septembre » ou à présent « la crise » – par quoi l’Empire justifie la mise en place
de ses dispositifs planétaires. Il y a un autre usage de l’intelligence. On en reconnaît
les productions sans peine : l’époque les honore de son silence blessé. Nul n’a songé
à flatter Tiqqun – et surtout pas ses propres partisans – d’avoir saisi avec une si
prémonitoire lucidité la physionomie de ce temps, ses lignes de force et ses points
de faiblesse. Avoir raison est peu de chose. Le tout est d’agir en conséquence.
Or c’est bien ce qui fait de Tiqqun, depuis dix ans, tout autre chose qu’une revue.
Que des vies se soient liées à ce qui a été reconnu là pour vrai est une injure suffisante
au cynisme régnant pour que l’ON vous traite, dès lors, en « terroriste ».
2009 / 200 pages / 12 euros / ISBN : 978-2-91-337293-1

Théorie du Bloom
Tiqqun
Contre toute apparence, il ne s’agit pas d’un livre, mais d’un virus éditorial.
Le Livre, en tant qu’il se tenait face à son lecteur dans la même suffisance close que
le Sujet classique devant ses semblables, est une forme morte.Les grands livres n’ont
jamais cessé d’être ceux qui parvenaient à créer une communauté. Le Livre a toujours
existé hors de lui.
Le virus éditorial expose l’insuffisance fondamentale qui est à la base de l’objet publié.
Il se cale dans la perspective de réaliser la communauté de ses lecteurs véritables. Il place
le lecteur dans une position telle que son retrait ne peut plus être neutre. C’est dans
ce sens-là que nous eff l a n q u e rons, aiguiserons, préciseront la Théorie du Bloom.
2004 / 144 pages / 9 euros / ISBN : 978-2-91-337207-4
L’insurrection qui vient
Le comité invisible
L’insurrection qui vient nous sort de trente ans où l’on n’aura cessé de rabâcher que
« l’on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ».
De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu’est une barricade efficace
avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors
de l’enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects
techniques du cheminement insurrectionnel n’est donc pas absente de cette partie.
Tout ce que l’on peut en dire ici, c’est qu’elle tourne autour de l’appropriation locale
du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l’économie et de l’anéantissement
des forces de police.
2007 / 128 pages / 7 euros / ISBN : 978-2-91-337262-7

Inévitablement (après l’école)


Julie Roux
Les luttes enseignantes figées dans la défense des « acquis », les protestations molles
contre les réformes, l’impératif du rendement qui s’impose à l’école, bref, c’est « la
crise ». Ce qui légitimait l’institution – vocation des maîtres, transmission du savoir,
construction républicaine d’une faculté de juger – ne fonctionne plus. Partout,
l’évaluation l’emporte sur la transmission : le but de l’enseignement devient la réussite
à l’examen et l’enseignant lui-même est sans cesse évalué à l’aune de cette réussite. Le
savoir est réduit à des compétences à acquérir pour qui veut trouver un jour du travail.
L’école est le lieu où l’on apprend que le travail est le seul horizon de la vie terrestre.
Ce ne sont ni les luttes corporatistes ni les réformes ministérielles qui nous
débarrasseront de cette école-là. À ses persécuteurs bienveillants qui lui demandent
« comment l’enfant Ernesto saura-t-il lire, écrire, compter ? », Ernesto répond :
« I-né-vi-ta-ble-ment »
2007 / 128 pages / 7 euros / ISBN : 978-2-91-337266-5

Chroniques de la guerre civile


Eric Hazan
Cette chronique tenue pendant une année lance une série de coups de phares sur
nombre de champs de bataille de la guerre civile mondiale. Du nord de la Tchétchénie
au sud du Paraguay, de l’est de la Goutte-d’or à l’ouest de la Courneuve, en dépit
des apparences c’est la même guerre qui se déroule : tel est le fil conducteur du livre.
Au rythme des événements, les «démocraties occidentales », la « lutte contre le
terrorisme», le «devoir de mémoire » et toutes sortes de «valeurs » prônées
par les intellectuels du maintien de l’ord re sont dénoncées pour ce qu’elles sont :
des leurres ou des épouvantails.
Cette accumulation d’événements apparemment disparates cherche à dégager la vraie
nature de l’ennemi. Les véritables héros de cette chronique sont les anonymes qui,
dans tous les pays, s’emploient activement à la destruction définitive de l’illusion social
– démocrate et de l’humanisme libéral-réform i s t e .

2004 / 144 pages / 12 euros / ISBN : 978-2-91-337232-5


La décadence sécuritaire
Gilles Sainati & Ulrich Schalchli
Comment la « tolérance zéro », d’importation américaine, s’est imposée dans la
pratique judiciaire française ; comment l’idéologie techno-sécuritaire a remplacé
la notion du juste par celle du rendement chiffré de la justice ; pourquoi le nouveau
système pénal doit développer des cycles de plus en plus courts pour ramener dans les
filets judiciaires les inscrits aux fichiers de suspects ; comment on en arrive à punir
des infractions qui n’existent pas, comme les « incivilités » ; comment une bonne partie
de « nos élites » – criminologues d’État, hommes politiques « républicains », syndicats
de policiers, médias asservis, et même certains pans de l’armée – se trouve réunie
dans l’activisme sécuritaire : telles sont quelques-unes des questions auxquelles
répond ce livre.
L’irréversible est en train de se commettre, nous faisant oublier que si la « sûreté »
était inscrite dans la constitution de 1791, il s’agissait de protéger les individus
contre l’arbitraire du pouvoir.
2007 / 14 pages / 14 euros / ISBN : 978-2-91-337265-8

Pour en finir avec la prison


Alain Brossat
Pour en finir avec la prison s’inscrit en rupture avec les discours les mieux partagés
sur l’institution pénitenciaire : le sécuritaire et l’humanitaire. Entre ceux qui exigent
un régime plus sévère et ceux qui revendiquent pour l’entrée du droit dans les prisons,
le faux débat occulte la véritable question : à quoi servent les prisons aujourd’hui ?
Pour Alain Brossat, « l’énoncé inavouable sur lequel se fonde le fonctionnement
de l’institution pénitenciaire est celui-ci : il y a, parmi la population, une part
incompressible dont le statut est celui de l’irrécupérable. Pour cette part, ce n’est pas
la dynamique de l’inclusion qui est à l’œuvre, mais bien le décret d’abandon. »
C’est pourquoi il ne peut pas y avoir de bonne prison. « Il ne se passera pas longtemps
avant que la prison apparaisse aux yeux des vivants comme le signe irrécusable de l’état
de brutalité, d’arriération des mœurs et des sensibilités dans lequel vivait l’humanité
au XXe siècle, et encore au début du XXIe. »
2001 / 112 pages / 12 euros / ISBN : 978-2-91-337213-9

Journal d’un gardien de la paix


Erik Blondin
Ivrognes et vendeurs à la sauvette, petits Roumains pilleurs d’horodateurs, bandes
rivales des cités, solitaires en détresse, automobilistes fous, tels sont quelques uns
des personnages qui hantent les pages de ce journal tenu pendant un an par un
« flic ord i n a i re». Enfin, ord i n a i re, si l’on veut. Intransigeant sur l’éthique du métier,
intraitable avec sa hiérarchie quand elle est arrogante, cherchant toujours à convaincre
les collègues brutaux et désagréables, expliquant au public ce qu’il est en droit d’attendre
d’une police au service des citoyens, Erik Blondin donne dans ce journal vivant une
image qui justifie le beau nom de «gardien de la paix ». Un livre qui oblige à considére r
autrement les gens en bleu dans leurs locaux sordides, leurs voitures déglinguées,
leurs tâches ingrates et répétitives, leur encadrement méprisant. À l’époque du «tout
répressif », un livre optimiste à contre - c o u r a n t .
2002 / 124 pages / 11 euros / ISBN : 978-2-91-337219-8