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Session de formation continue

ENPC

Lois de comportement simples

Algorithmes

5 6 décembre 2006

Philippe Mestat (LCPC)

Plan

Lois de comportement

Elasticité

Elastoplasticité

Algorithmes (Méthode des éléments finis)

Incréments et itérations

Quelques remarques

• Exemples d’application

Le problème mécanique

L’équilibre final d’un ouvrage dépend :

• de l’équilibre naturel initial ;

des discontinuités éventuelles ;

des lois de comportement des matériaux ;

• des phases d’exécution des travaux ;

• des conditions d’utilisation de l’ouvrage.

Lois de comportement des sols

Comportement des massifs :

lois de comportement simples (Élastoplasticité parfaite) ;

lois de comportement avancées (Élastoplasticité avec écrouissage).

Comportement des interfaces :

– lois d’interface simples.

Comportement non linéaire

Les sols présentent une relation contraintes déformations qui est non linéaire et irréversible à partir d’un certain seuil.

Le comportement non linéaire apparaît sous deux aspects :

- évolution des propriétés du matériau ;

- changements de la géométrie.

Comportement réel et modélisation non linéaire

Fondation

Pieu

Excavation

Linéaire Non linéaire

Développement d’une loi de comportement

Le développement théorique s’appuie sur :

des études expérimentales

essais en place et en laboratoire ;

des schémas de calcul a priori

élasticité (linéaire et non linéaire) plasticité (irréversibilité et rupture)

viscosité (effet du temps)

et leurs combinaisons.

Développement d’une loi de comportement

Quelques problèmes :

– prélèvement d’échantillons intacts

taille des éprouvettes

réalisation des essais (durée)

– types d’appareillage et types d’essai

interprétation des résultats (choix des variables)

anisotropie et effet du temps

mise en équations

extrapolation au comportement 3D ?

Essais de laboratoire et mesures

Appareils triaxiaux :

éprouvette cylindrique pleine ;

éprouvette cubique (presses 3D).

Appareils pour cylindre creux

Appareils en déformation plane

Appareil de cisaillement direct

Appareil de cisaillement annulaire

Loi de comportement (1)

ε

ij ,

σ

kl

ε

ij

 

σ

,

kl

dε

mn

dt

(τ) ; τ

dσ

rs

,

dt

t

, t

0

Élaboration d’une loi de comportement

Élaboration d’une loi de comportement

Loi de comportement (2)

Les formes usuelles sont :

dε

ij

D

ijkl

σ

mn

et inversement :

dσ

ij

E

ijkl

σ

mn

, dσ

rs

, dσ

rs

dσ

dε

kl

kl

Il faut ensuite quantifier les fonctions.

Essais suivant différents chemins de contraintes

Essais suivant différents chemins de contraintes

Module initial Domaine élastique ?

Coefficient de Poisson initial

Rupture

Déchargement

Domaine élastique

État caractéristique

Dilatance à la rupture

Lois de comportement simples :

élasticité linéaire ;

élasticité non linéaire ;

élastoplasticité parfaite.

Plan

Lois de comportement Elasticité

Elastoplasticité

Algorithmes (Méthode des éléments finis)

Incréments et itérations

Quelques remarques

• Exemples d’application

Comportement élastique (réversible)

Le comportement d'un matériau est élastique lorsque

l'histoire des sollicitations n'intervient pas et qu'à un état de

contraintes correspond un état de déformations et un seul.

La plupart des solides présentent un comportement réversible, au moins sous des sollicitations suffisamment

faibles. Cela correspond à des déformations de l'ordre de :

0,1 % pour les métaux ;

0,01 % pour les sols (voire moins) ;

600 % pour le caoutchouc.

Au-delà, des irréversibilités apparaissent.

Les modèles élastiques

Élasticité linéaire isotrope :

E et n constant ;

E(z), n constant.

Élasticité linéaire anisotrope (orthotrope) :

E i et n i constants ;

E i (z), n i constant (par exemple : E v (z), E h (z), G(z) )

Élasticité non linéaire : E(s kl )

Hyperélasticité : s kl = W(e mn ) / e kl

Hypoélasticité : ds kl = E klmn de mn

Élasticité isotrope linéaire

Δσ

Δσ

Δσ

Δσ

Δσ

Δσ

xx

yy

zz

xy

xz

yz

1

(1

ν)(1 2 ν)

1

ν

ν

0

0

0

ν

1

ν

ν

0

0

0

ν

1

ν

ν

0

0

0

ν

1

0

0

0

2ν

2

0

0

1

0

0

0

0

2ν

2

0

1

0

0

0

0

0

2ν

2

Δε

Δε

Δε

Δε

Δε

Δε

xx

yy

zz

xy

xz

yz

À déterminer : E et n et l’état initial des contraintes (K 0 ?)

Module d’Young et coefficient de Poisson

Module d’Young et coefficient de Poisson Problème de la définition du domaine d’élasticité

Problème de la définition du domaine d’élasticité

Facteurs influant sur le module E

Niveau de déformations

» Très petites déformations ( < 0,001%)

» Petites déformations (< 0,001% à 1%)

» Grandes déformations (> 1%)

Niveau de contraintes

Chemins de sollicitations

Il est souhaitable de déterminer le module d’Young pour des déformations inférieures à 0,1%.

Évolution du module avec l’amplitude

É volution du module avec l’amplitude des déformations (Hicher, 1985)

des déformations (Hicher, 1985)

Atkinson et Sallfors (1991)

Exemples

d’élasticité non linéaire

Exemples d’élasticité non linéaire

Caractérisation de l’anisotropie

Caractérisation de l’anisotropie

Essais triaxiaux sur des sols anisotropes

Essais triaxiaux sur des sols anisotropes

Plan

Lois de comportement

Elasticité Elastoplasticité

Algorithmes (Méthode des éléments finis)

Incréments et itérations

Quelques remarques

• Exemples d’application

Principes de l’élastoplasticité

Principes de l’élastoplasticité

Élastoplasticité avec écrouissage

Écrouissage positif Sans écrouissage
Écrouissage positif
Sans écrouissage

Écrouissage négatif

Principes de l’élastoplasticité parfaite

Principes de l’élastoplasticité parfaite

Le comportement élastoplastique s'appuie sur trois concepts :

- la partition des déformations (élastiques et plastiques) ;

- le critère de plasticité, qui généralise la notion de seuil

de plasticité mise en évidence dans les expériences de laboratoire ;

- la règle d'écoulement plastique, qui définit la manière

dont évoluent les déformations plastiques.

Ce schéma de comportement exclut tout effet de vieillissement et de viscosité du matériau.

Aux seuils de plasticité (initial et actuels), correspondent

alors des domaines dans l'espace des contraintes, appelés domaines d'élasticité.

Ces domaines sont définis par une fonction scalaire F des

tenseurs des contraintes et des déformations plastiques :

F(σ ,ε

ij

p

kl

)

F(σ ,ε

ij

p

kl

)

0

0

: domaine d'élasticité

: frontière du domaine d'élasticité ou

critère de plasticité.

La fonction F est appelée surface de charge.

Relations contraintes-déformations en élastoplasticité

Soit (s ij , e p ij ) un état de contraintes et de déformations plastiques correspondant à une étape de chargement donnée :

si

F(s ij , e p ij ) < 0 alors de ij = de e ij ;

si F(s ij , e p ij ) = 0 , il faut distinguer selon l'état de charge ou de décharge

i j ; • si F( s i j , e p i j ) =

Il y a chargement

si et seulement si

F

(s ,e

ij

p

ij

s F d s

ij

)

dF

ij 0

d

e

ij

d

e

e

ij

d

(s ,e

ij

e

p

ij

p

ij

) 0

Il y a déchargement

si et seulement si

F (s ,e

ij

p

ij

) 0

s F d s

ij

ij 0

d

e

ij

d

e

e

ij

Règle d'écoulement plastique

Pour quantifier le tenseur des déformations plastiques, il est nécessaire d'introduire des équations complémentaires.

On postule l'existence d'un potentiel plastique G tel que

d

e

p

ij

d

l s

G

ij

dl est appelé multiplicateur de plasticité et est strictement

positif.

Si G=F, la règle d'écoulement est dite associée et non

associée dans le cas contraire.

Un module d'écrouissage est également défini :

H d l 

F

s

ij

d

s

ij

L'ensemble des relations précédentes permettent de calculer la relation de comportement entre un accroissement du tenseur de déformations et un accroissement du tenseur des contraintes.

dans le domaine

plastique :

Le

calcul

utilise

les

relations

suivantes

dF

d

s

ij

s F d s

ij

ij

E

F

e

p

ij

ijkl

d

d e

p

ij

e

e

kl

0

d

e

e

ij

D

d

F

s

ijkl

kl

H d l 

d

s

s

ij

ij

Relations de

comportement

élastoplastique

d

e

d

s

ij

ij


D

ijkl


E

ijkl

1

G

F

d

H s

ij

s

k l

s

kl

G

F

E

E

ijkl

s

kl

s

ij

ijkl

d

H

F

s

ij

E

ijkl

G

s

kl

e

kl

d l 

F

s

ij

E

ijkl

d e

kl

H

F

s

ij

E

ijkl

G

s

kl

Les modèles élastoplastiques parfaits

Élasticité linéaire ou non + critère de rupture + loi d’écoulement

Lois de comportement simples :

Mohr-Coulomb (Tresca) ;

Drucker-Prager (Von Misès) ;

Loi parabolique.

Les critères de rupture

Les critères « usuels » :

Mohr-Coulomb (Tresca) ;

Drucker-Prager (Von Misès) ;

Loi parabolique.

Les critères « avancés » :

Matsuoka-Nakai (1974) ;

Lade (1975, 1977) ;

Exemples de

critères de rupture

Exemples de critères de rupture

Facteurs influant sur la valeur de j

Indice des vides

Forme des particules et rugosité de surface

Distribution granulométrique

• Présence d’eau

Surconsolidation

Contrainte principale intermédiaire

(chemin de contraintes suivi au cours de l’essai)

Modèle de Mohr-Coulomb
Modèle de Mohr-Coulomb

Paramètres pour les calculs

État initial des contraintes : g, K 0

Hydraulique des sols : k h , k v , u 0 (x, y, z)

Déformabilité des sols : E u , E’, n’, y

Résistance au cisaillement : c u , c’, j

• Comportement d’interface : c a , d a et R t

Mohr-Coulomb : un modèle simple ?

F(s ij ) = |s 1 -s 3 | - (s 1 + s 3 ) sin j -2 c cos j

• Régime d’arêtes. Calculs des dérivées partielles ?

Troncature en traction

Modélisation numérique :

j def. plane = j triaxial - x degrés ;

gestion des tractions pour une cohésion faible ;

convergence lente et difficile pour (j - y) grand ;

si c 0,

cohésion nulle et problèmes numériques ;

zone élastique étendue dans le maillage.

z tel que : [|1-K 0 |-(1+K 0 )sin j ] g z = 2 c cos j ;

Drucker-Prager : un modèle simple

F(s ij ) = q - a p - k

Surface lisse sans arêtes

Domaine élastique limité en extension

Modélisation numérique :

définition des paramètres et liens avec c et j ;

section circulaire inscrite ou exinscrite dans la section hexagonale du critère de Mohr-Coulomb ;

zone élastique étendue dans le maillage ;

convergence difficile pour k faible ;

modèle plus « souple » que le modèle de Mohr-Coulomb.

Nature du sol

Comportement

Modèle de calcul

Sols indurés et roches tendres

Déformations faibles, linéaires, fonction du temps (perméabilité et

Milieu continu élastique linéaire ou non linéaire. Consolidation et fluage.

(argiles raides, marnes,

viscosité). Rupture

calcaires, craies, etc)

souvent fragile.

Sols mous et sols

organiques

Déformations importantes, fortement non linéaires,

Milieu continu élasto- plastique.

fonction du temps

Consolidation et fluage.

(argiles molles, vases, tourbes, etc.)

(perméabilité et viscosité)

 

Déformations

Milieu continu élasto-

Sols grenus

(sables, graviers, etc.)

instantanées, dépendant de

la densité initiale (dilatance ou contractance)

plastique (non associé) et

élasticité non linéaire.

Essais in situ et valeurs des paramètres

Essais de pénétration

pénétromètre, etc.

estimation de la résistance du sol

Essais de déformabilité

pressiomètre, dilatomètre

L’interprétation des résultats en terme de loi de comportement est difficile, car les essais ne sont pas homogènes et l’état des contraintes n’est pas connu.

Cas de la déformation plane

• L’essai triaxial classique est un essai en déformation axisymétrique.

Il peut convenir dans le cas d’un grand remblai ou d’une

excavation cylindrique (réservoir, puits, silo, etc.)

Pour des calculs plans, il faudrait pouvoir réaliser

des essais en déformation plane; mais cet essai est

compliqué.

Problème. Comment réaliser un calcul plan avec des valeurs de paramètres déterminées sur des essais axisymétriques ?

Lois de comportement avancées :

élastoplasticité avec écrouissage ;

élastoplasticité avec plusieurs mécanismes ;

élastoplasticité généralisée ;

hypoplasticité ;

lois incrémentalement non linéaire.

Quelques lois de comportement avancées :

modèles Cam-Clay (1968, etc.) ;

modèle de Lade (1975, etc.) ;

modèle de Darve (1978, etc.) ;

modèle de Hujeux (1979, etc.) ;

modèle de Nova (1982, etc.) ;

modèle de Vermeer (1982) ;

modèle de Cambou-Jafari-Sidoroff (1988, etc.) ;

modèle « Soft Soil » (PLAXIS).

Choix de la loi de comportement

Quand une loi de comportement simple est-

elle suffisante ?

Quand une loi de comportement « avancée »

peut-elle être utilisée ? Quand est-elle nécessaire ?

Usage d’une loi de comportement simple

lorsque les déformations du massif restent élastiques ;

lorsque le facteur de sécurité global est suffisamment élevé

ou lorque le chargement n’est pas très important ;

lorsque les ruptures locales ne contrôlent pas le comportement dans la région étudiée ;

• lorsque l’on dispose de peu d’informations ;

lorsque le comportement aux interfaces des matériaux est prédominant.

Usage d’une loi de comportement avancée

• lorsqu’une loi simple ne permet pas de décrire un aspect essentiel du comportement de l’ouvrage et de son

environnement (interactions, dilatance, rupture, etc.) ;

lorque le calcul doit fournir une estimation réaliste des contraintes et des déplacements au voisinage de la rupture

(critères en déplacements pour les sites urbains, expertises,

problèmes inverses, etc.) ;

lorsque le calcul doit fournir une estimation réaliste de l’évolution des pressions interstitielles ;

• lorsque l’on dispose de suffisamment d’informations pour déterminer les valeurs des paramètres des modèles, et des informations sur l’état initial, sur le degré d’hétérogénéité des terrains et sur l’effet d’échelle.

Nombre de paramètres

Évolution des lois de comportement pour les sols

40 30 20 10 0 1960 1970 1980 1990 2000
40
30
20
10
0
1960
1970
1980
1990
2000

Année

Lois de comportement avancées

Quelques difficultés…

• Manque de validations et d’études paramétriques.

Durée de calcul importante.

Elles sont peu disponibles dans les logiciels du commerce.

Manque de données pour estimer les valeurs des paramètres. Peu de correspondance entre ces paramètres et les paramètres traditionnels de la mécanique des sols.

Les lois de comportement avancées sont rarement considérées, ou seulement pour des études a posteriori.

Pratique de la modélisation numérique

Plutôt des modèles complexes par leur géométrie que par les lois de comportement utilisées pour décrire les massifs de sol.

Les ingénieurs privilégient les analyses en élasticité linéaire

ou élasto-plasticité parfaite.

Si les lois de comportement sont trop simples, il faut en tenir compte dans l’interprétation et l’utilisation des résultats.

• N’importe quelle loi de comportement ne peut être considérée comme une approximation acceptable de n’importe quel comportement réel, même après avoir calé des valeurs de

paramètres.

Attention à la validité des études paramétriques pour des lois de comportement simples.

Plan

Lois de comportement

Elasticité

Elastoplasticité

Algorithmes (Méthode des éléments finis)

Incréments et itérations

Quelques remarques

• Exemples d’application

Système algébrique

Le principe de recherche du minimum de l'énergie potentielle conduit au système d'équations algébriques :

K U F

où F est le vecteur des forces nodales ; U, le vecteur des inconnues aux nœuds ; K, la matrice de rigidité de l'assemblage.

L’inversion est alors directe.

Cas du comportement non linéaire

L'écriture du principe variationnel fournit l'équation d'équilibre :

s

ij

~

e

ij

d

f ~ u d

i

i

 

S

t

i

~ u dS

i

0

quel que soit le champ cinématiquement admissible.

Si B est la matrice des dérivées des fonctions

d'interpolation telle que : e ij = B U.

L'équilibre s'écrit encore :

B

t

s

ij

d

 

F

ext

Dans le cas de l'élastoplasticité, il faut intégrer les relations

différentielles en utilisant des schémas d'intégration. On obtient alors des relations du type

Δσ

ij

E

ijkl

E

p

ijkl

Δε

kl

E

ijkl

E

p

ijkl

BΔU

où (E ijkl ) est le tenseur élastoplastique (non linéaire et irréversible) et De kl , l'accroissement des déformations totales (connu). Si l'accroissement correspond au passage

entre deux états d'équilibre, on aura

t

B

(

E

E

p

)

Bd

 D

U

D

F

ext

soit

K U

(

) D

U

D

F ext

Pour obtenir le champ de déplacements, solution du

problème, il faut résoudre le système d'équations non linéaires :

F(U)

F

ext

R(u)

0

Le vecteur F(U) est appelé vecteur-résidu.

La résolution directe est le plus souvent impossible. Un processus itératif est alors nécessaire.

Le principe consiste à linéariser les équations non linéaires

autour d'un état d'équilibre.

Si U 1 et U 2 sont deux champs de déplacements à des instants de sollicitations différents, on cherche une matrice K telle que :

F(U )

2

F(U )

1

K.(U

2

U )

1

Il est quasiment impossible de trouver l'expression de la matrice K, mais on peut l'approcher, par exemple à l'aide d'un développement limité :

soit encore :

F

(U

D

U)

F D

(U

F

(U)

F

U

.D

U)

F

(U)

 

U

B

t

s

ij

U

d  

. D

U

Le tout est de calculer ou d'approcher ces quantités.

Supposons la matrice K connue, et soit U 0 une solution approchée de F(U 0 ). On recherche alors la solution sous la forme d'une variation autour de U 0 :

F(U 0 + DU) = 0.

La linéarisation conduit à la relation : DU = - K -1 . F(U 0 )

On construit ainsi un processus itératif. Pour une itération i donnée, K i et F(U i ) sont calculés, puis U i+1 est déterminé, si la matrice K i est inversible, par la relation :

DU i

= U i+1 - U i = - K i -1 . F(U i )

Si la suite des déplacements converge, on a : F(U ) = 0.

i = i+1

Initialisations

Calcul de K i
Calcul de K i
i = i+1 Initialisations Calcul de K i U i + 1 = U i -

U i+1 = U i - K i -1 . F(U i ) Calcul des contraintes s i+1

Calcul de F(U i+1 )
Calcul de F(U i+1 )
Tests de convergence ?
Tests de convergence ?
Critère de convergence Expression Tolérance à fournir sur les Tolérance conseillée 0,1%, à la vecteurs-
Critère de
convergence
Expression
Tolérance à fournir
sur les
Tolérance conseillée 0,1%, à la
vecteurs-
Φ(U )
Φ(U )
i
i
ou
rigueur 1%, pour le premier test
qui devient sévère lorsque DF
résidus
ΔF
F
ΔF
0
est faible. Pour le second test,
tolérance conseillée 0,1%.
sur les
Tolérance conseillée 0,1%.
U
 U
déplacements
i
1
i
U
i
sur le travail au
Tolérance conseillée 10 -9 .
cours d’une
Φ(U ).(U  U )
i
i
1
i
itération
ΔF.U
1

Remarque

S'ils sont satisfaits, les tests de convergence ne prouvent pas que la suite (U i ) ou la série (DU i ) de déplacements converge.

Ces tests peuvent simplement prouver que la suite des accroissements (DU i ) tend vers zéro. C'est une condition nécessaire mais non suffisante.

C'est comme l'exemple bien connu de la suite (1/i) qui tend vers zéro, mais dont la série associée diverge.

Notion de taux de convergence

Les tests traditionnels ne fournissent qu'une présomption de convergence. Il convient d'être prudent avant de conclure et il est fortement conseillé d'analyser la suite des taux de convergence (q i ) :

q

D U i  i D U i  1
D
U
i
i
D
U
i  1

S'il est possible de démontrer numériquement que la suite des taux de convergence est strictement monotone décroissante et possède une limite strictement inférieure à 1, alors la série (DU i ) est absolument convergente.

k

D U  q D U k D U   q D U 
D U
 q
D U
k
D U
 
q
D U
 q
D U
i
i
i 1
i
k
i
 j
i
i
i
j  1
k
k
j
donc
U
U
D U
 
q
D U
i
 k
i
i
j
i
i
j 
1
j 
1
k  1
q
1 
q
i
i
alors
U
U
D U
i
k
i
i
1  q
i
q
i
et finalement
U
 U
D
U
i
 k
i
i
 1 q
i

Ce qui prouve l’absolue convergence de la suite. CQFD.

De plus, si on fait tendre k vers l'infini, on obtient une

estimation de l'erreur commise en arrêtant le processus à l'itération i :

U

U

q i D U i i  1 q i
q
i
D
U
i
i
 1 q
i

L'étude de la décroissance de la suite des taux (q i ) permet de « s'assurer » de la convergence de la suite.

L'expérience montre que les taux de convergence se stabilisent souvent pour des valeurs supérieures à 0,8 et parfois proches de 0,99. En revanche, dès que q i > 1 pour plusieurs itérations successives, on peut conclure à la divergence.

Diagnostic

Résultats des tests de convergence

Convergence Les tests de convergence sont satisfaits ; la suite (q i ) est monotone décroissante et tend vers une limite inférieure à 1. Très souvent, la suite se stabilise autour de valeurs comprises entre

0,8 et 0,99 ; ce qui suffit à assurer l'absolue

convergence de la série.

Non-convergence La norme des forces résiduelles décroît très lentement, le nombre d'itérations devient très

important ou la suite des taux oscille autour de

la valeur unité. Il est alors difficile de conclure et il vaut mieux recommencer le calcul avec un

incrément de chargement plus faible.

La norme des vecteurs-résidus ne tend pas vers zéro.

Divergence

Un développement du vecteur-résidu conduit à la relation :

K

i

 

B

t

s

i

e

i

B d  

K i est appelée matrice de rigidité tangente et la méthode de résolution, nommée Méthode de Newton-Raphson.

Le calcul exact est le plus souvent impossible. On fait alors

l’approximation suivante :

s

e

i

i

E

ep

avec

dσ

i E

ep

dε

i

Les difficultés théoriques et le coût de calcul d'une matrice

(assemblage, triangularisation) à chaque itération sont à l'origine des Méthodes de Newton Raphson modifiées et de recherches sur des accélérateurs de convergence, qui visent à

réduire la durée des calculs sans nuire à la qualité des résultats.

Une idée simple consiste à « fixer » la matrice tangente à partir d'un certain nombre d'itérations p :

i

p

,

K

i

F

U

U

U p

À l'extrême, on peut conserver la même matrice pendant tout le

processus de résolution : c'est la Méthode des contraintes initiales.

La méthode des contraintes initiales présente l’inconvénient

d’entraîner un grand nombre d’itérations dès que la non-linéarité devient importante.

l’inconvénient d’entraîner un grand nombre d’itérations dès que la non-linéarité devient importante.

Calcul du vecteur-résidu

Le vecteur résidu dépend du champ de contraintes, donc de la loi de comportement et du schéma d'intégration des équations

différentielles qui la définissent :

Φ(U ) F

i

ext

Ω

t

B σ dΩ

i

Malgré la performance des schémas, le champ de contraintes calculé ne vérifie généralement que d'une manière approchée les équations de comportement. On peut donc cumuler des erreurs à

chaque itération et converger vers une mauvaise solution.

Ce risque peut être diminué en procédant au chargement de façon incrémentale.

Plan

Lois de comportement

Elasticité

Elastoplasticité

Algorithmes (Méthode des éléments finis)

Incréments et itérations

Quelques remarques

• Exemples d’application

Incrémentation du chargement

Incrémentation du chargement Le chargement F est divisé en un nombre fini d'accroissements dont la définition

Le chargement F est divisé en un nombre fini d'accroissements dont

la définition est liée, si possible, à des étapes réelles de la construction d'un ouvrage ou du chargement d'une structure.

Remarque

Les résultats d'une itération n'ont pas de sens physique,

car ils ne vérifient pas simultanément les équations de

comportement et celles de l'équilibre.

L'incrément de chargement seul a un sens physique.

Les résultats convergés pour une tolérance suffisamment faible vérifient de manière approchée l'équilibre (en moyenne) et la loi de comportement (localement).

Schéma d’intégration des lois

Selon la méthode de résolution adoptée, l'effet du

comportement non linéaire apparaît dans le calcul du

vecteur-résidu, mais aussi dans celui de la matrice de

rigidité.

Il convient donc de bien calculer le champ de contraintes et les autres quantités non linéaires (déformations plastiques). Pour cela, il faut intégrer des équations différentielles.

Dans le cas de l’élastoplasticité, il s’agit d’intégrer la règle d’écoulement ou la relation contraintes-déformations.

Passage d’une itération à une autre

Supposons que l'on se trouve à l'itération i de l'incrément n+1.

Les quantités connues sont les états de contraintes, de

déformations totales, de déformations plastiques et d'autres quantités non linéaires à l'incrément convergé n, ainsi que l'état de déformations totales à l'itération i de l'incrément n+1 :

s n , e n , e p n et e n+1

Les inconnues sont les nouveaux états de contraintes, de déformations plastiques et de certaines quantités non linéaires :

s n+1 , e p n+1

L'intégration est fondée sur le théorème de la moyenne :

c [a, b]

telle que

b

f

a

(

x dx

)

(

b

a f

)

(

c

)

Par conséquent, il existe des valeurs de l et de l'état de contraintes telles que

l

l

n

n 1

G

s

d l

(

l

n

1

l

n

)

G

s

(

s

p

)

Le problème est alors d'estimer la quantité intégrée ou directement l'état de contraintes s p . Deux options simples peuvent être considérées.

Intégration trapézoïdale :

pour a  [0, 1] :

G

s

(

s

p

) (

1

a

)

G

(

s

s

n

)

a

G

s

(

s

i

n 1

)

Intégration au point milieu :

pour a  [0, 1] :

On a alors :

s

p

(1

G

s

(

a

s

p

)

G

s

(

)

s

n

as

1

i

n 1

a s

)

n

as

i

n 1

Si a = 0, le schéma est explicite. Si a  ]0, 1] , le schéma est implicite. Il est souvent conseillé de prendre a = 0,5.

Schéma d’intégration trapézoïdale

Schéma d’intégration trapézoïdale

Schéma d’intégration au point milieu

Schéma d’intégration au point milieu

Par exemple, la seconde technique conduit au système suivant :

σ

i

n

1

σ

n

E(ε

i

n

1

ε

p,i

n

1

F(σ

i

n

ε

1

p

n

Δλ

G

σ

(1

,ε

p,i n

1

)

0

ε ) E(ε

n

p,i n

α)σ

n

ασ

1

i

n

1

p

ε )

n

Le scalaire Dl est alors déterminé par la condition de

surface de charge : F = 0.

Cette seconde technique peut être préférable à la première.

Plan

Lois de comportement

Elasticité

Elastoplasticité

Algorithmes (Méthode des éléments finis)

Incréments et itérations

Quelques remarques

• Exemples d’application

Spécifications pour le comportement non linéaire

Discrétisations et convergences

• Calculs aux points d’intégration

Maillage et comportement (densité des éléments)

Chargements et comportement :

choix des incréments de chargement.

Données numériques :

tolérance sur les tests de convergence ;

– nombre d’itérations maximum ;

– schémas d’intégration.

• Les choix de l’utilisateur ont un impact direct sur le temps des calculs et donc sur la durée de l’étude.

Maillages et lois de comportement

Un maillage qui a fourni de bons résultats pour une loi de comportement n’est pas forcément bien adapté pour une autre loi de comportement.

Exemple : élasticité isotrope et anisotrope.

Il en est de même pour le découpage en incréments de chargement.

Maillages et lois de comportement

Maillages et lois de comportement

Maillages et lois de comportement

Maillages et lois de comportement

Maillages et lois de comportement

Maillages et lois de comportement

Calculs aux points d’intégration

En comportement non linéaire, le calcul des déformations

et des contraintes est effectué aux points d'intégration,

internes aux éléments finis :

- points de Gauss ;

- points de Hammer ;

- points de Newton-Cotes.

Ce sont parfois les mêmes que ceux qui servent pour

l'intégration de la matrice de rigidité.

Convergence et méthodes numériques

Quatre processus de discrétisation simultanés :

- discrétisation spatiale du domaine géométrique représentatif de l'ouvrage et de son environnement (maillage) ;

- discrétisation du chargement. Celui-ci est appliqué en accroissements successifs, appelés incréments ;

- processus de résolution incrémental et itératif si les lois de comportement des matériaux sont non linéaires ;

- schéma d'intégration locale si les lois de comportement sont définies sous une forme différentielle ou implicite.

Trois notions de convergence

Convergence au sens du maillage

Elle est assurée par le choix et la formulation mathématique des éléments

finis. Lorsque le maillage devient de plus en plus fin, la solution numérique

tend vers une limite très proche de la solution exacte du problème.

Convergence au sens du processus de résolution

incrémental et itératif

Elle permet d'obtenir la solution en déplacements et en contraintes pour un maillage et un schéma d'intégration des lois de comportement donnés.

Convergence au sens du schéma d'intégration locale

Elle permet le calcul des contraintes et des quantités non linéaires (déformation plastique, écrouissage) vérifiant la loi de comportement.

Plan

Lois de comportement

Elasticité

Elastoplasticité

Algorithmes (Méthode des éléments finis)

Incréments et itérations

Quelques remarques Exemples d’application

Maillage grossier

Maillage fin

Maillage grossier Maillage fin

Calculs numériques et stabilité des ouvrages

Un calcul incrémental par éléments finis de type

déplacements permet d'étudier la stabilité des ouvrages et

de déceler l'amorce d'un mécanisme de rupture.

En pratique, la stabilité d'un ouvrage est analysée à l'aide

d'une des quatre approches suivantes :

- forces ou pressions imposées ;

- déplacements ou rotations imposés ;

- réduction des paramètres de résistance ;

- activation de couches de sol (remblaiement) ou désactivation (excavation).

L'exploitation des résultats suivants constituent des indicateurs

annonciateurs de la formation d'une zone de rupture dans le maillage :

- l'analyse de courbes de type chargement-tassement, qui constitue la méthode la plus convaincante pour mettre en évidence l'amorce de la rupture du massif de sol et estimer une charge limite ;

- les difficultés de convergence du processus itératif (augmentation

soudaine du nombre d'itérations, décroissance lente de la norme des

forces résiduelles). Il en est de même a fortiori pour la divergence du processus ;

- les mouvements excessifs dans certaines zones du massif de sol sans augmentation significative des contraintes ;

- le développement soudain des zones plastiques dans le maillage ;

- la visualisation des isovaleurs de déformations plastiques ou de

déformations de cisaillement. Une comparaison avec les déformations à la rupture déduites des essais triaxiaux permet d'estimer les zones réellement en rupture. Les déformations triaxiales au début du palier

d'écoulement varient entre 0,5 et 10% pour les sables, et entre 1 et 20%

pour les argiles ;

- les efforts de traction mobilisés dans les renforcements qui, comparés avec les seuils de résistance, indiquent ou non une cassure.

L'exploitation des résultats suivants constituent des indicateurs annonciateurs d'une zone de rupture dans le maillage :

- l'analyse de courbes de type chargement-tassement ;

- les difficultés de convergence du processus itératif ;

- les mouvements excessifs dans certaines zones du massif

de sol sans augmentation significative des contraintes ;

- le développement soudain des zones plastiques dans le

maillage ;

- la visualisation des isovaleurs de déformations plastiques ou de déformations de cisaillement ;

- les efforts de traction mobilisés dans les renforcements

qui, comparés avec les seuils de résistance, indiquent ou

non une cassure.

L'ensemble des points dépassant les seuils en déformations

constitue une zone de rupture, qui s'étend au cours du calcul jusqu'à ce que le processus itératif ne converge plus pour un certain chargement. Cette zone fournit une

indication sur la forme du mécanisme de rupture.

Lorsque la non-convergence ou la divergence apparaît nettement, le chargement appliqué n'est plus supportable

par le milieu étudié.

Cette approche a conduit à de bons résultats pour des problèmes dont des solutions théoriques sont connues (expansion d'une cavité, capacité portante des fondations ou stabilité des fouilles verticales) et les formes de mécanismes obtenues sont proches des surfaces de glissement théoriques.

En revanche, pour certains types d'ouvrages, des difficultés

peuvent apparaître et compliquer l'analyse de la stabilité et la mise en évidence d'une surface de glissement.

Ainsi, il n'est pas toujours aisé de sélectionner des points représentatifs lorsque plusieurs mécanismes se manifestent.

C'est le cas de certains ouvrages en sol renforcé ou de massifs de sols très hétérogènes.

Paramètre

Hypothèses non justifiées pour

réduire la durée des calculs

Angle de dilatance y

y =

j

ou

20°

<

y

<

j.

L'angle de

dilatance est alors trop important par

rapport à la réalité expérimentale et les variations de volume ne seront pas bien représentées dans le calcul.

Cohésion effective des sols granulaires

1 kPa < c< 10 kPa. Une cohésion non nulle est souvent adoptée pour les sols granulaires afin d'éviter des problèmes de traction près de la surface et réduire le nombre des itérations. Une cohésion trop forte peut perturber grandement les résultats.

Loi de chargement

Simulation d'un remblaiement par un accroissement du poids volumique et non

par un calcul en plusieurs étapes.

 

Vérification des résultats d’un calcul

Indicateurs sur le déroulement des calculs :

contrôle du processus itératif (tests de convergence) ;

estimateurs d ’erreurs a posteriori

Analyse visuelle de la déformée globale :

respect des conditions aux limites ;

signe des forces appliquées ;

cohérence globale de la cinématique visualisée.

Étude du champ de contraintes :

loin des ouvrages et des sollicitations, on doit retrouver le

champ de contraintes initiales ;

aux points d ’application des forces, on peut vérifier l ’équilibre avec le vecteur contraintes.

Quelques conclusions

• Limitations de l’outil de calcul :

les lois de comportement ;

les couplages à développer

» interaction sol-structures en présence d’eau

• Limitations pour l’utilisateur :

données peu nombreuses ?

données trop nombreuses ?

méthodologies insuffisantes ?

• Ce que l’on sait faire :

problèmes de massifs sans interaction.

• Ce que l’on sait à peu près faire :

remblais, tunnels, fondations superficielles.

• Ce que l’on ne sait pas bien faire :

interactions / interfaces (inclusions) ;

sols renforcés ;

localisation des déformations ;

– formation d’une surface de glissement.

• Ce que l’on ne saura jamais faire :

– conditions d’exécution des travaux ;

histoire des matériaux en place.

FIN