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Clause attributive de compétence: l’attrait du droit de l’arbitrage

le 19 juillet 2010 AFFAIRES | Contrat - Responsabilité CIVIL | Procédure civile

Une clause attributive de compétence, en raison de son autonomie par rapport à la convention principale dans laquelle elle s’insère, n’est pas affectée par l’inefficacité de cette dernière.

pas affectée par l’inefficacité de cette dernière. Civ. 1 r e , 8 juill. 2010, F-P+B+I,

Cet arrêt fait application, à propos d’une clause attributive de compétence, de plusieurs solutions procédurales, dont deux sont directement inspirées du droit de l’arbitrage.

Lorsque l’un des signataires forme une demande devant un tribunal autre que celui désigné dans cette clause, le défendeur, qui conteste la compétence de ce tribunal, doit le faire in limine

litis. Ce n’est là que l’application du droit commun des exceptions de procédure fondée sur l’article 74, alinéa 1 er , du code de procédure civile : une telle exception doit être soulevée avant toute défense au fond. Cette solution est régulièrement affirmée par la jurisprudence en présence d’une

clause compromissoire (Civ. 2 e , 22 nov. 2001, Bull. civ. II, n° 168 ; D. 2002. IR 42

e , 22 nov. 2001, Bull. civ. II, n° 168 ; D. 2002. IR 42 ;

; Procédures

2002. Comm. 1, note Perrot ; Dr. et proc. 2002. 108, note Douchy ; JCP E 2002. 1467, note Chabot ;

JCP 2002. II. 10174, note Boillot ; Civ. 1 re , 3 févr. 2010, n° 09-13.618, Dalloz jurisprudence ; Civ. 1 re , 14 avr. 2010, D. 2010. AJ 1152 ). Elle est logiquement étendue à la clause attributive de juridiction, l’exception d’incompétence étant donc, en présence d’une pareille clause, régie par le droit commun des exceptions de procédure.

régie par le droit commun des exceptions de procédure. 2° Comme la clause compromissoire - la

Comme la clause compromissoire - la Cour de cassation reprend d’ailleurs ici exactement les

mêmes termes que ceux qu’elle utilise en cas de clause d’arbitrage (Civ. 2 e , 4 avr. 2002, Bull. civ.

II, n° 68 ; D. 2003. Jur. 1117, note Degos, et Somm. 2470, obs. Clay

Reifegerste) -, la clause attributive de compétence est autonome de la convention principale dans laquelle elle s’insère, en l’espèce, une convention de compte entre une banque et une société. Cette solution, déjà admise implicitement par la deuxième chambre civile (Civ. 2 e , 11 janv. 1978,

Bull. civ. II, n° 13 ; Gaz. Pal. 1978. 1. 273, note Viatte ; RTD civ. 1978. 921, obs. Normand), est ici consacrée avec éclat par la première, dans un véritable attendu de principe. Il s’ensuit que si la convention principale est inefficace, parce que, par exemple, il s’avère qu’elle est nulle, voire inexistante, cela ne rejaillit pas sur la validité de la clause d’élection de for (comp., en matière

d’arbitrage, Civ. 1 re , 25 oct. 2005, Bull. civ. I, n° 378 ; D. 2005. Pan. 3050, obs. Clay

996, note Train ; 11 juill. 2006, Bull. civ. I, n° 364 ; D. 2006. AJ 2051, et Pan. 3027, obs. Clay

2006. II. 10182, note Callé). À une réserve près, toutefois, le droit de l’arbitrage tempère cette

solution par la possibilité - en pratique, rarement, pour ne pas dire jamais, utilisée - de stipuler une

convention contraire (Civ. 2 e , 20 mars 2003, Bull. civ. II, n° 68 ; D. 2003. Somm. 2470, obs. Clay

Com. 25 nov. 2008, Bull. civ. IV, n° 197 ; D. 2008. AJ 3091, obs. Delpech ; ibid. 2009. Jur. 1516, note

Pillet, et Pan. 2009. 2959, obs. Clay

Cachard ; RJ com. 2009. 54, note Moreau), laquelle prévoirait que l’inefficacité du contrat principal dans laquelle la clause compromissoire figure entraîne l’exclusion de la cette dernière. Ce silence du juge, en présence d’une clause d’élection de for, ne semble pas favoriser la possibilité de pousser l’analogie jusqu’à admettre également la stipulation d’une clause contraire conduisant à écarter le principe de l’autonomie. Comme pour la clause compromissoire, le caractère « invulnérable » de la clause attributive de compétence tient à sa nature processuelle qui lui donne une force obligatoire « décuplée » par rapport au contrat substantiel (T. Clay, Fusion et confusion des sources, RDC 2007. 1449, spéc. n os 11 s.). La logique de l’autonomie de la clause attributive de juridiction voudrait que l’on étende les solutions posées par la jurisprudence en matière d’arbitrage qui en découlent et en conditionnent également l’application effective, en particulier le principe de compétence-compétence, selon lequel le juge désigné par la clause d’élection de for serait le seul

; JCP 2002. II. 10154, notedésigné par la clause d’élection de for serait le seul ; JDI 2006. ; JCP ;

de for serait le seul ; JCP 2002. II. 10154, note ; JDI 2006. ; JCP

; JDI 2006.

for serait le seul ; JCP 2002. II. 10154, note ; JDI 2006. ; JCP ;

; JCP

serait le seul ; JCP 2002. II. 10154, note ; JDI 2006. ; JCP ; ;

;

le seul ; JCP 2002. II. 10154, note ; JDI 2006. ; JCP ; ; JCP

; JCP 2009. II. 10023, note Mainguy ; Rev. arb. 2008. 677, note

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juge de sa compétence, sous la réserve classique de la nullité ou de l’inapplicabilité manifeste de la clause.

L’arrêt revient également sur l’une des conditions qui conduit à écarter l’application de la clause attributive de juridiction : le fait que l’une des parties à la clause forme deux demandes, contre deux personnes différentes, dont l’une n’est pas partie à la clause. Si ces deux demandes sont indivisibles, le défendeur partie à la clause peut valablement être attrait devant le tribunal normalement compétent rationae loci pour connaître de l’action exercée contre le codéfendeur (ici le TGI de Paris), par hypothèse différent de celui désigné par la clause d’élection de for (ici une juridiction monégasque). L’indivisibilité semblait résulter du fait que, entre les deux défendeurs, il y avait un lien de commettant à préposé, le second défendeur étant un salarié de la banque mise en cause. C’est là une hypothèse de prorogation de compétence, expressément prévue par l’article 42, alinéa 2, du code de procédure civile, en cas de pluralité de défendeurs ; elle n’est admise que si la demande exercée contre le codéfendeur et formulée devant le tribunal de son lieu de résidence présente, conformément à une jurisprudence récente (Com. 13 avr. 2010, D. 2010. AJ 1152 ), un caractère « sérieux », ce qui, en l’occurrence, n’a pas été établi.

», ce qui, en l’occurrence, n’a pas été établi. Site de la Cour de cassation par
», ce qui, en l’occurrence, n’a pas été établi. Site de la Cour de cassation par

par X. Delpech

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