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CREDAL

Leslittoraux
latino-américains
Terresà découvrir
TRAvAUX
& uÉuonns
DEL'rNsTrrur
DESHAUTES
Éruonson,lluÉnr7uq LATINE
ALAIN MUSSET
Directeurs
de 1apublication coordinateur
Jean-Michel
Blanquer,
directeurde I'IHEAL
JeanRevel-Mouroz,directeur
du CREDAL
Révision et coordinationdes cartes
Directeurde collection: Alain Musset
VIOLETTE BRUSTLEIN-WANIEZ

IHEAL
Institutdeshautesétudesde I'Amériquelatine,
Universitéde la Sorbonne
nouvelle.ParisIII

CREDAL
Centreclerecherche
et dedocumentation surl'Amériquelatine
Unitémixtede recherche
- CNRS/ Universitéde la Sorbonnenouvelle.ParisIII

28 rueSaint-Guillaume,
75007Paris.

Tér.(331)443986s3
Fax(33l) 45487958
Couniel : iheal.edition@univ-paris3.fr

E D ITIO N s't
O Institutdeshautes
études
deI'Amérique
latineet lesauteurs D E L'IH E A LI
ISBN:2-907163-98-1
Travaux& Mémoires
deI'IHEALn"65 1998
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l-1, livre sur les littorauxlatino-américainsest-ilune æuvrede cilconstance ?


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t Oui, biensûr.Pourquoile cacher? Il n'auraitjamaisvu le jour si la question
"(J
Yb \-zde géographie générale desconcoursd'enseignement (CAPESet agrégation)
de la session1999n'avaitpasportésur <la géographie humainedeslittorauxmari-
times>.Pourtant, cettepublicationn'a paspour but de proposeraux candidats à un

-*
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li postede professeur des recettesréputéesinfailliblespour réussirleursépreuves
^.o d'écritet d'oral.Elle esten revanche pour I'InstitutdesHautesEtudesde
l'occasion,
e5
l'Amériquelatine (IHEAL) et pour le CREDAL (Centrede Rechercheet de
oo
Documentation surl'Amériquelatine),de faireconnaîtreà un publicélargidestra-
vauxde recherche menéssurce thèmeparplusieursde leursmembres. Notleobjec-
tif estdoncdemettreauservicedescandidats auxconcours d'enseignement lesrésul-
tatsde thèsesen cours,ou qui viennentd'êtresoutenues, en les regroupant dansun
ouvragecollectifafin de faciliterleur consultation. Il s'agiten mêmetempsde pro-
poseraux spécialistes un ouvragepermettant de réfléchirà la fois sur I'organisation
spatiale,le poidséconomique et I'avenirdecesrégionslittoralesqui,rnalgrétoutleur
intérêt,occupent uneplaceencoretropréduitedansla littératur-e scientifiqueconsa-
créeà I'Amérique latine.Nousvoudrionsainsidémontrer querecherche et pédagogie
ne sontpascontradictoires et que le conceptd'enseignant-chercheur n'estpasune
vainechimèreuniversitaire.

* Universitéde ParisX. CREDAL.InstitutUniversitaire


de France
I Lc sruerproposecelreanneeestpafitculièrement passionnant, mêmes'il posede Ttsraxt I :
nombreux problèmes de définition,tantsurle plande la géographie physique quesur sur u LIER
L'orJvERTLtRE DËsPAysunNo-,qYÉntc,qtNs
celui de la géographie humaine.Ceftes,plusieurs ouvrages de référence font le point
sur le mondedeslittoraux,maisil n'estpastoujoursfacilede déterminer la profon-
deurde la frangelittoraleou tout simplement la longueurdescôtesà étudier.Depuis l l t k rl i rl (k n t ) 1\olnl)fe oe QÛotle rtt
superficie (km2)
Ia Temede Feujusqu'àla frontièreMexique-Etats-unis, l'acades"' d'otrverture*"
I'Amériquelatinecompte (J ,46
ainsiplus de 50 000 km de côtes.ce chiffie énormen'a pourtantpasbeaucoup Argentlne l, /trt) 669 4 lr.)
de Bélize 22 965 290 I o55
sens,carii peutvarierde plusieurs milliersdekilomètres selonquel'onentrera ou pas Brésil 8 512000 7 400 I 0,44
danslesdétailsd'unespace complexe et souvent maldéfini(tableau 1).Jusqu'où, par chili 756626 >10000 I r,59
I 141748 2 900 2 0,47
exen-rple, doit-onfairepénétrerle littoral maritimedansl'embouchure du rio de La Colombie
0. 97
Costa Rica 50 900 600 2
Plata,qui s'étend surplusde 200km de large? A lui seul,I'Uruguayposeproblème: El Salvador 21000 320 I 0, 69
safaçadeAtlantique nedépasse pas120km,maisle payss'ouvrelargement surcefor- Equateur 210667 890 I 0, 50
midableestuaire (450km de côtesen contactdirectavecle fleuveet la mer). Guatemala 109000 420 2 0, 25
Guyana 215000 400 I 0,t 2
De la mêmemanière, commentmesLlret touteslesindentations de la côtechilien- Guyane 90 000 .120 I 0, 22
ne,bordéed'unemr.rltitudes d'îlotsen grandepartieinhabités ? A cetégard,le détroit Honduras I t 2 088 96i) 2 0,6,+
I 971000 1t 100 2 756
de Magellan,véritablemosaïque d'îleset de brasde mer,estun véritablecasse-tête Mexique
'l l0
Nicalagua 148000 2 0 ,5 7
pourle marincommepourle géographe ! Selonlesmodesdecalcul,le littoralchilien 77 000 2 tt60 2 4 ,9 6
P:mama
peutainsipasserd'àpeine5 000 à plusde l0 000km de long.Le problèmeesttout Pérou I 285215 3 080 I 0 ,4 l
atrssidiificileà résoudre cluandun payscontinental dispose d'annexès insulaires 16326-5 380 I 0,l7
loin- Surinam
0,43
taines.c'esl nolamment Uruguay 177500 6'70 I
le casde I'Equateur qui possède I archipeldesGalapagos, 912050 4 000 I 0 ,8 l
Venezuela
constituédetreizeîlesprincipales couvrantenvironB000km2,situées e ptusoe 1 200
km de Guyaquil,le grandporl équatorien du littoralPacifique. À ces5b 000km de
côtes,il fauten ajouterenviron10000km pourle seularchipeldesAntilles,compo- * Ne sontprisesen comptequelesdeuxprincipales (Atlantiqueet Pacil'icpre).
l'açades
sé de plus de quarante îles et d'unnombreincalculable d'îlots,de cayeset de récifs xx Mesureobtenueen divisantla longueurdescôtespar la longueurdesfrontières ter[estles(lesÉtals
émergés. Danscetensemble, le <géanbcubain(l l1 000km2)setaillela partdulion,
Leschilïres
sansaccèsà lir mer sontexclusdu tableaLr). proposés ici sont Ils
arl'ondis. peuventvarier
avecses3 500km decôtes,alorsquela petiteGuadeloupe (l 179km2)nedévelop-
selonles sourceset selonles méthodesde calcul enployées pourdéfinilles des
fiontièr'es Etats.
Sur
pe que 180km delittoral.
ce point,notreouvragede référence estle livre tle Michellioucher'.Frontset.lrcntières,tuttour drt
Les payslatino-américains entretiennent avecleursfrangescôtièresunerelation
ntondegéopolitique,
Paris,Fayard,1991.
étroitemais souventambiguë,qui reflètetoutesles avaniesd'unehistoiremouve-
mentée.Toussontnésdu contactavecla mer,qui a permisaux Espagnols et aux
Portugaisde s'enparerd'uncontinentrestéinconnudesEuropéens jusqu'àla fin du Le Panama, quantà lui, estun véritable casd'école. Largecl'àpeine80 km à la
XVe siècle.Pourtant, hauteurdu canalinterocéanique qui le coupeen deuxdepuisson inauguration en
raressontlesÉtatsnésauXIXe siècledè la délomposition des
empiresibériques qui sesontréellement 19142,\ldisposed'unedoublefaçademaritimecomplètement démesurée si on la rap-
toumésversI'Océanpourperyétuer lescou-
rantsd'échange anciennement organisés par la métropole, porteà sasuperficie (1 160km surl'Atlantique,I 690km surlc Pacifique). Sesfi'ott-
et encoreplusraresceux
qui ont véritablement développé.leurs espaces iièresterestres,trèsréduites (263km avecla Colombic,245 km avcc le Costa Rica),
littoraux.Danscecontexre, on consra-
te non seulement quetousles Etatslatino-américains reflètentl'étirement d'unisthmequi a joué et joue encote un rôle économiquc e[ strit-
ne sontpaslogésà la même
enseigne (tableau I), maisaussiquelespayslesplus<maritimes> tégiqueessentieldans I'organisation des échanges maritimes iutercontinentlux.
ne sontpasnéces-
sairement lesplus<marins>. Si le Chili,le Mexrque et surtout le Panama Pouftant, la vocationmaritimeduPanama restelimitéeà l'anciennc zonetlttcanal,aux
s'ouvrent lar-
gementsurla mer,cen'estpasle casdestroisGuyanesi ou du Guatemala, ni même portsdeCristobal(côteAtlantique) et de Balboa(côtePacifique) ou à la zonell-anche
du Brésil,qui dispose pourtantde plusde 7 000 km de côtes.Ponrautant,il ne faut deCol6n,l'unedesplusanciennes et desplusgrandes dumonde. EnIàit,commedans
passefier auxappafences. La longueurdescôtesn'ajamaisdéterminé un quelconque la plupartdespayslatino-américains, leslittorauxpanaméens tournenlgénéralement
<clestinmaritime>desNations.Le Mexiquene s'estainsitournéquede manièretrès te âos I la mer et lespopulations localesn'ontpasdéveloppé dc cttltttt'e
maritime.
tardiveverssonlittoral,puissamment aidéen celapar la découverte et l'exploitation Danscetensemble, seulsI'Argentine, le Chili et, à un moindredegré,le Pérou,peu-
desgisements d'hydrocarbures de la côtedu Golfeet le développement du tourisme ventêtreconsidérés commedespuissances madtimes - maisde second ordt'e.
balnéaire surle littoralPacifique. à la Colombie, qui dispose d'une position pri- De manière paradoxale, c'estenBolivie,le setrl pays (avec le Paraguay) qtrinedis-
Quant
vilégiéeentrel'AmériquecluNord et I'Amériquedu Sud,entreI'Atlantiqueet et le posepas d'unefaçadeocéanique, que I'appel de la mer semblc être le plus fort.
Pacifique, entreI'AncienMondeet le Nouveau, ellen'ajamaispu retrouver le rôle Dépossédés deleur accès à l'océan Pacifique parle Chili à la fin cluXIXe siècle, suite
qu'elleoccupait à l'époquc coloniale, quandCartagena de Indiassetrouvaitaucaffe- à unegueneépuisante (1879-lBB4), les Boliviensn'enfinissent pasclepleurerttne
fburdesroutescommerciales qui unissaient lespossessions espagnoles auportanda- défaitequi les a privésnon sculement desrichesses ninéralesdu déscrtd'Atacanla
iou de Séville.véritable cléde voutede la <carièredesIndes>. maisauisi (et surtout)de leur seuleouverturesur le moncleextérieur.Depuiscette
I

o
+
date;malgréla miseen placede voiesde communication modernesqui ont mis fin, climattempéréde type méditenanéen. Valparaiso,Concepcidn et Valdiviase situent
sur le planteclnique,_ à I'enclavement du pays,lesdirigeants bolivieni,soutenus1lar le
entre 33e et le 40e degré de latitude sud (Cruz Villalôn, 1991 : 23).Au nordde cette
I'ensemble de la population, revendiquent toujoursaveCforce leurdroità la mer.Édi- régions'étendent des espaceslittorauxsemi-déserliques ou déserliques qui ont peu
fié à La Paz(3 800m d'altitude) un <Musée deI'Océan> relateainsiavecminutietous favoriséI'installationdeshommes,malgrélesrichesses minièresdu désertd'Atacama
les tenantset les aboutissants de la guerre.Quantà la marinenationale,eltecontinue et la présenced'eauxtrèspoissonneuses, alimentéesen planctonpar le courantfroid
à s'entraîner surles bordsdu lac Titicacatandisque,régulièrement, descarssurchar- de Humboldt.Ici, les deniitésdépassent rarementtrois habitantiau km2, mêmesi
gésdescendent versla côtepourpermettre à leuispassâgers, au moinsunefois dans Antofagasta, capitalede la IIe régionchilienne,atteintpresque300000 habitants.Au
leur vie, d'entendre, de sentiret de voir cettemertantdésirée.Cet attachement à un sud,la rudesse d'unclimatocéanique pluvieux,qui subitI'influence desbasses pres-
(mondeperdu>fait de la Bolivie un casparticulierenAmériquelatine.Le paraguay, sionspolaireset sub-polaires, a sansaucundouteentravéle développement écono-
dont la situationenclavée au centrede I'Amériquedu sud esi en grandepartieôom- miqueet la croissance démographique dela région.PuntaArenas,capitalede la XIIe
parable,n'ajamaisrêvéde concuffencer lespaysriverainsdu rio de La pîata. région (Détroit de Magellanet espaceantarctique) compteaujourd'huiplus de
En fait,mêmelespayslatino-américains lesplusouvertssurI'océanonttradition- 100000 habitants, maisla densitémoyennede ce tenitoirefortementmarquépar la
nellementnégligéleursfaçades maritimes. Le plussouvent,ils ont développé surla présence de la mer dépasse rarementun habitantau kilomètrecané.Personneici n'a
c.p!e{ep activitésqui avaientpeu de rappof avecla mer. C'esrle cas-àespays oubliél'épidodemalheureux de <PortFamine>, cettepetitecolonieespagnole instal-
{'4ry!Ou9 centrale, dontlesrichesplaineslittoralesontétécolonisées, depuislà fin lée sur le détroitde Magellanen 1581et abandonnée à son sortpar les autorités
du XIX. siècle,par de grandescompagnies bananières (commela célèbreunited locales.Six ansplustard,le corsaireCavendish, en routeversdenouveauxpillages,
Fruit,relayéeaujourd'hui parDel Monteou parla unitedBrands)qui ontfaçonnédes récupéra le derniersurvivantdes400fondateurs de la ville : <bientôt desruinesappa-
enclavesagro-exportatrices entièrement tournéesversles marchésextérieuiset cou- rurent,et quelquesécroulements auxquelsla nuit prêtaitun aspectgrandiose,tristes
péesde l'économie locale.Certes,cesgrandesplantations doiventen grandepartie restesd'unecolonieabandonnée, dontle nomprotestera éternellement contrela ferti-
leur développement aux facilitésde transportsfourniespar quelquesports taiilés à lité decescôteset la richesse decesforêtsgiboyeuses, Le Duncanpassait devantPotl
leurmesure, maisellesn'ontpasfavorisél'émergence d'unecuituremaritimedansles Famine>(Verne,1966: I-86).Pourtant,le développement récentdeI'aquaculture dans
populations locale,aucontraire: leslittorauxrestentpeuplés de paysans et d'ouvriers cetterégionprouvequeles <déterminismes naturels>sontfaits pourêtrecontournés
agricoles, el rarement de marins. et quela perception (positiveou négative) d'unespacedépenden grandepartiedes
_Au Honduras, par exemple,les trois départements de la façadecaraibe(cortés, pour
moyensengagés le mettreen valeur.
Atlantidaet col6n) qui ontétémisenvaleui(ouencouperégléûparlescompagnies D'autresespaces littorauxsemblent vouésà un éternelabandon : ce sontlescôtes
bananières, regroupaient en 1993le quartde la populaiiontôtaleiur moinsaels qo à mangrove,dont I'inextricable fouillis hantesouventI'imaginaire desEuropéens.
du tenitoile. La productionagricole(bananes, ananas)est exportéepar les portsde que soit la couleur des palétuviers, leur présence en bord de mer agit comme
Quelle
La ceiba (95 000habitants), Tela(80000habitants), et surtoufpuertocortés'(70000 un vrai repoussoir. Caractéristique de la zoneintertropicale, cetteformationvégétale
habitants), qui disposedesinstallations lesplusmodemes(unport en eauprofonde, couvredevastesétendues surle littoralguyanais, au Mexique,enAmériquecentrale,
un terminalde conteneurs, desponts-roulants). situéeà moinsde 30 km dè la côte, en Colombie,en Équateuret au VeneÀéla,sanscompteide nombreuses îles des
au cceurde la zonede production,SanPedroSulacomptedésormais400 000 habi- Antilles : au sud de Fort-de-France (Martinique),I'aéropottdu Lamentin a été
tantset seprésente commela capitaleéconomique du pays.Le littoralcaraibedoit construitsuruneimmenseforêtde palétuviers dont lesracinesaériennes ont envahi
doncà saspécialisation agricoledebénéficier dei meilleurês infrastructures routières la moitiéde la baie.La mangrove estgénéralement présentée commeun milieuhos-
et ferroviaires du Honduras, mêmesi ellessontparfoisinsuffisantes. LesportsdeLa tile,difficileà pénétrer, impossible à mettreen valeur.Sonintérêtécologique et éco-
Ceiba et de Tela ne disposentainsi que d'installations rudimentaires, limitéesà nomiquen'a été découvertque tardivement: elle hébergeen effet des milliers d'es-
quelquesentrepôts et à un môlelancésurla merpourpermettre auxcargosde char- pècesvégétales et animales à qui elleoffreun abrisûr- tantqu'elles.ne sontpasmena-
ger leurscargaisons de bananes. Sonimportance économique a étéaccruepar I'im- céespar la déforestation. Malgréla forcedespréjugés,certainsEtatslatino-améri-
plantationrécentede nombreuses entreprises maquiladoras, dont les produitssont cainsont prisconscience de la richesse decesespaces ambigûs, à la fois terrestres et
destinés à l'exportation. Entre1990et1993,lesouvriersdesusinesd'assèmblage sont maritimes.La mangrovea ainsifait de I'Equateurun grandpaysexportateurde crus-
passésde 9 000 à plus de 33 000 (dont5 000 pour la seulezonelibre de puerto tacés.Dans la baie de Fonseca,partagéeentre le Salvadoqle Honduraset le
Cortés),cequi représente le quartdesemploisduiecteurmanufacturier. Pourtant, les Nicaragua, la ville hondurienne de Choluteca (ll0 000habitants) a fondéunepartie
emploisdirectement générés par I'activitéportuaireou maritimesontpeunombreux. desondynamisme actuelsurl'élevage descrevettes, misenplacepardescompagnies
En fait, le principalatoutde la zonelittorale(hormisle bascoûtde la main-d'æuvre, multinationales dontles capitauxsontsouventnord-américains. Entièrement tournée
avantage comparatifvalablepour I'ensemble du pays)n'estpasdirectement lié à la versI'exportation (commelesusinesmaquiladoras), cetteactivitéestdevenue pourle
présence de la mer,maisplutôtà l'ancienneté de sesrelationsavecles investisseurs Honduras uneimportantesourcede devises, maisausside contentieux avecsesvoi-
nord-américains. sins,accusés à la fois de détruireles lieux de reproduction et de vouloir s'emparer
La grandevariété, despaysages et desformations littoralesa rarementétéconsi- d'unemanneaquatique dontils ne tirentencoreaucunprofit.
déréecommeun atout,maisplutôtcommeun obstacle à la miseen valeurdu tenitoi- La multiplicationdeslitigespourle contrôledeseauxterritoriales montrepara-
re. Ainsi, au Chili, l'étroiteplainelittoralejoue un rôle essentiel dansla distribution doxalement quelespayslatino-américains s'intéressent deplusenplusà leursfaçades
de la populationet des activitéséconomiques. Poufiant,on ne trouvedes villes maritimes.Régulièrement, des escarmouches opposentles pêchettrssalvadoriens,
côtièreset desportsdepremièreimportance quedansla régioncentrale, quijouit d'un honduriens et nicaraguayens dansle golfe de F4seca. Le Nicaraguaréclamepar
D
ailleursà la Colombielesîlesde SanAndréset deProvidencia, aulargedeses
situées
côtes.Quant à la Colombie,elle voudraitreconsidérer le partagedu golfe de
Venezuela, dontlesrichessespétrolières
sonttrèsinégalement entrelesdeux
réparties
nations.Il nousestdoncapparunécessaire d'essayer d'expliquerpourquoi, jusqu'àune
datetrèsrécente,leslittorauxlatino-américainsont étépeumis envaleur,et comment
ils évoluentpourdevenir,dansun mondeencorefragile,desespaces deprospérité. il
étaitimpossible, dansle cadreréduitde cet ouvrage,de couvrirà la fois I'ensemble
descôteset touslesthèmesd'étudequi leurconespondent. Ce n'étaitde toutefaçon
pasle but d'unepublicationfondéesurdesrecherches en courset non surdesinfor-
mationsde secondeou de troisièmemain.Les neufchapitresde ce livre permettront
cependant au lecteurde disposerde références solideset variées,facilementutili-
sablesdansunecopiede CAPESou d'Agrégation. Nousespérons aussi(et peut-être
surtout!) qu'ilslui donnerontnon seulement I'enviede poursuivreseslecturessur
I'Amériquelatine,maisencore,pourquoipas?, cellede travailleravecnoussurdes
tenesqui,malgrél'angoisse desconcours, peuventtoujoursle fairerêver.

NOTES
I Strirtosensn,lespayssud-américains de langueanglaiseou hollandaise, commele
Guyana, le Bélize ou le Surinam (sanscompter les îles de l'archipel des Antilles)
n'appartiennentpas à I'Amérique latine. Il est cependantintéressantde comparer
leur évolution avec celle de leurs voisins <latins>,car les processusde mise valeur
de I'espaceet de contrôle des sociétéslocalesy sont très différents.
^ La zonedu canal seraentièrementrendueaux Panaméensle 31 décembre1999.
'

BIBLIOGRAPHIE

CRUZ VILLALON J., 1991,Chile.Mexico,Bibliotecalberoamericana.


MAINET G. (dir.), 1998. iles et littoraux tropicaux,Brest, UBO-lnstitutUniversitaire
Européen
de la Mer,2 tomes.
PASKOFFR., Les littoraux.Paris,ArmandColin.
VERNEJ., 1966,Lesenfantstlu capitaineGrant.Paris,
Le livre de Poche,2 tomes.

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