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Cohirr^Âr. CF t-t, noI
L'EAU POTABLEA MEXICO :
GENESED'LIN ESPACESOCIAL (XVIe-XIXeSIECLE)

fl*is t UHESS Alain MIISSEf

Depuis sa fontlation par Ies Aztèques en 132.5,Mexico a toujours


entrctenu avec I'eau des rclationsétroites : ville lacustre,bâtie au cocur d'un
marécage, elle a été marquée par la présence de digues, de canaux et tle
chausséesqui ont façonné ses paysagcs. Après la Conquêtr:, les travaux
réalisés par les Espagnols pour cléfcndrc lcur capitale des inonclations
péritxliques qui la menaçaient ont fait passcr l'étude du drainage des lacs au
prcmier planl. Pourtant, I'alimcntationcn cau prltabledc Merico a joué un
rôle imJxrrtant dans la lormation d'un espace urbain original et fortemen(
individualisrl.En cffct, avant nrôrnç I'arrivéc dcs Espagnols,ltar,illc de Me:tic<l
était ggande consommatriced'eau potablc. A,pnèsla Conquôl':, r,cs,bc,s,,ins
n'ont laiii qu'arugrnen(er.La croissancede la population. I'in{roduction de
nouvellcs activités écononriqucsc()nsommalricestl'cau, r,;ntlprr;'irr.r1trud nn
accroisse,mentrje :la dcm:rndc ct exacerbé les conflits erùtl'e(,on.lrrunauu.C]s.
C'est pourqu,oi no'us étudi,:rons,ir:i une problérnatilqur:strict'eruerrlurbainer.
Nous essaier<lnstle voir r:,lrmmsnls'ortr;anisaitle réseau ,r,!edistritr,ution de
I'eau dllns lrr villc cl ,qucl a été sln impact à la li;is sur lcs s-t.'u'iturc"iurbaini-:s
et sur la srrciétémcxi'caine.

'. Alain MUSSFTest nlaître de confCrencesà l'Université Paris X - Nantcrre. (lc texte préscntc
unc Jrartiede la thèsc soutenue par I'auteur cn juin l9)0. souç la directron de Manrel Roncryrlo.

l. l)cs travaux dc drainage onl été cntrcpris en l(07. lls n'ont été officiellcmcnt achevésqu'cn
1900. Voir MUSSItI','[)e'Ilaloc À llip6rratc - l'eeu et l'organisation de l'espace dans le
^.
trassindc Mexico', Artrolcs li..ç. ('., lt)91,2, pp.26l-21i8ct I)c I'c<tttvit'c à I'eou rnorte - l.'iltu
dons le hassitt de Me"rico. Paris. IilR(-. 1991.
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Dès lr: XVle sièclc, l:n offct, dcs canalisationsdesscrvaien(les rues s \

principales et venaiernt alimentcr tles fontaines publiques et privées.


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Cependant,la structure de I'espaceurbain de Mexico, compartimenté par la \ iir
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préser:ccde plusicurs canaux qui isolaient lcs différents quartiers cnlrs cux, I r--.1
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cmpôcha longtemps d'étcndrc cc réseau à toutc la villc. L,: granrJ axc du _J tl
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développcmcnturbain à l'époquc ctllonialelut donc, à l'()uest, la chausséede tl l
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Tacuba ct ccllc dc la Vcr(tnica, par oùr pas.saitI'eau vcnue de lianta Fe. A 1.,..1 (
I't-rpposé,
des quarticrs cnticrs souiïraicntdc la soif ct devaicnts'en rernert(reà
d'aul.rcs,
n/roycnsdc distribution,conlmc le,sportcurs d'cau. Mal desscrvics,lcs
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margc.i orientalcs, lournécs vcrs lc lac salé, perdircnt clc leun attrait. C'cst <)\

dans cetlt,pz()nequc fut construit I'hôpital dc San Lzar<t, destinr3aux léprcux. I :t: :i ù3\ r
t;k \ ,'
Dès lc XVIIc sièclc, I'cau a d()nc provoqué une fissure dans t'organisat,ion ,.i r i"
spatialetlic la villc. En outrc, durant toutc la Clol,rnicct une p,r,tlrrrtc
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parrtiedu .\) - s{
XlXe sièçlc, les aqucducs onl joué, dans la structure urbarnc, lc r,gls di;5
l
grandes voies dc communical.ionau X,{c sièclc. Les popuintions, mônnc I /,,)
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déshéritéos,s'installaientsur lc trajct do la cond,uite,commc aujourd'hui on
peut suiivre le progrès de I'urbanisation lc long cles lignes <jc nnétro ou des
autoroutes. ll ne s'agit donc pas ici d'ébaucher unc rapidc histuire des
techniqucs, car c'cs[ I'histoirc dcs mcntalités ct la géographie dc I'eau en
milieu urbain qui nous intéressent: au XIXç siècle,I'utilisationde pompesà la
placc de l'écoulcmentpar gravité a changéles licux de prélèvement,la forme ,' .f
dcs fontaincs,lcs réscauxdc distribution mais aussi,en parlic, les structurcs I
mentalesdc la p<lpulationdc Mcxic<,r. \
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Lli coNl'nol,Ft Dn r,'t)\u

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Enfcrmé dans un cercle dc m()ntagncs,Ic bassin de Mcxico doit sa
configuration à <ics phénomènes tectoniques ct volcaniqucs réccrrts, ilb
nolammcnl la lirrmation <lc I'axe néovolcanique,à la fin du tcrtiaire ct au
début du quaternaire.c'est à ccttc époque quc s'çst élcvéc, à I'Est. la sierra a
; [,'.':':....T;
Ncvada, travcrséc par cclr(és cn l5lg ct dominéc par cles sommets qui i.j

dépassent-5000m. Au fond du bassin s'ércndaientplusicurszones lacustres,


les unes naturelles, les autres créé<lspar la main dc I'homnre (fig. l). La
particularité cleslassclc Mcxico était qu'une partic d'cntre eux était salée.[æs
Espagn.ls sc s()nt longtcmps intcrrogés sur I'originc dc ce scr qui
empoisonnait les caux dttuccs clu bassin ct qui rcndait stériles lcs tcrrains
découvcrtspar lcs travauxdc drainagc.Si l'on oublie certainesthéoriesde
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rlE lvltil(tco (l(Ylh.: - .KN.Kt:rslltcl,tt)


Figtre 2 - Lns ncr;ptut!:Du,cs
t'épo,1ro2, la présencc de ce,sformatic,ns salines s'cxpliquc par I'ar:tiorr dr:
pluies arr:ides,fréquentes dans le mondc, tropicall,sur des ro,th,es;
andésitirtr,uss,
où dorninent des feldspaths sodiquesou sodico-calciques.l-es pluies ciissolvenl ----
les feld,i,pathset lcs transforment en carbonatcs alcalins, en gralrdc panf.ie,
TAtaSrc
sodiqucs, qui vont s'accumulcr dans la cuvctl{i, lacustrc <trc'I'excoco. iBienr
enterrclu,cette eau saumâtren'était pas potable,ce qui rend;lit Ia situali<lndr:, a
Mcxic,:r paradoxale : situéc au coeur d'un lac, la ville dépendait p()ur son
approvisionncmcnten eau d'un aquoduc dont I'cntrcticn était rcndu délicat
par la nature meuble du terrain. Les Aztèquesclurenl affron(er ce problème QYt$"
gxlur édifier leur prcmièrc conduitc,ct le problèmes'cst p()séà nouvcauaprès
la C)onquôtc,quand il fallut réparcr la canalisationr()mpuc.Pour pallicr cettc 'xctts æ
contraintc on utilisa des tuyaux dc plomb. La meillcurc solution consistait
pourtant à édifter dcs archcsqui isolaicntI'aqucducdu contactavecla tcrrc ou
avcc I'cau. On pouvait al<,rrsutiliser dcs tuyauxcn tcrrc cuilc, moins coûtcux,
plus simples, plus sains,mais aussi plus fragiles.
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SANTÀFê
tu*ii nAtprr
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Plusieursdocumentspermettent d'affirmer qu'il existait un aqueduc c d l t A (a N
préhispanique entre Azcapotzalco et Tlatelolco, ville jumclle de Mexico. Un !r
---ôq|ttrc,
textc dc 1.592précise même quc I'cau qui alimentait Tlatclolco venait d'une
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sourcc appeléc "Aerpulcd'3. PourtanL,mis à part ccs bribes d'informations, les
/ o.srpprooe I
rc,nsciÉincmcnts lcs plus précis dont nous disposonsp()rtcnt sur la ville de I
À- to , l Eo N r J
Mexico ct sur les deux aqueclucsconstrui{s par lcs Aztèqucs. [,e premier I
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aqueduc, celui dc Chapultcpec, avait été conslruit sous le règne de It'
chimalpopoca (1417-1427).Jusqu'alors,lcs Aztèqucs dcvaient se contcnrer de TIA I P ^N
quelques maigres sources et clc I'eau dc pluie. La conduite, en terre cuite, (tnn atçrstin 6ç a216"runt)
reposait sur une chausséc formée de terre rapportéc, de pilotis et dc touflês rout,xuco c
d'herbe. læ principal problème rcncontré par les Merice était d'ordrc
technique.ll tallait laire traverserune partie du lac à la canalisation(fig. Z).
Or lc sol, trop mou, n'acceptait pas le poids de I'aqucduc. Cclui-ci se rompait
en de nombreux endroits et laissait I'cau s'échappcr. Pour remédier à ces | - - _1 F r e n0u€ s t Acù[ TRES ( xr x e sr ect e )
L:-- ----:-l
problèmes, ils demandèrent à Tez.ozom(rc,roi d'Azcapotzalco, I'autorisation
d'employcr d'autres matériaux"pierres, bois, ciment. [æs notrles (épanèques
E:r;,1 H A R FC A C E S
refusèrent d'aidc:r leurs vassaux"dont la montée cn puissanccdépendait tlc la
construction dc cet ouvrage d'art. Unc guerre s'cnsuivit,qui provoqua la chute
d'Azcapotz-alcocl lc début de I'expansion aztèque. A lcur arrivée dans ta ffi'--'ffi"-..-1ffi
(SPAcE u/e64/ÀI b€ .t€tt(O (Utor te;o)

capitalc dc Moctczuma, les conquérantsfirent dc I'aqueclucdc f,'hapultcpcc


AAuIDucs

PaoJle r A loprE
2. Cenains pcnsaient que les caux salécsdc Mcxico éraient le r{si<JurJu l)éluge Univerccl.

3. Archivo (icncral dc la Nacion (Mexico), Indicn. Vol. 6, ta panc. Fixp.(r9-S, tANA L U,gvr cAELÉ.
Fol. l6O v.
4/: / Ueps raso)

n H îuLtN S C oz A N l /1 U Y

A COUUEftT
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achcvé ern15355.Mais plus onc()rç qttc cclui de ChapultcJtcc,slvocl,i:rtrut:l ,crnIc


des descriptiornsémcrvcillécs - ce qui ne les cmpôcha pas de lc rJétruirelors du,
siège de Mexicoa. Un deuxième aquetluc eut une vie plus éphémère. La lc
confond parrfois,I'aqueduc de ljanta Fe a marqué çraysage urllain tlc Mc,xico.
croissance dc la population dans la capitale de l'empire justiliait la présence f)ès 1536,on commençaà parler de la possibilitéd'amencr à la ville les caux
dc cetie conduitc, qui aurait alimenté les quartiers Sud de Mexico : on de Cuajimalpa ct dc Santa Fc, situésscn amont de Chapultepec.(-'ependanl,
dépas.saitalors le chiffre de 100 Ofi) habitants. Le roi Ahuizotl décida en 14#) les travaux ne purent commencer qu'cn 1564,grâce à I'argent que rapportait à
de fairc vcnir I'cau d'une sourcc située au Sud de la villc, près du village dc la ville la laxc sur la viande dc lxlucherie,et ll fallut atlcn<lre1620pour voir
Coyoacan. Mais, semblc-t-il, dc mauvais calculs provoquèrcnt I'inondation de cctte réalisation définitivcment menéc à bion. L'aqucduc ct>ûtal-50.(X)0pesos
Mexico et I'on fut obligé de colmatcr la conduite. En 1527,six ans à peine et se composait de mille archcs. Sur tout son parcotrrs,des bassinsct cles
après la Conquête, on décida de captcr ces eaux, de plus en plus nécessaircsà fontaincs pcrmettaientaux populationsrivcraincs dc s'approvisionnercn cau
la survic dc la villc. Le chanticr fut pcut-êtrc commcncé, mais, suitc à dc potable. ll conscrvason appar!:ncojusqu'à la fin du XlXc siècle,malgré lcs
nombrcusesdifficultés d'ordre technique,on ne reparla plus de cet aqueduc amputations successives qu'il tlut subir à partir tlc lflTr, quand on commença à
avant 1565.A cette date, malgré I'opinion défavorablcdc plusicurscxperts,le supprimer une partie dcs arcaclcs.
conseil municipal prit la décision dc débuter les travaux et consacra millc
ducats de Clastillepour I'achat en Espagned'huilc et d'étoupe qui serviraicnt à A cette époquc, Mcxico devait cncore sc contcntcr des eaux dc
colmater la conduite,En décembrel-566,on apprit qu'unc partie de I'huile et C)hapultcpec et de Santa Fe. Mais la disp<lsitiondes aqueducsdéfavorisaitles
de l'étoupe, importées à grands frais d'Espagne,avait disparu lors du naufrage quartiersSud dc la villc, qui rcstaicntéloignésclesprincipalesconduites.Pour
d'un dcs navircscle la flotte, en face du port de San Juan dc Ulûa. Lc travail sc cettc raison, au milieu du XVlllc siècle,on décida d'arnéliorerla dessertcdc
poursuivittant bien que mal mais les dépenscsgrcvaicntle budgct de la villc cette zone. Avant la consl.ructiondes archestlites "de Belcm",il existait à cet
et lc chanticr fut progrcssivemcnt abandonné. Cc dcuxième échcc ne fut endroit une c<lnduite à ciel ()uvert, sans doutc un héritagc de l'ép,tquc
cepcndantquc partie rcmise.A la fin <JuXIXe sièclo,la captationdes eaux de préhispaniquc.Læcanal passaitsur trnc nruraillc basscdc nraçonnerieque l'<ln
Tlalpan put cnfin se réaliser grâcr: i\ I'installationdc plusieurs stations dc Jxruvait travcrsor grâcc à dcs ranrpcs ct tlcs cscalicrs. En 1779,on inaug,ura,
F)()mpagc. après20 ans dc travaux,la très bcllc lbntaine du Sa/to dcl ugta, qui tcrminait
I'aqucduc. Prcsquc 4 kilomètres séparaicnt le So/to dcl Agto dc la sourcc
Sous lc nom de caûo vicjo ("la vieille conduite") on a désigné,jusqu'à captéc. On avait construit au total 904 arches de picrre pour soutcnir la
la fin du XVIIIe sièclc,I'ancicnaqucducdc Chapultepccqui suivaitle tracé dc conduite.Pourtant, dès la fin du XVille sièclc,la multiplicationdcs conduitcs
Ia conduite préhispaniquc.Cet aqueduccst né, s()ussa prcmière formc, c'cst- souterrainesen fer ou en plonrb marquait le déclin dcs grandesconstructions
à-dire cn suivant lcs techniquesindigènes,quolquesannécsaprès la chute de comme ccllc dcs archcs clc flelem. Au cours du sièclc suivanl,cct aqueduc
Tenochtitl n. Posé dircctcment sur lc sol, tout lc mondc pouvait passerpar- connut lc sor( de cclui clc Santa Fc ct fut progressivement abandonné.
dessuset lcs animaux venaicnt s'y abrouvcr.Ccttc conduite avait été réaliséer
par les lndicns cux-mômes,auxquclsClortésavait concédédc nc payer aucun Ainsi, la ville dc Mcxico a très vite conftsqrré à son profit dc
tribut avant d'av<lir terminé de réparer lcurs maisons,lcs chausséesd'accèset nombrcuscs s()urccs,conrme ccllcs <JcClhapultclrccc( dc Sanla Fc, privanl scs
les dcux conduitc:squi amcnaientr\ Mexico I'cau dcs s()urccstlc chapultcpcc. marges occidentalesd'unc partie de lcur alimentation cn eau. L'ingénieur
Un <Jocumentconservéà I'A(;l pr()uvc ccpendantque I'ouvrage n'était pas Enrico Martincz.,qui allait s'illustrcr cn comûtcrtçnntlcs (ravauxdc drainagc
du bassin,faisail rernarqucrquç I'on voyait à son éJrtx;ucdcs champslabour(rs
cntrc Chapultcpcc ct Tlalncpantla, dans dcs zonc,s où, pcu dc tcnrps
auparavant,des tndiens vcnaicnt Jrôchcr('.Avec I'arrivée des Espagnols,cn

5. Archivo (ieneral dc lndias (Séville). I'alronato lttO. Ramo f.{).

4. lleman (l()R'll:^S, (.'artostle llelocion, Mcxico, Porrua. Scpan Cuantos...n?, 1983,p. 65. 6. Enrico M^RnNIl7., Reponorio dt los ticnrlns, Mexico, SI]-P, l94ft, pp lSûlftl
10 7l

cffet, le contrôle de I'eau est devcnu l'enjeu de luttes n()uvelles.L'introductiorr soutirer aux aqueducsdcs quantitésd'cau plus ou moins grandes,depuis la
d'activités consomnratriccs (moulins, ftruloirs, tanncries) a augmentê la rupture de la conduitejursqur'à I'installationd'urr siphon qui soutiiraitl',eauen
demandeen eau ct le partagc est devenuplus difficile cntrc lcs utilisateursde cache(te8.[,es amendcsplcu'vaienrt surrlcs propriétaires,mais I'cnjeu étirril.
trop
I'cau doucc.Jusqu'àla fin du XIXe sièclc,alors quc lcs prcmièresminoteriesà important pour quc la lraudc pût ôtre intcrrr>nrpuc..lusqu'àla fin du XlXc
vapeur commençaicnt à fonctionncr, I'eau sgrvait cncorc à actionncr les roues siècle,Mexico a dû lairc facc i\ un clilemmc difficilc à résoudrc ; laisscr les
des principaux moulins de la région. La géographic dcs industries dc moulins travailler et abandonnerunc parl.iedc I'cau clonl clle avait bcsoin, ou
transformation, durant toute la période coloniale, suivit cellc de I'eau. A bicn leur mcsursr I'cau ct risqucr dc manqucr clc pain ct tle farinc. En l7\)2,
I'Ouest et au Sud de la ville, là où lcs sourccs e( les rivières coulaient en par exemplc, on ordt)nna aux propriétaircs des nroulins dc modificr lcurs
abontlance, s'installèrent les moulins et les fouloirs. Mais c'est aussi dans ces installationscar I'cau manquait cha<;ucmatin dans I'aqucducde Santa Fe :
zones quc les luttes pour le contrôle dc I'eau opposèrcnt les cultivateurs c'était I'heurc où toutcs lcs mcules des établisscmenLsdc: 'facubaya se
indigènc.set les industriels espagnols: I'espacedc I'eau devint, plus que mettaient à tourncr cn mômc tempse. On leur dcmanclaclonc de nc pas
jamais, I'cspacedes conflits. utiliscr I'cau quancl lcs habitants dcr la villc cn avaicnt bcsoin. Dsvant la
résistancedes propriétairesqui nc voulaicntpas eng.aÉier dc nouveauxfrais,on
Il fallut attcndre peu dc temps après la Clon<luôtepour voir les cut rec()urs à la mcnacc cl'infligcr l(X) pcsos tl'ame.ntlcrà ccux qui ne
Espagn<rls édificr lcurs prcmiers moulins.Le7 février 1525,la municipalitéfit réaliscraicntpas lcs motlificationsn:quiscs.
don à Hcrn n Cortés dc terrains dcstinécsà rcccvoir la première construction
de cc typc en Nouvcltc-EspagnoT.La mêmc année, Hern n L6pez de Avila ct A côté dcs moulins, firuloirs çt autrt:s fabriqucs dc papicr, les
Diego Ramirez reçurent I'autorisation de dé(ourner une partie du do de Espagnols importèrcnt. diverscs activités qui c()nsomnraicnl dc I'cau en
Tacuhaya pour animer lcs roucs dc leurs moulins (acte du l-5-Xtl- 1525).Le rio abondance.Ccs industrics con(ribuèrentcllcs aussi à exaccrl>crlos conflits
de Tacubaya dcvint, pour longtcrnps,la principalesource d'éncrgic primaire cntre les conquérantsct lcs Indicns, entre la ville et les campngncs,nraitiaussi
destinée aux industrios coloniales.Au cours clu XVle siècle. lcs moulins se cntrc lcs Espagnolscux-nrônlcs.[-a prcmièrc tanncric dc Mcxicr>,fut, scmblc-
multiplièrcnt, acc()mpaÉfnés dc nombrcux fouloirs. Dc manière généralc, lcs t-il, édifiéc cn l-529.Dès 1.543,
on obligca lcs tanncursà chang,crdc placc ct à
autorités accordèrcnt facilenrcnt lc droit dc construirc des moulins, parce se regrouper clansune zone, à I'Est de la villc, où les o<Jcurs dég,agées par le
qu'ils occupaient unc placc ccntrale dans l'économie du pays. Pourtant, il travail dcs pcaux nc dcvaicnt pas gôncr les habitants.Cinq ans plus tarcl,lcs
s'agissaitd'unc industric fragilc. Le manqued'cau cn saisonsèche,I'usuredes échcvins décidèrcnt dc [crnrcr la prisc d'cau placéc sur I'aqucdtrc dc
roues çt dcs engrcnages ct I'cntrcticn dcs canaux clc dérivations chargés dc Chapultcpcc au prolit <Jcslanncrics, car la villc avait hcsoin dc (ou(cs scs
mouvoir lt:s mécanismes faisaicnt du moulin un organisme sujet à de ress()urces cn eau polablc. Périodiqr.rcmcnt, lcs autoritésrlrrrcnt rappclcr aux
nombrcux arrôts tcchniques,qui mcttaicnt en péril I'apprttvisionnemcntcn tanncurs qu'ils n'avaicnt pas le droit dc s'installcr dans lçs zonçs qui lcur
pain dc la villc. En outrc, les nroulins étaicnt dc gros consommateursd'eau. étaicnt interditcs.Malheurcuscment, ccllcs-cicorrcspondaicntaux cndroits où
l-es dérivationsinstalléessur lcs rivièresprivaientla ville et les agriculteursde l'eau coulait cn abondancct:t lcs édits furent pcu respcctés.t-ædévcloppcnlcnl
I'eau néccssaireà I'irrigationdesjardins et des charnps.Déjà, en 1523,on avait
d'installati<lnsnon industriellcs, comrnc lc:s lavoirs ou les bains publics,
révoqué I'autorisationdonnéc à ()ortés dc construircses ntoulins sur lc rftr de
aggravaaussi lcs difficultés.Ainsi, en l-172,la supéricurcdu c<lllègedc Santa
Tacubaya,parce qu'on lcs considéraitcomme préjudiciablesaux habilantsde Maria de la Misericorrliase plaignit ;\ la villc du nranquccl'caudont souffrait
Mexico. Les moulins duren( faire lace,à plusieursreprises,à I'hostilitéouver(e
dcs c<lnscillcrs municipaux, souvcnt justifiée par lc comportcmcn(
irresponsablc de lcurs propriél.aircs: tous lcs moysns étaicnt bons pour

8. C ttte i n géni c us ei nv enl i orrv al ut au pnrpr^i étai redu nroul i n de V al dés de pay er. en 1896.2fi .1
pcsos d'anrendc (Archivo I listonco dc la (liudad dc México, Âguas-Molinos. Vol. l7{). exp. 42).
7. lÆs conrptcs-rendus rJe réunion de la municipalité dc Mcxico sont, sur ce thème. unc sourcc
precicusc dc rcnseignements. l.'ensenrble dcs.4cl.r.rclt cohildo a éré publié au Mexiqrre à la fin
9. A l l C M. A guas -Mol i n< x , V ol . 170. ex p.3. "()ue l ûs ttueôtx ; de l os nrol i nrx de' l hc utray a
c t u X l X e e t a u dé h u t d u XXe siè clep a r p lu sicu r sé d iteurssucccssi fs.
mantengiin llcncx los cub()s rcsl)ccti'/,rspara lavar su lrigr:'.
t2 t-)

son couvent, alors que tes bains situés à côté n'en manquaientjamaislo. Cette bénéficiaientde I'eau potablc dans leurs maisons. L'un dcs premicrs quarticrs
injustice provoguait son indignation, mais les propriétaires des bains purent à avoir été équipé d'un réseau densc de canalisationss()uterraincs,fut cclui
montrer des papiers en règle et la concessionfut maintenue. qui entourait le couvent de ,San Francisco. [,c système dc canalisationss'est
peu à peu étendu aux zones périphériques dc I'aqueduc de Chapultcpec, en
A la périphérie de Mexico, les luttes pour le contrôle de I'eau étaient suivant les conduites qui amenaient I'eau aux principaux couvcnts. Lcs
cncore plus acharnées,notamment dans les z-onesde jardins. Tout un volume hôpitaux, tenus par les relig,ieux, étaient eux aussi considérés c()mme
de la scction "Eau-litiges" des archivcs historiques de la ville dc Mcxico est prioritairesdans I'installationd'unc prisc d'cau. En l-5f12,I'Flirpital royal dcs
consacréà unc seule affaire, qui débute cn t6,0fiet se poursuit jusqu'au début Indiens fut équipé cl'une conduite. L'annéc suivanlc,c'est I'Hôpital dc Nolrc
du XIXe sièclell. ll s'agit d'un procès qui oppose tes domirricains de San Dame, plus éloigné de la canalisationprincipale, que I'on relia à I'eau de
Jacinto à plusieurs propriétaires dc jardins, dont les parcellesétaient irriguées Chapultepcc.En 160ft,on tcrnrina la lirntainc situCcsur la placc de I'Hôpital
par I'eau du rio dc Tacuba. Cctte suitc de manuscrits cst intéressante parce de I'Amour dc Dicu. Afin d'équilibrcr la répartition dcs caux ptttablcs,quc la
qu'elle retrace la crise de I'eau dans une zone périurbaine,sur une périodc de localisationdes aqueducsrendait inégale, la municipalité lança très tôt dcs
plusde trois siècles. ta région conccrnée, située à l'Ouest de Mexico, est en profpammes dc conslruction pour amcner I'cau aux quarlicrs les plus
effet celle qui est la mieux dotéc en cours d'eau et en s()urccs.La présencede défavclrisés. Dès 157{), on débkx.;ua 4{XX) pcsos pour amencr I'cau clc
la villc a lavorisé I'extcnsion dcs cultures maraîchères et des vergcrs. Chapultepecau quarticr ds San Pablo, situé au Sud-Est de la villc, dans la
concurrencéspar les terres de labour. Tous les acteurs de la vie coloniale zonc la plus ékrignéc des sources.Deux ans plus iard, unc autre conduite
s'affrontent à tour de rôlc sur lc problème central du partagc de I'cau, qui souterraineamcnait I'eauvers les arsenaux(San L zaru). En lfi0ti, on termina
devicnt plus difficile quand la pression sur la terre augmcnte. lndicns, de construire unc fontainc dans le quarticr clc la SantaTrinidad, à I'F.stde la
labourcrurs,religieux" lwcatdados, formcnt cntre eux des alliances passagères villc, car les habitantsétaiont pauvrcsct ne disp()saientd'aucuneressourcec:n
quand ils sentcnt lcurs intérêts menacéspar un tiers. Dc loin, lcs aulorités eau potablc. Malgré ccs c[[orts, la tlcnsité du réscau scconclaire <iansces
coloniales,municipalitéou vice-rois,gùrent lcs criscsct jugcnt les cas, lc plus quartiers resta très inféricurc à cellc de la zone ()ucsl, oir I'cau était plus
souvent au Mnéficc de la ville. abondantc.

L'arrivée de I'eau de Santa Fc, au début du XVlle siècle,ne changca


pas dc manièrc lilndamentalc I'organisation du réscau de canalisa(ions
L'FAu lîr LEs slrugruRrs t.jRBAtNEs soutcrrainçs. L'apport supplémcntairç en cau nc ht quc rcnlirrcer la
préénrinencedcs quarticrs Oucst- I)urant toul lc sièclc, ainsi qu'au sièclc
Cité lacustrc par cxcellencc, Mexico a été marquée par le réseau des suivant, lc réscau se compléta cl presque toutcs les rucs principalcs
canâux, des digues et des chaussées,mais elle n'a pa échappé à un certain disposèrent d'une conduitc pr:imairc et de ccntres distributcurs clui
tropisnre qui la poussait à se rapprocher des sourccs d'eau potable, permettaient I'installation dc' canalisations privécs, corrcédées par
provoquant une rupture nette entrc les quartiers.Avant la Conquêtc,il existait I'administration"En 1535,une décision des échevinscut cles répercussions
déjà dcs conduites, souterraincs ou non, qui amcnaicnt I'cau dc (lhapultepec imJxrrlantessur t()ulc I'histoirc de I'approvisionncmcntcn cau dc la villc de
aux maisonsprincipales,aux templeset aux jardins royaux.Cette particularité Mcxico. Selon le décrct pris par lc conscil municipal, lcs gens qui disposaicnt
dc I'approvisionnement en eau frappa I'imagination des Espagnols, qui d'unc concessiondcvaient placer un bassin dans la ruc, près de lcur porlc,
voyaient en clle la preuve d'un haut dcgré dc civilisation.Quelques annéçs pour que lcs voisinsct lcs lntlicns puisscnt cn profitcr. Cctlc décisionne fut
après la Conquête, un certain nomhrc d'Espagnols,parmi les plus riches, pas toujuurs rcspectéc,mais cllc tracluisaitla volont6 tles autoritésdc fairc dc
I'eau un bicn commun. Encorc au milieu du XlXe sièclc, lcs conccssions
accordéesstipulaicnlquc lc titulaire était obligé d'installersa fontainc rJansun
1 0 .A l l ( l M , A gu a s- Oo n r u n id a d e s,
Vo l. 1 5 . e xp . 2 0 . endroit ouvert it lous, alin que les gcns du voisinagc eusscnt un accèsdirect à
I'cau potable.
I l . A l l ( l M . Â gu a s- l- itig io c.Vo l. 6 2 ( 1 { # ) - 1 8 1 9 ) -
14 l5

A côté de ces fontaines utilitaires, la ville conçut pour son ornemcnt s,ajoutaient la mauvaise qualité des matériaux employés, les abus des
de grandes constructions cle prestige. La première place à en bénéficier fut la administrateurs et de leurs contremaîtres, mais aussi I'indifférgnce ou les
Plazo Mayor. Symbole des pouvoirs civils et religieux el. exprcssion de la cléprédationsdc la population. Chaque année, la ville devait dlépenserdes
domination espagnolc,elle reçut on 1-530la première fontainc monumentale milliers de pesos pour réparer les tuyautcries souterraines ct les arclhcsdcs
dc la ville, alirncntéc par une canalisationsouterraine.C'était un édifice de aqucdues.ll fallait y ajouter sanscesscdc nouvelles retouchesdans lc riystèmc
forme roncle, tout en pierre et en maçonneric, dont I'exécution fut confiéc à {e distribution, travaux requlisà la demande des habitantsmécontcntsde la
Martin y Pontecillas pour la somme énorme dc 4000 pcsos. Elle subit par la localisation de certaincs fiontaincs.L'histoire des lbntaines publiques clc
suite dc nomhreusesmodificationsmais rcsta jusqu'à sa dcstruction un haut Mexico est en effet mouvennçntéc.A fcrrcede constructions,de destrructions,
lieu de la vie sociale mcxicaine. Pour lc voyageur italicn Franccsco Carletti, de réparationse1 dc cléplaccmcnts, on l'init par perdre leur tracc. Lcs lutles
qui fit lc tour du monde à la fin du XVIc siècle et au début du XVIle, la 1x,rurs'approprier une fontaine, ou pour interdire sa destruction, opposèrent
treauté <JeMexico venait de ses rues larges et régulières, de ses places et de surtouf lcs religieux aux populations voisines des collègcs et dcs çouvents'
teutes les fontaines qu'on avait placées en des lieux facilement accessiblesau Ellcs traduisaien[dcs rclationscon{lictuellcs,exacerbécspar la néccssiléd'un
.il605,
public. .Au milieu du XVIlle siècle, il existait au moins sept lontaines accèscommunautaireà I'eau pçtablc. C'es( ainsi qu'au mois de rnars lc
publiques digncs d'intérêt, auxquellesil lallait ajouter 1Otlbassinset f<rnl.aines père Martfn Fern nclez, rçcteur du collège dc la Compagnie de .!ésus,
appartenant à dcs particulicrs. En 18(Xr,le chiffre était passé à 72 fontaincs dcmanda I'autorisationdo changer de place la fontainc situéc au coin de la
publiques(mais toutcs n'étaientpas dc grandesréalisal.ions architecturales)et maisorrdu collège de San Bernardo, car l'écoulement des eaux abîrnait les
à 380 fontainesprivées,uniquementpour I'eau venuede Santa Fe. Au Sud, les murs. Læsvoisins s'opposèrcnt à cctte demande, arguant du fait que, si on la
archcsdc Bclem n'alimcntaicntquc quatrc fontaincspubliqucset 125 maisons déplaçait,ils n'auraientplus d'eau ryxablc ;\ proximité. L'affairc dura plus d'un
particulières. Le jardin de la Alamcda, fondé par le vice-roi d<ln Luis de an, jusqu'au mornent où les jésuitesobtinrcnt gain dc causc : la fontainc fut
Velasco II dans lcs années 1590,bénéficiait aussi dc quclques fontaines dc peu déplacéeaux frais de la municipalité.
d'importtance.Au XVIIIe siècle,le programme de constructionde f<rntaines
monumcntalesfut amplifié et lc jardin en profita largement.A cette époque, Aux coupures d'eau occasionnelles, liées au mauvaisétat du réseau,
I'eau de ces installationsjouait déjà un rôle différent dans l'écononrieurbaine. s'ajoutaicntdcs insuffisanccspcrmancntes,structurcllcspourrait-ondire, dans
Contrainement à cclles de la Plazu Mayor, qui combinaicnt des fonctions la distribution.A l'épciquccoloniale,un des quartiers les plus touchéspar lc
utilitaircs et clcsfonctionsd'agrément,celles-ciservaientsurtout à I'ornement manque d'cau fut cclui dc Santia6loTlatclolc<1.Pcuplé surtout d'[ndicns, il nc
de la ville. Sur lcs grandcs promenades, comme le Puseo de Bucoreli ou la faisait pas partic dcs préoccupatit)nscons(anles du conseil nrunicipal cle
Alanrcda, aménagécspar des vicc-rois éclairés,lcs gcns vcnaicnl cn calèchc Mexico, don{ il clépendaitadministrativcment.En 1592,selon une pétition
admirer lcs jcux d'eau formés par lcs fontaines. !-eur localisaticlnnr: fit présenléeaux échcvinspar le gardicn du monastèrc.lcs habitantsdu <;uarticr
qu'accentuerle clivageentre les quartiers Ouest et Est de México, puisqueles en étaient réduits à boire uûe cau insalubre, qui les rendait malades et
promenadcs agrémentées de bassins et de jeux d'eau étaient situées à augmentaitde manière considérablele taux cle mortalité. La population avail
proximité des principales sources, c[ notammcnt dc Chapultepcc. A rlcs zoncs baissé de moitié cn cinquantc ans, pour passcr dc 6fiil lributaircs à 3fin' A
toujounsapprovisionnées, où I'on se pcrmettait de gaspillerles ressourccsen cause du manque d'eau, lc mouvelncnt ne faisait que s'accentucr: les gens
eau potable pour lc scul plaisir dcs yeux, s'opposaient dcs zones où môme quittalent'flatclolcop()ur sc renclrccn clcscndroits mieux équipds,cornmc lcs
I'e:aula plus néccssairefaisaitdéfaut aux habitants. quarticrs dc San Juan ct dc San Pablo. La cttnstructiond'un aqucduc nc
résolut pas tous les pnohlèmcs: à la fin du XVllle sièclc,sclon un rapporl
Tout au long de I'histoire coloniale,et même après l'lndépendance, daté du 31 août 77"19,|asituationsemble s'ôtre dégradéer au point d'imposer la
conduites, réscrvoirs ct fonlaincs fircnt I'objct dc soins conslants qui ne constructiond'une nouvclle concluitcrct tle plusicurs ftrntaincspubliques ct
réussircnt pas à lcs c()nscrver en hon étal.. [æs perpétucls travaux engagés privécsl2.En 1795,après dc nombrcux rciards, la tuyautcric était enfin cn
pour la réparation des aqucducsmontrcnt que lcs édificesse dégradaientde
manière rapide. A I'incxpérienccclesconstructcurs,surtout au XVIe sièclc,
12.All(lM, Aguas. C'omunidades,Me rceclesa, Vol. L5. l;'xp. I'l' Itol. ll8-l? v
76 7"7

place, mais I'eau manquait de manière chronique à la ftrntaine principale car L'EAU Ef IA SOC'IETF:
les rcligieux dc San Buenaventura avaient installé plusieurs prises d'eau
clandcstinesqui privaicnt les fontaincspubliqucs du précicux liquidc. On lcs A Mexico, les riclhes (cssentiellcment espallnols) s'établirent de
soupçonnait aussi de rcmplir un vas(e réservoir, dcstiné à I'irrigation de leur préférence dans lcs quarticrs bicn alimentés cn eau potablc, lcs pauvres
jardin, avec I'cau potable qu'ils soutiraicntdc la conduilc publique pendan{.la (surtout des Indiens), se cr>ntentèrent de ce qu'ils portvaienttrouver dans les
nuit... Un siùclc plus tard, Ia situation n'avait pas véritablcmcnt changé. Un fontaines publiqucs. Ainsi, clcux réseauxvirent le jour : celui tlc la municipalité
nouveau projet vit alors le jour. ll s'agissaitd'amener à Santiago-Tlatclolco cl celui des personnes privécs, t.raduisantdans I'espace cles clivages sociaux
I'eau dc la sourcede Zancopinca,situéeà plus dc cinq kilomètrcs dc là. Après particulièremenlfiorls.
avoir dépenséquelqucs millicrs cle pesos,les aut.oritésdurenl. renoncer à la
construction de la conduite, car la dil'férencede niveau était tr<lp faible et le En effet, le droit d'accèsà I'eau potable était soumis au système des
débit de la sourcc n'était pas suffisant13. concessi()ns Qnen:edes).I-'allnibution de ces concessionsreflétait les disparité,s
de la société,puisquc llesme,mbresdu conscil municipal les attribuaicnt aux
D'aul.rcs quarticrs durcnt affronter des problèrnes causés par un particulicrs qui jouissaientd'un certain s(atul €t d'une fortune perstlnnellc.
systèmcdéficientde distributionde I'cau.A la fin du XVlc siècle,lcs hahirants Bien entendu, ils étâien( les premicrs à en hénéficicr car, si I'cau à cl<lmicile
du barrio dc San Sobastin dcmandèrcnt la construclion d'unc firntainc était I'cxprcssionclc lar réussitc socialc,èn même tcmps, clle servait à la
alimcntéc par la conduitc du Carmcni car cllc était csscntiellcà la survic dc renforcer. L'ohligati<lnfaite au titulairc de la conccssit>nd'autoriser lcs gens
leur communauté (actc du l3-lX-1591). L'année suivante, on décida dc du voisinageà utiliscr son eau lui scrvait aussià assurcrsa clientèlle.Des liens
réduirc lc débit de la fontaine dc la Alamcda, pour pcrmçil.reaux autres priscs de dépendance s'é(ab!issaient.dans un quarticr, t:ntre lcs usagers et lo
d'cau dc continucr à ftlnctionner.l.c quarticr do San Pablo, situé au Sud-Est propriétairc d'une fontainçr privéc. [,es mômes liens cxistaicnt, à un niveau
dc la ville, clans la zone la plus délavorisée,manqua régulièrcment d'cau supérieur, entre les échevins c( les particuliers qui lerur dcmandaient
durant t<iutc l'époquc colonialc, malgré la constructiond'une fontainc et dc I'autorisation d'installcr chez eux unc fontaine : rclations d'ohligeancc et
plusicursbassins,oir I'cau n'arrivait pas toujours.A la fin du XVllle sièclc,en d'allégeancedéterminées par le rang dans la société colonialc.
1791,I'administratirlns'émt>uvaitcncorc dc voir quc I'hôpital dc San Lzaro
manquait d'cau, malgré lcs travauxréalisésla.ll fallut p()ur{antattentlrc ncuf La conditi<ln prenric\repour avoir accès à I'cau potablo (lilns sa
ans pour que I'on sc préoccupât dc placer unc tuyaut(:rio<1uipcrmit aux maison était d'habitcr près d'un aqucduc ou d'une conduite principalc,ce qui
maladcs dc nc pas soufl'rirdc la s<li[15. permcttait un raccorclcmcnllacilcret peu c()fiteux.Ouand on installait une
nouvellc tuyautcrie dans unc ruc, lcs dcmandesde concessionsconnaissaicnt
un brusque cssor car lcs habitants lcs plus riches du quartier carcssaicnt
I'espoir d'êlre raccclrdésau réseau primaire de distrihrrtion.I-:csrnaisonsqui
reccvaientunç conccssiion lrénéficiaicntd'une inconlcslahleplus-valuc.Cet{e
spéculalionaccentuaitlcs disparitésspatialcs I'c:slcl l'()ucst tlc la villc.
"n1rs
A u mi licu du Xt Xc sièclc, lcs c( ) nlr at s dc venle spécif iaicntcnt : or c si
I'immeuhlc proposé i\ I'achcteurclisp<xaitou n()n de I'e:aupotable z\domicik:.
Un documcnt de lfl50 signalait que la maison portant lc ntrméro 16 de la

13. Magttcca ()nrzt'o y llerra (Mexico), I)F. 3!ri.

lLl. l l o s p ita lcs y p r o to n r cd ica to ,Vo l. .9 , Iixp . 6. I;o1.93-tl (r.


^(;N.
l-5. I l o s pita le sy p Kr t( ) m e d ica loVo . l. 7 2 . Ilxp . 12,l rol . 34G387.
^(;N.
t9
7tl

prime abord, paraît paradoxalle. t-'affaire c()mmcnce avcc unc lettre envoyéc
Rivera de San Cosme jouissait d'une "paille'16permanentc dont la mcsure
au conseil municipal par l-zarn\ Migucl Valderrama y Moclozuma,"caciqueet
avait été effectuéeen 169u,soit un siècleet dc:miauparavantlT.
principol du quartier clc Santalvlaria la Rcclonda",ct datéc du 2l juin 1723.Âu
nom des Indienstlu quarticr, il se plaignaitdu manqucd'eau qui aflcctait tous
Au XVIe siècle, l'énormc majorité des concessionsconcernait les
lcs habitantsdcpuis r'rncdatc réccntc.Cc manque d'cau était prrivoquépar lcrs
pr()prcs échevins ou lcs officiers r()yaux donl le rang imposait la présence
répara(ionsefficctuéers sur I'aqueduc de Santa Fo qui passail <icvant leurs
d'unc lontainc dans la maison. Au dCbut du XVIIe sièclc, ccpcndant, les
maisons.A ti(re dc lave,urexceptionnellc,il demandailà ce que l'on défit les
inconnus I'cmportèrent sur los célébrités.C'était le signc d'un changemcnt
réparations,afin dc pcrû]ettrc aux hahi[ants du quarticr, qui ne disposaicnt
dans la politiquo dcs répartitions. D'une cer(aine manière, le droit à I'eau
d'aucune fontaincr,tlc continucr à profitcr des fuitcs et clcs écoulementsdc
lendait à sc clômocratiser.La bourgcoisiesans titrc cl sans charge prenait le
I'aqueduc.En fait. d'après lc procurcur dc la villc, lcs indigèncsprétcndaicnt
relais dcs grandcs famillcs qui disposaicnt déjà dc lcur concession ct sc la
n'utiliserque I'eau tombéc accidcntellementde la conduitemais, cn réalité, ils
transmettaientde pèrc cn fils. Rarcs sont les cas où la pcrsonne dcmanclait
provoquaicnt eux-mêmcs lcs fuitcs20. Conscicnts du problùmc posé par
une concessionpour son seul plaisir, car on savaitque I'argumentportait mal
dans unc villc qui manquait d'eau. Au conlrairc, nombrcux étaicnt les I'approvisionnemcnten cau de cc quarticrr,lcs échcvinschoisircnturrcsolution
habitants qui préscntaicnt lcur démarchc commc un scrvicc rendu à la dc compromis. On interdit aux lndicrrs de: captcr clandcrs(incmcn[ I'cau de
communauté.S'ils voulaienl I'cau chcz cux, ce n'étaienlpas par égoïsmc,mais I'aqucduc, mais on lerur accorda unc c()nccssionofficicllc qu'ils n'avaient
jamais pu obtenir jusqu'alors.
pour faciliter la vie dc lcurs voisins. Encorc au XIXe siècle, cc type
d'arg,umcntcmportait souvçntla décisiondes autoritéscompétentos.En 1t132,
le dénommé Pascual Villar proposa dc construirc à ses frais une lirntaine Malgré la volonté affichécclc la ville d'admirrislrcrlc partagede I'eau
publique dans lc cimctièrc dc l'église dc San Bernardo, en échange d'une de la manière la plus juste p<'rssil'rle, de nombreux conllits opposèrent les
concession pour sa maison de la môme rue car, d'après lui, I'eau qui usagersentre t:ux ou à la nrunicipalité.Dès 15.]2,lcrconseilrnunicipalprotcsla
aboutissaitau bassin placé cn facc du couvcnt ne scrvait à pcrsonnelS.Une c()ntrc certains habitantsqui volaicnt I'cnu dcstin6c:) la fontaine ,Jc la Pluzu
fois la conccssionaccordéc, lo titulairc devait respectcr un certain nombre de lvtayor. Durant tout lc XVlc sièclc, dcs rappcls à I'ordrc inccssantsnc
conditit>nsimposécspar la nrunicipalité.Parmi ccllcs-ci,il fallait prcndre cn réus.sircntpas à limiter I'amplcur tlcs frautJcs.l,cs uns crcvaic'.ntlcs flancs dc
comptc le prix à payer pour I'installationde la conduite ct lc droit d'utiliser I'aqueduc,les autres installaicn(dcs prisesd'cau clandestincs, d'autrosencore
I'eau de la villc. Durant toutc l'époquc coloniale,il s'agissaitd'une somme posaicnt dcs picrrcs dans la canalisa(ion pour la lairc déborder. (les vols
forfaitaire dont lc montant dépendaitdc la <luantitéd'cau attribuéc.Au délrut correspondaientparftris à un besoin réel de la population qui, en certains
du XVllc sièclc, par cxcmplcr,unc paillc, sclon sa localisation,c()ûtaitcntrc cndroits, ne disposait d'aucun autre accès à I'eraupotablc,. En d'autres
250 ct -5û) pcsos (soit cntrc dcur fois ct dcmi ct cinq fois lc salairc annuel du occasions,I'eau était détournée pour alimenter des jardins ou irrigucr dcs
garclicncft:I'eau de ()hapultcpcc).Cc prix prohibitif limitait néccssairenren( le champs,ce qui conslituail un inrliscutablcgaspillagc.Parmi les fraudcurs,lcs
nomtrrc dcs pcrsonncs qui pouvaicnt prétondrc à Lrénélicicrd'unc fontaino rcligieux occupaicnt unc placc clc ch*rix. Ainsi, au mois dl'avril 1,552,la
privée. municipalité apprit quc lcs franciscainsct les donrinicainsavaien( rompu
plusieurs canalisa(ionspour volcr I'cau dc la villc. En fait, I'atiribution dc
lvlêmc dans lcs quarticrs qui jouxtaient les archcsd'un aqueduc,I'eau lbntaincsprivécs aux particulicrsl'ut une source pcrpétucllcde contcstations.
faisait parfois défaut pour lcs populations lcs plus dénrunics. L'Archivo lrs habitants qui n'avaicnt pas la chancc de disposer d'unc conct:ssionsc
Hist(rrico de la Cliudad de México conservelcs pièccs tl'un procès qui, de

19.AllCM. Âguas. (irnrunidarJes.Mercedes a. lixp. 12.


l ( r . I a p a i l l e c o r r csJxr n d a ità u n tu ya u d e 6 n r n rd e d ianrètreenvi ron.
20. Ccs anomalics trtluvcnt encore hien des échos dans la situalion dc la Mcxico contcnrporaine.
1 7 .A l l ( l M . Â g u a s. M e r ce d e sd e a r r e n d a m ie n to ,' [' itul os,V ol . l (r9.l i xp. 14,Fbl . i 9. 240.(fi branchemenls clândcstins ont été r{gularis{s cn 198-1.à la suite d'unc vaste camF}agne
organisée par lc gouvernenrent. Mais conrtrien cn reslc-t-il encort ? Voir (llarrde llÂlnll-1.()N
cl Louis PAN^DIl-lRl.i. Meico oujourd'hui, Io plus grnnde ville du rrronde,lraris.Publisud, 1988.
18. nlc nto. 'l'it ulos, Vot. l(r9. l.)xp. 14. I.irl. 49-({} v.
| l(lM. Aguas, Me rccdes de a rre n<Ja
^
80 f ir

plaignaicnt en permanence du manque d'eau dans les bassins pubtics. on car ils I'utilisaient pour laver le blé. L'eau était infectée par toutes les
accusait les titulaires des concessionsde capter ptus d'cau que les quantités immon{iccs dont cllc était chargée,cc qui lui donnait une odeur et un goût
prévues dans les contrats. Périodiquement, la municipalité exigeait une insupportahles : clle devenait nocive et dangereusc pour la santé dcs
révision des titres dc propriété, afin de corrtrôler lc débit <Jesconduitcs. mais consommatcu rs23.
cc type d'opération nc pcrmit jamais dc fairc facc au désordrc qui régnait sur
les conccssi.ns- Pour réJxrndre aux insuffisances clu système pubti" d" [.cs habitants de Mcxico, qui se plaignaient de la qualité dcs eaux dc
distribution dc t'eau, tcs habitants de Mexico curent rccours à d'autrcs teurs aqucclucs, n'étaicnt p()urtanl pas cxcmpts de tout reproche. l,os
moyens, bcaucoup plus souples. Déjà, sous le règne des empereurs aztèques,
conduites à cicl <luvcrt étaicnt continucllcmant souillées par les g,cnsqui
I'eau était souvent transportée dans dcs pirogucs pour être amenée vers lcs vcnaient y lavcr lcur lingc, amcnaicnt boirc lcurs aninraux9u y jctnic:ntclcs
zones les plus éloignécs dc I'aqucduc de Chapultepec.ce systèmcétait encore
ordures. Dès le début de I'occupationcspagnolc, I'administrationtcnta tlc
cmployé au milieu du XVre sièclc, ct sans doutc au deià, car il était peu
limitçr des pratiquesqui mcttaicnt en dangcr la communautétout cnLièrc.En
coûte_uxet adapté à la structure urbaine de Mexico2t. euand les pirogues
152{i,on intcrdit aux habitantsde lavcr lcurs animaux dans la conduitc qui
n'avaient pas accès à ccrtaincs rucs, c'étaicnt lcs p.rteurs d'eau qui 1",
servait à remplir les pirol;uesd'oau potable. LæsEspagnolsétaicnt passiblcs
remplaçaient. Avcc la disparition progressivc des canaux de ra capitalà, leur les Inclicnset lcs métis, clc lil)
d'une amendc dc 1.5pcsosd'gr ct lcs nr)tr1res,
rôle n'a fait quc prendre cle I'importancc.Margré une indiscutablcpopularité
coups dc ftruet. [.es fontaincs n'échapppaient pas aux souillurcs tliverses
ils n'étaient pas à I'abri dc ccrtaines critiques, sorvcnt justifiécs. Dans un
provrx;uécs par lcs usatlcs domcstit;ucs. Licrrx dc vic çt dc rcncontrc, ellcs
documcnt sur lc mon.pole de Ia ncige, tlaté tlc l7ll, tl appa.aît qu'unc des
attiraient chaquc jour clcs ccntaincrsd'habitants qtri nc respcctaicnt pas
fraudcs lcs plus c()urantcscommisespar Ia profcssionconslstaità 4istribuer
toujours les règle,sd'hygiùnclcs plus él{mcntaircs. Dans son .iournal,Scdantr
une eau de mauvaise qualité, puiséc parfois dans lcs canaux qui servaient
fait du bassin de la Pluzu Maya1,trnc dcscriptitln hallucinante,qui cxpliclttc
d'égout22.
pourquoi, cn Llgl, los autoritÉs décidèrcnt dc prcndrc elcs mosurcs
draco nicnncs:
c'mmc on lc voit, Ie manque d'cau potablesc doutrlait<l'unmanquc
de conscicncc civiquc : t.us lcs actcurs clô la vie coloniale participaient, "C'ettcllontaineétait irnmonder.L'cau étitit sale ct puail
dircctcment ,u indircctcnent, à la dégradationdc la qualité dls eaux. Les
abominablcmon( parcc quc I'on y pltrrrgcaitlcs jarres
agricuhcurs comptaicnt parmi les premiers responsable.s d'une situation qui dcgoûlantcstlui scrvaientii la cuisine dcs boutiquesp()ur
affcctait indistinctementrichesct pauvrc:s. Dès 1573,'n chargeaun échcvin<Je puiser I'cau, mais aussi lcs tripes et lcs abats, pour les
vérifier à rlui appartenaicnt lcs tcrrcs ratxruréesqui bordaient I'aqucduc
de laver. I-,rusIndicnncs ot lcs pcrsonnes grossièrcs y
.Santa Fe, en amont dc Chapultepec : en saison des pluics, la
b<tue trcmpaient les couchessalcs de leurs enfants, pour lcs
s'accumulait dans lc canal ct I'cau arrivait troublc à la vitic. Très tôt, lcs
ncttoyor au-clchorsavcc I'cau qu'cllcs rctiraicnt, laissant
m.ulins parlicipèrenr à ce pr.cessus.Siruéssur tes hautcurs<IcTacubaya,
ils l'lo(tcrdc largcscroûtcsà la surfacedu bassin"24'
utilisaicnt I'cau de Santa Fc p<lur fairc t()urncr lcs mculcs ct pour laver les
grains. L'eau rcjctéc après ccs opérations de neil.oyagcétait chargêc
<Jererre, Au début du XVte sièclc,on avait dû changcrdc place l'hôpital des
dc paillcs ct dc particulcs clivcrses.l,æspropriétaircsdcs moulins n'hésitaicnt
lépreu4 situé à proximité dc I'aquetlucdc Chapultopec,parcc quc lcs malaclcs
p()urtant pas à la remettre dans le circuit des aqucducs.A la
fin du xville en faisaient usage,ce c;uc I'on consi{érait, sans douie à juste Iilre, commc
siècle,lc problème restair.entier. En l7r)2, Francisc<l pablo signalaitau
trglcsias malsain.Il fut transféréà I'Est de la villc, au bord du lac. là oir I'eau p<ttable
c.nseil municipal quc les moulins dc TacubayasalissaicntI'cau
de Santa Fc. manquait cn permancncc. Au XIXe siècle, malgré tous les efftlrts do la

2l F'rancisco(I[:RVANI'F^S t)li SAIAT^R, Mé.ricoen 1551v trtttruloinrpuial, Mexico. porrua.


Scpân cuanr(xi...n''25, l9tJ2,pp.49_.50. 23. A l lC M, A guas , Mol i noc . V ol . 170.Ii x p. 3.

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^cl,
outrc' si la ftrntainc-dsvait ôtrc
municipalité, lc problème de la transmis.sionpar I'cau des maladies l'utitisatitlndescanalisations tlc la ville2?'-En
lc tlroit d'y
cr.rntagicuscsn'était loujours pas contplètcmcnt résolu. Au mois de janvier placécdans un ou pul'rlic,lcs v,risinsn'avaicnt
fontaines
"n.rr.rii.oi."rribt" qi'"".tri*uu tonquait dansles
l8ô5, une lcttre anonymc faisait savoir à la prélbciure grlitique du àccéderqu'cn castl' àt*;;f;'"'
Départcrmcnt dc la Vallée dc Mexico que certaincs pcrsonnes rle Tacubaya -
publiqucs.A|afindusièc|c,lcsconcessitlnsofficia|isèrentlçschangcments
rJégagécdcs contraintcs
lavaient lcur linge dans I'aqueduc dc Santa Fc, à la hauteur du moulin dc apportécs dans unc sociétâ urbains nouvellc' et plus
Santo Domingo5. A la suile de cettc dénoncialion, on commçnça unc he'te;i Ju ,n,rn,f" colonial.tæs-confiats,plus cour(s
communautair,rs fontaine
fa-iteau titulaire d'installcrsa
enquête, mais il s'agissaild'un cas difficile, Jluisqueles pollueurs étaient dcs simplos,voient ai'pu'ui*" iobligation formulation dcs textcs
ioisins. Cr:ttenouvcllc
soldats français dc la force d'occupation,stationnésdans lc moulin. Ccux-ci dans un enr,roit u.r"JUù aux n()uveau système qui' t()ut
lavaicntlcur linge direc(cmontdans la contluited'eau potable et lcs eaux sales sur l'eau ty'iùuii'nit I'cntréc dans un
I oflicicls dcs citoyensni modilié dc manière
s'écoulaientvers lcs fontaines de Mcxico. [r cas s'aggravakrrsquc I'on apprit comptefait, n'a o^t ;;;;i;' 1'1tiou"1 t'4"*itti' Lu plt" grantle ville du
d"
fondamentaleles struiu?t' utiloin"'
I
que lc moulin n'avait pas été transfrrrmé cn cascrnc, cornmc on le croyait, la
par une division nctteentà l'()uest.richo'oir
mais en hôpital, ct qui plus est gn hôpital pour syphilitiqucs.La visite de monderestcencorcmarquée dépourvu de
gaspiilagcc* I'Esr déshériré,
I'inspecteurcut licu lc 3l janvicr llt65. Lc 16 lévrier, véritahlc rccord de c'nsommati.n .s r,"* ïrir"'le cami'ns-cil'crncs à I'hygiène
oir dcs
réseaucle distributi.r, "L a" droi-nogc,
I

vitessc,on avait construit pour lcs soldats un lavoir dc presqucdgux mètres de


lcs ancicnsporl'gurri d'cau'
long, alimenté par l'aqueduc,mais isolé de la conduitc. doutcusercmplaccntt'op souuont

CONCLUSI()N
: t.^ t'IN D'trNsyst'ttMD?

A la fin du XIXc siècic,le problèmc:dr: I'cau fut cn partic résolu par


I'adoption dc nouvcllcs techniqucs. Lc Mcxique dc Porfirio Diaz, gouvcrné
par fcs cientificol;26,nc pouvait pas tolércr quc la capitalr: fût s<lunriseà la
tlictaturc de I'cau. Dcs pompcs captèrcnt dçs sourccs sans cesse plus
éloignécs,le réseau dc canalisations'étendit à de nouvcaux quarticrs, les
dcrnicrs canaux l'urcnt comblés cL un réscau nrodernc d'ég<luts pornrit
l'évacuationdcs eaux usécs. Mômc lc régime dcs conccssionsconnur dcs
lrt>ulcvcrsements symptomatiquesdes transformationssubics par la société
rncxicaine.Vurs It60, la pcrsonnc qui clésiraitbénél'icicrd'unc prisc d'eau
s'cngagcaità installcr la canalisationct la lilntainc dans un cndroit acccssil>lc
aux gens du v<lisinage, c()mmeau XVlc siècle.Mais quclquesannéesplus lard,
l(:s termcs du contrat commencèrcntà changcr : clansun prcmicr Lemps,lcs
gcns capablesdc prouver que I'cau lcur appartenaitpayèrcntnroinschcr pour

L s. Al l ( lM , A gu a s ,M o l i n t x . V o l . 1 7 0 .Iixp . lô .

Vol' 170'lixp 20'


: 6. l .e s " $c ic nt i f i q u c s ' ,s u r n o n t d o n n é a u x n r e n r b r e sd e t' é q u iJr eq u i e n tourart l e général l )i az. 27.Al lCM. Aguas.Molin<x'