Vous êtes sur la page 1sur 55
N° 372. — Dix centimes. (18 eontiones dans les dhpartements ot dans les gares de shamias de for) JOURNAL POUR TO MAGASIN LITTERAIRE ILLUSTRE. PUBLICATION DE eM. LAMURE ET C+, INPRIMEURS A PARIS. a wert geen, Ouvibee a PsenBa dra de os bane tara ed em Pi mi ro Bate Om Pre, ede areca. rome hulléme. 1 ipreneai y Bs ana, 8 , —Lt mami dpi pret 98 JOURNAL POUR TOBS. - SOMMAIRE. — Rows xx Nouv: ia Chaserur le panihires, épaode dex mauaéres de Syrte, par Rraest Copends. — L'Bncarnado par km gl Signy. — Maganope ; La onions ap lis. — Ciutunrrs canrturonunas : Bugine ‘Serb par Fossing. ‘LE CHASSEUR DE PANTHPRES, ‘bison Des wasauches DE STR Le 12 fovrier 1888, doux semaines & peine avant que n’éclaat la révolution, les Maronit a Liban fhisaiont parvenir au ministare de Louis-Philippe une dernitre péiion ou plutot tun ori supréme de douleur, contenant ce r sumé effrayant des calamités qui avaient suivi dans la Syrie notre premier abandon. Cet abandon oh nous lsise la Franco, 6 crisient cas malheurenx, vollA Ia cause des ‘malhoors qui nous ont ateints, de sotre vine immense, de noire sang versé, de Vincendie 20. nos Taalsons , de la profanation de nos ‘glises, du déshoneur de.nos filles, du mas- sacre do nos enfants, fendus en deux par V'pée sauvage des Drases! Et ce méme ori da douleur gui avait retenti en 1848, dovait retealir en 1880, car depuis longtemps la Franco avait abandon les chré- tiv da Liban, et la Franco est le seul appui que Dieu ait dooné aux Maroaites. Diew seul ct bon pour la Syriey disait jndis un archovéquo maronito en vaniant les ‘magoifiences da Liban, les richesses de la allée do. Bekaba , la fécondité dos plaines @'Alop et de Damas; mais on gémissant sur la éprédation dee pachs a forocits des Druses, sur lo fanaisme cruel de tant de sectes {doldtres qui fourmillont dans la montagne. La parole de Parchoréque est vraie depuis Van premier de hégire jusqu’d nos jours : elle aractériso tout aussi bien le passé que P'épo- que actuelle. En tous tempe, on effet, los rie lui vinrent de Dieu : tee mau lui des hommes | ‘Getie contréo qu, dds Torigine don société, fut le champ do batalle de tant rants, la terre promise de In plupart gr6s, est deyenue aujourd'bul up aul Serts, et demeure toujoura une proie facile pour Tos ambitleur. Chaque peuplo de passage Y a laiss6 des treinarde, chaque armée des Tmaraudeurs , chague ancien posscsseur des Asucendanis. On y rencontre & la fois dos Jule ot dos Perses, des Grece ot des Latins, des France et des'Arabes; puis des réfogiée dee perséutions ebrétiennes ot musulnancs : los ‘Maronits et les dtuali, de victimes des de tinges les plus étranges; hi ‘Wédumdeis, des fous dea len Jesidea pendanta v i: Lon Turkana obles Bédowins; enfin des doxpoten, es Ottowane; des fanatiques lee Druse Ligands, lee Kura. Tiny a donc, & proprement parler, pas de nation syrienne’ on ne trouve dane cutta belle contrée que des habitants diférents @orgine, de caractéres ot de maurs. Les Grace y ont apporié leur esprit commercial, les Jui leur passion do Vargent, let Arabes leur anour de Nindépendance, ls Kurdes leur ardour du pl Jago, les cheétons lour sontiment do chante ot les Druses lou foroce 6gutsme; partout, sur atte terre opulenta ab superbe, To bien est ont parle mal, las plos 8 ispi- rations ‘ent A combats Tes plus eruels fa stints. es rlifexiong que ji, ola fia ya diy ang, on Y831, alors que, qitant Bpy- Tooth, je mlappreals 8 fare ‘yne escaralon dais th omg juga’ Detralamer, Piro redoutable do cos avidesvautours qui désolent Te pays, la capital des Droses. Ue bitlant soleil de juin heart contre fee roshors ses rayons incandescent la chaleur fait horrible, at jp nwo prémunisais eontre ses tints h grand Fenfot do buroous amas- ‘ds les uns sur les aes. Go ours jétis done avolopp6 des peds Ia te ot mas couvectors de Isine retombaient jusque sur Ia croupe de mon cheval, excellent ‘coutsior arabe fort lad au repos, comme tous ‘ses semblables, mais, comme sux aus admi~ rable en action, Un ndgrecondoisat&distanes Boa second cheval ot porait sr son dos mon mince bagage. Tavais pour guide un home de vngt-cng A tronta ans, de have tale, meigr, se ne ‘our, dess60bs, pour ainsi die, parle soli, run rouge camime ua Indien, of grave comme ua Ture arménien dont il porta elegant cos tome. Paras fat prix avec Tal pour me con- Aire 8 DetealKamar; il devat my accom. pager, damourer avec moi dans a ville druse five ramener easule &Beyrouih, ‘On afavat arms que la compagni do co rave personaage ralat bell seule toute une favor, quo, grace A sa suit, jas a abe des alaques dos Danis qui dsolent In con- {ode ot surtout do la rentontr flcheuso des panthtres qui abondent dans la montagne et font pos redoutables quo le lion ‘Les mahomans appeliest moa compagnon Abou tAbbas; los chrétensVavaient surnommé le ehateur de ponilees Il at dif, quo qu'en examinant Abow'-Abbas, de dete sa atonal. Esti Asiatique ou Européen ? 1 oval die bgalement Tun ou Pautro, mais forme il wait bien cerlainement pas Tun et Frautre, le doute éait permis, <'eutant plus ‘que luiemémo paraiseait for pou fxé sur som ‘rigine, A mee questions & cet égard, il avait réponda dune manitre dlloment vague que ais cone qui avait fit son entrée dans ‘monde sans rap savoir par quelle porte il avait eu acts, Biat-it chréien, juif ou musuiman? La doute estat encore b Pendreit de a religion. ‘ou -ABbas wallet jamais hla morgue ai Jamais A Végise, pas plus qu la synagogue. ‘Aus es chrtiens et loa us lo pratendaont- jis musutnan, tans qu oe Turs afin etdev le cho jac ul fusat ches eux par le smplo pithbte de chien, ‘Abou'-Abbas semblit fort inditrent& cos opinions partagées. Ce qu'il y avait de certain ot diacontentable, cet qui tat shasseur, dour {hires at ois Hone dane Vespace de quel. sondes; quil coanaiait toutes lee passes des Inoolagoay, oat lon seators dos fortis, touts Tou routes do Ta plain; quil ve faisait do ral A pertonne, mais quil no sour jamais quo Dotson Watt dT fare mal. Abow-ABbes Trait lo poigaot slide, Val sir, la main prompla, en yalacan afilé ot wn éoorme foi ‘Gut port loin et just, J} dtait done Bl fois fespectéetredout, oo qui constve une cox Ain sosale toujours appreciable, ‘Nous approchioes de Delvel-Kamsr, et nous suivionsletement, au pas do nos chevaur, une route vraiment infernal, digae avenue condi Sant one até de déninta que je suivais alors. Son /tinéraire ne ences Seni ne st irc eee ee Suieientoce des cubes solses et tlroes, lu autre, se ands sur Iours angles et avtenes parla pression autres roches lovin, somblaient Eember encore, roulr toujours, et préseavaent image d'une rune en action, use chit ine tenants, dua chaos de ieres, Cone aa- Iinche litarisable de rocher;"rochers 30 couleur funebre, gris, airs, marbres de feu cm pas toe gout dean, dane Gece lit caciné par ‘sn soll brant; pane bebe, pa ue ie, Bt ono panto grimpante 01 date ce torrent, Binur os pentes cracls ot ardues des det Chita do Fabime; eat un ordan de perres, ne cataract de rocher ingle a iver: [6 Ge lor formes, In varith de lear pons in bierrri dour chute I jou de ones tude In lunioee aur lars asta‘ var leu? Scrfae,semblaient pte Te moavement tla aids’ Ste Dante eit vouln pene dans tn des ereles de aon Enfr, enter des pers, Teafer de Tarde, de fe vin, de Ta chute des choses, do In dégradatin des ontes, Je In euduos don ges, vod la sebne qui au fait €0ainplement copier, Cst un fave des femitre houres du monde quand lo feu nora tout eonsumé, et quo la terry Uéoiant sex tnitailos tera plus quam bios inate de lores elcindes sos ls pan tora joe Guiriondra invita » iVvat avoir prooura cos ius mats poor comprenir lata In grandour do cette dex eipion poiq t 8trang, cent ue ont nitive mouvement, fon tng bi donne Ton pens ls pls sites. Ona le spleen sur la routs da Detr-al-Kamar, ft fon comprend qub la mort descende do eit cit de reports fanatiqoes. ‘Nous avioa trarerséTumptioos Dhomour (clea Thanyris do In mythaogie grengeo) Sram grosuior pont de bois chancolant Sroulan nous parsimes Te torrent El-doula, Surun simple trone kere que nos chevaux Tnchivent eu pomtant lov orc, at aveo Cott sOreté de ped particule coor de leur race aos one en pling drove Paras nous renconriont sir nero route do ces hommes enveloppls dats lets longus robes! late ela du tarbnsolsie's ia JOURNAL POUR TOUS. @ Darbe longue et tombant sur la poring, Pal faroncho, In physionomio basse ot perfido, la houche Iarge et aur Tbvres sbehes, marchant . avee la gravité du serpent qui déroule lente ‘ent ses anneaux au soleil Ena nous alteigntmes Ia ville: Delt-el-Ka- mar ost située dans une vallée asses bien cule tivée, riche ot fertile. Les maisons soot basses ot grillées; les rues non pavées et mal entre ‘tenes, et is rests insigniBants d'un ebatena, qui ne posstde point Vélégance ordinsire do architecture moresque, lui donnent beauooup plowt aspect dune grosse bourgade que duno capitale. Cest bien Ia lo centro dune peuplade sauvage qu'on ne peut gouvorner ‘que par la torreur, qu'on ne pout contenir aqu'avec le sabre, qui no sait tirer aucun part dee richesves qu'elle dérobe, qui na dautre Toxe que celui des armes et quelqnefois celui des vétements toujours éclatants dor, de soie, ‘taujours brillants do couleurs ‘Ge qui captive tout d'abord Vattention, est ‘ride aujourd'hui, de V'ancien domi- iban. Sur un mamelon s6lbve une immense, toute pleine de tours ear- res, de galeries qui séazent, dlareades qui courent de tous e6tis, de vasies écuries, de Inrges cours. Une chapelle chrétieme séibve face & face avec une mosyuée musulmane. Plas Join ‘est un petit hitiment particulier, qu’an petit nombre. de ses fentires grillagées, qut fos ortes basses at lourdes, qu’ ses jardins intéricurs tracés avec soin, on reconnalt faci- lement pour un hurem. Dans oes jardins 20 dressent des fontsines ob eau ne coule plus, étendent des partorres de flours que. des hherbes parasites remplissent seules désor~ (Ce palais, cest image do Ia désolaton et A cette morne solitade qui vous sorre le ewur, 2c silence logubre qui vous entoure, on com” ‘rend aveo quelle rapidité les ruines se foot ‘au milicu d'un peuple barbare: les ‘et aveo des maltrs indiférent : los TTores, Co désert de monuments encore. de bout, mais qui chancellont déja de tous ebtés, est Dptaiin,Vancionne résidence dela famille Shun, deporte, on 140, 4 Male par An glotorr. ‘Tout ost logubre, comme ses habitants, dans la villo do Dett-el-Kamar, et fnvolontairement, fn parcourant ses rues étroites et obscures, en ‘me seutant au milieu do cette population de rmassacreurs et d'assasins, vers laquelle la cn- Tiosit6 mavait poussé, je'massurai que mes Pistolets étaient bion dans les fontes de ma Salle, et jattirai A mot la carabine que je por- tain en bandoalitre. ‘Abou’! Abbas, qui remarqua.mon double ‘mouvement et on comprit le sens, sourit gra- ‘erent dans ea batho épaisso ‘« Ne crains rien, me ditil, les Druses no iret pas encore le sang, et les marabouts font point encore priché la guerre saint. ‘Liheure n'est pas venuo de nouyea = Roviendra-t-elle dono? dis-je ave un ‘sentiment dThorreur. = Elle sonnera régulitrement, tant que les roses seront Druses ot tant que Angleterre ‘aura intérét A prolonger la désolation. » ‘Jo rogardai mon guide asser Glonné par Vaphorisme politique que je. lui entondais aettre, mais Iai secoua doveement Ia to ef ‘se contenta d'un mouvemont d'épaule. ‘Nous atteignions alors la maison doM. Loise- lay, négociant francais, correspondant d'une maiton de Marseille, étbli depois plusieurs années & Defr-l-Kamar, of pour lequel notre consul do Boyroath mvavait donné une lettre introduction. M. Loiselay me regat avec cota amabiliss charmanto, empresso dun compatriola bet four cavolr un hole aves lequl i pour fatler do In palrioabsento. Il me presenta & 4 fowmme, ravisante personne, pleioe Ze Gisinton’ ets fille Victorin, an avait dit un autre jour Pexcellent 1M. Loisolay, en langant un regard fortifsur sa fille et en échangeant un coup dail inteli- ‘gence avec aa forme. est que le matin do co jour, Henri, dont Je cour était loyal et Tame étalt pure, avait pris & part M. Loiselay et Tui avait fran Trent dtelaré quo pour sa propre tranqal 2 Tai, 1 flat que son hots le mt incontinent la porte, ‘« Pourquoi? avait demandé M. Loiselay. ~ Parce que, avait répondu Henri, je trouve ‘votre file adorable et quo-jo Padore, parce que je aime, que si jo demeure plus long- temps ic jo Paimerai encore davantage et que si Yous aver d'autres intentions, si vous me e- {faser sa main, je serai toot simplement lo plas malheureux des hommes. Done, je vous eo conjure, metiex-moi & la ports, sinon vous prondrek charge d'Amel » M. Loiselay avait regardé Henri aveo une Jarme dans les yeux, pis il lui avait tendu la ‘« Restes|avaitil dit simploment. ~ Au moins jusqu’a oo que vous ayex regu ‘des réponses aux Jotres que yous alez écrire ‘en France, » avait ripondu Henri, on metiant M, Loiselay & méme de prendre sur son compte tous les renseignements qu'un pire prudent doit exiger. ‘Une union avait done 66 convenue, mais ‘cette union avait 64 convenue seulement entre M, Loislay, femme ot Henri de Vileneu ‘ietoine 06 savait rien ot elle ne devalt ri savoir avant Te jour do in demande officielle {qu ne pouvat avoir lieu qu'an retour du cour er do France. ‘Noli ignorait 6galemont le projet ares, Personne, parmi la soci ebrétenne de Deft ek-Kamar, wétait non plus insrat du fatar Imaviage. Olivier de Cast avait seul 66 mis dans fe secret. Le 5 juillet at le surlendemain da jour ob nr avait pari; i flat attendro un mois au moins pour avoi les réponse aux ltres Series a vil. ‘Olivier, qui connalaait également bien 1a famille Loislay ot la fanilo do Villeneuve, se sentait tout Joyous do ce qu avait tdi, car il savat qu'avcun obstacle ne pourait en teaver Punion convenue, Tout Ie monde Galt done eureux dana In sharmante maison de MC Loselay, ot jamais Violorine n't entrée dans uge année nouvelle sous doe auspices plo attrayaais.| uss ce soir en dépit de la physionomie siaistre do In popdlation dre, la joi la plas vive régnait- ells parmi Ie parto feminine do Ja réanioa do Mie Loiela. Vietorine et Nob- ‘mio, plus blles soo leurs parures dlatants, semblaont dour ours vares au milieu d'ua Jartarreembaum, entourtes qu'lies alent fe toutes Tes jounes lls des consulatseuro- "4 cour ntfrieure de Mabiation, reconera dune vast tate, selon Pasage oriental, ‘ait desalle do danse La parte grave do Pas. Sembee, le hommes, le uns wégociants, lea Autres agents diplomatiqus, se tnalent dans {n son vos ‘Une vague inguitade répoait parmi Tos causoursy et Io sujet do leur conversation ait co redoakjement do tactaraté et do ‘utisme que chacon avait remarque cher les ruses et qui, pour tous les esprits expéri- rentés st au ‘courant des maurs du pays, Aécelait Papproche de quelque événementtra- sigue Rappelescrou dil Yun dex ini de MW. Loiselay, co qui s'est passé ily a un an b sine. Un Drose gravis aveo soa Ane un Aes sontors Grits du Liban, un Maronite do Dat-Mary qui descendait de la mostague anquel animal chargé intereapait le passage, fe pat do querlle aves Te Druso. Lo Maro: ite, excl, leva soa baton at frappa Pane ‘Ausitt lo Drave se roa sur Iu. Une ltt ext lie, ote Maronite terasca sou adversair et se fut vctrioux. Quo oe passaitil I lnde- main? Les Druses altaquaient Bett-Mary fuaient les Maronites et incendiaiont le lage. Les chréiens réclambren Jstice fut faite, mais que justice lots, qui savance d'un pas biiour, do peur de sisir le coupabe. 11 ft dit que lon Drases relbveraient les masons incendie et payersoat des indemniés. Vo Err a 16 rendu, of copendant Tes maizons sont toujours on ruino, es indomrités ont as 616 puyées, ot les Drases n'ont pas encore ardonoe aux Maronits Te tort que Tour 8 ine 4gé le tatmaan. visto pape quo exlul-ci, 8 Droses, ‘Tore, Bédouins sentondent pour en rendre sur chrilens lo séjour impossible. elas} Pourquoi la France nous a-telle sbandonnés Au stipide protetorat ture Quil vienne une voli, on6 guerre stato, comme ils disont, tes Tures, qui doivent nous défcado, front ‘aute commune aves les Drusos, ‘On pélend quo Te Djthad wo prichs! ait Un feémissement parcourut les rangs doe ‘La guerve suite! dit M, de Cast, Yous = Brot lauraiton préchée? 5 Druses du Havran et cher Jos autre voix, @ Gor pin aut dan eal ta Us silence suvit cos paroles. On entondait los accord do Ta musique ot les frémissements jayeur de toutes ces jeunes fles dansant avec ‘Msoucanee de our Age. Pres et mais lan erent invlootaiement un regard fertf sur fetta cour converte en salon, qui content Tours plus prociouxtrésore ‘Vous saver encore co que Yon raconte? reprit Olivier de Cast. Noa! rman qulgus voix. Que eraibrement, il y a quelques jours & peine, Tngénieur dela roue carossable que Ta socio frangase fait consiruire de Beyrouth A'Darmas, A travers le Liban ot la plaine. do ‘Ba, diteibuait & see ouvries Ia paye de la semaine. Un ouvrer drase réclama quelques Piastres manguant, disaitil, Xson da, Sor In Alénggation qu lui ft fit, le Drus 30 rica froidement, prt son fusil'sur Io bord do In route et déchargen son arme sur Mingénicur. Le coup, maladroitament vst, alla cuvtion maroniteoccupé son tra wT'Bile Druze? demanda-ton =n justice turgue dot le poursuirre, mais vous saver co quo vaut Ia jstion tongue quand il Sagi de proiger des chrétiens | “Ea ce moment, un nouveau persoonage ft son enrée dans le salon. tit un homme do Brando tile, fort, vigoorour, Ta figure éner- fique, son visage dit pal par une émotion {ivirioure ot i paraistait axis. comme un homme qui vient daccomplir un trajet ra- vid ‘Ab! cost vous, Armand! dit M. Loiselay en tndant la main a nouvean Yeon, Qu'aver- ‘vous done ? Yous paraisser toot troubl Te le suis etectivemeont? répondit Ar~ jens a’appren- To cerle des hommes so resserra autour do Tinviv de M, Loislay. Dans la cour, Ia danse contnuait plus animée ot plus joyeuse qu ja UL. — Lecheik, «Qertonexcare? 8 ae unat i Ga otry it Armand en Daisot la voir out ae ps ts ent fs fees qu so Ennon dana tour, une qunctie de ounes Naroctes dex vlogs votes Gent Yes 8 DarelsKamar pony aheer dev fois Us en seouraiejoyeny et ee vs pater evant mn demesne, ehanaat ot chant ao lo intentions eb plus fyidemment pes gues pratt qu ene ae A pein dare la "Bontagoe et comme is Samcasiet 8 dca fer leurs hres changéesseuleest postr, Se bande conitrale de Dress pects mbovcade food sur out} Tipo. es Stegeny tes tren ober dfeema 0 loo append ~PPRtesvous st do cela, Armand? demands M, Laely parame sie mn demandé avee 102 JOURNAL POUR TOUS. = Qui vous a raconté cette attaque des ruses? ‘— Abou' Abbas. = Le ehassour de panthores? = oui. =U dit dove 7 = TL passat dans la montagne, Rui assists A la scene? = Hest arrivé comme les Maronites étaient Aésarmés of chasés. —Bt les Druses ne loi ont rien fait, & hit ‘— Ob! ft Armand on souriant, vous savex biea que chacun respacia Abou'l-Abbas. Ila une carabine suffisamment rexpocta- blo, ajouta Olivier, et personne wignore que cctto carabine ne manque jamais Te but. Eh Dien! measieurs, que concluez- yous de tout ala? = Que I situation est gravel dit M. Loi- olay. ‘— Cela est vrai, mais jo ne ervis pas le peril ‘imminent, ‘— Dieu vous entende , monsiour de Cast! mais pourquoi me eroyet~ yous pas au dan- er ‘— Par suite d'une conviction basée sor une observation pe “A moi? dt M. Loiselay avec étonnement. = oui. = Que vouler-vous done dire? = Je veox dire que je connais Abou'l-Abhas epuis mon arrivée dans ce pays, et que j'ai ‘remargué Vaffeotion vraiment sans bornes qU'l porte & toute votre femille, et notamment & Yotre charinante file, Mlle Victorine. ‘Cola est vrai, répondit M. Laiselay, Abou’ ‘Abbas a, pour Victorino, un dévouement que je ovo Sincdro. Au resto, aon amiti dato de ait do guide. ya dix ans de cola et Vitorine avait & peine neuf fans, Elle éeoutait avee une admiration pro- fonde les 6mouvantes hsto'tes de chaser Dou'-Abbas racontat asa gouvernante. Quand iI retourna A Feyronth aver le yoyageut qu'il faecompagnait, Vietorine le supplia de loi rap: portar ne poupée parisenne s'il arrivait des {olis de jonetspar un procbain courrier. Abou'l- ‘Abbas stengagea ravement A contenter co caprice denfant gaté, et il tint parole. Huit, jours apres il arrivat ei, apportant une pou- ‘poe suporbe avee wn irovsseau complet. Vito- Fine Membrasta, ot jo YoulUs Tui faite acceqter ‘une indemnité pour sa peine, mais il sy retusa ‘opinidtrément. Seulement il ft conven que Toragu'l viendrait & Detr-el-Kamar, il ne loge- ‘ait pas autre part que chez moi. Quolques années ensuite, Vilorine exprima le desir d'a- voir une peau de panthbre, Abow'-Abbas nous 4quitia un soir sans rien dire; il pasea In nuit, dans la montagne, et le lendemain il revenait avon le cadavre ‘d'une panthtre énorme et Tepaule droite toute déchirée par la griffe de Tandmal. Victorine pleura, le gronda et voulat le soigner elle-méme. Abou'l-abhas 20 Inissa fire, Il y a deux ans, lorsque le eboléra rava- sea la Syrio, Abou'i-abbas était dans cette ‘ison. Un jour il for sasi par une atiaue di terrible léau; il demeura soizanta-doure heu- res entre la vie ot la mort, ot si Dion ft un miracle pour le sauver, Vitorine fut de ois avec la Providence, ear elle soxgna son chasseur de panthares comme une veritable saur de ccharité. Quand il fot guéri, Abou'l-Abbas prit Ja maia de Vietorino, la balsa ot Jui dit sim- plement ‘Vous btes la mottresse, je sus lo chien; un jour jo mourrai jour vous! » ‘Ua mois apris, il rapportait une peas de ion quit avait tu6 poor fire un tapia de it An Jenne gardesmalade, Dopuis ce moment, ‘Abou! Atbas a coniaul toa eclence aren” tures; mas von aecion poor ta dle a para Facer de joo en jour, Sur un signe dello, i secorpirat des impose, ton suis str, ct Olivier; aaa, etca sur cei alfecion aans bornes que base 00 falsconement, Abou'Fabbas gonnaft la monta- foe comme les panthtres elles memes, Il alt far coor le Dress, et dovoe late plu oe {rhice tnantiona, Pas un complot ne serait iramé dane Pom sans qu'Abou'tAbbas, jen Sula convaineu, nen connie to les plas. Eh bien! ell p avait danger, Abou-Abbas le saurait, ot sce danger Sait imminent a8 Twint do nous menacer dans ub court espace {emmpe, abou'-Abbes serait it pour défendre Mile Victorine, Voila roa rasotaement, je le donne poor ce qu'il raut; mas, conaaissrnt lo tour Se pantsres core jel eonoals, fo trols oo rateeaneanent boat crest ast mon avis,» dit M. Lotelay. ‘usique invite wecoobrent latte en sigue lea aloe Dranesenonnaient dap a plsino Tour chant de triomphe. 1, = Las caters. 1 dat tevin boures da matin; la jor allait alice, mais in nut Gendt encore se no ios ur ia trt. A Detrelamar, incendie, dum ‘oule se freur, combat vetorouse” tent le ombres. Lee Drusesavaentachevé leur auvre do destruction et do carnage: i's avaientabandonné vil dave quil va dovorer, le femmes pes bios, 1senfntsépargnde mementutneat, Tes quilgaes Bowmes vivant encore ot don lk ‘ol sak ree hun aus jour dem, aa famines langiet verse il lear la aguon acre 1 Bakes, tals que lau bse Seat rouginit lol fumsak. Lo eat dea tit ae Joost as milieu de cette furoa Travivant a tourmentant, Percant, red Biota fae. ‘Des auage ae dune fumbe opaque, sore sstabands, so conleoaent dat es coushes Suptroures de Patmosphar, et iaterponnt tntre a re tla eu, adsbaioat ee tore Ie profonder des tntbres et longi dane aoe ombreopagoe tat ce qu isk pas foyer Sncandescoat Dans vile on entendait fo ptilement da fosyo grondesient dea fame, o cage Seat bois ule tora mordy pat T= Seat Joaeictour. Pas un Sire harain no 0 SontraltGane ses ros deserts ot embod {able gémissoent faisit apr co eri agonie. Dares fols etait un ddoulement formidable, un tomnerreexusé per une avslan- res ot do pootes, Une maison rome 60, ming, wabinait sur elleméme. at on {oatilon bianchtre se dégasenit des d6oom- rea. Pas le vent emporait la colanne mobile do poumbre; Te foyer parel Sout momen ‘anément so réveilait plus vivace: les fam- JOURNAL POUR TOUS. shes perpdont les ruines et Pincendie coutl | tant Tx toto en artlir, tndis que ses yeur uit La loour siistre dovalt tre vue de tout ee montages voisines, peut-Mtre, domiva es cimes aiguts, arrvait-elle mbar jusqu’h Beyrouth, mais les vrais croyanteavaient bien autres soncin que celul de socouper des ‘laours massorde par lee Drases, La mort d'un ebrétien, d'un chien, n'estelle pas une joie our un'digae fils da Prophet? 1 Guat (ols heures ot Tincendie était loin avoir achevé 00 @avre de destraction. La ‘moitié des taxiaons étaient encore debout. De ‘ce nombre fit celle de M. Lolselay dont lee sors de plerre avaient résstévieloriusoment fur alteintes des ammes qui los entouraient dp toutes parts et commengaient A les eal- ‘Toot & coup au millon de ces rues désertes, Drolentes, pavées do ondavres, on ott pu voir te gliser'une ombre sllencloase. Cotte ombre ‘iit calle d'an homme de hante taille enve- opp’ bermétiquement dans ses buroous de Ie vlorge qui le peésarvaient contre les faxes. Le sabre nu Ta main, il savangat d'un pas rapide, sautant par-dessus les corpe étendus, Gvitant les maisons erodlantes xe frayact un chemin ¥ travers les dBeombres, marchant fenfn, avec un calme apparent, sur ces raines fenfumées tout AV’beure encore ete Hrissant. Se dirigeant dans les rues étroites en bommme connaissant admirablement les détoure de Det- fel-Kamar, il atiignit Ie maison de M. Loive- Tay. TA, Vincendie éait moins violent qucigae terrible encore. L’homme rabattt le eapuchon de ses burnous qui lui enveloppaient la ttt, et in le ot erie gre cuboa Abb, cchaseeur de panthores, ayparut éclaiée par Jes roflets rougetires. ‘Abou'- Abbas pinétra résoltment dans 1a saison da négociant frangas. Les anticham- bres, les chambres, la cour, les salons étaient jonohés de morts et de mortes, les uns gisant ia poitrine ouverte, les autres les membres d6- tachée. Des fommes avaient la této tranchée, ‘des hommes avaient la poitrine-cribée par les Balle, des enfants, pauvres eréatures innocen- tes torubées victimes do la férocivé des betes {fauves, avaient 616 fondus en deux par un ys tagan Ala lame afflée. ‘Des odenrs eres, mauséaboudes, viiant Yair s'cbappaient ae co charnier encombré. [Lo sang rulstelat de tous c6tés, et, courant sur les dalles, formait des mares noirktres aa ‘lieu desquelles s0 noyaiant des cadavres. 38- ‘mais tablegu plos repoussant m'avait efrayé des regards burns. ‘Abot'l-Abbas avancaitlentement, évtant de fouler aux pieds les corps inanimés des mar- ‘yrs. Il sarrtait, se balssait,interrogeait one poitrine, exeminait une tte, puis comme la ‘mort éuit It, toujours Ih... il passaitoutre et ‘un coupir rauque lui déchicait la gorge. ‘Arrivé au centre de la cour, il warréta do- ‘vant un groupe. de cadavres: il s'agenoailla prs des corps roidis et demecra silencieux at {immobile comme s'il o0t prié. evant lui était Mme Loissiay, le anc ou- vert par un coup de yatagan. Sur le corpa de Ja femme était & demi couehé celui de son mari 1 quelques pas, Henri de Ville- immobile, ses votements éleganta souillés d'un sang nolr et coagulé, Tes your formés, In bouche serrée, altitude encore ‘menaganta, ‘Abou'-Abbas étendit sen deux bras audeasus des cadavres de M. ot Mane Loiselay ot rejo- Gardalont vers Jo ciol Tours regards lo quents: * Vous qui mentandes, dlt-il & voix haute, rotenet mon scrmegt et aij'y manguais jamais ‘up jour, appeles sur mot ln malédition de co Dieu pros duquel vous dts montée! » ‘Pais aveo ua ascent plus énergique et & voir plus haute encore : ‘Je jure, continuatil, do comacrer mes jours oi mes noita, mes forces et moa esprit, ‘mon aur et mon’bras hla vengeanoe qve j ‘Yous promets, Je jare de faire tout ce qUuD Ihomute peut frre pour retrouver Viclorine, la ilivrer, la veoger! Je jure de tuer, avant Ix fin de Ta lune, autant de Druses qu'il y 2 de doigts A vor mains, ot do no remetire moo yaagan au fourreau que lorsque Perterai- Dation du Vingtiboe assassin sera acoomplis! Que Dieu me manditse ai je renosce A mon erment! » Ba achevant oes mots prononcés d'un ton 10 Jennel, le chastoar de panthbres imprima ses rains ‘dans le sang encore chand dee dou cadavres et leva ensuite ‘ees doigta aunglants yore I6 cial comme pour donner plus de {oreo encore & lk promesse qu'il avait for~ multe. nsvita, il se rodreasa of traversa la cour. entra dans le salon sitné au fond et il parot livrer 4 un examen attantif dos cadavres, Sans doote, ine rencontra pas ce qu'il cher ccait, ear par fois fois il parcourut la pidce, sovlevant los corp, interrogeant lee visages ot ‘chaque fois ft un geste de déception. ‘Copendant, ditil en #arrétant au milieu de celto héeatombe , cst bien ici quil ext tombs! Jo Pai va! Vagah Pa trapped cette ‘méme piseo! Il n'a pu se relever! I xe mou- raltl... Comment esti plus al » 'Et Abou'l-Abbas foulla 1a cour comme i avait fouillé1e salon. . ‘*Nonsiour do Cast! » appelat-il & voix haute. ‘Ua lugnbre silence Tui répondit soul ‘clla’a pu so trainer hors do cetic maison, repritil. Jo Yai va tomber, le crtno fendui (Qu’estil done devenu? Los Druses se seraient- ils apergus qu’ 6ait vivant encore et Tau- raieut-ils emports, tandis que je courais Ix ‘dans Tespoir de rallier los Maronite... ‘Mais si cola stat, repritil aprda un silence, ils ne Valraient emmené que pour prolonger 2 eoulTranoes, que pour Iai faire une agen plus horrible encore! Oh les monstres! lox {nflmes | Peuase 40 toujours trer sur eux plu- {ot que sur lee pantheres|.. Les panthdres va- Tout miour que les Drosee! Allons! il faudra que je le rotroure lui aussi ou que je le vyenge! Las regards d’Abou'-Abbas tombérent en ce ‘moment sur Ie corps étenda @'Henr de Vile Comme il aimat Victorino et comme Vietorine Paimait + Ea cet instant le taeur de ranthores a'arréia til demoura immobile, Vail fixe, le corps & domi penché on avant. ‘c's remoé | > murmure- Bt il no précipita vers Henri. Eiectivemont Jnmaia du jeune homme venait deo roidir at soe doigts contactts avaient fit grinoer leurs ‘ongles sur Ia dalle. Abou'l Abbas s'agonoulla, Tos te fe. Apres un moment fanxicuse attanta il loi sembla sentir bare ‘Yo oorpe dient, Your st 0 dispos A I ans lo prosniat vestibule, Abou'l-Abbus s'ar- ‘htm encore. Il Tul avait paru antondro le brait un eo0p ‘« Quelqu'an vitil encore foi? demande-:il une voix forte, Qu’il appelle. Gest un ami gui vient A son aide!» 1 écouta.... Un soupir plus distinct que te premior arriva jasqu’s lol. Dépoanot le corps. @'Henri sar an monosay de cadavees, il par ‘couratT'entichambrs, I Tei semble, & la claté des Demmes, voir #aglar vagaement un corps. qutoua do Dravt rl ot ender ‘Abou'l-Abbas repetues los Druses ot dégatox ‘uo vieilard, & la barbe blanche, xu costume jit Bead! » ati. Un géisement sourd Iai rdpondit. Abou'- ‘Abbas saat Ie viellard, Venlova ot Padcasa contre ia morale, ‘Nas in’ ancane Bleare | itil en oxa- rinat le corp dot los ruses Salon on Tambonar ot toot oasnnglant, mais qui ne paralmalt avolr 46 atzaint par aucune Same ni ar aocan project, ‘Abow'-abbas courat & a fontaine, paisa de YVoru dans see maine réunioe ot ta cela eau an vinge dEut, ‘Le banguir joi At an mouvoment et ouvtit lenioment las your. Son rogard bbe eau sina vaguement dabord loa objets autour de 1a, pla oe rogard nim t la bovche wou vai ‘Ma maison | murmura lo jut Re bralet dit Abou'-ABbas. = Mes dimaats | an Deas las ont vols, cour du jardin? T AbTant twas un tao cach? dite chas- svar do pantres, ‘Nar? 8t Bas®, Noo! noo! jo naire. Grice! pil. Qoe le Dieu @'Abrabam ot de aco. ‘ie villa serra soudain :se8 your con- tomplaieut Phorible sob do caraago. ‘hi Bll! Nodmie!.. serial uno voix {ebzisoane. = Pauvreviellard| murmora Aboo-Abbas. = Me fle! mon enfant.» aptia Baa on se orden len bras ot on saasbaat In bezbo Sec un dlsespoirefhayant. 11 i un pas comme pour w'éancer dans la cour at allo fuller le tonceau de eadavres; ‘Mou'-Abbas Vartia du geste: “ Notzie eat vivantal itl; seulement ls Druzes Pont emament “Ma file hava To vioiara Nou In sauvorous peut-ste, D'aileurs, tu as ates d'or pour la Facholr. Vion, ade” ‘moi! Ta malson 6 plléey mais elle et de Bout encore; je vais 7 Sransporter co joune Homme bless, ot tu misideras b panser sa Besse, Allo, viens ite. ¥ que le fou gague cette habitation? » ‘ffectivement, le flames eniouri ardent rideau It demeure dbvastéo de M. Loi flay, ot bionidt use barviore infranchissable ‘tla over etre i cou ot a porte donnant ‘och our la rue ‘AboW-ABbno avait ropes entco es bras le corpe @'Hensi do Villeneuve. Y. = La route de Beyruth (On eatze dans le pachalik here on traver~ sant ve gorge célbro par son éleaduo, par ‘aiprofoadeur ot parla diffculié do ses che- tuts, Des rochers & pic la bordent de toutes paris, of ces Toclofs suat devenus histor 116 JOURNAL POUR TOUS. Figo par ln iaseriptons dont ont co Des couéranis divers ont nd 1 Tear emprointa :Stsostrisy a faitseulpter quelques- ‘un do ses soldat immolant au Dieu des cape Ai. Trajan y a aio sur lo Yoo In prouve do so weavaux do dblayement: upibus linens iter beret, afin, Djaar-el-Mansour y St gravor sur la irre Ia data de aon glorious pamage. (Outre loa vestiges do cas ilutrescongué- rants, so Touvent aus loa traces tous cha- "ables, au contrare ds premiers anachords hrétena Co sont des celfuls crousdes dans ‘moutagne ot Ton vot encore ls bane de piers es minis calito guia nalvementselpiée, du Sauveur. "Une fon le 6hl6 traveraé, on aie, de pente en pento, A ane mervaillese valiée, alle de Beyrouth La on trouve en abondancs Toranger aux ranches élégantos et Furic ._ meg, aux Dour argon auxqulls sucdent 3 lt or a nopal, aus fulles large, ve- Joutdes et luisanas lo carabier, & Ia vrdure forts et sccentsa; le pitane, 4 ores aussi Brillante que le feuillge; le pin, le hante tate ombragée;Tolivir, & a couleur gris et tandro; le paler, aur rameaux souples et gracious, Pais, dans la plane, ur le bord ds roates eneaines, prs des ragsoans ot des rividres rpebtant 4 Thorizon, des gusons verdoyans, tout dmailés do jacinibes, danémones ot do siroltes. Au loin, lo dossi vars des coleauz, Se déooupant sur lo ciel pur; deribre eu, los ‘ajestueuss cies des montagnes; & doit, Tey couleurs changeantes dela mer. Tien s'est beau, éblouistant,pitoresqus et chaudement coloré comme le paysge. adn ‘able de eats plane enchantée, qui se déroule {Peat de Beyrouth et tnd fan pied da Liban. 1 Git six heures du oir, le soleil sicl- nat vers ls ots bleus dela Méditerranée, qui Toflétaient leurs rayons.dorés; une. vapeur hande court au~dessos des arbres et don- alt au ciel ees tints volaées qui novs sont jnconnues dans notre Europe oocidenal. Lait fait por, ombaumé : la natoo entire sem bait heureuso et joyeuso: le olsaux chan taint, ot cependant les hommes désolaent co ays agigue et nondaent de mang cette tare fevile. Cat To surendemain dos massacres de Detr-el-Kamat Deut cavaliers, montés sur dea chevanx arabes aur selles do velours rates dedorures, les pieds enfonoés dans lex larges tiers da” rmasquinds, suvaient au petit pas de leurs coursiers Ta route. conduisant 'kBeyrouth. (On afaperceait pus encore les isons blan- ches, aux tarrases pales, do la ville orien= tale, do Ia vce-reine do. ce Levant dont Smyrne est limpératriee. Lhorzon se perdait dervire un rideau d'orangers en leurs, et lo ciel blew apparassait a travers le feillage ‘vert tout garni do sa neige odorifrante, Liheure de la fralcheur approcbait, et la brise de mer, ce sous bienfaisant et régulier des pays orientaus, commencait& courber les havtes herbes sous som haleine viidante et para Des deux cavalers, Yon Guit petit, gros, our, trapu et sanglé dans seo elements & Veuropéemne, Se ite fait éaorme, roads ‘th menton tta-coar. Son yous pei. I aval une ooahe repacuble ol des dents dune tale Jongveur qu'elle se croisient Pune aur Pau- ‘wo. Son visage iit rouge cramoisi; wee che- + ‘our, 5s sours, en cis ot ss favris ole- Totes, qui port tts ongy ot tte dbouridt, fant tan Toor tant sola gerace. il portat un col do chemise emp foorme, ‘Tai montant jusqu’aux oreilles qu’il avait plates ft majortonen, Ue cravat. bleu ollsto ‘enroolitaujoor um oon court ot Opal t franchat sr Mmmenats du ool comme un 8 ‘rune foile de pape Son vélement, jaguotis do drap anglais, ‘ait coupé A Tanglaie at geal do bosons de boise fabrique également angiaise, Un Gilet, db meme sof et de méme nuance, 56 Soutonnit aur on entre prosninest ol fai= fait parte plas courts ebsoe les pts Das fur eine dooraes, alors qu tentaeat vue Bement doe croiserau-dawous de Ta pi- ine. ‘Un panalon entiremeat parell au giot et 41a jaguete ott antour dw ois ten. fongat dane ‘ne pare de-gueres en. Cur none; dee souler' semells quadruples, de fabrique anglaise, comme le reste du cos tume, chaussaient des pieds également anglais, stds gigantonges, "Un tout pet chapan de fxire ni, & fond rood, 8 bordsrolis,compldaient Pebble tts ponalt aur lt grosa thle A pea prés forme un point sur un ‘a second personnage on no voyaitexacto- rent rien qune mate informe do barns, ‘ccomulés le un ar les ates, de cintares a Inio et do plaids build, Les capuchons dex barnousanperposts entouraint Ia tl, ot 1 pa elas rma joer ors qui ecouraiet entbroment. At pramier ae, oa petra rote une pre bide de couvertres, mais en examiaat teotivement Vobjet pach sar la soley on fissait par supposer qu'un ire bumala de- ‘ait erster soon cet aman de baraou, « Sur moo ame, st William, dit lo grow homme sour garaaca, en turaant vere Te aque qi chemialt cla & cdl aes Iu, vous ouveseaayer enlever, vos buraous. woh ono voi cae, eroyr-vous? —teratimmet Crest que, mon cher monsiour Paterson, jfaipeur doce anné soleil Ti ais, sir Wiliam, bane! Cependsat je eros quil trait pradent tendo encore, iis vous Souferex A-desous! = Non!" cher, non! Dialeur je prifire ‘toator un peu, plot que rir; Je spplice txt moins grand. Sil vour tat arrivé gut rest arivé Amoi, monsieur Paterson, Yous Serie dordoevant ‘aust prodaat' quo'je le Décdément, que vous extil done ariv, sis Wiliam ? Vous aver fit alloion a4) un Srésementfichour, sans jamais mo racnier Jes dita, Eh Bion! monsieor Patron, Sguresvoos que deroibrement on quitant Pipl fal Se ent bir out = Aleletre, monscur Patorsn, da ettre! 1 y avait peu de temps que ais en Sys etjo te connate pas encore is iconvéafents do tliat. Je me ovo un matin, jo pres le th, jement ua verre do sherry t jo ree Erde onsite Ama ae Un tasty {i temps 2 llr paseer dour heures & Hye’ Park. ¢ Ach! fe Tia ie tn toa de promenade: jo van alr offi mon fscorte Mindy Harry ot Amie Jane fil: » Yous comprense que je devas fire ne tilate convenable de prends on patalon de tile, une jaqutis do taille out bat, ot une ae che- rise de batste, Jo mots mon panama. Un vrai costume do gonilaman, cher moasour Paler- ton. Cest Kopp , du Sirand, qui mvhabile ot Towis, do Picedilly, qui mo chauso, Yous comprenes? — A mecveile, sit William! Ensuite? Jo pare done, continua ln voix srtant de desous Pamasde'buraous, ot je vas wouver as dames. Jéaistbs-bien ais, jo vous ase frmo, ot miss Jane daigna me fare compli- ‘eat sar inon costume. Nove fines la promo ade, hilsl en ploia sola. Jo rental aves, des picoloments sur tout le corps; java favre, je me mis aw it. "Vous aves aiapé un coup do sale? 6 ria M. Paterson. Des pieds hi te, cher monsior. 76ais cuit. — Panvro sir William! jo comprends votre pradenco; mais je vous lo répbie colo heure Yous pouver vous dégarnir un peu : le sole baite sennibloment, et dullours nous voit A ombre sous un bois d'orangers. ‘es deux vopagenrs venaleat efectivement ‘ateidro un bouquet arbres qui bordat la route sur uno anez longue distace. ‘Sir Willam so basarde absiser un capa- chon ; sans doute il jugea que la prudence pouvait se relicher do sa vigilance, car il res: pra plus & Taiso oti so ddbarrassa de ses Barnous. Alors it apparut dans toute la grice do's longue persone. ‘Sit Wiliam pouvalt avoir trente ans 16a amaigre, oo et fut. I avat un cou démesuré sur lequol se dresait un his certe beaucoup ‘moins groso quo son poing. Gato to resem Bait, pour la forme, calle d'une blcaso. Sir ‘Wiliam avait le frootfuyant, les yeux road Je nex point of les joues reatrées. Tl porta des favoris comme son compagnon; o#8 fao- Tiny ainsi que ies choveos aint 'un jauno bouton dor. Tout son corps dit long ot éaorme : les bras mal atachés, Ie arse court ot tri, los jambos maigres, les peds plats et larges. Tl portait une de cas alreuses caxquetios sans visire, pointues derrbre,rondes devant, hordées da éeossis ot garaics 2 leur extré mitd d'une houppett:coiure adoptéo en An- lelerre également par les gentlemen et les sockeys. ‘Sa jaquoti, son gle ot oo pantalon parils ‘ais do nudaco io do vin; un ruban Boise torullait autour de son cou. Tel qui ui si William avait aie, copen dant, dir enchanié de aa personne, Les dour cavalier avaent continu leur marche et sap- prochaieat de Beyrouth dont on apercvait au Join les morales blanches. ‘Beyrouth (Pancienne Beryta) est digne dro 1a ville d'une aut belo campagne que calle qui Venioure. Elégamment. éiendve vers. Ia ther, descendant d'ane ellie douco ot gra- Ceuse, la tie dans les aves, Tes piods dans la Méditerranée, ello resscmble, selon Taxpres~ on orientale, & une charmanie sultans azcou Ato sur un cousin vert ot regardant le fois dans sa vous indolence, Ses teases toutes chargées de Bears, ses raisons aur syetes ogives ss tots plas sur ‘mootés de creaas on pierresou debalusrades fn bois, vs muralles maureaues aux ruines Aeuries' et foullues, ta couleur Garlae do ses fortifeations moderaes, ses rochors. par froupes qui poinent sur Ta ner, sa rade fer~ fibe par un promoatire aiguy-loe mriers Bianot qui s'ondent sur see Danes les tes 5 palmiors qui s'élbvent de sos places, es tons harmonix do sos murs pints 1 bleu ou en rouge, los minarets do es mos ‘quées, les démes de sos pais, et avant tout on ciel toujours pur, son air limpide qui per- amet la vue de tout saisir et do tot détaller la fos, cet ensemble forme un spectacle ra- ett cits, que les Romains avaisnt appelée Feliz ("heurense), dont le sol est immémoria- Iement fortile, dont Yorigine so perd’ dans In fable, dont la fondation est attribute & Sa- ‘turn; eats cit, détrite par Typhon, fat re- Die par Augusla qui ue trouva par de meil- Teur emplacement pour st colonie romaine, G2 got In dona le nom si cher de se Favorisé par toutes les civilisations, ombel- lio par tous les maitres do la terre,'sa rade bien abritée semble appeler le commerce ot ‘tendo les bras au mond ‘Sie William ot M. Paterson approchaient de 1a ville, et déja is allaiont atteindre les fan Dourgs, lorsqu'un cavalier, accouranta toutes brides, quita Beyrouth ot'se dirigea, en sens ‘opposé, sur a route que suivaient les deux fils ae la vieilo et peu postique Albion. ‘En apercevant les deux Anglais, To caval gui passait& fond de tain, aréta net sa mon tre comme saventarréter court leurs chevaux les arabes, ‘© Ach! ft M. Patorson en retonant ‘ment son coursiee, c'est Abou'-Abbas |» Vi. — Las nouvelles. En’ apercorant M, Patera ot Abou’ shtbas avai arto bon cheval. une Tain si ferme ot aver uno secousa si Brow ge qe le couraer rake ait pl sor bs [rd dete soa x sat a Bie «Bonjour, Abo'-Abbas, bonjour mon gar- on ai. Paterson do savor pace axon Protectear, que qui tamensit &Beyrouth Rijordhalf Tu veosls me var? Exo que tats queges pean de pindare Ae poe coat POTN! dit AbooAbbs. = Duntre! tate negliges, asta bien? ‘voici deux mois quo to nas fin tal. Les pa Tints ont-eles doe qué la montagne? "lee yabonden au contre. itr Us dovove perewens Noo; oun nee donnerer pas chor dea pen des bites que j Your or "= Poargooi? Sila fourrar est bole, jt Yachatera un bon prix, Nab pas Gd eoateat do notre dernier marche? ei guises une ‘ean do panthre petite et juno! Fe ros dia qo los pon qu jo appor- tena ne sero pas paps co poe. Tuten als ren Zila Rts seront done bin aiden? Les panties ql sont dans la montagne ote dusoat,ropet Abowlabbes Cun fon fmpbatique, ont pas de fourrare; elles oat deur pieds ot point do poll, mas sles boat pos carmasines encore quo les autres, at elles sappellent les Druses! — Abt ab! Mt M, Paterson on langant un coup dil & si William, = Yous saver co qui sfest passé? = Oui, oui, oui, At Anglais avec inditts- rence; j'ai enlondu dire quill y avait eu da ‘bruit par It-bas. = Detr-ol Kamar est en condres! — En vérité?... Au reste, les masons étaont Dien viilles. = Le Marnie ont i manner! = Le peu qut a échappé a 6t6 Ia profe des Druses, JOURNAL POUR ‘TOUS. . = Perpire, dt sir William, jo me pais 4 supposer quil n'y avait pas de aojete do St Najst britannique parma ces Marontes? ‘avcant aucun!» it M. Paterson. Pfs, aprs un moment de silence «Dialeors, rept M.Patemon, on fit Beane coup de brit souvent pour peu de chose, Lee ruses soot pas aust chants quis en ont Tair, eles Marnites cient souvent pour ‘quelquet Sgratignares. “—"Deur mille sop canis cadavrs soot & DeiratKamar, dit Abou ABbas, ‘rant que celal oui. = Tus as done comps 1 chasseur de panthies langa un regard fovdroyant sur S08 interloeateur, lequel De soureila pas. Jo vols ave pene reprt M. Paterson, que tolérance extraordinaire. On les accuse de tout. Cest un fait, sir Wiliam ! il ne se eom- met pas un assassiat on Syrio sans qu'ausi 1 les Maronites ne jetont Vanathime sur Drases. Pos, so tournant vors Abou'l-Abbas : ‘Sill ya quelque mouvement dans la tagne, di-i, le gouvernear de Beyrouth lera 8 remetire Vordre! Le gouverneur ture! ait Abou'l-Abbas fen haussant les épaules aveo un geste de oltre: Ila 6té prévenu ce matin & sept beu- res des massacres de. Detrel-Kamar. 1 ‘8 douze heures de cela. Il eat parti immé- iatement avec ses tronpes, mais saver-vous ‘i il a passé toute cet journée? Chex Mal- Dhoun-Khatoun, dans la maison méme du cheik qui 8 ordonné les massacres, V'inoendio et le pillage. Il sera & Detr-ol-Kamar demain soir, Bors dont quartet haores dasance Gouverneur est un grand pollique, sépondt Patron, I 20a ps opted Geogr ss aces Cine tat pas re on peril pour a tandee ss secure. ii feraun exemple n'y & pas exagée raion dans ls accuatios porta. sous eryes? Ca eat ident. Diiloors, auean An- iain scour? Non, dit lo chasoour de panthéres avee Sronioy aloe iy a que demimal “ain quvencse qe ta ons fire & Bay oath, to mon garg? > ropit M. Pie teron. : Tbow-ABbaa 8 apprher son cheval et - garda bien en face 'égotste enfant de la SGrande-Broago. “de sis yeaa A Boyroth, dt, por acho- tor de Ix poodre, ds plomb poor fondre mer Tals, ds mbdicamenta ot da linge Fa besoin As linge et do tldeatnents poor penser do pluie rons Mobemont manacrin et ue ar 66 sen boorer poor reculley et al Besoin do poudre st de plomb poor ‘ite In chasse A yea boot amis los Dros, monsoar Paterson! me fact ving eadsrres do Drses me sereit dorset avant Ia fn de In fone! St vous renontrex vos ans, monsioat ie conn, mito rat a pawn a ournée cher To che des Drea ‘sania at mit eongecing Revs poor tecome Dlr To trajet de Beyrouth & Del-cl-Kamar, gol 30 {ait teelemeat on cing hewes! (Hou de Pauiewr) a7 Paterson, vous pouver les prévenir de co qua dit'Abow'-Abbas, de. ce quil a fait ot do co qu'il a juré déccomplir! On m's ap eld junqu'el Te chasseur de panthires, Je Yeux qu’on m'appellé dans Pavenir le chaser de Drasea! Pols, avant que son interlocoteur ptt Iai répondre «i je me suis arr8ts en yous voyant, con~ ‘inua-til, ce n'éait ni pour eauser avec vous, ‘i pour Yous donner mes avis. C’éiait pour vous apprendre une nouvelle, et je vais vous TVapprondro avec d'eutant plus d'empressement quelle vous sera plus désagréable. Vous at- ‘endies un convoi d'émorandes, de rubis et de perles, n’est-co pas? = Oui, dt vivement M. Paterson. Ces va~ rs voyagent sous Te protectorat anglais, et Jg.me pai soppoer gules seron epee Von est pour ces malbeureux Druses d'une in- | tos Le convo venait de Damas? = oui. fet aret Dete-l-Kamar? = Mais il ne dovait pas y passer! seria Panglais. = Crest possible; mais lo négoc mas qui vous expédiait ces trésors avait & faire parvenir & Esad, le banguier ju de Detre Kamar, dos valeurs 6galos aux votres. Le con- voi a done passé parla ville druse. Or, il était arvivé hier soir, monsienr Paterson, i devait passer la mult dans la maison d'Bsad. Les Tures {gui Pescortaient #0 sont. mélés aux Druses ct ‘ont massacré les Maronites; mais pendant co temps @autres Druses pillacnt et incendiaient 1a aaa — Mes rabis, mes émeraudes, mes perlos! vocitéra M. Paterson. Pills, voles par vos amis les Druses qui les ont pris pour les trésors du juif, monsieur Paterson. Je sus heureux de vous donner cette Donne nouvelle en vous quttant. — Dix mille livres sterling! s'éeria "tne luis. Le tiers de ma fortune! Et tout élait ayé! » P*xhorTl-Abbes tat loin, Bofongant ses longs mormora Je chueear de panthores enfant rapidement toner Ia Pride den main drole flog faa aceroche Sor son don. 1 pouss aon ehoal dans une anfractosts ‘tL outa rapioment Aare. La eboval ans Gute habitas A dumocrer tel at mwobie ure ataché, senfonge davatage dt sp. do grote oxtarle, ot tendant son Jong cow gracious, il chreba du bot do aes Ibvresqusgues erbes & Brower “tbouteABbs, ton foil arm, aon boro rcjete en arcite poor avoir la mains Iibren, feamit'h matcher I long rochar gis: ft daos Vombre,demeoraat cach par lt mires Le brit quasi etendaparveni plan distinct Lev eres tcommengiv domtaer toy borlements saovages des hac, On ot Ait une grande toope dommes et do che ‘ann an cararate panes dans la montagne fhe do Penratob aa ates Abo: avbasy Ia rovte ft on conte Brose, et ‘un petit pont de pierre jelé aur un avin, aa JOURNAL POUR TOUS. {fond du quel bouilloonait un torrent, Ia ral- Tint A un autre sentir graviseant le’ roc. Ce ‘pont Gait également le point de rencontre de eux premitres avec uge troisitme route pment der leo de, montages oon fe lequel stait appoyé le chassour de pan- i ag sppuys pa Le bruit devenait d'natania on instants plus formidable, et on disinguait des cris aigus, des clametra, des imprécations ot des grom ements sourde somblables A cour du ton~ La lone, s0 dégageant soudain, Jlaira on plein le paysage. Abou" Abbas se blotit der- Titre le trove d'un oddre gigantesque qui dres- suit sea rameaur séculires. Il altondit avec ce calme intrépide do homme babitud h lat- ter constanment avec le danger, ot qui, dans son expbrionce, sait qu'il faut laisser venir A soi ami ou ennemi, et no jamais se lassor aur. prendre. Des ombres blanches to destinsicnt dane la ‘montagne; Abou'l-Abbas avait devind justo: o'iait une bande de Druses qui commongait | déboucher sur le pont, déllant b portée de ful du ebassour de pantbtres. Celaici, Vi ‘ico, ln main au foi, imapassble ct calm, sui- vait du regard cos fentdmes aux v8tements en- ‘core couverte du sang des ebritiens. Cent cinquante Druses environ dés'brent 4 cheval, matchant par groupe et encom brant 'étoitsenter. Apres eux, veoaicnt det ruses & pied, puis une masse confuse ot en- ‘suite une autre troupe de Drases & pied et & cheval. ‘Cétat une coloane avec son avantgarde ot son aribre-garde. Abou-Abbas s0 poucha avi- dement pour distinguer plas netiement cette ‘Cust do IA quo partaient ‘aigus, les clameurs décbirantes aur- répondaient Jes hurlements mevagants ‘Oh! » Ot Aboa'l-Abbas avec un frémisso- ‘ment qui parcourit tout son Bt I distinguait! il voyait et tout son sang re fQuxit vers son eerveat et sa main fvreuse tortura la battorie de son long fusil que par dour fois il épauta aveo rapidilé, mais que chaque fos i laissa relamber avec un gesto de fureur sourde, Cette masse confuse qui marchait an contre mposée do malheureuses erbatares hu- que poussaient les Druses avec Ie pointe de leurs yatagans nus. ‘Qoelques hommes, dépouilés de leurs véte- ments, marchaient les bras étroitement atta. thés au corps, los mains li6os derribre le dos, dans Timpossbilité de teotar un mouvement, ‘mais la masse Gait formée par des formes ef eeminae Quelques-uses tombaiant & genour, les Dru- ses les rolovaient & coups de crosses ou los ftappaient aveo la plat de leurs yatagane. Diautees bandits enrouiant leurs doigts mai- (gros et nurvoux dana les tresses Dottantes des chovelares, trainalont leare vices, leur dé- ‘birant lo corps sur les pierres du chemin Geur-ei en pourstiont d'autres aveo Veatré- itd du eanon de loor fosil dirigé sor leur Doitrine etlee coutraiguaioat A s'avancer Are- culons. is parfois, un homme tombaitfrapp6 par tan coup de sabre.... Un enfant stat arrachs dos bras garrotiés de sa mbre,enleyé, balancé dana Vespaco ot Taucé dans to préclpice. Et des hurlements féropas dominant les cris de doulwur, ascompagaset oo hari estes teas. "ou" -Abbas ditt halatant,fsrnd sul contr plas doing cons hommes ot de- mancaat sl devatetreprendre late. La Ton ‘clara cos sbomiaables schnes.. Les Druten dation lojoars. nin. ls pbrent. bow Abba lange hors doo cachet. « Vistriae ext ai dit. Co sat les prison- ros. de Deral-Kamar!.» ‘Ua Dros, on tranard, vent cant pas en anv dete compagnody# i alt at les avons une paurte jeune ile, dione, oot acai Te corps nu avec Ia oiate de fon poigmard. La vite avait pt a force Gn cier ole agora. La Droe avant fn chaniant of en. poussant des hufloicnts erat aap, chancel, sere, ports tes iilne ban gorge aia rombere crys do Injeooe ff. Un et expra sur aes vee... {Troula& tere rane Ua lot de soi fat avec Yon de ces cx ores snes ets fortes dont ts fabrigues Grienalee ont sien le secret, est enrui6 Stor de ton ou et avait fot avec no imps merne el alt mors, Abo! Abbas Bt Acheialen le comp ata do Dre ot une tian daergique i achevalt a strangatin. {Devs se roid, trnsonna ot emeara i= tb. Le monetrs venst de rendre le der soupit. fe Coluvel ne comtra past» ait Abou= than Taine élnrit cute sxbue dramatiqn a foin oo eoenait toujours lo belt on In arene des Drones es vs Schianis de pruana ares. ‘nun clin dai, Abou'Abban avait 36- oul a Druse ded veements qu'il porta Echintma il arracha ce qoicourrien son Bropre corps eel so mit en devor de revati Ie ontome du face asain, Enlevant Te codanre ty il le langa dans Ybinve oovert sar sn gricbe. Pois i rept ton fu ey recturert dex steal nai do prendre, Hance dant a onlacne dans ln Srctos qua sve a rouge sine on ‘Si Vietorine est 1a, murmure-til d'une ois trmiseante, jo Te aura ob om Ia cone Scie joe snort et parle Dieo vivant] je la sauversil.s i ategcalt lor a queve dela colonne... sonnet Car. eproucton ot traduction iteriiter, — La ute tBu prochain num.) L’ENGARNADO, ‘enone Dea GUERRES CIviLES RsPAanOLES. IV. — Le ewret done forme. Paquo était enchants; il avait trouvé chez Ccaslda oe qu'il avait le plus désie, i sausiai- fait de colle faxoa aur désirs formulés. par VEnearsado ; la fortune Ini souriait de tous les cOtés; artont ot amitié s'iaient unis pour Ini tester une eonrenne de rosas CCaslda, comme toutes les femmes, brilait @impationce doconnattze bes Tours Vermeiles, Ia Compagnie rouge, I Encarnado lle tat littralemont dévorée de 1a soit do acon et sepsis pied tageient a arte, landis quo sa Wo inguitte cherebait & dominer les olstscles qui cnirasaieat sa Yue. N° 374. — Dix centimes. ¢ centimes dant les départements ot dant le gares de shemins de for) JOURNAL POUR TOUS MAGASIN LITTERAIRE ILLUSTRE PUBLICATION DE CH. LANURE ET IMEURS A PARIS. ‘= mat 1908 es anne epee de cage Is leur ont 6 les mains dered le dos pour ls metie A mort. (Page 133, ea. 2.) SOMMAIRE. — Rousns x7 Nouveuts : Le Chas eur de panthérer, yar Ernest Capendy.— LBA cearnado, par Eamsnvel Signlay. —Mtzances Les ancizns supplicer. — Vameras La fox faine dee Tanocens, par Feédéie Bernard. LE CHASSEUR DE PANTHERES, EPISODE DES MASSACRES DE SYRIE- VIL. — Les cables. WGét6 deS plainds d'une richesseinovte, comme celle que nous venoas de déerire, comme cetto plaine de Beyrouth dans laquellé nous venons do rencontrer les doux Anglais, se. dressont des monlagnes dune sauvagerio eflayanto , ‘comme celles dans lesquelles se pasee,A'beure ‘méme od sir William et M. Paterson rencon- tralont Abou'TAbbas, une des scbnes princi- pales de note récit. Géologiquement, a Syrie est une vasto ebaine de montagnes, dont Tun des versants rogarde Vouest, et descend de couches en cou ches. jusqu'au’ niveau de la Méditerranée, tandis'que Vautro yersant qui appartient & un Go quit y ade plus remarquabie en Sytie, | solos clevé, about un platen horn pat apron la beisté merveitonse da paps, st | THuphate au’ nord-st ct par les sabes da Atversits extraoriosire. Ir wexisto peut-8tre | BerreLCham a0 sodest pax au inonde de point de woe ob homme | "Des deux grandes chanes principales conme Darasto plus pot et Dieu plas grand que de | de deus larges Neuve, sharpen mille chal Eetiotervesi doe parle cil i eonoite par | none divers dnt les una vont roster dan es ies peoples 4 | ot dont ie ates seearent dane le st ‘LAtout est majestues, plendide,imposant; | ne, dent quelques auiee, tv tse mtn, formant des carcesressret, emp omen des valons ef ouvrent des ablnes ate disposition géalogiue oe tous etna et oven la rarities dao ey dex Fivags dyes et presque tories; 1h des pistes fers et temperés; plos hat des {ommes boise et nigeur; puis de longues et eusen valle, pls encore dos esearpements Surmonts do verdoyata mamelos, pus des hes ul depament ex ooagess. et eni, h Fest, des campagnes fruits ob le sae dade ses pls flconaot apo. Cle murals potted mootagnes, ale eoate le dlchanenent den vent ou font las ardcurs dea lumi stare, rend foal propicea presque toutes es ele, et ‘oi aren es ltge graian dea prodoe- Tons des epics Tes pls diérenten, ds a- Tres de toutes les essences es plan varios at Tes pln opponen ‘esha pied da Liban se rencontent, aves atondsice, lo esoa, le same, Te bac JOURNAL POUR TOUS. Favoos dite, le panier e Talat, Volver tt Torangery frment des bois ous Sure premier Mane, a contra, a-dess des cllines les mins tere, le Suir appa fal et la wgne waltche a rameaur dos Chins ot der mares, des piston et des tins parasols. Ts Bau encore, aux apprchos do la ré- lend tnpten is arbres do Nord apn tio epps,rourent A etd clonal so: tmove ef du ehdr, oo tol des voglaue. est Mique Ton voit des trons de plus de qoatre inet pds de lnngeur lancet des branches Aout quelgecssunesateigaeat une looguaur fhinoncnae Descenice dans les terran 1s plus bas, sous ptrouvcres le riz dane les mardcages ui Sime, Remonter aor lex pls Larges pla- fEaar, sous Uouveres des haps Tout cou vets de froment et Se als. ep ndant a milied 40 cole terre une fuss incapable, it exits une sorte dela tune, ne ache, ie pal cesta gion dos fables qui commence A Sah (i port do 0) kmene jos Sour (Tyr des seins). Onno sai eomment sexpiqer eo phéoomae sing Tir, ce morceau du Sabra, jet teaver une hive a sche of i verdyant Les Arabes, dans lar api, prétendeat qui eiste dts sourcos de sable comme ily en SPeaay ils roient sist qu dea courts Sou Terrains trangportent 4 toe grande disanco, Eerich par exemple aa este de ia Syiy des dots a2 sable aurquels dea tremblements de terre doonentensula des fisbes ct ui st fépandent suri ol comme une marée mo0- ower tl qu ean, ope riage sot dun rouge fone, smanclint ‘anes, forment des donee monies fort enouaent fen voyageurs quilt traverses Ua vent ine puacur leva toot cop, sua simon Ye: Tit auisi de Parabi. ‘a ile do cate pine de sao, prt des roines de Pancanne Tyr, soot Wola pula sommés Ren-tin par fe musulmane, et Pua de Salomon parla chréiens. ensemble de cs puis, formé Zan ciment lun dor que la piere, «dave plus do {rine pieds da sol On parvoat ba marglle ar one peute douce qoe peeventmonter let {Sint ot wn qu ln bonne equi (oppo enpit @onnement, cet ques Tien @apercevor Peau profedémeat caf, la vot au contra, no rs dol pls haa ttacoaneie, bosillonnante nt éeumante comme fn torent ‘ots pandant 8 ravers plusieurs cana Comment este exe si sbondants ets pide srgitelle sna au milieu dune sine Eesatchée? Crest ce quaurait certs dd nous fnpeendre Salomon qui ft, diton, costae fcr pls pour reconnaltre es services que la fvait oodus llgram do Tye ets marine, fe arcbitaces, lors do la censtricton ‘a iemple de dérustem. Toujodrs et qu 38 tute ot que grice elle, Une oa rfrate ‘fires est Coble au lea do coder do sue ‘Deore hommes jeunes encore tien asi a exe de ae fon stil is il, rd, Texpresion do visage fgets et oh bie” Toos, demeuraient lene. On fn sit artopage de martes nésgné, Cea Hommes portale le eostame adopt par los SrovterDessrmesdalent cd do Chacun {Teun Des provions do bouche det Sales tor These ul bordit a grande marge da trie al pate, ‘Use dossie de palin, quelques las, on boson dsb fralent Tensre eo trio do a égison, Tout antoar, A Tho- aon, avetois que Fa pouyet Sande, tout était sable. « Pits des homme, autour ds ssond pil, dee chevaus broviafent en Ibert ave0 66 sled courier arabe et extn qubtado de feaurd als qula hs ports doen, ext arse do set Non nin droite put, & Pombre dun pallmiergiatieague eur autres hommes cae Bent Ton dit accroupl, Bln argu, sur un de cet tais de hate ae comme Tes Arabs ea Sietlat sur leary chameau fama grave meat sa pipe indiene au fourteaa Gomme, 2 tyau'tte-cout et qui resemble ase & tne grows vesse spr laguele serait em imanché un ftu de pale. Les bors (celui fn line nore par-desoss, et un auto cn ine blaache pardons), fombalet autour tui formant des catead do pls harmo Liaatre personnage fait tendu sur des tapis superposés et formant lit. Il 6uit enveloppé @'un immenso haik qui couvrait ses vele- rents. (Le hatk est uno grande pidce d’étoffe trks- claire, dans laquelle les Arabes s’enrovlent. Co voile tres-léger a Tavantage de lai pénétrer Wait tout en défendant lo corps con- fe Ia poussidre ot les piqares des insectes ‘Le personnage recouvert du hatk paraissait malade, Sa Bgure était pile, et des bandes do, {bile s'earoulaient autout des poitrine, comme si lies eustent 616 destinges A panser uno Dlessure. ‘Alors, vous yous sentex plas fort, mon- siour Henti? disait le fameur. = Oui, mon bon Abow'-Abbas: jo sus pres- aque gue, grlce & tes soins, et cette nut jo pourrai moater A cheval, — Crest bien tt! Fal bite de commencer Ia campagne, ot je soullre plus en songeant h Victorine que je ‘e souifrirais de ma blesrure Bile eat vivante, est-ce past = Out... du moins elle V'talt encore ily a quatre jours, Ges Tear dle? rund gue let monstres eusseat massacré une jeune file in- ocente. ‘— La jeunesse ot Tinnocence ne sont pas use préservation contro ln rage sangoinaire dea Druses, Anssi s peu rassuré si jo re savas un autre moti de sdeari6. » ‘Henri fronga les sooeils. «Ce que tu mas dit est done vrai? de- manda, ‘= Oui, rSpondit le chasseur de pauthbres. = Le cheik est épris de Vietorin = 111'sime depuis trois mos, et je ne jure ‘ais pas que eet amour ne fat Une des causes principales du massacre de Defel-Kamar. ‘= Comment? = Yous ne connaissez pas encore les Druses tiles Tures. Vous apjrondrez & les con ratte enti feasonns, ‘eT faut partir cette nuit! dit Nous partirons; répondit Abou'l-Abbas, = Feta Sdr dy ces hommes ? Fen désigoa les Naronites. «Je crvis pouvoir comter sur eux, répondit Abou'-Abbas. Fa chois Jes plus énengiques, Duaillours tous doivent resseatir une haine wor- tello pour les Druses. It n'y a pas un de cos Dbommes qui avait vu massacesr les sien, pller 8 et Briler sa maison, lls ont Lous jurd Yaogaane, et je arcangerti por quls ten a Me® Dau! cnr on present sont ans Ses mains, jai peine Amexpliquer ce qu Test passé. I me semble que rien de ce que Yai vu o'est vrai; que ji fait un mauvais rive, mais que la réalith no pout dtre aussi terrible. Quand je songe qu'il y 2 cing jours seulement sais & Detrel-Kamar,calme, hea ‘eu, conflant dans ua avenir tout onstllé de promesses de bonheur, pris d'une jeune dle ‘que 'aimais et que alias bientat nommer ma femme : ma msin dans eelle d'un ami dévout et sinctre, entouré d'un pre et d'une mere pour lesquels je ressentas d6)A une affection toute fiiale; quand je me reporte & cette jour- née du 3 juillet et que je reviens & la réa- lil... Quand jo me dis que co pore ot cata mre sont morts, que cet ami est blessé, perdu, tu sans doute, que cette jeune fle est prison” igre, que mon Booheur est A jamais ditruit ja mo prends & dovter malgré moi et & me de- mander si je dois accuser Ia Providence! ‘— Las Druses ont passé entra vous et 'ave- nir. OD ily avait rit: Bonheur, ils ont éerit: Desitt ‘— Et étre blessé moi-méme! reprit Heari vee rage. Avoir 616 cloué par la soutfrance, condamné & une inaction horrible, tandis Je maityre menace celle que jaime... Sie fait morte, Aboul-Abbas! Si les Druses valent twee! ‘— Non! non! alle eat vivante Aven es str? = Tune mo trompes past tu ne vour pas chorcher Ame donner ane illusion dont la perte rat pour moi un coup mortal? Je loa ai yas tous deux, vous dis-e, et jai pan6 AM. de Cast. ‘— Oh! Dismoi cette schne, Jaras la fdvre quand ta mo Tas racoatée.... javais le dé- Ure... j'ai oublié sans doutei ‘— Hh bien! dit le chassoar do panthores, quand fous jot6 dane Je ravia le corpe du Dease, ot qua jo fus vétu du costume du ban- it, Jo rejoigas 1a troupe. Jo conaals ot pays desséchat la bouche, alourdisait la {it et potsalt a sonmel. Tes chevaux, subissaat 18 mmo influenoe, respiraieat aves peine, soolfaient broyam? ‘ment, ralentisaiout leurs allures ot leur piods gers semblaientalourds Bionidt une premiére refale, terrible, ef frayant, seuleva les burnous et ft courber les cavaliors sur leurs salles aux doubles pom meaus.. ‘AbouiC-Abbasjota antour de iui un regard 1. Bn 1638, plus do quarante mille péerine mu sulzansallant b fe Meoqua talent campts dans le ia tut coup pores, jeden au oyageare furent tte sti coup oosire tnplpie, roar sapien clues lute thane, Un grand poubreforeat app de csi Ile yu rsp eo dr au at prot A tchaper, eae ar Vo terre Tetaprestient ddr un iron 8 Au puns deatg hoe de Faniow) 132 JOURNAL POUR TOUS. Aésol6. Pas un abri ne strait 8 sa vue, et les rtontagnes étaient distantes encore de plus de deox lieues. La mart venait, et il ne pou rien pour la eombattre. “Henri, 6puisédéja parsa blessure, se soute- ait A peine, et un miracle d’énergie Pempt- chait seul de rouler sur le sable, qui se soule- vit déjA en tourbillons menagants, BientSt ces ‘tourbillos, colonnes opaques aux teintes jau- nes et cuivrées, se convertirent en nuages, et Ta vue ft olatruge, tandis que la respiration faisait dant. ‘Les chovaux, tremblants et afols, refust- rent @avancer STarrélant ensemble, ils se roidirent sor leurs jarres, et Jes eavaliers les sentient fré- mir sous eux. Les pauvres betes, épuisées, ‘toufles par a poussiére et parle sable, étaient incapables de continuer leur course. ‘Le Khansin éclatait alors dans toute sa fa our. On ne voyait pas A tris pas de distance; Tstmosphire était chargéo de poussidre et sable, et le vont brOlant apportat ses rafales ‘embrasées et morals. ‘Abou'-Abbas poussait des rogissements de colbre. Lui, homme de la Tutte, il se sentait Jmpuissaat’ lutter! Deux Maronites,frappés apoplerie, venaient de rovler terre, et leurs cchevaur, débarrassés du poids de leurs eavar liers, se'sentant plus légers, prirent le galop. Cet incident sembla vouloir sauver les malbeu- eux. Les autres chevaur, excités par la vue e leurs camarades, repritent leur allure vive ft on se rapprocha encore des montagnes; mais lo vent redoublat de fureur, la respra~ tion devenait impossible... la lua no pouvait continver. ‘Trois auires Maronites tombbrent comme 1aient tombés les deux premiers, pour ne plus so relever. La petite troupe, composée @abord do quatorze cavaliers, était réduito & buit. Henri roulait sur sa selle, menagant & chaque secousse de perdre les étriers. Ne plus fuir, eGtait mourir. ‘Le sable obscurcissst air an point que la nuit était compte. On ne voyait rien, on ne distinguait rien. Des ténbbres opaques ren- daient la direction de plus en plus impossible asuivre. Les chevaux sétaient arrétés de nouveau, et eux dentro eux venaient de s‘abaitre sous Teurs cavalicrs. Le sable formait¢& et li des montagnes mobiles, s'levant, sabaisant, se Aéroulant et se réédifant ensuite, menagant do tout entratner dans leurs flots dévastateurs. (Cétaitun spectacle inout, fantaslique, qu’au- ‘eune imagination ne saurait inventer, qu'il faut avoir va pour Te comprendre dans toute son horreur, pros duquel nos trombes d'Bu- rope qui désolent uno vallée, renversent des fabriques et déchirent des titures, ne sont quo des soufles bons & détruire des jousls enfant. Que de caravanes disparues doat les Aestinées sont demeurées inconaues, et que le vent du désert a anéanties josqu’au dernier ‘vestige! Lions, panthéres, chacals nosent af fronter lo féau. Ils fuient devant la tempete, ot le chameau, Fautruche eurmémes, ees dour Ihotes du desert, périssent alors que Voeéan de sable les entraine dans ses vagus toutzs-puis- santos. Loscavalierss'6aiont rangés en demi-cercle, Je dos au vent, leurs burnous agités, immo: Biles, haletants, ationdant & etre ensovelis sus cette lame’ mobile qui tourbillomnait an- tour deux. Abou'-Abbas stat flano6 & terre, et, sane dire un mot, sans que ses compagnons mene ze foe abr do wom abso, Hayate ‘Les minutes s'écoulaient plus longues que des sil Persone t'avait la force de formoler un son. Les chovaux fibliseaient et menacaieat de 56 ‘oucher.... Encore quelques instants peut-tre, ft clon éait fait do ces hommes qui ne pou- valent later... ‘Tout A coup une voix haletanto résonna, do- rminant le bruit de la tempat. ‘Couragel... Venex!... ditelle, ttcher de ‘ire marcher vos chevaiix CChacun entendit sans comprendre. Abou’ ‘Abbas surgit au milieu des cavaliers anéants, ot, sasissant le cheval d'Henr parla bride, il Ventana... Le khamsin élatat avec une rage plus forieuse, Le sable s'élevait, omporté jus- ‘quaux hautes régions de Vatmosphire I. — Youssu/-Bey. 1M était onzo heures du soir, 1a nuit était sombre. Le Khamsin fasait toujours entendre ses Togubees mogissements, et Pair était chargé do vagues poussiéreuses qui se heurtaient, se mélaient, se erosaient. La plaine de sable of frait toujours le méme tableau d'horreur et de aésolation. ‘A onte heures ot demie la lone s0 le Lrappartion de Vastre sembla apporter une perturbation dans Vatmosphire. Le vent céda tout & coup, les nuages de poussitre retombe- rent sure sol, et 1a lune se monte timi ment au miliou @un brouilland de poussitre. Mais co moment de ealme devait étre court. ‘au loin Te ciel, toujours noir et gros de nae jes, annoogait'un moment de repos pris par {o terrible ouragan plutdtque la fn de la tour- mente, ‘Le Khamsin, au resto, ne fit jamais ainsi. CCependant ua instant do calme, disons-nous, gna sur cetle mer desable en furie. Un morne silence suecéda au mugissement de la temp&te, ot lee vagues terreuses devinrent immobiles ft comme subitement pétrifies. CA et Ib, dans la plaine, s¢ dressaient des montagoes de sable acedmulées par le terrible vent du dé~ ert, des dunes mouvantes de plusieurs mbtres de Lauleur. ‘Tout & coup copendant Pune de ees dunes de sables, la plus haute et Ia plus vast, sem- bla stentouvrir sur Yun do ses fancé; une ombro surgit: e'était celle d'un homme. ‘La lune, dontles rayons tombaientd'aplom> ‘sur celia Guverture pratquée, en élaira fai- Dloment Viatérieur, et & s8 pale claré, on edt pu voir une sorte de grotte dans le fond de la- {quelle se mouvaient des ombre ‘Whomme qui venait de sortir de ect antro so Fetournait et appelaif; un autre homme sur- Git Ason tour et vint lo rotrouver, puis deux hevaus, tirés par leur bride, s'avancbrent. Le premier des devx hommes interrogea rapide ‘meat Pstmosphere et examina horizon en se toumant vers le sud-est. De ce cété le ciel (ait noir. ‘A cheval! dit-il vivement. Nous aurons le temps de gaguer la montagne. Faperyois Tes cimes du Ras-ab-Abiad (la véte blanche). A cheval, monsieur Henri! nous aurons le temps 'atteindre la montagne avant le retour du Rhomsin et alors nous serons sanvés ‘— Mais nos eompagnons, Abou'lAbbas? de- manda le second personnage en s'élangant en salle, ‘—Ils sont morts! = tous? = Groyes-vous qu’on puisse échapper au amsin dans le désert des sables? Un miracle nous a seuls présorvés! Si jo no m'étais pas souvenu de la grotte d'Al-Mantara, ce repaire io des panthives, jo n'avais pas su 18 ‘trouver A temps, nous serions morts tous deux aussi & cette eure. 0 galop, et ga- ot la main et par- tirent au galop. Les chevaox enfongaient jus- qu’ mijambe dans los sables mouvantsazoo- colés vers la montagne par la force du veut da sod qui les avait poussés durant toot le jour. La lune se voilit, le khamsin rovenait plus furieux et la tempéte recommengait. Les deox hommes étaient enveloppés hermétiquement dans leurs burnous, les capuchons rabatus sur Jes your et solidement fixés sur la tote. Un hail couvrait leur figure, et sans les empécher de distinguer les objets, devait les prémunir contre les premibres atteintas dela suffocation dq'edt pu causor la poussibre de nouveau sou- levée par le vent. Chaque cheval avait égale- ‘ment [es naseaur et If Bouche enveloppésd'ua pan d’toffe légtre et diaphane. Les pauvres animaux, sentant revenir aussi terrible le danger augue ils avaient provi tiellement échappé, dévoraient espace et fayaient, avec la rapidité une Mbche, vers la ‘montagoe qui devait devenir pour les eavs- liers, un port de salut en les abritant non-seu- Jement contre le vent, mais encore, mais sur- tout contre les sables apides et forieux recom- Te Khamsin.soutl't avec’ sa terrible violence, quand les deux hhommes qui voyaient & peine, qui respraient 4ificilement, entendirent un bruit retentis- sant, contind, dominant le mugissement du vent. ‘«Lamer! dit Abou'TAbbas. Voici la monta- igne, nous n'avons plus rien Rcraindrel » ‘Efotivement, les chovaur commencbrent & rmonter et Henri apergut & sa gauche la haute tige d'un palmier. On arrivait sur un terrain couvert de végétation : la plaine des sables ‘uit francbie, le danger n'était plus. ‘Les deur eavaliers poussbrent Ala fois un soupit de sovlagement ot les chevaur Srent centendre un hennissement joyeux. Hommes et bites remereaient la Providence et saluaient leur retour 8 la vie! ‘Sans perdre une minute, Abou'l-Abbas Janga dans un defié étroit. La, le vent s'en— oulrat, mais les parois élevées du roo qh {uj fllait @abord franchir, rendsient ses. a teintes moins teribles. Un doux murmure re- tentit soudain ot 4es chevaux tendirent avide- ‘mont lear cou allongé. ‘De Veau!» s'écria Honri on s'élangant & torre. Depuis prs do dix heures qu'ils avaient quilt es puits, et quils lotaient contre le hamsin, tes deux hommes navaient pas pu trouver tne goatte d'eau. Lour gorge dossé- chée par la poussidre impalpable était ardento fet uve soit dévorante dominait par aes tor- tres toutes les autres souffrances quis avaient eu supporter. ‘earl arrachant son burnous, stat dlaneé vers la source bienfaisante. Mais Abou'-Abbas tat 2 terre avant lui ot To saisssant par le nilieu du corps il cloua sar place M. de Ville~ ‘euve. Du geste il lui désigna les deux che- vvaux libres. Les pauvres animaur, débarrassés du haiie qui les préservait des aiteintes du sablo, de- ‘meuraient Immobiles, le cou allongé, la tete suspendue au-dessus do la source, sans copen— dant y tremper leurs Tevres. Ils'ne buvaient ‘as, ils respiraiont la fratcheur de T'ean. ‘(No buves pas! dit vivement Abow'l-Abbas, JOURNAL POUR TOUS. 133 suiver Pexomple que vous donne Vinstnet de tes chovaur. Atender que votre sang soit almé, que votre gorge sit moins siche! Bite” co serait mourie “now -Abbas a ralsoo it une voi fore, Ne baver past Tau vous sera Yale: je ‘ous faire donner du cafe.» Hn ot Jo chassour do panthdress'tient relournds brosquement. Les ténbbres.éaient ‘paques dans cette allée profonde et ne per- ‘otsint pas de distinguer& longue distance. Copondant los deur hommes apergurent dans Jamu, une ombre.se_dvigeant sur eux. -Aboutabbas 6t'un pes en avant en portant la tnain 8 son yatagan, mais presque ausslt in Varma 4 cintare toed avo'un ori de je « Youssuf-Karam !s'eria-il. ~Lui-méme, répondit la ois. Youssof, que qui venalt & ton ak Que notre Diew sot nit pst done et, eit Non. Men camp eat voisn. Ton camp? repeta Abou l-Abbas avec innement oui, jal avec mot deux mille Maronites dans le hontagne. De pauvres malheurear poursivis! Now pas! at vivement Youssuf dune voix fore, tals de sldats ql poursuivent! To ts pu organiser un corps de troupes? Viens avee mol et tu saurt tout! Venea, moosieur, afouta Youstut en vadresant Henri. Vous alle avoir tout ce qut vous ext _sleesare pour vous remeute! Stes Yombes sort arniéat demanda le ‘asseur de panthbres rows = Etbraves,d6voute? = Fen roponis! ‘lor, tous pouvons ataquer Nous sommes deur mille dcldés & nous talire, répondt Yousuf, et nous avons plus de deux eeot mille ene = Nimporte| aves deux mille hommes on pout tenter bien des choses et fire fur une Ermée d assassins! Mere, Yousuf! Tu as teat 4a promesse > Ete chatseur de pantbres,pronant le bras Henri, Tenteetna rapidentat. Tous trois ‘Penfonchrent dans la monlagne. Le Hhamsin foulfat toujours avec violeoee, mais ses al- felntes aéalent plus mortelles. "Youstu-Karaat le nouvea pereonnage que nous mettons en seb, net pas one creation dd notre imagination, i exist, it vit bTheure ‘0 nous deivons ees lignes et les chrétiens de Spee lu vouent depuis ax mos des actions de arice ot le pacha de Beyrou, luimeme, a Brie Yousuf ey de veller 2 ia strets tee Yoyageutssurles routs de eipll et daleran- trate, Ce qui fit a fableste du peuple maronite, co gl tujors ad Bama de Gest que son esprit sans émclation de- imeure Gordaive fold et lmproducti” ‘mains sont occupées, mal son genie et STest bon, mais indolent, I vit separé des peuplades orenales sans sen ‘aire redoster ft de son sein edie jamais ne vest elevé Josquel une de cs individualte actives, aue Gaclenses, uisantes dont Ia destnée est do faire fire tn progrés bla civilisation, un pas 2'Thumanits Ans, parmi ee peuple de viete ft dress sachant te fire ot respecier des Tures: 0 chef, c'est Yousrut ‘Yousuf est le fs un simple chek maro- nite (sorte de maire do village) mais c'est un hhomme intelligent, courageur, remarquabl. Aca here, bi den erin Tl doivent Te camp de Yoursuf-Karam ou de Youssuf- Bey plutd, puisque Yon commencait & le nom- ‘mer ainsi était situé sur on plateau, au contre do la montagne, mais Vabri de toute sur Prise. emplacement choisi révélait une véri- lable intelligence militaire dans le chef de la petite troupe. ‘Ce camp nlavait ancune tentg: les soldats volontaires couchaient A Is bello étile. Les fommes et Jes enfants de ces braves avaient 416 renfermés par eux dans un vallon auquel fon ne communiquait que par on étrot dénlé ‘que gardaient cing cents hommes stirs. Des provisions de boucho avaiont 6th amassées 1 eux sources donnaient de eau en abondante ft suflsaiont& la colonio de cos victimes échap- pées au carnage. ‘Abou'l~ Abbas avait raconté rapidement 2 Yousuf la fagon miraculeuse dont lui et son com nt échapps. Le chef maronite {donner & Henti les rafratchissements dont i avait besoin. ‘ Quelles nouvelles? demanda vivement M. de Villeneuve. ‘Lee massacres continuent sane interrup- ton! Et Zahl6? demands Abow'-Abbas. = Zanlé est en condres|... Les Druses ont ‘tout massacré! ‘— Mais Zahl6 comptat plus de doure mille habitants, tous chrétiens!s'éria Henri. — Oni, dit Yousuf; aussi les Druses forent- ils tout dabord ropoussés, mais ils savaient ‘que les chrétiensattendaiont un renfort, et cos misérables ont eu recours & une ton! Is fabrigubrent dos bannitres et des croix {quills placbrent en tte d'une troupe de cing A Sx mille hommes. Ils saint tous déguisée fen Maronites et ils arrivdront prbs de la ville en chantant des chansons chrtionnes. Les mal- hhoureur habitants, croyant a Varivéo d'amis, invent sans défiance au-doyant des Drusos. Surpris & Vimprovisto, ils forent massacrés avec une rago et une rapidité infernales. Quel- (ques-uns purent so sauver. Les femmes et les fnfante s'eaient retirés dans la montagne. Ils roncontrérent 12 un grand nombre de Maro- nites qui s'taient réfogiés dans les bois aprés Ja destruction de leurs villages. Alors les Druses font appolé leurs chiens et ils ont parcoura la montagne faisant la chasse aux ehrétiens | Ea tun seo! endroit, ils ont trouvé eent Maronites; ils Iear ont Ii tes mains derritre Te dos pour Tes mettre & mort avec plus de cruauié ? aux tus ils abattaient um soul bras, 2 dVautres ils coupaient les deux mains, & plusieurs is enle- vaicnt des moreeaus de chair, ils lear crovaient les yeux ou les brOlaieat vivants!" » Henri et Aboo'l- Abbas frissonnaient d'uor~ ‘Salda, poursuivit Youssuf, es massacres font commenes hier. A Damas, ils eommence- = oui; cest 18 qu'est le chef drose le plus féroce, le cheik Malhoun-Khatoun! ‘—Malhoun-KLatoun! celui qui commandait les massacres & Detr-el-Kamar aveo Pagah Osman-ben-Assah et le Ture Kurdich-Pacha? Tuiememe! = Suis-ta eo que le cheik a fat des prison- nidres qu'il avait emmenées dans la mon- tagne? » 1. Ces horibes dials sot de In plus exact vé- ri Bt Henri, debout, frémissant, attendait la réponse avee une anvisté effrayante, ‘Il Tes a fait massacrer! répondit Youssuf, Toutes? — Toutes... & Yexception ds deux d’entre cles seulement. = Quit... lesquelles?... les noms de celles qu'il wa pas fait tuor? seria Henri dont les Yeux démesarément ouverts jaillssaient hors de leur onbite. — Fignore leurs noms, répondit Youssut. ‘Tout co que je ats, cest que Pune eat la file un négociant frangais, et Pautre un mar- hand jull » Henri poussa un soupir de soulagement ot tceignit les mains d’Abou'l-Abbas ‘Tu ne wvavas pas trompé! murmura-t-il. —Nais, reprit Youssuf sans remarquer es signes que lui adressait le chasseur do. pan- théres , mieux vaudrait jeunes’ filles quveles ‘— Pourquoi ? fit Henri dont le visage un ‘moment illuminé par un rayon d'espoir 0 prima soudain une terreur nouvel ‘—Paree que Pune, Ia file da jui, n'a 66 gardée que par le mol que son pire éait Fiche et powvaitla rachetor; sie vieilard est mort ou s'il est ruind, si ses trésors ont 616 pillés, et qu'l ne puisse payer enfin, Malhoun~ Khatoua inventera des supplices plus teribles que ceux qu'il a déja praiqués pour se venger sur sa prisonniére, — Mais Vautre jeune fille mémes motifs pour la tuer? ‘—Non, mais il Teime, ot demande aux habitants de Damas co qui saccomplit dans le harem de Malhoun-Khatoon !» ‘ni était pale comme un spectre : tous ses traits étaient eontractés, ses membres fré- missaient. fl n'a pas Jes Dbrosquement & Abou'l- — Parte! dit Youssuf, = M1faot nous remettre en route sur heure! = 0a voulez-vous aller? = A Damas! = Mais la route est couverte de Druses! ‘= Nous passerons au milieu deux. = Mais Ia ville est a pouvoir des musul- mans et des Druses. ‘= Qu’importe! nous y entrerons! = Mais les massacres vont commencer & Damas ‘— A choral | Abou'I-Abbas, A cheval! s'écria Hen ‘— Crest Ia mort que vous allez chercher! = Eh bien! nous la trouverons! mais il faut partie!» ‘Le chassour de panthbres était debout. ‘cRester ei; parmi nous! dit Youssuf; jo réponds de votre sdrelé! "A cheval! » eria Henri en bondissant en salle X. — Le paradis terrestre, (0 Atat situé Eden? lo Paradis terest? Jo wose émetire mon opinions apes celle Savants qui ont trait. parelle mative; Fendant, si MEden devatt répoodre Ala pen- éo que je men suis faite, j fe placeras sans ‘stor dans Is plane de Damas, Crest quil west peul-tire pas au monde de coup dail plus maestucosement beau qus ex Tui que présente ce vase busin & domi entouré ar les dernitres collines des moais Djglel- {Cho qui forment aa nord, &Touest et sua un demi-cerele large, puissant, abrtant la des vents du nord et des séchoressos au Dans ia plaine de Damas surtout lo spectacle 138 JOURNAL POUR TOUS. st f6eiquo. Le rogard suit avoc une expres- sion admiratrice cette diversté de. dessins, ‘ectto confusion de couleurs, ces longues files de chameaux qui s'en vont d'un pas lent et ‘tranquille, portant les uns des bales de coton, les autres des pierres de taille on dos poutres es lourds arabes (chariots) tralnés par dos Dans, et dont Vintdriour, entouré do rideaur Yerts, renformait quelque grande dame sy- rienné on promenade. Puis ces successions de ‘musulmant A la démarche lente, mesuréo, ‘magistrale; cos marchands sur leurs Anes dé grande espbeo; ces Bédouins sor leurs magni ‘ques chevaur; ees rayas 2 pieds, hombles ot Aeguenlléa; toute cette animation enfin réve~ latricn de approche dune capitale. Bt cepen- dant aucune vile o'apparalt & horizon} mais, tlle se devine ot on Ia sent derritro une haute collie de echisto qui sélbve au centro de la Plain. ‘Sans doute co spectacle grandioso, qui frappe ‘étonnement et admiration le voyageur, pro- dluisait eur un groupe de cavalirs venait de Anti-Liban un effet magique; ear, le jour od ‘nous reprenons notre récit, ces cavalier, im= mobiles et silencieax, so teiaient sur le versant 4a Djebel-Chatk comme des statues do la Coo- ‘emplation. Tous ovaent fe come orl; ott dua ele do recone Te ce Sa oupa S's chen Gen veementy gui ssinguat Ton deus Clic tt Maloun bab, 2 then dase, act cto qoalques pas on avant 2 vote parca nea miro a came eens de Duin gue oul sou sa Fitts Son eard eit dane rago a no? Ber sor iene denn sens mule; Nathoun-Koaton paraiait sone. Toot 3 foupunrait soud etn ats I montage Lo Chik town Ia one seconds troupe Es cain surge pr a sn des Case Sener draer ge oe mageigue cass TZe'sbnuie: Onan ten aah gah tr, ‘ic tt do xt topo, Tara son cheval deus pas do ces da cet Las dear bommos st taudrent es fete fideo de glace parouiore aux most Suns un rang Steve ese tovetren eg Fement Texts dt dog, Tout et pty Osman, ie chi aves ton Icoisme or ‘— Les Droses sont rassemblés en force? = ils atlendent le signal ‘= Domain alors ta entreras & Damas? ‘Ty sora co sor, et demain A deux heures Jo signal sera donné.'» Lagah ft un gosto assentiment, « Tes deux femmes sont & Damas? roprit Osman. — Ovi, épondit Malboun-Khatoun. = Dans ton harem? = oni. = Bele juit? Hassan a df lo chorchor dans la mon- gn La-til pris? Je Vignore;; mais, qu'importa, il ne # pas de semparer de sa personne, mais de le trouver. ‘convenue : diz mille livres anglaises ‘en échango do sa ill, sinoa elle mourra. — Qoul délai donnes-ta? = Un moi — Bien; demain je serait Damas. » pio, 200 homme 0 slotrentsuiant Ia mule orientale, ot Malhoun-Khatoun part ‘2 galop; ses comnpagnons fo euvirent. Liagah, demeuré seul en avant des siens, suivit d'un regard sombre lo cheik qui dis: raissaitderritee le nuage de poussbre soulevé par ses cavaliers. ‘Tout A coup Vail de chat-tigre ’Osman-ben- Assah sillumina d'un feu rapids et une expres- sion de joie f6roce éclata sur son visag ‘« Massacre demain les chrétiens, ditt en tendant Ia main dans In direotion du chet druso, ensuite tu mourras, Malhoun-Khatoun tu mourras et je serai cheik ta place ! Alors 1 moi ts richgsses, A moi ta puissance, & moi Victorine! Depuis dour années Yamour me ronge le eur! Depuis deux années j3i suivi ‘ane route tortuouse pour atteindro méa but. ce but, je le touche aujourd’hui.La chrétienne 1 soula, sans défene.... Ton amour, Malhoun- Khatoun, s'éove encore comme ub obstacle entre elle et mol; mais cet amour s'éteindra Aveo ta vie ot ta mourras, Malhoun-Kathoun! Allah Te veut; je Vai jure» Et Osman, la main tenduo, demenra immo- bile, legant un gosto menayant vers le groupe es cavaiers, dont les burnous blancs et les armes damasquinées resplendissaient au soleil A travers la poussbre. Fh! eb! dit une voix sonore, que fait done 1a le seigneur Osman, le cher agah? » ‘Osman so retourna lentement : deux cava- liers étaient devant Iu. ‘Monsieur Paterson! dit, Ach! fit PAnglais, vous paraissex sombre et menagant comme le fantéme d’Hamlet. Nous allons & Damas, sir William et moi, fsisons- ‘ous route ensemble? ‘— Non, répondit agah, jo retourne dans les montagnes. » Et, saluant Jee deox Anglais, il stloigna (gravément. Ses hommes 60 mireat 6galoment en marche M. Paterson ot sir Wiliam continvdrent leur route, descendant lo versant de In mon- ‘tagne et so dirigeant vers la plaine de Damas. Enxsr CarexDv. ‘nterdite, — La mite (Reproduction et tract ‘ou prochain numéro.) L’ENCARNADO, ‘EisoDe DES OUERNES CIVILES EXPAONOLES. XIX, — Le parlementare Le combat continuait dans le cerclorestreint (0 il était enfermé, mais il n’en état que plus achareé. ‘Don Ramero avait entendu Ia voix de I'Ea ‘earnado dominant celle des autres, ot la haine Pavait mordu au cour avec une tale violence perdittoute prudence pour so jeter sur hi, ‘Jo vous trouve enfin ditil AT’ Encarnado, ‘yore dernitre heuro a sonné, don Fergando Urdoval » ‘En méme temps, il abaissa son pstalet et en diriges lo canon str 'Encarnado. Mais A e6ts da Fernando, il y avait deux hommes qui vellaint sur Iu, e™étaiont Paquo ot Mochuelo. ‘Vn deus apergut lo mouvement que venait de faire don Ramero, et se précipita av-devant 44a coup qui allat aicindre son matte, ‘Le eoup partt, t Vhomme quis'taitélanes, tomba aux pieds de "Enearnado frapps mor: tellement d'une balle qui ne lui était pas des- tinge ; mais il avait sxo¥6 celui augue le était devout. 5 ‘Don Ramero, vit 'Euceraado debout et me- nagant encore, et se jeta sur lui avec une fre so fuieuse, mais avant quil ne Pe6t a {eit i tombe't'son lour avi dea wars et dea Dlesadaentaseéa sur a terre bumide de sang, Coiut qui venat de Blosser seat rele6, ot dans on elfort supreme il avait plongé st Bavaja tout entre dans le eaur de‘ dow Rar ‘ero; pus i eat relombs on disant ces wals er “Vous prieres pour Mochuelo, malta » Les aldas tient encore une fois privs de Jour chef ls ne savant plat quo fare ets Inissioatimpitoyalement massrer, wanda qe le reste du rogiment demeurait. nace Farm au bras dats les Toure Vermeiles, ls te pouvaient pasen eet pénéivr dans Tih ‘eur du souterala, Ta retraite sonna done et le resto descent hommes qui avaleat po réassr a. peatier dans le repaire dea Compagnie rouge, rej Brite tachment Ts alent 8 peine qunge oa vi LEneornafo en voyant tember Noel en eflet renee! une tale foreur quil i précipilé on aveugle au plus fort la ese. Paquo se trouait oujours sa gauche rat 2 able le alone srt quo sn Tafortand eanae ado; te leotenant avait pris Ia droit de TEncernodo, Ia place quoccepat st digpement Mochelo; ia défense du bandit ait reel tment éraique. UEncarnado fit slgndide & oir! Tn poo de emps, lo aoularain fot debayé, Jes soldat de la reine tombateat comme des movchea sous I grle de coups que leur dis- ‘buaient leurs eonemis. Late panique Sith son comble, et ls re- trate avait sonné A temps pour sauver ee qui revaifdudétachement command toutalbeuie per Famers ‘Tout coup wa silence more remplaca ta fusilade meurtite qui résonnait depuis one houre environ; lee ‘aslageants a0" oonsul- falet, 1: Eneornado gutta momentanément Ie théd- tre. sanglant sur loquel i s'agitat tout TTheurej i onda A son leolenant de ermer la porte secrol ot de la barrcadersolidement, Dull eouratrasurer les jeunes les et ap rendre Dolores le ésulat de aa victoire, ila rouva assis aupres du eadavre de son pire; pus une larme oe eoual de see peur; {nett dit la statue de fa Doulour. oreqelle vit venir ele 'Encarmado, les aries dilutes, oil ardent, couvert de sang, ut un movement de ayeur quello cut Paine A réprimer. Pourant, elle tompha de Ee sectinent involonaie, eta langa un coup ail interrogate. do tiompbe! Tul dt 'Enearaado, mes en- emis eo deroute ont 6vacus To soucrrain ot ‘ont same doutequiter les Tours Vermeil. Get impose a bas Te vous are =e ne eis ps que don Ramero at ainsi renonob i sa vengeance! "Don Ramero ext mor. Tal aust Brest vous qui Paves ta6 1 Non, lest jot sr mo animé dune fax rear sauvage, nia menacé d'un coop de pl {ole et alias mouse, quand Noshuelo.stost in buait desing a frappé ton malbeoroux ani qui sat allied su fui taime,. don Ramcro se. préspiait aur moi {Quand Nocbuelo est rele6, et lula enfoneé {Eas le cour a naaja out entire. mia mort, seria Dolrts, toujours 1a inort cela vest accompli en sl peu dinstants N° 875. — Dix centimes. (15 centines dans lee départements et dans les gures do shemine de fer.) JOURNAL POUR TOUS MAGASIN LITTERAIRE 1LLUSTRE PUBLICATION DE CH. LAMUNE ET O%, IMPRIMEURS A PARIS. Dre dra rar, 4b ML Bees re PerSuail eee trl Li, rome, alee. a 8 — Lt mae pn mot red, mat sees, fastens em ese pamnt fe hag, Pi ii an mH iprenen i B ement. (Pape 19, cle 3) SOMMAIRE. Roxane xx Koo i mony Me cms. oss Ms ondit M. Paterson, Yami de hee, par Ernest Capendu.— Un i, dit-on, a pr Sugement de Dieu, par Teme, zs | Dilethnees © Incondnien dt ; sid6 aux massacres de Delr-el- ‘ansport det uf par ler chemine Taner an heaqpeta pt, == Du moins A ce que Pon p a fs La berbe Bemovsy 20 a = Vousne croyer pas aur mas acres? = Peu, fort peu; je suis meme porte, je Pavoue, n'y pas eroira u tout. Dailleus, e mes nea 14 uusseoR De PusTatats, ‘tnsoBe oes wassicnes be eM, “5 XL, = Damas. eae * «Qu estee done que cet agah — Aoki fit sir William, jo le ‘tore? demanda sir William avee roi. Le Times, arivé parle der- ner courrier, est du 20 juin, & fon feo ordinate ot en rame- Bate ing econ fapsebon, ear i duit quatre Bours ef te soe alors dane toute sa force, datdat sur la campagne ses rayons embrats, ‘= Gest Oxman-be-Asaby t= Londres, et les massacres mont commencé & Detr-el-Kamar qua Xe 3 juillet. = Quiimporte! sie Wiliam; le ‘Times est tonjours si bien informé u'll donne les, pouyelles d's. 146 JQUANAL POUR TOUS. _ vance. Si des massacres avaient d0 awit liea fen Sytie, le Times les edt prévus et il en edt parlé. Or, il nen dit rien, done il ne doit rien yaoi 7 ‘— Mais co qu'un dinit &Beyrauth: = Quif le comps! de France’? un ensomi do cos pauvrds Drases. La France a interét a faire croire aux massacres, sir William. Elle vou- drait, comme autrofvis, voniF se mtlor des faaires de ce pays, ee que tout bor Angiais ne oit pas soulir, Moi je crols, ainsi que le ‘Morning Chronicle le lisse suppaser, que sl ya des massacres, ce sont les Aaronites qui les commettent sur les Drases. — dob! ft emore sir William en se four nant toutd'une pide vers son compagnon et en ouvrant de grands yeux. Cependant, en tra~ versant les montagnes nous avons vu des vil- ages en cendres... — Des incendies peuvent éclater dans tous les pays, ‘— Des villes on runes... = Accident! On les rebtira, = Des eadavres de gens assamings, = Que voulaz-vous? chaque pays a ses ba- bitudes. A Tondres on meurt du spleen, en France on meust d'une Guzion de poitrine, ii on maurt d'un coup de fasil ov d'un coup de ‘yalagan. Question de meus, sir William! ‘— Shia enfin lee Maronites.. es Maronites, interrompit M. Paterson, ne, mvintéresteak: aucunement, par la raison Diam simple qu: mes intéréts personnels sont digmétralement oppoaés aux leurs.Comprencr, sir William, et raisomaons, je vous pri. Lo sége:principal de ma maisoa de commerce est A Digaouth, ot jai des comptoirs dans toutes les grincipales vlles du Levant. Jécoule dans ce jaye: taus les produits qui m'arrivent diree- ‘ovat de Manohoster ot de Birmingham par Lomiies et Liverpool. Je renvoie 3 Londres et A ivarpeo! les pierres précieuses et les perles qui mézerivent 4 leur tour de la Perse et- do ubie. J'ai mes correspondants avx Indes et ‘messelitions commerciales '6tendaat Ala fois fn Orient ct-en Occident, la Syrie est pour ‘mai un centre des plus convenables, ‘— Sams doute,fitsie William. —Supy osce un instant, poursuivit M. Pater som, que'tous ces Maronites qui, selon moi, ne sont bors rien, sofeut bons & quelque chose ; supposes qu'ls chassentdéfiitivement d'ici ces amalheurecx Druses et ces pauvres Tures, quis, posstdent entidrement le pays. Mais Ia pro- fnidre chose quils feront ce sera de culver les terres, e'tablir des fabriques, des centres ATindustr, ot quand ils fabriqueront chee eux tout co qui sora nécessaire & oux et & leurs voicing, qu'est-e que je frai mol, bon Anglais, de mes marchandises? Puis, que ces Maronites ‘eat des ports, un gouvernement, une force, ils euront des fotts, ils me tueront mon con. ‘merce du Levant. ls pourraient fire I tun jour A 'Angleterve, et mes corrrspondances avec los Indes, comment s'opéreraient-clles? Bt uis, ces Mavonites n'ont que le mot France toujours a la bouche. Ils aiment les Frangais ot fa France! Eh bien! il ne manquerat plus que la France vint se méler de toutes oes af- fires de Syrie. Ob en seraient les miennes, Amoi? Elle arriverat ici avec ses idées de Gloire ot qémancipation, de liberté commer Gialo et de protectorat” général? La. France ‘une singolitre manibre d'6tablir som ia- uence : ele fait ex propagande aves un dem ‘peau A la main et de grends sentiments pleine Te bouche, L’Angleterr, elle, prochde avec ‘une Bible dans une main ot une pitee de cafe ot dans Vautre. BY elle a raison. La Frame, te rapporte que la gloire, at nous nous rap ortons Targent. Or Targent est le nerf du commerce, et le commerce est to ‘— Done, dit sir Wiliam, il faut que les ‘Druses fassent da temps ax femps une putte ert aur Matoatew pour Jo ben daves a ‘— Sens doute. Aussi, comproner! B faut les bruts qui eireulent qu'avee la alo défianes, ne pas toujours doonar les soutonir mbme au besoin, par tous ces gens Parantaze incontéstable quile ont & achclor mes mar- chandises, & eéder & mon in uence, et & Iais- ser trangullement prospérer mes affaires. — Vous aver raison, monsieur Paterson. = Cola ost iden, sir William, 1M. Paterson et sir William gravisclent alors, au pas de leurs montures, la montagne de schiste située au contre dela plaine, deraier point do la chaine da Liban. Tis vonaient dat teindre son sommet et ils sengegeaient dans tn bois de noyers colossaux. Tout & coup, par tune ouverture pratiquée en face deur, au centre du bois, soffnt & leurs yeux le specta- le Ala fois le plas grandiose, le plus original t Ie plus fantastique quo Pail da voyageur puiste eontempler dans ce mervilleux pays ‘Au-dessous deux apparaisraient des faa Dourgs tout verdoyants de jardins. Ces fau- bourgs s'éparpillaient en groupes darbres et de maisons tout A travers une lange plaine et tout autour dune enceinte de murailles la plus singulibre du monde, Ces murailles, en ellt, aulicn d'avoir la teinte terreuse, sale, triste es fortifications oceidentales, brillant au contraire de la figon la plus mervelleuse. Composés de pierres jaunes ot noires alter nées de mille fagons, les unes rondes, les tres carrérs, d'autres triangulaires, mals toutes disposées avec art, ces romparts crénelés avaiont lair d'une ceintore de velours noir parsemée de topazes. Cette enceinte n'était pas la seule qui so présentait aux regards, D'autres apparaistaient A Vintériour de 1x villo immense qui to db roulait au sud, et on séparaient lor divare PMosatleat tn bens sing rep Tots dn oso dos arbres Fae surtoo io pons eae nse pit terete promenaiey ose Finonge ttrcaden ntuengs hb don Ean carina ay goede pais lalate ecu ada do Basten domicorle une fuse mont. ional pl pan er guieoces ries Tater dos Fstnbar da pls masinans teins pees fo os cS semtn comms fis ler en rl saree fad de nour sneha, dn tle do compte reo caw coment de cies teu sommes Sexiness iat sorters fas ‘talon igri Ge trees Devries, degra arr te beat ris capd Sin parent pa ng bros etna dun fav abt fet got ‘Stn par os sth sl unt yl pr crea talon Tats gle $s couleur ota Dat, I tf Sit node Tone, 4h coms applet Tos Saber en a ono ina Oc Se allemee bt Ba ion em mat rans, goo on ut gla oo pt So rants ite ot Roget Seu. *oo cniomnt sur ie nme cet | nr-cheraun earn on copie sor la Tisibre du bois de noye's. XM. — Le harem. i Euroze, on a Vhabitude. do conondre soovee stra tre tl) af Ln, a cle érroar ests cammtne qa phisier® tog. naloes moderne fot Gh cow dew may den synonymes poorlesqeiils ne dennent uae oleet mime desenpion, Ces. dent nls ependat expect dev choves Hen de- tinct "Sr wa i pli fram signe, A pretest parler, dé een Mee, projet {on Ture tle Arabes nomen era outs tes habations prinsbres, qu'elle sion ccc es por des hommes‘ par dos femmes, Un Sera peu re une eter poorvu que Te bi ment aot monumosia. ‘ar, a cone, est le nom ddsgnant "appartment exlcsivementssery6 ua om sen, elie finds par abvition, lode fonts, te harem. ame mat sapplique dgsemeat au coe tozaot ot ay continu, h Pepputeent des foramen ‘t au fommed alesse, On a a forma at efermes ane mm ares et: Le cha tit ruios de om harem, Neste pa Fexpesson méme dela sscepibiite muse ane qu se r6tle al bien on emyloyant dane Tolangage Te mot défentu pour aommer Pap. eet ob ls mate weal edo dent tla femme que amas on regard tra doit soutiler i i er La harem ot odio un plois dans un autre plas. De la fagondoat at constrain harem, on ne rencontre resus jamais on por. tiqu Go permet a dos pasate do an. carrer ines ocr ne rlocpa. Point de fagades dlcoupees par de | lenges featires; mais su contaie one entrée sngulous frm pare doable barrie, ob jour ot uit dramare on geen vigilant at 5 par have ibe root Tm foi de ik rua ax foutzassont vdeo gursies Trollage de Bis aise doris Togo ‘ot mpemibie de ee apracwir. {actos Gan seconde emotes, Tes uns | Clank mane, at ler Tics, qu so ingots detours tarde, lessor oes | 16 lr iad petonme lr o ql de eulplares bisarres en fue de tarbare, on RSL dw ply rgrott J So8 smstuctionr our sampurrentos 085i, ws ridowun db Hai. a pl ruven camaro Jeors femmey tet? ume zutre maisan dis posée comme celles dautrefoi Crest ordinairement au fond d'une vaste cour que so trouve Pescalier qui conduit au ‘harem. La porte de cot excalier ext recouverts: un tapis, et Peusuque qui réde sans cesse alentour indique en oute au vrai croyant qu'il faut détourner ses regards de cet endroft imystérieux. ans les vestibules qui précbdent les cham- bres oi se tiennent les femmes, des eunuques ot des servantes noires forment une seconde {garde toujours préte & donner Talarme si quel- ‘que téméreire osit se présenter dans ces lieux defends. Le peuple n'a pas, comme les grands sel gneurs, des appariements séparés ni des en- ‘nuques, ni drs esclaves pour garder ses fem- ‘mee; miais toujours une chambre ou un rédvit absour Ini sert de harem, Dans sa hutte de torre le paysan soustait, au moyen d'une mate, sa compagne & la vue des étrangers. Diailleurs, le respect que l'on doit aux fom- mes. daw autres est si enteé dans les manure rusulmanes, que tous les hommes détournent Jon your plutét quo de chercher & voir le visage do celles qui ne sont jas leur épouse. ‘Quand un Arabo va dans une maison o& il y 1 dos femmes, dis la porte de la rue i appali JOURNAL POUR TOUS, Ww haute toix, et savance quo entement en faa bacon do rt Seon eI dy rest so le soul et pronance elle Iola du Koran iol shan, rie in, jasge's co quon Tavertsae gail peut eaters ‘Deux sules classes hommes peorent, en debors du matra voir vouvrr ls pores ferem : ce sont ies médecine ot ls porteurs ean, qui cbes les riches comme chor les res; sot obliges de feanchir lo soul do Hen atau pour tesomplir leur ministre. Quand Tua ou Paste eriv, Yeunugue’ 00 lemari ls préctde en svernsat les founes dee canker Si qoelgooesunes Pentre. ells font surpries avant de str voles, ells tourmen lors la ace conte le mur et festet fans booger gu’ ee. quelle ao pulsont us etre ves, ‘le dein waprocho une malade que lor aqullo et slgnetsementeaveoppée. Tl n0 Feat ag aang ot ure lo bras four constter Tat du pouls, Leubuque 0 Finan aninto& la constation ot fat lie itmo les questoos qui coveat élsrer Te fetour, A qui i ot clon do vadreser fireetehent 8 fee. Ce 3st que. dans les ean dears qu'on ll ase vir Io Bee. Be profess un si grand respect post Io hax ren, gun ermine! pours y foure leu Thay et que, fugit Sans appartment des femmes eu iat: Pardue harem, i evict inviolb Ce que nous ne comprenons pas en o:t= dent, cb gui cheque no des, oF meus nos teages, cesta ond fonds emimes on Oren, feat sortout append Le Koran coteell de nanoir qu'une fone, sas il pormet eependaat den prendre aulent quem en pourra nour, tout en linstat & {hate le dombre Ges 6,0 tines Lae an reste, aft clles-t des avan tages tel, que, melas de powder une Gorne fortune, vn tusolnan boo raremeat tele el le duo nme ngs ‘uate époones 1 tines (kas) Le aivoroe exif, mai st cotre-talanat par des spol tons de reprises, par ds 6 Blssement de ot qui le rendentetrémement donéreur poor Tépout. Asi, Phomme qu ré= pasie aa femme citi remetre une somme gale & celle qoil a donnée jadis pour la prandre. ‘Tos mols apts I femme peut se remarier Aaa gus. « Loveqo la femve que vous aurex Tepulio, dt lahomet aor Inns poser tris toi, vous no empécheres pas de se donner Ru huteeéyovr« (Woron bap, rere. 293, (Quant at eslaves qui forment Ta popula: tion principe du harom, le Kura ls recom imade 2 Phomanté de oars matt, et on Sait co que rest one recommaniston Gu Boron. Tntre le mariage létine et Yachat dune cextlsve, ya une troitine manibre do pro- oder, ea Orsay our qui est nomi dy 6 Eat pour gui West pint riche; ar, d'apeis Tes usnges feos, i'n aural que’ les oi gacure qu posse avoir des femmes. Cotte {foisitme minite, ve Flam permet, que la Tot autor et sanctionne, forme une union ton moins ifgle,nos matte saerée; ms deat Pesprt est Sole de os murs, que je ne frouve pas de mot poo le quien C'est une ‘srecaton& temps, c'est one sort 30 bal fat Dat les dour paras, ce qo es Tutesnomnset {nti Te Hatin par eqoelPhomme et Ia femme fepresnentréproquement oye. Les clauses (t Sood Guns ane fr dltrmines les 6poqoes fxbes, ls prix débattu, le mariage est con- sacc6. Pout le tome db sa dure, i rentre 008 ia loi commune; puis, Ie terme de Ten egement arrvé, les comptes soat regs, ot fhaeun dee deux époux reatre dans sa liberié fromitres quite, sls sout covtents Yun do tre &eoatrater un nouvel engagesment po: rein “La femme morulmane, époute légitime ou is de lave iotne et sic apparent exclu. point daaies, point de travaux manues; ell aise aur jus Laux Arméaiens To commerce de ses bout ft de es parures, aux rojas“ soucl do cle er la torre qui les noarrt, Sa magnifique in- Golence Tannule pour le reste du monde. Ta femme tousulmane n'a rea & fire, sien Bcraindre, rien & apprendre, rien & penser. Son ignorance est absolve, ‘sa paresao pro fonde et sans limites, A Vath do tou hension, sane Ia moindre 0c matéielement, mais beureusemeat au fond je son harem, ct pourva qu'elle apparticane Ynccondition sogale au-dessus dela sieane, tlle domeureséquesiréecommo une Neur dans fa sere, ly a des fommes qui n'ont jamais plas loin que de leur maison au Baia ou au Darar. Toutes ignorent quil existe un avite monde que cell qui dépasss les boraes de la romeuade. [ur destings en este yius matheureuse? (on ne sat, car lorsque, de génération en g¢ nétation, les femmes ont vécu dans on bien: fire physique evident, quoiquo dans Vescla- ‘age apparent do Tame, peuvent-elles eavier Une postion difrente ot meileure? Sites Tares rabalseut la femme en en fai- sant moins ane compagae qu'ua abjt de luxe, iis ont sur nous Tavaniage de ne point la faire teavaller, Mais (i jo vais ire de Tavis de res letrices et je vais maudire aveo elles le Koran) la loi mivsulmane autorae le mari @ butte fenme! ‘Lear davbéssance, a Grit Mabomet , yourra tire punie parle mas, quis sliguera elle cu quiuterade sa force La ferme sou- tne evita les marae frailment » (Ch 1, <8) ‘Chose remarquable les femmes 1étimes vivent @ordinaite for bien ensemble ef bien aussi aveo les esclaves. Rica west plus bumi- Tian pour une ferame que d’ seule. Les es. claves som soumises, a sulthancs (femanes 1 sities), Eles forment Teor cour, els soot {eg dames d'atours, t se montrent tris-em- presses 8 salsaire les moindreseaprices des fulthanes. Elles paaiseent heoreuses si leurs malresses duigaent 50 mtler A leurs jeur; tlles danseat et chantent pour les distrate, ef si elles yeulent dormir, elles se dsputent Phonneur de ten PGyerdail pour les plonger su d'un alt fais qui porte au som- ruhane parcourt Ia ville, ls esclaves, lui sorvont do. cortége. Plus ellos sont nom- plus la set (ee mot veut pulssante et respecte. Ces esclaves, qui sem- Dleraient dovoir hale leur maltreste, Tui sont cependant dévouses et adoptent sa vie avec flour. Elle-méme ne bait pas aoa plus sex rivales aupres da maltre. Ea Orient, fa jaloa- se ne lourmente que les rivanx politiques. Une sett a grand soin que les esclaves sient ‘luesrichomeat: ell leur fait des présente et ‘end sur elles sa protection. Si une esclave devient mre, nolle distinction weriste entre ‘son enfant et celui de la Iégitime épouse. Tous sont les enfants du maltro au méme degr6. A neuf ans, les gargons sorteat du har-m pour 1y plus renter ‘Dordaaire le matte se retire dans le harem your Ta seste de mii trois heures, et le soit pris les derieres ablations Chague fois qu'lse présente au milieu de ses ferme, la sal Tal faye le pled, tl ote Teale la pipe, des eonftres et des gdtau, Crestun devoir quello eet heurese de respit fet que les autres eslavesToveaiet Il dise ule. Ble et la servante Phorneu, et elle ne armel qua ses propres Alles de la remplcer, ‘is, duran Te epas, ele se place ata table de on époux; le service eat fat sors par leg ‘Ls femmes Orient seraient condamnées 8 tno reclusion contauell sana les requratoa visto qu‘eles eo readent entre amies ee quan Domme une ete eat une jonrade cautre pas se chez une autre femme). Elles sovtent en ‘eloppées dane un vole eps our) qui leur Iasjto la Agure ete lise paralire ue let ‘yeux: Biles sont de plus couvertes par un her Banat ou méaye, longue pies de sle de cou leur foneée ot Ue ston Blea, dont le maliea est allaché surle sommet dela ta, et dont Jes deux bouts sont ramends sur chaque bras, de tlle sorte quelles sont enveloppbes dans ‘no esptee de domino qui disimle entree none 1am tle formes du corp Tes femmes apparenant& de pusaants sgncur sont toojours srvelies par des eum ques qui-no le quttent jamais. Leurs voles fe dlventtombet que ebex elle ou cher leurs fies, quand aueun homme ne peut les vor ala fayour do eo costume, de cet uniforms omnun & toutes les femis, elles peuvent larder Tours ragands aur les beaux eaves, tandis que Tes Hommes détauraent les your, do peur davolr Tair de regarder une fete quan autre male, Biles passent souvent But ou dis jours chez une ami; bres de toute contrani, elles se dtépoulleat de leur fourgo pour danse chase ter et fire mille flies. Comme il pourrait at tiver_que le maltre, entrant sans’ prevent, eit le viage dune autre femme qui ne tat apparent pas, pour quil ne puise deshonorer tila vojatt elle qui ne doit ere vue que pat fon 6pour, la vslase ale sin de laiser bla forte du karen es babouces, pour avert qu Yea uae dlrangbre, Le tart aead alors ete soit pare, oa Bien il fit appeler ses femmes dans un autre iets = Tes hommes ne peuvent, os aucon pré- texte, pencrer dans ua harem danger, A leur tour ies femmes ‘ne peuvent pas non plus se présenter dane la mandara ob le mart Te fit ceux qui ont 8 lu parler, Mais dans To Gas ob elles dsirerient cteeenr leur €poun, elles ont un moyen de le pier de te rendre aupite alles, ‘Trenauqae prend tes batoucher que son altre'alasoes sor Te tape-avant do eae- tuple sur son divan et les Tui préscte. Cela feat diro: ma mufraw disire cous poor Stave ote cau hrem, Tea fe en est Tame, 'eunuque est te plis chee Aetocs le eaclaves, car plus un tits de ces mmalheurecx meurent en entrant en fonction, es grands seigneurs ont souls dcs towel {ennuques) ot es entrelieanent magnifique iment ‘Un ennugue a toujours de beaux habit un cheval fingant et une sellebrodée dor. Hine ‘quite jamais celles quill doi surviie, I thange et dort dans le hare. Quand elles sor fenty il pede les femmes en fasant ranger les pasts, ear tout le monde ext obligé de Taister ibes le chemin de Commie a harem 148 JOURNAL POUR TOUS. d'un grand seigneur, Depui que les troupes tunques ont adopi la tactgue. des troupes hrdtennes, les posles readent les bonnets mlares aux femmes des pachas; msi pour ‘onclier Vordonnance européenne avec Tes ‘urs musuimanes, les aodatsprésentont les Armes aur femmes on leur touraant le dos. Te térail de Malhoun-Khatan, le chef drise, gait Pun des plas beaux de Dstns, Sou harem Pan des ples fameur,Rlea wéait,e& ete, pith dergunest tye qu ikea db Ghaque alle aait son basin et son jet dVeao, ton sft cieslare et aon extrado do flare. Quelques-unes de ces sales étaient pa ‘ées ea matbre blanc, quelques autres en ho- falgues eps grand nombre étaient cou- verts dun do ces riches tapis dont Tes cou- Tours sont vives, la line si piss, quo Pail erit voir et Io set une pe- louse Aherbe haute et aur Heute barmonien- sementdistibuses. ‘Plus fin Gait le Kiosk ob Te cheik venait faire soa. Hf, Cestiedre, sabandomer ‘cle reverie Yague, 4 co repos eludé, Beetle demi-sorotencs qui permet A Mime derrer 8 ton aise a travers Pare du Créatcr, parmi ismondo des ides et univers des songes, ‘Une salle entre autres eait une véstable servile, Dans cette salle ronde,aérée par Tingtfentires& gives, ax grilagesdoréy ot {i montent et bulsort volar, dea soces Gh albiire portent des vases de Qoure et des ‘asoleties de parfms, Posieus clonnete, pointes altenativement en Blea et en rouge outennent un pafond ovale ob son représen- tésdes arbres dor sur un food argent. Entre thacune des colonnetes sont ers dans oes nares earactbres qu sont ub des lxes de Trent, dos sentences arabes, des potses per- anes of des Verses du orah Pus dun ed Brille un falsceau Garmes of es fines Tames ae Damas et dspaban s'chelonnent aur es lela damasquinés do. Stambou!, sur les Tanges expingoles barbaresques et les longues carbines alanases, De Tattree0i, en pea dant, ele un rillier de pipes, dot fam. fre jaune, la sole pourprey lee chemiates ont Vs toys rr pit oa ik nfin un taps de Browse, un sofa de yeloure ‘tun basin d'eau limpide compltient Famou- ‘lement deco diicour retro. Te our mene ob M.Pateron et ie William se dirigesiont yrs Damas, deux femmes Gent fvules dans cella pies, Lune vétueriebement orientale, Paul portant Te costume jedis Gelatnt aia maintenant us, sli dehir de Ia juve de Syse,Vitorine ef Note, les pe spans dash eat ses Pe es je Tate. Vielotine avait les yeux rougis, Je front chargé de nuages, des Tarmes au bord de ses Tonge els Notnis sombre et réveuse, avait Jes Tovres conteacfea et les provlles am- Ioyante, > disait Noémie, tm aimes et il Oui, répondit Victorine, il maimait, je le sais; favais dovind co quit n’avait 036 me iro! Ob! mon avenir si beau ot si riche de ppromesses! qu'estil devenu? Mon pre, ma Imbre tués sous mes yeux en voulant me dé- fendro! Et Ioi!.. Tui... tué aussi sans dout ‘—Ta Vaimais? dit encore Noémi jo Talmais! s'écria Victorine, ‘et je Paitto encore 1. ue e tecteur denne do dv ole pas que finvente. Je det lis tls que Je es — Taistoiltalntoi!> dit impérativement la jive. on dlomement doulouretx, Je da co ul a0 fase en mon coir eet amor es parents Favaentapprouvé.: Mai Hear it mort it Noénie. Haast ra vols ion quil me fut ps parlor de eet amour EL Notniedtoura Ia a ot buna es your come pour eacher han compagne Pédat de son rar , a ce moment une porte wort ot une fore, uae de ces ravisantes beats oene {alsa typo i pur bt aves co Ture fout dont Asie‘ seie Te secret, so lis lente: ‘ent dans lle, ete emme Sa elton favorite de Mal oun hatoun, Pune de aes eitimes fous, Tees dae se soma cond ft jusg'lors son ascendast sr le clk avait tae chacsn avait pour elle Ia soomise So aus emprente. we. as quelgoes ors que Vitorne ot No rie Tatlt cures dan Te harem Mainoun-Khstoon, Achoubo avai point Aine leur adressen oe seule fis a pol. La'lthone avait pare afecter méme fe pls frand dain pour In jive et la chréicae, Eien quel splendide Heats dela premire ek Tngrdcecharmante de ln secondo eusent fai lancer un regard Snguiot sur les deux Jeunes files, Noto Vieorine male pas TemaryutTespreion do ex regard, et pee alenelles ance lt choabnd lang autour lle un coup ait rapide, puisellosavangavivomentver ee deux Prontloes.Gelles-y suprises retour reat avee une sore de erate. ‘Vonas!» dt sinplementAshoubod. ies deux jounes files se negardbreat en Bé- sant Vener!» rfp Is sultan. Fula, comme les deur praonnibres demeo- ralentioimobiles, Alshoobb ls sat chacane pr la main of i un efor por les entralner Fierent “Qu nous Yeuton? it Noémioeneasayant de oe deager. 2 On contuie-vout seria Vitorine aves treat se ener!» dit suloment I sets ‘ais les dour jounes filles résistdrent avec Goergie. ‘eVonex done! ft Achouhn8 avec emporte- ment. Lo maitre sera iol dans deur heures, et Alors yous ne pourrer plus rien, et cependant il veut vous voir. ‘Qui? demanda Nosmie, Sle giaow = Un chrétien? dit Vietorine, = oui! = Qui done? quel chrétion? = Le bless = M. de Cast? seria Notmie, = Oui, silenc Et Afchoubnd posa un doigt sur sa bouch cen langant autour delle un coup dail invest sgateur. ‘« Conduisez-nous! » it vivement Vieto- ‘La sulthane quitta Ia salle. Cotte fois Tes doux jeunes filles la suivirent aves empressement. ‘Toutes trois parcourureat ces longues enfilades de pidces toutes bordées par un jardin déli- cour. Le jardin Gait rempli de femmes, mais les stores des fenttres étaient baissés ot AI- chouhnt et ses compagnes pouvaient passer dan les apparements san ere vaes du de ‘Dans a deride pss se tant, debout, on ungoe ner rehement costume.’ En apes ‘ant Aichoobl i sinclinnprofondément Ali!» ditAihodbos un ton impéati. ‘eanugue eapprocharespectuessement. La solthan Ini para bas et rapidement Puss feioornant vers les deur jeunes files quia fendsient dans une ansitdprofonde ‘Pann mot dite rien qu olre présence en dehors du harem ofa ie pour vous t por I et, sans atendr une réponse, ello ft sige A Teduugee de marcher ie promi. Getto deraire salle des iments rincipanr 4 harm ait un Kiowue ravisant en forme de pentagone, ataché par un seal ce & ea, fen et entoor des quatre auton eds par des sails delnarier ld grenader, Ging porter faraies do vtraax de couleurs qui, en tam Sant la lomibre, empéchaient le regards diserets do plodger & intrieur, ouwalnt, quatre sur la jardin, une dan la piteo pred dente. ‘Veanogue attra & Ii Pune de ces quatre pores, tandis que i alone rtenat da gest Micon et Noemie. Le noir stavanga avec pr caution semba interroger Ia parti to da fandin dans laquelle ise tovra, pi, at {ait sane doute de son examen ft signe aa trois femmes de Le abire et il #avange vers tne alge trite et sinvease tote hordée de ces buissooe de janine sux flrs gigantanges tt odoiftrantes dont Smyrae fait ob x grand extimité do cette allée aboatinst & une petite grotto dens laeelo Al sengagen sans Esters Achoubn pit les mina de ses com ognes ot es alia ella La grote ait som fre ot selde d'un sabe fn et dous ax peda, «qi amoraeitcomplétement Te brit do lx tance. Vitorine et Noémioavangioat,obesnt & 1 pression gol les ealranait Sins doote la grotto Git profonde, car bientt le bres front complites. A i deliv rapide du sol, les door jeunes flles poront comprendre tqroles descendant dans une sorte-Go sou aoa “Aichouhod ni eunugue ne prononcbrent pas tune parole, Vitorine et Noemie, marchsient toujours. Eat Isfumite se St, one Tomibre Sete et, ona, Vesna pos ung owe ont i wnat de five jouer Ie serrare Fale @ane éoorme clef ql tonit am et les trols femmes pénerient dans on ps fon tout teode de soe rose tan centre doquet ‘oul une fontaine. ‘ Ta att tourna Tes yeux, et se8 joves sompourpeorent ll saa grdleusement st qs I ebambre ea refermant doucement la ore, Vivantes! vivantes! disait M. de Cast en aisant toujours lee maine réenis des dou ones Ges, Ob! Te cib soit tail Jo afepé- Fis plus ous revoir. Vivatas La Providence ous a protgéen ‘ostes deur! Abot'-Abbas bo mavalt pas trompé! Siabow'Fabbas, seria Vielorine; Vaver- vous dons ve? = ot. = Ob done? Quand exla? = Vautee aut dans les montages, alors «que len Droses nous emmenaient. oun ao Se done para es pone Mais sans doute dit Olivier aves étonne- rent. Les monsies, aprés mavoir enleyé do Jn demeure de votro pire, m’avaient lib sur tn tne ot miaralentexhmesé aves ox; 0 82- vierooss pan cele? Nor, it Vieterine. Nall Notmie a dX vous le diret = Noemie? Ceres elo savat que tai parm les ers; ello savalt quabou'l-ADbas me Ehercait. i fu a par. Ces ell qui lo a dit {qe je fais parti dela colonne’ des Naro- ates, “vote, pa Vitorne, a saa cla» Bile a tourna ver aj ‘cunt Olin elena vous svat pas ara M. do Cast. qui et do ‘e'Tu savais cola ot ta ne m’en as rien dit, ‘seria Vielorine. — Tavais oublis, répondit Notmio aves un effort —Oubliét Oui; la terrour, Pinqui6tade, 1a douleur ont probabloment troublé mon cerveau; j'avais cubis! ‘— Oh! dit Vietorine, que tu as dd soul i, népondit Ia juive d'une voix sourde: i bien Soulfert et je soufte bien encore! » deux jeunes filles avec ‘c-Abow'-Abbas vous a done dit que j'étais ‘vivant? reprit Vieloine. — Oui dit Oliver; i s'est aventuré, 5 Druse, jusqu’d la téte de la colonne, et il ‘ous a yus,emmenés a la suite de Malboun- Khatoun, = Mais si yous a pari, sl était Ih pros a vous, Abou'l-Abbas e0t pu Yous sauver! =I ine Pa offert, —Pourquot ne Yahi pas fait? = Fai refuse. Vous aver refusé de fair? = Oui; je ne pourais me résoudre X vous ‘abandonner toutes dour, sans secours, sans fappui, Ala farour do cox mis6rables, Tout Blessé’ que j'étais, que je suis encore, il me jemble que je pouvais vous étre ute, et Feusse eru commetire uno lchets on Yous ‘abandonnant. » Victorine sasit les mains do M. de Cast et les pressa tendrement. ‘0h! dit-elle, vous btes bon, vous avex un (grand equr, et Henri yous aimait de toute la force de ton emu. ‘— Fesptre bien qu'il m'aime encore. = Honrit eécria Vielorine en pilissant; mon quo dites-vous donc? ‘— Qu'Henri m'aime ot m’simera toujours.» ‘Vietorine comprimait sa poitrine avec ses deux mains réunies, comme elle edt voula contenir les baltements de son caur. ‘Henri lsécriaelle avec des sanglots dans Ja voix; il ebunit ses pritres & celles de mon pire et'de ma more, et tous trois, du haut du Giel, implorent pour nous la mistricorde du ToutPuissant. t donc mort? dit Olivier en fris- Die éias! mormora Victor. ‘= Mort! Depiuis quand ? Comment Ie savex- vous? Abou'l-Abbas V'a done lassé tuer apres Pavoir sauv6? ‘Sauv6l Abou'LAbbas Vavait sauv6? s'6- cria Vielorine en ehancelant, ‘= Sans doute! = Mais je Vai vu tomber durant cette nuit fatale, dans cetie maison de Detr-el-Ka- — Mais Abow'l-Abbas Ya recusilli, emmené ans la montagne; sauvé, vous dis-j 1 = Sauget lui, Henrit bas me Va dit ui-méme, ‘6langa vers Noémio of lui sasit ee “c Tusavas cola ausi?divelle. A ABie Te savaity ft Olivier. Abou" -Abbas 4 lea pene cme lime pr 'Réponds, par ptéréponds! dit Vitoine a Noemie saat cela? oui, murmura la jute Lette no mas ren ati ot ta mas llss crore quil lat mort Tu as va mes armen, tion ddsespoit, mes doulears, et tne mst tien dt} “= "Pavais oubli6! Pardonne-mat! Pts folie!» Vietorne Iisa relomber les main glates do la juive, Olivier regards Noémie aveo un Scotitent ¢'lonnement profend. ‘Mais alors il est vivan leat sauv6! dit Vistorne en revenant vers Ol Sans dou, vous aver pas eu d'autres nouvelles, waveane! Vielorine 36 lisa tober & genour en le- vant les bras vers le eel ‘Mon. Dieu! delle, protégez-lel Quit dehappe aur Drusest qui revo la Prance quilt hearen Notley le frgot penché, Vail abata, les aainservaées sur In poitrine, semblat elle asl, prc le Dieu Abraham, ‘Oller se pencha vers Vetorine, 1 fat que je vous revoto selet » dit vivement eth yotsextromement base. sors oie beau yor come qt un qui ne comprend pas. PP enet! » ait une vos brdve, Atchoohn8 ouvrait 1a porte de la chambre. Oliver oat ama Vita appaya sas Ibvres. ‘ Nayex aucune eonfance en Notmie! » itil eune voir ra Victorino ‘voulut paler, mais Ta sett Tul saissait To bras ot Tentatnat rapidement, Noémio les préstdalt. Toutes trois deseond- ront Tescaicr et retrcuvbrent Feunaque dane Jo puvillon do solo ose. Le nei oui a porte du soueral, ees emma io suliret dans les tbndbresépaisses. Quelques instants a Wisse ot Noumio Sis ese ato osque, dans lequl noss les avons précédem- ‘ment trouvées. Aichoonnt Tee avait gites sans leur donner Ia plus Toghre explieation da 3 singulitee condait Yes deux jeunes files btaiet plongée toutes deur dans Use médiation profonde. Notmie ‘ait tisto t sombre, Vietorine parisat ine sritia oh agit, “Tout & coup ia jeune Prangaiso essuya les larmes qui moillaent ss longs ells, et, cou rast Ys Nodnie, lly asin sea % Dismal quo tu m'simes! »ft-ll = Oui, balbutia Vitorine, = Yous deviex vous mariee? = oui... ring aveo wn seutiment de Herts, Notmi ui prt es main, ets etrsignant avec violence ell toY'a dit? ft-llo les dents serrées et les prunelles incandeseentes. ai, réponditVielorine sans hésitar, = Alots.n je te ais! » 4B, repoussant brusquement Ja ehrétien qui alla roulor sur un divan, la juive quitta le ‘osque ot sélanga dans les jardin. XIV. — La siete, ‘Au moment od Noémie, obsissant au senti- ment violent qui dominait son ame, laissait Aeviner Ia jalousie ardente qui lui rongeait lo cur, Malhoun-Khatoun, le eheik rodout, fran chissait, suivi de son cortége de Druses, la Grande porte de son sérail. Descendant de cheval én marchant sur Je os courbé d'un nigre, il passa au milieu dum Aouble rang d’esclaves inclinds et gagna lesa Jon dans lequel il aimait &setenir.L2, entouré do ses officers, il se mit 8 fomer gravereat, ‘comme famont les ‘ures, sans parler, sans ‘emuer, sans penser. L'heure de Ia siesto était venue lorsque Peunugue Ali entra dans Je sa- Jon et, sans mot dro, présonla an maitre se8 Dabouthes jaunes. Ainsi que jo I igus. précédemment, cette pantomime signife quo 1a sett demande ‘un moment dentretier ‘Malhoun-Khatoun se leva, chaussa sos ba- bouches ot s'avanga suivi par Peunuque. It ga {gna Pentrée du harem. Les accords une ma ne discordante parvinrent jusqu's. I choik so déchaussa, suivant usage, et pénstra dans Pintérieur des bitiments défendus, tandis {que Teunaque faisait bonne veil ‘A mesuro que Malhoun-Khatoun avangait, Jes sons harmonioux (ou du moios paraissant tols aux oreiles musulmanes) dovenaiont plos distinct, ot au raclement des guitares, aux sif- Alomonts aigus des fdtes, aux sourds ‘broisse- monte des derboukas, sa joignaient des ckanis do voix humaines. 180 JOURNAL POUR TOUS. Le cheik arriva en face de Ia porte du salon principal. Deux eunagues souleverent les por- tipres soyeuses en sia inant, et le malire en- a, Le coup dail le plus charmant et le plus animé soft alors & sa vue. "Trois groupes de femmes, richement vt- tors, oecupaient tros partes différentes du sa- lon."Los,promibres courhées, les autres ac- ercuplee, calli Gindve,eclleah assis, pres: (goo toules fumant et fuisant lisse Cans lo hin de lors Iberes rostes Ia Hlanehe fomée chappant du narghié de cristal dans Ia ea fale dugue elle set inpregnée de odeur da am pretends Pit este Se demi-cerclecharmant si ‘ane ple de cousins vide, I place do malts, evant es cousins, appuySe sur des earreaux brodés or, se tenait-Aetonbnd, quéventat te magnifique négrease avec uae queue de lon emmanehée dans ane tige de coral "droite, le long des fentires aux siores abaista ot’gui donnaient dans a pitce une ‘arb dosce et rose, groupées autour de In fontaine oderitrante Gllent une douzaine dTaures femmes, tous jeunes et les comme les promires, tous rchemeat vtueségale- rent td visage découvert. Cat Poreheste, {es ones valent dot fasiraments, es autres chanics. ‘AU centre, en foe des covssne libres, on second taps o Cachemlte tit tend sor Te {apis de Brouse qu garnisat lo plancher. Rfrois femmes talent debout, av mille de toutes trois danslent, Loveque ers eo verbe danse, que le lee- teur ne erolo pas que je rill felndre Tae- tion vee, leghre, eatrainane et surtout ft facle quexyrims ce mot. dans ootre langue Fangtise, et dont les aynonymes, dans les su tres langbes de TEurope, ont la abmne accep- {in. Danger en Oceient ot danser en Oriem, Sout deus choses bien disinctes et oot Tune fe sturait donner Te moindrement une fe Biproximative de Pautre, Bo Occiden, les agent principaux de 1a danse sont lor jamben, En Orient les jambes iy sont pour rien, Un iavalide privé de tet jammbee, pourrait au besoin faire une agéable Ennsecie Ce qui danse, a Orient, co sont les hanches, rien que les hanches, Les pieds de- ‘eureat immobile, les amber resleat& Semi ies sans ae dstedre, le tore desine quel {gues courbes. legeres les hanehes sules fagitent gradullement et en mesure Singultre mode, mais enfin mode adopt, et peatire que les Tures touveraient afew: Set nos polkas, nos redowas et nos vases, ‘Dan le selon au horem de Malhoun-Kha- toan, les ferames danaient dove comme on danse en Orient sans changer de place. Lo chek travera gravemont Peapace et vit sTinsaller sur ses eousing. Aussi des 6- tresses Tentourbrent de easeoleties dans le fells brilaent lee parfurs les plus sua¥e Ue exclave arménienne, au costume constllé lor et de perreris, Tl presenta une pipe toute Bourrés au fooraeaa de jasmin earch topazes et surmonté don bout dambre ad- friable. Une autre eselave apport aa maltro ‘es charbos ombrasés et le playa 2 Taide Ge pineas dor sur le tabae jauze de 1a pipe "Meboubod sai levé. Sur un doable signe Tele, une negresee aceourat, placa pres des oussins Yun de ces petits euStidon tres aux foaleurs vives, aux fons Bours, haut h. peo res comme tos tabourels do pieds, Sur eo Eutridon, elle posa un plata dor massif in rans d'emeraddes au aii dae! Gat uge {tise ex Ene poesaine, pine bdéborder de ce café uaa servi ares mare, est ire fue Taiment los Tres ot dans logo 8 Sitaat A manger qo bir, Un aire nighese porta sur un autre gutrdon des pnenorblemont or, tot en- Conbris ds tafe, de frie ot de gatesux Srds et its da ell Dendat ot temp on dananit et on chantattovjours. ‘Nous ne comprenans gutro en Forope ob on nous précho, dia Fetanc, fe mia du forge, la ropéronté de Peprit su la etre, Te oriental poses jajos danse raf. Semen len pls cartmes: En Onin, a co trae, i aime le clmat T4dueaon Feligin elem lendenh hpadre otf ino tte cle do In beaut Bat par dtsee Ia maitre ou du maine par a replner au ni ‘eat de Fest Pour jer les conten ai tiges eo impartial tne fat done pases prendre pent de we do nos progres eo fomes. Le lane st an besoin cher te poep'e Iusulnan comme cher Te peplo inden et, ‘her le poole chino Malhoon Khatoum jovsait done de co tose avec Taisance um homme qo se ft er ese Palle de povvor ior autrement.Alhowbng Evait taverat te salon sans inferrompre les anes, ot iat lee prendre ellemtine om taste Hatsn argent fut rab de gral de le 6s le bassin devant I che jeune tome apprin de Fe par era dear Te tnsin. Alors, Malhosn-Khatoon dit oonchalameat tn’ ped au dabord, Trlte enmite et AIcboubmeommengs, ses foveons de tlhone favor © elle ava les fede du matic, tends que la muigue ot es Eines charmalct ses orsln et ss yeux. Ges sins accompli on enlora le uasi,et Atchouboh vit se eoucher prs du cheik- ‘ Suighetr, i Sivll, dads que Te cb furat sas paraliteaccotderune-grande at tention aur soos doot it Galt bje segaear, Fil va a auveleealve chréteane Ele et a = oi, ait Malboos-Rhstoon io Dele que moi Ele era heureuse atte Teeclave da cele come i gale et heaease soon In protection Gin elle sera fare dire dans tn harem, comme les Doses font ders de Vevorr four cet. let plat? Oat, repent encore Malhoos toon, Ta fas ple pour ton harem ou Sela prorat. de ts tral igne de Mas, contoua Ia sulhane une’ volt Tosi. uae an ante qo To chelkredoté a va Ieehrtveane, un actre la wouve bole un a the Inconel “Ava suze! it Malboun Khatoon en rp- proshaat bs as sore oat. ~ Oui cat = Tage tet = oaman-borhssah? LIT pare Koran gue Ie chrétionne sori de ce harem avant nO do Ta lu oor ener dans I sien! Sita ond eta dit te eho une voix tonnante = Comment le siti? —Lazab Tui a proposé mille dinars dor our qu'il consente & tah.» Malhoun-Khatoun se-dressa avee emporte- sent. ‘Si Osman-ben-Assah aft cea, il mourra! Soeriatl, Fas venir AY» XY. — La mui La nuit ait venue, et avec elle Ia brise ralfatchissante permettant& la poitrine @api cor un air pur déza-6 de ses effuves aréontes, de Cast ait seul dans sa chambre; sa be sure le faisait moins sour et commencait & se cicariser, mais Tes forees lui faisaient en. core défant, etl avait perdu tant de sang qu'll Taj edt 615 mp-ssible de se tenir debout. a Tune sit levée radious) ot ses rayons angentés, inondont Ia chamaire, 1a dotaient 'une clart6 Ia fois rive ot doued. La ttn ap- purée sur In main renvera6e, le bras droit Die, Te eoude enfonet dans les coussine mocl- Teox quilesautenaient, Olivier paraissit plonge dans une reverie profonde. ‘Toot A conp In porte souvrit doucement, et Ala carté de Tvstre des mute, Te malade put voir s'appro:her do son cheval. Ta plus suave apyavtion, C'étvt ure femme tout envelop- és de voies blanes et ciphanes qui formaient ton muage de g-t> artoar d'llo. Elle glssait oueomint sur le t p's et ses petits peds en Sarangant coquettemicnt feisaiont reaplendi ot sauler les piorres précieuses qui con.tol- Tniont ses babouches, ‘ Achoubnd dit Olivier avee étonnement. “parle Tas! dit vivement Ie sulthane en posant un doigt sur ses Tevres at on se nisssat Eliser sur une pile de coussns placés pres ‘uit — Pourquoi es-tu venue? demanda M. ce st. — Pour tannoncer uve grande nouvelle = Vietorine. no sazit pas aPelle; il stagit as tcl ‘sou As-tu dans ta maison de Damas dia mile dinars dor? — Non! réyondit Olivier. = Alors demain ta mourras! » Olivier se dressa sur aon lit, « Pourquoi mourrai-je demain? dit. Poar= quoi cette menace? Que ses!-i done passé? Domain, reprit Achoubna, les massacres doivent commencer & Dimas. A deux heures, les Druses atiaquoront les chrétions; le cheik et Pagah yeulent tout exterminer. On't'e gardé jusquici parce qu’on te soit riche; ai ta peux Gonner sur Vheure dix mille dinars dor, ta soras peut-ttre sauvb. ‘Jo n0 les al pas = Alors tu dois mouriet — Mourir! rugit Olivier en essayant de se soulerer, a-toi, dit vivement Afcboubn. Le smoindre brat entealaeralt ote pera, ot Jo sus enue loi pour to sanver. Hoows-mo}, ‘hréten, et aie confance en mol. Cos diz ralle dinars que {tne pour donner, que ta a pat, Jo 1e8 aural mot Al est allé co soi porter mes parares chez un juif qui demain {ora asaasing. 1! fra la somine nécossire ot tu pouras to rachetr. + Osivior regardait Ia sett avec étonnement. « Qae sigs Talfestion quo tu mo Uimoi- nes? civil Depuis que jo sus il to man Ts presque cague jour, ta m’aseatouré do teins datention. Mes blessures sot formes, rice an boume que tu m'as fat parven Fai manifesté bier le désir de voir Vitorine ‘of Noémie, tu me les as amenées aujourd'hui. Cette nuit ta viens me proposer de me sauver- ‘Ce que tu as fait? dit AYchouhnd en Le vant ses beaor yeur sur le milade. Te rap— pelles-tu, ily atrois mois, la promenade que {0 fs an ‘mai’ jusqu’ Balbek. Tu étais soul, cet on rovenunt ia reasontas une caravane. JOURNAL POUR TOUS. 11 — Oni, ait Olivier; um marchand dessaves «gle reniait au bazar de Damas, — Para ies femmes que on menait vendre, it yen avait une veile et southanta, pauvre ‘erature dont le marchand ne compiattirer scan prot, quit malralat ot dont i s00- Baitat la more? — Jo me rappel, ft Oivior avec insite Tu fas touché du sort do cette esclave; ta Vachotas sur Vheure et tu Tul donaas sa Uerté eo plagant dans sa main une bourse line dor? Cola est vrais fit co que tot homme de cour, tout bon ehrétien edt fait b ma ace. ~“cete femme, dit Aichoubat, cost ma aire. Comprends-1, maintenant, mon dévoue- ‘mont pour ai? » ‘iver tondit lt main Ala eulthane, «Tuas un cour de erétiemne, dit, ear ta 0s reconnaissanta. =u cooptes done co que je puis fire pour ti? = Saccepl. = quanti cos deur fammes, quant & calle oe 0 anes.» Olver soarit doucement. Tut trompos, dl on attbuant 2 Pa amour Fintért qu je pote & ces. deux jeunes Ales. 4 es aime comme un ami. Tu se sa0- ais comprendre ee sentiment, to; car les femmes d Orient ignorent queuze deur erés- tures de sexe diferent ot Siangbres Tune b Faure it pout y avoir un lien moral passant et copondaat jar de toute. passion. Noémie ‘vintresse parce qu'lle est menaote du sort Ie plus fal ot jo donnoras ma vie pour sau ‘Yor Victoria parce que Victorine est la Tile dium homme que Jena, et quelle domitaire Je famme dam autre homme que James ‘Sean awe bare Sos eres pron00- céeayar Boal anes ee asda uno bro. Con axtstes. | lle. ie tonne, eda ue? 4 Pel pour es A Demi mde Ms ‘CD faut he smer st umes ous forms, | opie apibs cm itonne at oo mera ‘Yous Slensi. Noisi oe qum Jal tak 2A. a! ‘mamaares doivent domeia ‘isheler 2 Mens Mathoun-Achatoun n'est pas woud ln tte ee! Deuses. L'agah Osman-bon-Assah doit com- ‘mander ayee Tui. Osman me déteste et moi je Te hls. Gest Osman qui veut quo tu meures, mas je te protige, moi. Jai fait surprendre par Alile secret d'dsman. I! convoite la chré= Henne doot le maliro veut faire son exclave Tai tout dit A Malhoun-Khatoun, ji employé ‘mon ascendant sur lui pour l'excier et Osm: oit mourie. Demain, pendant les massacre tundis que le cheik sora dans la ville, je ferai saaver la cheétienne ot la juive. = Comment? dit Olivier. — Jai 64 viniter aujourd'hui Pune des files @°abd-el-Kader et elle m'a promis de recevair Ja chrétionne ef la juive dans lo harem de son pre. Quand le cheik les demandera, on lui Giza quelies ont voulu iuir et que Tes Druses es ont massacrées. Demain toutes les chré- Gennes et toutes les juives seront mises & ‘mort, et dans le nombre il sera impossible de faire rechercher les cadavres. Toi, tu dameu- eras ici lu m'auras rion & crsindre. Osman, fon cnncmi, s ra tranglé, et tu payeras les dix mille d-nuredor quaxige le eheik. — Mais cos massacres qi doivent élaer deri, je ne pulls laser accompli ait Oivier me vos fedmisant, “Comment? Quoi! une population entidre serait me~ je destruction! Mex amis, es fines e0 Felgioo, res compstrites, ds innocents doi ‘et dre masaarés demain, ele sin tj 06 Tari rien poor los saver! gue pourrait ise? ies preven! = Commeott Tes frees me permetront dé me traner densa vile, Tune pox sori du sail Je feathre lee murs! Te te rae toer ot to ue sauveras per- some! Je dos toot enter, te dijo! 1 faut que agi. Sito msimen, Achoubnd, sto as pour moi un pou datection, on pes e recon Tlnsaee, me factors Ter moyens de quiero sail ete nu mre. Jeera lex Consul, je prviendal les arootes, jo eri frmer in critien ele jus: Nous ongani- ferons tne détence! I fat pari, afchouha, fut que je quit cate domeure! » EL Oliie, le cope frémieant, es yeu ha- gars, ls daigserspés,seorgat de quitter Sa couche et de so tai doboot Se erampone tant contro lo mor, il Bt gurlgoes pas Le Courage le soutenit eu. La evr que vent ds Tal donner Thoreiblenoovellegalvanisit tout son 68; mais ce moment dvnegiefac- tice ft cour. livin aval perdu presque fot fon emngy et se lewsares a rourrant tout h foup paris efforts quil enat de aie acho ‘rent @épuier Te peo de force qi Tut res- {ait Tl canoe, il outst Iara il ro= tombe lourdemedt, lee your formes, la bouche rece. “Schoo acoorutmrts de ie e reptaga sem niche, pint oo it en devo de ee See dt ag ca | ‘Acie ea thoam, ot & Panine extsbint et semble amiar aver ane ‘ivmtion profinte Te wc que tinal Ton fom Cais, qui ae emit dos Tonio, dt | ‘noir t vet ever une schon Sdleteate. En mouvement quil ft en parlant le plage en pleine lumitre, et les rayons dela lampe sus- ppendue an plafond éclairbvent los traits el, Peunuque du cheik Malbotn-Khatoun, ‘ Eile aime te Frangai, elle veut sauver la chrétienne et la juive, of ello doit me faire Gtrangier demain, dit Osman-bon-Assah avee tuo sourire farouche, Bien, Ali! tu as gagné on slaie. » ‘Bt prenant une bourse d'or, il Ia langa Veunugue qui la regat en sinctinant, _ Brest Carex, (Graduetion t repro ction inerdts, — La avite (tu procain numero) UN JUGEMENT DE DIEU. 1 Sur Ia rive droite du Memel, & peu pr¥s & gale distanco de la ville do lst et du goife do Courlande, se trouve la torre de Tu follow lle appartnsit, il n'y a pas encore fort longtemps, A une Veileet riche d: me, veure du comte Sintbenberg, qui y vivait asex ret Tie. Cette dame a’entrelenait de relations de ‘oisinago qu'avec deux ou trois gentlsbommes, du pays, de noblesse asses récento, qu'elle voyait do reste fort rarement. Mais elle reco- vail asser souvent la visite des nombreux pa tenis qu'elle avait en Gourlande. Elle éait née dans ce pays, et avait quitié la Russo, il y vai qulgued anon, Jour voir habia La comtesse Rathenberg avait été fort belle dans sa jeunesse, ot avait joud un réle Brillant Ala cour de Saint Pétersbourg, 4% ‘Pogue ot empereur Alexandre 1 nat pint fencore devenu pieax et ne prossentat gubre sans doute qui dat le devenir un jour. Qual= ques années apris 'arénesieat de Pemperent Nicolas, ello éuait tombte en défavecr A Ia ‘cour d6 Russie, sans qu'on en conndt trop Ia raison; et cest alors qu'elle séait retinds an chiteat de Turelle, qui depuis nombre dane nées appartemsit Asa famille. Ell avait point deotants, et conservait de grandes babi- ides de lure dans sa retraite, quelle ne quit ‘ait que pour aller passer la saison até dans tne des vlles de bains de T'Allomagne. (Quatre on cing ans aprés san arrive en Prusse, ua bruit étrange courut dans lo pays. Elle avaif'rega, un mois auparavant, la visite Gun de ses ‘even de Courlande,'Ie jeune omte Tuthenborg, et tout a eoup le jeune homme avait disjara. Un soir, il avait pris congé de ta tante comme dPbabitude, etait retiré dans sa chambre. Le lendemin aatin, fn retrouva son lit intact, ses effete dans 13 iméme ordre que la veile; mais de lu, pas Ta moindre tra 1a comtesse, qu avait éebord monte quel que inguitde , parle bientt de Irénement un at Pindievence, et méme exeetumcoup ie léghrot. Les Ruihesberg stant tas tournure-depritaasez dizange, gui zappelait @esser pres cello que le spleen’ donne. aux Angltis, Peut-ttre Je jeune homme s'tit-il troavé engogt sens quelque evonture impré- smue; peuittre avait &3¢ pris d'un caprice subi, dont la paureuite erat entratné. plus ain gail mee emrgait bord, ot allyl e-* ‘pore ont a cogp. “Mia quime je sBanulbront; me ouva ‘pint irenes da jeme come, on ne vegut sume mooeelis de Ji. Sas bie qui caaraient ame pags prirest zim Be consistence, ot fon qudianilt mbme que, dans Ta nuit do sa “ispartion, on avait entendu dans le voisinage du chateau un bruit éirange suivi de ers de Aéteesse bientt éiutés, ‘Ges brute avivbrent & mes oveilles, J'Btais alors juge instruction en Lithvanie, et le cluteau de Turellen se trouvait dans le cerele do ma jurdiction. Je crus de mon devoird'6- claire Paventare, et Jérivs dans ce but alli du Bourg voisin Ml me répondit aussitdt que Jes bruts qui séaient répandus dans le_pays étaient par ‘itement fondés, mais que It comtosse 2'tait nullement inquite et attribuait cete disyar- tion subite A un caprce du jeune homme, do alle connaissit le caractire aventureus. fl ne aavait ren de posiif sur le bruit érange et tes ‘ris de détresse entendus pendant Ia avi, et avait pu, malzré toutes sos recherches, oliznir ‘le’ moindre reaseignement & ect Gard, aly aval rien TA qui pOt motiver une en- quéte, et javais presgue oubié Taventure, quand, quelyues seins plus rd, je resus ‘ue vile qi me surprit beaucoup. A une N 376. — Dix centimes. (DS eects dane ter dbpartements t dant les ares de chemin de fr) JOURNAL POUR TOUS MAGASIN LITTERAIRE ILLUSTRE, PUBLICATION DE-CH. LANURE ET CH, INPRIMEURS A PARIS. (Bama anes, Cav ibee dasa dora oar, Le CL Batt 0, ere, ohare. rome battle Ta emo pm ag mis, Pai i i 1 Diprenens, si i wn, — Lt mam gant ed, 162 + JOORNAL Pore TOUS: SOMAIRE. — Rowane xx Novveieas: L Chain ds panther, pat Ernest Capenda, — Un Juge- eng da Din, pat Temeoe + Wagces : Les planlat @oppartements Ler eoupurt; Lee mowt- (querer: — Rootowe vosmstiom + La cave, = Vanutise : Orsey, par Maury. LE CHASSEUR DE PANTHERES, PISODR Das MASSACRES DE SYRIE. 5 AVL. — Les stort. Le soleil Stat eve A quatre heures, et es rayonsrougestres élsraent eetto admirable Flaine de Damas que nous avons extay do 36- tri, La eampagne Cit déaerta et See muses GTolsaux an” plumage. éalatant. ainaleat seal “Trois cavaliers sortaient, an petit pas de leur montres, dela grande ville ets dri= feaiet vrs la route des montagne. Une pe- i arava apa do casas care de bagages ines porters de ballots et eo hilo dea Maroc, Te slab eoure distance, ‘Deux des trois cavaliers semblaent causor veo une-extreme animation, Te troisibme de coritimpansbl, ride st sa welle comme Tiuet et froid et grave comme un Babitant fe Injoyeuse angetorre quill alton réalil, far ce personnage Malta William, e pafalt genlecan aur nombreux burnous, Tn de deo eanar Gt. Patron, + vauare ait un homme de quaranto ans eavi= yon, grand, ben fat de tournure gracious et Gigante, 4a physicoomiefrache st ouverte, fur yeu flaigents, ‘ Permettet cher monslaur Larne, dinait 11 paterson, Yoo tla Frangas, vouyet mol je sus Angle oi toula I aerence ais reponditvivement M, Leraoy,