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ACADEMIE MILITAIRE FONDOUK JEDID DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE Année Universitaire: 2006-2007 NOTES DE
ACADEMIE MILITAIRE
FONDOUK JEDID
DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE
Année Universitaire: 2006-2007
NOTES DE COURS
Module : ROUTE 2
Classe(s) : GC 31
Enseignant(s) : Ahmed SIALA
Date : Octobre 2006

Plan du cours

CHAPITRE I - SOL SUPPORT ET ASSISES DES CHAUSSEES

1

I

- INTRODUCTION

1

II

- LE SOL EN TUNISIE

1

II.1 - Définitions d’un sol et des essais le caractérisant

1

II.2 - les différents types de sols et leurs classifications

9

III

- REUTILISATION DES SOLS

15

III.1 - Définitions

15

III.2 - Conditions d’utilisation des sols en remblais et en couche de forme

16

III.3 - le traitement des sols

22

CHAPITRE II - MATERIAUX DE CHAUSSEES

32

I

- MATERIAUX NON TRAITES CHIMIQUEMENT

32

II

- MATERIAUX TRAITES AUX LIANTS HYDROCARBONES

37

II.1 - le bitume

37

II.2 - Essais sur les granulats

38

II.3 - les liants bitumineux

39

II.4 - les utilisations des matériaux traités aux liants hydrocarbonés

40

II.5 - Autres produits bitumineux

46

III - MATERIAUX TRAITES AUX LIANTS HYDRAULIQUES

47

IV - DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

51

 

IV.1 - affectation des matériaux

51

IV.2 - Seuils technologiques

51

CHAPITRE III - DIMENSIONNEMENT DES CHAUSSEES NEUVES ET RENFORCEMENT

53

I

- ETUDE DE TRAFIC ROUTIER

53

II

- ETUDE DE LA CLASSE DE SOL

54

II.1 - Classification à partir du CBR

54

II.2 - Classification à partir de la classe routière des sols en Tunisie

55

II.3 - dispositions particulières pour les mauvais sols

57

COURS DE ROUTES 2

III.1 - détermination de la classe de chaussée à partir des coupes de chaussées

59

III.2 - détermination de la classe de chaussée à partir des indices de structure

59

III.3 - Classification des routes en fonction de la déflexion

65

III.4 - Classification des routes

66

IV

- DIMENSIONNEMENT DES CHAUSSEES

66

IV.1 - Dimensionnement par le catalogue

66

IV.2 - Dimensionnement par alize iii

67

CHAPITRE IV - DIMENSIONNEMENT DES CHAUSSEE AERONAUTIQUE

78

I

- CHARGE DE CALCUL

78

II - DIMENSIONNEMENT DES CHAUSSEES SOUPLES

81

II.1 - Portance du sol support

81

II.2 - Épaisseur de la chaussée équivalente

82

II.3 - Choix d’une constitution de chaussée

85

III

- DIMENSIONNEMENT DES CHAUSSEES RIGIDES

87

III.1 - Fonctionnement de dalle en béton

87

III.2 - Détermination du module de réaction

88

III.3 - Détrmination de l’épaisseur de la dalle de béton

89

CHAPITRE V - REHABILITATION ET ENTRETIEN DES ROUTES

90

I

- LES DEGRADATIONS DES ROUTES ET LEURS FACTEURS GENERATEURS

90

I.1 - Les dégradations des routes

90

I.2 - Les causes des dégradations

91

II - DESCRIPTION DES DEGRADATIONS DES CHAUSSEES ET LEURS CAUSES

94

II.1 - Les arrachements

94

II.2 - Les deformations

96

II.3 - Les fissures

98

II.4 - Remontees

100

III

- DESCRIPTION DES DEGRADATIONS DES ACCOTEMENTS ET DES DEPENDANCES

101

III.1 - La dégradation des accotement

101

III.2 - Dégradation des dépendances de la routes

102

III.3 - Dégradation des ouvrages d’assainissement et de drainage

102

III.4 - Dégradation de la signalisation et des équipement

103

IV

- ENTRETIEN ET REHABILITATION DES ROUTES

103

IV.1 - Définition des tâches d’entretien et de réhabilitation des routes

103

IV.2 - Les tâches d’entretiens

105

IV.3 - Réhabilitation des routes

108

IV.4 - Mode d’exécution de certaines tâches de l’entretien routier

109

CHAPITRE VI - ETUDE DES CARREFOURS ET DES DISPOSITIFS D’ECHANGES

ERREUR

! SIGNET NON DEFINI.

COURS DE ROUTES 2

Liste des tableaux

TABLEAU N° 1 - VALEURS USUELLES DE TENEUR EN EAU

2

TABLEAU N° 2 - IDENTIFICATION DE LA PLASTICITE

4

TABLEAU N° 3 - VALEURS USUELLES DES LIMITES D’ATTERBERG

5

TABLEAU N° 4 - VALEURS USUELLES D’INDICE DE CONSISTANCE

5

TABLEAU N° 5 - VALEURS USUELLES D’EQUIVALENT DE SABLE

6

TABLEAU N° 6 - DEFINITIONS POUR L’ESSAI CBR

6

TABLEAU N° 7 - VALEURS USUELLES DE L’INDICE CBR

7

TABLEAU N° 8 - CLASSIFICATION LCPC DES SOLS GRENUS

12

TABLEAU N° 9 - TABLEAU RECAPITULATIF DES CONDITIONS POUVANT ETRE IMPOSEES POUR UTILISER LES DIFFERENTS MATERIAUX EN REMBLAI

21

TABLEAU N° 10 - CARACTERISTIQUES DE LA CHAUX VIVE ET DE LA CHAUX ETEINTE

24

TABLEAU N° 11 - CARACTERISTIQUES DES CIMENTS

25

TABLEAU N° 12 - LES CATEGORIES MINIMALES DE LIANT RECOMMANDEES EN FONCTION DU TRAFIC

39

TABLEAU N° 13 - LES UTILISATIONS DES MATERIAUX TRAITES AUX LIANTS HYDROCARBONES

40

TABLEAU N° 14 - LES UTILISATIONS DES MATERIAUX TRAITES AUX LIANTS HYDROCARBONES

51

TABLEAU N° 15 - SEUILS TECHNOLOGIQUES POUR L’

52

TABLEAU N° 16 - CLASSEMENT ROUTIER DES SOLS EN TUNISIE

56

TABLEAU N° 17 - CLASSE DES CHAUSSEES – REGIONS A ET B

59

TABLEAU N° 18 - CLASSE DES CHAUSSES – REGION C

59

TABLEAU N° 19 - VALEURS DES COEFFICIENTS A I DES MATERIAUX DE CHAUSSEES

A UTILISER DANS LE CATALOGUE DES CHAUSSEES – MATERIAUX TRAITES

62

TABLEAU N° 20 - VALEURS DES COEFFICIENTS A I DES MATERIAUX DE CHAUSSEES

A UTILISER DANS LE CATALOGUE DES CHAUSSEES – MATERIAU GRANULAIRES

NON TRAITES

64

TABLEAU N° 21 - PARAMETRES RELATIFS AUX MATERIAUX NOIRS SIGNET NON DEFINI.

ERREUR !

TABLEAU N° 22 - PARAMETRES RELATIFS AUX BETONS DE CIMENT SIGNET NON DEFINI.

ERREUR !

TABLEAU N° 23 - PARAMETRES RELATIFS AUX GRAVES ET SABLES TRAITES AUX

LIANTS HYDRAULIQUES

ERREUR

! SIGNET NON DEFINI.

TABLEAU N° 24 - CLASSIFICATION DES TACHES DE L’ENTRETIEN ROUTIER

108

COURS DE ROUTES 2

Liste des figures

FIGURE N° 1 - LES DIFFERENTES PHASES D’UN SOL

2

FIGURE N° 2 - INDICE DE PLASTICITE

4

FIGURE N° 3 - CLASSIFICATION LCPC DES SOLS FINS

13

FIGURE N° 4 - CLASSIFICATION FRANÇAISE DES SOLS DE DMAX>50MM

13

FIGURE N° 5 - CLASSIFICATION FRANÇAISE DES SOLS DE DMAX>50MM

14

FIGURE N° 6 - CLASSIFICATION FRANÇAISE DES SOLS ROCHEUX ET ORGANIQUES

 

14

FIGURE N° 7 - GRAPHIQUE DONNANT LE ΔSN EN FONCTION DU CBR

64

FIGURE N° 8 - MODELE DE JUMELAGE TYPE UTILISE PAR ALIZE III

67

FIGURE N° 9 - PASSAGE D’UN MODELE BICOUCHE A UN MODELE MONOCOUCHE

 

68

FIGURE N° 10 - DETERMINATION DU MODULE DES MATERIAUX TRAITES AU BITUME EN FONCTION DE LA TEMPERATURE

70

COURS DE ROUTES 2

CHAPITRE I - SOL SUPPORT ET ASSISES DES CHAUSSEES

I - INTRODUCTION

Le but de ce chapitre est de déterminer avec précision les différentes classes de sols afin de pouvoir dimensionner les structures de chaussées en connaissant l’assise sur laquelle sera réalisée la structure.

On présentera en particulier les paramètres permettant de classer les sols ainsi que les différentes normes et classifications utilisées.

II - LE SOL EN TUNISIE

La connaissance du sol et de ses caractéristiques géotechniques et morphologiques, est une étape primordiale dans le choix d’une structure de chaussée. En effet, la connaissance du sol, associée à une bonne approche du trafic supporté et des matériaux de chaussée utilisés, permet d’optimiser les épaisseurs des couches de chaussées.

Quand on parle de classification des sols, on ne peut omettre de parler de l’usage qu’on fera de cette classification. Pour le cas d’un projet routier, la classification des sols aura deux principaux objectifs :

D’abord, la classification des sols permettra d’approcher la portance du sol support afin de

dimensionner les corps de chaussée. Cette classification est d’autant plus importante qu’elle conditionne les choix d’investissement et d’entretien. Le deuxième intérêt d’une classification des sols est d’estimer la possibilité de l’utilisation du sol en remblai ou en couche de forme.

Les critères de classification ne sont pas, bien entendu, identiques pour les deux objectifs voulus par la classification, mais nous nous efforcerons de dégager les lignes directrices régissant les deux classifications.

II.1 - DEFINITIONS DUN SOL ET DES ESSAIS LE CARACTERISANT

II.1.1 - Définition d’un sol

Les sols sont constitués de trois phases :

Une phase solide (les grains) ;

Une phase liquide (l’eau) ;

Une phase gazeuse (l’air).

On peut, par la pensée, rassembler chaque phase en un volume partiel unique de section unité :

COURS DE ROUTES 2

P W P T P S
P
W
P
T
P
S
COURS DE ROUTES 2 P W P T P S U V a V W V
COURS DE ROUTES 2 P W P T P S U V a V W V
COURS DE ROUTES 2 P W P T P S U V a V W V
COURS DE ROUTES 2 P W P T P S U V a V W V

U

V a V W V S
V
a
V
W
V
S

V V

V T

P T : poids total

P w : poids de l’eau

P S : poids des grains

V T : volume total

V S : volume des grains

V W : volume de l’eau

V V : volume du vide

V a : volume de l’air

Figure n° 1 - Les différentes phases d’un sol

Le squelette solide est l’élément essentiel. Il influe de façon considérable sur le comportement des sols et notamment les sols à forte proportion granulaire. La nature des grains est également à considérer.

La proportion d’eau est importante à considérer notamment dans le comportement des sols fins.

La teneur en eau est exprimée par le rapport entre le poids de l’eau et le poids des grains. Elle est noté W.

W =

P

W

P

S

× 100

Le tableau suivant présente quelques valeurs usuelles et quelques ordres de grandeurs :

Sols

 

Teneur en eau

Sable

2 à 10

Limon

10

à 30

Argile moyenne à raide

20

à 30

Argile molle

50

à 100

Vases et tourbes

80

à 300

Tableau n° 1 - Valeurs usuelles de teneur en eau

La phase gazeuse revêt un caractère secondaire.

II.1.2 - Essais permettant de déterminer les paramètres de nature des sols

Les paramètres de nature se rapportent à des caractéristiques intrinsèques, c’est à dire qui ne varient pas ou peu, ni dans le temps ni au cours des différentes manipulations que subit le sol au cours de sa mise en œuvre.

Les principaux paramètres retenus pour la classification concernent

L’analyse granulométrique ;

La détermination des limites d’Atterberg : Indice de plasticité (IP)

La valeur au bleu de méthylène ;

L’équivalent de sable.

L’indice de portance pour l’identification des sols en vue d’un dimensionnement de chaussée

II.1.2.1 - L’analyse granulométrique

COURS DE ROUTES 2

Elle consiste à déterminer la distribution dimensionnelle des particules élémentaires d'un sol. Elle se traduit par le pourcentage en masse des particules passant (ou restant) sur des tamis de dimension spécifiée. On distingue la granulométrie par sédimentation (pour les grains les plus fins) et la granulométrie par tamisage (tamis à maille carré pour les particules de diamètres supérieurs à 80μ). Les résultats sont représentés sous forme d’une courbe appelée la courbe granulométrique.

La granulométrie permet de déterminer également la valeur du diamètre maximal (Dmax) du sol étudié ainsi que la teneur en fine (< 80 μm). Elle indique également l’uniformité du sol par la forme de la courbe granulométrique et par l’interprétation du coefficient d’uniformité C U .

avec D 10 et D 60 représentent les dimensions auxquelles sont inférieurs

respectivement 10% et 60 % en poids des grains.

On peut aussi évaluer la bonne graduation des grains par le calcul du coefficient de courbure

C C .

C

U

=

D 60

D 10

C

C

=

(

D

30

)

2

D

10

×

D

60

avec D 10 , D 30 et D 60 représentant les dimensions auxquelles sont inférieurs

respectivement 10%, 30% et 60 % en poids des grains.

Les seuils retenus pour l’analyse granulométrique sont :

Dmax

C’est la dimension du plus gros élément contenu dans le sol. Le seuil est généralement pris égal à 50mm.

50 mm

C’est la valeur qui permet de distinguer les sols fins, sableux et graveleux, des sols blocailleux.

Le tamisât à 80 μm

Le tamisât à 2mm

C’est également la valeur limite admise pour distinguer les sols pouvant être malaxés intimement avec un liant pour constituer des couches de forme de qualité.

C’est également la fraction généralement utilisée dans les essais de laboratoire usuels.

Permet de distinguer les sols riches en fines et dans une large mesure d’estimer leur sensibilité à l’eau. Les seuils sont de :

35 % : seuil au-dessus duquel le comportement du sol peut être considéré comme régi par celui de la fraction fine (<80 μm).

12% : seuil conventionnel permettant d’établir une distinction entre les matériaux sableux et graveleux pauvres ou riches en fines.

Ce paramètre permet d’établir une distinction entre les sols à tendance sableuse et les sols à tendance graveleuse. Le seuil est

70 % : au-delà de 70%, on définit les sols à tendance sableuse et en deçà les sols à tendance graveleuse.

II.1.2.2 - Limites d’Attergberg

Compte tenu de leur structure, les matériaux fins et notamment les argiles ont la propriété d’absorber des quantités d’eau très importantes ou au contraire de se dessécher.

Quel que soit la nature de l’argile, si on la malaxe avec de l’eau, au-delà d’un certain état d’humidité, celle-ci se transforme en boue (comportement liquide). Au contraire, si on la

COURS DE ROUTES 2

dessèche, l’argile fait du retrait, les liaisons deviennent intenses (comportement solide). Entre ces deux états, l’argile est malléable, modulable (comportement plastique).

Les limites d’Attergberg sont obtenues par des essais conventionnels réalisés sur la fraction granulométrique dont les particules sont inférieures à 0,42mm. Ces essais permettent de déterminer les teneurs en eau qui caractérisent un changement d’état du matériau.

I P

W P (Limite de plasticité) W L (limite de liquidité)
W P (Limite de plasticité)
W L (limite de liquidité)

Figure n° 2 - Indice de plasticité

L’indice de plasticité I P =W L - W P donne l’étendue du domaine de plasticité.

L’Indice de plasticité est le paramètre le plus couramment utilisé pour caractériser l’argilosité des sols. Son interprétation est d’autant plus fiable que la proportion pondérale de la fraction 0/400 μm (fraction servant à l’essai) contenue dans le sol est importante et que l’argilosité de cette fraction est forte.

Au-delà d’une proportion de 50% de la fraction 0/400 μm et d’une valeur de 12, l’interprétation de l’IP est simple, mais elle devient quasi impossible lorsque cette proportion tombe en-dessous de 35% et la valeur de l’IP en-dessous de 7.

Les seuils sont :

12

: limite supérieure des sols faiblement argileux,

25

: limite supérieure des sols moyennement argileux

40

: limite entre les sols argileux et très argileux.

Le tableau suivant résume les valeurs usuelles adoptées pour qualifier la plasticité.

 

I

P

Degré de plasticité

0

- 5

Non plastique

5

– 15

Peu plastique

15 – 40

 

Plastique

>40

 

Très plastique

Tableau n° 2 - Identification de la plasticité

Un sol présentant un IP >10 est considéré comme assez mauvais.

Un sol dont l’IP est >20 est considéré comme étant un sol très argileux.

Nous présentons quelques valeurs significatives :

COURS DE ROUTES 2

 

W

L

W

P

I

P

Un limon

24

17

7

Une argile limoneuse

40

24

 

16

Une bentonite pure

450

50

400

Tableau n° 3 - Valeurs usuelles des limites d’Atterberg

La connaissance de la teneur en eau naturelle permet de déterminer l’indice de consistance

I

C

=

W

L

W

I

P

. Il permet de situer la teneur en eau naturelle par rapport aux limites d’Atterberg

(W L et W P ).

Le tableau suivant donne les échelles de consistance généralement admis :

I

C

Degré de consistance

0

Liquide

0 – 0,25

Pateux

0,25 – 0,5

Mou

0,5 – 0,75

Mi-consistant

0,75 - 1

Consistant

>1

Très consistant

Tableau n° 4 - Valeurs usuelles d’indice de consistance

II.1.2.3 - Valeur au bleu de méthylène

L’objectif de cet essai est d’évaluer le degré de pollution argileuse des fines contenues dans les sols.

Le bleu de méthylène a la propriété d'être absorbé préférentiellement par les argiles et les matières organiques. Une masse connue de fines est dispersée dans l'eau distillée à laquelle on ajoute des doses croissantes de bleu de méthylène. Tant que le bleu de méthylène est absorbé, il ne colore pas l'eau. On le vérifie en déposant une goutte sur un papier buvard: le centre de la tache est bleu vif (argile ayant absorbé le bleu) et l'auréole de la tache reste incolore. A partir d'une certaine dose de bleu, l'auréole se colore aussi: c'est le signe que toute l'argile a épuisé sa capacité d'absorption.

La quantité de bleu consommée est donc une indication de la quantité d'argile. La valeur de bleu s'exprime par la quantité de bleu en grammes consommée par 100 grammes de fines.

Les seuils retenus sont :

0,1 : Seuil en-dessous duquel on peut considérer que le sol est insensible à l’eau. Ce critère doit être complété par la vérification du tamisât à 80μm qui doit être 12% ;

0,2 : Seuil au-dessus duquel apparaît à coup sûr une sensibilité à l’eau ;

1,5 : seuil distinguant les sols sablo-limoneux des sols sablo-arigeleux ;

2,5 : seuils distinguant les sols limoneux peu plastiques des sols limoneux de plasticité moyenne ;

6

:

seuil distinguant les sols limoneux des sols argileux ;

8

:

sols distinguant les sols argileux des sols très argileux

COURS DE ROUTES 2

II.1.2.4 - Equivalent de sable

L’objectif de cet essai est d’évaluer le degré de pollution argileuse des fines contenues dans le sable.

Cette méthode donne une idée du degré de propreté du sable. Le principe est le suivant: un échantillon de sable est lavé au moyen d'une solution floculante qui agglomère les particules les plus fines. La solution est ensuite déversée dans une éprouvette où le sable proprement dit sédimente en premier suivi du floculat qui vient se déposer à la surface.

Le rapport entre la hauteur du sable sédimenté et la hauteur totale du dépôt (sable sédimenté + floculat) multiplié par 100 est appelé équivalent sable.

Cet essai est sensible tant à la quantité des fines qu'à la qualité des fines, les fines argileuses étant plus sensibles à la floculation que les autres.

En effet, 5% de limon dans un sable fait chuter l’ES de 100 à 65 alors que 5% d’argile colloïdale fait chuter l’ES de 100 à 25.

Le tableau suivant donne quelques ordres de grandeurs à retenir pour les équivalents de sable :

ES

Sols

>80

Sable très propre

70 - 80

Sable propre convenant généralement pour la fabrication des bétons

60-70

Légèrement argileux ou limoneux

50

Limite inférieure admise pour les matériaux de couche de base et de fondation

25

Sable argileux

Tableau n° 5 - Valeurs usuelles d’équivalent de sable

II.1.2.5 - L’Indice de portance (CBR)

Le Californien Bearing Ratio (CBR) est un indicateur de la portance des sols. Il consiste à comparer l’enfoncement d’un poinçon dans le sol testé dans un matériau type.

Cet indice peut être pris à différent état hydrique (soit à différent niveau de compactage):

A l’optimum : indice portant à la teneur en eau optimale W opm

A la teneur en eau naturelle (Indice Portant Immédiat) : à W nat

Après saturartion : on immerge le moule pendant quatre jours dans de l’eau et on enfonce le poinçon à vitesse constante.

L’enfoncement est mesuré en fonction de la charge. Par définition, on note deux CBR :

CBR 1=

P

1

'

1

P

×

100 ; CBR

2

=

P

2

'

2

P

× 100 . Si CBR 1 > CBR 2 alors CBR = CBR 1 sinon on recommence

l’essai. Si les résultats sont similaires, CBR est CBR 2 .

Définitions

Enfoncement

Contraintes correspondantes

Dans le sol testé

Dans le matériau type P’ 1 =6,3 Mpa P’ 2 =10,3 MPa

2,54 mm

5,08 mm

P

P

1

2

Tableau n° 6 - Définitions pour l’essai CBR

COURS DE ROUTES 2

Le tableau suivant présente quelques ordres de grandeurs :

CBR Sol mous à très mous Argiles Limons et argiles raides Sables Graves Concassée <2
CBR
Sol mous à très mous
Argiles
Limons et argiles raides
Sables
Graves
Concassée
<2
2-10
8-40
8-30
15-80
80-100

Tableau n° 7 - Valeurs usuelles de l’indice CBR

II.1.2.6 - Teneur en matière organique

La teneur en matière organique est exprimée en pourcentage de masse de matériau organique rapportée à la masse sèche de l’échantillon.

L’oxydation au bichromate de potassium et surtout la perte au feu sont les méthodes les plus employées.

II.1.3 - Les paramètres d’états

Il s’agit des paramètres qui ne sont pas propres au sol, mais fonction de l’environnement dans lequel il se trouve.

Le climat est un paramètre très important dans le comportement des sols meubles. Il a un rôle déterminant pour le classement des sols. Une différentiation nette est observable entre le Nord où le climat est humide ou sub-humide et le sud où le climat est plutôt aride. Le niveau de saturation en eau est très important pour la détermination de l’indice de portance pondéré.

log(CBR)log(CBRi )log(CBRs )

Avec CBR i indice de portance immédiat et CBR s Indice de portance sol saturé.

α et β coefficients régionaux dépendants de la région climatique considérée. Ces coefficients α et β découlent du nombre de mois pluvieux par an.

Nombredemoishumides

α=

12

;

β=

Nombredemoissecs

12

La classification française distingue cinq états hydriques :

c’est un état d’humidité très élevé rendant impossible l’utilisation du sol.

L’état humide (h) : c’est un état d’humidification élevé. La réutilisation reste toutefois possible moyennant un traitement ou une utilisation en faible épaisseur.

Etat d’humidité moyenne(m) : c’est l’état d’humidité optimum.

L’état très humide (th) :

Etat sec :

c’est un état d’humidité sec. Ces sols peuvent être utilisés moyennant des dispositions particulières (arrosage, sur-

compactage,

etc.

.).

Etat très sec :

état d’humidité très faible n’autorisant plus la réutilisation du sol.

Plusieurs paramètres permettent de caractériser l’état hydrique :

COURS DE ROUTES 2

. C’est le paramère le plus

fiable pour caractériser les états s et ts car les difficultés d’obtention de la compacité

requise en dépendent directement. L’indice de consitance Ic. Il permet de situer la teneur en eau naturelle par rapport aux

limites d’Atterberg (W L et W P ). Il permet de caractériser les cinq états hydriques mais uniquement dans le cas des sols fins moyennement et très argileux comportant au moins 80% à 90% d’élément 400mm. L’indice de portance immédiat. Il est le plus utilisé pour caractériser les états h et th car il traduit la difficulté de circulation des engins.

La position de la teneur en eau naturel de la fraction 0/20 du matériau par rapport à

l’optimum proctor normal exprimée par le rapport :

W

N

W OPN

II.1.4 - Les paramètres de comportement mécanique

Ces paramètres ne sont pris en considération que pour juger de l’utilisation possible des sols en couche de forme. Ils distinguent les matériaux dont la fraction granulaire est susceptible de résister au trafic et qui de ce fait peuvent être utilisés dans les couches de forme voire en couche de chaussée, et ceux qui risquent de se fragmenter.

Les paramètres à considérer sont les coefficients Los Angeles (LA) et le Micro Deval en présence d’eau (MDE) mesurée sur la fraction granulaire 10/14.

II.1.4.1 - Essai Los Angeles (de résistance à la fragmentation par chocs)

L’objectif de cet essai est de déterminer la résistance aux chocs.

Il consiste à mesurer la quantité d'éléments fins produits en soumettant le granulat aux chocs de boulets normalisés dans une machine dite "Los Angeles" qui est un broyeur de laboratoire.

Tamisée sur chacun des tamis de la classe granulaire choisie, lavée, séchée et pesée (à 1 g près), la prise d'essai (5000 +/- 5 g) est placée dans un tambour avec une charge de boulets appropriée. Entraînés durant 500 tours par la tablette en acier, ces boulets retombent avec le matériau qu'ils fragmentent. Ce dernier est ensuite lavé sur un tamis de 1,6 mm, séché et le passant est pesé (masse m).

LA =

m

100

5000

Les seuils retenus diffèrent selon les utilisations des sols. Au-delà de 45, le sol ne peut pas être utilisé en couche de forme.

II.1.4.2 - Essai Micro-Deval

L’objectif de cet essai est d’apprécier la résistance à l'usure des granulats; l'essai est réalisé en présence d'eau pour se rapprocher des conditions réelles de séjour des granulats dans les chaussées.

Il consiste à mesurer dans des conditions bien définies l'usure des granulats par frottements réciproques dans un cylindre en rotation. L'usure est mesurée par la quantité de fines produites.

Cas d'un gravillon compris entre 4 et 14 mm :

Lavée, séchée et pesée (à 1 g près), la prise d'essai (500 +/-2 g) est introduite dans un cylindre normalisé avec une charge de billes d'acier (2000, 4000 ou 5000 g selon la granularité), et 2,5 litres d'eau. Après 12000 rotations (2 heures), le matériau est lavé sur un tamis de 1,6 mm, séché et le refus est pesé (masse m').

COURS DE ROUTES 2

MDE

=

500 m'

100 500

Le seuil est également différent selon l’utilisation voulue du matériau.

II.1.5 - Autres critères de classification

En plus de tout ce qui a précédé, la topographie et la nature de la roche mère influent considérablement sur le comportement des sols.

En effet, la topographie influe énormément sur les sols partant du fait que les sols formés sur les fortes pentes sont érodés et peu profonds alors que ceux des bas fonds sont épais et souffrent d’une salinisation ou d’une hydromorphie.

Le rôle de la roche mère est aussi important dans le classement des sols, partant du fait qu’au Nord, les sols évoluent sur des roches non calcaires empêchant les accumulations salines, alors qu’au centre et au sud, ils évoluent sur des accumulations salines sous différentes formes.

II.2 - LES DIFFERENTS TYPES DE SOLS ET LEURS CLASSIFICATIONS

II.2.1 - Les types de sols

Les sols peuvent être meubles, rocheux ou éventuellement organiques.

II.2.1.1 - Les sols meubles

Les sols meubles sont des matériaux naturels constitués de grains pouvant se séparer aisément par simple trituration éventuellement sous l’action d’un courant d’eau. Ces grains peuvent être de dimensions très variables : des argiles aux blocs. Les sols meubles sont de natures et d’origines diverses : alluvions, matériaux meubles sédimentaires, dépôts glacièrs, sols résiduels…

Les paramètres utilisés pour le classement des sols sont de trois catégories :

Les paramètres de nature ;

Les paramètres de comportement mécanique ;

Les paramètres d’état.

Ils sont toujours déterminés sur la fraction 0/50mm qui est la fraction susceptible d’être identifiée par les essais usuels de laboratoire.

II.2.1.2 - Les sols rocheux

Bien qu’après son extraction, un déblai rocheux soit transformé en un matériau susceptible d’être considéré, au moins partiellement comme un matériau meuble, il faut être en mesure de prévoir, à partir de la roche en place, le comportement du matériau après abattage.

La reconnaissance d’un matériau rocheux se fait généralement en deux étapes :

D’abord, une identification, même sommaire, de la nature pétrographique de la roche,

Ensuite, préciser comment le matériau va se comporter tout au long des phases successives de son utilisation (extraction, chargement, réglage, compactage, …)

Les matériaux rocheux sont donc classés selon leurs caractéristiques pétrographiques et mécaniques.

COURS DE ROUTES 2

Deux classes principales de matériaux rocheux sont distinguées à partir des grandes familles de roches habituellement considérées : les matériaux rocheux issus des roches sédimentaires d’une part, et ceux issus des roches magmatiques et métamorphiques d’autre part.

Les paramètres d’états retenus dans la classification des matériaux rocheux sont :

Le coefficient Los Angeles (LA)

Le coefficient Micro Deval en présence d’eau (MDE)

La valeur de la masse volumique de la roche déshydratée en place,

Le coefficient de fragmentation,

Le coefficient de dégradabilité,

La teneur en eau naturelle,

La teneur en éléments solubles.

II.2.1.3 - Les sols organiques

Cette dernière catégorie concerne les matériaux particuliers dont l’emploi en remblai et en couche de forme peut dans certains cas se révéler intéressant du point de vue technique et économique, à condition de ne pas nuire à l’environnement.

Plusieurs natures peuvent être rencontrées, dont notamment :

Matériaux naturels renfermant des matières organiques,

Cendres volantes,

Schistes des mines,

Phosphogypse,

Matériaux de démolition…

II.2.2 - Les sols en Tunisie

II.2.2.1 - Les sols du Nord

Les sols du nord sont essentiellement des sols non calcaires, formés sur la chaîne montagneuse des Mogods Kroumirie et des sols calcaires du tell de la dorsale.

Les premiers ont évolué sous une pluviométrie atteignant 1000 mm facilitant la décomposition d’un matériau non calcaire formé de grès et d’argile. Ces sols sont caractérisés par l’accumulation de la matière organique dans les horizons de surface, le lessivage (départ des éléments fins et solubles) et l’hydromorphie (particularités du sol dues en grande partie à la présence temporaire ou permanente de l’eau, peu sensibles à l’eau).

Les autres sols du tell et du versant Nord de la dorsale évoluent sur des roches calcaires et sous une pluviométrie comprise entre 350 et 700 mm. Les zones de dépôts alluviaux (terrasses et plaines) sont formées de sols peu évolués d’apport alluvial contenant une certaine salure en profondeur ou une hydromorphie en profondeur quand ils sont mal drainés.

Parfois la croûte calcaire est inexistante et le sol repose directement sur l’encroûtement calcaire (tuf) qui est plus tendre.

Ce qui précède, complété par les conclusions relatives aux sols existants dans cette zone, élaborées dans le cadre de l’étude de « préparation du programme de routes rurales – rapport de factibilté – rapport régionaux » (cf tableau de synthèse en annexe), nous permet donc de dégager deux grandes zones de sols pour le Nord :

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Zone I : Cette zone est constituée essentiellement des régions traversées par les chaînes des Mogods kroumérie (gouvernorats de Béja, de Jendouba), du gouvernorat de Bizerte, du nord des gouvernorats du Kef et de Siliana ainsi que du grand Tunis (Gouvernorats de Tunis, Ariana et Ben Arous) : dans cette zone, le sol est essentiellement argileux, avec quelques passages de tuf (encroûtements calcaires), d’argile tuffeuse et d’argile sablonneuse ainsi que quelques passages caillouteux. Cette argile est souvent de mauvaise qualité (sol de classe S1 selon la classification du catalogue du SETEC-SOTUETEC).

Zone II : Cette zone est constituée des gouvernorats de Zaghouan, Nabeul, et le sud des gouvernorats de Kef et Siliana. Le sol dans ces zones est un sol de meilleure qualité que ceux de la zone I. Ces sols sont essentiellement des sables argileux, des argiles sablonneuses, des argiles tuffeuses et des tufs argileux. On rencontre aussi des passages argileux de mauvaise qualité et quelques passages rocheux.

II.2.2.2 - Les sols du centre

Les sols du centre diffèrent de ceux du nord par l’existence d’un climat plus sec et d’un matériau calcaire souvent gréseux fournissant des alluvions à texture fine.

Les sols développés sur croûte calcaire, qui sont peu épais, caillouteux à texture équilibrée, ressemblent à ceux du Nord.

Dans les plaines côtières du Sahel de Sousse et de Sfax et dans certaines plaines intérieures (plaine de Sidi Bouzid), les sols sont légers, assez profonds, marqués par une accumulation de calcaire diffuse et individualisée sous forme de nodules ou d’encroûtement, sous la couche superficielle.

Dans les bas fonds localisés essentiellement le long du littoral et dans la plaine de Kairouan, l’accumulation du sel a favorisé la formation de sol salé.

Ceci, appuyé par les conclusions relatives aux sols existants dans cette zone, élaborées dans le cadre de l’étude de « préparation du programme de routes rurales – rapport de factibilté – rapport régionaux » (cf. tableau de synthèse en annexe), nous permet donc de dégager une seule grande zone de sol pour le centre:

Zone III : Cette zone est constituée essentiellement des gouvernorats du centre, à savoir Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Kairouan, Sidi bouzid et Kasserine. Le sol dans cette zone est essentiellement une argile sablonneuse avec des passages de sable, d’argile tuffeuse, de sable argileux et de cailloux. On rencontre, par ailleurs, beaucoup d’affleurements tuffeux dus à la faible épaisseur de la couche superficielle et la proximité du support calcaire. Cette zone présente globalement un bon sol à classer entre S1 et S3 (selon la classification du catalogue SETEC – SOTUETEC).

II.2.2.3 - Les sols du sud

Les sols du sud présentent globalement des comportements homogènes. En effet, le sud est caractérisé par une aridité excessive. Cette zone est caractérisée par la présence de croûtes calcaires et surtout gypseuses, la mobilité des sables et l’importance des reliefs érodés.

Toutes les collines sont complètement dépourvues de leurs sols mettant à nu la roche mère.

Nous dégageons pour cette région, une seule zone homogène :

Zone IV : Cette zone est constituée essentiellement des gouvernorats du sud, à savoir Gabès, Mednine, Tataouine et l’est du gouvernorat de Kébili, caractérisée par un sol tuffeux

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caillouteux, avec des passages sablonneux (caillouteux ou non. Des gouvernorats de Gafsa, Tozeur et l’Ouest de Kébili, caractérisés par un sol sablonneux avec des passages tuffeux. Cette zone présente globalement un bon sol à classer entre S3 et S4 (selon la classification du catalogue SETEC – SOTUETEC).

II.2.3 - Classification des sols

Plusieurs classifications ont été adoptées pour caractériser les sols. Elles se basent toutes en général sur les paramètres de nature et d’état que nous avons présentés plus haut.

Nous présentons quelques une des classifications.

II.2.3.1 - Classification française - LCPC 1

 

CLASSIFICATION DES SOLS GRENUS (plus de 50 % des éléments > 0,08 mm)

 
 

Définitions

Symbole

 

Conditions

Appellations

 

Plus de 50% des éléments >0,08 mm ont un diamètre de > 2mm

Moins de 5% d’éléments <0,08mm

 

C

U

=

D

60

>4

 

Gb

 

D

10

Grave propre

C

C

=

(

D

30

)

2

compris entre 1 et 3

bien graduée

 

D

10

×

D

60

Graves

   

Grave propre

Gm

 

Une des conditions de Gb non satisfaite

mal graduée

Plus de 12 % d’éléments

     

Grave

 

<0,08mm

GL

 

Limites d’Atterberg au dessous de A

limoneuse

   

Grave

 

GA

 

Limites d’Atterberg au dessus de A

argileuse

 

Plus de 50% des éléments >0,08 mm ont un diamètre de < 2mm

Moins de 5% d’éléments <0,08mm

 

C

U

=

D

60

>6

 

Sb

 

D

10

Sable propre

C

C

=

(

D

30

)

2

compris entre 1 et 3

bien gradué

 

D

10

×

D

60

Sables

   

Sable propre

Sm

 

Une des conditions de Sb non satisfaite

mal gradué

 

Plus de 12 % d’éléments

     

Sable

<0,08mm

SL

 

Limites d’Atterberg au-dessous de A

limoneux

SA

 

Limites d’Atterberg au-dessus de A

Sable argileux

Tableau n° 8 - Classification LCPC des sols grenus

1 Laboratoire Central des Ponts et Chaussées

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70 A C B 60 50 Argiles très plastiques At et sols organiques argileux très
70
A
C
B
60
50
Argiles très plastiques At
et sols organiques
argileux très plastiques
fO - At
Ligne « A » Ip = 0,73(W L -20)
40
Argiles peu plastiques Ap et
30
sols faiblement
organiques
Limons très plastiques Lt et
sols organiques limoneux
très plastiques fO - Lt
argileux peu plastiques
fO - Ap
20
D
²
E
10
Limons peu plastiques Lp et sols
faiblement organiques limoneux
peu plastiques fO -
Lp
0
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Indice de plasticité Ip %
W L = 30%
W L = 50%

Figure n° 3 - Classification LCPC des sols fins

II.2.3.2 - Classification AFNOR – SETRA

Limite de liquidité W L %

La classification des sols et matériaux rocheux présentée ci-après a été établie en fonction des problèmes posés par leur utilisation dans la construction des remblais et des couches de forme. Elle s’appuie également sur les paramètres d’identification et de comportement jugés les plus représentatifs à cet égard. Elle fait l’objet de la norme AFNOR NF P 11-300.

Passant à 80μ

Sols

Dmax50 mm

100%

35%

12%

0% 0

IP 12 25 40 A A A A 1 2 3 4 B B Passant
IP
12
25
40
A
A
A
A
1
2
3
4
B
B
Passant à 2mm
5
6
100%
D
B
B
1
1
2
70%
D
B
B
2
3
4
VBS
0,1
0,2
1,5
2,5
8

Figure n° 4 - Classification française des sols de Dmax>50mm

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Passant à 80μ

Sols

Dmax>50 mm

C 1 : C 1 ou C 2 matériaux roulés et 12% matériaux anguleux peu
C 1 :
C 1 ou C 2
matériaux
roulés
et
12%
matériaux
anguleux
peu
charpentés (0/50 > 60 à 80%)
D 3
C 2 : matériaux anguleux très
charpentés (0/50 ≤ 60 à 80%)
0% 0
VBS
0,1

Figure n° 5 - Classification française des sols de Dmax>50mm

   

Roches carbonatées

Craies

R

1

Calcaires

R 2

Roches

Roches argileuses

Marnes, argilites, pélites

R

 

sédimentaires

3

Matériaux

Roches siliceuses

Grès, Poudingues, brèches

R

4

rocheux

Roches salines

Sel gemme, gypse

R 5

Roches

Granites, basaltes, andésites, gneiss, schistes métamorphiques et ardoisiers

 

magmatiques et

R

6

métamorphiques

 

Matériaux

   

particuliers

Sols organiques et sous-produits industriels

F

Figure n° 6 - Classification française des sols rocheux et organiques

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III - REUTILISATION DES SOLS

Un sol peut être réutilisé pour constituer le remblais ou les couches de formes éventuelles. Il reste toutefois que sa réutilisation est tributaire de sa qualité.

Un mauvais sol ne peut pas être utilisé dans son état. Il peut l’être moyennant une attention particulière voire un traitement éventuel.

Nous présentons, dans ce paragraphe, les conditions de réutilisation d’un sol en remblais ou en couche de roulement et les dispositions à prendre pour ce faire.

III.1 - DEFINITIONS

III.1.1 - Le remblai

La définition classique d’un remblai est que c’est une masse de terre destinée à relever le niveau d’un terrain.

Les remblais sont des ouvrages constitués le plus souvent de matériaux qui doivent être stables en vue de supporter une structure de chaussée. Les mauvais remblais peuvent être à l’origine d’une pollution du corps de chaussées ou de remontées de fissures qui peuvent causer la perte de la chaussée.

A court terme, les remblais devront présenter des performances permettant la réalisation des travaux. Ils doivent dans ce sens subir la circulation des engins de chantier.

Remarque : Les remblais construits sur un sol mou ou compressible peuvent présenter beaucoup de désordres, et notamment des problèmes de stabilité. On peut observer ainsi des ruptures par poinçonnement ou des ruptures de type circulaire. Ces ruptures sont évolutives dans le temps bien que les mouvements principaux ne durent que quelques heures. Il faut dans ces conditions bien étudier le sol en place pour déterminer les meilleures conditions de mise en œuvrer du remblais (mise en place des remblais par phase, drainage et consolidation du sol, etc.)

III.1.2 - La Plate forme Supérieure des Terrassements (PST)

On appelle la plate-forme supérieure des terrassements (PST) la partie haute des remblais ou le fond des déblais. Cette hauteur est prise sur environ 1m en-dessous de l’arase des terrassements (AR).

On appelle ARase des terrassements (AR) la plate-forme séparant le haut du remblais ou le fond de déblais de la couche qui lui est immédiatement supérieure (couche de forme, couche anti-contaminante, couche de fondation, …).

Le rôle de la PST est de présenter une plate-forme suffisante pour approvisionner la couche de forme en matériaux et assurer son compactage. Elle doit présenter un IPI>15.

III.1.3 - La couche de forme

La couche de forme est la couche située entre la chaussée et le remblai.

On a le plus souvent recours à une couche de forme dans le cas de sol mou ou de mauvaise qualité (Classe S0). Les mauvais sols peuvent éventuellement être purgés avant la mise en place de la couche de forme.

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La couche de forme doit à court terme présenter des caractéristiques de déformabilité et de nivellement suffisantes pour la réalisation des couches d’assises et ceci quelque soit le trafic ou le type de chaussée à construire.

A long terme, la portance de la couche de forme conditionnera les contraintes et déformations dans la chaussée et le sol support.

III.2 - CONDITIONS DUTILISATION DES SOLS EN REMBLAIS ET EN COUCHE DE FORME 2

III.2.1 - Principes retenus

Les conditions d'utilisation des sols, des matériaux rocheux, des sous-produits industriels sont celles qu'il y a lieu de respecter pour autoriser l'emploi en remblai des différentes classes et sous-classes de matériaux qui sont distinguées dans la classification présentée dans le chapitre précédent.

Ces conditions sont exprimées, en exigences techniques directement intégrables dans les cahiers des charges des marchés pour obtenir la qualité généralement recherchée pour ces ouvrages.

Elles ont été définies dans le double souci

d'une part, de viser le juste niveau de qualité technique nécessaire compte tenu des

possibilités des matériels d'exécution actuels et des pratiques habituelles, d'autre part, de tenir compte des coûts moyens des différentes techniques et méthodes utilisées actuellement. De ce fait, il est possible que certaines conditions d'utilisation non envisagées dans le présent document puissent être retenues et donner satisfaction dans des contextes technico-économiques différents où ne s'appliquent pas les mêmes règles de délais de construction, de niveau de service ou de coût. En particulier, dans cet esprit, on a considéré que les matériaux sensibles à l'eau se trouvant dans un état hydrique très humide (th) ou très sec (ts) n'étaient pas réutilisables normalement dans les remblais ou les couches de forme.

III.2.2 - Présentation des tableaux des conditions d'utilisation des matériaux en remblai

Pour chaque classe ou sous-classe de matériaux définie dans la classification, les tableaux figurant en annexe 2, indiquent les conditions de mise en oeuvre à respecter en fonction de la situation météorologique constatée au moment où le matériau est mis en remblais. Ne sont indiquées dans ces tableaux que les conditions particulières qui sont considérées comme nécessaires dans chaque cas à l'obtention de la qualité.

Les tableaux comportent cinq colonnes :

dans la première colonne est indiqué le cas envisagé, défini par la classe, la sous-classe et l'état du matériau. Lorsque l'état est caractérisé par la teneur en eau, il s'agit de l'état hydrique constaté à l'extraction. Cet état hydrique peut être plus ou moins modifié au moment de la mise en remblai suivant la situation météorologique du moment et suivant la technique de mise en oeuvre adoptée. C'est d'ailleurs un des intérêts du présent chapitre que de faire apparaître la technique de mise en oeuvre à respecter pour tirer le meilleur profit de la situation météorologique ;

2 Extrait du Document SETRA : chapitre 2 – Conditions d’utilisation des matériaux en remblais.

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la deuxième colonne comporte, dans un but pédagogique, des observations générales sur le comportement du matériau considéré. Ces observations contribuent à la justification technique des conditions d'utilisation proposées. la troisième colonne concerne la situation météorologique durant l'extraction et la mise en remblai. Pour chaque cas, les différentes situations météorologiques pouvant se présenter sont envisagées. Elles sont désignées par les signes (++,+,=,-). Ces symboles expriment le sens dans lequel a tendance à varier la teneur en eau en fonction de la situation météorologique :

- ++ exprime que la situation météorologique a pour effet d'accroître la teneur en eau du matériau de manière brutale et imprévisible. Ce cas est traduit dans les tableaux par l'expression "pluie forte" ;

- + exprime que la situation météorologique a pour effet d'accroître la teneur en eau de manière lente et relativement prévisible. Ce cas est traduit dans les tableaux par l'expression "pluie faible" ;

- = exprime que la situation météorologique n'a pas d'action sensible sur la teneur en eau du matériau considéré. Ce cas est traduit dans les tableaux par l'expression "ni pluie - ni évaporation importante" ;

- - exprime que la situation météorologique a pour effet de diminuer la teneur en eau du matériau. Ce cas est traduit dans les tableaux par l'expression "évaporation importante".

Ces symboles ne correspondent pas à des seuils quantifiables des paramètres décrivant la situation météorologique (hauteur ou intensité de pluie par exemple) car les effets de la pluie ne sont pas indépendants du vent, de la température et du sol lui-même. C'est au géotechnicien du chantier qu'il appartient de caractériser la situation météorologique au moment de la mise en oeuvre avec tout le "métier" qui s'impose. Dans le contexte actuel des travaux de terrassement, il paraît difficile de vouloir aller au-delà de cette appréciation forcément toujours un peu subjective.

Dans la quatrième colonne figurent les conditions d'utilisation en remblai. Ces conditions s'appliquent au cas de matériau indiqué dans la première colonne dans l'hypothèse de la situation météorologique portée dans la troisième. Comme dans tout système de classification, un cas de matériau donné dans un état donné représente en fait une certaine gamme de possibilités comprises entre des limites inférieure et supérieure. Les conditions d'utilisation indiquées visent donc la situation moyenne du milieu de la gamme. Dans certains cas, plusieurs solutions sont proposées et elles sont alors désignées par un titre soulignant l'aspect caractéristique de la solution. L'ordre de la présentation n'implique cependant pas entre elles de priorité ou de hiérarchie. Dans la cinquième colonne figurent des codes correspondants aux différentes conditions d'utilisation. L'utilité de ces codes est notamment de permettre une formulation rapide des conditions d'emploi lorsqu'une grande variété de sols doit être prise en compte dans un projet ainsi qu'une détection immédiate des éléments qui différencient deux ou plusieurs solutions.

III.2.3 - Commentaires sur les conditions d'utilisation présentées dans les tableaux

Les conditions d'utilisation en remblai présentées dans les tableaux se groupent en sept rubriques symbolisées par une lettre.

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E

Extraction,

G

Action sur la granularité,

W

Action sur la teneur en eau,

T

Traitement,

R

Réglage,

C

Compactage,

H

Hauteur des remblais.

III.2.3.1 - Rubrique E Extraction

Le mode d'extraction des déblais peut interférer sensiblement sur la qualité des remblais dans la mesure où :

L’extraction en couche (d'épaisseur de l'ordre de 0,1 à 0,3 m) permet une bonne fragmentation et un tri relatif des différentes couches de matériaux. Elle a la particularité d'exposer au maximum les sols aux agents atmosphériques, ce qui selon les cas peut être un effet recherché ou au contraire contre-indiqué, L’extraction frontale (ou en butté) se caractérise évidemment par des effets exactement opposés. Elle offre en plus la possibilité dans les formations stratifiées, de sélectionner le nieau présentant la meilleure portance pour le réserver à la circulation des engins de transport.

III.2.3.2 - Rubrique G : Action sur la granularité

Dans cette rubrique sont envisagées différentes actions visant à modifier la granularité du matériau entre son extraction et la fin de sa mise en remblais. Parmi ces actions figurent :

L’élimination des éléments > 800 mm. Cette valeur constitue, en effet, une limite maximum des blocs admissibles dans le corps d'un remblai compte tenu des perfomances des compacteurs les plus puissants actuellement ;

blocs permettant encore un malaxage du sol avec un agent de traitement ; La fragmentation complémentaire après extraction. Cette modalité s’applique aux matériaux rocheux évolutifs. L'objectif recherché est d'obtenir un matériau ayant à la fois un Dmax compatible avec les compacteurs utilisés et une courbe granulométrique la plus étalée possible de manière à prévenir au maximum ses possibilités d'évolution à long terme. Cette condition implique évidemment l'élimination des éléments > 800 mm.

L’élimination des éléments>250 mm. Cette valeur constitue la dimension maximale des

Les moyens utilisables pour agir sur la granularité sont variés : pétardage, concassage, utilisation d'engins spéciaux tels que rouleaux à pieds "dameurs", chenillage avec de gros bouteurs, fragmentation à l'aide de marteaux ou burins hydrauliques, etc.

III.2.3.3 - Rubrique W : Action sur la teneur en eau

Il s'agit des différentes mesures pouvant être prescrites pour modifier l'état hydrique des matériaux et notamment : l'aération par conditions météorologiques favorables ou l'humidification.

En ce qui concerne l'humidification, il convient de distinguer deux modalités :

La première consiste en un arrosage simple durant la mise en oeuvre. Elle n'a pour objectif que de maintenir l'état hydrique du matériau lorsque les conditions météorologique sont "évaporantes".

La seconde modalité vise quant à elle, le changement d'état hydrique du matériau. Dans ce cas, il faut être conscient qu'il s'agit d'une opération délicate qui exige de grandes

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quantités d'eau et le recours à un brassage ou un malaxage pour la faire pénétrer au sein du matériau (une vérification de l'efficacité de l'opération s'impose avant d'en généraliser l'application sur tout le chantier).

L'essorage par dépôt provisoire constitue également une modalité qu'il convient de

préciser (délai d'essorage, mode de constitution des dépôts

) en fonction du chantier.

III.2.3.4 - Rubrique T : Traitement 3

Cette rubrique concerne les actions de traitement des matériaux avec de la chaux ou d'autres réactifs (ciments, cendres volantes, laitiers ou autres sous-produits industriels éventuellement). Avec des sols fins moyennement ou très argileux, le traitement à la chaux occupe une place privilégiée au point qu'il soit justifié dans de nombreux cas de le recommander exclusivement.

Lorsqu'un traitement du matériau est préconisé, cela implique qu'une étude particulière soit faite pour préciser la faisabilité et l'intérêt de cette solution, les dosages et éventuellement les difficultés d'exécution.

Sur le chantier, ce dosage doit être choisi en fonction de l'état hydrique des matériaux, constaté au moment de la mise en remblai. En particulier dans, une situation météorologique évaporante, l'évaporation produite par le malaxage peut être suffisante pour permettre l'économie d'une grande partie, voire de la totalité, du produit de traitement ; dans ce cas, il y a tout intérêt à imposer une aération simultanée avec le traitement.

Pour l'utilisation des matériaux en remblai, l'objectif du traitement est essentiellement la possibilité d'exécuter la mise en oeuvre dans des conditions pratiques satisfaisantes. Par conséquent, on pourra en général se contenter d'un malaxage relativement sommaire avec des charrues. Pour les mêmes raisons, l'action du produit de traitement peut ne pas avoir d'effet définitif sur le matériau dès lors qu'il a permis sa mise en oeuvre correcte. L'absence de risques de gonflements doit cependant toujours être vérifiée.

III.2.3.5 - Rubrique R : Régalage

Sous cette rubrique est donnée une indication sur l'épaisseur des couches élémentaires à mettre en oeuvre. Il ne s'agit que d'une indication approximative compte tenu des méthodes de réglage utilisées en terrassement.

Cette notion d'épaisseur de régalage est cependant très importante pour la qualité de la mise en oeuvre. On peut être amené à imposer, pour une classe de matériau donnée, un réglage en couche mince indépendamment des considérations liées au compactage, par exemple pour :

garantir l'obtention de la fragmentation complémentaire de certains matériaux rocheux

évolutifs ; rechercher une mise à profit maximum de la situation météorologique (aération ou humidification des matériaux).

Pour se fixer les idées, on peur retenir :

qu'une couche "mince" a une épaisseur de 20 à 30 cm,

qu'une couche "moyenne" a une épaisseur de 30 à 50 cm.

Il va de soi que la préconisation d'une couche moyenne autorise a fortiori l'exécution d'une couche mince et que lorsqu’aucune modalité de réglage n'est préconisée, l'épaisseur maximale

3 Nous reviendrons sur cette rubrique dans le cadre du paragraphe suivant

COURS DE ROUTES 2

des couches élémentaires est définie par l'épaisseur de compactage possible sur le matériau envisagé avec le compacteur utilisé.

Dans le cas des matériaux rocheux, le réglage doit systématiquement être réalisé par déchargement des matériaux à la partie supérieure de la couche en cours de mise en oeuvre et poussage dans le talus de la couche à l'aide d'un bouteur de forte puissance.

III.2.3.6 - Rubrique C : Compactage

Trois niveaux d'énergie sont distingués (faible, moyen, intense). Comme pour les épaisseurs de réglage, il s'agit d'une indication qualitative sur le niveau d'énergie de compactage requis par les différents matériaux. Les données quantitatives répondant précisément au cas de chantier considéré. De manière générale, le compactage "faible" doit être appliqué aux matériaux humides pour éviter leur mise en saturation et le compactage intense aux matériaux secs.

III.2.3.7 - Rubrique H : Hauteur des remblais

L'existence de cette rubrique tient au fait que les possibilités d'utilisation des matériaux sont fonction de la hauteur du remblai. Il est donc précisé sous cette rubrique que certaines conditions de mise en oeuvre qui sont acceptables pour des remblais de faible hauteur, ne doivent pas être employées pour des remblais plus élevés car elles introduiraient des risques excessifs du point de vue du tassement ou de la stabilité. Il est à rappeler qu'il ne s'agit ici que de la stabilité et du tassement propres du corps de remblai. La question du comportement du sol de fondation doit être prise en considération par ailleurs.

En particulier, toutes les solutions qui parient sur l'amélioration des matériaux apportée par la situation météorologique n'offrent pas de garantie suffisante pour être admises dans la construction des remblais de grande hauteur.

Pour se fixer les idées on considère :

que les remblais de faible hauteur sont limités à 5 m ;

que les remblais de hauteur moyenne sont limités à 10 m ;

que les remblais de grande hauteur dépassent 10 m.

Lorsqu'une condition d'utilisation n'est pas autorisée pour la réalisation d'un remblai de grande hauteur ou de hauteur moyenne, cela peut s'interpréter comme interdisant l'application de cette condition dans la construction de la partie basse (partie située en-dessous des 5 mètres supérieurs du remblai) mais qu'en revanche les 5 mètres supérieurs de l'ouvrage peuvent être construits en suivant cette condition. Il convient cependant d'être prudent dans cette interprétation car il n'est, en général, pas souhaitable de construire de grands ouvrages avec des parties en matériaux ayant des comportements mécaniques ou hydrauliques très différents.

Par conséquent, la décision de s'en remettre à cette interprétation doit résulter d'une réflexion prenant en compte l'ensemble des données techniques, économiques et organisationnelles particulières à l'ouvrage considéré. A ce sujet, il convient de rappeler que dans tous les cas, les grands remblais doivent être conçus comme des ouvrages d'art, définis individuellement dans le marché et suivis de telle sorte qu'ils puissent faire l'objet d'un dossier d'ouvrage.

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III.2.4 - Tableau récapitulatif des conditions pouvant être imposées pour utiliser les différents matériaux en remblai

Rubrique

Code

Conditions d'utilisation

 

0

Pas de condition particulière à recommander

E

Extraction

1

Extraction en couches (0,l à 0,3m)

2

Extraction frontale (pour un front de taille > 1 à 2m)

 

0

Pas de condition particulière à recommander

G

1

Elimination des éléments > 800mm

Action sur la granularité

2

Elimination des éléments > 250 mm pour traitement

3

Fragmentation complémentaire après extraction

 

0

Pas de condition particulière à recommander

w

1

Réduction de la teneur en eau par aération

Action sur la teneur en eau

2

Essorage par mise en dépôt provisoire

3

Arrosage pour maintien de l'état

 

4

Humidification pour changer d'état

 

0

Pas de condition particulière à recommander

T

Traitement

1

Traitement avec un réactif ou un additif adaptés

2

Traitement à la chaux seule

 

0

Pas de condition particulière à recommander

R

Régalage

1

Couches minces (20 à 30 cm)

2

Couches moyennes (30 à 50 cm)

 

1

Compactage intense

C

Compactage

2

Compactage moyen

3

Compactage faible

H

0

Pas de condition particulière à recommander

Hauteur des

1

Remblai de hauteur faible (5m)

remblais

2

Remblai de hauteur moyenne (10 m)

Tableau n° 9 - Tableau récapitulatif des conditions pouvant être imposées pour utiliser les différents matériaux en remblai

Remarque : Lorsque l'on considère ce tableau, on constate que pour toutes les rubriques, exceptée celle relative au compactage, l'éventualité de n'avoir pas de condition d'utilisation particulière à formuler existe. Dans le cas du compactage, le projeteur sera donc toujours tenu de prescrire l'énergie de compactage à appliquer. En particulier la condition "compactage faible" ne peut en aucun cas être assimilée à une absence de condition particulière à recommander (code 0) car elle implique d'une part un niveau de compactage bien précis à appliquer, et d'autre part des suggestions de chantier particulières telles que l'interdiction aux engins de transport de circuler sur les ouvrages en cours de construction, etc.

Remarque : La formulation des prescriptions et du libellé des conditions d’exécution figurant dans les tableaux en annexe est extrêmement synthétique. Cette formulation est particulièrement adaptée à une traduction directe en terme de prescriptions dans les cahiers des charges. Cependant, sur le chantier, il est clair que de telles

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prescriptions ne sauraient être appliquées sans un minimum d'interprétation fondée sur le "métier" de celui qui a la charge de les faire respecter.

III.3 - LE TRAITEMENT DES SOLS

Pour pouvoir supporter une structure de chaussée ou être réutiliser en tant que matériau d’apport dans les couches de forme ou dans les remblais, un sol doit présenter des propriétés mécaniques ou de nature satisfaisante.

Il doit en particulier présenter :

Des teneurs en eau compatibles avec l'exécution des terrassements et du compactage ;

Des gonflements faibles ;

Une cohésion et une résistance à la compression ;

Une portance et une résistance mécanique suffisantes leur permettant de supporter les

contraintes répétées dues au trafic ; Une résistance à l'attrition spécialement importante pour les concassés qui tirent leur

stabilité de leur frottement interne ; Une insensibilité à l'eau;

Une dimension limitée des gros éléments à 40 mm pour les matériaux de couche de base et à 60 mm pour ceux de la couche de fondation pour éviter la ségrégation et faciliter la mise en place.

Lorsque les matériaux ne possèdent pas une ou plusieurs de ces propriétés, il faut recourir à des techniques d'amélioration souvent "pointues" consistant en des traitements physiques et/ou chimiques dont l'emploi tend à se généraliser.

Peuvent être considérés comme traitements physiques les divers procédés liés au concassage des roches, aux recompositions de courbes granulométriques, aux mélanges de sols et de concassés. Le traitement à la chaux, au ciment, aux liants pouzzolaniques mobilise les possibilités de réactions chimiques entre ces produits et les matériaux auxquels ils sont mélangés.

III.3.1 - Le traitement physique dit mécanique

Ces traitements agissent essentiellement sur la plasticité des matériaux et sur leur granulométrie. Ils concernent essentiellement les couches de formes et les couches de chaussées.

III.3.1.1 - Amélioration mécanique in situ

Cette amélioration concerne la correction granulaire du matériau. Elle s’impose essentiellement pour des sols type argileux présentant des difficultés de compactage de part leurs fortes teneurs en eau. Le malaxage des sables argileux avec des sables crus permet de diminuer les pressions interstitielles et facilitant ainsi le compactage.

III.3.1.2 - Béton de sol

Un béton de sol est obtenu en mélangeant des matériaux afin d’obtenir un matériau composite présentant des caractéristiques mécanique et géotechnique lui permettant d’être utilisé en couche de chaussée.

Il va de soi que ces bétons de sols sont essentiellement utilisés pour les routes de faible trafic. Les mélanges obtenus ne peuvent être réutilisés qu’après études préalables au laboratoire.

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III.3.1.3 - Traitement mécanique des matériaux rocheux

Ce traitement concerne les différentes étapes de concassage que subissent les matériaux rocheux pour être réutilisés en couche de chaussée ou pour divers autres emplois.

Ces produits sont d’abords débarrassés des composants polluants pour passer ensuite sur une série de compacteurs permettant d’avoir par, broyage ou simple concassage, les différentes classes granulométriques.

Les mélanges de ces classes ou le recyclage des matériaux permet d’obtenir les courbes granulométriques requises par les chantiers.

III.3.2 - Les traitements chimiques

Les traitements chimiques mettent en jeu des phénomènes de cristallisation et d’évaporation permettant d’améliorer considérablement les performances des sols et des matériaux. Ces traitement sont opérés in situ pour les sols en place ou en centrale pour les matériaux de chaussée.

Les objectifs principaux des traitements chimiques sont :

Améliorer des sols trop humides pour permettre leur réutilisation dans la construction des

remblais ; Diminuer l'argilosité d’un sol, donc diminuer sa sensibilité aux variations climatiques et

augmenter la stabilité de l'ouvrage ; Réaliser des plates-formes rigides et stables aux intempéries pour permettre la circulation

de chantier et la mise en oeuvre des chaussées ; Contribuer au dimensionnement des structures.

Les produits desquels nous traiterons dans ce paragraphe sont la chaux et le ciment, qui deviennent de plus en plus en plus utilisés dans les chantiers routiers. Une note circulaire du Ministère de l’Equipement et de l’Habitat tunisien (N°39-DGPC datant de Décembre1998) incite au recours à cette solution de traitement et de la prévoir en solution variante ou de base pour les projets routiers programmés à partir de la date de sa parution.

III.3.2.1 - La chaux

La caractéristique commune aux différents types de chaux, obtenus par cuisson de roches calcaires au-dessus de 900°C est la présence d'oxyde de calcium CaO ou d'hydroxyde de calcium Ca(OH) 2 à l'état libre. Le carbonate de calcium de la roche calcaire, lorsqu'il est chauffé, se décompose suivant la réaction:

C0 3 Ca C0 2 + CaO

(1)

L’oxyde de calcium est appelé chaux vive.

En présence d'eau, cette chaux vive s'hydrate (ou "s'éteint") suivant la réaction:

CaO

+

H 2 0

Ca(OH) 2

+

15,5 Kcal

56 g

18 g

74 g

Cette hydratation s'accompagne d'un fort dégagement de chaleur, d'un foisonnement et d'une pulvérisation naturelle très fine. L'hydrate ainsi obtenu est appelé "chaux éteinte".

Les roches calcaires que l'on rencontre dans les formations géologiques de nature sédimentaire contiennent toutefois des impuretés qui influent sur le résultat de la cuisson et font qu'il existe plusieurs types de chaux, ce qui prête parfois à confusion.

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1 - Les caractéristiques de la chaux vive et de la chaux éteinte

Chaux vive

Chaux éteinte

Critères granulométriques

1. classe granulométrique 0/2 mm

2. passant au tamis de 200μ > 90%

3. Passant au tamis de 80μ>50%

Passant au tamis de 80μ>90%

Critères chimiques et de réactivité

1. teneur en chaux libre >80%

2. teneur en chaux éteinte <5%

3. teneur en MgO <4%

4. test de réactivité à l’eau : la température finale minimale doit atteindre 60°C au bout de 25 minutes

Teneur en chaux libre>50%

Tableau n° 10 - caractéristiques de la chaux vive et de la chaux éteinte

2 - La chaux aérienne

Il est important de souligner que ce sont ces chaux et leur emploi dans les terrassements et les techniques routières qui font l'objet de ce paragraphe. Elles sont fabriquées avec des calcaires qui contiennent peu ou pas d'impuretés; on les appelle ainsi parce-qu'en construction, elles constituent des liants qui font prise en présence d'air.

Il se produit l'inverse de la réaction (1) ci-dessus. On dit que la chaux se "recarbonate " au contact de l'air. Cette réaction est lente et dépend essentiellement des conditions de température et d’hygrométrie.

Les chaux les plus pures sont souvent appelées chaux grasses (en raison de l'onctuosité qu'elles donnent au mortier). Par opposition, les chaux moins pures étaient appelées chaux maigres, mais elles ne sont pratiquement plus fabriquées.

Dans certains calcaires, le carbonate de calcium est associé à du carbonate de magnésium. La cuisson produit alors des chaux magnésiennes qui contiennent une certaine proportion d'oxyde ou d'hydroxyde de magnésium. Si le calcaire d'origine est une dolomie, carbonate double de calcium et de magnésium, on obtient une chaux dolomitique.

3 - La chaux hydraulique

Elle résulte de la cuisson de calcaires nettement argileux et présente par conséquent des propriétés hydrauliques fortement marquées qui la rapproche des ciments. Elle est surtout utilisée pour le bâtiment.

Les chaux ainsi définies sont appelées chaux hydrauliques naturelles.

Il existe également des "chaux hydrauliques artificielles" qui ne sont pas des chaux à proprement parler (elles ne contiennent pas de CaO libre), mais des ciments de faible résistance, fabriqués à partir de clinker et de fillers. Le terme chaux, qui est dans ce cas une appellation commerciale, peut parfois prêter à confusion. Elles ne sont pas utilisées dans le traitement des sols et dans les travaux routiers.

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III.3.2.2 - Les ciments

Les différents types de ciments courants, fabriqués en Tunisie, sont présentés dans le tableau suivant. Outre la nomenclature tunisienne, nous avons présenté entre parenthèses, la nomenclature française.

Désignation du type de ciment

Nomenclature selon la norme tunisienne (norme française)

Composition

Ciment portland

CPI (CPA)

Au moins 95% de clinker et de 0 à 5% de constituants secondaires

artificiel

Ciment Portland

   

composé

CCP II/AL (CPJ)

Entre 80 et 94% de clinker et 6 à 20% de calcaire

Ciment portland au laitier

CP II / BS

De 65% à 79 % de clinker et de 21 à 35% de laitier de haut fourneau

Laitier ciment de haut fourneau

CHF et CLK

Entre 35 et 64% ou 20 et 34% de clinker et 36 ou 66 à 80% de laitier

Tableau n° 11 - caractéristiques des ciments

Les ciments portlands composés (CCP II / AL) et les ciments de laitier au clinker (CLK)sont recommandés par les cimentiers pour les traitements des sols. Il reste que les ciments portlands artificiels sont également très utilisés en traitement dans les chantiers routiers.

Chaque type de ciment est classé selon ses propriétés mécaniques et physiques. Les propriétés mécaniques à vérifier sont :

La résistance normale : c’est la résistance en compression, mesurée à 28 jours selon la

norme tunisienne NT 47.30 ; La résistance au jeune âge. Ce sont les résistances en compression mesurées à 2 et à 7 jours selon la norme tunisienne NT 47.30.

III.3.2.3 - Traitement par la chaux des sols fins

1 - Les propriétés de la chaux

Les différentes chaux, vives ou éteintes, sont des produits basiques. C'est une propriété à laquelle font appel la plupart des utilisations routières, de manière plus ou moins directe, mais ce n'est pas la seule fonction de la chaux. Parmi les autres propriétés de la chaux, il faut citer:

L’hydratation de la chaux vive : La chaux vive absorbe l'eau avec beaucoup d'avidité et un fort dégagement de chaleur: cette propriété est mise à profit pour l'assèchement des sols fins argileux humides. Cet assèchement résulte:

de la fixation chimique d'eau due à l'hydratation de la chaux vive, (une molécule d'eau

pour une molécule de chaux) de la vaporisation d'une certaine quantité d'eau due à l'exothermicité de la réaction

d'extinction de l'aération du sol par le malaxage

de l'apport de matière sèche.

La floculation des éléments argileux : Elle résulte d'une réaction physico-chimique assez

complexe. L'addition de chaux à un sol argileux, en quantité suffisante, conduit à un échange

ionique entre cations alcalins (Na+, K+

et les cations Ca++ apportés par la chaux. Cet

échange développe des forces électriques conduisant à une agglomération des fines particules

argileuses en particules grossières et friables (floculation).

)

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La réaction pouzzolanique : Certains matériaux naturels (roche pouzzolanique, basaltes) ou artificiels (cendres volantes silico-alumineuses de centrales thermiques) contenant peu de CaO, ont la propriété de réagir avec la chaux en présence d'eau pour former des composés possédant des propriétés liantes. La chaux intervient pour démarrer la réaction de prise et être consommée par cette réaction.

On aboutit à la cristallisation de silicates et d'aluminates de calcium stables possédant des propriétés hydrauliques analogues à celles des ciments.

Le durcissement dans le temps des mélanges argile-chaux résulte également d'une réaction pouzzolanique se traduisant par la formation de composés cristallins, à savoir des silicates et des aluminates de calcium hydratés, à partir des éléments contenus dans l'argile. Cette cristallisation peut se poursuivre très longtemps, pendant des mois, voire des années, à une vitesse qui dépend avant tout de la température du sol. Le liant ainsi créé agglomère tous. Les composants du sol et donne à celui-ci, de façon durable, des qualités de cohésion et de dureté.

L'activation du laitier : L'activation du laitier vitrifié de haut-fourneau consiste en une attaque de ce produit par un agent basique dont le rôle est de solubiliser le laitier. Elle entraîne, par cristallisation à partir de la phase aqueuse, la formation de composés hydratés solides conduisant à la prise et au durcissement du mélange. La chaux et la chaux magnésienne sont considérées comme des produits de choix pour cette activation (activants de prise calcique).

L'action fillérisante : La chaux, de par sa grande finesse et sa basicité, améliore de façon importante les caractéristiques des enrobés, en particulier l'adhésivité granulats acides-liants. Elle est, si l'on peut dire, un filler actif, au contraire des charges inertes.

2 - action de la chaux sur les sols fins

Le traitement à la chaux des sols fins modifie profondément leur comportement. Ceci est le résultat de réactions plus ou moins complexes, décrites au paragraphe précédent.

Les conséquences du traitement sont immédiates pour certains, et à long terme pour d'autres.

Les réactions immédiates :

L'assèchement du sol résulte de l'hydratation de la chaux vive, de l'aération par malaxage et de l'apport de matière solide. Pour 1 % de chaux vive apportée, on obtient un abaissement de 1 à 1,5 % de la teneur en eau du sol de façon courante, et il est possible d'atteindre voire de dépasser 3 % dans certaines conditions.

Les modifications du comportement du sol : Les réactions d'échange ionique et la floculation des particules argileuses se traduisent par:

- L'augmentation de la limite de plasticité. Le sol se rapproche rapidement de la zone de consistance solide du mélange sol-chaux. Ceci permet évidemment de diminuer l’indice de plasticité ;

- modification de la courbe Proctor, qui devient plus plate autour de l'optimum Proctor, lui-même déplacé vers les humidités plus grandes, avec pour résultat une plus grande latitude de mise en oeuvre.

L'augmentation très rapide de l'indice CBR du sol, donc de sa portance. Dans certains cas, à même compacité et à même teneur en eau, l'indice CBR d'un sol chaux est déjà, 2 heures après le traitement, 4 à 10 fois plus élevé que celui du sol non traité. La circulation des engins s'en trouve grandement facilitée, c'est pourquoi cet effet est couramment utilisé pour le traitement des pistes de chantier.

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