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Cogito et histoire de la folie

Author(s): Jacques Derrida
Source: Revue de Métaphysique et de Morale, 68e Année, No. 4 (Octobre-Décembre 1963), pp.
460-494
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/40900776
Accessed: 29-04-2015 04:02 UTC

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ÉTUDE CRITIQUE

Cogito et histoirede la folie*
«... L'Instant dela Décisionest une Folie... t
Kierkegaard.
« N'importe,c'était terriblement
risqué,ce livre.
Une feuilletransparentele séparede la folie.»
J. Joyce (à proposà*Ulysse).

Les modestes réflexionsque je vous proposeraice soir prennentleur
point de départ, comme le laissait clairemententendrele titre de cette
conférence,dans le livre de Michel Foucault : Folie et déraison.Histoire
de la folieà VAge classique 1.
Livre à tant d'égards admirable, livre puissant dans son souffleet
dans son style, livre intimidant,donc. D'autant plus intimidantpour
moi que je garde, d'avoir eu naguère la chance de recevoirl'enseignement de Michel Foucault, une consciencede disciple admiratifet reconnaissant. Or la consciencedu disciple, quand celui-ci commence,je ne
dirai pas à disputer,mais à dialogueravec le maître,ou plutôt à proférer
le dialogue interminableet silencieux qui le constituaiten disciple,la
conscience du disciple est alors une conscience malheureuse.En commençantà dialoguerdans le monde, c'est-à-direà répondre,elle se sent
toujours déjà prise en faute, comme l'enfant qui, ne sachant par défi♦ A l'exceptionde quelques notes et d'un court passage (entre crochets),cette
étude reproduitune conférence
prononcéele 4 mars 1963 au Collège Philosophique.
En nous proposantde le publierici, M. Jean Wahl a bien voulu accepter,et nous
l'en remercions,
que ce texte gardât sa formepremière,qui fut celie de la parole
vive, avec ses exigenceset surtoutses défaillancespropres: si en général,déjà,
du
selonle mot
Phèdre,l'écrit,privé de « l'assistancede son père», « idole» fragile
et déchue du « discoursvivant et animé t, ne peut jamais « se portersecours»,
n'est-ilpas plus exposé et plus démunique jamais lorsque,mimantl'improvisation
de la voix, il doit se refuser
jusqu'aux ressourceset aux mensongesdu style?
1. Michel Foucault. Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique. Pion,

1961,673 p.

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Cogito et histoirede la folie
nition,et commeson nom l'indique,parler,ne doit surtoutpas répondre.
Et lorsque, comme c'est le cas ce soir, ce dialogue risque d'être entendu
- à tort - comme une contestation,le disciple sait qu'il est seul à se
trouverde ce fait déjà contestépar la voix du maîtrequi en lui précède
la sienne. Il se sent indéfiniment
contesté,ou récusé,ou accusé : comme
le
il
l'est
maître
disciple,
par
qui parle en lui avant lui pour lui reprocher
d'élever cette contestationet la récuser d'avance, l'ayant développée
avant lui ; comme maîtreintériorisé,il est donc contestépar le disciple
qu'il est aussi. Ce malheurinterminabledu discipletient peut-êtreà ce
qu'il ne sait pas encore,ou se cache encore que, comme la vraie vie, le
maîtreest peut-êtretoujoursabsent.
Il faut donc briserla glace, ou plutôt le miroir,la réflexion,la spéculation infiniedu disciple sur le maître. Et commencerà parler.
Comme le chemin que suivrontces considérationsne sera pas, et de
loin, rectiligneou unilinéaire,je sacrifieraitout autre préambuleet j'irai
droit aux questionsles plus généralesqui serontce soir au foyerde ces
réflexions.Questions généralesque nous aurons à déterminer,à spécifier
en cours de route et dont beaucoup, dont la plupart resterontouvertes.
Mon point de départ peut paraître mince et artificiel.Dans ce livre
de 673 pages, Michel Foucault consacretrois pages (54-57) - et encore
dans une sorte de prologue à son deuxième chapitre - à un certain
passage de la premièredes Méditationsde Descartes, où la folie,l'extravagance, la démence, l'insanité semblent,je dis bien semblentcongédiées,exclues,ostraciséeshorsdu cerclede dignitéphilosophique,privées
du droitde cité philosophique,du droità la considérationphilosophique,
révoquées aussitôt que convoquées par Descartes devant le tribunal,
devant la dernièreinstance d'un Cogito qui, par essence, ne pourrait
être fou.
En prétendant- à tort ou à raison,vous en serez juges - que le sens
de tout le projet de Foucault peut se concentreren ces quelques pages
allusives et un peu énigmatiques,en prétendantque la lecture qui nous
est ici proposéede Descartes et du Cogito cartésienengage en sa problématique la totalité de cette Histoirede la folie,dans le sens de son intention et les conditionsde sa possibilité,je me demanderai donc, en deux
séries de questions :
1. Premièrement,question en quelque sorte préjudicielle: Vinterprétationqui nous est proposée de l'intentioncartésiennese justifie-t-elle?
Ce que j'appelle ici interprétation,c'est un certain passage, un certain
rapport sémantique proposé par Foucault entre, d'une part, ce que
Descartes a dit - ou ce qu'on croitqu'il a dit ou voulu dire- et, d'autre
part,un certain,disons,à dessein,très vaguementpour le moment,une
certaine « structurehistorique », comme on dit, une certaine totalité
historiquepleine de sens,un certainprojet historiquetotal dont on pense
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a-t-elle cettesignification.a-t-elleavec la structure historique totale à laquelle on veut la rapporterle rapport qu'on veut lui assigner? A-t-ellela significationhistoriquequ'on veut lui assigner ? A-t-ellela significationhistoriquequ'on veut lui assigner. à la lumièrede cette relecture. Il faut. si je puis dire. commel'avoue Foucault citant Pascal.a-t-elle la significationhistoriquequ'on veut lui assigner ? Cette significations'épuise-t-elleen son historicité? Autrementdit.57 on Wed.Quand. A-t-onbien comprisle signe lui-même. n'est que le premiermoment. il faut qu'on s'assure d'abord en toute rigueurdu sens patent.J.au sens traditionnelde ce mot.dans sa matière immédiate de signe.en lui-même? Autrement dit. b. même si elle n'est pas la plus facile).que l'analyste parle d'abord la même langue que le malade. dans trop de directionspour se laisser précéderpar une méthode ou même par une philosophie.c'est-à-dire. elle fait signe. que l'on ne peut parler de la folie que par rapport à cet « autretour de folie » qui permetaux 462 This content downloaded from 132.mais c'est aussi la et de toute prétention condition indispensable de toute herméneutique à passer du signe au signifié. d'une façon générale. Deuxième série de questions (et ici nous déborderonsun peu le cas de Descartes. Derrida qu'il se laisse indiquer en particulierà travers ce que Descartes a dit . parce que l'entreprisede Foucault est trop riche.ou ce qu'on croit qu'il a dit ou voulu dire.204. pardonnez-moi. En me demandant si l'interprétationse justifie. a-t-on bien entendu ce que Descartes a dit et voulu dire ? Cette compréhensiondu signe en lui-même. commele dit Foucault. comme on dit aujourd'hui.encore deux questions en une : .par exemple.je me demande donc déjà deux choses.le cas du Cogito cartésienque nous n'examineronsplus en lui-même. je me pose deux questions préjudiciellesen une : a. donc.3.a-t-elle la significationhistorique qu'on veut lui assigner. Et s'il est vrai.il ne sera pas possible d'interrogercertainesprésuppositions philosophiqueset méthodologiquesde cette histoirefoucaldienne de la folie ? Certainesseulement. est-elle pleinement et de part en part historique au sens classique de ce mot ? 2. à la lumière de la relecturedu Cogito cartésien que nous seronsconduitsà proposer(ou plutôtà rappelercar je le dis tout de suite. elle sera d'une certain façon la lecturela plus classique. est-ce que. la plus banale.on essaie de passer d'un langage patent à un langage latent.telle significationhistorique que Foucault veut lui assigner? .mais comme l'index d'une problématique plus générale) : est-ce que. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .comme signe . Deuxième implicationde la premièrequestion : l'intentiondéclarée de Descartes une foisentendue.

je crois. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Alors.. de la Raisonengénéral.e partage entre raison et folie. il sera peut-êtrepossible non pas d'ajouter quoi que ce soit à ce que dit Foucault.Ce qu'il ne pouvaitpas ne pas éprouver. l'esquivaitcommefolie». et d'éprouverqu'il «'agit là d'une expérience qui. un sens de ce Cogito. Foucault a voulu.p. Pour ceux qui ne connaissentpas son livre.récupèrela négativité.je dois dire un mot de son dessein généralet.par exemple. est doncl'histoirede ce mensonge. car le Cogito de type cartésien n'est ni la premièreni la dernièreformedu Cogito .et c'est tout le prix mais aussi l'impossibilitémême de son livre . que le langagemimede la raison déployédans l'impeccablelogique du délireet cela même. nous allons pratiquer le genre du nous allons accompagner ou suivre aussi fidèlementqu'il commentaire.ou l'oublie. c'estce que Foucaultne pouvaitpas ne pas éprouver. dans le lieu de <.L'histoirede la vérité prétendl'avouer.57 on Wed. en sachantque ce schismene peut se dire que dans la philosophie.on ne découvrait. c'est-à-direà partirde son propre Écrire l'histoirede la folie elle-même.Foucault a voulu . 1.et qui lui est. dans une premièreétape. 628 : « Et lorsqu'il dans son essencela plus retirée.cela veut dire que le langagephilosophique.j'ouvriraien margequelques questionsdestinéesà resterouvertes et à resteren marge.De la folie elle-même.dès qu'il parle.Elle-même.énigmatique. dont Foucault parle si bien.en silence classique: non pas pourméconnaître losophie . objectivante que Foucault ne semble le penser. C'estelle et nonla véritépositive. mais peut-êtrede répéterune fois encore.écrireune histoire de la folie elle-même. Que toute histoirene puisseêtre.204. si vous préférez.l'auteur de son livre.périlleuse. c'est-à-direaccéder à une dissociationde type non clasla le Et entre et entre la et la peut-être sique pensée langage. le sujet à tous les sens de ce mot : le thème de son livre et le sujet parlant. En écrivantune histoirede la folie.Cogito et histoirede la folie hommes de « n'être pas fou ». nous sera possible l'intentionde Foucault et réinscrirel'interprétation du Cogito cartésiendans le schéma total de YHistoirede la folie. Cf. ce faisant. n'est peut-être pas moins aventureuse.c'est que la signification la plus généraled'une difficulté par lui attribuéeà 1'«expérienceclassique > vaut bienau delà de 1' « âge classique».qui estle fondsnonhistorique de l'histoire.mêmelorsqu'il Plus sûrementpeut-êtrealors. ou des « Cogito ».de la cernerdans sa strucs'agissait.pour la formuler.Ce qui devrait donc apparaître. c'est-à-direpar rapport à la raison *.au cours de cette premièreétape.la reconnaître. c'est le sens du Cogito cartésientel qu'il est lu par Foucault. c'est-à-dire nous y viendronsdans un instant.la négativité.. 463 This content downloaded from 132.en la poursuivant ture dernière.ce qui est la mêmechose.qui la rendaitaccessible. Le langagemêmede la raison.C'est-à-direen lui rendant la parole.Mais quel mensonge1 II fautdonc.en dernièreinstance.nocturneet pathétique que celle de la folie.il est peut-être de la phitempsde revenirà l'anhistoriqueen un sens radicalementopposé à celui maiscettefoispouravouer.que l'histoiredu sens.la folieparlant de soi. pensée philosophie commediscours. en sa plus fine pointe. beaucoup moins adverseet accusatrice.3. Avouer en silence. mais qu'est-cequ'un langage qui ne seraitpas de la raisonen général? Et s'il n'y a d'histoireque de la rationalité et du sens en général.que la folie fûtle sujet de son livre . le sens. accusative.

qu'elle s'exprime Tantôt Foucault refuseen bloc le langage de la raison. .204.cette volonté d'éviter le piège s'exprime conciliables au premierabord. La volontéd'éviterce piège est constantechez Foucault. Racine calcinée du sens » (p.dans l'unité d'une certaine structure.et du droit au langage .Ce qui lui donne aussi son admirabletension.dans sa vivacité. dans le langage de la psychiatriesur la folie.noué à la gorge.» Et à traverstout le livrecourtce thèmequi lie la folieau silence. sans sujet parlant et sans interavant d'avoir locuteur. une histoirede la folie sauvage elle-même. et le philosophique fonctionnant. qui est celui de l'Ordre (c'est-à-direà la foisdu systèmede l'objectivitéou de la rationalité universelle.c'est donc faire l'archéologie d'ua silence. « murmureobstiné d'un langage qui parlerait tout seul. Elle est ce qu'il y a de plus audacieux.renfermée. dominée.commela métaphoreou la métaphysiquedu politique). terrassée. de plus séduisant dans cette tentative. vi). dans le langage de la raison classique.sur une folie déjà écrasée sous elle.qui est monologue de la raison sur la folien'a pu s'établir que sur un tel silence. mais de la folieelle-même. Je n'ai pas voulu faire l'histoirede ce langage .c'est-à-direconstituée en objet et exilée comme l'Autre d'un langage et d'un sens historique qu'on a voulu confondreavec le Logos lui-même. » II s'agit donc. d'échapper au piège ou à la naïveté objectivistes qui consisteraientà écrire. Et il est remarquable que cette volonté obstinée d'éviter le piège .s'effondrant . Derrida instant.tassé sur lui-même. On a coupé la parole à la folie) : « Le langage de la psychiatrie. ce qu'il y a de plus foudans son projet.57 on Wed. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .Mais c'est aussi. plutôt l'archéologiede ce silence. 464 This content downloaded from 132. en utilisantles conceptsqui ont été les instrumentshistorique» d'une capture de la folie.à écriredans le langage poli et policier de la raison.dont la psychiatrieveut être l'expression. rupturequi se serait soldée par l'annexion de la totalité du langage .à la raison psychiatrique.c'est-à-dire le piège que la raison classique a tendu à la folieet celui qu'elle tend maintenant à Foucault qui veut écrireune histoirede la folieelle-mêmesans répéterl'agressionrationaliste.« Histoire ndn de la psychiatrie.déléguéepar la raison sociale et la raisond'état. avant toute capture par le savoir. Faire l'histoirede la folie elle-même.de sa propreinstance et non pas dans le langage de la Raison. C'est dire de deux façons difficilement le dans malaise.dit Foucault.telle qu'elle se tient et respireavant d'être prise et paralysée dans les filetsde cette même raisonclassique. je le dis sans jouer.3. Alors il écritdes phrases de ce type (il vient d'évoquer le dialogue rompuentre raison et folie à la fin du xvine siècle. sans éclat au silence dont il ne atteint toute formulationet retournant s'est jamais départi. pour Foucault.la dimensionagonistique et la dimensionrhétoriquedu sur se recouvrantici. aux « mots sans langage » ou « sans sujet parlant ». le droit de cité philosophiquerecouvrantle droit de cité tout court.et de l'ordre de la cité./.

le plus subtil.une syntaxe.une phrase. quand mêmecelui-cileur procureencorela formede leur dénonciation. de lui couper à son tour la parole . empruntés. Foucault se demande aussi (à mon sens trop latéralementet trop implicitement): quels vont être la source et le statut du langage de cette archéologie. Mais c'est peut-êtreun procès impossible car l'instructionet le verdictréitèrentsans cesse le crimepar le simple fait de leur elocution. un ordre. Il ne suffit peut-êtrepas d'enfermerou d'exiler le délégué.de près ou de loin.si sa puissance est unique en son genre.à la zonejuridiquedontl'interdiction Alors on peut se demander . ou bien suivre le fou dans 465 This content downloaded from 132.interloquée.tous ces signes.un déléguéparmid'autres.Si Vordredont nous parlons est si puissant. L'ordre est dénoncé dans l'ordre. c'est-à-direun langage organisé.un projet. s'en libérer pour écrire l'archéologie du silence. où situer la responsabilitéhistorique de cette logique de l'archéologie? Suffit-ilde rangerdans un atelier ferméà clé les instrumentsde la psychiatriepour retrouverl'innocenceet pour rompretoute complicitéavec l'ordre rationnelou politique qui tient la foliecaptive ? Le psychiatren'est que le déléguéde cet ordre. le silencelui-mêmea-t-ilune histoire? Ensuite.s'il y en a une «t si elle est historiqueen un sens classique . de l'acte perpétrécontre la folie.l'archéologie.au sens le plus irréductiblement ambigu de ce mot.tous ces documentssont est venue.saufexception.l'universelleet infinie complicité en laquelle il compromettous ceux qui l'entendent en son langage. Rien dans ce langage et personneparmi ceux qui le parlent ne peut échapper à la culpabilité historique. il ne suffitpeut-êtrepas de se priverdu matériel conceptuelde la psychiatriepour disculperson proprelangage.Cogito et histoirede la folie Mais d'abord.3. de la totalitédu langage historique qui Aussi.fût-elledu silence. Toutnotre langage européen.204.57 on Wed.la structurale.une « œuvre » ? Est-ce que l'archéologie du silence ne sera pas le recommencementle plus efficace.et ce dans le momentmême où il est dénoncé ? Sans compterque tous les signes à traverslesquels Foucault se fait indiquer l'originede ce silence et de cetteparole coupée. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . à d'autres momentsque ceux où il projette de parler du silence.est l'immense délégation du projet que Foucault définitsous l'espèce de la capture ou de l'objectivation de la folie.dont Foucault semble vouloir faire le procès.n'est-ellepas une logique.de ce langage qui doit être entendu par une Raison qui n'est pas la raison classique ? Quelle est.le langage de tout ce qui a participé.de tout ce qui aurait faitde la folie cette parole interrompueet interdite. à l'aventure de la raison occidentale.et Foucault. la repetition. cela ne peut être tenté que de deux façons : Ou biense taire d'un certainsilence (un certainsilence qui ne se détermineraencore que dans un langage et un ordrequi lui éviterontd'être contaminé par n'importe quel mutisme).c'est précisémentpar son caractère surdéterminantet par l'universelle. se dégager totalement aurait opéré l'exil de la folie.

une structurehistoriquedéterminée. Comme Foucault est le premierà avoir conscience. ses armes . et en se laissant d'abord gagnerpar ses valeurs.prétentionpuriste. contrebalancée. c'est que.c'està-dire de la Raison.intransigeante.57 on Wed. contamination ou incohérenceirréductiblequ'aucun cri .204. en général. irremplaçable. bien sûr (mais celle-ci n'est qu'un exemple déterminé de la Raison.ïl n'y a pas de cheval de Troie dont n'ait raison la Raison (en général). par un propos qui n'est pas seulementl'aveu d'une difficultémais la formulationd'un autreprojet .je diraispresque contredite. plus efficacementambitieux que le premier. c'est que leurs meilleure porte-parolesont ceux qui les trahissentle mieux . Derrida le cheminde son exil. on ne peut protestercontre elle qu'en elle. qu'au nom de l'Europe transcendantale.une structureparmi d'autres possibles. qui n'est pas un pis-allermais un projet différentet peut-êtreplus ambitieux. malgrél'absence de référencetrès nourrie à Hegel. se détruiraitsans cesse ou recommenceraitsans cesse le geste de sa propre destruction. une conscience aiguë de cettegageureet de la nécessitéde parler.cette prétentionest très souvent.si pur et si intransigeantsoit-il.non-dialectique. quent aussi une selon dimension se faire hégélienneà laquelle.une agitation.dans le livre de Foucault.même si dans Tordre. précisémentdans le langage du ministèrede Vintérieur. ses sciences.ne peut exorciser. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . c'est qu'on ne peut en appeler contre elle qu'à elle. Un peu comme la révolutionanti-colonialistene peut se libérerde l'Europe ou de l'Occident empiriquesde fait.son langage. Ne pouvant opérer qu'à Vintérieur de la raison dès qu'elle se profère.et de puiserson langage à la source d'une raison plus profondeque celle qui affleureà l'âge classique.alors la prétentionà l'archéologiedu silence. non-violente. 466 This content downloaded from 132. comme Foucault éprouve une nécessité de parler qui échappe au projet objectiviste de la raison classique. on se bat contreTordreet si on le met en question dans son origine. Et c'est à cause de cette unicité de la Raison à penseret par conséque l'expression« histoirede la raison» est difficile « la la folie contrela raison ne une histoire de révolution »). ma part.équilibrée.impériale de Tordre de la Raison.La révolutioncontrela raison. nécessité de parler fût-ceau prix d'une guerre déclarée du langage de la raison contre lui-même. Ce qui revientà faire comparaîtreune déterminationhistorique de la raison devant le tribunal de la Raison en général.le malheurinterminablede leur silence. dans le livre de Foucault. Le malheur des fous.sous la formehistoriquede la raison classique.3.j'ai été très sensible. quand on veut dire leur silence lui-même. ses techniques./.je pense à celui de Fanon . La grandeur indépassable.la révolutioncontrela raison a donc toujours l'étendue limitée de ce qu'on appelle. ce qui fait qu'elle n'est pas un ordre ou une structurede fait. on est déjà passé à l'ennemiet du côté de Tordre. guerreoù le langage se reprendraitsans cesse. pour peut qu'en elle.

3.57 on Wed.Or elle ne dispose là que du morose état civil de ses prisons. « dire-du-bien-de» la folie. . vu). Je veux dire le silence que pratiquéeque formulée.ni simplementdans le langage du geôlier. que je viens d'évoquer.la nécessité de maintenirson discours dans ce qu'il appelle une « relativitésans recours».Cogito et histoirede la folie L'aveu de la difficulté. se cachait et s'exprimait la majeure difficultéde l'entreprise. d'abord.dire la difficultéde dire. Foucault parle d'une folie « dont l'état sauvage ne peut jamais être restituéen lui-même» et d'une « inaccessiblepureté primitive» (p.Le fait du langage est sans doute le seul qui résistefinalement à toute mise entre parenthèses. Nouvel et radical éloge de la foliedont l'intentionne peut s'avouer parce que l'éloge d'un silence est toujours dans le logos.et nous n'avons. Cette difficultéou cette impossibilitédevant retentirsur le langage dans lequel cette histoirede la folie est décrite. folien'est pas dit.ou le dialogue rompu.en effet.204.D'abord. dans le cas présent. ou surtoutle point de rupturedu dialogue entre une raison et une folie déterminées 467 This content downloaded from 132. Maintenant.la sagesse et le bonheur d'un « bien-dire».dire la difficulté. partirde quel langage. dans ce simple problème d'élocution. que je cite simplement. bien au contraire.qui énonce la difficulté cessible et sauvage silence de la folie. dans lequel les deux monologues. ce n'est pas dire à est dite.pour ne pas vous priverde leur dense beauté : « La perceptionqui chercheà les (il s'agit des douleurs et des murmuresde la folie) saisir à l'état sauvage appartient nécessairementà un monde qui les a déjà capturées.c'est-à-direde la raison classique. » Et plus loin. c'est-à-direrefusanten principe sinon en fait de s'articulersur une syntaxe de la raison.dit encore Foucault.de ce livre. Nécessitéet impossibilitéà la fois de ce que Foucault appelle ailleurs« un langage sans appui ». mais de quelqu'un pour qui a un sens et à qui apparaît le dialogue ou la guerreou le malentendu ou le double monologue opposant raison et folie à ou l'affrontement Est donc possible la libération historique d'un logos l'âge classique. « Là.dans un langage qui objective .parmi d'autres.de son expériencemuettede persécutée.je prends ce mot dans son meilleursens . nous. on le trouverait dans des phrases telles que celle-ci.Foucault reconnaît. métaphoriquement. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . que son signalementd'évadée. ce serait encore l'annexer surtout lorsque ce « dire-du-bien-de» est aussi. En principe sinon en fait. de quelle instance parlante la difficulté ? On ne peut le faireni dans l'inacQui perçoit.La libertéde la foliene s'entend que du haut de la forteresse qui la tient prisonnière.ne peut pas êtredit dans le logos de ce livremais rendu si je puis dire. dans le pathos présentindirectement. c'est-à-diresans appui à l'absolu d'une Raison ou d'un Logos.» est plus On pourraitpeut-êtredire que la solution de cette difficulté de la Par nécessité. ce n'est pas encore la surmonter. mais le fait ici ne se laisse pas facilementmettreentre parenthèses.

57 on Wed.une parole interloquéesur ordre. nous sommes en droit de nous demander.d'accéder à l'origine du protectionnisme d'une raison qui tient à se mettreà l'abri et à se constituerdes gardefous. derrièrel'aveu de la difficultéconcernant l'archéologie du un projetqui contredit silence. Derrida ont pu se produireet peuvent être aujourd'hui compriset énoncés. s'est partagé en deux soliloques. Il s'agit.s'est disloqué. La Décision lie et sépare du même coup raison et folieet elle doit s'entendre 468 This content downloaded from 132.l'audace du geste de pensée dans YHistoirede la folie.y consacrer un travail préalable eût conduit à stériliserou à paralysertoute enquête prospective. Et il est vrai qu'une fois la question entendue. d'accéder à ce que Foucault appelle d'un mot très fortla Décision.Celle-ci peut prouver dans son acte que le mouvementde la parole au sujet de la folie est possible. Et que c'est dans l'ouverturede cette dislocationqu'un tel projet a pu trouver son origineet son passage historiques.ni un projet de rechangemême si Foucault semble parfois le présenterainsi.il faut faireapparaîtreun projet différent. malgréles impossibilitéset les difficultés reconnues. Mais le fondementde cette possibilitén'est-il pas encore trop classique ? Le livre de Foucault est de ceux qui ne s'abandonnent pas à cette allégresseprospectivedans l'enquête. bien au contraire. (A supposer du moins qu'ils puissent l'être .s'il a jamais eu une unité.que la psychiatries'est ouverte. Un projet différent qui n'est ni un pis-aller. de lui demanderà quoi en dernierrecoursil a appuyé ce langage sans recourset sans appui : qui énonce le non-recours? qui a écrit et qui doit entendre. il semble toutefoisqu'il n'ait pas accepté de leur reconnaîtreun caractère de préalable méthodologiqueou philosophique. Si Foucault est plus qu'un autre sensibleet attentifà ce type de question.que le concept de foliecommedéraison./. sans oublier.204. et la difficultéde droit. à l'intérieur de ce logos du libre-échange. à l'intérieurd'un logos qui a précédé la déchirureraison-folie. à se constituerelle-mêmeen garde-fou.) Donc si le livre de Foucault. qui a écritet qui doit entendrecette histoirede la folie? Car ce n'est pas un hasard si c'est aujourd'hui qu'un tel projet a pu être formé. C'est pourquoi il faut faire apparaître ici.dans quel langage et à partir de quelle situation historique du logos. Il faut bien supposer.il s'agit donc.a pu être écrit.3. il s'agit.laissant librementcirculeren lui et s'échanger raison et folie comme on laissait circulerles fous dans la cité au MoyenAge.qu'une certainelibération de la foliea commencé. puisque le silence dont on veut fairel'archéologien'est pas un mutismeou une non-paroleoriginairemais un silence survenu.à l'intérieurd'un logos laissant dialoguer en lui ce qu'on a appelé plus tard raison et folie (déraison).Il s'agit donc d'accéder au point où le dialogue a été rompu. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . mais nous nous plaçons ici dans l'hypothèsede Foucault. peut-êtrecelui de l'archéologiedu silence.

C'est gênant parce que Foucault fait en commençant une allusion un peu énigmatique au logos grec dont il dit que. Je dirais plutôt dissensionpour bien marquer qu'il s'agit d'une divisionde soi. et cette unité est déjà celle d'un logos.ou si l'on veut commeun bouleversement. est-il besoin de le rappeler.Comme toujours. C'est dans l'élément de cette raison archaïque .d'un décret. dit Foucault.d'un partage dans l'acte même du sentire.d'un fiat.Il doit y avoir une unité fondatricequi porte déjà le libre-échangedu Moyen Age. elle n'a pas encorereçu la déterminationde « l'âge classique ».ce n'est pas moinsimportant. qu'il aurait peut-être fallu commencerpar réfléchir ce logos originaireen lequel s'est jouée la contradictionou la violence de l'âge classique.au meilleursens de ce mot .du logos en général. à la Revue de Méta. Quelle que soit la rupture momentanée. c'est-à-dired'une raison qui est déjà raison historiquemais qui est beaucoup moins déterminéequ'elle ne le sera sous sa formedite classique . Mais cette racine commune.57 on Wed.l'atmosphèremêmedans laquelle se meut le langage de Foucault. cela est gênant.s'il y en eut une du Moyen Age avec la traditiongrecque.la dissensionvont survenircomme une modification. une préhistoire nocturneet muette.) Alorsil semble que le projet de requérirla dissensionpremièredu logos soit un autre projet que celui de l'archéologiedu silence et pose des problèmes différents. cette ruptureet cette altération sont épiphénoménalesau regard de la permanence fonda«* mentale de l'héritage logico-philosophique. Cette histoiredu logos avant le Moyen Age et avant l'âge classique n'est pas. la dissensionest interne.Il devrait s'agir cette fois d'exhumer le sol vierge et unitaire sur lequel a obscurémentpris racine l'acte de décision qui.au moins pour deux raisons : 1. qui est un logos.Cogito et histoirede la folie ici à la foiscomme Pacte originaired'un ordre. Car ce logos qui est au commencementest non seulementle lieu communde toute dissensionmais aussi . 469 31 This content downloaded from 132. une discession. (Entzweiunghégélienne.3. Raison et folieà l'âge classique ont eu une racine commune.une césure. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . C'est donc à la foispour rendrecomptede l'origine (ou de la possibilité)de la décisionet de l'origine(ou de la possibilité)du récit foucaldien. Que l'enracinementde la Décision dans son véritable sol historique ait été laissé dans la pénombrepar Foucault. d'un partage et d'un tourmentintérieurdu Sens en général.sur soi. lie et sépare raison et folie. une séparation.204. . ce fondementunitaire est beaucoup plus vieux que la période médiévale brillammentmais brièvement évoquée par Foucault dans son beau chapitre d'ouverture.N8 4. en soi.et comme une déchirure.que la discession. dans lequel est en fait apparue. 1963.voire une révolution. mais une révolutioninterne. mais aussi est en droitdésignéeet dessinée dans ses limitesune histoirede la folieà l'âge classique.

et la blessureen lui d'une décision. exclu. c'est qu'elle a déjà expulsé. Par conséquent. noncé.Dans ce cas.y. Derrito différencede la raison classique. Elle serait consommée et rassurée et rassise depuis des siècles dans la philosophie. et alors la structured'exclusion que Foucault veut décrire dans son livre ne serait pas née avec la raison classique. il « n'avait pas de contraire» l. P. si simplementlibre que cela. b.maissimplement 470 This content downloaded from 132.l'histoireet la descendance de ce que Foucault appelle la dialectique rassurantede Socrate fût déjà déchue et exilée hors de ce Logos grec qui n'aurait pas eu de contraire. qu'ultérieurement. malgréles apparences. [Je lis : « Les Grecs avaient rapport à quelque chose qu'ils appelaient ußpt.. ou bien que le moment socratique et la victoire dialectique sur VUbris callicléennemarquent déjà une déportationet un exil du Logos hors de lui-même. ne serait qu'un épiphénomènesocio-économiqueà la surface d'une raison déjà divisée contreelle-mêmedepuis Taube de son originegrecque.Car si la dialectique socratique est rassurante.Elle serait essentielleau tout de l'histoirede la philosophieet de la raison.ici toute polémique. outre qu'elle n'est pas si libre. ce que Foucault ne fait surtoutpas.d'une différence . ce qui est curieusementla même chose.enveloppé déjà dans la dialectiquerassurante de Socrate. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .même si leur discoursnous est transmis.»] II faudraitdonc supposer que le Logos grec n'avait pas de contraire. comporteraitune part de mystification dont il resteraità requérirles motivationshistorico-philosophiques. objectivé ou.La libre circulationdes fous. Le passagede la conférence qui est entrecrochets résumé.Et tous les signes que Foucault rassemblesous le titre de Stuliiferanavis ne se joueraient qu'à la surfaced'une dissensioninvétérée. et qu'elle s'est elle-mêmerassérénée. c'est-à-direen un mot que les Grecs se tenaient immédiatementauprès du Logos élémentaire. Mais le Logos grec n'avait pas de contraire. dans cettehypothèse.Ce rapport n'était pas seulement de condamnation.il faut : a. dans cette hypothèse. la fascinationpar les Présocratiques.204.en une sagesse.au sens où l'entend Foucault. assimilé à soi et maîtrisécomme un de ses moments.toute guerre.puis Heideggeret quelques autresnous ont provoqués.en lequel toute contradiction en général. et donc que la dialectiquesocratiquene soit pas rassurante (nous aurons peut-êtretout à l'heure l'occasion de montrerqu'elle ne l'est pas plus que le Cogito cartésien).il faudraitadmettre. Qu'on me pardonnece langage qui.en une sophrosune. l'existence de Thrasymaque ou celle de Calliclès suffità le montrer.n'est rienmoinsqu'a idéane futpas pro1. m.à laquelle Nietzsche.3. en une logique.primordialet indivis. que dans leur totalité. ne pourraientapparaître Dans ce cas.« enveloppé » l'Autre de la raison.57 on Wed. L'âge classique n'aurait à cet égard ni spécificiténi privilège. ou bien que le momentsocratique et toute sa postéritéparticipentimmédiatementà ce Logos grec qui n'aurait pas de contraire.rassurée en une certitudepré-cartésienne.

équivoque. Dans tous les cas. Ce qu'il faitest une histoireet le recoursà l'événementy est en dernièreinstance indispensableet déterminant. à ce qu'on traduitpar folieet furiedans le Philèbe (45e) K Puis si la foliea un tel sens invariant.et il est grave .Phèdre. hors du langage courant et populaire qui traîne toujours plus longtempsqu'il ne devrait après sa mise en question par la science et la philosophie. Cf.je crois que. Quel que soit le rapportdes Grecs à l'Ubris. une doctrine de la Tradition. que celui-ciait connu ou non la dissension. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .un Autre de la raison. Déterminerla différence suppose un passage linguistique très risqué.un problème philosophiquede traductionse pose . L'imprudence fréquente des traducteursà cet égard doit nous rendretrès méfiants.c'est que Foucault ne peut pas sauver à la fois l'affirmationconcernantla dialectique déjà rassurante de Socrate et sa thèse supposant une spécificitéde l'âge classique dont la raison se rassureraiten excluant son autre. Or ce concept de folie qui n'est jamais soumis à une sollicitationthématique de la part de Foucault.à ces événements qui même de Foucault ? Celui-ci malgré tout. notammentau regard du Logos grec.se sert finalement. qu'elle puisse en constituerun ou en découvrirun et que l'opposition C'est là le fonddes choses. j'ouvrirai une parenthèseet une question : au nom de quel sens invariantde la « folie» Foucault rapproche-t-il..3.et au passage.d'une notion courante. 471 This content downloaded from 132.de la traditiondu Logos (y en a-t-ilune autre ?) semble préalablementimpliquée par l'entreprisede Foucault.de telle sorte que Foucault. pour que l'une ou l'autre de ces hypothèses soitvraie et pour qu'il y ait à choisirentrel'une ou l'autre.217e/218b. Théotèle. Sophiste.Folie et Ubris? Un problèmede traduction.et il n'a pas le choix pas cessé d'emprisonner . A vrai dire. quel que soit le sens de ce rapprochement. c'est-à-direen constituant son contrairecomme un objet pour s'en protégeret s'en défaire.ce concept n'est-il pas un faux-concept.un concept désintégré.204.. Permettez-moide m'en tenir à distance. empruntéeà un fonds incontrô1.57 on Wed. Banquet. de la Raison et de son Autre soit de symétrie. ce concept n'est-il pas aujourd'hui. procède l'analyse règlent si sa méthoden'est pas empiriste.au moins en droit.228d/229a. Pour l'enfermer. 257e. et quelle que soit la façon dont on interprètela situation de la raison classique.dans tousles cas.même si pour Foucault l'Ubris n'est pas la Folie.il fautsupposer en généralque la raison peut avoir un contraire.Aussi. Ce qui me parait sûr en tout cas. quelle que soit l'hypothèseà laquelle on s'arrêteau sujet de ce qui n'est sans doute qu'un faux problèmeet une fausse alternative.(Je pense.par exemple.244b-c/245a/249. en particulier. Ici.à ces a posteriori.quel est son rapport à ces modificationshistoriques.. rapportqui n'était sans doute pas simple.Cogito et histoirede la folie liste » et « rationaliste». en refusantle matérielpsychiatriqueou celui de la philosophiequi n'a le fou.par informationet enquête.

En fait.à la possibilitémême de l'histoire.3.Le partage est l'originemême de l'histoire.« La nécessitéde la folie. que j'évoquerai brièvement avant de passer à Descartes.Car ces discoursentendentêtre entendus..204.politiques. soit dit au passage. Si la dissensiondate de Socrate. de ceux qui. s'en sont servi comme d'un instrumenthistorique. le concept de folierecouvretout ce qu'on peut rangersous le titrede la négativité.] 2. si je puis dire.57 on Wed.histoirequi n'était pas une préhistoire. Ce serait sans gravitési Foucault ne se servait de ce mot qu'entre guillemets.écrit Foucault. alors celle-ciest. Si à l'inverse.) Je fermecette longue parenthèse. et de Socrate au Logos originaire. Tout se passe commesi. rapport à la raison grecque et que c'est dans le milieu de cet héritageplus ou moins immédiatementaperçu. secondaireet dérivée.Donc. l'unité sans contraire et sans exclusion du Logos s'est préservéejusqu'à la « crise » classique. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .comme du langage des autres.On imagine alors le type de problèmesque pose un tel usage de la notion. en permanenceet en sous-jacence.sa descriptionhistoriquepose les problèmesbanals mais inévitablesde la périodisation.à supposer qu'il y ait alors quelque chose qu'on puisse traduirepar fou .La deuxième raison. que s'est développéel'aventureou la mésaventurede la raison classique. tout au long de l'histoirede l'Occident est liée à ce geste de décision qui détache du bruit de fond et de sa monotoniecontinueun langage signi472 This content downloaded from 132. la dissension. Et dans ce cas. ethnologiques.Cette doctrinede la traditiondu Sens et de la Raison eût été d'autant plus nécessairequ'elle peut seule donnerun sens et une rationalitéen général au discoursde Foucault et à tout discourssur la guerreentre raison et déraison.. Mais tout se passe comme si Foucault savait ce que « Folie » veut dire. J'ai dit tout à l'heure qu'il était gênantpour deux raisonsde laisser dans la pénombrel'histoire du logos pré-classique. plus ou moins mêlé à d'autres lignes traditionnelles..tient à ce que Foucault lie avec profondeur le partage. sinon dans la pensée historiquequ'il étudie.dans le monde socratique et post-socratiqueméritaitpeut-êtred'être interrogée au premierchef.des limitationsgéographiques. dans l'intentionde Foucault. On pourraitposer des questionsde mêmetype à propos de la notion de vérité qui court à travers tout le livre.il est en tous cas certainque la raison classique et déjà la raison médiévale avaient. Derrida lable. et comme Foucault ne procède pas de façon purementapriorique.une pré-compréhension sûre et rigoureusedu concept de folie. Sans cela. de sa définitionnominale au moins. le discourssocratique n'aurait donc rien de rassurant. était possible et acquise./.. Elle n'engage pas le tout de la raison. elles.etc.La crise classique se développerait à partir de et dans la traditionélémentaired'un Logos qui n'a pas de contrairemais porte en lui et dit toute contradictiondéterminée. quel que soit le rapport des Grecs à PUbris. on pourrait montrerque. dans la période qu'il étudie... alors la situationdu fou .

vers la racine On voit que ce deuxième projet. si la structured'exclusion est structurefondamentale de l'historicité. que plus profondeque celle qui s'oppose et se déterminedans un conflithistoriquementdéterminé.si elle est l'historicitéelle-même.57 on Wed. de toute autre.la conditionde la traditiondu sens.S'il y a une historicitéde la Raison en général. bref.problèmes formidablesqui hantentle livre de Foucault.alors le moment « classique » de cette exclusion. Donc ce n'est pas un pis-aller mais. je crois. Enfin. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . une faute à l'intérieurd'une logique.si cette décision est bien l'originede l'histoire.profonde. Archéologiequi prétendaitet renonçaità la fois à dire la folie elle-même. Et le dénoncern'est pas ratiociner.c'est par essence ce qui ne se dit pas : c'est « l'absence d'œuvre » dit si profondément Foucault.. pour faireapparaîtresa singularitéqui est. toujours. d'un exemple révélateurpar privilège? Problèmes d'une difficultéinfinie.L'expression « dire la folie elle-même» est contradictoireen soi.l'historicitéde l'histoire.Cogito et histoirede la folie ficatifqui se transmetet s'achève dans le temps . C'est un exemple comme échantillonet non comme modèle.Or la folie. plus présentsà son intention qu'à son fait. n'a ni privilègeabsolu ni exemplaritéarchétypique.et vers la parole originaireen lequel un langage et un silence se partagent. d'une ratio constituée.Hegel encore. contreson sens et son historicité.. ne serait pas une simple « faute de logique ».si la décision par laquelle la raison se constitueen excluantet en objectivantla subjectivitélibrede la folie.) Par conséquent.c'est la laisserse direelle-même.3.dernièrequestion: si ce grand partage est la possibilitémême de l'histoire.la condition du sens et du langage. Et poser le problèmede son exemplarité: s'agit-il d'un exempleparmi d'autres possiblesou d'un « bon exemple ».il aurait peut-êtrefallu soulignernon pas ce en quoi elle est structure d'exclusion mais ce en quoi et surtout ce pour quoi sa structure d'exclusion propre et modifiéese distingue historiquementdes autres. ici.elle est liée à la possibilitéde Vhistoire. vi. Ce n'est donc pas un 473 This content downloaded from 132.l'histoirede la Raison n'est jamais celle de son originequi la requiert déjà mais l'histoire de l'une de ses figures déterminées. qui de la d'une mais cette fois raison raison) d'éloge. celui qui s'efforcerait communedu sens et du non-sens.que veut dire ici « fairel'histoire de ce partage » ? Faire l'histoire de l'historicité? Faire l'histoire de l'origine de l'histoire? L' « usteronproteron».204. à n'en pas douter.» (P. un dessein différent et de devrait à un la conduire raison éloge (il n'y a plus ambitieux. celui que décritFoucault.Il s'agit non pas d'une faute dans le raisonnementmais d'une agressioncontrela Raison. par essence. En tous cas. la condition de l'œuvre..on voit que ce deuxième projet n'est pas du tout un pis-allerau regardde ce qui pouvait se rassembler sous le titre « archéologie du silence ». Dire la folie sans l'expulser dans l'objectivité.

pardonnez-moi.. en prélude au drame historiqueet politico-social. J'en viens donc au « coup de force». l'obscure racine commune. Je ne peux malheureusementpas m'arrêterà ces brillants passages du chapitre intitulé Stultiferanavis qui poseraient aussi de nombreusesquestions. quand il s'agit d'histoire. Derrida pis-aller mai» une ambition plus ambitieuse.tout est solidaireet circulairede telle sorte que les problèmes classiques de la causalité auraient pour origine un malentendu.toute question étioet l'ordre que pour toute portant. même si Foucault écrit ceci : « à défautde cette inaccessible pureté primitive(de la folie ellemême).7. Ce « coup de force». sur le centre de gravité de la question logique.on ne sait pas si ce passage est destiné à donnerla note. Le passage consacré à Descartes ouvre précisémentle chapitre sur Il ouvre donc le livre lui-mêmeet sa situation Le grand renfermement. au grand renfermement qui.que Foucault interprètecomme un renfermementphilosophiquede la folie. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . dans la totalité structurale.l'étude structuraledoit remontervers la décisionqui lie et sépare à la foisraison et folie. Ce type de questions pourrait paraître extérieurà une c'est-à-direpour laquelle. trop schématiquementmais aussi. Avant de décrirele momentoù la Raison. méthodequi se veut précisémentstructuraliste. un symptômefondamental ou une cause. Telle serait.ne serait-ce un structuralisme dans l'ordre de ses descriptions. l'affrontementoriginaire qui donne sens à l'unité aussi bien qu'à l'opposition du sens et de l'insensé » (p. nous soulignons).au drametotalqui va se jouer. structure. vu. décritdans la dimension du savoir théorétiqueet de la métaphysique.Peut-être. vraiment.une cause. à l'âge classique. un langage ? Que faut-il supposer ou élucider pour que cette 474 This content downloaded from 132. Sans qu'on sache d'ailleurs si un événementcomme la créationd'une maison d'internementest un signe parmi d'autres. avec la créationau milieudu xvne siècle. Là. J'espèreque mes questions ne lui ont pas fait violence. disons. serait l'avènementet la premièreétape d'un processusclassique que Foucault décrittout au long de son livre.En renonçantlégitimementà un certain style de causalité.57 on Wed. va réduire la folie au silence par ce qu'il appelle un « étrange coup de force» de la folie Foucault montre comment l'exclusion et le renfermement trouventune sorte de logementstructuralpréparé par l'histoire d'une autre exclusion : celle de la lèpre. On ne sait pas si ce passage sur la premièredes Méditations. et quelques autres. strictest possibleet s'il peut surtoutéviter. est assez insolite. des maisons d'internementpour les fous.204. elle doit tendreà découvrirl'échange perpétuel.. l'intentionde Foucault.trop longuementévoquée.3.la question que je du en tête chapitre viens de poser me parait inéluctable.est-ce un symptôme. on n'a peut-être pas le droit de renoncer à toute requête étiologique.Mais je me demande si.

on ne peut répondreà aucune question historique le concernant. se sont intéressésà la folie ou .Je la lis : « Faire l'histoirede la folie.. du sens patent de son discours philosophique. qui n'est pas lisible dans une immédiatetéde rencontre. Mais d'abord en lisant par dessus l'épaule de Foucault. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .règle ce problème..concernantle sens historique latent de son propos.c'est à cette intentionproprementphilosophique que nous allons nous intéressermaintenant. dans sa préface.s'en sont désintéressés de diversesfaçons ? A aucune de ces questions.Foucault ne répond directement..57 on Wed.à la même époque.sommairementévoquées mais inévitables. institutions. C'est quand la totalité de ce contenu me sera devenuepatente dans son sens (mais c'est impossible)que je pourrai la situer en toute rigueurdans sa formehistoriquetotale.damit die Weisheitsie überwinde. Une seule phrase.En particulieren ce qui regardeDescartes. et qui sont plus que méthodologiques.voudra donc dire : faire une étude structuralede l'ensemble historique . Je ne sais pas jusqu'à quel point Foucault serait d'accord pour dire que la condition préalable d'une réponse à de telles questions passe d'abord par l'analyse interne et autonome du contenu philosophique du discours philosophique. C'est alors seulementque sa réinsertionne lui fera pas violence.quelle que soit la place réservéeà la philosophiedans cette structurehistoriquetotale. concernantson appartenanceà une structuretotale . qu'elle sera réinsertionlégitimede ce sens philosophiquelui-même. Torheitmussteerscheinen.» Comments'organisentces élémentsdans « l'ensemble historique» ? Qu'est-ce qu'une « notion» ? Les notionsphilosophiquesont-ellesun privilège? Comment se rapportent-ellesaux concepts scientifiques? Autant de questions qui assiègent cette entreprise.» (Herder.3.204.notions.Cogito et histoirede la folie question ou cette dissociationsoit annulée dans son sens ? Et si ce coup de forcea une solidaritéstructuraleavec la totalité du drame.mesures juridiques et policières. 475 This content downloaded from 132. quel est le statut de cette solidarité? Enfin.) Le coup de forceseraitopéré par Descartes dans la premièredes Méditationset il consisteraittrès sommairementen une expulsion sommaire de la possibilitéde la folie hors de la pensée elle-même.avant une analyse interne rigoureuseet exhaustive de ses intentionspatentes. pourquoi le choix de l'unique exemple cartésien? Quelle est l'exemplaritécartésiennealors que tant d'autres philosophes. C'est à ce sens patent. concepts scientifiques.ce qui n'est pas moins significatif.qui tient captive une folie dont l'état sauvage ne peut jamais être restituéen lui-même.

j'insiste sur le forteque le Duc de Luynes n'avait pas traduit.. mais sur le premiermot du paragraphesuivant qui réinscritles lignesque je viens 476 This content downloaded from 132. Enfinnous ferons dialoguer Descartes et Foucault. Il vaut donc mieux. de qui le cerveau est tellement troublé et offusquépar les noires vapeurs de la bile. peut-êtrey aurait-il donc des connaissancesd'originesensibledont il ne serait pas raisonnable de douter.omissionque Descartes n'a pas jugé nécessaire de corriger lorsqu'il a revu la traduction./. qu'ils assurent constamment qu'ils sont des rois. et assuré.C'est seulementdans la deuxième édition française de Clerselierque le sed forteprendtoutesa valeuret il est traduitpar un « mais peut-êtrequ'encore que. ou par les sens : Or j'ai quelquefoiséprouvé que ces sens étaienttrompeurs. Et commentest-ce que je pourraisnier que ces mainset ce corps-cisoientà moi ? si ce n'est Ipeut-êtreque je me compare à ces insensés.et il est de la prudencede ne se fierjamais entièrementà ceux qui nous ont une fois trompés. » II y aurait donc.. et je ne serais pas moins extravagant (démens) si je me réglais sur leurs exemples.» Descartes va à la ligne. Je signale ce point qui révéleratout à l'heure son importance)..3. Derrida Je lis d'abord le passage décisifde Descartes.et autres choses de cette nature. lorsqu'ils sont très pauvres.L'un de ces fondementsfragilesde la connaissance. le plus naturellementapparent.lorsqu'ilssonttout nus. ou s'imaginentêtre des cruches ou avoir un corpsde verre » Et voici la phrase la plus significativeaux yeux de Foucault : « Mais quoi. car la ruine des fondementsentraîneavec soi tout le reste de l'édifice. ils peuvent donc me tromper toujours : aussi vais-je soumettreau doute toute connaissanced'originesensible) : « Tout ce que j'ai reçu jusqu'à présentpour le plus vrai. assis auprès du feu. et fort éloignées(je souligne.) il s'en rencontrepeut-être beaucoup d'autres. » J'interrompsma citation non sur cette fin de paragraphe.204. ».ayant ce papier entreles mains. qu'ils sont vêtus d'or et de pourpre. desquelles on ne peut pas raisonnablementdouter. sed amentessunt isti.57 on Wed.vêtu d'une robe de chambre. ce sont des fous. Descartes écrit ceci (c'est au moment où il entreprendde se défaire de toutes les opinions qu'il avait jusqu'ici « en sa créance » et de commencertout de nouveau dès les fondements: « a primis fundamentis». Pour cela.. je l'ai appris des sens. comme dit Baillet « conférerle françaisavec le latin » quand on lit les Méditations. « Par exemple. c'est la sensibilité.poursuitDescartes. que je sois ici. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .. Puis nous suivronsla lecturede ce texte par Foucault.. peut-êtrequ'encore que les sens nous trompent quelquefois touchant les choses peu sensibles. « Mais (sed forte. il lui suffitde ruinerles fondementsancienssans avoir à douter de ses opinionsune à une. quoique nous les connaissionspar leur moyen.. celui que cite Foucault. Les sens nous trompent quelquefois. Je poursuis donc ma lecture : « Mais.

si je puis dire. ». Foucault écritainsi : « Descartes n'évite pas le péril de la foliecomme 477 This content downloaded from 132.il s'en rencontrebeaucoup d'autres. » A moins d'être fou. Et c'est le début d'un paragrapheoù Descartes imagine qu'il peut toujours rêveret que le monde peut n'être pas plus réel que son rêve. il y a un déséquilibrefondamental entre folie d'une part. Il est donc tentantde croireavec Foucault que Descartes veut trouverdans Vanalyse (je prendsce mot en son sens strict)du rêve et de la sensibilitéun noyau.etc..204.il ne leur appliqueraitpas. les mathématiquesnotamment.par exemple « la nature corporelle en général et son étendue. à côté du rêve et de toutes les formesd'erreurs sensibles.» hypothèseet hyperbolequi lui servirontà développerle doute fondésur des raisons naturelles (car il y a aussi un moment hyperboliquede ce doute). que je « contourne» le doute et reconquiersun sol de certitude. tout ce qui précisémentn'est pas d'originesensible et constituel'objet des mathématiques et de la géométrieinvulnérablesau doute naturel. Et dans le passage que je viens de lire. c'est Praeclaresane..le même traitement. Descartes rencontrantainsi la folie à côté (l'expression à côtéest celle de Foucault).) Il poursuit : « Descartes n'évite pas le péril de la foliecommeil contournel'éventualitédu rêve et de l'erreur.» Foucault met en parallèle les deux démarchessuivantes : 1... le nombre. un élémentde proximitéet de simplicitéirréductibleau doute. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Quelle lecture Foucault fait-ilde ce texte ? Selon lui. pour ne laisser hors de son atteinteque les véritésd'originenonsensible.. hypothèseque Descartes semble exclure au principedans le même passage. et erreur. dit Foucault... desquelles on ne peut pas raisonnablement douter.57 on Wed. Celle par laquelle Descartes montreraitque les sens ne peuvent nous tromperque sur des choses « peu sensibles » et « fortéloignées». C'est dans le songe et dans la perceptionsensible que je surmonte.. 2. Traduit aussi par toutefois.qui sont vraies « soit que je veille. » (Je note au passage qu'ailleurs Foucault dénonce souvent la réduction classique de la folieà l'erreur..Ce premiermot. La démarchepar laquelle Descartes montreque l'imagination et le rêve ne peuvent créer les éléments simples et universelsqu'ils font entrerdans leur composition.3..d'autre part.Descartesdisaitbien : « Encore que les sens nous trompent quelquefois touchant les choses peu sensibles et fort éloignées..ou comme dit Foucault. la quantité..Cogito et histoirede la folie de lire dans un mouvementrhétoriqueet pédagogique dont les articulations sont très serrées.. Ce serait la limite de l'erreurd'originesensible. « Dans l'économie du doute.. Et il généralisepar hyperbolel'hypothèsedu sommeilet du songe : « Supposons donc maintenantque nous sommes endormis.comme. ou que je dorme» et qui ne céderontque sous l'assaut artificielet métaphysiquedu Malin génie.

que Descartes ne creuse pas l'expérience de la foliejusqu'à la rencontred'un noyau irréductiblemais intérieurà la folieelle-même. Leur situation est différente par rapport à la vérité et à celui qui la cherche.est déjà un rapportde signifiantà signifié). tentons de voir. Nous avons essayé de lire Foucault. mais la folie est exclue par le sujet qui doute.. dans cette Méditation. dénoncée dans son impossibilitémême. Pour la folie. ou plutôt avant de continuerà la poser. en effet.à ma connaissance. ou le traduit.il y a un déséquilibre entre folie. » II semble bien. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .il ne la considèrepas. la vériténe glisserapas tout entièredans la nuit.Or c'est exclu puisque je pense.dans l'acte même de sa pensée et de part en part.il en est autrement».. En relisant Descartes. dit Foucault.par exemple. essentiellenon à l'objet de la pensée.il n'en accueille pas l'hypothèse. récusée. qui l'annonce. je remarque deux choses : 418 This content downloaded from 132.ou l'accompagne.« supposons maintenantque nous sommes endormis ». dit Foucault.Il ne s'intéressepas à la folie.3. avant de répéterla question du rapport entre le « signe » et la « structure». Foucault est le premier.204.57 on Wed. remarquonsavec Foucault que ce décret d'exclusionqui annonce le décretpolitique du grand renfermement..à avoir ainsi isolé. Foucault écrit. ou lui répond. Plus loin : « Dans l'économiedu doute.ce que peut être le sens du signe lui-même. Tentons maintenantde relire naïvementDescartes et de voir. Foucault laisse là Descartes pour s'intéresserà la structurehistorique (politicosociale) dont le geste cartésienn'est que l'un des signes. Mais comme l'avènement d'une ratio ne « s'épuise » pas dans « le progrèsd'un rationalisme».d'une part. admettonsque les yeux nous déçoivent. Derrida il contourneYéventualitédu rêve ou de Terreur. Le décret cartésienmarque donc.le délireet la foliede la sensibilitéet des songes. comme je l'avais annoncé. mais au sujet qui pense ». a impossibilitéd'être fou./.est-cepar inattention? Avant de répondreà cette question.. « l'avènement d'une ratio ». Ni le sommeilpeuplé d'images. C'est l'originalitéde sa lecture. ni la claire conscience que les sens se trompentne peuvent porterle doute au point extrêmede son universalité. Il l'exclut par décret.(Puisque le signe ici a déjà l'autonomie d'un discours philosophique.dont on sait combien il était hanté par la possibilitéd'être ou de devenirfou. rêve et erreurde l'autre. Anticipantsur le momentdu Cogito qui devra attendredes étapes nombreuses et très rigoureuses dans leur conséquence. « trahitl'événementclassique ». Je serais extravagant si je croyaisque j'avais un corpsde verre.qui en est en tous cas solidaire. songes ou illusionssont surmontésdans la structurede la vérité. Mais si les interprètesclassiques n'avaient pas jugé cette dissociationopportune.ce décret eût été impossiblepour un Montaigne. A les avoir isolés dans leur sens philosophique et leur fonctionméthodologique.. Car a plus d'un signe ». C'est de l'intérioritémême de la pensée que la folie serait chassée.

C'est un point auquel Foucault ne s'attache pas.commeles représentationsde ces peintresdont l'imagination. et en particulierl'existence de mes mains.57 on Wed.est assez « extravagante» pour inventerquelque chose de si nouveau que jamais nous n'ayons rienvu de semblable.celui du doute naturel.Descartes ne contournepas l'éventualité de Terreursensible et du rêve. quelles sontla certitudeet la véritéqui échappent à la perception. il ne les « surmonte» pas « dans la structurede la vérité » pour la simple raison il ne les surmonteni ne les contourneà aucun moment que.comme dit Descartes.ou si l'on préfèrel'exagérationhyperboliquede Phypothèseoù les sens pourraientparfoisme tromper. comme extravagance.et c'est la couleur...cette part n'est ni sensibleni imaginative: elle est intelligible. Voyonscela.3. si inventifet si imaginatifsoit-il. ces idées au sens cartésien.tout Or dans ces représentations. Mêmedans ce cas. qu'il y sentationsoit-elle. selon Foucault. 8emble-t-il.si fausse soit-ellequant à son rapportdu représenté.C'est là seulementune analogie car Descartes ne pose pas l'existence nécessaire de la couleur en général : c'est une chose sensible parmi d'autres.. Mais. ce qu'il semblait exclure plus haut. que les peintresne peuvent feindre.donc à l'erreursensible ou à la compositionimaginative et onirique ? Ce sont des certitudeset des vérités d'originenon-sensible et non-imaginative.supposée par toute compositionfantastique et irréductibleà toute décomposition.Dans le rêve.Or.la couleur.mes il faut bien ait si illusoirecette reprémains. Il suffitdonc d'examinerle cas du rêve pour traiter..au niveau qui est en ce momentle nôtre.Il s'ensuit qu'une certitude invulnérableau rêve le seraita fortiorià l'illusion perceptived'ordre sensible. dit Descartes.il reste une part de simplicité irréductibleet réelle. « fausse illusion ».Mais du moinsy a-t-il. Mais de même que dans un tableau. Je lis le passage de 479 This content downloaded from 132.dans le cas de la peinture.Ce sont les choses simples et intelligibles.la totalitéde mes images sensibles est illusoire.204.etc. et aucunement.de mon corps. que nous remuonsla tête.un élément dernierqui) ne se laisse pas décomposeren illusion. est ici admis comme possibilité du rêve. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .. de chosessi naturellement certainesque mon corps.Il faut bien comprendreici que l'hypothèsedu rêve est la radicalisation. supposons que toutes mes représentationsoniriques soient illusoires. Et nous verrons pourquoi tout à l'heure. etc. et qu'il n'écarteà aucun momentla possibilitéde l'erreur totale pour touteconnaissancequi a son originedans les sens et dans la compositionimaginative.et que nous ouvronsles yeux. Si je dors. peut être faux et fictif.de même il y a dans le songe une part de simpliciténon feinte.dit expressémentDescartes.Mais cette fois. Autrementdit.du cas de l'erreur sensibleen général.et c'est pourquoi l'exempledu peintreet de la couleurn'était qu'analogique .tout ce que je perçoisen rêve peut être. ces images. représentation.Cogito et histoirede la folie 1. Que dans le passage auquel nous nous sommes référéset qui correspond à la phase du doutefondé sur des raisons naturelles.

une tête. « Car de vrai les peintres.. et il ne semblepas possible que des vérités si apparentes puissent être soupçonnéesd'aucune fausseté. et le carrén'aura jamais plus de quatre côtés .en tant que telle.ou si elles n'y sont pas. Et par la même raison. A ce momentde l'analyse.et fortgénérales. Derrida Descartes qui nous intéresseici. Toute signification.et son étendue. si nous disons que la Physique.204. aucune invulnérabilité du sensible au doute n'est éprouvée.De ce genre de choses est la nature corporelleen général.Le noyau est purementintelligibleet la certitude.lors même qu'ils s'étudient avec le plus d'artificeà représenterdes Sirènes et des Satyres par des formesbizarres.et des naturesentièrementnouvelles. et autres semblables. des yeux. qui sont vraies et existantes. C'est pourquoi peut-êtreque de là nous ne concluronspas mal.et qu'ainsi leur ouvrage nous représente une chose purementfeinteet absolumentfausse . Ainsi la certitudede cette simplicitéou généralitéintelligible. sont fort douteuses et incertaines. des mains.57 on Wed. que jamais nous n'ayons rien vu de semblable. mais que l'Arithmétique.leur qualité ou grandeur.et autres semblables.et toutes les autres sciences qui dépendentde la considérationdes choses composées. contiennentquelque chose de certain.le temps qui mesureleur durée. ni plus ni moins que de celui des véritablescouleurs.J. sont formées.toute« idée » 480 This content downloaded from 132.qui sera peu après soumiseau doute métaphysique.ne leur peuvent pas toutefoisattribuerdes formes.encore naturelleet provisoire.à savoir.n'est pas du tout obtenue par une réductioncontinue découvrant enfin la résistance d'un noyau de certitude sensible ou imaginative.3.. PAstronomie. ou d'incertitude. comme aussi le lieu où elles sont.que l'on atteint ainsi.toutes ces images des choses qui résidenten notrepensée. deux et trois joints ensemble formeronttoujours le nombre de cinq.la Médecine.pussent être imaginaires: il faut toutefoisavouer qu'il y a des choses encoreplus simples. certesà tout le moins les couleurs dont ils le composent doivent-ellesêtre véritables. et extraordinaires. suppose une ruptureradisensible cale avec les sens.et les autres sciences de cette nature.soit feinteset fantastiques. car soit que je veille. du mélange desquelles.et d'indubitable.et leur nombre. soit vraies et réelles. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .encore que ces choses générales.» Et je remarque que le paragraphe suivant commence aussi par un « toutefois» (verumtamen)auquel nous aurons à nous intéressertout à l'heure. qui ne traitent que de choses fortsimples.Il y a passage à un autre ordre et discontinuité.et plus universelles.sans se mettrebeaucoup en peine si elles sont dans la nature.artificielet hyperbolique avec la fictionde Malin Génie . aucune signification ou imaginative. n'est sauvée.. mais font seulementun certain mélange et compositiondes membres de diversanimaux . ou que je dorme.pour inventerquelque chose de si nouveau.la Géométrie. ou bien si peut-êtreleur imaginationest assez extravagante.

à ce momentde l'ordre cartésien.Or toutle paragraphequi suit et arrêtéede Descartesmaisl'objecexprimenonpas la penséedéfinitive du non-philosophe.Descartesse faitVéchode cetteobjection: Puisqueje suis je ne suispas fou.Et il n'y a rienlà d'étonnant : la folien'estqu'un cas particulier. L'hypothèsede l'extravagance semble. tenantce langage.» du sed fortequi On voit quel est le sens pédagogiqueet rhétorique » de l'objection commandetoutce paragraphe. que je seraisextravagant des fous. effet. parcequ'il s'agit d'une expérienceplus commune.de l'illusionsensiblequi intéresseici Descartes. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . C'est le « maispeut-être feinte..Cogito et histoirede la folie d'originesensibleest excluedu domainede la vérité. «t non le plus grave. raîtl'extravagance et que citeFoucault. sommesentregenssensés. Je vais donc vous proposerune de me réglersur l'exemple] vous paraîtrabien plusnaturelle..On peut ainsi constaterque : 2.Il feintde s'adresserl'objectionétonnée et qui lui dit : du non-philosophe imaginaire qu'unetelleaudace effraie les sans vous seriezfouet toutes connaissances sensibles.Descartesvient de dire que toutesles connaissancesd'origine sensiblepeuventle tromper. non.etc. à ceux qui nousont quelqueprudencede ne se fierjamaisentièrement surlequel foistrompés». Descartesacquiesceà ce pointde de la fragilité naturelpour vue naturelou plutôtil feintde se reposerdans ce confort s'en délogeret et plus définitivement mieux et plus radicalement son interlocuteur.ne recevoiraucun traitement privilégiéet n'êtresoumise à aucuneexclusionparticulière.3.57 on Wed.au mêmetitreque la folie. Soit. et qui dit : je veuxbienque vousdoutiez ce douteeffraie des choses« peu sensibles de certainesperceptions sensiblesconcernant ot fortéloignées».prèsdu feu.. du noviceen philosophieque tion et l'étonnement et qui proteste. Il va à la ligneet il commence par le sed forte j'attiraistoutà l'heurevotreattention.. dit-il.L'exemplede la folien'estdoncpas révélateur de l'idée sensible..vous pensezque je seraisfoude inquiéter douterque je sois assis auprèsdu feu.. prendre comptelorsqu'ilécrit: « Et commentest-ceque je pourraisnierque ces mainset ce corps-ci de qui.de nousproposerun disil seraitdéraisonnable coursde fou.et nous là. etc.» soientà moi ? Si ce n'estque je mecompareà cesinsensés.Situons-le à nouveau.aussique cellede la folie: et c'estcelledu sommeilet du rêve.ni vous.ce papierentreles mainset autreschosesde même nature1 AlorsDescartesassumel'étonnement de ce lecteurou de cet feint il de interlocuteur le son à naïf.pas quoi de se réglersurles fous.que vous m'entendez.204.qui ne vous dépaysera hypothèse qui plus universelle pas.d'ailleurs.Soit. que j'écris. maisles autresl que voussoyezassisici. en le passage où appaRelisons.Descartes « il est de la vientde remarquer que les sensnoustrompant quelquefois. « Et je ne seraispas moins extravagantsi je me réglaissur leurs exemples. .Descartes sensibles développealorscettehypothèse qui ruineratousles fondements 481 This content downloaded from 132.

que certainesrégion» de la perceptionsensible. C'est un exemple inefficaceet malheureuxdans l'ordrepédagogique car il rencontrela résistancedu non-philosophequi n'a pas l'audace de suivre le philosophe quand celui-ci admet qu'il pourrait bien être fou au momentoù il parle. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . L'hypothèse de l'extravagance n'était donc pas un bon exemple. Il ne couvre pas la totalitédu champ de la perceptionsensible.Foucault pourraitnous rappeler deux véritésqui justifieraient en deuxième lecture son interprétation. C'est dans le cas du sommeilet non dans celui de l'extravagance que la totalitéabsolue des idées d'originesensible devient suspecte. dans Tordre méthodique qui est ici le nôtre.surtout. La folien'est qu'une faute des sens et du corps. est plus loin de la perception vraie que le fou.un renfermement de la folie. un exemple révélateur. Ou du moins. Guéroult. dans cette réductionde la folie à un exemple.3.et cette foisje ne fais que prolongerla logique de son livre sans m'appuyersur aucun texte . Et ceci au moins pour deux raisons : a. 1. de déterminer le conceptde la foliemais de se servirde la notioncourante d'extravaganceà des finsjuridiques et méthodologiques. Derriia de la connaissanceet ne mettraà nu que les fondementsintellectuels de la certitude.épistémologique8. parmi d'autres. Alors n'y a-t-il pas.celle-cine différantalors qu'en apparence de celle que je viens de proposer.Cette hypothèse. b. il ne se trompepas assez. à un cas de l'erreursensible.de manière contingenteet partielle. Le fou ne se trompepas toujours et en tout . pour Descartes.c'est que pour Descartes. Ce qu'il faut ici retenir. de ce point de vue.au regard du problème de la connaissancequi intéresseici Descartes. est plus fou que le fou. Il ne s'agit d'ailleurs pas ici. bien au contraire. et non le plus grave. Celleci n'affectait.Foucault pourrait. un peu plus grave que celle qui guettetout hommeéveillé mais normalr beaucoup moins grave. dirait sans doute Foucault.pour poser des questions de droit concernant seulementla véritédes idées.57 on Wed.que celle à laquelle nous sommes toujours livrés dans le rêve.bien plus graves que celles de la folie» au songe n'est donc pas. le dormeur.est privéede « valeur objective » selon l'expressionde M.ne fuirapas la possibilitéd'extravagances ..une exclusion./. la folie n'est pensée que comme un cas. l'exaspération hyperbolique de l'hypothèse de la folie. Elle constitue. Devant la situation du texte cartésien dontje viens d'indiquer le principe. (Foucault se placerait alors dans la perspective de la déterminationde fait et non de l'usage juridique du concept de foliepar Descartes).en retraitpar Cette référence rapportà la possibilitéd'une folieque Descartes aurait tenue en respect ou même exclue.ou le rêveur. de l'erreursensible. Rendons la parole à Foucault. à cette deuxièmelecture. ce n'était pas un bon instrumentde doute. Ce qui apparaît. dans l'ordre épistémologique.le rêveur. 482 This content downloaded from 132.204.c'est que. il n'est jamais assez fou.

qui fut bientôt allègrementfranchi.204. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . un autre « toutefois». c'est-à-dired'une folie 483 This content downloaded from 132.à la limite.non seulement.si l'on en restait à l'étape naïve.Elle est l'Autre du Cogito. elle est du côté du corps.Il serait même condamné à en faire.Cogito et histoirede la folie et surtout une mise à l'abri du Cogito et de tout ce qui ressortità l'intellectet à la raison ? Si la folie n'est qu'une perversiondes sens ou de l'imagination. Elle est. et il écrit : « Toutefois. naturelleet pré-métaphysique de l'itinérairecartésien. succède. en nous rappelant ces deux vérités. renfermée à l'intérieurde l'extérieur.dans la rhétoriquede la première des Méditations..elle est chose du corps.De là à fairede la folieun péché. Descartes neutraliseraitla folie dans son originalité. pour reprendreune expression que Foucault propose ailleurs. qu'il y a un Dieu qui peut tout. Tout en s'installantdans notre hypothèse. Or le recours à l'hypothèse du Malin Génie va rendre présente.la géométrieet les notions primitiveséchappaient au premierdoute. Au premier« toutefois» à Vintérieur du doutenaturelva répondre marquantle moment hyperbolique un « toutefois» marquant le momenthyperboliqueabsolu nous faisant sortirdu doute naturel et accéder à l'hypothèsedu Malin Génie. Remarquons d'abord comment. 2.va convoquer la possibilitéd'une folie totale.3.. au début du paragraphe suivant.par hypothèse.et que je n'en suis plus responsable.d'un affolementtotal que je ne saurais maîtriserpuisqu'il m'est infligé. en ne s'occupant de la folie que comme d'une modificationde l'idée. Et c'est l'amorce du mouvementbien connu qui conduit à la fictiondu Malin Génie. etc. Descartes vient d'admettre que l'arithmétique. affolementtotal.Foucault pourraitaussi nous rappelerceci : en inscrivantson allusion à la foliedans une problématique de la connaissance. de la représentationou du jugement.).. il n'y aurait qu'un pas. 1.comme le montrebien Foucault dans d'autres chapitres.comme de toute erreur. La distinctionréelle des substances expulse la folie dans les ténèbres extérieuresau Cogito.et je ne serais pas moins extravagant ».étape marquée par le doute naturel tel qu'il intervientdans le passage cité par Foucault. Je ne peux pas être fou quand je pense et quand j'ai des idées claireset distinctes. Foucault aurait parfaitementraison.une déficienceépistémologiquemais une défaillancemorale liée à une précipitationde la volonté qui peut seule consacreren erreurla finitudeintellectuellede la perception. etc.57 on Wed. Or il semble bien que ces deux vérités deviennentà leur tour vulnérables dès qu'on aborde la phase proprementphilosophique.au premiertoutefoisqui annonçait l'hyperbole« naturelle» du songe (lorsque Descartes venait de dire « mais quoi ce sont des fous..en faisant de la folie non seulementune chose du corps mais une erreurdu corps.il y a longtempsque j'ai dans mon esprit une certaine opinion. ». métaphysique et critique du doute.

.En droit.c'est-à-direse conformerà leur essence 1.. l'air.rien ne s'oppose à la subversionnomméeextravagancedans le premierdoute.. dans ses objets purementintelligibles.« fontdes paralogismos ».les sons. (A vrai dire. point d'yeux. comme n'ayant aucun sens. Cette foisla folie. aucune inquiétude naturelle ne soit possible quant à cette subversionde fait.On sait que dans le Discours(4e partie) le douteatteintde façontrèsinitiale« les plus » où les hommes.pour aller au fonddes choses. ni les perceptionspurementintellectuelles.3.l'extravagance n'épargneplus rien. Descartes admet ce qui échappait au doute naturel : « II se peut fairequ'il (il s'agit ici du Dieu trompeuravant le recoursau Malin Génie) ait voulu que je me trompetoutes les fois que je fais l'addition de deux et de trois. mais croyantfaussementavoir toutes ces choses.1 » Ainsi ni les idées d'originesensible. de l'objet. etc. d'une opération qui ne nomme plus la folieet qui met à nu des possibilitésde droit. pour son lecteur et pour nous.ou que je nombreles côtés d'un carré.. » Ce propos sera repris dans la deuxième des Méditations.les figures.. ne sont que des illusions et tromperies. Il s'agit ici de l'ordre des raisonstel qu'il est.les couleurs.Et Descartes admet successivement: a.dans le domaine des vérités mathématiquesqui échappaient au doute naturel. Nous sommes donc bien loin du congé donné plus haut à l'extravagance.suivi dans les Méditations. Ce qu'il feignaitde ne pas admettreen conversant avec le nonphilosophe.ni la perception de mon corps. b.ni les idées d'origineintellectuelle ne serontà l'abri dans cette nouvelle phase du doute et ce qui était tout à l'heure écarté sous le nom d'extravagance est maintenant accueilli dans l'intérioritéla plus essentiellede la pensée.204. Derrida qui ne sera plus seulementun désordredu corps.sous cette confianceapparemmentpré-philosophique. point de chair. et toutes les choses extérieuresque nous voyons..) Sous ce confortnaturel. point de sang. du corpsobjet hors des frontièresde la res cogitans. Je lis (Descartes vient d'évoquer ce « certain mauvais génie non moins rusé et trompeurque puissant ») : « Je penserai que le Ciel./. bien qu'en fait et d'un point de vue naturel.hors de la cité policée et rassurée de la subjectivitépensante..dans le champ des idées claires et distinctes.Je me considéreraimoi-même comme n'ayant point de mains.57 on Wed. pour Descartes. la terre.parfois. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Il s'agit d'une opérationphilosophiqueet juridique (mais la première phase du doute l'était déjà). dont il se sert pour tromperma crédulité.se cache la reconnaissance d'une vérité d'essence et de droit : à savoir que le discourset la communicationphilosophiques (c'est-à-direle langage lui-même). s'ils doiventavoir un sens intelligible.il faudrait aborder directementpour elle-même la question du fait et du droit dans les rapportsdu Cogito et de la folie. simplesmatièresde géométrie 484 This content downloaded from 132.mais d'une foliequi introduirala subversiondans la pensée pure..

c'est manifester un sens possible. il n'est pas le simple exergue de l'œuvre. Ils doivent porteren eux-mêmesla normalité.pas même celui qui dénonce une mystificationou un coup de force. comme le non-sens. 32 This content downloaded from 132.Cogito et histoirede la folie et vocation de discours.204.ni avec quelque moment empiriquementdéterminéde l'histoire des faits. on risque d'en dissoudrela déterminationde fait dans le travail psychiatrique. Et paradoxalement. avec la phrase. . à tous les sens de ce mot. Dans sa syntaxe la plus pauvre. c'est-à-direle sens. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . celui de Descartes en particulier.Elle porte en soi la normalitéet le sens.ce que je dis ici est strictementfoucaldien. Bien que le silence de la folie soit l'absence d'œuvre. par delà toute structure historique factice et déterminée. La phrase est par essence normale. 1963. en général.le silence. (avant même la déterminationen essence et existence).la limiteet la ressourceprofonde.C'est une menace permanente.C'est dans la dimensionde l'historicitéen général. alors la folie est bien par essence et en général.57 on Wed.c'est l'absence d'œuvre. Et si la folie. -C'est-à-diredès que. ce qui ne peut signifier que se laisserappelerpar l'Être. c'est une nécesmystification sité d'essence universelleà laquelle aucun discours ne peut échapper parce qu'elle appartientau sens du sens. et une raison déjà historique. ce n'est pas une défaillance cartésienne(bien que Descartes n'aborde pas la question de son propre langage). dans une césureet une blessure qui en général. en qui elle s'articule. « contre» désignantici à la foisle fondcontrelequel la formes'enlèvepar forceet l'adversairecontre lequel je m'assure et me rassure par force. ce n'est pas une tare ou une liée à une structurehistoriquedéterminée.Et cela. » C'est une note de base dans son livre. et hors de laquelle seule. quel que soit d'ailleurs l'état. le Logos est la Raison. et contrelaquelle seule il peut surgir. C'est une nécessité d'essence à laquelle aucun discoursne peut échapper. il n'est pas hors d'œuvre pour le langage et le sens.la parole coupée.Bien sûr.l'absence d'œuvre. c'est. En général. mais lié par miné.3. Or l'œuvre commenceavec le discoursle plus élémentaire. la santé ou la folie de celui qui la profèreou par qui elle passe et sur qui. la part de silence irréductiblequi porte et hante le langage.N° 4.mais elle ne devrait pas découragerle psychiatreexigeant et patient. Car nous percevons maintenantla profondeurde cette affirmationde Foucault qui curieusementsauve aussi Descartes des accusations lancées contrelui.à un interditqui ouvrent l'histoire et la parole. Foucault dit : « La folie.L'Être ne seraitpas ce qu'il est si la Parole le précédait ou l'appelait simplement. à essentialiser ainsila folie.avec la première articulationd'un sens. pas imposé essence à un coup de force. plus ou moinsimplicitement.Silence non pas déterentamentbien la vie comme historicité moment non à ce plutôt qu'à tel autre. 485 Revue de Méta. qui ne se confondni avec une éternitéanhistorique. avec la premièreamorce syntaxiqued'un « commetel x» puisque faireune phrase. il est fait appel à l'Être 1.doivent échapper en fait et simultanémenten droit à la folie. Il en est aussi. Elle porte la normalitéen soi.

non seulementil en installe la possibilitémenaçante au cœur de l'intelligible. « moi qui pense. c'est la Raison qu'il renfermeà son tour. Non seulementDescartes ne met plus la folie à la porte dans la phase du doute radical. par l'éloge de la folie.il prend ses distances. Une récupérationde la négativité.il se rassureen son langage contrela foliede fait.tout philosopheou tout sujet parlant (et le philosophen'est que le sujet parlant par exellence) devant évoquer la folie à Vintérieurde la pensée (et non seulementdu corps ou de quelque instanceextrinsèque). commele dit Foucault. le sens.par la complicité avec la folie.car cette diaphanéitén'est rien d'autre que le langage. et non la possibilitédu sens en général.ne peut le faireque dans la dimension de la possibilitéet dans le langage de la fictionou dans la fiction du langage. L'acte du Cogitoet la certituded'existerqui lui est attachée échappent bien. l'extravagance .à la folie. pour la premièrefois.ou parce que. je serais tenté de considérerle livre de Foucault comme un puissant geste de protectionet de renfermement./• Derrida Si bien que.c'est-à-direl'objectiver.Un geste cartésien pour le xxe siècle.Tant que le doute ne sera pas levé évidemment.57 on Wed. la possibilité.il est encore plus conformeà son essence et à sa vocation. Menaçant le tout de la connaissance. Par là même.A aucun moment la connaissancene pourra donc à elle seule dominerla folieet la maîtriser. et même des plus fousen apparence . 2. mais bien parce que dans son instant. comme le fitDescartes.l'acte du Cogito vaut mêmesi je suis 486 This content downloaded from 132.par soi-même. et la discrétionélémentaired'un Rien qui neutralise Tout. Le langage étant la rupturemême avec la folie. pour en revenirà Descartes. En ce sens.n'en est pas une modificationinterne. Quant à la deuxième vérité que Foucault aurait pu nous opposer.dans son instance propre.mais il ne permet à aucune connaissance déterminée de lui échapper en droit.la distance indispensablepour pouvoir continuer à parleret à vivre. Mais il n'y a pas là une défaillanceou une recherche de sécuritépropreà tel ou tel langagehistorique(par exemple. on ne peut plus dire à la lettre que le Cogito échappe à la folie parce qu'il se tiendraithors de sa prise.3. elle semble aussi ne valoir que pour la phase naturelledu doute. En apparence. et mêmeet surtoutde ceux qui.l'hypothèse de l'extravagance . c'est un autre problème. je ne peux pas être fou ».mais à l'essence et au projet même de tout langage en général.la recherche de la « certitude» dans le style cartésien). pour la premièrefois.qui peut parfoisparaîtretrèsbavarde. il rompt encore mieux avec elle s'il se mesureplus librement à elle et s'en approche davantage : jusqu'à n'en être plus séparé que par la « feuilletransparente» dont parle Joyce. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . c'est la raisond'hier qu'il choisit comme cible. mais outre qu'il ne s'agit plus là.204. mais.se mesurentau plus proche de la folie. d'une connaissance objective et représentative.

sitionou à leur alternative. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . je vous en demande pardon. En lui échappant.La pensée alors ne redoute plus la folie : « Les plus extravagantes suppositionsdes sceptiques ne sontpas capables de l'ébranler. je suis pendantque je pense.Que je sois fou ou non. Il me faut conclure. il est le point à partir duquel l'histoiredes formesdéterminéesde cette contradiction. apparaîtrecommetel et être dit. Il est le point1où s'enracinele projet de penserla totalitéen lui échappant.son audace folleque nous ne comprenonspeut-êtreplus très bien comme audace parce que nous. L'audace hyperboliquedu Cogito cartésien.dans l'étant . Il s'agitmoinsd'un pointque d'une originantetemporelleen général.sum. de la totalité.De ce point-zéro.nous sommestroprassurés. Il y a une valeur et un sens du Cogito comme de l'existence qui échappentà l'alternatived'une folieet d'une raison déterminées.aussi bien.ce qui n'estpossible.je pense. Il est le point de certitudeinentamable où s'enracinela possibilitédu récitfoucaldien. Il est tard. on pourrait peutêtre direceci.de ce dialogue entamé ou rompu peut apparaître. la folie n'est donc qu'un cas de la pensée (dans la pensée).Cogito et histoirede la folie fou.3. sera. son audace folleconsistedonc à faireretourvers un point originairequi n'appartient à leur oppoplus au couple d'une raison et d'une déraison déterminées. Même si je n'accède pas ici en faità la totalité. Il s'agit alors de faireretraitevers un point où toute contradiction déterminéesous la forme de telle structurehistorique de fait peut apparaîtreet apparaîtrecommerelative à ce point-zérooù le sens et le non-sensdéterminésse rejoignenten leur originecommune.comme le récit. Invulnérableà toute contradictiondéterminéeentre raison et déraison. La certitudeainsi atteinte n'est pas à l'abri d'une folie enfermée.est irrémédiablement du côté du scepticisme.Je le feraidans un style qui. c'est-à-direen excédant la totalité.ive partie). faute de temps. mêmesi le non-sensa envahila totalitédu monde. ou plutôt de toutesles formesdéterminéesdes échanges entreraison et folie.y comprisle contenude ma pensée.Descartes ne renfermejamais la folie.si je 1.que versl'infiniou le néant: même si la totalité de ce que je pense est affectéde faussetéou de folie. Cogito. du point de vue qui est en ce momentle nôtre. Il n'y a ni exclusion ni contournement. mêmesi la totalitédu monden'existepas.// fait seulementsemblantde Vexcluredans la premièrephase de la premièreétape. l'extravagance.déterminécomme Cogito par Descartes. plus dogmatique.elie est atteinte et assurée en la folie elle-même. à la différence à trop rompus son schéma plus qu'à son expérienceaiguë. du contemporainde Descartes.mêmesi ma pensée est follede part en part. dans le momentnon-hyperbolique du doute naturel. 487 This content downloaded from 132.204.57 on Wed.Devant l'expérienceaiguë du Cogito.» {Discours. comme le dit le Discours de la méthode.ni à l'étape du doute naturel ni à l'étape du doute métaphysique. A tous les sens de ce mot.

Cette hyperbole démonique va plus loin que la passion de l'Oßptcqui n'est qu'une modificationpathologique de l'étant appelé homme. et c'est peut-êtrece que montreen définitiveFoucault. Elle risque de lui faire à son tour violence (car il y a aussi des violences à l'égard des rationalistes et à l'égard du sens. celui qui ne opprimépar le « bon sens » determine.avec le Malin Génie du non-sens.du droit et du sens sur le réel.le dérèglementet la démesurefondamentalesde l'hyperbole qui ouvre et fondele monde commetel en l'excédant.d'un excès vers le non-déterminé. L'ußpt.puisqu'il pose au moinsau départla question 488 This content downloaded from 132./. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . d'en émousser la pointe elle-même.En ce sens. le fait et l'étant.si comprehensivesoit-elle.dans le doute et dans le Cogito cartésien. J'entends « totalitaire» au sens structuralistede ce mot mais je ne suis pas sûr que les deux sens de ce mot ne se fassentpas signe dans l'histoire.C'est pourquoi. ce projet est fou et reconnaîtla folie comme sa libertéet sa proprepossibilité.n'est pas plus rassuranteque la dialectique de Socrate quand elle déborde aussi la totalité de l'étant ou de l'étance en nous plantant dans la lumière d'un soleil caché qui est siréxeiva xrç oO&ac Et Glaucon ne s'y est pas trompé quand il s'écriaitalors : « Dieu ! quelle hyperbole démonique! Sortovi*. comme totalité de ce que je puis penser en général.toute entreprises'efforçant de le réduire. celui du « partage ». Je ne dis pas que le livre de Foucault soit totalitaire.3. car les victimesdont il nous parle sont toujours les porteursdu sens. Ce projet d'excéder la totalité du monde. dans cette mesure.57 on Wed. d'un excès débordantla totalité de ce que l'on peut penser.je formuleun tel projetet ce projet a un sens tel qu'il ne se définitqu'au regardd'une pré-compréhension de la totalité infinieet indéterminée. en cet excès du possible.se tient à l'intérieur du monde.et se mesureà sa hauteur. de l'enfermerdans une structure historique déterminée.C'est pourquoi il n'est pas humain au sens de la facticitéanthropologique mais bien métaphysiqueet démonique.risque d'en manquer l'essentiel. Derrida ne la comprendsni ae l'embrasseen fait. à supposer qu'elle soit dérèglement et démesure. se partage pas assez et qui se déterminetrop vite). vers le rien ou l'Infini. elle risque à son tour de lui faire violence et une violence de style totalitaireet historiciste qui perd le sens et l'origine du sens. L'Ubris n'est excessiveet excédanteque dans l'espace ouvertpar l'hyperboledémonique Dans la mesure ou pointe.de la totalité de l'histoirede fait.204.lui résisteen réduisanten soi l'hommenaturel.u-K^ñol^ qu'on traduit assez platementpeut-êtrepar « merveilleusetranscendance».Le totalitarismestructuraliste opéreraitici un acte de renfermement du Cogito qui serait de même type que celui des violencesde l'âge classique. ce projet d'un excès inouï et singulier.rien n'est moinsrassurantque le Cogitodans son momentinauguralet propre.en ce qu'il se reconnaîtdans sa guerreavec le démon. les vrais porteursdu vrai et du bon sens dissimulé. de la totalité de l'étance et du sens déterminés. du bon sens . Elle implique.

cheminement que Dieu nousa renducommeterreferme.Et ici avec Dieu etavec une certaineMémoire.quandje dis que cetteréduction à l'intra-mondanité et le sensmêmede ce qu'on appellela violenceet rendensuite Porigine possiblestoutesles camisolesde force.à quelquealibi ou transcendance autrepossibilité de violence.57 on Wed. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . appelle Cogitocartésien.se rassurer précipitéde l'errancehyperbolique dans l'ordredes raisonspourreprendre possessiondes véritésabandonet itinéraire et folleredevient nées. qu'il bien : quand je dis que faireentrerdans le mondece Entendons-nous qui n'y est pas et que supposele monde. cettepointede l'instant. en communiquer le retenir.il fautn'êtrepas fouen le le communiquer.C'est-à-dire et réfléchit nable.commenceraient » et la criseessentielles. tantde l'intuition.je n'en appellepas à un autre évasive. fait pour le réfléchir. garantirle Cogitolui-même pointe.Cogito et histoirede la folie de l'historicité de Porigine en général. se à à cherche Descartes rassurer.d'ailleurssouventcomplicede la première.il ne se laisse pas objectivercommeévénement une histoiredéterminante.me permettant c'est Dieu seul qui garantit en son momentpropreune foliesilencieuse. 489 This content downloaded from 132. qu'on le cette pointehyperboliquequi devraitêtre. Mais Dieu. déterJe croisdoncqu'on peuttoutréduireà une totalitéhistorique ou métaphysique minée (chez Descartes)sauf le projet hyperbolique de la philosophie.c'est-à-dire discourscontrela folie. Dès qu'il a atteintcette commetoutefoliepureen général.silencieuse. en Dieu. dans le mouvement J'entendsbien qu'il n'y a pas seulement. Car si le Cogitovaut mêmepourle foule plus fou.Car il ne faitaucun douteque pour Descartes.quandje dis que le « compelle intrare» (exerguedu chapitresurle grandrenfermement) devientla violenceelle-même lorsqu'ilse tourneversl'hyperbole pourla fairerentrer est dansle monde. « défaillance le rapatriement Et ici commencerait et follevenants'abriter.204. la sens. à identifier Pacte du Cogitoavec Pacte d'une raisonraison* le Cogito. le momentde la qui est le momentphilosophique et de la libertétranscendantale.Car c'est Dieu seul qui. finade sortird'un Cogitoqui peut toujoursrester lement. se libérantainside Phistoricisme : dis en le dans du la mise en œuvre court je parfois risque projet. Il s'agiraitlà d'une monde. et du sensen général. Et il le fait dès qu'il profère le Cogitoqui ne vautlui-même dès qu'il doittemporaliser que dansl'insdans ce pointou de la penséeattentiveà elle-même. mon mes représentations et mes déterminations cognitives. c'est Dieu seul * qui me protègecontreune folieà laquelle le Cogito^ de la Raison 1.Et c'est à ce lien entrele Cogitoet le mouvementde la temporalisation qu'il faudraitse rendreattentifici. Or ce momentest pensée elle-même du côté du récitrécitantet non du récitrécitéde Foucault. c'est l'autre nomde l'Absolu de la Raison elle-même.Et il ne se dans laissepas conter.C'est ici que l'errancehyperbolique « assuré» et « résolu» surnotremondeexistant méthode.3.

Mais il est folie avant l'œuvre. après que cet axiome aura permis de prouver l'existence de Dieu.204.en faitsinonen droit.De façon analogue .Cette identificationintervientdès le momentoù Descartes détermine la lumièrenaturelle(qui en sa sourceindéterminéedevraitvaloir même pour les fous). s'il peut à la limite récuserle Malin Génie. mais à partir du moment qui succède immédiatementà l'expérience instantanéedu Cogito en sa pointe la plus aiguë où raison et foliene se sont pas encore séparées. en passant sous silence le problème de parole que pose le Cogito. En tous cas.ne peut en tous cas se le dire.c'est la même chose. quand prendrele parti du Cogito.ne pourraitque s'ouvrirde la façonla plus hospitalière.57 on Wed.Au fond. La folie était aussi pour lui un silence.(C'est un point que je n'aurai pas le temps de développer ce soir.les preuvesde l'existenced'un Dieu verace comme suprême garde-fou. encore une fois. Et la lecturede Foucault me parait forteet illuminantenon pas à l'étape du texte qu'il cite. Le fou. être fou . .analogue seulement. C'est aussi un point sur lequel il faudrait s'étendre davantage. On peut dire ce qu'on pense et qu'on pense sans le trahir. un autre qui peut être moi-même. Il ne peut donc pas le dire. L'interprétationde Foucault me parait illuminanteà partir du moment où le Cogito doit se réfléchir et se proférerdans un discours philosophique organisé.ce n'est pas prendrele parti de la raisoncommeordreraisonnableni celui du désordre et de la folie. c'est ne pouvoir réfléchiret dire son cogito. Foucault a raison dans la mesure où le projet de contraindrel'errance animait déjà un doute qui s'est toujours proposé comme méthodique. En tous cas. au momentoù il s'arrache à la folieen déterminantla lumièrenaturellepar une série de principes et d'axiomes (axiome de causalité selon lequel il doit y avoir au moins autant de réalité dans la cause que dans l'effet. puis. et qui est antérieureet inférieureau Cogito. le Cogito est œuvre dès qu'il se rassure en son dire.normale .7. C'est-à-dire presque toutle temps.n'a même pas besoin d'attendre. Cette identificationdu Cogito et de la raison raisonnable.cetteexpressiona un sens philosophiqueunivoque. Descartes semble sou8-entendreque penser et dire le clair et le distinct.le silence bavard d'une pensée qui ne pensait pas ses mots.Saint Anselmevoyait dans Vinsipiens.3. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .quelqu'un qui ne pensait pas parce qu'il ne pouvait pas penser ce qu'il disait.Car si le Cogito vaut même pour le fou. l'axiome de a la lumière naturelle qui nous enseigne que la tromperiedépend nécessai490 This content downloaded from 132. dans l'insensé.) A partir du moment où Descartes énonce le Cogito.si. mais ressaisirla source à partirde laquelle raison et folie peuvent se détermineret se dire. il l'inscrit dans un système de déductions et de protections qui trahissent sa source vive et contraignentl'errance propre du Cogito pour contournerl'erreur. Derrida en son instancepropre. c'est-à-dire le faire apparaître comme tel pour un autre .être fou. ce que je ne crois pas : elle dit simplementl'autre de chaque forme déterminéedu Logos.

De ce fait. ce qui signifie pour soi.57 on Wed. laisserlibre dans une camisole).Cogito et Vhistoirede la folie rementde quelque défaut » prouvera la véracité divine).ou plutôt se laisse mesurerpar elle.l'essor et la folie de la réduction husserliennede la totalité du monde ont dû se reposerpuis déchoirpour se dire. que des structureshistoriques déterminées. dans le momenthyperboliqueoù il se mesureà la folie.Je crois que l'historicitéen général serait impossiblesans une histoirede la philosophie et je croisque celle-ciseraità son tourimpossibles'il n'y avait que l'hyperbole.le nôtre.ne sont fondésqu'en retourà partirde l'existence et de la véracité de Dieu.. d'une part. C'est pourquoi l'acte du Cogito. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . ce qui dans la philosophiede Descartes (ou aussi bien dans celle qui soutient le Cogito augustinien ou le Cogito husserlien) appartient à une structure historique de fait. et d'autrepart.3. à l'ordre en général et aux déterminations lumièrenaturelle.la forme la plus subtiled'un coup de force.Et la philosophie. En séparant.d'une part l'hyperbole(dont je dis qu'elle ne peut se laisser enfermerdans une structure historique de fait et déterminéecar elle est projet d'excédertoute totalitéfinieet déterminée). dans ce 491 This content downloaded from 132. ou s'il n'y avait.dans le Cogito.dans le momentoù il échappe encore de la à l'ordre des raisons. n'y sont mêmejamais soumis.Et en vérité.204. dont la déterminationest dogmatique.c'est peut-être cette assurance prise au plus proche de la folie contrel'angoisse d'être fou.une neutralisationdu non-sens.des Weltanschauungenfinies. c'est-à-diredès qu'il le réfléchitpour l'autre. L'historicité propre de la philosophiea son lieu et se constitue dans ce passage. Ne peut-on prendre pour exemple.réduire. cet acte doit être répétéet distinguédu langage ou du systèmedéductifdans lequel Descartes doit l'inscriredès qu'il le propose à l'intelligibilitéet à la communication.. On pourraitappeler pathétiquece momentsilencieuxet spécifique. ils tombent sous le coup d'une histoirede la connaissanceet des structuresdéterminéesde la philosophie.d'une telle répétitiondu Cogito cartésien.C'est même exactement le contraire. d'autre part. C'est dans ce rapportà l'autre comme autre soi que le sens se rassurecontrela folieet le non-sens. On pourraitrefairepour Husserl ce que Foucault a fait pour Descartes : montrercommentla neutralisationdu monde factuelest une neutralisation(au sens où neutraliser.Husserlassociait de plus en plus le thème de la normalitéet celui de la réductiontranscendantale.c'est aussi maîtriser. je ne propose pas de sépareren chaque philosophiele bon grainde l'ivraie au nom de quelque pkilosophiaperennis.sur lequel la critique du déductivismecartésien.Il s'agit de rendrecompte de l'historicitémême de la philosophie.ne pourrait-onprendrepour exemple d'une telle répétition le Cogito husserlienet la critique de Descartes qu'elle suppose ? Ce serait un exemple seulementcar on découvrirabien un jour quel est le sol dogmatiqueet historiquementdéterminé. échappent au doute. pour exemple seulement.. Ces axiomes.

. Mais cela. Nous avons essayé de nous acquitterenvers le geste par lesquel Descartes s'acquitte 492 This content downloaded from 132. démesure.le fou du jour. nous avons essayé de ne pas oublier.57 on Wed. la parole.c'est-à-direune histoire. Derrida dialogue entre l'hyperbole et la structurefinie. soumise à ce rythmetemporelde crise et de réveil. Mais cette libérationviolente de la parole n'est possible et ne peut se poursuivre. où elle est la mémoirede ce geste de violenceoriginaire.. c'est un autre propos et une autre histoire.(tiret)quitteà reconnaîtrelongtemps encore et jusqu'au Malin Génie que toutes les puissances de la déraison veillaient autour de sa pensée.) se disent.3. Je conclurai en citant encore Foucault.juste assez près pour direla violence.Sans s'en tenir à un moment historique déterminémais en étendant cette vérité à l'historicitéen ne peut général. Foucault écrit (p.et dans la mesure où elle se tientrésolument. ». Dès son premiersoufflé.juste assez loin pour vivreet vivre comme parole./. entre l'excès sur la totalité et la totalité close. leur réveil dans un autre dire de l'excès qui sera aussi plus tard une autre déchéance et une autre crise.remordsde Foucault. c'est de nous installer dans l'intervalle de ce remords. dans le souffled'un remords. d'un fou qui ne peut jamais être que le fou d'un Logos. C'est en cela que la crise ou l'oubli n'est peut-êtrepas l'accident mais la destinée de la philosophieparlante qui ne peut vivre qu'en enfermantla folie mais qui mourrait comme pensée et sous une violence encore pire si une nouvelle parole à chaque instantne libérait l'ancienne folie tout en enfermanten elle. comme Père. quelque trois cents pages plus loin. C'est grâce seulementà cette oppressionde la folieque peut régner une pensée-finie.en conscience. n'ouvre son espace de parole qu'en enfermantla folie.au plus prochede l'abus qu'est l'usage de la parole.que dans la mesureoù elle se garde. Descartes prenait consciencequ'il ne pouvait pas êtrefou.pour dialoguer avec soi commeviolenceirréductible.. ce que nous avons essayé de faire ce soir.on pourraitpeut-êtredire que le règned'une pensée-finie s'établir que sur le renfermement et l'humiliation et l'enchaînement et la dérisionplus ou moins déguisée du fou en nous. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions .C'est le mouvement de la temporalisationelle-mêmeen ce qui l'unitau mouvementdu Logos.commeparole authentique. remordsde Descartes selon Foucault . Longtemps après le passage sur Descartes. comme Roi.204.pour annoncerle Neveu de Rameau : « Dans le moment où le doute abordait ses périls majeurs. dans son présent. comme Maître. s'oublient nécessairementjusqu'à leur réactivation. » Eh bien. 415). se rassurentet déchoient. c'est-à-diredans le lieu ou plutôt le momentoù le Cogito et tout ce qu'il symboliseici (folie.Ce rythmen'est d'ailleurs pas une alternancequi serait de surcroîttemporelle.etc. de ne pas éteindrela lumièrede cette veille des puissances de la déraison autour du Cogito. dans la différenceentre l'histoireet l'historicité. hyperbole. dans l'espace de ce « quitte à reconnaîtrelongtempsencore.

car elle est non-senset oubli . ce n'est pas un vouloir qui serait occasionnellementet éventuellementcomplétépar le dire. Parmi tous les titres de Foucault à ma reconnaissance.de l'oubli des origines.cettecrisea toujoursdéjà commencéet elle est interminable.et où la folieest plus rationnelleque la raison car elle est plus prochede la source vive quoique silencieuseou murmurantedu sens. elle entredans une criseet en un oubli de soi qui sont une période essentielleet nécessaire de son mouvement.et la philosophieest peut-êtrece gigantesque aveu .vouloir être cartésien. la Césure dont parle Foucault. Et nulle part et jamais le conceptde crise n'a pu enrichiret rassembler toutes les virtualités.elle se trahitelle-même(ou elle se trahitcomme Pensée).Ce vouloir dire.protectionet exposition. oubli et dévoilement.le péril menaçantla Raison et le Sens sous l'espèce de l'objectivisme. Mais cette crise en laquelle la raison est plus folle que la folie. ne pouvait plus ne plus être en mémoire de cartésianisme.quoique historiqueen un sens insolite.toute l'énergieaussi de son sens.dans son Présent. La Crise. . la Crise. C'est assez dire que si elle est classique.Je ne philosophe que dans la terreur. au sens husserlien. comme par l'objet.etc. comme l'entendait sans doute Descartes lui-même. Rien ne serait d'ailleurs plus impuissantà ressaisirce vouloir qu'un volontarismecar ce vouloir comme finitudeet comme histoireest aussi une passion première. elle ne l'est peut-êtrepas au sens de l'âge classique mais au sens du classique essentielet éternel. c'est d'une part. autant. Ici.mais dans la terreuravouée d'être fou.204. qu'à partir du livre de Michel Foucault.c'est la profondeuroriginairede tout vouloiren général.vouloir-dire-1'hyperbole-démonique de laquelle la pensée s'annonce à elle-même. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . c'est avouer Définir la philosophie comme vouloir-dire-1'hyperbole. peut-être. la 493 This content downloaded from 132.comme j'ai essayé à partir du moins de le montrer. c'est aussi la Décision. L'aveu est à la fois.Ce vouloir-dire-1'hyperbole-démonique n'est pas un vouloir parmi d'autres .du recouvrementpar le dévoilementrationalisteet transcendantallui-même.que dans le dit historiqueen lequel la philosophiese rassérèneet exclut la folie.il y a donc aussi celui de m'avoir mieux fait pressentir.Cogito et histoirede la fotte lui-même à l'égard des puissances menaçantes de la folie comme origine adverse de la philosophie.à quel point l'acte philosophique ne pouvait plus ne plus être cartésien en son essence et en son projet.3. qui n'est pas davantage l'antagoniste du silence mais bien sa condition.57 on Wed.Péril comme mouvement de la Raison menacée par sa sécuritéelle-même. C'est-à-dire. le complémentd'objet d'une subjectivitévolontaire.s'effraieelle-mêmeet se rassure au plus haut d'elle-même contre son anéantissementou son naufragedans la folieet dans la mort.. si être cartésien c'est.mieux par son livre monumental que par la lecturenaïve des Méditations.

J.s'exile et oublie son origineet sa proprepossibilité. Partage à partirduquel.se sépare de soi comme folie.204.c'est qu'il existe des crises de raison étrangementcomplicesde ce que le monde appelle des crises de folie. Jacques Derrida. séparées par le labyrinthe. en son Parménide ipoème.la voie du Logos et la non-voie. dans la violence nécessaire de son irruption. 494 This content downloaded from 132.3.le « palintrope» où se perd le Logos . Ce qu'on appelle la finitude.accès à la raison et accès de raison. la voie du Sens et celle du Non-Sens. le Logos.57 on Wed.n'est-cepas la PossibilitécommeCrise?Une certaine identité de la consciencede crise et de l'oubli de la crise ? De la pensée de la négativitéet de la réductionde la négativité? Crise de raison enfin. après lequel. de l'Être et du Non-Être. Car ce que Michel Foucault nous apprend à penser. 29 Apr 2015 04:02:35 UTC All use subject to JSTOR Terms and Conditions . Derrida du choix et du partage entreles deux voies Décision au sens du xpfvav.