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CPGE Lissane Eddine - Laayoune

Essaidi Ali

mathlaayoune@gmail.com

Polynômes orthogonaux

Définitions et notations

Soit I un intervalle d’intérieur non vide, ω C (I) strictement positive sur I tel que n N, I |t| n ω(t)dt < +

et E = {f C (I, R)/ I f 2 (t)ω(t)dt < +∞}.

On note P l’espace des fonctions polynomiales sur I et n N, P n l’espace des fonctions polynomiales sur I de degré n.

Pour tout n N, ϕ n désigne la projection orthogonale sur P n . Pour tout n N, on note e n la fonction polynomiale

sur I définie par x I, e n (x) = x n si n

= 0 et e 0 (x) = 1.

Première partie Polynômes orthogonaux unitaires

1: Montrer que P E.

2:

3: Montrer que f, g E, t

4: En déduire que E est un espace vectoriel.

5: Montrer que f, g = I f (t)g(t)ω(t)dt est un produit scalaire sur E.

Montrer que p, q P, pq E.

f (t)g(t)ω(t) est intégrable sur I.

6:

Montrer que p, q, r P, pq, r = q, pr .

7:

On pose p 0 = e 0 et, n N , p n = e n ϕ n1 (e n ).

7

- 1: Soit n N. Déterminer deg p n et montrer que p n est unitaire.

7

- 2: Montrer que la famille (p n ) nN est orthogonale.

8: Soit (q n ) nN une famille orthogonale de P telle que n N, q n est unitaire et deg q n = n.

8 - 1: Montrer que q 0 = p 0 .

8 - 2: Soit n 1. Montrer que a 0 ,

8 - 3:

8 - 4: En déduire que q n = p n .

9: Montrer que (p n ) nN est l’unique famille orthogonale de P telle que n N, p n est unitaire et deg p n = n. 10: Calculer p 0 et p 1 . 11: On suppose, dans cette question, que I est symétrique par rapport à 0 et ω paire ou impaire.

,

a n R tels que q n = a n p n + ··· + a 0 p 0 .

Montrer que k ∈ {0,

, n 1}, p k , q n = 0.

11

- 1: Montrer que n N, t I, p n (t) = (1) n p n (t).

11

- 2: En déduire la parité des p n pour tout n N.

12:

Soit n N.

13: Montrer que p P unitaire de degré n, on a p n , p = p n 2 . 14: En déduire que p n = inf{ p /p P unitaire et deg p = n}.

15:

Soit n N.

 

15

-

1:

Montrer

que

a 0 ,

, a n1 , λ n , µ n

R tels que p n+2 = (e 1 + λ n )p n+1 + µ n p n + a n1 p n1 + ··· + a 0 p 0 .

15

-

2:

Montrer

que

k

∈ {0,

, n

1}, a k = 0.

15

- 3: En déduire que

 
 

x

I, p n+2 (x) = (x + λ n )p n+1 (x) + µ n p n (x)

15

- 4: Déterminer λ n et µ n en fonction de p n et p n+1 . Quel est le signe de µ n ?

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Deuxième partie Approximation au sens des moindres carrés

On pose n N, f E, q n =

p p n n et S n (f) =

n

k=0

f, q k q k .

1: Montrer que n N, (q 0 , procédé de Gram-Schmidt.

2: Montrer que f E,

lim

3: Montrer

, q n ) est la base orthonormée de P n déduite de la base canonique de P n par le

n+ f, q n = 0.

n N, f − S n (f ) =

min

pP n

f p

4: On suppose, dans la suite, que I = [a, b] avec −∞ < a < b < +.

4

- 1: Montrer que la suite ( f − S n (f) ) nN est décroissante.

4

- 2: Montrer que

n+ f − S n (f) = 0.

lim

4

- 3: En déduire que (q n ) nN est une base hilbertienne de E.

5: Soit n N, M = ( e i , e j ) nN et a 1 ,

, a n R tels que S n (f) =

n

k=0

a k e k .

5

-

1:

Montrer

que k

{0,

, n}, S n (f), e k = f, e k .

5

- 2:

En déduire que

 

M

a

.

.

.

a

1

n

=  

f, e 1

.

.

.

f, e n

6: Soit g : [a, b] R. Montrer que si c ]a, b[ g s’annule en changeant de signe alors la fonction f (x) = (x c)g(x) garde un signe constant en c.

7: Soit n N et f

E \ P.

7

- 1: Montrer que la fonction f − S n (f ) admet au moins une racine dans ]a, b[.

7

- 2: Montrer que la fonction f − S n (f ) admet au moins une racine dans ]a, b[ où elle change de signe.

7

- 3: Soit a 1 ,

, a r ]a, b[ où la fonction f − S n (f ) s’annule en changeant de signe et on considère la fonction

polynomiale p(x) = (x a 1 ) ··· (x a r ) sur I. Montrer que la fonction g(x) = p(x)(f − S n (f ))(x) garde un signe constant sur I (procéder par l’absurde).

7

- 4: On suppose que r n. Montrer que f = S n (f ). Conclure.

7

- 5: Déduire que le polynôme S n (f ) coïncide avec f en au moins n + 1 points de ]a, b[.

8: Montrer que a 0 ,

associé aux points (a 0 , f(a 0 )),

, a n I deux à deux distincts tels que S n (f ) soit le polynôme d’interpolation de Lagrange

, (a n , f(a n )).

Troisième partie Noyau polynomial de w

Pour tout n N, on appelle n-ième noyau polynomial de w la fonction K n définie par

1: Montrer que

x, y I, K n (x, y) =

n

k=0

q k (x)q k (y)

n N, p P n , x I, p(x) = I p(t)K n (x, t)w(t)dt

2: Soit n N et x I. Déduire la valeur de I K n (x, t)w(t)dt.

3: Montrer que

f E, n N, x I, S n (f )(x) = I f(t)K n (x, t)w(t)dt

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4: En déduire que

f E, n N, x I, f(x) − S n (f )(x) = I (f (x) f (t))K n (x, t)w(t)dt

5: Soit n N et x, y I.

5 - 1: Montrer que

5 - 2: Montrer que

λ n R, p n+2

p n+1

q n+2 (x) = (x + λ n )q n+1 (x) p p n+1 n q n (x)

p n+2

p n+1

(q n+2 (x)q n+1 (y)

q n+2 (y)q n+1 (x)) = (xy)q n+1 (x)q n+1 (y)+ p p n+1 n

(q n+1 (x)q n (y) q n+1 (y)q n (x))

5 - 3: En déduire la relation de Christoffel-Darboux

(x

y)K n (x, y) = p p n+1 n

(q n+1 (x)q n (y) q n (x)q n+1 (y))

6: En déduire que

n N, x I,

q n (x)

q n (x)

q n+1 (x)

q

n+1 (x)

> 0

7: Soit x I et f E. On suppose que f est dérivable en x et soit g l’application définie sur I par

7

f(t) f(x)

g(t) =

t x

f (x)

  f (x) + 1

  f(t) f(x)

α

   si t

= x

  si t = x

- 1: Montrer que α > 0 tel que

si t [x α, x + α]

sinon

t I, |g(t)| ≤

- 2: Montrer que a, b R tels que t I, |g(t)| ≤ af (t) + b.

7

7

7 - 4: Montrer que

- 3: En déduire que g E.

n N, |f(x) − S n (f )(x)| ≤ p p n+1 n

(|q n+1 (x)|| q n , g | + |q n (x)|| q n , g |)

7

- 5: En déduire que si la suite p p n+1 n (|q n (x)| + |q n+1 (x)|) est bornée alors (S n (f )(x)) converge vers f (x).

Quatrième partie Zéros des polynômes orthogonaux

1: Soit p P. Montrer que si les racines de p sont d’ordres de multiplicité pairs alors p garde un signe constant sur

I.

˚

2: Soit n N . Montrer que p n admet au moins une racine d’ordre de multiplicité impair dans I.

3: Soit n N et α 1 ,

polynomiale r n (x) = (x α 1 ) ··· (x α p ) sur I.

˚

, α p les racines p n dans I d’ordres de multiplicité impairs de et on considère la fonction

3

- 1: Montrer que r n p n garde un signe constant sur I.

˚

3

- 2: Conclure que p n admet n racines simples dans I (p n est alors scindé à racines simples).

4: Montrer que n N , p n et p n+1 n’ont pas de zéro commun.

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5: Entrelacement des racines : Soit n N et a, b deux zéros consécutifs de p n .

5

- 1: Montrer que p n (a)p n (b) < 0.

5

- 2: En déduire que c ]a, b[ tel que p n+1 (c) = 0.

5

- 3: Montrer que c est unique (entre deux zéros consécutifs de p n existe un unique zéro de p n+1 ).

6: Soit n N. Montrer que l’endomorphisme f n de P n défini par p P n , f n (p) = ϕ n (e 1 p) est symétrique. Que peut-on dire de Sp(f n ) ? 7: Soit n N, λ ∈ Sp(f n ) et p P n un vecteur propre unitaire de f n associé à λ.

7

- 1: Montrer que deg p = n.

7

- 2: En déduire que (e 1 λ)p = p n+1 .

8: Réciproquement, soit n N et p P n . Montrer que si (e 1 λ)p = p n+1 alors p est un vecteur propre de f n associé à λ. 9: Déduire que n N, les valeurs propres de f n sont exactement les racines de p n+1 .

10: Quadrature de Gauss : Soit n N , a 1 ,

10 - 1: Montrer que λ 1 ,

, a n les zéros de p n .

, λ n R, p P n1 , I p(t)ω(t)dt

= λ 1 p(a 1 ) + ··· + λ n p(a n ).

10

- 2: Montrer que p P 2n1 , I p(t)ω(t)dt = I r(t)ω(t)dt avec r le reste de la division euclidienne de p par

p n .

10

-

3:

En déduire que p

P 2n1 , I p(t)ω(t)dt =

λ 1 p(a 1 ) + ··· +

λ n p(a n ).

10

- 4: Montrer que cette relation n’est pas vraie pour les polynômes de degrés 2n.