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PALUDISME

L'hématozoaire existe dans de

nombreux pays africains et asiatiques,

la multiplication des voyages et la

possibilité d'une piqûre d'anophèle

pendant une simple escale, donnent au

paludisme.

Les sporozoïdes ont un double siège :

- Les exo-érythrocytaires, dans la

profondeur des tissus, à l'abri des

actions thérapeutiques, capables de reviviscence à très longue échéance.

- Les mérozoïtes infectent les globules

rouges sous forme de corps en rosace,

et par ce moyen, le plasmodium peut

traverser le placenta.

I Influence de la grossesse sur le

paludisme

Dans certains pays africains, il existe

de femme impaludée entre en travail un peu avant terme, mette au monde un enfant sain, et meure après l'accouchement.

La reviviscence de l’hématozoaire peut

trouver pendant la grossesse, et plus encore pendant l'accouchement et les suites de couches. Les contractions utérines sont une cause de

dissémination de l'infection.

Même, en cas d'accès palustre, la mort presque subite peut survenir pendant l'accouchement.

D'autre fois l'accouchement est suivi

d'anémie par destruction globulaire, avec son cortège de troubles

hépatiques et d'amaigrissement. Le

plus souvent, le paludisme chronique n'est pas influencé par la grossesse, et

l'évolution des formes aiguës dépend beaucoup plus de la thérapeutique

appliquée que de la grossesse elle-

même.

II

Influence du paludisme sur la

grossesse.

L'infestation peut entraîner des

aménorrhées d'origine hypophysaire, qui est la cause de stérilité. La

fécondation est empêchée dans le

paludisme aigu. La malaria peut provoquer des avortements et des

accouchements prématurés à

répétition.

Les femmes ayant le paludisme peuvent avoir des vomissements

graves du début de la grossesse. La

rechercher l'hématozoaire peut préciser la variété.

L'accouchement est en général rapide

dans les formes aiguës. Au contraire l'inertie se rencontre dans les formes

chroniques. Plus fréquentes aussi sont

les hémorragies de la délivrance.

III Influence du paludisme sur le

fœtus.

Les avortements et les accouchements

prématurés grèvent le pronostic fœtal. Le paludisme congénital peut

rencontrer dans certain pays

seulement. On ne le rencontre pas en Afrique Centrale. Il est observé, mais

assez rarement, en Afrique du Nord.

Il est relativement fréquent au Sénégal. Dans ce pays, le placenta, dans 25%

des cas, est infarci de pigment

mélaniques et du plasmodium. 25% des enfants sont menacés, et parmi

eux, la mortalité est de 40%, malgré la

thérapeutique.

Au moment des accès maternels, le

fœtus peut avoir lui aussi des accès. Enfin, il peut se contaminer au moment de l'accouchement.

Le lait ne contient pas

d'hématozoaires, mais les

paludéennes sont de mauvaises nourrices. On est souvent amené à

supprimer l'allaitement, contre-

indiqué en période d'accès.

IV Diagnostic.

Il est en général facile, fondé sur les antécédents, la notion d'endémie, les examens de

laboratoire: recherche de

l'hématozoaire au cours des accès, sérofloculation dans les formes

chroniques.

V Traitement.

Les antipaludéens n'étant pas abortifs,

le traitement n'a pas de particularités

du fait de la grossesse. Il est essentiel pour le pronostic maternel et fœtal. Les

quinines sont très vite éliminés, et il

faut prolonger leur action; que ces produits ne passant que modérément

dans le lait maternel, l'enfant doit être

directement traité.

Traitement de la mère.

La quinine par la voie orale:

- la dose prophylactique est de 0,40g par jour;

- la dose curative, de 1g à1,50g par

jour, en prises fractionnées de 0,25g à 0,50g pendant dix jours.

Ces doses peuvent être dépassées sans

inconvénients.

Les antimalariques de synthèse

peuvent être utilisés avec efficacité comme en dehors de la grossesse.

- Paludrine* : 0,10g, 3 fois par jour, pendant dix jours.

- Nivaquine* : 0,10g, 3 fois par jour, pendant dix jours

- Flavoquine*: 0,60g en 3 prises pendant un seul jour.

A côté de la quinine et de ses dérivés,

le traitement adjuvant ne doit pas être négligé : vitamines, fer, calcium, à

cause des carences de la femme

enceinte paludéenne.

Le déséquilibre humoral de la grossesse est corrigé par l'apport

protéique: caséines, jus de viande.

Traitement de l'enfant.

Au moment de l'accouchement, le cordon

sera coupé tout de suite. On évitera tout

traumatisme de l'enfant et toute excoriation qui pourrait être une porte d'entrée. Puis la

surveillance de l'enfant sera prolongée.

Le traitement de la mère, qui peut éviter le

paludisme congénital, est donc

prophylactique pour l'enfant.

A la naissance, on peut donner de la

quinine au nouveau-né, soit par voie parentérale, soit par voie buccale. On

mélange au mortier 20g de sulfate de

quinine et 18g d'huile d'olive. XX gouttes représentent 0,5g de quinine.

On peut ainsi donner à l'enfant, dans

du lait froid, 0,10g par jour.

On peut aussi employer les

antimalariques de synthèse à la dose

de 0,05g par semaine (Nivaquine* ou Paludrine*).