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SOURCES CHRETIENNES Fondalears + 1 de Labasy of J. Danilo, Direler C. Mendis, oj. No 300, SOZOMENE HISTOIRE ECCLESIASTIQUE Livnes LIL TEXTE GREC DE EDITION J, BIDEZ INTRODUCTION Boman GRILLET et Guy sappax, a Unneeae ag re A vonivertt Bat ttoene TRADUGTION 1 Ancré-Joan FESTUGIERE, o.p. ANNOTATION Guy SABPAE, usage pubté ane te cnsours (tu Centre Nationa det Lees LES EDITIONS DU CER, 2, 3p ox Laroun-Mavnouna, Panie76 Cate publiction ade prparde we eancurs de Pratt des Sones suéiennes (ERA. 045 ds CNRS) Ba © Les Batons ds Car, 1088 ISBN 2-204.0915.0, AVANT-PROPOS Depuls longtemps, Jes historiens de W"Antiquité tardive et beaucoup de ceux qui sintéressent aux textes chnétens des premiers siécles souhaitent. 1a. publication des anelennes histoire de I Fglise, avee texte crtique, traduetion et meme commentaire. De ces Histotres, notre Collection a deja Gdit8 Ja premitre, celle d'Busdbe de Gésarée, qui ofie, comme on Je Sait, un grand nombre de rentelghements et meme de textes, concemant les premiores Gqlises et communautes cchrétieames jusqu’en $21 7 Gustave Bardy a traduit et are ‘gement annoté le texte établ par Ea. Set warts (S.C. n™ St, 41, 59, 73). Aujourd’hul, nous préventons & nos lecteurs Viilsoire cecésastigue de Sonombhe Crest 4 Vinitiative du Plre AvsS, Pestugitre (Acédé le 13.ao0t 1982) que nots devons d’avol eutrepmiseetle editions ion avait fats iy quelques années, ln traduction et avait bien voulw aetepter que tous la publiions avee une double Introduction, littéraire et historique, rédigée par nos amis Bernard Grifet, maftre-assistant & FUalversite Lyon Tle ct Guy Sabbah, profesteur & /Universite de Saint Etietine Sans prétendre voulolr faite un veritable commentaire do Veruvre de Sozomine, Guy Sabbah a Ggalement redige pour le texte frangals une abondante atinotation dans laquelle Sinsbrent tes quelques notes préparées par le Pire esti tld et siguatees ie par ses initials, M” Jean Rouge, prom {esseur honoraire de "Université Lyon Il, a relu-tout le Imanusert de ce volume et, grace sa compatence dhistorien, nous a suggéré maintes ameliorations et précisions ; nous Tul fen sommes trés reconnalssants, Pour le texte gree, nous avons adopté — a quelques trés rores variates pres — celui de Joseph idea ¢¢ 1945) mis au Point et complete par de precious indices, et publié en 1900 4 AVANT-PROPOS par Gtinther Christian Hanson dans Ja srle Die Griechlzchen Christchen Selviiteter de ¥ Académie dos Selences de Berth (Crest en accord ave eell-c} que nods reprodusone un texte ‘ritique dont a préparation avait tb programamée on 1002, fen mtme temps que cet des Hisloires de Theodorct de Cyt et do Pailostorge : P7lisloie de Thcodoret a ete pubige en GOT par L. Parmentier, reéditée et mise au posite 1964 par Felix Scheldweiler. Gelle de Philostorge Ya été en 1913, Dar J. Bider, pour étre résditée, avec des sméllorations suc- essives, en 1972, puis en 1981, pat Friedhelm Winkeltnann Quant 8, Sozoméne, rappelons.simplement que Tedlio prineeps a été procuree par Robert Brtienne & Paris en 1544 Wolfgang Musculus et John Christopherson ent, Yun ot autre, donne une traduction latine de Tttstoze exclésias- ‘ique, parue, Ia premitre & Bile en 1548, la seconde & Low vain'en 1569, apres In mort de Christopherson, Cette det nifre a, par fa suite, été complétée et souvent réimprimee tn divers endrats. Ein 1008, une édition importante da texte fst athevée & Paris par les soins d'Hentl de Valls, puis, elle fuss, rélmprimée en divers endroits. Tl faut encore men= tionner celle, posthume, do Robert Hussey, parue & Oxford fen 1080. Mals les traductions de Sozoraéne on langues ‘odernes demeurent pes nombreuses: elles sont duce, scees= sivement, a Cousin (Paris 1676), Walford (Londres 1855) et ‘Hartranfl (New York 1800, réed. 1970), TL va de tol que, pour la description des manuscrts de Yeeuvre de Sozombne dans Ta tradition directo os indirect, Dour des informations detalles concernant les utilsateurs fe cette Histoire, ses ditions et ses tradactions, pour Pete Aes sources comme pour celle des variantes au Lexte, on ‘evra se reporter fla derstre edition de Belin, qu est active! lement épuisée, mals fait Yobjet d'une sousctiption en vue une réddition. Nous ne prétendons, par eo volume et 18 suivants, que rendre aux leeveurs et aux usagers de 1a Collection S.C. au moins le service essentiel qu'ls attendent ‘Srdinairement de nos publications + une traduction sare et Tisble, accompognce d'un minimum de notes explicatives, qui penmettent un acets personnel 8 ces anclens textes, 15 soptembre 1983, Claude Moxnssene INTRODUCTION CHAPITRE 1 LA VIE ET LBUVRE Les renseignements que nous possédons sur Sozoméne sont fournis par le texte méme de I Histoire ecelésiasique ils laissent une place tris large & Tinterprétation. Souls quelques faits ow quelques dates émengent au milien hypotheses, de probabiltés on de vraisemblances. ‘Lenom complet de Sozoméne est, selon Photius, Salamanés Hermelas Sozoméne? ; malgré de nombreuses variantes dans la place respective des trois noms et dans la forme méme de ces noms, il semble bien que Ia legon de Photius soit exacte®. Il n'en reste pas moins que le deruier Le nom de Soromene 4. Puomus, Bilthgue, ed. 30: «Lae Mitre esststnue de Slants HermeiasSoromine i seacistique on 8 ire ‘2 Sur le prooltme du nom de Sovamine voir en pariculer HL be Vatows, Anvaatones (eprodults en PG 67, «859 e Bion ‘La tradition uanuserite de Soroméne»p 25. Presque partxt Souo- imine est sid par une site de tris nara plats divetement selon les mss; denx sont orgie gece, Hermeta ot Soxomine tole trouve en Orent A époque du Bas Empire (6. Paley hyp S47 ot 102), Hermes part tele nom de fami, eat Fasags eat ees 0 INTRODUCTION ‘de ces noms est devenu appellation courante ; est ainsi que tréstOt autour de PHistoire eceésiastique a été nommé simplement Sozoméne?, épandu dis ie sil eo Orient de cos noms de fame fons sur 1 nom de vii ¢Apotion, Herts, Ascloplay):plustens Hermes (t Atléinds sont cds date PAL Rey I, p18 oe 4225 et Mansion ‘pave (P.2.2., 1, p. 14-118) sande des Apoliare, Apolodore, polos, Apouentos. Quant ai stinom Sevomine okoueveg ‘sauud ), stpeutttre€0 8 unépvode del petite entance, Pour i laos nom, place eta forme mine sont ales d des varantes, Salama, Silamies,Salmants pets en tte dela tte de tals on, et Salantnos,Salaminios pnts apis dene autres nora, Nicéonone Ciuuste (rive 8) fait_de Salaninin un. ethongee (1.8.1, 1 (PG 15, e005 DY): "Bpastng Uaoasvic ba Ueda heydueros (ermelas Sozoméae appele le Salaninis); cette inter: prétatlon est peu vrasemblabi ear tien ne permet de rupproder Sozoméne ou sa famille dei vile de Salattine de Chypee rouse {eosegnements que fourlt Sozamine Ikméine tendeat aie e a ‘Palestine (gion de Gara le Drees de soe ancsier et aucun len Drivikgt, autre par, ne paralt avait exte entre Sosomine et ype, tM est meine pas tr qu e sot rend pour y recut des témolguages sur Tos vagus et Le dite de elie. tule ‘egom plausible est Salamans Hermiciat Somme "est la egon In pls siclonne, elle de Photius (xe) et avec variate Samanta, alle Ga Mercianes 927 (sane 5}. It sag pout Salamans, dle leanseipion en gre du mot doigne smilie (ot Ts warantes, portant uniquement sur lor vos) Shs, Le om de Sulamanie Apparat dan ies inscriptions de poque etches Sevomtnes oie {wom d'un moine— selon Vatois (PC 87,834) ve nm ad dad 8 Sosamine pare quit auralttravalé sobs a decton Gece moine Salananés dans sa anes. Ladjonctlon atom defi un or devine inate geet danage corals Fepoge le tigue en Oren. 1. Tidooons ue Lxcrmum (debat vi 4), dans la Prface & son iste teipart, gut et we compilation dns sa premitre pati de Socrate Somme ot Todoret, elt cenjoimanent Secrate et Sezoe ‘tne, et pare alleurs du «temheutene Sorte + (PG 86, e180) Gasstooons (vi 6) pale de deatur duerlisini ole, Setamene et Soorae (ritace&son Mitte ets, PL 68,6 880); Gneeorne 1 Gnaxo (Git 8) pare do Sorouene (Late XXXIV) A, moter 4Istbons bs Pause adrese one ltte (00) 2 un extaln Sons. ‘iéne gl pourat etre note hiserien, LA VIE ET L’QQUVRE it Béthéléa, prés de Gaza en Pales- tine est, selon toute vraisemblance, le lieu natal de Sozoméne?; du ‘moins ses ancétres en étaientils originares. Cette bourgade ‘popiileuse contenait, nous dit, des « temples vénérables par leur antiquité et leur architecture », et en particulier, ‘diflé sur une acropole artifcielle, un « Panthéon », dont Je nnom de Béthel dans la langue du pays (maison des dieux) avait sans doute donné son nom a Ia localité, Crest & Béthéléa que naquit le grand-pére de Sozoméne ; il appar- tenait & une noble famille paienne et fut un des premiers habitants de Béthlén a se convertir au ehristianisine avec ‘toute sa famille, Cette conversion eut pour cause Ia guérison ‘miraculeuse par le moine Hilarion d'un eoueltoyen et peat étre parent?, Alaphion, possédé du démon. Hilarion qui avait d'abord wéen dans In solitude «Egypte, était venu se fixer comme ermite a Motouma, non foin de Gaza, au bord de Ja mer; il y vivait depuis 307, mais sa célébrité date seulement do ses premiors miracles, en 929 ; comme ‘Jerome, dans sa Vie d'Hilavion, ne cite pas la guérison ‘miraculeuse W'Alaphion au nombre des premiers miracles est done que ect événement est relativement postérieur 329. Le grand-pire do Sozoméne, qui était un homme instruit et cultivé, dowé ea mathématiques, se consacra alors a Telude des saintes Meritures :« De la vint qu'il fut tis aimé des chrétions de Gaza et des lieux d'alentour pour qui il résnlvait les difieaties des saintes Veritures. » ‘Au moment de la persécution de Julien (362), il partit en Naiseance de Soromine 1, Hilie ecctstsique V, 15, 14 et VI, 32, 8, Cl Basemoes, set «Bathele'», POP IIS, 4 (1097), 969 2. Vavos, ap. P67, 1280, 11 4 Sozomine pale onguement 2460-2470, 2. Le nom d'Budace wappartt pas chez Soromne oo INTRODUCTION consacrées & cette période sont allusives et pradentes, on ¥e voit pas pourquoi Sozoméne aurait agi autrement, Enfin, en fixent & 439 le terme de son Histoire, Sozoméne obéissal, 8 des misons d'opportunité, qui n'ont pas dehappé non plus 4 Soctate, et se mettait ainsi & Vabri d'une exnsure éven tuelle: aprés 458, In politique extérieure de Théodose est peu flatteuse pour sa mémoire et la politique intérieure volt le prince passer sous Tin luenee de Chrysephius, dont lassi luité auprés de Théodose avait eontribué & la chute du remarquable préfet du prétoire d'Orient Cyrus de Pano polis (441) et celle d'Eudocie (443) —c) rest la trvisitme hypothtse, la plus simple et Ia plus vraisemblable, c'est gue le livre IX, s‘interrompant de fagon aussl abrupte, n'a pas pu étre achevé par Sozoméne : Vauteur, pendant ln rédaction de ce livre, a été saisi soit par la maladie, soit par la mort, A quelle époque remonte ce début de rédaction du livre IX ? 11 est impossible de le dire : Ie denminus a que est 4431, date de In dédicace, le terminus ad quem est 8, Sozoutiéne fat allusion, au 1 chapitre 9) da livre IX, ala lutte de Putchérie contre «les dogies batards », c'est-idire 4a querelle ave Nestorius, achevée parle eoncile @Ephise (431), Selon Sozomine, c'est « la demniére manifestation ‘érétique quid ait connue »; il a done rédigé ces lignes ‘avant Ia crise eutychéenne? & Inquelle ta Cour fut melée 4. Sion admet que ivre 1X at Fobjet de censure impli, Hee soppow 8 ce qui alt publé en me temp due het 2 Eetyes, meine antiestrien,routena par I'afraneh Chr: lus, fut acca devant Yumperewe pa le naerien Domine eobee M'Aatioche, de profess Phere apoinaist (tle tre de Doren & Wavion en septembre 448: Srei-Patawaoe, p40 ong Ip Sa. Ge tut le dtbut dune asaine qui eu user gra ote TA VIE ET LXEUYRE, at intimement & partir de 448. Test vain de vouloir préciser davantage. SErovemor 4m Eiger dvat gic ax farted Ch. t'par Je coneie ¢'Ephise d'ao0t 449, réunt par les rae ribae re ‘Favtnement de Si teres ls ar pad poe ee ee eu ant 9 pL Ia Si oe ta BI da app ae toate tans i page ot ete avant manage de Pls sty On ep iu texte du chapitre 3,, ee ia 5.» PW 1,1 CHAPITRE IL L'HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, Sozoméne défint sa méthode et ses objectifs dans quelques para graphes de la dédicace et surtout fu cours dt 1& chapitre du livre 1 ‘Modestement il ne se reconnait pas les capacités suff santes pour mener bien son Histoire de (Eglise et il invoque l'aide de I'Esprit Saint : « Pour un sujet qui n'est pas Fceuvre des hommes, il n'est pas difieile & Dieu de me faire paraitre, contrairement 4 Tattente, un historien?. Et cest bien en historien qu’ll entend ceavrer : « Je me Propose de décrre Ia vertu de beatcoup dommes remplis, de Dieu ot les événements relatifs & [Egle universelle®, » Cela dans un souci d'information du lecteur qui a droit le vérilé ( Tout doit pour Vhistorien passer apris a vérité?»), et a Hobjectvité (¢ La tacho de Thistorien est dle raconter seulement les faits sans y introdulre aucun élément per sonnel* ). Les sourees auzquells il puise sont les souvenirs Personnels, les temoignages oraux directs ow indirects, les Hettres, les archives : « Je mentionnerai les événements anxquels j'ai asssté ou que jai appris des gens au courant Sozomene historien 1 1,412, 2 Ha, Dédlsee, 17, 3. HB. 1,17 C-:. taut we souserprinepolement de a visit pour que slt hanndte Phistore «(1 10), ‘Hs HL, 15,10 LmsTOINE ECCLESIASTIQUE 3s t témoins des choses, dans ma génération et celle qui I'a précédée. Quant aux événements plus reculs, j'en ai pours suivi Fenqucte d'aprés les lois qui ont 616 édictées pour notre religion, d'aprés les eonclles de temps en temps réunis, d'aprés les innovations apportées au dogme et les lettres des emperours ct des pontifes, dont les unes sont conservées jusqu’a ce Jour dans les palais imperiaux et les églises, ct dont les autres se rencontrent ¢d et la chez les amis des lettres,» Ces sources ne sont pas eitées dans le texte, Fauteur leur emprunte seulement Je renseignement désiré, sauf a Foecasion de points délicats sur lesquels les témoignages divergent : «Jal souvent eu en pensée d'intro- dui le texte méme de ces documents dans mon ouvrage, ais j'ai jugé meilleur, pour ne pas alourdir Fexposé, den ‘apporter brievement le sens, moins que nous n'y trou vions des points disputés sur lesquels les opinions de la pplupart divergent ; en ccs cas-la, si je mets la main sur ‘Tuelque écrit, je le présenteral pour manifester la verite®. » Eusébe aimait & donner de larges extraits des documents auxquels il avait recours; en prenant ses distances avec ses sourees Sozoméne adopte une méthode, nouvelle chez les historiens de IEglise, qui rappelle elle des grands histo- ens grees elassiques, tels que Thueydide ou Xenophon® Apris ees declarations dintention — vérité, objesti- vité —, Sozoméne présise la finalité qui entend donner & Vouvrage :« Jai voulu montrer comment, en butte & tant dennemis, Eglise universelle a fini par aborder a ton Ports.» La vérité, pour Sozombne, est done celle de Vortho- 1, HB. 1,118. A oceson Sozoméne rappel cette fMehté aux sours: « Val rit. ce que fal appre de gent exactement au ca rant» (Ul 3,8). 2 HE. 3,16 3. Seromtog connaisait sans doote Faure de Thucytide et pas cartainemeat celle de Xénophion, suquel I parat enprunter les ‘remieer mos de la Gpapéde tings 82 ep. 108, 8 ‘IEE, Dedieac, 17. “ INTRODUGTION oxic, et son objectivté consist & dénoncer les erreurs des secles qul ont défiguré la vraie doctrine et a réfuter ainsi certains hisloriens qui estime partisans ow mal informés, dont les mancruvres ont souvent abus6 les chrétiens ‘Alin que nul, par ignorance de la réalité, ne convainque {de mensouge mon traité, pour avoir lu peat-dtre des éeits contrares, il faut savoir que, & Voceasion des doctrines Gl Arius et des érésiesnées plus tard, les chefs des diverses FExglises, en dispute les uns ave les auites, éerivaient des Tettres & ceux de leur parti sur les points qui lent tenaient fa carur; se rassemblant en conciles, ils émettaient les votes de leur choix, et souvent ils condamnaient par défaut les tenants des opinions contraires; entourant de préveuances Jes empereurs du moment et les pussants de leur suit, is cherchaient i tes persuader de leur mieux et & se les conci- lier, et pour démontrer leur orthodoxie, prenant parti les uns pour ceuxec, Jes autres pour ceux, is ont forme des collections des lettres en eieulation pour Ia défense de tear ‘propre secte et ont passé sous silence les lettres contraires 5 te qui rend lout d fat tortueuse pour nous la découverte de ce qui est vraiment passé touchant ces fits}. » est done ‘une mise au point quil entend faire sur cette période tra- versée par ln ersearienne, la réutation des erreurs doctr- ales successives permetiant de rendre plus éclatant Je ‘riomphe final de'la vérité orthodoxe : « La doctrine de 'Eglse universelle apparattra dans la plus grande pureté possible, puisqu'elle aura été plusieurs fois mise & Pépreuve par les machinations de ses adversaires et que, Dieu lui facordant la victoire, elle est revenue A sa puissance pre- imiére et a atte A sa verte premiére toutes les Eglises et Aoutes les massest » Lilfistore ecléstastigue est sinsi une version erthodoxe de Thistoire de Ilse au ive sitele depuls Constantin; 4. ALBA 18-10 2 nena. HISTOIRE ECCLISIASTIQUE, 3% le compendium résumant Jes événements depuis VAscension ‘du Christ illustrait le cherinement de cette vérité a travers les sigcles. Est-ce & dire que Sozoméne se situe dans la lignée sles apologistes des 1° et n® siécles et des premiers histo- iographes chréliens, tls Clément d'Alexandrie, Julius Africanus ou Hippolyte® ? Peat-on voir en Iui le continuae tour d’Euséhe ? En aucune fagon : Sozomene est un Inte et il observe Vhistoire de l'Bglise de extérieur, en profane ; économie interne de Vouvrage en est. deja une preuve, car la chronologie des évéques x'y joue plus qu'un role secondaire et les chapitres sont ordonnés en fonetion des ‘ignes des empereurs et non plus par référence a la succese sion des évéques sur les sitges apostoliques. Mais surtout la perspective dans laquelle Sozaméne aborde les pro- blemes est différente; il ne eherche a démontrer ni la per- manente présence de Dieu parmi les hommes, nila conti= nuité de ta parole évangélique dans son impact sur le ‘moncle, ainsi que le fait Eusébe ; il eongoit son histoire de 'Eglise comme un historien Vhistoire d'un Etat, se eons rant aux hommes et aux événements, relatant les péri- Deéties des combats qu‘ont livrés contre des hérésiarques des hommes défenseurs de la bonne cause, combats oi Salfrontaient des doctrines, mais aussi des caractéres et es passions. Les évéques’ne sont plus seulement des hommes «'Eglise, mais aussi des hommes qui font histoire, avec leurs faiblosses et leurs grandeurs. La période qui ‘coupe 'historien, ailleurs, est différents de celle ‘a'Eusehe : aver le triomphe de Iiglise, celle-ei ot Etat tendent & se confondre et I'istoire eclésiaslique rellite cette situation ambigu. Le regard critique de Sozoméne stexerce sur le jeu cruel de Ia eomédie humaine augquel se livreat ces personnages en quéte d'une place honorfique, 4. ch.uprep.25.— Et oi Scavonn p64; Mowtouano «Pagan sn cst istvogapay Ue forth cestary» Ppa Se Chistianity, Essay 1V, p. 79. ie Py INTRODUCTION une fonction, d'un siége épiscopalt, sur la confusion qui rregne dans ee monde encore en gestation, oi dominent les interéts, les ambitions, les cupidités, les haines, et dou souvent est absent le soule de Esprit Saint. Une histoire de ITiglse ainsi désneralisée devient plus accessible au profane, qu’en tout état de cause i s'agit moins de convertir que d'informer ; elle n'est pas, & propre- tment parler, une qsuvze d'apologie du christianismes, mais plutdt un document intéressant sur I'dée qu’un historien chrétion se fait de sa religion et des querelles religieuses de son temps, La poréeapologéique dy Fou Nate vrage tt done tet able, bord sereutaye pare que fe manque de formation Sees théologique de son auteur ne hii met pas ane ee sue fond Jaa pas Pexperence Aces sorts de dupes ert au sue ds daeusons ‘outevies pares sits sur etrains pots Gu dogme's nuit pates que Sovamene se propose seulement de sus ten Te poate vue de Tordodone ens pétentre en démontrer ln weit Tout ce qui fouche au content dela dectrine et sngneusomentooels: Pesos que, sur st Aetna, ies pens lent Constantin apes Yappenion 1, Entre autres nombreux exemple, les lignes extigaescancarant 1a coma eysique Joute par tes meltene cts rine (bien que chaque eamp désavouat dans Je pete cw gol venalt de autre, is Aaceeplaent de se jouer In somédie contairement & leer epiien Dropreel de accord dant ommuni de eur hanes ehaque cay splat ben qui se eendratsldmenttalize de ce ul dtl + (G1, 2,5) ; de tine tes tnnembenbls machinations fomentes contre Auhanive vont préentées dane ane tomite aes ere 1,23). 2. Le ton ot pas celle raideurdogmatique que poseent patois Jes ouvrgesspofogtiques felts par der clres Sonne ne manque as, méme, d'un certain humour quand prend hex yects eu fageent sie de contradiction (1, 21,9 ou IML 8+ +A mone que qulgue Sto obstar no seach eh steret dae es formule, 9 quand ‘amuse des mots despit Ge Snnies (WIL, 1, 1) LHLISTOIRE BOCLESTASTIQUE a A signe de la Croix n'est rapporté qu'en quelques mots); kk texte du Credo de Nieée, fondement de Forthodosic cependant, n'est pas cité, & plus forte raison commente + « Pour que, explique Sozoniéne, le symbole de la foi qui fat alors adaise en commun soit & Vavenie fermement tesant mainte aux yénérations futures, favais @aord hugh adeesssire, pour démontrer In vérté, Wen metize sous es Yeux le texte meme. Mais sur le conseil amis ples ot compétents en ces matiéres, attendu que les seuls faites ot Inititenrs ont fe droit de dre ct d’entendro oss choses, at suivi leur avis. et j'ai eaohé le plus possible oo qu'il teat ‘aire des mnystires secrets’, » De la sorte, ln verité du christianisme est pour Sozoméne un postulat qu'éslirent trois afirmations sommaizes, mals fulfisantes ses yeux : — a) affirmation de Pessence aiving dtu Christ, dont Sozoméne s'étonne comme d'un seandale quielle n'ait été reconnue qu’avee tant de reticence par le euple juf* — b) affirmation de Vessonce divine du stvis, 1 8.13, 48. 2. 228. 26, 3, Toutetos tes formals capltates soot essex tele ‘unt rappottées:« 1 faut savor que les Pare delrtront nee eg comune au Pe; quant a esx gui dint" Itaog eee etal pus et: Ha pas exes avant devo tet eee elt et Ut da néant” ca qui edie dune ateecein ae, ‘sence, ou susceptible de mulation au de changement ng eee ‘unlGrent » 21,1), Sozoméne souign destin Pasa an, {ton : In fn tous es evequstombrentd'aecard ate tes {40 le Fs et constant au Pir. Ona qu'ex debut Taken ‘ie die-sept évtques pour Jour la thise Aste, aoae goer cae champ, a pupart de er Pies se tangbent& Fopiien Sense, (F 2,0 Pour tout es conc, on retouve ches Titer, importance sure plan tholgtue sell wae 4, ILE I 4. Sel sont = pout ben sre oe ola er de Savi ure cia. eat tout especie aa ‘Bath set ale, que Gat et Dice sei ah s INTRODUCTION tianisme, authentifige selon lui par les apparitions du signe de la Croix aux moments décisifs do l'histoire eo signe ‘apparait & Constantin & la vaille de la bataill!; il apparatt plus tard gussi sous Constances, et cette apparition, inter- prétée « comme le symbole de la vietoire du Christ sur T'Hadés*s, desille les yeux d'un grand nombre de paiens* ; fauthentifiée aussi par la vie exemplaire et le martyre des prumlers chrétions dont les actes « forgaient sans contesta- tion, dans les maisons et les ville, & crore ce qu'on wavait ‘pas entendu auparavant* » — ) alirmation de la vévité Ge la religion prouvée par les miracles, signes de la volonté divine « de faire progresser la religion » en lui doanant le sceau de la vets ‘Les nombreux iniracles relatés par Sozoméne se pré= sentent essentiellement sous trois formes : a) le lew mira- culenz : ainsi la statue du Christ 4 Panéas?, Ia fontaine ‘miraculeuse de Nicopolis, source «guérisseuse oi les hommes en se lavant se débarrassent de Ieurs maux® T'arbre gué- risseur «'Hermoupolis®; tous ces lieux sont « le signe de la présence de Dieu et de sa victoire sar le démon#? »—b) la puissance miracutewse eoneédée par Dieu « aux hommes qui Jui sont chers! 5 c= pouvoir apparalt Walllears & Soz0- AAR S2 | 2 HIN 8 He 3d 4, Gh i. 1Y, 0,3, De mém, a Toceason doa découverte dela Grol ‘ervsalem, la designation par mirgeles et onges dee lieu ot fait a Gros « moatre que les choses divines vont besoin d’aseune ‘ndieaton de apart des hommes, toutes es fis que Deu Iuiemfme & Acid de les mantener + 1, 5 MET 1,10 6, Par example, ces an tdmsigoag pour ta propagation du ehs- Lakin quo lt coavarsion du vilago tal de Sozamine (B4Lléa) ‘Ta sute de la gueron minaculeute dAlapion, pssedé a deen, ar ie maine Hilarion (V, 25,5. THEN Behe BILE, ¥, 2, 6 8, HE, Y, Bt, 10. 8. ¥, 2,10 11, IE, TE, 14 19.26 1V, 10,1 16,125 et LUNISTOIRE ECcLAsIASTIQUE: » éne comme « la suite naturelle d'une vie vertueuse? » et ‘lest Vapanage surtout des moines du désertet des évéques: don de prophetic, don de chasser les démons, don de guétison. Ains,« faissient beaucoup de miracles + Apes, Apollos, Donat, Kpiphane, Zenon et Ajax, Helles? Le « don divin de prévoir » est attribué a Antoine, Macaire, Pachome, Arsace, Jean, Théonas et Bénos, ainsi qu’aux €véques Athanase, Chrysostome et Epiphane?, Pulchérie elleméme est l'objet de la bienveillance divine’. Ce don de prophélie, Sozoméne l'oppose évidemment aux pre- tiques de magie des « philosophes» paiens irites des progrés du christianisme et cherchant & conserver leurs prérogae tives en ce domaine®. Quant au don miraeuleux de guerit ‘ou de ehasser les déinons, il est le privilége de presque tous les hommes saints; c'est le miracle qui frappe le plus Pima sgination des foules et se rdvdle le moyen le plus eficace pour ‘onvertir les paiens. Iconceme soit le guérison de maladies ‘ou d'incommodités physiques : Etychianos, Apollonios, Hilarion, Jean, Ox, Copred, Moyse, Tévéque Donat*, soit Ia guérison de maladies mentales et de posses” sions : Paphnuce, Hilarion, Arsace, Or, Apellés, Macaire, 1. 1B. V4 18,6 3 pelts VI.26, 7; Apollos: VI,20, 2; Donat : VII, 26,1 et 8; Splphane = VIE, 8,45 Zion et ajax: Vil 28,8; He Vi, 38, 4, Antoine 1 19, 7 et Vi, 5, 83 Macnite# idl 34, 2; Pachowe i, 14,16; Arsaco: IV, 16,12 Jam Vi 28,4 et VIL, 20,7; Thera et Binos Vi, 25,95 Athan wun 15 HE IX 3.4 5, Alnst ia peietion de ces phlosophes asst de a suecesion ‘ae Valens formule Taide de touts sorter dinstruments oneal: tourna-telle &Teur confusion (VI, 85, 3). Symptotnatiue ease da ‘wiomphe chen aux yeux ae Sovomne et le sllense de PApelion de Daplné rendu muct parla pretence dea chasse da martyr Bayles transrée dans un erative proche ds tele oracle (V1, 19,13, 6, Eutychianoe : 1, 14, 10: Apollos IIL, 14, 95 Hitagon 1 14,26; Jes: Vi, 94 20,8 OF VI, 28,2; Copred Vi 28,43 Moyse: Vi, 20,25: Donat Vil, 2,1. 4 INTRODUCTION, Moyse*; Macaire, dit-on, alla méme jusqu’a ressusciter un mort? — 0) enfin, Dieu Se manifeste de fagon plus directe encore par sa Providence; elle agit sur les mes, animant intelligence ot Ie volonté des hommes, sows’ la forme anges qui les assistent®, de_ visions envoyées en vonges! qui sont comme lo refit du débat intérieur of fa volonté ‘humaine est éclairée miraculeusement par I'Esprit Saint Cette longue énumération de faits miraculenx dnote elle chez Phistorien que préLend ¢tre Sozoméne un manque dle sons eritique ? Le procédé est traditionnel chez les pologistes pour qui le miracle est la preuve irrfutable de Ja volonté de Diew, et on ne peut faire grief Sozoméne de sactifier volontiers & ce rite. Il_y apporte dVailleurs une touche assez personnelle. Ainsi, le geste de Julien qui, sur Je point de mourir, lance vers le ciel un pew de sang puisé Asa blessure comme s'il avait les yeux fixes sur apparition rmiraculeuse du Christ, suscte-tilee commentaire prudent * Que Julien, sur le point de mourt, sit va le Christ, comme il arrive a Tame, quend désormais elle va se séparer du corps, d'étre capable de voir des choses plus divines que no le peut homme, cela je ne puis le dire, mais je n’ose ‘pas non plus le repousser comme un songe... » La néserve 4. Paphace 1,30, 1; Hllron : 11,14, 28 Arsace:1Y, 16,12 Or Vi 28,2; Apes | VJ, 28,75 Bacay 1 Vi, 25, 121 Moye Vi, 23,40, 3. die. 0,14, 48, «La Dviitécesitait Fempercur en son zie ot tsi confirat a des piphanies, que cos malsons de pies dans In vile étaient Sains» 1, 8, 8) Vow = Tange de Plammon (VE, 2, 11) cha do ‘Thtodose (V, 2,4) de Pachsme (IT, 3, 1 ds Mare (V2, 1) ete 4. Vision envoyeo& Constantin (I 3 1) apparition de sat Thy AA Pulchisie (IV, 2, du prepaiteZacharie Caterers IX, 7, 3) isfon envoyée fh Constantin pour fonder Ia vile de Constantinople (01, 8,8), 4 Juten au moment e sa moet (V7, 2,12), a0 philosophic Didyme (Vis 2 6) les 5, MLB. V2, 12.— Poors copartzon des mers crétien ek pales, voir par ex M. Masti «Le nerveux eomme langage pal ‘Guechex Amen Marcellin, Mélanges Selon, Pare 1974, p. 358-368 LISTOIRE ECCLESIASTIQUE, a ainsi formulée est preuve de lucidité, comme si I'erivain émetiait un doute sur le eareetére extra-humain du fait rapporté, songe, vision, apparition, qu'on peat tout aussi bien expliquer par des causes toutes naturelles. D'antre part, Sozoméne semble établir une distinction entre le ‘miracle — auquel il eroit comme a un signe divin — et les Gireonstances dont il est entouré : Vhistorien les relate Parfols avec une complaisance qui fait penser aw bon Herodote eontunt des histoires merveilleases ; ’événement, ‘miraculews ou édifiant solicte chez Sozoméne non seule- ‘ment sa for de chréten, mais aussi ses qualités de conteur A affeetionne Fancedote curieuse, insolite, qui satisfat tm public dont la sensibilité religicuse s'aecompagne sou ent du besoin de réve et irrationnel, Cest le eas pour les « portraits » des ermites,sorias de contes moraux, et plas encore pour les récits relatifs 4 Ia découverte des reliques dles martyrs, congus comme des drames & épisodes! En particulier, quand il raconte In découverte des restes des ‘quarante martyrs — longue digression hors sujet dont il Drie le lecteur de bien vouloir V'exeuser —, il sacifie & le fois & 1a mode de son temps pour les reiques ct a une cere taine vanité d'auteur en conlant un fait dont il a été le témoin, PPeu rompu aux discussions théo- we chests Msiques, Sozomine est pourtant uiveaiace = tes altentif Ja vio du chitin: nme, Cestendie mx divers manifestations de ta foi, Ses reflexions, qui témoignent certes de plus de euriosité que de profondeur, concernant uatze domains 4. Gh a découverte des fragments In Croix (1, 1) Ye trnstert| es 'renes de Pal et Mice (VI, 10), dsouveri de la tee de Jean-Baptiste (VIL, 21), des renter de Habacue et Mehée (VIE, 2), des prophties Zacharie ot Benne (IX, 17), des quarante marge, x.) a INTRODUCTION 1) Lintéctt porté & la litargle et aux innovations cultulles est di suns doste limportance des débats awelles ont susstés au cours doce siele ot tant de concles ant essays do fixer les rites autant que Ia doctrine. De son enguste Sozoméne a surtout rotons la divesité dos eér’- monies du ealte,soumises aux traditions locales, diversite qu'il ne considére pas comme une fiblsse, mais plutdt comme une preuve de vitaliel a observe ces coutumes 4 Rome, 4 Alexandrie, & Constantinople, en Libye, en Phénici et « dans bien des vlles et des villages», et elles sont relatives aux diacrest, aux chants, peste, ouveages de pits utilisé par les fds et le elergé?, ux dférentas fagbas dont se fat i eeture de Evang, & ln longueut du Caréme, au jour de Tassemblée du culte (ci le samedi ailleurs le dimanche), & Vemplacement réservé aux péaic tents pendant Fofices, au bapltmet, & la féte de Pagues diversement dlehrée chez les novations, les sabbatiens, Jes montanistes, et laquelle il consare tout un chapitre. « Ces coutuines, coneluti, les gens qul en ont &té nouris ne jugent ni piews ni tolérable de es enfreindve, par rexpect Pte ceux qui les ont ctabies*»; il approave done impli- citement la latitude lisse & chaque peuple pone exprimer sa foi ds lors que clle-i n'est pas mise en eause. L'idéo Guvune unification de tous ces usages serait peut-tie pro- 4. Hh, VU, 18, 12. xine de cx tation sont element ies pa Soca (VI, 19, et el seme ogi dea tne Competaasion gee Soiombe tos dev son der lst dt fusses a pluprtrotvent do Yobmrvaton peromele de Sozamins 2.1L. VI, 10, 4. IE, VIL, 199. Tete rApocaope de Pe ona rts par Jes moines don tempt, ql fut azouver sous le ge de Thados tins dex cwonstanes qu late tate (70 1,1, HE. Vit % 8, HE. NUL 10,12, LiMIsTOIRE ECcLESTASTIQUE, “ Atabe& Yexpression dane fo catholique » ne semble pas ‘eMeurer son esprit. - S 2) Le monachisine pparait & Sozoméne enmme le fit spiel le plus rearguant dy ave sce; apres str jue Ui den tntroduire Pie dans une hse de Eglo’ i analyse emarqeablement les origins ta mouverset to besoin de restellement, de meédlation, de vie serehe Ioin des hommes, le ronment aux appetite senscels en réaction contre. lions, contempurain, Tapped mystique et T « adoraion parla purelé de Téme 34°40 conrs de tris longs developement ux ves Tet VI AWakert Pesstonee de xs moines ete tayomnement quis exeretent sur es populations de tnt Te pourtout miter Tanéen arienfa. a sageste de ces erty leur « por sophie » (ce terme designe la vio astsy, et prientée ann Td eps lve gu pa eer wn een Aiquant es vertus monacales qui trent Thomme vers Te hawt, abstinence, tempéranc, oubll de so, mépris €t corps, bonté,ehanié, amour mystique de Dieu®. Dans la Confusion dsl, es nrgues tes comyomisiona xs hommes de prt sont le symbole dea fol vivant 3) Cette prédiection pour le havre de sérenité quote la vie erémitigue josie lex rélenions eiiqus de hist. rien sures porseions et Pintolrance. Quand parle ee 1 14 18 Be btn Bt bates areas 5, Moines de Pate, iby, sori, Arabi 13,2, pte (1 19, ete (V1, 3, de oe CL) de alee Vie by Tei HLE 1 tnt Fc eae haste rt ae ate wae pinto morale de cttes"plenoii erases de Dieu ches les hommes +. cee 7. ison ie evan du cutee, tes molnes ant espa sie propsacus ela fl parle ovr te ear eee ae vnzn “ INTRODUCTION circonstonces qui ont entoure Ia christianisation du monde palon, Sozoméne approuve les méthodes pacifiques ji loue Constantin de n'avoir pas fait appel Ja foree pour imposer Ie christianisme aux patens* et il bldme Véveque d’Apamée, Marcellus, qui, «persuadé qu'il ay avait pas d'utre moyen, de converlir les gens de leur premiére religion, renversa Tes temples de In ville ot des villages et, avee une bande de ladiateurs, eatroprit de détruire fe tomple d'AulOn® », IL critique sévirement V'évique dAlexandvie, Georges, qui pperséoutait pafons et ehrétiens orthadoxes®, eb condane Eudoxius, responsable d'une persécution « presque pareille 2 celles qu'on avail vues auparavant sous les empereurs pafens » et dautant plus honteuse que « perséeuteurs et perséoulés étaient issus de Mglise of, Cette violence, au 1V* sige, est moins ume atteinte a la personne physique dqu’au droit des gens ct. la dignité de Phomme, ellen'en est aux yeux de Sozoméne que plus répréhensiblet, En revanche — cl tout n'est qu’ane question de nuanee —, i approuve Jes procéclés qui relévent de Ia persussion : par exemple la politique de Constantin qui eonsisto & « faire perdre aux palens le goat des pratiques religiouses » par un mélange de crainte et de promesses, et & les amener d'eus-mémes ase ranger @ la religion du prince au fur el & mesure que leurs temples toment en désaffection® ; ou encore la poli= lique de Théodose qui, « pour détruire "habitude acquise ‘qui entralnalt les sujets aux eérémonies traditionnelles et aux Tieux do culte » interdit I'acots aux temples et les démolie?, 1. 1.8.11, 5,2 « Mempereur ne por appa 8 trop, + 2. HE. Vit 15, 3. Vaaninat de ce pervnnage par ie plane suacit In noprobation de Soromite, ton pa soe indignation, 3. 1B, 1,30. 4. 1,264 6 Is 7. MB. Vi, 2,2 UMISTOIRE ECCLESIASTIOUE “6 4) Enfin et surtout, Sozoméne est un des premiers histo- riens de 'Fglise & nous donner un large aperga sur la diffu- sion de la religion ehrétieane chez les Barbarest et sur le ‘mouvement d'évangdlisation qui se dessine dans la. pre- ‘iére moitié du iv" siete, en concordance aver la naissance dda monachisme : « Il serait bon de rapporter, écrit Sozo- mine, antant que je pourrai y atteindre, les fats relatifs & notre religion chez [es Perses et les Barbarest. » Le pano- rama qu'l brosse de la propagation du christianisme dans Je monde barbare a nécessité une documentation étendue ‘qui dénote une curiosité «esprit toujours en éveil et la Yolonté de donner au terme catholon son sens d'universalit es pays barbares forment Ia ecinture de l'Empire romain Vhistorien part du sud de I'Egypte, de I'« Inde», of Frumentius porte Ja bonne aowvelle®, il traverse Arabic ‘a gauche de I'Fgypte quand on remonte le Nil€s habitée par les Sarrazins dont il évoque les origines et les coutumes, Duis il passe chez les Arméniens, les Theres « qui habitent 4 Tinterieur de 'Arménie vers le nord? », c'esteadire dans Ja Géorgie actuelle, puis les Perses?, les Goths® dans la région de !'Ukraine au bord de la mer Noire, les Seythes eafin, dont la métropole Tomi est eune grande ville prospire sise au bord de [a mer, ayant a sa gauche ce qu’on nomme le Pont-Euxin® a, Pour terminer ¢@ tour des froatiéres une 1. «Un des premiers, avee Socrat, ma a ste do Rust 2 E11 4. EL plus peélstment une gon situs dans inten par port & Vinde elésaure (cole By eG eal ae "Wha TE 24, Drobablement Je royaume a'Axoum, Vole note complémestaie 2 pa, 4. HB. V4, 38, 5.116 tn, ome ut 7 W818, 4. 1.E, 1, Cet VI, 37. — Les Gothe : converts par Ui, pass A avianisme en 840, attaqués par i Huns en 375 vainqueurs de Valens en 378 018. VI, 2,9 6 INTRODUCTION rapide ineursion en Occident conduit chez les Celtes et les « Gaulois pris de I'Oeéan » qui participaient depuis long- ‘temps défi a fol ehrétieane', Comment s'est effectude cette diffusion du chuistianisme chez les Barbares ? Il serait anachronique de parler de mission dévangélisstion, ear Jet textes de Sozomiéne ne suggérent pas un plan concerté de la hierarchic pout implan- tor moines, pritres et cleres dans o8s pays, et Yon ne peut accorder & ces timoins du Christ le titre de « missionnnires » fu sens moderne dit terme, ear leur aetion ne parait pas avoir été récllement onganisée. Un passage o'Busibe de Césarée pourrait Inisser eroire & existence d'un esprit missionnaire dis le u® siéle : » En ce temps-lt beaucoup de chrétiens quittant leur patrie allaient remplir Ia mission @évangélistes, avec Tambition de précher & ceux qui n’ avaient encore rien entendu Is parole de Ja foi. Ils se ‘contentaient de poser les fondements de la foi dans quelques pays étrangers, puis ils établissaient d'autres pasteurs et leurs confisient Je soin de cultiver ceux qu'ils venaient ‘amener & croire’, » En fait, ces lignes sont tne interpré= ‘ation idéalisée de la prédication évangélique dans le temps ‘de a premiére suceossion des apotres qui ne correspond pas a la réalité du rv* siécle, Sozoméne, avee ralson, attache beaucoup plus d'importance aux citeonstances politiques {et économiques qui ont placé les chrétiens en contact avec Jes Barbares, et aux effets communicatifs des. excmples de vie d'asoése. Le cas de Frumentius, cependant, est ori ginal : parti visiter «Inde » fait prisonnier par les inde igines, il évangélisa le pays, puis, reliché, rendit compte A Athonase qui fit de lui un évéque « afin d'aceroitre la 1. 11.5, 11,6, 1, Sur ce suet, yor: B.A. Tuowrson, «Christan and the Northern Barbarians», ap. Moatotsano, Paganism and Ghrtinty, Esser I, 5-78 2. Cf Bustos, 1-8. TI, 7, 2-et nate de G, BaRDY ae. (SC8, Paris 195, p. 18). LIMSTOIRE ECCLESIASTIQUE ” religion dans ce pays »; ainsi Ia conversion des « Indiens » Sest-lle faite en deux étapes : d'abord tne initiative indi vlduelle due aux cireonstances, puis, vette oecasion, une sorte de mission d'évangelisation. Les eauses qui ont permis la diffusion du christa chou les Barbates sont les guerres suocessives, sur le pou tour de Empire, entre les Romains et les différentes peur places en mouvement de migration la religion a pénétré ans ces régions par Jes eaptifs cheéliens + « Comme ils guérissaient les malades de ehez les Barbares et purifiaient Jes possédés par le seul nom du Christ et Vinvocation du Fils de Dieu, qu’en outre ils mensient avec sagesse une vie réprochable et s'élevaient par leurs vertus au-dessus da Dime, tes Barbares, ayant admiré ees hommes pour leur vie et leurs actions miraculeuses, comprinent qu'ls seraient Avisés et quis se rendraiont Diew propice, sls imitaient 8s hommes qui leuravaient paru mllearset 'lsadoraient a Divinité comme eux. Us se donnaient done des prétres comme guides de la conduite a tenir, ils étaient ainsi ‘nstruits et baptisés et suivafent les services religieux en conséquence®, + C'est ainsi que la conversion des Perses est Aue, entre autres raisons, aux éehianges de relations entre VOsthotne ct les Romains, qui permirent aux Perses ppalens do prendre contact avec Jes saints hommes qui taient cher les Arméniens et de « faire Fexpérience de leur Vertu». De méme les Sarracénes (Snrrazins) d’Atabie septentrionale, « peu avantlerégne de Valens, participaient 4 Ja foi chrétionne par Ie contact avec les prétres et les ‘moines proches deux qui menaient la vie d'aseése dans les ‘déserts voisins et qui brillalent par leurs vertus et leurs 1 1 1 24 Perak 3. HE. TY 814. ct. vt,34, 7: «Dies our a donné tts tongue vi ‘ost falre progress i eign, els attiraint en ante las Sone ‘ute grand nombre de Peas ot do Satazis tur religions leat falsaient quitter le pagenisme. = “6 INTRODUCTION miracles} », La tribu de la reine Mavia, en particulier, fut onvertie par le moine Moyse qui jouissait d'un grand pres- Loge chez les Harhares au point que la reine ne consentit, 4 la conversion de sa tribu, vers 374, qu’é ta condition qu’on le nommat évéque des Saraeénes®. C'est grice au le de moines ariens aussi que Thérésie a pu se développer dans certaines peuplades, qui, cadmirant excellence de leur conduite, crayaient que leur fi était eorrecte®». L’évangé- lisation des Goths, tontefois, a des origines plus politiques : abord erthodoxes, ils sont passés & Tarianisme, et Sozo mene aliribue la responsabilité de cette défection Fevéque Ute et au militaire Fritigera, payant une dette de reconnsissance a Tempereur Valens‘, Les circonstances de In diffusion du ehristianisme en pays barbare sont done Dereues avec assez Wobjectivité, somme toute, par Soz0- Iméne ; deson enquete i ressort que le raliement des tribus Palcnnes a la religion s'est effectué soit par calcul, soit par Imimétisme, soit aussi par convietion et, le plus souvent ppeut-étre, dans des seatiments complexes of se mélaient ces divers mobile, La position Ia plus originale de Sozoméne concerne les hérésies et en particulier Varianisme, Il naborde pas le probleme en théologien et éprouve de la dlficuté & saisir Loutes les nuances qu’apportent les sectes ‘Tiinterprétation du dogime :« Quant a mot, il ne mest pas facile de comprendre ni de paraphraser de telles theares®, » Sozomtne cot les heresies 2, WE VU 36 2 Sur Mav fF Tasanon, 180136 (as ‘a sen ee Saran SWE Vi ato 4. HA VE, 3, 610, Vole R.Gxion, Introd, Ted, des Seer sre ami Shy eco qopnent au? Die Apelinai ot Bunomey qu Tebserven arsrtaceqt scm gu els intcase Betton eases oe sw domer ds pete pour uno connalaance exacts dees mals, Lristome EccuitstasTiqU, « Crest en historien des événements qu'il relate Jes confits ui ont secous I'Eglise, aver le double souci de rétablir la vérité orthodoxe malmenée dans les réits des historiens et es théologiens qui l'ont précédét, mais aussi de s'en tenir ‘ux fait, sans incursion dans les problémes de fond? ; 00 qui explique peut- (tures de Tempereur, des éveques, des couciles, des tenants de Vhérésio) introduit une dscoatinuté prejudilable a Ia Permuasion, De telles ruptures, trop fréquentes et trop Tongues, ne tui permettent pas d'entralner progressivement te leetur vers Ninterprétation ehoisie. Aw moins dans Son premier livre, Soorate ne réussit.qu'imparaitement. & combiner deus ordres assez diflrents« celui de la chronoe Jogie, propre a Vhisoire, et celui de la persuasion qui tent Pluldt de le controverse et du geure judicnire. Chez hi, a sitation textwelle et in exlenso du docament, souvent meme de dees ow de plusicurs documents accumulés, prend le pes sur le récil historique, qui peut, en comparaison, pecailreinoufissmment €omé et explicit, Au lea d'étayer Ja théso, le reconrs massif aux documents risque de le rendre plus dificil percevoi et sve pour les lecteurs Tris précieux assurtment yar sa richesse « documen faire», plus précieux meme, sous ee rapport, que le rect de Sozoméne pour les historiens modemnes, le réct. de Soetate n'est pas au méme deyré que cel de sou succes. Sur un discours historique personnel et mattis, exprimant 1. Soorars, HE: I lots deGonstantin AT Eglised’Alexandse (PG 67, 6438); aux évtques et aux provinciaux (6889); aux Ege ($0.05) 4 ose (09-06); Eustbe encore (30) } A Mace (9697) Geite accumulation de document était sbablement.destinge & dons une dé du te religeus de Constontin st de som de asaret | pal Age las cela went pa dit et n'apparalt ps actement, oe INTRODUCTION, {ermement une thése parle choix d'une construction appro= prige, C'est ce que Sozoméne Iuisméme laisse entendre dans sa déclaration liminaire d'ot toute polémique n'est pas absente :« Jai souvent eu en pensce d'introduire le texte ‘meme de ces documents dans mon ouvrage [entender + comme Font fait mes prédécesseurs et plus particuligrs- ment Socrate], mais jal jugé meilleur, pour ne pas alourdir exposé, den rapporter briévement le sens. » (I, 1, 14) Silla résumé les documents, si méme, ce qu'il ne dt pas, il en a éliminé plusieurs, c'est moins par souci de ne pas ‘aceabler le lecteur que par une juste eonseience de la place ct du role du document dans le véritable réet historique. Cette place et ce réle doivent rester subordonnés dans un ouvrage qui veut pouvoir se réclamer de la « grande histoire ». Le polat de vue ost ici celui d'un éerioain qui tiont a rester maftre de son ouvrage et & ne pas laisse les documents « parter sa place #9, Ea les ramenant a leut fonction, qui est dappuyer une thise d'ensemble ou une argumentation particulitre, Sozoméne se réserve la possi. bilité d'imposer a son histoire une construction personnelle qui ne se confonde pss avec un enchainement sans art de « piéees», et qui exprime, avee discrétion mals fermeté, son interprétation de Thistoire de I'Eglise sous Constantin. Ce caraclére personnel et volontaire de la construction, cette 4. G. Downy (« Puspetive » p05) fat Justemont remarquer {que Sozomtine résune les documents tours par Socrates cl fn ‘extn les coments que Sorate oe dente pee Doubte fag de se Astinguer de sn prédecssear! 2. Sonomive imine i Tongue lettre Alexandre aux Eyeguss Egypte (Sooners, , 6) parce qyl sy trouve une wfutaton ea gle, aves penvessrpturaizes Papp es propenons meres Arius; In etre aEuatbe aux flee de Coreen expla ie formule de fol (Socnars, 1 PG 67 60-7, 5, Un stele et dem pls tara, vage tna hare beascoup plus loin dans ee sens en reunisant le documents dang tn valine ooo (Gul est perdu); trop lin, ca lo il, privé dees pisces, et op Fapide ot pal pert (et. Downer, « Perspective p. 60-02, SOZOMENE ET socraTs 66 forme souveraine imprimée par V'esprit — et la thése — de Vhistorien aux documents bruts, marquent sans aucun oute un retour & une historiographie classique, inspirge & dix sigeles de distance par le modele thucydidéen', et simultanément un pas en relzait, volonteire, par rapport ‘aux innovations hardies de I'historiographie ehrétionne de marléle euschien?, Ce pas en retrait dénote déji que Vouvrage de Sozoniéne répondalt & Ja demande d'un public ui néiait pas exactement celui de Socrete. Reconnaissable & Ia construction ensemble de histoire, ce retour 4 la tradition classique se traduit ‘aussi par plusieurs traits plus particulirs de la meéthode de Sozoméne, telle du moins qu'elle nous apparalt. dans ses dons premiers lives. Et d'abord par un dédain afiché pour Ja chronologie exacte, qui était pourtant Fun des pri PaUX sous de Ia premitre historiographie ehrétienne jus qu’a Eustbe. Sozoméne a systématiquement effaos les dates onnées par Socrate, y compris les plus importantes La méthode historique 1, Gt pon seulement exposé métnodolgique de I, 1117, mts, en i, $9, 1, [a ditinetion ante Ia see ene (9b by agp) rilexte invoqut (msépac 26). Nala Soaoune, & Ia -difrence de ‘Tuncyide,avintodult pas de decoure rewmposte Son retour A In tealon elawsique ne tranehit pan estaines lies. Sur ex plat, ste Mle & Eustbe, Note que te moddle theydiden eet enca prést cher vaons qa rapporte, ea TV, 29, tne pute sles ie fameuse desription dela peste 'Athtnes (cf Downe, + Perpeet tives p- 6 2 Gl. Euresren, c. 1245 : «1 et clair que Sozoméne vetforce steessement dese dgager du genre de histie eee” at sens Pum pur rassemblenent dela matte, comme Bustbe Teva able et rire une Mister eaprés ls toes des auteurs Cat Sques +e dans femme sos J. Bors, dans Fntrod de son 6 tay £« Sonomine a abtenn vn raat ql west pas meri 3 tntrogusant les rigles do la théorle hstcioprphigue. dans I ‘ente dohstoite eeclesastique sans portant rennet teat 8 ‘a forme «frappte par ast + rs INTRODUCTION ‘comme celle de Touverture du concile de Nicée*. Il compose Par * Docs » qui exeédent langement les limites chrono- Jogiques du régne de Constantin : la perséeution des ehré- ‘ens de Perse venait de commencer & la mort de Constan- tin exla n’empéche pas Sozoméne de la rapporter, pour ui donner tout son sens et toute sa portée dans histoire de IEgise,jusqu’a son terme, au-deld de 378 ! Non seule- ‘menr il ne parvient pas & voir plus elair que Socrate dans 1a chronologie effectivement compliquée. des successions Gpiseopales & Antioche & partir de la déposition d'Eus- athe, mais il brouille d'autres dates plus facles & établir et il va mime jusqu’a confondre par deux fois le pape Silvestre et son suecosseur Jules*, Ge dédain des « minuties chronologiques » est d'autent plus frappant que Sozoméne était & méme de faire usage ddes dates précises fournies par les documents, lettres, ois ct édits qu'il ulilise. $1 ne Va pas fait, cest: parce qu'il revalorse es deux sources classiques de la véeité historique. que sont I" «autopsie»et les témoigoages oraux’, ax détri- 1, Soonars donne des dates ax chaptne 2 (ort de Canstance 1; tote de Constantin sur Maxencs, au chaps 18 out de lar ion da conc de Nlte), a ehapiew 26 (dato dt conse de TY), ‘chapitre 37 (iene ariveraie di Pog de Constantin), 2 shaplize $8 (date de nomination des trois Cos), a chapite 40 (ate dela mort de Conrtartin ot duns de sn rg) 2. 1LE. Mh, 19; volr notre note au by Teme sur Cavsiizna, pdt, a7 e336 8. HLB.1,2,1 (oreur sur Romano); 1, 16a ltr de Constantin ext prtentée comme postéieur ala person den crsties) | 4121, 8 (voir la note a fe); I, 25,2 (date du conte de Csares), Les papes Silvestre ot Jule sont confondus et 1,3 et 1h iy 4.Onire ia dlaration de priseips en 1,1, 12, voit la eteence & es souesserales en 1, 1, 4 (ldtane des Moines 'ERYDLO, ea 113,11 propos de rinvetion de a Cros) I, 3, 8-18 Circles «du Mchuiion sorties par Fautopatice de Socomtne ct te guage eAguilus ede Problans), en 1,21, § (4 propos de Pex {'Eunbe ot de Théognies). Sur lor problincs dee documentation ‘dass Yhistonograpnie antique, onmter Pari tet synthetiqee de SOZOMENE ET SOCRATE # rment des sources éerites dont Ftilisation massive avait 4 Tune des grandes innovations eusébiennes. Dans le riéme sens d'une réaction laique va le refus aristocratique du détail et de la narration circonstanciée!. Ce refus conduit I'historien a renvoyer les lecteurs intéressés A des uvrages plus spécialisés pour de plus amples informations, 1 n'est pas sans intérét de constater que ces ouvrages tuaitss ainsi avec une eertaine désinvolture ne sont autres que les Vies des moines et Jes reeueils des canons conci- linres® 1 Crest bien le signe d’une sécularisation de Mhistoire ceelésiastique, indice d'un retour & esprit litiste qui aflecte de preférer le général au particulier et au technique, qui, en occurrence, n'est autre que le eléical, Si Sozoméne manifeste do tels choix, c'est assurément Pour se distinguer de son prédécesseur, chronologiste assez Drécis, utilsateur généreux et méme intempérant de ocuments écrits et par Ji auteur d'une histoire moins Jaigque, plus clgriale que Ta sienne. Mais Ia méthode de Sozoméne n'est pas la somme de choix particuliers ot opportunistes qui prendraient systématiquement & rebours eux de Soerate. Il n'est de méthode cohérente que globale Celle de Sozomene correspond aux tendanees récles de son ‘sprit et aus intentions générales de son ceavre, La moindre de ces intentions n'étalt pas de eonquérir Vaudience d'un Public favorable ox dja gagné & une conception de Thistoire plus classique quo eelle que venait dillistrer Socrate. La certitude de pouvoir compter sur accord de ‘A D. Monucisano, Studies tn Hisariogrephy, Londres 1996, p. 21 220 ( Hiluoriegrapay ob writen tradition and hstrtgraphy 08 oral tradition», notamment p. 217 1, HB. Ul 3,0 (+ west pa fale de tout aconter en tall); Hi 14, 45 (stant quiet pose doe du ex rauas =) 3. ie, 1411 (Sten vout avoir tne connatesnoe ple Ata ‘leur anet, item chereke et Von découvrir leurs vies, qi, pour Ie lupart on Gi aes par eit»); 2,8 (e Mas x cations alent ‘beaucoup Wouvragts et el ais do les Ue si Ton en a envi) 68 INTRODUCTION ce public, d’étre compris et approuvé par lui eontzibue a expliquer le comportement de Sozomene face & Peeuvre de ‘som prédécessenr. Comportement que certains modernes jugent surprenant, d'autres mémes seandatows en faisant valoir quo Sozomine a pillé » Soerate sens le nommer, ‘mais que les contemporsins de notre historiea ne pouvatent pas juger comme tel: sans quoi Sozoméne ne sy serait pas risqué ow du moins son euvre, considénée par le public comme injustifié, edt eneouru la sanction de Foubli, ne sulfL pas en occurrence, pour xexeusorxSozaméne, de dissoudre son cas particulier dans un constat beaucoup pplus général: il ne se serait pas eomporté autrement- que ‘beaucoup de Gres qui plagient sans honte et sans fs est plus juste de noter que dans la conception classique de Vhistoriographie que Sazoméne a fate sienne et que son public approuvait au moins partiellement, originate de Ja documentation compte beaucoup moins qu'aux yeux des modernes. La portée didactique ou exemplaire et surtout Ja valeur lttéraie ce Vhistoire sont au moins aussi impor= tantes®, Tite-Live, Tun des hlstoriographes les plus repre sentalifs de celte tradition classique, le laisse clairement entendre dans sa Préface, Pour qu'un historien s'autorise et soit autorisé par le public — a reprendre ua sujet deja traité par wn ou plusieurs prédécesseurs immédiats et contemporains, i suit qu’lls slime en mesure « @apporter ddans le domaine des fails une documentation plus sire ou de surpasser par le talent littéraire Ia maladresse des anciens* », Ainsi, aux yeux dos adeptes de cette tradition, 1. Ch, GuEswur, p. 197, rapplant Yextrit de Porphyre ute par Euston, PE. X, 3 2, Eivsston, c 1264: A a fagon de ancinne listoiographic logue, Sooomine a entrepti nen pas proprement de surpass, par Ie conten, la maitre objective de sow preddcecoun, male de a ‘coule dans une frre nouvel, plus eigante Lae moderne de la rorite intellect esetat pas pour ul > Py teretavm, Pros 2 SOZOMENE EP SOCRATE © ‘Tune ou Vautre de ces convictions était censée,aelle seule, jstifler Ia retracato, Sozomiéne était pleinement convaincu de pouvoir rem pincer Youvrage de Soerate par ta forme uowvelle qu'il onnerait 4 Ia matiere, Etil devait d'autant moins sinter dite de puiser dans a documentation de son prédéecsseur (qu'elle n'était pas, au sens strict, Ia propristé personnelle dde ee dernier. Socrate V'avait puisée, & de rares exceptions pris, qu'il souligne, daus le domaine public de Vinformation onstitué par les cuvres d’Eusébe, de Rufin, de Palladios, Athanase ot par des documents lois et lettres impétiales, collections orthodoxes et ariennes), qui, appartenant a tous, étaient le proprigté de personne, En ulilisant sans timi {ite et meme, selon les modernes, sans serupule la documen tation réunie par Soctate, Sozoméne faisait comme Tite Live face aux annalistes et & Polybe, comme Tacite face & line 'Ancion, Socrate lui aussi avail tris langement utilise Jes ceuvtes de ses prédécessours immédiats, Eusébe, Ruf, Gelnse?. Cependant, tout en faisant valoit & Poeeasion la Xriorité de son information, il avait reconnu ce quill leur devait en tes citant assez réguligrement en référence? Soaoméne ne I's pas fait parce que se servie de ses devane sierssaus le dive fast partie de lu Uadition classique qu'il Sofforce de retrouver, tandis que Socrate, a In suite @'Eustbo, on était resté dloigns Au domeurant, Sozoméne est revent personnellement Dour les controler aux sources utilisées par son prédéccs- 4. J. Brows, dans Matsa, do san 6, , xu, 2. Socaare, HE. 1,1 (superorté out Busta); 1,1 upliots| sar Bula 3, Socnars cite nommément ustbe en, 7 (alte complete ae taouve dans Youvrage d’Eustbe sir Ia vie do Constantin 9 oa 3 & volte gu'erit Ease sur evs qul se reunivent foo 8 ‘cor (vol ce que nous a tase saree suet Eustbe oh propos ferns) th Feavoie Ruf en I, 12 (9 rouye ela dans Pauveage {un pre sommé Rtn 9 en 1,19 Run rapporte que) e969 (Tout ela, Hatin dit le tenis WEaesans} ee 0 INTRODUCTION seur!. IL a modiflé des données, rectifé des erreurs de Socrate*. Quand ce dernier lui offrait Foccasion d'ajouter ‘un compliment de son cru, il I'a saisie® Surtout, il s'est ‘montré capable de recourirlai-méme de fagan indépendante des sourees de premiére main dans des chapitres qui complent parmi les micux documentés des deux premiers livres : Ie récit de la perséeution exercée pendant plus d'un demi-siécle contre Jes chrétiens sur toule Vétendue de Empire perse (Il, 8-19). Comme i Vindique avec une insis- tance qui dénote la flert, il a directement puisé dans les ‘Actes syriens, porses et osthoSniens des mariyrs*. De fait, 4. Sur ce point, Paccord ost tla: ef, Herzen 1247 ( Sono ‘mune 1a pat doa une copie commode de Tauvrage de son prea ‘esseur Son avail pene su le materiel documentsze considerable ‘il ug independanuent de Socate 1); Bion, Introd. 3241 (G'Soraméne rest fat un principe de eouterat-dela do. Socrate 2a plapart ds geransconnis decedent, poureséeuter en gulgue sorte une seconde us le tnval.»); Downe, «Peapective 64 (ivtat an ener pur vnierriniormation de Socnte et pour core EL complete ie felt de san peeddeeseur quand vert nicest) CGuesuus, p97 2 CL. 3. Bip dans gon Introd p. tv qu fat remarquer que Soroméne on 121, 2rectie une eeur eommize pat Sera eh 1,8 (om fa ese evéques ot slgnd le aymbote de Nek) et gut wise tun document, sans doute le eeu de Sains, une mane pevene nelle puis’ remplace avec raison, dans laste des cng éveaes, Jenamt de Taos, donne par Secrate, pa cl! de Patri, 5. Sogomdhe et sel & eran feagmont Aponte de Landige en E17, 24 en aveura'Athanase I pte que ce fatla balls fle Constantin qu! anonga ce deen lex scandae » dela panegyee ‘i chine de same (U4 6) 1 eomplite enuatea ion den cory Aare que Consantin fit transporter & Constantinople (1h, 5. 43 opporer Soenare, I, 10). Alors que Sockare sal content de re ‘o§er pou a vie a”Anteine a Pouvraged'Athanase (1,21), Sozanene Alonme'en 1 13 un sume asee detailed crt uvage, Exaxsran Tail remarguer que dns le eas empeunte eommane & FH teelvatque de Ruts, Sozomine donne volontiers des extrits pos omplets que ceux de Socrate (pa ex Bu¥IN, X, 15 SoeNATE, 115} Sosont 1,17, 610): weiee 1248, 40118, I, 1,5 005. Pour le dal Futestion qe Sonomine SOZONENE ET SoCRATE a il w'était pas facile de réunir et d'organiser en un récit historique les données tirdes d'un grand nombre de Pas: sions dédiges chacune & un martyr, Siméon bar Sabb3'é, évéque de Seleucie Ctésiphon (Il, 9-10) ou Pévéque d'Adia Déne Akepsimas (II, 13), ou a plusieurs prétres, diacres, verges consaeries ou dignitaires porses. Fort Iueidement, Sozoméne reconnait les lacunes ot les incertitudes: numé Fiques de telles sources, souvent populaires ou portées & exagération édifiante, Méme si n'a pas pa les traiter aver Tresprit eritique et le doigté qui sont de régle aujourd’hui Pour utiliser les sources hagiographiques, ila eu le mérite de les rechercher, de retenir Jes meilleures — les modernes reconnaissent la valeur historique de ees documents, dont des versions grocques et syriaques nous somt parvenues! — et d'étre, en les organisant, le seul historien gree du ve silo 4 fournir le récit d’événements aussi importants. pour "histoire de IEglise que pour celle des rapports politiques entre Rome et la Perse, Naturellement, ces chapitres fondés sur une documenta- tion personnelleoffrent a meilleure occasion de saisit aussi le caractére original des interprétations de Sozoméne, En. elle, c'est au lerme seulement du réeit de interminable des marlyres qui se prolongea au-dela de 378 (11,15), qu'il ite la lettre adressée par Constantin & Sapor en faveut des chréticns de Perse. Or cette lettre, par su maladresse — elle faisat voir dans les chrétiens de Perse des protege ae Rome et les désignait 4 Yautorité soupgonneuse da ‘monangue sassanide comme des traitres en puissance — fut en fait d Vorigine de la grande perséeution®, Cet ordre apologétique, bien different de ordre ehronologique et 4 faite dex Actes des martyrs, voir Son00, p. 77-80, et P. Devos, « Soaonéne et les Actes syragues de S Syinéon or Saba" At Bott 8 1980, p. 448430 1. Pour tes textes, volt Deuexave, p. 478507. Sur leur valeur Dstriges, ef Lanoces p. 83. 2. Voir Pasanouy p 2-48 n INTRODUCTION dont le bénéficiaire est Constantin, fait partie d'me <émonstration d'ensemble vist disculper Fempereur de certaines imputations portées contre Tui pat les paiens4, Dans eette apologie, omission, le demi-silenee, Pexpression, ‘vague permetient de faire I'éeonomie des précisions qui seraient genantes, Sozoméne se garde de souligner que c'est Constantin iui-méme qui, manquant doublement & sa foi, fit assassiner Licinus dans lareteaitequ'illuiavait garantie, qui n'épangaa pas non plus Martinianus, le maitre des offices que Livinius avait, juste avant sa défaite, élevé & Vongustat, i méme te jeute Licinius, fils da wtyran », mais fausst de Constantia, Ia sour bien-almée de rempereur (1, 7,5) Il présente dune manidre anedine et optaniste la confiscation des biens des temples (II, 5, 2). Enfla, il omet de spécifier, en Tl, 34, 1, que Constantin avait, au moins Drimitivement, l'intention de Iéguer son pouvair & ses trois fils ef ses deux neveux : il pent ainsi passer completement sous silence Te « massacre des prinecs » qui ensanglanta Ja succession du premier empereur chrétien. Ried, dans les lignes ultimes du livre II, ne laisse entrevoir que, contrai- rement aux dispositions testamentaires de Constantin qui avait voulu se présenter, aprés sa mort, comme le trciiéme Apalre, le fumar du fondatear de ['Timpire ehréticn dat ‘Ure (ransporté par les soins de son fils ct stuccesseur dans lun mausolée situé er dehors de TEglise des Apotres? Plus nette encore est la volonté apologétique quand Ia DPurelé de la conversion de Constantin au ehristianisme est fen cause. Car Ia question est, au sens propre, capital. 1. Downy,» Penpective p65 rmarque dune malts glaé sale gon Seronne pore ps init que Secale 4 reaton Aes aftaqes ea cents pants, Au meu du sl, ete Dolunique wa nen eanachroniqas: om ele et dent pl tw, Evson eal sar cos es histone plese eet mont eonte zone enh 2. 2 MT Set noe nae (re. 884, 3 onde sar 6. Da nox SOZOMENE ET SocRATE 2 Sozoméne prend la peine de reproduire, pour micux la réfuter, Ia version hostile difusée par tes paiens, en parti- caller par Eunape dont est tributaire le récit de Zosime (11, 29) : Constantin aurait d'abord tenté de se faire absoudre de Texéeution de son fils Crispus et de son épouse Fausta en recourant a des prétres palens et au philosaphe ‘Réo-platonicien Sopatros}, Rebuté par ces derniots, it se serail, en désespoir de cause, retourné vers des prétres cchrétiens dont fa religion, fort laxiste, lui garantiseat la Fémission de tels erimes. Sozoméne réfute cette calomnie par une argumentation d'une fermets tout a fait remar quable (I, 5, 2-5), qui est noturellement absente du récit de Socrate, puisque ce dernier ne fait pas méme mention de ta version paienue de Ia eonversion de Constantin, Fait exceptionnel chez notre historien, cette argumentation Part dane base chronologique : le mort de Crispus (en 326) est bien postérieure aux lois de Constantin —- et de Crispus — en faveur du christinisime. A cette raison antériorite deja contraignante, Sozoméne enchalne un fngument de vraisemblance : ala date veritable de 1a cotversion de Constantin, date antérieure & la bataile du Pont Milvius (312), Sopatros qui résidait en Orient ne pou Yait pas, vu ta situation de guerre qui interdisait tout voyage, étre eonsullé directement par Constantin, que les hostiités déchainées par Maxence rulenait en Oeciden!, Et comnime si cette argumentation « spatio-temporellew n'tait as encore sulisante & ses yeux — elle lisse ln possbilté Pune consultation par lettre —, i Ia conclut par une «concession » quil rtourne élégarnment contre les patens, vaineus sur leur propre terrain, celui de la religion el de la amythologie®. On le voit & Y'importance extraordinaire qui donne & la défense de Constantin : Sozoméne va plus loin 4 Ct. H.8. 45,1 ot note ad be 2, Un demisidee plus tard, Zosime vetercera 2 zon tour de nedie Soromne sur oracle sanongat launder de Boesnce opposer Seaomtne I, 3 et Zosous, I, 36-27, Ch Seavons pet, " INTRODUCTION que Socrate dans le rile déterminant qui préte aux empe- reurs orthodoxes dans Vavancement de Eigse, Cela est ‘encore un élément de la « lalisation » de Vhistoine eeelé- siastique que nous avons déja relevée cher lui, 1 vaut Ia peine dete souligner: cette dislectique serrée, illustration de lav méthode apodietique » propre ala grande histoire, prend appui sur ces ducuments entre tous dignes de eonfiance que sont les textes de lois, De la vérité que Sozomiéne veut établir,« témoignent aujourd'hui encore les dates annexées ees ols et les nonis des Iégislateurs » (1, 5,2). Or, pour étre particuliérement net, ee cas n'est pas 'sole. Systématiquement et avee une insistance que Ion peut méme trouver monotone, la faveur et la protection que Constantin a avcordées au ehristianisme et & PEglise sont prouwvées par la rélérence a ses lois et & ses édits. C'est surtout vrai dans les ehapitres 8 et 9 du livee I, of Yon peut relever une dizaine de réfézences a des lois précises ‘qui nous sont également connues par le Code Thodosien®, [Le livre TH 1ui aussi s'achéve sur les lois portées par Constan- tin contre les hérétiques dans les derniéres années de son régne!, Méme si, dans ee dernier cas, Sozoméne a trouvé le texte de ces lois chez Eusdbe (Vie de Constantin, 3, 65-56), il n’en reste pas moins qu'il a cherehé et réussi & donner lune couleur — et une valeur — juridique a sa documenta- 1. Opposer a Yatuude de Sozomne i délraton de Soexare en I, ti: +e al ps Pintention e’enumtres le ections de egerear Tes nats fats Ge 'empereareanatitaant un sate suet e Vaan douse a d'autres. » Pour la comparaion des deux bstviens sur co point voir Downy, « Perspestine mf 5, 2. Yoir 8,1 (emprant ale Vito Garsantn) :8, 6 (= Cate Todo sien, XY, 42,1); 8, 10 (= Gade Tadaonen, 1h 8, 1)58 14 (= Ch ThEodsien, IN, 241 IN, 8,15 1X, 8,13 0,3 (Code Toda VINE, 161) 0,5 (= Code Thdsinen, XVI, 2,2); idem (= Cams ‘Sirmond 1), 6(= Code Tadeo, 1¥, 7, 1)-Le chapiee 3 compote galement une retéence a des lois Cade Theoden | rapprocet Soxomne, 1 52, & Ge Ealdesen, XVI2 2: V1, 2,43 XV, 2 5 3. HB. 82,2. SOZOMENE ET SOCRATE ® tion. Cette coloration juridique équilibre La. coloration léricale des lettres épiseopates et aynodales également Drésentes chez lui. Actil voulu ainsi, une fois de plus, se distinguer de Sovrate qui, dans sox premier livre au moins, nutilise guére ee genre de documents « laiques +? Sans doute, mais des raisons plus positives ont joué. Sozoméne considére, 4 juste Litre les Lextes de Toi, offices et datés, comme plus objectifs, plus probants que d'autres documents, en parti- culier les lettres, subjectives et partisanes. De plus, élant vocal et juriste, il posséde en ee domaine une compé tence professionaelle sur laquelle il pent s'appayer pour onvainere ses leeteurs : il est familier du droit romain slassique, comme le montre l'allusion aux dispositions et a finalté de te lex Julia de marilandis ordinibus’, et méme du droit arehatque, puisqu’'il peut invoquer, comme tun précédent de la faveur témoignée par Constantin aux ‘vierges et aux continents, le privilige juridique des Vestales autorisées a tester sans ki moindre réserve dés T’ge. de six ans? il se prévant aussi d'une feéquentation habituclle es « depots archives des affranchissements » (I, 9, 7). ‘Mais Ia principale raison est & chercher dans la forte comps quée par le droit et par Fesprit juridique sur Mépaque ou il a composé son @uvre. Ne parlons pas de 1. Dans son promie ve, Socnave ne ait référence qu’ deux ti, une ae Leite (chap, 3), tre de Canstatin(ehap 19) emis Drsltution sacs praigate& Hiérapols, 2. H.E, 1,9, 12 [Ly avait eer les mang ane anelenne vi qu ‘pichail les non rarity, 8 patir de vingt-eng ans, de fol doy aémes droits que es mariés; entre aitecs choos elle tapes Joussent aucun héetage ceux quinone pes les ps proche lle infest comme amende aus proche saas enfants te mole det Dens tgs. Les nsiene Romaine avientInttuéeete lo! dats Ia easte qu.,» dot Auguste eo 18 avant 3.0), 5. 1.8. 1, 9,4: « Gest caus de cela que les ancens Romalns ‘valent fxd parol que les wirges Vestas, edges de seulement sans, aerlent libre drelt de tester» info, 482, me % INTRODUCTION 1a vogue universelle des études juridiques, dj vitorieuses es Glues lttérnires eu rv siecle, dont témoignent Socrate, Sozoméne, tous deux sclolastict et historiens, Zosime lui aussi + avoeat du fie» Evagre encore a la fin du vi" siecle sult de rappeter intense activité juridique qul mobilise pendant dix ans non seulement Jes neuf + commissaires + oficellement nommés par ‘Théodese, mais aussi tous les hommes compétents auxquels 'empereur leur eommanda de faire appelt, Activité qui ahoutit & la publication du Code Thodosien en 438 ct 4 son entrée en vigueur ofiielle, Te 1*° janvier 439, cing ans seulement avant la composition du Prologue de Sozoméne! De cette grande cenvre, de ce monument du droit romain chrétien, Yemperenr’ Théo dose LL, qui en avait pris Pnitiative, ponvaitétzejustement fier. Non seulement la publication toute réeante du Code imprégnait encore les esprit, les rendalt réceptifs & toute prouve quien état tie et sen réckamait; mais cette compl- Jation fournissait & un histotien une mine de documents ‘aussi riche que commode a exploter grce 4 son elassement systémalique par maticres®, Enfin Tutilsation du Code ‘Théodosien par un bistorien u'était pas pour déplaine & empereur : le pieux Théodose pouvait y voit une sorte de justification supérieure, ordre inteeetuel et religieux, d'une entreprise commandée & Forigine par des eossidés ralious dordre pratique. L'usage régulier et systématique ‘du matériel documentaire mis par Théadose i 1s disposi Gon des historiens et notamment des hisloriens de I'Eglise était pour Sozoméne un moyen indirect et suhtil de faire sa cour a Mempereur, de prolonger Ingénicusement dans le corps de Vouvrage Méloge qu'il lui avait adressé dans la Dedlionee® 1. SmunePasaxonn, p. 286287. 2 Ge qu eoncere i religion sst, pour Vessentil,segroupe dans lelivre NVL 5: Dans a Dédieace, Sozomne ext srtot a plé de Tadodoee SOZOMENE EY SOCRATE n Ainsi, Ia situation de Socrate et de Sozoméne en face do 'oeuvre majeure de leur Epoque qu’est le Code Théodosien est toute différente, en dépit du trts bref espace de temps ‘gai sépare la rédaction — on Ia publication — de leurs ceuvres respectives. Promulgué aprés Ia publication de Tune, celle de Socrate, mais avant la publication de autre, celle de Sozomene, le Code Tiivdosien établit entre ees deux Histoires ecctsiastiques, écrites pourtant toutes deux par ides juristes faisant partie du mime miliew constantinopo- litain et & quelques années de distance, un elivage impor tant. Par sa richesse on documeits, Vsuvre de Socrate 4 pu apporter une aie aux responsables de la eompilation oficiele®. Celle de Sozoméne, at eostraire, n'a pas manqué de trouver cette aide pricisément dans le Gade une fois Publis. Une justification nouvelle du projet de Sozoméne apparail. Non seulement, pour reprendre les formules liviennes, il se faisait fort de » suxjasser par son talent Uiltéraite la maladresse » de soo préoédesseur, mals i pon voit aussi fare état d'un enrichissement — d'un renouyelle- meat méme— eonsidérable de la documentation, Grace & la publication du Code Tidodaséen, il pouvait aussi se dire en ‘mesure ed'apporter dans le domaine Gas fats une documene lation plus sire » Ty a sas douie plus de ferté que de (543,15, 1). sate st important de note alan § 95H econnat A Thode possession de vertu etn Weuaea, mals us une vert qu peut ire phierophigus, panne eu hay eel de pittrdpia, si Vante au sites prdesdent par Pertent Thais 4, Te Prologue de Sovaméne est postéleu A443, date du voyage de Théodore 4 Heraclze du Poll meationné au 13. Louvroge €e Soerate n'a pas pa ze pubis evant 429 puicgal so termine pa Ie ‘eit des évinmeats qui ont marque te diceptiome. conulee 46 2. Cat Mntéesante, mais pout-eie hasardense, lypothise d Goes, p. 18-103, qui se fond writ que Pun dese seommase sales» 2¢‘nommalt Thfodore = ce pervnnae ee enfondrat avec ‘bdicatate de Youvrage te Soonart (Us I, ® INTRODUCTION ‘timiaité dans sa déctaration de principe en T, 8, 14 «Tl est névessaire de parcouri... les lois établies en vue d’honorer et d'organiser notre religion, car c'est Ia une partie de Uhistoire ecelsiastique, » Entendez bion : « une partie que na pas trate mon prédécesseur +! A plusieurs reprises déja, nous avons éprouvé la nécessité de earac- triser le public de Sozoméne, En fet, les destinataires d'un ouvrage ne jouent pas, dans Ia consiruetion de cet ouvrage, un role moins imporlant que Vauteur tuisméme, Ce dernier modéle son ceuvre en fonc~ tion de son auditor tel qu'il se le eprésente, Mais comme 4 ne saurait non plus éstire pour un public fonciéeement robe Syuov Nekeor Teepwouties, 8 THly Bb dpa, de dpa Bove, aig Houde popes éxt ous ry Booyah yoroy iors ro Girmic brfioas 1b uéddon, BOA ex Srelne Ex pos, Gomp ot ng uslonoibs 8 yor napalbon ubdoue séc rrepsrds von popBinv enphuon xp wpergy Tals oboe Eslpas nosed. "cues oly "Beat raeloo wal sapeoctonc memes yprohucws raph Hig mapwiaing Xporo5 xacér Enifvon Ebene nepl shy ale einin | rian, Andon rooobr0y lnc 9 Ob iy 088" clea napioyov Bike Bk x Hy {Wy eg «A pdkorx Thy Bosyain trou, 79 sean el & Gebe rhe be napadédon usaPote Beaty inl wig elo ual yerlorots nplyyacer Ererwa BE 0} als ‘rapeiemg dpcate tn Spzieg npunclvean aie chomp Acton» form edpsiv chy Opranciay. 10 El yép wh ~ooay 9 opiow H nfo Miéztg Hpomubiny olx ekzor obBt 1, Cette exprestion lee dabord let Oracle Styling ld. J. Gee ‘ken, GCS 8, 1802, rem 1007), compilation constitute ta fin de Fepoqve romaine, mts résntant abs dee morceau propttigoee fu sltsibigues plus alen (tists), Sur lor wtleaton par actnce, ql stile Sisyles jude chetenneset Sibyl clsigie, tials aust par Ensdbe ef Constantin lositme, Your AL. Gunaa tn, + Leaplitation des Oroler Spine par Lactanes et par Ie Digesre 4 Asset des Seine», dats Lelanee el sen tons, Pais {mp 188-20, Parle mots wettainy oracles» Soremtne pouralt, ‘esiger plus parcoireent ta te Eghgue 3 apres Lacrance, ‘agile y'@tromemis Yemlgnareat do Is Sibyile de Gumes (nt , 2H, 12) ly ool, Gosnsaumtn ately Bs 1 2, (e ysbonac ete poste argue, nfs eomposour (4a texte etn munis) et Interpete. Sur les cores suppémentare > (eprva M. Dake Pagurve, Directeur du Département d'Educe LaVRE 1,3, 740 us et certains oracles? alent prédit Yavenir quant aux événe- ‘meals de Ia vie du Chris, il ne faut pas pour cela, je sup= pose, accuser d'inorédulité tous les patens. Ce n'est en effet {wun pelit nombre, ceux qui semblaient Vemporter en Instruction, qui ont eonnu ees sorles de prophets, lee aquelles sont le plus soavent en vers ef exprimées dans un langage trop clevé pour le peuple. 8 Il appartenait, me semble-til, d la Providence divine, pour le bon accord des ‘inérations futures, de ne pas proelamer sculoment I'ave- tir par ses prophétes propres, mais aussi en partie par des prophétes étrangers, tout comme un poéte lyrique qui, pour exéeuter un chant extraordinaire, parconrrait avee le plectre les cordes supplémentaires ou ajoulerait d'autres cordes & celles qui existent, Sur Te fait donc que les Juifs, bien qu’ayant joui_ de Deaucoup de propheties trés laires sur la venue du Chris, sout restés en arriére des pafens touehiant la foi au Christ, fen voila assez dit. 9 Cependant il pourrait ne pas paraltre en verte si extruordinalre que TE glise se soit accrue surtout parma les autres peuples, tout d'abord paree qu'il plait & Dieu, dans le cas des choses divines et des choses Jes plus importantes, de décider les changements contrai- rement a Vattente générale; ensuite, iLest facile de le voir, ce n'est pas de verlus communes qu’ont été doués ceux qui dis le début ont prisidé & ce nouveau culte et Pont organise. 10 En olfel, quoiqu'ls n'eussont pas eu une langue bien siguisée pour Fexpression et les heautés du style et qu'ils ton musial ot afuscotoge do Université Lyen 2, me communique tSmablement la préilon suivante : dans lesyatime attache des forges deta ethore i semble qu'il y alt eu place pour des cores ‘sipplémentatres, comme e prouve, ere auzesdocaments, un eatire div tv" sitle Gude de Varsovie, 1» 198485), sar equel on peut fompter 8 cords seulamet, sors qu'on datingue sune netemet modu, eest-a-die de changer de mode, quand i dtsraltdommee & fon shane plus de vigneu (8, Cmca) 4 HISTOIRE EOCLESIASTIQUE coo 5 ypxuaoeas droelGeos soe buyydvorens fail, ob apd coit0 yslpor abzote Exedy x8 ombstiyevey ON? drodvsyerot ae wlelae wal why eleloy dushodrres, dvacnctarRouevol ve 42h de 2 orgies sua Be nadidg xxl yxterds Poadnss Bezduewer xed whe Oy nari wih Byer ah dgyircar vais xodaxclxis aay b= woven pce sale deine Bui erbuevoe Bion iw tain Gs Snip uerlosov Ainiov cov dyiva cairo» Uroudvouae Gove oft reads fe: yay, dxowrl cer meayudrow wa vii; moveley fuskoubvon & wh xpbrsgov Tt Teoniens ots Oelee wal aapeBSiny pera chroowiom copbéions, de nal Hie rpoctpae prowze wat ‘iy rarplan vaoy dyed, 4 Pedy dv en sb by by dzgov nal shv By Megat, eaSpov nal Bie sara na pag nls yoo edu ronal Stipa onde, Os role roy map! "DDiae lone iwordroy auppeaptin repl sabre novjom, quoeue. ob Eyorvas ypigen, ub 38h viv haw Budoaadia val bead cactuty leroplay ouyypdeat. 12 [éneiouar yép, oe Srodcrng abe Alpen BquovpyrPelons, nape Eos Goaganipal ys avyypugéa ox Enopey tip Dep “AiO Be oh uly npiea do dag vale ovyrpejan Ty momtue ‘. Aojioduneg BE dg wal do sale Enepdyocs lyps div nae anode ypbvan, Kafjng re ak Hiyhaware, Jebpes ovodexrr, rh tov drootOhwr BaBoyh mapeao\oy- Ojwrreg, nal “Apprxards 8 cuyypapeds val EoelOvg 6 axbovyy TaupDow, évhp vv Sela ypagiv xal xin nap! “Boga romrds sal everpupéen roouadlorasce torupy 1, Sosominereunit deux fables, souvent présentes ches les pater ssques mais qu Aen rire wavalont pan encore perdu toute Tayeur en plein ¥ sel eben: Calydon, ville Etoile proche de Corinte, ait conaue pour sn temple Artemis = ext ettn dese ‘ul rds cane Te rat de Inet, Tanga contre elle un eager qu ft abatty par Méttagre. Quant au taueau qu devestalt tae de Marathon, fut eapturé par Théste sur Tinjoneion Ge Skdes LIVRE 1,1, 1042 ns neussent pas persuedé les leetenrs par des fleurs de style ‘ou des démonstrations géométriques, ee n'est pas une raison ppour quiils aient moins bien réussi dans leur tache : c'est ‘en se dépouillant de leurs biens, en se montrant insouciants fe leur famille en se aissant empaler et en subissant comme ex des corps étrangers nombre de terribles supplices, en ne se lnissant ni séduire par les flatteries des populations urbaines et des magistrats ni effrayer parleurs mendeesqu'lls nt rendu evident pour tous qu'ls soutenaient leur combat pour des récompenses suprémes. En sorte qu’ilsn'avaient méme pas besoin de persuader par In parole, les faits :mémes contraignant sans contestation, dans les maisons et Ios ville, & eroire ee qu'on n'avait pas entendu auparavant, 41 Puisqu’un si grand changement divin et extraor- dinaire s'est produit pour le monde, au point qu'on ne se soucie plus et de Vancien culte et des coutumes tradi- tionneles, il serait eertes absurde, quand le sanglier de Calydon, le taureau de Marathon* et autres faits du méme ‘eare, par les eampagnes ou dans les vlles, réels ou inven- ts, ont joui d'une faveur tele qu'un grand nombre d'au- tours les plus réputés chez les Grees ont travaillé sur ces sujets, avee tout leur talent pour ézrte, il serait absurde que moi, en revanche, je ne forgasse pas mon talent pour rédiger une histoire de Tglise. 42 Je suis porsuadé en effet que, pour un sujet qui n'est pas I'euvre des hommes, il n'est pas fcile Diew de me faire parattre, contraire- ment & Vattente, un historien. Javais entrepris tout abord d'écrire cette histoire depuis les origines. Mais ayant rélléchi que d'autres s'y sont essayés Jusqu'a leur Epoque — Clément et Heégésippe, hommes trés sages, qui font été témoins de Ia succession des Apétres, et Thistorien Julius Africanus, et Eustbe dit « de Pamphile », homme tout a fait au courant des saintes Beritures et des podtes et lH, Sravome, art. + ‘Theseus, Der muathoniche Slr» ap, ogee, Vc 680-60, et Gntwar p 2. x0 HISTOIRE ECcLHSTASTIQUE Brean vals edhyoans avin yard ‘hy ele obgavaig ov 705 Xpiovol dyer ve Atoeu raaipc, ériroulnone tmpayuaccikeny Bde Bio, 13 viv BE oly Oe edie, ch pach sara BeEOOeN daoyae, Meprhooune 88 mpm ole mapénuyor wal tiBéron 9 Genoauvandacon, nad shy huestpay yal xpb uGy yovey, Tv Bb nepaitiow spy xacdqbey Bipace Thr Dpnonsiny nal ris wach wpols codon xal weuseioyay sal Prodi sal leparnin truacani, val av elobr vnby vote. Bs Dele eval Buoryla aiSoven, 9 Be oropdBmy nag woe qhedbyeis gézorts 44 Tobvey Bo8 ft nepal reap reiddue Everflels ues Benlunaa Barby Byer Tig mpearlag yb atrskg hdvony aortas ams rea, pre ph 21 v dupAtyoy sbeoouen, tg! Bv Beppe dort rote rods REx cipaaiea Hp ct enoptow te “egg, mgaOhcew saben ele Entbeor we Blelag 15 “iva BE uh mig dyvely sev Brvun narabyplonras feStos tig npzyurelag, vaclag tou érevzev Yoo, inn, Gg npoptoe sir "Agel Bouts wal toy Sorepoy 1, Sozomine ete sex grands prédestnre dens Farry ehonote ‘que: Clement de Kone, dont on soseerve Ia Let Ie com até ehitionn de Carat» (yes 0) et hit Pn ds autetigues ‘Pores apostogats =; mals al fort peste que Seeomine fase ie allusion avx'+ Prendoclémentines » (voir les tlerenees données par. Auraven, Putters, Pibourg ile Vienne 1078p. 134136), Test soins se quegaipe (vers 115-18) at, son, « tenon Gea sucesion des Apstres +7 sex Menvier, ere de eontroverse ‘satignostiqe, cnteuateat nnmotan de nombreux rensegnentents Sur Thistoie de Iegise (olr les tilereaces WAuvansee op. ela 1. 100-10) Jules Meenas, ort apis 240 xt Patou de ta pe hnlére chronique universla'ehretenne. Kobe eat Fauteur dela Clvonique et surtost do THstaze eecktestgae, dont. Sonam, apis Socrae,prend preesémnt ia site, go falsnt appler +d amphi» Eosdbe youl temogner au teconsianve Aton mate Pamphie,prétre de Gare, deeaité en 310, lors de In grande pee caution (A, Puts, islre de ta ktleratre grecque chudenne, Paris 1050, 3, p 100-70, ot pus réement'T. , Banvns, Buses land Constentine, Harvard 1982p. 449). LAVRE 1, 1245 a7 historiens grees! —, aprés avoir résumé en deux livres tout fe qui, & notre connaissance, est arrivé aux Fglises depuis ascension du Christ jusqu’au renversement de Lisinius (28 sept. $24)%, 13 A présent, avee I'xide de Dieu, je im’elforeerai de rapporter ce qui a suivi. Je mentionneral les événements auxquels j'ai assisté ou que j'ai appris des jens au courant et témolns des choses, dans ma génération® et celle qui Ta préeédée. Quant aux événements plus reculés, fen ai poursuivi Fenquéte d'aprés les ois qul ont G16 ictées pour notre religion, d'aprés les conciles de temps en temps réunis, d’aprés les innovations apportées| ‘au dogme et les lettres des empereurs et des pontifes, dont les unes sont conservées Jusgu'A ce jour dans les palais imperiux et les églises, et dont les autres se rencontrent git et la chez Ies amis des lettres. 14 J'ai souvent eu en ‘ponsée d'introduire le texte méme de ces documents dans ‘mon ouyrage, mais Jal jugé meilleur, pour ne pas alourdir exposé, den rapporter britvemeat Te sens, & moins que nous n'y trouvions des points disputés, sur lesquels les opinions de la piupart divergent : en ces casa, si je mets Ja main sur quelque éorit, je le présenterai pour ma fester la vérté, 15. Afin que nul, par ignorance de le réalit, ne convain- que de mensonge mon raité, pour avoir Iu peut-étre des crits eontraires, il faut saveir que, & Foccasion des doe ‘ines d’Ariust et des herdsies nées plus tard, les chefs des 2, Allusion un premier ouvrage (pends) qul deal tre un compen iam de Visti de Egle entte les dater Indlgager (AJ. '. Sozonine deri pts 489 et avant 450 (Ads 44 Premiére mention de Thersargue, a¢ 4 Alexandre ver 280 excommunitaueovele de Nee en 25, mort A Constuntiople ea 296 ‘dont it doctrine, on nlaie La aivnte du Verb, prevova neers tis gave, dogmatiqee et resiease, mais cued socal ot yoltque, quis proiongea de S23 4 381: volr Mlle de Ppl (Pace Manto t 3; notamment, pour In piode cowverte par le lvees 1 SUIT de Socata, les p. 8-109; pour une wwe plus symttique, us HISTOIRE BOCLESIASTIQUE donqubvean Bugepiusvs pis Bihan of xv odoin Spyoves Exaaren rep iv Eanol¥aton np ole dyodSEous Etpagoy, wal wall tavrole euncrduerer vavk onoue emptor dep ¥Bodnore, xal av tbr BokaChreon ious Boy nareRaatoy, wal robe nav natpby BaoDbae weal Tbe da Tonaybroug mepinovees Ge yor Bordueig Enedlev wal dubppovas abroig xaresxebatov, cle dds 7 0 Bau obey Beg ol yr sar, o BE ache Zpoowiiyeve avveyuyiy tmosjowto xO inp ie bales igéowo gepoutvon trond 16 *0 34 oxohey fi Nav vaseceaiace shy elpeow 9 real ralhx auupivton, “Ene BF qihioce ig dae irucdetadan pedo ik 2 fe ovopag bboy, dcpeaion Loa os, goby re fy, nokopyyovion nal she colcinas vende. TE rolwy sa avdoug bncinoiaorindiy upc Eausobg mop rpoetelas 4 rponutioeng vie cna alpowag Bako, Hh 79 gerry Herod xponipiosus ela. B6E ‘uaird ue lovepetn. 47 TIpicor uly ydo, Os elem, whoa Aebepx oictalan cig arfelag