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SOURCES CHRETIENNES Colleton divigde par H. de Lubec, S.J, of Danidlon, §, 5. ‘Seerearias de Ditection ©. Monsart, S.J. wi LEON LE GRAND SERMONS TOME It Iseenct voreer + Clorvaux, le 22 Adcombre 1956 Pr, Petrus SALMON Abb, Admin, $83. Manitit & Mauri Twonniaren. PPorie, le 12 fevsier 1 Jacobus LE CORDM Dom REN DOLLE US DITIONS DE CERF, 29, a0 or 14 Torr-Matmoens, PARIS 1957 AVERTISSEMENT Ge volume fait suite au premier volume des Sermons de saint Léon Te Grand publié en 1949 (ne 22 de 8, C.) et qui content es howélies pour Nod et PEpiphanie, TAdition fe des. sermons pve fest apparu depuis que [a motitre se wépartinait plus eommodément ra quatre volumes de dimension moyenne. Ona done modifi le plan primitif de publication en sorte gue le second volume comprente les homilies pose Te carfine et Je troisiae celles du temps pascal Passion, Piques, Ascension, Pentecdte). On eependant adjoint les sermons pour Jes collectes aux sermons de caréie + cola se justtiait par la parent des sujets traités, une des pratiques ossentilles du cactme teat Tauindne. Ainsi fosteroat pour le quatriéme volume les sermons pau les Quatrc-Temps, ceux en Phonneur des saints et ceux pro- rnoncés par le pape pour lenuiversaire de sua éloction. Une nouvelle table de concordance entre Véditien Bal lerini-Migne et lu présente édition figure & Je fin de ce volume, i alovs trois volumes. 1 Pour les traductions de ce second volume, on sest tlle de tenir compte des obscevations recueillies Vocension de la publication du premier, ct cela surtout fn serrant de plus prés le toxte, sans pourtant, nous Ves Dérons du mains, trop nuiire & V'ééganee, La traduction ‘Tun auteur pore saint L.bon présente & la fois une facili et un geueil : dane part Ia beauté de son style et son tour Dratvire aident b retrouver en frangais quelque chose dit 8 AVERTISSEMENT aythme de sa période et de Pheureux équilibre de phrase, mais, d’autre pert, on risque de laisacr entrain par Ja recherche ainsi encouragte de Vélégance et dépesser Jo Adélité au texte, wabissant ainsi autour comme on Ta dit, un tradueteur ne doit pas substitu tune eloquence & une autze Eloquence Une traduction n'est jamais terminée... Toute imp faite que soit celle-ci, news voulons espéror qu'elle sera pas sons utilité pour attirer des lecteurs & une quentation plus assidue des textes qui nous resteat di saint Docteur*, TEXTE ET TRADUCTION SERMONES SERMONS 20 20 wp wy DE COLLEGTIS SERMO I PREMIER SERMON SUR LES COLLECTES Mullis divinaram Seripturaram testimoniis edo~ rai donner, cemur quantum eleemosynaram meritum et quanta sit virtus, Certura est enim unimquemque nostrum anime sum benefacere, quoties miserieordia sua ino= pie succurrit alience'. Prompta ergo, dilcctissimi, et facilis apud nos largitas esse debet, si eredimus id, sibi unumquemque prestare quod indigentibus tri- ‘uit, Thesauram enim suum condit in elo qui Chri- sstum pascit in paupere#. Benignitatem itaque in hoo* et dispensationom divine pictatis * agaosee. Lleireo enim te abundare voluit, ut per te alius non egeret, et per ministerium operis tu: pauperem eb egestatis, labore, teque a peceatorum multitudine liberarct °. 0 Sistine; — Grandeur et utié de Pause fata 1s divines Beritures, en de multiples téenofgnages, nous apprennent combien geen est le ménite Ges at ones com bien geande eur elowcite. Hest, em eflel, fevlain que chacum ce nous fest du bien son ame tates let fois que, par sa miséricorde, vient en tide A'Tindigence dauirai . La libérabit doit done etre her nous, bienstim’s, prompte cf facile st nous crovors que chacur 3° donne a Iu-mémo 6° qu'il necorde ause pauvees. I place en effet son trésor dans {e cish, colts qui nowrit le Christ, dans Ie pacyro Reconnais done en cela, ebrétien® Ta bienvellle nce aq préside au gouvernement dela divine tendesse *: Gr elle voull que tu aies des biens en abondance our que, gréce & toi, um autre éehappe au boscin, ft pour pouvoir, par le mayen de tes bonnes actions, Gelvrer le nbeessitoux da soucl de Vincigence et toi ioéme de la multitude de tes péchés®, O admirable trove sm dans st Me Ms aos eI efosine ct & '. Quitte titer Bosse, nabs s¥oitans ile Iot scirstien «41 ‘suscsitge de slat Léa orion aoe trouve eependoat pos dane le PE ea tana 18, Pr Xt — Be Sr ES ERS, SECOND SERMON SUR LES couEeTEs 11 uw DE COLLECTIS SBANO 1 providence et bonté du Créateur qui a voulu qu'an feul acte fii um secours pour deux?! Le dimanche qui vient sera done un jour de eol- lectes. exhorle vt j'engage votre Sainteté & s2 sou venir chacun des pauyres et de soi-méme et, pour aulant que Te permetlent ses ressources, & reconrialtre Je Christ dans les amcigents i nous a, en effet, tel- Iement. recomiandé les panvres que e'est luisméme, dgclare-t-ll, qui est votu, recueilli et nourri en eux, Tui le Christ notre Seigneur qui, avee le Pere et Te faint Eepnit, vit et rhgne dune Is sldeles des sécte, mira providentia ot bonitas Creatoris, ut uno facto, uobus vellet esse sucewrsum | Ventura igitur Dominica dies, collectarum Jute est, Hortor et monea sunctitalern vestram, ut singult quigue et pauperum memineritis et vestri, et pro possibilitate vicium vestrarum intelligatis in cyems ‘bus Christwn, qui tantum nobis pauperes commens davit, ul se in ipsis vestici ac suscipi testaretur, el pagel Christus Dominus noster*, qui cura Patre, el sancto Spiritu vivit et regnat in secula seculorum, Amen. a au wm vit ad SECOND SERMON SUR LES COLLECTES DE COLLECTIS SERMO 11 Sonapyeas — Appel & a ui; sn feel pour rama Tes Notum vobis, dilectissimi, et famifiare mandatum eles postorali pradicamus hortstu, ut in oper miseri« condia studeatis esse devoti? Quod etiam si oume quam a vestra sanctitate neglgitur, ounc lamem promptins est et impensius exsequendum : quia primus collectarum dies saluberrime a sanctis Ps Irbus* institutus hoc exigit ut umasquisque, prout Le précepte que nous vous préchons, bien-aimes, el auguel nous vous exhortons corime votre pasteur, Vous est conau et familier, 4 savoir que vous vous appliquiez 4 étre lout a Dieu* dans Pexercice de la mistricorde. Meme si votre Salnteté ne negiige jamsis dele Faire, c'est cependant maintenant qu'il faut vous en avguitier aves plus de promptitude et de genéro- osite : car le premier jour des collectes, institution 4 Nowe stsonerone ph dine fae cette fe gue inept des les plus salutaires qui remonte aux saints Pores *, stuye fob ee qu dala lange de sla Lec, sate wept et anu Ge solnt? areata 94¢ south ets ct ‘Gviacaune, vegas erie qk ont ae oe Te pls Ge Pv ASILE ur ontario etait eee beam ps ean IOUS ge de ane row sur ert qunton se Gumsom Up ey 12 DE COLLECTIS. SERMO It ‘TROISIEME SERMON SUR LES coLLECTES — 12, exige que chacua, pour autant qu'il Ya promis ot que ve lui est possible, affecte de ses ressources aux Becoins et 4 Ta nourriture des pauvres ; vous Ie savez, putre Ie laptéme de régénération, of sont lavées toutes les souillures du peehé, co reméde & la faiblesse Inimaine nous a & divincment. avcordé: toute faute contractée en ce Lerrestre séjour est eilaece par les anmoacs. Les auménes, en effet, sont des euvres lie eharité, et nous savons que «Ja charite couvre tune multitude de péchés »?, Par consequent, bien aimés, prepares soigneusement pour lundi prochain vos dons volontaires, afin que Loul. ce dont vous vous. serez dépouillés dans vos biens temporels, vous le relrouvier multipliS dans la vie ¢ternell, volivum atque possibile est, in usus atque alimoniam ‘pauperum de vestris iacultatibus conferatis ; seienteg ‘prater illud regenerationis lavacrum, in quo univer sorum ablutze sunt maculae peecatorum, hoc remediur infirmitati humane divinitus esse donatum, ut quid calparum in hac terrena habitatione contrahit cleemasyais deleatur. Eleemosyne enim opera cari tatis sunt, et seimus quod carilas operit multitudln poceaterum''. Proindy, dileetiseimi, in secundam f¢ riam spontaneas collectas vestras sollicite prey rate, ub quidquid vobis de temporalibus substantii desumpseritis, id multiplicatum in xterna rete butione sumatis. 2 a ony (VII) DE COLLECTIS SERMO Ill TROISIEME SERMON SUR LES COLLECTES jeaines — Raison de Vineiimion dex celletes Tevitation & Winners dane ql expat le tee Christiana: pictatis est, dilectissimi, ut que a stolicis sunt Lraditionibus institute, perseveranti devo= tione serventur, Nem illi beatissimi diseipull veri talis, hoe divinitus inspirata commendavere doc ut quaties exeitas paganorum superstitionibus sui set intentior, Lone praeeipue populus Dei ora nibus et operibus pietatis insterct. Quoniem immuné Cest le propre de la piété chrétienne, bien-aimés, ile garder avec ume Adele dévotion Tes’ institations gue nous tgnons de Ie taition des Apdtrs, Car ees caheurenx disciples de Ta Vérite, enseignant sous apeciosdivine tr ecoeamancs Gots phage le Diew fasse une particullére Instance par la priére fe: les couvres de charite ehague fois que Paveuglement. des paiens s'adonnerait avee pls dadeur a ses SE com, With, A ue tes Cdoueseopsernt tae a & ne ase een slaty snt Lan vo Ces one ironman: tte te nies es ca as DAC ‘ulin opnn favea c ain er ait slic Lowa sen wurde Tea spits dl ine ony cha guia eo 13 DE COLLECTIS SERNO It spiritus, quantum gentilium errore letantur, tantum, ‘vere religionis observantia atteruntur, et augmenta justitim urunt impictatis auetorem ', Cujus impia ot profana commenta, ne sacratis Deo vero eordibus aliquid pollutionis inferrent, bealus magister gen tium preeavebst, cum voce apostolice diveret : No~ lite jugum eum infidelibus ducers, Qu enim partici patio justitiee cura iniguitate? avi quee soctetas inet ad lenebras®? Et deinde voce prophetici spiritus addidit, dicons : Haile, exile de medio eorum, et sepa amin, dicit Dominus, of immundum ne teligeritis®, ‘Unde quoniom ad destruendas antiqut hostis insidias in die quo impii sub idolorama suoram nomine Giabolo serviebant *, providentissime in sancla Ee- flesia prima est Instituta collectio : volumus: dis lectionem vestram tertia feria per omnes regionum © vestrarum Eeclesias eum voluntariis oblationibus) eleemosynarum eonvenire. In quo opere et si non e omnium equalis facultas, debel esse par pletas® = ton ona pn itis dt on ire kate parc $4" ral sé me a ft toutes les manifestations ides ham le std seve . ‘vest lqaos an lasqualee,dopals Je py (236250) Bas hace ln vile de Renae. Co page ie arate TROISHDME SERMON SUR LES coLLECTES 13 sslrjouseent de Lerreir des gently unt Hs sat premiere eollecte a ete institute dans tu sete Fgtise QUATAIEME SERMON SUR LES COLLECTES 14 4 be COLLEGTIS SENMO IV ellet, ne se mesure pas au poids du don, mais & T'in- teasilé de. bonne, valoms |. Quo fos pauros aus retirent done un gain de ect éhange de miséricarie et quills choisissent dans le pen qivils ont quelque ‘chose qui subvienne aux indigents sans les eontrister euxeménies. Que le tiche soit plus shondant dans 00 don, Sans que le pauvre soit inférieur dans son inten. tion. S'il est vrai, en elle, qu'on espare tin rendement plus élevé d'une semence plus abondante, i peut cependant résulter d'un faible enserencement de nombreux fruits de justice, Car notre juge est juste et véridique, Tui qui ne prive personne ce ls 7éeom- pense dite aux merites, Aussi voutil que nous ayons soin| des pauvres, alin’ que, Iorsqut'il déeldera We la retribution finale, le Christ netre Dieu accarte la miséricorde promise aux miséricordieux % lui qui, avec le Pére pt le saint Esprit, vit et regne’ dans les sigeles des sigcles. Amen, quoniam fidelium largitas non ce muneris pensatur pondere, sed de benovolentise quantitate !. Hebeant ergo in hoe miserieardim commercio etiam pauperes Jucrum, el ad sustentationer egentium de quanta cumque substantia aliquid quod eos non contristet, ‘excerpant, Sit dives munere cupiosior, dum paupet fnimo non sit inferior. Quemvis enim major speret redditus cle majore semente, potest tamen etiam ¢ exigua satione multus fructus provenire justitin, ‘Justus enim est judex noster et verax, qui nem Traudat mercede meritorum, Ft ideo wos euram pal pperum yult habere, ut in futures etributionis examine mniserigordsbus, quam promisit, misericordiam Je pictur Christas Deus noster’, qui cum Patre et Spis ritusaneto vivil et eguat in seeula seeulorum. Amen, 23 23 (eo ax) DE COLLECTIS SERMO IV QUATRIEME SERMON SUR LES COLLECTES 1, Misotigordia, dileetissimi, et justitia Dei format reributionuma suaruim a -mundi constitotione disp) sitem, per deetrinam Domini nostri Jesu Ch penignissima nobis expesitione reseravit, ut aceey rerum signifieationilus, quae Tutura eredimus, jak quasi gosta noseeremus, Sciebat enim Redempt Sovnanns, <4. Lee rotor ely démon, — 2. Le jugement Fatues ‘atnor johns kv isercandas "3, Ly allt lope Jnateue Te Ghost dane toe paucven— fe Coat lee aundicens Notre Diew mistrieordieux et juste, blen-ime, aos 1 evolt et esplique cans sa grande benth pet Feoscignement de notre Seigneur tstacchiat cele eonypenees Il avait, deptte'la ertion datafonde Aéeidé d'attribuer ; de Ia sorts, une [ois montrées is choses qe nou sToyons devoir arr, noe lee eanatssonsdésrmnas Come djl accom ples, Note Rédempteur et Sauveur savaity en ellst, queles QUATRIENE SEROION SUK LES CoLLECrES 15 5 DE COLLECTIS SERMO IY erreurs Ja fausseté du diaile avait semées & travers le monde ct quelle part, Ja plus grande, dugenre hhumain il avait soumisé a de multiples superstitions. Mais pour que la eréature formée 2 Timage de Diew ne fit pas plus longéomps, par ignorance de la revit poussée dans les abimes de Ta mort éternelle, i Inséra dans tes pages de I'Evangile le mode de son jugement, afin de détourrer par la tout homme des pieyes cu plus rusé des ennemis : ear personne a igho= reraif désormais et les récompenses que pouvaient espérer les bons et les supplices que devaient craincre Jes méchants, Cet instigateur et pare du pend, assez orgueilleax Wabord pour tomber, assez envieux ensuite pour noire, mayant pas persivéré dans te verité, a mis toute sa foros dans le mensonge et fait sorlir de cette source empoisonnée de ses artifices tons Tes genres de cuperies # Ue vould ainsi incerdire 4 a picte humaine tout espoir d'un bien que son propre orgueil fui a fait porcre, et entrainer dans une commune damnation ceux dont il ne pouvait partag 1 réconcilistion St dane’ un homme, quel qi il soil, offense Diew par n'importe quelle impleté, cest quill a élé entrainé par le ruse de cet ennemi et per- verti par 6a malice. It lui est facile, en effet, de pousser 4 toutes Tes. turpitudes ‘ceux quill a trompes sous couleur de religion. Sachant bien que Dieu peut ttre renié non seulement en paroles, mais encore en actes Ha enleve la enarité & beaucoup de coux cher qui il a pu supprinier In foi; et ds lors que le champ de Tear coeur a ete envahi'par les racines ce avarice, ila dépouillé du fruit des oavres ceux qu'il n'a pu river de la eonfession de leur foi. 2, En raison done de ces artifice. de antique envemi, tien-aimss, ineffable honte di Christa Voulu que nous sachions comment serait jugée Thue manité entiore au jour de In rétribution ; cependant ui oftre dans le temps présent les remedes Légitimes, Gu'il ne refuse pas de relever coux qui étaient brises et leur permet, de stériles quils élatent,lepuis tong: temps, Ue devenir seconds, il mel ainsi a meme ce Prévenir Vexemen iKerélé de sa justice et de ne ester etque Servator quantesfaleia dlabol totum mandom, sparsiet eters, et quam. tir aupertitontbus,mexinam ib partor hun gene susisset Sol ue ultra per igaorantian ver itis crsiturn ed. imaginem Doi condita npr tipiia perpetur montis ageretur,evangelels pani fet Soiinseruit qualtotem, ue omaem hom hema callsims hosts revacaet isis: en ja tl eoel incgiitom gue oni speranda preniy we malis sent timenda suppticia. Inca ramcue ie avclorgae peseat pram. saperbus Cadet, deinde invidus at oeere, qua (rei tom tefl totam vim sua sa mencast coloca ning deceptionumn genera de hee venooalsh fh sue fonte produit? ao bono, quo props latione pedidera, sper bumsane deve ton Tecloterets cosque in consort. darmations ralteret ed quoraan pss reonellationem pete hon posst's Guisquie iuitse hominom quasi Fnpictatibus, Deum ist, hojus Tsade treet hopes ast nequitia deprevatus, Facile enim in om faitia pul, quosseligioneceoapt. Sens au Beam nano ves a ea as hull quibue aufero non otal idem, sus Cartan o ago coal porn avaritie rac sceupata, spoilt facta apenas qucs non Priva toxfesione abiorum, seid 2 Dropler hee en, alecisini, verti angus nee voli ine is be gaias Can uid in die retibutionis de oniveritale Bonin esset deeernendum, ut dum in hoc tempore legt Shoram remodtera:y medina predetun, dumm 16 DB COLLECTS SERaIO Iv reparatio non negatur, et qui din fuerant sterile possunt tandem o3se feeundi, preveniatur disposi censura justitie, ct numquam a cortis oculis. divin diserelionis imago discodat, Veniet enim in maj tatis su gloria Dominus, sicut ipse predixit aderitque cum eo redians in splendoribus suis iam merabilis angelicarum raultitudo legionum, Con gaduntur ante thronum potenti ejus omnium ge ‘ium populi set quidquid hominum universis sc toto orbe terrarum progenitum est, in cons judicantis astabit, Separabuntur ab injustis just, ocentibus innogentes ; ot cum preparatum si regnum, recensitis miscricordie operibus, fill pi fatis aceeperint, exprobrabitur duritia steritita injustis ; et oibil habentes sinistri commune e dextris, in ignem ad diaboli et angelorum ejus ts menta dispositum, omnipotentis judieis demnatio ittentur, cum illo habiturl perm eommunton :ujus elegerunt facere voluntatem. Quis igitur ista sorte wternorum cruciatuum non pavescal ? Q mala numguiam finienda non tirmeat 2 Sed cum ideo demntiata sit soveritas, ut mis cordia quieveretur, in diebus presentibus eum mis ricordie est largitate vivendum, ot homint pot periculosam negligentiam, ad pietatis opera rev tenti, possibile sit ab ae sententia liberaci. Hos eni ayit potentia judieis, hoe utreli impius vies suas, et ab iniquilatis sue consuetudi peceator abscedal. Misereankar. pauperam, qui volunt pareere Christum, Faciles sint. in alimes misecorum, qui cupiunt ad societatem perver felicium®, Non sit vilis homini homo, nec in ia Servalori QuaTaiME SERMON SUA LES coLUEcTES 16 jamais laisser Timago du jugement divin s‘Soigner ites regards du cocur. Le Scigncur, en eflet, viendra dans 14 aloire de sk mejeste, comme il Pa’ annonce Iuj-méme', et une multitude innombrable de legions ngéliques’ Feeeompagnera, rilante de. splenvteur. ‘2s peuples de toules nations seront_ assembles devant Ie trone de sa puissance et tout etre humain 1é dans tous les siéoles ct sur toute la surface de Ia {erte se tiendre en prisence du juge. Les justes seront xeparés les injustes, 10s inacesats des coupables Teg efants de misévieore reeevront. le. royaurae proporé pour cux, le compte de lours bonnes ceuyres Eton fat, Landis qu'on reprochera aux mauvais eur sterile dureli eeux de Ia gauche, sépants 4 jamais tie eenx He ln devite, seront, par Is eondamnation du juge tou‘-puissant, enveyss au feu prépare pour Jo Supolive du liable el de ses anges : ils seront associes & in peine do eelus dont ils guront choist do faire la Nolonté. Qui dane ne tremblerait d'avoir ainsi en part -d'étomels tourments” Quine craindralt des faux gui ne. finiront pas ® Mais. la severile une fois annone’e pour foire rechercher Ie miséricorde, c'est. ous, dams les jours presents, dexoreer cette misériconde avec gendrosite fon que chacun, revenant 4 la pratique des bonnes fouvres apres une dangereuse negligence, puiste so nnettre & Fabri d'une telle sentence. Car cst un effet Ge Te puissance du Juge, un effet ce Ta. grave du ibe- rateur que Fimpic abandoane ses voies” et que Te pecheur s'éearte des habituctes de son iniguizs. Quils fient pilié des panvres, ceux qui veulent pour cux le pardon du Crist. Quis solent prompts nourr les miséreus, ccux qui désirent arriver a a ces bienheurewx®. Que Fhomme he soit pas vil aux yeux de Phomme, ef qu’en personne on me méprise cette natuze que le Createur a falle siewne, A quel Ww BE COLLECTIS SERMO IV quam despiclatur ila natura, quam rerum eonditor sam feeit. Cui enim laborantium lieet vegare quod Christus sibi proftetur impendi ? Javatur eonservus, et geatiam refert Dominus. Cibus egen,regni exlestis fest pretium ; et largitor temporalin heres efficitur selerno astimari taxalione meruerant, nisi quia pondera operum earitatis lance pensantur, et cum ametur, ah homine quod Deus diligit, merite in ejus ascen- tir regnum, in cujus transitur affectum 2 8, Ad boram ergo operum, dileetissimi, piar curam dics nos apostolice institutionis invitat, in quo sanc- larum collationam prima collestio est pradenter a. Patribus et utiliter ordinata : ut quia in hoo tempore gentilis quondam populus superstitiosius demonibug secviebal, contra profanas hostias impiorum, sacra Ussima nostrarum eleemosynarum cefcbraretur abla tio". Quod quia incrementis Ecclesie fructuosissi- ‘mam fuit, placuit esse perpetuumn. | Unde horlamur sanetitatem vostram ut per Zeclesiag regionum vestrarum quarta feria de facultatibus vestris, cuantuin suace! pessibililas et veluntas, ad expensas miscricordie conferatis, ub possitis ill beatitudinem promereri, in quo sine fine gaudebi ‘rat inllligit super egenum ef pauperem?, Ad ques intelligendurs, ciloctissimi, sollcita henignitate vii landum est, at quem modestia tegit, ct vereeundi prepedit, invenite possimus, Sunt enim qui pala mm, Tade avtem exigna ista inn era ete Sone eDiets aN? aoe rllnthon QUATRIENE SERMON SUR LES couEcTESs 17 néeessitenx est-il permis de refuser ce dont te Christ gesure qiren fe llonne a Iuimeme ? On aide. on Compagion de service, et crest fe Seigneur qui dit fnerci La nourrture donne & Vindigent achéle le royaume des cleux eb celut qu distribue les_choses temaporalies cevient heritier des cteraelles. Et don Nien que ces modestes.serours alent mdrite- Ohne estimes un si hat pris, sinon paree que le poids des Cures est pest dans Ta balance de Ia chart et que, lossque Fromme sime ee que Dieu chert, il merite de Slever auroyaume ce coal dont épouse kes sent. ents? 3. Uest done & de telles cuvres, bien-nimés, que Yinstitution spostelique «pelle notre pisuse sole tude en ce jour oi la premicre de ces sat es collect fal opportunément inceituée par la prudence des eves poree qu antrefois les pouples paiens sadone sient a paveile pois un ealte plus superstitiou. envers les demons, ils voulurent que se dressat face Sux vlelizaes impures des imples le culte readw par la brs sainte olfrande de nos aumdnes , Gelte pra- gae sant revelee ces plus proitables. aux pro- gees de Elise, parut bon den faite une institu fon “Aussi exhortons-nous votre Sainleté & epporter ineserels prochain aa eglses de vos regions co que Vous pourtes et voudrer vous Isis persuacer ‘de Dremidfe ste vos mssouees pour le budget dela mlse- Peorde ; ainsi pourrez-vous miriter la beatituce dont jouira sas. Rn «celui qui devine Tindigent. et le pauses. El, pour le davinen, bien-aimés, il faut Yelller avec ine charité sans repos, alin de pouvoir ‘scour ali ae eache sn motesiie oa que retient sa fwnte, Men est, en fle qal rougissent de soll- titer publiguement ee dont is ont besoin et qui pre= ferent souffrir en silence de Tour dénaement plitbt que etre eonfondus oar ane requéte ouverte. Coss aD faut donc es deviner, eles soulayer dacs feuts afconsitis secretes, afin qUils afent dautant plus ce 18 DE COLLEGTIS SERNO 1 QUATRIEME SERMON SUR LES COLLECTES 18 Joie qu'on aura en égard & la fois A leur pauvreté et 2 feur podeur. Mais nous aurons raison de reconnatire dans digent o€ Te pauvro la personne meme de notre $ nour Jéoushrist, qui, comme le dit le bienheuneie Apstre, ede siche giv! etait, s'est fait pouvre pour ius afi de ous eich dest pauvie's = pur qqe #8 présone ne. partsse pad mows manqucty ta SV bien ‘accommodé te mysttre de son humilie. ct sie st_ploire, qe nous pulssions To nourrir dans ses pauvres, ut que mows ‘adorons comme. Toi et S {nett dans la majesté de son Pere ;esla nous proc rent at jour mauveis? la delivrance de Teterselle dlamontien, et, pourie soin donne au pouvre que nous auons ving, nous serons admis ‘at parlage di ryaume edleste “1 Mas pour que, de toutes maniéres, bien-aimés, volte devotion plaise at Seigneur, nous vous exhortoms fussi @ user d'industrie pour feire conneitre & vos prétres les manichdens, oh qirils se Uenrent cach Doct fire preuve a'une grande piete* que de dévoilet Jes retrsites des impies et le combattre en ous Ye ‘inbie Iaiememe ils servent. I tout en. vente, bien-aimés, que Ia terre entiee, et toute ME glist Fepanue partout, ssisse contre eax 105 ermos do Jn fol mais votre dévonement & Diew doit se” sir passer dens cette ontreprise, 4 vous qui, em Ia por Sonne de ves ancétres, ver appris Vecangile de Ta erois du Christ de la boneke meme des bienheurene apotres Pierre el Paul, Quion ne laisse pas sceacher ‘kes hommes dont la eroyance refuse "; or 'g montré. suivant quelle résle do jus- tice se fer tout eet examen par lequel, sa majest brésente, il doit juger le monde + une fois Clucidée [a Sule question de la qualité de nos ceuvres an regard des patyres, foul sera prét pour que les impies aillent Drier avee le diable et fes bons regner vee Te Chy'st Quelles actions ne mettra-t-on pas alors sons Jes yeux de tous ? Qucls secrets ne dévoilerseon pes 2 Quelles onscionces pourront resier eachdos ? Nul alors ne se flotifiera d'avoir le eur chaste ow d'étre pur de peohé™ Mais, parce que In miséricorde sera. elevée Pusdossus du jugement * et que les. dons inspires par Ja elémence primeront tonte retribution exigse par In justice, 1a Vie entieve des morte's et leurs actes les Phis divers seront ostimés depres une regle unique, 2 savoir que mille mention «ie Ja moindve faute ne sera Toite Id ou, cde Laven du, Creatour, se_seront frouvees des ceuvres de honte, Ceux qui seront mis & fouche nrauroat done pas fait que es qu'on leur repro chera, et ce n'est pas parce qu'on Jes montrera alors 25 DE COLLECTIS sERMO VI SUSIRM SERMON SUR LES cOLLECTES 25 Non ergo Sohim quod els exprobrabitur seeerans sinistri, nec quia humanitatis docebuntur extranel, aliorum peeeatorum inveaientur alien; sed in multig rel ob hoe maxime danmabuntur, quot erimina s aullis eleemosynis vedemerunt, Cum enim durisimi condis sit quacumque laboraintiumn miseria non mover et habens ausiliandi eopiam tam iniguus sit qul aon juvit-allietum, quam qui oppressit infimum, « pes superest peccateri, qui mee ideo miserelu, ul nisericordiam consequatar ? Primitus itaque, dilectissimi, sibi- malus est, qi alleri bonus non est, et animar nocet suze, qui ut potes non succurrerit alicne', Una est divitum paupes Tumgue natora, et inter cetera Fragilitatis humana, nulla ost sanitatis tuta felicitas, quia quod ali possunt incidere, non est qui cebeat non tim Agnoseat se in quibuscumque hominibus mutabil et caduca mortalitas, el pro conditione commu socialom * generi suo reddat affectum 5 leat ein fens tibus’, et cum dolentium gemitibus ingenisaty communicet cum indigentibus copies suas; be valente corporis ministerio, ad male jacentem inclin se aegrotum : inter cibos soos numevel esurientin portionem, et im pallenti trementinm auditate eredat algere. Qui enim relevat temporalem miseria Jaborantis, evadit eeteraum supplicium peccatoris, Providenterigitur,dileetissimi, a sanctis Patil pieque dispositum est, at in diversis. tempo quidam essent dies qui devotionem felis pop etrongors aux actes d’humenits qu'ils serent trouves exempts d'autres péches; mais, coupables en beat coup de choses, ile seront surtout condamnes pour rave pas rachet leurs crimes per ume seule aumone. Car s'est Je kt d'un cocur tres dur de metre pes éma av In misére, quelle qu'elle solt, de eewx qui sotl- Trent, et eelui qui, ayant Je moyen de soulager, ne sccourt pas Palllgé, est ass injuste que sit epprimait Ie faible} quel etpeir des lors restera-tal au! pecheur Sle fait miséricorde alin de recevorr anne misé= riecrds ‘est pourquo’, bien-aimés, celui qui n'est pas boa pour les! autres, est d'abord mechan! pour sorméme, CLil nuit & sa propre ame en ne secourant pas celle @autrul comme it le pourrait, Riches ct! pauvres nt une nature identique sor, entre siutres const Gusnees de Thumaine fragiite, aveune bonne sante rest assurée de durer, car il nest personne qu! ne Govve rand ge gu’ peut anver 1 oortsins. Que notre étre mortel, changeant ct cadluc, se reconnaisse ‘en tout homme, et, en raison de cette communaute de condition, manifeste & eoux de sa race Tamour un assoeie +; qui pleuze ‘svee ceux cul pleurent ? ct quil unisse es gémissements aux gemissements fe Geux qui soulfeert; qa purtage sea ressources avee les pauvres: qu'il use de som corps bien portant pour se pencher vers le malade ju) gt sous Tellet die son mal; que, parmi ses mets, i prévoie la part de ceux quiiont faim, ety dans la bigme audits de ceux qu ‘trombient de frais, qu'il s'estime Ini-mémne trensi. Quiconge, en effet, xoulage Ia misére Lemporeie dt wens, Cehagpe au supplice éternel dil pécheur, st done awev sigesse et piste, Dion-aimes, que les saints Peres ont regie cua diversce epeques ‘de Tanne, il y auralt-des jours determines pour appeler a devotion du peuple ‘dele une eolieste publique + 1, Als sure averse «Qo, qld tn care setter pe ase CCV, in Guana, Hi Py ring isthe ayce me ante commune ute cats eden ‘ae cst pret lr wu oones | ue setamemraies 28 DM QUADRAGESIVA SERMO 1 ad collationem publicam provocarent; et quia ad eeelesiam moxime ab uncquoque opem quarrent decurritur, fleret ex possibilitate multorum, voluns {aria eb sancta collectio, que per prsidentium euram nocessariis serviret expensis. Ad eujus operis desid ratum vobis, ut credimus, fruetum dies vos vieinw jinvitat; acvedentibus gdmonitionibus nostris, ul ad ecclesias regionum vestrarum sebbato proxime) futuro miserivordize munera deferatis. Et quia Ailarem datorem difigit Dews *, nemo sibi amplius quam sub stantia ejus permittit indicat. Inter ee et pauperem: equus quisque sit judex. Removeat dillidentiam let ft secura miseratio ; et qui egeno subvenit, Doo 6) impendere quod largitur intelligat, De quibuslibet, substantiis, quarum utique non una mensura est potest esse par meritum, st iter diversns contevontium quantitates non sit minor eujusquam pictas quai faeultas. Deus enim, apud quem non est accep' personarum®, similiter reeipit et divitis munus: pauperis: quoniam novit quid singulis deder quidve non dederit ; et in die retributionis non modi judicabitur censuum, sed quslitas voluntatum, Christum Demiaum nostrom, 26 [XXXIX) DE QUADRAGESIMA SERMO 1 litiew tribus, cum propter peeeatorum suoram off 2 ft Vi bye PREMIEA SERMON SUR LE CAREME 26 et puisque c'est surtout. vers Pégline que Sen vient aleonque est en quete do scour, ils ont voulu que, des ressources du arand nombre, on reset spo agent ot saintoment ce qu par le soin deg chels Teglites, couvelrall les dépettses indispensabies. Le jout est proche qul vous invive b cette ceuvre fruc- incuse ef, eroyons-nous, désiée: par Yous; nots Syratons ‘ao exhartaioas pour jus” same pro thai, vous apportier au éies de Yes reyions les dong de la mikericorde, Et, parce que « Cast celal ati donne avee joie que Dieu aime» que personne ievse preserve A lubanéme de donmer plus que ne lui permet sa fortine. Ue ehacam scit un jage Ube eatre tos pauvres at lulmeme. Qu'une comaiss- ution joveuse of A Labn du bosoin. Cearte, tout hanque de confiance et que coll qul vient en alte £Tindigant eompmenne mil donne & Diu Paumdne uel ditcbue. Toutes les fortunes, dont 2a mesure Cros west pas sniforme, peuvent avoie un metite fal sh, et dpil des douk icguus, Pamour n'est pas infeiour eux resources, Dict en effet gut ne fa pas acception des, persontes. regoit.poreliemen te don dt tcke et ealat du pauvre vil sqft ce gu'l a donne & chee, cle qu'il wa prs donne; Jur dex Weompense ce ne sera pa a mente des rchettes gh sera jugey mais to quahle des intentions: Parle rat notre Seigneus 26 (XXXIX) PREMIER SERMON SUR LE CAREME Sopevauns.—1, Xomple tint ae Esser enn — 2 Le soma intdseur — 5, Uist a toarasion 4 Lesarmes spinels ee Mice at verity "6: Le pardon doe injores 1, Lihistoire saerée rapporte qua, jadis, Ie pouple hibreu et toutes les tribus d'Israél, accablés & cause 27 DE QUADRAGESIMA SERIO f siones gravi Philistinorum dominetione premerentuy ut superare hostes suos possent, sicut sacra mani festat. historia, vires animi et corporis indicte sibi reparavero jojunio Intellexerant enim duram migeram illam gubjectionem neglect. se mandatorum Dei ck morum corruptions meruisse, frustraque armis certare, nisi prius vitiis ropugnassent *, Abs nentes ergo a cibo ct potu severe sibi castigationy adhibuere censuram ; ot ut hostes suos vineere gule illecebram in seipsis ante vicerunt. Factumqy est hoo modo ut svi adversarii ot graves dot esurientibus cederent, quos sibi saturos subjuger Eb nos itaque, dilectissimi, inter muitas adver tales et prelia constituti, si similibus remediis, cupimus, simili observatione curemur. Eadem propemodum causa nostra est que ilorum fuit, quoniam sicut illi a carnalibus adversariis, ita et mt a spiritalibus maxime impugnamur inimicis. Quis donata nobis per Dei gratiam morum corrections vincantur, etiam corporeoram nobis hostium fortitu succurabet; ct emendatione nostra intirmabuntux elicta fecerunt * 2. Quapropter, dilectissimi, ut omnes hestes noste SSC ei do aati tL PREMIER SERMON SUR Le canine = 27 de leurs péchés sous Ja lourde oppression des P! isting, sastreignirent, ‘pour ponvair valnere leurs cennemis, A un jetne qui renouvela a la fois les forces, de leur Ame et eelles de leur corgs '. ls avaient, en effet, compris que le mépris des commandements de Diew et leurs mecurs eorrompues leur avaient mérilé celle dure ct misérable servitude et quils combattralent en vain Tes armes ala main sls ne commengaient par faire Ia guerre aux vices’. Ils SImposérent done le punition d'une severe peniionce en Sabstenant de manger et de boire ; et, afin de iriompher de leurs ennemis, is triomphérent d'abord eneux-mémesdes appels ce le gloutumnerie. Ainsiarti- Vactil gue des adversaires redoutablos et des maitres, impiloyables prirent la fuite devant des -horames ailames quis Avaient Souris, rassesigs, a leur joug. Nous aussi, bien-aimés, avons a faire face & mille adversites eta mille combats : si nous voulons re courir A semblables remédes, nous. serons.guéris pac semblable discipline, Notre situation est & peu de chose pes celle qui fut la Jenr = ils subissaient les viow lentes! attaques ‘Fadversaires charnels, comme nots suhissons les violentes attaques e'ennemis spirituels Sie reforme de nos mocurs , cbtenue par Taide de Dieu, nous fait isiompher de ces dernters, la force ‘usst'de nos ennemis visibies suecombera ils seront alliblis par notre amendement méme, car, silsavaient aequis quelque pouvoir sur nous, etait grice a nos feutes et nom par leurs mérites 2 Dans ces conditions, Dien-aimés, afin d'etre “4 Oui soul ees haces vsihles que sath Léon mieitenne apis tes a iter les Baiaces toujours neiasanits your a Thane ti st Sedat i ese caw sto de Roe ca als 45, Pane atc planner SeRMON sm Le canon: 29. 28. DP QUADRAGESIMA SERMO 1 assez forts pour vainere tous mos ennemis', recher- chons le seeours divin en obéissant aux comman- ements célestes, ct sachons bien que nous ne pour rons prévaloir sur nos adversaires qu'aprés avoir prévalu sur nous-mémes. Ilse livre, en effet, en nous bien des combats : autres sont les visées de Ix chair sur esprit, autres celles de Pesprit sur la chair‘, Que, dans cette lutte, les eonvoitises du corps soient Ies plus fortes, et la volonté raisonnable perdra hon- teusemont Ja dignité qui Ini est propre, et, pour son plus. grand malheur, deviendra Tesclave de celui Gu elle etait faite pour commander, Si, aa eontraire, Tesprit. soumis a son souverain et. prenant. plaisi aux faveurs celestes foule aux pieds les provocations des voluptés terrestres et ne permet pas au péché de réquer dans son corps mortel®, la raison alors. gar- era le rang quilui convient, par excellence. le premier, et aucune iilusion des esprits de malice * n'sbranlora ses defenses : car il n'y a pour l'homme de vraie paix ot de vraie liberté, que lorsque son corps est soumis 2 Pome comme son juge, et Tame conduite par Dieu eomme par son supérieur *. Sans doute un tel entrainement, bien-aimés, est-il salutaire en tout temps, afin que nos ennemis tou- jours en éveil soient tents en sujétion par ane appli- cation sons tréye; pourtant e'est_ maintenant qu'il nous faut le rechereher avec plus dardeur et nous y consacrer avee plus de soin, & I'heure ott nos adver- saires les plus subtils redoublent eux-mémes de four berie pour nous tendre des pleges. Tis savent que Tes saints jours du caréme sont arrives, dont Pobservance amende toutes les lichetes passces, eflace toutes los négligences; toute la force de leur perversité, tend Gone d ce seul but : faire que ceux qui vont celebrer superare valeamos?, per observantiam elestium, mandatorum divinum quevamus auxilium, seiente non aliter nos prievalere posse adversariis nostris, nisi prevaluerimus et nobis. Sunt enim intra nosmé ipsos mulla certamina, et allud caro adversus spl ritum, aliud adversus carnem spiritus concupiseit In qua dissensione si cuplditates eorporis fuerint fo lores, turpiter animus amittet propriam dignitate et perniciusissimum erit cum servire quem decuera imperare. Si autem mens rectori suo subdila, supernis muneribus dolectata, terrene voluptatis, menta ealeaverit, et in suo mortali corpo! regnare peccatum non siverit®, ordinatissimum tenebi ratio principatum, et munitiones ejus nulla sph talium nequitiarum * labefactabit Hlusio : quia tun est vera pax homini et vera lbertas, quando et of animo judice regitur, et animus Deo preesitle gub natur® Hire autem preparatio, dilectiscimi, licet a1 tempore salubriter assumatur, ut pervigiles host incessabili superentur Industria, nune tamen sol citius expetenda est, et studiosius instruenda, quan: et psi subtilissimi adversarii ceriori insidian astutia, Scientes enim adesse sacratissimos Quadré gesimie dios, in quorum observantia orones prot Tite desidiw castigantur, omnes negligentice diluunt ad hoe utique totam vim sux malignitatis intondunt ut eelebraturi sanctum Pascha Domini in aliq’ ch tay Vie ae lope luau tun en tu pret 2a tobene Teas Meee cru, ams Poke hoo ween 9H a 30 DE QUADRAGESIMA SERMO 1 rea age ear pee, Lae Ti acini) al als. ot Ae tee ne cereal gh ee occen feos in calestibus *; et non ignorernus quod hi hostes nosta Ci aa ade aera ieee bas to oe ee venir cacao Sa a ieee Ue per ckbolon ivi ae erate Ene Co ut qua =f ee A eee ane imag nn toi rg Se im on corny sian oneecin il {nfirmantur, Hemede nostra plage fpeorar sunt, Qu a tue ail Sa ee at ayaa aly axel all ee incine dead pad 9 al Te fag pc er al Se ee ni tae mall tee eo Ce er rena a beleonrl Te aes aieaistal Ul Ce gan naspeatone al Eee ee eae coll, at oll lumbos baltco castitatis 4, calceavit pedes vinew aus anpeteions aunt ota PREMIER SERMON SUR LE CARENE 30 de pénibles combats ; prévoyant les incertitudes de Ja bataille, il prévient. 4 Vavance quil faudra ba tailler; ear, s11e tentateur s'en prend a des émes non avertics, il est a craindre qu'il ne blesse plus promp. ‘ement celles qui ne sont pes prépartes. 4, Instruits par Penseignement divin, bien-aim6s, fous entrons done en connaissance de cause dans Yarine pour cette lutte: éeoutons Apotre qui nous Git «Co n'est pas contre le chair et le sang que nous avons & lutter, mais contre les Prineipautes, contro Jes Dominations, contre les Souverains de ce monde de tenebres, contre les Exprits da mal répandus dans les alts». Ne nous faisons ailleurs pas illusion + ees cnnemis qui veulent nous perdre ‘comprennent Den que c'est contre eux qu'est fait tout ce que nous tentons accompli pour notre salut; par cela soul gue nous désirens quelque bien, nous. provoquons Tedversaire. Tl y a, entre eux et nous, fomentee par la jalousie diabolique, une opposition invétérce, {elle que, déchus comme ils sont de ees biens cuscquels la gree de Diew nous éleve, notre justification fait leur orture, Quand done nous nous relevons, ils Selfondrent } quand nous retrouvons nos forces, ils percent les leurs ; nos remédes Jeur sont des coups, tar la guérison de nos blessures les blesse. « Dane, Uckout. bien-aimés! — cest TApotre qui ie dit avee 1d vérié pour csinture de vos Ames, et pour chaussures le zAle 2 propager Mevangile de la paix ; tenez toujours en main le bonelicr de Ta foi, grace auguel vous pourrez éteindxe tous les traits enflamimes da Mauvaiss prenez aussi le casque du salut et le glaive de I Esprit, qui est la pacole de Dieu »*. Voyen, Biensaimés, de quels traits puissants, de quelles dsienses insurmontables nous Mmunit ee chet qut ont illustre de multiples triomphes, ce maitre invincible de la milice chrétienne ® Ila mis autour de nos reins We ceinturon de la chastoté *, chaussé nos pieds des is AX WH), A ple 6h, 29.4 «Suerte Haleo eaginur © ‘Sitcime eontinentin » (CSLZ, LVI, py 459); sacs? PiaKae CANTO PREMIER SERMON SUR Le CARNE 31 BI DE QUADRAGESIMA SERMO 1 courroies de Ia paix : un soldat qui ne s'est pas ceint Ies reins est, en eflet, bientOt vaineu par rinstigataur ge Vimparcte, et cefui qui n'a pas de chaussue est facilement mordu par le serpent. Ml nous « donné Ie bouelier de la foi pour nous protéger Ie corps tout entier, » placé snr notre tle le easguia dt gal mis dane notte main le glaive, eesl-ardire 11 parole de vérité ainsi Te héros des duttes de Vesprit n'est pas seulement Vabri des blessures, mais il peut aussi lesser qui Pattaque 5. Contiants done en ees armes, bieveaimés, shore Gon sans paresse et sans creinte Ig Tutte qui nous est proposée, cb dans ce stade oti Von combat par le Jee, ne nows eroyons pas quittes en nous cententaat Ge nous abstenir de nourriture, Ce serail. pew que affaiblir la foree du corps, s1'Yon nalimentait la vigueur de Time. Mortifions quelque pen Thomme extérienr, et que 'interieur se Testaurej Totranetons a Je chair un rassasiement comporel, et que Tesprit pulse des forces aux dalies spitituclics Que toute Aime ehriticnne s‘observe de toutes parts elle-méme ; par im sévére examen, qu'elle serate le fond de son cour: qu'elle veille & ce que mil soupeon de dise corde n'y demeure, nulle trace de eonvoitise ne sy inslalle, Que Ja chastelé chasse bien Toin Tineonti« ence, que le lumiére de la verite dissipe les teaebres du mensonge ; que Porgueil désenfle, que la colere ne & resipiscence, que se brisent les. traits qui portent préjudice, que Von mette an frein au déni 4groment de Ia leiguo, Que cessent lee vengeances, i que les injures solent- abandonnées & Toubliz Joy « que tout plant gue n'a pas planté le Pe céleste soit arraché nt Crest, en effet, lorsque tau Jes germes étrangers sont enlevés du champ de notre cur que les semences des verlus peuvent étze cone venablement noutries en nous. Si done quelqu'ua, ‘pacis : quia et digeinetus miles cito ab impudiciti ineontore vineitur, et non caleeatus facile serpen mordetwr, Seutum fidel ad protectionem totivs cor poris dedit, eapiti gsleam salutis imposuit, dexteram gladio, id est verbo veritatis, instruxit : ut spirital preliator non solum sit tutus 2 yullere, sed et rept gnantom valent vulnersre. 4 5. His igitur, dileetissioi, freti armis, impig atque intrepide propositum nobis certamen ineamus tut im isto jejuniorum stadio, non eo tantum sim fine conitenti, ut golam eiborum abstinentiam putem esse seetandam, Parum enim est si carnis substanti tenuatur, et enim fortitude non alitur. Afficl paululum exteriare homing, refieiatur interior ; subtracta carni saturitate corporea, spiritalibus m ‘deliciis roboretur !, Cireumspiciat se omnis anim Christiana, et severo examine cordis sui interna di cutiat, Videat no quid ibi diseordix inleserit, quid cupiditatis insoderit, Castitas incontinentiai ‘procul pellat, tencbras simulationis lux abigat veri tatis. Detumeseat superbia, resipiscat iracundi comminuantur jacula noxarum, et obtrectatio ling frenetur. Cessent vindictw, et obliviont mandenti injurise, Omnis postremo plantatto quam non plai tavil Pater cimlestis, radicitus aujeraiur *. Tune in nobis bene virtutum semina nutriuntur, quan tle agro cordis nostri emne germen externum evellt Si quis ergo in guempiam ita cupiditate ultio conn estat aia ane mtn ‘Taespeadonc a it pos ne fou Fegan de son conto reste Stes, ox am mode emu 2 ht cotner cerns gotten de sterace + «Ut ps 32 DE QUADRAGESIMA SERMO T cexarsit, ut eum aut carceri tradiderit, aut vine ‘Migaverit, absolutionem non solu ‘Insontis, se etiam ejus qui pene dignus videtur eeccleret + ‘lla Dominiese orationis rogala fidenter uiatur, dicens Dimmille. nobis debita nostra, sieut et nos dimitim Aebitoribus nostris. Quam partem petitionum it Dominus speciali insinuatione eommendat, quai totius orationis effectus in hac conditione consistat Si enim, inguit, dimiseritis hominibus peceata coru dimited of Paler vesler vobis, qui in eis ext. St au ron dimiserités hominibus, nee Pater vester ditt oobis peceata vesira 6, Proinde, dileetissimi, mornores infirmitatis nos tre, quia facile in quelibet delieta protabimur, hi polissimum remedium, et istam eflicacissimam nerarn nostrorum curationem nullatenus negligam Remittamus, ut remittatur nobis, demus.venia quam rogamus; et non studeamus vindiceri, nobis precamur ignosci. Pauperum gemitus surdo no trenscamus atditu, et misericordiam indigentiby prompte benignitate proestemus, ut misericordi in judicio mereamur invenire. Ad quam periectio qui stadium suum gretia Dei adjutus intenderit, sanctum jejunium fideliter peraget, hic a ferment iee Yoleris alienus, in azymis sinosritatis veritatis * ad beatum Pascha pervenict, ot per m tatem vite * digne lntabitur in sacramento refo tionis humane : per Christam Dominum nos qui cum Patze et Spirit sancto vivit et regnat scula seculoram. Amen PREAGER SERMON SUR IE CAREME 32 nflzmmé contre un autre du désir de se venger, 'a fait jeter en prison ou chargé do ebaines, Guil se ile de Te libgrer, non seulement si) est innocent, mais méme s'il parait mériter le chatiment; est ins! quil suivra Sans erainte Ta regle de la priére du Soigneur : « Remottez-novs nes dettes eomme nous- miéines remetions 4 nos debiteurs » Article de nes demandes que le Seigneur souligne’ par cite. ins- ‘ouetion speciale, comme sta condition de Pemeacite de toute priere s'y trouvait enfermée : «Si, en effet, ous pardonnez ux hommes leurs offenses, votre Pore céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne Jes pardontez pus aux hemnes, voire Pére nom pls ne Vous pardonnera pas vos offenses »?. 6. Par conséquert, bien-aimnés, nous Souvenant de notre faiblesse qui mous fait facilement tomber dans toutes sortes de favtes, gardons-nous. de négliger ce remede primordial et’ ce moyen trés cflicace de gubrir nos blessures; remettons pour qu'on nous amelie, accardons la grice que. nousmémes. d= mndons ; ne eherchons pas nous. Venger, “nOUs qui supplions qu'on nous pardonne, Ne passons pes prés'd pauvre en demenrant sourds & ses plaintes, fcorcons avec une bienveillance empressée la mise Tivorde aux indigents, pour meriter hoasmemes ce trouver miscricorde lors ca jugement. Celui qui, aicé de le getee de Dieu, lendra de tout son cavur a cette perfection, celuisla’ sacquittera parfaitement da int jedne ; ctranger aul Tovain fe son anclenne alice, il parviendea a [a hienbeurcuse Paque avec des azymes de pureté et de verite >; vivant de Ia vie nouvelle il mbritera de goiter la joie dans Te myse tire de Thumaine régénération ; par Te Christ notre Seigneur, qui, avec le Pére ct PBsprit-Saint, vit et ane dans les sieles des siécles. Amen ®, "i es Eeatenes, move gol feat camper Em ela, ntte Detour 33, DE QUADRAGESIMA SERMO 11 27 (XL) DE QUADRAGESIMA SERMO IL 1, Livet nobis, dilectissimi, appropinquante fe vyitate paschali jejuntum cuadragesimale ipse k limi temporis recursus indicat, cohortatio tar tiem nostri sermonis achibenda est. gue, a liante Domino, noc inutilis sit pigrs, nee nero devotis. Nam cum omnem observantiam nostra ratio istorum dierum poscat augeri, nemo est (ul confide) de yobis, qui se ad opus bonum non ga deat incitari. Natura enim nostra, manente adhi mortalitate, mutabilis, ctiomsi ad summa quan Yirlutum studia provehatur, semper tamen si ‘tees de dab (te stron pour caine, nda) oar a ae rng dined eet (Simo mare fs que etys Ge dicen cated ul vv oven ‘Rite eal de lo rem sete te ponte de a Chena stvalnaahe(airancatunporedemante opi diet hp evn foc ds ee ase ie Seigncur acct even ce DEUXIEME SERMON SUR LE canto 33 7 1) DEUXIEME SERMON SUR LE CARME, Sousa — 1 Exhurtaton & te pouraute dela petlection. — 2. is avtaques du demon redoublent au temps du careme: — 3: Sex annus contry notre Seeneur deaue-Cinst, Ae a protinas eta chante "5 Les ances veruay fa tisroarde h Pecemple fies enpare 1. Aux approches des eélehrations pascales , blen- aimés, Te retour régulier du temps prescrit devrait suffire & nous rappeler Je jetime du careme ; pour- tant nous devons y joindre encore notre exhortation, pensant qu’avee Faide du Seigneur, elle ne sera pas Inatile aux tiédes, ni fastidieuse aux fervents. Ces jours ont pour dessein d'obtenir un accroissement ile toute notre pratique religieuse ; i n'est done per soane parm Vous, en suis persuadé, qui ne 99 rejouisse d'8tre stimilé aux bonnes ceuvres. Auss Jongtemps que nous cemeurons mortels, notre nature sujette au changement ; aussi, méme_ si elle ve jusqu’au plus haut degré de zéle dans la pour- suite des vertus, elle peut cependant. toujoms ren contrer une oeeasion do ebute aussi bien qu'une Nreut J. inesihot, Le sear ans eave cuss asp 0 fees an enon de ps aa i ‘0 creat dans» Sean oY Ter, fs eae, 1918, UWSemae sine: oi eee pes des sermons fr i Pita. a DE QUADNAGESIMA SEAMO 11 potest habore quo reeidat, ita potest habere quo seat. Et hee est perfectorum vera justitia, ut num quam presumant se esse perfectos, ne ab itinerig nondum finiti intentione cossantes, ibi incidant def ciendi periculum, ubi proficiendi deposuerint appe titum, Quia ergo nemo nostrum, dileetissimi, tam pe fectus et sanctus est, ut perfectior sanctiorque es oa possit, omnes simul sine differentia graduum, sine diseretione meritorum, eb iis in que perve rhimus, in ea que nondum apprehendimus, pia avid tate curramus, et ad mensuram consuetudinis no: necessariis aliquid addamus augmentis. Parum enim religiosus alio tempore demonstratur, qui in ddiebus non religiosior invenitur. 2, Unde opportune auribus nostris lectio apos tolice preedicationis insonuit, dicens : Ecce nw Jempus acceplum, ecce nunc dies salutis ", Quid acceptius hoc tempore, quid salubrius his diebu in quibus vitiis bellum indicitur, et omnium virtutu profectus augetar? Semper quidem tibi, o animé Christiana, vigilandum contra salutis tue adver sarium fuit, ne ullus paterct locus tentatoris insidiis sed modo tibi major cautio et sollicitior est adh bend prudentia, quando idem hostis tuus acrio sevil invidia?, Nune enim in tote mundo potestal ei antiqua: dominationis aufertur, et innumera captivitatis vasa rapiuntur’, Renuntiatur atroois re este se lle DEUXIENE SERMON SUR LE cAREME 34 ‘occasion de progrés. Et telle est Ik vroie justice des pariaits qu'ils n'oscnt jamais se croire parfaits, de peur qu'sbandonnant leur résolution de poursuivre Ie chemin avant d'étre au but, ils ne succombent au, danger de défaillir au moment meme oi ils per draient Je désir d’avancer. Nul parmi nous, bien aimnés, n'est si parfait et si saint qu'il ne puisse etre encore plus pariait et plus saint : lous ensemble, par consequent, sans différenee de dignits, sans’ dis- tinction de mérites, courons avec une pieuse avidité du point auquel nous sommes parvenus vers celui que nous n’avons pas encore atteint, el, Ace qui est Ta mesure de notre eomportament habituel, ajoutons encore quelque chose comme un complement réel= lemont indispensable, Car il revéle avoir bien peu de picté en d'autres temps, celui quien ces jours-ci on ne Noll pes en redoubler. 2. Cest done bien A propos qu’a retenti & nos oreilles 1a legon tire de V'enseignement de FApotre Voieimaintenant le temps favorable, voiei main= tenant les jours du salut »1, Est-il, on effet, un temps plus favorable que celui, des jours plus propres an salut que coux-ci, oti la guerre est déclarée aus viees, ti. 'accroit le progrés de toutes les vertus ? En tout temps, il est vrai, 0 ame chreticnne, tu dovais te tenir en garde contre Vadversaire de ton salut, afin que le tentateur ne trouve nulle bréche ouverte a ses ruses ; mais, en ce moment, il te faut plus de pre cautions et une prudence plus attentive, alors quo ton ennemi, toujours le méne, redouble ses altaques, Sous L'effet’ d'une jalousio plus agressive ® : main: tenant, en effet, dans Te mondle entier, le pouvoir 1ui est enleve qui lui assurait une domination séculaire, et [es armes innombrables de ses captures lal sont Favies *. Des foules do toutes nations et de toutes Qu en cx non eye dont Fenprion at exprentt ete 35 DE QUADRAGESINA SERMO 1 simo predoni e populis omnium nationum, omnium gue linguarum, et nullum jam genus hominum re} torum milliom millia preparantur; et appropin quante nove creature! ortu, spiritalis nequitia iis quos possidebat extruditur, Fremit ergo exsy liati hostis impius furor, et novum querit luer pervigil, si quas reperiat oves xgeatius evagantes, quas per procliva veluptatun e per devexa luxurie in diversoria mortis indueé Tnilemmat ilaque iras, nutzit odia, acuit eupiditates irvidet continentiam, incitat gulam. 8. Quem enim tentare non audeat, qui nee ab if Domino nostro Jesu Christo conatus sux iraudis abstinuit ? Nem, sieut evangelica patefecit historia’ em tr it io ne et eth ae fo Iolo pion defuse mse exten san iL Sona ovations, pe A2) = gato mul ph issn tue pmo me arate DS FRidoptlocsiedahien' hoe det (rs) si em Tenge pate tompaessns re) Ces UP Nea et onpre pets). Cast a sn A ‘eSitod rle tu demen (els samen are ear noe Psst pe tetaoe i ‘rtm pe bmi tga 9 DEUXIEME SERDION SUR LE CAREW 3 langues renoncent au plus eruel des pirates: et il rest désormals pas une seule race d'hommes gui ve fe rebelle contre ses lois tyranniques, puisquie sur toute Ia surface de la terre des millions d'hommes se préparent 4 leur régénération dans le Christ ; Tave- festent de la création nouvelle approche, et Vesprit Ge malice est expulse de ceux qu'il possedait, Len nem! évineé feemit W'une fureur imple et recherche Gusique gain nouveau puisqu’il a perdu son droit dinclen *, Sans se lesser, ll tend des pieges, toujours éveii, en. quéte de quelque, brebis qui, insou- tiante, stearcerait da trupeau sacné * par ia pente tes voluptés et le chemin declive de ka Huxurey il la rmaneralt dens les auberges dela mort, Voile pourquot iTenflarome la colére allmente la haine, aiguise la cap cite, ridiulise Iq continence, exelte In gourmandise, 3. Qui moserail-l pas (enter, li quia pas méme ecarté de notre Selgheur Jesug-Christ les entreprises Ge a ruse? Comme le réclt évangélique nous Ta Rivélés}-aotre Sauyeur, qui ctait yérltablement, ‘epicsine jure victors vindieahat.+ (De liters area, Uk 1 € 245 ie MAI, 1200) Ce rot Cay ere, tunis a ben Yodel Siva, tls parton Uo wet + + Qurhon fie Oe ponte abel te ‘et gos Hasan (De Testy SI, 1 #104 Poy {tat}: es prone Dien a othe (ad compe quanti enor de Araie Perce tu lace a rie csts a feta de asics ‘vise supers ern Lge foe» De ar eves BAL) yet eaere = A Tate jit betes Milter, om peteains cx atrial que {Gan +e fru, bil #19). csite wistone, on et, Dieu Pato dtimon a éte etudlée plas recennent par G, AULEN, chrtaus Picwry 36 DE QUADRAGESINA SERMO LL DEUXIEME SERMON SUA LE canine 36 Dieu, voulut montrer qu'il était aussi yéritabloment homme et bennir ainsi toutes les fantaisies impies do erreur : aprés un Jedne de quarante jours et de quarante nuils, 1 éprouva Ta faim propre a notre fai blesse ; Je diable se rgjouit done d'avoir trouvé on iui Findice d'une nature passible et mortelle, et. vou- Jane eprouver une palssanes qui edoutait: «i tu es le Fils de Diew, lui dit-il, ordonne que ces pierres se changont en pains.» Le Tout-Puissant pouvait ceries Ie faire, et il lait facile a toute eréature, de quelque genre qu'elle f0t, de passer, su commian- ement di Créateur, a Tespice qu'il iui ordonnerait dy prondro; c'est ainsi que, lorsquil Ie youlut, il changea Tea en vio au festin des noces'. Mais i convenait mieux a I'Seonomic de notre salut que le cigneur vainguil la fourberie du plus orgueillenx des enoemis non par Ia puissance de sa divinite, mais par Te mystére de son humilité. Pour fir, le diable mis en fuite et le tentatour dupé dans tous ses artificos, Jes anges s'approchérent du Seigneur et ils Je ser vaiont : colui qui était vrai horame et vrai Dieu garda ainsi son humanité hors datteinte des questions cap- ‘icuses, et manifesta sa divinité devant les hommages dles saints. Qu’ils soient done coofondus, les fs et disciples du diable, qui, pleins de l'esprit du serpent, trompent. quiconque est simple, aisnt que, dans le Christ, il y ait réellement Tune et autre’ natures, et depouilizat soit la divinits de Thumanité, soit Thumanité de Je divinité ; une double preuve en un seul moment détruit cette double erreur, car Ie faim ressentic dans le corps atteste Ja parfaite humanité, elle service des anges la parfaite divinits 2 4, A Técole de notre Redempteur, bien-aimés, nous apprenons done que «l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de Ja bouche de cum Selvator noster, qui erat verus Deus, ut. vera se hominem etiam demonstraret, et impias opiniones totius erroris excluderet, post quadraginta dieca nocliumque jejunium, infirmitatis nostra: in se rec pisset esuriem, yavisus diabolus signum se in eo passi bilis atque mortalis invenisse nature, ut explora potentiam, quam timebat : St Fittus Dei, inquit, die uf lapides isii panes fiant. Poteral ulique istu Omnipotens, et facile eral ut ad Creatoris imperiu in quam juberetur speciem eujustibet_ generis tura transiret ; sient, com voluit, in convivio ny tiali aquam mutavit in vinum * : sed hoe magis salts tiferis dispositionibus congruebat, ut. superbiss hostis astutis, non potentia Deitatis a Domino, s: hunilitstis mysterio vineeretur. Denique fagato di holo, et in omnibus artibus suis tentatore frustra aceesserunt. ad Dominum angeli, et ministrabant ei; ut veri hominis ot ver! Del, et spud dolosas inte rogationes inviolata esset humanitas, et apud sam obsequia manifesta Divinitas. Confundantur itaq) it disboli stqne diseipuli, qui repleti inspiratio viperea, simplices quosgue deeipiunt, negantes Christo utramque veram esse naturam, dumm aut D tatem homine, aut hominem Deitate dispolien cum uniug temporis gemino documento utraque f sitas sit perempta : quia et per famem corpo periecta humanitas, et per famulantes angelos de strata est perfecia Divinitas * 4. Quia ergo, dilectissimi, sfeut Redemptoris nos magisterio edoeti sumus, ron in solo pane vivit hom 1. ean 40. cowst ys susan saint Lo net 9 ranges au mot trait ne tUmlene tale pat shes slat en dane ermane ds alone duds 154 tele de Chalrdeae) Papa inion ge fehoppat eso srs Pot 2 Pete geen Dewxiin semwow sun Le cane 37 Dieus, et qu'il eonvient au peuple chrétien, en quel Hits te noun dela pavole fe Dien Gus det Tnaléiel Embrataons Gone oe etme Iepeeay ene tne devotion * empress et und fo cloner et ee Grouse nom pave dite stale (ahead souvent eta fabless du corp ef Is maken dc ee Hee wah parone trp oes Gee oe wane de cot dant fa Vents gllemcne 8 A ‘Hare cou id ont felon st Sof de eee, lis seront rassasies x? Que les ceuvres da Ta plétes lessen nee delice, et remplstonenous Ge see aioe Gu nourmssent eh vue de Telok, eeoed nes fii 4 soulager Iss pauvres que toesion fesies; rijoutconstnous alain sears Hoot ay Eeuvtigons la mite dog Sblestent neat fehons tontit totrebonlé aux ales Sense melon ax ifrnes Gane leg Tables, ae SAS fans lou épreuves, aux orpheling das a hase tu veuves dowldes dans ber ueteue i see tonne len les dandy ne pulse seat aes casing part de bienfalsanee Atoan ieee shee trop peu Torague le ear est ged eis tes oe Talre misérieonie ou do notre Sorapasion sara, fis et limites notre urine opatnes Ca ane vole! ne mangas fama Go pa eee sf p drone ar mone ek Be alse, mais Te fru de lure ceavves ne diene es Bch ee temps al propice A Texerctea des veins, sed in omni verbo Dei, dignumque est ut populus Christignus in quantacumque abstinentia consti i ‘tutus, magis desideret se Dei verbo quam cibo satia corporeo, prompta devotione * et alacri file susei planus solemne jejuntum, non in sterili inedia, quam plerumque et imbecillitas corporis et avaritie morbug indieit, sed in larga Denevolentia celebrandum sellicet simus de illis de quibus ipsa Veritas dicit + Eeati qui esuriunt of sitiunt justitiar, quoniam ip} saturabuniur +, Delicie igitur nostre sint opers pi ‘tatis®, ct illis cibis, qui nos ad wternitatem autriun impleamur, Laetomur in rofectionibus pauperum, qu impendia nostra satiaverint. Jueunderur in vestita eorum quorum nuditatem indumentis necessarit texerimus, Sentiant humanitatem nostram zegritan dines documbentium, imbecillitates debilium, labore exsulum, destitutio pupillorum, et desolatarum mies titude viduarum : in quibus javandis nemo est qui non aliquam possit. exsequi benevolentiae portionem, Nallienima parvus est eensus *, eui magnus est animus nee de rei familiaris modo mensura misorationig pendet aut pictatis, Numquam merito caret, etiam 3in tenui facultate, bone voluntatis opulentia », Majorg quidem impendia sunt divitum, et minora medio erum ; sed non discrepat fructus operum, ubi idem est aflectus operantium, 5. In iste autem, dilectissimi, exercendarum oppor En emptor te eat cnn ogeunt hee det ea (ee us soit Figs et on pat voun stge $e hrs Sens te attache dues au sens pus gebeal de dev ouemet un 5 let repparnisen es daisies dasormon piece (39)¢t Oe 38 DE QUADRAGESIMA Sexo 1 ranitate virtutum, sunt eb aliaram insignia coro Serum, que mil honeocun spent, al di nutione peeuniw capiantur; si repellatur laseivi si abdieetur ebrivtas, et earnalis concupiscentia ones titatis Jogibus edometar; si odia trenseant in dleoy nem, a nimi conertantar a pace, a a muilitas exstinguat iram, si mansuctudo romitt IRjoriom, sf en'que donor sigue sereorur ta ordinati sint mores, ut et lorum potestes mitior, o istorum sit diseiplina devotier, Hac igitur ob anti, dieetissinl, obtinebitur misericordia ft abolito pecestoram reatu, religiose yeneran Pascha celebrabitac. | (Quod et Romani orbis piss imperatores san éudum instituta ebservatione custodiunt ', qui honorerm Dominic Passionis et Resumrectionis a fudinem suc potestatis inelinant, et eonstitutiont suarum severitate mollita, multaram eulparum faciunt relasari; ut in diebus, quibus mundus vatur migeratione diving, etiam ipsoram supera ponitatisimitatris sit emulanda clementia. Tmite igiur Chestiantpopollprueips suos et ed dom ‘icom indulgentiam regtis incitentur exemplis. NQ enim, privatas leges fas est austerioces esse qa Publices, Renittansar els, “vineula ova Acleantar offenso, pereatt altones + ut sacra fet Vitns per divinam atque humanam gratia, om Jetantes, omnes habeat innoceates : per Dominth nostrum Jesum Christam, qui cum Patee et S Yoletobe 1 psn area eo de Fa, ean ‘Seipotio gud tng comune ido Rtanryaainader DEUXIEME SERMON SUR LE CAREME 38. bien-aimés, nous pouvons encore nous faire d’sutres couronnes sans vider nos greniers, sans rien diminucr de notre argent : c'est en éloignant toute lleence, en renongant &'Tébriété, en domptant le conveitise de Ja chair sous les Jois de la chastelé, en changeant les heines en amiliés, en convertissant les inisuti en paix, en éteignant ia oolére par ia sérénité, en par donnant injure avee bienveillanee, en’ réglant enfin si bien Je comportement des matires ef des esclaves que l'aulorité des uns se fasse plus ‘douce et obsissance des autres plus dévouge. C'est ‘par cette discipline, bien-aimés, que ron obtient la mise Horde de Dieu ct que, la culpabilité des fautes eflacée, on peut célébrer religicusement la véné- rable Pague. ce quiobservent, conformement & une coutume sainte et déja aneienne \ les tres pieux. empercurs du monde romain. En Thouneur te la pissin et dele resurrection du Seigneur, ils inelinent la majesté de leur puissanes ct, adoueissant, Ia rigueur de Jeurs lois, font relicher des. prisonnisrs coupables de nombreux delits. Ainsi, en ces jours of. le monde est sauyé per la divine misézieorde, leur glémence, elle aussi, S'ollre en modele en imitant la Bonté d’en-haut. Que les pouples chrétiens imitent done leurs princes, et que exemple des empereurs Jes encourage & pardonner dans leur maison, Ll n'est Bas permis, en effet, que es lois privées soient plus Hgoureuses’ que les’ lois publiques, Pardonnons les autes, brisons Ies liens, oublions les injures, fiaissons- en avec les, vengeances ; alors la fle sacrée, grace fa pardon divin et aux pardons humains, nows trou Yer tous joyeux, tous irréprochables; par notre Seigneur Jésus-Christ, qui, avee le Pére’ et I'Esprit= ‘soi te see, ns ets os duetenry es nest 8 {Keung sp Dae tans nn Soh an ae sari atin rprenin pens taba Cero hes fl pena Ne algun heat Case aca 39 De QUADRAGESIMA SERMO IIT sancte vivit et regnat Deus per infinita swecula stecu- Torum. Amen, 28 (Ly DE QUADRAGESIMA SERMO IIT Bae ea eam it appropinquant dies quos il ae Au tone Panne, cette var etd eee dns Se pep sr CVn Grane 1 Ot saa aa SEU eae ae mame THOISTEME SERMON SUR LE cARiME 30 Saint, vit et régne comme Diew dans Jes sigeles des sigeles, Amen, 28 (XLD TROISIEME SERMON SUR LE CARRME Sonsaune. — 1, Pus so me pondant bs earéne. Lexomon de ‘neice, — 2, Prendte garde aun tentations de ener a Salat "SL Peathquer ba msec 1, Crest gertes en tout temps, bien-aimés, qu'il ous faut vivre sagement et saintement, et dosner pour but & mos vouloirs et A nos actes ce que nous fovons Gey agésble vie jee eependent, {Fapproche dex jours qu'lustrévent les sacremens de notre salut, rious devons apporter Ua seit plus alteatif-a purifier nos cceuts et un zéle plus grand 4 fous adonhes aux sere de le er; ee ane tres étant plus grands qu'une quelcongue de leurs parties de'meme notre dévotign Molt depasser en Guclque’ chose e® quelle @ accoutumé de ‘ites el plus sublime est la ete, mieux pare doit sy trouver Gel qui la eelebre, On regarde:en effet comme ane Pratique raisonnable et en quekjue facon religieuse ese produire aux jours de féle en un vetement plus bean et de manitester par Ternement du corps Jn joie de esprit lors ausel nous apportons un soia hs généreus 4 déeorer la malsou mgrye de i price tine parure plus magnifigue + nestil pas dé lors convenabie que Pane clretienne, temple ‘veritable et vivant de’ Dieu, se pare elleméme avec mesire, Sane. Sin Het, deeper Te senso ejte Menon ther cap SL mee 40. DE QUADRAGESINA SEIa0 111 prudenter exomet, et resemptionis sua celebratura, sacramentum, omai circumnspectione preccaveat ne ulla eam macula Iniquitatis offuscet, aut duplicis cordis ruga dedeearet?? Nam quid prodest hones talis foram preferens culbus exterior, si interiora) hominis aliquorum sordeant contaminatione. vitic ram? Omnia igitur que animi puritatem et sp% culum montis obnubilant, abstergenda sedulo quadam elimatione reddenda sunt clariora, Sc tetur quisque eonseientiam soam, seque ante sc st tuat proprli ecensura judieii. Videat, si in sect cordis sul illam, quam Christus dat?, invenit pacei si desiderium spiritus nulla concupiscentia carnis impugnat, si humilis non spernit, si alla non appetit si iniquo non delectatur Lieto, si immoderato rera suarum non gaudet augment, si denique aliena felis itate non uritur, aut inimici miseria non letatur, Et cum harum perturbationum ail in s rerit, sincero disquirat examine qualium cogit tionum specie frequentetur ; et utrum nullis van ‘tetum # imaginiious aequieseat, vel quam cito animu ab fis que noxie blandiuntur abducat, Nam a1 ilecobris commoveri, nullis cupiditatibus {itil hon est istius vite, que tota tentatio est® et ql nimiram vineitur, qui vinel ab eadem non veret 1. te mate me Pe, dome on ea, est devenve pour son Bo ‘oes res hy Y. 21), a an TROISIEME SERMON SUR LE caRENE 40 et, pour célébrer le mystire de sa rédemption, preane iiousement garde quvaueune tache d'injustice “ne ja ternisso, qu’aueune ride de duplicité ne la défi- gure’! A quoi hon en effet une retherche extérieure {qui alfiche tes apparences de Ihonorabilité, si int. eur de Phomme est souillé per Tinfeetion de quel. que vice? Tout ee qui ternit la pureté de l'ame et Ie miroir de Tesprit' doit done étre soigncusement clfacé eb en quelque sorte gratte pour retrouver M'éelat premier. A ehaewn de serutor sa eonseience et de se présenter soi-méme devant soi pour un jugement personnel rigoureux. Qu’il voie si, dans le Seeret de fon coeur, il trouve ectte paix que donne le Christ sile dési¢ spieituel n'est eombattu en [ul psr aucune convoitise charnelie, sil me méprise pas. ce, qui est Humble, sil ne désive pas les grandevrs, Sil ne se jouit pas d'un profit injuste, sil ne met pas sa silisfaction dans Taecroissement immodéré de’ ses ichesses, si enfin le boaheur dautrui ne le fait pas Triler dlenvie ow te matheur din ennemi tressailir de joie. Si, peut-ttre, iT ne trouve en Tul aucum de ces ouvements céréglés, quil recherene Soigneusement, dans un sinoire examen, de quelle nature sont ses pensées habituelles : ne Consentil jamais aux repre= Sentations des vanités ‘. retiretil au plus tab son esprit de celles qui fivttent dangereusement 2 I2n vérits, n’étre remué par aucun attrat, chatouilé Tavein césir, cela nlappartiont past la. vie pre dente qui loute nest qu'une tentation®, et lene tation par laquelle est certainement aineu quic eonque ne redoute pas de Tékre. Cest orguell que de ‘en achant cts wae paren howate Pallant su one Se Dee ier seat lr pone: parent aswinen Dena wt ole fiat hoa nt» (Ps XCM, 1) fsa set oc fa a eg dg atone SOE ae Shae a 8 41 DE QUADRAGESIMA SERMO IIT TROISIENE SERMON SUK LE canéME 41 Superbum est enim de non peccandi facilitate pr sumere, cum hoe ipsum prasumpsisse peccatum sit dieente beato Joanne apostolo : Si dixerimus, qui peceatum non habenas, nos ipsos seducims, el veri in nobis non est? 2. Nemo igitur se fallat, dilectissimi, nemo decipiat ; neque ita quisquam de cordis sui purita confidat, ut pulet se nullis teatationum pericali subjecere: cam pervigil ille tentator eos acriorib pulset insidiis, quos maxime viderit abs peceatis. Nam a quo dolos sues eontineat, qui ipsu quoque Dominum majestatis ausus est calliditatiss fraude tontare ? Viderat superbiam swam. haptiza Domini Jesu huunilitate caleatam ; intellexerat- qu draginta dierum jejunio omnem cupiditatem earn exelosam, et tamen non desperavit de artibus si malitiee spiritalis improbitas : tantumque sibiv di nature nostre mutzbilitste promisit, wt quem vera experiebatur hominem, presumeret posse lett ps ‘eatorem, Si ergo ab ipso Domino et Salvatore nos deceptionum suzrum diabolus non revocavit.insidiag quanto magis fraiitatem nostram impugoare px sumet, quos exinde vehementiore odio et invi seeviore persequitur, ex quo el in baptismo rea tiavimus, et ab illa cul dominabatur origine, in nova ereaturam diving regencratione transivimus! Unt quia dum mortali carne cireumdamur, non desis nobis hostis antiquus laqueos peceatl ubique prast dere, of tune masime adversus Christi membra sev quando ab eis sunt sacratiora celebranda myst ‘merito doctrina Spiritus saneti hac eruditione ib popolum Christianum, ut ad paschale festum q) dreginta dicrum se continentia prepareret. Cj prétendre éviter facilement le péché, puisque cette résomption meme est péché, selon Ia parole dt Ficatiedreus apatre Jean ® «Si nous nous prétendons sams péehé, nous nous trompons nous-mémes, et Ja vérité nest pas en nous »' 2. Que nul done ne se leurre, bien-aimés, que nul ne stebuse; que personne ne se fe, tellement A la pureté de son coour qui pense n’étre nullement exposé au péril des tentations, alors qu'en réalité Je tentateur toujours en éveil tourmente plus éprement de ses ruses ceux-la surtout qu'il yoit s'abstenir du péche. Et de qui tiendra-t-il ses tromperies éloignéss, fui, qui_e.osé tenter de ses hebiletés. sournoiscs jus- quiau Seigneur de majeste 2 Il avait vu sa superbe foulée aux pieds par Ie Seigneur Jésus dans bur lite de son bapteme ; il avait compris qu'un jetne de quarante jours excluait toute. conveitise de la chair + et pouirtant eet esprit tout de perversité ne perdit pas eonfiance dans les artifiees de sa méchen- ete; i se promit tant de la versatilits de notre nature qu'il se persuada guion pourrait faire un peeheur de celui dont il avait experimente quiil etait un homme veritable. Si donc Ie diable n'a pas Gearts de notre Seigneur ct Sauvenr [ui-méme les pitges de ses mensonges, combien plus. oseré-t-il Satlaquer € noire faiblesse, nous quill poursuit une haine plus véhémente et dune jalousie plus farouche depois Ie jour of nous avons Yenoncé é lat dans Te baptéme ct sommes. passés, par la. régéné= ration divine, fl nouvelle creature en cuittact la nature premiéze qu'il. dominait? Aussi longtemps: Guc nous sommes revotus d'une chair morte, 'an- fiqueennemi ne cesse pas de nous tendre partout les lacets du péche ct de s acharner contre les membres «lu Christ, alors surtout quils ont & eélébrer des myse ‘eres phuo sacrés : c'est done a bon droit que len scignement du Saint-Esprit, a inealqué au peuple chrétien de se preparer a la fie paseale par une abstinence de quarante jours. La raison meme de cette purilication nous invite déja & nous attacher 2 cette salttaize observance et nous. incique quel 2 DE QUADRAGESIMA SENMO IIT purificationis ratio jam nos ad observantiam sua salubritatis invitat, et diligentiam nobis proposite castigaLionis indicit. Quanto enim sanctius quisque hos dies invenielur egisse, tanto probabitur Pesch Domini religiosius honorasse. 3. Th diebus igitur sanetorim jejuniorum picta opera, quibus semper studendum est, abundantiu exsequamur : Misericordes simus ad omnes, mavime ‘ution ad domestions fide’, ut in ipsis quoque eleem synarum distributionibus, bonitatem Patris cestesti nitemur, qui solem suum oriré facit super dons alos, et pluit super justos el injustos®. Quamvis er fidetiam preeipue sit adjuyanda paupertas, etiam ill tamen, qui nondum Bvangelinm receperat, in su labore miserandi sunt : quia in omnibus hominibus nature est diligenda communio, que nos etiam ii benignos debet efficere, qui nobis quacomaue sant conditione subjecti, maxime si eaciem gratia jam nati, et eodem sanguinis Christi pretio sunt redem Simul enim et cum istis habemus, quod ad ima jginem Dei conditi sunus, nee earnali origine. a nob nee spiritali nativitate divist sunt. Eodem Spirit sanetifieamur, ender fide vivimus?, ad eadem saet ‘menta eoneutrimus. Non spernatur hive unitas, m vilis nobis sit tanta eommunio ; sed hoe ipsum no} per omnia faciat mitiores, quod eorum utimur st jectione, cum quibus uni Domino eadem. subjieimu Servitute, Si qui ergo horam gravioribus domino! suos offendere dolictis, indulgentiam nunc In diebu reconeiliationis accipiant. Auferat miseratio seve tatem, et venia deleat ultionem, Nullum eustodi tenest, nullum earcer ineludat : quoniam Deus nosts TROISIEME SERMON SUR LE caREMS 42 soin apporter a T'ascése proposée : car, plus stin- iement nous aurons passé ees. jours, inlet nots ‘gurons momtré que nous honorona religieusement la Phgue du Sefgneur 3. En ces jours consaonés aux saints jevines, pra tiquons done plas largement fey aurvres de la chat, qui ailleurs doivent faire en tout temps Fobjel de Moire nile wSoyous misérleordietx envers. tous, principalement pour nos freres dans Ia foi! EE pour cela, dans Is distribution de aos aumdnes aussi Iitons 1a bonté du Pére eéleste« qui fait lever son soleil sur tes bons et sor Tes mauvais et tomber Is pie sur les justes ef gur Les injustes»*. Bion que Ia pauvreté des fides dive dtre Secourue la premiere, ‘ceux aussi qui n'ont pas encore regu l'évangile sont Jourtant dignes de pile dans leurs nécessitss; car Aft aimer dans tous Les hommes la communion Ane meme nature, eb cette communion doit nous rendre bienveillants envers ceux aussi qui nous sont subordonnés en quelque fagon, surcout Sis ont aja ke régéncres parla méme grace ct rachetés au meme prix que nous, par le sang cu Christ. Nous avons, en effet, en) commun aveo eux que nous avons été nals a image de Diew et que nt Torigine chamnelle ni la maissance spirituele ne les séparent de nous ; tin méme Esprit nous sanetifie, uxe meme foi news fait vivre 4, nous aecourons aux mémes snerements 3 ne la méprisons pas, eetie unité, ne regardons. pas comme pew de chose une telle comnunion ; mais trouvons une raison d'etre en toutes hoses plus Dionveillants dans le fait que, lirant avantage de leur sujétion, nous sommes oussmemes assujettis avec eux au’ mime service d'un Maitre unique. Si done ‘quelques-uns Wentre eux ont offence. leurs maiires par des manquemenis plas. graves, quis tegoivent leur pardon en ces jours de Reconciliation, Quo indulgence supprime la sevérité et que Te pardon eMTaee Ia vengeance. Que nul no demote enerme, aul gardé en prison = notre Dieu, en effet, a mis eette a ESEES SEE EEO QUATRISME SERMON SUR LE cARéME 43 misericordiam suam hac conditione promisit, ul remittenda sibi is nossct peccata prop coptton 4 aatetcorde us ues pordocalcn 3s péchés des autres si nous youlons étre sirs du pardon tit aienss Disteafona, materi Rehab {Skane Sepcainey, es motte ee et inimicitiarum aculei conterantur. Cessent odia, conde; leo épines d'inimitié ; que cessent les haines, ficiant jultates, in unitatem dilectionis omniz jue disparaissent les brouilles ; que tous les membres icant dmulats, in ntatem alictions onal "Chek ae rencetvent dare ante de Panour emira_ convent: P « Heareux, en effet, ceux qui font régner la paix, ear quoniam filii Dei vecebuntur*; nec solum filii, ss ils seront appelés fils de Dieu »*; et non seulement etiam hweredes, coheredes autem Christi? qui vivi fils, mais béritiers, bien plus cchéritiers du Christ §, chingoat in pala snoalcums hey Ti ob ye dant ea revi tes eer Arsen 29 (xLID 29 (XL DE QUADRAGESIMA SERMO IY QUATRIEME SERMON SUR LE CAREME, Semaine; — 1 Exhoraton fot du caste, — 2 Sed “eine! le jobne apiriarh, —~ 9. Craindye lw pleges du omen, itu a cenit Le'Siignenr iuieméme = hee eben ns ‘Nupkats du diahle:""5, na pratiquer déveiees.— 6. Bor ‘ation moral 1. Predicaturus vobis, dilectissimi, sacratissirauy maximumque jejunium, quo aptius utar exordio, quam ut verbis Apostoli, in quo Christus loquebatur, ineipiam, dicamque, quod lectum est : Eove nunt tempus acceptabile, esce nunc dics salutis* ? Quamvi 1, Pour vous préeher, bien-aimés, Je plus grand et Je plus sacré des jetnes, quelle introduction mieux ‘adiquse ‘rouvernisje que de commonees partes paroles mimes de PApétre en qui parlalt Te Christ, et de vous diro ep qui vient d’étre Iu: « Voici main” tenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut oY Sans coute, il n'est pas do saison’ qui ale du soae etiqu, Flog, Neus avons talus ee = Se Sup panoccntucecomee esa en quan sett Léon 3 {he fe staple aste astrbutve weap on my baleen sete pan, Pa We chee ee QUATIIME SERMON SUR Le cARGME dd 44 DE QUADMAGESDIA SEANO IY ac soit pleine des dons divins, et la grace de Dieu nous ménage en tout temps Taceés a sa miscricorde ; cest maintenant cependant que tous les cours doivent etre excités avee plus d'ardour & leur avan- cement spirituel et animés d'une plus large con- fiance, alors que le jour of nous avons été rachetés nous invite par son Tetour a touies les ceuvees de la plete; ainsi eélébrerons-nous, le corps et l'éme purifiés, le mystére qui Pemporte sur tons Tes aulres, celui de 1a passion du Seignour. De tels mystéres exigeraicnt certes une dévotion sans delaillance et un respect sans relehe, en sorte que nous demeurions toujours, sous le regard de Dieu, tels que nous de- vrioas nous trouyer en Ja fate mame de Paques, Mais, une telle vertu ’est le fait que d'un petit nombre; les pratiques plus austéres 62 relichent par suite de Ia faiblesse de la chair et le ale se détend au milion des activités variges de cette vio 5 il ost dés lors inévi- table que les Ames pieuses elles-mémes se ternissent de Ta poussidre du monde. Une institution divine Gminemment bienfaisente a done preva, pour rendre In pureté a nos Ames, le remede d'un ontrainement de quarante jours au cours desquels Tes fautes des autres temps pussent dtre rachelées par les bonnes Gayres et consumées par Tes saints jetnes 2. Sur le point done d'aborder, bien-aimés, ces jours mystiques et consacrés aux jedines salutaires, renons soin d obéir aux commandements de I'Apotre, ‘nous purifiant de toute souillure de la chair et de esprit »? : Jaisons cesser Jes luttes qui oppasent ces deux éléments Tun 4 autre, afin que lime con quiére la dignité de son empire ; car il convient que, Placée sous la conduite de Diet, elle soit matiresse de son corps. Ainsi, ne donnant 4 personne aucun sujet de scandale, nous ne nous exposerons pas aux Feproches des contradicteurs *. Ce n'est pas, en ellet, enim nulla sint tempora que divinis non sint plen muneribus, et semper nobis ad misericordiam D per ipsius gratiam prestetur aceessus, mune tame} ‘omnium mentes majort studio ad spiritales profecti moveri, et ampliori fldueia opertet animari, quand ad universa pietatis offieia, illus nos diei, in qu redempti sumus, recursus invitat : ut exeoliens supe omnia passionis Dominiew sacramentura puriicati et corporibus et animis eelebremus, Debebatur quid tantis mysteriis ita inocssabilis devotio et conti nuata reverentia, ut tales permaneremus in ¢o spectu Dei, quales nos in ipso paschali fosto dignu est invenirl, Sed quia hve fortitud paucorum est, dum carnis fragilitati austerior ebsorvantia relaxatun, dumque per varias setiones vite hujus. sollicitud: distenditur, necess2 est de mundano pulvere tia eligiosa corda sordeseere ; magna divine instituti nis salubritate provisum est, utad reparandam men: ‘tium puritatem quacraginta nobis dierum oxercitati mederetur, in quibus alioram temporum culpas pia opera redimeront, ot jejunia casta deeoquerent } 2. Ingressuri igitur, dilectissimi, dies mysticos jejuniorum remediis consccratos, preceptis apostor licis obedire curemus, emundantes nos ab omni inqui namento carnis ac spirdus®, ut castigatis colluct tionibus que sunt inter utramque substantiat ‘animus, quem sub Dei gubernaculis constitutum ¢or pris sui decet esse rectorem, dominationis sux obt neat dignitatem : ut nemini dantes ullam offer sionem, vituperationibus obloquentium non si obnoxiis, Digna enim ab infidelibus reprehensio tenn re detent ae apie, Dee fcr one ee by 2 Gory 45 DE QUADRAGESINA SEEM tv QUATRIENE SERMON SUR LE CAREME 45 sans motif que nous serons en butte aux critiques des infldales et ce sont mos propres manguemenls qui armeront les langues impies contre la religion si, Toraque nous jeanong notre maniére de vivre nest pas en accord avec a pureté dune parfaite absti- nenes*. Le tout de notre jelne, en effet, ne reside pas dans la seule abstention de nourritare, et il n'y 4 pas profit & soustraire los aliments au corps si Te eqcur ne se détourne pas de injustice et sila langue xe s‘abstient pas de Ie ealomnie, Nous devous dane mortifior notre liberté dans la nourriture, mais pour voiter sous la meme loi les autres convoitises: Ce temps est celui de la Gouceur et de Is patienes, de 4 paix et du calme, eotui oi, évitant Is contagion de tous les vices, il nous faut acqudrir des wertas ‘iucables. Qu’aujourd’hui l'éme forte et picuse sha bilue & pardonoer, Tes fautes, A eormpter pour tien Jes afronts, a oublier les injures, Quaujourd hi Vame fidale'stexerce au. moyen des armies offensives, et défensives de ln justice, afin que, dans "homer ot humiliation, dans Ja mauvaise et 1a bonne repu- tation, af es iouangos n’exaltent, ni les approbres ne lassen sa conscience tranquille et sa persevérante hhonnetete. Que la retenue des Ames religieuses ne soit po triste, mais sainte ; quion nentende. pas parmi siles te muirmure des plaintes, elles d qui ne manguent jamais les consolations des joies salntes , Dans 1e3 ‘euvtes de miséricorde, qu’oit ne craigne pas de voir diminucr les richesses de cette terre sla pauvrete chre- fienne est toujours riche, car ce qu'elle a dépasse de beaucoup ce. qu'elle n'a pas, et elle ne redoute pas de sourtrir de Tindigence en e¢ monde, elle a qui est ddonné dans le Seigneur de toutes choses de posséler toutes choses Ceux qui font le bien n'ont done aucunement 4 craindre que viene 4 leur manquer Jn possibilité de le faire, puisque la dévotion de Ta ‘elses I went pis de Fason er eal emai ne angen eh earpemur, et nostro vitio Tinguae impice in injuri se religionis armabunt, si jejunantium mores @ puri tate perleetie continentize discreparint, Non en in soa abstinent lbistat nostri summa jejuni a fructuose corpori esca subtrahitur, nisi mens al quite revocetur et ab obtrectaonibus bagua oh heatur. Sic ergo nobis edlendi est eastiganda libertes, ut etiam ale cupiditates eadem lege frenentur Mansuetudinis et patientis, pacis et tranquillita hhoe tempus est : im quo exclusa omnium contamina lone vitiorum, perpetuitas nobis est acquiren virtutum, Nunc pisrum meatium fortitudo do culpas, negligere eontumelias, eb oblivisct essu fnjuras, Nune ‘ells ankows per arma justin a dextris se exerceat et sinistris : ut per gloriam et igaobilitatem, per infamiam et bonam famam’ securam conscientiam constantemque _probita nee Iaudes inflent, nee opprobria defatigent. Ret siosorum modestia non sit masta, sed sancia; neg favenantar im ey arom maroon qerelarami wibus numquam desunt senetorum solatia gous dloram®, Non timentar inter ope misrcordi terrenarum diminutio facultatum. Semper dives est Christiana paupertzs, quia plus est quod babet quam quod non habet. Nee pavet in isto mundo indigentis laborare, cui donstum est in omaium rerum Domin omnia possidere *, Operantibus ergo quae bona sunt non est ommino metuendum ne eis desit facut 1. mot etna dans Tne at on an on a etd {Tokr scion unt» pa sas Sea ete come 82 feevappbgeé Jone dy Sars Ue 48 DE QUADRAGHSIMA SERMO TY operandi; cum et in duobus nummis evangeli illius viduae sit magoifieata devotio’, et pro cali aque frigide premium habeat gratuita largitio * Ex affectibus enim piorum benigoitatis mensara taxatur ; et numquam enm miscrendi ellicacia deserit, in quo misericordia ipsa non deficit, Experta est hoe vidua sancta de Sarepta, que beato Elis in tempore famis, unius diei cibum, quem solum habebet, apo sult ®, et prophet esuriem necessitati sue practere exiguum fring et pusillum olei incunetanter expendit Sed non defult ei quod fideliter erogavit, ct in vast pia effusione vacuatis, fons nove facultatis exortuy fest ut sanetis usibus non minueretur ejus substantif plenitudo, eujus non fuerat formidata defectio. 3. His autem studiis, dilectissimi, ad quee vos volun: tarie confldi qai omnium virtutum est adversarius, invidere ot ad hoe vim sue malignitatis armere, ut pietat laqueos de ipsa pietate prevtendat, ct quos ne potuerit dejicere per diffidentiam, conelur superar per glorlam. Vieiaum est enim rectis actionibus superbie melum, et de proximo semper virtutib insidiatur elatio : quia difficile est ul laudabilit viventem Inus humana oon capial, nisi, ut script est, qui gloriatur, in Domino glorieiur *. Cujus ¥é ile hostis nequissimus non zuceat impugnare prope situm ? cujus non appetat violare jejunium ? quand§ versutias suas, sleat evangelica lectione patcfactam est, nee ab ipso mundi Salvatore continuit ? Exp vereens enim in illo quadraginta dierum noctiumq jejunium, explorare eallidissime veluit utrom hi tre rs pout te ene QUATRIEIE SERMON SUR LE cARENE 46 veuve de I'Bvangile est exaltée poor deux pitees Grengent’, et que le don gratuit d'un verre d'eau froide recoit sa recompense. Crest, en effet, d'apres Teurs. sentiments qu'on apprécie, chez. les hommes religiens, la vraie grandeur de leur bonte et jamais, cal-la ne perd le bénéfiee des aouvres de miséricorde fn qui Ia miséricorde elle-méme ne fait jamais défaut, La sainte veuve de Sarepta Téproiva bien, qui apporta au bienheureux Fie, au temps de la famine, la nourtiture d'un jour, tout ce qu'elle possédail et qui, faisant passer Ja faim Gu prophete avant sa propre nécessite, dépensa sens hésiter son peu de facine et son rien d'huile, Mais ce qu'elle avait donné ayee £01 ne lui manqua pas, et, dans les jarres vidéos per une pleuse prodigalité, la’ souree souyrit dune nouvelle abondance : ainsi ‘in saint usage n’amoindrit ea rien le totalité d'un bien dont on avait pas eraint Ja. privation, 3. A ces wuvres, bienaimés, auxquelles nous avons coniiamce que vous étes préperés de hon corm, me outer pas gue le disble, adversaire de toute verti, ne porte haine et qu'll ne mette en cuvre les rese sources de sa malive pour tendre & Ia plete des pityes tinds de Te piété méme, el pour essayer de vainere par Ia gloire ceux qu'il n'a pu abatize por Ja pusilla: Amité, Carle mel dels superbe et proche des tonics actions et lorgueil guette toujours de prés les vertus : iT eat dificil. en eet, que la founnge hamaine ne séduise pas celui gui méne une vie diane de louange, 4 moins que, comme il est écrit, ". 5. Quant vous, bien-aimés, sainte deseendanee ae notre méxe eatholique, vous que PEsprit. de Die ‘a instruits a I'école de le vérite, réglea votre liberté suivant une juste régle, car vous saver. qu'il est bon do s'abstenir méme dos choses permises, et, lors- quil faut vivre avee plas de mortifleation, ce faire tin ehoix parmi les etiments pour en éearter usage, hon pour en condamner la nature, Ne vous laisse done:en rien contaminer par Verreur de ceux que Souille surcout leur obserusnee, qui eservent la créa- ture au ew du Créateur»%,’ ct vouent une folle abstinence aus astres du ciel ils ont en effet choisi le premier et Je sccond jour de la semaine * pour jeder en Vhorneur du Soleil et de Te lime, étant finsi, par un seul acte de lour perversion, dowblement impies, doublement seeriléges, puisqu'ils ont ins~ 4ithé leur jeine a la fois pour honorer les astres ot pour meépziser Ia resurrection du Seigneur. Tis Ielranchent, en effet, du maystére du salt des hommes et ne eroient pas que e'est dans Ja veritable chair de notre nature que le Christ notre Seigneur est né véri- cum promsus nulla sit substantia mala, it ulla natura. Omnia enim bor stitult, et unus est niversarum reru creator, gl feelt exlum ef ferrom, mare el omnia qui fin eis sunt", Ex quibus quidquid homini ad eibun potumgue coneessum ost, sanctum et mundum es in sui generis qualitate, Quod si immoderata aviditat sumatur, nimietas edaces et bibaces dedecorat, nm: clbl meque poculi natura eontaminat. Omnie en siewt Apostolus ait, munde sunt mundis. Coingal nas autem ef infldetibus nin est mundus, sed coins quinata sunt eorwim mens ef consetentia ® 4 5 Vos autem, dilectissimi, catholic matris sancl generatio, quos in schola veritatis Dei Spiritus erus Givit, liberate vestram congrua catione moder mini, seientes quoniam bonum est etiam a lit abstinere, et cam eastigatius vivendum est, ita dis cernere eibos ut usus eorum semoveatur, bon natin damnetur, Nullo itaque vos conlagio eocum erro} attingat, qui sua maxime observantia polluuat servientes creature potius gear Creatori *, et laminar ‘bus eli stultam abstinentinm devoventes : siquider in honorem solis a¢ une prima et secanda sabbati jejunare delegerunt, uno perversitatis suze opere bi impii, bis profani, qui jejunium suum et ad side cultum, et ad resurrectionis Dominiew instit contemptum ®, Resiliunt enim 2 saeramento salut humane, et Christum Dominum nostrum, in nature nostr@ carne vere natum, vere passum, boaus auctor 3 ta eaobaten du dianche rapocte ot Yonors ta stemmstion da 49 DE QUADRAGESIMA SERMO 1 QUATRIENE SERMON SUR LE cARENE 49 tablement, a vériteblement soutfert, a vétitablement Gs ensevell, est véritablement ressuseit*, Crest pourguol, par Tallietion do leur jeune, ils con damnent Te Jour qui est celui de notre joie set comme, pour dissimuler eur ineroyance, ls ant Faudace de fe méler A nos assemblees, vote! comment ils se come portent dans Ia participation aux scerements ? de Temps en temps, de crainte de ne pouvoir demeurer entigrement caches, ils. regoivent. dune boucho Indigne le corps du Chnist, mais refusent absolurment de oe’ e Hang denote redemption *. Nous. ea informons votre Saintele pour que tes marques VOUS révilent elairement de tels hommes et quer crautre part, une fois découverte leur His soient chasses dle la societe des saints par Tauto- ritg hiérarchique. Cest au sujet de tels hommes que le bienheureust apbtre Paul avertit eagement 'Eglse de Diew en ces termes : « Nous vous ett prions, fréres, gardez-vous de ceux gui suscitent divisions et scan dhles en s'eartant de Penseignement que vous avez eeu} eviterles, ear ces genela ne. servent pas le Gihist ‘notre Seigneur, mats leur ventre ; par leurs propos édifiants et lattours, sls séduisent Te cceur Ug simples 3, Bien-aimés, nous avons souvent fait entendre & oS oreilies ces avertissements contre une erreur AScostable : eest alla que, suilisamment.instruits, Yous abordier Yes saints" jours diy caréme avec une lense devotion et que vous vous prépariez par vos feuvres de miséicorde \ mériter fa misericorde de Diou, Eteignez en vous la eolére, effacez les haines, times Vunlon et prevenez-vous les uns les autres par Tes bons offices chine sineére bumilité , Commantez dquitablement 4 vos esclaves et & Vos’ subordonnes, Guo aul d'entre eux ne soit tourmenté dans les pri- sepultum et vere suseitatum esse non credunt2, Ee) ob hoc diem nostre lelitie, jejunit sul merore tonderonant. Camque ad. tegendsm infdeitatem suam nosis audeant interesse conventibus, ita in. sacramentoram communione se temperant, ub interdum, ne penituslatere non possnt, ore indigno Christi corpus. acct, sanguitem atten redem. ptionis nosire haurire omaino deelinent * Quod idea, Yestne notum facimus sanetitati, ut vobis hajuseo. modi homines et his manifestentur inicis, eb quorom deprehensa Tuerit suerilega “simulatio, ‘a ssuncloram societute sacerdotali auetoritate pellantar. De taltbis enim beatus Pavlis apostolus Eeclesiam Dei provide monet, divens : Regamas aulem 095, Iratres, tt obseroetis eos qui disensiones et effend cle. preter doctrinam quam didests.faciand, a decline ab iis, Hujuscemodl entin Christo Domino hom serniunt, sal sun venir; et per dulees sermones & benedictianes seucunt conta innocentiam 2. 6. His ergo, dleetissimi, admonitionibus nostri, dquas auribas vestris contra exsecrandum errorem Trequenter ingessimms, sufieienter instruct, samctos Quadragestna’ dies pin devotione suscpito, ot aa promerendam misericiam Del per opera Yoo nniserieoritepreparate, Tram exstinguita,odia dete, unitatem diligite, et sincere vos humilitatis ollieiis, invicem pravenite *, Servis this qui vohis eubjoat sunt cum sequitate’ dominaminy, nullus gorum ta Gusts erueietur aut vinculls’ Cosont vindicte, 11857. Cependant our état permis de prendve du vin meted ie aude 14 vn dbx ld pr becinos rerun) On des) Geta, val spe 80 DE QUADRAGESIMA SERNO V canquidae senmox sum Le canis: 50 remittantur offense; severitas Jenitate, indignati mansuetudine, discordia pace motetur. Omnes modestos, omnes placidas, omnes experiantur beni gnos; ut jejunia nostra aecepta sint Deo. Cui it demum sacrifieim vere abstinentiz et verw pietatis offerimus, sii nos ab omni malitio contineamus £ auxiliante nobis per omnia Deo omnipotente, et eum Filio et Spirity sancto una est Deitas, a majestas in smcula sweulorum. Amon * sons ou dans les chaines. Que cessent les vengeances, ue Jes offenses solent pardonnées ; changez In séve- rite en douceur. Vindignation en bienveillance, la dis- corde on paix. Que tous trouvent en nous des lommes jodestes, calmes, bons : ainsi nos jeines seront agréés dé Dieu. Enfin nous lui offriroas Je sacrifice Wane veritable’ abstinence et. d'une sincére pisté si nous savons nous retenir de toute malice ; aidés en tout par le secours du Dieu tout-puissant a qui appartient, avec Ie Fils et 'Esprit-Saint, une seule divinité, une seule majesté cans les sigcles des siécles. Amen ' 30 (XLII 30 (XLUD, DE QUADRAGESIMA SERMO Y GINQUIEME SERMON SUR LE CAREME 1, Apostoliea, dilectissimi, doctrina nos admo: ut dopanentes veterem hominem cum actibus suis de die in diem sancta conversatione renovemur! Si enim templum Dei sumus, et mentium nostrar Spiritus sanetus habitator ost, dicente Apostolo Vos estis templum Dei vivi*, multe oobis vigilant Sowmaine. — 4, Les tentations de Ja vie poisente, — 2. Mme ‘ijt. 3. Uae iy earere pour tous. & Pratiqua des vere, untied Ts eharit L. Lienseignoment de l'Apotre nous avertit, bion- aimés, de cdépouiller le vieil homme avee ses pra tiques»? ef de nous renouveler de jour en jour par tune sainte manigre de vivre®. Si, en effet, nous sommes le temple de Dieu ot si 'Esprit-Saint est hate de nos Ames, suivant cette parole de lApdtre : « Vous étes le tample du Diu vivant »4, il nous faut (Poe LIV, 4204521) ndresste a eves eta) mtina Fexéet an te senerenontnna Pert eecher eins sient ena de ee Shite cue cent utc ra am ihc daa ‘adifort de L20n te Grand (s0-t6t). ON sett vist aimme ope tu Pontes ses, queenmne emi pope ‘ignites cage tesla Besa pa aie ete a 51 DE QUADRADESIMA sEnMt0 V CINOUIENE sEnMON sun LE cAREME BL travailler aveo une extréme vigilance ce que Vasile de notre coeur ne soit pas indigne dan tel habitant. Dans les maisons faites de main «’homme, on lous ie zéle qui pourvoit A remettre en état sans retard ce quia pu étre endommags soit per T'nfltration des Pluies," soit par Tébranlement des tempetes, soit seulement. par la vetusté + de la meme maniére il faut apporter une sollicitude constante A ee que Fen de desordonné, rien de couilld no se reneoztre en nos dames, Sans doute Pédifice que nous sommes ne sub siste ‘pas sans lo secours de son architecte, ct notre construction ne pent rester intacte si la vigilance de son auteur n'y ‘préside pas; mais, pierres raison nables et mateiiatix vivants, nous avons Sle assembles ic telle maniers par In main de notre Createur que meme celui qui est restaué travaille avee son maftre Wauvre, Que Vobeissance de Phomme ne se dérobe dione pas aa gree de Dieu, et quelle ne renonce pas 4 ce bien sans loquel elle ne satrait étre bonne : si, dans Paccomplissement. Ges. préceptes, elle se heurte 2 quelque chose d'impossible ow de difficile, qu'elle ne demeare pas en elle-mame, mats reeotrre 4 eel ii commence, car celti-ei ‘ne donne le précepte le pour exelter Te desir et aevorder Laida, selon le root du Prophete : « Jetto en Dieu ton souei et il te nourtira oY auraital quelquin. qaisoit- un corgacil si démesuré, qui s'estime si indemme de bles- sures, si exempt dé souilluzes quil rvait aul besoin etre rénoyé ? Une telle opinion s'abuse du tout au tout, et quieongue se erolt'd Tabs de toute atteinte parmi les tentations de Ja vie présente se perd per {ine excessive vanilé, Tout est plein de pérls, tout est Plein d'embiches. Nous sommes exposés au provo- tations des convoitises, aux pleges des séduetions, & Vattrait capticux du gain, & la crainte des pertes; amére est la langue des détracteurs ot los Douetes prodigues en louanges ne sont pas toujours sincéres : laborandum est ut cordis nostri reeoptaculum tanto hospite non sit indignum, Et sicut in domibus manu- factis Iaudabili diligentia providetur ut si quid aut infusione imbrium, aut turbine procellarum, vel ipsa fuerit antiquitate corruptum, eita in integrum cura restituat ; ita jugi oportet sollicitudine precaveri ne quid in nostris animis ineompositum, ne quid inve~ niatur immundum, Quamvis enim sedifieium nostram sine ope sui non subsistat artificis, nec fabrica nostra possit esse ineolumis, nisi ei protectio prafucrit con ditoris, tamen quia rationabiles Iapides sumus ob viva materies, sic nos auctoris nostri exstruxit manus, ut cum opifice suo etiam is qui reparatur, ope~ retur. Gratia igitur Dei obedientia se humana non, subtrehat, nee ab illo bono, sine quo non potest bona. esse, deticiat : ac si quid sibi impossibile aut arduum in mandatorum cifectibus experitur, non in se remaneat, sed ad jubentem recurrat : qui ideo dat preceptum, ut excitet desiderum et preestet auxi- lium, dicente propheta : Jacta in Dewm cogiationem twam, ef ipse te enutriet . An forte quisquam ita inso- lenter superbit, ot ita se illesum, ita immaculatam esse preesumit, ut nullius jam renevationis indigeal-? Fallitur prorsus ista persuasio, et nimia vanitate vete~ raseit quicumque inter tentationes hujus vite abi omni se yulnere credit immamem. Plena omni periculis, plena sunt laqueis. Incitant cupiditates, insidiantur illecebre, blandiuntur Inera, danma deter Tent, amare sunt oblequentium Tingnee ; nec semper 4 Po Uv 28 Slt Len oo ae eon Jc pi ‘seo. ume, ean at ads he pe Ie. Feice di clé da. ened eanearto GED. Lyn dna Pore den Loni Gun, 9 PE DEY 52 DE QUADRAGESINA SERNO CINQUIEME SERMON SUR IE cARBME 52 veracia sunt ora laudantium : inde seevit odium, hine ecipit mendex officium, ut tacilius sit. vitare dise cordem, quam declinare fallacem. 2. In ipsis autem virtutibus obtinendis tam dubius ‘modus et tam incerta diseretio est, ut si quiscuam inter bonorum malorumque confinia, subtilissimi iscriminis potuorit servare mensuras, vifficile sit ut hene sibi conseiam probitalem abtreetantiom lingua non mordeat, et iniquorum evadat opprobria, cui est emica justitia. Jam cum ad ipsas rerum tem. poralium varictates eogitatio humana convertitur quant se epponunt caligines, quanti pravaram opt nionum ohoriuntur errores, ut de objectu contra. riorum sumatur meteria querelarum. Nam licet omnium fidelium corda non dubltent nulis huju ‘mundi partibus, nullisque temporibus providenti aabesse divinam, noc de stellarum potestate, qu: nulla est, seculerium negotiorum pendere proventus, sed wquissimo et elementissimo summi Regis arbit euneta disponi : quoniam, sieut seriptum est, Unis verse vise Domini misericordia ef veritas, tamen eam quedam non secundum desideria nostra pro= cedunt, et sub bumani judieii errore superior plorumgue iniqui cousa quam justi, vicinum mi atque contiguum est, ut etiam magnos animos coneutiant et in eliquod ilicite causationis rourm ‘impellant. Siquidem istis varietatibus etiam oxeel Jentissimus propheta David usque ad periculum ‘turbatum profitetur, et dicit : Met awlem peene moi sunt pedes, piene effusi sunt gressus mei, guia xl in peccalortbus, pacem peccatorum videns?, Unde qui poucorum est tam solide fortitude, ut mulle inequ a’un céte, c'est la haine qui se donne libre cours, de Vaulte, lest. une civilite mensongére qui trompe, tellement qu'il est plus facile d'eviter un contra~ Gicteur que de séearter d'un menteur. Dans Ia poursuite méme des verins, le juste nniliew est si impnécis el si incerlain le discernement, ‘que, si quelqu'un, place aux limites du bien of du mal, aive a garder Ia mesure dans Te plus subiil des jugements, i est difficile que lo langue des détracteurs he sien prenne pas au sentiment qu'il a de sa droix ture, ct quo, ami de Ie justice, il éebappe aux injures es inéchants. Mais, si Phomme tourne s réflexion vvers les, vicissitudes "des choses temporelles, com- bien Pobscurités vont se dresser, combien d'errears Selever, fruits d'opinions perverses, A qui la con- irontation ces contraires fournira matiére a querelies. Par exemple, auewne éme fidéle ne met en doute quaneune. partie de ce monde et aucun temps mschappent & le Providence divine, que In réussite des affaires séculitres ne clépende ‘pas du pouve des astres, qui n'est rien, mais que tout sort rélé par la trés juste et, tres elémente céeision div soue Yernin Roi, puisqu'il est éerit : « Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité »’. Pourtant, a3 selon nos fiésirs et que lerreur de la justice homaine favorise trop souvent Ia cause du méchant plato: que celle iu juste, Tes grandes Ames elles-méines ne sont pas loin ct sont méme trés prés den étre éhranlées et de tomber dans les murmures de quelque critigue cou buble, Car David luinémte, 1e pls excelent des prophétes, reeonnatt que ces vielssitudes Pont trouble jusqu’a le mettre en danger, et il dit : « Un pew plus, mon pied bronchait, un rien, et mes pas glissaient, eaiviewx que Pétais des insensés en voyant le bien” tre des impies»?, Sidone il en est pew qui possédent tine foree assez assurée pour que nul trouble pro- venant des inégalités ne puisse les ébranler, et si Beaucoup de ficels se lniseent corrompre non set- DE QUADRAGESIMA SERMO V litatum perturbatione quatiantur, et multos fidelian non adversa tantum, sed etiam secunda eorrumpan sanandis vulneribus quibus humana iniiemites 8 ciatur, diligens est adhibenda euratio. Ideo enim d periculs quibus mandus hic plenus est qusedam b viter percurri, ut dicente Scriptura : Quis glortabi castum se habere cor, aul imunitum se esse a peccato® omnes sibi intelligant. delietorum indulgentiaun reparationis necessariam esse medicinam, Quando autem opportunius, ilectissimi, remedia divina deeurvimus, quam eum ipsa tobi sacrementa redemptionis ost temporum Teferuntur ? Ques ut digoius celebremus, saluberr nos quadraginta dierum jejunio preparemus. No cnim ii tantum qui per mortis Christi resurrect Aisque mysterium in novam vitam baptisme sun torum, uliliter sibi et mecessarie presidium hui sanctificationis assumunt : il, ut que nondum habent accipiant ; isti, ut accepta eustodiant, Dicent Apostolo : Qui stat videat ne eadat ?, a firmitate suffultus, ut de stabilitate 9 debeat esse securus. Utamur igitur, dlilectissi saluberrimi® temporis venerabilibus ‘institutis, sollicitiore cura cordis nostri specula tengamus, Qi tumlibet enim caste et sobrie mortalis hee vit Gucatur, quodam tamen pulvere terrense oonvers tionis aspergitur, et nitor mentium ad Dei imaginem conditarum non ita a fumo totius vanitatis aliens est, ut nulla possit sorde fuscari, et non sem} soln fe mo Gatuerinus empower 8 pr INQUIRE SERMON SUR LE cAREME 53, Jement par les épreuves, mais encore par les succés, {I faut nous appliquer avee diligence A traiter et & mnorir ces blessures qui meurtrissent humaine fal- fies. Cst pourquot j'ai briévement rappelé quel. ques-ins des périls dont le anende présent. est rempli, alin que tous comprennent qu’ils ont besoin d'indul- ‘gence pour leurs fautes et de reméde pour leur gué- ison, puisque I'Geriture dit + « Qui osera se glorifier avoir le cour ehaste, ou d'etre pur de péché ? s, 3. Quel moment serait plus opportun, bien-aimés, jour Tecourir aux divins remédes, que celui ott la joi méme dos saisons raméne a nous les myatéres de notre rédemption ? Pour les eélébrer plus dignement, il nous sera trés salutaire de nous ¥ préparer par un jefe de quarante jours, Le secours dune fee am iieation n'est pes soulement utile et néeessaire & ceux qui, grice 4 la régénération du baptéme, doivent passer & une vie nouvelle par le mystére de la mort et de Ja résurrection du Christ ; elle Vest aussi & tout le pouple des regénérés : les premiers en ont besoin poor recovoir ce quills ne possédent pas encore, les seconds pour conserver ce quils ont regu. L’Apotre dit en effet : « Que ealul qui se Matte d'eire debout prenne garde de tomber »*. Personne par conséquent west si fermement soutenu qu'il doive etre assuré dde sa stabilité, Usons donc, bien-aimés, des in lutions vénérables du plus’ favorable ® ‘des temps, ct polissons le miroir de notre ceeur avec un scin plus attentif, Quelque chasiement, en effet, et Sobrement que “nous menions cette vie mortelle, celle-ci ne laisse pourtant pas de se couvtir lége- reinent de la poussiére de notre condition terrestre ; et Tevlat des dimes oréées a l'image de Dieu n'est, Acllement préservé de la Tune de toutes les vanités qwaueune tache ne puisse Tobseureir et u'll n’ait, as sans cesse besoin d'étre ravivé. Et si cela est nécessuire aux ames les plus delieates, eombien davan- Inds dy fone qusceasninl + «Hae sblerne fojerhim, od onimaber 4 DE QUADRAGESINA SERMO Vv CINQUTDME SERMON SUN LE CARENE 54. indigeat expoliri. Quod si etiam caut necessarium est, quanto illis amplius est expetendui gui tota fere anni spatia aut securius aut forte m: gentius transierunt ? Quos caritale debita comme emus, ut non ideo sibimet blandiantur, quia nobi ‘tuge doivent le rechereher celles qui ont passé presque {ut le temps de l'année avee plas de confanee en ellesmames ou peut-ttre plus ce neégigence 1 Nous Ios en avertistong, par fe Qevoir de charite qui nous income * qu'elles hvalent pas se fatter deco que nous ae pouvons connate” toutes les. consclonees, isque nile secret des leu, niles onclos des murs oréient le vuede Dieu, qui voit toutenméme temps: 1 counafl non séulement ee que nous avens fait et pense, mais encore ee que nous Terons el penserons Tote 'st is connaisance du Souverain Jugs, tel son rogurd redoutable + Vopaeité. Iut est tramsparente toll Seeret Tul est Geeouvert; les choses obscures STiluminent pour lui les muclies hal répoadent, Te Silence fe protiame et esprit ut parle sans vols. Que personne ‘dono, parce que. ses "péchés sont. resis Enpunis, ne'mépfse la patience dont fait prouve la Boaté de Dieu Que Vom nail pas. penser, parce {on n'a pas encore éprouve Fettet de sa coléres qu'il seat pas oe estan ect ve moval et pus long, ne dure longtemps la ieence lajsseo aux Yolontés Tolls; ellefera place & Ia douleur des peines Hlerwells, st Hom a'a pot mecherehé le remede! ce la pénitence tandis que la justice suspendait sa sentence a. Réfugionsnous “done dans la, mistneorde, do Dieu, parlout présente, et que les carurs de tous les fetes se sandtihent pour ‘elebrer par une. digne observance la. sainte aque. dh Seigneur. ‘Que Ia yueur sepals, que Vemportement sadousiss, que toi se remetient mutuellement leurs autos et que fell qui solleste le pardon n'exige pas Iuimme une Yengeanee. Si nous disons, en effef«Reretter-nous hosidettes, comme nous remeltons nous-mémes nos dibitewrse®, nous tous enchatnans nows-memes des Tiong Tes phis nigoureus si nous naccomplissons pas ce que nous déclsrons. Crest pourquol, s cculos Dei simul universa cernentis, non abdit Tocorum, non parietum septa secladant s nce sokum ela eb cogitats, verum et agenda et cogilanda si cognita. Tstn ergo scientia summi ju fremendus aspectus, eui pervium est omne solidun et apertum omne secretum ; cui obscura clare muta respondent, silentium confitetur, et sine vod tens Ioqultur. Nemo palientiom bonitatis Dei peceatorum suorum impunitate contemmat ; nec i Hun astimet nos offeasu, quia needum est expert inatum, Non suat Jonge vitse moctalis inde, nee di tum est Licentia insipientiom volontatum in seternas rum dolorem transitura pzenarom, si chun jostitize seme ‘entia suspenulitur, reitentize medieina non qucerita 4. Confogiamos igitur ad prosentem ubique mi ieordiam Def, et nt sametom Pascha Domini di abservantia eclebretur, eunetorum se fide o sonotifient. Mitescat seevitis, mansueseat irieand remittant sibi omnes culpas invicem suas, nee exact sit vindlot, qui petitor est veniv. Dicentes ent Dimitie nobis edite rosira, feu el nos dlmitim debitoribus nostris*; durissimis nos vineulis i gamus, nisi quod proftemur impleamus. Unde | orationis hujus sgeratissimum pactum * non tot on ma pas, parfaitoment observe 1e9 clauses dé engagement gamete Sacré pris dans celle prifre ®, que maintenant du 3.1 pie tr Pater» et ue pe ce os eucons awee ‘ond werden di fage ddpeadve le hot dy wap suam unusquisque eognoscat, el alien’ Aolictis, abolitionem Suorum obtinest peccatorum, Dicente namque Domina = Si dimiseritis hominid ‘peceata eoruin, dimiitet et vobis Pater vester, gui i exlis est, delieta vestra*: non Longe est ab quod poscit, cum de benignitste supplic pendeat judieantis : qui humanarum precum mis ricors et justus auditor, equitsti sua de nostra leu late preseripsit, ut-non haberet in eos jus. sever tatis, quos non invenisset cupidos ultionis, Clementes autem et mites animos etiam largit im dignius quam ut homo sit et seenndum modu esurientes, vestiuntur nudi, foventur infrmi, nonm auxilium Dei manus explet ministri, et benignit servi munus est Domini ? Qui eum ad eflectus misericordie sux adjutore non eyeat, ita suai omnipotentiam temperavit, ut Iaboribus homiout per homines subveniret. Et merito Deo gratl referuntur de pietatis oMeiis, eujus opera vident in famulls, Propter quod ipse Dominus diseiptl ait: Sic luceat iumen vesirum coram fominibus, videant opera vestra bona, el magnificent Patrei vesirum, qui est in celis*; qui cum eodem Pat ¢t Spirit soneto vivit et regnat Deus in swcula seer orm, Amen. hb wt Acorn Qulagatd poi aes canescens wom GINQUIENG SERMON SUR LE CARENE 55 moins ehacan reconnalsse ce que Iui dicte sa con- Science, een paronnantles manquements des autres, ‘obtienne Ja remise de ses propres péchés. Le Seigneur ‘dit '« Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, ‘yotre Pere céleste vous pardonnera aussi"; chacun tia done pas loin de Iu ee qu'il demande, puisque ost de la Honté du supptiant que depend la sentence Su juge : Ini qui éooute avec miséricorde et justice les preros des Hommes, s'est fixé eomme rege déquité notre propre doueeur, en sorte quill wait pas & user e la Piguour du droit contre eoux qu'il n'auralt pas trouvés avirdes de se venger. Mais aux Ames clemontes ct doucos convient aussi 1a libéralité. Hien o'est- plus digne de Phomie que Giimiter son Crénteur ot c'etre, dans la mesare_ de ses possibilité, le mandalaire de Veeuvre divine. Car, Torsgu’on nournit les affamés, lorsqu‘on habille ceux qui sont nus, Torsqu'on prendsoin des malades, est-ee pag que Ia main du. ministre apporte le Secours de Dieu, et la bonté de Pesclave n'estclle pas un den du Maitre ? Lui qui n'a pas besoin d'aide pour exereer sa miséricorde, a réglé en telle maniére Pexer- ice de 6a toute-puissanee que ee soit par des hommes Guelle vienae en aide aux peines des hommes. Bt Cost A bon droit que I'on rond graces & Diew pour les Secours de charite, ear ce sont ses eeuvres qui appa- ralseent dans se3'servitours. Aussi Je Scignour ini- heme ditil a ses disciples : Que voire lumiére brille faux yeux des hommes, alin quis voient vos bonnes Ceuvies. et glotifent votre Pére qui estdans les cicux »*; Jul qui, avec le méme Pare ot I'Esprit-Saint, Wit et regne comme Dieu dans les icles des sites. Amen. Shine Ptetanrany 98 Pe Loe NLIV, 363 99 GML Xe nO SHUGME SERMON SUR LE CAREME 58 86 DE QUADRAGESIMA SERMO VE al 3t (xqIV) (xLyy DE QUADRAGESIMA SERMO VI SIMIEME SERMON SUR LE CAREME 4. Semper quidem, dilectissimi, misericondia Domini Soracne,— 1: Neen. do se puna top dy crtme, — 3, plena est ierra?; et unicuique fidelium ad eotend ‘trio paruuevement a panon des falures te Deum ipsa rerum natura doctrina est, dum calm et terra, mare et omnia que in eis sunt, bonitater omnipotentiam sui protestantur auetoris, ot fam lantium clementorum mirabilis pulehritudo justar ab intellectuali creature gratiarum exigit aetion ‘Sed cum ad istos recurritur dies, quos speciali reparationis human sacramenta signarunt, et qu vieino ordine atque contiguo festum paschale pi ceduat, diligentius nobis pronparatio religioswe puri ficationis indicitur. Quamvis enim in quolibet tem= pore innoeens vita sit multoram, et plurimos Deo Donorum actuum eonsuetudo commendet, non adet ‘tamen de conscientice integritate fidendam est, w humanem fragilitatem inter scandala tentationesque degentem nihil potuisse arbitremur, quod ledere cam, incidere ; cum propheta excellentissimus dieat Quis gloriabitar castum se habere cor, aut rundem esse « peceaio® ? Et iterum: Ab occuliés meis mun me, Dornine, ef ab alienis parce seroo tuo. $i aut quod exporimentis probatur, talis conditio est cot qui eoncupiscentiis renituatur, qui iracundie motibt reluctantur, et ipsarum quoque cogitationum arcank 1, « La terre est en tout temps remplie de Ja miséri- conde de Dieu», bien-aimés, eb tout fidele trouve ‘duns Ja nature méme un enscignement qui lui apprend A honorer Dieu, puisque le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'lls renferment proclament Ia bonté et la toute-puissance de leur Auteur et que T'admirable bewuté des éléments mis a notre service réclame de la part de la crésture Intelligente une juste action de grlces. Copendant le retour des jours plus spécialement marqués par Ie mystére de la restauration humaine, i préetdent Immédiatement dans le temps 1 Fite pascale, nous commande de nous préparer plus spigneusement par une religieuse purification. Sans oute la vie de beaucoup est, a toute époque, inno- vente, et un tr’s grand nombre sont agréables & Diew par leur habitade des bonnos apavres, 1 no faut tout {de meme pas se fier 4 tel point A Tintégrité de sa con= ssience qu'on en vienne & penser qu'au milieu des scandales et des tentations dont est constamment entourée humaine fragilité, il ne se soit rien trouvé qui ait pa la blesser ; Ie plus excellent des prophotes re dit-il pas en ellet : « Qui pourra se glorifier d'avoir le ccour chaste ou d'etre pur de péchés® ? Et encore = «Purifiez-moi, Seigneur, de ec qui m'est caché ot epangnen & votre serviteur ce qui lul est étrenger »* 7 DE QUADRAGESIMA SERMIO VE castigant, ut et numquam possint in eordibus si non invenire quod reprobent, et s@pe aut fallantur ecultis, aut graventur alienis ‘; considerandum es hoe in tempore attentius, que vitia, que vogritudin quantaque sint voluera, quibus eusterior sit adhis Denda medicina : ut illius sacramenti*, per quod solvuntur opera diaboli, non inveniantur alieni. Pi chalis quippe festivitatis hoc proprium ost, ut tote Ecclesia remissione gaudeat peccatorum, que non in. eis tantum flat gui sacro baptismate renaseuntup, sed ctiam in eis gui dudum in adoptivorum sor numerantur. Quamyis enim principaliter novos ho mines faciat ‘regenerationis ablutio, quia tar superest omnibus contra rubiginem mortalitatis quo tidiana renovatio, et inter profectuam gradus null est qui nom semper molior esse ebeat, generalite snnitendum est ut in die redemptionis nemo inve niatar in vitiis votustatis 2 Quod ergo, dilectissimi, in omni tempore uaume quemque convenit facere Christianum, id nune sollicitius est et devotius exsequendum, ut apostor liea institutio quadraginta dierum jejuniis impleatun ‘sccorde malam eogitstionon, repaio a me riliee stincorern ee et, Sept nr hats pore ne eH 3). range enon lets Veeent el nara 1a nine esha ste hes or open SIXIENE SERMON SUR LE caRéME 57 Liexpérienee le proave, la condition de ceux qui fent fh leurs convoitises, lattent contre les mou vyoments de la colere ot vont juaqu'a, mater leurs pensées.secréles ellessmémes, est telle ue, dane part, ils ne peuvent, & aucun moment, examiner four corur sens y trouver quelque chose quis te prouvent, et que, de Tautro, ils sont souvent ow Trompés par des fautes cachées ou alourdis par des péehés qui Toor sont étrangers '; it tenr fout Alone en fe tempe-ci examiner plus attentivement quols sont Jes viees, quolles tont les maladies, quelies sont les Blessures attaquels doit dtre appliqué un traitement plus sévere = alnsi no soront-is pas trouves étrangers Ma gréce de ce sncrement *, dont Velfet est d'ancantir Ios wauvres du diable. I est propre A Ia solennité pas- Cle, en eflel, de faire que PEglise entisre se rejonisse {in pardon de> péchés, pardon qui nese reise pas sew- Tement-en ceax qui renaissent par fe saint bapteme, ris aussi en ote qui sont déjé comptes dans le lot tics fis adoplifs. Sans donte c'est principalement le hain doa regéneration qui fat des hommesnouvee risilreste pour tons 4 se renouveler quotidiennement your remééier a la rouille imnérente 4 Ia. condition Thortelle, et, sue le chemin de 1a perfection, Il nest personné qui ne dowve toujours devenir meillour; eussi {ous ont. & faire effort pour qu'au jour de Ia rédeme pliga sul ne se vetvouv dans ses vices d-autrelois 2. Ce que chaque chretien doit faire en tout temps, bien-aimés, il fut done sy consecrar maintenant vor plus de fol et d'amour? sins) satiaferons-niovs a cette obligation qui remonte aux Apdtres, de joiner Si tan see oo Adan Leto trove dampers erases le 2) pe ceo on mer de Basie eats (On enps pope -an ies Sin ae) ny ‘Blom ener pla 38 DE QUADRAGESIMA SERMO YI SINIBME SERMON SUN LE cAnéME 58 pendant qusrante jours, non seulement en récuisant hoife nourritare, rhais surtout en nous abstenant du che. En effet, puisque cette mortification a pour de supprimer les foyers de désirs charnels, aucune expéee diahstinence nest davantage & pretiquer que celle par laquelle nous serons toujours sobres de vou- ustes et Jednerons d'actions déshonnétes. Une wvotion ne laisse pas de cbté les malades eb ne pasles infirmes 4 part sear, meme dans un corps alangui et inutile, se peut trouver tne Arne. saine, Silesfondements dels vertu saffermissent a meme of se tenait le siége du vice. Et cette maladie d'une chair infinne, maladio gut souvent depasse Ia mesure d'une soullrance imposee volontairement, laisse div moins esprit tenic le role qui lui revient, et, alors quan ne peut recourir & aucun festin pour Je corps. permet Guvon ne se ropaisse d aucune iquite. Mais rien ne s‘unit plus utilement aux jednes rai sonmables et saints que ces bonnes couvres que sont les aumdnes ; sous le seul nom dccuvres de mist corde, elles comprennent bien des actions louables dle bonté grace ausquelles, malgré des ressources inégeles, les Ames de tous les deles peuvent segalor entre elles. L’amour que Pon doit. pareillement. Diew et aus hommes ne se heurte, en eflet, jamais a tant ‘obstacles qu'on ne soit plus libre de toujours vou loireonformément au bien. Siles anges ont dit «Gloire 4 Diew au plus liaut des ciewx, ef paix sur la terre ‘aux hommes de Donne volonte, e'est que la vertu de bienveillance, mais aussi le bien de la paix rendlent hhoureux quicongue, par sa charite, eompatit 4 toute isere dont souffrent les autres. Les ceuvres de la bonte sont infiniment évendues, et lour variéte meme donne aux vrais chrétiens d'avotr toute lenr part dans Ja distribution des auménes, qu'ils soient ‘riches et dans Febondance oo, au coutraire, pauvres et pew ‘Tour aise, en sorte que ceux qui sont inégaux dans leurs facultés de Dienfaisance soient du moins sem Diablos. par [affection du cwur. Lorsque, sous. les youn du Seignent, beaucoup meitaient dans Te tré for du tomple de grosses sommes tirees de leur non ciborum tantummodo pareitate, sed privatione| maxime vitiorum, Nam cum ob hoe eastigatio ista) sumatur, ut earnalium desideriorum fomites subtra hantur, nullum magis sectandum est continentis genus, quam ut semper simus ab injusta voluntate sobrii, ot ab inhonosta actione jejuni. Que devotig non omittit «gros, non secernit invalidos : quia ctiam in Ianguido atque inutili corpore potest animi int aritas reperiti, si ubi fuit sedes pravitatis, ibi contr ‘montur fundamenta virtutis, Et ideo infirma ea ista sufficit wgritudo, que sepe mensuram volun tare afllictionis excedit, tantum ut mens officit impleat partes, ot quoe corporea epulatione non utitor, mulla iniquitate paseatur, Rationabilibus autem sanctisque jojuniis null utilius quam eleemosynarum opera copulantus, a mo miscricordige nomine multas laudabiles pictatis continent actiones, ut omnium fidelium pares anim 380 possint etiam inter impares facultates. Dilectio enim que simal Deo hominique debetur, nullig umquam ita impeditar obstaculis, ut non ei semper bene yelle sit liberum. Dicentibus quippe angelis Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bona volundatis ', non solum virtute benevotentiz, x etiam pacis bono beatus efficitur, quicumque al quacumque miseria laborantibus caritate compa titur, Latissima enim sunt opera pictatis, quee ips suivarietate id veris conferant Christian's, ut i distributione cleemosynarum non solum divites abundantes, sed etiam mediocres et pauperes, sui habeant portiones ; ct qui largitatis sunt virib inaequales, mentis tamen affectione sint simile 59. DE QUADRAGESIMA SERIO VE Nam cum sub oeulis Domini multi in gazophylaci ex opullentia sua: malta eonferrent, vidua quiedam duos intulit nummos !, et tali Jesu Christi testimonio) merit coronari, ut in tam parvo muneris modo ‘omnium fuerit collation! digna preferri : quia inter magna corum dona, quibus multa residebant, illiu quod fuit exiguum, fuit totum, Si vero aliquis tant paupertatis coarctatur angustiis, ut nec ad duo z inopi impartionda suffieiat, habet in preeceptis Domir unde impleat bone yoluntatis oficium. Siquidem qui sitienti pauperi calicom aque frigidse min ‘trarit, meroedem est sui operis adepturus® : ta servis suis Domino ad obtinendum regnum suum pra parante compendia, ut cliam precbitic ague, cut usus gratuitus atque communis est, premio i prebeatur : quia hee, que per se sunt vilia, fd cflicit pretiosa, ct que ab infidelibus ministranti sunt vacua. 3, Celebraturi igitur Pascha Domini, dilectiss ita vos sanctis exervete jejuniis, ut ab omnibus ps turbationibus liberi ad festa sacratissima ver atis amore pellatur; et qui clatione tumuer uadine mitigentur, Quorum vero animos ali cexasperavit offensio, reconciliati sibimet in unit ratdentes, el donanies invicem vobis, sicut Chil donavit nobis *, hnmanas inimicitias pace delete § SEXLENETSENMON SUR LE canbe opulence, une veuve y jeta deux pidees d'argent 4 et merita d’étre honoree du témolgnage de Jésus Christ, son don si minime étant, prélére & ofirande do tous les autres : car, on face des dons magnifiques de ecux A qui restail’ encore beaucoup, Te sien. si potit qui 1Mt, était tout son avoir, Si pourtant guc- qu'on est réduit une si étroite ‘pauvreté qu'il ne puisse méme pas donner deux as 2 un indigent, il trouve dans les préceptes cu Seigneur comment remplir le deveir de In’ bienveillence. Car celui qui aura donné un verre deau froide & un pauvre assoilté reeovra Ia récompense de son geste #: quels raccourcis| le Seigneur n'aeteil pas préparts a ses serviteurs pour gagner son royaume, si meme le don ce l'eau, chose fiont Pusage est_gratuit et répandu, ne doit. pas manquer de recompense ! Et, pour que nulle dill- eulié.ne puisse y mettre obstacle, est. de Veau froide (qui est proposé> en exemple de misericorde, de peur {que quelqin qui manguerait Ie bois pout Ja faire Chaufler ne pensat stre frustrs de résampense. Le Seigneur avertit pouriant, et non sans raison, que ce vere d'eau doit étre donné en son nom, parve C'est la foi qui rend précieuses ees choses viles en elles- mmémes et que les dons des infideles, fussent-ils faits {ands as, sont cependant vides toute justice ‘Vous done, bion-aimes, qui yous disposez & eelébrer Ia Pique, du Seger, exercez-rous par tes saints jeiimes, de facon 4 arriver a Ja plus sainte de toutes Tes fetes libres de toute passion, Que l'amour de Thumilité expulse Vesprit de superbe, source de tous les péchés, et quela mansnétude apaise ceux que. Vorgueil. avait’ enilés. Ceux dont quelque offense rait exasperé les Ames, que, réconeiliés entre eux iis cherchent & rentrer dans unite de la concorde, © Ne rendant & personne le mal pour le mal, mais vous pardonnant, mutuellement comme le Christ nous pardonne»®, effacez par le paix des inimitiés hu- S.GE Nenu, Mik 1 ot Goby 104 18 Salat Kor, tant aan 60 ce GonncR aaa SEPTIEME SERMON suR LE canis 60 ot si quelques-uns de vos subordonnés ont mérité la prison ou les chaines, relAchez-les iniséri- cordieusement : nous qui, tous les jours, avons besoin des remedes de Mindulgence, parionnons sans dif culté es fautes des autres, 'Si nous disons au Sei- gneur notre Pére : « Remetter-nous nos dettes comme nous-memes remettons a nas débiteurs »', il est absclument cerlain qu'en accordant Te pardon aux fautes des autres, nous nous préparens pour nous- mémes la divine clémence. Par notre Seigneur Jésus- Christ, gui, avec Ie Pore et UEsprit-Saint, vit et régne “dans les sigcles des siéeles. Amen, si qui de subiitis vestris aut claustra eustodiae, aut vincula meruerunt, misericorditer relaxentur : ub qui quotidian indulgentie remedis indigemus, non diffculter peccatis ignoscamus alienis. Di enim ad Dominum Patrem nostrum : Dimiile nobis debit nosira, sicut el mos dimittimus debitorib nostris , certissimum est quod cum aliorum delict ‘veniam tribuimus, nobis divinam elementiam pr paramus. Per Dominum nostrum Jesom Christi qui cnm Paire et Spirity saneto vivit et regnab i seeula seculorum, Amen, 32 (XLY) SEPTIEME SERMON SUR LE CAREME 32 (xLy) DE QUADRAGESIMA SERMO VIL Sownantes =. Excnrtation auw pratiqaae du temps de oastone our developper en mows lt chasis. "2: Aldme eehortation ex Welder lon in cheese ea fol Low senmponsen do Beane. oe verte 8 pratiguer. ™ 1. Virtus, dilectissimi, ot sapientia fidei Christian amor Dei est, et amor proximi: neque ullo ¢ Pietatis officio, ent studium est colere Dominum, juvare conservum, Haram autem ailectionum dupl unitas omni quidem est tempore exercenda, ct ficienter augenda, sed nunc incrementis amplicrib dilatanda, ut quadraginta dieram. jejunium, quod {esti paschalis est preevium, interiorem cordis audit illius vocis instar moveat, qua verbis Isaie propht Joannes Baptista dicebat : Parate vfam Domini reelas favite semilas.ejus*. Sive enim illam parte opall cogitemus que dudum cerlamina evang 1, La Joree et Ia sagesse de le foi ehrétienne, bien- aimés, c'est amour de Dieu et l'amour du prochain on ne'mangue a aucua des devoirs de la piete si Ton 8 souci d'honorer le Seigneur et de venir en aide & uiconque le sert avec nous. Ce deuble amour, qui nen est qu'un, Il faut certes en tout temps l'exercer ct Vangmienter par diincessants progrés ; mais, & pésent, c'est par de plus amples accroissements que znows avons d le dilater ; il faut, en eflet, que annonce Gu jedue des quarante jours, prélude de Ie {ete pas- calé, éineuve Foreille de notre coeur & Pinstar de Ta grande voix de Jean-Baptiste, qui, empruntant Jes Paroles du prophéte Isaie, disait : e Préparez le chemin ‘du Seigneur, aplanissez ses sentiers! »*, Qu’il s'agisse, 61 DE QUADRAGESIMA SERMO VII agonis ingressa, per spiritalis stadii cursum indesi: nenter tendit ad palmam; sive illam que lethelium, conscia peccatorum, per reconciliationis euxilium ? festinat ad veniam ; sive illam quae saneti Spi regencranda baptismate, vetustate Adam exui, et Christi cupit novitate vestiri, apte et utiliter omnibus Gicitur : Parale viam Domini, reclas facite semilas ejus. Quee autem vie Domini, queeve sint semite, gjusdem predicatoris coboriatione discomus, qui civine gratim opera et dona promittens, futura commutationum reserabat eflectus, addens senten= tiam prophelici sermonis, et dicens : Omnis vallis implebitur, et omnis mons et collis humiliabitar ; runt prava in directa, et aspera in vias planas *. Vall itaque mansuetudinem bumnilium, mons et collis ela tionem indicat. superborum. Sed quia, sicut Verit Gicit, qui se hmmitiat, exattabiiar, ef qui se exaltal Iummiliaditur*, merito et vallibus adimpletio, et mi tibus est annuntiatia depressio = ub et plana nihil offensionis, et direeta nihil haheant pravitatis. Quam vis enim angusta el ardua sit via, quie ducit ad vilam non tamen in ea diffculter incedit, quem veritas: confirmat et pietas ; nec caret delectatione gradiendi cujus iter effieit virtutam petra solidum, non vitiora arena succiduum. 2. Verum ut plenins noverimus per eujusmodi via nobis sit ad Dei promissa tendendam, avdiamus David prophetam quid doceat : Universe vise Domint misericordia et veriias®, Forma igitur conversatio Pep De beds Lay My serriinin SERVON SUN LE canés OL on effet, do ectte portion du peuple qui, ayant dia abordé les combats de T'erene evangelique’ selforse fans rekéehe do conguésr le palme dans la course du Stade spirituel, ou de eelle qui, consciente de fates ‘ortelles, se hate vers lo partion parle reméce de Ia eonclliton, ou de calle enfur qui, sur le’ poiat ‘otro régénérée ‘par le baptéme de LEsprit-oint aspire & se dépouiller de la vetusté d'Adam’ pour 6tre Feweine de la nouveauté. Uu Christ, & tous. inv {ation est utile et adaptée : «Préparez te chemin Gt Seigneur, aplanissez seo seatiers 1» Quels sont. done jes clremins du Seignear et quels sont ses. sentiers, apprenonse de Ja prédication du meme héraut, qui hv promeliant tes vauvres et les done de la grioe divine, dévoilait quelles. transformations allaient Sopérer, sjoutant es mots empruntes. aux paroles ‘iu prophéte :« Touto vallée sera comblée, toute mone faghe ‘et coliag ‘abalsse les. passages, tortucus deviendroot droite et les chemins raboteux.scroat hivelés La vallée signifie done 1a douceut des thumbles, le ‘montagne et Ja colline Télevement des Stperbes. Maly, selon In parole de la. Vorits, «qui Sabaisse sera love ct mpi stleve sera. abanse fst donc A hon Groit qué las valle 8 ntendent dire qwelles seront comblées ct Jes. montagnes qu’elles stron abaissées, en sorte que ce qul aura été