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Réglementation en matière d’odeurs

par Sébastien MALAN

et

Ingénieur environnement Responsable d’études à la société EOG S.A.

Lionel POURTIER

Docteur ès sciences Directeur de la société Études Olfactométriques Guigues (EOG S.A.)

1.

Odeurs et législation sur l’air

G 2 910 – 2

2.

Odeurs et législation des installations classées

3

2.1

Dispositions générales

3

2.1.1 Extrait de la loi du 19 juillet 1976

3

2.1.2 Extrait du décret du 21 septembre 1977

3

2.1.3 Présentation de l’arrêté du 2 février 1998

3

2.1.4 Circulaire DPPR/SEI du 17 décembre 1998

4

2.2

Dispositions particulières concernant certaines catégories d’installations classées

4

2.2.1 Cimenteries

4

2.2.2 Industrie papetière

5

2.2.3 Établissements d’élevage

5

2.2.4 Installations de traitement de déchets

6

3.

Odeurs et législation sur l’eau : dispositions complémentaires

6

3.1

Loi du 3 janvier 1992 sur l’eau (J.O. du 4 janvier 1992)

6

3.2

Décrets d’application

6

3.3

Dispositions applicables aux ouvrages dispensés d’autorisation

7

3.3.1 Arrêté du 21 juin 1996

7

3.3.2 Circulaire du 17 février 1997

7

3.4

Épandage des boues

7

3.4.1 Décret du 8 décembre 1997

7

3.4.2 Arrêté du 8 janvier 1998

7

4.

Jurisprudence

7

4.1

Insuffisance d’étude d’impact

7

4.2

Dommages et intérêts

7

4.3

Conformité vis-à-vis de l’arrêté préfectoral d’autorisation

8

5.

Éléments complémentaires sur les odeurs

8

5.1

Principales activités génératrices d’odeurs

8

5.2

Quelques valeurs repères

8

5.2.1 Seuils olfactifs des principaux composés odorants

8

5.2.2 Niveaux d’odeurs de quelques installations émettrices d’odeurs : valeurs guides

9

Références bibliographiques

9

L a société humaine se trouve, depuis des siècles, confrontée à des problèmes d’hygiène publique, d’insalubrité ou d’incommodité liés à des odeurs nau-

séabondes. Alain Corbin décrit, dans son livre « Le miasme et la jonquille », des situations souvent extrêmes d’un point de vue olfactif, notamment à l’intérieur des villes dans les siècles passés :

] »

« Il est des lieux où l’imprégnation est extrême, la puanteur insoutenable, [

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G 2 910 1

RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

« La boue de Paris forme une mixture complexe de sable infiltré dans les pavés, d’odeurs nauséabondes, d’eau croupie et de crottin ; les roues de voitu- res la malaxent, la diffusent, font gicler les puanteurs sur la base des murs, sur les passants. » Faisant suite à une industrialisation souvent non contrôlée, une réflexion de fond sur les nuisances industrielles s’instaure progressivement au 18 e siècle. Deux lois concernant les arts et la salubrité sont édictées en 1790 et 1791. Le décret impérial de 1810 introduit la notion d’odeurs et d’incommodité en préci- sant dans son article 1 er que « les manufactures et ateliers qui répandent une odeur insalubre ou incommode ne pourront être formés sans une permission de l’autorité administrative ». L’administration va alors progressivement mettre en place des procédures d’autorisation préalable et de contrôle des installations industrielles visant à limiter les nuisances occasionnées.

Ainsi, bien que l’objectif du présent article ne soit pas de dresser un inventaire exhaustif de la prise en compte des odeurs dans la législation française, il consti- tue un état des lieux détaillé en la matière. Nous évoquerons principalement le contexte réglementaire récent (seconde partie du 20 e siècle) en abordant suc- cessivement les aspects suivants :

— odeurs et législation sur l’air : dispositions générales ;

— odeurs et législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement ;

— odeurs et législation sur l’eau : dispositions complémentaires ;

— jurisprudence en matière d’odeurs.

(0)

En plus des références appelées dans le texte, le lecteur pourra consulter les ouvrages géné- raux [6][7][8].

1. Odeurs et législation sur l’air

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, la prise en compte des problèmes d’odeurs dans les textes réglementaires est effective depuis de nombreuses années. Pour limiter notre présentation aux situations actuelles auxquelles peut être soumis l’ingénieur en charge d’une étude, nous entamerons cet exposé par la loi du 2 août 1961, abrogée par la loi sur l’air du 30 décembre 1996, mais dont certains décrets d’applications restent encore parfois applicables.

Extrait de la loi du 2 août 1961

La pollution atmosphérique a été définie par ses effets nocifs dans l’article l er de la loi du 2 août 1961 relative à la lutte contre les pollu- tions atmosphériques et les odeurs qui précise :

Article 1 er : « Les immeubles, établissements industriels, com-

devront être construits, éviter les pollutions de

merciaux, artisanaux ou agricoles [ exploités ou utilisés de manière à [

]

]

I’atmosphère et les odeurs qui incommodent la population [

].

»

Article 2 : « Les prescriptions [

]

feront l’objet de décrets [

]

qui

détermineront : les cas et conditions dans lesquels pourra être inter-

dite ou réglementée l’émission [

rants ou radioactifs, [

Le tribunal pourra, en outre, ordonner que les tra-

vaux ou aménagements soient exécutés d’office aux frais du condamné et prononcer, jusqu’à leur achèvement, l’interdiction d’utiliser les installations qui sont à l’origine de la pollution atmos- phérique ou des odeurs. »

Décret du 13 mai 1974

de gaz toxiques, corrosifs, odo-

]

].

»

Article 5 : « [

]

Le décret d’application du 13 mai 1974 précise que « par émission polluante, il y a lieu d’entendre l’émission dans l’atmosphère de gaz

ou de particules solides ou liquides, corrosifs, toxiques ou odorants, de nature à compromettre la santé publique ou la qualité de l’envi-

ronnement [

].

»

Extrait de la loi du 30 décembre 1996

La loi du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie a abrogé et modifié la loi de 1961 qui était le texte de base de notre législation. La nouvelle loi prévoit toutefois que les textes réglementaires de la loi de 1961 demeurent applicables jusqu’à la parution des décrets d’application :

Article 1 er (L.220-1 du Code de l’environnement du 21 septembre

2000) : dans son article 1 er , la loi introduit la notion de « droit reconnu de chacun à respirer un air qui ne nuise pas à la santé. Cette action d’intérêt général consiste à prévenir, à surveiller, à réduire ou

à supprimer les pollutions atmosphériques, [

Article 2 (L.220-2, cf. ci-dessus) : « Constitue une pollution atmos- phérique au sens de la présente loi l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, des substances ayant des conséquences préjudiciables de

nature à [

Nous pensons qu’il faut identifier, au travers de cette notion de nuisances olfactives excessives, une volonté du législateur de faire référence à la notion de nuisances tolérables ou intolérables : intro- duire la notion d’acceptabilité de la nuisance, comme cela a déjà été défini dans le cas des nuisances sonores, par exemple. Cependant,

à ce jour, aucune valeur réglementaire n’est fournie en termes de

niveau d’acceptabilité de l’odeur. D’autre part, la volonté du législa- teur de ne pas voir apparaître des plaintes de voisinage de proximité semble justifier cette notion. En effet, le plaignant devra démontrer le caractère excessif de la gêne olfactive.

Décrets d’application

Différents décrets d’application sont parus pour rendre effectives les dispositions de la loi du 31 décembre 1996. Nous citerons en par- ticulier le décret n° 98-362 du 6 mai 1998 relatif aux Plans Régionaux pour la Qualité de l’Air :

Article 1 er : « Le PRQA, prévu à l’article 5 de la loi du 30 décembre

1996 [

— [ ], — un inventaire des principales émissions de substances pol- luantes (au sens de la loi donc susceptibles de provoquer des nui-

]. »

]

provoquer des nuisances olfactives excessives. »

],

comprend :

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RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

les différentes catégories de

sources et individualisant les sources les plus importantes, ainsi qu’une évolution de ces émissions. »

des orientations visant à prévenir ou

à réduire la pollution atmosphérique afin d’atteindre les objectifs de qualité de l’air. Ces orientations portent sur :

— la surveillance de la qualité de l’air et de ses effets sur la santé

humaine et les conditions de vie [

— la maîtrise des pollutions atmosphériques dues aux sources

fixes d’origine agricole, industrielle, tertiaire ou domestique [

— l’information du public sur la qualité de l’air et sur les moyens

dont il peut disposer pour concourir à son amélioration. » Ces inventaires ont déjà été entrepris par plusieurs régions. Un suivi des odeurs a d’ailleurs été inscrit par certaines d’entre elles dans le PRQA. C’est le cas, notamment, de l’opération menée dans les Bouches-du-Rhône, avec la création d’un observatoire des nui- sances olfactives géré par les associations pour la surveillance de la qualité de l’air.

sances olfactives) distinguant [

]

Article 3 : « Le PRQA fixe [

]

]

;

]

;

2. Odeurs et législation des installations classées

2.1 Dispositions générales

2.1.1 Extrait de la loi du 19 juillet 1976

La législation des installations classées repose sur la loi du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) (J.O. du 20 juillet 1976), qui a abrogé la loi du 19 décembre 1917 sur les « établissements dangereux, insalu- bres et incommodes ». L’objet de la loi est de soumettre à la surveillance de l’État les « usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d’une manière générale, les

installations « [

qui peuvent présenter des dangers ou des incon-

vénients soit pour la commodité du voisinage, soit [

]

] ».

Les installations concernées sont définies par décret et réperto- riées dans la nomenclature des ICPE. La loi introduit, par ailleurs, les dispositions applicables aux installations classées (relevant du régime de l’autorisation ou de la déclaration), les dispositions finan- cières, les sanctions pénales et administratives.

Nous pouvons supposer que les risques d’émission d’odeurs dus à l’installation sont inclus dans « inconvénients susceptibles de résulter de l’exploitation de l’installation considérée ».

2.1.2 Extrait du décret du 21 septembre 1977

Le décret du 21 septembre 1977 (J.O. du 8 octobre 1977), pris en application de la loi de 1976 définit les dispositions applicables aux installations soumises à autorisation (dossier de demande d’autori- sation, enquête publique, garanties financières) ou déclaration. Nous pouvons noter, dès à présent, que les cas de jurisprudence en matière d’odeurs font essentiellement référence à ce décret. Les installations relevant du régime de l’autorisation sont notam- ment concernées par les dispositions suivantes :

Article 2 : « Toute personne qui se propose de mettre en service une installation soumise à autorisation adresse une demande au

les procédés de fabrica-

préfet. » « Cette demande mentionne : [

tion que le demandeur mettra en œuvre, les matières qu’il fabri-

quera, de manière à apprécier les dangers ou inconvénients de l’installation. »

]

Article 3 : « L’étude d’impact, incluse dans le dossier d’autorisa- tion présente successivement :

— une analyse de l’état initial du site et de son environne-

ment [ ], (Y compris en termes d’odeur et de nuisances olfactives) ;

— (Décret n° 96-18 du 5 janvier 1996, article 2-II-I°) une analyse

des effets directs ou indirects, temporaires ou permanents de l’ins-

tallation sur l’environnement, [

sur la commodité du voisinage

(bruits, vibrations, odeurs, émissions lumineuses) [

— (Décret n° 96-18 du 5 janvier 1996, article 2-II-I°) les mesures

envisagées par le demandeur pour supprimer, limiter et si possible

compenser les inconvénients de l’installation ainsi que l’estimation

des dépenses correspondantes [

(Décret n° 87-279 du 16 avril 1987, article 8).

],

]. »

]

;

Article 17 :

« [

]

L’arrêté d’autorisation fixe les moyens d’analyses et de mesures nécessaires au contrôle de l’installation et à la surveillance de ses

[ » (Y compris en termes d’odeur et

effets sur l’environnement, de nuisances olfactives).

Ainsi le chargé d’étude d’impact ne peut plus à ce jour se contenter, en ce qui concerne les odeurs, de « remarques très générales relevant le caractère subjectif de cette nuisance (olfac- tive) ». Ref : jurisprudence du Tribunal administratif de Stras- bourg, 7 octobre 1993) (cf. § 1).

De plus, nous allons voir qu’en matière d’odeurs la réglementa- tion des installations classées a récemment évolué, en introduisant notamment les notions de niveau d’une odeur ou débits d’odeurs et en définissant des valeurs limites de rejet.

2.1.3 Présentation de l’arrêté du 2 février 1998

L’arrêté du 2 février 1998, relatif aux prélèvements et à la consom- mation d’eau ainsi qu’aux émissions de toute nature des installa- tions classées pour la protection de l’environnement soumises à autorisation, reprend un grand nombre de dispositions de l’arrêté annulé du 1 er mars 1993. Les valeurs limites pour les rejets dans l’air et dans l’eau définies dans l’arrêté constituent un cadre réglementaire minimal qu’il convient de renforcer si nécessaire. Le champ d’application de cet arrêté est défini dans l’article 1 er :

Article 1 er : « Le présent arrêté fixe les prescriptions applicables

aux [

protection de l’environnement soumises à autorisation, à l’exclu-

sion des :

— installations de combustion visées par l’arrêté du 20 juin 1975

et par l’arrêté du 27 juin 1990 [

;

émissions de toute nature des installations classées pour la

]

]

— carrières et installations de premier traitement des matériaux de carrières ;

— cimenteries ;

— papeteries ;

— verreries et cristalleries ;

— établissements d’élevage ;

— installations de traitement (incinération, compostage

kage ou transit de résidus urbains ou de déchets industriels ;

), stoc-

— installations d’incinération de cadavres d’animaux de

compagnie ;

— ateliers de traitement de surface ;

— installations de préparation, conditionnement de vin, de capa-

cité de production supérieure à 20 000 hL /an. » Dans ce texte, la notion d’odeur est reprise dans les mêmes ter- mes que dans l’arrêté du 1 er mars 1993 :

Article 4 : « Les poussières, gaz polluants ou odeurs sont, dans la mesure du possible, captés à la source et canalisés. »

Article 20 : « Les dispositions nécessaires sont prises pour limiter les odeurs provenant du traitement des effluents. Lorsqu’il y a des sources d’odeurs de grande surface (bassins de stockage, de traite-

ment

limiter la gêne pour le voisinage (éloignement

difficiles à confiner, celles-ci sont implantées de manière à

)

). »

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RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

« Les dispositions nécessaires sont prises pour éviter en toute cir-

constance, à l’exception des procédés de traitement anaérobie, l’apparition de conditions anaérobies dans les bassins de stockage ou de traitement, ou dans les canaux à ciel ouvert. Les bassins, canaux, stockage et traitement des boues, susceptibles d’émettre des odeurs sont couverts autant que possible et si besoin ventilés. »

Article 29 définissant les notions de niveau d’une odeur et de débit d’odeurs : « Le niveau d’une odeur ou concentration d’un mélange odorant est défini conventionnellement comme étant le facteur de dilution qu’il faut appliquer à un effluent pour qu’il ne soit plus ressenti comme odorant par 50 % des personnes constituant un échantillon de population. »

La détermination du facteur de dilution au seuil de perception (niveau d’odeur) s’effectue à l’aide de mesures olfactométriques normalisées (norme AFNOR NF X 43-101) qui sont détaillées dans l’article [G 2 940] de ce traité [1].

« Le débit d’odeurs est défini conventionnellement comme étant

le produit du débit d’air rejeté, exprimé en mètres cubes / heure, par

le facteur de dilution au seuil de perception. »

« L’arrêté préfectoral d’autorisation fixe le cas échéant le débit

d’odeurs des gaz émis à l’atmosphère par l’ensemble des sources odorantes canalisées, canalisables et diffuses, à ne pas dépasser. »

Dans la pratique, bien que des valeurs indicatives soient fournies

dans la circulaire d’application de l’arrêté (exposée ci-après), celles-

ci ne garantissent pas l’absence de nuisance olfactive dans le milieu

récepteur, chez les riverains. Ainsi, de nombreux arrêtés préfecto- raux d’autorisation fixent effectivement des valeurs limites en débit d’odeur à ne pas dépasser. Ces valeurs sont calculées à l’aide de modèles de dispersion atmosphérique qui prennent en compte le relief, les bâtiments proches, les distances des habitations, les diffé- rentes sources impliquées (surfaciques, diffuses ou canalisées) et leurs interactions.

Concernant certaines activités, les dispositions de l’article 29 de l’arrêté du 2 février 1998 sont modifiées, tel que le définit, en parti- culier pour les équarrissages, l’article 30 (alinéa 7) : le dernier alinéa de l’article 29 est remplacé par « dans le cas des équarrissages, le débit d’odeurs ne dépasse pas 1 000 000 m 3 /h ».

2.1.4 Circulaire DPPR/SEI du 17 décembre 1998

L’arrêté du 2 février 1998 fait l’objet d’une importante circulaire de commentaires : la circulaire DPPR/SEI du 17 décembre 1998.

Celle-ci apporte les précisions suivantes en matière d’odeur :

Article 29 : « Les émissions d’odeurs proviennent souvent des

rejets diffus qu’il importe de canaliser au maximum

« Le débit d’odeurs perçu évolue avec la hauteur d’émission. Sur

la base des connaissances et expériences techniques disponibles à

ce jour, une gêne du voisinage peut apparaître selon l’échelle sui- vante (ces chiffres sont des ordres de grandeur). (0)

.]. »

Hauteur d’émission

 

Débit d’odeur (en m 3 /h)

(en m)

0

1

000

x

10

3

5

3

600

x

10

3

10

21

000

x

10

3

20

180

000

x

10

3

30

720

000

x

10

3

50

3

600

x

10

6

80

18

000

x

10

6

100

36

000

x

10

6

10 11 10 10 10 9 10 8 10 7 10 6 0 10 20
10
11
10
10
10
9
10
8
10
7
10
6
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Débit d'odeurs limite ( m 3 . h –1 )

Hauteur d'émission (m)

Figure 1 – Débit d’odeurs limite en fonction de la hauteur de la cheminée (source EOG)

Chaque arrêté d’autorisation fixera les règles à respecter pour limiter les odeurs. »

Ainsi, en ce qui concerne les rejets canalisés, l’extrapolation des valeurs du tableau précédent nous permet d’obtenir le graphe de la figure 1 définissant le débit d’odeurs limite en fonction de la hauteur de cheminée.

Article 39 : épandage des effluents et des boues résiduaires. Cet article ne s’applique pas aux épandages liés aux activités d’élevage qui seront présentés ci-après.

« L’épandage est interdit à moins de 50 m de toute habitation ou local occupé par des tiers, des terrains de camping agréés ou des stades ; cette distance est portée à 100 m en cas d’effluents odorants. »

Article 45 : déchets. « Les déchets ou résidus produits sont stockés, avant leur revalorisation ou leur élimination, dans des conditions ne présentant pas de risque de pollution (prévention [ ] des envols ou des odeurs) pour les populations avoisinantes et l’environnement. »

2.2 Dispositions particulières concernant certaines catégories d’installations classées

Comme nous l’avons précisé précédemment, différentes catégo- ries d’installations figurant dans la nomenclature des ICPE ne sont pas soumises aux prescriptions de l’arrêté du 2 février 1998. Ces ins- tallations font l’objet d’arrêtés spécifiques dont certains présentent des prescriptions en matière d’odeur.

2.2.1 Cimenteries

Les cimenteries sont soumises à l’arrêté du 3 mai 1993 (J.O. du 13 mai 1993) :

Article 2 : « L’implantation est conçue de manière à intégrer l’éta-

blissement au site. Elle contribue à limiter les nuisances et pollu- tions. »

Article 3 : « L’émission dans l’atmosphère de fumées, poussières,

susceptibles d’incommoder le voisinage, de com-

promettre la santé ou la sécurité publique [ possible. »

Nous noterons qu’aucune valeur limite n’est, à ce jour, fournie en

termes de débit d’odeur. Dans ce cas, il est d’usage de se référer à

l’article 29 du 2 février 1998 et sa circulaire d’application ou à des valeurs limites calculées pour le site considéré. Ces valeurs appa-

raissent alors dans l’arrêté préfectoral d’autorisation.

] est réduite autant que

gaz odorants [

]

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RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

2.2.2 Industrie papetière

L’arrêté du 6 janvier 1994 (J.O. du 25 mai 1994) constitue le texte de référence pour ce type d’installations. Les dispositions précédemment évoquées pour l’arrêté du 2 février 1998 figurent en grande partie dans ce texte que nous détaillons ci-dessous :

Article 2.1 : conception des installations. « Les installations doi- vent être conçues de manière à limiter les émissions de polluants dans l’environnement par la mise en œuvre de technologies pro-

pres, [

Article 7.2 : stockages temporaires. « Les déchets et résidus pro-

duits doivent être stockés [

des odeurs) pour les popula-

tions avoisinantes et l’environnement. »

Article 9.3 : traitement des effluents - Odeurs. « Les dispositions nécessaires doivent être prises pour limiter les odeurs provenant du traitement des effluents. Lorsqu’il y a des sources potentielles d’odeurs de grande surface (bassins de stockage, de traitement ) difficiles à confiner, elles doivent être implantées de manière à limi- ter la gêne pour le voisinage (éloignement Les dispositions nécessaires doivent être prises pour éviter en

l’apparition de conditions anaérobies dans

les bassins de stockage ou de traitement. Les bassins, canaux, lieux de stockage et de traitement des boues susceptibles d’émettre des

odeurs doivent être couverts autant que possible et, si besoin,

ventilés. » Article 11.1 : pollution de l’air - Dispositions générales. « [

Les

poussières, gaz polluants ou odeurs doivent, dans la mesure du possible, être captées à la source et canalisés. Sans préjudice, les locaux où des poussières, des gaz polluants ou des odeurs peuvent se dégager doivent être assainis conformément aux règles relatives à l’hygiène et à la sécurité des travailleurs. Les rejets de ces ventila- tions doivent être conformes aux dispositions du présent arrêté. »

Article 11.3 : pollution de l’air - Odeurs. « Le niveau d’une odeur ou concentration d’un mélange odorant est défini conventionnelle- ment comme étant le facteur de dilution qu’il faut appliquer à un effluent pour qu’il ne soit plus ressenti comme odorant par cin- quante pour cent des personnes constituant un échantillon de popu- lation. Le débit d’odeur est défini conventionnellement comme étant le produit du débit d’air rejeté, exprimé en m 3 /h, par le facteur de dilu- tion au seuil de perception. » « Les meilleures technologies disponibles à un coût économique- ment acceptable doivent être mises en œuvre pour limiter au maxi- mum les odeurs susceptibles de constituer une gêne pour le voisinage. » « L’arrêté préfectoral d’autorisation fixe le cas échéant le débit d’odeur des gaz émis à l’atmosphère par l’ensemble des sources odorantes canalisées, canalisables et diffuses à ne pas dépasser. » Aucune valeur indicative en termes d’émission d’odeurs n’est fournie ; dans ce cas aussi, il est d’usage de se référer à l’article 29 du 2 février 1998 et sa circulaire d’application, ou à des valeurs limi- tes calculées pour le site considéré. Ces valeurs apparaissent alors dans l’arrêté préfectoral d’autorisation.

toute circonstance, [

de risques de pollution (prévention [

dans des conditions ne présentant pas

]

le traitement des effluents [

]

].

]

»

],

]

2.2.3 Établissements d’élevage

Les établissements d’élevage sont à l’origine de nombreuses situations conflictuelles entre exploitants et riverains. La réglemen- tation régissant ces installations est particulièrement complexe et dépend notamment du type d’animaux et de l’effectif. On distingue, par exemple, dans le cas des élevages porcins, différentes catégo- ries d’établissements :

— établissements relevant du régime des ICPE :

• exploitations de plus de 450 porcs : soumis à autorisation,

• exploitations comprises entre 50 et 450 porcs : soumis à décla- ration, dont les prescriptions sont détaillées dans des arrêtés types ;

— établissements dont l’effectif est inférieur à 50 porcs, non visés

par la nomenclature des installations classées, gérés par la DDASS et soumises aux prescriptions édictées dans le règlement sanitaire départemental.

Nous nous limiterons à détailler ci-dessous la réglementation concernant les installations classées soumises à autorisation.

Les textes législatifs régissant les différentes catégories d’éleva- ges sont les suivants :

— arrêté du 29 février 1992 fixant les règles techniques auxquel-

les doivent satisfaire les porcheries de plus de 450 porcs, modifié

par l’arrêté du 1 er juillet 1999 ;

— arrêté du 29 février 1992 fixant les règles techniques auxquel-

les doivent satisfaire les élevages de veaux de boucherie et (ou) de bovins à l’engraissement soumis à autorisation, modifié par l’arrêté du 1 er juillet 1999 ;

— arrêté du 29 février 1992 fixant les règles techniques auxquel-

les doivent satisfaire les élevages de vaches laitières et (ou) mixtes soumis à autorisation, modifié par l’arrêté du 1 er juillet 1999 ;

— arrêté du 13 juin 1994, fixant les règles techniques auxquelles

doivent satisfaire les élevages de volailles et (ou) de gibiers à plu- mes soumis à autorisation, complété par l’arrêté du 1 er juillet 1999.

Les problèmes d’odeurs et nuisances olfactives sont considérés de manière homogène dans l’ensemble de ces textes. Ainsi, nous développons ci-dessous les dispositions applicables aux élevages porcins de plus de 450 animaux (établissements relevant du régime des installations classées soumises à autorisation).

Arrêté du 29 février 1992 Article 13 : « Les bâtiments sont convenablement ventilés. »

Article 18 : (Arr. du 29 mars 1995, art. 4). « Un cahier d’épandage est tenu à la disposition de l’inspecteur des installations classées. Il comporte les informations suivantes :

— [

]

;

— le traitement mis en œuvre pour atténuer les odeurs (s’il existe). »

sont stockés dans

des conditions ne présentant pas de risques de pollution (préven-

tion

l’environnement. »

Arrêté du 1 er juillet 1999

Ce texte modifie les dispositions de l’arrêté du 29 février 1992, notamment en matière d’épandage des lisiers et purins.

« Les distances minimales entre, d’une part, les parcelles d’épan- dage des lisiers, purins et fumiers, et, d’autre part, toute habitation

occupée par des tiers [

odeurs) pour les populations avoisinantes et

Article 24 : « Les déchets de l’exploitation [

des

[

]

]

]

sont fixées en fonction :

— de la mise en œuvre d’un traitement en vue d’atténuer les odeurs,

du délai maximal après épandage pour pratiquer l’enfouisse- ].

ment [

Elles sont fixées dans les tableaux ci-dessous [ Cas des terres nues

]. »

(0)

Délai maximal

d’enfouissement

après épandage

(en heures)

Distance minimale

(en mètres)

Réalisation d’un traitement ou mise en œuvre d’un pro- cédé atténuant les odeurs

24

50

Fumiers après stockage de deux mois dans l’installation

24

50

Autre cas

24

100

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G 2 910 5

RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

Cas des prairies et terres en culture

(0)

Distance minimale

(en mètres)

Réalisation d’un traitement ou mise en œuvre d’un procédé atténuant les odeurs

50

Fumiers après stockage de deux mois dans l’installation

50

Autre cas

100

2.2.4 Installations de traitement de déchets

Cette partie concerne les installations de traitement, stockage ou transit de résidus urbains ou de déchets industriels. Elles sont exclues de l’arrêté du 2 février 1998. Les prescriptions en matière d’odeurs se retrouvent dans les tex- tes régissant différentes catégories d’installations.

Installations d’incinération d’ordures ménagères

Arrêté du 25 janvier 1991 relatif aux installations d’incinération

de résidus urbains (J.O. du 8 mars 1991) :

L’installation

doit être équipée de telle sorte que le stockage des déchets et l’approvisionnement du four d’incinération ne soient pas à l’origine de nuisances olfactives pour le voisinage,

S’ils sont susceptibles de ne pouvoir être traités 24 h au plus

tard après leur arrivée, l’aire de la fosse doit être close et devra être en dépression lors du fonctionnement des fours ; l’air aspiré doit

servir d’air de combustion afin de détruire les composés odorants [

Installations d’incinérations et de coïncinération de déchets

industriels spéciaux

Arrêté du 10 octobre 1996 relatif aux installations spécialisées

d’incinération et de coïncinération de certains déchets industriels spéciaux (J.O. du 16 octobre 1996) :

Article 8 : Déchargement de résidus urbains. « [

] [

]. »

]

Article 12 : identique à l’article 29 de l’arrêté du 2 février 1998.

Les déchets et résidus produits doivent être

entreposés avant leur revalorisation ou leur élimination, dans des

conditions ne présentant pas de risques de pollution (prévention [ ] des odeurs) pour les populations avoisinantes et l’environne-

ment. [

Article 30 : « L’exploitation est menée de manière à limiter autant que faire se peut les dégagements d’odeurs. En particulier, les capa- cités d’entreposage de déchets susceptibles de conduire à d’impor- tants dégagements d’odeurs ou les zones d’alimentation des fours doivent être mises en dépression et les émanations correspon- dantes collectées et détruites. L’inspection des installations clas- sées peut demander la réalisation d’une campagne d’évaluation de l’impact olfactif de l’installation afin de permettre une meilleure pré- vention des nuisances. Le cas échéant, des moyens de lutte contre les nuisances olfacti- ves complémentaires peuvent être prescrits par l’arrêté d’autori- sation. »

Installations de stockage de déchets ménagers et assimilés

Arrêté du 9 septembre 1997 relatif aux décharges existantes et

aux nouvelles installations de stockage de déchets ménagers et assimilés (J.O. du 2 octobre 1997) :

Article 9 : « La zone à exploiter doit être implantée et aménagée de telle sorte qu’elle ne génère pas de nuisances qui ne pourraient faire l’objet de mesures compensatoires suffisantes et qui met- traient en cause la préservation de l’environnement et la salubrité publique. »

Article 22 :

].

»

« [

]

Article 31 : « L’exploitation est menée de manière à limiter autant que faire se peut les dégagements d’odeurs. L’inspection des instal- lations classées peut demander la réalisation d’une campagne d’évaluation de l’impact olfactif de l’installation afin de permettre une meilleure prévention des nuisances. »

« Des moyens de lutte contre les nuisances olfactives peuvent être prescrits par l’arrêté d’autorisation. »

3. Odeurs et législation sur l’eau : dispositions complémentaires

3.1 Loi du 3 janvier 1992 sur l’eau (J.O. du 4 janvier 1992)

La loi du 3 janvier 1992 poursuit le renforcement de la police des eaux et du milieu aquatique entamé en 1964 (loi du 16 décembre 1964 relative au régime et à la répartition des eaux et à la lutte contre leur pollution).

L’article 10 (L.533-2 du Code de l’environnement du 21 septembre

2000) définit le champ d’application de la loi : « Sont soumis aux dis- positions du présent article les installations ne figurant pas à la nomenclature des installations classées, les ouvrages, travaux et

activités réalisés à des fins non domestiques [

prélèvements [

À l’image de la réglementation relative aux installations classées,

« les installations, les ouvrages, travaux et activités visés au I. sont

définis dans une nomenclature [

déclaration suivant les dangers qu’ils présentent et la gravité de leurs effets sur la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques ».

Par ailleurs, les installations classées pour la protection de l’envi- ronnement doivent respecter les dispositions des articles 2, 3, 5, 12, 22 et 30 de la présente loi [article 11 (L.533-3, cf. ci-dessus)].

et soumis à autorisation ou à

et entraînant des

]

],

déversements, écoulements, rejets [

]

].

»

3.2 Décrets d’application

Le décret n° 93-742 du 29 mars 1993 relatif aux procédures d’auto- risation ou de déclaration prévues par l’article 10 de la loi n° 92-3 du 3 janvier 1992 sur l’eau (J.O. du 30 mars 1993) définit les disposi- tions applicables aux opérations soumises à autorisation ou à décla- ration (dossier de demande, enquête publique, projet d’arrêté, etc.).

Le décret n° 93-743 du 29 mars 1993 relatif à la nomenclature des opérations soumises à autorisation ou à déclaration en application de l’article 10 de la loi n° 92-3 du 3 janvier 1992 sur l’eau (J.O. du 30 mars 1993) détaille cette nomenclature. A titre d’exemple, une station d’épuration constitue un ouvrage soumis à autorisation ou déclaration en fonction de sa capacité de traitement.

La considération des problèmes d’odeurs dans le cadre législatif de l’eau se retrouve en premier lieu, dans l’arrêté du 22 décembre 1994 fixant les prescriptions techniques relatives aux ouvrages de collecte et de traitement des eaux usées mentionnées aux articles L. 372-1-1 et L. 372-3 du Code des communes.

Cet arrêté introduit notamment la notion de « système d’assai- nissement » qui est composé du « système de collecte » et du « sys- tème de traitement ».

L’ article 3 apporte des précisions concernant le contenu du dos-

sier d’autorisation au titre de l’article 10 de la loi sur l’eau : « Le

justifie la compatibilité du projet aux réglementations

et documents de planification en vigueur. Il comprend :

document [

]

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RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

i) Les dispositions de conception ou d’exploitation envisagées

susceptibles de compro-

mettre la santé et la tranquillité du voisinage. »

L’implantation des ouvrages doit être réalisée « de manière à pré- server les habitations et établissements recevant du public des nui- sances du voisinage. Cette implantation doit tenir compte des extensions prévisibles des ouvrages ou des habitations » (arti- cle 17).

pour minimiser l’émission d’odeurs [

]

3.3 Dispositions applicables aux ouvrages dispensés d’autorisation

3.3.1 Arrêté du 21 juin 1996

Cet arrêté fixe les prescriptions techniques minimales relatives aux ouvrages de collecte et de traitement des eaux usées dispensés d’autorisation.

Article 16 : « Les ouvrages sont implantés de manière à préserver les habitations et établissements recevant du public des nuisances du voisinage. Cette implantation doit tenir compte des extensions prévisibles des ouvrages ou des habitations. Les équipements sont conçus et exploités de façon à minimiser l’émission d’odeurs [ ] susceptibles de constituer une gêne pour la tranquillité du voi- sinage. »

3.3.2 Circulaire du 17 février 1997

Ce texte se rapporte aux ouvrages d’assainissement collectif de capacité inférieure à 120 kg DBO 5j .

Annexe II : commentaires sur l’arrêté du 21 juin 1996 (article 16) :

« Sauf dispositions techniques particulières (notamment les procé- dés de traitement par le sol), il conviendra de retenir une distance de 100 mètres entre les ouvrages et les habitations, cette distance ne pouvant être réduite que si des précautions spécifiques sont prises (couverture de certains postes). »

3.4 Épandage des boues

En matière d’épandage des boues provenant du traitement des eaux usées, un certain nombre de prescriptions visant à limiter les nuisances, notamment olfactives, doivent être respectées [2].

3.4.1 Décret du 8 décembre 1997

Le décret n° 97-1133 du 8 décembre 1997 relatif à l’épandage des boues issues du traitement des eaux usées (J.O. du 10 décembre 1997) stipule :

« Toutes dispositions doivent être prises pour que

l’entreposage n’entraîne pas de gênes ou de nuisances pour le voi-

sinage, [

« Des distances minimales doivent être respectées

aux habitations et établissements recevant du

public, de manière à [

Article 15 : [ par rapport :

Article 8 : [

].

»

[

]

]

],

]

Iimiter les nuisances olfactives. [

].

»

3.4.2 Arrêté du 8 janvier 1998

Cet arrêté pris en application du décret précédent, fixe les pres- criptions techniques applicables aux épandages des boues sur les sols agricoles (J.O. du 31 janvier 1998).

Article 5 : « Les ouvrages d’entreposage des boues sont dimen- sionnés pour faire face aux périodes où l’épandage est impossible.

]. [

L’implantation des ouvrages d’entreposage, dépôts temporai-

res et dépôts de transit, leur conception et leur exploitation minimi- sent les émissions d’odeurs perceptibles pour le voisinage, notam-

ment lors des phases d’apport et de reprise des boues. [

]. »

4. Jurisprudence

De par l’abondance et la diversité des situations conflictuelles dues aux problèmes d’odeurs et de nuisances olfactives, les cas de jurisprudence en la matière sont relativement nombreux. Un certain nombre de cas concernant principalement les installations classées sont détaillés ci-après.

4.1 Insuffisance d’étude d’impact

Cour administrative d’appel de Nancy (4 mai 1995) :

qu’il n’est pas non plus fourni de renseignements suffisam-

ment précis sur les bruits et les odeurs qui seront émis ; qu’il est procédé par voie d’affirmations, lesquelles ne sont corroborées par

aucune étude objective et précise ; qu’ainsi, I’étude d’impact jointe au dossier d’enquête pubIique ne saurait être regardée, de par l’insuffisance de son contenu, comme répondant aux exigences du

décret du 21 septembre 1977 [

Tribunal administratif de Strasbourg (7 octobre 1993) :

qu’en ce qui concerne les odeurs, l’étude ne comporte

qu’une page de remarques très générales relevant le caractère sub- jectif de cette nuisance, insuffisantes tant au regard des prescrip-

tions du décret du 21 septembre 1977 qu’en raison de l’importance pour les milieux habités environnants de la connaissance et de la

maîtrise des émissions concernées [

Nous précisons ici, que pour pallier l’insuffisance de l’étude d’impact, différentes méthodes de mesure et d’objectivation des odeurs et de la gêne olfactive existent et font l’objet de normes reconnues.

Sur différents types d’installations industrielles, des valeurs limi- tes en termes d’émission d’odeurs peuvent être proposées en accord avec l’inspecteur des installations classées et inclues dans l’arrêté préfectoral.

Il convient toutefois, de préciser que la jurisprudence n’a pas, à l’heure actuelle, retenu l’absence de mesures de contrôle ou de suivi olfactifs de l’installation. La mise en place de ce type de mesures, qui s’apparenteraient à de l’autosurveillance, n’est pas à exclure pour l’avenir.

] ».

« [

]

« [

]

] ».

4.2 Dommages et intérêts

Cour administrative d’appel de Lyon (13 novembre 1991) :

qu’ils ne sont fondés à demander réparation au titre de leurs

troubles de jouissance que des seules nuisances olfactives qu’ils subissent, qu’il y a lieu de fixer l’indemnité destinée à compenser ce préjudice à la somme de 50 000 F.

Considérant que les nuisances auxquelles est exposée la propriété

de M. et Mme A. affectent sa valeur vénale [

juste indemnisation en la chiffrant à 100 000 F [

] ; qu’il en sera fait une ]

« [

]

;

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G 2 910 7

RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

qu’il y a lieu de condamner la commune à leur payer cette somme, à moins qu’elle ne préfère, dans le délai de 2 ans, réaliser, pour met- tre fin aux nuisances olfactives, les travaux préconisés par l’expert

[

Cour d’appel d’Orléans (13 octobre 1987) :

Attendu que le tribunal a condamné la C. à payer à titre de dom- mages intérêts en réparation du préjudice subi par 85 plaignants du fait des mauvaises odeurs dégagées par les activités de la C. ;

].

»

M.

Couraud : 11 880 F,

M.

Buret : 15 120 F,

M.

Toupet : 18 000 F,

etc.,

soit

85 x 15 000 F

1 275 000 F

Attendu qu’il s’ensuit que pour soulever l’irrecevabilité des actions engagées par les personnes susvisées, la C. ne peut pas se fonder sur l’antériorité de son existence à l’arrivée de ces voisins

[

].

»

Les jurisprudences précédentes témoignent du fait que certains riverains, prenant connaissance de ce type de jugements, peuvent espérer obtenir des indemnités financlères non négligeables, d’où la nécessité, pour l’industriel de se protéger avec un arrêté préfecto- ral clair en termes d’objectifs olfactifs, comme en atteste le cas exposé ci-dessous.

4.3 Conformité vis-à-vis de l’arrêté préfectoral d’autorisation

Tribunal administratif de Lyon (13 juillet 1993) :

« Considérant qu’il résulte de cette étude, réalisée par le CETE de

l’APAVE lyonnaise et la société EOG que les dispositions de l’arrêté

préfectoral [

atmosphériques et qu’il n’a pu être mis en évidence une présomp-

tion de gêne olfactive »

dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le risque de nui-

sances olfactives importantes aurait justifié un refus d’autorisation d’exploiter l’installation doit être écarté ;

]

sont respectées en matière de normes de rejets

]

;

] [

Le tribunal décide que la requête de l’ASCOL est rejetée. »

Ce dernier cas de jusrisprudence atteste ainsi de la prise en compte dans le jugement d’une étude d’objectivation de la gêne olfactive.

5. Éléments complémentaires sur les odeurs

En complément de cet exposé sur la réglementation, et à titre indicatif, nous apportons ici quelques éléments de réflexion sur les odeurs. Nous présentons notamment les principales activités géné- ratrices d’odeurs et fournissons quelques valeurs guides en termes de seuil olfactif et niveaux d’odeur.

5.1 Principales activités génératrices d’odeurs

De nombreuses activités agricoles, industrielles et domestiques sont à l’origine de nuisances olfactives.

Les ouvrages de référence consacrés aux odeurs s’accordent pour affirmer que, si un grand nombre d’activités industrielles sont à la source d’émissions odorantes, il n’existe pas d’inventaire exhaustif de ces activités mais, au mieux, des listes plus ou moins complètes.

Ainsi, le ministère de l’Environnement recense quelques activités

(0)

susceptibles de créer des nuisances olfactives [5] :

• abattage du bétail

• fabrication d’aliments du bétail

• brassage et distillation

• fabrication de briques

• caoutchouc, matières plasti- ques

• fabrication de coke

• fabrication de colle

• fabrication de compost

• conserveries de poisson

• décharges

• déjections animales

• élevage intensif (porcs,

volailles, bovins)

• fabrication d’engrais

• ensilage

• épandage

• équarissage

• fonderie de suif, triperie

• imprimerie

• fabrication de pâte à papier

• peinture et vernis

• pétrochimie

• fabrication de plats cuisinés

• fabrication de produits alimen-

taires

• fabrication de produits bitumi-

neux

• fabrication de produits chimi-

ques

• fabrication de produits phar-

maceutiques

• raffinerie de pétrole

• savonnerie et détergents

• stations d’épuration

• tannage et mégisserie

• traitement textile,

• vinaigrerie

malterie

Une étude d’EOG réalisée en 1997 pour l’ADEME a montré qu’un nombre restreint de grands secteurs d’activités rassemble la majo-

(0)

rité des établissements émetteurs d’odeurs :

• élevage intensifs

• industries agroalimentaires

• raffineries de pétrole

• industries chimiques

• industries des matières plastiques

• métallurgie

• épuration des eaux usées

• traitement des déchets

Vis-à-vis de la nomenclature d’activités française (NAF), les activi- tés potentiellement émettrices d’odeurs sont réparties dans 47 pos- tes (sur 696). D’après cette classification NAF, plus de 100 000 établissements, soit un peu moins de 3 % des 3 500 000 établisse- ments français, sont considérés comme potentiellement émetteurs d’odeurs.

5.2 Quelques valeurs repères

5.2.1 Seuils olfactifs des principaux composés odorants

Les molécules responsables des mauvaises odeurs peuvent être globalement classées par familles :

— les composés soufrés (sulfure d’hydrogène, mercaptans, sul- fures, etc.) ;

— les composés azotés (ammoniac, amines, etc.) ;

— les composés oxygénés (acides organiques, aldéhydes, céto- nes, etc.).

Le tableau 1 présente les seuils olfactifs de quelques composés responsables des nuisances olfactives dans l’environnement. (0)

G 2 910 8

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RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D’ODEURS

Tableau 1 – Caractéristiques de quelques composés responsables des nuisances olfactives dans l’environnement (d’après [4])

Familles

   

Seuil olfactif (mg/Nm 3 air)

de

Composés

Odeur caractéristique

composés

 

Sulfure

   

d’hydrogène

Œuf pourri

0,0001 à 0,03

Méthylmercaptan

Choux, ail

0,0005 à 0,08

Soufrés

Éthylmercaptan

Choux

 

en décomposition

0,0001 à 0,03

 

Diméthylsulfure

Légumes

 

en décomposition

0,0025 à 0,65

Diméthyldisulfure

Putride

0,003 à 0,014

 

Ammoniac

Très piquante,

 

irritante

0,5 à 37

Méthylamine

Poisson

 

en décomposition

0,021

Azotés

Éthylamine

Piquante,

 

ammoniacale

0,05 à 0,83

Diméthylamine

Poisson avarié

0,047 à 0,16

Indol

Fécale, nauséabonde

0,0006

Scatol

Fécale, nauséabonde

0,0008 à 0,1

Acides

Acide acétique

Vinaigre

0,025 à 6,5

gras

Acide butyrique

Beurre rance

0,0004 à 3

volatils

Acide valérique

Sueur, transpiration

0,0008 à 1,3

 

Méthanal

Acre, suffocante

0,033 à 12

Aldéhy-

Éthanal

Fruit, pomme

0,04 à 1,8

des

et cétones

Butanal

Rance

0,013 à 15

Acétone

Fruit doux

1,1 à 240

Dans

les

Techniques

de

l’Ingénieur,

Autres références

5.2.2 Niveaux d’odeurs de quelques installations émettrices d’odeurs : valeurs guides

Le tableau 2 présente le niveau d’odeurs de quelques sources odorantes caractéristiques. Ces valeurs ont été obtenues d’après la base de données EOG. Elle regroupe plus de 600 mesures réalisées

sur environ 60 sites différents.

(0)

 

Tableau 2 – Niveaux d’odeurs de quelques sources odorantes caractéristiques (source EOG)

 

Activités

Sources (1)

Facteur de dilution au seuil de perception (UOS) (2)

 

Valeur

Valeur

médiane

maximale

 

Fosse de réception

   
 

Unités

des déchets ménagers (UIOM, centre de

 

220

8

700

de traitement

transfert

)

   

des déchets

     
 

ménagers

Zone de travail (CET)

 

180

9

380

 

Bassin à lixiviats (CET)

 

120

6

740

 

Bassin d’aération

2

100

45 800

 

Station

Décanteur primaire

2

500

6

600

d’épuration

Stockage des boues

3

720

121 400

(1)

UIOM : usine d’incinération d’ordures ménagères. CET : centre d’enfouissement technique. UOS : unité standard d’odeur (cf. [3])

 

(2)

Références bibliographiques

Ouvrages

traité Environnement

[1]

ROGNON (C.) et POURTIER (L.). – Mesurer

[2]

les odeurs. G 2 940 (2001). GUIBELIN (E.). – Lutte contre la pollution des

[3]

eaux. Élimination finale des boues d’épura- tion. G 1 451 (2000). POURTIER (L.) et ROGNON (C.). – Les odeurs dans l’environnement. G 2 900 (2000).

[4]

MARTIN (G.) et LAFFORT (P.). – Odeurs et désodorisation dans l’environnement (1991).

[5]

Les odeurs et les nuisances olfactives.

Cahiers techniques de la Direction de la pré-

vention des pollutions. Ministère de l’envi- ronnement (1984).

[6]

INRS. – Cahiers de notes documentaires n° 156 (3 e trimestre 1994).

[7]

CORBIN (A.). – Le miasme et la jonquille

(1986).

[8]

Code permanent Environnement et nuisan- ces. Éditions Législatives.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Environnement

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