Vous êtes sur la page 1sur 137
SSE © 1902, by Lee Raut ae Cor LDireleersjondaeare: de Lune, ‘Dela: C. Monet Sério cae Texter Monariguye Gellert, Né 2 LETTRES DES PREMIERS CHARTREUX 1 S, BRUNO - GUIGUES - $. ANTHELME IvTRODUCTIONS, TEXTE CRITIQUE, TRADUCTION BT NOTES ‘Un CHARTREUE 1LBS EDITIONS DU CERF, 2%, 8 ps Laroun staunouR6, PARIS hose ns pores = Grane Chartreuse, a fee de sat Brea, te 6 vets 2961 ft. FERDINAND, rious de Charlee oegnnssen rasta, i 28 jaro 1068 “Andes-Jacquss FOUGERS ‘vague de Grape SAINT BRUNO INTRODUCTION 1, Vin bs saner Brose, inion agaltb Calogd, etn dala PERE peu evant 150, Tone fame ge a ce Sova age Sasi deel tele bia le een ties ae Bisa eclaces et ate ae eet Bee mir aul ee ak ae Huey ware la cous ta edge ib cathe Se ‘Ste Vl, uaguare usb pa Tencigacmeit de Gerber wi tater pape Sylvestre It — ot gouvarne oboe par on matzo de bonne reputation, bein a vite'da pape Léon 1X & Reims ob I consi oe se one ain ete 100 prea titer Yatenton dp Bromo, agb dune vinglains dn Be ie Rana eer a aie Lene 1.14 syste nesee bngraghiqys ser sank Bruna, ets on Cartease avant Ir niles di st" ice, no comports qu'une ‘rotsine de mae, Rout tx doaneas laditon antique an sppencine Ais de cr vehi (0. 24), particlloment une vin dans Ie monde, Sotienter vors le cénobitiome, ou bien encore travalles dons le champ de I'Bglise & des {Aches qui paraisaient turgeates. Saint Bruno ned pas été Le moins dows pour sealer au service de IBylie dans Ios qouvres extérieuros, ‘quand Te pape Je Mb sortir de la solitude de Cherineue préeisément pour eela, I aurait ou des raisons ligitime Waceepter : Vamitié confiante et I> désit du pape, sey propres capacitée qu'il ne pouvail ignorer. Mais il savai que Diew Vappelait pour toujours & ua aulz» dow dd Jurméme, et il demanda an pape de retcoiver Ia solitude Por cet exemple extrBmement rare, iL ae a6parait. dee 3 revenus vers d'autres formes de vio, Par est act dd fot dans Ta primauté de unique nécossite, it meéritel etee constitad dans Vordee do la gran (o pire dum Urdre dont Ia earactiristique au sein de 'Eglise 1a reeherehe do Diou dans la solitude ct l'abstention lea eeuvres extérioures j il mérital, aussi pour ses fs de grices présieuses contre les séluctions de I'sctivilé, dont Ia vie contemplative peut avoir & se protéger Tout au long ile ln vie de saint Bruno, dopuis le momeaty i il 2 décldé de se donner tout & Diew, on no voit. qual dies actes ordonnée & 1a souvegarde duane vocation a ccontemplatit en solitude. Los eirconstances ont suave traversé son desscin, mais lui, calme el toujours tueat un mone TL Les unrraes pe sare Bano IL ne subsiste que deux lelines de saint Brano, tou! eux Gites de Calabre dans les domiéres années de s vie: Fune arlressée 4 un ami da Reims, Raoul Ie Ver Ventre a le communauté de Chartreuse, Nous y ajouteron Ja profession de fol prononsso par saint Brano evant d 2, La lettre & Raoul le Verd Raoul to Vord était on des dew amis do saint Brono, qui avaient fal avec Ini le viou de quittar lo monde pour embrasser a vi mongstique. Au moment oii) pri eat engagement, i Goi comme Bruno chanoine du chapitre cathédval de Reims Mois, bien des années aprés, Raoul ne e'6teit pas encor Geeidé & accomplir som vou, Demeuss & Reims, il fail dlevenn prévol du ehepitre quand lo prevét Manassis avai AS Alu archevéque en 1096. IL n'avait cependant. pa ublié Bruno et lol aveit adreas6 une leltte, sujourd Ufisparue. De son ermitage de Calabre, Bound déci ‘W'éerire son ars pour lui reppeler obligation du veew qu'il valent jadis prononcé ensemble et pour Pinvitor & Veni Je rejoindrs. Liexhortation est prossante ; Bruno en pred csetion pour eflébrer les avantases do Ponion 3 Die ans la solitude ; chemin faisant, il note quelques trail casenticls de Ia vie contomplative érémitique Vexhortation da Bruno resta vaine ; Reoul ne prit pas le parti de quitter lo monde el rests dane sa charge a prévét pendent dix ons. En 1106, & la mort de Manasgée 1, Raoul lo Verd fut lu archevaque de Reims ile'applique A Le deatnatsie 2 LES LETTRES DE SAINT BRUNO 4 remplie en porfeetion ses dovoirs d'évaque ® Bien quo Fisamo {8 mort, lee cireonstances rappoldreat. encom & ‘plusiours reprised & Kaoul Jo Verd con aouvenin. Prosident fn concile & Heauvais aux e6téa du légat, apostolique {Govon, le O décembre 1114, Parchevégue de Roies vit yoni Lui des messagers porleurs dune leltre do démission dun de ses sullragants, Godetroid, Avaque d’Amiens: jluici avait quilld soa slage of était retiné 4 la Grande Ghertreuse. Le concila, ASconeorts par Fimpréva de cat frsnemont, no prit aucuce décicion av sujet de Godetroid, Tin mois plus tard, Io 6 janvier 1116, un autre coneile Husi A Soissons, nomme dou délégués chargés de se rendre en Chartreuse pour intimer & Godafroid Vordre de ‘pnie repreniire son sitge ; Pévtque, désolé, dub cbir et, {bs le 28 ovars 1115, il se présentall 4 Reims devant son archevaque, Raoul Tp Verd put se falre déerize de vive vie Yexistonee menée par les Als de son ami Bruno vt Gnbondre Godefooid regrotter «do ne pouvoir ='adonnor tn poi pour Diea seul a ln via contemplative®» . Quolquae fides. se passbreat encore. L’arshevéque de Reims Inourut en juillet 1124; fl ful enberré dans T'égise. de Vebbaye de Sainl-Rém! ot fnserlt. au néowologe parm les ‘moines, Il recut done poobablement, Vbabitmonastique ‘1 suceurrondum dans sa demnidre maladie ; par cotte pratique en unago alors, on sotinfosalt in aafremis 2 dee yous ot on s'ascurait, doe surfrageo aprbs In most. Le dernier acte de Raoul le Verd rst pour nous la preuve qu'il avail loxjours gardé au fond de Ioi-anéme le désir accom: pir un jour le vom prononeé aves sein Bromo. Plus de Guarantors as s'étafonl Seoulés depuis lors. La Ghar- lrouse avait. dgja quaronto ans d’existence, elle reyonnait fumme un foyer do vio epitituelle eb étandait dgjé see Tomeans depuis des années. 2 Gata Christiana, 1%, Eda Seatoram, nove 1, e, 0 iNtopuction nae A eux reprises, dans To lettre & dela ieee Raoul le Verd, Bruno mentionne sor litre de prévat. La lalire est done postériouro 8 1006, date’ de la somnination de Raoul & la prevaté du Ghapiteo da eins. T n'est pas possible do pricisar davantage la date, «laos Jes cing demidres années do la vie de notze saint 2 1096-1101, c Authensits , QUEDd Raoul fut élu a Yerchevéché e Reims, on 1106, un rival, candidat, iu coi do Franco, Jui dispute pendaul deux ans Ip sidge. de In matropole : ce fut. un temps ile troubles graves ontre les factions ennemies qui soutenaient Pun ot Fantre candidats Aw cours de cetle pésiode, wn elese oppoas & Haoul composa contre lai un pamphlet d'une rare virulence ob il exploita dune plume Lerriblement méchante tov les arguments qu'il put trouver contre Ia lgitimite dos titres de Pélu 2 occuper Ie siége de Reims. Cherchant des griets, il rouya de bonne guerr9 daccuser Raoul d'infidlité a son vyoou d'entrer en religion. Cette pitee était vesLen iaconme juequ’d nos jours. Dom Wilmart a eu [a bonne fortune de lo renconirer dans us masuscrit ot de Ie publier en 1959 2 Or, le clore de Reims avait eu Mhabileté de reprendre dane: son sgumentation des phrases qu'il emprimtait. la lelise de saiot Bruno, on lez enchéasent avee une ironis, Imordente dans un contexts perfide ct oarcastique; son feril est tout émoilla dos paroles mémes de nolne saint ol A deux roprites le pamphtaite indique explicitement 0 souree, dikont. quill «prend appu sur la monition du ‘roi et saint Isradlite’ Bruno, eb parlant dw « conseil du, saint ermile? ». A partir de Nos! 1108, Raoul lo Verd put 8. » Deux Lelie concernant Raoul te Vent, ¢ans Benue Bene ume 1 193, p 727% 4 Celt pice curieuse mie dre ise cause des nombreuter ‘tions d-eint Erun> qu'be ceatens, Nous en doonons le Teste jouir en paix do.son orehevéchi. Lo pamphlet, de con fnew a done ot6 Gorit entre 1106 et 1108, moins do fept ans aprés la mort de sein Bruno : est LA une preuve miele de la lettre que eclui-st avait Raoul le Verd, Gelotante de Vall Gerite do Calebr Quatso manvecrits contenant 1a letlze & Raoul lo Verd sont avjourd hui cormus : deax du xnt sidele, um du 1, Monvcers ‘et bdtions sant eb on du ve a) A=xn® sidcle + Berlin, Bilithique Nationale, Philipps 1604 (Gat. rose 180), fol, 2742-99, Ge momuserit provient de Tabbaye de Saint-Arnoul-de ‘Metz: Il tet pased au xx sidelo dans la célébee collection de Si Philippe & Middle HIM) Au eours de Vane des vents ‘qui ont disporsé otto collostion, ila 6t8 rocheté par Allemagne pour la Biblicthéque de Berlin. Crest no recueil de lettres concernant divers événoments religieus du xe sigele. La lettre ce saint Brono & Raoul le Verd est préohdée dune comespondanc# entre Pascal TT ‘L esint Anselmo de Cantorbéry apris Ie retour de eeluisci fn Angleterre, Elle est suite d'une latre éerite 8 Rawal le Verd par des pritres do. Reims favorables 0 60 cause Ge manuserit eat le meilleur témoin du taste de le Iotere de seinl Brune, On stexplique facilement que les mpines de. Saint- Arnoulde-Motz alent eu de Viotér# pour Ta Teltre: de aint Bruno & Raoul Je Ven eb. alent désieé la copier, ear js eurent pendant vingl-cing ans pour abbé un certain Guillaurne, qui avail eld abbé de Saint-Rémi-de-Reims ‘neppendize ni fn d ce volume, p- MAL On y Voit ens que Ruow raft Tinteation de faire un pteinage Térvslem ol ne aval pus existe, Gest un anuvel Inds do fake qe aol co ooneiere Totes ve comsne prs Yr, ca a et peenage alt rzare orm aqivaent a pont de wae diet, do Vente en rion ' es INTRODUCTION fol 143ve-146, - ‘ Pad Ng Kgl. 8, 2911. do, fol. 175-177, z “4 contiont 181 folios, Sur fo premier folio, une main dit 1, Galle Cision, 1S, 229 ot 11, 08 LPS LETTRES DE SAINT BRUNO ” ‘xyé sigele a soci: «Libor Domus s. Barbate in Colonia ‘Ondinis Carthusiensis, quibus reddabur. » Aw sibel denier, ‘ee manaserit Gtalt entré dans la collection de Sir Thomas Phillippe. UL a été racheté en 1920 par la Bibliothéque oysle de Copenhague TH contient d'abord divers trailés el sermons Dun Ghortreu nommé Barthélemy, originaire @Ulrecht, pus fea doux lellnes de saint Bruno, enfla plusieurs letives da {Guigaos, Le loxte de Ia loltre & Raoul le Yard ost ick bbs Asfestuoux som pout relever soixante-cing legone diferente ‘eee oe texio ot lo manuzerit A. Mais le plua grand nombre fies faules — ot parm elles les plus importantes — ne foal ps imputables au seribe de-ce manuserit + om los frouvail déja dans le manuserit du xie sites que nous ‘venoms de reeauser. Toutefois celui de Copenbague ae ‘spend pas ontigrement. de celui de Marburg > tous deux doiveat evoir une source coromune dans un rnodelo a6’ fortoment contaming, ineonnu oujourdbui. Par ailteurs 9 manuserit de Copenhogue nous donnere, pour Wautres lettres des promiors Chartroux, de fork bons textes. Il laut done tdmoltre que, dans Je exs présent, notre socibe 1's 416 que le copiste fidéle d'un mauvais manuscri &) Baitions Quelques extraita de I lettre 4 Raoul le Verd furest pair Ia premiere fois impsimés par Je Chartreux Blome= ‘yonno & Cologne dans sa Vile aansli Brunonis dans lee années qui suivirent immédiatemont Ia. béatiieation ‘quipollente de saint Bruno par Léon X en 1514, Gos oxlrsits furent reproduits per Sorius dans ea collection de le Vie des Safnte en T578. La premiére édilion comple e Ta Jeltre est de 1011, dans Védition dex ceavees le hint Bruno deanéo par Patreius & Cologne Cathe édition 8 646 reprodnite dans : Annafor Ordinis Cartusiensis, I 101, — Troraby, Slovia erilize-chronole gina diplomatioa det Pairiaren S, Bruno e det cuo Ondine Cartusian, t. 1, app. UI, p. uxxvun = Ada Saweforum, au 6 octobre, ow u mvrRopueTion. PL 152, 421. — Lefer, Saint Bruno eh COnde de Choris, t 1, pies jsitentive ue 3 [ot en tenceg UT pW)! — Drone, Bepaiio in Epler B. Paul Sapustli, 48, de Montel, 1802, p. 102. Vie de Sai Bru porn refigius de a Grande Grease, Moatreuly 180, p88 (en feangain. A Porgine de touts cote a editlous se troavait toujours le maa txts Bu man iit du 0" sel de Iu Chartreuse de Caine (ett couloment de ace jours que Dom Wibmart retro a loliec 4 Haoul le Vord dane ies manuals one avons ail en donad In prune lon erg tans la Ree Bénsditin, tome Li. (98), p. 257-274 Cale ition pourtan seat pan exemple de fates of Wilmart nfo pas lagué laeement quel amanuicrt pti. {) Note ddtion Nous ulisone lo melloor manucrit du xn adele + As ows actoas les vaiantne do P. als noo avons pas flee ile de reproduve dana notre opparat erie toutes Tes vasiantes des deux auies monies, dot texts est nop fects, Nour ne rleverons que quate arlanies porlanies, qui eat ile Windiquey, {ue ov cont des passages ass re ourente ct quit ext 4 propo authenticité. eee parce sarquables ile PédiLion ‘de souligmer leur non 2, Le lettre & la communauté de Ja Chartzente Quand saint Bromo avait da eloigaer de Chartreuse en 1000, i] avait lissé corame supérieur Landuin. Go dernier pourtant no ee eonsidérait | commen dog do sin tooo 4 commons avec: lui estimait que In vrai supérieur ct pricur était icajoure Bruno : le plus ancienes chroniqes de Charl A. Giroonstancee eae composion Les LETERES DE SAINT RUNG » use Yottesttclairoment *. Mais il eat ditielle de toalira pense ees direntives de sant run seulement eechonge do lelze. Landoin voult revoir encore ug Yor Grnn pour lui porter des nonvolee do s8 communauté Jou Mreinrit avee Lui. 11. donc lo voyere de Calabre we rao, tout & a joie de ce que Landnin 1s rapport se farveur des péros ot des fréres do Chartreuse, leur i toa une elie, la soule qui subsiste aujourd’hul de +2 foroapondanee avec Ghartepuse. ‘Au velour de e2 voyage, Landainy aqui dovail Lraverace dans 1s pésinsule ‘ace coutrées renduos dangorenses par les gucrret, tombs dee evinine de Vantipage Guibert de Ravenne. Ni les 2 ime, ni Tes promesse, ni lee rust, Di les violences ne vor qyeir rowon de la fidolité de Landuin au Pontile Epitime, Aussi full gerdé en captivite dans ua camp tea per Tes partisons de Vantipepe. Co dernier moorul e'8 septembre 1100. Landuin, tris malade, ne put ousnivee son voyage de retour vers In Gharlreuse Frutpurut sept jours epres son persécatear of fut ensevell fons un monastire veisin du lies of i] avait été rotemu arti Teas ces dGlails nows cont connus par [a plus caPttang ohronique des prioors de Chartreuse. 1 0 Hew ecto quo Landuin avail im compagnon de voyego gut ue rentoor ao der’ et rapporter ccs nouvelles EveC 1 Pte de saint Brano, Cette lire doit done étze dalée de Tods on 1109, Ello ast Vultime teslament spirtuel de saint Bruno 20x siens On ne depose _malheuremsement [pour prouver Tauthenlicii de otle lettre, earguments exieenes commo pour la Tettre Raoul Te’ Verds Nui cependont n'a jamais contests la tradition qui Faltribue A saint Bruno. Les dtatls précis 6. anmontohié 1, eg Choaigne Louden, xi % iNTRopuction ‘quelle eoniient Vémoignont en sa faveur : ile constituent tin enseanble Pune sportansité at duno sinosriteévidonton Bn outre, nous vertons plus loin — et o'est Ia principal peuce dauthenticitd — que eotte Lettre présente aur sje! Aes choses de le vio contemplative un> remarguable init ‘de panséo aveo la lotro & Rooul le Verd et des proediéy do style idontiques. Uno étude approfoodie ce ais ‘subsieter aucun doute sur son anthenticité 2) On crits de cette let» G= xv sicsle, Copenhague, Ny Kol. 8. 2911. 40, fot. 174-174v9, jodie bla Chartreuse db Gologne, et dont nous avons déjA parle & propos de Ieltre & Raoul le Verd, M—-xv" sitolo, Milan, BIL Nalfon. Rratdense AD, 2X. 14; fol. 25020. Hin proveiance de la charteenso di Pavio. La lettre esl. précéiée par Te taxte din yenimous ‘pamphlet de Pierre Béreugec contro los Chattreux (PL 178) 1875) el — chose euriouso — In eopiste a attribué cel diatribe a saint Bruno ! Jemais Bruno neil écrik de cette foncte A ses fils. Au resto Béronger fcrivail, quavante an aprés 1a mort de saint Bruno eb ses auvres sont asc connves pour qu'il n'y ait pas de contusion possible. Mai Jo copiste de notre manuserit était ion peu instruib can saprés le letice de Bruno a a comeatnauth do Gharlsocsel donne le tente dle Ja leltce do Guigues au Grand-Matt es Tompliers et il Vatteibuo aussi @ aint Bromo qui tall roort lente ans avant Ia fondation de la Milice da Toraple Lc texte de la lettre a Ia. commiunaul de Charlsoure oat fom peu moins bon dense» mamusorit que colo d foanuserit C, of le dernier liers de Ja lettre mong que soit indiquée Ja eause le eotte omission 2) ditions + en 1515, le F. P. Dom du Puy, général doe Ghartroux, montionnait a lettre et an etait une phrase dons se Vile B. Brunonis inaprimée & Dale, Hn 1522, 2 la D. Manuserits La PROFESSION DE FOL 2 Fortsoan do Paris Stor domnsit ua ton résumé dela Ie cr ous von cure ge 2 Via crtasian, iL, Tat. ¥, Tey TI tl cey vo La roms éiton comple ext oo ili ne Pion ds‘ de en raw pie jon par Peli, On tauve enor le tone compl {asf Anraes Orin: Calera, 187. — Acta Son fran, an 6 eels on BL, 182, M18, ~ Lelebwr, ey {Pi pico futieative no 5 (ten rangi, p40) — Erno | Eepottien Bpisler B. Poll pat 6 do Mantel 102, p40, Vie do Saint rar pr un gins de (a ands Charketsn, ps 427, — Toutes os Caine dive len unes Gen eutes & partir du ane teemunvt de Cologne, min dela premiere Ly eva Gea faut de ecapion op Note fone ese mame de Clone Gh Mien, Elle andlor ner plsiewrs picts le teste Graineerent rou st rel peoiquemet conus? ton jours, Le mannecrit Mf Gort oveane aon Wat Choo fet eat tq contion an texte Sdbtique& sk {iv 8 Posepiom dun pli nombre ce vavinates ds pe inpintance enforce par we présence la vlear ds tte ious ee, ceutane fua (wll poene dane Hegel fer slognea da cele de Pate watncrt: 8. La profession de foi Ciitait au Moyen Age un usage A, Circonstaneet fréquent de prononcer une profession congottion de fo5 & V'article dete mort, Les chira- igaoors du tompe en ont. signe Blusicur Elles ne eont pat toutes idantiques = ebacan, 1, Déje an vee sie, saat Gtcoone oe Tous, qul comsaoagat toa seria Brancram pr woe petesion doi tar (PLT 18), 8 ExTROnuCTION Por dbyotion partialce ou par souck de soulgce ‘le (olen aso duns htee cu tops itt fl Tonto or tl ou tal arti du Ooo? Ces ll ast de eo pico, aint Bruno, dons Ie semsine qui préséla so rut unites sritn at Fentouraent et (es pia ented to prsioion de fal ls ln reusliven tee sn Me Als temba dana Foubl este, avec lot ee gal ova Sra xn raw oie: Ts nen ewe you a pou vatndre a vs enitgon gay Bu operatic out 8 fly tans quoprspira hea titancesdeemilage Sainte Mare deca Tour un ao Ue etaoiique fond pao promiorsuceseu dea Eruro, Larulo. En 11, ce monslies rate 8 Tn on; puis it degénéra peu pet. Lomb foramendo I find sve ale tart a Gate ablinrnt io ape Ldon X la nrapétion lous al ai orl eur tndator. to. repecl seston on TSI. Un Lt importa: duschre. sha Aone gis dopl owe fl eles rp ar le peuir supicter dela rowel. Charice Dom Gonstatis de Risin Il rela le pra foi de saint Bruno parm autre piers. alécasoney a gto un mart dost pcm Sat mal hearcusomeatwonge ot dle lee on qusgues por a tromseriit dane un mériire sdresslou Gude de Ghertreux en 1522, ae ce ‘1 rw plustours eataes da ect cuyeage (PL. 71, 198. 208 359-960, 400, 480); le tnemas ae con Ouvregy Lit? Miseutra 1. 77, 778), Sonics ego dans sox Fie des Sate, {0 peat owntonner'par_exoaple Ia prolesion ds ht Norehedque de Reims, Gsvals (Gale Chron 1,7), elle ured Mathieu a'Atbano. (dace le De Miratalo Ue Pier ‘Venirals Lib cop. 25, Br. 189, £99. LA PROPESSION DE For 8 14) Le mémoire de Dora Gonstantius 8 Mamwsccl® ef aujourd ui, perdy. Blais on on posside une eopie, faite au xvi sitele, qui se trouve actuatlemont aux archives de la Ghartreuse fe Galobce. Uno eutzo copie, exicutée en 1629 capris Ta frécédento, et & la Bibiiothéque de Grenoble: ms. 680 bis 3) Le Chortroux alge Surionns (pseudonym de on Gérard Eloy) pablia la profession de fol en 1659 dans les Adnafationes de sa Vile Saneli Brunonia (Braxolles 1639, p. 254). Dans la sie, Mabillon donna tm> noavelle Gaition, faite sur une eopin de seconde main, qi lui ava fté fournie par un Charlwux (Velerum’ Anatectorum torous IV, Poris 1685, p. 400). Puis Memnaliste Chartreux Dorn be Couteulx incéra lo profession dans 8s Annales Orvis Cortuxirais (Corrorie 1687) en um tox'e identique B celui do Mabillon, Lee nombroures ditions saivantes cont toutes tributaires de Mabillon ou de Le Couteulx: ) Notre édition rat établie sur a base du manuscnt, de Is Chartreuse de Galabre, (émoin le plus proche du rnémoire de Dom Gonslantus (On lit dane la Letire encyelique placée par lea ormitee do Calabre fen tite du Rouleau funtbre de saint Bruno : « Sachant que Vheure slail venue pour lui de passer de ce monde ou Pero (Bruno) convoqua ses fréres, passa en revue tout tapes de sa vie depuis son enfaner et rappela les ‘ments remarquables do son Lemnps. Puls il exposa sa foi fen lo Trinite cans un discours dotaillé et profond ; i conclut eins :« Grodo ctiam eacromonta... sluts aeternse» Lp dimanche suivant, son Amo sainte co sipara de son corps, Ia veille des nones doctobre on V'an du Seigneur MOTs 1. sSelnn quia vent ora ejue ub tansoat ex noe mando a Patt, eonvocts Yratous es ad fee tngatla singutas etal ° INTRODUCTION Les pétes do Calabre allestaient sinsi Pexistence dum Profession de foi et en soulignaieal les prineipaur Clément eitant méme une phrase enliire. Or le laste rotrouys 4 Ib14 zépond bien aux indications dus Rouleat. fundbrog Nous avons done 1 une bonne preave do Fautheaticite Mais om probléme partiol subsiste, Lo hol exposé tet {aire qui se trouve dans Ja profession de foi do saint Brun eproduit, mot pour mot, quolques phrases du magnifique symbole du x1® consile de ‘Toléde da 7 novembre 075 % En outre, dans le texte, te] qu'il nows est. parvenu, Aéveloppoment sur la Trinité vient en conclusion, ara Jo phrase qui concerne les saerements, Or dans leneyeliqu du Rouleau funtbre, les pires do Galabre éerivaient qu celle dernidxe phrase était lo conclusion Tine question se pose done ; esiat Bruno o-til xéelleme emprunté Jes poroles du symbole de Toléde pour expritne fof trnitaire, ow cagitil d’sme addition postérieure En tout stat do cause, il est cerlain que saint. Brune 4 insisté dans son exposé sur In mystire de la Trini avec des parvles profonides ol que ce fait a feappé £0 entourage ; mais si on supprimeit Femprunt av symbol de Toldde, rien ne resterait de bien romerquable aw sujel Se Ja Teinit® dans fa profession de Bruno ; dle plas Pempla use replcavit (Bruno) et tlies emnparie ent ease ecient Senlantls algaom proaasst, Vosten Som susin de Trina Drotrcto et prfunde semen expostt et eonelat de 2 oe ‘itm seramenta quae eonete exit ct vonulur Ble, «nom ‘ali paren ot vinuim quae conesnontur in altar, past corecre ‘Gener rerum eocus eso Demin nstt Ses Ch vert cana oh ver sengutaem quae st net esipinue ie temisonsa necea {erum netroru oti ape sls aeerhan » Pacoima ie Domina ‘ets ita enna stu eet pidis Nona otelns ann Doms ‘aesinoceaenn pein » [7a Bett Bruno, per Don Pow Be, 195, fo. 2) 1. PF 84,462, Ge symateavet tet um appt considerable & Livologe teinitaie (voir: DC, ark Tein et ot spmteler parle de cat expose (itera oo sutcavo dene Io smb du NVI fn de Tee (Pr 4, 99), LA PROFESSION DE FOr a el ult une fore oe on el eicontanco Bt gonut tout fait pour exiner slentllemert om econ an fot cottlign om apportnance & ali, evpectrence & ane tcmule poole hypothe iu ation potanro peo done dei te stn Gps po las poms ta poable us Brno «ean eat promncd celle formule tlle quelle nous & 386 fipunien Ua apachnent ew Aiea a tis das Ian amor nga ages ote parce ul no eagit 8 gun un eomple rene tommlre do Yvinuen, non dune cola Ietegale du te TI Le sevin op sain Brow Au temps de soint Bron, Part d'éerire était régi par des Jos héritéee de la shétorique antique ; Lous Tes ute se eonformaient & des xégles et 4 des thémes 1itterain ‘qui rédisaient beaucoup Ia part de le spentendit4. On ‘roysit pas devoir s'afranchis de ees eadrvs Dans la oltre & Raoul lo Verd, saint Bruno n'éohepp' pas A ce défaut de soa époque. A premiéne lecture, o remargue surtout un style, des pracedés de com positic et um ton mémo un pou conventionnels : Poulewr es reste tributaire d'une formation regue dens les teu Les premiers paragraphes de celle lettre, notacamenty ne sont pas exempls de quelque recherche Sle lesteu sen tion a un contact rapide, Hl reque de conserver Linprssion d'un deivain qu seerie's3 plune & de Mais ona lecture attentive effeco cette. impression) fckeuse, Dee que stint Bruno entre dans le il ies Sujet, il exprime aes sentiments aver naturel ; ef le b 8 tn communauté do Chartreuse a Ia spontendite — 0 dirait presque Vabandon — d'an mot entce membres &'une éme famille. La fore un pou litteraire des deux lottre Ya pas empéché leur anteur de montzer une vive senaibili fh des qualités de cooor. Le mescego qu'il vout transmnettre al véou et son lecteur lo reccent, Bruno livre uno pensée vyraiment personnolie sur les questions qu'il tiaite, Nou! ‘verrons qu'on pronant la psine d'éhidier son texte de pris, 2, Slgalons sree pens to bon expeat de Born Jeea Leereneo, dans Saint Piere Denier, eile ef mnie *Byag, Rome 100) ‘lap. V, p18 | Le STYLE DB SAINT BRUNO 4“ iNest possible dontrovoir ou de deviner, par-deld le Dalanes= pent harmenioux doe phratce, ime d'un saat. Tel est seme Vinléreh principal de ces éerits. "Au teale, bien que le style garde une certains redon- ‘dance, i esi loin d’étre aussi diffus que celui de la plapare fies auteurs de ee Lernps. Tl nloffre pas es longs développe- ments rhétoriques qui nous assent zujourdhi fiont seachontait Ie godt de ee sitele. Bruno gare une fertaine sebrité. Lorequil horde une question, son texpusé ost nck, La ponsee, prévie, ost exprimés avec des tots qui disont. cb qu'il feut, sans longueurs, Tl en résalte pour le lectour une impression de clarté et daisance. Les {gees opparaissent Himpides, et la simplicité du raisonne- mont entesine Uadhésion. La phrase se déroule tout fhaturelement en un rythme Marmosiewx qui suit sans flificalté le mouvement do Ia pensée, Aw sein de Pexposé, chaque paragropho est mn petit tout consuert 2 une ‘question of contient yore la fin une phrace forts qui en résurme Vidée mailresse. Ainsi 'enseignement so condense fen quelques trails ewenticls. Lancien professour se loses apercevoir en saint Brune. Une élude srrée de son texte rovéle cher lal une aptitude A manier Ja Tangue pour Ii faite rondro lee auances délicater dae réaliiés spirtuelies [EL il sait rester clair : méme en abordant des questions tgologiques élovéss, il conserve wn voebulsire simple oh imagé La valeur propre du siyle de saint Bruno nc eonesste done pas dans Vinvention ee moyens originaux : olle onsiste 4 utiliser ees moyens trasitionnels pour une cexpnossion Sidele, souple, Limpide et harmonieuse de la pensée, « Foire quelque chose de rien, suraient dil, nos dlassiques, De fait la techniguo littirire de saint Bruno Wiest pas sens ressemblanee evoe la loor. Un rapproche- tment avec Je style Pon Racine, en particulier, ne serait pola tellement déplacé = il serait justifié por Ja rickesce expression dos sentiments contrestant avec la simpheité : “ mvrRon nection des moyens, par Io phrase coulante ct harmonieuse, eb aussi par one Sensibilité trémizeante qui se fai jour maleré | Vapprét lttéraire do la forme. Liusage mome de modes anciens, si frequent chez les autours des x1? ot 2:8 sides, 4 quo nous concontrerons cher saint Bruao a Pégard de saint Joon Ghrysostome, nest pas sane analogie aves Io ‘maniére des classiques. ALThacmonie simple que nowe avons efgnatéo se rattache tun procédé qui vaul la pele d’6tee note, cari est tout a fail caraoléristique di style de caint Bruno + c'est le redoublee voent dexpressions perallolos, complémentaires ou ei contraste ; te plus souvent, il s'agit du groupement, da ‘eux adjectifs pour affecter un seul substanti. Go procédé oane a ta phrase un peu de solennité, un certain rythmes oratoire, ct il permet do metire un sevent pertieulioe sur carlains poinls de In pensse 4, Saint Bruno alfectionne aussi usage des images ob des symboles, mais il use de co procédé aveo une cerlaine 2. Exomples dane letige & apap Verd: votre appreataaque raclaror et lade agnir — arapa sh geala rena at of Mlrite sean — grates ot lllns — wits ound ‘ teeter et sacaen — pea ot mag erlum ae proptim — respects a obra — gleiaar et gaodel — eutele oetudl> — casts amor nt vrs charas — suovtadaen titan — graves et erbree — sonar ob jucunian vitae 4 ail) — eatmisse et ebnine — dantgoe wt prowida sate ob ‘ith — rerio vel tpldae 27 exer LE STYLE DE SAINT BRUNO Yégeeté, sans appuyer oulre mesure, ai dlvslopper trop Jeigsonient es lnages propostro; Cesk pour son époque Weeds qualité: Les Knagen ne soni que des pois BF Toguce ta pemeée pron napidement app, pour Tiger on ee eee iden de eos procs doyle dans Tes deux tes eta grande frquence de ur pla en des textes de peu {faleniue apport on fovear do Foutbenticts do la lettre 2a communautd de Chartreuse uae prouvo oid. Tn sound, sous ane frene Heri un peu Thétosiqu, phrase harpese, nas ana ft catentatoe, on ‘exprimer elaire= telungu do saint Bruno se asonre apts exp Ion! os riches d'une pensée profonde 1. Everpes dent Jo lio & Rava 6 Ver 4 garde want, va, ties, tt 2B, e port Hee, 1s Mey ime Frye ead nei 0p Seems dane la lave ta commune ao Charts es ots i aatage, i dot as Die gal Sr oP eefae et tert ee tite do Saar, an som, te pete Gu a0 Tr (@ exemple IV. Puystoxcon SeIRITUELLE pE SaINT BauNo planabs see carvans Saint Bruno ava pas ohorehs & onsciener 5a. doctrine 1monastique ow & en transi In formule ar dos rt Tidings dans co dessin Lo observances qu'il alopta fare codes soulemontuareate ans aprts Tes bute d> Ghartroutn, Les dewx llies qui non rata de ML feat des fate Weccason, sat mnt ou Cala pene A four autor qu'une pons retetat En ferivant 4 Raval Te Vor, Bruno navait on ott autre bub que Wontratner Raga! 8 exéevter son vo du commateerent ta finde I tie, celle pense swat tos arguments, ft lea ontre tous les paragraph, jesus Tunits do ensemble. Bruno sa deat prs songs A compos un doge de lve solitaire ou un trite soa topes du monde»; i oul selon moore Raoul Fobligr &seRéchic ot changer ofntation Bet mene ls Iie la comarats do Chrese Zo A premiére vue qu'ua mot @aflection provoque pat Jn wislle-de Candin en Calabre, Xn gervanl ce bre | masse, Bruno ap dovat avoir aully intention de Tat Gunner fa portée d'un eaceignenseat de dels spstulle Gapendant sours de er lis ti Rr a Linch 4 males repcises A des thins fnportantsrogant Jn ve mln ap poticaieromea ta ie contempla: tive en sollude. Or Ie peu qoe nous contaisoas de tvs el de sa peronne aularae 4 recone en ei ne hee brofone a feeondts sernaturls de a ve, la penis ‘pirituele qui a labo on sont aussi une prewe. Au soment oa ont es tlre, Bruno et un fondateur arvem aus deairesenntes des ie ide de Popa PHYSIONOMIE SPIRITULLE DE SAINT BRUNO -yépu dos rélibsspirluelles; quand il parte de ta vooation [oril a chioisie, se pensée ne saurait étre indilléronte ‘ip merite une étude attentive. Nous savons par ailleurs que cot ancien maitre, qui toute sa vie avail enseigné los SHences 2 rapportent 8 ta vie spsituele, était dous one fpliiids 6 esprimor par des mots le mondo si mystsriewx dios relations do homme aveo Dieu. Hafin Bruno a"ignorsit ‘pas quisudelé. do ses correspendants ses lettres seraient fonnues eb recopiées, car il en était toujours ainsi & cette Spoque des denis touchanl & des questions spirituoles, féme quand ils se présentaieal dans leur rédaction comme des dovuments peivés Sans doute wagitil de notalions bréves, formulées “time fagon tout cvsasionelle, Mais Te earactiee spontant ‘de ces confidences lour donne une eaveur propre et pls ie prix ea ua seas que avon aurait un expos didactique cop préparé. Une comperaison facile & faire mot ce point fn évidence, Bien des auteurs de ce Lemaps ont gent des [ottres dos amis pour les engager a embrasser la vie contemplative au désert : on en Lrouvera une de Guigues {ans oe volume jee premiers moinas de Portes en éeriviren plusieurs ; ellos ont lours qualites propres, mais dans un ‘gence Uoub différent des lettres de saint Bruno ; elles ‘Vollent point ces rélexiona do promior jet que contien’ a lettre & Raoul le Verd, En remontant plus howt, on. rencontre un exemple efléhre + la lettre éerite par saint SJerbmie & Héliodere pour Maitirer au désert la langue fn ost trép ele, riche de mots étiveelants, mais on sent {chaque ligno la recherche et apprél. Enice saint Bruno ‘son leetour, il n'y « pas Vintormédiaire visible et quelque fois ginant d'un omement woul pour un effet littéraice 4 produire; on o'y sont rien dlartifcial + le contact est fgabdé simplement aver Ia peasée meme do Bruno, dans toute sa vérté, Le elere de Reiss qui écrivit & Raoul le Ver 1 kp. AY, of a ora enastun, PL 22,34, “8 INTRODUCTION: tant a lets do sant Bruno, ob qui ne: manguait Cerio pas do perspec, aval lets bien resent ela 3 certs Brno cm le wat Tae, ese tina alusion ala crotare simple des poroles Lille wane Drive latte do, creonctence. souléve cepa a eas: Piura pa i co por son sujet et parla connaitanes de’ gon corespondent 4Uinabtar fonament ext un point perbeaice seme que ox manicre dogsr propos i ue dail préls comesyonil Aue aitudehabitcle cher Iai, Pes bien can semble teen ai concerns In avert te eat Brno 3 Tur de Raoul le Vord, quvad il ol capplle Tobigatton de a Son fon ‘eel ton ft ran oot Tats la vie dans ie monde ext jin eve pestsane 5 Ranul até inde on ve, le erate dela pation Gerrit ou mone le pousser & eccomplir; es excuses uil pout invoguer ne sont pas legilines.- Ge tom sivora, qui entond réduire toute Uenalive de subtor ge, corgesondl hun trait ds Lempainent de seat Brune ? En y regondant de pis pots, linpesion de sévente se nuance beaucoup. Gola late recive le pax, 90m analyse reve en fn de compte chez con cuteur Un grand Tact ct ube douoaur sutaatorele, Sut. dtrdme val fens ltize 4 Hiliodre aur un ton yehémeny adresan Aon corrrpondant une véitale sommation. ‘Brone Naborde son jet — Vevitalion & se faite mine = soprs une ean de piperation pryebologqus de son dorrespondent, gar une dessin dela estte du deer. 5), sulin un Bogs eapvant do layin contemplative ta sollude (6, an arive au ene prcoael de Faoul [pr une transition opentanéo, onl! appliguent ls symbole Aba Sanat) bo tne at de mtaagr fe rns lions opparott dans a conclusion : Drano me propose pas Ainectment & Hoool Senter dane Iermitage de Caabe, Lanta PHYSIONOMIE SPICUTUBLLE BE SAINT BRUNO 8 ais simplement de faire un plerinage & Saint-Nicoloc- doar & celle oceasion de venir parler avec lui (Iy 18). ‘On peostent on saint Bruno une vive sersibililé: elle sc inanifete par les ignes ot il 6voque rapidement a trislesse wil éprouverait & voir mourin Raou} sans que celubei Ait accompli son Yo (ly 17). Elle 52 montre plus encore Alans le passage de lo Iottre& Je communauté de Chartreuse ‘qui conesne Landuin (® 5); il y a 1a tout un jeu de fontiments d'une admirable déticatesse : Lo désir quaurait Bruno d’Spargner & Landuin Ja fatigue d'un voyage, avec Ja joie de le gander si e'eGt &Lé possible, mais la crainte de Jv fete violence et do poiner les solitaires de Chartreuse; ‘is eel habileté elletueuse ave Iequalle Bruno charge fer sujels de Io santé de Landuin pour stro ear qu’alle ne sora pas néglige, et cette formulation dolieate de la mission (il lour conte: ereverenter coger» Bruno avait, une dime toute de honté : plusieurs titres fanebres évequent ce trait cher Ini. « La renommée nous fvait feit connaitre Ia bonté de Branoo, écrivent les henoines d’ York & « Nous le préférions& juste tite 2 Lous, far il était bom, diaent ceux de Reims ® A toutes les fpoques do sa vin, Bruno fut tris aimé des siens ot Ta congubte de crs amitiés fut le fruit de sa bonté. T faut: voir sans mul doule dans le déliateece ot a bouts 40 saint Brune Ia sourve de esprit de modération qui se Imonifesto dans s96 lettres au sujet des observances de la ‘ie religicuse, Cette modération s'exprime surtout en deux passages : Lun exposo & l'aide d'images expressives |i nicessité de le détente dans Vapplication aux choses spirituelles (1, 4-5); Pautro contient tout un enseignerent Sir la modération 4 garder dans Fasctse materiel condamnant avee fermelé les pénilances qui. seroient 1, Tine fneves, no 2,112, 140,178, dons PE 182,88. 2 Tite n® 138 debe Cathécrole JY are, 1 Fire a> 99, do a Meeopole ao Felis 0 INTRODUCTION Aéroisonnables, equod prorsus improbandam est» (2 5), 1 importe de soutigner avee nettels oatte eagesse, L’etude dles nombreux essuls d'érémitisme au su* ot au xu elle montre ordinairement ohes leurs inititoors uno tondence 4 so porter aux oxtrémes, Aussi est-il tout @ faib cazacté= ristique do voir la pendération de saint Bruna expsimée si fermement, ur cos questions. Ft quand il conebde aux: siens quclque chose de son autarité, c'est eneore dans 1a méme perspective, pour que soient mieux ssuvegardés Véquilibre et lx pradence (2 5), De méme, quand Bruno) veut convaincs® Raoul une chose qui lui tient § ear, il fait sppe) d’abord & 10 vertu do prudonco de son am, pour juger de to force démonstrative do act arguments, plutat qua Ie soule force de ea propre conviction (2, 55 10.1L.). Use trouys donc cher saint Bruno beaucoup d'humanits, | de sons de la mesure, de doucsur, de tenilresse mame Yoili un preonier aspect, fondamontal, de Usquilibra de sa personallié surnaturalle Le meme équilitre apparsit dans Ie cheminemont do sa pontée, On ne pout qutadminor lo justesse do som ari ‘mentation : lee raisons qu'il met en avant sont ion oles ui pouvont ct doivent toucher ses eorrespondacts. Quand il sladreste & Raoul, il faib jouer selon un dosage tees ‘équilibré la crainle, Vintévet, Vamous, Le reiscanement suit une construction syméuigue, «par eaveloppement » 1. Appel au motif do omour (1,2) 2 Appel a Vintéret supérieur (1, 89.10) 3. Appel & le oreinte: (1, 11.12.14, 2. Appel a Pinter (co qui est utile») (début de, 16) T. Appel fnal 4-V'amone (1, 16) Bien entondu, cela n'oet pas d'une rigueur géométrique ; par exemple, une potite insiso eur la erainte se fait jour Gu milicu de Fargument d'intérét (1, 8); mais au fond, 4 cot ondroit, Bruno fait moins appel A un sentiment de crainte qu’ une eonsidération naisonne nar Vimpoesibilite | pHYSIONOMIE SPINTUELLE DE SAINT BRUND 51 de vsster 8 Dew. O11 a done bien 1 apg omour; Sey ig raion (alert). 3 appa as eenmont we 2EP pula rlou ivan, Néansim,jnt a ere rervetguiunt do erinte vo trouve vee sue ine Gul a ieieaor den etre settle sage! de There se ge ye Sogalant divin sou » Bao o tans Dt fa Pos des doer Bea 1) Go hn gue Iona pout tila quo exit Broo commence Oa verter, ena bed argues Scent Fr cuompscolderie por plac Pevcaton de amour dacs ropes tuehe orate Roc Cx x ele eset. peyebelogtrliseum proton de sit Brun, tieigtnent Sela srinte a 26 pled 0 robe ew A Septal comme le damier oUt fale vali unt ls ceux. promits ne. powvens sul; opts Fivoir ebvenppé ater Inngomeat, Brose remonis ux Afments plus, loves, ngeanh par Vamour, deat la Sapeaive no Va pos qua nist ily a pus oncre ¢ au moment memo of sint Bruno frit puree enc d nse din, trouve le moyen ATinaver que eee cle ne quo alle Je Amour ‘ra qe Da et nous oa ira consteration promis par ose et ed rapa pi ae oun» 4) Rats et tot fal Uhdloggue otf boo On vit au Tecan dane la ponte de saint Dr, 39 sop altnent an pretin de amour: alle ot woe erate Teli, du meme crd qoe calle ul Sexprime en teat passage de Tortoe. lle repose sur on sens tes Wit de fa Mojo divine Bt ane lb wet pas sues Mitrument uo arguinent ad minor date & Raoul tovrplure db vans chee wit Dune utmémoy ll Somapont Aum asment de a apne costemptsy Le ontimeat dos aut soars de Die, cL avant out A son drt & sce sev ot aders parla edatre, eal pes un des mobiles fondameatsi de Pentaée dno Ia vie Beeitiquc? Bu cea poorqolssst Bram, lors a ee INTRopLcrion appel & Varo ‘to Dieu pour inciter Raoul & choise la vie contemplative, éerit quo ect amour est juste (l, 16), Dans eet ensemble, ta sivérilé apparente de plusieurs apostrophes adressées & Raoul west done de la’ part de ‘salt Bromo quo le désir constance of persévérance (1, 4), une attention sentenue dans lassie cvietutum germina. jnetanter excolere» (6) I feu dans Ja solitude des Ames fortes, ire, dinposées au combat (1,6). De méme, ce qui donne tant de joie 4 seint Bruno dons la maniére dle vivre do5 pres ce Chartreuse, c'est leur énergie dans Papplication A une observance assex rigoureuse, Quand il parle ot agit PHYSIONOMIE SPIRETUELLE DE SAINT BRUNO 53 on , 4) ; um pou plus loin, on voit quo pour lui lor athletes (1, 16). L'importance de cette attitude d’ame est aussi 7 Time wet, ae Saint Quentin a9 Besuvas M vrRopUCTION ‘mise en rolisf par Vusege trés frequent du mot pulclrun, ov autres mots semblables, affoctés soil 4 Ia vie contema plative, soit & Dieu méme (v. g. 1, 16) Saint Bruno fait connatire une option fondameotal dle sa vie, lorsqu'l affirme le primat: de Tamour sum le services que Raoul sezait susceptible do rendre dans J vin active (, 16). Cest us choix transeendant, qui ne paul Vappuyer 8 propremont parler aur une argumontati Jogique : om ost pris par Vappal du déaort, ow om ne Les ‘pos }. Bk de fait, toute Ja lottre de sainl Bruno & Flac = creat peut-étre son intértt Ie plus profend — caractérise Ja vie contemplative per son pouvoir inteizséque de stduclion, Crest Te sens des symboles Dibligues das par graphes 67: Je Qdoat ds paragraphe 6, ot au para graphe 7 1a montion de la Sunomite eb Veppliats qoi en ost foite & Racal, montront avee Svidence combi nx yeux do Bruno Io vie contemplative est aimable pou Phomme. Lid6e est exprime avee coneision, & la mani des poraboles de l'Evangile, et cette sorte de myst contribae & suggiver le pris Iranscendant de cette vie phrase sur Pamour de Jacob pour Joseph et Benjomin, pe Ta mention de le meilleure part achavent Te paragrephe comme en un silence mystéricux, um appl & la méditation, On pourrsit rolayer encore nombre Wexpressions dans la lettre d Reoul our ce pouvoir de séduction dela vie conta pletive 2. g, obleclamenta (§ 5), anoribus (§ 0), neran ‘esol qué cxperki sual (§ 6). paradisifrvelibusvese |38), ete Sint Brano a vraimeot euellli en Chartreuse ces frit iu paradis fa preave en est dans Io ton mime de Ia Ist 2. ta communauté do Chartreuse. Elle beighe dans ui stmosphiére do joie trés haute ob tris pur, & lo foi fexultante et toute soroine. Ce climat de joie vraiment 2 Le paragmapho (18), 8H devas tee vas ationatrati Iogique comparsrat une fate ang te neachnsrent eer ena vit qu'il ne dealt pls y avoir de prove ni derebovagues. PHYSIONOMIE SPIRITUBLLE DE SAINT BRUNO 5 slmireble fait Te principal intérat de Te lettre, On. pense @Ppitee do saint Paul oux Philippiens, adressée oMle fausi A des fils trea chora. Gest une joie toute paciée : fen exprimant aux solitaires do Charirewso un. désir trie al de les revoir 2, 6), Bruno ne laisse paraitre aucune ‘merturne de Ta séparation & laquelle il fu ais contraint Je snerifce a 62 pleinemen', accepts, ef maintenant Te faint cat tout & le jole % Weel ine jote dans ta grdce® une Gesonnaiseance extultante envers la miséeicorde divine Toute gratuito :e'eat Ib un signe de ea haute qualité sur- aaluralle. TL faul encore noter, a sujeb de 'amour du eontomplatis| pour Dieu, combien Bruno le veut pur de toute attack Ti aime ajouter au mot d'amour wne épithéte qui le earae- Lirise : pur (1, 6}, elusle (2, 8): perspective de virinité spintaelle 9, qui envisage Vame eorme vraiment détachée th siparéo do tout ce qui n'est pas Dieu seul Un autre charm de ta Iottre & In communouté de Chartreuse. cal A'voguor duno -monibre tee vivante VFatmosphéze dans laquelle on vivait on Chartreuse Landuin est un prienr profondément. affectionné & ses sujetsj ceuscei ui rendent de leur cBté um méme amour 3 sie vont «eontraiodre respeetuensement » lear prieur 3 se foigner, Gela felt entrevoir uoe vie toute familie ‘Atmoephare de forveur égoloment, comme on le voit par Jn pioetion do Landuin qui eroint de nuire & catte ferveur sill eccopte des dispenses (2 5)- Dans cette lettre tres intime, les confidences de soint Bromo nous font pénélrer au cour méme de sa ponsee sur la vie paligiouse que doivent mener ses moines. Il 1 Pawitrs y ett quand mame une uence Imprcep ttle eave Gann To rot eno quale Landuln + beteonay, parce fui it aupets ds ie commits ce Cnatrose 2 Oh Bs. 18.16 3. 1S Can Jt, Bet 8 Taoune, 1814 @ 15} 8 3 8a mrnopuation fendi per exempe, sorter un & uo’ es tormal Sirichor quill omplos au nfo daTohescanee : on sent pasos le dam a vi pistol, ear tcl ion a In lets on nachav pat tanner, puns ce oy cat mal te scoaes aly et vitae fo pig re Serkss Tacsompegsent, uri, ptieve, ssl moor tvs pur de Dien. Getta por elle aor es rag foltent Ts fruits vivaats de leur vr caotemplateg 18,3) Lobasnonce oni mite an tout premier pln sea Tondstent mene ri levee un obeusanes on lg Glal6 — dot pposse sur in ve do eats emmnnnetd do solitaire um ethatout putcul: Quand on eae Yorgnialion de Invi estes armies Tepe at n'y leouve pas en genes paralseent mi sur Tobesoaiee, Cerianes pratique — Ie péntioncosusrgatanes, pa ‘rape oot lin liber de chun Post Bre At pour Gules opr hs Hebsscnce et itu ong tous la scrces? Guigue evita dans ls Cantar harrow que parle wal en Ge Podesta le ee ‘ances rcs ello wt done defies Uatalensignaent ost fit un solitaire expésinwath Dans lee asx Charen, eu fi ps sea rote expisimne aft an toute spt omm l Carat fail dans Intro & Reo Ql pane don hose Ts sus aun dole ‘io contemplative eu do details retnoen on nt gue Hut ve 8 wie Ain de os uci ligne nr la pate de ta yocation 8 3) sa doute at-il vu autour de Tul bion des échecs, tied fait. ta soli, ajourthut comme dans Te pane ae ant séviny pour let deo voeaions, Lb ntl pat roach Innate dant son dolor Totissanen al a enpoe de qtr Gerteese pourle tite ds eoussonce 2 quo pouvat sre In pte du tlen edie de i lta? eat nkéreson etude Te rapport dee eomnshwance PHYSIONONIE SPIRITUELLE DE SAINT BRUNO. 97 i de Parnour selon sxint Brong dans les deux lettres que Sous avons de Ini. Bien des indioes font deviner, chez Fansion malire de Méeote cathédrale de Reims, un esprit lrvoutums & la réflexion, eb accordant une importance Jhon négiigeablo eu domaine de Ia ccapaissanee. Sa manibre tSine de dévolopper lee idées denote une tournure d'esprit peltement philesophiquo, ot cola méme dans de simples {élalls: om peul indiquer a tit exemple cos généralisa- tions fréquentes par Iesqueles, & 1a fin dum paragraphe fraitant un sujet particulier, i condense en une sarte de sontence uriverselle la legon qui sen dégage (x. g. in de 1, 5.50.15) Mais do e> polat do vve, lo plus signifcatif, ce sont les éveloppoments sur Cele (debut do 1, 5, 40 4, 9; puis 4, 3:10.15). Il y 2 la toute no philosophic — mioux ~ tute ome théologie : Bruno fonde Vorérs moral, et mem Ja relation suraaturelle de Uhomme & Diou, sur la nature inde des choses. Eat ulile ee qui permeb a Ta nature Clatteinde la fin que Dieu [ul a assignde ; et cotte fn es uno fin imtrineeque, qui donne & le nsture son plain selieve- ment. Rien n'est plue utile & Vhomme que da s'secorder favec Die, Aussi Bruno associotil & plusieurs reprises Ios notions de juste eb dutle, dinjuste et @inuite. So déioumer Ge Dien nest pas seakcment uno faute, ost tune action infoteligente per laquelle Vhomme se fait, da tng] laiméme ; el 4 Vinverse, lossqu'll se donne & Diew, Vhommo en est le principal bénéficiairo (fa de 1, 14) rmralo ot spiritualite intallostuaistes ob de eaveur august aieane*, On pourrait peut-tiro ve domander st eatte o pensée ge celouvest pos tod dane les Modieiane oe ouigae Glas tl qlee Dies Yat 6 M660 pope uA Dts agsupsment et sole ate ule dee ate nan home aa en dre 4 fit, poor trouver en propre ai {1 armee Doew (Q. Was, Rea ite Paes du Be Gui, ‘Ya, 1996, Penne cee 990971) ‘2 Voirde ane appel esas dela dente propre de ame a aytaopeerton ‘maniére do faire jouer le ressort de Putiité — est adi ddo Vintérdt supéticuremont. compris — ne conduit pas lune sorte d'égoisme susceptible daltéser le purcté el ohanta ', ot le paragraphe 1, 16 peut 4 premiérs sembler bien égorsle dans le motit initial. proposs saint Brono, poiférant Vutiité propre au service d’autn Mais ici comme cher saint Auguatin, on pressent que 1 ésir, en sapprofondissant, doit, conduire a le chanitl Dartsite. En eet, a moeuro méme que cm ésir fall pprochor de Dicu et le mieux eonnalize, on désoui que Dieu ost infiniment. plus grand et plas désirabl quiauoune oréoture n'est capable dy te dMsivor + il reate plus alors qu’® laisser notre dir co pordre on Die ct s'achever dans La pure eharite Gesl ce mouvement que déertt ta fin du paragraph (L, 16), expression az parte senliens faisant pressent Vexoédent infini de ta plendeur divine sur notes désig Aimsi_done eo paregcaplie, qui commencsit por une réflexion de tournare philosophique, s'acheve dane I charité surnaturellp en un Leis beau mouvement, Brung) passe lc plan inilial de sa pensse, quitto Vondee de Vat pour passer dans Vorire do Ia charité — anima sancl armoris flanime suceensa — et eouronne ee développement fen eilant on d23 plus beaux erie Pamour de Diew que contienne eriture. Co. qui commengait- dans ta nature Sfachive en plein dans la grice : continuité dont le seng eat fort profont... Ce paragraphe est un sommot dono la Tottro & Raoul 1. Gest poobloas au rapport entre die a chan, qui so pad ‘galement tonaivon it saint Angie { 2. Beas. 9, 23, S. Remanguons au pasoze Vunité de la pensée de saint tonne, 1 ge plat & tnalser sac ln continu entre ta nlava Ta sey 4 Yate dars elle, non no desteetin, cule un accompisremea fuphreur des aspirations ‘nr oe cel: sen dctongant ery, 1s son ote de juste iin nt de daueur env gut ponoerne DHYSIONOMIE SPIRITUELLE DE SAINT BAUNO 99 ee crisescns wusate Wh Parpech halt Fae ddan We luseacars a poutie® sorte ohh oil bie it ais ce n'est plus Fen ecw ee eee Boies mies cee ae feet ge Ran Vera eum tou ome et Sirs, fe comine on Te st, Los Gree salen: deter ar te mat ‘ef ister TWstcire do saint Antoine; i eraplote eonstarament te aon in ver ete acetone & an ‘caupioie souvent Ye Lecoe philoaophie au sujet de La vie des soltaires. ai o EvTRoDUETION ant de 1a contemplation est sign ar des termes q Appartionnent: au rogistre cogoilit : splendorem, ule tudinem (2, 16), Mais il es facile de voir qu'l s'agit cu connaissance d’un typo tout fei particulier, qui ne eaurai restor ordre. purement spéoulstif. Go regord en ai consiste le contemplation doit. biee conguis de haat tte (eonguirilur, 1, 6) : done il ngage plus que Vintellet, Vhomme tout entier. Bt c'est Je mime regard qui fait ve Diew et qui Dlesse d'amour le Divin Bpoux = sl est eapad e se faire simer do Dieu, c'est hien qu'il a opéré unt transformation, une purifeation de Vetre meme autal ire que c'est un regard de tout P8tre fonsiérement tour vers Dieu, On parvient & ce regard par le plona possosea o soi cans Je recueillement, (eirie etrruis, rere In se ot par la pratique des vertus (1, 6); méme realiame d expression si saisiceante, acterna coplare (1, 13) : Bru ‘herehe wne vraie possession, ine élsvinte ‘de ks réalild ternelie, Tl s'axit done en définitive dane eonnaisee wilale, par conformation & Vohjet, ot on méme temps da connaissance toule surnatorelle. Dane catto deole qu’ In colitude, Je seul « Magister» est lo Saint-Haprity ou I sagossodlernolle il stagit dune philosophic divine (1, 10) Lea mémes cemarques so dégagent le Ia leiive At commonauté de Gnartrouso. Saint Bruno insiste dams maniére qui attire Vattention sor Ie fait que les conv Mottrés nont pas seulement Tamour, mals aussi une vwroie eonnatesance de ela Loi sainte» (@ 3). La conaise sance ici mo pout éhre rien dantre que Tamour meme Videntitication est cette fois complete. Comme dons la Promigre etre, il agit dune conneimance ratistey altectant U'8tre © inseritit in cardibue vestris ; et elle est tonb enlitre surnoturello, puisque c'est Dieu qui insert Lislément cognitit — dien que ile type trés posticulier —- est pas liming, puisque saiat Bruno parle do reouallie, ‘apienter Je fruit des Reriinres: les fores comyaca peat quent lump vraio segesse. Tl est remarquable quo Vancien Matire DUYSIONOMIF SPIRITUELLE DE SAINT BRUNO. 61 cis; cides pour ta tloen di Peal all pon Me aroctrisor de ees alts para coma tale de le seinte Kerituro. Mais le fruit de I'Ecriture wale i vertu dlbiieance enogu comme resales Teta povteton sunaturae, De rte encore Bra Fest oh contront eve stereos gyovagues une SSetennent pas la dotine que colpertant =~ dtsine that born en nt apr sentexts— yee quis Solaprliqunt pat ne iment pa, La rit de pods Gn jt Adam fait du veto enero qu Peps ote ou Bront ait dane le nena, convertion Foronatspontantinent vrs os guetins vitals Tes nacqoenoe pratigucs 18) a déSive, 1 ppara onan as sks doa ai pom {at remargublo qu poo ent Bruno connate dur {Taine ct preter ealamo ot atome suffeimus copiosius viva voee prosequatur 8, Notiiearnus ergo dignation twee, quoniam id si ‘Ron Sngratum putamus, nos eorpore — ulin sic ment ‘valere, et quao ad extéricra pertinent satis esse pro vo 1, vezerand : venerai Pj 2. Romande: Bernardo P 8 Gon th 28 bot pata 82182 6. ex Ja 1 A RAOUL LB _YBRD PREVOT DU CHAPITRE DE REIMS* 1, Bruno, au vindrable stignear Raoul, piévot du Ghopitre de Reitns: salut. dans un esprit de chart teés pur ie vois en toi Ia Adalité d'une viele et solide amitié, autant plus belle et plus admirable qu'on ta rencontre his raroment parmi les hommes Car une grande distance {Ede Tonguos enméeo ont pu séparcr nos corps sans que Paffection de ton ame co détaske de ton ari. Tes lettres dovees, dans lesquelles bu m’as si délicatemont redit ton amitié, me Pont monteé, comme aussi les bienfaite s Tngement prodigués & ma personne et au frére Beenaril & faust de rei, st bien dauties témoignages encore, Je Feponds fi ta Bonté par dos aetions do gracce, qui ne sont teres pos & la hauteur do tas mérites, mals qui jallissnt, tependant de la source pure de Yamoue. 2 Je Vai adress, il ya longtemps, aver des lettres, un. voyagrur, asses fle en dautzes missions ; mais it n'a pat oneore reparu* ; aussi je juge & propos de Venvoyer Van des notres, qui exposera plus eomplétement de vive voix tout co qui me concerns », ear jo n'y puis suflce par fonts 3. de fais done savoir & ta digaits, avee Ia pensée que cele ne te sera pas désagréable, que jo me porte bien ‘quant 4 ta santé du corps el que, pour oe qui regarde les 1. Sue lg mee utes pur Patton de colt etre voir Mntee= auetie, 31-98, @ SAINT BRUNO Verulam oppose supplions divinae misericon nanuin, quae ot fteiors omnes znd nfrmibles mene ‘et satiet in bonis desiderium meum *. ore 4 In riba outer Calabrine cum fais reli et abquol bene erate, qui in excublle persste divin! ceapelan edit ohne apna confelin operon! ais, heremum ince; ab Romie Fetiathoeaigu sth rota, Do ct ane eringue tempers c eoepitata, val de plane am fata, iter montos in longum porreta, ub sua ea Bats ord psc, ge gman dean? Aut a Unique 9 eter ergot prospect, opacarema {etisin room, con aa nian, Hor famque copia, us sulelentenexplco? ‘Neo in deaun hori dverscumque ahora ut fortltan, 5. Verum gut his tutus smmoror? Ale qupps a oWectamenta vin pradeti qoticra ce tilor valde quia divina. Veramtamon arctiori disciplina studiisqua Spidtueibue anime indamior fatgatuy sees hn a 4 pevataate divine: vine pesutants RRNA bP 105, ect mnt. 9, 1, Dans S, Jean Cunvsosraun, Hepsi in Pea 22g 9, 19.8, a tours an divepeaat teat clos dn ta par de att de ual Brno des pe fixe one do (a nearest hebatton . ‘ge dee bt, pub motto Vemour dp Dieu, que ame efi dan ex Aertel paral ors de dota que sint ano faint Jian Glayedttowe, Mos Puniation ae borne & ets Seat sceee; dans (eda dea wSeton, Bruno ne sos pos ante 8 mire den mode Soot Chrssoneme ce anit tor ea pes goed asia ten noi rts un ple go maaveloppement un our avai ce eu oI LA RAOUL LE VERD, 35 oe owes exéroure, out a aus bien qo jo pois Lo die. Sere Dien guile sit de meme poor Tame Mais ulead dens la priéve que la divine miseionde gute swe iterare set cml dose ena mon de>, *hnbsa un ator nite en Care et asso doin detain bids es habitations des Bommaes fy suis avec ste ites slgiowe, dnt crtaina sont pleas de scenes Be ihontent tno garde sate eb porebverantes, damn extend eto de lee te, pou mn euvee de qa trapora ‘Grament poursabj pacer dignement do cette solitude, de aon ste egrxbly do eo air asin et Lempéré"? Ele fhe une plain vote o2 graces, qu s'llonge ctr les froagnes, aves des pres wondoyants ot des. paaragrs ui co fears. Comment dre Tspect ds colires Gus liventtégeroment de tout parts, et ls secret. dex lens ombragin 0 cole rofuin fs vires, lr ions tet sores? Il n'y manque x jor ious, Thovbreo aux fats varia ot bondant. 6 Mais pourguel mrareler st lonlemps eur cc 063 iyets? ty a pour Thomme tage lee pli Iss Gas e bien pla ule, parce que divi. Pourtant de als Spectacles sont sbuvenl un repens on dlassement pour Tlspeit trop thle, quand es Stigue par une rigle Iagueent, Brae #6 rlbee das n> eltution conse, vie wn Inbpisuinar est, pour fn Mat tee um oxpest a des coats ‘hu nets; dare Tenge de Ia eoteds, i sebve ps bout vars te ‘Ss do le ie antempleice gue Chrycertome. Ta ee qu acte 3 Yess Gee Soesion i'l let quill ae, A a sus dbgoeer de ‘eau i thine avai de trop genvontionge abe som mele, Cele ‘hnperaison eat fr fosturive none evans an exon exemple Go ie munis doal ter nuteure db oo temp, tout en a¢ eroyart ftraats a de titrate ot 6 ase gles easipion, savant Be cut Gienat Sen afranchic; en abinitive le dBveoppement oe felnt Deano, aia ek rogand ab Sou inspioteur, fll rectly we Dons res pesca n SAINT BRUNO value oe replat. Areus enim, si assidue sil toon enviar eat etl ad oiiun apts, 6. Quid vero eolitde heremiue silentiary matory sis ullttisjuouaditataque divinae contrat, aoruat {611 qui experi su, ie manque virs stress tam rdire ino ie! qua libet et habitare secur, vstotumngoe germina intent fxcolere atque de parach felciter trutibos ves Ti els ile conguiter, cujue sereno intuit valnralig ponsus amore, quo mundo ot puro emspictue Deus Ui otiom ceebretur nogolinum ct in quiet, pawcat actione. Hie pro certaminis labore repensat Deus athletia Sols mareedom optatamn iguorat + of guuiam in Sprit Saneto ace es Hache ila foros, polebre gpoct,« Jac pls diets, ict minus cru orex, queen Lie eundg ei lippas. Pausiores onim sunt contemplation’ quai beh Gan 3, 8, ace Tin 78, ine, b. Gh Gant 4, 5, Scena ay, 1 Ron 1 age de Fae ont Halt etasgu os Canines do Cutie *Taneedls Oe Tape tt cha Prnsry, SC 6p. 108) Ow te sane ut dna uno fat de Pton th 1, 0 cs Tam Vite sepiie Gib earoeeerimy ster tens mavens, ‘Ava cen un lye ll 8 Iadun ting et ttpani ar, ‘Ad nance sels a vedat i> ‘ost ndrescnt de pote oe propio ea Ln Suu ee Fob de Pond steno ee ce Su atten: appara yn Age Phase le eka fos eins. ios fore pone qu taint Dea Ta hue wean we A enigolt aces sieves tdergus dans fe epee dt tne 2." sores eign etter Soa ran ok Livre dvs Diseroc, dans Ti deel brea eel 1s rao au ata aretle nae pits un ata ao es oo que Tune a locum Aletoe sla eH tale 2. A RAOUL Le VERD, 55 n austire et application aux choses spirituelles. 8i Vere fat tondu sans relAche, il perd de sa force el devienk moins rope & son office % Pr do ut Je solitade ot Is silence du désort apportent ilité ob de divine jouisionoe & eoux qui les ziment, fruxcl seals Io eavent, qui on ont fait Vexpérionee La eo offet, les hommes forte pouvont se recueillir ‘aulant quis Te désireat, demeurer on enx-mimes, eultiver fisiddment lee germes des verlus, eh se nonerir ave Donheur des fruits du paradis ». Lavon slefforce d’acqué nteell dont le clair regard blesse amour le divin époux™ th doot Ja pureté donno do voir Diews, La om s'adonne ‘un leisir bien rompli ct Yon e'immobilise dans une aelion franquille, LA Diew donne & see othlétea, pour lo labour ‘du combat, In récompense désinge+ : uno paix quo le monde ignore * et la joie dans I'Bsprit-Saint * ‘Tle ext cette belle Rachel, & aspect agréable ; Diem quelle domnat A Jaesb moins denfants que Lia, i Ta préfirait@ celle-, plus feeondo, mais au regard vhs supe! spestatois ecu etovt secu», PE. 76, 196, — Dinter Tecuteir des Disogue Interoge ett Grogs + «0.26 comprents os bien os qa et ©Rablee eum. + BUGryabe ab pane oh gaent que fp sping ea rotant geval dee hommos fun gence (isis tcopiféent sen, ante protalre parla mesure do In pu et Nail de som cpt sort dogo de le lumi do la Contemplation... chaque fei gue, par un mowremant trp Tore Treen nove sonar coat hee de sve rtres news ccna fretorte qo stint eno eta I saltids. staves beaueou vprapee que siat Dreno zepread rama formu pour ater ‘Le ayibils de Li, lnpie osu, et omploy® & pasioure soprins pas ant Goes pour eg Ta vie aetve © pps, est homme dont In var rat obicurie pares cuvies de ext vib abv, Cttdine dant Voxprt «ole moins hen ke reales slocaaie (it. eg. asus, 0 Pars cap, XY, PL 71,25. — Morale in deb, Lib. Vin PLT 784. — Homitae tx Bzehi Lab My Mon. 1, n SAINT BRUNO actions fits verumtemon Jouph ot Benjamin plus oe fratribus a patre dilecti. é ace at pare ils opting quam Maria cll, que auferstar » : ce Ferg te Saneils plang il cola noma sus Inpel report, quae David vio overt seer ealefacerot *. Quam tu, mi frater carissime, unice utiz 4 Sitges, wl ej stoploxbas toton divine eelree arom aja saris seme amo Uo ined, mx ace Mla et blanda dbcepii gloria mond Uli sondert, al ciate oe, en se omrne, Terje fncaon volupates fairs, prs aeque copra -moque nocivas. 4 i 4 3. Novitnaroque prudent twa gus dlcat: Out srundin eeu quae sunt in mundo —~ quae sont ele aris, concipiscentia eatorum stque ambit ~~ mor farlas Pls Ineo; oem! Qt nies mandi ha inimieus Dei constituitur %, Quid igitur tom iniquum, qui fie insanae ot procsptatao mentis, quid tam est pea tlceum quo nfl, quam conta cum cnju pen ero cujans bam fone segue to alse mons exereoe elle? Nunguld fries io eanue NNumnguid quia ptienta pleats soa nor modo pean tenlira provocls,ijuree contemptus au tandem 2am eet? ud enim ot pervensus, qld tam retioney iia pts rtram npn qm ce lus aligoroquom creatarem plus peitre quam ater plus terrena quam caelestia soctari #? . . ©, Quid igitur agendum cones, carahme? Quid, ni 4 pradetia toe + Ya prudent P A Gh Chr. 28,10, 7 4, Of, Rom. 1,2. 4. Ch In 1 4. A RAOUL LE EAD, 69 2 ‘Les fils de la contemplation sont plus raras on effet que Tex fs de Vaction ; eopendant Joceph et Benjamin sont, chéris por lear pére plus que Jeure autres frécoe. "Talo est celle meilloure part, que Marie a choisie et qui no cova pas enlevée 1. Tolle eat la Dalle Sunamile, cele vierge qui soule dans tout Ie pays d'Tsraal fot trouyée digne de choyer ot Gohauffer Devid doveny vieux®, Comma je voudrais, feoce Inés chor, que ta Fairer par-dessus tout, afin que réchaullé entre ses brés, tn brdles du divin amour. Quo (celle charilé vionne & s"établir en ton ccaur, eb bientot, In gloire du monde, ectle caressante ct trompouse s6éuc- tribe, te parattrait‘mistrable ; to esjotteraissisément les Tishesios dont Ip souel alourdil Vame ; tu te dégodterais ties plaisir, ab ouiibles au corps comme & Pesprits A. Gar ta prudonce no courait ignorer de qui ext cette parole + eSi quelquiun aime Te mondo et ov qui est dans Te monde — la coneupiscence do Ta chair, la eonveitise dos yeux ok Porgueil — Vamour du Pare n'est pas eo juices et collect : «Qui veub élre ami de co monde so rend enneri de Dieu» Hst-il done plus grande iniquits, pire folie et chute de Tesprit, ehose plus perniciense ou plus molhourease, que de youlvir te melice on guerye onto celui dont le puissance ost inrésistible et la juste ‘vengeance ne peut élre 6vitéo «? Sommes-nous plus forts tque ui Si pour le moment ea bonté patiente nous excite [la penitence x, ne vail pes @ la fin punie les injures do foux gui le méprisant »? Qu'y atl on ele do plus pervers| de plus contraizs & le raison, 2 Ia justice, & la nature rémo, que de préférer Ia eréatore au ergaleur 4 de pour- suivre les biens périeeables plus que les biens élernel, ceux doa terre plus que coux du ciel 12 9. Quiasia intention de faire, mon ami trbs cher? " SAINT BRUNO shay cos vise cxsdere etal» quae tara oe ie teats in conmay dita vere Pe one get aber oneal eine geri on gtesmae st ins labor’ st” coma distendi ¢, sollicitudinibus et anxietalibus, timore at dolorg: pro coneapiin incesnter allel? Quod wore, ons frevius ques quod mentar eublin digas sae e inion depts, quod et iajusitn ns? Pegs fern he nti ion rte aster ‘tempeate mundi baju in item ella po stationem. : a 10. Neve oan pradenia toa quid obi 5 etn tn guid noble Sepa tpi dant + Nis qu remover mn ean poll ton poll mess ce diputiss. Quod quam, pushee Kam si wil qonmgueucuoduma in tsk gj discplon Spritn Seat) nanory dvioamgue ald hurler que sla dat eeiteina we, ca fut | 11. Quepropar ope pretium et ii retin el igen examina praontiom tunes perpesdes quod, stamor Delt a Titty ot tontrun praemtcim Cllas now proven siem acess oir poenran hee te compel debet. * i a 1B. Ba mmgquo’ que spans 2 eponsone obigaus es, eb cul Orniotens ent ot eb oi tps mann pats ee nmi ceptable dow eat nes ment Hela ‘pot; neo nin ptt bein de 78. Remini quippedietio fan quo cam gp 6 5 ool? AL6 dome: mattam p 6h 11 Thee 2, Gk Bea 10, eb 24 12, >. dah, 11, 88 6 Ch Beet 4, ele 4, 33 a tot oo 6 7, eh 1 A RAOUL LE VERD 9.1 n ‘Quoi Gone, sinon croire aux conseils divins, orcire & Ia Geité» qui ne peat tromper? Car olle donne co consol) & ous : « Vene2 & moi, vous tous qui peinex eb ployer sous Ir frndoou, ot mo; je! vous solagerai®» Nrest-ce pay une pins par trop ingrats et sténles d'étre tourmenté * par Jo concupiscence, affige sans cess par les soveis, les ‘anxielés, les eraintos ct los douloure engendrés par cos dgsirs? Que! fardean plos lourd que cebu qui fait descends Yame du faite de sa sublime dignité juequo dans les bas- fonds, au mépris de touts justice? Buis done, mon trace, toutes ces ioquiétudes et ces miséres, el passe dela tempeto ide ce monde au ropes tranguille et sdr di port 10, Ta prudaneo eomnott ce gue nous dit la Sagesso elle-uéme + «Si quolqu’n ne renonee pas a tout ce qulil postds, il ne pout étz» mon disciplos. » Quine voit fombien il est boat, wlile ot doux do domeurer & son éeale sous la conduite du Sainl-Bsprit, pour y apprendre 1a divine philosophic, qui seule pent donner la yraio béati- tude? 11, Tl est done important pour toi de considérer ton dovoir aveo um soin diligoat. Si invitation de Famour ne te aullit pos, si le porepective do Diens aus uliles ne te lioule point, que du moins lo ndcessite ot In rainte des peines te coniraignont. 12. To sais en eff quelle promesse tas faite, eb & qui. Test tout-puissant et Larible, le Seigneur augue) ba Vee consaess tol-méme en ablation toute ogréable ; ce n'est fal permis, al ovontageux de lui mentic, car il ne souffre as qu’on co jou do lui impunément « 18, Ton affeotion so couvient do 0 jour oi nous nos 1. Saint Jou Ghryeotors ce sorelt tréqusmment. dane es foeger ia vie aneuastiqns de rage ou pert tela ot sr ‘ome symbole de a salltade of viveot le menes. Salat Crigase ait spa Je mdi ie eae dane uno aception ceente = pon? ‘able pont ett pint aude, ls a eommuneuié menss.iaus 70 SAINT BRUNO ut Puleuns Mncoulus quadom di simul fussrnus hortulo adjacenti demui Adem, ubi tune hospitebar, ‘i {als oblecationsbus ob pertuis anual hojus dll acenon de perma glrine gus aliquacdia ut opi tractayimus. Unde, dvino aimee teventes, mis vorimas alque daposuimus Ta proxi fog sea Telinguote el. acleroa captares ena monsehio Tota recipere. Quod et tm vicina perectum cael, Fleuios tun Romem abit ad cus reditar per fonda distutimus. Quo morom fesieate esque inter Sabo eos, rig acinus Grant em aid ergo amperes, care, sit 4 tal ei ribus te ius expedite, te pro tem grav tang dintarno mendeit ermine ium tacuros Ponti Ber ction ime? ule mamgue peta ihufbum reingutet ab « quolibet st eubdito dotsu rum ly io magn at mons et preil? Quapropter credo non ii, xed ila, owe Spistoh Sanco dion: Vovl oll Donino Doo var ores qu in celia jn ee mans: tebe egal aft spit pep errili epad regen trea. Aula Bomiuumn, aude Deom tou; suis triilem ot autorentors eptal Prine)pum, aus et Lordlem apud ug ttrs, Cur he 2. promis: poi pial eto C8. diva ta agult MC] 9 mane" Unto uo flee Aman rma gun pe re Ch 1 Tim. 0,12». Gt. ath, 24, 12 P4751 1, Sur Ia penne oe Pein: vole en append ao pendoe 1s Ba Bs 1a are sare de tonne ns js non onaa# Nour crown promis 2 PBrprtsain «Cate rosea el ‘ipa trngs, went poe bebo Ge de az Toa Tat L.A RAOUL LE VERD, 1944 "7 trovcions ensorible, toi, Foulcoie Je Borgne* et mot, dans qe petit jardin allenart & la maison d-Adam ob fetes iors requ. News avons parle pendant quelque temps, reves, dos foux aitrais ob des richesses pértsables do 0° Hondo ot des joles de Ia gloire élernelle. Alors, brélaat Hamour divin, nous avons promis, fait. vera, décidé de {qlller procheinement os ombres fugitives du siéele poor Rous imetize en quote doe bions étemnels* et recovoir habit monestique. Nous evscions bientOt secompli ce projet st Foulcoie w'élait alors parti pour Remo; mais Rows on avons différé Vexboution jusqu'é son retour, Tl terde et autres motile intervinrent ; le courage se refroidit le forveur e’évanouit. TH. Que te roste-til done & faire, mon ami trés cher, sinon de te liborer eu plus tot dune telle delle? Avtre- fonnt, coupable dum monsonge aussi grave et. prolongé, tu encourrais le colere du Tout-Pulssant e, par suite, Ge Lemibles Lourments, Quel eat en effet le souverain qu fo lniserail frustrer par n'imporis lequel do ces sujels fun service promis, sens le punir, surtout si ce service flail oo your d'un trds grand peix? Aussi crois, non ypas & mea parcles, mais & calle du prophite, bien plus & felles du Saint-Bapritdisant : «Bailes des veux on Seigneur votre Dien et acquitteztes, vous qui Pentourer. ff Ini presenter os ollrandos : au Diew terrible, & celui qui teint le sovle des princes ob qui ost terrible aux rois de In terre ©.» Bntends, cest la voix du Seignonr, In voix 40 ton Dieu, Ja voix de celui qui est tonrible eb qui stoint Te coufilo des princes, 1a voix de evlui qui est ternble aux Satu api, rai eat EspeSesnt gal engage Pane & chee Ale fu vo fut ¢ Dio, eon edt pl lola Sal Bruno, Ea fl tention du Sata Egat est endeot ne ge trove dns aucun eure Tmenussny va ot ste intros par contamination di texte & Dic defo ete du pempalaaie ae Tes al avail fall coll ition at tetion dole ittre de saint Drone donnée dane cm monte 7 SAINT BRUNO ee ee. redere promissa® Quid vero raddere gravacie quod sale ee ee cen tua potius quam illius cui persolveris accum i 15. Quocirea non te detineant diviliae tallace a inp ile eat nr dia proeposttal feo non sp aga adainbtar peat pinoy Alas iene, dintan sinless ithe pose a eponi vusus convertere, ut pace tua dicam, tam et oe oe ee soprtem Nols malamque sone scien’, Sead ‘cum tna quae ex justo baboas non suppetunt, necesse ax i auaaso pets ena al quod tie Ingase) Ga Zon hs encoun caierion Mite eg ee a oe ns tee pte cop eo dona arshiepituplnocesstudina, qui plurimie co eee Tia facile dantur22, a civina revoceris cacitate, quae ‘a eS tamgue ule, quldve humarce nature’ ic une congruum quom diligere bonum? Bt quid aliud. ‘as Sonu um Deas? nw, gu sad Dimom ri ata as? Undo ames seni hun bat inomonertal Ce sielns untae eee Deum fortern ofoum; quando veniam cl ee au opparelo. a 10, 8 om, PTD, bebons saber Pf 12 a amie ie rile tos sponstone 4073, snmmsee humeass Bon ‘ Ch Bes. 9, 7 Beck be 4 Pe ais. Pe 6 Gt Jaci 10, 1A RAOUL LB YERD, 14-16 » ois do In teree, Pourquoi Y'Esprit de Dieu enseigne-bil wiee fores toutes es choos, anon pour te presser vivement Hacquitter les promesses do ton vu? Pourquol cela te Lil c'sceumplir 1m yoru gui ne to fera perdre aucun tes biens et ne les diminuera meme pas, ot te procurers. fie plus grands profits qu’a celui envers Iequel tu ten oquitkeras? TS. Aussi no to laisoe pas zotente par Tes richessoo trom: eases: elles no poovent supprimer nolze mistre smi par Th digoité de prévot : ollo no pout dtre exereée sans un fracd.péil pour Mimo, Gar, pormets-moi de le dire, ¢9 Seat un sete aussi odiewx qu'injuste de détourner pour fon propre uiage les biens dont tu es seulement 'adrai- hatraloor, non la propriétaire. Si le désir de Véelat ot do Ta gloire to porte & ealretenir un grand train do maison, A defaat de Lee bione Ligitimes qui ne suliraient pao a felis dépense, no te faudeo-til pas Pune maniére ow ‘une aise dérober sue uns ce que tw cistribueras aux, fautres? Ce est pas ld un acto do Dieafetsance ow do Tiberalite. Nul acta n'est charitable, en oe sll n'est juste, 16. Mais je désire persunder A ton offection de ne pas 1 laisear Cloigner de la divine chavité pour lo rerviee du feigncur archovague qui a grande confiance on tes consel ‘ch sappuie sur ows. IL n'est pos Facile de donner tovjours fs conseils justes ot utiles. Llamour divin ost dantant plo ulile qu'il est plas juste, Or quot de plus juste eb de pis utile, quoi de plus inné et convensble & la nati hhumaine que daimer Te bien? Et qu'y o-tal d’anssi bon que Dieu? Plus encore, y a-il un autre bien que Diew foul? Ausei me eainte qui a quelque sentiment de ce bien, lo son ineompareble éelat, de sa splendeur, do ca beauté s, brile do la slarome du eéleste armour of sor lai solf du Diew fort of vivant, quand irai-je voir la fee de Dieu?» * SAINT BRUNO 17, Tina rater non onp . : 20m epornaris sea moneatem {sin sow aura audio eure ver, San San nar dederiolongucquscnspctal io msn ster ikelistine, a6 date mo Ue aaron tea sellicitudinibus atque timore. Ns a am si ovoueiy que Des vert 2, impiem dtm vl err 26 Tenors vita, me entinaa tesa ane lee a ‘Consclations tahescentem relinques. a 18. Quopropiar ate oxerte ml rpetrat expla ‘vel cause orationis ad canctum a a Nicolzum et inde uaque ad er venie digneri, ulema siden" : stata rum retisran ne lon onsen ee quae ail commanem vliatem spetatt mote vin en tractary possimas conde in Doming quod non tole ite tantor itinaris sien labore: 1, Britolaris brevitats exert modom qui dum ty conpore presenter habere non pom lee sermocinando tecum morabor?,, . Ne ae raeniatemn tam dy tnsfumen, nostri? vigere sedulo !? exopto. ‘ Vitam Boots Remipi una i ub nobis tanatiats or, qin fm Partibus nostris nunquam reperitur ®. Yale, s: ‘memorom consi HL ubgue anes: tos weque Pf 18. vida; videne © ten te to ven 0] 17, Eplllus te bd morebor om mors consi noi wm PI aati msi vee voll tomer coe HOY 19, sole om, Pl 0, Vilan arpa ropes ck 4. A MAOUL LB YERD, 17419 et 17, Puissestu, mon fréze, no pas mépriser Vavertissernent hun ami. Puiseoo-ts ne point faire la suede oreille aux paroles de l'Esprt-Soint. Puissoo-t, ami cher entre tous, Fomblec mon désir et me longue atkonte ; que les eoucis, fos inquidtures, In oceinto ne me tourmontent plus & ton yo Car, s'il Uarsivait do quiluer cette vie— Dieu veuille Von préserver — a quits la dette do ton “yivu, Lu te leiseerais me consumer de trstesse sans aucun fespoir do consolation 18, Gest pourguot je Ven prio, exavee mon desir: digns ‘au owins per dévotion vonie en pélerinage a Saint-Nicolss, ‘de B jusqu’a moi; tu verras celui qui Uaimo plus que tout autre, et nous pourrons traiter ensemble de vive soix de Plat de nos affaires, de oolre observance religieuse fo do ce qui ragarde notre bien & tows deux. J'ai eonfianoe dons le Seigneur que tu ne regeeiteras pas avoir enteopris Je Inbour d’un si prond voyage. 19, Joi dépascé los boos duno lettre ordinaire ear, he poavant jouir de ta présence, j'ai voula du moins dlemesrer un pou plus eyee tol par cet conversation éerite ‘Je te soubite de tou cur, mon frtre, do caster Tonglomps en hose sant el de Le souvenir de mon comwell, ‘Jo to prfo de me faire parvenic Ia vie de saint Rémi, car i ost napossible de la trouver dans notre région. ‘Adieu. 2 AD FILIOS SUOS GAHTUSIENSES Incipit. epistola Vencrabilis Patris nostri Brononis quem epistolam in quedam Calabriae hesere cui nem ‘Turco est scrips et inde ad flios suo Cartusienses tran isi. j 1. Fratribus suis unis dileotis in Christo, Prater Bot ssluter in Domino. Cognito ratiouabilis el vere Isudandae diseipli Vesieae inflexiili rigors, ex erwbra ce dulci relotie Doeatissimi? frutris noetri Lendowini: necnon audits amore vostro et inocseanti studio orga ea quae intagritais ot honestatis®+ sunt, exsultat spins meus in Domina Vore exsulto et feror in Ieudem ef gratiarum sctionem’ Domino, eb tarsen* amare suspiro. Exsulto quidem, justura est, pro ineremento fruguin vestrarura viruatum nn autem doloo eb erubeseo, inertem ot sovordenn * jacana in sorde poceatorurn meoruen. 2 Gauidete argo, fratres moi carssimi, pro sorte bot tudinis vosteas ot) peo longa manu gratiac Dei in Gaudete, quie ovasistis Oueluantis mundi multimod pericula et nanfcagia. Caudele, quia quietam et ttt Stationem portus secretioris oblinuistis, axl quer et 4. beatin: Kassin 99] 2, Intl ot pense atis c fntesiats |, acilonen = aeenes NN] tan See egress M18 pate 2. CL Sep. Sin 24,28, be Ch LelyAR 6 LIT Co, 2 A SBS FILS CHARTREUX* Lettre écrile par notre Vénérable Pére Bruno. dans Yermitage de La Toue en Calabee eb envoySe par lt 2 ses file Ghartevus. |, Prove Bruno & sas fréees oimés plus que tout au ocnde dona lo Christ: salut dons Io Seignenr. ‘Jai appes, por les récits détailés ob si consolonts do nolre heureux frére Landuin, avec quelle inflexible riguour ‘yous swives unc observance sage ct vraiment digne Geloges ; il ma par de votre saint amour, de volre zile infetigable pour tout ce qui touebe Ia pureté dy cur ob Ja vorty® : mon esprit on exulte dens le Suigneur . Out, ‘raiment j'exulte ot jo me sons porté a la louange et aux ‘actions do geioos cavers lo Seigacus, et copendant je coupire faméroment. J'oxulte eortae — cela eat justo — & voir cilre les Traits devon vntuss, mais je déplore et je rongis de roster inerke et négligent dans la misére de mes péohes, 2. éjovissesvous donc, mos febres tres chers, pour votre bieakeureux sort. ef pour les largesses de’ grave divine répnndues sur vous. Réjouissex-vous d'avolr ‘ehappé aux flots agités de ce monde, o& s0 rultiptient lee pails ct les nautrages. Rejouisser-vous davoir gognt Jo repos tranquile et Ia sécurité d'un pork eaché : hosucoup 1. Sup os ras is pour Hediton de eater, vo Auction. 3 4 SAINT BRUNO venie? desiderent, molt quogue monn oon dst vi peveaia ena? Mal yee, poe Pot fuer, exch sal, quia ‘alt boro ota neem et deo, fetes mei, carom ae prota st whit qu uicuragae hos pia on xt bo, guncusagae a 1 arseit™ vagus tom dleit qu respec, conte salts enimoe suce sb foe i Beaty isin a wee ya apne! anima: nes Dominum, qua. mngallesal rbericoae sane sper vor Inlueoe secuntura ail tone pis vets spats srnoatisin gut ama loratar pro vob t goon» Gaademus a a quonia Guim acon itorran exerts st, potes Dove dig Siac in cordibus veces sn fom meren tb moire sentaslegissue, Oper nim stents du frais, quidve nonin; Ram cur sbedintinm vera rind cautee eh aindio ebnervatis quae est. exsec ‘andatoruon Dee hve tgeacuua tts epie mal sine de las pleine de feuseet4, qui oolportent lous éerits ‘ot vous glissent. dans Voreill> das choses quis ne com- 6 SAINT BRUNO. rmuuilantes quae non intlliguat« nee emant, ait \erhis et fects contracicunt, ‘Qui libs eyrovag Guotquct beni trellis detcahunt ee in hoe lu bilea putant, si laudandos infamaverint, quibus obedientia | ot omnis diciplina eet 5, Frat vero Lance mons nohicara deiner 59 preplr graves el crobrasinfinitats suas: aol qui al iil soot, nl jueuodvin nil tale ct lie com sa ‘ebisvepuat, non abguovt, rotstone mb in loermar onte pro vob emanante, ev suspinis multe, quent pu um ale et qaom porta cartote vor omnes diya Unde coactionom nulla faere voli, ne Laederom eum ut yen, qhoa cating peo mari tuum esr abso. Quoproplorsleritalom vestram eedslo mona et submine ntque obnixe prover, ut enritotom quam conde soatath eens opin psu, ute In pire pattem yostrum coke, osenielis, benign roride Subministrando quae sbi pro mullimeds veleladine sue ooeetatia cunt. Quod i vebis fn bor hamentats otal "on eonssncerit, melens povalitart de salute et vil Qua ttigud de disciplines crpuras vigoe omer, Goal provos improbardom est forstan erubenoet ats qu | Primos in mligiore st, in hae porte pestavon inven, Mreluens ne oecasione il alque ox vobie raniaior ve Uepiibe Ma, dod nallatencformidandum pul > ae Tjusgratise experts li, neatram ween i hoc tanta 2 ALA CONMUNAUTE DE CHARTREUSE, 45 o prennent pass, quiils nlaiment pas ct quils contredis far Tours paroles et leurs actes. Oisife ct gyrovagues Eieacteurs de tout étre bon el religieux, ils estiment avoir Groit A des sloges sls ant diffeiné ceux qui en méitent lute rig ow cbéissance leur est odieuse fp. Jo voulais gardor avec moi le frive Lami, & cause die ses graves ob Iréquontes infimités. Mais comme il tslime ne pouvoir trouver sans vous al sats, ni joe, ni tie, ni auctn profil, il n'a pas aocopbs ; see Iarmes abon- Gates ef ses nombreax soupirs & votre ondroit, mont prouvé tout ex que vous étes pour lui ob & quel point iL Your cime Lous d'une parfaite chasilé. Aussi o’akje woul ‘xoreet aucune contrainte, pour ne lesser ni i, ni vous, ‘qui mos ei chors & cause du mérite du vos verkus. Ces! Pourquoi, mos frérsa, je vous avertis sbricusement el je Yous pris humblement, mais avec forss, do avanifestar en. cies la chavité que vous aourriica on vos cours pour Ini, qui esl votre pee of priewr tr almeé, of de hu procurse avee dilicatesie at altention toul ep qu'exigent ses nom- Drouses infirmitis. Bouteéire refusera-bill ces serviers| alfeetucus, prétérant mettze on danger sa sanlé el sa vie, plutat que de manquar en quelque chose A ls rigueur do Pobservanice extérioure + ¢9 qu’on ne peut svidemment pas edmetlre ; mais co sora a0na doute pares qu'il roogit, Ii qui est le premier dans la coramunauteé, do se trouver le dernier sur ce point, eb parce qu'il rodoute db yoir Yon Wentre vous devenie plus Ieche el plus tiie & cause dda Mui, co qui, 4 mon avis, n'est cullement & orsinde, Pour quo vous ne soyes pas privés do cette pric, je vous tutoriee a tenir ma pleco aur oe seul point: Hl vous sera 1, Gycovagues + oinis vegabonds qui habitaion Ise emis contenu rane e Certs, slant sender ilo I Le vie ale «parols Be ane née pour ies prem eltaies de (Chartuey angus ge gue Peweqas de Gresete, sant Hague, ESTE 2 A LA COMMUNAUTE DE CHARTREUSE, 53 8 ‘vealrae caritati concedimus, uh liseat-vobis reverenter cogere ad ea quae saluti svar commedastis. 8. De ome, fratres, seitoLs quoniam wiki unicum ge Deum est desidesium venienci ad_yon et videndi EL quando potero, opere adimplebo, Deo adjuvante. Ve permis de Fobliger respectucuse:nen! & prendre tout 00 jus vous fui donzeret pour sa sanz 6 Duanl mei 108 frores, sacher que mon principal distr aprés Diou ost dVellor vous voir. Kt dés que je Te ji Ie rélisersi, avec Weide de Dieu, 3 CONFESSIO FIDRI MAGISTRI BRUNONIS Fer Megs Gros, quam comm miler ah fun protelatua ea, cum semivel appropingoare a orem ul ingredereturvian omnis eae, seritarn Yims serrate, eo qd sti time soparety ut de foram Deo tates esemve, Explielt Prologue Conressro riot 1. redo filter in Petra ot Pv ot Sir Sapetum, Pateem ingenitim, Pum unigeton, Spe Sanctum ox vlrogue procaiestem, et iss les Peso ‘um Doon, 2 Grmdo quod idem Dei Flue concept st de Spi Swoeto x Maria Vinglne. Grodo quod Vige casi Torrat ante pata, wig In pata, oe post potun in deternum pormansit. rato quod ido Det Ti censeton ante heme nk-orea home sine peal Gre quod idm Det Flas inde captus et 3 peal Sudesa, inure tractus, injunte lpstsy consul Aegeliots, nortan, sepa. Desc ad flern Coplivonsuos nde Herat Descendt propor rode Ch Bp. 4,0, PROPRSSION DE FOI DE MAITRE BRUNO + Prowocur, ‘Nous avons pris soin de garder la profession de foi de Matire Bruno, prononcoo devant tous ses fréves réunis, quand il sentit!approcher pour lui Pheure d’entrer dans fa vole de Loute chair, car il nens avait demande de facon ines pressante dre fea Lémoins de sa foi devant Dieu Hin du Prologue. Paoression DE Pot 1. de erois formemont au Pére, of ou Fils, eau Saint sprit: le Piro non eagendsé, le Fils seul engendré, le Seinl-Rsprit procérant de Tun ot de Yautre ; ot je erois ‘que ces {mis Personnes sont un eeu Diet. 2 Je eroit que ce méme Fils de Dieu a été congu du Saint-Bsprit dans fe sein de In Vierge Marie. Je erois que In Vierge était trés chaste avant Venfaniement, qu'elle st domourve viergs dans I'enfaatement el éLernellemeat vierge ensuite. Je orois que co mame Fils de Diew a été conga porm les horames comme un homme véritable sans péché, Je erois que co méme Fils de Dieu a été pris par Ia haine des Jaits porjures, injuriousement trate, injustement. (i, couvert de crashals, flagall ; je creit Gui est more, a éUS erseveli, qu'il est descendo. eux ‘nfors pour en libérer Tes siems qui s’y truavatent eaptifs 1, Sur os ane obits pour Pétion We exile Profesion de fo, ‘oe aroavelton p98 © SAINT BRUNO ionem nostram, et rovurroxit, oscendit od coelon, vonturus judicare vives ot mortuos, 3, Credo eacrementa quac eatholica eredil el vener Ecelesia, ot nominatim quod conseeralur in allart vert corpus esse, veram carnem ef veri sangulnem Dom nostri Jest Christi, quom ef nos aesipius in nemissic Peccatorum nostrorum, in spem salutis acternae, Cre is esurrectionem, vitam zetsmnam. Amen, 4. Gonteor et credo sanctam atqua inetabilors ‘Trim talem, Patrom ot Filiom et Spiitum Sanetams, umm Dean naluralem, unle eubetantice, unius nataree, unis maje totis atquo virlutis. Bt Pateem quidem non genitura, creatum, aed ingenitum profilemur. Tpse Pater a nul criginem ducit, ex quo et illus ativitatem, eb Spin Sanctns provesionem accepit, Fons ipee igitur st of ‘esl lolius Divinitatis.Ipse quoque Poter, estentia quid ineffabitis, substantia sua Fillum genuit'incfabiliter, a tamen allud quam qued ipso ast genuit, Deus Deum, hn Icem ; ab Ipso ergo est omais paternitas in corlo et tora, Amen. 8. PHORESSION DE #01, 24 38 est descendu pour notre rédemption, ost rossuecite, est monté sux cipox d'oi il viendra juger les vivanta ot los mort. 3. Je erois aux sacremeots que croit ob vénére [Bice cotholique, el expressément que ce qui est consaeré. a Taulel eet Je vrai corps, la vrale chair et Te vrai sang de noize Seigneur Jésus-Christ, que nous reeevons aussi pour Ia ranission do p03 péché ot en ospéranes du salut éternel. Je crois A le réaurrestion do la chair ob 6 Io vio éternelte, ‘Arwen. “4 Je contest et jo erois la sainto et ineffable Teint, Poco, Fils et Saint Esprit, un seul Dien natorel, dams cule aubstence, dune seule nature, dune seule majests fc puissance, Nous professons * que le Pore n'a pas été fengondré ai exé6, mgis quil est inengundré. Le Pere Lule tnémo ne tire goa rigino de porsonne ; do ul, le Fis regoit Te nuisance et le Saint-Baprit Ia procession 2 Il eet done sonree et origine de toute la Divinité. Et Je Pére,ineilable par essence, a engemiré le Pils inelfablement, de sa Substance; mair il n'a pas engendré anise chose que e qa ost lubmime : Dien a engondré Dieu, le Jumiére a ngeniré la lumiére ; e'ext done de Iui que découle toute Potornitd dane lo ciel ot sur le terre. Amen, 1. A paste de ost nds, sont «née» ta protsson eo Axcomste Tube ex gus xpligoe te prsege a premibrepeeoae Sha plats ie Grade conlls eat on fot digs lo promire Pica pane. ‘2 Untaenes de be préchion da Fiioque osplque par ta ate vena deals 7s Lo flfgve noe inet en Ocean 2 5 gs 5 S iNrRopuctioN 1, Vin ps Guicuxs Guigues, cinguidme grieur de ta Grande-Ghartzouse, roquit en 1083, un an avant Terrivée de saint Bruno a ifsert de Chartreuse, 1 étalt, Dauphinois, aun chalea flu diocdss de Valonce qui s'appelle Saint-Romain», dit fine chronique contemporaine : co peut Aine le village de in-Hlomein, aujourd’hvi Saint-Romoin-d’Albon dans Ja Dréme, au nord do Valence, pris do Saint-Valliersur- Rhone. De son entance et de ses études, on no soil rien tals il montrs dans ses éerits une cultur> excaptionnolle, ‘Age environ 2% ans, en 1106, il entra a Vermitage de Chartreuse. Trois ans seulement plus tard, il fut appelé per ses conféroe & devenie leur prieur ; dane Ja communauté $e trouvaion? encore trois det promiers compagnons de saint Bruno, dont Tum au moins était trés capable de levenir privur, puiequ'il le fut plus tord dans une autre inaison, On considérait sans doute déj& Guigues comme lam religieux hoos de pair, pour le préférer A tous a age "We 96 ans, Il devait resLer vingl-reph ana pricur do, Char- troose, jusgn'a e& mort. En L116, deux moines de l'chbaye bénddictine d’Ambro- nay, ayant ontenda porlcr des Chartreux et enflammés ‘du desir do la vie solitaire, obtinront de Jeur abbé dre relovés de leurs wirnx alin de pouvoir ombrasser la vie artusienne sur lx montagne de Portes, nen loin do Belley, tun pew & Vest de Lyon, Goigues envaye quelques raligioux auc nouveui eeroites sur Tour demande, pour les former aux obsarvances do Chartreuse, Ce ful la premiére fondation ‘Gai priludait:& ta naissonep de (‘Ordre eartusiea. Sept 8 INTRODUCTION roicons furont ainsi fondées sous le prorat de Gulu Portes, Les Esouges, Durbon, Sylve-Dévile, Dey Arvtres, Le Mont-Dieu: { Bais plus encore que Pesor des fondations tomporlig Peeuvre qui sequit 4 Guigues on ttre do roconneiaaif Impérssable parm les Chartreux fut lp redection do ig premitres regles, les Coutemes de Charlews, trea ellesiué entre L121 ob 1127 & Ja demande de quel Driurs das maisons #ish fondben. Ily it preuve di ‘hs gronlooxpétience de la vie contemplative on soli #4 d'un profond cornaisetnce des anciennes observa onasliguon cl des diverees gles dont il et eapean toxtes at graze de vie men par les Ghartroan Guignes est aust Fautaur tun roouell do Pens, Meditlianes, donk to fond comme le forme, dune tree dour ob d'une pesfestion achevées, Pétanissent ule ee genre at fu eisignent un rang A pont au ill d ‘teu do aon sigele. Geb ouvrage ost loin ele con Sultent qui le mente. Ensevel penal de slsoy ai une rédaction mutilée qui le défigurait complétement $f Gui ft publiée dans la Paolo i 68 socom do toute 54 poreLé sur in fot des melleore renoser Dein Wilma; tals oo demnier To malbeureus accompagné une traduation délectucuss ct d'une gris tation qui on fous leo edtsirebles perspectives! Ui aowvalle édition ost aujourd'hui en préparation pour la ‘alloction Sourses chréliennes. Tlle permeltra d'asturie & cette eure aionee ele mir Ghigues évivit dana fs demiéres antes dose vie ordre: du pape Tioweeat TI, Ia vio do saint Hioguce Grenoble, mort en 1132, Ox « conservéeusn dla ela lelizes qu sont objet di present volume. Ents om Ait uno dition erie des Inve ie sat Jéebm qui vient: c'étre retrouvée, t A, Rect es Pence da Dlenteseee Gain, Pass, Vein, MBB Vip De cuIcuES ” Bil ten erates vetles reece Boe neato dae os eae Se cece leaning ae Bou kschooeerdemreniont ati ee Esters aecona tga tones ee sere Crende-Charvne Sg ronarebio abe scsi den pore, Seri contin Beth son ale Vadrion aes comers ced tos cienie eee te onl Pr ike coartrane anomie do yee Scant Do oon mice ouch te eee ee Menta ovat Gupitede da conan acres measles un pals bee dan a Ota, feilon unlra pour Is Guroor de Fxpst. so Cis cairns alos Mala eon He teermn ion (eau par le mayen avec un grand Tabeur ‘Accablé de bonne heure de graves inflemités, Guigues movrat vere Iggo do 63 ans, Io 27 juillet 1136. IL avait tS Vine de lo Grande Gherirouse pendant trente années \iéisives pour FOrdre cartusien ob imprima pour toujoure A Vesprit des Chartrenx quelque chose de lui-mémo. (On a montrerai pas siMlsamment Io vraie physionomie te Guigues si Von sie diseit um mot des grandes amibiés| que ot valurent ses dons exceptionoels ot te Pinbérét fuscité dans le monde moneslique de son temps par Te gonro de vie dont il evait to fo lipiclotenr au désent de Chartreuse. Pior lo Vénérablo, le grand abbé de Cluny, avait fait Ia connaissance de Guiguss et des Chartreux avant son abbatiat, quand il ftait. tout. joune encore pricur de Tloméne aux portes de Grenoble (1120-1122), Ce fut fe début dune indéfectible acnitié dont il témoiga ch toute occasion jusqu'® sa mort. On ne pourrait en ‘appoler foi toutes les manifestations, mais il conviont de 209 INTRODUCTION ‘Vie DB GUIGUES 0 ciler Popinion de Pieere le Vénécable sur Gui qi Pexprimsit pres de vingt années aprbs ke mort ee domier : « J'avals déeldé — éerivait-l ew priour de Chartreuse Dom Besilo — de renoucr kee vous es sainten conversations quo j'avais ence ai acuvent autretois a ‘votre pridéeasseur Dom Guigues de bienheureuse ménait conversations dans lesquelles il m'enTemmait comme 3 ‘dos élincelles sorties do ses Bvres ei me condulsll TYoubli de presque toutes Ina choses humitines ¥...» Parl de Guigues & saint Bernard, Plone le Vénérable disalt d uj sa Tl fuben son temps une fleur unique, la flour Ie plo Glinvelanto de la Religion.» Et & Mion, Svéque ‘Thérousnng, il erivalt : « Guiguss, um pero et un matte dons V'Zgiise de Diou.., um des hommes les plus rem quablos do notro tomes.» Saint Bernard de son ete, recevant un jour une do Guigues, Ini réposdit = «J'ai lu votre lettre at que les mois que je repassais sur mes levres se foe senlic en moo coeur comme des étincelles, et mot este fen était: tout réchouiié en mol, comme par ee fou" 4 Noize Seigneur 0 apporté eur terre, © quel few brid do tellop mésitations dei, s'éehappeat de pareiles Bi ctlles#!» Saint Bernard vint visiier Guignes, sans do fen 1123, ob désormais il regorda les Ghartewne comme des | amis lbs chers, [La Chronique des premiers priems de Ghurtrevse asa de Guiguos : «retnarquatlement i ‘livines ef dans elles du aiécle, d'une grando aout dintek Ligenoe, dout d’ano mémoire excelente, d'une parole admirable, d'un don dexhorter tres ellicaee * » tin autre Sloge présioux, gui so trouve dans la Vie de einl Anthclme, ect Vcho do la tradition primitive de VOrdre au sujct de Vimpression loiseée par Guiguos + sGuigues avait éi6 pricur de Chartreuse, digne duno uémoire élernelie ; cet homme vénérable mérita d’étre fappelé Ze bon prieur par eeux qui ont parlé de lui, en raison doe grace qu'll avait regue du ciel, d'une doctrine pleine do doucour, Gest loi qui délimita pous TOrdee earlusien Jes lois of les observances précises, ear il Grivit Iubméme e Régls, quil appela por humlité lee Coutumee. T forma ses fils, le instruisant aves pradaneo ot vigiloneo, gar In parle eb par Pexemple, I) dispose tout ce dont il avait Avcccoper avec mestre, droiture et pidté. Ses avis étaient ‘bike pour tous ceax qui le eonsultafent. I Aizit en eff prudent et d'une admirable vivacité intelliganee + x 1. Adda Seasrem, ja, tne ¥, 290 pls, ob, VI, Bp. XL, PL 166, 488, plies Gib VI, ps UE PE 8402 ‘pttor, La. 101, Ep. VIAL, PL 138, 312, Fite 11, Be 90, Tos «Ea Gbrenigus de premiers Charteax sgn 10, IL, La connesronpaxce os Guiouns nous route nout lots de Guignes 1. A an inconma sur le vie contemplative en solitude 2 A Hugues de Payos, fonviateur cb Grad Maitre d ‘Temples 3. AU pape Tanboenl 1 4 Au due a’Aquitaine, Gullaume XC. 5. Au cardinal Amore, chancelir de la Sainte Gals 8. Au concilo do Jouerro 7. A Pierre lo Vénérablo, Abbé do Cluny. 5. Aux Ghactrews do Durhon. 0A Parehevique Tad de Reims La premitre de ces Ieites 26 délache netlemenl groupe des autres, Par Vimportanse do sujet auquel oll ft consesée, elle corstitus un vértsble manifeste dy Tésislatear do Ghartwuse on favour do le vie solitaire, Tees Ii autres lotto sont des srita do cieonstance, Quolguossanos entre clles 0 rapportont & doe fete scvxquols Iba Charteous 2'Gteient pas dincetomont mélés, De co chef, elles souléyent une question pour Uhistorien, Las Ghacireux vivaient tout a fait & Meare dar mondn a sfelaentssignd des regte Lids slices pour Ix protection de lear vie ermilique; Guigues tulméme avs cod ‘ou halon dant l6s Cansueludines Carlusia. Quolles raisons 1p poussrent a intorvenir por Ia plume du fond de 39. 1. Om poneraltaJouler & clin se une distme Tete, adres cov pape Limacont LL Maia cate Intro ea anene Lapa i prafee] 2:18 Vie do Feveque sat Muguos do Grenote,eerte par Culgues fur Vordeo du pape «ols sit insipanable do Veowre dot elle wet {Bruton be poral pv cana port ele EA CORRESPONDANCE DE GUIGUES 108 oitude dons dos évémorent toot & fit strangers 8 sa selGtinn? Les quelques litres dee. gore fur 0% done foretell tex mcceptnns ow substantia esmntraire come. lex vestes une corespandence importaate? Brats nénkisin Dom Wilmart, em état la ket au due e’Aqutaine, eugene Tete que, Minerveation Bt Gugora en Uoaurrncs ava te sollte parson Min Beenrd © Cele explication para tot & fa ra satbiate quand on te wuvint de Fastionontrepsse far Tabbe de Cltevare pour sbtenir Gavtree onecurs afin upper se tntatives amprex du one d’Aquitaine a0 re reutome cPAnacket en UIBL-ATIE® D'ileurs, ta aciny Berend ervit aux veges Aquitaine pour eeMier 8 tnnoent ou quand parla devant ea tinal Bede Pie pour ln mite toast mentiona hace fo A Pappu de son srsurontation Vopinion dex Gus, tovoedtes &leaoosnt Uncut ince Stunt reafiren cee hype «lations ceva Temple et 1a keire au conc de Jovare conor bite deux der véaements ane lsquls aint Borer tt eo dap de tauses os forens Ans croyone-noes Go {amie de seine Barnard pour is Gharteeme ob sn “Gnitation pour leur pret it inpierent de Gemander Gulu dtatervni co st verses cronstenes fn uclqus lives de Guigvos ont & jogtos sex remerqesbas pour fire conanrten. Goat aa que He Shanes de Suin-Viine gance ave sf tie a8 tenato do Jourre emescat le mesrre de oor pote Thoma: sta par eos qarall fl poor Ta promite fs enue pongo sacs apres, Cla donne & penser quo SHy Get ou Mente ites do Gates relatives ae ane Denéiine, XLT (1881p. 993 sit Basan, ip. 127, PE 18, 281 Bp 12h, Pr 18% 278, of Vit, Lh. 1 PL 185, 204 v8 INTRODUCTION gronds événemenls de Pépoqua, elles eussent 6s servérs aussi, lout comme on cecusilit aves soin eal ‘de Pierre le Vénérable ou do saint Bernard. Des lor, pelil nombre de eelles qui subsistent parait dion attest que les interventions de Guiguos dans los événements ‘ee monds ne furent pas frequontes. En rovanehe, on pout ostimor que dans le domaine le rooherche des manuscrits, Giniguos earink avec dis ersonnages de son temps une correspondance plas ‘quente, Un passage de Ta notice eorsarrée 4 Guignos d Ja Clranique Magister le laisse entendre : «1 monte ile infatigablo & reehercher dos livres authontiques po les copier ot ls eomigor 4» Une lettre de Pierre lo Von rable & Guigues traito justoment de I'sebange de mamuse cits entre Ia Chartreuse eb Clany, eb on 9 Vimpressin cn le lisent, que le fait n'est pas isolé %. Mais los lol de ep gonre n'avaient quan inkérdl (ransioice ; aucu lest parvenue jusgu'h nous Quoi guil en soit de Timportance qui faut attriba 4 la correspondance do Gujguee, las chances do dcou encore des lettres insaites paraissant. dSsormais fort duites. Nous devone nous contontor do 0 polit groupe, Par bonheur, les lettres de Guigues abordant in byer tail do sujets tris divers, et Ia promiére ext 4 elle sil ‘un petit trailé spirtuel. L'ensemble pecmet ainsi de st sir sur le vif les atlitules fordamentales de leur autour Ge n’est point pourtant une LAcho faoile de prosonter Ia physionomfe spiritualle dan hommo que los plas grand moines du xu fle eonsidSrérent core un maitre. Si [personnal ect talloment puissante qu’on la retsouve em titre sous chacun dos aspects que Yon voudrait sais @ludier. On ne peut entree dans Ia place et en visiter 1 Dom A, Wusares : «Conk des premiers Charzeae apige Loz, pa " PLonht LEVENE#AA, Apres, U1, ip, XXIV, PL 18 106 LA GORRESPONDANCS DE CUIGUES — 109 fpyonues : uno certaine réserve vetient Guigues de liver fe Secret Lo plus intime do som ame en présence de Dieu. Farce esb déelairor do lextéxiour quelques favettes de sa ‘hysionornie par touches successivee, Notre expost naura ion dune progression logique, tout en essayant do suiere Jes divisions habitueles 1atnes ndoestn ne polite fteodueton histo tongues st eis Inokpen- 1, chev oe rtgie. Om ours sn exact ie lmascaistememt svant TIL Puysioxomte semusuaiie oe Guicues Nous possédons de Guignes, comme de saint Bromo, a ‘invilation au déseris. La premitre lettre de eo reevell cat en effet destinge 4 engayer un ami & embrasser kvl contemplative ot solitaire, Lout comme Ia lettre & Reo Te Verd: eoincidones heureuse, qui nous permottra di balir los pointe do reecomblance ot do difference entre eas Geux grandes dmos, précissmont & propos do eo qui leas tient Ie plus profondément & cur : la vie comierke & Dicu deas ta solitude, Ge qui frappe dabord dans a Ielire do Guigues, cose son ton do franchise dirvele, et cela, paradoxalercenty rmalgré un style étudié. Tout & Mnverse de saint Bruno, Guigues ne se met gubre on peine dintroductions ot @ lramsitions. L’argamentation do Bruno . > serait on enaoronis N'Gpoque a Galgnee enti clte tote, VOsiKe dee Chorteu ‘estat pon mane en poo, Lo «propoaltum ontini» «tlt la ‘ation aufero om gz Jee gene Ge ies eremiliqhe, Gulgues Inet fall toute Mir & son conrerponceat : Uno Vengugealt futme pas tse faire Charts, mais tsulement a orbrasae [ne 8 sen ehh Ue eat» ot Le quando» [b 8. 108 INTRODUCTION ‘Au point de vue de a conceplion de le vi8 monastiqu esis ls desaalage ee le eatin de lac rmitigue, Gnfgues sur les moyens néeassnires pour alle cette fin. Bruno, apréa avoir mentionné ea quelques rata YVaspec: sseétiquo, s'élive d'un coup d’ailo jusqu'a ccfruita du paradis», et domouro 4 ¢> niveas, Guig semblo voir dans la verla am bion désirable ‘pour Iu rméme le lableas de Ia vie solitaire qu'il met on contr avec eelii de In vie mondaine ext avant Loul wi tab Ge vertus (1, 4) 1 visilement savouré cette vie tuueuse en La dderivant. Choso frappante auss! : pour Brung In jolo de Ia vio solitaire ext donnée comme présente dee meintonent on y expérimente la xpeix quo le mond ignore, 44s maintenant on « se nourit des (cuits du pi Gis»; a jocundilas est un do ses maltresmots. Gaig ‘au contraire insiste preaque uniquement sur la joie come future = cin futuro regaane cum Deo». La mention de cee Bruno, pase au premier plan che Gugus# oerpon de aio sinltsleceevus ruse» at npreson i ugesive x raenconeuotudinem > ( Svocatic dune ballasts dae i pratique do an ‘aot dUtze Tolbvés. Nul no get vitor do poser par crv, «lis, mois» (6), pour régner avec Te Christ a Vinson que Guigie, tout en engageant ave Sbtmtesca Incnique ton’ comeapuniant A eben Ia vi eremitigue, ent mals tout A ne pos Ta Ll dTtlsions sur le physonome conse do cette vie et fon cachet date 11 A en tates lotion que ol Ge eats tere, eat Uamortume (fn de, 6) ; il mention fie codveriésy, des edooten» i appaio aor Td perfverance lentee que requis aseine jejuni i alicrucs conushadinom » (1, 4), a. La nolan ed Dnepio gravis» 1, rlative 8 lave alitade, Ie tut ua sailaee expiimonts, Dane ute este anc ou Tanto oeeupo To promi pln, Too neg d PIYSIONOMIE SPIRIZVELLE DE GUIGUES — 108 ‘ype militaie (1, 8) ne sonb prs un plaoage eptifcil ct TiNfoat pes nécesssirement allusion & Pélat de vie du cor Pespendant¢ elles sont dans Ix ligne de la spiritualité wn onpbative gui anime cette lelter Tr elimat do Guiguee eet done ascex différent de celui ge ssint Brano, Compers & Bruno, Guigues semble un feprit plus pratiquo, plus attontt aux exigences consnites fle Tidéal. Paulril en conelure que Guiguos eet plus « mo- qulistor et «ascéliques, Bruno plus ethéocentrique » et mystique» 2? I no faudrsit pas forear les choses, ni eublier que toute aeseription de lo vie contemplative ne paut aire faite que tle nuances, CZeat le fond qui importe ot qu'il faut Lacher @altteinde. ‘Ldlment contemplatif est bion présent ehex Guigues a vie em solitude, d'ahord austere, dovient fase, puis déboucbe sur une vie effsle (2, 4); la mice dos ermites fat uno miles eeste (2,8). L’kme du solitaire doit s'ouveie tovto grande aux réslilés du cil, selea la forte expression fi ohare & Guigoss : « copletibus inhial» (1, 4). N'avaitel pas exit dans 368 Poneées:« Nil omaino desiderandurn ost fut solis inbiandum aotemis #.» Un antre mot ts fort fat A signaler, appliqué ick & la ie eolitaire, « appetene» 1, 2; ivimplique dans Fosprit do Guigues an ardent sir de Dien: wsuporiorum appetitio», disait-l dans fos Consuctudines Carlusiae ®; eke mot se retrouye & maintas 1. Nous prenons foi Teo sels cacti sot «peiques dans Jou socopuon modora,splesiste se contrast, {nen aa pas Se ntine au Moyen Ave 2 pede neh. Lempla deo mnt peut re une rbinieanse att ocegive «Nv devons tot Inact, I cla af noo ‘evvklntenobment ou sine Saran — sil diets acters Inne» {ite Eanng, Lib. H, Hom, NXXVL, PL 7, 1972). Dh alewm s vie eur doe wonoir toot rend poor ewcvole Aertune de vie» fle tn Brecher, Lab. 1, Ban. 3% Par. 8, Pre st ‘ Conenindinss Gortasien, LXXX, 7 uo INTRODUCTION Sept ahtrgS dag bnrony dae en Pratl talbin defen lied doses avetdraiom Peel fared Secale Wee eae a a fier (bectrgan (09 lun seceunences al Tih denis car exipuraeacerfuceniy fa {SiC du fou user! uh basher gut omumal. heel thuate pour en fare une elation so boa oder b Diey espa pak lan 22 a chats go Soma {eile 2) se conlempa desde tot acter mea Pee ee Halo srtot, Timea esol que Guigcs mel l Bee ac Ue unica co tavaeet Goon tee dain Ia. i nique, sete Cut Co mal Iie do la we sla pend dani Toco notte grand fore, tals que. ful qu sat evelnppe cao pied Cet ao aoution eu millon es tyreeves ual ‘ie arin: Temple a Gia eh son appl stl il te cs Tor euseeaoenia koma cc {2s 0) Bl quard on uns prs dune beets otra igi Lis ta am a ceiee ota sas er ‘Saves anette comme Chr ea mbss comp rity ot hotles, 7), Il coment do tovgne & atl Point Ie plas ds Chae dane ln spiel de Ceigu {at do toate prmire importance. Ea sontnca chs aul tibet, yous troner tat ee de eats tdqui vase dons vid elimy anion ayers Cel Pike recat nants it ton peeerane Maelo h be pai dis Lene uae Paul oa cis Pappu, pou appaor qu eat cou sem avec le Christ pour revivre ayoc [ui dans la gloire ¢t — | ‘hoo foarquabls ese tenes ent aaa jh By Utne por Guigu dam Tos. Conseldinr Caretae ropes dla prise habit du novice ™ Au thapte Ton 1 V. g Pons, 971,73, 00, 170, 23, 18h % Gans. Cae. HKU, 1, 11 Tim. 2 Wo. Rem, 8, 17, PHYSIONONNE SPIRITUELLE DE GUICUES IL renal do Togs do i vio soar, ob le ilateur des ‘hurtin deoat eal cartoon, i propose 4 sos nes Fitton slr Christ feat orion dons Ta solitude ‘Nest montve mo da ontop, « Cs vestige ‘hiSctontom = EL Ia concaion ds beatings at une a tdmiable sorte Cheat. Mediate. Detail digo ic nate so mot de Matiabur x toave sul employe Te cntoit do i tee pour désigror le Christ Ch, 6 En adn lo texton do pis, om aperit. done que van de Guigac et bien uo aie eonteclaive,toule Settee comin cll db Bruno vers Diu at les ris ‘Sis. Si un yoemies coup ole fait paratire d- ‘mbites st mont Gigwes pis ord metre Pacant Soto srs dum iain te thule donpts qui éprouvent une ante de podour & Sxpumer compltemoct eel plus ee do Lr ak (Pea souvent Io at dee oonoe teenpésfoar action (istaive eemants enempls do sands contemplais Svoeés par on aubenaquo appa givin & une vie de Senet ty pete, ef gut fue on mmo tompe én ermment doves poles Liches actives = tomperaaonis tee bien ecules : Unie nou d ve ils sporoc nto Dana Cuiguans aves quello fervesr man prt pas Toate aaa Sr en tan os oan gent tn bin dos pons dans tine examine pends Sant esvtolen it enpore, sn choo on fas sgnifleati ‘ ‘lest dabord Ia grande plaee tenue chez Gulgwos par Vidse au repos conlemplalif, de Votium, notion familibre {tous les moinos qui éerivent en oF sigele, Dis le début te Ip lore, il anontre & quel point il aime ce saint loise de Pane devant Dieu : «studiosus philosophari digit in 1. Gone Gal, LX2% 10, 2 Gone, Cart 3X, 2 m awtnopverion tio» (1, 2). La phrase suivante vient tout de suite précsag In penrée : x seclere appelit in slontio » (1, 2): il y @ la ung réiiniscence du verset des Lamentations dont Cuiguey avai Tait dans tos Consuetudinas la pierre angulaite do acm exposé sur Ia vio contemplative on solitude :« I seasi¢ra solitaire ct gardore lo silanes, ot il s'lévera au-dessus de Inismeme.» Lo ldgislatour y trouvait exprimé Ie résumé de sepreeque tout co qu'il y a de meillour dans Vinstitat ear tusion : Ie repos, Ia solitade, le silence et Io désie ardent les ralités edlesies*». Plus loin drs Ia Jeltny, il zavient sur Volum pour iesister sur Ia permanence de ce Ioisir dans Ame vontomplative : sic ost continua in otio (2, 4); 11 ntcoduit alors Ia notion eourante ene lee auteurs 1 ontte epoque, do Votium negaticsum ; mais ce n'est pas chez lui comme souvent chez d'autres un cliché habituel utilisé en passant, Aver son sens pratique, ilen donne in polit commentaire qui va monirer & merveille Punion da came néerssaie 2 Toralson at de J'application sans db faillance requise par one Lolle vie ; lez exprecsions «offeia multipticat.. variae actionis negotium x feraiont pensar @ dies Uches actives au suns oi leo entonden’ lee cxprite de notre temps; il nen eat rion ccpondent : Guigues a pris soin de dStni ailleurs e> que sont pour li lee alison» Jes « chargos>, los «actions > du conlemplalif ; en une bale ppenséc ot il’ vient de parler des actions spintuater, tL ajoute : «Or les oewures de la divine dévotion sont. les siivantes : contemplation, oraison, méditation, lecture, psslmoni, cldbralion das saints mysteres. ‘Toutes ont pour fin de conneitre of d'simer Die ®» On rejoint ick excetoment Io rlexion de oaiat Brune écrivant au sojet du solitaire : cin quicte pausalur actione > (B 1, 6). Plus 2, «Overs autem diviace dovattonis heee sont + contemptatin, rie, meat, Lato, pealnode, tuserem myeteorum eel ‘Quorein ommlucn is, noise et xinare Denon» (Peete 00) PHYSIONOWIE SPIRITUELLE DE GUIGUES 9 thin dans Je lettre & Finoonnu ot Svoqué une fois encore Le ‘calme de fmo qui reste on rep03 pour Ee donner pleinement {Blew :« Ghristo quiets» 1, 5); le mot quielas prend ick ‘uae valeur spéciale, cari n'éeit pas appelé par lo eontoxte; il est visibloment iatentionnel de la part de Vauteur. Calui-ctn’avaitil pos éerit ailleurs un admirable comme! faire do Vévangile do Marthe et Marie, dans Injuel il apphiquait an Chartreuse Fimage de « Marie, attacliée aux joo da Grist ot voueo au Toisie ot elle contample sa Dive Ailé, purifiant son esprit ot Je rocuallent dons Voraison jour Geunler en elloanéme sa parole '>? Kt con shapitre {De Féloge di In vie solitaire » dans les Coutumes de Char- ireaze w'étaitil pas tout entier une profession de foi dans Je valeur de 1a vie conlemplstive pure? Lamour de cette ‘vocation s'y exprime aves les mémes arcents que chez fhint Bruno. Enfin, i le corbattent do Guigues demeare larné, ce mat pas tant pour ano batallle active que pour tine aveille divine dane lea camps de lo miliee celeste» [2, 8}, comme les compagnons de saint Bruno veillaient ftans Pattenta du Seigneur afin d’@tre préls & [ui ouvir ‘quand il Srapporcit 4 Ta porte (B 1, 4). Dans la personne dle Guigues, Lascite et le mystique s'équilibrent paviai- foment ua Patra, mois cst assurémont Je contemplats ‘qui pridomine Liardeur desprit de Guigues est accompagnée dun sons profond re le sagesse monastique, Dans la description de |i vie soliaire (1, 4), chaque élément so trouve modero par Ia mention de son eoniraire ou de son antidote no- fwsceite, Padversité par Ia ronsiance, le dowle par la confiance, la prospérité por Ia modestie, cle. : on rotrouve la Je «fuit aoqualis vita de saint Bruno. Une ‘phrase qui proserit do gander le juste miliew entre Yexcés du joint ot Ta gourmondise, «apmmo utromaue moder 1, Gara Cart 30% & nt inTRoDUCTION mine dispensans », rejpint elle aussi de point en point Vespsit équitibre et de modération de saint Bruno. Le fonidateur des Chavtreue sp plaisait 4 évoquer ‘berté a'amo qui est Ia port dos solitines sls so montren sourageux + «vis strenvis, tam redire in se licat q libet»> (B 1, 6). Fort duno experionoo idontique, Guigues Sort dans On sens tout eemblable que la vie en soli fal le propre de ame «sui juris, asiex maitrnsce dalle indie pour ne pas ne méler des événements di monde qa dye Ja conosenest point (1, 6). Tavail gj exprimé cet pense ailleans : «Que votre cour ne se trouble pas sprouvo pas do orainte : e'est lo vrai ropos. Gelul]8 ex Jouit, qui ne se Ieiso ni ebduiry ni contraindre. 11 96 garde Iuieméme en son propre pouvoir! » ‘A trois reprisos dane le lettre a V'inconnu revienb lo mek fen intareogeant le ceeuell des Peneées ; fort houreosemen Vune de eelles-ei fait connaltre le sens que pread le mol Jelia dene Veeprit do lour autour : «Felix cot omnis a ‘yl vult quod aii prosit 2» 1 mo s'agit done pae soulomant implique er outee. ume consiération objective, Midée dam choke ou d'un élab avantageux. Bu d'autres termes Vhomme qui rechecche Ia solitude y trouvera som prop vantage aves le honheur d'une vie eéleste pour fir Nous tjcignons ainsi In notion d'alile que nous evions ‘rencontrés ches seint Bruno: sien ret plus utile "homme: ‘que dordonner & Dieu son existence en la lui eonsnorant | la grice viendra perfectionner la nature eb conduira au) vrai bonenr Gigues n’a-lil pas, de méme, une concep: | Gon de Ia vie infellectuelle out. aussi réaiste que celled 1, Poanbo 0 00 + «Hf hnbet oe fn poste, 2. Pennie a6 358 PUYSCONOMIE SPIRITUSLLE DE GUIOUES 115 saint Bruno, tout aussl lournée vers une connaissance ‘ilalo? IL yout en effet quo lon s"uppligue au sides drieuses en a 9ccupant do tae moelic du sens plus que de éeuyne des mots » (1 4). Bn verte, eur tous les problémes do la vie conlemplative on solitude, Vespxit de Guigues ff celui de saint Frame sont-de la méme famille. ‘Aprés celle élade de In. physionomio. spirituello de CGuigues, comsidérbe au point de vue de le vorabion contem= lative, il feat voir ce que révdlent de ui les autres lettres, fvrtos Gane un sggietxe de préorcupations lout différet. Blles sont on partie des documents d’histoire, mals leor \émoignage spiritucl ext impoctont pour la eonnciecance dhe ler auteur La preamiéze impresion du lecteur est encore ick celle le se trouver en présence d'une ame andente, a {aco iPovenements qoipassionnent. opinion — le schisme WAnuolet le meuslze du prieur de Saint-Victor, Ta nase ance de Ordre das Templiers — Guigues ne ersint pas te diro fortemont ¢9 qu'il pense, Ov'll eadrasse au pape, ‘um cardinal, & dos 6vdquoa sSunis en coneiloy& um due tres puissant, sux chevaliers di Pompe, i use de la pins grande Teanchise. tous, il dit, ane méme parole : «No vous conflez que dans les arms spictuelles,» Celte alizmation fol on effet Ia raison d'aire de ees divers messages. I engage le pape & afuser quo des armes invineibles du Seigneur, des riehossos surnaturelos, et avant tout dv Ta foi (8 2) Dons Ia lettre en cardinal, i ertique stvéroment, méme vce violence, Pomploi par PEghisp doe armes. bumaines dans Jes diseordes onlre chedtiens ; il exclut tout meyer imalériel de cuereition (B, 6. 6). La fibecté da ton de ‘rliques nous tonne ; ros il fant Tos siluer & Teur épeque 2 Varsiire plan ae pergail un éeho des luttes encore récentes fy sacerdoes et do Fompire sinsi que de la rforme si ified do [gtiae; saint Bornard rusaitil pas dune fronchise de jangago bion plus virulonte et ne se permattsit~ pas de reprenctre & phisionrs reprises le papo Tui-méme? ue INTRODUCTION La condamnation des armes matérielles na pas dalle hea Guigues le caraelire d'une thise théologiqae absch il gante Téquillbro et ne perd pas de vue les néces 44 Dien commun dans ordre temporal : aint los cheval a Temple ontvils lo droit ot méme le devois de combat ddons los guorm2 matériellos contro les iniddlee, puieque leur vosetion lve y convie, mais ile doivent avant tout rélocmer personnelement. eb triomphor de leurs défaute | par Tes Jalles sprilnelles: efoisons d’ahord notre propre Conquéte> — spiritualité énergique (2, 2 7). Guigues lt pas précisément que le combat ame est ince sens la puriGeation intérieure, mais que collo-c est plo lurgeate et plus importante, de telle costa que sans elle le combat extériour eat mauvais pour 1'émo; toe mate jrastra, secure, soulignent cotbs idée |2, 2). Autremont Ait bien que Ia purification iniSricure deive prdeéder lee suoeés | iilitaires, elle ne Teur est pax ordonnde, mais cmt plat Pinverss. Avec beaucoup de perspicacité, la lelre aux’ ‘Templiors met en lnidre le point vulndrable par oi Ieoe portecticn religieuse pout atre mencese, ‘Un porelléo entro los réactione do calnt Bernard et celles > Goiguoa on foco dos mémes Svéacmente corait tree intéressant & esquiseer. Tous deux ont uno éme de feu fence qui cencerae Bernard, chacsa le satt; pour Guigues, aquiconque I's un pen fréquenté n’en savrait douter, et ous ef! avons pour garantie une affirmation de Pabbé dey Ghirvane Isieméme 2 Borman 29 lance, pessionné, sur tous lee tarrains que Ii olfes Pévénemert, 11 a toujours son mot @ dina, see dGreotives: & donner, répéter, commenter; aucun. sspect des choses n’esb élranger & son intervention ; il tisnt 8) inyposer ses conclusions, el, sil ne pool parvenir, iL nest pas en paix iT ne laise pas un interloculeur sans aver Peduit & motel. Guigues ai eontraire attire son eosespote 1 Rp. 11, PL Ast, 108 PHYSIONOMIE SPIRITUELLE DE GUIGUES 117 dant our lo terrain spiriluel qu'il choisit et il s'y tient {@, Zest typigque A cel égard) i] n’envisage que los données fv les conséquences spirituelies de Névénement, non certes fwd manque qardeur, mais il garde Loujours la mattrise Ads lorméme et ne oo leisse jamais prondce A la grserie lie son propre verbo, IJ eondult con interlocuteur jusqu’au point of il a décide de Yamoner, mais il Te Issse eonelure fubiéme. I] est fort, mais d'une foreo aussi tranquille que puissante, Peut-tire est-ce téméraire d'avoir institué fine Comparaison entre saint Bernard, ce géant, et Vhumble Guigues, mais Tbbé do Glairvaux ne nous y invitaiteil pas lui-raéme, Bui qui fat faseing ot subjugoé par la profon= eur du prieur de Chartvence ? ‘Uno fois eopendant, Gniguos @ ceeopts de donner son. avis sur le torenin des foita : il a réclamé dos sanctions conlre les responsables du meurtro de Thomas de Saint- Victor. Mais i Leoait la hime ve jour-l au nom de Véveque de Greauble qui, en veruis de sa chamge épiscopale, était égal des Pares viunis au coneile de Jouarre pour juger bolte affairs, ot qui signait Ia Tethre avant lai. De plus il pit soin do dietinauor nettement deux points de vue) Yun Inyslique, T'autre sovial, Le point de vue mystique est onforme’ sux passages dos autres lettres concernant la omvinlence ; selon eatte perspective, los Pree. doivent uller toute idée de vengeance humaine, car la cause qu'il ‘délendent nen a poi. Besoin, Te priewr de Saint-Victor ‘tent mort pour Ja pureté de MEalise (8, 3). Le point de yuo sveial; fos Gveques ont le droit et le devoir de punir loa ooupables ear il faut de Fordro at de la discipline dans Pglise en reison du bien commun (6, 2. 3). Guigues garde done ainsi Téquilibre do In poneée, ontce Verrour dos politiques qui voudrsient loal résoudre par es seules rélormos exlérieures, ot Verrear des spiciluels qui perdraient Je contact avee los réalitts conlingentes dr ce monde. En atte affairs, saint Bernard défendit les mémes points do vue, mais quolle diffazoneo de ton entre (a modération 8 INTRODUCTION: {do Guigues et le passion déployte par Fabhé de Clairvany | ‘en cette oocasion +! Nous nous étonuions do voir le pra ‘do Chertrouce descend? dane Vortne des évéenemente temporels. Mais ill le fait uniquement pour rappeler la primeuis du spiritucl; il agit en pur témoin de Diew, amenant les dines vers Vunique nécesssire. nous donne | fen inéme Lomps, sur us Lerrain nouveau, une autre prewve | {ap la possession do soi qui le curactéris. Quelles sont lee armes qu'il préeanise? Pour le papa 1a 10, fo plaivo do eaprt (8, 3), la force a'eme dane log Jutias ot fos persécutions que doit endurer lo eainto Egtise (& 5), la lumitee do In doctrine ct exemple d'une imépréhonsible innocence | 7). Pour lon évéques, la fo Te 2dle, Ia justice (6, 3). Pour les chovaliers ca Tesople, I vaite, le ale, a toi @®, 8). Aw cardinal et au due, i est appolé que la getee ext Ia premidee chose & damande ais quia exige la coopération de Thomme (8, 4 4,4) Lo lotiz» ea cardinal mot en pleine Tumiore les Ligne fondamentoles de Vasedse préconieés par Guigues : "homme Ya que deux ennemis, Vorgueil pour Vesprt, 10. volupté < ennemis ume fois vaineys Dar iI ne reste rien & craindre, « One faotre effort ue se disperse done pas sur ude multitude objals..0 (G 3). Colte sorte de concentration de ty tpiniiualité ett Lowb a foit earactéristique de Guigues : on Jig rotrouve dons la lottro aux Tomplins et dans lo recuell | doe Pansées, cit os multiples ct aubtiles analyees revionnont toujours a Yepprofondiswement d'un petit nombre de thames essontiels. Oeste signe Wane tme contemplative, porlée 4 celfe simplifiertion des buts secondaines pa Paltirance de Vunique nécessaire. Tl faut sfareéter um ‘instant av ccour de le ponsée du législatenr des Chartreux fon matiore does. ‘Que les autres sen aillent 8 Jérusalem ; toi, va juequ 1, Bp. 158, PL 169,916 et Hp. 181, PL 164, 30. PHYSIONOMIE SPIRITUELLE DE GLIGUES 119 Thimilite ou Io patience. Ceci, en eile, v'ost pour tok sortie mondo, cela ty enfonoer ‘x Getto penase. du recusil des Meditationes prend un singulier relief, si Yon fonge a la date 2 laquelle elle fuk éerite, quand Io monde hrstien s'ébrenlait et so passionnalt, pour les. premieres frcisedes. Elle évoque sous une vivante Image vise préceeae pation fordamentale de son avteur. La pierre angulaire fe Védifice sprituel eat aux yeux de Guiawes Phumiite ; fon pourrait fonder un traité do patte verbu sur les textos de ul qui s'y rapportenl, Parlant de Ia vie solitair it Ia ‘oyait et ila voulail humble, rastique ct pauvre (1, 24) Fhumiité était ausel pour laf un des plus beaux fruits de lo vie contemplative en solitude & La lottre aux Templitrs ddeosoo un tabloon entrainant dee bionfaits que procure ceite vortu : reméde pour le prisont (2, 5), cource de Hécomponse pour la wie fubure par (imitation du Christ (2, 6), Lo lettro ou cardinal décrit touto economic do la pratique de Phumilité (6, 3. 4). La tetiee & Piorre le Vént- Table contient une humble protestalion de: Guigues. hur ‘méime contre les titres dont. Te gratifal: Vabbé. de. Chany (7,2), et cotte déimarebe frappa tellement ce dernier qu'il Await a roppeler dans une lettre A seint Bernard de loos tanées apmis la mort da prieur do Chartreuse ®. D’ailleurs ‘nthe humilité dont parle si bion Guiguce cet profondément véeur par lui, comme le montrent maints exemples de sa vie : inslanment prié par les prieurs des pramiéros Chavervuses do rédiger les Coulumes de Chartreuse il sy eluse pendant loaglemps, ear ine se eroit. pas capable do ectte ‘cha et ettime que s'y appliquer serait manquer A le «vocation d’humilste» du Ghartraus ; ine s'y décide afin quo sur wn ordro expris de I'évaque de Grenoble 2. Chis. Gor. EXNX, 8 2. Dienne ne Viana, pie, i VI, Ep. 11, PL (88 8. one Girt, Plog. 10 INTRODUCTION Tnstamment peif & deux reprises par des réformnateurs rmonastiques de recevoir Tess communautés jeunes eb ferventes dans Vobseevanee cartusienno, i) les adreste & VOnire do Citeaux on foisent un ebaleurvux dogo de obsorvaneo cistorcieane, comme chaque fois quo cela hi cst possible” Dans s05 Consueiudines, il établit pour le prieur dr Chartrouse des réglesstrctes d’bumilite : ancun signe extivicur de préséance ne doit le distinguoe deg autres moines, can quil ne s'eaorgueillisse pos et o¢| célébre pas son propre nom ®>, Eafla, quiconque « la Te reouell dep Medifaliones no peut. douter de humilté evant iow do eotio grande 6mo ot do la place quo tonait application & atte yorku dans son aecéss porsonnello, Guigues a dou grends amours : le Ghrist et IBise, 4 quot s'ajoute une intense vénéeation pour le pape. Dans ce groupe de lettres, on relrouve sans cease [a mention da Christ proposé comme unique mode. Tl faut suivre ses exemples pour régner avee Lui @, 6) ; de Li seul viemnent toutes Ios vraies vietoires (8, 7) et toutes lo cuvres omnes (5, 10), car il ost Vunique Mediatcur (8, 6) ; le févtques no doivent pos avoir dautre zéle que celuk di Christ luisméme. Notre Seigneur tient la premiére place dans IMime de Guignes ; plusieurs de ses pemsées font seni combien le Christ était présent & sa vin intérieure. Ei, aves Je Ghist, Te rappel de Ie Groix s'impose A toute ame corsaerte (7, 2) Pour conveinere 1a due d’Aquitaine de rejoindre le Doreail du pape Tonccent IL, la lettre 4 offre tne boys. exigaco do textae do ponumes fe roppartant au Christ «t & PBlise. Cos interpretations sont tontes dans la plus poe tradition patrstique. Ce qui foil ici Voriginalité, cst Je 1 Seint tionne AOhaainy + Vit, date Bawves, Beeson 4, Mant Laces 170, 1,15, — Poe re dem, p18 Goi. Gat LVL 2 Came Cart XV, PHYSIONOMIE SPIRITUELLE DE EUIGUES Lat choix juice: des textes et leur groupoment qi permet de parcoucie en, quelques Tignes toute Péconomie du plan divin par rapport aux hommes la génération élernelle dy Verbs, U'Lacarnation, 1a Pession, le beauté caplivanle du Ghuist, Vinfusion do la geico dens Ice ames ; et 8 chaeun dle-ces mmystdnes correspond, signifié par un autre varset {do moéme peasme, un retonticcomont cur Le gonre busin, ccest Pexpansion de I'Belise ume sur toute La terre; catte gle west ainsi que Ta forme visible de Ja. domination da Christ sur Lhumanité, Telle est la rmaniére ott Guignes ‘owalle cormme exigite : un commentaire trés bref, toot Juste amoreé, un raecourel casissant, qui Taise le leleur poursuivre 24 méditaion ea Tui ouvrant des perspectives Jinmenses, Les textos scripturaives expligués dane le recusil ‘des Penséee montrent que leur auteur oft ét8 un eomoen- ‘alour singuliérement, pénélrant, s'il avait voula se consa- mur & es genre d'études De eatte Egle qui est Ie corps du Gbrist, qui vib do Yosprit, du Christ (4, 3, Guigues a ressenti profonelément Foxigonos dunite, au spectacle du sehisme qui la déchire ntre deax pages, Il Ia voudrast puro de toute compro- Inission avec ler faibloceca du sige, ot cost & eause de ce ‘le de Ia maison de Dieu quiil ne eraint pos do faire une critique violente des abus dela cour romaino, des vétements précioux, dee Lanquels, de Vemploi des armes huoaines| (8,0.6,7.8.),pluganten regard uu loge de Vaustirité (68). [Mais il garde la meeuro 431 nest pas, en effe, un révalution= naire, Hino doseond pa sur le terrain de Ta politique il commence eb fini toujours par des considérations de rcrale individwolle; les conclusions protiques ausxqnelles iV arrive en fin de compte ne conceraen’ pas le solution temporelle des probliames, elles restent sur le plan apicibuel de chaguo Ame en particulier. Dans le letire au cardinal, ‘pris ta grado critique des abus, Guigues xehéve par one fmouvanto eschortation au raroncement ef 4 ls saintelé personnelle (5 9); i resommande & con comespontal 12 INTRODUCTION do s'adonnor & Ia pritre ot aux couyres saintos (8, 10)/ J ne demande pes do Guigues ne traint pes de Loi parler dua idéal eublime, Ia vision de Dieu of la sovigte civino (6, 2); et & In fin de ta lettre, it Vengage & se réformer, fermoment, mois avee une intents tonfiante (8, 9). Aver Piecre le Vénérable cb le siens, 1e ton sst plus familier, ear Guigues eonnail. de longue date abhs de Ghuny ul est venu plusieurs fois en Chartreuse (2. 8) lo prieur do Charteouse apprécie [a sxininté des Gonisions of goute lour amitié, comme il appréeie et ime leo Ordres qui vionnont de prondre maissonce dans I'Flise Props, antique par C. OLE, Montreal 1880, p. A, 5. De Indins Uoiginge de vonéaiion 8 Pégard dex plats du conse Oe Sonar 6 1 Voir ist: Coa Cary Prologue Vit S. Hagen. we INTRODUCTION ct quiil recommoande au pape (8, 6). Sa dernigre lelre, erie trés peu de temps avanl-sa mort, contien! an di Thommage A 1'Relise de Reims, qui est wn peu la mane di Ia GrandaGharineuse = allusion au fait que sala Bran avail gu & Reims toute sa formation et y avait longten ‘véeu sil son était éloigne pour vivre as désert de. Char treuse, «od un groupe cle sve fis elit repertir on LI pour faire au diosise de Reims une nouvelle fondatio @ 2) Pour conclure, comment. définic Goigues? La che Aificile. Ha connw wn genre de gloire quil eal aime Voubli; il n'a pas até éiudie & Pégel das autres gran roines de son sige; la solitude du désert de. Chartne Va protégé d'une trop grande célebrit4, Dj aint Borne Sinterropcait eon sujct : «Qual eat eo fea?» Pion Vondrablo eenommai loi aussi 4 Pentendee. Bb, dem jours, Dom Wilma éorivait : ell avail. un rare genio, dont les conternporains et In eénération suivante ouléreat pas?» Qu'estce done en définitive qui rend allackante la gure du priewr de Chastreuse pour eeu qu pinitre dens son intimité? On ne saurait mieux pons A colle question gu’en reprenant Uimage dont se 26 sorvie con ondroit io saints moines du x1 siéele, Guigus cost ua fou contonu dou s'éobappent des étincelles ; union, si rare dans un méme homme, dune ame ardes ct dune parfaite maitrise de soi; c'est Vunion, si ra aussi, de In réserve eb d'une franehe sieaplieite qui ne fa jamais défaut, C'est un homme remerquablement équili ‘aux dors exeeptionnels ot variés, Per gedee, par ccavie ot par govt, il eest eoneacrs au sorvice d'on ideal qui coptivé 1 a une foi profonde ot un grand amour pour 1. Renu des Penves, p40. — Ce mot de peo is, euro juelir to bot groupe des lela st was base Wada {op rstcnt, rangle une stud des poner dane earn 06 hs Metin, PHYSIONOMIE. SPIRITUELLS DE GUIGUES 125 ‘yocation, Bien plus oneoro qu'une intalligonco vaste ot pénétrante, Guigues, cect 'amo humble d'un eontemplatit jour qui ne compte plns que Dicu seul. Il ¢ mois en pratique Ans sa vie le programme qu'il sétait proposé dans sa snaitation solitaire 1:Ge n'est. pas pour re vu, conny, eimé, admieé, oud, que Wo a3 été fait, mais pour voir, com etre, amor, admirer, louer Disu %» “Aime €e quire peut faire défout 4 ton arsour : Dien ®. > 1. Pensde n 268, 2, Pewee x 188, IV, Le srvun er Vann pe Guieuns jamais il 9 848 yeoi do dire quo le style est un 4 traits les plus personnels dun homme, cette formule § ‘orf pour Guigues fun degre romarquable. Maintes fo ‘ou coure des sieoles, oe style « fascin$ ceax qui ont pr contact voc Iee éerite du Iéyisateur ces Chartreae Dom Innocent. Le Masson, Général des Chartreox & fin cu act idole, Gorivait: Les étincelles d'une éloqnend cileste el humaine, dont i joulsait, comme d’un ineandesceat ont souvent jailli de sa plume.» De 2 jours, M. Riienne Gilson, publiant eu 1804 wn frogment) oa Meditationes, en pana. sinsi: «Ce qui frappe abo {la lecture de cos pages, c'est leur extraortinai Dane un style simple et pur, avec une matisise parfaite ort i diflcile de eicolor ot tournor une peneée, Gu ‘nous @ laissé 'éacouvanto imago de sn vie intérieure, Dorm Wilmaré n'a pas non plus cacbé son admiration dan Js bonne Aude qu'il a consacrér au style de eutour dl Medilaiones, en Wate de Vdition critique de eet ouveage Dés que Von abore Guigues, on est lout de sulle frapp par Ia densité de Texprension, [a fovee, la nebtetby oncision, Ce dernier point, 4@ja earactérstique enh méme, prend un singulise relicl en ce xr sitele : nulle trace chez noize autear de cette prolisité diffuse, do reilonidancesinlerminables of se complaisoient Js éerivai fe son épeque eb qui rendent parfois leurs oeuvres un pal 1, Diecping, 6 de Montnenil 1804, . 68,200 2B, cinson, «rimtation de Goigoe Tle Charteux La Vie Spore, 1994, p15. ‘2h La Recall dep Pontos dn 2 Gig, Ven, 1680, 9. 15 8 STYLE RT ART DE GUIGUES we Jassantes pour nous, Il le godt dos formales lopidaires, des sentences Inéves, frappées comme dans du mélal ‘Doox lignes peuvent Ini sufire pour mettre en jeu plusieurs themes fondementaus de ls vie religieuse + est maitre en Tart de bien dire, sa maitre eonsiste dire on pou do mots, dune maniire suislsante, des érilés profondes, De Drusques raccoursis jeLtent™ uae Vive lumiére surles profondeure do la vio, avec coudaineté ile Véclai Son talent dexpression ost. au aorvico d'un opr vigoureu, fn ek pénétrant; il sexprime dune fegon tne pertonnel °. Saint Bruno, novs avons vu, ullisait les adjoctifs et oblenaitsinsi des effets plutat adoueis et mesorés. Guigues fanie les vorboe ct en tire dos effts trés puissants, parce ‘que [a aubatonoe mime do Vidéo cet atteinte, Le génie du latin est trie propre & sorvir la concentration de la pensée sor le verbe + il supprime en eifet Is sujet la ou notre Irangais requiert-un pronom. Guignes a usé en maiére de la possibiité que lui offal le latin pour ciseler des formules brives. Sil uilise quest des adjectifs, c'est souvent d'une manera este personnelle, Le voici, par exemple, qui cherche & ceraclériser la vie gliteiro il accamule les adjestite, mais cheoun ost employ comme attribut, non eorame ¢pithets, cL earichi Pun complément : ainsi Vadjectif se détacks aves un reliet plus net, el en se chorgent om sors mieux ‘determing devient 8 son tour le maitre dune seetion de la hrace : «Vita solitara, in principio gravis. in dubs fida, in propriis modesta... sobria in viotx, simplex in habito... este in roribuan. > (L, Un dutre peceéde viont ronforeer eas moyens d'expres- 1. ¥. (4 ),-un vm pseu pour wor ts thimas de ta sunitd de ctie ie (pauallin quod non eat consumptam), dla bers (abtrohas de ln east et de fs Lange (esordlun ga cartels suppoito adoiee) do ls eenerosté (ae eifers). a INTRODUCTION sion « femploi MSquent a'ontitises, de contrasts, de Sires pall dans leagues les nombres de prac ponent es une a autos sven! le droulerent an Certain rythm elie sanibee do fair xt plo convent CGuaplitee par Templo estonances verbal tune {oie dr ona les divers prtcs del paz Noe wer exomple ntre Bien Wain In comparison ent Ta a Ge Tenbutux duno un pal celle de Termite om tin dsr es terms so eorerpendent sore un vel emer Inmate en ce qui concrne Ta ve Sétiqoe Fei outa dem cote Non Sel humilis rusticari studioaus philosophari solus codere git ambit digit sappotit in heromo fn palatio in otio sn silentio soperbus exlolli honoribus Parfois Guigues rénssit mémo & combiner plusieurs sésies rythmiques, en roprenank & quelque distanco Ta suite dee mémtes idées, afin d’en poossor les conséquences: ‘plus haut et plus loin, La lettre aux Templiers en fournit tun bal exemple = 1. Neve empruntone cette semangue #31. CANN ocovanp a.blen is eu vu om praca eudis avo péndtation le voeaDe Tete de Ggues etl eon pac des ts ent. srt: «La MB fartastane ape le ois Gulgues T», dan Reove des Seietie Paligisses, Lome 31, estobeo 187, p. 64382 STYLE ST ART DS GUIGvES va. Promaiane eile: Douaiéme série: ‘Utemur exemplo, si simi Sumamus womplum, si ‘eupimmus uti remedio ; ‘ariemus ad prasmiom 5 faciamus quod fecil, sides» faciawnus quod fecit al ramos quod accepil.; — sequamur quo praccessl; bumiliemur uta malislibe- seotemur viom —tantao roma (8 8). hhumilitati, ut poevenia- mus ed gloriam Dei Patris (®, 6) Comme on le veil, ehacune de ees doox périodes a son rpthioeintérieur, oily a aussi une cerlaine correspondance rethaique de Pune 4 T'autre : les mbmes mots sont. repr, mais dans lo pomicr oge Thumilité est onvizagse dans ordre do l'esedse, pour Ia ibéeation du mal, dons le second filo conduit jusqu't la gloire du Pore. La grande meditation par Iequelle Guigues achéve Io reouell des Penséee offre fies séries analogues aves une gradation ascendant des idées admirablement consiruiie; 4 partie de quelques remacques simples, les notions ='approfondissent dans les ‘Sirios Successive ; le conclusion embrass» toute Péonomie det raystires do VInearnation ot do la Rédemption En utilicant 03 procodés do style, Guigues était en fccord aves los gots do eon tompe qui eimait do tole jeux. de mots, Cast un geare dillcle, oi il n'est que trop aist de tember dans Palfectation ; ce sibsle nous en offre des exemples : eombien artifeiels et lourds sont, pasfois les essais don Adam Scot dans cette voie. Mais chez Guigues| lb balaneament. des antithéses n’est pas rechershé pour Te soul plaisir dane habileté verbale; I phrase vaste nerveuso, vivo ot spontance, Cola tiont sane doute & ce que & pensés est Loujours personnelle of profondde il quelqae chose & dire : Ia pensée précéde la recherche des provédés ddo style, calle-c! es an service de celloda, alors que dans | thitoriqua, au sens péjoratif du mot, les procédés de style tiennent eu de pensée, Pouc les rimes, c'esl le 10 xrRoDuerion prensée elle-méime de notre auteur qui marehe par oppoci tion on par distribution des idées, classées on petites, périodes (le trois on quaise membres ; Guigues n'est pas achive de la ime, il ne Ta voulue que pour le services a'idées fortes ‘On ne peut nier copendant quill y ait dans ce style um part de jen gretuit. Ce jeu intervieal pour donner & Vexprossion un tour sentonsious, en un gente [ittéraley| fenalogue & celui dos Livres Sepiontiaux. Guiguee ce ol Asien secvir quand il résome un enseigaement & la fh on exposé ait caraclire plus neerstif, on quand il veuk Taire enlendre quelques vérités qui mintéressent pas Tal seule personne d'un coerespondanl oceasiontel. On le ol alors faire produire 4 ces divers moyans de style tous Te cffots en des sbrios de sentonees gui rotiannent attention | fu Jeeteur of gravent fapilement dans sa mémoire Vda profonde evee la formule keureuse qui Vexprimo. Coat locas par exemple dans le reewoil dea Pence on dane te la premmicre moilié de Ia Ietire sur le. vie solitaire : la essité de pense allcint alors wn maximum, Melis, 4 d'autres instants, Guigues abandonne les. prom ‘des ‘dons cette méme lettre, Te style change de Caco Sroppante & partir du mement oi auteur «adresse persor= nollement @ son ami. EL l'on pourrait remarquer Jo méme chose dons Jes autres épitres, Guigues a deux styles, qui ‘ont une parenlé entre cus, mais dont Pun est plus clcelé lnpidaize, Vaulre plus narralil el alfecit; le dosage et serait inigressent a eébadier dans les lettres, en relabion: ‘vee Ia miarehe dla penste Du seul point de vue littérare, le lettre 5 au cardinal Aimeric ast un document remarquable, diane de figu parmi tes ouvres. célobres. du Moyen Age, comme Ie ‘pensait déjé son premier éditour Horatius, au 2 tant de passion iL beourte co decnier développement pour rentror dens li silence, Le méme procédé se rotrowve ailleurs cher rot aren» (Om pourrait ausi parlor do runic dans cots Ietir, elle en es un élément caraetérstique, du poiat ce litiéeive. Bien qu'lls porte la marque d'un grand art tlle n'est pew forges 4 froid = sa force vient de ce qu Guigues eat révllement passonné, il soufie dans co qu Jui Unt fo plus & cour, son emour pour TBalise. Un procédé de cette fronie consste& raprendre un texte 0 tine donzé> do Eetare pour Peppliquer 0 Ta situatio Drévonto ® mais esto situotion est talloment «lo mon reaversé» que Peppicetion conduit a absurd, L'émot 4 donné 4 Giuigues une conscience aigoé et intense dam aileint Valse, La conclasion qui 3 dégage, Tallianee tout & fa originale dans este lose d'un dqvon peut Dien dine eotsoromé et une passion inte st profondément sincdre. Comment, cela peut 32 fete? Pesekémont ¢ cause do la. mattrivo Utteraire de not scateur# il domine con a> ct lo plio spontanémont 8 ‘expreion fidéle de son émotion. Laversoment Je passo esl pas cher Ini une effervescence désononnée elle 38 fait joor dans uoe imoe essentiellement volontane, rele ‘par tne polksanfe inteligesee et informée parun éémeth fuonatuel, foi et eharite Une demitre remarquo complitera cetia étude sur Te stylo do Guigues. Son vocabulivo wast pas ts Sond Pour oxpeimor los agpesis les plus aublimos do la vig folitaire dans Ia lero a Vinconn, il n’e que trois oo quatre mots, toujours les mbes : soetets (8 fois), elle {8 tos), fats (2 fos) Tl joue plus sur Ia potsance dew ‘mots eb Jeur anise ex valour individvelle que aur lout Abondariee, Chaque mot est choisi aves lo plus grand soln, 1 Veg Come Car, 99, XX. STYLE EP ART DE cuIoUES 10 i} 6 toujours une grande justesse et il est chara de sens Moints exemples pourraient servir illustrer cele allinae tion; Ia phrase présentée plus haut en un petit tebleau peut conitituer un remarquable sujet é'étude sur ce point; pour nows y Limiter aux vorbes seule, nove voyone fue lo désert et la vie hurablo sont d’abord Febjot d'un ‘choix: eligil; Papplication & a philoaophie diving, lo ropoa contemplati’y sont pour Vme Pobjel. un arsour : digit; {quart au silence inférienr, il ne pent ize que le conronine nent, Ia réussite de Ta vie solitaire, c'est pourquoi it est seulement désiré au dépert, mols 1 Test ardemment, ppatt. “En definitive, le maitrise de Guigues riside dans union ‘une ponsée taujours personnell, riche ct profonde, aves Vhabilude longuement affinge e’un emploi attentif et tres jdicieux des moyens dexpression. La Ietire sur la vie talitaire est, pour le fond comme pour la forme, le fruil d'une parfaite maturité; Ie lettre au eardinal également, Lour autour n'avait pas en vain travallé autrefois dens le recusil dos Medilaliones& eristaliser sa pensée en formule fencises ot pénétrantes, Son style en avait acquis un ‘cachet perticalier, devena speatené chez toi, ot qui fait reconnattre st personne en quelques phrases, 1 SUR LA VIE SOLITAIRE. AUN AMT INCONNU: Iatroduetion Tea plus belle lettre de Guigues est un loge do ta via solitaire, dans lequcl ce grand législateur de l'érémitiemo vile quelque chose de s1 pensée sur la vie contemplative fou désort Getto Indice était reetéo inconnua jusqu’a nos jours. Dom Wilmart «ex Js bonne fortune dela relrouver en 1935 dans un ancien manuserit, dels Grande Chaeleeuse, aujour hui la Bibliotheque de Grenoble, Ge manusesil, colé 241 (400), format 20\.29, renferme uno collection rare dos lettres a'Hildebert do Lavardin, suevessivemont 6vequs du Mans h acchovéque de Tours (4 1133). 11 contiont 38 foullets fh remonle ax miles du xn? siéele. Lo lettre de Goiguoe fe trouve sur une des demniéees poges restées blanchos 4 la flo du manuserit, au folio 87 verso. Aprés elle une faulre iain @ transeril sur fe dernier folio um texi2 qui mest autge que le Liber de Beatitadine a’Rpheein tatin Liferiture dis eoplite ce sotrouve dans d'autres travaure ‘oxicutés on Chartreuse au xt silo. Son travail a été fait ue grond soin, IL a e¥pané Iu-méme quelques omissions en porianl les corrections au-dessus de la Tigne aux endroils youlus:; il sest done elu ct corsigé 1.8, Bruns, Opuscain, Cologne 1947, fo. 68 we a0 INTRODUCTION atLontivement. selon le madale qu'il avail sous Tes yeux: ‘On peut étre ralsonnablement assuré de su dalité Le suseriptien donne Guigues, prieur de Chartreuse, comme auteur do elle lettre. On ne saurail mettre en dante vette atirbne tion, Le style i earseldristique du prinur sufirait a révélet ‘4 plume; lee thimes qui font Te jet de Ta lettre Tui sont trés chers ; cotte épitre se présente comme intimement 1B awnantiit igo a ses outrse couvmes. Par ailleurs Io eopie Stant au 2en? solo ot falta Tondreit mime of veut Gulguce, ca ‘deenier point renforee eneare la certitude de Vauthenticté 1 est dictle d'assigner ume date a cette lettre dont le théme ne 66 rapporte & aueun fait historique précis, On peut seulement penser qu’dlle appartient eux demnidres années du priorat de Guigurs, & cause de le grande expérience dont elle Uémoigne, Son auteur y parle avec Ia méne mattrise que dans Ios mulces leltres éerites dans les années 1730 4 1186, ©. Date Le dectinateire de le lettre ect malheureasement inconma. Son nom figurait en téte de la copie que nous vtilisons, rans il @ G14 scigneuserent gralté; Vespmee vide correspond & une | larger de 1d ow 16 letites, Nous avons voulu lever ct laconymat, mais aucun des procédés modernes, Jampe at sodium, photographie aux rayons ultra-violet, mi radme photographie aux rayons infra-rougos 4, na ‘dons iyultat ; 10 grattage a été trop bien fai ct sons doute pet ‘pres que lo mot ful devil; Je destinetaire inconna e gaedé son mysléve, Di ta destin 1, Nove teens expmimer tot notre reeonntesanee. envet M. Vaillant congervatenr de Ia Bibucthegue de Orenebie, dont ik Dunvellanes a perme es examons 1. SUR LA VIE SOLITAIRE 7 a ne peut que so livsor & dos conjectures. I etogsealt sens nul douto d'un homeo tres cultivd, ear Gigues so mot fn frais de composition pour Lui eb affirm expliitomaent {fin que son correspondant estun fin Iottré. Quolques tails anus font comprendee qu'il stat levé en digait, ‘vail A la cour et dans un pales u’était plus jeune. On Gmis Phypothise qu'il pouvait eagle du cardinal Aimer chanoolicr do la sainte Ealise de 1130.8 1141, eorrespondant de Ciigues conn par une autre Ietre, Cepandant, st Yon ftudic les suseriptions de tous Jes éorits de. Guiguee, on feonstate que choque fois quil s'est odressé direotement ides personnes d’Eaglise, il a ermployé des spithites a superlatif ef des formules dans le genre de «Domino el ‘Potri in Christo Reverendissimo , ou quand il éerit- aux Ghortrouse, «Amici ob Eruteibus in Christo diletissien’s» ‘Lon est sinsi ds lettres 2, 3,5, 6, 7,5, de la lettre-pnéfeco {la vie decaint Hugues, de ls ausesiption dos Coneuctudinae Garlisiae ct do la montion do I'bvsquo do Grenoble dons Ie prologue des Consueuiines ov dans Ia prétacs de VAnti- phomaire cartusien, Bn groupant, en un tablean tours ‘es Tormules, on voit aver dvidence que le destinataine de notre lettre n'est pas d'Biise ; en fae de dix eas du type {que nous vonons de dserite se trouve une lettre & un le Te duo d'Aquiteine + ello commone> par Ie seul qualifteatit elllastri». A cela sajoute que Guigues a coutume d'éaumérer les titres de ses correspondants; si cette elise avail été adresse au cardinal Aimeric, chanceier de la Seinte Rglise, Je pricur aurail mentionné eet Aigoité, comme dune ba lettre ne 6, et celk ne pouvait se fru en Vespace do 15 lettres. Enfin actre autour avail Thabituda de faire dans ses lettres quelques allusions & Vétat de vie de 295 correspondants ; or les indications fournies por notre lettre conviendraient mieux a un eignenr temporel qua wm prélal. On serait, tenté de roposer le nom du comle de Nevers, qui avait visité Ia Charirouse vers 1114, était reste Tig damilie avee les