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« Courrier électronique professionnel : il demeure urgent de préciser la loi ».

Comité de soutien à Gil Schmitt


ancien DGS de la Ville Douarnenez
10 décembre 2009

A la Cour d’Appel de Rennes,

l’Avocat général se déclare « non convaincu » par le jugement de première


instance, ce qui raisonnablement nous laisse entrevoir …
une nouvelle jurisprudence possible !

Jeudi 3 décembre 2009, Gil Schmitt, ex-DGS de la Mairie de Douarnenez, comparaissait


devant la Cour d’Appel de Rennes. C’était la suite logique de sa décision, en accord avec
ses avocats, d’interjeter appel pour lever les ambiguïtés qui entachent le jugement du
Tribunal correctionnel de Quimper du 17 juillet 2008. Sur ce jugement, le comité de
soutien constitué à l’origine de cette affaire fin 2005, s’était exprimé par un communiqué
du 23 juillet 2008, considérant que « la voie d’une nouvelle jurisprudence est ouverte ».
Le procès s’est tenu dans une ambiance bien différente en appel. Le climat à Rennes
contraste avec celui de Quimper.
Dans son réquisitoire, l’Avocat Général a déclaré qu'il n'était pas convaincu par le
premier jugement et que pour lui le tutoiement très répandu dans le cadre du travail
ne conférait pas automatiquement un caractère personnel à un document échangé.
L’Avocat Général critique le jugement de première instance notamment sur « la
confusion dans l’appréhension de la chose à juger » pour conclure « je suis pas
convaincu par la décision prise en première instance ».

Le rendu du jugement est annoncé pour le 14 janvier à 14 heures.

Nous serons présents à la Cour d’appel de Rennes, parce que cette affaire de courrier
électronique professionnel nous concerne tous. Nous attendons sereinement une
construction positive de la jurisprudence et nous continuons à agir pour une
clarification de loi. Celle-ci doit apporter une définition claire du courriel public, préciser la
notion du courriel professionnel, non soumis au secret des correspondances privées.

Vous pouvez manifester votre soutien en adressant un message à soutien.gil.schmitt@orange.fr

Pour contacter le Comité de soutien :


Guylaine Piquet : piquet.guylaine@orange.fr
Jean-Charles Dionisi : jch.dionisi@wanadoo.fr

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Retour sur cette affaire qui dure depuis plus de 5 ans

Décembre 2004 : en réponse à un courriel administratif interne aux services de la Ville de


Douarnenez, organisant la collecte des besoins des services en vue de l’élaboration du budget
communal, adressé le 01/12/04 à 24 responsables de services, l’un des chefs de service adresse
une réponse contenant ses souhaits en vue du budget mais aussi des propos qui ne se rapportent
pas à l’objet de la demande et comportent des « considérations » sur l’activité de la direction
générale.

Janvier 2005 : informé du contenu de la réponse de ce chef de service, le DGS demande au


destinataire de la réponse de lui remettre un exemplaire imprimé.
Dans le cadre d’une procédure disciplinaire déjà ouverte, il verse le document au dossier de ce
fonctionnaire auteur de la réponse.

Eté 2005 : l’auteur de la réponse porte plainte pour atteinte au secret de la correspondance par
une personne chargée d’une mission de service public, avec constitution de partie civile.

2 novembre 2005 : le DGS de la Ville de Douarnenez est convoqué comme « témoin assisté » par
un Juge d’Instruction.

9 décembre 2005 : le DGS est auditionné par le Juge d’Instruction de 10 h 45 à 12 h 30.

Le risque pénal encouru par notre collègue :


Les faits prévus et réprimés par :
- l’article 432-9 al.1 du Code Pénal : 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros
d’amende.
- 432-17 du Code Pénal : 1° interdiction des droits civiques, civils et de famille et 2°
interdiction d’exercer une fonction publique ou d’exercer l’activité professionnelle ou
sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été
commise
(c’est à dire la révocation d’office ou la révocation consécutive à la condamnation)

14 décembre 2005 : le DGS est mis en examen pour atteinte au secret de correspondance au
titre des articles 432-9 et 432-17 du Code pénal.

L’avis de mise en examen de témoin assisté et de fin d’information

« en application des dispositions de l’article 175 du Code de Procédure Pénale, je vous


avise que l’information me paraît terminée et que le dossier de la procédure sera
communiquée au Procureur de la République….
En application de l’article 113-8 du Code de Procédure Pénale, …vous êtes mis en
examen pour :
- avoir …. en sa qualité de directeur général des services de la ville …, personne
chargée d’une mission de service public agissant dans l’exercice ou à l’occasion de
l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, ordonné de commettre, hors les cas
prévus par la loi, le détournement ou l’ouverture d’une correspondance, en l’espèce un
message électronique privé adressé par M. … à M. … pour joindre une copie de ce mail
au dossier administratif de ... à l’appui d’une procédure disciplinaire.

20 juillet 2006 : l’ordonnance de renvoi du DGS de Douarnenez devant le Tribunal correctionnel


de Quimper est notifiée au DGS de Douarnenez.

mai 2007 : le collègue fait l’objet d’une procédure de fin de détachement sur
l’emploi fonctionnel de DGS. Gil Schmitt est maintenant en situation statutaire de
congé spécial.

12 juin 2008 : audience du Tribunal correctionnel de Quimper.

17 juillet 2008 : rendu du jugement en première instance : condamnation à 3000 euros


d’amende avec sursis et non inscription au casier judiciaire.

26 juillet 2008 : Gil Schmitt fait appel du jugement , tout comme le Ministère public.

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3 décembre 2009 : audience en appel devant la Cour d’Appel de Rennes.

14 janvier 2010 : rendu du jugement.

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