Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas… (La Table d’Emeraude)

« Pom, pom, pom, pom…» La cinquième symphonie de Beethoven est écrite
sur un thème simplissime se répétant en d’infinis motifs de tempi variés qui
dessinent un paysage sonore luxuriant.
Les volutes de fumée qui s’échappent d’une cheminée produisent en
s’enroulant au contact de l’air, des formes toujours similaires dans une large
gamme de tailles.
Le point commun de ces deux exemples ? Une structure fractale.
En 1967, Benoît Mandelbrot soumet un article1 où il pose
la question de la longueur des côtes de GrandeBretagne. En effet, suivant que l’on mesure leur limite sur
une carte à l’échelle, ou qu’on les suive sur le terrain en
contournant chaque galet (!), le résultat est
singulièrement différent. En fait, plus vous incluez de
détails en « zoomant » sur leur tracé, plus vous augmentez
la longueur mesurée.
Mandelbrot évoquait un paradoxe typique d’une
catégorie d’objets qu’il allait plus tard s’appliquer à
répertorier, classifier et décrire : les fractales.

Motifs de Lichtenberg,
créés par décharge
électrique
Wikipedia commons

Benoît Mandelbrot
(Yale, 1997)
futura-sciences.com

Longtemps ignorées des mathématiques du fait de
leur forme « indescriptible » et des singularités
auxquelles elles sont associées, les fractales faisaient
une entrée en force dans d’innombrables domaines
des sciences : de la Géographie à la Biologie2 en
passant par l’Électrocinétique3 – et beaucoup
d’autres ! La science acceptait enfin de voir des
fractales partout où elle les avait de prime abord
bannies. De monstres occultes, les fractales
devenaient une évidence pour décrire la nature et
ses lois. Et de fait, il semble bien que la Nature
façonne ses œuvres de façon fractale…

Sans entrer dans des considérations techniques de définition mathématique,
disons qu’un objet fractal est construit suivant une loi qui s’applique à tous les
niveaux. Et ainsi, quelle que soit l’échelle à laquelle vous observez l’objet,
vous reconnaissez cette loi de construction à l’œuvre.

Article intitulé : How long is the coast of Britain? Voir aussi sur Wikipedia
Voir le site Les fractales, de Bruno et Devilliers
3 La diffusion d’une décharge électrique dans la matière (figure de Lichtenberg)
1
2

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas… (La Table d’Emeraude)

Plus la loi est simple, et plus la structure fractale est évidente, sculptée dans
son substrat avec la même régularité, de l’infiniment petit jusqu’à l’infiniment
grand. Mais quelle est la loi fondamentale qui donne naissance à la
matière ?

Voir la vidéo

Le physicien autodidacte Nassim Haramein décrit une géométrie
tridimensionnelle constituée d’un même motif qui se répète et
s’assemble pour former un motif similaire plus grand, et ainsi de
suite à l’infini (vidéo ci-contre). Dès lors, Haramein voit dans la
formation de ces motifs la structuration même de l’univers, qui
façonne tantôt un atome, tantôt une étoile, tantôt une galaxie…

Pour se figurer ce processus, disons que la
nature « divise le vide4 », le partitionne, afin de
créer « ce qui est ». Et pour se faire, elle respecte
systématiquement la même loi de construction
géométrique, donnant ainsi à la totalité de la
création – notre univers compris – une structure
essentiellement fractale. Et ainsi, la géométrie
qui sous-tend les oscillations du vide n’est qu’un
palier de la description fractale de l’univers et le
mur de Planck s’effondre… (voir ci-contre)
Dès lors, il n’est rien dans l’univers qui ne soit
accessible à l’homme par le biais de ce qu’il
observe à sa propre échelle. Était-ce le secret
d’un Démocrite, qui décrivait un atome qui ne
put être révélé aux sens ordinaires que des
siècles plus tard ? C’est en tout cas la clé d’un
modèle de pensée qui offre la possibilité de
découvrir l’univers à travers l’expérience de
notre propre vie, redonnant tout son sens à
l’injonction gravée sur le fronton du temple de
Delphes :

Nous construisons des accélérateurs
pour obtenir des particules de plus en
plus petites, en pensant à chaque fois
que nous allons trouver cette particule
fondamentale qui ne peut plus être
divisée. […] Nous devrions savoir que
cela peut se faire à l’infini… Que l’on
peut toujours obtenir une particule
plus petite avec un accélérateur de
plus en plus grand. Alors qu’est-ce que
cela nous apprend réellement sur
l’univers ?
Je pense qu’une exploration plus
valable serait de cesser de chercher
une particule fondamentale et de
commencer à chercher un modèle
fondamental de division. Parce que si
nous pouvions trouver le modèle selon
lequel l’univers se divise, nous
pourrions avoir la clé de la création. Et
ça… Ça pourrait être vraiment utile !
Nassim Haramein, The Black Whole

« Gnôthi seautόn », connais-toi toi-même …

4

Voir l’article : À la frontière de l’être

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