Vous êtes sur la page 1sur 5

CONSEIL MUNICIPAL DU 28 JANVIER 2010

INTERVENTIONS DE PHILIPPE ROSAIRE

Prise de parole de début de conseil

1/ Un quotidien national, Libération pour ne pas le nommer, a consacré hier 27 janvier un article à la
fin du Festival Courts dans l'herbe, chassé du parc de l'Abbaye (avec comme solution une
délocalisation à Sucy). L'article évoque les relations conflictuelles avec la nouvelle équipe municipale
et l'attitude déplorable de la ville envers les responsables de ce festival. Je n'ai pas le souvenir que la
décision de mettre fin à ce festival ait été prise par le conseil municipal. Je n'ai pas le souvenir non
plus que la politique culturelle à mettre en œuvre à Saint-Maur ait fait à un quelconque moment l'objet
d'un débat en conseil municipal. Qui décide de cela, le maire mais sur quelle base. Je vous rappelle
que c'est le conseil municipal qui règle par ses délibérations les affaires de la commune. Le maire ne
fait que les mettre en œuvre. Serions dans une collectivité locale bananière. Qu'avez vous à reprocher
à ce festival ? Trop jeune, trop bruyant, pas assez classique. Pour beaucoup de Saint-Mauriens, Courts
dans l'herbe vaut Saint-Maur en toutes libertés. Vous nous devez la lumière sur cette affaire qui fait
encore de nous la risée des journaux.

2/ Nombre de Saint-Mauriens ont été choqué par l'instrumentalisation de la cérémonie des vœux. Cette
cérémonie des vœux est destinée normalement aux Saint-Mauriens or elle s'est presque transformée en
cérémonie des vœux de l'UMP du Val-de Marne avec à la tribune toute une brochette de
parlementaires et d'élus appartenant à cette famille politique. Il y en avait presque plus que d'élus de
Saint-Maur. Cela pose problème !

En outre, inviter Valérie Pécresse, candidate UMP aux élections régionales, c'est confondre cérémonie
des vœux et meeting électoral surtout lorsque l'on insiste aussi lourdement que vous l'avez fait sur les
difficultés de la ligne A du RER alors que les transports publics sont une des clés de cette élection et
que vous savez aussi bien que moi que l'état du RER est du avant tout au désengagement de l'État qui
a géré les transports jusqu'en 2006.

Si vous voulez avoir des réponses, interpellez donc l'actuel patron de la Région, monsieur Huchon.
Jusqu'au 21 mars, et très vraisemblablement après, c'est lui qui pourra apporter les réponses à vos
questions.

En tout cas j'espère que le compte de campagne de madame Pecresse intégrera une partie des frais de
la réception du nouvel an. Ce ne serait que justice puisqu'elle était ici en service commandé.

1/5

Chercher et trouver un bouc émissaire ne sert à rien Deuxièmement. Sans minimiser les risques inhérents à ces produits. L'analyse faite par la chambre doit être prises avec beaucoup de prudence. Le rapport est même plutôt clément sur certains points quoique l'on veuille en dire. La différence est de taille. poste qui a été fouillé de manière approfondie. L'utilisation marquée des heures supplémentaires est soulignée et cela pose question quant à la manière dont est géré le personnel mais force est bien de constater que leur coût n'a pas fait exploser les charges. Les magistrats sont d'une grande compétence mais ils ne sont pas exempts pour autant de jugements de valeur ou d'a priori idéologiques. Les produits structurés ont une dizaine d'années d'existence. Ces produits ont deux défauts principaux : ils sont opaques et potentiellement risqués car associés à des indices dont l'évolution est difficile à prévoir. D'après ce que je comprends. De même les relations avec les associations sont pointées comme présentant quelques risques juridiques mais n'est jamais évoquée la gestion de fait qui était le risque majeur présumé de tous. En effet. dans cette catégorie d’emprunts figurent aussi bien les formules les plus standards pour lesquelles les risques ne sont finalement pas plus importants que pour un emprunt “classique” indexé sur la même référence. Sur le rapport en lui-même. Par contre. Ne faisons donc pas dire au rapport ce qu'il ne dit pas. Tous ne sont pas porteurs des mêmes risques. il n'est pas question pour nous de participer à un hallali sur la droite d'opposition ou sur qui que ce soit d'ailleurs. CONSEIL MUNICIPAL DU 28 JANVIER 2010 INTERVENTIONS DE PHILIPPE ROSAIRE Affaire n°2 : rapport de la Chambre Régionale des Comptes D'abord. Le but principal d'un rapport. les emprunts structurés. effets de levier. je persiste à penser qu'une collectivité locale n'est pas une entreprise et que les ratios habituellement utilisés pour les entreprises ne peuvent pas être décalqués aussi vite or c'est bien souvent ce qui est fait. la ville de Saint-Maur étant sommée d'autofinancer la majeure partie de ses investissements. En ce qui me concerne. et c'est un point majeur. Cela oblige à être prudent dans les termes que l'on emploie. effets de cliquet) qui peuvent conduire à des taux d’intérêt élevé. je tiens également à dire aussi que la remise de ce rapport n'altère en rien la confiance que j'ai dans les services financiers de la ville qui sont d'une grande compétence et d'une intégrité totale. on peut faire plusieurs remarques. contractés par la ville ne sont pas des emprunts toxiques hautement risqués. c'est de faire le point sur une question et de tirer des enseignements pour l'avenir pas de régler des comptes politiques. le rapport ne dit rien que nous ne sachions déjà à l'exception de la structure de la dette. seule voie de salut possible. 2/5 . Les recommandations émises sont ainsi plutôt conservatrices. Les Saint-Mauriens se fichent de cela. Les charges de fonctionnement sont inférieures à celles des villes de même strate et par habitant (voir annexe 4) les charges de personnel également. ce n'est pas mon propos. on apprend que l'imposante dette de Saint-Maur que l'on croyait à taux fixe pour la plus grande partie est en fait à près de 90 % à taux variable et appartient en plus majoritairement à la catégorie des emprunts structurés. Il n'y a pas eu non plus de malversations. Sur le fond. Il n'y a pas a priori de risque systémique. que celles les plus complexes et les plus risquées (barrières sur change. mais l'offre s'est surtout développée avec la remontée des taux d'intérêt à partir de 2003. il faut avoir une approche nuancée car le risque qu’ils induisent n’est pas de même importance d’un produit à l’autre.

Car ce volume va amplifier dans les années futures dans un sens que l'on ne peut pas prévoir. l'effet des indices sur lesquels sont assises les charges financières. Et pour que la charge de la dette soit soutenable. Cela coûterait un argent fou. c'est de la gesticulation car il sera impossible de démontrer que les banques ont failli à leur devoir de conseil. Les magistrats reconnaissent d'ailleurs que cette stratégie a profité à la ville et lui profite toujours puisque le taux moyen de la dette actuel est toujours très bas. il faut maintenant : . ce qui est critiquable c'est le volume de la dette et son augmentation très importante durant le dernier mandat. c'est l'incertitude.accroître le rôle de notre assemblée en encadrant plus précisément les compétences attribuées à l'exécutif municipal en matière d’emprunt . étiré au maximum. Il ne faut pas faire peur inutilement aux Saint- Mauriens. C'est pour cette raison qu'en avril 2008. ce pari a été payant pour l'instant car si c'était un taux fixe qui avait été choisi. le coût pour la ville aurait été bien pire. vous l'avez étalé. L'information qui nous est donnée dans ce rapport est très insuffisante pour juger de la toxicité réelle de ces emprunts. Ce qui est critiquable pour moi. ce n'est pas l'utilisation de ce type de produits structurés. La critique de fond que l'on doit faire à l'ancienne équipe. Nous avons aussi toujours refusé de donner une délégation large au maire pour contracter les emprunts. c'est celle la : vous avez trop tiré sur la dette parce que le coût politique de la dette est à court terme bien moindre qu'une hausse de la fiscalité toujours difficile à expliquer. trituré dans tous les sens. il faut le souligner. On se perdrait en frais d'avocat et monsieur le maire on voit mal le gouvernement que vous soutenez donner raison à une collectivité contre les banques.organiser un débat annuel sur l’état de la dette et sa stratégie de gestion future . il leur faut leur dire la vérité. CONSEIL MUNICIPAL DU 28 JANVIER 2010 INTERVENTIONS DE PHILIPPE ROSAIRE L'avantage de ce type de produits est certain : permettre de profiter des opportunités baissières de manière plus forte qu'avec un emprunt à taux variable classique. L'appel au médiateur ne réglera rien non plus. c'est de trouver des solutions. . . Plutôt que se lamenter. Nous avons été d'ailleurs les seuls à le faire. La dette doit être mise sous surveillance avec une attention accrue. Alors que faire maintenant parce que pour moi l'objectif ce n'est pas de crier haro sur le baudet. Le risque majeur avec ce type de produits. Un pari a été fait à un moment donné. On voit mal aussi faire passer la totalité de la dette à taux fixe. 3/5 . Nous nous avons la conscience tranquille. nous vous l'avons refusé aussi cette délégation monsieur le maire. cela peut être à la hausse mais aussi à la baisse. Une délégation trop large est dangereuse. la chambre le pointe. Durant le mandat précédent nous avons toujours critiqué le recours massif à la dette et avons toujours refusé les budgets proposés. La dette existe et elle ne bougera pas à moins que vous décidiez de vendre un autre actif telle que l'usine des eaux ce qui serait une énorme erreur.améliorer l’information comptable en provisionnant dès maintenant les risques financiers inhérents aux produits structurés .

Mais comment pouvez vous après prôner l'ordre à Saint-Maur ! 4/ En matière de sécurité. je ne trouve pas ces éléments de diagnostic qui sont pourtant indispensables à une bonne programmation. Dans la partie relative à l’environnement socio-économique. nous en avons à peine 2000. vous prévoyez d'installer une antenne de police supplémentaire à Champignol alors que la Chambre Régionale dans son rapport pointe 1/ que nous avons le plus faible taux de délinquance du Val-de-Marne et que cela est du avant tout à la sociologie de la population . 2/ que les moyens affectés à la police municipale sont déjà très largement supérieurs à ceux en vigueur ailleurs et 3/ que nous n'avons aucun indicateur de suivi sérieux en la matière et que nous sommes infichus de mesurer les effets de ce que nous investissons dans ce domaine. Que va-t-on faire en 2010 pour enrayer ce déclin. Or quand je consulte le document support que vous nous fournissez. un vrai diagnostic de manière à justifier les choix proposés dans un contexte financier qui est très difficile. Comment évalue-t-on les besoins du service de l'action économique ? Je pose la question.5 M€ et demain peut-être plus. 2/ Où sont les chiffres qui montrent l'effet de la crise sur l'activité économique des entreprises saint- mauriennes et sur les habitants. Les chiffres du chômage ont fortement augmenté à Saint-Maur. 5/ En matière de politique culturelle. vous faîtes la loi mais vous ne la respecter pas. 4/5 . 3/ En matière de logement et d'hébergement d'urgence. La chambre des comptes a pointé je vous le rappelle le fait que de nombreuses associations exerçaient des actions dans ce domaine dans des conditions juridiques et financières insatisfaisantes. CONSEIL MUNICIPAL DU 28 JANVIER 2010 INTERVENTIONS DE PHILIPPE ROSAIRE Affaire n°6 : débat d'orientation budgétaire : L'objectif d'un débat d'orientation budgétaire. Or. La même remarque peut être faite pour les hébergements d'urgence (10 au lieu des 70 prévus par la loi) qui donnent lieu eux aussi à amende ? Ou est le plan de rattrapage. on ne que fait piloter à vue sans grande efficacité. Nous devrions avoir 7000 logements sociaux. quelle est la planification prévue pour se conformer à la loi. Que prévoit-on pour aider les Saint-mauriens qui ont perdu leur emploi. je m’attendais à trouver une étude détaillée de la situation de notre collectivité. les chiffres qui nous sont livrés sont très généraux et ne traitent pas de Saint-Maur. les Saint-Mauriens vont cette année encore subir hausse d'impôts et hausse des tarifs des services publics. ils sont nombreux. va-t-on continuer à subventionner le cinéma commercial de la Varenne comme on le fait depuis deux ans ? La question est posée. Le document ne nous aide pas beaucoup à y voir clair : 1/ Où est l'analyse des besoins en matière sociale que le CCAS devrait faire et qui nous permettrait à nous élus de calibrer au mieux la subvention à lui accorder. la loi pose des contraintes. A défaut de procéder ainsi. c'est d'établir des priorités et cela ne peut se faire qu'en ayant réalisé au préalable une analyse précise des besoins des Saint-Mauriens dans tous les domaines. Vous êtes monsieur le maire député. le rapport pointe la aussi la dégringolade de la fréquentation du théâtre. du cinéma le lido et la mauvaise gestion de l'association qui en a la charge. Ou est le plan de rattrapage sachant que cela nous vaut aujourd'hui une amende de 2. Par contre. je comprends que rapport de la Chambre régionale aidant.

la réduction de la dette n'est pas la priorité : le sous investissement conduirait à la dégradation de la ville et nous le paierions très cher. Les esquisses que vous nous présentez ce soir ne satisfont pas à cette demande. Cet effet sera encore accentué si la hausse prend la forme d'une augmentation indifférenciée de la taxe d'habitation et de la taxe foncière. Les collectivités gagnantes seront obligées de reverser les montants aux collectivités perdantes par l'intermédiaire d'un fonds créé à cet effet le FNGIR. C'est complètement faux. Il n'a de cesse de réduire leur autonomie fiscale et les ressources qu'il leurs accorde. La partie qui présente le résultat provisoire de l'exercice 2009 et les projections de 2010 est elle aussi trop générale pour être vraiment utile. il n'y aura que des perdants et pour rattraper les fonds manquants la seule solution sera d'augmenter régulièrement les taux sur les ménages. Dans cette opération. J'attire votre attention monsieur le maire sur le fait que la hausse des impôts locaux pénalisera avant tout ceux qui ont le moins de ressources et qui ne disposent pas du bouclier fiscal pour limiter la charge. L'incertitude sur la ressource de remplacement de la taxe professionnelle est très grande au dela de 2010. En période de crise. Les recettes devraient augmenter du fait de la hausse des impôts mais la majeure partie des charges aussi. Lorsque vous êtes à l'Assemblée et que l'on vous de vous prononcer sur ces reculs. de l'innovation et surtout de l'équité. L'autofinancement sera néanmoins supérieur à celui de l'année passée ce que je salue car ce n'est pas simple. Dans le contexte actuel. Seguin avait d'ailleurs démontré à plusieurs reprises. je salue la stabilisation de la dette et la volonté de ne pas emprunter plus que ce qui est remboursé. CONSEIL MUNICIPAL DU 28 JANVIER 2010 INTERVENTIONS DE PHILIPPE ROSAIRE Le gouvernement que vous soutenez n'aime pas les collectivités locales. Les dotations ne progressent pas alors que les charges transférées ont un profil de croissance très dynamique. je regrette fortement et j'aurai l'occasion de le dire à nouveau que vous envisagiez de recourir au partenariat public privé puisque cette modalité de financement des investissements est au final toujours plus coûteuse pour la collectivité ce que le Président de la cour des comptes P. Par contre. les Saint-Mauriens attendent trois choses de leurs élus en matière budgétaire et fiscale : de l'imagination. 5/5 . J'entends ici et la que Saint- Maur serait gagnante avec de près de 11 M€ à l'opération. De même. vous ne dîtes rien.

Centres d'intérêt liés