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BENJAMIN DUPOUY

&

BASTIEN GOURINCHAS

présentent ...
TD apprentissage de la question
de synthèse en autonomie

Sujet : les pratiques culturelles des jeunes


Sujet de la question de
synthèse

Dans une première partie, vous démontrerez que depuis les


années 60 en France, il existe une sous-culture jeune se
caractérisant par des pratiques culturelles spécifiques et
homogènes, permettant la construction d’une identité spécifique
comme le démontre la démarche interactionniste. Vous
relativiserez dans une seconde partie cette sous-culture jeune, en
montrant qu’il existe une reproduction sociale liée à la
stratification sociale, et que l’hétérogénéité de la jeunesse est liée
à la différence âge (biologique /social), comme le démontre P.
Bourdieu.
Dossier documentaire
Ce dossier documentaire comporte 4 documents
qui permettent de répondre aux questions du travail
préparatoire.
Document 1: Hétérogénéité des jeunes

1. Déterminer le mode de
lecture et de calcul de 22
(quatrième colonne, douzième
ligne).
2. Y-a-t-il des différences de
pratiques culturelles entre les
jeunes dont le niveau scolaire
des parents est très différent?
Répondez à cette question
grâce au tableau en opérant
une typologie du niveau
scolaire des parents en
fonction des différentes
pratiques culturelles. Indiquez
le taux de variation moyen des
pratiques culturelles.
Document 2 : Sous-culture jeune
Une première explication de la sous culture des jeunes repose sur les spécificités des
statuts et des rôles dévolus aux adolescents dans les sociétés modernes. La création
d’une sous culture des jeunes, potentiellement marginale et délinquante, serait un effet
de l’incohérence et de l’indétermination statutaire de l’adolescence, un produit de la
crise qui se développe lors du passage de l’enfance à l’âge adulte. Dans un article de
1942, [le sociologue américain] Parsons avait défini le système des alternatives et de
l’indétermination anomique qui caractérisent l’adolescent des sociétés industrielles.
Afin de franchir cette épreuve définie, l’adolescent élabore une sous culture, Parsons dit
une « civilisation des jeunes » qui permet aux jeunes de se repérer dans le jeu des
orientations contradictoires, de réduire l’anomie et de construire des espaces de
déviance tolérée. Source : François Dubet, La galère, jeunes en survie, Fayard 1987

3. Après avoir rappelé la définition de sous-culture, vous expliquerez en quoi ce texte sur l'adolescence en est
un bon exemple.

4. Expliquez la phrase soulignée, cela correspond il a une logique Durkheimienne ou Weberienne ?


Document 3 : L’hétérogénéité de la jeunesse

« La jeunesse n’est pas qu’un mot : la vie sous triple contraintes », Bernard Lahire*
Ni enfance ni vie adulte, la période adolescente ne se comprend qu’au croisement des contraintes scolaires,
des contraintes parentales (plus ou moins homogènes) et des contraintes liées à la fratrie ou aux groupes de
pairs fréquentés (ami(e)s ou petit(e)s ami(e)s dont les propriétés sociales et culturelles sont plus ou moins
homogènes). Même si les effets de ce dernier type de contraintes s’expriment le plus souvent sur le mode du
goût personnel associé au désir individuel d’autonomie, elles n’en constituent pas moins des contraintes
objectives orientant les comportements. La “jeunesse” n’est donc pas qu’un mot (Bourdieu, 1980), mais
“une condition d’existence et de coexistence sous triple contrainte, un régime de vie sous contraintes
multiples” qui peut s’objectiver comme n’importe quel autre régime de vie. Bien que les choses ne se
présentent jamais sous une forme aussi claire, on pourrait dire que tout se passe comme si chaque
adolescent avait un problème très complexe à résoudre. Il s’agit en effet pour lui de trouver sa place
symbolique tantôt entre ses parents et l’école (d’autant plus que les sollicitations culturelles de ces deux
instances de socialisation sont contradictoires), le plus souvent aussi entre l’école (globalement associée aux
parents dans le cas des milieux sociaux scolairement bien dotés) et son groupe de pairs (les goûts propres à
sa génération).
Source : Education et société n° 16 (février 2005) Bernard Lahire : La culture des individus, Paris, Éditions
La Découverte, 2004

5. Expliquez pourquoi l’expression « triple contraintes » utilisée par Bernard Lahire démontre
l’hétérogénéité des jeunes.
Document 4: Homogénéité des jeunes

6. Tirez les
conclusions de ce
tableau prouvant
l'homogénéité des
jeunes.
Réponses aux questions du travail
préparatoire
Réponse à la question 1:

- En 2000, en France, 22% des personnes dont le père était cadre ou de


profession libérale allaient au théâtre ou à un concert lorsqu'elles avaient entre 8 et
12 ans.

22= nombre de personnes dont le père est cadre ou de profession libérale qui sont allés au théâtre ou à un concert entre 8 et 12 ans X 100
nombre total de personnes dont le père est cadre ou de profession libérale entre 8 et 12 ans
Réponse à la question 2:
Le tableau nous permet de voir qu’il existe réellement des différences de
pratiques culturelles entre des personnes dont le niveau scolaire des parents est très
différent.
En effet, les taux de pratiques culturelles des individus lorsqu’ils avaient entre
8 et 12 ans peuvent changer du tout au tout en fonction du niveau scolaire des parents.
Le taux moyen de variation des pratiques culturelles entre les individus dont
les parents sont diplômés du supérieur et les individus dont les parents ne sont pas
diplômés est de 5.8%.
Le maximum des inégalités des pratiques culturelles par rapport au niveau
scolaire des parents pour les musées, théâtre et monument historique. Il s’agit pour ces
pratiques culturelles d’un taux de variation de 12 ,2 % de plus pour les personnes dont
les parents sont diplômés du supérieur (61%) que pour les personnes dont les parents ne
sont pas diplômés (5%).
Le minimum des inégalités des pratiques culturelles par rapport au niveau
scolaire des parents est pour les lectures de livres, avec un taux de variation de 1,7 % de
plus pour les personnes dont les parents sont diplômés du supérieur (80%) que pour les
personnes dont les parents ne sont pas diplômés (47%).
Les informations et les données recueillies grâce à ce tableau nous permettent de
postuler que le niveau social des parents joue effectivement un rôle dans les différences
de pratiques culturelles chez les individus entre 8 et 12 ans.
Réponse à la question 3:

Une sous-culture est le système de valeurs, normes et modèles


de comportements, propre à un groupe social lui permettant de
se différencier et d’intégrer ses membres en développant une
conscience collective sans pour autant s’opposer à la culture de la
société. Dans le cas présent, il s’agit d’une sous culture jeune. Les
jeunes cherchent à se regrouper en groupes de pairs afin de se
démarquer. Cette sous-culture fait référence à la démarche
Weberienne : les individus ne sont pas déterminés par la société,
ils créent un groupe afin de lutter contre cela et se différencier,
pour ressortir de la société sans s’opposer aux normes et valeurs
de cette dernière.
Réponse à la question 4:

Dans ce document, nous avons affaire à une sous culture jeune


permettant à ces derniers de dissocier les orientations
contradictoires données par les différents acteurs tels que l’école et
la famille, d’orienter leur conduite, et de construire des espaces de
déviance tolérée pour ressortir de la société. En effet, ces acteurs
luttent contre l’anomie, terme faisant référence à la démarche du
sociologue Durkheim. Il s’agit donc en effet de Weber et non
Durkheim dans la phrase soulignée puisque les individus ne sont pas
déterminés par la société, leurs actions ne sont donc pas contrôlées.
Réponse à la question 5:
Bernard Lahire explique dans ce texte que la jeunesse n‘est pas qu’un mot,
et possède des contraintes. Lorsque l’individu est adolescent, il se situe alors au
croisement des trois contraintes : les contraintes scolaires ; les contraintes
parentales, qui sont plus ou mois homogènes ; et les contraintes liées à la fratrie
ou aux groupes de pairs fréquentés, qui sont les ami(e)s, ou petit(e)s ami(e)s,
dont les propriétés sociales et culturelles sont plus ou moins homogènes.
Il explique que la jeunesse n’est réellement pas qu’un mot, mais que c’est
plus difficile que cela, c’est une condition d’existence et de cœxistence sous
triple contrainte. C’est en quelques sortes un régime de vie sous multiples
contraintes, comme n’importe quel autre régime de vie.
En effet, l’adolescent a en quelques sortes un problème très complexe à
résoudre : trouver sa place symbolique tantôt entre ses parents et l’école ; et le
plus souvent entre l’école et son groupe de pairs. Cela nous explique en quoi
chaque adolescent est différent de chaque autres, unique, fait ses propres choix,
et en quoi les jeunes ne sont pas semblables et homogènes, mais plutôt
différents et hétérogènes.
Réponse à la question 6:

En France en 2008, 91% des 15-19 ans a utilisé Internet


au cours du dernier mois ; et 57% d’entre eux l’a utilisé tous les
jours ou presque.
De même, en France en 2008, 85% des 20-24 ans a
utilisé Internet au cours du dernier mois ; et 58% d’entre eux l’a
utilisé tous les jours ou presque.
Cela prouve l’homogénéité des jeunes parce que la plus
grande majorité d’entre eux (plus de 90% pour les 15-19 ans et
plus de 85% des 20-24 ans) utilisent Internet.
Internet est donc un outils qui permet le regroupement de
la très grande majorité de la jeunesse, une pratique culturelle qui
rassemble et prouve l’homogénéité des jeunes.
Réponse à la Question de Synthèse
La grande toile, appelée Internet, fut inventé durant la guerre froide par l' US Air Force, alors à la
recherche d'un nouveau réseau de communication, au début des années 60. Il faudra attendre les
années 90 pour avoir les innovations telles que nous les connaissons aujourd'hui, mais depuis, Internet
est devenu une pratique culturelle très développée chez les jeunes.
La culture est définie le plus souvent comme un ensemble de pratiques sociales. Les pratiques culturelles
sont donc une sous partie de ces pratiques sociales propre à la culture. En abordant le terme pratiques
culturelles, nous y incluons les sorties au cinéma, au musée, au théâtre, à l'opéra, ou encore la lecture.
Il s'agit donc de pratiques intellectuelles employées par les individus afin d'approfondir leur culture,
d'enrichir leurs centres d'intérêts
La période étudiée débute dans les années 60 et se prolonge jusqu'aux années 2000, afin d'étudier le
changement de ces différentes pratiques lors de ces années.

Comment les pratiques culturelles ont-elles évolués dans la jeunesse Française depuis les années 60?
I. Existence d’une sous-culture jeune depuis les années 60 en France:

A. se caractérisant par des pratiques culturelles spécifiques et


homogènes

Document 2:
Une sous-culture est le système de valeurs, normes et modèles de
comportements, propre à un groupe social lui permettant de se différencier et
d’intégrer ses membres en développant une conscience collective sans pour autant
s’opposer à la culture de la société. Dans le cas présent, il s’agit d’une sous culture
jeune. Elle fait référence à la démarche Weberienne : les individus ne sont pas
déterminés par la société, ils créent un groupe afin de lutter contre cela et ce différencier,
pour ressortir de la société sans s’opposer aux normes et valeurs de cette dernière.

Ici, nous avons affaire à une sous culture jeune permettant à ces derniers de
dissocier les orientations contradictoires données par les différents acteurs tels que
l’école et la famille, d’orienter leur conduite, et de construire des espaces de déviance
tolérée pour ressortir de la société. En effet, ces acteurs luttent contre l’anomie, terme
faisant référence à Durkheim. Il s’agit donc en effet de Weber et non Durkheim dans la
phrase soulignée puisque les individus ne sont pas déterminés par la société, leurs
actions ne sont pas contrôlées.
B. permettant la construction d’une identité spécifique comme le démontre
la démarche interactionniste
Document 4:

En France en 2008, 91% des 15-19 ans a utilisé Internet au cours du


dernier mois ; et 57% d’entre eux l’a utilisé tous les jours ou presque.
De même, en France en 2008, 85% des 20-24 ans a utilisé Internet au
cours du dernier mois ; et 58% d’entre eux l’a utilisé tous les jours ou presque.
Cela prouve l’homogénéité des jeunes parce que la plus grande majorité
d’entre eux (plus de 90% pour les 15-19 ans et plus de 85% des 20-24 ans)
utilisent Internet.
Internet est donc un outils qui permet le regroupement de la très grande
majorité de la jeunesse, une pratique culturelle qui rassemble et prouve
l’homogénéité des jeunes.
II. Relativisation de cette sous-culture jeune en montrant que:

A. il existe une reproduction sociale liée à la stratification sociale


Document 1:

En 2000, en France, 22% des personnes dont le père était cadre ou de profession libérale allaient au
théâtre ou à un concert lorsqu'elles avaient entre 8 et 12 ans.

Le tableau nous permet de voir qu’il existe réellement des différences de pratiques culturelles entre
des personnes dont le niveau scolaire des parents est très différent.
En effet, les taux de pratiques culturelles des individus lorsqu’ils avaient entre 8 et 12 ans
peuvent changer du tout au tout en fonction du niveau scolaire des parents.
Le taux moyen de variation des pratiques culturelles entre les individus dont les parents sont
diplômés du supérieur et les individus dont les parents ne sont pas diplômés est de 5.8%.
Le maximum des inégalités des pratiques culturelles par rapport au niveau scolaire des parents
pour les musées, théâtre et monument historique. Il s’agit pour ces pratiques culturelles d’un taux de
variation de 12 ,2 % de plus pour les personnes dont les parents sont diplômés du supérieur (61%) que pour
les personnes dont les parents ne sont pas diplômés (5%).
Le minimum des inégalités des pratiques culturelles par rapport au niveau scolaire des
parents est pour les lectures de livres, avec un taux de variation de 1,7 % de plus pour les personnes dont les
parents sont diplômés du supérieur (80%) que pour les personnes dont les parents ne sont pas diplômés
(47%).
Les informations et les données recueillies grâce à ce tableau nous permettent de postuler que le
niveau social des parents joue effectivement un rôle dans les différences de pratiques culturelles chez les
individus entre 8 et 12 ans.
B. l’hétérogénéité de la jeunesse est liée à la différence âge (biologique
/social), comme le démontre P. Bourdieu.
Document 3:

Bernard Lahire explique dans ce texte que la jeunesse n‘est pas qu’un mot, et possède des
contraintes. Lorsque l’individu est adolescent, il se situe alors au croisement des trois contraintes : les
contraintes scolaires ; les contraintes parentales, qui sont plus ou mois homogènes ; et les contraintes
liées à la fratrie ou aux groupes de pairs fréquentés, qui sont les ami(e)s, ou petit(e)s ami(e)s, dont les
propriétés sociales et culturelles sont plus ou moins homogènes.
Il explique que la jeunesse n’est réellement pas qu’un mot, mais que c’est plus difficile que cela,
c’est une condition d’existence et de coexistence sous triple contrainte. C’est en quelques sortes un
régime de vie sous multiples contraintes, comme n’importe quel autre régime de vie.
En effet, l’adolescent a en quelques sortes un problème très complexe à résoudre : trouver sa
place symbolique tantôt entre ses parents et l’école ; et le plus souvent entre l’école et son groupe de
pairs. Cela nous explique en quoi chaque adolescent est différent de chaque autres, unique, fait ses
propres choix, et en quoi les jeunes ne sont pas semblables et homogènes, mais plutôt différents et
hétérogènes.
On peut donc dire que depuis les années 60, les pratiques
culturelles dans la jeunesse Française ont beaucoup évoluées:
même si elles sont de manière générale toujours spécifiques et
homogènes, comme le démontre la démarche interactioniste;
ces pratiques permettent la construction d'une identité
spécifique et fonctionnent de pair avec la démarche
interactionniste. Comme le démontre P. Bourdieu, cette sous-
culture est aussi influencée par la stratification sociale et la
différence âge biologique et social.