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Rédaction de la qstp

Travail préparatoire documents:

Document 1 :

Champ : personnes de 15 ans ou plus.


Source : Enquête Permanente sur les Conditions de Vie d’octobre 2000, Insee

Document 2 : « La jeunesse n’est qu’un mot ». Pierre Bourdieu

Si l'on comparait les jeunes des différentes fractions de la classe dominante, par exemple tous
les élèves qui entrent à l'École Normale, l'ENA, l'X, etc., la même année, on verrait que ces «
jeunes gens » ont d'autant plus les attributs de l'adulte, du vieux, du noble, du notable, etc.,
qu'ils sont plus proches du pôle du pouvoir. Quand on va des intellectuels aux PDG, tout ce
qui fait jeune, cheveux longs, jeans, etc., disparaît. [...] Dans un cas, on a un univers
d'adolescence, au sens vrai, c'est à dire d'irresponsabilité provisoire : ces « jeunes » sont dans
une sorte de no man's land social, ils sont adultes pour certaines choses, ils sont enfants pour
d'autres, ils jouent sur les deux tableaux. C'est pourquoi beaucoup d'adolescents bourgeois
rêvent de prolonger l'adolescence : c'est le complexe de Frédéric de L'Éducation sentimentale,
qui éternise l'adolescence. [Dans l'autre cas, celui des jeunes issus de la classe ouvrière, les
jeunes passent directement de l'enfance à l'âge adulte] Cela dit, les « deux jeunesses » ne
représentent pas autre chose que les deux pôles, les deux extrêmes d'un espace de possibilités
offertes aux « jeunes ».
Source : Pierre Bourdieu, « La jeunesse n'est qu'un mot », Questions de sociologie, 1984.

Document 3 :
[...] L'histoire des jeunes commence en France par la découverte de
l'enfance et de l'adolescence dans la société bourgeoise du XVIIIe siècle.
Vers la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la jeunesse populaire
devient un objet d'éducation à travers les tentatives d'encadrement
effectuées par l'école et les mouvements de jeunesse. [Il existe aussi] un
phénomène d'explosion du fait juvénile après la Deuxième guerre
mondiale, avec entre autres la montée des effectifs scolaires et
l'expression d'une culture et d'une sociabilité adolescentes originales, qui
mènent dans le courant des années 1960, à l'affirmation parfois violente
des jeunes, d'une identité sociale autonome. Depuis mai 1968 en France,
la jeunesse est désormais reconnue dans le cadre familial et dans le cadre
scolaire et universitaire.
Source : D’après « Les jeunes », Collection Repères, 2002.

Document 4 :

Travail préparatoire questions et leurs corrigés:

1/ Définissez le mot sous-culture.


Sous-culture : système de valeurs, normes et modèles de comportements,
propre à un groupe (jeunes, ouvriers, etc…) lui permettant de se
différencier et d’intégrer ses membres en développant une conscience
collective sans pour autant s’opposer à la culture de la société.
2/ Donnez les modes de lecture et de calcul de 89 et 21 (colonne
« cinéma »). Quels chiffres montrent que les jeunes ont des pratiques
culturelles spécifiques ? (doc 1)
Mode de lecture de 89 :
89 % de personnes de la tranche d’âge des 15-24 ans vont au
cinéma en 2000.
Mode de calcul de 89 :
89 = nombre de personnes de 15-24 ans qui vont au cinéma en
2000/ensemble de la population des 15-24 ans en 2000 x100
Mode de lecture 21 :
21% de personnes de la tranche d’âge des 65-74 ans vont au
cinéma en 2000.
Mode de calcul :
21 = nombre de personnes de 65-74 ans qui vont au cinéma en
2000/ensemble de la population de 65-74 ans en 2000 x100

Pour montrer que les jeunes ont des pratiques culturelles spécifiques, il
faut faire une comparaison de deux tranches d’âges, celle des 15-24 ans
et celle des 45-64 ans, et de leurs pratiques culturelles. Par exemple, la
catégorie des 14-24 ans la une probabilite plus forte de lire que que la
catégorie des 45-64 ans (72 % contre 56%).

3/ Que remet en cause Pierre Bourdieu ? Que signifie la phrase soulignée ?


(doc 2)
Bourdieu remet en cause l’existence d’une sous-culture jeune. La phrase
soulignée signifie que la société a un impact sur les jeunes, et que par
conséquent la jeunesse reste hétérogène en fonction de différents
facteurs comme l’origine sociale. Chaque individu a un statut dans la
société.
Statut : position qu’occupe un individu sur une des dimensions de l’espace
social comme la profession, le niveau d’instruction, le sexe…
4/ Quelle idée la phrase soulignée exprime-t-elle ? Appuyez-vous du
vocabulaire sociologique vu en cours. (doc 3)
La jeunesse exprime sa différence à travers différentes actions. Elle se
crée sa culture (qui devient donc une sous-culture) avec des normes et
des valeurs définies.
Valeur : manière d’être ou d’agir qu’une personne ou une collectivité
reconnaît comme idéale et estimables les êtres ou les conduites auxquels
elle est attribuée.
Normes : règles de conduite très largement suivies dans une société ou un
groupe donné, dont la non-observance entraîne des sanctions diffuses ou
explicites.
5/ A quelle profession du père se rattache le pourcentage de lecture le
moins élevé ? Le plus élevé ? Donnez le mode de calcul pour chaque
pourcentage. (doc 4)
Profession du père qui se rattache au pourcentage de lecture le moins
élevé : agriculteur
Profession du père qui se rattache au pourcentage de lecture le plus
élevé : cadre et profession libérale.
Mode de calcul de 51 :
51 = nombre de personnes qui lisent et dont le père est
agriculteur/nbre de personnes dont le pere est agriculteur
Mode calcul de 81 :
81 = nombre de personnes qui lisent et dont le père est cadre ou a
une profession libérale/nbre de personnes dont le pere est cadre ou
profession liberale x 100
6/ Quelle relation pouvez-vous définir entre le pourcentage de jeunes qui
lisent et la pratique de lecture des parents ? De manière générale, que
pouvez-vous en déduire ?(doc 4)
Le pourcentage de jeunes qui lisent est plus important lorsque les deux
parents sont des lecteurs (81% de jeunes ayant leurs deux parents
lecteurs lisent contre 52% de jeunes n’ayant aucun de leurs parents
lecteurs.).
De manière générale, on peut en déduire que le comportement des
parents influence les jeunes. Ainsi, lorsque les parents lisent, les enfants
ont plus de chances de lire fréquemment que les enfants dont leurs
parents ne lisent pas Leurs pratiques culturelles sont donc influencées par
leurs origines sociales.

Question de synthèse :

Vous démontrerez dans une première partie que l’on peut parler, en France, depuis les
années 60, d’une sous-culture jeune qui se caractérise par des pratiques culturelles
homogènes et spécifiques comme le prouve la démarche interactionniste. Vous
relativiserez dans une deuxième partie en montrant à l’aide de la démarche sociologique
de Bourdieu que la jeunesse reste hétérogène en fonction de leur origine sociale, leur
sexe…, et que la reproduction sociale garde une place importante chez les individus ce qui
remet en cause l’existence d’une sous-culture jeune.

Correction de la question de synthèse :

I- Existence d’une sous-culture jeune depuis les années 60 en France document 3 Q4

A) Avec des pratiques culturels homogènes et spécifiques document 1 Q1-2

Sous-culture: système de valeurs, normes et modèles de comportements, propre à un


groupe social (ici les jeunes) lui permettant de se différencier et d'intégrer ses membres
en développant une conscience collective sans pour autant s'opposer à la culture de la
société.

B) La démarche interactionniste en appuie

Démarche interactionniste : la culture est hétérogène et non homogène comme les


théoriciens culturalistes le pensaient. Toute culture est dynamique, provisoire, jamais
figée mais en perpétuelle évolution.
II- Cependant la jeunesse reste hétérogène
A) La jeunesse reste hétérogène en fonction (démarche de Bourdieu):
Démarche de Bourdieu : Bourdieu cherche à dépasser les deux conceptions théoriques
dominantes (durkhémienne et weberienne) qui ne permettent pas selon lui, d'analyser la
réalité. Il veut développer une analyse lui permettant de dépasser les contradictions mises en
évidence dans les deux traditions :
– chaque individu est caractérisé par une histoire, occupe une position sociale
qui déterminent un point de vue particulier sur le monde social : c'est l'habitus.
L'habitus est donc l'ensemble des savoirs-faire que l'individu a intériorisé qui
lui permet de se comporter avec naturel, de s'adapter avec finesse à un milieu
donné.
– L'individu n'est pas seulement déterminé, il est aussi un acteur dont la liberté
n'est jamais inexistante. Ainsi l'habitus n'est pas figé, il évolue avec l'histoire
de l'individu (sa trajectoire professionnelle par exemple)
1/ De leurs origines sociales documents 2-4 Q3-5
2/ Leur sexe
B) La place importante de la reproduction sociale chez les individus document 4 Q6
C) Remise en cause d’une sous-culture jeune document 2 Q3

Introduction :

En janvier 2010, le pourcentage de jeunes de 15-24 ans s'élève à


12,5% en France. Ces jeunes, de part leur comportement et leurs
pratiques culturelles, ont une existence propre en tant que catégorie
sociale. Qu'ils se démarquent du reste de la société par des attitudes
parfois violentes, ou qu'ils s'y intègrent en prenant à part à la vie de la
société, les jeunes développent une culture qui leur est propre, avec des
pratiques culturels spécifiques et codifiées. Nous développerons cette idée
dans une première partie en s'appuyant de la démarche interactionniste.
Cependant, nous verrons dans une deuxième partie que la jeunesse reste
hétérogène et subit l'influence de ses origines sociales, et que « La
jeunesse n'est qu'un mot » comme l'affirme Pierre Bourdieu.

Conclusion :

La jeunesse cherche à se construire une propre culture en imposant


à chacun de ses membres des valeurs et des normes. Ses pratiques
culturelles paraissent homogènes et spécifiques à sa catégorie sociale. En
réalité, la jeunesse n'est pas un tout homogène. En effet, on la qualifierait
plutôt d'hétérogène car les individus laissent une place importante à la
reproduction sociale. Les origines sociales influencent leurs pratiques
culturelles, ce qui implique la remise en cause de l'existence d'une sous-
culture jeune. Les jeunes ont de plus en plus de difficultés à trouver une
place dans la société comme le témoigne la hausse du taux de chômage
chez les jeunes en France. Quelle explication peut-on apporter à cette
difficulté d'intégration ?
Justine Charenton Masset 1ère ESA