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Baccalauréat blanc n°1 TES A et B 2009-2010

Question de synthèse étayée par un travail preparatoire

II est demandé au candidat :


1 - De conduire le travail préparatoire qui fournit des éléments devant être utilisés dans la synthèse.
2 - De répondre à la question de synthèse :
- par une argumentation assortie d'une réflexion critique, répondant à la problématique donnée dans l'intitulé,
- en faisant appel à ses connaissances personnelles,
- en composant une introduction, un développement, une conclusion pour une longueur de l'ordre de trois pages

Ces deux parties sont d'égale importance pour la notation.


Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation

Thème du programme : Accumulation du capital, organisation du travail et croissance économique

Dossier documentaire :

Document 1 :
Pour honorer son carnet de commandes, une entreprise a donc a priori la possibilité d’utiliser dans une
proportion variable des travailleurs ou des machines. Quelle solution retiendra-t-elle finalement ? La réponse
est simple : celle qui lui permet d’honorer ses commandes au moindre coût. Dans ces conditions, une hausse du
coût du travail a pour effet de restreindre l’usage de travailleurs au profit des machines, d’autant plus que les
rigidités (mesurées par la LPE) sur le marché du travail en Europe demeurent très importantes,
comparativement aux Etats-Unis ou aux économies émergentes. L’entreprise substitue des machines au travail
des hommes. On parle alors d’un effet de substitution. (…)
Mais en réalité, le volume des commandes n’est pas une donnée immuable, il dépend entre autres du prix
auquel l’entreprise facture ses prestations. Si ce prix augmente, les commandes vont baisser. Or, le prix des
prestations dépend très directement du coût de chaque facteur de production. Si le coût du travail augmente, le
prix des produits vendus par l’entreprise doit aussi s’accroître et ses commandes diminuent ce qui à son tour fait
baisser l’utilisation des facteurs de productions, parmi lesquels se trouve le travail des employés. (..)
Du point de vue des politiques économiques, il est important de pouvoir chiffrer cette diminution de la demande
de travail due à une hausse du coût de la main-d’oeuvre. Pour cela, on fait appel à la notion d’élasticité. (…).Il
est vraisemblable que la valeur de l’élasticité de l’emploi à son coût soit assez proche de l’unité (c’est-à-dire
que la diminution de l’emploi est proportionnelle à l’augmentation de son coût). (…)
Lorsque l’on considère différentes catégories d’employés, les études montrent que l’élasticité diminue avec le
niveau de qualification. En d’autres termes, l’emploi de personnels non qualifiées est plus sensible au coût du
travail que l’emploi de personnels qualifiés. De même, il apparaît que le travail non qualifié est plus facilement
substituable au capital que le travail qualifié.
Source : Rapport du CAE, Pierre Cahuc ,Gilbert Cette, André Zylberberg, SMIC, revenu minimum et coût du
travail : quelle articulation pour combiner justice sociale, incitation au travail et compétitivité ? Mars 2008

Document 2 :
Il faut, pour commencer, réfuter les fausses explications qui renvoient au coût du travail excessif et aux
nouvelles technologies. C’est assez simple, puisque tout au long des « Trente glorieuses » - pendant lesquelles
le taux de chômage n’a jamais dépassé 2 % - le salaire progressait en phase avec une productivité qui
augmentait bien plus vite qu’aujourd’hui.
Fondamentalement, la montée du chômage est liée à la déformation dans la répartition du revenu depuis 20
ans : la part des salaires dans le revenu national a baissé au profit des revenus financiers, tandis que la part de
l’investissement restait à peu près constante. Cet énorme transfert des salaires vers les « rentes » (10 points de
PIB, soit 160 milliards d’euros) a pesé sur la situation de l’emploi. Le gel des salaires a bloqué la demande.
Tout pouvoir d’achat supplémentaire est consommé à peu près intégralement par les salariés, mais il est
en grande partie épargné par les « rentiers » et c’est d’ailleurs pour cette raison que les baisses d’impôts
ciblées sur les hauts revenus n’ont pas relancé la consommation.
Source : M.Husson, Partage des richesses, in http://www.legrandsoir.info/article4179.html
Document 3 :

A :Le rapport de l’emploi au capital pour les sociétés non financières (SNF)
(base : 1978 = 1)

Lecture : Le capital considéré correspond au volume d'actifs fixes (AN 11) des SNF, série disponible depuis
1978 dans les comptes de patrimoine publiés par l'Insee.

B : Coût réel du travail pour les sociétés non financières (SNF) (base 1 : 1978)et taux d'intérêt réel à 10 ans

Source : Rapport du Sénat, la coordination des politiques économiques en Europe, http://www.senat.fr/rap/r08-


342/r08-34243.html
C:

Travail préparatoire :

1. Quelles sont les raisons qui expliquent, selon les auteurs du document 1, que les entreprises substituent
du capital au travail ? (document 1)
2. Toutes les catégories sont-elles concernées par ce phénomène de substitution ? Pourquoi ? (document 1)
3. Expliquez la phrase soulignée (document 2)
4. Donnez le mode de lecture et de calcul des données pointées sur les courbes (document 3 A, B et C)
5. Pouvez-vous faire apparaître une relation entre l’évolution du coût du travail et celle du rapport de
l’emploi au capital ? (document 3, A et B)
6. L’augmentation du taux de marge est-elle une condition nécessaire et suffisante pour relancer le taux
d’investissement (document 3 C )

Question de synthèse : Vous montrerez dans une première partie que l ‘augmentation du
coût du travail et la multiplication des rigidités se traduisent par un remplacement de
l’homme par la machine et par la hausse du chômage.Dans une seconde partie, vous
relativiserez.

Dissertation appuyée sur un dossier documentaire


Il est demandé au candidat :
1- de répondre à la question posée explicitement ou implicitement dans le sujet ;
2- de construire une argumentation à partir d’une problématique qu’il devra élaborer ;
3- de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles
figurant dans le dossier ;
4- de rédiger en utilisant un vocabulaire économique et social spécifique et approprié à la question, en
organisant le développement sous la forme d’un plan cohérent qui ménage l’équilibre des parties.

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l’expression et du soin apporté à la présentation.
Thème du programme : croissance, capital, progrès technique

Sujet : Le profit est-il le déterminant essentiel de l’innovation ?

Document 1 :
Les mutations en cours sont profondes, les défis immenses. Ils ne sauront être relevés à temps sans une
intervention publique résolue et raisonnée.
L’État a une responsabilité directe concernant la recherche publique et l’enseignement supérieur. Mais sa
responsabilité va au-delà. En matière de recherche, d’innovation, de développement de réseaux d’informations,
d’efficience énergétique, les investissements ne doivent pas être appréciés au seul regard de leur retour
financier direct pour l’investisseur privé. Ces investissements portent en eux des bénéfices pour le reste de la
société. Or ces « externalités positives » ne sont pas prises en compte dans le calcul de l’investisseur privé.
L’État doit donc renforcer l’incitation à réaliser ces investissements. Le dispositif du crédit d’impôt recherche
est une illustration de cette démarche, mais l’urgence impose d’aller au-delà. En effet, en France comme
ailleurs, les entreprises doivent d’abord se relever de la crise. Leur capacité à investir est affectée,
particulièrement quand il s’agit de miser sur des technologies encore peu matures et s’il ne faut compter sur un
retour financier qu’à long terme. Le système financier peinera à les soutenir davantage et à porter leurs paris
industriels.
Il y a donc une légitimité et une urgence pour l’État à intervenir de façon décisive afin d’accélérer la transition
vers cette nouvelle économie, plus intelligente, plus innovante et plus sobre.
Source : le grand emprunt national investir pour l’avenir,Priorités stratégiques d’investissement et emprunt
national,décembre 2009, site de la présidence de la république : INVESTIR POUR L'AVENIR

Document 2 : L’effort de recherche –développement des principaux pays

Document 3 :
Considérés sous l’angle de la politique d’innovation, les brevets ont pour objet de stimuler la recherche dans le
secteur privé en permettant aux inventeurs de profiter de leurs réalisations. L’effet positif des brevets sur
l’innovation en tant que mécanismes d’incitation a été traditionnellement comparé à leur effet négatif sur la
concurrence et la diffusion de la technologie. (…)
Les constatations empiriques tendent à prouver l’efficacité des brevets dans l’incitation à innover. (…)
Toujours est-il que la protection par les brevets peut aussi entraver la poursuite de l’innovation, surtout
lorsqu’elle réduit l’accès aux connaissances essentielles, comme cela peut être le cas des domaines
technologiques naissants si l’innovation a un caractère cumulatif marqué et que les brevets servent à protéger
des inventions fondamentales. Dans un pareil contexte, une protection trop large de leurs inventions de base
peut décourager des inventeurs de prendre la relève si le titulaire d’un brevet sur une technologie essentielle
empêche les autres d’y accéder dans des conditions raisonnables. (…)
En outre, comme on le reconnaît depuis longtemps, le principal inconvénient des brevets est leur effet négatif
sur la diffusion et la concurrence. Comme les brevets accordent un droit exclusif créant un monopole
temporaire, le titulaire peut fixer un prix du marché supérieur à celui de la concurrence et limiter le volume total
des ventes. Cet effet défavorable sur la concurrence peut s’amplifier lorsque les titulaires de brevets tentent de
renforcer leur position au cours de négociations avec d’autres entreprises, dans l’espoir de bloquer l’accès des
concurrents à une technologie essentielle ou, inversement, d’éviter d’être bloqués par eux. Cette exploitation
stratégique des brevets semble s’être accrue au cours des 15 dernières années, notamment dans l’industrie
électronique
Source : OCDE, http://www.oecd.org/dataoecd/48/13/24510072.pdf

Document 4 :
A:
Part de la R-D du secteur privé dans le PIB en 1990 et 2007

Source : OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, octobre 2008

B:
Nombre de familles de brevets triadiques par 100 000 habitants, 2004-2006

12
10
8
6
4
2
0

Source : OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, octobre 2008.


Document 5 : Taux de subvention fiscale pour un dollar américain de R-D en 2008 3.0
Source : OCDE, Science, technologie et industrie :Perspectives de l’OCDE 2008,Principales conclusions,
http://www.oecd.org/dataoecd/19/10/41552033.pdf

Document 6
Le rapport resté fameux de Vannevar Bush (fondateur de la National Science Foundation aux États-Unis),
« Science, the Endless Frontier » (1945) présente la vision que les politiques ont de leur rôle dans le
développement technologique. Celui-ci distingue la recherche appliquée, qui peut être menée par les entreprises
en situation concurrentielle, de la recherche scientifique, qui produit un bien public et doit être menée par l’État.
L’avancée de la frontière des connaissances (par la recherche publique) crée les opportunités pour les progrès
technologiques réalisés par les firmes. C’est dans cette logique que sont créées les institutions publiques qui
réalisent ou financent la recherche fondamentale, telle la NSF aux États-Unis ou le CNRS en France.(…)
Cette politique a été contemporaine d’une ère de croissance (30 glorieuses) de la productivité sans équivalent
dans l’histoire par sa durée et son rythme, assise notamment sur le changement technique. Les avancées de la
science et de la technologie sont considérables .
Source : D.Guellec, Les politiques de soutien à l’innovation technologique à l’aune de la théorie
économique, 2001, http://www.cairn.info/revue-economie-et-prevision-2001-4-page-95.htm