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GAZETTE N°25: Comparaison de Linux avec les autres O/S

http://www.linux-france.org/article/lgazette/issue-25/lg-25-6.html

Comparaison de Linux avec les autres systèmes d'exploitation.

Par Kristian Elof Soerensen.

Adaptation française de Pierre Tane

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6. Comparaison de Linux avec les autres systèmes d'exploitation.

6.1 Introduction

Vous pensez certainement que Linux est un excellent système.

Dans cet article, je vais comparer certaines de ses fonctionnalités à celles de quelques uns des *nix concurrents. J'en profiterai pour mettre en évidence les points forts et les faiblesses de Linux.

6.2 Linux et ses concurrents

Il n'y a pas si longtemps, une question fréquemment posée concernant Linux était : « Est-il réellement utile, ou est-ce seulement un OS pour illuminés ? ». Maintenant, la plupart des gens un peu perspicaces le considèrent comme l'égal des meilleurs, et la question intéressante est maintenant : « quand est-il préférable d'utiliser Linux et quand doit-on préférer les autres *nix ?».

Pour aider les gens à placer Linux dans le marché, j'ai fait une comparaison de 10 OS

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différents, 8 d'entre eux étant des *nix. Dans cette étude, je compare les performances des différents OS dans un certain nombre de domaines spécifiques.

La comparaison est disponible sous la forme d'un graphique interactif à http://www.falconweb.com/~linuxrx/WS_Linux/OS_comparison.html.

Elle fait partie d'une page dédiée à Linux plus importante, appelée « The Linux Resource Exchange », qui référence une grande partie des autres sources d'information sur Linux. On y trouvera notamment un miroir des Howto où l'on peut effectuer une recherche, des guides sur les patches officiels et non-officiels des noyaux 2.0.* et 2.1.*, des liens concernant des fournisseurs de matériels pour des stations de travail Linux et bien plus. Allez voir à http://www.falconweb.com/~linuxrx

Notez que, dans le tableau et dans cet article, l'accent est mis dans le tableau sur l' « utilisabilité » et l'adéquation à un usage réel plutôt que sur les aspects plus purement techniques des noyaux.

Dans cet article, je vais résumer les informations dont je dispose concernant Linux 2.0, Solaris 2.6, SGI Irix 6.2/6.4 et Digital Unix 4.0 et en tirer des conclusions. Le site Web contient plus d'infos, en en ajoutant sur BSDI 3.0, Freebsd 2.2, MacOS 8, OS/2 4, UnixWare 2.1 et OpenServer 5.0 par la même occasion. Bien que cet article ne soit que ponctuel, j'essaye de maintenir le site Web aussi à jour que possible depuis un certain temps.

6.3 Un extrait du tableau de comparaison des OS

 

Linux 2.0

SGI Irix

SUN Solaris

DIGITAL

6.2/6.4

2.6

Unix 4.0

Inter-opérabilité entre OS

 

Exécution de

DOS,

Dos et

Macintosh,

 

binaires

Windows 3.1,

Windows 3.1

Windows 3.1

étrangers

Macintosh,

certains SysV

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Montage de

FAT, VFAT, UFS ro, SysV, HPFS ro, MAC

MAC, FAT

   

systèmes de

fichiers

étrangers

Java

oui

oui

oui

oui

Normes d'OS

Posix.1

Prévu pour la certification mais seule une version modifiée l'est.

oui

oui

oui

XPG4 base 95

non

oui

oui

oui

Unix 95

non

non

oui

oui

Unix 98

non

non

non

non

Politique de distribution

 

Prix

Gratuit

Paiement à la licence

Paiement à la licence ou abonnements de 2 ans

Paiement à la licence

Vous trouverez le tableau complet à http://www.falconweb.com/~linuxrx.

6.4 Linux et les OS standards

Le temps des grandes guerres entre Unix est révolu. Le fait qu'un programme écrit pour un Unix ne nécessite pas plus qu'une recompilation pour fonctionner sous un autre Unix a toujours fait partie de la philosophie Unix. En réalité, il y a toujours eu un certain nombre de différences majeures ou mineures, compliquant la tâche d'écriture des applications pouvant tourner sur un grand nombre d'Unix.

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Durant les années 90, les constructeurs se sont mis d'accord sur la mise au point et le respect de certains standards quant au comportement d'un système *nix. La norme Posix.1 est maintenant très souvent respectée. Ces dernières années, cette norme a été modifiée par des normes telles que Unix95 et Unix98, qui incluent des versions mises à jour des anciennes normes en plus d'une standardisation accrue de certains domaines d'Unix. Il semblerait, qu'après une existence de 25 ans, Unix soit enfin en accord avec la métaphore de la boîte Unix, à savoir une boîte noire consistant en des Unix capables de faire tourner n'importe quel programme Unix que vous daignerez utiliser.

C'est comme si les OS prenaient maintenant moins d'importance. Les gens désirent une boîte avec un comportement 100% Unix afin de pouvoir exécuter toutes leurs applications et acheter leur matériel et leur OS au constructeur qui leur formulera la meilleure offre.

Les versions de *nix antérieures à Linux consistaient en de multiples niveaux de portions de code retravaillées qui se référaient aux versions précédentes. C'était nécessaire pour que *nix se comporte pour les applications de la même manière que ses concurrents, ceci afin que les applications puissent fonctionner partout.

Quand Linus changea son développement de Linux en une quête de construction d'un OS complet, la norme Posix.1 lui servit de guide. Disposant de l'interface OS <-> application, cela lui permit, à lui et autres développeurs, d'écrire toutes les parties internes de l'OS sans avoir à réutiliser de code existant. Les idées se multiplièrent et l'expérience augmenta puisque l'Unix original pouvait être utilisé librement dans le développement de Linux dans la mesure où aucun code des *nix antérieurs ne devait être utilisé.

C'est un facteur déterminant dans la supériorité de Linux face à ses adversaires. Toutes les routines internes font appel à du code pour OS modernes pouvant tirer parti du matériel moderne.

Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessus, Linux n'est pas officiellement estampillé Certifié Posix.1. Une compagnie allemande appelée Unifix a modifié Linux et a fait certifier ses versions 1.2 et 2.0 des noyaux. Leur travail a plus ou moins été intégré dans le code principal de Linux. Cela ne fait pas de Linux un système certifié Posix.1, mais cela permet de dire qu'il n'en est pas loin, probablement aussi proche que ses concurrents certifiés avec leurs mises-à-jour mineures et leurs patchs non certifiés.

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Il est important que des efforts soient faits pour garder Linux en phase avec les normes les plus récentes, sinon il deviendra un *nix non standard juste bon pour certains créneaux, à la manière de certains *nix actuels, dérivés de BSD.

6.5 Linux n'est gratuit que si vous avez du temps à perdre

Le fait que Linux soit gratuit n'est pas aussi intéressant que l'on pourrait le croire.

La plupart des coûts d'un système informatique sont liés au temps nécessaire à l'apprentissage de l'utilisation du système, à son installation et à sa maintenance durant sa durée de vie, ainsi qu'au coût initial de l'achat de l'ordinateur, des applications et de l'OS.

Si Linux est un OS bon marché, c'est qu'il peut faire plus que ses concurrents avec moins de matériel, ou parce qu'il est fourni pré-installé avec quelques centaines d'applications qui réduisent le temps d'installation, ou encore parce qu'il permet à ses utilisateurs de travailler plus intelligemment, plutôt que par le simple fait qu'il soit disponible sans mettre la main à la poche.

La documentation de Linux est bien meilleure que celle de la plupart des systèmes d'exploitation et tout y est disponible en ligne, ce qui permet de la garder à jour et d'y effectuer des recherches, au contraire de la multitude de manuels papier fournis par les constructeurs. Les forums Usenet et les listes de diffusion constituent autant de vecteurs rapides de support technique et d'aide qui est bien supérieur à n'importe quelle hotline téléphonique à laquelle j'ai déjà eu affaire. Cela permet d'obtenir une solution à ses problèmes de manière bien plus rapide que pour les autres systèmes d'exploitation, même quand les gourous ne sont pas en forme, et c'est aussi un outil pédagogique qui permet aux utilisateurs de Linux de travailler plus intelligemment que ceux des autres *nix.

Linux permet de faire avec un PC la plupart des choses que fait un utilisateur de station de travail sur sa machine. Un groupe de travail sur stations peut être rajeuni par un petit nombre de stations dernier cri fonctionnant en tant que serveurs partageant leurs processeurs avec un PC. Le coût est moindre et les serveurs aux performances de calcul vraiment élevées permettent de fournir à chaque utilisateur plus de puissance qu'auparavant.

Ce qui fait de Linux un OS économique n'est pas tant son prix nul, que toutes les économies

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et les améliorations qu'il met à la portée de ses utilisateurs.

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6.6 Linux parle plusieurs langues

Une des premières utilisations professionnelles de Linux a été d'en faire un serveur et un élément de réseau à usage multiple. Il est en mesure de prendre en charge la plupart des tâches couramment nécessaires à la maintenance d'un LAN ou d'un WAN moderne. Il peut à la fois être un routeur, un firewall, un pont, une passerelle, un serveur pour accès RNIS et modem, un serveur de noms et bien d'autres tâches de réseau. Il est également parfait pour les travaux de serveur tels que le ftp, le mail et le web.

Qu'un seul OS avec les mêmes outils soit capable d'accomplir toutes ces différentes tâches, plutôt que de faire appel à un matériel différent pour chacune d'entre elles, permet plus de flexibilité et nécessite moins de ressources financières pour l'achat ou la location de matériel.

Les autres *nix ont des caractéristiques globalement du même acabit, mais ils nécessitent souvent des stations de travail onéreuses et des périphériques réseau très coûteux. Ceux qui fonctionnent sur PC ne sont pas compatibles avec autant de périphériques et de logiciels bon marchés.

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© 1998, Kristian Elof Soerensen (elof@image.dk). Publié dans le Numéro 25 de la Linux Gazette

Adaptation française de Pierre Tane tanep@usa.net