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Du réel au fantasme et le désir

Des années après la fin de sa cure, une patiente revient me voir pour me raconter trois cauchemars. Ces cauchemars surgissent dans un ciel devenu serein, et même heureux ; elle a enfin appris à apprivoiser son corps, comme la cure lui avait permis de s’apprivoiser le langage. Réel (du corps) et symbolique (du langage) étaient donc bien en place depuis la fin de cure ; de plus, elle était ensuite tombée amoureuse (et l’imaginaire pouvait maintenant se nouer aux deux autres). Les deux premiers cauchemars surviennent alors qu’elle dort seule, le troisième alors que l’homme dont elle est amoureuse dort à côté d’elle.

C’est chaque fois une présence menaçante, sombre, effrayante et muette, une présence qu’elle nomme d’un « il » : il est derrière la porte dont « il » tourne lentement la poignée sans l’ouvrir ; ou, pire encore, « il » est assis à côté d’elle sur le lit, dans le noir, masse informe, silencieuse, la faisant suer d’épouvante. Dans le troisième cauchemar, elle décapite « tous » les hommes à la hache et elle les découpe ensuite en morceaux, toujours avec sa belle petite hache brillante.

Ce « il », n’est-ce pas plutôt, lui dis-je, une « Elle » primordiale, une mère primitive, une jouissance à refouler. J’essaie là d’occuper la zone silencieuse et opaque qui sépare le réel (de l’angoisse) et le fantasme (un homme vient, il s’assied). Mais est-ce fantasme ou hallucination ? Freud écrit dans l’Entwurf : « on ferme les yeux, on hallucine ; on ouvre les yeux, on pense en mots. » L’alternance du rêve (hallucination) et du fantasme (mots) dépendrait-elle d’un battement de paupières, de l’alternance du sommeil et de la veille ? Si l’on se sert des catégories du réel, du symbolique et de l’imaginaire et de leur maniement dans le nœud borroméen, l’on peut voir que le « symboliquement réel », c’est du réel inclus dans le tore retourné du symbolique : l’angoisse. Le « réellement symbolique », c’est du symbolique inclus dans le tore retourné du réel : le mensonge – c’est aussi le symptôme. L’« imaginairement symbolique », c’est du symbolique inclus dans l’imaginaire : la poésie. Enfin, le « symboliquement imaginaire », c’est de l’imaginaire inclus dans le symbolique : la géométrie[1]. Ne pouvons-nous ajouter à cette liste que l’ « imaginairement réel », ce serait les cauchemars, et que le « réellement imaginaire », ce serait les hallucinations ?

Si le cauchemar est imaginairement réel, le réel ainsi imaginarisé est inclus dans l’imaginaire : il s’agit du réel de la proximité d’une mère primitive inclus dans une figure de cauchemar. Mais si le cauchemar est réellement imaginaire, il s’agit de l’imaginaire d’une hallucination inclus dans le réel du regard ; l’on a affaire alors à la jouissance de l’Autre. Car l’angoisse du cauchemar s’éprouve comme jouissance de l’Autre[2]. Ce n’est pas son inexistence qui angoisse, ni ce qui serait sa nostalgie (une nostalgie du maternel perdu), mais au contraire son imminence, l’imminence d’une présence fantastique : « l’incube ou le succube est le corrélatif du cauchemar : cet être qui pèse de tout son poids de jouissance étrangère sur votre poitrine et qui

vous écrase sous sa jouissance » ; cette présence vient interroger le sujet : « c’est aussi un être questionneur qui se déploie dans l’énigme». Dans cette sorte d’expérience présubjective d’un signifiant opaque (l’énigme), le sujet apparaît comme « su » par l’Autre réel, sans qu’il sache de quoi est fait ce « su », entre imaginaire et réel. Ce savoir dont il est l’objet peut aussi s’appeler désir.

Il existe un cogito freudien que l’on peut écrire “je désire donc je suis”. Si le « je suis » est celui de la pulsion, il implique le désir en tant que réalisé, il implique ce Wunsch qu’accomplit le rêve en rêvant. Le désir est le point nodal où la pulsation inconsciente se lie à la réalité sexuelle ; dans ce champ du processus primaire, l’impulsion se satisfait essentiellement de l’hallucination. Freud nous l’indique, il y a trois façons pour le désir de se réaliser[3] ; la voie motrice du somnanbulisme, la voie de l’idée délirante qui va, elle, du préconscient au conscient, et la voie « commune » de la confusion hallucinatoire (Amentia) et du rêve, qui va du préconscient à la perception. Ce qui vient par le sensorium doit en effet s’en aller par le motorium [4], mais lorsque le motorium ne marche pas, ça retourne en arrière. La « prétendue régression » de ce retour en arrière vers la perception, peut frayer au désir du rêve (qui s’imposera ainsi à la conscience) une voie vers la perception ; mais si la poussée du désir s’exerce du préconscient vers le conscient plutôt que vers la perception, celui-ci deviendra idée délirante avec pour contenu son accomplissement.

Mettons de côté le motorium du somnanbulisme. Les deux autres voies, l’une de pensée en mots (fantasme) et l’autre d’image visuelle (hallucination), ont pour issue l’une ou l’autre des extrémités du système perception-conscience[5]. La pensée consciente du délire porte en son cœur le désir du délire ; l’hallucination et le rêve, avec leur contenu désirant, investissent la perception. On voit par là le désir investir tour à tour les deux extrémités du système perception-conscience. Considérons donc que ce désir, qui vient du préconscient, peut s’accomplir, peut se se réaliser à la fois dans sa mise en images (les yeux fermés) et dans sa mise en mots (les yeux ouverts).

En ces deux extrémités, il arrive que désir et pensée se confondent. Certes il arrive que, dans le rêve ou l’hallucination, la conscience régresse à la perception. Mais le « je suis » du cogito freudien dit également que le désir est pensée de la pulsion ; le désir est pensée du « je suis » de la pulsion, il en est la parole, il lui donne la parole. C’est que la pensée de désir, qui est consciente, constitue, dans la perception, l’accomplissement de ce désir. Au niveau du desidero, la perception réalise un désir qui n’est que pensé par le sujet qui désire ; c’est là, dans le champ inconscient soumis au principe de plaisir, que la pulsion se satisfait de l'hallucination.

Ainsi s’accomplit le desidero freudien, qui n’est qu’un souhait (Wunsch) accompli, un désir réalisé : le contenu d’une pensée rêveuse ou hallucinatoire, préalablement remanié en fantasme de désir, devient conscient ; mais il lui aura d’abord fallu être perçu, par régression, avant de devenir conscient. Car, le système P-Cs, perception-conscience fonctionnant en boucle, ce qui est ramené au conscient l'est également à la perception. Si le Wunsch peut se réaliser en P, c’est que le fantasme, qui est l'expression inconsciente de la motion de désir, a été perçu dans le rêve. Et sa perception fait réalisation. Rêve et hallucination sont pour Freud les deux grandes figures du désir accompli, fût-ce celle d’un cauchemar. La régression topique, qui permet d’halluciner le désir, amène le refoulé à la conscience et l’y amène comme accompli. Et l’on croit ce qui s’accomplit.

Une autre modalité du cogito freudien pourrait s’écrire « ou je désire ou je pense ». Là où je désire, je ne pense pas. Ou je désire en P, ou je pense en Cs. Le désir ne retient alors de la pensée que la part de fantasme, qui donne forme articulée (le verbe des Sache) au désir. Le désir disjoint ainsi Cs, le conscient des yeux ouverts, que pourront abolir rêve comme Amentia, et P, la perception qui en éclaire le surgissement. Toute pensée contient un Wunsch ; tout délire, même s’il est défense, a affaire avec le Wunsch non seulement par l'idée sexuelle qu'il repousse, mais par son contenu même, lui aussi sexuel ; représentation comme défense relèvent de l'ordre du sexuel, car la libido freudienne est présence effective comme telle du désir.

Peut-on mettre en continuité l’imaginaire du fantasme et le réel de la perception, à la façon des deux extrémités du système perception-conscience, pour nouer la face obscure du réel à l’imaginaire, c’est-à-dire pour l’imaginer ? Imaginer le réel, c’est en éclairer l’obscur, en dresser les énigmesDéjà, Hans avait raconté à Freud que la petite Anna, sa sœur, était venue avec eux auparavant à Gmunden en vacances et que d’ailleurs elle avait toujours été là avec eux. Hans imagine le réel (presque au sens de le colorier) de cette naissance et de la menace de castration qu’elle fait porter sur lui ; avec la contradiction qui signale la présence simultanée du monde imaginaire et du monde réel, il fait monter Anna à dada sur son cheval redoutable, et dans une même phrase il place les rênes du cheval à la fois dans les mains d’Anna et dans les mains du cocher. Du réel au fantasmeil n’y a qu’un galop.

Entre imaginaire et réel, la jouissance fraye la voie au désir. Lacan avait figuré en 1977 l’engendrement du réel, prolongé par l’imaginaire, au beau milieu du symbolique[6]. Ainsi pouvait se figurer, dans le « vrai trou[7] » de la JA, ce qui surgit dans la psychose, les voix, les hallucinations, comme étant du « réellement imaginaire », un réel (le réel des voix ou du regard) incluant l’imaginaire délirant. Peut y apparaître aussi le signifiant forclos, rendu réel par son irruption dans le réel, que l’imaginaire permettra de penser ou de percevoir. Parce que ce réel où apparaissent les phénomènes délirants, est tout spécialement suspendu au corps vivant, le psychotique est l’objet de la jouissance de l’Autre qu’il incarne en tant que regardé, écouté, su, par l’Autre.

Les corps, qui font partie du réel, ça rêve et ça fait des cauchemars ; ça fait partie de l’imaginaire et c’est en continuité avec le réel. La fermeture du champ de la jouissance par la continuité imaginaire-réel, I-R, montre qu’il faut passer par le réel pour atteindre l’imaginaire ; elle montre aussi que, pour atteindre le spéculaire dans une cure de psychotique, il faut traverser le réel, celui des hallucinations, celui du symbolique des mots, et celui du transfert.

Or le raboutage de l’imaginaire au réel, proposé par Lacan, vient modifier cet imaginaire ; le corps, le sac de peau qui rêve n’est plus seulement fantasme ou image, il est jouissance. Et le réel une fois prolongé par un imaginaire qui, se distinguant du signifié, peut le figurer (le représenter), le réel perd un peu de son invisibilité, tandis que l’imaginaire qui s’y est rabouté brin à brin n’est plus seulement ce qui permet de penser le corps mais de faire corps. C’est avec cet imaginaire modifié que va travailler l’analyste, modifié par rapport à du pur spéculaire.

L’analyste peut ainsi intervenir réellement sur l’imaginaire de l’hallucination pour l’articuler à l’imaginaire délirant ou pour le réduire au symbolique. Ou bien il peut intervenir par la voie d’une intuition imaginaire afin d’atteindre le réel du cauchemar (la jouissance maternelle) pour le lier à l’imaginaire de la rêveuse et ainsi construire un bout de symbolique. Et par conséquent une possibilité de refoulement.

Distinguer la béance entre réel et imaginaire, comme le propose Lacan en 1978, soit la distance entre réel et fantasme, permet de questionner la guérison de la névrose et la fin de l’analyse. Maintenir béante la brèche ouverte entre réel et imaginaire n’est- ce pas interroger l’écart entre le réel du vivant et la jouissance du corps, « ce foyer brûlant de ce qui est à éviter pour le sujet pensant »[8] ? N’est-ce pas tenter de distinguer le trou imaginaire des orifices corporels, du trou du réel par où fuit la vie ? N’est-ce pas interroger la distance entre le sujet acéphale de la pulsion, et le corps asexué de la jouissance de l’Autre ? Coller à la chose en tant qu’imaginée, au réel en tant que représenté, ce que nous devons faire dit Lacan, n’est-ce pas une façon de contourner cette Spaltung entre corps et jouissance, jouissance qui ne s’attrape pourtant que du corps ? Exclue du sens, point ultime de la pulsion, lieu de l’absence d’un Autre de l’Autre, la jouissance de l’Autre est le seul « vrai trou » dans un réel où « se taille le patron de la coupure » pulsionnelle le long des biais du désir.

Ne rêvons-nous pas, corps parlants et rêvants que nous sommes, avec l’étoffe dont nous sommes faits ? Mais, après tout, ne rêvons-nous pas l’étoffe même dont nous sommes tissés, puisque ce n’est que dans la coupure qu’un battement de paupières offre au regard, que nous pouvons attraper nos rêves ?

Solal Rabinovitch, juillet 2013

[1] J.Lacan, L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, 15 mars 77.

[2] J.Lacan, séminaire L’Angoisse, 12 décembre 62

[3]S.Freud, 1915, "Complément métapsychologique à la théorie du rêve", Métapsychologie, OCP XIII, PUF, p.243-259.

[4] J.Lacan, Séminaire XI, Seuil, p.141.

[5] S.Freud, Lettres àWilhelm Fliess, PUF, lettre 112.

[6] J.Lacan, L’insuccès que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, 8 février 1977.

[7] Ce « faux trou, complété par une droite infinie, c’est l’inhibition dans la pensée à l’endroit du nœud ».

[8] Ibidem, séance du 23 3 66.

Do real ao fantasmae o desejo.

Anos depois do final de sua análise, uma paciente retorna a me ver para me contar três pesadelos. Estes pesadelos surgem em um céu que tinha se tornado sereno, e até mesmo feliz; ela tinha enfim aprendido moderar seu corpo, como a análise lhe havia permitido moderar a linguagem Real (do corpo) e Simbólico (da linguagem) estavam então bem no lugar desde o final da análise; além disto, ela tinha se apaixonado logo depois (e o imaginário podia agora se enlaçar aos dois outros). Os dois primeiros pesadelos ocorreram quando ela dormia sozinha, o terceiro quando o namorado dormia ao lado dela.

É cada vez uma presença ameaçadora sombria, amedrontadora e muda, uma presença que ela nomeia de um "ele": ele está

atrás da porta, ele gira lentamente a maçaneta sem abri-la; ou, pior ainda, "ele" está sentado ao lado dela na cama, no escuro,

massa informe silenciosa, fazendo com que ela transpire de terror. No terceiro pesadelo, ela decapita "todos" os homens com uma machadinha e os corta em pedaços em seguida, sempre com sua bela machadinha brilhante.

O "ele", não seria mais uma “Ela” primordial, lhe disse eu, uma mãe primitiva, um gozo a recalcar? Tento ocupar a zona

silenciosa e opaca que separa o real (da angustia) e o fantasma (um homem vem se assenta). Mas será um fantasma ou uma alucinação? Freud escreve no Projeto: "fecha-se os olhos, e se alucina, abre-se os olhos, pensa-se em palavras". Será que

a alternância do sonho (alucinação) e do fantasma (palavras) dependeria de um batimento de pálpebras, da alternância do

sono e da vigília? Se nos servirmos das categorias do real, do simbólico e do imaginário e de seu manejo nos nós borromeanos, poderemos ver que "o simbolicamente real", é do real incluído no toro retornado do simbólico: a angustia. "O realmente simbólico" é do simbólico no toro retornado do real: a mentira – é também o sintoma. O "imaginariamente simbólico" é do simbólico incluído no imaginário: a poesia. Enfim, o "simbolicamente imaginário" é do imaginário incluído no simbólico: a geometria . Não poderíamos acrescentar a esta lista que o "imaginariamente real", seriam os pesadelos, e que o “realmente imaginário”, seriam as alucinações?

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Se o pesadelo é imaginariamente real, o real assim imaginarizado esta incluído no imaginário: trata-se do real da proximidade de uma mãe primitiva incluído em uma figura do pesadelo. Mas se o pesadelo é realmente imaginario, trata-se do imaginario de uma alucinação incluído no real do olhar, tem a ver então com o gozo do Outro. Pois a angustia do pesadelo é sentida como gozo do Outro . Não é sua inexistência que angustia, nem o que seria sua nostalgia (uma nostalgia do maternal perdido), mas ao contrario sua iminência, a iminência de uma presença fantástica, "o íncubo e o súcubo é correlativo do

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pesadelo; este ser que pesa de todo o seu peso de gozo estrangeiro sobre seu peito e que esmaga você sob seu gozo"; esta

presença vem interrogar o sujeito: "é também um ser questionador que se mostra no enigma" Nesta sorte de experiência pré-subjetiva de um significante opaco (o enigma), o sujeito aparece como "sabido" pelo Outro real, sem que ele saiba do que

é feito este "sabido", entre imaginario e real. Este saber cujo objeto pode também se chamar desejo.

Existe um cogito freudiano que se pode escrever: “eu desejo logo eu sou”. Se o "eu sou" é aquele da pulsão, ele implica o desejo enquanto realisado, implica este Wunsch que realisa o sonho sonhando. O desejo é o ponto nodal onde a pulsação inconsciente se liga à realidade sexual; no campo do processo primário, a impulsão se satisfaz essencialmente da alucinação. Freud nos indica isto, há três maneiras de se realizar para o desejo ; a via motora do sonambulismo, a via da ideia delirante que vai do pré-consciente ao consciente, e a via «comum" da confusão alucinatoria (Amentia) e do sonho, que vai do pré-consciente à percepção. O que vem pelo sensorium deve, com efeito, ir pelo motorium , mas se o motorium não funciona isto volta para trás. A “pretensa regressão" deste retorno para trás em direção à percepção, pode sulcar uma via ao desejo do sonho (que vai se impor à consciência) em direção à percepção; mas se o empurrão do desejo se exerce do pré-consciente ao consciente ao invés de ir em direção à percepção, ele vai se tornar ideia delirante tendo como conteudo sua realisação.

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Vamos por de lado o motorium do sonambulismo. As outras duas vias, uma de pensamento em palavras (fantasma) e a outra de imagem visual (alucinação), têm como saída uma ou outra das extremidades do sistema percepção-consciência . O pensamento conscientedo delírio traz em seu cerne o desejo do delírio; a alucinação e o sonho, com seu conteúdo desejante, investem a percepção. Vê-se por aí o desejo investir, cada uma por uma vez, as duas extremidades do sistema percepção- consciência. Consideramos então que este desejo, que vem do pré-consciente, pode se realizar ao mesmo tempo em sua colocação em imagens (os olhos fechados) e em sua colocação em palavras (os olhos abertos).

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Nestas duas extremidades, acontece que desejo e pensamento se cofundem. Certo, acontece que no sonho ou alucinação, a consciência regride à percepção. Mas o "eu sou" do cogito freudiano diz igualmente que o desejo é pensamento da pulsão; o desejo é pensamento do "eu sou" da pulsão, nisto ele é a palavra, ele lhe dá a palavra. É que o pensamento de desejo, que é consciente, constitui, na percepção, a realização do desejo. No nível do desidero, a percepção realisa um desejo que só é pensado pelo sujeito que deseja, é aí, no campo inconsciente submetido ao principio do prazer, que a pulsão se satisfaz da alucinação.

Assim se realisa o desidero freudiano que não é mais que um voto (Wunsch) realizado, um desejo realizado: o conteúdo de uma pensamento sonhador ou alucinatorio, prèviamente remanejado em fantasma de desejo, torna-se consciente; mas foi preciso antes ter sido percebido, pela regressão, antes de se tornar consciente. Por que o sistema P-Cs, percepção- consciência funcionando en boucle, o que é levado ao consciente é igualmente levado à percepção. Se o Wunsch pode se realizar em P, é que o fantasma, que é a expressão inconsciente da moção de desejo, foi percebido no sonho. E sua

percepção faz realização. Sonho e alucinação são para Freud as duas grandes figuras do desejo realizado, mesmo que seja um pesadelo. A regressão tópica, que permite alucinar o desejo, leva a loucura à consciência, e é como realizada que ela vai.

E se crê no que se realiza.

Outra modalidade do cogito freudiano, poderia se escrever “ou eu desejo ou eu penso”. Ali onde eu desejo, eu não penso. Ou eu desejo em P, ou eu penso em Cs. Então, o desejo só retém do pensamento a parte do fantasma, que dá forma articulada (o verbo des Sache) ao desejo. O desejo assim instaura um corte entre Cs, o consciente dos olhos abertos, que poderão abolir sonho como Amentia, e P, a percepção que clareia aí o que vai surgir. Todo pensamento contém um Wunsch; todo delírio, mesmo se é somente uma defesa, tem a ver com o Wunsch, não somente pela ideia sexual que ele rejeita, mas por seu conteúdo mesmo, sexual ele também; tanto representação quanto defesa, as duas têm fazem parte da ordem sexual, pois a libido freudiana é presença efetiva como tal do desejo.

Pode-se colocar em continuidade o imaginario do fantasma e o real da percepção, como se fossem duas extremidades do

sistema percepção consciência, para enodar a face obscura do real ao imaginario, quer dizer para imaginá-lo. Imaginar o real,

é clarear nele o obscuro, montar os enigmas

em Gmuden de férias e que, aliás, ela estava sempre ali com eles. Hans imagina o real (quase no sentido de colorí-lo) deste

nascimento e da ameaça de castração que isso fez pesar sobre ele, com a contradição que assinala a presença simultânea do mundo imaginario e do mundo real, ele faz Ana montar na garupa (à dadá) de seu destemido cavalo, e em uma mesma frase ele coloca as rédeas do cavalo ao mesmo tempo nas mãos de Ana e em suas mãos de cocheiro. Do real ao fantasma há somente um galope.

Já o Hans contara a Freud que a Aninha, sua irmã, tinha vindo com eles antes

Entre o imaginário e o real, o gozo sulca a via do desejo. Lacan figurava em 1977 o engendramento do real, prolongado pelo imaginário, bem no meio do simbólico . Assim poder-se-ia figurar no “verdadeiro buraco” do gozo do Outro, o que surgiu na psicose, as vozes, as alucinações, como sendo do “realmente imaginário”, um real (o real das vozes ou do olhar) incluindo o imaginário delirante. Pode aparecer aí também o significante forcluído, tornado real por sua irrupção no real, que o imaginário permitirá pensar ou perceber. Porque o real onde aparecem os fenômenos delirantes, fica muito especialmente suspenso ao corpo vivente, o psicótico é o objeto do gozo do Outro que ele encarna enquanto olhado, escutado e sabido, pelo Outro.

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Os corpos, que fazem parte do real, isso sonha, isso faz pesadelos; isso faz parte do imaginário e está em continuidade com

o real. O fechamento do campo do gozo pela continuidade imaginário-real, IR, mostra que é preciso passar pelo real para

atingir o imaginário; mostra também que, para atingir o especular em um análise com o psicótico, é preciso atravessar o real,

o real das alucinações, o do simbólico das palavras, e o da transferência.

Ora a superposição do imaginário e do real, proposta por Lacan, vem modificar este imaginário: o corpo, o saco de pele que sonha não é mais somente fantasma ou imagem, é gozo. E o real uma vez prolongado por um imaginário, que distinguindo-se do significado, pode figurá-lo (representá-lo), o real perde um pouco de sua invisibilidade, enquanto que o imaginário se fica superposto “tim-tim por tim-tim”, não permite somente pensar o corpo, mas sim fazer corpo. É com este imaginário modificado que o analista vai trabalhar, modificado em relação ao especular puro.

O analista assim pode intervir realmente sobre o imaginário da alucinação para articulá-lo ao imaginário delirante ou para

reduzí-lo ao simbólico. Ou bem ele pode intervir pela via de uma intuição imaginária afim de atingir o real do pesadelo (o gozo

materno) para ligá-lo ao imaginário da sonhadora e assim construir um pedaço de simbólico. E em consequência uma possibilidade de recalcamento.

Distinguir a hiância entre real e imaginário, como propõe Lacan em 1978, seja a distância entre real e fantasma, permite questionar a cura (em francês guérison) da neurose e o final da análise. Manter a brecha aberta entre real e imaginário não seria interrogar a distância entre o real do vivente e o gozo do corpo, “este miolo incandescente que quer evitar o sujeito pensante” ? Não seria tentar distinguir o buraco imaginário dos orifícios corporais, do buraco do real por onde a vida se esvai? Não seria interrogar a distância entre o sujeito acéfalo da pulsão, e o corpo assexuado do gozo do Outro? Colar a coisa enquanto imaginarizada, ao real enquanto representado, isto que devemos fazer, diz Lacan, não é uma maneira de contornar esta Spaltung entre corpo e gozo, gozo que no final das contas só se “pega” do corpo? Excluido do sentido, ponto último da pulsão, lugar da ausência de um Outro, o gozo do outro é o único “verdadeiro buraco” onde “se recorta o padrão (o modelo- padrão) do corte pulsional ao longo dos viézes do desejo.”

8

Será que nós, corpos falantes e sonhantes que somos, não sonhamos com o estofo do qual somos feitos? Mas, apesar de tudo, não sonhamos nós do estofo mesmo do qual fomos tecidos, já que é no corte, que um bater de cílios oferece ao olhar, que podemos agarrar nossos sonhos?

Notas Bibliográficas:

1 J. Lacan, L’insu que sait del’une bévue s’aile à mourre, 15 de março de 1977.

2

J. Lacan, sem. « A Angustia » 12 de dezembro de 1962.

3 S. Freud, “Complemento metapsicológico à teoria do sonhos”, Metapsicologia.ESB.

4 J. Lacan, SEM. “Os conceitos fundamentais

”, Seuil, p. 141.

5. S. Freud, “Cartas à Wilhelm Fliess”, PUF, carta 112.

6 J. Lacan, L’insuccès que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, 8 de fevereiro de 1977.

7 Este “falso buraco, completado por uma reta infinita, é a inibição no pensamento no lado direito do nó” (o lado direito, no sentido contrário seria o avesso. NT)

Solal Rabinovitch

Trad. : Lélia Dias

Auteur: Solal Rabinovitch

Tradutor : Lélia Dias

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