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DE PLAUTE À ROSSINI

 

DE PLAUTE À ROSSINI

Public ciblé

3 e degré latin 4 heures

Compétences

4) Mettre les aspects les plus importants de la civilisation grecque et de la

développées

 

civilisation romaine en rapport tant avec notre culture contemporaine qu’avec les éléments constitutifs de notre identité individuelle et collective.

5) Mener de façon autonome, à partir de textes latins et/ou grecs, une recherche personnelle débouchant sur une synthèse orale ou écrite, répondant aux exigences d’une communication de qualité.

Textes de

PLAUTE, Pseudolus, 51-60 ; 401-413 ; 644-651 et 658-661 ; 978-979 et 981-990

base¹

Support

DVD : ROSSINI, Le Barbier de Séville (Production du Teatro Real de Madrid en collaboration avec le Teatro Sao Carlos de Lisbonne - mise en scène d’Emilio SAGI, 2005, référence médiathèque : DR 7426)

1) : 22’ (chant de Figaro – l’argument du Barbier de Séville)

médiatique

 

2) : 35’ (Figaro échaffaude le plan A) – 1h16’ (échec du plan A)

3) : 1h36’ (plan B) – 1h53’ (difficultés du plan B)

4) : 2h26’ (dénouement)

Finalité

Découvrir l’une des facettes du bagage culturel dont nous avons hérité : le canevas d’une comédie de l’Antiquité repris dans un opéra du XIX e siècle. Prendre conscience du caractère intemporel de certains thèmes.

Etapes de la séquence¹

Mise en situation

1.

Audition de l’ouverture du Barbier de Séville. L’opéra servira de fil rouge et d’illustration à la séquence.

 

Etapes centrales

2. Distribution d’un tableau de mise en parallèle des personnages et des rôles. Ce tableau est à compléter au fil des textes et des extraits filmés.

3. Traduction de différents passages du Pseudolus qui permettent d’appréhender le canevas de la pièce.

4. Visionnement de l’extrait correspondant du Barbier de Séville à la suite de la traduction de chaque passage.

5. Relevé de la trame commune à l’opéra de Rossini et au texte de Plaute.

Objectif final

6.

Ecriture et réalisation d’une saynète où les élèves actualisent les quatre extraits du Pseudolus en conservant le ton et le niveau de langue.

¹ Cf. infra dans la partie "Développement des étapes de la séquence".

DE PLAUTE À ROSSINI

Durée

Environ 7 périodes

Liens Internet

La nouvelle comédie :

Le Barbier de Séville :

Prolongements

En français :

suggérés

BEAUMARCHAIS, Le Barbier de Séville ; Les Noces de Figaro

En musique :

MOZART, Les Noces de Figaro

DE PLAUTE À ROSSINI

DEVELOPPEMENT DES ETAPES DE LA SEQUENCE

MISE EN SITUATION

1. Audition de l’ouverture du Barbier de Séville : introduction à la thématique envisagée.

ETAPES CENTRALES

2. Distribution d’un tableau de mise en parallèle des personnages et des rôles. Ce tableau est à compléter au fil des textes et des extraits filmés.

Par exemple :

PERSONNAGES CHEZ PLAUTE

RÔLES

PERSONNAGES CHEZ ROSSINI

Calidorus

Jeune homme de catégorie sociale élevée, désemparé par une situation amoureuse qui lui échappe.

Don Almaviva (Lindoro)

Phoenicium

Objet de convoitise du jeune homme, la jeune fille est sous l’autorité d’une autre personne.

 

Rosina

Pseudolus

Personne de rang social inférieur, sollicitée par la personne socialement supérieure pour apporter une solution à son problème.

 

Figaro

Ballio

Personne qui exerce une autorité sur la jeune fille.

Don Bartolo

Soldat macédonien

Personne à qui est promise la jeune fille.

Simia

Tierce personne qui, attirée par l’appât du gain, permet le dénouement.

Don Basilio et le notaire

DE PLAUTE À ROSSINI

3. Traduction de différents passages du Pseudolus qui permettent d’appréhender le canevas de la pièce.

De Plaute à Rossini

Si l’on prétend souvent que les comédies de Plaute (c.254 - c.184 a.C.n.) ont inspiré Molière (1622-1673), le poète latin n’en est pas réellement l’auteur. Les pièces romaines proviennent, dans leur grande majorité, d’une tradition plus ancienne : ainsi, Plaute a tiré ses sujets de la Ne&a, la nouvelle comédie grecque (seconde moitié du IV a.C.n.). Le génie des auteurs, anciens et plus récents, consiste en l’adaptation de ce fond commun. Tentons d’apercevoir comment Plaute a traité le sujet, avant de nous intéresser à une version plus moderne, Le barbier de Séville de Rossini (1792-1868).

1- L’argument du Pseudolus

Calidorus, un jeune homme issu d’une famille aisée, est totalement dépourvu : sa bien-aimée, la prostituée Phoenicium, est sur le point de lui être enlevée. Elle le lui annonce par une lettre lue par Pseudolus, l’esclave de Calidorus.

Pseudolus - « Leno me peregre militi Macedonio

minis viginti vendidit, voluptas mea,

et, prius quam hinc abiit, quindecim miles minas

dederat : nunc unae quinque remorantur minae.

Ea causa miles hic reliquit symbolum,

expressam in cera ex anulo suam imaginem,

ut qui huc adferret eius similem symbolum,

cum eo simul me mitteret. Ei rei dies

haec praestituta est, proxuma Dionysia. »

Cras ea quidem sunt !

PLAUTE, Pseudolus, 51-60

Pseudolus -

« Mon proxénète m’a vendue à l’étranger, à un soldat macédonien, pour vingt mines, ma douceur², et, avant de s’en aller, le soldat avait laissé quinze mines : il n’en reste donc maintenant que cinq. Pour cette raison, le soldat a laissé ici un signe de reconnaissance, son portrait imprimé dans la cire par son sceau, pour que celui qui apporte le même symbole m’emmène avec lui. Le jour de cette transaction a été fixé aux prochaines Dionysies. » Mais c’est demain !

¹ Afin de susciter l’intérêt des élèves, le professeur peut envisager de ne pas leur fournir cette introduction, mais de les amener à déduire la situation initiale après la traduction du premier extrait. ² Le terme voluptas, volontairement niais dans le chef de Plaute, est en outre féminin !

DE PLAUTE À ROSSINI

2- Les plans de Pseudolus

Plan A

Calidore se tourne vers son esclave, bien plus subtil que lui. Après avoir entendu les supplications de son maître, Pseudolus échafaude un premier plan.

Pseudolus

-

Sed quasi poeta, tabulas cum cepit sibi, quaerit quod nusquamst gentium, reperit tamen, facit illud veri simile, quod mendacium est, nunc ego poeta fiam : viginti minas, quae nusquam nunc sunt gentium, inveniam tamen. Atque ego me iam pridem huic daturum dixeram et volui inicere tragulam in nostrum senem. Verum is nescio quo pacto praesensit prius. Sed comprimundast vox mihi atque oratio :

erum eccum video huc Simonem una simul cum suo vicino Calliphone incedere. Ex hoc sepulcro vetere viginti minas effodiam ego hodie, quas dem erili filio.

Plan B

Ibidem, 401-413

Comme il l’avait pressenti, Pseudolus voit ses plans déjoués puisque Simo, le père de Calidore, a déjà eu vent de la ruse qu’il prépare. Mais Pseudolus ne serait pas le fourbe que son nom laisse entendre s’il n’avait pas déjà autre chose à l’esprit. Il apprend que le militaire à qui Phoenicium a été promise a confié à un coursier, Harpax, le soin d’apporter le reste de la somme convenue. Pseudolus se prétend alors l’esclave de Ballion, le proxénète, et tente de récupérer les cinq mines. Mais l’envoyé émet évidemment quelques réticences.

Harpax

-

Ego, nisi ipsi Ballioni, nummum credam nemini.

Pseudolus

-

At illic nunc negotiosust : res agitur apud iudicem.

Harpax

-

Di bene vortant ! At ego quando eum esse censebo domi,

Pseudolus

-

rediero. Tu epistulam hanc a me accipe atque illi dato. Nam istic sumbolust inter erum meum et tuom de muliere. Scio equidem : ut, qui argentum adferret atque expressam imaginem

Harpax

-

suam huc ad nos, cum eo aiebat velle mitti mulierem. Nam hic quoque exemplum reliquit eius. (…) Ego devortor extra portam huc in tabernam tertiam,

Pseudolus

-

apud anum illam doliarem, claudam crassam, Chrysidem. Quid nunc vis ?

Harpax

-

Inde ut me arcessas, erus tuos ubi uenerit.

Pseudolus

-

Tuo arbitratu, maxume.

Ibidem, 644-651 ; 658-661

DE PLAUTE À ROSSINI

Plan A

Pseudolus

-

Mais tel le poète qui, lorsqu’il saisit ses tablettes, cherche ce qui n’existe nulle part parmi les nations, le trouve quand même et rend vraisemblable ce qui n’est que mensonge, désormais, moi, je me ferai poète ¹ : les vingt mines, qui n’existe nulle part parmi les nations, je les trouverai quand même. D’ailleurs, je lui avais dit depuis longtemps que je les lui donnerais, et j’ai voulu tendre un piège à notre vieillard. Mais lui, je ne sais comment, il l’a pressenti. Oh, je dois contenir ma voix et mon discours : voici mon maître Simo, je le vois arriver ici en compagnie de son voisin Callipho. Je vais exhumer aujourd’hui les vingt mines de ce vieux tombeau et je les donnerai au fils de mon maître.

Plan B

Harpax

 

-

Moi, je ne donnerai un sou à personne, sauf à Ballio lui-même.

Pseudolus

 

-

Mais il est occupé : il traite une affaire chez le juge.

Harpax

 

-

Que les dieux lui soient favorables ! Mais moi, quand je penserai qu’il sera chez lui, je reviendrai. Toi, prends cette lettre de ma main et donne-la-lui, car il y a là le signe convenu entre mon maître et le tien à propos de la fille.

Pseudolus

 

-

Oui, je le sais : il voulait, selon lui, qu’elle soit emmenée par celui qui nous apporterait ici l’argent et son portrait imprimé. Le soldat en a en effet laissé un exemplaire ici aussi. (…)

Harpax

 

-

Moi, je descends à la troisième taverne après la sortie de la ville, chez cette vieille barrique de Chrysis, la grosse qui boîte.

Pseudolus

 

-

Que veux-tu alors ?

Harpax

 

-

Eh bien, que tu viennes me chercher lorsque ton maître sera revenu.

Pseudolus

 

-

Comme bon te semble, très bien.

¹ Le passage respire la comparaison homérique. Le lecteur attentif aura remarqué que, dans cette première phrase, Pseudolus s’emmêle quelque peu les pinceaux dans la construction de sa métaphore.

DE PLAUTE À ROSSINI

3- Le dénouement ¹

Une fois le signe de reconnaissance obtenu, il faut encore trouver les cinq mines pour récupérer la jeune fille. Pour ce faire, Pseudolus – connu de Ballion, il ne peut pas conclure l’affaire lui-même fait appel à Charinus, un ami de Calidorus, qui lui fournit l’argent et les services d’un autre esclave, Simia. Déguisé en soldat, ce dernier prend la place de Harpax pour rencontrer le proxénète. Reste à ne pas se trahir lors de la transaction… A quelques pas de là, Pseudolus assiste à la scène pour en vérifier le bon déroulement.

Simia

-

Tune es Ballio ?

Ballio

-

Ego enim vero is sum. (

)

Simia

-

Erus meus tibi me salutem multam voluit dicere.

Ballio

-

Hanc epistulam accipe a me, hanc me tibi iussit dare. Quis is homost qui iussit ?

Pseudolus -

(en aparté) Perii : nunc homo in medio lutost. Nomen nescit : haeret haec res.

Ballio

-

Quem hanc misisse ad me autumas ?

Simia

-

Nosce imaginem : tute eius nomen memorato mihi,

Ballio

-

ut sciam te Ballionem esse ipsum. Cedo mi epistulam.

Simia

-

Accipe et cognosce signum.

Ballio

-

Oh, Polymachaeroplagides purus putus est ipsus. Novi. Heus, Polymachaeroplagides nomen est.

Simia

-

Scio iam me recte tibi dedisse epistulam, postquam Polymachaeroplagidem elocutus nomen es.

Ibidem, 978-979 ; 981-990

¹ Ce texte convient parfaitement à la pratique de l’exercice de version dans l’esprit de la séquence envisagée :

la difficulté principale de ce texte, au demeurant très abordable du point de vue linguistique, consiste à conserver le ton et le niveau de langue adaptés à une comédie.

DE PLAUTE À ROSSINI

Simia

-

C’est toi, Ballio ?

Ballio

-

En effet, c’est bien moi. ( )

Simia

-

Mon maître a voulu que je te remette ses plus grandes salutations. Prends cette lettre de ma main, il m’a ordonné de te la donner.

Ballio

-

Qui est cet homme qui a ordonné ?

Pseudolus-

(en aparté) Je suis mort : maintenant, mon homme patauge dans la gadoue. Il ne connaît pas son nom et toute l’affaire en dépend.

Ballio

-

Qui, d’après toi, me l’a envoyée ?

Simia

-

Regarde son portrait : pour plus de sécurité, rappelle-moi son nom, que je sache que tu es bien Ballio.

Ballio

-

Donne-moi la lettre.

 

Simia

-

Tiens, vise la signature.

Ballio

-

Oh, Commandant Couteau ¹ ! C’est lui tout craché. Je l’ai reconnu. Oui, son nom est bien Commandant Couteau.

Simia

-

Maintenant

que

tu

as

prononcé

le

nom

du

Commandant Couteau, je sais que je t’ai donné la lettre à juste titre.

¹ Le nom signifie littéralement "Qui donne beaucoup de coups de sabre". La proposition de traduction est une suggestion d’élève.

DE PLAUTE À ROSSINI

4. Visionnement de l’extrait correspondant du Barbier de Séville à la suite de la traduction de chaque passage.

5. Relevé de la trame commune à l’opéra de Rossini et au texte de Plaute.

Par exemple :

   

PLAUTE ET ROSSINI : TRAME COMMUNE

 

1-

L’argument

Un jeune homme de catégorie sociale élevée et au physique avantageux aime une jeune fille déjà promise à une personne qui exerce sur elle une certaine forme d’autorité et qui compte tirer un profit financier en organisant le mariage de la demoiselle. Incapable de réagir, l’amoureux sollicite l’aide d’une personne de rang social inférieur. Le spectateur est mis au courant de la situation par une lettre rédigée et envoyée par la jeune fille et lue par la personne socialement inférieure.

2-

Les plans

 

Les deux plans de chaque pièce sont imaginés par la personne d’extraction inférieure. Le premier plan échoue ; après quelques difficultés, le deuxième plan aboutit. Dans les deux œuvres, il y a usurpation d’identité.

   

Le

dénouement

est

permis

par

l’intervention

d’une

tierce

3-

Le dénouement

personne, attirée elle aussi par l’appât du gain.

 

Conclusion : Non, non, rien n’a changé

 

OBJECTIF FINAL

DE PLAUTE À ROSSINI

6. Ecriture et réalisation d’une saynète où les élèves actualisent les quatre extraits du Pseudolus en conservant le ton et le niveau de langue.

Par exemple :

Chaque travail écrit

- respectera les consignes suivantes :

- sera remis au plus tard pour la date du…

- prévoira un rôle pour chaque élève du groupe dans la présentation orale

- conservera le niveau de langue et le ton de la pièce de Plaute

- comportera les didascalies nécessaires au jeu des acteurs

- sera cohérent :

- actualisera les personnages

- en respectera les traits de caractère

- actualisera les situations

- en respectera l’argumentation générale

- emploiera un style contemporain et adapté au jeu scénique

- sera de qualité :

- sera rédigé sans faute d'orthographe

- sera rédigé lisiblement et avec soin

- sera structuré quant au script

- se verra attribuer un BONUS pour son originalité et son humour.

Chaque présentation orale

- respectera la consigne suivante : la représentation doit durer de cinq à quinze minutes

- sera cohérente :

- respectera dans le jeu de l’acteur les traits du personnage

- respectera la didascalie

- sera de qualité :

- quant à la diction et à l’interprétation

- se verra attribuer un BONUS pour les efforts fournis en ce qui concerne le décor et les costumes

S. THONON - CAF

MEDIAS ET LANGUES ANCIENNES - 3 e DEGRÉ

DE PLAUTE À ROSSINI

GRILLE D'ÉVALUATION DE L'OBJECTIF FINAL

Par exemple :

 

L’ÉVALUATION PORTERA SUR

NOTATION

I- Travail écrit

 

Le respect des consignes :

délai de réalisation (date de remise du travail)

… / …

participation effective de chaque élève du groupe

… / …

conservation du niveau de langue et du ton de Plaute

… / …

présence des didascalies nécessaires au jeu des acteurs

… / …

La cohérence :

actualisation des personnages

… / …

respect des traits de caractère des personnages

… / …

actualisation des situations

… / …

respect de l’argumentation générale

… / …

emploi d’un style contemporain adapté au jeu scénique

+ …

La qualité :

orthographe

… / …

lisibilité et soin de la rédaction

… / …

structuration du script

… / …

Critère de dépassement :

originalité et humour

+ …

II- Présentation orale

Le respect des consignes :

durée de la saynète jouée

… / …

La cohérence :

respect des traits du personnage

… / …

respect des didascalies

… / …

La qualité :

diction et compréhensibilité

… / …

Critères de « dépassement » :

décor et costumes

+ …

 

Notation finale :

… / …

Commentaire :

 

S. THONON - CAF

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