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TD SUR LE CHAPITRE INTERNATIONALISATION DES

ECHANGES ET MONDIALISATION : MONDIALISATION


ET CONVERGENCE

Introduction – la convergence par le développement du commerce


international : les 30 glorieuses

Document 1 :
A:
D’après ABRAMOVITZ [1989] l’essentiel de la croissance d’après- guerre de l’Europe de l’ouest
peut se comprendre comme un processus de rattrapage. Le « moteur » de cette croissance a
été, plus que la reconstitution du stock de capital détruit par la guerre, l’adoption et
l’assimilation par les firmes européennes des méthodes de production et de vente prévalant
aux Etats- Unis. La diffusion rapide de la technologie américaine a amené la convergence des
productivités et des niveaux de vie. On pourrait appliquer la même analyse pour expliquer le
décollage du Japon dans les années 50 et 60 et celui plus récent des N.P.I. (Nouveaux Pays
Industrialisés) d’Asie du sud-est.
Source : Ouverture commerciale et convergence dans un modèle simple de croissance
endogène Rodrigue MENDEZ, http://www.adres.ens.fr/anciens/n47/vol47-03.pdf
B:
Dans un monde de libre circulation des personnes et des capitaux, tel qu’il prédomine
aujourd’hui à quelques barrières près, la théorie économique énonce que les écarts se
gomment, à mesure que :
• les capitaux productifs affluent vers les régions à bas coût salarial, y créant une demande
supplémentaire de travail
• La force de travail afflue vers les régions à salaire élevé, y créant une offre supplémentaire
de travail
Nous regardons si la théorie économique se vérifie, et surtout, estimons à quelle vitesse les
salaires convergent à l’échelle mondiale et en tirons les conséquences pour les marchés
financiers.
Source : Natixis, Flash Economie n°334, Les salaires mondiaux convergent-ils ?
Questions :
1. Comment expliquer le processus de convergence de l’Europe de l’Ouest vers les Etats-
Unis :
• Est-elle due à des facteurs endogènes ou exogènes ?
• Quel rôle joue le commerce international ?
• Ce phénomène est-il exceptionnel ou récurrent ?
2. Comment la théorie économique explique-t-elle cette convergence ?

I – la mondialisation contemporaine : une convergence


progressive mais réelle
A. Des inégalités encore très importantes

Document 2 :
Questions :
1. Montrez par des calculs que les écarts de salaire horaire entre pays développés
peuvent être conséquents.
2. Montrez par des calculs que les écarts entre PDEM et pays émergents sont beaucoup
plus importants
3. Donnez le mode de lecture du Canada dans le graphique 3
4. Les écarts de salaire sont-ils la seule explication à prendre en compte pour expliquer
les délocalisations ?
5. Quelle relation de corrélation pouvez-vous faire apparaître dans le graphqiue 3 ? Que
pouvez-vous en conclure ?

B. Un processus de convergence réel

Document 3 :
Les vitesses de convergence sont peu uniformes d’un pays à l’autre.Quatre groupes se
distinguent en fonction de la vitesse de convergence et du niveau initial de salaire relatif:
� Groupe 1 (______________, ______________) : des pays qui dépassaient le niveau de salaire
des Etats-Unis et qui font aujourd’hui le chemin inverse très rapidement. Ils ont des niveaux
d’inflation et de taux d’intérêt très faible ;
� Groupe 2 (_____________, ______________, ________________, _______________) : des pays
comparables aux Etats-Unis, qui ne dévient que faiblement du niveau de salaire américain et
dont la convergence est faible. On voit aujourd’hui dans ce groupe que l’Allemagne fait une
partie du chemin inverse à vitesse élevée.
� Groupe 3 (_______________, _______________) : des pays qui avaient un retard certain sur les
Etats-Unis dans les années 70 et qui ont rattrapé rapidement. On note avec intérêt la
présence de la Hongrie comme seul pays d’Europe de l’est dans ce groupe.
� Groupe 4 (____________________, ________________, ___________________) : les pays qui
entretiennent probablement volontairement un fort écart de salaire avec les Etats-Unis à fin
de développement. On retrouve dans ce groupe tous les pays ou se relocalisent l’industrie
mondiale aujourd’hui.
Source : Natixis, Flash Economie n°334, Les salaires mondiaux convergent-ils ?
Questions :
1. Donnez le mode de lecture pour le Japon(tableau 2 et graphique 8)
2. Complétez les trous

Document 4 :

Questions :
1. Donnez le mode de lecture et de calcul pour les USA en 2005
2. Peut-on dire que la convergence des salaires s’est opérée vers le bas ?(opérez des
calculs le montrant)
3. Assiste-t-on à un réel rattrappage : étudiez le cas des NPI entre 1975 et 2005, opérez
des calculs le prouvant
4. Ce rattrappage est-il systématique ? Quel exemple utiliseriez-vous pour le démontrer ?

II – A relativiser : l’impact de la chine

A. Les délocalisations une convergence vers le bas ?

1. Définition et mesure des délocalisations

Document 5 :

Questions :
1. Donnez le mode de lecture et de calcul du chiffre pour les Etats-Unis en 1996
2. Quelle était la situation en 1996, que traduit-elle ?
3. Quelle évolution observez-vous ? Que pouvez-vous en conclure ?

Document 6 : Cliquez sur : Délocalisations et réductions d'effectifs dans l'industrie


française
Questions :
1. Comment a évolué en France l’emploi industriel depuis 1990 ?
2. Définissez le terme délocalisation. Quelles peuvent en être les causes ?
3. Montrez que la mesure de la délocalisation est complexe.
4. Combien d’emplois industriels disparaissent en France suite aux délocalisations ?
5. Quel type d’entreprise délocalise le plus ? Vers quels pays ?
6. Les emplois peu qualifiés sont-ils les seuls à être victimes de la délocalisation ?

2. des effets aggravées par la recherche d’une rentabilité par les FTN
des pays développées

Document 7 :
On sait que les entreprises cotées ont des objectifs de rendement des fonds propres
extrêmement élevés. Ces objectifs de ROE (16-18 %) sont anormalement élevés, car
l’écart entre le rendement désiré des fonds propres et les taux d’intérêt sans risque (12 à 14
%) est de beaucoup supérieur à la prime de risque action normale. Une exigence
anormalement élevée de rendement du capital conduit les entreprises à souhaiter
comprimer leurs coûts de production pour accroître leurs marges bénéficiaires, ce
qui conduit à un supplément de délocalisations. On observe bien le parallélisme entre la
hausse des ROE et la hausse de la part des importations depuis les émergents,
principalement la Chine, dans les demandes intérieures des pays de l’OCDE
Source : op cité
Questions :
1. En quoi les exigences des actionnaires contribuent-elles à favoriser les délocalisations
vers les émergents, en particulier vers la Chine ?
2. Observez l’évolution du ROE entre 2006 et 2008 dans tous les pays. Quelles
conclusions peut-on en tirer sur le risque de délocalisation ?
3. Pouvez-vous le vérifier pour la zone euro ?

B. Les influences de la chine sur le processus de convergence

1. La chine une stratégie qui remet en cause les théories traditionnelles


du commerce international

Document 8 :
On connaît les trois modèles de spécialisation internationale :
• avantages comparatifs (un pays est relativement plus efficace que les autres pour la
fabrication d'un bien par rapport à celle d'un autre bien). On pourrait penser que la Chine est
relativement plus efficace pour la fabrication de biens peu sophistiqués que pour celle de
biens sophistiqués (qui nécessite le savoir-faire des pays de l'OCDE) ;
• dotation en facteurs de production (un pays produit les biens qui utilisent les facteurs
de production dont il dispose de quantités abondantes). La Chine a, pense-t-on normalement,
des ressources abondantes en main d'oeuvre peu qualifiée ;
• spécialisation dans des variétés particulière d'un même produit :(chaque produit
peut être fabriqué à des niveaux différents de qualité, de sophistication). On s'attend
normalement à ce que la Chine produise les variétés les moins sophistiquées des différents
produits.
Or, aucune de ces spécialisations ne semble devoir subsister en Chine : la Chine
semble se spécialiser dans tous les biens et aussi dans les variétés sophistiquées de ces
biens.
La spécialisation internationale efficace implique qu’un pays ne se spécialise pas
normalement dans tous les biens ou dans toutes les variétés de tous les biens. Il prend
une position dominante dans certaines productions, et importe
d’autres productions. Il semble que la Chine ait une stratégie différente, qui est de
devenir un acteur majeur et capable de maitriser les technologies les plus
avancées dans tous les secteurs : automobile, défense, aéronautique et espace,chimie,
ferroviaire, énergie, pharmacie, naval, nouvelles énergies, textile, acier,agroalimentaire,
télécom, etc…
Source : Natixis, Flash Eco, Qu’implique le refus de la Chine de participer à la gestion globale
du Monde ?, janvier 2010
Questions :
1. Présentez la logique de chacun des modèles de spécialisation
2. En quoi la Chine ne correspond-elle à aucun de ces modèles ?

Document 9 :
Questions :
1. Analysez la spécialisation des pays développés. En quoi paraît-elle logique ?
2. Montrez que la situation de l’Allemagne n’est pas aussi favorable q’on le croit en
France ?
3. Présentez la situation de la Chine en 1998. Comment évolue-t-elle ? En quoi est-ce
surprenant ?

Document 10 :
Les explications de cette montée en gamme sont multiples :
• développement de la recherche en Chine , même si le iveau des dépenses de R&D est
encore faible, et transferts
technologiques depuis les entreprises étrangères ;
• soutien de l'Etat (défiscalisation des entreprises high tech…) ;
• progrès considérable du niveau d'éducation de la population ; il y a en Chine chaque
année 6 millions d'étudiants nouveaux,800 000 phD dans des matières scientifiques.
Source : Natixis, Flash Eco, Qu’implique le refus de la Chine de participer à la gestion globale
du Monde ?, janvier 2010
Questions :
1. Comment expliquez l’évolution constatée dans le document précédent ?

Document 11:
Le modèle de spécialisation productive de la Chine dans le futur sera probablement très
particulier :
• montée en gamme rapide, avec comme objectif l'indépendance technologique vis-à-vis des
pays "avancés" de l'OCDE ;
• maintien d'une compétitivité forte pour les industries peu sophistiquées, avec comme
objectif d'éviter le chômage, surtout dans la perspective de la poursuite des migrations des
campagnes vers les villes et de la modernisation de l'agriculture.
La Chine veut donc être en état de gagner des parts de marché pour tous les biens et à tous
les niveaux de qualité et de sophistication, ce qui veut dire qu'on ne se trouvera pas, dans
quelques années, dans un schéma habituel de spécialisation internationale (dans lequel la
Chine se spécialiserait dans un certain nombre de productions), alors que ce schéma est
encore présent aujourd'hui. Cette situation s'explique probablement par l'existence en Chine
d'une main d'oeuvre très qualifiée très nombreuse (la Chine n'a donc pas de raison de se
spécialiser dans les productions utilisant de l'emploi peu qualifié) et d'une épargne très
abondante (qui permet d'accumuler du capital).
Source : Natixis, Flash Economie, Le modèle de spécialisation productive de l'économie
chinoise dans le futur et ses effets, 5/10/2010
Questions :
1. Pour quelles raisons la Chine, malgré sa montée en gamme, n’abandonne-t-elle pas les
industries traditionnelles ?
2. Montrez donc que la Chine a des caractéristiques qui l’éloignent de la conception
développée par les théories traditionnelles de l’échange ?

2 – Des effets négatifs sur la croissance , le niveau de vie et


l’emploi ?

Document 12 :
A:
La croissance chinoise a des caractéristiques très particulières : rapidité, taille de
l'économie, sous-évaluation de la devise et excès de capacité de production, consommation
très importante de matières premières. Nous avons essayé d'identifier les effets positifs
et négatifs de la croissance chinoise sur la zone euro : d'un côté possibilité d'exporter
vers la Chine, faiblesse des prix des produits chinois, baisse des taux d'intérêt à long terme
par la politique de change ; de l'autre côté gains de parts de marché de la Chine, pertes
d'emplois qualifiés dans la zone euro, hausse des prix des matières premières.
Au total les effets négatifs l'emportent : la zone euro profite peu de la reprise de la
demande en Chine, l'effet désinflationnistes lié au faible niveau des prix des produits
chinois est limité, la baisse des taux d'intérêt à long terme due à l'accumulation des réserves
de change en Chine (50 points de base) assez modeste. Au contraire, le coût en emplois
des pertes de parts de marché et le coût en revenu des hausses futures des prix
des matières premières sont très importants

B:
La convergence des niveaux de coût de production entre les pays de l'OCDE et les pays
émergents implique, d'après nos estimations, aujourd'hui un freinage de la croissance
annuelle du salaire réel :
− de 2,4 points aux Etats-Unis,
− de 2,3 points dans la zone euro,
− de 0,5 point au Japon.
Une accélération de la croissance annuelle du salaire réel de 6 points dans les pays
émergents.
Ceci montre, l'importance des effets de la convergence sur la croissance et l'inflation.
C:
L’accélération de la désindustrialisation et des délocalisations vers les pays émergents
observée avec la crise vient des perspectives de débouchés (dans les pays émergents et dans
les pays de l’OCDE) et de la nécessité de baisser les prix de vente donc les coûts de
production.
Elle aggrave une situation ou la désindustrialisation et les délocalisations sont déjà excessives
avec :
� la sous évaluation des monnaies des pays émergents ;
� la volonté de la Chine de devenir leader dans la production de pratiquement tous les
biens ;
� la recherche d’une rentabilité excessive de capital ;
� le plus grand prélèvement sur les ressources rares organisé par la production industrielle
dans les pays émergents.
Il s’agit donc d’un cas d’externalité : une décision (délocalisation, transfert de capacités de
production dans les pays émergents) qui est rentable pour l’entreprise (le distributeur…) qui
l’organise est inefficace du point de vue collectif. Il serait donc légitime de mettre en place
des politiques qui internalisent cette externalité : « malus » liés aux délocalisations.
Source : Natixis
Questions :
1. En théorie comment la croissance chinoise devrait-elle dopée celle de l’Europe ?
2. Pourquoi les effets négatifs l’emportent-ils ?
3. Que pouvez vous en conclure sur le type de convergence que l’on risque d’observer ?
4. Quelle mesure est alors préconisée ?