Vous êtes sur la page 1sur 54

Le spiritualisme

organique : nouvelles
études sur le
spiritualisme / par M.
Pidoux,...
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Pidoux, Hermann (1808-1882). Le spiritualisme organique : nouvelles études sur le spiritualisme / par M. Pidoux,.... 1869.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la
BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source.
*La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits
élaborés ou de fourniture de service.
Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.
3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :
*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans
l'autorisation préalable du titulaire des droits.
*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque
municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.
5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur
de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.
6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non
respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.
7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

*$ NOUVELLES ÉTUDESSUR-LE SPIRITUALISME
."".''y.

(1

S

LE SPIRITUALISME
ORGANIQUE
PAR M. PIDODX
Membre de l'Académie

=OE^^

impériale

de médecine

RfeHçilfuehonoraire de l'Académie royale de médecine de Belgique
'
Médecin de l'hôpital de la Charité
'ri \
,;f •,

"^Médecin

inspecteur

des Eaux-Bonnes,

etc., etc.

PARIS
P. ASSELIN,

SUCCESSEURDE BÉCHET'JEUNE

LIBRAIRE

DE

LA

FACULTÉ

DE

MÉDECINE

Place de TÉcole-de-Médecine

1869

ET LABÉ

tîfftUVELLES ÉTUDES SUR LE SPIRITUALISME LE SPIRITUALISME ORGANIQUE .

.

NOUVELLESÉTUDESSURLE SPIRITUALISME LE SPIRITUALISME ORGANIQUE PAR M. SUCCESSEUR DE BÉCHET LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE Place de l'École-de-Médecine 1869 JEUNE ET LABÉ .. etc. ASSELIN. PARIS P. PIDOUX Membre de l'Académie Membre honoraire impériale de l'Académie Médecin de l'hôpital Médecin inspecteur de médecine royale de médecine de Belgique de la Charité des Eaux-Bonnes. etc.

.

le spiritualisme a besoin de prendre un corps. les philosophes que . et j'en dans les pages suivantes l'expression haute et ferme. ou le matérialisme par leur masse brute. la haudes rapports de chaque teur de vues. chez Asselin. Mais il y a une vérité que je n'apercevais pas aussi bien il y a douze : c'est que. etc. en effet. les physiolo- à ne s'occuper que de la machine. 1857. partie avec le lout. Je crois plus que jamais « à la nécessité du spiritualisme » pour relier les faits innombrables qui nous imposeraient. Je crois. j'y comme étant la doctrine antivitaliste et antispiri- enfin Je proclamais que le spiritualisme est la seule philosophie qui puisse donner à la médecine la largeur de base. sans lesquelles la science de l'homme est au-dessous d'elle-même. la force d'unir et l'intelligibilité tualiste par excellence. pour acquérir cette force. ou le scepticisme par leur diversité.INTRODUCTION J'ai publié il y a douze ans. une brochure Nécessité du spiritualisme pour (Paris. si nous marchions longtemps renouvelle au milieu d'eux sans la science de l'esprit. que tant qu'on regardera l'esprit comme substantiellement distinct de la vie.) régénérer Je posais dans cet opuscule les principes combattais l'animisme qui a pour titre : De la les sciences médicales. Je reste immuablement attaché aux mêmes principes. du vitalisme organique . ou comme un principe aussi ans qu'aujourd'hui indépendant de l'organisme gistes continueront que la vapeur de sa machine.

moi qui essaye de la renverser. que le spiritualisme proprement dit.6 de la vapeur. il est si loin d'elles qu'il ne spiritualisme les anime plus. ce spiritualisme dont la ruine est consommée. et l'esprit n'être bientôt plus considéré que comme la plus haute expression de la vie. mais je ne me le dissimule pas. s'établit solidement sur les bases de l'anatomie générale nouvelle. substantiellement ce est il sans visible. et qu'on n'aura jamais que des matérialistes d'un côté et des ontologistes de l'autre. si le vitalisme organique. Il n'y a que les systèmes opposés au vitalisme. Cela est prouvé par son infécondité. Cependant. tels que la chimiâtrie et la médecine mécanique. je veux dire la doctrine d'un être immadistinct de ce corps et tériel uni au corps humain. qui tend de jour en jour à remplacer le vitalisme ontologique. d'exister lui. qui soient encore intéressés à retarder la chute du spiritualisme ontologique. on peut même prédire qu'elle hâtera l'avènement du vitalisme organique. 11est visible pour tout le monde. Les croyances religieuses philosophie ont autant contribué à fonder dans le passé le spiritualisme que la science et la ontologique ou le prin- . capable personnellement a vécu. aujourd'hui suranné ne se distingue plus de l'animisme se parer d'un dehors déjà. Ici se présente une question très-grave. que les éternels principes du de rapspiritualisme ne sont pas inséparables du dualisme dont je viens peler les deux facteurs. Les sciences n'entretiennent plus avec lui aucun rapport . de l'organisme humain. le spiritualisme de l'histoire. on verra le spiritualisme s'incarner lui-même. avec mie physiologie et une philosophie toujours désunies et éternellement stériles. que dis-je. Et pourtant. erreur qui régnera longtemps encore. On s'est trop habitué à croire que ces principes C'est un grand malheur. Cette conclusion est inévitable . Heureusement doivent périr si l'idée d'une âme immatérielle. substantiellement distincte n'est pas conservée : erreur décevante et dangereuse . car on ne peut plus scinder F homme. parce que ces systèmes ont besoin de ce principe pour d'unité et paraître vivants.

qu'à cette condition . de vie. assurément imposent à leur conscience bien plus qu'à leur science. l'exis- . d'unité pas même jusqu'à organique. et le clergé. sont remplies de spiritualistes force. capable de lui survivre. sans exception. qui professent le mécanicisme et le chimisme les plus grossiers. génération. il suffit pour l'être. chez moi et chez mes semblables. Je ne donnerais pas ma croyance à une vie au delà de celle-ci j'hésite pour toutes les affirmations beaucoup à reconnaître de la science . fanatiques de spiritualisme. et si on ne confesse pas sans examen la double substance. "ni à l'autre La science doit-elle s'arrêter devant ces théories de la foi qui n'a pas le droit d'en avoir? La foi doit-elle s'alarmer des progrès et des démonstrations de la science au-dessus de laquelle elle prétend et doit prétendre s'élever? Je ne le pense pas. phie et de la physiologie.7 elles ne cipe de la dualité de l'homme .. tous accusant notre époque de n'être ni sérieusement philosophique ni sérieusement religieuse. qu'on professe. ne s'élèvent scientifiquement. des philosophes. on est atteint de matérialisme. très-respectables. qu'ils le veuillent ou non. spiritualistes de cette en regorge : maté- ensemble et sans le savoir : matérialistes devant la foi. sans lui toute la personnalité humaine. Aux yeux de la philosole dogme de l'immortalité d'une âme incorporelle. Nos Académies. et rayé de l'assemblée des esprits. ces savants. tence d'une âme immatérielle d'affirmer spiritualistes. et je ne doute pas qu'aujourd'hui soient encore le principal à soutien de cette doctrine. convaincu de repousser la croyance universelle à une autre vie. etc. sont complètement matérialistes. des savants de tout ordre. qui. ne faisant honneur ni à l'un domaine. On rencontre chaque pas des médecins. rialistes et spiritualistes tout devant la science. des physiologistes. et l'idée qui de sont Pourquoi? Parce que des croyances. quel que soit d'ailleurs renfermant le matérialisme philosophique distincte et physiologique on n'est spiritualiste Pour l'orthodoxie. parce qu'on croit à l'exis- du corps. à tous les degrés de la hiérarchie. d'évolution. Ils se croient cependant qu'aux yeux de la foi. et pourtant.

. un corps spirituel. ne sachant rien. ceux qui me reprocheront le plus d'enlever au dogme de l'immortalité de l'âme sa condition fondamentale. pourquoi je tenais tant à reléguer dans l'histoire la notion d'une âme immatérielle. Or. ceux-là sont obligés de croire à la résurrection des corps. Et pourtant. surgei corpus spiritale. les forces de la . que les études qui ont l'organisme pour objet. Il y a donc. substantiellement distinct de la nature même de mon corps vivant et pensant. le même respectueux silence sur tout ce qui concerne cette physiologie de l'immortalité de l'âme qu'on voudrait nous faire. qui admettait « un principe vital. un corps spirituel ou spiritualisé est toujours un corps. l'histoire en main. par exemple. en effet. Barthez.tence d'un principe immatériel. substantiellement distincte du corps. De même. — anatomie. que quand on admet une force de ce genre. même d'après eux. et à plus forte raison. » Je demande. recherches directes sur la constitution des corps. des palingénésies que notre monde peut encore éprouver. etc. on interdit aussitôt l'observation et l'expérimentation . »voulait qu'on gardât sur la nature. Nous ne connaissons pas un mot des métamorphoses ultimes de la matière. que je suis convaincu. Qu'ont-ils donc besoin d'autre chose? On m'a demandé aussi. ou plutôt la même réserve.. la dualité de la nature humaine. nous ayons la prétention de savoir ce que devient essentiellement celte substance après la mort?. le mode d'union et le sort de ce principe « un scepticisme invincible. sur les rapports de l'organisation de la substance nerveuse avec les propriétés sensibles représentatives ou affectives dont elle jouit pendant la vie. le même scepticisme. des transformations des corps et des forces à l'infini. Us ont oublié le mot de saint Paul : Seminatur corpus morlale. et renfermant toute la personnalité humaine. N'est-il pas inconcevable que. Je réponds que c'est par la même raison qui me fait combattre depuis vingt ans la notion d'une force vitale distincte de l'organisme et imaginée pour expliquer les propriétés des tissus et les fonctions des organes vivants.

La différence qui existe entre les mystères de la nature et ceux qui sont au-dessus de la nature. et vous supprimez bles travaux d'anatomie comparée accomplis depuis quatre-vingts le système nerveux. anéautit toute recherche d'anthropologie et de physiologie cérébrale. positif que je fais la guerre au ontologique. « agrégat matériel » à l'analyse duquel la chimie peut suffire. c'est que ceux-ci sont incompréhensibles. livrez-la naturellement que Dieu pas dans des régions pla- cées au-dessus de la nature. et que le reste n'est. et au besoin infini a mis naturellement marche de connaître en lui . Nos spiritualistes plus que L'imagination .9 nature. que les ressorts de la vie et de la pensée sont cachés dans une substauce inaccessible à leurs recherches. matérialisent gique et orthodoxe. joue. et à l'infini. sur- tout. en effet. les admira- destinés à transformer travaux qui sont pourtant vous supprimez Gall et l'impulsion à jamais mémorable a donnée à l'étude des appareils psychiques et à la psychologie. etc. pénétrer ans sur la qu'il vous nous les savants à dans ceux de l'encéphale. de même je suis convaincu que l'hypothèse d'une âme immatérielle. ne la transportez qu'un en avant.. comme on dit à Montpellier. renvoyez jusqu'à saint Thomas. Le progrès se mesure au que les premiers sont intelligibles nombre des entités inutiles qu'on supprime comme autant d'intermédiaires qui nous éloignent de la nature et de son esprit qui est Dieu. Imposez cette sorte de dogme à la science. — sont frappées d'immobilité.. On donne avec raison le nom de matérialisme incomplète et sans vie qui ne monte pas jusqu'à C'est donc en faveur du spiritualisme spiritualisme à la science cette unité suprême. Si vous voulez que la science de l'homme donc à l'homme. Jamais vous ne stimulerez dans les mystères de l'organisme. car il faut s'élever jusque-là sous peine de ne pas entendre l'unité qui seule fait la science.. et que tout progrès scientifique s'arrête.. un grand rôle dans le spiritualisme ontolosi épurés. s'ils sont persuadés qu'ils n'ont rien à y découvrir. philosophie. donnée comme principe efficient de nos facultés intellectuelles et morales.

réels chacun dans son ordre. Il faut donc remettre à l'étude toute cette question du spiritualisme. tandis qu'il ne le permettait pas il y a moins d'un siècle. celle-ci est une et doit expliquer l'homme tout entier. captive dans notre corps. et en même temps. époques de l'évolution des sciences. essentiellement progressive. est exact — ils se figurent comprendre les conditions de l'existence à ici-bas venir. ce doute philosophique qui n'est pas une fin mais un moyen. elles ne peuvent jamais se rencontrer. Pourtant. Les pages qu'on va lire n'ont pas d'autre prétention car que de susciter ce .10 — et le mot se Ils leur âme figurent personne prétendument incorporelle. L'état de la physiologie le permet. regarde du et si. s'envole toute seule dans un lieu et à une distance qu'ils se figurent aussi . côté de la science pour savoir ce qu'en pense celle-ci. les besoins scientifiques de l'homme et ses besoins religieux. elles ne périront ni l'une ni l'autre. Jusqu'à ce jour. la science. essentiellement immuable. lorsqu'elle scientifiques ou surnaturels. peut instaurer la physiologie humaine. et ils ne voient pas que se condamner ainsi aux figures choquante avec ou aux conceptions corporelles. une puérilité aussi indigne de la foi que de la raison ! Il serait si simple et si vrai de s'incliner humblement devant un mystère auquel on se sent attaché d'autant plus qu'on cherche à l'expliquer moins! Si. la science et la foi sont perdues. parce qu'ils imaginent que notre âme incorporelle. quand elle explore et découvre. est une contradiction l'idée d'immatérialité. nécessaire à certaines spiritualisme. Le naturel et le surnaturel sont comme deux lignes parallèles : quelques prolongées qu'on les suppose. Appliquée à la question du la méthode cartésienne. constituent par cela même deux domaines tout à fait différents. plonge au sein de ses dogmes suprala foi. se croit obligée de se tourner du côté de la foi pour obtenir son consentement. Saisissons-nous du doute méthodique de Descartes.

La seconde renferme quelques explications que je devais aux matérialistes de fait. térialisme. tous les progrès sont suspendus. tout à l'heure. doute rénovateur dération. c'est d'avoir combattu et le spiritualisme. par conséquent. Chargé par l'Académie de Médecine travaux adressés pour le prix Civrieux de lui faire un Rapport sur celte question sur les : Des phéno- mènes psychologiques avant. pendant et après l'anesthésie provoquée. On sait maintenant dans quelle circonstance de quel devoir j'ai été forcé de m'occuper et pour l'accomplissement encore de ces matières redou- tables. on donne au principe de l'unité de la nature . On y trouvera peut-être des expressions de plus amer. d'avec ce qu'elle avait d'évidemment aveugle. Ce qu'il y a pendant trente ans pour le vitalisme ces faux spiritualistes dont je parlais leurs propres faiblesses et leurs contradic- tions. — que mon spiritualisme organique a émus et troublés. ayant été signalé des membres de la Commission comme entaché de ma- à l'animadversion devant l'Académie sur cette accusation. dans l'unité dont les imaginations si on sait fondre auquel. et le Mémoire pour lequel je proposais une récompense. Ce Rapport forme la première partie du petit travail qu'on va lire.11 chez ceux qui auront la force de les prendre eu consiElles ne sont ni un Traité ni même un Mémoire ex-professo. suivant duquel difficilement je me contre le sont éprises. — spiritualistes d'intention. le vitalisme organique moi. je n'y donne suite que parce que le sort de la physiologie et. Si on sépare l'esprit de la vie. de la médecine m'y semble engagé. j'ai voulu m'expliquer et démêler ce qu'elle pouvait avoir de fondé. et d'entendre vous reprocher un peu amères. Médecin avant tout. ces deux grands aspects de l'homme de sa substance. mais une manifestation toute de circonstance. et à l'instauration consacre dans toutes les bonnes occasions. luttera vitalisme ontologique Au contraire.

on écarte à jamais de la physiologie l'oppression des sciences afférentes. sur les progrès continus de la science et de la raison. et on lui rend son autonomie. Mais je compte sur le sens commun. Loin de moi une prétention si haute. Je mets donc les principes éternels du spiritualisme en rapport avec les exigences de la science moderne . seules capables de chasser à la longue de nos imaginations. Il n'est pas au pouvoir d'un seul d'emporter ce grand résultat. s'il en sent le besoin. j'aide à revivre cette noble philosophie qui s'éteint dans son fier et stérile isolement . et j'aide à vivre .12 humaine la consécration de la science. et intolérantes la mettre là où elle . le matérialisme qui meurt sous le poids de la lettre. mais d'une manière efficace et définitive. les idoles orgueilleuses qui nient la science là où elle est. et qui voudraient ne peut pas être. comme Stahl le voulait.

Elle a peut-être Instinctivement une source féconde d'informations compris. elle ne conduit à l'anesthésie qu'un lui apportait en d'analyse psychosalutaire qu'après avoir démonté les pièces de l'encéphale et les facultés psychiques correspondantes depuis les plus éminentes jusqu'aux plus inférieures. l'embryologie. convaincue qu'il a compris y a là pour la science de l'homme progrès. puisque. L'Académie ce côté philosophique de l'étude de l'anesthésie provoquée. la les unes plus particulièrement des organes cérébraux. et elle a voulu l'encourager en la donnant pour sujet d'un de ses prix. les autres plus particulièrement l'unité vraiment qu'offre cet appareil dans la multiplicité hiérarchique de ses parties. pendant et après l'anesthésie provoquée » MESSIEURS. les observations. que la physiologie expérimentale décompose les fonctions. tandis que l'anatomie décompose les organes.RAPPORT A L'ACADÉMIE IMPÉRIALE SUR fiETTE QUESTION DE MEDECINE : « Des phénomènes psychologiques avant. et ce flambeau inattendu. que lorsqu'une vérité est nécessaire à la science ou aux hommes. et elle nous montre alternativement et inséparablement. la nécessité des parties pour constituer l'unité et la présence de l'unité dans chaque partie. la physiologie expérimentale pluralité animique travaillaient de leur côté à montrer. subtil et presque spirituel logique. de manière à révéler à l'observateur leurs rapports vivants et leur subordination nécessaire. C'est pourquoi cette découverte bienfaisante qui semblait n'apportera l'humanité moyen de la soustraire à la douleur chirurgicale. l'action des anesthésiques décomposant et recomposant rapidement les facultés encéphaliques. en fait l'analyse et la synthèse tout à la fois et en un instant. C'est une loi en histoire. le plus souvent. L'invention des effets de l'inhalation de l'éther et du chloroforme en est un exemple. l'histologie. Mais. et que autour d'elle tout est prêt pour la recevoir. Elle est venue éclairer à sa manière la physiologie du cerveau. et de — car les Sociétés savantes ont comme . les faits. elle l'a apporté à la science de l'homme quand l'anatomie comparée. même temps un instrument pénétrant. les recherches. et les maladies n'avaient jamais que les vivisections donnée aussi délicate. et faire des facultés de l'encéphale une analyse merveilleuse. les découvertes de tout genre semblent se réunir pour hâter son évolution et lui donner les derniers coups de la maturité.

L'esprit a comme une existence double : il est et il sait qu'il est. de leurs rapports. de leur enchaînement. La philosophie. a senti et exprimé sommairement ces vérités dans son épigraphe générale (il en aune ensuite pour chaque chapitre). Elle étudie l'esprit dans ses phénomènes comme la physiologie le fait pour toutes les autres fonctions et pour nos autres facultés. véritable père de la philosophie. étudie l'esprit ou la pensée en eux-mêmes. la place et le caractère de la psychologie. c'est-à-dire que leur existence est aussi simple que possible. Tels sont. en effet. c'est-à-dire intermédiaire entre la physiologie et la philosophie première ou la métaphysique. il se saisit lui-même. Elle ne doit rien immédiatement à l'observation. parce qu'il lui a donné pour objet le nosce teipsum. celle-ci doit la suivre presque pas à pas de peur de s'égarer complètement. Aussi. celle-ci est bien plus remarquable par l'activité des recherches. Elle arrive à la pensée par l'observation de ses actes. qui est le repliement de la pensée sur elle-même ou l'étude de soi par soi. Sa méthode est la réflexion. Le mot de psychologie se traduit donc exactement par cette définition : la connaissance des fonctions spirituelles de l'encéphale humain. c'est de se connaître soi-même. au contraire. depuis Socrate. ses points de vue plus ou moins abstraits. des matériaux. L'auteur du mémoire no 1. ou la physiologie des parties supérieures du cerveau. le professeur Vulpian. car la logique n'est que le processus naturel des actes de l'esprit. c'est-à-dire dans leurs lois générales et dans leur fond. elle a besoin de se rajeunir au contact de la science nouvelle. Là. — que si depuis longtemps la grande voix de la philosophie ne se fait plus entendre. en effet. elle devra réagir puissamment sur la science nouvelle. La psychologie. empruntée à M. homme de talent. cette science est restée la connaissance de soi-même. car aujourd'hui.' 1Û les peuples des instincts et des aspirations presque imperceptibles dans chacun de leurs membres. Mais une fois la philosophie renouvelée par ce contact. esprit indépendant et capable d'idées générales. est plus extérieure. » . Les autres êtres sont simplement. que par le lien Notre sujet est psychologique. parce qu'ayant épuisé et usé ses anciennes thèses. de leur logique enfin. de leur évolution. c'est que depuis quelque temps déjà elle n'a rien à dire. être et se connaître sont pour lui une même chose. se trouve le trait d'union entre la phyet la siologie philosophie. je l'ai déjà dit. car la merveille de l'esprit proprement dit ou de la substance psychique que nous déterminerons plus tard avec l'auteur. et que voici : « La physiologie doit servir de guide à la philosophie. par la riche originalité général et l'élévation.

mais elles ne vous donneront pas les conclusions philosophiques de l'auteur. elle verse cependant partout la sève et l'abondance. et si je peux ainsi dire. On verra tout à l'heure que toutes ces considérations étaient nécessaires. le même rôle que les mathématiques à l'égard des sciences qui ont plus particulièrement qui rejette la métaphysique. tient dans son urne de glace la source la métaphysique? de toute rivière. mais cette neige suspendue à mi-côte du ciel. pour être conséquent. Celle-ci n'est pas empruntée à un savant. Sous ce rapport se proclame hautement positiviste en philosophie. Cette science première remplit. ses opinions plus générales et la doctrine à laquelle il attache certainement plus de prix qu'aux faits qui en ont car ces conclusions été le point de départ. Sans être la vie elle-même. et le positivisme devrait. Il l'est peut-être moins qu'ii ne croit. à l'égard des sciences qui ont pour objet la force et la vie. car il ne dédaigne pas la métaphysique. en effet. » de la métaphyC'est reconnaître sous une belle image la grandeur et l'utilité sique. question. Elles vous donneront une idée nette de ces faits et des vérités positives qui en découlent immédiatement. claires et très-bien faites . Il est évident que quelque soin et quelque précision physiologiques qu'il ait mis à observer et à analyser les "phénomènes psychologiques avant. quelque expérience qu'il ait par lui-même du détail. Eugène Pelletai!. Je la cite : « A quoi bon Notre auteur C'est le mot d'ordre aujourd'hui. puisque une épigraphe résume en général la pensée et les tendances de celui qui l'adopte. C'est pourquoi je résumerai moi-même cette doctrine en l'appréciant ainsi que la philosophie nouvelle qui naît et se dessine à l'ombre des recherches de tout genre auxquelles on se livre depuis cinquante ans sur le système nerveux en général et sur le cerveau en particulier. ce qui l'a tenté dans notre c'est son côté psychologique et surtout philosophique. rejeter les mathéma- tiques. général. sont précises. mais à un poète philosophe. ni la moisson. si l'on en juge par l'épigraphe de son premier chapitre. Je le reconnais volontiers . pendant et après l'anesthésie provoquée. il a donc correspondu aux vues de l'Académie. M. pour objet la quantité et le nombre. je vais vous en lire textuellement les conclusions. de la clinique de ces phénomènes. A quoi bon la neige sur la montagne? répondrai-je à mon tour : on ne vit pas là-dessus.15 Cela vous donne du même coup et l'esprit du mémoire et l'école philosophique à laquelle l'auteur appartient. Entrons maintenant avec l'auteur dans l'anesthésie provoquée et ses phénomènes psychologiques. Ne pouvant le suivre pas à pas dans les développements physiologiques et philosophiques étendus et disséminés qu'il a donnés aux faits fondamentaux de son mémoire. Voici d'abord Vanesthésiologie de fait et les conclusions sèches du mémoire .

Les anesthésiques. III. Les effets des anesthésiques sont comparables à ceux de l'alcool. Leur promptitude et leur profondeur d'action tiennent à leur nature chimique. L'anesthésie est une ivresse provoquée. W Période de cadavérisation. le moi. mais il n'est pas stable. l'individualité est atteinte. ou échelonnés selon leur degré d'importance au point de vue de la vie elle-même de l'être. La succession des phénomènes produits par les anesthésiques peut être considérée comme formant quatre périodes distinctes : 1° Action locale . IV. ces fibres reprendront naturellement le mouvement qu'elles étaient en train défaire. et enfin ils s'attaquent à la moelle. II. VII. l'économie s'en débarrasse. tous les anesthésiques puissants ou dont les effets sont très-prompts agiront souvent ainsi. Conservation complète de l'intelligence. On peut. des fibres cérébrales. par leur mode d'action. Nous admettons trois grands centres superposés l'un à l'autre. il faut l'attribuer à une syncope. d'y rester plus ou moins longtemps. les instincts avec les facultés de second ordre. ensuite la moelle. donnent raison à cette manière de voir. C'est ainsi que la mort peut arriver. pour faciliter l'étude des modifications qu'éprouvent faire rentrer dans quatre catégories distinctes. Si l'action de l'anesthésique est supprimée aussi vite qu'elle est survenue. Si la mort arrive au commencement d'une anesthésie. Tous les anesthésiques produisent des effets semblables. placés pour ainsi dire suivant une progression décroissante. Ils diffèrent par la quantité et non par la qualité. Chaque anesthésique a sa manière particulière de s'interposer entre les molécules. Ils sont de même nature. puis au-dessous. catalepsie. 2° Action intime ou psychique . Ils agissent d'abord sur te moi. Il y a donc disparition de la conscience avant l'action complète et prolongée des anesthésiques.16 J'abrégerai ou je retrancherai tout ce qui ne sera pas nécessaire à l'édification de l'Académie. les facultés intellectuelles les . l'intelligence reparaît et continue la série de ses manifestations interrompues par l'anesthésique. V. Au réveil. et la perte de la sensibilité est accompagnée de la perte des mouvements volontaires. alors que le sentiment du moi n'est pas encore annihilé. tions nécessaires à l'existence. les écarte. Les individus anesthésiés peuvent mourir par syncope ou par asphyxie. aux fonc- VI. L'anesthésique s'interpose entre les pôles des molécules. pour ainsi dire. Il y a arrêt sur place. Le chloroforme. C'est ce qui explique leurs effets si différents. Un mouvement commencé est ainsi enrayé. Si la mort arrive plus tard on pourra presque toujours accuser l'asphyxie. Il y a en outre un autre mode d'action sur les cellules ou fibres cérébrales. I. ou dans le cours de celle-ci. leur action porte sur les instincts. Puis. Au-dessus de tout. 3° Prédominance des actions réflexes .

annihilés d'emblée. Quant à leur caractère. moi. puis modifiée.17 Les cas de conservation complète de l'intelligence. Ces rêves se développent sous l'influence des mêmes causes qui font naître les songes du sommeil ordinaire. foudroyante des facultés psychiques. à savoir. réveil. mais qui est dans le corps du mémoire. et dès lors les facultés cérébrales qui paraissaient n'attendre que ce moment. puis forcément son attention faiblit. les individus sont disposés aux rêves encéphaliques . Les malades oublient complètement qu'ils ont été anesthésiés ou interprètent mal les sensations qu'ils ont éprouvées. fréquents avec retirer. L'intelligence peut revenir au milieu d'une opération et alors que la sensitivité est abolie. Intelligence pervertie. — L'action de l'anesthésique se fait promptement sentir . S'ils sor^e^nEuv^iv^nesthésiés. Intelligence. X. elles ne se douteront pas de tous les événements qui auront pu se passer pendant leur nouveau sommeil. *''^\ f^^^l ils ont tout oublié au . Le chloroforme agit souvent ainsi. rares avec le chloroforme. IX. (J'ajoute entre parenthèses. VIII. ils sont en rapport avec les habitudes. L'individu résiste d'abord. thésique est bien administré. Ils sont d'après leur mode de production. Avec le chloroforme que nous prenons toujours comme type des anesthésiques puissants. sensoriaux. Les individus peuvent XL rester dans cet état assez longtemps. du moi sont impossibles quand l'anes- a une tiès-grande influence (pour retarder l'anesthésie du moi) surtout avec les anesthésiques dont l'action sur le cerveau exige un certain temps pour se manifester. et la transition entre ces deux sommeils peut être assez insensible et assez douce pour ne pas leur faire comprendre ce changement. La plupart des cas rentrent dans cette catégorie. le jugement s'en vont ainsi les uns après les autres. La mémoire persiste la dernière. certains sentiments ou certaines passions des individus aneslhésiés. Les dernières impressions ressenties par le malade au moment de l'annihilation de la conscience. On peut anesthésier des personnes endormies. Ces cas sont fréquents chez les enfants. — Il y a annihilation immédiate. ces cas sont L'attention impossibles. Intelligence conservée. extracrâniens ou encéphaliques. les travaux. La notion du temps. chez les personnes qui résistent peu ou qui absorbent avec facilité l'anesthésique qu'on leur donne. influent sur le caractère du rêve. On peut voir au réveil la continuation d'un rêve commencé pendant l'anesthésie. Au réveil du sommeil anesthésique. ils sont souvent bavards ou turbulents. Le premier sommeil est surtout accompagné de rêves. C'est le phénomène dit ini&Urgeoce de retour. s'égrènent et disparaissent : l'association des idées. l'idée de durée n'existent plus. Au réveil. les facultés psychiques se présentent dans un ordre inverse à leur disparition. puis annihilée. la comparaison. que cette persistance de la mémoire lient à ce qu'elle est la plus instinctive de nos facultés intellectuelles). les professions. la raison de ce fait qui n'est pas dans les conclusions.

Us agissent ensuite sur la sensitivilé. L'usage trop fréquent. les mouvements dils réflexes apparaissent dans toute leur force et dans toute leur variété. Tous les points de la peau ne sont pas aneslhésiés en môme temps. il suffît de les appeler très-haul par leur nom pour les faire sortir aussitôt de leur torpeur. XIII. Cet embarras dans le mécanisme cérébral peut durer assez longtemps. un sommeil naturel succède sans transition à l'anesthésie. organique et inconsciente des tissus attaqués. puis une distinction nouvelle de la de ces quelques conclusions doctrinales et des opi- . Messieurs. essentielle assez longtemps el la Des attouchements directs sur les organes génitaux ou des manoeuvres externes dans leur voisinage peuvent provoquer l'érection alors que l'anesthésie n'est pas complète. une subordination des centres nerveux ques.18 Parfois. La sensibilité supérieure revient ordinairement la première. signes extérieurs de la douleur. Quand les individus sont longs à se réveiller. D'après elle. Us l'excitent. Quand les plus hautes fonctions des centres nerveux sont abolies. les conclusions et quatrième troisième donnent une explication du mode d'action des anesthésiautres. surtout quand celle-ci est produite par le chloroforme. il sait si l'anesthésie est légère ou profonde. ont souffert réellement. Les cris. Ils n'ont pas oublié leur douleur comme on l'a dit. sensibilité. Cela tient aux divers degrés normaux de la sensilivité de ces parties. caractérisés comme réflexes. Ils tiennent à une anesthésie trop faible ou mal dirigée. moins fragile et comme inhérente aux tissus. Parfois que nous donne le mé- Vous avez dû remarquer de ces propositions pourtant. Il n'y a pas eu douleur. Tels sont. les plaintes. Les sujets aneslhésiés qui paraissent souffrir pendant les opérations. les matériaux positifs ou cliniques la sensilivité ensuite. rémoussent ou la faussent. que quelques-unes sommaires supposent des opinions ou des théories antérieures : Ainsi. La sensitivité indiquée par le globe de l'oeil est le meilleur guide pour le chirurgien. sensibilité psychique) n'est plus possible. plusieurs hiérarchique et une localisation sensibilité. Les anesthésiques portent d'abord leur action sur la. mais douleur résultante. moire n° 1. et qui déclarent ensuite n'avoir rien senti. La volonté est vite supprimée par les anesthésiques. résiste davantage. les individus aneslhésiés paraissent au réveil être dans le cas des aphasiques. les XII. Les tissus érectiles du corps conservent leur propriété reprennent très-vite. Le jugement et la mémoire n'existaient pas. correspondante etc. celle-ci. se produisent rarement dans l'anesthésie. car le phénomène qui doit la constituer (moi. C'est de leurs l'examen facultés. l'abus des anesthésiques peuvent conduire à la perte des facultés mentales ou à un abrutissement comparable à celui des fumeurs d'opium. élaboration intellectuelle.

ces fibres reprendront naturellement le mouvement qu'elles étaient en train de faire. Vous vous rappelez la troisième conclusion : « L'anesthésique s'interpose les pôles des molécules. catalepsie des fibres cérébrales. Il y a donc disparition de la conscience avant l'action prolongée et complète des anesthésiques. Si l'action de l'anesthésique est supprimée aussi vite qu'elle est survenue. les convictions sincères rien de exprimées gravement et en bon langage scientifique. Un mouvement commencé est ainsi enrayé. dit-il. » Le mot au entre de matérialisme a été prononcé dans votre Commission à propos de ce passage. » que dans le sens d'une pénétration et d'un contact nécessaires. c'est la véritable idée de l'auteur qui se dégage dans la conclusion suivante et qui assimile à un fait de catalepsie l'effet de l'anesthésique sur les cellules et les fibres cérébrales productrices du moi et de la volonté. Au réveil. Mais après cela même. ensuite. de votre Commission. le mérite. mais il n'est pas stable.19 nions que l'auteur: y a Comtés dans le cours de son mémoire. mais non leur cause intime et physiologique. a répondu à et à ces craintes d'un autre âge qui rappellent un peu trop l'esconservateur d'une haute assemblée avec laquelle une société officiellement scientifique. n'y aboutissent pas. il est encore une question : c'est celle de savoir si la promatérialiste. hésite à le part donné une théorie mécanique de Faction des anesthésiques et de la génération de la pensée. plus : elles ne connaissent que cela. Les Académies encouragent et couronnent la science. une Académie de médecine n'ont rien de commun sous notre régime moderne de la séparation de la science et de l'Etat. philosophiquement Le Rapporteur croire. cette interrogation prit par ses conclusions que vous connaîtrez plus tard. » Il n'y a certainement rien de mécanique et de matérialiste dans cette explication . l'auteur qui se flatte d'être spiritualiste. Tout dans ce qui suit prouve qu'il ne faut prendre ces mots : « l'anesthésique s'interpose entre D'abord. La Commission. etc. Les paroles citées plus haut et qui semblent en être un commencement. quand elles le peuvent. et l'on s'est demandé si l'Académie devait couronner ou encourager le matérialisme. Ce qui le met hors de doute. Rapporteur de votre Commission les motifs de son appréciation qui vont fournir générale. etc. les conditions physiques de l'action des anesthésiques. n'a nulle les pôles des molécules cérébrales et les écarte. nulle part. position incriminée est réellement. qui sont. les écarte. L'auteur en a été même formellement accusé. la vérité. l'intelligence reparaît et continue la série de ses manifestations interrompues par l'anesthésique. « Il y a arrêt sur place. c'est d'abord le mot « pôles » qui suppose une action dynamique et ne s'emploie jamais au sens mécanique. le talent. en effet.

il n'a qu'à changer de sujet . inachevé pendant quelques minutes. et s'en complète à elle même la et de ce qui s'est passé pendant sa sans conscience de l'interruption signification et permettez-moi durée. en effet. On est matérialiste à ses yeux. — querait son grand rôle. principe de toutes ses actions et de tous ses mouvements. que il n'est pas besoin de reconnaître à côté ou au-dessus du pour être spiritualiste. Pourtant. parvenait à lui prouver. Une pensée. quand on aura démontré cela au spiritualisme ancien . un mouvement foudroyés. syllabe aux deux premières. n'est autre chose que le germe. puis. son intervention plus nécessaire aujourd'hui que jamais. distinct du corps à ses yeux. ou non provoquée. d'ajouter aussitôt de le dire avec Leibnitz. quand on lui aura fait voir qu'à l'état purement abstrait. qu'il prend pour terme de comparaison. renoue la dernière avec ce grand philosophe d'homme. corps humain une archée. puis repris et continués au point même où ils avaient été suspendus. à la plénitude de son être qui est de se connaître lui-même et d'être un miroir vivant de l'univers. et que maintenant. d'un état morbide spontané du cerveau. à cause de la multitude de faits nouveaux et de théories partielles qu'enfantent — si l'on chaque jour les sciences physico-chimiques. et que c'est lui qui depuis la concepqu'il est substantiellement tion jusqu'à la mort. un fait de mécanique cérébrale. qui n'a pas besoin qu'une âme vienne s'ajouter à lui pour l'animer parce animé lui-même. la catalepsie. avec lequel il a. quand on croit que le cerveau est l'organe du sens intime. il n'a eu qu'une mission provisoire quelque glorieuse et féconde qu'elle ait été. sans recherche et sans travail. du moi. par l'anesthésique. remplit la fonction de l'âme formatrice et conservatrice de Stahl en vertu de la propriété qu'il possède essentiellement de s'assimiler les matériaux et d'arriver par cette assimilation appropriés qui l'entourent. le centre nerveux générateur des idées et des déterminations Il se croirait vaincu et il abdivolontaires. sans renoncer à sa ligne générale et à ses grands principes. cela peut très-bien s'appeler un fait de catalepsie artificielle. mais c'est justement ce qui contrarie le spiritualisme abstrait. des analogies intéressantes. pourquoi le supposerait-il ce qu'il davantage pour expliquer L'auteur appelle la catalepsie des fibres cérébrales par un anesthésique? Nous restons donc ici dans la pure observation. si on lui prouvait que ce principe. de la pensée. spiritualiste.20 fort légitime. ou cette génération continue. sans se retirer. qu'elle rapproche assez justement le phénomène anesthésique. un mot de trois syllabes coupé après la seconde. si je peux ainsi dire. de mécanique divine et non faite de main ne suppose sans doute pas que dans la catalepsie spontanée. en ce sens. une puissance distincte de lui. il y ait compression du cerveau par un corps étranger. Il se regarderait comme exclu de l'homme et de la science. retrouvé et complété après ce laps de temps par l'émission de la troisième syllabe accompagnée du refour de la pensée qui.

de l'aveu de tous. et qui ne ressemble à aucun autre. on lui aura démontré cela. seraient attaquées et supprimées elles-mêmes si l'on exagérait l'action de l'anesthésique. les savants qui ne sont pas remorqués mais qui marchent. les forces sans matière. les idées de force et de matière sont .'que ternes. Messieurs. le cerveau. le chloroforme sont sans doute des corps . et elles ont rendu de grands services relatifs. d'inertie ou de passivité absolues.. Mais quand Leibnitz eut remplacé les atomes inertes par des monades ou des forces. et qui. Il fallait bien alors emprunter l'activité. le cerveau en est un aussi. . de divisibilité.21 pour vivifier les réalités de la médecine moderne et leur donner ce qui. leur manque en ce moment. Sans prétendre à fournir cette démonstration. travail du mémoire n» 1. De là les' pneuma. la force. et par conséquent organiques. Dès que le premier de ces corps est mis en contact avec le second au moyen de la circulation sanguine. sans la circulation. la vie dont cette matière était essentiellement dépourvue. qu'on appelle organiques. et les facultés dites psychiques ou spirituelles.. proclament l'activité essentielle de la matière ou des corps. Aujourd'hui. Il n'y a plus dans ces parties supérieures du cerveau dont le contact d'un corps ces fonctions subaltrès-volatil vient de suspendre les éminentes fonctions. il est permis d'indiquer ce qu'elle pourrait être. la science de l'homme sur sera constituée pour longtemps et n'aura qu'à s'élever indéfiniment cette base nouvelle. et que partout l'idée de force devint substantiellement inséparable de l'idée de matière ou de quantité. Il suffira pour cela au Rapporteur de votre Commission de suivre le. sans la nutrition. remarquez-le bien. car la matière est une abstraction. qui lui fussent même opposés. les archées. et de l'éclairer un peu.. ce moment fut marqué par des progrès inouis dans toutes les sciences. Il y a longtemps que je l'ai dit. à des êtres qui en fussent distincts. on se passa insensiblement des âmes et des archées. quand. s'émoussent puis disparaissent complètement pour le sujet et pour l'observateur. les âmes. Pour tous. après avoir manifesté une excitation ou une perversion plus ou moins vives. et il faut le dire. et on né l'est pas si on admet que le même organe accomplit essentiellement les fonctions subordonnées' dont je parlais plus haut. Elle n'était représentée dans l'esprit et dans la science que par l'idée d'étendue. sont rapidement modifiées. sans lesquelles les premières ne pourraient pas plus exister que la sensibilité sans la respiration. Ces conceptions étaient une nécessité des temps. on est taxé de matérialisme si l'on accorde aux parties éminentes du cerveau de présider à l'intelligence. dis-je. les corps seuls existent. de quantité. comme les secondes. L'éther. Cela ne vous indique-t-il pas assez que les premières sont vitales. on ne faisait pas autrefois assez d'honneur à la matière.. mais seulement d'un ordre plus élevé ou plus éminemment représentatif? Et cependant. les propriétés et les fonctions de l'un d'eux.

de la liberté et des vofi Lions. comme on le voit chez les animaux homogènes qui sont également sensibles et contractiles dans toutes leurs parties. ou les animaux se développant des plus inférieurs vers les plus élevés jusqu'au règne humain caractérisé par la connaissance de soi-même. forment la seconde couche . organes de la sensibilité perçue. des fonctions viscérales et des instincts? Mais sensibilité.: choses. du moi. la possession des idées générales et le langage abstrait ou la parole. Au-dessous d'elles viennent la moelle allongée et la moelle épinière qui tiennent sous leur dépendance les actions réflexes. on voit l'action des anesthésiques décompor ser cette série dans un sens inverse. mis ainsi en contact avec toutes les puissances du système nerveux. comparée. l'âme si vous voulez (pourquoi ne pas conserver ce mot qu'on ne supprimera pas plus que le mot . L'anesthésique répandu partout au moyen de la circulation. les expériences sur de la série animale. Vous avez vu que l'auteur du mémoire n° 1 nous montre le système nerveux comme ^constitué par la superposition hiérarchique de centrantes dont les hémisphères cérébraux sont la plus élevée. deux fantômes. sans se rendre bien compte pourquoi. c'est-à-dire de ses termes les plus élevés vers les plus inférieurs. puis aux expansions périphéenfin jusqu'aux éléments nerveux fondus dans la trame des tissus de tout genre. mais fortement reliées entre elles et aux hémisphères. qui sont situées à la base du cerveau. la connaissance aprofondie de l'échelle des êtres et surtout de la pathologie. Les centrantes multiples et distinctes. L'unité de l'homme. Tandis que l'étude de la série zoologique nous montre les règnes superposés. des parties supérieures et psychiques de la tête. du moi et de la volonté. d'une âme spirituelle ou raisonnable essentiellement distincte du corps. les hémisphères.22 adéquates. de substance qui peuvent servir en logique. riques. n'attaque pourtant et ne supprime d'abord que les parties les plus éminentes de ce système. Mais voyons la contribution qu'apporte à cette solution l'étude des phénomènes psyL'anatomie chologiques sous l'influence de l'anesthésie provoquée. on n'a plus que deux abstractions. de l'innervation beaucoup veulent encore. Quel est le physiologiste qui pense avoir besoin aujourd'hui d'une âme végétative pour étudier et connaître les phénomènes et les lois de la génération et de la nutrition? d'une âme sensitive pour étudier et connaître les phénomènes et les lois de la motrice. et en les séparant. les animaux ont apporté de grandes lumières pour résoudre cette suprême difficulté. pour expliquer les phénomènes et les lois de la pensée. l'étude de l'embryologie. mais qui n'ont pas de réalité dans les . L'auteur a tort de s'arrêter là : pour avoir l'homme complet il devait descendre jusqu'aux nerfs. elles sont mixtes dans leurs fonctions et président aux instincts.

Le système nerveux si la vie se maintient sera ainsi cataleptisé de haut en bas. Celles-ci et les centres nerveux qui en sont les foyers. Dès ce moment il y a anarchie dans le système-. ou l'âme. T. mais on me dira que le spiritualisme'n'aura jamais fini le sien. les actions nerveuses semblent désunies et ataxiques. nous sommes. si nous saisissons bien cette unité. Voilà l'homme analysé et synthétisé alternativement par'notre anesthésique . comme essentiellement passives. l'anesthésique va jusqu'à attaquer la sensilivité ou propriété de sentir inhérente au tissu des ramifications nerveuses. voilà résolues les difficultés insurmontables contre lesquelles a lutté le génie opiniâtre et constamment irrité de Stahl . voilà l'unité résoute dans ses parties. et les actions réflexes restent seules éveillées. j'ose le dire.est. des organes ou des instruments tout à fait passifs. elles s'égrènent comme dit: l'auteur . plus spiritualistes que si nous placions une unité abstraite. dis-je. cette individualité représentées dans les parties supérieures du cerveau ou dans la conscience. par le jeu des poumons et du coeur.. irrité. Celle-ci peut persister sans la sensibilité cérébrale. ce qui lui attirait des objections insurmontables. ils sont supprimés. et celles-ci remontant jusqu'à l'âme ou à l'unité de l'encéphale sans la Cette âme peut. n'ont plus la sûreté qui les caractérise chez les animaux très-inférieurs dans la série. comme Stahl le voulait avec raison. d'esprit ou de vie?) l'unité de l'homme. les mêmes partout et exclusivement actives. et les parties reconcentrées dans leur unité . la circulation centrale et la respiration. ignorant la hiérarchie du système nerveux et son unité chez l'homme. toutes les parties de l'organisme sont dans notre âme comme on doit l'exiger aussi. C'est aussi ma conviction. Si ces fonctions vitales ne sont pas enrayées. être partout au moyen de ses puismoindre indiscontinuité. — c'est synonyme. les instincts placés au-dessous. et de l'autre. et les parties inertes et multiples de l'autre. il était obligé de mettre l'âme ou l'unité d'un côté comme simples. quoique encore conservés. et son unité hiérarchique décomposée successivement en toutes ses parties qu'on voit renaître au réveil dans l'ordre où elles ont été abolies. et par le même moyen. La physiologie moderne nous montre l'âme ou la substance psychique se prolongeant par les nerfs jusqu'aux dernières parties de l'organisme. enfin. de l'homme éminemment Or. dès lors. indivisihlement Je n'ai pas besoin de dire que l'animisme a fait son temps.23.. atteinte puis évanouie la première. une âme simple et immatérielle d'un côté. mais pour cela . Ce qu'on appelle la simplicité de l'âme n'est que la convergence parfaite des parties très-nombreuses et admirablement hiérarchisées de notre système nerveux affectif et de notre système nerveux représentatif unis. parce que. sances subalternes. renferment dans leur série des parties qui tiennent sous leur dépendance immédiate les fonctions essentielles au maintien de la vie.

recommence Or. 11 n'y a pas d'unité de l'animal ou de l'homme. Votre âme. par exemple. nous remplaçons le le corps par l'âme et nous ne gagnons rien. et qui. non-seulement la pensée mais les instincts. Stahl a rendu un grand service au vitalisme et au spiritualisme nouveaux. Ce que le rapporteur de votre commission critique. et avec le principe désormais inadmissible de l'activité de la matière. contre le matérialisme ou le mécanicisme qui le dissolvent parce qu'ils ne peuvent s'élever au-dessus de la pluralité et des parties. et savez-vous pourquoi? Parce que non-seulement nous l'observons au sommet de l'homme. veut. comme lui. dans chacun des atomes organiques de son corps. vements mécaniques imperceptibles de slriclum et de laxum au service d'un moteur faisant égaleétranger. Si au contraire. ou bien le corps vivant y ment tout. nous sommes entrés dans les réalités. L'âme faisant tout dans l'homme. car il n'y a aucune différence entre dire. nous attribuons à l'âme. les fonctions viscérales et végétatives. et dire avec les animistes: l'âme pense. que je veuille parler légèrement de Stahl et de sa. mais dans chacun des éléments. nous n'en avons plus besoin. et à ne laisser voir. ce n'est donc pas l'animisme ce sont ces spiritualistes au xvne et au xvme siècle. se meut. il. et dans les tissus. nous la possédons . digère. et si je peux m'exprimer ainsi. veut et pense. dès lors. et dispute de mots.1k il y est essentiellement condamné l'animisme. est inutile. Là est le cachet de la véritable unité. c'est l'animisme d'aujourd'hui.ne-faut A Dieu ne plaise. digère sécrète et se nourrit. même la formation du foetus. elle n'est bonne qu'à nous livrer à l'iatro-mécanique comme Stahl l'a fait. et nous voilà esprit pur et matière inerte. L'âme ne se distingue plus du corps. pas qu'il insavec l'esprit-substance venant jouer de l'organisme comme un musicien de son trument. comme l'a fait Descartes lui-même. Dans les deux cas. Aujourd'hui en effet. qu'une machine hydraulique. Il a fortement enseigné l'unité organique. . si chaque cellule n'a pas et si chacune d'elles n'est. à un pur mécanisme. Messieurs. c'est la même chose. ne savent que l'embarrasser. comme Stahl. nous avons incarné l'unité . spiritualistes et matérialistes tout à la fois. l'animisme n'existe plus que dans l'histoire. hors du mouvement. comme matérialistes : le corps se nourrit. substance distincte du corps. tout l'organisme humain. nous livrons. sécrète. dans son âme ou dans les parties éminentes de son encéphale. L'unité organique. depuis les instincts de génération et volontaires et les mouvements phénomènes jusqu'aux supérieurs de nutrition. Si avec Descartes nous n'accordons à l'âme que de penser. dans la circudes petits moulation. se meut. de profession qui n'ont rien oublié et rien appris. je vous laisse donc le choix. doctrine. et son système a contribué à en maintenir le principe jusqu'au jour où les figures pouvant s'évanouir. mais nous devons être pleins de reconnaissance envers ceux qui ont combattu pour elle ou pour l'esprit des choses. ceux qu'on appelle corps de l'âme. pas elle-même un rudiment d'unité et d'individualité.

Si les derniers éléments d'un animal ne sont pas doués de sensibilité ou d'irritabilité. on peut soustraire à la sensibilité centralisée ou au moi. tant il est nécessaire que chaque partie soit dans le tout et le tout dans chaque partie. la même dans tous les points du corps. était. La connaissance de l'unité hiérarchique du système nerveux et de l'âme ou du moi. ils sont hors de l'unité. commencent à donner par des actions réflexes. Celle-ci est inséparable de la perception distincte. ont senti selon leur degré de puissance. hors de l'organisme. en cataleptisant celui-ci par le chloroforme inhalé ou généralisé. comme tout à l'heure de bas en hautMais celte unité ne doit pas être conçue comme sous le règne de l'animisme. ils ne puissent plus se remettre en communication avec le cerveau et ne soient plus irritables. tant l'unité est nécessaire. Ils continueront à être représentés éminemment dans le cerveau comme la jambe coupée dont l'amputé sent encore l'extrémité longtemps après qu'il l'a perdue. mais Tin- . ne suppose pas la perception cérébrale ou la participation de la mémoire cérébrale et du moi. et de haut en bas. ils n'existeront plus en eux-mêmes. elle suppose des parties diverses hiérarchisées . Telle est la vraie solution de la difficulté qui divise en ce moment l'Allemagne et la France dans la personne de deux anatomistes éminents. et comme de véritables corps étrangers. d'un premier degré de connaissance de la chose sentie et de son rapport avec nous. mais si au lieu de ne les avoir insensibilisés que momentanément. Réciproquement. et une fois réveillés. si je peux ainsi dire. permettent de comprendre cette anarchie ou cette dissociation des puissances animiques. un certain groupe d'éléments organiques et les lui rendre un instant après. en somme. Dans ces cas. certaines parties ont souffert. son centre suprême et son pouvoir exécutif. représentée dans le centre suprême ou le sensorium commune de cet animal ou de cet homme. c'est-à-dire. c'est-à-dire. et qui est distincte de la sensibilité cérébrale. un ensemble d'organes ou de fonctionnaires de plus en plus centralisés. L'anesthésie provoquée peut servir à démontrer toutes ces affirmations. on continue l'action de l'anesthésique. substance simple et indivisible. que mon auteur appelle sensilivité ou propriété simple de sentir inhérente à chaque partie du système nerveux centripète. au contraire. où elle n'était. où l'âme. C'est ce qui fait. que quelques sujets anesthésiés et soumis à une opération chirurgicale.25. toutes les manifestations de la plus vive douleur. qu'un être de raison. c'est un organisme. subalterne. mais ils seront des corps étrangers. et qu'après sa cessation. Il en résulte qu'il y aune sensibilité élémentaire. déclarent qu'ils n'ont pas souffert. et comme telle. c'est qu'ils sont morts. on peut. soustraire les parties au tout ou au centre suprême. Notre unité à nous est réelle. Par une anesthésie locale. au moyen de l'anesthésie provoquée. une manière abstraite de concevoir les choses. La sensilivité. bientôt éliminés. par conséquent. On a ainsi la preuve de l'unité par un procédé inverse.

à aucune puissance. transforment pas d'elles-mêmes en idées. Je crois qu'en cela mon auteur a raison contre ceux qui professent que le une fois. il vient nous dire avecMoleschott. Or. combien l'unité organisée est différente de l'unité abstraite fictif et provisoire que professait l'ancienne physioet ontologique du spiritualisme logie. Il nous a des anesthésiques sur l'enprouvé tout à l'heure par l'observation de l'influence des diverses puissances de la sensibilité. conçoive l'idée à leur occasion. ce qui n'est pas la même chose. il est impossible qu'il ment de l'individu. n'est pas plus le produit des sens. beaucoup de côtés afférents à cette grande et vraie philosophie-. Je le répète donc. et réagi par les centres qui étaient à leur disposition. Il l'est moins qu'il ne le croit. aux agents immédiats semble hiérarchique primer la sensibilité vant la sensitivilé de la sensation. un total de sensations? Ce serait une grave erreur. Il fait aussi beaucoup de spiritualisme sans le savoir. je l'ai déjà fait voir. c'est une chose indéterminée. notre auteur a des contradictions regrettables. mais non dans ses hémisphères. et on pourrait lui trouver. L'auteur du mémoire n° 1 est-il donc matérialiste? Quand il veut se donner des airs de matérialiste ou plutôt de sensualiste. il n'a pas personnellement mutilation souffrance. Cette chose. tout en conserinhérente à chaque nerf. ces pour elles-mêmes. Encore ses nerfs. par conséquent. Voyez. un mot qui attend une chose. il faut un centre supérieur qui les transforme. mais on pourrait lui reprocher quelques taches de celte malheureuse philosophie. » supposerait-il donc que le cerveau n'est que le total de tous les nerfs. excité par elles. La douleur n'ayant pas été centralisée dans les parties éminentes de son cerveau. c'est-à-dire la conscience ou le moi. il n'y a pas assisté. insaisissable. Réciproquement. qu'on pouvait supcentrale. Or. . puisque ceux-ci étaient aneslhésiés et que perçu sa les premiers ne l'étaient pas. dont sont essentiellement doués les organes céréqui est l'esprit ou l'intelligence braux supérieurs. se souvienne d'une chose qu'il n'a pas perçue. où siège le sentide la personnalité ou de l'unité humaine. on peut anesthésier ceux-ci en laissant subsister ou le moi. ont senti par elles-mêmes. moi et de la mémoire foyers nerveux ou ces âmes subalternes ne sont pas ceux du cérébrale. ou plutôt qui. Eh bien! après cela. Mais les parties qui ont souffert la dividu et qui n'étaient pas atteintes par l'anesthésique. je viens de la montrer. et combien notre unité est plus réelle que la sienne et plus vivante! Une unité sans parties. Lorsque l'intelligence. que ses fonctions propres ne sont le produit des sensations. dans son moi ou son âme. il supposait sans L'auteur car les sensations ne se doute au-dessus des sens une puissance transformatrice. il a senti dans sujet n'a senti à aucun degré.26 n'a pas assisté à sa souffrance. que l'intelligence « l'homme pensant est le produit de ses sens. ce centre. Condillac disait que les idées sont des sensations transformées. et le moi. encore une fois.

Là se trouve. Nihil est in inlelleclu quod priés non fnerit in sensu. et non dans l'affirmation ou la négation d'un être distinct de la substance psychique de l'encéphale. elles leur sont innées. être habile. etc. mais jamais profond. jamais législateur des sciences. elles ne sont pas plus leur total ou leur produit. et j'aurai achevé de caractériser forte raison le spiritualisme. les nerfs et les sens. en effet. sous le nom de philosophie première ou de métaphysique et de mathématique. et d'en faire. sans les mathématiques on ne va pas au fond de la métaphysique . de qualité. d'unité et de nombre. de désordre. sans les mathématiques et la métaphysique on ne va au fond de rien. le spiritualisme est là. Il y a des sens . il a le mérite d'avoir assez bien compris. c'est de là qu'ils descendent fortifiés pour aborder toutes les sciences physiques et morales dans lesquelles. et qui paraissent procéder des hémisphères. répètent Locke et Condillac. appartiennent essentiellement à ceux-ci.. l'idée de substance. la gymnastique puissante des esprits. Quoi qu'il en soit. les leur ôter. etc. elles les comprennent donc et les représentent dans un ordre d'activité supérieure. d'espace et de temps. nisi intellcclus ipse. par l'influence de l'anesthésie sur les phénomènes psychologiques . on peut. c'est anéantir le cerveau supérieur aussi bien qu'on anéantirait un nerf en lui ôtant la sensitivité ou la motricité. Elles en sont le centre éminemment représentatif. dans la question spéciale qu'il avait à traiter. C'est par là qu'ils remontent à l'unité universelle. humain est d'abstraire de le séparer complètement du sensualisme. l'unité hiérarchique du système sentant et pensant. du matérialisme. puis l'essentialité et l'innéité des idées générales ou des concepts immédiats qui ont leur organe au faîte de l'encéphale humain. Voilà ce qu'il faut entendre pour être spiritualiste : c'est l'essentialité ou l'innéité des propriétés sensitives dans. selon cette forte pensée de mon maître Bordas : « Sans la métaphysique on ne va pas au fond des mathématiques . il n'était pas obligé d'aller jusque-là. dit mon auteur après Aristote. et. principe de tous les êtres. c'est incontestable. d'ordre. de rapport. Ces régions sont supérieures aux sens comme les idées aux sensations. on ne le lui demandait pas. qu'un général n'est le produit de ses soldats. puisqu'il a . ces idées générales sans lesquelles aucune idée particulière n'est possible.27 Lès idées générales des choses. et qui ne sont ni un total ni un produit des premiers. à plus si j'ajoute. que la plus haute opération de l'esprit les idées générales ou les lois de la pensée. c'est vrai. observateur sagace. la science même de la raison.. » L'auteur du Mémoire n° 1 n'a peut-être pas embrassé tout ce domaine du vitalisme et du spiritualisme organiques . et surtout d'avoir bien montré. d'un et de plusieurs. Encore une fois. mais cela importe peu . la règle des intelligences et des volontés. sans cela. mais il y a un sens des sens qui a des propriétés innées supérieures à l'infini à celles des sens proprement dits. répond Leibnitz. inventeur fécond.

que ces phénomènes grossiers qu'on appelle mécaniques : des petites masses ou molécules figurées de telle ou telle manière et qui produisent tous les phénomènes de la vie par des changements de position. Le sens général d'une chose. d'ordre. de divisibilité et d'inertie. Les jeunes gens étalent volontiers leurs défauts. dis-je. perdent du terrain de plus en plus. de resserrement ou de dilatation. pour parler comme Leibnitz. dans un être quelOr. on est spiritualiste. de fin. au moyen des phénomènes psycholodes giques de l'anesthésie provoquée. Mais si notre auteur n'est pas cela. sciemment ou à son insu. il aurait satisfait la Commission autant que possible.28 Ce compétisuspendu au moi toutes les fonctions subalternes du système nerveux. mais on regrette en vous des opinions plus vulgaires qui vont à abaisser l'homme et . Ce qu'il y a de certain. toutes choses qu'on ne conçoit que sous la raison d'étendue. d'un système. de sec ou d'humide. de la nature ou de c'est la vie. on trouve en lui des opinions sensualistes et étroites que j'ai déjà signalées et qui déparent son oeuvre. d'excellents arguments pour accomplir la réforme et les progrès dont elle a besoin . d'élasticité. révélant une intelligence dans l'univers ou dans les êtres qui en font partie. de forme. c'est cela que le matérialisme ne voit jamais. conque. Les restrictions qu'elle a exprimées semblent dire à cet auteur : Vous méritez qu'on reconnaisse la science et le talent avec lesquels vous avez montré. L'unité lui sont étrangères. fatalité. hasard. de dur ou de mou. sans le savoir assez. de toutes sortes. Cela suffit au Rapporteur s'est ainsi approché du spiritualisme teur de votre Commission pour l'exonérer à ses risques et périls. de rond ou de carré. ces conceptions obscures. parce qu'en cela vous avez fait preuve de tendances physiologiques d'un ordre élevé. qui entretiennent c'est que ce sont l'animisme et lespneumalismes le chimisme et le mécanicisme grossiers où s'est réfugié le matérialisme. c'est l'esprit en toutes choses. Les idées de principe. de va et de vient. on voit l'unité ou l'esprit. Dans les corps organisés il ne voit. Nécessité. Si l'auteur du Mémoire n° 1 n'avait pas ces taches et ces forfanteries de positivisme. ce mécanicisme. de la science moderne. et quand. par exemple. cette à des machines faites de main d'homme les Eh bien ! il faut l'avouer à l'honneur aveugle matérialité qui assimilent oeuvres de la nature. Inutile de dire que le travail de notre auteur et ses idées n'ont rien de commun avec ces théories iatro-mathématiques qu'on rencontre encore trop souvent en physiologie et en pathologie comme moyens d'explication des fonctions et des symptômes. d'unité. est toujours donné par son unité. l'unité dans la subordination hiérarchique parties de l'encéphale. ou les machines divines. et il faut que les gens plus mûrs leur découvrent leurs qualités. et que vous avez fourni à la doctrine de l'unité de l'homme. sont ses lois. d'une création l'art. de l'accusation de matérialisme.

des voix qui croient parler de haut. ce vieux vitalisme s'en va. et qui lui a valu peut-être le périlleux honneur de porter ces graves questions devant vous. il se consommera en physiologie humaine par le SPIRITUALISME ORGANIQUE. un moment difficile à passer. ni d'avoir profité de l'occasion très-légitime sur sur ces accusations de matérialisme. qu'on agite sur nos têtes sans savoir ce qu'on dit.Il ne vous demande pas pardon de l'étendue avec laquelle il s'est permis de les et presque inévitable qui lui traiter. était offerte de s'expliquer publiquement ces oppositions d'un spiritualisme plus nominal que réel. qu'elles rétrécis- La Commission espère. et avec lesquelles pourtant. sur l'embryologie. Messieurs. le fondé sur l'idée de passivité de la matière et sur la nécessité d'une force distincte pour vivifier les organes. Quand ce vitalisme moderne sera bien assis. En agissant ainsi. auquel elles enlèvent de l'élévation et de la force. et ce sera leur gloire. destiné à réconcilier deux doctrines qui. . voudraient désennoblir notre science et notre profession. Le vieux vitalisme. elle a été inspirée par un sentiment que son Rapporteur partage à beaucoup d'égards. Nous avons sous ce rapport. et il est de plus en plus solidement remplacé par le VITALISME ORGANIQUEfondé sur l'anatomie d'évo- vitalisme sur la vie propre des organes et des éléments organiques lution. un jour. à l'infini. sur le terrain de l'anatomie et de la science nouvelles. son terme suprême et son couronnement. comme la science.29 avec la meilleure partie de votre travail qui sont en contradiction sent. que vous approuverez cette appréciation générale. sont moins irréconciliables qu'on ne pense. d'avoir été à la tête de ce mouvement et de ce progrès. Ce spiritualisme organisé ralliera alors tous les médecins.

.

par conséquent. Elle peut même faire des hypothèses plus ou moins vraisemblables sur les migrations de nos personnes de la terre au ciel pour s'approcher de l'esprit universel. La philosophie peut aller jusqu'à enseigner qu'après sa mort l'homme retourne au principe de son être. et je les prie de vouloir bien me dire physiologiquement et devant la science. qu'une affaire d'orthodoxie. La physiologie humaine. la religion commence. est encore incapable d'aller jusque-là. et qu'au fond. n'entre que pour très-peu de chose dans la querelle qu'on me fait. La foi de mes critiques en l'immortalité de l'âme est bien faible. à l'insu même de ceux qui s'en préoccupent le plus. dans la doctrine du spiritualisme vivant que je professe. J'espère qu'ils n'iront pas frapper à la porte de la théologie pour le savoir. l'âme organisée et vivante que je substitue à l'âme abstraite des faux spiritualistes ou des animistes. et adieu la science et la liberté. mais elle se refermerait aussitôt sur nous. que dans la doctrine ontologique des animistes où tout est abstrait et où. considéré ici comme l'ensemble des mondes qui peuplent l'espace infini. dont le sort est de plus en plus étroitement lié à celui de la philosophie.COMMENTAIRES I On a bien voulu s'inquiéter de ce que devient après la mort. . elle ne soit. tout est mort dès cette vie. ce que l'homme devient après la mort dans leur propre doctrine. s'ils ont besoin que la science leur donne la théorie de ce dogme. Le Ciel est de plus en plus. La tradition et l'éducation ont tellement naturalisé chez nous les croyances. dans le Rapport à l'Académie qu'on vient de lire. La foi s'assied sur un tomJ'ai donc bien peur que la science beau avec l'espérance et le désir de l'immortalité. Je les trouve . On ne demanderait pas mieux que de nous l'ouvrir. Mais là où la philosophie finit. selon leur degré de spiritualité. que nous en sommes venus à nous regarder comme confidents de Dieu et infaillibles sur ces choses. Or. je défie qu'on me prouve que l'homme ne peut pas aussi bien retourner au principe de son être ou à Dieu. . Je me borne à renvoyer la question aux animistes qui me l'adressent. Elle commence à la conception et finit à la mort.

La médecine où languissent ces questions. d'un côté. l'y portent donc tout imprégné de physique. Je crois rendre un service à la science en donnant quelques explications à ces personnes qui ont le bon esprit de rester dans la science naturelle de l'homme et la philosophie. On évite ces deux erreurs en considérant la substance union de la force et de la matière qu'il n'est comme constituée par l'indivisible On détruit ainsi du même coup l'animisme permis d'abstraire qu'ontologiquement. et chez lesquelles cette grande et salutaire aspiration de tous les systèmes. plane comme un sentiment au-dessus II D'autres personnes moins curieuses que celles auxquelles je viens de répondre. des matérialistes qui ne voient dans les choses que delà quantité et du nombre. le plus °rand philosophe spiritualiste des temps modernes avec Descaries. beaucoup de savants matérialistes? Je ne le nie pas . Quand on sépare la matière de la vie et qu'on les considère comme deux principes distincts. et m'ont prié de le leur faire mieux voir. la matière abstraite. par conséquent d'atomisme. Ceux qui essayent de le faire pénétrer dans la physiologie et la médecine. d'une autre vie. on obtient le vitalisme et le spiritualisme. plus positives et plus prasouffre de l'indifférence tiques qu'on ne le croit. a fait son entrée dans les sciences par la physique et la chimie et n'en est pas encore bien sorti. Le principe de l'activité de la matière introduit dans la métaphysique par Leibnitz. des animistes qui ne voient dans les choses que des âmes ou des unités vagues et insaisissables. éléments auxquels se réduit. que les savants modernes travaillent sous l'inspiration du principe de l'activité essentielle de la matière. de nos jours. mais il est facile d'expliquer cette contradiction plus apparente que réelle.32 sans respect pour un mystère sublime. objectera-t-on. Je connais beaucoup de personnes qui professent le spiritualisme organique. éléments auxquels se réduit la vie quand on l'a abstraite de l'étendue et du nombre. de mathéma- . . se sont contentées de me dire qu'elles ne voyaient pas bien ce qui me sépare du matérialisme. Pouvez-vous nier cependant qu'il n'y ait. IV Vous avez dit. de chimie. . on crée. ni L'animisme et le matérialisme s'engendrent réciproquement. car ils le font descendre de ses hauteurs religieuses dans les controverses et les vicissitudes de la science. tance. en effet. et si on applique à l'homme et à Dieu cette notion de la subset le matérialisme. et de l'autre côté.

jaune et malléable . de mécanicisme. — selon la notion artificielle que l'animisme est forcé d'en donner. I'ANIMAIT et en faisait un ANIMAL. comme l'or est essentiellement pesant. V C'est la physiologie qui doit retirer les plus grands fruits de ce principe générateur des sciences modernes. qui donne au vitalisme organique une base si positive. c'est que la biologie générale ait complètement rompu avec l'animisme. c'est qu'on s'en rende un compte philosophique . ce que je nie. on a beau savoir maintenant qu'un animal n'est pas. je le nie. même en physiologie. —un minéral animé. Je ne conteste donc pas que l'idée des corps essentiellement actifs ne soit l'instinct des chercheurs féconds de notre époque. encore une fois. Je le sais. Cependant. et en sont comme inspirés. qu'on nomme sendes êtres ANIMÉSOU des ANIMAUX. objectera-t-on encore. les travaux de beaucoup de physiologistes modernes respirent le principe de l'activité de la matière.semblait et qui est le caractère distinclif impliquer nécessairement pour les anciens philosophes. ou un corps inorganique élevé à l'état organique par l'addition d'une âme . par elle qu'il s'est le plus propagé . pour elle qu'il a été inventé. l'observation de l'échelle des êtres et de l'apparition de la vie sur le globe a beau démontrer que. professe scientifiquement ce principe de la physiologie et de la pathologie modernes. et que ces travaux seront lettre morte tant qu'elle n'en connaîtra pas la raison philosophique. en effet.33 tique. chez nous. l'imagination qui a enfanté et qui conpuissance de l'imagination. Ce que je nie. en ressent le moins l'influence. on ne se défait pas promptement d'un préjugé séculaire protégé par la C'est. l'animal est. 11ne faut pas s'en étonner. Cela. jusqu'à présent. substantiellement o . et dans les circonstances où il est sorti par jets successifs et disséminés du sein des forces cosmiques. mais je crois être le seul qui. Cette existence double et comme repliée sur elle-même. car c'est dans la physiologie que l'animisme s'est le plus enraciné. le seul qui cherche à l'introduire depuis longtemps dans la médecine. et je n'en voudrais pour preuve que l'oeuvre forte de Virchow. et de tous ces éléments des choses ou de toutes ces idées de quantité et de nombre que ne dépasse pas le matérialisme. une AME qui. naturellement. et qu'elle soit fondée sur le principe de l'activité essentielle des corps avec une conscience nette de ce principe et de ses conséquences. vivant et animé. venant s'ajouter à une portion de matière inorganique. à tous les degrés de l'échelle. à la place qu'il occupe sibilité. Or. et c'est elle pourtant qui. Je ne prétends pas connaître tout ce qui a été dit ou écrit sur ce sujet. serve l'animisme en dépit de la science et de la raison. parce que la médecine ne possède réellement pas l'unité et l'esprit des travaux qu'elle accomplit.

dont j'ai exposé tant de fois les principes. parce qu'on les conçoit isolément par abstraction. ou de la phie opposée. le vitalisme est là. L'ancienne science a pourtant vécu du principe de leur existence et de leur distinction réelles. si je peux ainsi dire. dans les corps. sans une quantité et des parties. que considérer l'une plus expressément que l'autre. l'animisme est encore. est une fusion du vitalisme la fusion de deux erreurs. nous parvenons à scruter plus particulièrement vie ou l'idée d'étendue. il est certain que le principe de l'activité essentielle de la matière est entré dans la physiologie par le bas. VII La force et la matière sont aussi inséparables et aussi substantiellement nécessaires l'une à l'autre dans les choses extérieures que dans notre esprit. et qu'aujourd'hui n'existe plus que dans VIII Cependant. celle de l'identité vie et de la quantité.34 VI On trouve en soi séparément l'idée de force ou de vie. le fond de la pensée de tous ceux qui résistent au mouvement de la science et professent le vitalisme. D'après eux. le cachet d'une philososubstantielle de la force et de la matière. mais nous n'arrivons pas à nous représenter la vie ou la force sans une détermination et par conséquent quelconque. elles existent séparément aussi comme deux substances ou deux êtres possédant chacun ce qu'il faut pour exister réellement et par eux-mêmes. c'est-à-dire. Pourtant. nous ne faisons jamais par cette opération. on croit que. nous nous apercevons sans peine que. Les plus intelligents supposent que le vitalisme d'activité distinct organique. avec quelques variantes. et l'idée de quantité ou de nombre . Montpellier avec l'organicisme de Paris. ne peuvent pas comprendre que je le sois autrement que selon Stahl ou Earthez. Elle en porte partout l'empreinte. et. ou par les . qu'on ne croit pas un autre vitalisme possible. sans qu'il nous soit possible de dégager l'idée de force et de vie de tout élément de quantité et de nombre. On ne peut les séparer que par abstraction. l'idée de Par cet effort de l'esprit. l'histoire. et que les médecins qui me savent vitaliste. au contraire. ou il n'est pas. quelle que soit la facilité avec laquelle nous les abstrayons. de IX Quoi qu'il en soit. Ce mot de vitalisme représente si bien la doctrine du corps passif mû par un principe et capable de survivre à ce corps. si nous étudions bien ces idées en nous. Les conquêtes de la science moderne portent toutes. Voilà pourquoi j'ai dit que l'animisme il n'inspire plus personne.

chargé d'envoyer de l'esprit à ces masses inanimées. que la doctrine de l'unité de l'homme gagne du terrain. Puisqu'il pourquoi voudrait-on maintenir dans la science une âme distincte du corps dans le but d'expliquer les facultés intellectuelles et morales qui ne sont que la plus haute expression et le couronnement de la vie chez l'homme? Pourquoi surtout. quand l'animisme lui-même. tenir à cette entité suprême. des faits plus vivants. ils vivent par eux-mêmes et ne sont pas des phénomènes mécaniques ou chimiques qu'on soit obligé d'animer après coup avec une force étrangère.35 faits. et il n'est peut-être pas très-éloigné. penser par lui-même. est la marque du progrès dans XII La physiologie a d'autant plus besoin de rejeter le dernier être de raison qui la domine encore. car le caractère des travaux physiologiques actuels. ou le XI est convenu aujourd'hui qu'il n'y a pas de force vitale distincte du des corps vivant. — qui a toujours eu le mérite et l'honneur de soutenir la doctrine de l'unité de la nature humaine. — proclame avec raison. pourvu distincte du corps réduit par elle à qu'on n'en fasse pas une force substantiellement l'état de machine? La suppression des êtres déraison les sciences. jugeant avec raison l'assemblage d'appareils mécanico-chimiques qu'il appelle l'organisme. t. par l'histologie et par la méthode expérimentale . et qu'il n'y règne pas philosophiquement quement. plus appropriés à une construction véritablement vitaliste que les faits de la vieille physique et de l'ancienne anatomie. qu'il ne vivifie pas ou scientifiencore de haut la physiologie. Piorry qui. incapable de vivre. I. que le principe de la pensée et celui de la vie ne sont pas deux en nous. donnent X Mes adversaires sont condamnés à cette définition de l'homme donnée par l'animiste Sauvages : « Homo est aggregalum ex anima vivente et molabili atque machina » (Nosologie méth. et que la vie n'est qu'une abstraction tirée de l'observation organes en fonction et de l'unité qu'ils constituent par leur consensus hiérarchique. que de plus. 35) ou à cette noble conception hydraulicâ simulunitis. p. de sentir et de place en dehors et au-dessus d'eux.. mais une seule et même puissance qu'on nomme et que j'admets qu'on nomme une âme. et que si . Toutefois ce moment viendra. il y est entré avec la physique et la chimie qui l'avaient adopté les premières. l'âme immortelle psychatome. M. Pris dans l'organisme. Les matériaux que nous aujourd'hui l'histologie et la physiologie expérimentale sont des matériaux naturellement animés. du dernier des animistes. est de fournir à la science qui se forme.

puis des corps animés plus ou moins spiritualisés. spirituel XIV Leibnitz accordait un corps à ses monades les plus spirituelles. et où notre être semble se dépouiller de ce qu'il a de commun avec les animaux. etc. le corps parfait? Avons-nous donc besoin d'un être audessus de l'encéphale pour expliquer ces degrés ou ces puissances d'un même organisme? Que possédera-t-il. pour les donner à l'âme. Ne démontre-t-elle pas dans chaque cellule un petit organisme. les idées. Bordeu. ne nous représenteraient-ils pas le corpusspiritale qui est. enfin. il les déclarait inconcevables sans cela. l'homme cesse-t-il donc d'être corporel ? Eh bien. de son unité XIII La signification du mot matérialisme se modifiera donc de plus en plus et se restreindra. temps au matérialisme qui en est le coefficient. atteignent le summum de la spiritualité. La maladie. extase. Virchow en donnant le dernier coup à l'animisme. Haller.) qui permettent cette spiritualisation plus éminente de notre nature. l'anatomie des éléments est. qu'ils soient déplus en plus ordinaires. qui pourrait affirmer que ce règne supérieur a achevé et qu'il ne se spiritualisera pas indéfiniment ? son évolution et son perfectionnement. comme le pensait le chef des animistes . quand on lui aura ôté. Or. ce système. incompatibles avec l'âme unique du haut des animistes ou avec le psychatomc chargé de gouverner mécaniquement sans parties. supposons que ces états extraordinaires deviennent plus fréquents. mais brutale . La nouvelle anatomie. somnambulisme. l'ont donné en même Bichat. Elle observe des corps inorganiques cloués d'une activité intense. des molécules essentiellement inertes. incomcette doctrine est laissée à l'animisme patible avec l'animisme. suivant saint Paul. les perceptions. On ne peut plus l'appliquer à toute philosophie qui ne voit dans la nature que des corps. dès lors. jusqu'à l'homme qui est l'être un et ont la même par excellence. leur comparaison et les déterminations volontaires? Il ne lui restera plus que d'être. une petite âme par conséquent? Ce serait donc par myriades incalculables qu'il faudrait compter les monades hiérarchisées. mais où se révèlent déjà la génération et l'unité des instincts. qui repoussera toujours la nouvelle perpétue logiquement les idées mécanico-chimiques. Dans ces moments. elle voit dans le règne humain. la santé elle-même offrent des états extraordinaires et passagers du de comprendre corps (magnétisme. la vie et l'intelligence des races et des individus qui source. car la philosophie moderne ne connait pas autre chose. en effet. où la vie organique est infériorisée à son maximum. l'encéphale. anatomie et empêchera à jamais la physiologie de s'asseoir sur ses bases propres et de s'appartenir.36 qui est fier de la revendiquer. chez lequel. puis des corps vivants simples.

cela. c'est-à-dire par l'image vivante plus ou moins distincte des l'animal choses extérieures prédestinées à les satisfaire. un blas. une idée 5igillum employé par VanHelmont. au nom du spiritualisme. ce que l'intelligence est aux sens et l'intelligible au sensible. Il est donc impossible qu'elles appartiennent à deux substances essentiellement différentes. XVI La spontanéité ou l'intussusception suppose chez l'être qui en est doué. L'échelle des êtres animés n'est que la série des degrés par lesquels la vie monte de ses plus humbles manifestations jusqu'à l'esprit.37 anciens. L'animal est donc toujours plus ou moins poursuivi par le sentiment de ses besoins. sorte d'hallucination impérieuse de son qui ne disparaît pour un instant que lorsqu'elle est apaisée par l'assimilation . est une force interne. C'est l'idée sensible ou l'image subjective. n'est que le germe de la liberté. l'homme en étant pris pour le terme le plus élevé. elles s'enracinent les unes dans les autres . caractère essentiel de l'esprit. sera de prendre nos caractères généraux dans ceux de la vie elle-même. La spontanéité. Nous verrons tout à l'heure ce que l'homme a de plus. XV L'esprit est. Le plus inférieur des animaux a une idée. ne doit pas être conçue comme une empreinte ou une image passives des choses. Cette représentation innée où commence le microcosme. ainsi que pourrait le faire croire le mot de c'est une force. Si nous pouvions nous faire une idée approximative de la spontanéité d'un corps. nous toucherions à l'idée qu'on peut se faire de la vie et de l'esprit. les inférieures sont nécessaires aux supérieures. est aux instincts. le point culminant et la consommation de la vie. Le Essayons de lui rendre. caractère essentiel de la vie. c'està-dire une représentation vivante et animée de son état intérieur et du domaine des choses afférentes à ses besoins et à ses facultés. c'est-à-dire à les élever jusqu'à sa propre nature pour la développer. un germe. une représentation interne plus ou moins confuse ou plus ou moins distincte de son propre état et des choses extérieures. en effet. un instinct qui pousse à s'assimiler ces choses. Cette idée représentative de l'état actuel de son organisme et des choses extérieures nécessaires à l'entretien et à l'évolution de cet état. L'esprit proprement dit. Ces divers ordres de facultés se superposent. une masse d'albumine à travers le crible ethmoïdal distillant la pituite dans les fosses nasales ses propriétés essentielles. dans le sens radical du mot idée. Àristote. meilleur moyen pour. représentation plus ou moins confuse ou plus ou moins distincte selon la hauteur à laquelle cet être est placé sur l'échelle organique.

L'image ou l'idée essentiellement animé par leurs idées intelligibles sensible des choses y est inséparable de leur idée intelligible plus ou moins nette et plus ou moins adéquate. Le cerveau d'un animal supérieur n'est que l'ensemble de ces activités et des énergies motrices ordre d'activité prédéterminées. et se sent la plus positive et la plus haute des existences contingentes. l'organisme entier. sensorio-motrices ques de la vie à tous ses degrés. que Van Helmont appelait la lumière vitale. synonyme de l'assimiler. XVII Un être n'est vivant que quand il est capable de ces mouvements spontanés ou instinctifs qui. l'homme se distingue des choses elles-mêmes. affirme son existence distincte d'elles. et animées d'un effort instinctif pour se les assimiler. C'est clans cette région supérieure. « JE pense. Son assimilation une génération par laquelle il est élevé à la nature de l'être supérieur et devient animé lui-même pour retourner bientôt au réservoir commun. donc JE suis » : c'est à ce . en vertu d'images vivantes ou d'idées innées correspondantes à ces propriétés. c'est donc posséder des énergies sensibles innées. Le cermais encore de ses lois. nécessaires à l'assimilation Telles sont la constitution et la fonction On voit qu'elle non-seulement est vraiment ou à l'aversion essentielles des objets représentés. des phénomènes du monde extérieur ou du macrocosme. chaque cellule en sont essentiellement doués. spontanéité ou de vie. il est ou leur raison. parle. sans aucune sollicitation On appelle spontanés ces mouvements ou ces appétences de cause interne qui précèdent toute conception effective et toute génération.38 ou moins vagueobjet extérieur correspondant. Ici. et c'est ce que signifie le mot intussusception. l'intelligence. Ils naissent de lui. Leur ensemble coordonné constitue l'animal. la pensée apparaissent. prononce JE. directe de cet objet. Chaque élément organique. indéterminées interne. dans un supérieure. renferme à leur plus haute puissance ces propriétés représentatives ou ces idées encore et éminemment centralisées. MOI. de la substance nerveuse. lumière effet. qu'au moyen des idées générales des choses. qui éclaire et dirige les conceptions végétatives. en vertu de l'idée ou représentation interne vague d'un objet extérieur. toutes les propriétés du monde externe. et le tout. suscipil ab intùs. veau humain renferme plus que les images ou idées sensibles des choses. représentatif le MOI. il ne les reçoit que de là. en et psychi- XVIII Vivre. de son fonds. surfout chez l'homme dont l'encéphale est animique. Cet objet est donc représenté plus est ment à l'intérieur avant d'être perçu au dehors et assimilé. à le rechercher pour se le poussent. Les animaux renferment ainsi d'une manière éminente et représentative. spontanément représentatives des choses externes.

de cette idée suprême.39 sommet de la vie et du vitalisme que commencent. j'en conviens. alors. pour peuvent être croire. l'absolu. perçoit non-seulement les objets extérieurs. de Bonald. de l'autre. et que nous réfléchissons les lois du monde. Il leur en semble incapable par essence. accuse une ignode tout être ou de toute substance. images des corps ou de leurs propriétés sensibles. jusqu'à la conception de leurs rapports abstraits et philosophiques ou jusqu'à leurs lois : cette faculté n'apparaît que chez l'homme. notre âme immatérielle renMais. car votre âme n'en a aucun On sait que cette objection n'embarrasse nullement mes adversaires. Il doit même la gêner beaucoup. les premières les secondes dans le cerveau. ou l'idée de DIEU. par conséquent la philosophie. à M. que les idées générales ou purement intelligibles d'un côté. Pour eux. lui refusent absolument les idées générales. mais il faut vraiment avoir le sens métaphysique bien peu ouvert pour croire que le particulier et le général peuvent exister dans deux êtres différents. est donc constitutive pensons l'infini. Cette séparation réelle de ce qui n'est séparable que logiquement. et les idées particulières ou purement sensibles. car ses facultés cérébrales seraient sans rapports celles-ci. que le corps. par exemple. l'animal. dans l'âme. particulières. organe ou être corporel. répondront ferme aussi. les notions particulières et les notion s générales de toutes choses. qui le sont elles-mêmes à sa destinée. quoique à bien des degrés. Pourtant. L'existence XIX Des spiritualistes qui veulent bien accorder quelque chose au cerveau. besoin. science de la pensée. en tant que substance complète. que de notion générale sans idée Le cerveau de l'animal a ses perceptions générales proportionnées à ses particulière. mais encore leurs rapports sensibles . Eh bien. connaissance de soi et par soi de l'univers qui ne peut être bien saisi que dans l'idée de son PRINCIPE OU de son UNITÉ. être immatériel. Ils avouent. et que le cercontrairement . unis ensuite on ne sait comment . S'il n'avait que il n'existerait pas. sa fonction la plus éminente ne dépasse pas la perception des objets particuliers. l'esprit et le spiritualisme. C'est par elle que nous autres-. perceptions les ontologistes que je combats. un des leurs pourtant. qu'il les compare entre eux et se détermine suivant ses besoins et ses instincts. à quoi bon l'encéphale ? Supprimez-le. en effet. qui n'a pas les idées générales ou absolues proprement dites. entre elles ou sans unité. Il n'y a pas rance complète de la constitution plus de notion particulière sans notion générale. car c'est en vertu de ces perceptions et de la mémoire qu'il en a. 11 ne s'élève pas. lien et rapport de toutes les de l'entendement humain.

. C'est parce que je me sens une force que je comprends les forces de la nature. puis leurs abstractions qui nous permettent de les généraliser et de constituer les sciences. si je n'avais expressément affirmé que nos propriétés représentatives innées ne sont pas des empreintes physiques et un miroir passif des objets. sorte de rêve perpétuel. fête dans l'obscurité la plus profonde fait jaillir de notre cerveau foutes les couleurs du prisme. et à la raison pures qu'il ne les Si on admet que le cerveau humain est un miroir vivant des choses. sans cloute. aux corps ou aux êtres qui produisent comme moi des phénomènes. Le nerf optique et son centre cérébral sont capables de fournir spontanément. sans rapports de cause à effet. sans lois? Non. c'est en nous voyant nous-mêmes que nous voyons tout ce qui n'est pas nous. sans extérieur. de genre et d'espèce. XX Ainsi. qui sont véritablement notre âme. Cela serait. par conséquent. la sensation des couleurs primitives. mais non les objets extérieurs en particulier. etc. dans le monde tivement. telles qu'elles sont hors de lui ou objectivement? sont-elles sans relations entre elles. qui nous représentent spontanément les propriétés générales des objets extérieurs. est capable d'idées générales. Cette commotion n'est même pas nécessaire. capable de les abstraire au moyen de lui signes. XXI On objectera peut-être. — et personne ne le nie. je l'ai dit. de la parole ou du langage philosophique. considéré dans ses parties supérieures et son unité suprême. ou sans l'imUn coup reçu sur la pression de la lumière. leurs rapports et leur notion dans nos idées générales. J'applique ou je transporte cette idée et le sentiment d'effort interne qui en est inséparable. et une modification toute . que des germes ou des rudiments de sensations. Mais que sont celles-ci. en effet. par conséquent. que ces principes anéantissent l'observation et la rendent inutile. c'est en nous saisissant nous-même que nous comprenons tout : les choses extérieures dans nos représentations sensibles. je ne peux rien comprendre autrement. Je ne comprends rien. qu'ils équivalent à la suppression du monde extérieur et mènent directement à l'idéalisme. d'absolu et de relatif. idées de cause et d'effet. — ne doit-il pas se les représenter en lui ou subjecOr. nuisent plus à l'intelligence sert. à l'aide desquelles nous formons toutes les idées particulières. Nos énergies sensibles innées ne sont. capable. Eh bien alors. et je suppose en eux la même cause qu'en moi. il doit les voir avec leurs raisons d'être. sinon les idées générales des choses? Donc le cerveau humain.40 veau. comme elles sont hors de lui. puisque c'est un fait. C'était déjà l'opinion de Platon. si le cerveau les perçoit en intelligibilité.

à concevoir les idées nettes et bien déterminées de ces choses et de leurs rapports objectifs. c'est-à-dire la doctrine de l'identité fondamentale du principe de la vie et du principe de la "pensée. faite d'après la méthode physiologique. qui nous le représente et que nous voyons. et leur étude. Ces rudiments de sensations ou ces idées subjectives sont confuses. parce que nous avons aussi une représentation interne spontanée ou physiologique de l'espace. des rapports ou des raisons des choses se développe. ils acquièrent chez l'adulte. Chez le vieillard. et lui assigne un rôle nécessaire. Nous le rapportons au lieu et à la distance qu'il occupe hors de nous. Ce que nous voyons. et notre sensation visuelle. loin de diminuer l'importance doctrine l'appelle. ou la perception de l'objet éclairé. . XXII Il est donc évident de l'observation. Ces fonctions suivent donc les lois communes de l'organisme. Certains poisons agissent de la même manière. et c'est cette. Nos germes ou rudiments innés d'idées sensibles s'obscurciraient. cette que. la région des idées générales. etc. est une véritable conception. Par leur exercice et leur vivification incessante au moyen de l'observation. J'en dirai autant des sons primitifs dans le silence le plus absolu. des odeurs générales sans miasmes odorants actuels. Constamment tenue en éveil et forcée par eux à réfléchir. s'ils n'étaient pas toujours excités par les choses extérieures. si je peux ainsi dire. de la distance.. une génération dans la force du terme. et pour longtemps.coordination. de ces propriétés lumineuses vivantes excitées séminalement par l'objet. Elle agit sur le sens visuel externe et interne à la manière d'une semence sur une cellule germinative de sensation . confirme l'unité de l'homme. et de leur pénétration mutuelle résulte en nous l'image exacte de l'objet. à peine ébauchées chez l'enfant. au contraire. des saveurs sans contact des corps sapides. etc. mais nous ne le voyons réellement qu'en nous. une vigueur et une détermination croissantes. La lumière extérieure ou physique s'unit en nous à cette lumière interne ou physiologique qui nous représente spontanément la première. L'impression faite sur nos yeux par un objet n'est pas une impression comme celle d'un cachet sur la cire molle. c'est nous-même modifié par lui. une fonction définie et tout à fait vivifiante pour l'esprit. s'affermit et survit souvent à l'affaiblissement des idées sensibles. Son impression a déterminé et coordonné en nous nos propriétés lumineuses spontanément sensibles comme elles le sont en lui. . c'est l'organisation de ces éléments innés.internes sans le conspontanée du cerveau peut produire les mêmes illuminations cours de la lumière physique ou extérieure. ils s'affaiblissent et régressent. s'atrophieraient.

ou développeraient pas la chaleur vitale avec ses caractères instinctifs ne se produiraient car. plus peut-être. il faut le dire des sons. et qu'il n'est pas nécessaire de créer une nouvelle force. Sans lui. influence qui constitue l'humeur ou le caractère de chacun. c'est la même idée générale. une force distincte de la force vitale. Tout dans l'économie. plutôt. ils sont trèsment dans l'économie intimement animale unis et exercent l'un sur l'autre une influence des plus étroites. etc. s'opère par l'action d'un sens ou de l'idée préexistante confuse de la chose à assimiler. Remarquez que. qui en est la fin. je me trouverais en face de la grande question traitée par Cabanis : les rapports du physique et du moral. les échanges de la nutrition quoique le sens trophique et le sens thermogénétique soient distincts. pour expliquer les actes de l'intelligence Or. des saveurs. des odeurs. Il nous prouverait aussi qu'il existe véritablement un monde moral ou un règne humain que tous les autres au règnes supportent. même sous l'influence du froid. et qui. pas synergiquement. Cet examen me fournirait les preuves les plus péremptoires en faveur du spiritualisme organique. ils ne et nerveux. Il y en a autant que d'ordres d'actions vitales ou de fonctions. Il y a des propriétés calorifiques innées et instinctives que la chaleur externe stimule spécifiquement. sépare l'homme des primates. que ceux-ci ne le sont de l'éléphant ou du perroquet. qui est l'esprit. c'est-à-dire du germe humain arrivé au terme de son et de la volonté. si j'avais à examiner l'influence de ces sens inférieurs sur les sens supérieurs et psychiques de l'homme. du calorique. que veux-je prouver? Que la pensée est un produit de la vie à sa plus haute puissance./l2 XXIII Ce que j'ai dit de la lumière. XXIV Après tout. Maintenant. jusqu'aux fonctions les plus élémentaires. l'animisme est la doctrine de Rome. Eh bien. de l'électricité. Rome l'impose à ceux qui ont la canévolution deur de la consulter en philosophie. foutes les oxydations se produiraient vainesi le sens calorifique était aboli. et l'immobilité? J'en ai sous les yeux . qui n'a su et ne peut que protéger le mécanicisme un exemple d'hier. sous le rapport de l'intelligence moins. si ces deux expressions ne s'excluaient pas. Quelle différence trouvez-vous entre cette doctrine et la mienne. que prétend l'animisme? Que c'est l'âme qui exécute en nous tous les phénomènes intellectuels et vitaux. sinon que celle de Rome renferme l'erreur surannée de la distinction et antiscientifique substantielle de la force et de la matière. Les échanges organiques moléculaires les plus actifs. au fond. mais qui peuvent se développer sans elle ou sous d'autres influences. Je dirais que c'est la philosophie de l'orthodoxie.

Secchi de Rome sur l'Unité des forces physiques. du côté de la physique. comme tels. conception bien peu naturelle et bien peu vivante! Je suis convaincu que l'orthodoxie du P. mais les sécrétions. remarquez que M. des passages d'un varret. des forces physiques. de la circulation. si ces organes peuvent exécuter. lesquels ne sont pourtant à ses yeux « que des machines L'auteur des animaux à feu. Secchi ne risque respirent entièrement Écoutez maintenant M. rapport de la philosophie naturelle. il était indispensable d'articuler cette distinction. pas. qu'elles ne sont que des effets qui se passent dans les organes. Gavarret. 1862. il est encore très-arriéré. On trouve dans cet le plus décidé ouvrage des opinions qui accusent chez ce dernier savant l'animisme de forces supérieures « à la matière » pour expliquer et. Conséquent avec lui-même. et qu'il a démontré . » dire que les forces qui produisent les fonctions sont d'un ordre supérieur aux forces du monde physique ou inorga- a-t-il voulu seulement nique? J'ai de fortes raisons d'en douter. Francisque Bouillier. il professe également que la vie est distincte des organes vivants. et professant que l'âme est distincte du corps. il le sépare des machines aux mouvements desquelles il préside et audessus desquelles il est placé comme dans les arts. M. Le P. la force de la matière? {Du principe vital et de l'âme pensante. Secchi est pour beaucoup dans cette vieille erreur de l'animisme qui altère l'unité de son oeuvre. directeur de l'École normale et animiste. en dehors de l'âme elle-même. des sécrétions. Gade médecine. car notre savant physicien ne conçoit pas ces « machines à feu » qu'il appelle des animaux. Peut-on séparer plus substantiellement la vie des organes. page 404. si celui-ci est le semorium commune et l'organe du moi? Et on appelle cela la doctrine de l'unité! est Or. l'admission les phénomènes de la vie chez les animaux. Francisque Bouillier partisan de l'identité substantielle de la force et de la matière. car il prétend que la cause de la nutrition. Paris. Aussi. par exemple. etc. sans « un mécanicien » qui les dirige. la circulation du sang elles-mêmes n'y résident que la nutrition. car. au point de vue philosole moyen âge.) Je vous demande un peu à quoi sert l'âme dans le foie et le coeur. En effet. il me paraît dans le mouvement. comme a paru l'être M. Dans tous les cas. leurs fonctions sécrétoire et circulatoire? A quoi elle sert dans le cerveau. réside dans l'âme. a lu récemment avec éloge à l'Académie ouvrage du P. du libéralisme de la cour de Rome et de la tolérance qu'elle montre pour les doctrines de l'auteur de l'Unité phique. ces doctrines donc rien. tandis que sous le Galilée était plus avancé que cela. et ce mécanicien.43 Un des professeurs les plus justement estimés et suivis de notre école. ne saurais-je être touché.

auraient peut-être fait leur chemin si elles étaient tombées du haut de quelque chaire officielle et de la bouche d'un . dit-on. plus inexplicable et plus antiscientifique XXV une fois vaincus. et surfout stérile. que je professe depuis quinze ans. l'éclectisme.Il la compose. L'unité lui répugne : il la dédaigne comme le renard de raisins. C'est à n'y rien comprendre. Il amalgame donc les idées les la fable les plus contraires. L'animisme galénique adoplée par M. un tiers de vie ou C'est à peu près l'ancienne de vitalisme. en effet.hk ce grand principe avec beaucoup de talent. avec un tiers de mécanicisme. il faut une pierre de touche. l'éclectisme prétend qu'il n'y en a pas . un principe. car. et clans les vibrations de la membrane du tympan et de la chaîne des osselets de l'ouïe.» immatériel des Grecs. Cousin. Sa prétention est de prendre la vérité partout où il la trouve. et auxquels ne s'élève plus même aujourd'hui sa débile progéniture. XXVI Ces idées. M. elle en est le principe et le lien. et c'est par cette vanité qu'il capte la foule. Andral : Partes continentes. loin d'exclure le nombre et les parties. Cependant. parce que ces systèmes avaient au moins le mérite et la force d'être eux-mêmes et d'être uns. Scepticisme déguisé. reste. fait de pièces et de morceaux. le Secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine. Ils ont tout détruit pour vouloir et tout concilier. que. trois facteurs distincts les uns des autres dans l'idée éclectique de l'homme. pour distinguer la vérité. on coiffe l'encéphale du « -^vx. il n'en prend qu'un tiers pour constituer la nature humaine. c'est-à-dire une vérité. partes contenue et spiritus infini. au fond de l'oeil que en disant que c'est clans les images peintes physiquement nous voyons immédiatement les objets.» comme l'a fait dans son Rapport sur mon Rapport M. s'il y avait au monde un principe. suivant moi. le vitalisme se trouve en ou le faux spiritualisme L'éclectisme face d'une doctrine plus fausse encore. On croit proclamer avec lui une chose très-avancée. il devrait s'y arrêter et ne pas composer celle-ci de tout un peu. comme dans une machine à vapeur ou dans un moulin à vent. Mais. On reconnaît bien là ces avortements intellectuels qui étaient toute l'originalité philosophique du chef de l'éclectisme en France. Effrayé du matérialisme. qui après qu'avant. Ils n'ont pas senti que l'unité n'est ni la confusion. il est la forme la plus dangereuse du scepticisme. une sublime vérité de sentiment. séduit. division Avec ce système qui n'exclut rien. que nous percevons subjectivement les sons. Leur spiritualisme. n'a pas même tenu devant la phrénologie de Galt et le physiologisme brutal de Broussais. Et pourquoi toutes ces contradictions ? Pour sauver. ni l'uniformité. Use vante de n'être pas exclusif. et un tiers d'esprit ou de spiritualisme.

Si je choisis pour le faire la Presse plutôt que la Tribune académique. rien de plus rare. la physiologie expérimentale comme celui que nous offre aujourd'hui la nosographie sans pathologie générale. rien ne nous manquerait. parce que. On parle d'idée comme synonyme de force en physiologie. ces faits respirent simplement l'esprit de la médecine. c'est précisément parce que je ne pourrais m'entendre et entrer en matière avec les honorables adversaires que je me suis faits. il est nécessaire Hippocrate est appelé justement le père de la médecine. XXVII Je répéterais ces choses jusqu'à satiété. mais qu'elles receexpérimentateur. le caractère'supérieurement pratique. la biologie.Z. pourvue comme elle l'est de faits très-vivants. On se rappelle peut-être que. si on a compris le principe et les conséquences d'un tel langage. Je tiens beaucoup à dégager ma parole. Il faut qu'elle sache bien. si je savais que ce fût le seul moyen d'en donner le goût et d'en faire sentir la haute importance. et que je ne pouvais développer davantage dans cette circonstance. tout est là. Je suis convaincu que c'est ce qui manque à notre Ecole pour avoir l'esprit de la médecine et le communiquer. avant d'avoir traité deplusieurs points de pathologie et de thérapeutique générales sans l'exposition desquels je serais mal compris sur les objets spéciaux de la discussion. il y a un an. vront tôt ou tard. Il y a quelque chose dans l'air qui semble l'annoncer. et pourtant. Pour que des faits puissent servir à constituer philosophiquement une science. une manière déparier métaphorique. et il faut bien le croire alors. . Si cela n'est pas un fait isolé. Il semble que ce ne soit pas trop demander . qu'additionner faits particuliers ou qu'expliquer les phénomènes de la vie au moyen des sciences afférentes. que l'esprit de cette science soit déjà dans chacun d'eux. mais l'unité ou l'esprit d'une science sont tout autre chose que la totalisation ou la somme des faits qu'elle embrasse. rien de plus difficile! C'est pourquoi je me propose de publier prochainement quelques considérations qui ont pour titre : Qu'est-ce que la pathologie ? Qu'est-ce qu'un fait médical ? Elles seront la préface de la reprise de mes études sur les maladies chroniques et sur quelques variétés de la phthisie pulmonaire. dans le cours des débats provoqués à l'Académie par la question de l'inoculabilité et de la virulence de la tuberculose. pourrait faire tout à coup de rapides progrès et se aujourd'hui constituer scientifiquement. sans une forte mesuré sera éternellement un chantier physiologie générale. de défendre certaines parties de ma phthisiologie qu'on a j'ai promis publiquement trouvées insuffisamment démontrées. elles seront écoutées.5 Grâce à ce prestige que je. les S'il ne fallait pour l'acquérir. que. n'ai pu leur donner. Des pierres médicales pour bâtir l'édifice de la médecine. en effet. quelque incomplets que puissent paraître à la science moderne les faits sur lesquels il a fondé sa doctrine.

Je prie donc mes honorés collègues d'accepter ce changement de terrain. — Typographie FÉLIX MALTESTE el O. et l'Académie de croire. que je ne l'ai changé que pour ne pas abuser de ses moments et de son attenjielî^^s^.46 Celle-ci serait détournée à tout bout de champ de son but par ces questions préjudicielles. nie des Deux-Portes-Saint-Sauveiir. . PARIS. et elle n'en finirait pas. 22.