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Le changement de variable affine dans les intégrales

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1.Problème fondamental
Énoncé
f désigne une fonction définie et continue sur un intervalle I contenant les 2 réels a et b ; c,
d,α et β sont 4 nombres réels tels que a=cα+d et b=cβ+d .
b β
a) Dans le cas où α=β , que donnent les intégrales ∫a
f ( x)dx et ∫α f (ct + d )dt ?
b) On se place dans le cas où α et β sont distincts.
Soit l’intervalle K=[α, β] et la fonction u définie par u(t) = ct+d pour tout t de K.
1°) Quelle est la fonction dérivée de u ? Prouver que pour tout t de K, u(t)=ct+d est dans I.
2°) La fonction u est dérivable et continue sur K. Sur l’intervalle K elle prend ses valeurs
dans I (d’après la question précédente).
∗ En composant la fonction u par la fonction f continue sur I, on obtient la fonction
g=f ◦ u qui au réel t de K associe le réel f(u(t))= f(ct+d) ; g est elle-même définie et continue
sur K.
∗ Soit une primitive F de la fonction f sur l’intervalle I .
En composant la fonction u par la fonction F dérivable sur I, on obtient la fonction
G=F ◦ u qui au réel t associe le réel F(u(t))=F(ct+d); G est elle-même définie et dérivable
sur K. Calculer G’(t) en fonction de g(t).
β b
3°) Prouver que c ∫ f (ct + d ) dt = ∫ f ( x)dx .
α a
Résolution
a) Cas particulier où α=β :
∗ pour t dans [α, β], t=α et ct+d=cα+d=a et f(ct+d)=f(a) alors :
β β
∫α f (ct + d )dt = ∫α f (a) dt = 0 ( puisque α=β).
b
∗ cα+d=cβ+d soit a=b d’où : ∫ f ( x)dx =0.
a
b β
Ainsi les deux intégrales ∫ f ( x)dx et ∫ f (ct + d )dt sont nulles.
a α

b) Cas où α ≠ β
1°) u’(t)= c×1 + 0 soit u’(t)= c, pour t dans K=[α, β].

La fonction affine u est croissante ou décroissante sur K, alors :


Pour t dans K, t étant entre α et β , u(t) est entre u(α) = cα+d=a et u(β )= cβ+d=b.
[a, b] est aussi inclus dans I, alors u(t)= ct+d est dans I pour tout t de [α, β]= K .

2°) Pour tout t de K, G(t)=F(u(t)) s’accompagne (d’après la règle de la dérivée d’une fonction
composée ) de G’(t)=u’(t)F’(u(t)) où F’=f.
Soit : Pour tout t de K=[α, β], G’(t)= c.f(ct+d)=cg(t) .
β β
3°) c ∫ f (ct + d ) dt= ∫ cf (ct + d ) dt et par définition du calcul des intégrales :
α α
β
c ∫ f (ct + d ) dt=[G(t) ]αβ = G(β)–G(α)= F(cβ+d)–F(cα+d)=F(b)–F(a)
α
b
et on a aussi : ∫ f ( x)dx = F(b)–F(a) .
a
b β
d’où : ∫ f ( x)dx = c α∫ f (ct + d ) dt .
a

2. Théorème fondamental du changement de variable affine x=c.t+d avec dx=c.dt


Ce théorème a été démontré dans l’exercice précédent, il s’énonce de la manière suivante :

Soit f une fonction définie et continue sur un intervalle I contenant les 2 réels a et b.
c, d,α et β sont 4 nombres réels tels que a=ct+d pour t=α
et b=ct+d pour t=β .

b β β
Alors on a les trois égalités : ∫a
f ( x)dx = ∫ cf (ct + d )dt = c ∫ f (ct + d )dt .
α α
3. Exercices concernant le changement de variable affine

① 1ère partie
π
1) Calculer l’intégrale I= ∫ sin ² x dx.
0
π
2) Soit l’intégrale J= ∫ x sin ² x dx. En posant u=π–x, montrer que J=πI–J. En déduire la
0
valeur exacte de J.

2ème partie
1
Soit l’intégrale K= ∫ x. sin ²(π .x) dx. En posant t=π.x, calculer K en fonction de l’intégrale J.
0
En déduire la valeur exacte de K.

Extrait de formulaire : cos 2t = 2.cos² t –1= 1–2.sin² t ; sin(a+b)=sin a.cos b+cos a.sin b ;
cos (a+b)= cos a.cos b–sin a.sin b.

② On considère la fonction numérique définie sur l’intervalle [0 ; 3] par : f(x)=


3x
.
x +1
r r
On note Cf sa courbe représentative, donnée ci-dessous, dans un repère orthonormal (O, i , j )
d’unité graphique 1 cm. Soit P la plaque limitée par la courbe Cf , l’axe des abscisses et la
droite d’équation x=3.

4,5

Cf

r
j
r
O i 3
3
1) Calculer l’intégrale I= ∫ f(x) dx en utilisant le changement de variable défini par x=t–1.
0
Que représente cette intégrale ?

2) Par rotation de la plaque P autour de l’axe des abscisses, on obtient un solide de révolution
3
S. Calculer l’intégrale J=π ∫ f ²(x) dx qui représente le volume en cm³ du solide S.
0
Donner la valeur arrondie au mm³ du volume du solide S.

Extrait de formulaire : Dérivées et primitives

f(t) f’(t) f(t) f’(t)

tα (α∈ℝ) ℝ α.tα–1 t 1
2 t

Corrigé des exercices
① 1ère partie
π 1
1) D’après le formulaire sin²x= (1/2)(1–cos 2x) et I=(1/2) ∫ (1 − ( 2 cos( 2 x )).dx et
0 2
π
I= (1/2)[x–(1/2)sin(2x)] 0 = (1/2)[ π–(1/2)sin(2π)–(0–(1/2)sin0)] où sin (2π)=0=sin0.
I=(1/2)π soit I=π/2.
2) L’égalité u=π–x est équivalente à x=π–u ; pour calculer J on fait le changement de
variable affine x= π–u=(-1)u + π avec dx=(-1)du où π=π–u pour u=0 et 0= π–u pour u=π.
0 π
Cela donne : J= (−1) ∫ (π − u ). sin ²(π − u )du d’où J= ∫ (π − u ). sin ²(π − u )du où
π 0

sin(π–u)= sin π.cos u–cos π.sin u= 0×cos u–(-1)sin u=sin u.


π π π π
D’où : J= ∫ (π − u ).sin ²u du= ∫ (π . sin ²u − u. sin ²u )du . Or I= ∫ sin ²u du et J= ∫ u. sin ²u du
0 0 0 0
π
alors πI–J= ∫ (π . sin ²u − u. sin ²u )du soit : πI–J=J. Alors 2J=πI d’où J=(π/2)I et J=(π/2)².
0
2ème partie
L’égalité t=π x est équivalente à x= t/π ; pour calculer K on fait le changement de variable
affine x= t/π = (1/π) t + 0 avec dx=(1/π) dt où { 1= t/π pour t=π et 0= t/π pour t=0}.
π π

∫ (t / π ) sin ∫ t (1 / π ) sin
2 2
Cela donne K= [π (t / π )] (1 / π ) dt = [t ] (1 / π ) dt , soit
0 0
π π

∫ t sin ∫ t sin [t ] dt = J = (π/2)2 = π2/4 d’où K=(1/π)2× π2/4 soit


2 2 2
K= (1/π) [t ] dt où
0 0
K= 1/4 .

② Pour 0≤ x≤ 3, 0< x+1 ; f est définie dérivable et continue sur [0,3].


3 x
1) Dans le calcul de l’intégrale I= ∫ 3 dx , on fait le changement de variable affine
0
x +1
x=t–1= 1.t–1 avec dx=1dt=dt où {0=t–1 pour t=1 et 3=t–1 pour t=4}. On obtient :
4 t −1 4 t −1 4 t 1 4 1
I= ∫ 3 dt =3 ∫ dt =3 ∫ ( − ) = 3∫ ( t − )dt où pour 0< t,
1 1 1 1
(t − 1) + 1 t t t t
2 3 1 1
t = t1/2= [ t3/2–1] et =2 ce qui permet de passer aux primitives indiquées pour le
3 2 t 2 t
2
calcul de la dernière intégrale : I= 3 [ t3/2-2 t ] 14 = 2[t1+1/2–3 t ] 14 =2[t1t1/2–3 t ] 14 ,
3
soit : I= 2[t t –3 t ] 1 =2[ (4×2–3×2)–(1×1–3×1)]=2[2–(-2)]=2×4 d’où : I=8.
4

3 9 x² x² 3
2) J=π ∫ dx = 9π ∫
dx. On fait le changement de variable affine x=t–1= 1.t–1
0
( x + 1)² x +1 0

avec dx=1dt=dt où {0=t–1 pour t=1 et 3=t–1 pour t=4}. On obtient :


4 (t − 1)² 4 t ² − 2t + 1 4 1
J=9π ∫ dt = 9π ∫ dt = 9π ∫ (t − 2 + ) dt= 9 π [t2/2–2t+ln t ] 14 . D’où :
1 t 1 t 1 t
J= 9π [8–8+ln4–(1/2–2+ln1)]= 9π(ln4+2–1/2) soit : J=9π (ln4 +3/2) ≈81,608.
5.Applications classiques du changement de variable affine

Remarque : Si f est une fonction continue sur un intervalle contenant les 2 réels a et b :
b b
∫ a
f ( x)dx = ∫ f (t )dt .
a
L’intégrale est indépendante du choix de la variable x, t…

1er cas : Fonctions paires ou impaires.


a et b sont 2 réels distincts et f est une fonction définie et continue au moins sur les intervalles
[a ; b] et [-a ; -b ] .

−b
Dans le calcul de l’intégrale ∫
−a
f ( x)dx , on effectue le changement de variable affine x= –t , c’est
à dire : x=(-1)t+0 , avec dx=(-1)dt , où –a = – t pour t=a
. –b = –t pour t=b .
−b b b −b b
On obtient : ∫−a
f ( x)dx = ∫ (−1) f (−t )dt = ∫ − f (−t )dt . D’où :
a a ∫−a
f ( x)dx = ∫ − f (− x)dx .
a
Finalement :

– Dans le cas où f est impaire : f(x)=–f(–x), pour tout x de [a ; b] ainsi :


−b b
∫−a
f ( x)dx = ∫ f ( x)dx
a
– Dans le cas où f est paire : f(–x)=f(x) , pour tout x de [a ; b] ainsi :
−b b b
∫−a
f ( x) dx = ∫ − f ( x) dx = − ∫ f ( x) dx
a a

2ème cas : Fonctions périodiques.


a,b et p sont 3 réels donnés ; on suppose que f est une fonction définie et continue au moins sur les
intervalles [a ; b ] et [a+p ;b+p] .

b+ p

Dans l’intégrale ∫ f ( x)dx , on fait le changement de variable x=t+p=(1)t+p avec dx=(1)dt où :


a+ p

b+p=t+p pour t=b


a+p=t+p pour t=a .

b+ p b b+ p b
On obtient : ∫ f ( x)dx = ∫ f (t + p)dt
a+ p a
soit : ∫ f ( x)dx = ∫ f ( x + p)dx
a+ p a
.

Finalement :

Si f est périodique de période p : f(x)=f(x+p) , pour tout x de [a ; b] et ainsi :


b+ p b
On obtient : ∫ f ( x)dx = ∫ f ( x)dx
a+ p a
.
Interprétation géométrique des égalités précédentes
a, b et p sont 3 réels donnés avec a<b et 0<p ; f est une fonction continue et positive sur [a ; b] ...,
r r
de représentation graphique (C ) dans un repère orthonormé (O, i , j ) d’axe Ox et Oy. On considère
les cas correspondants aux figures suivantes (l’unité des aires est celle du carré construit à partir de
r r
(O, i , j ) tandis que les intégrales sont des nombres sans unité).

y ∗ f est une fonction paire :


(C) est symétrique par rapport à (O y).
−a
L’aire du domaine de gauche vaut ∫ f ( x)dx ,
−b
b

(C) l’aire du domaine de droite vaut ∫ f ( x)dx , et on a


a
ici l’égalité des aires qui donne :
−a b

-b -a O a b x ∫ f ( x)dx = ∫ f ( x)dx .
−b a

z ∗ f est une fonction impaire :


(C) est symétrique par rapport à O.
−a
(C)
L’aire du domaine de gauche vaut – ∫ f ( x)dx ,
−b
b

-b -a
l’aire du domaine de droite vaut ∫ f ( x)dx , et on
a
O a b x a ici l’égalité des aires qui donne :
−a b
– ∫ f ( x) dx = ∫ f ( x)dx .
−b a

∗ f est une fonction périodique de période p :


(C) est conservée par la translation de vecteur
r
y pi .
b+ p
L’aire du domaine de droite vaut
a+ p
∫ f ( x)dx ,
b
l’aire du domaine de gauche vaut ∫ f ( x)dx , et
a
l’égalité des aires donne :
b+ p b
A B

a+ p
f ( x)dx = ∫ f ( x)dx .
a

O a b a+p b+p x
r
p i = AB