Les Global Greens

:
penser et agir « Globalement »
Par Jean Rossiaud, sociologue
Délégué des Verts suisses aux Verts européens
Délégué suppléant pour les Verts européens à la Coordination des Global Greens

Le 3ème Congrès des Global Greens se tiendra à Dakar du 29 mars au 2
avril 2012. Encore balbutiante, l’organisation politique de la « Green
Family », comme ses militants aiment à la nommer, ne pèse pas encore
très lourd aujourd’hui dans la politique internationale contemporaine. Mais
leur progression est constante depuis 20 ans. Et la récente évolution du
monde, notamment depuis Fukushima leur donne raison.
Par rapport aux autres formations politiques contemporaines, la différence
des écologistes porte principalement sur deux points : ils ont été les
premiers d’une part, à faire le lien (depuis 1992 !) entre la crise écologique
globale (crise de la non durabilité) et la crise économique et sociale et,
d’autre part, à dire qu’il fallait un réponse mondiale à cette crise globale.
Aujourd’hui, aussi bien les représentants des organisations internationales
et multilatérales que les dirigeants du G20 ont repris en cœur le discours
que les Cassandre verts tenaient depuis deux décennies au moins, mais
leur pratique politique reste ancrée dans une système de pensée
aujourd’hui obsolète.
Aujourd’hui, les Global Greens représentent ainsi la seule force politique,
organisée au niveau mondial, dont le cœur du programme est construit
autour des revendications des mouvements écologistes et
environnementalistes qui postulent qu’il n’est pas juste pour les
générations futures de dépenser annuellement plus de ressources de ce
que la terre peut renouveler en une année. La seule force politique
organisée qui soit consciente de la nécessité de mettre en place une
gouvernance mondiale démocratique pour adopter un mode de production
et de consommation durable et une justice sociale universelle fondée sur
la péréquation des ressources et des richesses.
Mécanique quantique verte : coordination de fédérations de partis –
mouvement d’individus
Mais qui sont au juste les Global Greens ? Depuis leur Congrès fondateur,
en avril 2001, à Camberra (Australie), les Global Greens apparaissent
comme un OPNI (un « objet politique non identifié ») pour les politologues
et les journalistes.
Il est vrai que ces derniers arrivés dans le champ clos de la politique
internationale se sont dotés d’une charte programmatique et d’une
structure organisationnelle radicalement nouvelles, si on les compare aux
Internationales née dans le courant du XIXème et du XXème siècle.
Les idéologies politiques et les organisations partisanes ne tombent pas du
ciel. Elles sont l’expression de vision de monde (de cosmologie ou
Weltanschauungen) qui imprègnent les consciences des individus qui les

construisent. Par ailleurs, elles sont fortement tributaires d’une histoire
séculaire et s’inscrivent toujours dans une conjoncture nationale et
internationale donnée.
Forme politique d’un mouvement écologiste né dans la seconde moitié du
XXème siècle, Les Verts se différencient fondamentalement des autres
partis politiques, à la fois par leur conception de la place de l’humain sur la
planète, et par leur manière d’agir pour changer le monde. Ils n’en ont, le
plus souvent, pas conscience eux-mêmes.
A la différence des autres formations politiques nées avant eux, Les Verts
ont « naturellement » intégré les acquis épistémologiques des révolutions
scientifiques du XXème siècle. Le second principe de la thermodynamique
est au centre de leur vision du monde, fondée sur la dégradation de
l’énergie et la mécanique quantique marque – sans qu’ils en aient
conscience - leur organisation.
A l’instar de la mécanique quantique, en effet, qui démontre que
tous les objets de l’univers microscopique présentent simultanément
des propriétés d’ondes et de particules, les Global Greens oscillent
entre une fédération d’organisations politiques, la Global Greens
Coordination, et le Global Green Network, un réseau horizontal
d’individus (inscrits ou non dans des partis politiques nationaux).
Ensemble, ils forment la « Global Greens » et l’unique chose qui les
relie est que les partis, organisations politiques ou individus qui en
font partie, doivent se reconnaître dans la Charte des Global Greens,
qui peut être révisée à chaque Congrès des Global Greens.
Pré-histoire dans un néo-géographie : 1989-2001
On retrouve les racines du Global Greens Network au début des
années 1990. La chute du Mur de Berlin et la dissolution de l’URSS
ont ouvert un nouvel espace aux grands Sommets de l’ONU, et le
Sommet de la Terre à Rio en 1992 peut être considéré comme la
première expression de cette mondialisation politique. Les Sommets
mondiaux offrent un espace inédit à l’émergence d’une société civile
transnationale (concept inconnu en 1992) qui en 20 ans a pris une
importance considérable, dans la contestation de l’ordre du monde
né de la fin de la guerre froide.
Les années 80 avaient vu, notamment après la catastrophe nucléaire
de Tchernobyl en 1986, la naissance de partis Verts en Europe, en
Amérique du Nord et, plus généralement dans les pays les plus
industrialisés. Certains militants politiques ne se reconnaissaient
plus dans les partis traditionnels de gauche comme de droite qui ne
remettaient pas en cause l’idéologie du progrès et ne prenaient en
considération les limites physiques au développement des activités
humaines sur la planète.
Dès 1990, des militants verts – à titre personnel ou entraînant
parfois leur parti local – préparent ensemble la première « Rencontre
mondiale des Verts » qui se tiendra les 30 et 31 mai 1992 à Rio,
parallèlement au Sommet.

Les plus actifs étaient déjà les Verts européens (créée en 1979) 1 et
les Verts brésiliens.
A la réunion de Rio, un Global Greens Steering Comittee est créée ;
chaque continent y dispose de 2 sièges. Il se réunit en janvier 1993
à Mexico et se donne pour mission de faire paraître un bulletin
électronique et de tenir à jour un calendrier et un répertoire
d’adresse de partis et d’individus impliqués dans les Global Greens.
En 1997-1998, deux premières actions mondiales sont menées : 69
partis Verts signent une déclaration s’opposant aux essais nucléaires
français dans le Pacifique sud et une autre sur les négociations sur le

En 1979, le parti vert suisse a été le premier à obtenir un élu vert dans
une assemblée parlementaire nationale. Aujourd'hui, 168 Verts de 15
partis membres siègent dans les parlements nationaux en Autriche, en
Belgique, à Chypre, en Finlande, en France, en Allemagne, en Irlande,
en Italie, en Lettonie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Portugal, en
Espagne, en Suède et en Suisse.
In 1979 the Coordination of European Green and Radical Parties
(CEGRP) was set up to coordinate the participation of Green and Radical
parties in the 1979 European Parliament election. Although some parties
polled well, no Green entered the European Parliament.
In the 1984 election the Greens participated again. They held a congress
in the spring of 1984 in Liège and set up a restructured European Green
Coordination (EGC), with a secretariat provided by the Dutch Political
Party of Radicals. They also issued a Joint Declaration of the European
Green Parties. Furthermore, overall the member parties had grown
stronger. Eleven MEPs of member parties were elected to the European
Parliament.
In the 1989 election the Green parties won 26 seats.[4] Because of
political conflicts with the continuing Rainbow Group, the European
Greens formed a separate parliamentary group, The Green Group in the
European Parliament. During this period the Greens became more
entrenched in parliament.
Lors des élections européennes de juin 1999, ils ont obtenu 35 Membres
verts du Parlement européen (MPE). Ensemble, avec 10 autres
eurodéputés de partis régionalistes ou candidats indépendants, ils ont
formé le Groupe des Verts/Alliance Libre Européenne (Verts/ALE)
totalisant 45 membres au Parlement européen. La coopération de la
1

changement climatique et le protocole de Kyoto. Les Global Greens
sont lancés.
Fondation des Global Greens : Camberra (2001).
10 ans après la Chute du Mur de Berlin et à l’aube du second
millénaire, les partis politiques verts organisés dans cet embryon de
réseau, poussent à la structuration du mouvement. C’est à
l’occasion du « Oaxaca Green Millenium », en septembre 1999 au
Mexique, la Déclaration de Oaxaca appelle à créer un Global Green
Network, formellement dirigé par des représentants élus par les
partis verts nationaux.
Mais encore faut-il se faut se mettre d’accord sur une charte
commune… et ce n’est pas possible : certains veulent aller trop vite
dans un monde, qui n’a pas encore été transformé par la révolution
internet et dont les militants sont moins polyglottes qu’aujourd’hui.
Un « groupe de référence », formé de Verts représentant les 5
continents, aura pour mission d’écrire le brouillon d’une charte et de
proposer une structure d’organisation.
Cependant, les Verts n’échappent pas à l’accélération du monde et,
en deux ans à peine, les Partis Verts se sont organisés en 4
fédérations continentales (Europe ; Afrique ; Amériques ; AsieOcéanie).
La Coordination des Verts européens, créée en 1984, s’est renforcée
en Fédération en 1993, puis en Parti Vert européen en 2004 à Rome.
La Coordination des Verts d’Afrique créée en 1994 devient une
Fédération en 1998. La Fédération des Partis Verts des Amériques
est fondée en 1997. Le réseau des Verts d’Asie –Pacifique, réuni pour
la première fois en 2000, se formalise à Kyoto en 2005. Si le premier
élu Vert fut le Suisse Daniel Brélaz en 1979, c’est la Tasmanie
(Australie) qui élit le premier sénateur Vert.
Le Congrès fondateur de Camberra se déroule après une première
décennie qui a vu les Partis verts se créer et se développer partout
dans le monde : les Verts sont entrés dans les parlements nationaux
sur tous les continents (ils comptent environ 200 parlementaires et
15 ministres en Europe ; Joska Fischer occupe le poste de ministre
des Affaires étrangères en Allemagne et Ralph Nader, soutenu par
les Verts, recueille 3 millions de voix à l’élection présidentielle
américaine de 2000. Les Verts ont acquis de l’expérience politique et
de nombreux élus comprennent mieux que, pour peser sur les
destinées de la planète et de l’humanité, l’action doit être menée
également à un niveau mondial.

Fédération avec les Verts au PE est très étroite, plus particulièrement sur
les questions de portée politique européenne. Les Verts/ALE sont un
partenaire exclusif des verts européens au Parlement européen.

A Camberra, le débat sur les questions organisationnelles sera vif
entre les partisans d’une représentation basée sur la Coordination
des Fédérations ou ceux qui veulent se fonder sur un réseau de
partis nationaux (y compris des individus intéressés par l’action au
niveau mondial). Particule ou onde ? Organisation ou mouvement ?
Les Verts, collectivement, ont déjà intégrés la logique de la physique
de la relativité et des « quantas » : ce sera Coordination et Réseau,
deux états simultanés et non contradictoires de la même réalité. Les
Délégués des Partis nationaux se voient attribuer la compétence
d’adopter, en Congrès mondial, les statuts, la Charte et les plans
stratégiques des Global Greens ; les quatre Fédérations
continentales nomment 3 membres chacune dans la Coordination
des Global Greens et celle-ci, entre deux Congrès, adopte des prises
de position, organise des réunions et prépare le prochain Congrès.
Aucun des membres de la Coordination ne peux parler au nom des
Global Greens. Le Global Greens Network continue son travail
d’information, de diffusion et de mobilisation autour des actions
décidées lors des Congrès ou par des fédérations, des partis
nationaux, voire des organisations de la société civile qui défendent
les mêmes objectifs que les Global Greens.
Deuxième Congrès des GG : Sao Paolo 2007
Camberra a représenté une étape clé dans la volonté des Verts de
répondre ensemble et politiquement aux défis planétaires.
Le deuxième Congrès, celui de São Paulo, sera celui de la structuration de
la Green Family. Elle passe aussi par sa jeunesse. A Nairobi, en marge du
6ème Forum social mondial, Forum dans lesquels les Verts sont chaque
année plus présents, les GYG – Global Young Greens - voient le jour. Ils
sont la première structure politique mondiale d’un mouvement de
jeunesse. Ils optent pour une organisation complètement indépendante et
autonome des Global Greens, mais n’en constituent pas moins leur aile
« jeunesse ».
A São Paulo, ce sont 88 partis et mouvements des 5 continents,
représentés par environ 500-600 personnes (sans compter les Brésiliens)
qui se donnent rendez-vous. Depuis 2001, le système mondial a été
passablement secoué . Le 11 septembre 2001 et l’option militaire
unilatérale adoptée par les Etats-Uniens en Afghanistan et en Irak
augmentent l’insécurité internationale. La crise énergétique – et
notamment la flambée des cours du pétrole – pèse sur l’économie
mondiale. Le travail du GIEC corrobore les hypothèses les plus noires des
écologistes, concernant l’impact des activités humaines sur le
réchauffement climatique. Les idées des Verts s’imposent partout, même
si leur crédibilité et leur légitimité ne se traduit pas toujours en résultats
électoraux et que d’autres partis traditionnels, fraichement ralliés aux
thèses écologistes, surfent sur la vague verte.
De Camberra à São Paulo, Verts ne sont pas parvenus à s’imposer
électoralement, et même s’ils continuent à progresser, ils ne progressent
pas partout au même rythme et de la même manière : très forte

progression dans le Pacifique, en Europe du Nord et dans les Amériques ;
stagnation en Europe du Sud, en Europe de l’Est et en Afrique. En Afrique
précisément, si les Verts ont pu conquérir quelques ministères (Burkina,
Guinée-Bissau, Ile Maurice), ce n’est qu’au Kenya que les Verts se sont
adossé à une ONG importante, le Green Belt Movement de Wangari
Maathai, la Prix Nobel de la Paix 2009, décédée cette année.
Il est vrai que, pour un nouveau parti comme les Verts, le coût d’entrée
dans un système politique national dépend à la fois du caractère
démocratique ou non de l’Etat dans lequel il s’insère, de l’indépendance
des partis politiques et de la forme du système électoral. Les Verts – dont
l’un des principes cardinaux est la décentralisation et qui croient
fortement en l’action politique locale - ne progressent réellement que dans
des Etats démocratiques et des systèmes électoraux proportionnels.
Sinon, lorsqu’ils arrivent à percer, ils sont vite assimilés, par la société
civile, à des partis traditionnels et corrompus.
Le Congrès de São Paulo a adopté 3 textes permettant aux partis
nationaux de travailler dans un même cadre général (sur le changement
climatique, la biodiversité et le développement durable dans les Villes),
ainsi qu’un plan stratégique : « 21 points pour le 21ème siècle ».
Le Congrès de São Paulo a aussi permis aux Global Greens de se renforcer
structurellement, en créant leur premier secrétariat permanent, en
Australie. La baisse des coûts des communications téléphoniques via
internet a permis que la Coordination des Global Greens tienne des
Conférences téléphoniques, plusieurs fois par mois. L’idée d’une
communauté de pensée et d’action passe aussi par un certain sentiment
de proximité que les nouveaux moyens de communication et notamment
les réseaux sociaux, comme facebook, ne font que renforcer.
Depuis 2008, les choses ont évolué très vite et, au niveau mondial, les
Verts ont connu de très jolis succès.
En 2010, au Brésil, Marina Silva – ex-ministre de l’environnement de Lula,
est entrée chez les Verts et a récolté 20 millions de voix aux élections
présidentielles. Les Verts australiens ont fait élire pour la première fois un
représentant à la chambre basse du Parlement et ont fait passer leurs
sénateurs de 4 à 9. En Colombie, Antanas Mockus, candidat des Verts, a
fait près de 30% des voix au second tour des élections présidentielles. Il
bat le record de 6,4% détenu jusqu’alors par le Vert burkinabé Ram
Ouedraogo à une élection présidentielle. Par ailleurs, les Verts du
Royaume-Uni élisent leur premier représentant à la chambre des
Communes. Pour la première fois également, une Verte japonaise est élu
maire d’une ville.
Ces succès locaux, ne doivent pourtant pas nous faire oublier que cette
progression est lente, qu’elle n’est pas stable dans le temps, et que les
partis Verts – à l’exception peut-être de l’Europe - n’arrivent toujours pas à
stabiliser leur électorat dans le temps.
Le 3ème Congrès des Global Greens à Dakar
Ce sont les Verts du Sénégal (la Fédération démocratique des écologistes
du Sénégal / FEDES) qui accueilleront le 3ème Congrès des Verts
mondiaux.

Pour Haïdar El Ali, Secrétaire de la FEDES et président de l’ONG
sénégalaise l’Océanium, ce congrès est placé sous le signe de l’action !
« Ce que nous voulons montrer aux gens, c’est que la nature aujourd’hui a
besoin de nos actes : elle n’a plus besoin de nos discours, elle n’a plus
besoin de nos études, elle n’a plus besoin de notre science. Elle a besoin
qu’on agisse pour elle ! »2. La FEDES est l’un des partis dans lequel les
Verts africains portent le plus grand espoir. Haïdar est, depuis le 17 avril
2011, candidat à la Présidence du Sénégal dans le cadre du « Benno », la
coalition d’opposition au Président Wade. Et ce n’est pas un hasard si le
Congrès des Global Greens aura lieu entre les deux tours des élections
législatives.
Les Verts n’avaient pas pour mission première d’être une formation
politique, il viennent du mouvement associatif. Ils sont issus
principalement de la rencontre de différents mouvements sociaux et
culturels, qui s’organisent, dès le début des années 70, la première crise
pétrolière de 1973, et les premières réflexions sur les impasses d’une
croissance économique et énergétique infinie.
Dans la foulée des revendications des nouveaux mouvements sociaux
post-68, se sont retrouvés chez les Verts des défenseurs de la protection
de la nature en milieu rural et celles et ceux qui luttent contre la pollution
et contre la spéculation foncière dans les quartiers urbains, des antinucléaires, des personnes engagées contre les guerres et le militarisme,
des pacifistes et des non-violents, des féministes et des personnes qui se
sont mobilisées pour le libre choix de sa sexualité, des défenseurs des
droits humains, des militants pour la défense des prisonniers politiques,
pour la dignité des travailleurs immigrés, des réfugiés (et aujourd’hui des
personnes sans statut légal), les personnes qui s’engagent pour la
libération des peuples du tiers monde et pour un « autre
développement ». Chez les Verts, dans de très nombreux pays, ce
foisonnement improbable d’engagements hétéroclites a renouvelé les
idéaux de liberté (dans l’autonomie), d’égalité (dans le respect des
différences) et de solidarité (notamment avec les générations futures) et a
inventé une nouvelle façon de « faire de la politique ».
Et depuis le Sommet de Rio en 1992, en passant par le sommet des
femmes de Pékin en 1995, les Forums sociaux de Porto Alegre dès 2001,
jusqu’à la mobilisation internationale à Copenhague pour le Sommet sur le
Climat, c’est un projet alternatif et cohérent qui se met progressivement
en place pour sortir de l’impasse écologique et sociale, depuis le niveau le
plus local jusqu’au niveau le plus global.
Les Global Greens ont un impact encore limité sur la politique mondiale et
ils savent qu’ils ne peuvent rien tous seuls. Ils manquent encore de ponts
avec le milieu associatifs et les mouvements sociaux, dans la plupart des
Etats et au niveau mondial.
2

Tiré du film d’Arnaud Wust sur Haidar : http://enrsud.posterous.com/mission-senegal-loceanium-dhaidar-el-ali.

Bien qu’en 20 ans d’existence, les Verts se sont continuellement renforcés
tant sur le point de la cohérence programmatique que sur le plan de
l’organisation.
Les Global Greens ne pourront pas faire progresser leurs à renforcer nos
alliances politiques avec nos partenaires de gauche pour obtenir les
majorités qui nous permettent de travailler sur le moyen et le long terme ;
et nous continuerons à passer des accords ponctuels avec les partis qui
soutiennent nos projets, quelle que soit leur couleur politique. Bref, les
Verts resteront les Verts et, nous nous réjouissons que d’autres partis
reprennent à leur compte nos thèmes de campagne, si cela nous fait
avancer vers une « Genève durable » sur une « planète durable ».
Les dirigeants des partis Verts nationaux sont encore trop souvent
convaincus qu’il faut « penser globalement », mais qu’il est plus important
encore d’« agir localement ». Avant tout préoccupés, par les rapports de
force locaux, ils ne portent pas toujours suffisamment d’attention et ils ne
donnent pas toujours suffisamment de moyens à la structuration de
l’action politique des Verts au niveau le plus global.
De contre sommets onusiens en Forums sociaux mondiaux, les Verts ont
beaucoup participé – dans la société civile – à l’émergence d’une pensée
critique de la mondialisation sur « la critique de la critique » post-68 aux
les acquis de révolution biologique (l’écologie est tout d’abord une science
des systèmes vivants et complexes). (4) Leur politique, construite
principalement après la guerre froide et l’accélération de la
mondialisation, est peu marquée par les stigmates d’une pensée
déterminée par les antagonismes Est-Ouest et Nord-Sud.
1. le second principe de la thermodynamique :
la croissance ne peut être que limitée à la durabilité

Nicholas Georgescu-Roegen est considéré comme l'inventeur du
concept de décroissance3 et son principal théoricien4. Il publie en 1971
un ouvrage titré The Entropy Law and the Economic Process. En 1979,
Jacques Grinevald traduit l'ouvrage sous le titre Demain la décroissance.
Entropie, écologie, économie.5.
Nicholas Georgescu-Roegen estime que le modèle économique
néoclassique est fondé sur le paradigme de la mécanique newtonienne6
et ne prend pas en compte le principe de la dégradation de l'énergie et
de la matière. Il se fonde quant à lui sur le paradigme de la
thermodynamique et introduit le principe d'entropie (deuxième principe
de la thermodynamique) dans son modèle économique. Il associe aux

flux économiques de la matière et de l'énergie qui par le biais des
différents processus de production se dégradent de manière irréversible.
Par exemple les matières premières utilisées pour la construction des
ordinateurs sont fragmentées et disséminées à travers toute la planète et
il devient pratiquement impossible de reconstituer les minerais d'origine.
Quant à l'énergie utilisée pour leur fabrication, elle est dissipée à
jamais7.
Nicholas Georgescu-Roegen est considéré comme l'inventeur du
concept de décroissance3 et son principal théoricien4. Il publie en 1971
un ouvrage titré The Entropy Law and the Economic Process. En 1979,
Jacques Grinevald traduit l'ouvrage sous le titre Demain la décroissance.
Entropie, écologie, économie.5.
Nicholas Georgescu-Roegen estime que le modèle économique
néoclassique est fondé sur le paradigme de la mécanique newtonienne6
et ne prend pas en compte le principe de la dégradation de l'énergie et
de la matière. Il se fonde quant à lui sur le paradigme de la
thermodynamique et introduit le principe d'entropie (deuxième principe
de la thermodynamique) dans son modèle économique. Il associe aux
flux économiques de la matière et de l'énergie qui par le biais des
différents processus de production se dégradent de manière irréversible.
Par exemple les matières premières utilisées pour la construction des
ordinateurs sont fragmentées et disséminées à travers toute la planète et
il devient pratiquement impossible de reconstituer les minerais d'origine.
Quant à l'énergie utilisée pour leur fabrication, elle est dissipée à
jamais7.

Problématiques écologiques et sociales[modifier]
Le concept de décroissance rencontre un écho important dans le débat
public pour différentes raisons, problématiques, et conjonctures :
Épuisement des ressources énergétiques : pétrole (pic pétrolier
mondial arrivant entre 20068 et 2040 selon les prévisions des
compagnies et des gouvernements9, ou qui serait déjà passé en

2005 selon Colin Campbell de l'ASPO), gaz (70 ans), uranium
(entre 50 et 220 ans)10,11, charbon (200 ans12) (au rythme actuel
de consommation).
Augmentation du prix de l'extraction des ressources qui diminuent (et
qui nécessitent un investissement en énergie et en matériaux,
supérieurs au investissements passés)
Raréfaction de nombreuses autres ressources minières : indium,
nickel, cobalt13 (ces deux derniers éléments entrent dans la
composition de certains aciers), cuivre, iridium[réf. nécessaire], etc.
Dégradation de l’environnement : effet de serre, dérèglement du climat,
diminution de la biodiversité, pollutions diverses. Corollaire :
dégradation de la santé des populations14. Stérilité, allergies,
malformations, troubles mentaux et augmentation du cancer en
France de 63 % de 1980 à 2000 (280 000 cas, dont seuls 30 %
sont imputables au tabac et à l’alcool), bien que le vieillissement de
la population soit aussi un facteur multiplicateur.
Évolution du mode de vie des pays développés : transports, traitement
des déchets, alimentation (obésité dans les pays développés,
malnutrition dans les pays pauvres).
Exploitation des ressources des pays du Sud au profit de ceux du
Nord, ressources énergétiques et minières, et ressources agricoles
(cultures fourragères au détriment des cultures vivrières).
Exploitation parfois considérée comme « néo-coloniale » ou « postcoloniale ».
Problème de l'empreinte écologique (en hectares) du mode de vie des
populations riches d'Europe et d'Amérique du nord (c’est-à-dire la
surface estimée nécessaire pour produire ses ressources
consommées et pour absorber ses déchets et pollutions). Les
estimations montrent, par exemple, qu'il faudrait entre 3 et 8
planètes Terre pour que la population mondiale puisse vivre à la
manière d'un Européen15.
Répartition inéquitable de l'accès aux ressources et aux richesses
produites, dans les pays du Nord comme du Sud, et entre les

populations du Nord et du Sud.
Déclin d'autres explications de la crise écologique, telles que le
marxisme. Le fait que les pays qui se réclamaient du marxisme ne
protégeaient pas mieux la planète que les autres pays menait à la
conclusion que le marxisme était incapable de proposer une
solution à la crise écologique.
Le concept de décroissance tente de montrer qu'augmenter
constamment la production de biens et services augmente
nécessairement la consommation des ressources naturelles, ne faisant
donc qu'accélérer le moment de leur épuisement complet. Il tente de
montrer aussi que la dématérialisation de l'économie16, espérée par les
partisans de la croissance, est un leurre.
IV. CONCLUSIONS

ET INFOS

Un tel Congrès est difficile à résumer. Tout a été filmé et l’intégralité des
images et des textes adoptés figurent sur le site internet des Global
Greens.
J’aimerais conclure par la nécessité de renforcer notre présence et notre
influence, dans l’objectif de :

La gouvernance mondiale et les mouvements sociaux
Enjeux globaux de Rio à Rio
Rio
Camberra
Les Forums sociaux
São Paulo
Copenhague
En effet, j'ai passé une dizaine de jours à Copenhague et pour la question qui

nous intéresse (Gouvernance mondiale et mouvements sociaux) cela a été
extrêmement instructif. Pour faire bref, je dirais que c'était probablement la
première fois (à ce que j'ai pu observer depuis 20 ans) que les acteurs clés de
la gouvernance mondiale étaient présents ensemble :
1. les Etats (très forte représentation à un très haut niveau). Une appropriation
du discours sur le Développement durable et une homogénéisation du
discours sur les causes et les conséquences de la crises climatique avec une
très grande divergence sur les remèdes à apporter et les efforts à fournir par
chaque Etat (mais c'est déjà un sacré progrès). Le groupe des 77 a repris une
grande vigueur, grâce à la collaboration avec la Chine probablement)
2. le monde onusien et multilatéral (une très grande mobilisation des
fonctionnaires internationaux; j'ai pu remarquer ici à la fois le nombre, la
qualité et l'engagement personnel de cette nouvelle "catégorie sociale" sui
generi, très homogène, que constituent les fonctionnaires internationaux et
l'importance de Genève comme plaque tournante.
3. les grandes entreprises transnationales, développant à qui mieux mieux le
concept de "responsabilité sociale et environnementale des entreprises)
4. les grandes ONG internationales (toutes aux rdv!), présentes à la
Conférence, au contre-sommet (Climat Forum) et dans la rue. Il faut aussi
savoir que les ONG nationales étaient, dans de très nombreux pays,
organisées en coordinations nationales qui avaient un ou plusieurs
représentants inclus dans les délégations nationales officielle des Etats.
5. les organisations des mouvements sociaux, syndicaux, paysans,
environnementalistes, développementalistes, indigènes, e4tc. et des groupes
très radicaux (black blocks) en très grand nombre...
6. les Villes et les pouvoirs locaux emmenés par ICLEI et la CGLU, présents à
la Conférence et dans un Forum ad hoc.
7. seuls les Verts (Global Greens, la Fédération mondiale des Partis verts), à
ma connaissance, mais probablement aussi la "4ème internationale"
(trotskiste), étaient présents en tant que force politique organisée au niveau

mondial. Pas de trace de l'Internationale socialiste (mais la Fédération
mondiale des syndicats était présente), ni de ce qui pourrait rester de la
trilatérale...
Bref on a assisté en même temps sur un même lieu, à une Conférence de
l'ONU à Genève, au G20 à Washington ou à Londres, à au FSM à Porto
Alegre (le Climat Forum), au WEF à Davos (avec la mobilisation forte des antiDavos qui s'affrontent à la police comme pour un G8 ou une réunion de la BM,
du FMI ou de l'OMC) et à un sommet des Villes et pouvoirs locaux (comme à
Paris, à Jeju ou à Canton...)
J'ai beau me remémorer les autres sommets, réunions ou Forums auxquels j'ai
pu assister... je n'ai jamais rien vu de tel!
Et à la réflexion, c'est probablement cette contradiction entre un
discours de plus en plus homogène et des acteurs toujours plus
polarisés qui a provoqué l'échec de l'accord, ou plutôt l'absence
d'accord ce qui très différent, puisque Tout est à reprendre...
Dakar

Les grandes difficultés
organisationnelles

JR présentation aux Verts suisses

1. QU’EST-CE QUE LES GLOBAL GREENS ?
Un réseau informel de militants
Un Comité de coordination intercontinental avec des représentants des 4
fédérations continentales
Depuis 2009 : un Bureau en Australie
Des Congrès peu fréquents
2001
2008
Des réunions dans les cadres continentaux principalement PVE
2. Lien entre PVE & GG
Les Européens sont les instigateurs et les promouvants des GG
A chaque Conseil du PVE (3 par ans) et à chaque Congrès 1 x chaque 3
ans / un GT (fringe meeting est consacré aux GG, souvent avec
des représentants des GG autres continent).
C’est là que cela se passe !
3. Politique européenne et mondiale des Verts sont liées
Combat contre le réchauffement climatique
Combat contre les déséquilibre N/S
Alimentation/ Santé
droit à une alimentation suffisante
& saine / sans GM + bio (sans pesticides, sans engrais)
droit à la souveraineté alimentaire
Transports / Energie :
stopper gaspillage
& pollution

Combat pour une gouvernance mondiale
Les Verts doivent être prêts
Nous avons bcp de ministres…
Apprendre à se connaître et à travailler ensemble
Combat anti-nucléaire
4. Enjeux pour les Verts CH de participer à EGP & GG
4.1 Tous les thèmes liés au Climat / énergie / pollution sont traités EGP
Les électeurs européens vivent la même réalité
Apprendre les uns des autres
Faire des économies d’échelle
4.2 Intégration européenne
Renforcer la gouvernance européenne
Renforcer l’identité européenne
Participer à des campagnes communes
Demander un référendum le même jour partout
Ce que la Suisse doit apporter
Principe de subsidiarité
Proportionnelle
Démocratie directe
Bons offices
Modestie
Renforcer l’intégration de l’est et du nord européens
Faire des ponts sur la Turquie et l’Afrique du Nord
Etre très proactifs dans les Global Greens
La Crise mondiale est notre chance

4.3 L ‘EGP est le lieu pour débattre des grands thèmes
EGP progresse – la politique s’homogénéise
la méthode de travail est excellente, s’inspirer
A new future for Europe : Congrès de Genève 2006
A new Deal for Europe 2005-2006
Economie 2007 ?
Social 2008 ?
Migration 2009 ?
Mieux travailler la question de la migration avec les autres partis
4.4 Les Verts suisses doivent commencer la réflexion, dans les cantons sur
la demande d’adhésion
Lancer une initiative parlementaire / populaire ?
5. Pourquoi je me présente ?
Toute ma vie professionnelle et militante est tournée vers l’international
Professionnel
2 licences sc. po + droit, puis départ au CICR
Soudan /Ethiopie
Pérou
Retour en Suisse : Ens & chercheur pendant 15 ans UNIGE
Assistant de Jean Ziegler
Sociologie du Tier-Monde
Ens. Sociologie des relations N/S
Thèse : Syst. mondial et mouv. soc.
Puis dirigé Laboratoire de sociologie du Tiers Monde
Observatoire des mvts sociaux
Recherches sur Tchernobyl
Deux livres au Brésil
travail démocratisation en Ukraine

Dir de recherche MRM
Coordinateur du PPAH
Aujourd’hui : conseiller à La Mairie de GE
GI
Réseaux de Villes
Je viens de quitter le GC après députés 5 ans 1/2
Je suis passé à 50 % - BEAUCOUP de TEMPS
Un mandat pour une Fondation : Mouvements sociaux et gouvernances
mondiale
Militant
Comité Paix Genève / journal Forum dissidence
Accord d’Helsinki / Havel /charte 77
Helsinki Citizens assemblx : fondateur et animateur en CH
Chiapas 1997
FSM 1,2,3 PA, 4. Mumbai, 5.PA, 6, Nairobi, 7. Belem
+ Caracas
FSE – Paris – Florence Londres (3 premiers / trop gauchistes)
Après chaque forum j’ai fait un petit article, notamment pour les Verts
+ des articles plus substantiel et un livre (non publié) sur le mouvement
EGP depuis 2003, participé presque à tous les Conseils européens
New future for Europe + traduction en Français
Presque toutes les réunions GG

6. Conclusion :
o Participer à la construction d’un discours global et renforcer les
réseaux internationaux ;
o S’inspirer de ce qui se fait ailleurs en matière d’idées, de proposition
de réformes, de stratégie politique ;
o Pour appliquer nos principes de solidarité envers les militants verts
menacés et pour le renforcement des capacités politiques des partis
Verts

o Pour mieux comprendre les enjeux internationaux et leurs
conséquences locales, ici et ailleurs, et intervenir dans le débat
politique en Suisse dans le domaine des Affaires étrangères
o Mieux structurer le travail préparatoire et le suivi
Difficile de rendre compte
Le Cahier des charges ne suffit pas, il faut une sorte de contrat
Je suis heureux 4 postes, mais cela ne suffit pas, il faut élargir le groupe
Mieux mettre ensemble les politiques des Verts CH en matière de :
Affaires étrangères
Migration
Solidarité internationale
Mieux mobiliser les cantons et les militants sur les questions
internationales.

Global Greens : idées de développement
1. Gouvernance : Ouvrir les Fédérations de partis aux ONG (conseil de
la société civile)
2. Mobilisation :
a. Inciter à la création de fédérations de partis (et d’ONG)
thématiques : Nucléaire / OGM (réseau Corine Lepage /
b. Inciter les membres individuels à s’inscrire (individual
membership)
3. Sructuration :
a. Renforcer les documents institutionnels des fédérations et des
GG
b. Donner un droit de regard (ingérence) réciproque.
c. Nommer un organe judiciaire et financier indépendant de la
direction politique.

Bibliographie :

http://lesverts.fr/spip.php?rubrique90
http://www.globalgreens.org/Canberra2001
http://www.globalgreens.org/history/party
http://www.globalgreens.info/ggn_ggnbriefhistory.html
http://www.globalgreens.info/historyphotoessay.html
http://www.ecologiapolitica.iepe.org/ver_subcategoria.php?id=12

http://base.fph.ch:8080/fph/docs/apres_copenhague.pdf