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Louiza/Liberté

LIBERTE

Mercredi 8 juillet 2015

Supplément Économie

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RÉGLEMENTATION DES CHANGES

LES INVESTISSEURS ET LES TOURISTES ALGÉRIENS PÉNALISÉS

LES INVESTISSEURS ET LES TOURISTES ALGÉRIENS PÉNALISÉS L a législation des changes en Algérie pénalise les

L a législation des changes en Algérie pénalise les citoyens et les opé- rateurs nationaux qui désirent investir à l’étranger. Tel est le constat des spécialistes. Trop prudente, trop administrative, trop restricti-

ve, elle est beaucoup moins avancée que celle de ses pays voisins. Au re- gard du droit au change, les citoyens marocains et tunisiens bénéficient de montants nettement plus importants, au titre de l’allocation touris- tique, des frais d’enseignement et des soins à l’étranger, alors que les re- venus financiers des pays voisins sont beaucoup moins élevés que ceux de l’Algérie. En d’autres termes, ces pays traitent mieux leurs citoyens dans ce domaine. Cette situation est à l’origine entre autres facteurs non négligeables de la prospérité du marché parallèle de la devise dans le pays. Quant à la nouvelle réglementation qui libère partiellement l’investis- sement des nationaux à l’étranger, elle est tellement fermée que peu d’ex- portateurs nationaux peuvent répondre aux critères de la Banque cen- trale. Il leur faut au moins trois ans pour constituer des montants assez importants tirés de l’exportation qui leur permettent d’envisager des opé- rations d’investissements conséquentes à l’étranger. L’ambition affichée par le gouvernement de favoriser les exportations algériennes en Afrique est contredite par l’environnement institution- nel trop contraignant, un ensemble de services d’appui insuffisant et une chaîne logistique très en deçà des attentes. Par ailleurs, contrairement au Maroc, l’Algérie ne dispose pas de banques privées locales et encore moins de banques publiques présentes en Afrique subsaharienne. Si ce pays est beaucoup plus agressif dans sa conquête

Une législation des changes anachronique

Par : K. REMOUCHE

k.remouche@gmail.com

des marchés africains, c’est parce que ses banques accompagnent ce mou- vement avec des agences ou des succursales sur place. L’Algérie est à mil- le lieues de cette évolution bloquée par une législation des changes ana- chronique. Si cette prudence se justifie par les énormes transferts illicites de devises, pourquoi alors ce manque de volonté politique en vue de traquer cet ar- gent sale, de séparer le bon grain de l’ivraie ? La législation des changes se caractérise également par son caractère in- achevé. À ce jour, le décret d’application sur la balance excédentaire en devises exigé en 2009 n’a pas été promulgué, ni même celui du méca- nisme de change à terme. En définitive, la législation des changes ne facilite pas les choses aux simples citoyens et aux entrepreneurs qui ciblent l’exportation ou l’in- vestissement à l’étranger comme l’un de leurs principaux relais de crois- sance. Elle ne porte pas l’ambition affichée par le pouvoir politique ac- tuel d’élever l’Algérie au statut de grand pays émergent. Nos gouvernants font en outre l’économie d’une politique de change qui permette de sai- sir les opportunités d’acquisition d’actifs à l’étranger susceptibles de ré- duire notre retard technologique, de développer nos exportations hors hydrocarbures et d’assurer notre développement durable. En situation de baisse des revenus financiers, ils tournent le dos à des solutions et des facilitations qui permettent d’augmenter la part du gâ- teau au profit du Trésor et du bien-être des citoyens. En somme, une po- litique qui mène droit à une crise comparable à celle des années 1990.

K. R.

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LES INVESTISSEURS ET LES TOURISTES ALGÉRIENS PÉNALISÉS

ALLOCATION TOURISTIQUE, FRAIS DE SOINS ET DE SCOLARITÉ

Le droit au change des particuliers toujours en débat

À l’approche de la fin du Ramadhan et avec les vacances d’été en perspective, le rush vers les agences de voyages a déjà commencé pour beaucoup d’Algériens.

C omme chaque année, ceux qui ont décidé de voyager à l’étranger devront se contenter d’une allocation touristique fixée ces derniers jours au montant de 125 euros. Un

montant dérisoire quand on sait que nos voi-

sins tunisiens et marocains, dont les réserves de change en devises ne dépassent pas quelques mois d’importation, accordent à leurs citoyens

au

change annuel respecti- vement de 3 000 et 3 500 euros. Nos voisins ont en outre la faculté “de cumuler ce mon- tant sur deux ans ou de le fractionner pour plusieurs sorties”. En dépit des déclarations pompeuses des responsables de la Banque d’Algérie sur la poursuite du “processus de mise en convertibilité du dinar”, la réglemen- tation algérienne en matière de change au profit des particuliers est restée très conser- vatrice. Elle prévoit 3 principaux cas de

transfert. Il s’agit, outre l’allocation touris- tique fixée à la contre valeur de 15 000 DA par an, d’un droit de change au profit des nationaux résidents poursuivant une scolari-

té à l’étranger. Son montant a été fixé depuis

1996 à 7 500 dinars (70 euros) maximum par

mois pour une période maximale de dix mois s’écoulant entre le 1 er septembre et le 30 juin. Une autre instruction de la Banque d’Algérie

a institué en 1997 un droit de change pour

soins à l’étranger fixé à la contre-valeur en devises d’un montant maximum de 120 000 dinars par année civile. Dans ces deux der- niers cas également, la comparaison avec les pays voisins est accablante. Les citoyens tunisiens par exemple peuvent disposer d’un droit au change pour frais de scolarité à l’étranger qui dépassent 400 euros par mois , sans compter les frais s’inscription pour lesquels la réglementation leur accorde en outre plus de 500 euros.

l’augmentation de l’allocation touristique annuelle et des plafonds de transferts relatifs

aux frais de scolarité et de soins à l’étranger avaient pourtant suscité beaucoup d’espoirs. Différentes sources confirmaient en effet que le projet à l’étude envisageait une augmenta- tion qui porterait l’allocation annuelle à “un niveau d'au moins 500 euros”. Dès le courant du deuxième semestre 2013 ,les premiers signes de détérioration de nos équilibres financiers extérieurs avaient conduit le ministre des Finances, M.Karim Djoudi a

n’était “pas à l’ordre

annoncé que la mesure du jour”.

D. R.
D. R.

deux économies, deux dinars, deux pra- tiques”. Il y a deux marchés du dinar l’un, officiel à 110 dinars pour un euro, l’autre, parallèle, à 160 dinars pour un euro. En offrant une allocation touristique digne, et en facilitant le transfert de devises pour le paie- ment de soins et des études on devrait faire baisser la pression sur le marché informel de la devise en faisant sortir la masse des “petits porteurs” de ce marché. C’était également, dans des termes pratiquement identiques, la vision prônée devant les parlementaires par M. Laksaci au début de l’année 2013 . Mais cette démarche implique simultanément l’acceptation de l’idée beaucoup moins

L’allocation touristique reste dérisoire.

populaire que le dinar algérien officiel est encore “surévalué” et que sa valeur réelle se situe probablement entre les deux taux. Le processus de mise en convertibilité progres- sive du dinar ne peut donc que faire partie d’un plan de réformes destiné à indexer la valeur de la monnaie nationale sur nos per- formances économiques et lui permettre de refléter la compétitivité réelle de l’économie. C’est à cette condition qu’on pourra sortir de la logique imposée depuis des décennies qui présente le droit au change pour les particu- liers comme un “cadeau” des pouvoirs publics aux citoyens algériens .

H. H.

Des conditions contestables

Le règlement n°14-04 du 29 septembre 2014 fixe les nouvelles conditions de transfert de capitaux au titre de l'investissement à l'étranger. Parmi ces conditionnalités, il faut que l'investissement soit opéré dans un secteur lié à son activité principale en Algérie. Ces investissements doivent être “complémentaires à leurs activités de production de biens et de services en Algérie”. Cette disposition est considérée par de nombreux opérateurs comme étant est une ingérence directe dans le processus de prise de décision. Par ailleurs, le montant du transfert de capitaux ne saurait excéder, aux termes de l'article 7 du règlement, le profil de la moyenne annuelle des recettes d'exportations, rapatriées dans les délais réglementaires durant ladite période triennale. Pour en attester, l'opérateur doit présenter à l'appui de sa demande une situation détaillée des opérations d'exportation ainsi que des recettes y afférentes dûment rapatriées et enregistrées durant les trois dernières années précédant la demande, générées par l'activité qu'il exerce en Algérie. Comme c’est codifié, les opérateurs nationaux susceptibles de remplir ces conditions se comptent sur les doigts des deux mains, voire d’une seule main.

S.

S.

Par :HASSANE

HADDOUCHE

un

droit

La faute à la balance des paiements

Les yeux fixés sur les (mauvaises) perfor- mances de la balance des paiements, les auto- rités financières algériennes ont donc peu de chance de remettre le projet à l’ordre du jour dans un avenir proche. La dégradation des marges de manœuvre financière du pays semble aujourd’hui inscrite dans la durée. Diminution des recettes pétrolières et aug- mentation des importations constituent des tendances lourdes qui vont mettre à rude épreuve les finances du pays au cours des prochaines années. À moins que le nouveau ministre des Finances, M. Abderrahmane Benkhalfa ne mettent ses convictions en pra- tique. Quelques mois avant son entrée en fonction, il proposait que l’allocation touris- tique au profit des Algériens se rendant à l’étranger soit portée à 1 000 dollars. Avec prudence et en bon connaisseur des centres de décisions nationaux, M. Benkhalfa, qui estimait l’impact financier d’une telle mesure à environ 1,5 milliard de dollars par an, pré- cisait que ce seuil pourrait contenir une “clause de sauvegarde”, à réviser chaque année, si la situation financière du pays se dégradait.

Ou l’on reparle de mise en convertibilité du dinar

Comme beaucoup d’experts nationaux au cours des dernières années, M. Benkhalfa s’affirme régulièrement convaincu que , l’Algérie a besoin de restaurer “l'homogénéité de son économie”. Selon lui, “nous avons

Le niet du ministère des Finances

Au début de l’année 2013 les mesures évo- quées devant les parlementaires par le gou-

verneur de la Banque d’Algérie

concernant

MOUVEMENTS DE CAPITAUX

Les restrictions de la Banque d’Algérie

En dépit de la rigidité de la politique de change du pays, jamais les transferts illicites de devises vers l’étranger n’ont été aussi importants qu’au cours de ces dernières années.

L e caractère rentier de l’économie nationale, corrélé à la

politique de change, favorise également le transfert illi- cite de capitaux. D’ailleurs, l’Algérie s’illustre dans les

classements mondiaux en se plaçant, parmi les pays d’Afrique qui favorisent le plus le trans-

fert illégal de capitaux, selon un rapport de la Banque africaine du développe-

ment, datant de 2013. Depuis 2009, l'Algérie, dont le dinar est convertible pour les opérations commerciales, a pris une série de mesures pour réduire les transferts d'argent au moment où la facture des importa- tions, de biens et services, dépassait 45 milliards d'euros. Parmi ces mesures figure l'interdiction faite aux sociétés importatrices détenues par les étrangers de transférer leurs bénéfices. Le gouvernement a alourdi les dossiers adminis- tratifs et augmenté les taxes sur les transferts. Il a aussi mul- tiplié les amendes et les procès contre des groupes étrangers. Pour réduire ces transferts de devises, L'Algérie a durci davantage sa législation par la création d’un fichier national des contrevenants en matière d'infraction à la législation et à

en matière d'infraction à la législation et à Par : SAÏD SMATI la règlementation des changes

Par : SAÏD SMATI

la règlementation des changes et des mouvements de capi- taux de et vers l'étranger. Ce fichier est une banque de don- nées dans laquelle seront enregistrées toutes les entreprises et toute personne physique résidente ou non résidente, ayant fait l'objet d'un procès-verbal de constatation d'infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouve- ments de capitaux. Par ailleurs, en septembre 2014, La Banque d'Algérie a promulgué le règlement n°14-04 du fixant les conditions de transfert de capitaux à l'étranger au titre de l'investissement à l'étranger par des opérateurs éco- nomiques de droit algérien. L’autorisation de transfert de capitaux, qui est un sujet délicat dans un pays pratiquant depuis longtemps des restrictions sur les changes, a fait l’ob- jet d’une polémique lorsque certains opérateurs privés ont voulu profiter de la reprise de certaines affaires en difficulté, en Europe plus exactement, et qui se sont heurtés à la rigidi- té de la réglementation. Le nouveau règlement se fonde sur l’article 126 de l’ordonnance 03-11 du 26 août 2003 relative à la monnaie et au crédit, qui prévoit la possibilité d’investisse- ment direct à l’étranger. Le transfert de capitaux est soumis à

une autorisation préalable du CMC. Le règlement précise en outre, que l'investissement à l'étranger doit être en rapport avec l'activité de production de biens et services de l'opéra- teur économique de droit algérien concerné, et doit avoir pour objectif de consolider et de développer cette activité. Néanmoins, ce développement reste extrêmement encadré et soumis au pouvoir discrétionnaire du Conseil de la monnaie et du crédit. Le règlement ne fixe ni les délais d'instruction des demandes d'autorisation ni les voies de recours à suivre. En dépit des avancées et des efforts accomplis par les banques et établissements financiers depuis la promulgation du premier règlement sur le contrôle interne en 2002, les dis- positifs mis en place par certaines institutions demeurent marqués par des insuffisances liées notamment au manque d’implication de l’organe délibérant dans la surveillance des risques, au système d’information et parfois même à l’éva- luation des risques encourus. Des insuffisances demeurent encore en matière des dispositifs de contrôle interne, de sécurité informatique et de gestion des risques.

S. S.

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LES INVESTISSEURS ET LES TOURISTES ALGÉRIENS PÉNALISÉS

LIES KERRAR, EXPERT FINANCIER, PRÉSIDENT DE HUMILIS FINANCES, À “LIBERTÉ”

“La situation actuelle banalise l’illégalité”

Le P-DG d’Humilis Corporate Finances, Lies Kerrar, souligne dans cet entretien que la réglementation des changes ne permet pas de contrôler les flux de devises sortants. Le spécialiste financier estime qu’ il est temps de mettre les choses en ordre, et faire le ménage pour que les besoins légitimes des Algériens puissent être satisfaits en toute légalité.

Liberté : Comment analysez-vous la régle- mentation des changes en Algérie ? Lies Kerrar : A priori nous avons un régime de convertibilité pour les transactions cou-

rante et pas de convertibilité pour le comp- te capital. Ça, c’est en

théorie. En pratique, la règlementation,

et son application fait que beaucoup de transactions cou- rantes n’ont pas accès à la convertibilité du dinar. Aussi, même s’il n’y a pas de conver- tibilité des capitaux, officiellement, les ca- pitaux qui veulent fuir le pays, le font no- tamment par ce qui est formellement “les transactions courantes”. Notre règlemen- tation des changes nous donne l'illusion de contrôler nos flux avec l’extérieur. Cela nous donne l’impression, qu’avec notre admi- nistration et règlementation, nous contrô- lons les flux de devises sortants. Ce n’est néanmoins qu’une illusion. Nous ne contrô- lons pas les flux avec l’extérieur. Et nous ne pouvons pas les contrôler.

Entretien réalisé par :

SAÏD SMATI

Que pensez-vous des nouvelles dispositions qui ont libéré partiellement l'investisse- ment des nationaux à l'étranger ? De façon formelle, ces dispositions publiées au dernier trimestre 2014, n’ont pas libéré l’in- vestissement à l’étranger. La règlementation qui autorisait les investissements à l’étran- ger existait depuis longtemps. Mais elle n’a vraisemblablement pas été appliquée. Là, il y a une nouvelle règlementation qui n’est pas plus “libérale” que l’ancienne. Le chan- gement serait dans l’application de cette ré- glementation. Attendons de voir combien et quels investissements seront dans les faits autorisés.

Comment expliquez-vous que l'allocation voyage, les frais des études et ceux des soins

D. R.
D. R.

à l'étranger soient modestes par rapport aux pays voisins ? Il n’y a pas d’explication rationnelle.

Que préconisez-vous en matière de poli- tique de change pour faciliter l'investis- sement des Algériens à l'étranger ? Il faut d’abord rappeler que les investisse- ments des Algériens sont d’abord attendus en Algérie. Nos besoins d’investissement vont

être très importants si les réformes sur notre environnement des affaires sont faites. Cela étant dit, nous avons besoin de mettre les choses en ordre, et faire le ménage pour que les besoins légitimes des Algériens puissent être satisfaits en toute légalité. Il faut évidement, donner accès aux Algériens aux devises dont ils ont besoin pour voyager, étu- dier, se soigner… La situation actuelle ba- nalise l’illégalité et affecte le respect que nous

devons avoir pour la Loi. Les entreprises al- gériennes qui ont besoin de se développer à l’international doivent aussi pouvoir le fai- re. Ça ne devrait pas être un événement, mais la routine. Enfin, les Algériens doivent pou- voir diversifier leur épargne. Ce qui a été re- commandé à cet effet, dans le rapport Nab- ni 2020, c’est de créer la possibilité d’inves- tir à l’étranger 10% de son épargne, pour au- tant que les 90% autres soient investis dans les marchés financiers algériens (Bourse, fonds d’investissement, etc.). Ça, ce sont les mesures urgentes pour remettre les Algériens sur le chemin de la confiance sur ce sujet. Après, il faut aussi évidement mener les bonnes politiques monétaires. Le prix du ba- ril de pétrole a perdu 40% depuis un an. Et nos exportations sont quasi exclusivement des hydrocarbures. Mais le dinar ne s’est déprécié que de 20% par rapport au dollar. Il y a donc de la mar- ge pour plus de dépréciation. La dépréciation du dinar est vraisemblablement inéluc- table. Le défi c’est de limiter l’impact sur l’in- flation et de s’assurer, par la réforme et des actions qui remettent en place un climat de confiance, que cette dépréciation soit rendue utile pour le développement de notre com- pétitivité.

DROIT AU CHANGE

Nos gouvernants traitent mal leurs citoyens

Le droit au change est l’expression de la considération qu’accordent nos gouvernants aux citoyens. Les Tunisiens et Marocains qui ont des revenus financiers moins importants que l’Algérie sont mieux traités. Le Tunisien bénéficie d’un droit au change de 3000 euros pour leurs voyages. Un montant qu’il peut fractionner en plusieurs tranches ou en plusieurs années. Pour les soins de santé, tous les frais à l’étranger sont pris en charge par

l’État tunisien, le particulier paie la contrepartie en dinars tunisiens. Pour les inscriptions dans les grandes universités étrangères, l’État tunisien s’en charge également, la contrepartie dinar tunisien est payée en Tunisie. Cette facilitation fait que beaucoup de Tunisiens font de grandes études à l’étranger. Quant à la législation des changes de manière globale “elle nécessite un toilettage pour la rendre plus harmonieuse,

plus efficace”, soutient Mohamed Kessel, consultant financier. Il remarque le caractère inachevé du dispositif institutionnel en la matière : le texte d’application sur l’obligation d’avoir une balance devises excédentaire pour les investissements étrangers en Algérie décidé en 2009 n’est pas encore promulgué, ni même celui sur le mécanisme de change à terme.

K. R.

LE RÈGLEMENT 14-04 DE SEPTEMBRE 2014 DE LA BANQUE D’ALGÉRIE

Un texte administratif antiéconomique

Le règlement 14-04 de septembre 2014 fixant les conditions de transfert des capitaux à l’étranger au titre de l’investissement à l’étranger par des opérateurs économiques de droit algérien, censé libérer l’investissement des entrepreneurs nationaux à l’étranger, pose des problèmes d’application.

i ces dispositions sont mises en œuvre, seule une petite poignée d’exportateurs peuvent remplir les conditions,

soulignent plusieurs spécialistes. Le texte limite le champ d’intervention des opérateurs. L’in-

vestissement à l’étranger doit être en

aval ou en continuité avec les activi- tés industrielles de l’exportateur en Algérie. “Supposez qu’une bonne opportunité d’acheter une usine d’hélicoptères se présente à l’international, la société algérienne intéressée ne peut tenter d’acquérir l’usine. L’activité construction d’hélicoptères n’exis- te pas en Algérie. Donc cette acquisition d’actifs à l’étranger n’est pas autorisée. Ce qui est aberrant”, observe un expert finan- cier. Ce texte ne pose pas également des critères de pertinen- ce du projet d’investissement à l’étranger. “L’investissement à l’étranger devrait s’effectuer en fonction des besoins de l’Algé- rie. Ceux qui s’inscrivent dans cette orientation sont encoura- gés à investir à l’étranger. Or le texte est de caractère adminis- tratif. Il ne prévoit pas des critères économiques. Imaginez que

S

Par : K. REMOUCHE

vous achetiez des parts de Peugeot comme l’ont fait les Chinois. Vous seriez dans le conseil d’administration et donc vous au- rez un pouvoir d’influence sur la décision d’implanter une usi- ne Peugeot en Algérie”, ajoute-t-il. Ce règlement ne tient pas ainsi compte du critère de souplesse nécessaire pour que les opérateurs algériens puissent profiter des opportunités qui se présentent à l’international dans une conjoncture de crise en Europe, où les sociétés peuvent se vendre pour une bouchée de pain. Autre inconvénient : le texte plafonne les montants transférés par les opérateurs pour les besoins d’investissement

à l’étranger. Le montant annuel à transférer doit correspondre

à la moyenne des exportations des trois dernières années. Com-

me en Algérie rares sont les gros exportateurs, les petits ex- portateurs doivent augmenter entre 2015 et 2017 leurs ex- portations pour pouvoir disposer en 2018 d’un montant suffi- sant à transférer pour leurs projets d’investissement à l’étra ger.

Le texte ne sera véritablement opérationnel qu’en 2018. La boucle des restrictions est bouclée avec une autre disposition

qui conditionne le feu vert du Conseil de la monnaie et du cré- dit de la Banque d’Algérie à l’état ou situation financière du pays. Autre lacune de la législation des changes : les 20% en devises tirés du montant exporté, l’opérateur peut en faire l’usa- ge librement, selon un texte de la Banque d’Algérie. Un autre texte de la banque centrale stipule que toute acqui- sition d’actifs à l’étranger est soumise à autorisation de la Banque d’Algérie. Du coup, ces règles ont un effet pervers. L’opérateur est libre d’utiliser les 20% en devises pour ses voyages à l’étranger, mais pas pour profiter d’une opportunité ou plusieurs opportunités d’investissement à l’étranger dont les dividendes pour l’Algérie peuvent être énormes : déve- loppement des exportations hors hydrocarbures, progrès technologique, réduction de la facture importations. Cette lé- gislation des changes est donc antiéconomique. C’est en som- me le politique qui prédomine sur l’économique en Algérie, commente l’expert financier. Cette tendance explique le grand retard qu’accuse l’Algérie dans son développement.

K. R.

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LES INVESTISSEURS ET LES TOURISTES ALGÉRIENS PÉNALISÉS

 

SYSTÈME FINANCIER

Opportunités ratées

Qu’il s’agisse de la convertibilité du dinar, de la création de fonds souverains, de l’augmentation de l’allocation touristique ou des soins à l’étranger, les autorités politiques et monétaires ont toujours marqué leurs réticences pour de multiples raisons.

T outes ces options ont été envi- sagées et suggérées par les spé- cialistes financiers et moné- taires, au moment où nos recettes d’exportation étaient substantielles avec un prix du

baril moyen de 110 dollars. Les pouvoirs publics n’en n’ont pas tenu compte. Ils ont

fait le choix, à travers les plans de dévelop- pement successifs, d’in-

vestir massivement nos

ressources dans des programmes de réalisation des infrastruc- tures de base et d’équipements. Aujourd’hui, toutes ces options, hormis l’investissement des entreprises algériennes à l’étranger, ne sont plus envisageables, compte tenu de la chute des cours du pétrole et de la contrac- tion de nos recettes extérieures. Pour rappel, la question de la convertibilité du dinar a été l’objet de controverse entre spécialistes. Ouyahia, chef du gouvernement à l’époque, avait tranché le débat avec un niet catégo- rique, arguant du risque de fuite de capitaux à large échelle et de l’impact sur le finance- ment des programmes de développement économiques et sociaux. Pour ce qui est de la création de fonds souverains, Les institu- tions financières nationales et notamment la Banque d’Algérie, de même que les déci- deurs politiques, ont marqué leur réticence et se sont fortement opposés à cette option. Pourtant, Abdelatif Benachenou, ancien ministre des Finances et proche du prési- dent de la République, était un fervent défenseur de l’option de création de fonds souverains. Car, estimait-il que “20% de nos réserves de change suffisaient pour lancer un fonds d’investissement souverain”. Mais faut- il recontextualiser sa pensée ? Nous n’étions

Mais faut- il recontextualiser sa pensée ? Nous n’étions Par : A. HAMMA D. R. La

Par : A. HAMMA

D. R.
D. R.

La question de la convertibilité du dinar a été l’objet de controverse entre spécialistes.

pas dans une situation de chute des cours des hydrocarbures. En revanche, son succes- seur et actuel conseiller à la présidence, en l’occurrence Abdelkrim Djoudi pense qu’ “une telle option est une décision économique et une question de prise de risque, et qu’il serait plus judicieux de consacrer ce pactole au financement des grands projets”. Concernant l’investissement à l’etranger, la Banque d’Algérie vient d’édicter un règle- ment publié au Journal officiel n° 63, de l’an- née 2015, encadrant l’investissement des opérateurs économiques de droit algérien à l’étranger. Il s'agit d'investissements réalisés par les opérateurs économiques de droit algérien, “complémentaires à leurs activités

de production de biens et de services en Algérie”. La Banque d’Algérie vise en l’oc- currence, la création de sociétés, de succur- sales, la prise de participations dans des sociétés existantes sous forme d’apports en numéraires ou en nature ou encore l’ouver- ture de bureaux de représentation. En outre, les transferts de capitaux au titre de l'inves- tissement à l'étranger par les opérateurs éco- nomiques de droit algérien, quelle que soit la forme juridique qu'il peut prendre dans le pays d'accueil, sont soumis à l'autorisation préalable du Conseil de la monnaie et du crédit (CMC). Comme il est énoncé que l'in- vestissement à l'étranger doit être en rapport avec l'activité de l'opérateur concerné avec

pour objectif de consolider et de développer cette activité. Enfin, pour la Banque d’Algérie, cet investissement à l'étranger, ne doit pas porter sur des opérations de place- ments ou sur des biens immobiliers autres que ceux correspondant aux besoins d'ex- ploitation des entités créées à l'étranger ou faisant partie intégrante de leur activité. Voilà pour ce qui est de l’économie générale du texte du règlement édicté. Quelles que soient les interprétations des uns et des autres de cette décision, la BA est dans sa mission d’encadrement et d’anticipation quant aux éventuelles dérives d’une autori- sation tous azimuts de transfert de capitaux vers l’étranger, d’autant que notre pays, selon le GAFI (Groupe d’action financière), est sur la liste des pays à risques de blanchi- ment d’argent. In fine, l’Algérie est forte- ment menacée dans ces équilibres financiers et macroéconomiques structurels. En dépit des arguments avancés par la Banque d’Algérie dans ses dernières notes explica- tives dès 2013 de la dépréciation du dinar, et de l’exécutif qui affirmait que tout allait bien, la toute dernière dévaluation du dinar relan- ce la polémique entre spécialistes, qui crai- gnent le pire sur le pouvoir d’achat des caté- gories sociales les plus vulnérables et sur la stabilité sociopolitique du pays. Ils plaident pour une priorisation des programmes d’équipements ainsi qu’une rigueur dans les dépenses de fonctionnement. C’est bel et bien le mode de gouvernance qui est en cause. Et tout le monde connaît les dérives auxquelles ce mode a donné lieu. C’est pour cela que nous avons raté de précieuses opportunités au moment ou nous avions les moyens.

A. H.

EN TOUTE LIBERTÉ MUSTAPHA MEKIDECHE mustaphamekideche@ymail.com
EN TOUTE LIBERTÉ
MUSTAPHA MEKIDECHE
mustaphamekideche@ymail.com

Quels ajustements de la politique de change pour réduire la crise financière et budgétaire ?

T out le monde s’attend, pour des raisons d’ailleurs dif- férentes, à des ajustements

de la politique de change en cet- te période de baisse des avoirs en devises et de déficit budgétaire. Ces ajustements sont et seront d’autant plus incontournables que les deux seules variables de génération de devises de l’éco- nomie algérienne (quantités ex- portables et prix des hydrocar- bures) sont durablement affec- tées de façon significative. Il faut savoir que nous avons bouclé l’année 2014 avec un déficit de la balance des paiements de 9 mil- liards de dollars après une année 2013 à peine équilibrée avec seu- lement 1 milliards de dollars d’excédent (source FMI). Cette tendance négative baissière se re- trouvera en 2015 puisque la ba- lance commerciale a déjà enre- gistré, au premier trimestre 2015, un déficit de 1,73 milliard de dol- lars. Il faut se rappeler à ce pro- pos de la séquence 2008/2009 particulièrement erratique du point de vue de la balance des paiements. Ainsi au cours de l’année 2008 nous avions enre- gistré l’excédent le plus élevé

obtenu en Algérie avec 34 mil- liards de dollars contre seulement un équilibre parfait l’année sui- vante de 2009 du fait là aussi de la chute brutale du prix du baril. Aujourd’hui la chose qui reste à connaître c’est simplement l’am- pleur de ces ajustements pour en apprécier l’impact potentiel sur la croissance, l’emploi et l’infla- tion, sachant que les ajuste- ments “mécaniques” ont été déjà opérés lors du second semestre 2014. Mais au préalable, rappe- lons brièvement quelques élé- ments historiques d’évolution du régime des changes en Algé- rie depuis l’indépendance. L’Al- gérie a d’abord connu un régime des changes dit de fixité de par son inclusion dans la “zone franc” avant que le pays n’obtienne sa souveraineté monétaire, ensui- te dans l’ancrage du dinar algé- rien par rapport au franc français et enfin dans un ancrage mul- tiple par rapport à un panier de devises. Ce dernier ancrage mul- tiple est intervenu dès que les ex- portations d’hydrocarbures ont commencé à générer un flux important de devises en dollars. Ensuite il y a eu les dévalua-

tions excessives et brutales des années 90, sous la pression no- tamment des institutions de Bretton Woods, qui ont fini par mettre à terre les tissus produc- tifs publics et privés ; sans oublier la promulgation de la première loi sur la monnaie et le crédit (LMC). À présent nous sommes dans un régime de change à flottement dirigé et à converti- bilité partielle. On dit “régime de change à flottement dirigé” par- ce que le renforcement ou à l’in- verse le recul de la parité du dollar est répercuté sur le taux de change du dinar sachant que l’essentiel de nos devises est li- bellé en dollars. Par ailleurs le ren- chérissement du dollar par rap- port à l’euro s’est déjà traduit par le resserrement de l’amplitude de change dollar/euro par rapport au dinar qui est passée de 30 DA à 20 DA. On dit ensuite “régime de change à convertibilité par- tielle” parce que cette dernière ne concerne que les opérations com- merciales de biens et de ser- vices et donc exclut le mouve- ment des capitaux vers le reste du monde. On peut néanmoins observer qu’un premier coup de

La dépré-

ciation du

dinar, à

l’instar de la rationali-

sation budgétaire, se prolongera dans les prochains mois mais de façon douce. Dépréciation parce que, pour le moment, la production nationa- le de biens et ser- vices est insuffisante en quantité et en qualité pour se sub- stituer rapidement aux importations”

canif, dans une situation du res- te contracyclique, a été porté à cette disposition par la possibi- lité offerte dorénavant aux opé- rateurs algériens publics et pri- vés d’autoriser, au cas par cas, l’ac- quisition d’actifs industriels et technologiques à l’étranger. Ceci dit il est clair que la dépréciation du dinar, à l’instar de la rationa- lisation budgétaire, se prolongera dans les prochains mois mais de

façon douce. Dépréciation parce que, pour le moment, la produc- tion nationale de biens et services est insuffisante en quantité et en qualité pour se substituer rapi- dement aux importations ; dé- préciation aussi pour renchérir les importations qui verront leur volume et leur nature s’ajuster. Mais une dépréciation contrôlée car d’une part le dinar ne subit pas la pression de la dette ex- terne, et d’autre part, il est ados- sé à des réserves de change longues sans l’existence des- quelles une dévaluation forte serait immanquablement in- tervenue. À l’inverse le dinar s’appréciera au fur et à mesure que l’économie réelle investit plus et produit plus de biens et de services pour le marché do- mestique et l’exportation sur le moyen et le long termes. Sur le long terme justement, l’instru- ment qui calcule l’évolution du taux de change, rapporté au pouvoir d’achat, est la parité du pouvoir d’achat (PPA). J’avais traité ce type de question dans ma chronique du 15 avril 2015. J’y indiquais qu’une étude de la très libérale Université de Sher-

brooke montrait que le PPA de l’Algérien était passé, en dollars courants, de 7611 dollars en 1000 à 13304 dollars en 2013. À titre de comparaison, en 2013, la même source donne un PPA de 11 092 dollars pour le Tunisien. Il est de 7200 dollars pour le Marocain, soit la moitié de celui de l’Algé- rien qui avait déjà atteint ce montant en 1998, c’est-à-dire à la sortie du programme d’ajuste- ment structurel. Pour faire court, on voit bien que la notion de taux de change n’a de pertinence que si elle contextualisée dans le temps long et par rapport au pouvoir d’achat. Ce qui relativi- se les appréhensions conjonc- turelles des ménages et des chefs d’entreprise. Sûrement pas les lobbies de l’importation. C’est ce qui explique aussi, vous l’aurez compris, la tiédeur des pouvoirs publics à ouvrir, pour le moment, le dossier des transferts sociaux et des subventions des produits de base. Malgré tout un tabou vient de tomber : celui d’un niveau de consommation ra- tionnelle et limitée des carbu- rants à prix indécemment sub- ventionnés.

M. M.

LIBERTE

Mercredi 8 juillet 2015

Supplément Économie

15

ENTREPRISE ET MARCHÉS

BCR

Un label bien établi

EN BREF

PCH:approvisionnéeloca-

lement à hauteur de 30%

La Pharmacie centrale des hôpitaux

(PCH) a été approvisionnée en médicaments localement produits à hauteur de 29% avec un coût de 8 milliards DA durant la période allant du 1 er janvier au 20 mai 2015, a indiqué le directeur général de la PCH, M'hamed Ayad. La facture de ces médicaments est passée entre le 1 er janvier et le 20 mai 2014 de 6 milliards DA à 7,8 milliards DA en 2015, soit une hausse de 29%. S'agissant des produits pharmaceutiques importés, la facture de la PCH a reculé de 22%.

Algérie : hausse de la production industrielle

Les prix à la production industrielle

hors hydrocarbures du secteur public ont connu une hausse de 1,1% au 1 er trimestre 2015 par rapport à la même période de 2014, a appris l'APS auprès de l'Office national des statistiques (ONS). Par catégorie sectorielle, les prix à la production des industries manufacturières ont connu une évolution de 0,6% durant la même période de comparaison. Les autres secteurs qui ont également participé à cette augmentation des prix à la production industrielle sont les industries du textile (+1,9%) et de l'agroalimentaire (+0,8%).

Vietnam :l’une des économies les plus dynamiques du monde

Le Vietnam, la Chine et l'Inde seraient dans le peloton de tête des économies ayant connu la plus forte croissance en 2015, selon Bloomberg. D’après les experts, l’économie vietnamienne connaîtrait une croissance de 6,1% à la fin du 4 e trimestre 2015. Ce serait le 3 e taux de croissance au monde, derrière deux pays du groupe Brics que sont l’Inde et la Chine – respectivement 7,5% et 6,9%. L’enquête de Bloomberg menée sur 47 économies a indiqué qu’outre le Vietnam, de nombreux pays d’Asie du Sud-Est figurent dans cette liste.

COURS DU DINAR

ACHAT VENTE

US dollar

1 USD

99,3719

99,33869

Euro

1 EUR 109,9451

109.9815

COURS DES MATIÈRES PREMIÈRES

Brent

58,50 dollars/baril

Or :

1 167,50 dollars

Blé :

184,25 euros/tonne

Maïs

193,75 dollars/tonne

Cacao 2 159 livres sterling/tonne

Robusta

1 853 dollars/tonne

Issue de la restructuration de la Société nationale de constructions mécaniques (Sonacome), en 1983, BCR n'a pas tardé à se distinguer par la qualité supérieure de ses produits avant de subir les premiers assauts dévastateurs de la crise économique et la vague de fond provoquée par la vertigineuse dévaluation du dinar.

L e groupe a, néanmoins, su faire face aux retombées de cette pério- de. Activant dans un large créneau qui va de la boulonnerie à la robinetterie en passant par la coutellerie, le groupe BCR s'est fait

connaître particulièrement par la pureté et la fi-

nesse de la vaisselle de luxe qu'elle produit. Le

sigle BCR est aujourd'hui en passe de devenir une vé-

ritable griffe grâce à une stratégie basée sur l'amélioration de la qualité. Concernant la production, le groupe dispose de trois filiales. La filiale Orfee, constituée sur le site industriel de Bordj-Menaïel, elle fabrique et commercia-

lise les articles de coutellerie, platerie, poterie et terrines dans les qualités ménage, orfèvre et ar- gent, ainsi que les éviers en acier inoxydable. La filiale Orsim, établie sur le site industriel de Oued R’hiou, fabrique et commercialise la boulon- nerie-visserie (boulons, écrous, rondelles, tiges

filetées, produits ferroviaires,

La filiale Saniak, installée sur le site industriel de Aïn El-Kebira, fabrique et commercialise quant à elle des produits de robinetterie do- mestique, mélangeurs, mitigeurs, produits bâ- timent (puisage, vannes d'arrêt, gaz). En plus de ces sites de production, BCR s’est doté d’une fi- liale commerciale. Vedia, société de vente d’équipements domes- tiques et industriels d’Algérie est la dernière en- tité créée par BCR dans le cadre du processus de restructuration initié. Elle exerce une activité de négoce et de service pour les gammes fabri- quées par les sociétés du groupe BCR et autres articles complémentaires destinés à l’équipement des logements, de l’hôtellerie, de la restauration, des ménages ainsi qu’aux industries consom-

des ménages ainsi qu’aux industries consom- Par : SAÏD SMATI ). D. R. Le sigle BCR

Par : SAÏD SMATI

).

D. R.
D. R.

Le sigle BCR est aujourd'hui en passe de devenir une véritable griffe grâce à une stratégie basée sur l'amélioration de la qualité.

matrices de produits d’assemblage et de fixation. Le groupe dispose également de boutiques et d'agents agréés sur tout le territoire national. Il faut dire que le groupe possède une notoriété bien établie. Le groupe dispose de conventions avec des ins- titutions publiques, les universités. Tout cela constitue un marché conséquent pour le grou- pe. Mais elle souffre du phénomène de la

contrefaçon qui prend des proportions alar- mantes.

En effet, le groupe BCR a perdu en dix ans jus- qu’à 30% de ses parts de marché en raison de la contrefaçon. Les produits contrefaits de la so- ciété sont distribués dans des volumes impor- tants sur le marché algérien. Le groupe perd depuis 1994, de 20 à 30% de sa part de marché. Malgré cela, BCR refuse d’ab- diquer. Mieux encore, le groupe se positionne en première ligne de la lutte contre la contre- façon. E

n 1998, BCR a initié un projet d'élaboration de

normes en collaboration avec l'Institut algérien

de normalisation, qui a abouti, le 16 mai 2000,

à l'obligation légale du respect des normes na-

tionales de robinetterie et boulonnerie. BCR a pris l'initiative de mettre à la disposition des structures compétentes du ministère du Com- merce un laboratoire équipé de tous les moyens d'investigation nécessaires.

S. S.

LU POUR VOUS

REVUE DES ENTREPRENEURS ET INDUSTRIELS

Focus sur l’évolution du commerce extérieur

L a revue du Club des entrepreneurs et in- dustriels de la Mitidja (Ceimi), Eco News, a consacré l’essentiel de son numéro à la

conférence nationale sur le commerce extérieur, tenue fin mars à Alger. Dans le compte rendu de

la rencontre, le document rapporte que l’Algérie

enregistre 6300 exportateurs seulement qui ex-

portent bon an, mal an 5% du volume global des exportations. Dans son intervention lors de la

conférence, Kamel Moula, le président du Ceimi,

a une série de propositions du Club pour déve-

lopper les exportations hors hydrocarbures. La plus importante consiste à développer une stratégie

d’exportation vers les pays africains. Parmi les pro- positions, citons :

- Réduire les délais de dédouanement à l’expor-

tation à 2 jours et simplifier les procédures export par l’instauration de la liasse unique.

- Créer des plateformes portuaires dédiées à l’ex- portation, notamment pour les produits frais où

il y a urgence.

- Réduire les délais de transit portuaire et sures- taries

- Créer un conseil des chargeurs. L’absence de cet

organisme est une des causes principales des augmentations de coûts de fret imposés par les multinationales du transport maritime.

- Coordonner les dispositifs et les opérations liées

à l’acte d’exporter par la création d’un point focal dédié à la promotion des exportations à domici- lier au ministère du Commerce. Il s’agit de mettre

en place un réseau de tous les ministères et orga-

nismes qui, en collaboration avec les collectivités locales et d’autres partenaires, aide les entre- prises algériennes à exporter sur les marchés in- ternationaux. - Reconfigurer les représentations diplomatiques à l’étranger pour y inclure la dimension diplomatie économique incluant la collecte des informa- tions sur les marchés et les opportunités d’export, particulièrement au niveau des pays ciblés. Par ailleurs, le président du Ceimi constate que les PME sont peu engagées sur les marchés étrangers. La grande majorité des PME se concentre prin- cipalement sur les activités de services et le BTP, et en second lieu, seulement 32% sont dans les in- dustries manufacturières. “Nos PME se focalisent d’abord à satisfaire le mar- ché régional et national, et certaines d’entre elles ac- cusent un sérieux retard technologique avec des équipements qui ne répondent pas aux normes ain- si qu’un faible niveau de formation du personnel pouvant prendre en charge des équipements mo- dernes. Par ailleurs, les contraintes procédurales et administratives pèsent également lourdement sur la volonté d’exportation”, ajoute-t-il. La revue énumère une série d’activités récentes du Ceimi : le renforcement du bureau exécutif du Club, la rencontre avec Société Générale, les am- bassadeurs de Grande-Bretagne et du Mexique, le partenariat conclu en matière de formation avec l’Insim, la conférence débat organisée sur la va- lorisation des produits agricoles…

BOURSE D’ALGER

 

Séance de cotation du 6 juillet 2015

TITRES COTÉS TITRES NON COTÉS ACTION

DERNIER COURS DE CLÔTURE

 

ALLIANCE ASSURANCES Spa EGH El AURASSI NCA-ROUIBA SAIDAL

575,00

440,00

380,00

585,00

OBLIGATION

SPA DAHLI

10 000,00

PRINCIPAUX INDICATEURS BOURSIERS

Capitalisation boursière :

15 054 534 825,00

Valeur transigée :

0,00

Encours global des titres de créance :

2 360 140 000,00 309 000 000 000,00 1 232,47

Encours global des valeurs du Trésor :

Indice boursier théorique