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Hmenageras ga, cent” SOURCES CHRETIENNES , Gotection divigis per Hs de LUBAG, S.-J. DANIELOU, Sf. ATHENAGORE SUPPLIQUE AU StvEF DES Comins CHRETIENS Distone, ae be ati 164, Sima a RDITIONS BU CERT, 20, 8 oun Mavaound, PARIS EDITIONS DE LABEL 1843 INTRODUCTION 1 Athénagore ot eon auvre. Parmi les apologies du christianiame qui remontent au usicle, Fune des phis intéressantes est eae d Athénagore, lee Supplique pour tes ehvétiens. Bile a cependant été presque entitrement iguorée de T'antiquité. Fustbe de sarée ne la signsle pas dans son Histoire eotésiastique. Saint Jéréme n'en parie pas davantage dans le Do viris Inlustritus, si aceveillant ¢’silleurs & tant dccuvres moins ccousidérables. Seul parmi es. éerivains anciens, saint Méthode ¢'Olymye en cite quelques Tignes, sous 12 nom de eur auteur, dens le traité Sur da résurrection’ eb Yon a pu y relever dans ses autres ouvrages, dans Ie De auerusia en particulier, d'indisoutables sllusions. Le passage do Méthode est reprocuit avec Ia eltation ’Athenegore par saint Epiphane® ct par Photius®, mals nl Tun ni Tautre de es auteurs ne connatt directement la Suppligue Le silence det ancicns n'est pas une raison sulllsente pour nous autoriser motize ea doate Ie nom mime TAténagore ot 4 necepter une conjecture de Baroniuss, reproduile en passant par Tilemon't§, selon laquelle Athenagore serait & identifier avec AthEnogine, dont parle saint Basile. Sans doute, «ees deux noms ne sont point si «ifécents que es eopistosn’aient pumettre un pourl'eutre?; ais Athsnogene doit étre un martys de la persecution de De resurecione, 197, 1 60, Bonwetsa, p. 277 $ Hares, URI, 23,1, 8, Hel Type 446. 2 Dit cod 284, dn thay, rome 18 Sanur 8 Aépoiree tit Darks 1300) pe dBW De Spire seneo, 20, asacent, lon it 8 ATRENAGORE Diookétien, tancis qu’Athenagore vivait sous Te regne de Marc-Auréle, ce qui soffit a rendre vain le rapprochement propose. ‘La seule notios que nous postédions sur Athénagere, remonts & Philippe de Side ea Pamphile, qui, ai debut du vt sidele, a parle de lui dans son Histoire ehdlienne. Lrouvroge de Philippe est perdu, & Pexosp~ tion de quelques ftagments cootenus dans une chafne historique, quo l'on attribue & Nicéphore Calistet et le pastage qai nous intéresse est ainsi congu : « Le premier maitre de Vécole d’Alexandrie fut Athénagore, qui flo~ rissait aux temps 'Hadrien et d’Antonin, auxquels il adyessa un discours dlambassade (speoSeoracéy) pour les chrétiens, Cet homme gorda som manteau de philosophe tout en professant Je christianisme et présida 'éeole acadé= mique, S'étant proposs, avant Celse, d'serine contre les cenrétiens, il se mit A lire les Beritures divines pour les combattre ea meilleure connaissance de cause; mais il fut pris par PEspritSaint si bien que, & exemple de Paul, de persouteur il devint maitre dans In foi u'll voulalt attaquer, Philippe ajoute, continue Je eaténiste, que son Giseiple fat Clément, Tautene des Stromates, et eclui de. Clément, Panténe. Pantine, athénien lui aussi, fut um philosophe pythagoricien » ‘A viai dire, eatto notice no snurait pas nous inspirer une grande eonfiance, car elle embrouille ot confond les données. Jes plas assuirdes, Panitine, loia d'etre le disciple de Clément Alexandria, a élé son mattre!: il wétait pas originaine AAUhEnes, mais de la Sicilc; il ne professait pas le pytha- | Cex fragments sont ccusarrds dans un manus, @Osford, ir tad, fol 215 elit eul nous tSreee a et EAE par 1690) eet reprodu dans Pe Co, Vie 182 ene, Hae eels Wy 1, VGciuasts pAucente, Somat, 1,1, 1; ef Bomar, Hit isrnopuerton a gorisme, mals Te stotcisme’. Eusébe, qui nous a conserve Phistoire de I'Beole d'Alexandrie, telle du moins’ qu’on croyait la connaitre au début du 1v* sibsle% ignore le role qu’y aureit jous Athenagore et va jusqu’a laisser de edte son couvee spologetique. Quand on se souvient ailleurs de tautes Tes erreurs que commet Philippe en rappelant les destinées ullériewres de Boole d’Alesandrie’, on higsite & ajouter foi a son témoignage présont. Il ost vrai (que nous eonnaissons par Photiust un certain Athénegore ‘a qui P'Aloxandrin Boethos adressa, vers Ta fn du ue siete, tun livre sur Tes expressions obscures de Platon (rep! 7a ‘mop Thérons éropovpdoar Mécun) +l pourrait étre tentant, ‘comme on I's fait, c'identifior ee porsonnoge avee notre ‘apologist; il faut avouer pourtant que Tes raisons apportses en faveur de Phypothise sont des plas ténnes En definitive, ce que aous savens de plus certain sur Athénagore, nous est fourni par la lecture méme do ta Supplique. Dés le abut, mous apprenons que Tauveur s'adzesse aus emperours Mare-Auréle et Commodle. Nous volei done hien Join de la date suggérée par Philippe de Slide, qui faisait de eette apolog’e un discours prononst ‘eval Hadrion ct Antonin. Théoriquement, ot si Fadresse n'était pas authentiquo, la chose ne ecrait pas impossible S crtiemen be. lt PCL 6. Banu, re originee de Pewle @-Alerméne, dans role de asenty ttigiete, © XXVtl, 1987, Th 08805 POU de txinte a Alero, dans Vite et Peer 2 96; Pats, 102, pp. 80-109. phlippe de Sie pretend que. Macaie d'Alexandie aura snceéaé i bierve la tete de Pecole. Dr vest aus enytrens de S00 que Tere aurail shandonne ig dostinn a didacclta et Macalre felis present tect datas Apr Maeale erat Sen Day = icune date avect neiques pour les cabuts ie som acti cate ‘hilque et Yon peat dite de ingresoncede DiaymeuTécaled Asean frie Ch G. Baagy. Dldgre Taeragte, pp. Gb, Pour Uitte Do. 65-108. tle cod. 159. Tt Zan, Forachungen sor Geaehide des Kanone des Neuen Testrtene, C3, Pe 3D. 10 ATHENAGORE Puisque Quadratus vivalt sous lo régno d'Hadrien! et qu’Aristide adresse 2 Antonin sa defense du cbristionismet, ‘Mais, au cours de son livre, Athénagore est amené 4 parler @’Antinolis qui, dit-il aux empereurs, a obtenu, par Ia ienveillance de vos ancétres envers leurs sujets, d'etre regardé comme un dieu. Or Antinois est mort en 122 ct e fut cette annéeli oa Ja sulvente quit fut plaeé aw nombre des diews par Hadrien, Tl est dene ela qu’Fladrien Iuiaméme ne saurait avoir b2 un des destinataires de la ‘Supplique ct la méme remarque vaut pour Antonia, son fils adoplif. Au contraire Mare-Auréle et Commode sont biea, cu point de vue Iga, les descendants d'Hadien et remplis- seat le condition exigée par notre texte, Dvallours, les deus empercurs auxqucls sladresse Athénagore sont mgardés, dans un cutre passage, comme le pare et le fist, ce qui n'est rigoureusement vrai quo de Mare-Auréle ot de Conmode, ‘Dans es conditions, it n'y a pas lieu de mettre en doute les indications fournies par Ia dédienee de Vouveage, et cellei permet d'ajouter des. prévisions supplémentaires, L'ocoession de Commode a lempire n'est pas antérieure 176% la mort do Maro-Auréle arriva le 17 mars 1805 Crest donc entre ces don dates qu'il fsut placer Ia rédeetion de le Supplique. D'autre part, les ceux emperenrs portent Jes titres d’Anméniques et de Sarmatiques. L'exp8dition eontre les Sarmates ent liow au cours ce 175 : oe fut la fin de cette année que Mare-Aurvle et Commode prirent le sumom de Sarmatiques et année suivante quis oflé- 1 Huston, Hit, eal, 1, 3, 4e EAuismnn, Agel, I, Resins, His ee, 1,258 3 Lopate, XXX. Llapethiore @antinngs col feequcmment rap pele par is epotogstess el. Jyemiey J pel Nise Tarteky rat, Nz Twborainn, Ad alte, 1p % Cravens, Pre” W, 49, 8 Onichis, @ ets, 11, 36:37, Vil, Sr trererams, apology 9 Adie Maren y ti." Aanéxagons, Legato, ST S'Lasurnioe, Vile Coram 2 “ Lhsempe) Vite Me sere INTRODUCTION u bnrérent solennellement leur vietoice par les oécémonies du. triomphe', On a beaucoup disoats ur le titre d'Arméniques, Th, Moramsen a prétendu que Mare~urble Vavalt depose apres Ia mort de Euchis Verus et que Cémanode ne Tavalt substitué celui de Germaniques jamais port. TLlui a don ‘qui figure en effet dans la titulature de Mare-Auréle et de son fils ds 172 ot y demoure au cours des années suivantes, Paleographiquement, cette correction, si elle n'est pas Impossible, me se justifle pas, car i] me serait pas Inout de trouver daus un texte comme celui dine apologie, une erreur sur des titres aussi compliqués et aussi chan- geants que ceux des empersurs’. Elle est dantant moins nécessaire qu'on nouvel examen des documents deja connus et de récentes découvertes siménent 4 des concine sions différentes de calles de Mommsen', Nous savons ésormais que Marc-Auréle a conservé le titre d’Arménique ‘apres Ia mort de Lucins Verus et Ia porté au moins juequ'en 17, que Commede 4 ports ce mame titre d'Arménique joint 4 ceux de Sarmatique et de Germaniquet, eb des papyrus d’Oxyrynque de 178 et 179 mentionnent en méme temps Marc-Auréle ct Commode, aves les titres aAmméniques, Médiques, Parthiques Germaniques, Sar- matiques’ * 1, Maio, Le Haut Buplee (dans Histlre gale, ple sous va lel de G. Got, ps 870371, SDaus Theology Fehr btn. 1885, py 250 5 PCE Garren, Zed rictncke “Apogee, pp. 187-58) nator, Alsnegeres La sapplise poe crt als los comeaeny Mr panes, Ledeen «ta dota dette mpeeSela tt Atenagire, dans pigeon, U.¥, 1836, bp. 88-7 Dussay Inserts lia stele,» 370 de 7 Séedleus Gear eam Partisan 379 (postieus 4 178): Armenians Medley Parteas, Germans Sarma ca 1100 [portsioure 4173) SiTbidy a. 5828 de Tel) = Arweniacut, Parttius, Germartoar, Saamatics: Ch: Pap Omprpagne, 4%, 405, S18, 25, 1137 (ae iiss, CE Papua Oxergripa, 85 0 0 (ATR 7H), — Nest ral 12 ArHEXAGORE Peut-on resserrer encom davantage les dates entre Tes quelles se place Ja compostion dela Supplique? An chapitre 1, Athénagore se plait & rappeler 1a situation prospére et Cranquille de Tempire aw moment ot il nédige son oeuvre : + Liunivers entier, dit, jou, grace A votre ssagesce, d'une paix profonde? », Or Ia paix Ia plus complete, fA prseleément régné uns ensemble de Vempire entre Vantomne de 175, qui marque la fin de la guerre contre les ‘Sarmates® et le milieu de 177 o& commenca 'expédition contre Jes Germains®. La Suppligue, étant postérieure, nous lavons dit, a L'accession de Commoe & empire, daterait done de 177, Sans doute Gefleken a fait remarquer quion n'était pas obligé de prendre & la lettre les affir rations d’Athénagore! : de tout temps, et peut: ttre surtout dans Pantiquité, les éeriveins ont aimé los formules gene rales. Lorsque saint Poul écrit sux Romains que leur fot ‘est annoness dans Ie monde entiers, Iorsqu'll Uéslare awe ‘Thessaloniciens que, en partant de chez eux, la parole de Diew ne s'est pes sculement répandue en Macédoine et en. ‘Achefe, anais en tout lieu, ce sont It des expressions qui ne donnent le change & personne. Le theane de la pal. ‘que les miomales sont en favour des these Momsen et peut tre Ghtates yh de chance eaprimer la vents fice quo ees papgrox Ger tes inscr plone gouveon dane dos provinees ou on ne pas fpéovcitement taut de site avert des changements de Wiulire T Lageta, 21 Hom, op. tp. 870, Ofeleietnen,o@ fut le double triempie soe Mare-Austie (27 no. 179) 81 do Comtmode (21 Ae, 176) al mera Fee ee Laine cioicae neat ae Dion Cassivs, Hat rrt, LNT, 39; Laser, Vile NM, Aur 2 (, Hlowoy op ely ge StIr wanton, Hteove de Remy 992 Wop dip. Tbe Rom, i 8 11 Thess, 18. Graver, Jor oi lve cone exconple le discours fe ai 4 rad als Aes RLV, 27 eGedee a Cl, abas vlvons dam ‘ore its complete eta providence a cori len Bes choses dans 68 favle » seta ave caplatlo benevolentias maifosc; ais Poul Pfatinne pos que Ta paix segue dans Te monde cater Ses rogue ent pas aide de fy Pelstne INTRODUCHION 13 romaine est partienliéwement cher anx écrivains : on Je trouve aussi bien chez Plutarque? et chez Epictdte® que chez Méliton de Sardes* ou chez saint Trénée‘. Cependant, lorsqu'en pense aux guerres presque continuelles qui ont ‘coupé le nogne do Mare-Auréle, il semble dithelle de froire gu’un homme, si mal renseigneé spit ou st désireux de faire des amabilii’s, all pu vanter Jes bienfaits de la paix au moment précis ot la guerre fait rage, Bt puisque, précisément au moment que les autres indications s'ac- cordent & marquer comme cclui de la composition de la ‘Suppligue, ily a une sorte de tréve, nous sommes autorisés 2 eroire qu’Athenagore, comme les autres sujets deTempire, se réjoull de la paix reconquise et est heureux de faire Thommage de sa joie aux empereurs qui la Iui ont procurée. (On sait que cette mime année 177, au cours de Taquelle dut ttre ainst rédigeo la Supptique, fot marquee par la persécution sanglante qui décims P'Fglise de Lyon®. Athé= hagore aet-il écrit avant on aprés cette perséeution? J. Arnguld observe qu'au chapitze 35 de son apologie, réfatant Paccusation de eannibalisme portée contre les ‘cbrétiens, il aiirme que leurs esclaves, dont les yews sont pourtant ouverts sur leur conduite, ne leur ont jemais reproché un pareil erime, Oz, nous sevons précisément: par \ Boanguct in Pye ne pele pls en wee, 28 1} Renbo, Disttes 01,13, 9 Thuy a plas de merry wh de tales, ae grandes tatrslons Qe brig ne pease, mas fn put vavaper ninporie ou et nevigucr @rleat oa Ocedent et Bas 1 Gaon Beston, let cel 1V, 26 $ «Cent wre is gan prea dc Yost de asi dasine qin ce mst epanate mene Gogo que Hueneme inctatlon Ge empire 9 cue bul 2: 4 Me ah'rbgne ee ngse, in Ge eegTetble ie se ative mins a Exiere ee tout it i biblaa et slovea aelon es Snax a8 Mu! Pees £V, 90,9: « Mundas pocom Bebet per Reman: et sos ‘due Gein ib ‘obalomae os heclgtnos queetmqe olurias © Boab Hla, ery Vy 1 uM ATHENACORE Ja lettre de I'Eglise de Lyon ct Vienne aux Ezglises d’Asio at do Phrygio, que ls clos de Lyon furent aceasés par leans eseaves patens deste irish des fstins do Th Comment Athénagore, si ait Erit apes Ye persecution, aurait-l pu se proaoncer comme il Ta fat!? Le raisoa roment PAmould ne doit copendont pas de trop prs, car Vapologistesurait pu entondze parler de martyrs do Lyon sans avolt i in lottre de lor Else et sar connate es fais précis qt leur avaient- été reoroehés Diautre part, saint Justin, dans la seconde apologe, parle gid cescleves qui par erste de la torture, ont acousé leurs maftre de toutes sorts do fortis, ontre autres, cx crime d'snthropophagies Mais les exclave, dont parlent Gustin aussi bien que fa lettre des Lyonnais, ont & amenés A ces dénonciations calohmieuses par la peur. Tl nest pas le cas envisagt per Athénegore qui ne tient compto, ot & bon droit, que de déclarations xpoatanées Or, mage Ia Jalouse of Ia cine que les esclaves ponent nafurelement conoevoir A Pégart de Tears mares, i "a pas entendu formuler, par lm deux, le reproche ex question’. Dioutres histories? tnent ailears de la lettre det chritiens de Lyon am argument oppont & eslut¢°Arnoud Au cours du rigne de Maro-Aurile, disentis, ly seule 4 L, Ansoutn, De epalogia Atenagerae, p. 26 8 Wap RIT, & Gl Buspa, Hits ee Vy 2 G¢ Sesbour, lpi. 7, 51 Totisem honter ant servi» Crt te provenie popnleieesntee leguel proteste SeniseTwsmsses, Kiet 1,7 eapnelis que «ores & walls mee pera qe temesties) "Pale vera encore Vattrmaog de TenreuLte, Apelor VIE 2 et de Miwcatos Pau, Oder MOVIE, 2» Neo intellogbanius tb is fob Isas semper venilsn of pmqvors vo investigna ‘wel probar, neo tanto tampons agusm oertove qui graders, non Taptiet teh voniae, own ears rched patie enmncera © Ge Pores, La drdice le cote dele mpesGeta di Atonngea, dat Diaaseion,t.X, st, pp. Se. Ct Dnweon, enagers, etsy fer Cextsuan, pp. xxv. INTRODUCTION 15 perséeution vraiment grave dont Ilse ait eu a sour a té cals de Lyon. Encore evllo-i a-tolle pas 66 motive par un ace de 'autoritSimpésiae, mais par un spulbvement populaire. Es est un incident purement toeal, et nal Yaurait songé A hii attribuer une portée consiérable site nombre dos accusés n’avait pas 6: aussi lev et sur- tout si les magistrats Iooaux n'avaient pas été amenés & consulter empsrear. Du moment que eelai-ei était interogé, il n> ponvait faire qu'une sent réponse le reserit de Trajen & Pling Ie Jeune restait en viguewr; il devait tre appliqué. Loreque Athénagore appr la réponse de Mare-Aurele, comment nfauraitl pas immédiatement tongé & défendre ses coreligionnaires? Paisqu'une fois de plus on evait mis en avant les viewx giles ¢'athéisme, de cannibalisme, d'ncesto,o! que Penpere Sophe qu'il fat, avait doané Pordre dep fallit-il pos essayer de lot ouvrir Jes yeux, en lui faiant onnaitre la véstable condulte des ehrétiens et leur loyalisme éprouve? Peut-itre mime, ajoateat os historiens, n'estl pas impossible de prouver la dpendanco d'Athénagore Tégard de la lettre de legis de Lyon. Les deux documents sont accords sur ks accusations adressées eux chrétions + narefedourro tyd Ouésrea Beira nal albencciovs wife cit 1a lett, & quoi fait écho Athénagore:: mle enunpidenner ute eyefuaray dérya, Uocore denva, oBerodcions. pikes Ailleurs, Yapologiste rappelle a eondaite inféme de ecux qui poursuivent kes fdeles et la juge d'an mot + Cost ala qui est se uounir de Ja chair humaine; on ance ausit6t 2 la réplique d’Atiale, qui, install. sur Je chase rougie au fou, déclare ses bourreaun eta la foule 2 Button, Hit et, Vy ty 14 Famissscons, Legily Tlie * Lely XXXIV 16 Arubvacont ivee de son supplice : Manger des hommes, c'est ce que wous faites vous-mémes?, Ces rapprocheraats sont intéressants, rmais ils ne sont pas déelsifs. Le premier est trop général Pour pouvoir étre retemu; Ie second serait plus caracté- que, mais les situations sont tellement différentes qu'il fest sage de no pan insiser. ‘Aw reste, qu’Athénagore ait éerll avant ou apres la perséeution de Lyon, la date de son apologic est essez préckse pour que ous n'ayons pas besoin de chercher fauire chose. Seule Vanaéo 177 repond aux données du probléme : nous pouvons nous en tenit 18 D'Athsnagore Ieieméme, nous savons surtout ce que ‘nous apprend le titre de son ouvrage : « Supplique du philosophe chrétien, Athénagore d’Athénes, pour les cheétiens » Ce titre apparatt dabord dans le manuserit Aa'Aréthnas, copié en 9145] @ passé de Va dans les manuscrits| postérieurs. Bien qu’il ne solt pas autrement garantiy rows nvavens pas de raison pour Ini refuser confianee ot chacon des mots qui Je constituent peut étre commenté a Taide du lives qu'il précéde. ‘Athénien, Athénagore semble l'étre par ses qualités de sagesse, de moderation, de prudence, autant que per son style, Chez Ini, on ne trouve pas de grands éclats, des hhaines violenies, comme chez Tatien; mais au contraire tun amour instinetif de Vordze et de la pais. Son argumen- tation est caline; elle s2 céveloppe avee assurance, sans colére et sans apparente cmrotion. 1 sail ce qu'il a & dire ot il le dit en toute loyaulé uals il ac se croit pas oblige de le dire avee etportement. Alors que des hommes comme 1 usb, st echy Vy ty 58 INTRODUGTION 7 ‘ation Lvisent tout ce qu’ils seneontrent sur leur passage etne haissent subsister que des ruines de Yaneien édies du paganisme, des esprits comme Athénagore s'efforcent de tirer parti des bonnes choses qu'on peut trouver aillears our reconstruire sur des bases solides Tordre nouveain, On a relevé aver raison Je ton respectuewx aver lequel Ul s'adresse aux erapereurs. Naturellement il parle toujours ‘au pluric] et il Ie faut bien puisque Commode est associé ' son péro ot posséde en théorio les madmes pouvoirs, Mais set Gloges s’adressent surtout & Mare-Aurdlo : comment ne pas eroire que c'est Jui qu'il a en vue lorsque aprés avoir rrappelé les titres officiels qui sont ceux des victoires rem= pportées sur les ennemis de empire : arméniques, sarma- tiques, il ajout= exlui-ei beaucoup plus important & ses yeux : et surtout philosophes? Il ne cesse done pas de louer la euriosité toujours en Sveil des dewx souverains ct leur amour de Ja veri : « Autant vous Vemportes par V'intali« gence et Ta force sur tous Tes autres, autant vous vous. istingues par la précision du savoir en toutes choses : vous étes maltres en cheque partie de la science, comme rae Jo sont méme pas les spécinlistes! » Il célébre leur amour de Ia justice’. Il suppose qu’ils ne peuvent pas Ignorer les noms de Moise, d'Isate, de Jérémie, méme s'ils ont pas Iu les cenvres de ces prophetes®, Ses. dlages siétendent & 'administration romaine tout entire. N'esl-ce pas A elle que s'applique en défiaitive le beau tableau de la paix ot do la tranquillité dont jouit empire :« Admirant votre doueeur et votre mansuétide, Vesprit de paix et de charité que vous apportez en tout, les individus sont régis par des lois égales; les cités, selon leur dint, parti- cipent A des honnenrs égaws; univers entier jouit, grace a votre sagesse, une paix profondet » Lagat, Ul, 8 Leyak, Uap, IX. Lega Sub vst esse 2 18 ArHENAGORE Fiettries, dira-ton pout-étre, Si Yon veut; et on ost lpr en effet de prétér A attitude <'Athsnagore calle de Tatln qui n'a que meépris pour toutes Tes instietions Tumaines, Tl n'en reste pas moins que Tes formules e'Mthénazors earactiriseat tun tempérament moral. Méme saint Justin, si loyal pourtant, i expestuoux Iai ausi du pouvoir ably, ne les curait pos emplyées, autour de Ja Legatione s eontente pas de se montrer comet; aime rmanifestement le temps dans lequel il vi. la cité& laquelle §lapportiont, empire dont a proclame un sujet obdisant ct dévous, Tout oola oct nouveau, ot pendant longtamps encore, tout cela demeurera asse2 12. Athénien, Athénagore est aussi par son. style qui témoigne des mémes qualités de moderation : « Ce serait trop que de die : ly a en lui de Patticime, aw sens od nous prenons ce mot aujourdin; co langue correct, rans fame, 3a pas In lumineure netzete, In gréce epirtaelo, Yéégance simple que nous aimons & appelar sins; mais Sil est ps un attiqe, il est en quelque mesure um atl- ciste au sens oft les meileurs évivais dun sche prétene daiont te; comprend le prix dela sobeet de la clack, Ge Vordrg il dBdaigne les efets trop bruyants, ko couleurs trop vives, les manieres valgairs. L’sloquence de Tatien fst celle de Smyrne on a¥phtse st la tradition qu fat 'Athénagore un athénien est veae il y a sans doute une rolation entre aon crigine, le milieu ot lst formé ct 20 culture plus affine que ale des éeriveine chrctions antérear Nous poovons dailleus vérifler Uorigine athénienne @Athenagore en Te rayprochaat des compatriotes qui event lui ou aprbs hi, ont lasoé un nom dans Phistoire de Fanciemne littsmtare ehnitienne, Nous no savons pas +A. Fenem, Ler opligses gues Hf dle denote de, 178 ENTRODUCTION 19 grand chess de Quatiatus, dont Vapologie est perdue, a Vexeeption de quelques lignes qu’Eusebe a roproduites. Mals nous connalssons bien Aristide, puisque nous pos- sédlons encore son apologie dans des traduetions arméatenne et syriaque et méme dans son texte grec qui a été introduit, vee des corrections et des retouehes dans le roman de ‘Barlaam ot de Joasaph*. Nous connaissons surtout Clément. C'Alexemdrie, Vautour du Protreptigne, da Pédagogue et des Stromales*, Les memes qualités qui caractérisont Athi nagore sc retrouvent chez Aristide et chez Clément : une certaine modération naturelle, un don inné de syrapathic our les hommes et pour les choses, un couei réel do la correction, sinon de Tslégance, dans la pensée ausst bien que dans son expression verhale. Ce sont 12 les qualitas dont nous nous plaisons a faire honneur aux Athéniens, Les Gerivains chrétieas qui sont originaires de Ia vieille capitale de Ja Grice no démentent por la tredition du adds edyrabr dnp de Tage classique. Philosophe, Athénagore Test aussi, dans Te sens large quill faut donner & ce terme. TL n'est assurément pas un inventeur de systéme; il ne va méme pas jusqu’d se donner tout entior & une doctrine philosophique ot cola so comprend Puisqu'll est chrétien. Mais comme saint Justin, et sant 1 Evstng, Hil sity TV, 2, Selon Denys de Corkithe, un eurtain (quacratas aurit éte 4 Athonos le sueceeur de Fevecgio martye Ponlos (Eowean, ep. tt, IW, 2, 2) Ives aifaelle ce se terme a ‘trun seul et meme personnage dans Fveque & cans apoeg\te. * Leciglae atlenieute craristige ext aflene par Evske, Cho hier ad ann 198, ck Ht eek TW, 9. Pesticure celle do {Guackatn Papoigie @Avstide fut poste d Menperour Aston, Selon tant Ernrnstas, Harr NSC by Clément tat Athenten ‘apres, Aloeantin eps Ie ates etal eortaineneat per Alevandvin, et sen erigite athénienne est rendue. au melas brovanie pare eonastanre dnl timsigne dos mystones Ene Ona vu due Philype de Sie afieme égaement Fengieatbénienne ‘de Pantene Ie peut-treconfendu ee gui avai apprs de Clement ot co quil egoyall saver de Panttac 2» aruénacone doute pour los memes raisons que lui, il aime la philosophle tet sefforee den conserver les legons, Tlmarqucavee fermeté, certes, les limites de le raison hurnaine : « Poétes et philo- sophes, déclare-t-il, ont procédé par conjectures; ils ont &t3 poussés ehaewa per sa propre are, selon la sympathie di soulle de Dieu, & chercher s'il était possible de découvrir ‘ef de comprendre In vérité; et ils ont réussi A conceyoir, non A trouver l'tire, car ils n'ont pas daigné apprendre de. Dieu luisméme la seionee relative & Dieus c'est pourquat il ont tous émis des opinions différentes sur Dieu, sur 1a matiare, sur les idées, sur le monde! ». Tl veut dire par 1k que Jes philosopls sont incapables, par les seules lumitres| de tz raison, de découvrir Diew d'une facon definitive, de Je troaver avee une dlaize évidence, do le posséder réel Jement ot c'est co qu'établit lo spectacle de leurs contrax dictions. Tout ee quils peuvent faire, c'est se mettre en route, coneevoir Ie divinité, en avoir une Ide. La fol vient ensuite leur attester Texistenee de cc Dieu quiils ont cherehé dans les ténéhres; et lorsque la foi les a éelairés, dls peuvent, au moyen de la raison, fournir des arguments, ‘qui la confirment, La teience de Dieu ne peut venir que d= Dieu : elle nous 4 été transmise par les prophétes qui sont. comme Tinstrument dont. Dieu s'est secvi pour comnu- iquer avec les homunes; aprés quoi, vient la démonstration ratiomnelle de Ia foi. ‘ais, lorsqu'l a de la sorte limite Je domaine propre de la raison, Atnénagore se sent plus 8 Valse pour utiliser fey ressources qu’elle Tu fourait, I uva pas ici les memes curlosités que Justin et ne cherehe pas & se rendre compte des motifs qui expliquent Je paralélisme entre 12s ensein gocments de Ia raison et eux de Is foi. Il ne mentionne meme pos le Underle des emprants et Ton peut croire * Aamtieason, Lepaty VIL INtRoDUerION 21 quello no Tut eurait pas beaucoup plu, Il ne starrdte pas a Vhypottese chere & Justin d'une illumination pastills de tous les Domnmes par le Verbe et seule Fexpression quil Jette en passant, «la sympathie du soume de Dieu », permet Ge croire qu'il reconnaft une certaine parenté entre la raison humaine et Ia raison divine. Ll cccepte les faits pour ce quis sont et iso réjoult de eonstater Yaceord de 38 philo- sophie et de la revelation, puisqu't montre ainsi In place qui convient d'accorder& la recherche rationnetle. «Platon, dit-i, réussi & concevoir le Dieu tternel, sist, por Tinteligence at a raison; il on a Sort ls atiibuts, Tetre absolu, Tunite de nature, le Dieu qui procide de tui et qulest la visite, 11 meme parlé de la premiore force : toutes ehoses sont autour da roi de T'univess et tout ext a cause de lui ct Ini est le cause de tout: ct aussi de le deu- xxbme ot de la trisidme force», Heat vrai quailloars Platon a donné son adhésion Ia eroyance traditionnello en Tautres diewe seeondatves, les démons. Mais en pariant ainsi, il a fait au peuple one concession apparente; et finalemeat ila décleré étre une tAche trop grande pour lui 4 caveir ot de dire quelque chose sur Ia naissance des demons. Lorsqu'il a employé le nom de Zeus pour désiguor Je Dien supréme et unique, faute @aveir sa dsposition tun nom mnieax approprié, la ea soln d'ajouter & ce nom sa qualification de grand afin de distinguer celui qui est an ciel de celui qui est sur la terre, le arand Zeus étant Je Diow inpé et sons principe et le Zeus terretre stant né en Crot De nul autre philosophe, Athéragore ne pare avec autant desympathie intelligente. Tout comme Justia il est pénétré de respect pour Platon tsi fellait accoler& son noma ane epthdte pour disigner lEeole dont il se rélame, elle do ® Legal X81 22. ammiNAGORE Platonisien se présentersit d'ellesméme. Encore est-il que ‘son platonisine est & Ja fois superficie et électique, Super~ ficic, car il alest pes str qu'il ait la et surtout compris les dialogues du maitre. Les citations qu’on trouve dans la Supplique proviennent exelusivement du Timée, du Gorgias, du Phélon, du Politique et des lettres, et ta plupart d'entre elles se retrouvent ailleurs. Il est done possible quill les ait empruntées telles quelles & un florleges sais il reste au moins aussi yraisemblable qu'il a lu en ‘entige "um ou Fautre des ouvrages qu'l iter Edlectique, Athénagore adopte volontiers les formes du storsisine. 1) parle de Ja heauié et de Fordre du monde par lesquels le créateur se révéle & nous', de "barmonie du corps humain, de In vio conforme a la nature dont les animaux eux-mémes nous doanent exemple; il emprunte Jes expressions de la psychologle stofclenne pour expliquer Yorigine des images que, dit-l, les mouvernents itraisonnés et fantaisistes de Mme font sortir dc la matitre. Ce faisant, il sacrifie & Tusage courant : aw n® sidele, il ost devena. precque impossible de parler de Dien, de la eréation, de la Providenes, des passions sans recourir aux termes que les fondatenrs du Portique ont consserés, Méme des hommes comme saint Clément de Rome, qui emprantent & la Bible Je meilleur de leurs doctrines, ne peuvent s'empécher employer un langage tout imprégné de stolcisme pour dgerire Chermonic ¢e Iuniverst. Peut-étre faut-il ajouter que, tout comme Justin, Ath attitude: de Mere-Aurdie & V'égard du stoleisme une raison nouvelle de s'y intéresser, Lozsqu'il traite Ies empereurs de philo- sophes, il ne peut pas iguerer que Mars-Aurdle a trouvé joe trouve Gans 1 cf. men, ape p18 2 Lagi Hi, VE RRIN, 8 Lagat, XXL # Ghtints # Oiry RO el NNXVE CLG. Danse, xpress soiennes tus. tCeaetal, tis Reerces de secuce religieasy WH 1999, bo 73:85, INTRODUCTION 23 ans Ie stofcisme le prineipe de sa haute vertu, de son Aésintdressomont personnal, do son attachemeat au devote, de s@ Odelité @ Veserelee de ses fonctions. Comment négligersit-il en s'adressant & Inj, de mettre en relief les points de contach qui peuvent exister entre christianisme cf atofeiame? Sans doute, Athénagore ne so plait pas, comme Justin, a développer le parallelisme. Tl n'éprocve pas, & Vegard de 1a philosophic, In curiosité sympathique de son devancter. La révelation lui suffit et c'est au plos s'il demande & la raison d’en apporter aprés coup des démonstrations. Mais i recennalt volontioes que los sages ont deja 6té persécutes et que les premléres victimes des démons ont été les philesophes. Tain d'étce un seandale, la halne dont les chrétiens sont objet doit done sembler la chose du monde Ja plus naturellc!. De méme leur fermeté devant la mort. On sait que Mare-d\urdle la trouvait trop theAtrale:« Qu’elle est belle l'’4me qui se tient préte, s'il Toi faut sur Vheure se Ablier du corps pour s'éteindre ow se disperser ou se sur- vivre. Mais cét tat de préparation, qu'il provienne d'un jugement personnel, non d'un simple esprit d'oppesition, comme chez les ehrétions, Qu’il Goit raisonné, grave et, $1 tu veux qu’on te croje sincere, sans pose thedtrals? » Athenagore ne semble-Ll pas répondre & ce reproche, Jorsque, apres avoir rappelé la mort des philosophes, il ajouie que Topinion de 1a multitude n'a pes suffi a les {aire changer ¢’opinion, pas plus quo le blasphéme incon- sidéré de quelques-uns n'obseureit la dreitare de la vie cehrétienne? Chez les Adéles comme chez Tes sages du paga- tise, la seule chose qui importe est la Gddlité & la Tl nous est facile de passer de la philesophie & la culture * Legaly XXXL * Pendes, XU, 8 24 ATHENAGoRS: ssiqe : Athenagore est-il un Tetteé? A-bil du moins une connaissance séricuse de la littérature? Notoas d'abord u'll ne cherche pas & se foire valoir et & slattribucr une science qu'il ne posside pas. « Je n'ai pas a démontrer, ‘ait, les opinions des philosophes d'une manftre rigou- rmusement exacte et je n'expeserai pas dans Te détail ce quils ont dit de Dieu. Mais puisqu'll ext impossible de ‘montror, cans citer des noms, quo nous no sommes pas les souls & enfermer Diew dans 1a monade, jal eu recours & es reeueils! ». On ne sapraitétre plus frane ni plus modeste, Drautres pourraient Inisser eroire qu’ils ont multiplié les lectures ot ont toujours en recoursansedoeuments origina, Athénagore confesse qu'il a utilisé les Doriléges, tout comme le feisoiont Ia plupert de ses contemporains Nous eonnaissons asvez mal aujourd'hui ces manuel, dont, seuls quelques rares spécimer mais aous'pouvons essayer de les roconstituer d'apr’s les, citations, toujours les mémes, qui rovionnent ctcz tes erivains du 11%, du m1? ou du 1v* siécle# Cou qu’Athéna gore avait & sa disposition n'é 28 des plus mauvals, On y trouvalt des extraits o'Buripide, de Sophocle, de Philolaiis, de Lysis, d’Opsimus, de Platon, d'Aristote, @Orphée, d'Hombce, d'Hésiodo, é’Eschyle, do Pindare, do la Sibylle, d'Hermés Trismegiste, d’autres encore. Tous ees fragments ne sont pas authentiques. On aurait bien ‘du mal & identifier Hermes Trismeégis:e ou auteur des textes orphiques. Une citation de Sophocle est sQrement apooryphe® et il faut en dire autant dos textes pythago- rieiens attribude & Philolads, & Lysis et & Opsimust qui ne sont pour aous que ces noms. 11 serait puérll de reprocker rows sont parvent font 2 Lepaty VE 2 CLM Dinas, Docogropht grace, Lapa, 1870. 5 Lagat ¥. re Phiieads est 28 eaavont par Paton. Ly 4» Rhagiem cont hensooup mom coma” CE-Lega, VL le Tarente ot Opsimus asrnopuoTion 25 a Vapelogiste son manque de eitique : de son temps, tout Te monde asseptait-de boane foi les passages en question Athdnagere n’avait pas & se montrer plus exigeant que sea. contamporains. En dehors des forldges, nous avons Ie droit de penser quathenogore avait ctenda le eerale de ses Teetures. On 4 dgja ait qu'l connaisssibprobablement. quelques dia- Iogues de Platon, Sur Avisiote il est plus précis & plus juste que la phupart do ses prédécesteurs et « s'il donne {ela théologle stotelenne V'nterprétation Is plus favorable 2s these en mettant surtout en relief Munits du principe divin, da fea artiste, il ne dépasse guéce en cela son creit de polémiste, ou co cue les polémistes prennent assez communément pour leur droitt Ila probablement fempronté au rept Gear @Apolledore ensemble de ses connaissances sur ln théslogie patennet, 1) aural pu eholsie yhis mal son informateur. Comme tout le monde, il a da lire Homére quill «its tts souvent, Il demande & Hérodota seo renseignements sur Egypte, ce qui est ehose toute naturelle I-va sans cire qu'il ignore les éorivains Tatins. Pour un Gres du ui¢ slézle ceux-ci n'enistent pas; et si Yempecear Marc-Auréle Tuieméme se fait gloire d'érire en gree eee Pensées, oo a'est yas pour qu'un athéniea, soucieux de lui Pleo, vioane lu rappelor que is langue late a st utilise par des auteurs dignes de respect. Dans Fensemble, Ath ragore n'est pas micins instruit que ses contemporains. 1 Pemctty op. eit pp. 170 ot sate 2 Tapas’ SAVE Le meph Bed Apolodore, eramumalren du tay dis avant note troy esl per, 1) capceualt vingloamae Tee, souvent ite pac lee anteure creas. Zucken, Spuren son “ipoloeoras:nepl Glin tel catoisen Selefideltern er erlen af Tekrtandere, Nacemberg, 100%, drat ot plu ous fate eité dane I Suppiqn qt en repeodalt| a tongy pacenges Atnenagere on connatt sams nate pe ue aes 26 ATHENAGORE, Gesfeken ne voit en Ini qu'un, de ces rhéteurs comme Mépoque antenine en «produits la douzaine®. La chose st possible, mais cette formule, qui veut étre ironique, eviont presque un éloge, orsqu'en l'applique & un chrétien do ce temps :n'est-ce pas beaucoup qu'au milieu du monde pen, jaloux de conserver pour Iui seu! le monopole de la culture, Il se soit rencontre des chrétiens dQjA capables de rendre raison de leur foi et de renowveler, au profit de la doctrine du Christ, les vieux angumonts deo philosophes ou dee eritiques contre les fables du paganisme? Ajoutons enfin qu'Athénogere est plus exclusivement it Tustin et d'autres. 11 lui arrive de citer criture et il le faut bien puisqu'il veut prouver que la doctrine ehrétienne a une origine divine. Si la philosophie sulfcait & on établir les principax dogmes, on serait tenté ay voir une invention humaine, Les paroles des prophates In} appertent dane un témoignage authentique, car Esprit Saint s'est servi deux comme le Matiste qui souille dans sa foe mais il se garde d’insister. Tandis que Justin mul- fiplie, jusque dans la premiéee apologie, les textes emprantés aux prophites pour prouver la mission du Sauvenr, Athénagore laisse de été cet argument. décisit + Sans doute, a-t-on dit, Ila senti que les palens pouvaient en ébre peu touchés et qu'il y avait IA matitre & trop de Aificutést.. La chose n'est pas sOre et Passurance de ‘Justin nous permst do eroixe qu’aux yeux des apologistes les poiens eux-mémes étalent eapables de se Ieisser émous volr par wn tel ensemble de prédietions sl exactement rGalisées dams la personne de Jésust, Mais Athénagore Zwet qtetiscte Apotogeer, pe 18%. * Legal TX. Pustt, ops tly pe 7s 4 Alkdoopore ne" ele pus dovantage le Nouveau Testemeat. 1 Jul arrive ie roppelr ov rien do lo torale chetienne dene Ie Armee mrs a Bangle ci cite comm Beiturg, mas Se nla prt Te nom de Jems of net en se ert INTHODUGTION 7 préfore des arguments de pure raison. Sa conn fe Ia Bible reste superficlelle, M ne parait pas avoir jemais tudlé le livre sacct pour huiméme ct l'on peut ercire qu'il aurait 66 bien incapable do disouter comme Justin aves des. Juifs. Ainsi jusque dans ses lacunes trahit- son origine et son tempérament iatollectuel, Mest le type de Thomme moyen, ami de ta sagesse et ami de ta justioe, pour qui le défense du christianisme epparait une uve de raison autant cue de morals, Car ee gree ost chnétien et il Lest de toute som Ame, Ce n'est pas un fanatique comme Tation = lorsqu'll eon dane Pdolatrie, Hl ne se croit pas obligé de se liveer & toutes sortes de moqueries contre les dicwx de POlympes fl traite sérieusement des questions sérieuses ot il aime | prouver par les autours profanes eux-mémes que 1a mythelogie est condamnée par la raison. Ce n'est méme pas un enthousisste comme Justin : on n2 trouve pas chez Ini de declaration émouvante comme celle qui ouvre la premiére apelogic ou 'affirmation hérofque comme la rhrase ott Justin so déclore tout pret & subir le martyre, si la dénonciation de Creseens Je conduit devant les tri Imunanx. Comme nons ne savons aueun détatl de la @*Athenagore, nous navens pas A nous Imaginer ee qu'il aurait dit ou fait dans Te cas olt il aurait #té appelé & coufesser sa fei, Ce quill y a de str, cst qu'il croit, sans Vombre dun dante, a Ja divinite du christionisme et que sa fol est assez vive pour l'amener & en prendre publique- ment 1a défense. Selon toutes les apparences, il a commeneé par élre palen. Le plus souvent, il fait appel & des textes éerits lorsqu'il doit parler des dicux du polythéisme, mais on peut eroiro que c'est uno question de méthoce ot qu'il lui aussi adors Jes idoles qu'il condamae, Sar les raisons qui Font amend 4 Ja foi ehrétionne, on ue peut fale que des eonjectures. 28 ATHENAGORE ‘Autant quill semble, iL n'a pos été impressionné comme: saint Justin par le spectacle des contradictions entre Philosophies; Hl n'a pas été davantage, comme Tatien, conquis par la leclare des livres saints, par la simplieté eleurstyle, par le naturel des nerrateurs, par intelligence claire quile donnent de la eréation du mondo, par la pré- lotion de Laven, par excellence de leurs prineipes, par 4a soumission de toutes choses fun seul monarque qu'il censeignent. Ila plulét été séduit par le spectacle de la vio chrétienne et il n'est jamais aussi Goquent que lorsqu’il ééerit Jes movure des ficéles : « Hy a pour nous une loi qui nous oblige & nous rgerder aous-mémes et notre {prochain comme In mesure dle ln justioe, A enuse de cette, Joi, nous considérons les uns comme des fs et des dle, Jes autres comme des fréres et dos sexurs; et A ceux qui ont visi nous rendons les mémos honneure qu’d nos péres ot Anos méres. Ceux done que nous regerdons comme dos frdzes et des sours ow & qui nous donnons les autres noms e notre parenté, nous altachons une grande importance & ce que leurs comps demenrent sans outrage et sams corruption. On peut trouver chez rows beaucoup hommes: et de ferames qui ont wielll: sans se marier, par Vespoir étre davantage unis A Dieu. Si le perséverance dans la Yirginité eb Ia chasteté velontaire nous rapproche de Dieu, sila seule pensée, le seul désir du plaisir en éloignent, a bien plus forte raison évitons-nous les actes dont nous fayons méme la peasé: On pent méme trouver qu'il dépasse qualquefois la mesure, — et c'est Ie seal eas of Yon devrait lui adresser ce seproche —, lorsqui'll trate de Ja morale. chrétienne. Il se range ici parmi les plus exigeants, condamnant les moindres pensées contraices & la pureté, les témoignages ‘tanta, Ona, XIX, Lagat, MNXILXRXITL mymnopuerion 29 teop sensibles Walston’ et jusqutaas secondes nocest Fautil ici prononcer Je tarme dencratite on mime ‘oir done Athénagoce um adopts du montaniome, ai fist ‘loses premiresconqusts* Ce serait sana doute anger Nous n’svons pas de prewwe qwathénagore ait conn Tatient cu ait été influenct par se dociine et eailems Tencretisme est beaucoup platdt une tandance qu'une thors srictament détnie «il sora dificil do txoaver, au mt sts, un éenvain chriien,erthodowe ow henge, aqui avait été dens une cotaine mesure addi: pr tal de pureté comple. Quant au montanisme, lest caratérsé par son estime des prophties bien plutst que par sa sbvé- Hité morale, et on ne trouve pas dans le Seppe une seule expression de nature faire ercire qu Athénagore_ ait donné tine place exagénée ta pronhatie ov & action de TEsprit-Saint dans Tgibe 1 Legot, XXXIE-Lintorpeéation exacto do ce pastege et cia. Athinagore ste a1 Lyon Gu, esan fonts lee vex semblanose, mo fa tne pare de ertare —on ne esurat ceils Tense {ihe place que parma les aazupie, ~ rls une rete eccestatque, un Dolnt de ducting eommuncment reru. Ce Adjos semble blen Inter: Fompu par ue lace da texte. On pourelt supposes quelque chose Comme cect! Gel ¢ul embrase peur la deasieme folt comme: Dehetre chritony, fo baisr fs peomie ana es oar eaterinds [Pat pati ont tein; mate foxk qui sonsercn en valoae fae beCesherer i Armani, Patceg, 1, 19,8, ss plat que et temps, eesetaire pen dames pes Athena teh lt As fouls tz. eva MSI, gelsert es seconds nasa specs slept, ot qe commento ela 28 ‘Eanitien, (Bk, 11 + Due vores cxnders ccumatant taritun Sina spi, lan corso; noqus enn pristinnm peters odie, itn ralghsiorem seotvas alctonerny Ut in reseptee apd Dota tm, procs spietapestues peo gn obationesannias recs. Stabs ergo x Dominen cu tot bras ot In crane soanaeanors? stogers pro utbas! + WCEP. oe Lannouce La crise montane, p. 173. 4 Nous clas i Tetlen comms represent. corastisetique ‘te Poneotioms} amaig au fond) i recto Loujours poedble de Abmander oe qu’a ta Uheetea aneratite ot mabme a alle @ jamal Taaesesss, De ester, cats 9, qo ans 30 ATHENAGORE En réalité, n'y a pas lien dappayer sur les quelques expressions ot Tapologiste Lémoigne de son admiration pour In vertu cluréticnne et traduit ses propres exigences cet égard. Ia cortes été érau par le spoctuele des menars que pratiquent les fideles et nous ne ssurions douter que ces mocurs fussent sussi devenues les siennes. Mls surtout, Torsqu'l rappelle Ia haute vertu de ses fréres, il se pré= occupe de répondre aux accusations dimraoralité qu'on our adresse. Comment ne protesterait-il pas de toute son me contre do tellos calomnies? Il pouvalt rester calme lorequ'l sagissalt de réfuter lo grief q'athéisme. Certes, ‘ce grief était sérieux, le plus sérieux de tous, et est pour ‘cla que Ta plas grande partie de la Supplique est consaeré> 2 son examen, Mais calla il était proprement intellectuel ct était par des arguments empruntss a Yhistoire et @ ta philosophie qu'il eoavensit o'y répondre. Des arguments, de ce genm sont impuissanis lorsqu‘on se trowve en présence d'attaques contre Jes moeurs. Les honnétes gens ‘ouvreat les yeux ct constatent eo quills voiont : c'est eo qv'a fait Athénagore Ini-méme ot les mors cliétiennes ont conquis; mais les cutres, les hommes de mauvaise foi peuvent toujours assorer que, dans le secret, & n= térieur des malsons, se passent des scénes hrribles. I est ‘yrai gue, quand on lear demande s'ils ont vu ce dont ils parlent, il n'y a personne qui soit assez impudent pour aifirmer qu'il a vuj il est vrai encore que méme parmi Jes eselaves,dLn'y on @ pas umn qui ait jamals accusé fausse= ‘ment. ses mafires chrétiens!. Qu’importe? Une fois lancée, Ja calomaie fait son chemin et ilfaudrait eine sans entralles pour ne pas protester de toutes ses forees contre ses, peridios. Comment, dan ees conditions, Atinénagore n'em= plojerait-il pas des termes un pen forts? Bien loin d'en Bre * Legal RKY. il INTRODUCTION 31 surpris, nous verrons ici un dernier trait qui achéve de Aossiner pour nous sa physionemie spirituelle. Cet Athénien, ami de Ja modération eommo du beau langage; 00 gree seasible A Vharmonie du monde aust bien qu’a ie splendour da corps humnain; ce philosophe qui tient eonvainere ses leoteurs par des arguments rationnels et qui. dans som appréciation des hommes ot des choses, selforce de gander Jes rogles de le sagesso ot do la vérite, est quasi un ami dela vertu; le mensonge Vindigne, la ealoranie ie fait sortie de soi. Comment ne Maimerions-nous pas davantage en Ie ‘rouvant capable de s'émouvoir®? Leapologie d’Athénagore porte la titre de mpent ce qui signifie ou sens propro ambassnde, Athénagore 9 présente ainsi aux emperours comme une sorte d'ambes- stent, chargé de prencire 1a défense des chrétiens. Aussi 2 cf, Pores pnb YAR: «La polemgge e°Athtnagore sontre ie pelyidme ne fre pas pou ef dete de ses paeeseas, fe sem diioguesyantgmetement parce quhe txt. Heauenua eux soadulle pls dette ct mcg pues: Quolgrelie ne soit Das plus ddalée et gulls soit etm ier To sujet ll at los Eorplte, pulugtele he ce bers pes A pause en revae los opin Ger pottes etter Palorephes,ate_qule jot Verso {rps eu tit tervene A Vocrason, Herne. Trsmegste Ele ‘ot plus muses, non pas aeulewert parce qiratnenagere est fa Ui reel de restr, dae a fort, courts de bon 1 ls parce {Wien et fat tae sus! de me pla trayetr scrote set corsair pour 4 donwer trop ComoiStrent sur swe Vavantage iS eet mothe pan eas lle Cie lr gras eee Te ogee ‘hai essen fl NMhinagre’ reste selva aon ce 1a Lapa, eat soni Fasten an tra sr rsrvc de a chr qa et poste fear aa Sapptigae Hl antence en ee, la de et aavrage qui Ferlem aileu plus lopqucment dla réouirection, cle maser ut pour a conoevé le Surplgue donne egalcmon fe toate chen Ives Str Erection seus le nom of Atheaagere On Ne eral outer fe ce ee est bien abl auque, pat avanc, rewwae la Suppliue Trex sin, comme hen dlntrsowvrages se, 8 eps sux tiiates ‘sae eee rensieantes qu sulevsn Besant contre In eroyaase A a roureclin Se cp 32, acmixacone stil consé leur parler, ot eest A bon esclont qu'il donne: & son livre Ja forme d'un discours réellement prouoneé 1 suppose meme parfols ce que nous appellerions des ‘mmouvemats divers pour ranimer Vattention : « Tei per ‘mettez-moi de poursuivre en toute liberté ce discours qui a eté deouté avec becucoup de clameurs : c'est devant | des emperours philozophes que je porte ma défense! declare ailears qu'il ne veut pas prolonger son discours au dela du coucher du soleil et qu'l est obligé d'abréger la liste interminable des divinités patonnes Aillears encore il slexeuse de aa franchise ot do le hardiesse avec laquelle il doit parler des idoles : « Avant de parler, je vous deman- erai, tres grands emperenrs, de me purdonner si je vous présente des raisonnements vrais. Mon desseint n'est pas ‘e traiter les idoles avec mépris, mais c'est pour réfuter les ‘ealomnies faites contre nous que je vous expose la raison Ge nos principest ne faut pas se laister tromper par de telles formules. Les apologistes chrétiens n’ont sans doute jamais eu occasion d'etre regus par les empereurs, Eusébe rappelle que Quadratus dédia A Hladrien un discours qu'il Ini ft remetire et oit il présontait Papologte de notre religion’; et dans la Chronique i) eit encore que Quadratus, disciple es apbtres, et Aristide d'AthEnes, philosophe qui était {des nétres,offritent & Hadrien leurs Livres pour la défense. de la religion cheétienne', Offrir des livres, ou platot. cessayer de les faire remottre aux empereors, les apotogistes fn 108, pat chs el Sons & Pano cm at _Da bray et pure enor, eaten gree pat Afidnagrat, piven dita anenart ex amoarstonaistes de Thsogeres ede Chel, de'Phertlte ue Métaginiey trate i gree eAtbenageres PAE Sea ony sequen Gta, Ce roma est rare Prope ds Main Wun se nowe ne aavone pas petri cet wea 11d antasto de placer son tre seus le proms @atheangoe. 11st fie tte eulgence que nace polaghte y complement ange tegnte Me aikegale Rk Legal, MV-* Lely RV 2 Hib dae Ve an inmopuction 33. font jamais dd pouvolr faire davantage; on a mtme le roit de se demender sils ont été vrsiment eapabies de le faire ot si Hadrien, Antonin ou Marv-Auréle ont 1a leurs protestations éloquentes. Lors done qu'Mthénagore rédige som discours, il emploie un procédé de rhétorique que autres utillseront aprés Iai : saint Hilaire par exemple of saint Athanase, lorsqu'ls stadresseront 4 Constance ot ‘ont jusqu'a imaginer Tattitude du prince & Yaudition de Teurs apologies ‘Le procédé est d’aleurs eommede et Athénagore utilise our mettre en relief articulation de son raisonnement. La Supptique en ettet est composée avee plus de rigueur que la plupart des autres apologies et Hl est facile d’en faire analyse, Les trois premiers chapitres constituent un exonde + Pulsquill est permis & toutes les nations de Vempire de suivre Ieurs propres coutumes et d'adorer leurs dieu, quols quills sofent, Mapologiste eroit devoir réclamer sux ‘rapereurs le méme traitement pour les chrétiens que Yon Ponrsuit won & cause de lours crimes, mais & cause de leur nom (1). 11y a 18 quelque chose: d'injusta; les chrétiens ont le droit etre examinés d’aprés leurs actos (II) En feit, on leur adresse trois reproches : @'athéisme, d'anthropophagie (estins de Thycste), d’impurete Gancestes oedipéens), athe nnagore examincra suczessivement ces trois griefs, afin d’en purger ses coreligiomnaires (111). Tout d'sbord Fathsisme (1V-XXX), Celui-ci est le exime fondameatal. Aussi Ia discussion dit grlet remplit-lle 1a plas grande partie l'apologie?. Athénagore commence par So Agusan. ApH o¢ Cn, sis © Ge XV, 8185 « Vous 2 Les eccusations de canuitulisme et i'aceste sont tres briéverment tde. Pour Po “ile eve pis condor is Iedebet. poar pester Sopp. pes eatuens Ey armBNagont rendre tense des ehétons en exposnt lear doctrine erga envart nol qui ne sont pas de thle (Ns Shas gun pase & Pofensive ce enitiq In thécloge lense (&ITT-X200 re Sree, St, oe mbstent pis Te reprode a:eastine Dc trent en ela le Diagres cui fuse cretion de ne pe ori en Die, is adoent an os Dion vena eréateur de Univers (IV). Hs pearent feat e in meme tléeance que les poss (¥) 00 que x srsorles, = poweuot pomettraiton a cexsed Meapows ots conjectures ot aiendrat-on sux ohriena Teders evel Dievanguel seen pr es tnoinages hdc organests ails VIDE ccntaniome en ef foarit des prow asus a Fxitenee ede Punts e Dien: preuves pibspigies Grabeel WIT}, promes emitaces ensue (OO, ie SMtenagore cite quolqus txtes de TAncien Testatea, esp nportantr ses yes, poor monrerla confirmation trates prophote inspite 8 x donation pro remeat ite Prarlaat Te Dieu dé shrSent nest paste Dieu des loss Tet bin, onane cnx! Tairmen, 0 TEREe dnl, mnpasle dle. Mai eo oon ‘Pants Ian Verbe et an Esprit Sait, Commo Just, onine Taven, Atnouagne ne tit pas pouvoir Teer Geet or ensigenent capital (8), Ob Sonne ute shjurdhai de yuri place considerable qutzape dana inpuree don aplogstes Te dog trntae, fast Je acti toe en reomiscant que nous ne fone pls ‘dg meme. este thine rnp om peat dace meni SSSARLI par eux prendre Te tauroxw per les cormes treater Whokee te pret eseatielt Ler autres sont ensue expésiees avec DAS fe bert w7RopUeTION 35 La doctrine chrétizone posséde sa preuve dans Ja vie morale des fiddles (XI-XID, Sans doute los savants serutent lea Eeritaros pour y trouver la vérité sur Dieu. Les philotophes multipliont 105 arguments qui montrent excellence des enseignements donnés par les prophates ais Ia plupact des fidBles ne sont pas des savants et des philosophes. «Cher nows, déclare Athénagore, yous pourriez ‘trouver des ignoranis, des travailleurs manucls, de petites cervelles. Si en paroles ees gens sont incapables @exposer Yutiité de lear deetrine, Jeurs actions font voir Tutlité do leurs principos. Tls no savent pas par eccur des paroles; mais ils se parent de bonnes cuvres; frappés ils me rendent pas les coups; pillés, is ne poursuivent pas leurs voleurs fen justiog; ils dennent & ceux qui leur demandent et ils siment leur prochain comme enx-mémes. En vérits, si nous. re pensions pas qu'an Dien preside aux destinées du genre. hhumain, esteee que nous vivrions cans une talle pureté? Nul n'oserait le prétendre. Mais puisque nous sommes assurés que nous devrons rendre compte de toute notre vie d'ic-bas & Dieu qui a fait le monde et nous-mémes, nous choisissons une vie modérée, charitable ct humaine ‘meat méprisable = Tl feut eavoir gré &-Athénagore d'avoir trouvé de tals ‘accents pour dire les rapports étroits qui unissont Ia morale. ot la doctrine dans le christianisme, Les autres apologistes| ont fait également. Ten est peu qui alent alirme avee antant de elarté la portée de Pargument. ‘A la défense, Pattaque succéde, impétueuse, Non seulement Jes ehrétions ae sont pos des athées, ils sont les souls qui rendent & Dieu Paonneur qui Jui est da, car le FFagenisme, sous toutes ses formes, est contraire & Ia saine raison. La eritique de T'dolatrie est un liew commun de Vapologétique et les chrétiens ’ont pas é& les premiers 36 ATHENAGORE ‘Je moner d’uno maniére décisive, Les Juifs Yavaiont fait avant eux, dens le livre de le Sagesse, par exemple, et les philosophes paiens eux-memes n’avaient pas hésite ® pour fmivre de Ieurs sarcasmes les contes de la mythologte Athénagore a doac bien des prédécesseurs lorsqu'il aborde son tour la critique des faux dieux, cc qui ne empéche pas de donner une marque vraiment personnelic & son argumentation, Celle-ci eomprend deux parties :'absurdité de Tidolétrie (XIT-XXTD, l'explication rationale de Vidoldtsie (XXIIE-XXX). Lrabsurdité de VidolAtric. Les chrétiens adorent le vrai Dion : ils ne peuvent done pas reconnattre les dioux des ations, qui ne sont pas des dieux. Deux objections Dréalables se présentent ici 4 Mesprit de Fapologiste + on reproche en effet aux ehvétions de ne pas offcir de sacrifices et de ne pas adorer les méaes divinités que les autres peuples. Que valent ces griefs? lis sont aussi mal foneés I'un que autre. Les ehrétions sacrifient. Ils offrent méme A Dieu Te seul snerifice qui lui soit agréable, a reconnaissance de sa divinité : Te pre de et univers n'a pas besoin de sang ni de graiss, ni au parfum des floura ou de Y'encons, Ll sufit, pour Ie lower, de lever vers Ini des mains pures et de lui rencre grices pour tous ses bienfaits GCI}. * aanenagore ne pane pas de Veuchariss, dustin, o1 le sei, pe lat pas de donner dans U'¢poloje une desetpulon detallie de a Iiturgie easharstiqu, t dans le Diateguy XV delare quelle ‘stun shtlace, On au parfels une allusion 2 PEvehoristie daa une ‘prosion dela Seppliga En vets fat ofr Dieu an seeifes fom tanglant, In) presnver one adoration seiconnabie, (1M) (Cee tonios sent classiques. ite de stint Paul ane Romaine Dire ran suerte vivant crane atoratio rlsoonable (Hom, XT 1). Les Acie c'Apolionus pete La ple des eéeas come cites non sglant (VID. Ch Testa, UT patriard, p. 519 (G2 Fabrics). De meme, dens in Iargle ds Cention pest Tigao, Vill, 3 (0. 1, 1073) On pent espenant doater qa Athens gore alt Youls pane do Tucnaretn, Wnlake par oblige de tout INTRODUCTION 37. ‘Diautze part les chrétiens n'ont pas les memes dleux que les autres peuples (XIV). N'y a-t-il pas dans ee reproche tune mauvaise plaisanterie? Quel est en effet le peaple qui nore Jes mémes dieux que 60s voisina? Chaeua a son culte, Ses heros, ses divinites. Lequal d'entre eux ne pourrait-on ds lors accuser d’athélsme? Des Ie début de son discours, Athénagore aveit développé le thime traditionnel de la diversté infinie des eultos patens et il en avait tiré argument pour prouver que Jos chrétiens dovaiont dre tolérést, Tevient ici sur Ia question qu‘ envisage d'un autre point de vue. La situation des ehrétiens n'est pas diitérente de celle des autres peuples. Elle est méme, on va le voir, da beaucoup préférable’ dle et peat your fre coms: Lora décane ane emporenrs ‘que Dieu nia pas besoin te saris sanglants et asia prise an Scour purest eal satis qu alps repute expressions fons doe pemirae ot des prophites you iis epured aa Uidse sur anecltatcn a HommareCommont ote lectts pales arlene ‘auraientals enszehe ps lola? aves pas néssaine ds fare appel A la bine de arcane pour exper on slenes dee explication: aces suratert ete top cules elle traent equ dentro Pe Se "Lee paleas reprechalentyolontirs nx ctleas etre des cand are inl Tews celles nation ec de fal, ceuzel se tonvalont dang une contin tds particle. Lt Julspouvaieat Dien re monothiste: Hs Stlent ct ine aachds ta elle ed Cee ce tu de, Ia. Lee shoe, ists de taateo ee nalons lide Louies Tes rates, navaient pat do Me halienal Voll ce hoguat Fopion. © el, les spooattes Repo se lets one srounelre consti suse une ach un peuple eves ener fivant une expression gal dviendra courant déy ia di ib tino frelalime race, fee genes, Ue vot just allen et "leiareanalsso, lt Irene cts ont ee plas anctennes de toutes, punegue ce sent lex tacitione joie lt hbase ata Mes rermonteit se ax drigines de mans Cl. 4. wows exc ‘rst ud Ausdreung dos Chron, bt. 1998, 259 Ahéaagore n'emploie pas Texuuesion de tiene ree, mal ‘gue bls et chee contac mets cn peopel Le ealteimpéial, qu forme on lin entze tour es peuples de ‘empire Wet par slghale Copondant, cet lal ups que veut le resi, conti Fonktac inarmantabie Facceotaton eit Hise. Saint Peivearpe le Smigmn, ieite 4 declarer ue Cer st 38 ‘ATHENAGORE Que sont en effet les Gieux ‘du paganisme? Matigro ot rien que matitre. La matiére est Voravre de Dieu; loin G'exister par elleméme, ello dépend de celui qui I's tate ‘et qui ensuite I'a onganiséo selon sa volonté (XY). Ty plus. Certes le monde est bean; jl est harmonicusemcat ordonné, et c'est pour cela gu’oa s'ionore en feisant emonter ses hommages jusqu’a son enlateur, Mais les pafens nc se contentent pes d'edorer Je monde, ce qui serait deja intolerable, Us edorent des idoles, e'est-A-dire dos uvres de leurs msins. Loin d’lever leurs exprils et Jeurs cceurs vers eclul qui a tout fait, ils les abaissent jusqur'a des statues de pierre et de bois quils ont ews-mémes soulptées (XVD, dont ils ont euxmémes imaginé les noms. Les noms des dicux, lours généalogies, leurs légendes est la Voouvre des podtes, Orphée, Homére, Hésiode, au temoignage d’Héradotet, Lours statues: elles ont été faites par des scurpteurs dont tout le monde sait le pays et connait la vie2, Athenagore profite en quelque sorte de occasion pour éévelopper ici co qu’il seit des origines de ta seulpture. (AVI; ee faisant, il est assuné de plalre & ses eontempor ‘Selencur; ue peat y consent, ce Il ne connatt pas anne Seigneur Seti Chest, Davy lo blceoiss vinitable, Cele Insste de son cots Shrif cetur deo cians de sore Is ete romano et Ongene 1 Mea ‘Gu malt pondve ace et 1 eit A pene beso de dire que le tanpiguage ATHrodote ne pomve iw eh que les nus des eax aon pan Le imagines pe le Jonesy ceus-el it du moins fxd lee hgenisr eon no sours guaT9 outer de Tingortance te leur 20 mw Ntadnagore rappeils lel bsbvoment (tore de ta seuptire, ‘out ‘comme Tote domuait nn evtsinge da status. Ces, dea fetes gout earmetiitsqoes,patee quis répondent x cuits ‘eure sie sire One ae iueessit for als aux antiques Gr escoyate ce retroaver les origtes es cvvres arty de arose 1 enveigrements reas aux pelutres st sus malyteus sure bien {Wack ploophes, Il et ad? que Totien a athe [el an mana ot a erbge Ge Beran Atsayoro, quae fons por Ie sfoin delat hn Bedhion Wf ap lr ns da parle Genrer sp. cp 10455 est, 4 Som Hanitude, trp s8¥0r6 Boar a as ? INTRODUCTION 39 rains, dont le golt pour V'archéologie est bien conau, 1 doane en inéme temps une force décisive & son argument. ‘Du moment: que Yon sait les noms de ceux qui ont fabriqué Jes idoles, quelle fol pourmait-cn avoir dans ees produits un art tout humain? Matériels, Jes diewe patens ne possient aucun des attributs que Ia raison reconnatt a Dicu, Supposons mémo que les idoles ne soiont pas récllement adorées et que le tulle stadresse & ceux dont olles sont la représentation ‘I reste quo ces prétendus dienx ne sont pas éterels ni ineréés. Suivant Onphée, Teau est Ie principe de toutes choses! (VIN. Led philosophes sont d'accord pour reeonnattre que le corruptible est aécessairement orbs, que seul Fincorruptible est éternel (XIX). On se trouve cone cenfermé dans les doux branches dan dilemme, et fl n'y fa pas un paion qui soit capable de séparcr rigourewsement Diou de Ia matiere. ‘Ajoutons que Ies pallens donnent & leurs diewx dos formes butnaines et des sentiments humains (XX). Or Diew n'a pas de corps ni de passions. La eritique de Ianthropo~ morphisaie eat bien viellle ot les premiers pensears de la Gréce Favaiont deja fondée sur des bases décisives. Mais elie est toujours A reprendre, parce que les hommes ne cessent jamais de se représenter Dieu & lear image ot qu’au lieu de s'ever ensuite par la voie de Fanalogie jusqu’au Dieu invisible, ilo s'arctient a Fapparenee, Athénagore fe done la partie belle lorsqu'il attaque les vieilles legeadess il iui suffit, pour les accabler, de citer quelques textes + Aunénagore Insite plan gue Ie autor apologists cur onphisne gust nen bale pe, Ponvoos deers, cans ie Waite De Senuahte ee dane VEahortoBen eee Coes, ce les impréeations et adjuralions See fnlide oneal font sermant ee Pen reveer den matte, ‘Touen tappete thyme au cle eréateur ul st aleure ane Invantion des Jue SekD AUnéaugore expose en detail 16 Uhlogenic ‘rpiqve, ene fait resort des abounded Cle Lacuanex, Ler ijttes Tarps, p. 213. 40 ATRENAGORE Postiques (XXI) + ce sont ainsi les Gress eux-mémes qui rendent témoignage contre leurs dicws, Adoettons ¢°aillours qu'il ne faille pas prendre le lettre tout ce qu’ont écrit tes postes. Pourrons-nous admottre plus raisonnablement Tinterprétation physique de la mythologic, calle qui voit-dans les dieux des phénomenes naturels? Si Zeus est le feu, Héra Vir, Gaia la terre, aucan Wenx n'est véritablement iow, car le fou, Lair, [a terre ne sont rien autre chose que de Ia matiere créée par Dica (EXIM). Les déments en effet sont eorruptibles et chan geants, tondis que, nous Te savons déji, le vral Dien est incorruptible et immuable. Ni la doctrine @’Empédocle, 1] celle des stoiciens n’échappont A vette diffieulté fonda. mentale Reste alors a expliquer Mdolétrie. Si cewe quo les palens appellent des dicux ne le sont pas, pourquot Tour rendeat-ils des homanages? pourquoi mésne ees faux dlenk ‘exercent-is une action réelle? pourquoi fontrils des. pro- cliges et rendentits des oracles (XXAI-XXX)? Athénagoro Ae songe pas & er les fats quvon lui oppose. Il prefére es expliquer, el la premiée réponse qu'il donne est Vexistence des démons (XXIL-XKVID. Les dlémons.ne sont pas une invention des chrétiens, Mls nont pas été Imayinés par eux pour rendre compte Tun certain nombre do faits extraordinaites, Les philo- sophes cuxmémes admettent leur existence ; Thales distingue entre dicux, dénons ef hécos; Platon pense qua cate du diew ineris ct des astres, il y a des démons (XXTID, Les chrétiens eroient aussi qu'il y @ des démons : puise Sanices qui sont autour de la matiére ou mélées a elle neo! adry éyaioae wed 2 adejs!. De ees puissances, Ia * Gomme Te oole Pouca, Les apotetses srs, 190, 0.2, te sane Ao cette forme est ifcte& presen T-idee eat Gloernmert ave Is Imailte et le domaine des démens; minis ex repens nepl et ad rytnopecrion a premiéce est celle qui lutte contre Dieu, Je prince de Ta matiéce. Celuisci d'ailleurs ne doit pas étre regardé comme ineréé, & lo maniére dont la discorde s'eppose & Vomitié dans Je systeme d’EmpSdocle. Les autres paissances, les anges, ont aussi été eréées par Dieu pour tre les agents de sa Providence, de elle sorte que luieméme posséde le Providence d'ensemble, tandis que les. anges preposés aux eréatures ont recu mission dexereer la providence perticulire De ves znges, eréés libres, les uns sont demeureés atzachés ‘aus fonctions pour lesquelles Dieu tes avait falts, Las autres irent, Parral ces deraiers, le prince de la matire se montra ngaligent dans le gouvernement des ehoses qui In evaient éts contiées, tandis que 605 {rors suceombérent h Tamour des jeunes filles ot engendrérent les geants dont nt dgalement- es Meriznres et les fables des podtes (XXIV). ‘Les anges tomiés vivent désormais autour de Pair et de la terre; ils exercent lear action méfaste sur les hommes (qui se soumettont & enx et gussi sur Ia matidre, qui ne peut Schayper entiérement a la Providence partientidre dont ils avaient regu Ta charge! (XV). Finglement, ce sont les démons qui poussent les hommes onteltes en sent teat ot eau? Le ens local parlt donner Yon xpresien analogue ul zeveat 20" ch, XV. aro. jig of Severe roby ne rr pa Spores eal Phy yr. Seis flea da Vea ou su trey kes dons seatent epi Ehie on Be Jags, VBA} eta apésalement cousltuce pales kgnents out igs ew cles, dent Var, mative téakey et distin quekan, en sh aire sons eh fee patie Cate spl {tion ext atex mite, Hetiaane nee ee Amon ne St Pat ateritrs au reonde rel mates, Is y sent an etrae prox ‘tea enzo, "expose sur la Puovideace est assez embarrass. aes. pas leapoaie que Te tente sft alice Lal ou Ih; saly est plas probable stun ls pepatsandme do Papologetsoolt al Ate et quello al dels Pain udder oxastemnt le io des icns CE ten 2 ATMENAGORE A Tidolttre, « Quant aux dieux qui plaisent & le foule et, ont Tes noms sont connés aux images, ils ont commence par étre des hommes; et ['setion quills exereent toujours est duo oux démons qui usurpent leurs noms* » De ees) doux propositions, Athénagore démontre dabord Ja seconde, On sail, ditsil, que les statues de Nergllinos, Alexandre, de Protée, rendent des oracles et opérent. ‘des guérisons (XXVI). C'est que les démons, attinés par ‘Voceur des graistes immolées et par le sang des sacrifices, accourent autour de ees statues et Lrompeat Jes hommes trop erédules(XXVIN. Un essaid’esplivation peychologique dont les termes at moins sont empruntés au stoIbisme com= pléte ces affirmations, Il semble d'illeurs que Stembrouille un peu dans des formales assez obs La preave du oaraetéze primitivement humain des diewx ‘vient ensuite, Athénagore se platt a citer ici les témoi ‘gnages des historiens et des pottes profanes : Hérodote, Iphilos, Hisiode, Pindare (XXVII-XXI). De ces. hommes, les uns 52 sont distiogues par Tear foree et leurs exploits, comme Héraklés et Perste, «autres par leur abilets, comme Asklépios. Parfbis oc sont les sujets qui ‘ont accordé Jes hoaneurs suprémes & un roi défunt ou encore vivant. Ou bien ce sont les seuverains qui ont divinisé un. de leurs sujets, comme Y'a fait Hadrien pour Antinots eux. qui sont venus easuite ont regu ees décisions sans Ta maoladre hesitation (XX). ‘Alnsi stachéve Ia premiére partie, de beaucoup la plas importante de la Supplique : « Nous no sommes pas des athées, conclut Athénagors, puisque nous regarcons comme: Dien Je endateur de cet univers et le Verbe qui est auprés. de lui >. 1 Ataéangore sere il prema pant en (eveur de Vex én corse el tin muloare explosion de (aH. iss eve Flame reste fasta 18 ez Tul In croyancs au Often ryTRoDUCTION 48 La seconde partic est beaucoup ylus courte. L'epolo- iste, on s'en souvient, doit répondre dla double accusation de cannibalisme et d'inoeste. De telles accusations, ‘elare-til, sont deja e&futees par ce qui a été dit au sujet de la doctrine (XXXI), Cependant, il peut tlre utile apporter encore une réponse dinecte Qa reproche donc aux chrétiens d’étre des incestucux (SXKILXXXIV). Or ils sont purs dans leurs pensées. Is wont paz meme Te droit de regarder une femme avec quelque désir. Tis se consiiavent comme des fréres et des sirurs et s'en donnent les noms (SKID. Us sont pars dans lear vie ils ne ae meriont que pour avoir des enfants; ils extiment que lee szeondes peas sont des adultares déguisés; vinginlté ct continence sont chez eux dans Ie plas grand henner (XXXIM, Diaillenrs, quels sont cews ‘qui osent les accuser? Des horames qui, eux-mémes, eom- iettent toutes les turpitudes ot qui cent s’en gloriier (XXXIV), (On reproche encore aux chrétions d'étre des anthro poplages. Tl est de nouveau facile de les justiier de oe crime (XXXV-XXXVD. En effet, jamais leurs esclaves, témoins souvent malvsillants de leur vio intime, ne les on. ‘ont accusés!, De plus, les chrétiens ont une si grande horreur du sang qu'ils condamaent les combats de gladiateurs et regardent comme un péché grave lzvortement volontaire (EXXV). Eni ils ervient a le résurtection + comment oseralent-ils manger des corps qui doivent un jour revivre pour la vie étemelio? Co dogme, il est vrai, semble incroyable & la plupart : eapendant, des philosophes comme ‘Pythogore et Platon ne font pas de ciffculté & Venseigner XXVD. 2 cf supra, pp, 5-16. PLN te Jeux. dans fa Jette & Trajan Sere) cla as ue Is each descr iens a evant ‘yprocher leurs ities 4 ATHENAGORE La conclusion de Vouvrage tient on quelques lignes Athénagore demande une derniére fois aie emperours de rendre justice aux chrétiens qui sont dows, pions ot moderés et qui ne eessent de prier pour eux et pour PEtat, Alnsi se développe l'ergumentation de Papologiste. Dans ensemble, ce développement est des plus réeuliers. Non yas sans doute qu'il vite toutes les digressions. It n’aurait pas été un homme de son temps sil avait poursuivi tant fu long, sans aucun écort, la réalisation d'un plan trace & Vavance. fei ot Ia, il y a des Jentours, L/histoire de la sealpture, par exemple, est bien Yun de ees hore-d'ceuvre qui pouvaient, plains aux antiquaires et aux arehsologues du temps, mais que nous ne nous attendrions pas & trouver ‘an milieu d'une apologie. Mois Athénagore n'a pas de ces Dprusques sautes d'idées qui déconeertent cher Tatien, ni dle ees longues parentheses ou s egace si faeilement la pensée de saint Justin. 1 sait ot 11 veut nous conéuire et il ne Youblie pas. Cele vant a la Suppligue un rang & part at ‘mibeu des autres apologies du ti siele, et Yon comprend ‘que Bossuct Y'ait regerdée comme une des plus belles quill alt ues. 1 La doctrine d’Athénagore. Nous n'avons pas ici & faire une étude compléte de Venseiguement c'Athénagore, mais seulement & mettre en relict quelques traits essentiels, 1 nous sulfira done indiquer ce que pense Athénagore de Dieu, de la Trinits ct des anges. 1 Diew Dieu ost unique. I est a peine besoin d'insister sur oe point. La plus grande parti de la Supplique est consacrée INTRODUCTION 45 {i lutter contre le polythéisme. La doctrine chrétienne professe ua seal Dieu, eréatour de l'univers (IV) : telle est Jn vérité fondamentale qu’Athénagore allimme avant toute discussion. De toutes les erreurs, Vatheisme total, celui de Diagoras, est Je pite, eb c'est Justement que ce per sonnage a été persécuté par les Athéaiens (IV). D'illeurs, i les lois romaines tolérent tous les cultes, et laisent chacun adorer les dieu qu’il lal plot, ellos eondamnent absolument Vathéisme (2), et Vapologiste approuve une tlle séverité, La raison démontre existence de Dieu, Si les chrétiens Gaient des athées, ils fermeraient les yeux & tant de preuves qui établissent lo croyanee en Dieu : Mordre, Vharmonie, la grandear, le couleur, a figure da monde (IV), Liargument ainsi résumé est calal des causes. finales, particulitrement cher au stofeisme. Athéaagore reviont & plusieurs reprises sur Ja beauté du monde (XVI), sur la Deanté du corps humain (XXXIV) : il waureit pas été un véritable gree s'il y eut été insensible. La grandeur di el, la disposition des astres qui se menvent dans le eerele de Mécliptique, la forme sphérique du firmament te trans portent d'aise. Mais tout ecla est cvéé et ne mérile pas notre ‘doration : « Si le monde est un instrument hertmonicax, est eelut qui donne V'barmonie et nen Tiastrument quo Fadore (XVD) La raison démontre aussi unite de Dieu + ~ Si, és ta commencement, ily avait des diewx en un plus grand nombre, de deux ehioses l'une : ou bien cvs dioux seraieat dans un sen] et méme étrel, ou bien checun d'euse aurait question la ood rede Dieu? Us dpa de lg mantic dont on enten etext iptqan: foot dt kel sas foes. Olt, apne Decne, & Maran, Bese et A: Poth so Selndent rbres apts rade ot peasak quit og bien ey 60 Bislde ie aia” Unnidy npr Paaly tatine “quathcnegre fm bare divin Bh tte Bypotkse Ie pevblone deen se 48 ATHENAGORE: son étre propre. Or ils ne pourraient pas étre dans un seul ct mime thre... » La demonstration se poursuit assez, Jonguament, tn peu maladroite ot un peu Tourde. Crest la seule fois, dans le cours de Ia Suppligue, qu’Athénagore: emploie la méthocle syllogistique, car il tient a présenter lel ce qu’il appelle 13+ Aoywcpdy hudy vs wlereo. Get essa nest pout-dtre pas tris heureux; il n’en est pas moins intéressant, ear on ne trouve rien de pareil chez saint Justin ou chez Tatien, Athenagore applique trés consciemment, a méthode philosophique pour élairer les dannées de Ia rivdlation, et Yon apergolt ainsi « le double mobile de auteur: utilite, dans toute discussion, de se placer antant que possible au méme point de vue que Vadversaire, eb nécessité d’aillours de donner une satisfaction aux besoins Togiques Ge som propre esprit! a ‘On peat pourtaal se demander si Athénagore ajoute une couflance ilimitée aux démonstrations rationnelles Tl souligne les contradictions des pbilosophes; il déclane quils ont procédé de meniére conjecturale, qu’ils ont: ‘eherené sil était possible de trouver et de comprendre la ‘verte il dit enfin qu'ils out réussi A conceveir (nepoofiat) roa & trouver I'étze®, Pourquoi une telle fexblesse? Parce: que chagua a appris de sofméme, procédant. selon ses propres forees (VII). Ce qui doane aux chrétiens une certitude inébranlable, c'est qu’ils ont le moyen d’étabhir ‘ait w praieme elaslaue; et. Cictaon, vr us pe plo I B Gh fis eo doulliont use steed Be'sst dear, Jy 37, 108 ai teen» 1A. POReaty Les apotottes grees 186 4 2 Gapeuted demander qutl st lesen extet deco mot nena, daa soreot pan deux fis dana la Sappigae (VIE st X11). 120000 Gon ait autre aepwogeas nt cape Dan eit, Vatelienee Shares vengoit de Pantoe, In Sot ouve, posta, Nou seuleneat Fnttience ie porgst pee es aanees e Wattend que Ks eects fuentichy mats surtnt dle wareve pas @ use cxttude Gefniive Pnton cengott bien ie alow diraek fe asle pas do Do avec IA tranquue surasce d'un chetiene ixrnopucTion n par des signes et des arguments frvésistibles ce quills pensent. Ts ont apptis d2 Dieu Ini-néme ce qui concemne Dieu. Us apportent comme témoins de leur Foi les prophetes, gui ont parlé par I'Esprit divin de Diew ct des choses divines (VI). Sils se contentaient des proves philoso- phiques, on pourrait croize que leur doctrine est bumalnet, ‘mais paisque les paroles des prophétes confirment leurs ralsennements, on doit: conclure qu’ils sont bien enscignés par Dicu, GecSiBexro: (XI, XXXI), En toute hypothése, le Dieu do Ja ralson est incré6, terns), invisible, impassible, Incompréhensible. 11 ne peut, eve saisi que par Vesprit et Ta raison. Il est eaveloppé @ane lumitxe, d'une beauté, d'un esprit, @une foree infnarrables; il a ex6é ot il conserve univers (0); Cette définition est on quelque sorte classique. On Ja retrouve, avec quelques variantes, au début de V Apotogte d’Aristide et c'est encore + Athinagore so proorpe on effete mentor A ses auditourss0p- povde qr Cstennme 2 une gino divine ta i est mpi ‘Tnnster sar‘ pout parce qu dese vant pact ester tur Oh ferrin oa pourra ere sul, celal dela rason. certs ears Fitiuge can Tatlen et pW fall & observer Calas! condanre ‘Cenblgs in piso et eu loc dears eis apussata dl dresee \etcomtruction caine. etn tat, tout pallosophe. qual ae ars apr de mentee ae St hv ee Dy Ceppoie avant tout sur ab oracle tine xtherages, esstreicy Sate Farkas ewan passat erate ere ‘Suseruse i expque que les propheter sands homme ine poortant, ii sents gine por ls andar mise de Tuutoette cu Fivoque et. apres aver i ie fl do Tosplrton, I e chore pase dévoute il ft vearguabis en paricbor qui ne cre pas sapyever surangas cele sit, Cet epumea! poatal Wrdse yoy suo sfpliqugBtwen Gat pas woine Cun manent Ics 2 beaucoup tant Jats que chesbene,Yavalent wtiae avant ‘Athonagere: Pour c» demiey, uve de Tere ne vient pas 8 ‘Sate; nats fom ongme fixing ce ellee et objet We fo ‘our’ paner de Tunpraion, athnaore apie Io someon deVintramest dot jos le namien Topsy AA, se svat des Jrophtes come Te Ate gut seus doves Hat (13), Gt, nso, Daten el, heer, My 1, 10; De momar, MH, 332, Extdemment bat te tomer, palsqoe Diew flnéme pan part Biosaed ae benches 48 smuénacont lle que donne Clément d'Alexandriet. Quelquessms des attributs de Dien mévitent une attention spéciale, ‘Le promier cot incr, dydmnros. Gomme nous ne possé- dons qu'on manuserit indépendant ¢'Athenagore, il est facie de connatire Yorthographe de ce mot. 11 est remar= aquable que le copiste n'a jamais écrit dydiqros, mais tone jours éyényros, seuf auch, IIL, 1, ob Athénagore démontre quill ne peut pas ¥ avoir plasicurs dicux : ¢ S's dtaiont des dleux, déelare-til, is n'auraient pas ée sem Dinbles, mals parce qu‘ils seraient éyémzcn ils seraient éifferenciés. Les choses eréées en effet ressemblent & leas rmodiles; les choses incréées, dyérqrou sont dilférentes, Puisqu'lles nc sont faites ni par quelqu'vn, ni pour quelqu’un », Dautre part, en neuf passages de la Supp Ue Dieu des ehrétiens ost dit dydenron et dans sic centre eux cette expression est employée en opposition aves yorrés ov aves un mot dérivé de yéoum QV, 1: VL 2 VIL, 2 X, 4; XV, 1; XXIII, 2). Eni Je mot yerrds est appliqué deux fois & des tres différents du vrai Dien ot Impligue le sens de erée par eontraste avec épéionres ‘Gans ces deux cemniers cas, i] agit «Tres personnels, qh ont partie de la mythologie grecque. Athénayore ne semble pas appliquer le mot yevryzés & des objets impersonnels*. Ui n'y a pasa étro surpris do oe fait. Pas plus qu‘aucon 4e ses contemporains, Athénagore ne songe a faire de Véyompota le earactére propre de Diou le Pere, le Fi tant par contre yemgade, cest-iedire engendré Tl se 1 stoma, Vs 8, 3 SRNL Patten, of i patesle(aght, p40. Le plapant des faluoursieoents covgent te Levon dpc It remplacet byéorog. Cette wanker de proces ne sour He aise News {emus esi gomment pes cera quel erehogropbe pan resremoa Base setter oad over pe soles pus oon oles coretac cut cou {ne ai tia mons orthographic toujors ose out ayrRopuerION 49 propose simplement de marquer opposition qu'il y a entre le Dien non produit et les eréatures produites, Le premier ne rentre pas dans Ja catiigorie du dovonir; il n’en va pas de méme des seeondes. Pour exprimer ootie idée, youre: ch dyévyree conviennent également, ear tout Je monde a & peu pres perdu de vue Ia diférence que Vétymologio aurait pu erder entre eax’, Le Dieu ineris est en méme temps inconprchensible, ce qui est une spithéte philonienne, I est surtout invisible. Les stoiciens insisiaient sur ee pelnt. Athénegore qui leur oit beaucoup, emprunte également ici leur manidre de penser et de s'exprimer®. A peine est-il bescia d’ajouter quineompréhensible ne signitic point inintellizible, Die ‘dépasse infiniment les forees de Ja raison, qui est iinpuis- sante A en marquer es imites et 4 en énumérer les attribute, Mais la raison est capable cependant de le connettre dans une certaine mesure, tandis que les sens y sont impulssants, Dien a tout eréé : sans Sexpliquer antroment sur la création, Aténagore affirme a maintes reprises qu’il eat Je démiurge de Punivers (VI, XTID) et que par suite tout lui appartient. De méme, Dieu conserve tout par se prove dence, et la meilleure preuve de action qu'il continue & exereer est 'harmonie de Punivers. Mais eotte harmonic n’existe que dans l'ensemble; faut, pour Ja saisis envisager les choses de tris haut, D8 qu'on descend dans le detail con apereoit des ruptures «équilibre, Les justes souttrent, les méchaats triompheat. Ne comprend-on pas dés lors que des hommes comme AAristote aient limite Vexercice * che J Laat, stoi de deme oe ta Trine, tL, pp, HHP. Ke. aitrence de sens entre le Hea uote ei sulignee pa Sunt Athanaie, Conde artanes, erat. Ty 0, De sgnedy 404 Pek Santaeuy Nat quacol, Vii 20, Q) Paton) De Movarcy Wy Mh ALE Ona, qpud Swot, Rely fp A 50 ATHENAGORE de 1a providence ot affirme qu'elle ne tenait plus de place dans Je monde sublunaire (XV)? ‘Athénagore est sensible Aces difficultés. Pour les résoudre, semble-til, imagine une distinction entre providence ginérale ot providence particuliére et il faut bien evousr qu'il est assez corapliqué de préciser ce qu'il 8 voulu dire pari. 1 eommenee par déclarer que Dieu a fet Jes anges pour etre les agents de sa providence sur les choses qu'il @ lukméme orgonisées, de telle sorte quill posséde la providence d'ensemble, universe et genérique, et que les anges, préposés aux ersatures, alent a exereer la providence particuliére (XXIV). Oo dirait un snonarqu qui, apets avoir organisé son royaume, en répartit 'edmi- histration entro différents fonctionnaires & qui il fait confiance et qui, sans snquiGtor des details, se contente de survolller la marche ces affaires, quitte peut-etre a intorvanir s'il se produisait um désordre. Plus loin, Tapolo- iste ajoute que la providence particuliére stexeree selon Ta vérité, non selon Papparence, sur ceux qui en sont dignes, alors que tout Io reste est gouverné par les leis de In raison selon Ia constitution eommnne des ehoses (XV). ‘Ge dernier passage est des plus obsenrs et le texte qui en fest alteré ne se préte pas facilement & une interprétation satisfelsante, Ubsldi croit devcir insister sur la distinction entre ceux qui sont dignes ct les autres, pour voir ici insinuée tout au moins Fepposition de Yorcire de la nature et de Vordre de la grace. Cela paratt bien subtil, d'autant, plus qu’Athénagore ne fait pas ailleurs cette opposition et ne semble meme pas lasser supposer qu'il en a le moindre {dée. TI s'agi ici des hommes qui ont fait un bon usage do eur Libre arbitre ct qui, en réalité simon en apparence, ‘ont traités conformément & la justice. TI peut arriver que * ence, op ely pe ns, note INTHoDUCTION 51 2s hommes souffrent, c2 qui s'explique par V'intervention des démons. Is n'en sont pas moins aimés de Diew, qui ne lit pas étre avcusé de leur malheur. Ce qui semble Jo plus déconcertant, c'est que les lois naturelles dou dépendont. Yonganisation et I'evolution dos tres vivants ne rentrent. pas dans la providenes générale, Schwartz distingue en effet 1° une providence générale, celle dont il est question au chapitre XXIV, que Dieu exoree sur le mondo entier par le moyen des lois générales 20 des lois de la nature qui président a In constitution des tires vivants et qui sont néeessairement observées en ¢@ « si, dra un peu plus loin Papologiste (XX ), est bien ordom fon exvatour, si on corsidére le mode naturel de a génération, de sa constitution physique, ou Ja fin de sa vie mle désordre ne s‘introduit en hui que dans la partie spisituelle de son Aine qul peut étre troublée par les démons ou por Pabus du libre arbitre: 3° onfia une providence administrative particuliére, qui est oxeroée par les anges et qui atteint los indivicus dans lour destinés particuliére, dans leur histoire dont i faut expliquer les hasards apparent. Puech croit pouvoir lever a dilficulté ea observant qu’ « Athénagors, dans sa classification, sépare tout & fail dum e6té Vunivers, le néopes, le var, de Fautre lee indie widus, objet do la rporota ei pépovs. Les individus euxcmémes se déyeloppent.physiquement selon des lois régulitres, mais ils ont chacun leur destinge. Oa trouve, dang le traité De falo de Plutarque (ch. IX) ane théorie solon laquelle il y a une provicenes & trois dognés + 1° le Dieu supreme qui a tout erdonne das Yorigine; 2° les diews sondalrus, qui assurent ls conservation et 1a perpetuits jegande la vie physique: « L'horome lui a selon * seuwarer, stenajrae legato, pp 2 arutxacone rsemble des affaires: humaines: 3 les démons, qui sont préposts a la surveillance des judividus, Athénagore semble bion avoir en vue une these analogue. Co qu'il y a Wobseurité dans son expose vient pout-itre de ce qu'dl wa pas Méquivalent de ces dicux secondaires que Plutarque place au degré intermédiaire enlze Je Dieu suprime ct les démonst », Cette explication est assez siduisante, En toute hypo- ‘those, ily a liew d'en tenie le plas grand compte pour expliquer [a marche des événements et la liberié, tant ‘olle des démons que eelle de Mhomme. Les anges ont été ouds de liberté 4 Torigine et est par leur propre faute que certains dentro cux ont déchu de leur état primiti. ‘Les hommes de leur ebt6 jouissent du bre arbitre. Diew respaste ses eréatures of sa providence n’entrave pas YVaetion libre des démons ou des hommes. Qu’on ne parle one pus d'une fortune ayeugle selon laquelle se dévelap- perait histoire du monde. La providence de Dieu sort on definitive vietoricuse de tous los assants. 2. La Trial Llunité de Dien n'emptrie pas la Trinité, Athénagore re serait pas ua chrétien de gon tomps s'il ne doancit la premiére place & ce mystére. Dés qu'il commence & parler ‘e Diet, mentionne le Verbe : « Nous enselgnons, dite, tan Diew unique, eréateur de Punivers, qui a tout fait par te Verbe ven de lui (IV)*s. Un pew plus Join, i ajoate : 118i Platon n'est pas athée, i qui congoit un Diew unique, EyropucTioN 53 ‘sans principe, onganisatenr de I'nnivers, nous ne le sommes pes davantage, aous qui savons et préchons que Dicu est ‘celui par le Verbe duquel le monde a été organisé et par le souffle (Vesprit) duquel Tunité est maintenue (V) » Ce ne sont IA que des plorres dattente, Athénagore n'expose dans son ensemble Ia doctrine ehnétienne qu’apres avoir rappelé les preuves de Fexistence de Dieu, Mais alors file fait en toute clarté : « Nous admettons aussi le Pils de Dieu, et qu’on ne dise pas qu'l est ridicule que Diew ait un Os, car nous ne eomeevons pas Dieu le Pere et Disa le Fils & la manigre des pobtes qui, dans leurs légendes, font Jes dieux semblables aux hommes; mais Te Fils de Diet eest le Verbe du Piro on idée et en puissance, car c'est {de Ini et par Ini que tout a été feit, le Pére et le Fils ne faisant quran. Le FUs est dans le Pope et le Pére est dans le Fils par lunité et Ta puissance de Pespalt, Ce Fils de Diea eat T'ntelligence ot le Verbe du Pare... L'Bnfant (rai) est la giniture du Pére, non qu'il ait &4é produit, ear dés Yorigine Dieu, étant anc intolligenco éternelle, avait avec lui son Verbe, puisqu'il est éternelloment raisonnable, mais pour que, dats toutes les choses matsrielles, ..0 fat parmi elles idée ct énergie, étant sorti an dehors. Crest c= quenseigne [Esprit prophétique : Le Seigneur, dit-il ma oréé pour étre Je commencement de ses voies dans accomplissement de ses couvres, D'ailleurs, oe Saint Esprit luieméine, qui agit sur les praphétes, nous aisons que c'est une dévivation de Dieu, dérivant de [ui et y remontant comme un rayon de soleil. Qui donc ne s'étonnerail s'entendre appelor athées des gone qui aflrment un Dieu Pére, un Fils Dieu, un Esprit-Saint, qui moatrent, lear puissance dans units et leur distinction dans le rang? Notre Unologie ue sen tent pas 1a, mais nous ‘firmoas encore une multitude d'anges et de servitenrs, que le Dieu créateur ot démiurge du monde a distri BL ATHENACORE ‘Dues eb nipnrtis par son Verbe pour dominer lee ele ments... (X) » ‘Deux points nous frappent éyslement dans ce passage, ‘Le premier est l'afinmation tres nette de la Trinité. Le mot, Iuieméme n'est pas employé, mais la chose y est. Les hrétions sont des gens qui croient ou Pere, aw Fils et au Saint-Esprit, unis dans lour puissanee ot distinets dans leur rang, Ailleurs, Ia méme afirmation est reprise avec la Jeme dlaeté : « Nous Sommes enirainés par le seul désir de connatlre le seul Dieu véritable et son Verbe, (Ge sayoin) quelle est 'unité de Enfant avee Ie Pere, quelle cst la communauté du Pere avee le Fils, ee qu’est Esprit, qualle est Tunion et 1a distineti entze eux : Esprit, Enfant, le Pére (XID), Athéuagore se rend bien comple qu'il y a la un mystére, dont la vie présente n’offriea jameis une explication suflisamte. I compte eur la vie de I'au-deld pour lui apporter, 2 lai et & tous se¢ fréres, les illuminations qui leur font détaut, 1 fesphre que, dans cette éternité bienheureuse a laquelle il aspire, il connaitra enfin le grand secret il n'insiste dail. leurs pas sur cette gnose ct il serait Michews, semble-tl, a'y insister, au risque de placer honndte apologiste dans Ia méme cetégorie de pensewrs qu'un Clément ou un Origene. Mais il accepte pour T'instant le mystére et il Stexprime en termes ixéprochables. Unilé et distinction, ce sont en effet les deux termes qu'il faut également retonie ck qui permettert de définir la Trinit$ dans la mesure ot. lle peut Votre Le Pére, le Fils et Esprit-Saint sont les seuls objets propres de Ja théologie. Avant Athénagore, saint Justin 1 dIn'y ape nn eappiyer eat e nom dentant, ware, quiest dane tu File par Athenopers. Cette desgeation ninpiigue pos, Cas Sh pnsle, ane ajeiba qisleene ds. le est Govlaue Btave Er bron que I thclaglo pestriere ne alt pas Feleive, ee wot ‘as Ge pee dla cilgue, le Lubatrow, op esl be486, INTRODUCTION 53 pour décrire la foi chréticane éerivait ; « Nous vénérons ef adorons le vrai Dieu ct Ie Pils venu d’auprés de Iai ct qui nous a enseigné cette doctrine, ot Fermée des autres escortent et qui lui ressemblent, ab Y Esprit prophétique! ». Formule étrange, qui semble faire du Fils e Diea un ange semblable aux autres, dont il serait seulement Ie chef. Sens doute, ailleurs, Justin montre bien ‘qu'll n’asimile pas le Fils de Diew & un ange et qu’ lal reconnatt une place unique et exclusive; mais le fait qu'il Conne une place aux anges dans Ia formule triniaire marque cepeadant quelque imprécision dans sa pensée. Athénagoro ne commet pas Jn méme erreur. Il déslare ‘aussi que les chrétiens admettont Vexistance des anges, mais il met ceus-ci 4 leur rang et il préelse qu'lls sont des servitenrs, préposés par Digu au gouverneinent du monde En secoad lieu, Athénagare insiste sur Punité de Dieu. Le Pére et lo Fils, iti, ne font qu'un. Le Fils est dans le Pere ot le Pére est dans le Fils, por I'units et la palssence. de VEsprit. Le Fils est Fintelligence et le Vere du Pere, Ges textes sont penetrés de rériniscenees jobanniques et Gest la premitie fois que Tinfluence théologique du ‘quatritme évangile se manifeste dans Vhistcirs du dogme de la Trinité®, Les apologistes anteriours avaiont bien pu parler du Verbe; ils n’svaient pas utillsé avee autant de. Sagaclté les grandes lecons de saint Jean, Aucune hésitation 24 Spot, Vt 2 f 4 encore, nous peuvens épuoaver quelque sunptice. News ‘woven pas Puabitude Wcsonder une pie Importente aux angee ‘dane Teapend de notre croyance, Mol, eafeverane os png sx frome de Gul le mone etait romp te dings, lex apologists statent mens a tara re lrgs piace au more weiss tlt Important ‘isoncter quo ls cbetens atmettaene ux aust Yexkuence une hulutude despets ehana!s ce Tuduaisuatien du monde, tout en Soulant que of expels Calon Is creatures ct Disa sopssne Mhuwnerox, op cil, p48, 5B ATHENAGORE: n'est possible : west bien & Vevangile qu’Athéaagore pulse sa doctrine. Tl faut bien d'atlleurs appuyer aussi sur Vonité de Dieu, si Yon veut éviter te reproche de polythéisme, I ne suffit pas de dire que les chréticas ne hon pour Empédocle opposer Ia nuit au jour, la diseorde & Vamitié comme dos prineipes égelement puissants ot redoutables, Le chrétien sait que sil y avait en des Forigine quelqu’un qui fit opposé A Diew, il aurait immédliatement cessé dire eb que sa substance aurait été dissoute dans la puissance ot In foree de Dieu, Pourquoi done wn eertain nombre d'anges sont-ils déchus We leur premier état? Parce quills se sont enorgueills de Ja substance de Tear Aire et de Teur pouvoir. Cat- onguell alest pas autrement de rappeler qu’au point de départ de la chute se trouve un sentiment excessf, cette Jue que los Groes condamnaicat parsdeseus tout et cans laquelle ils n’hesitaient pas & voir Ja Source de tous les man, Les anges tomés son Ie prince de la matiere et avec Jul d'autres anges parml ceux qul talent préposts au premier firmament, Ce premier fir mament marque la limite de notre monde, Selon opinion fréquemment reprochée & Aristete, il marquerait également J limite en degi de laquelle ne s'exercerait plas le providence. Tei Athénagore se trouve en présence du récit de la Genése touchant Ia séduetion dea filles des hommes par Jes fils de Dieu. Le livre «'Hénach identifi ees fils de Dieu vee les anges eux-meémest ot t1és vite Tes éovivains ehré liens adoplézent cette explication, qui se répandit aussi it: Fapologiste se contents de 3 Hoes, VI, 2 «Bt les anges, ls das cleus, les virenty ot He tes csttent, et He go leet ont eus = Allos,ehokutsone nous Gee femmes pari les etiante dos homnior et enenceone noe des fn re). ee at cn suet Ane SILDU 2 ere q'Henoehs ans quelques mane des. Sepa, a logon dyyedoe 703 Beod ee substitude au texte prtmtit ull od Geads cia ence de Pasion des mauvas anges ayes es es es toonnce avavalt ps tarde tse ropante sot fa rencontre chee Sosspe et chee” ilo, anTnopuctio’ 63 dans Te monde juif. Saint Justin avant Athénagore, apres lui saint Trénée, Clément, Origene, ‘Tertullien, Minueius Felix, saint Cyprien, Commodien, Laciance, beaucoup autres encore In reprodaisont avoe des nuances diverse Notre apologiste Iui-mame accepte la légende, dont il attribue Ta paternité aux prophetes, eest-t-cire aux Gerivains inspirés. I declare que Te prince de ta matiere sve montra négligent dons Je gouvernement des choses qui ul était confiées et il vexprime ici comme si ee seul per= sonnage avait commis une talle fautet De union des anges avee les Alles des hommes naquirent Jes géants. Ce nom esl emprunté & la Genése; mais les sgéants, que Justin préfére appeler Ies demons’, font ea éalité partie des puissances mauvaises : angos déchus et {géants sont les démons qui ecrent autour du monde (XX VV Les premiers subissent des Impulsions en rapport avec Jes passions qu'ls out éprouvées; es seconds agent. conformément & la constitution qu’lls ont reque (XXV). Cela veut dire que les ants, tout on restant libres, doivent ue femmes dont is sont deseerdus des passions maté- rielles; lorsqutils obsissent & Jenrs impulsions, lorsque par exemple ils sont gourmands ou Toxurieux, is ne font que céder aux inclinations de leur aature, Les anges déchis, au eontraire, ayant commis une foute contre nature en Sunissont aux filles des hommest, continuent & se eonduire apres leucs promiéres impulsions. Quant a prince de * qertalin dat ague aust fate dadiable de celledesautres anges. (t.De patente, = Natlesnpalicliae he ov diaboo deprchen 9, ‘ama fae cam Borainum Deut niserse paca cue felnel Smeg ‘tae ort homie bose, patente tule aeow' ine qe ces anvils demons, repre ont plas peeves us lears eves" Apelop.. XI. * Alldnoore nexlgue d'alleus pay eoasmat 1 anges qu ‘teion spittle oat pu stands aus lls dea homunes. Cette itale ‘existe pas peur cea al, cine Tertullian, cdmeltent Is natare Prntdieb det anges ef sidee Bere, Tl, 8. 64 ATHENAGORE Ja apatibee, toujours mentionné & part, comme Vennemi ppAr excellence, Il gouyerne Te monde contrairement & la Donté de Dieu. Tl se plail-ea particulier & troubler le repos: es justes ct Ton pourrait. croire qu’Athénagore a ici en yuo le récit du livre de Job. ‘De toute manieze, les démons attaquent incessamment les hommes. Athénagore ne développe pas sa pensée, [1 se contente de dire que Tes hommes sont entratnés en des sens divers, du dedans et du dehors, individuellement et par nations, icolds ot rasserblés. Cos termes sont déja Gloquents par eux-mémes, car ils montrent que, dans toutes: les circonstances de leur vie Individuelle et social, les hhommes penvent étre Tobjet des atiaques démoniaques; ehacan deux est Cent d'une maniére dilférente, bien que ‘tous aient en comman la méme faculté rationnelle (XXV). Liapologiste insiste soulement sur le réle des démons dans idoldtrie, ot d’sleurs ila introduit tout son dévelop- pement & leur sujet pour en arciver ft, Ts'agit-d’expliquer pourquoi les statues des dicux opérent des miracles ou font des prophetios. Athénagore ne nie pas les fits, personne en soa temps naurait 056 lo faire. Mais il les expligue en isant que ce sont les démons qui intorviennent et i S‘elforee de le prouver en falsunt appel A des analyses psychologiques assez subtiles, II semble bien que, pour Ini Taction dos démons s'exerce beaucoup plus sur les dmes es pafens gue sur les ioles ellos-mémes. Les démons: inspirent aux hommes des images fausses, en rapport vee leurs désirs et leurs passions, ce qul Jenr fait vine que ces images proviennent des idoles (XXVID). Euxe memes se Jaissent attirer par le parfum des graisses et le sang des victimes; ilp tournoient auteur dos statues ot ils niont sueun mel & tromper Jes palons qui sout adja Incapables de contempler la vérité ow d'élaver Tear esprit vers le eréateur INTRODUCTION 85 Cotte doctrine est interessante 4 plus d'un titre, Comme on (a fait remarquer’, elle témoigne de In curiosité intel Jectuelle ¢'AthSnagore, qui ne se contente pas daMrmer mais qui se préoeeupe dPexpliquor eb qui poar vele fait appel:A toutes les ressourees dont il pent disposer. Avec une culture plus étendue que profonde, il mélange des Aléments empruntés aux doctrines 1es plus diverses; 2 faisant, il ressomble d'ailleurs & la plupart de ses conter= Porains. Sa démonologie est en gros eelle de son temps: clea de réelles amMnites avee celle de Piutarque, Elle n'en rend pas moins un son profondément ehrétien, un ‘Manuserits, éditions, traduetions, 18 Menuserits. Le meilleur manuserit de la Supplique, (on peut méme cire le seul gui soit récllement important, est Te codex d'Arethas, anjourd’hui & la Bibliothique nationale de Paris ot Hl porte In cate Paris. graee. 451, Co manuserit fut copié en 914, pour Tareneveque de Césarée Avéthas, par son scerétaife Baanes: Aréthas le Felut ensuite soigneusement et corrigea en plusieurs sndrvits les lectures do Boones, mottant Jes accents ct Jes csprits, rétablissant Tes séparations exactes des mots, complétant Jes lacunes, cle. D'autnes corrections sont ues @ Baanes luiantme; dautres encore remontent seule ment des leeteurs humanistes du xv* ou du xvi siécle. La Suppligue ocenpe dans eo manuserit los £0" 322v 248%, ‘lle est suivie du traits de ta Résurreciéon (1 318v-267¥). Si important qu’il soit, le manuscrit d’Aréthas est Loin etre bon. A plusiours reprises, des mols ont été oubliés; * Pome, ap. city p10 66 ATHENAGORE des fautes évidentes n'ont pos 6 corrigées. IL semble, lailleurs que, le pins souvent, Baznes ne doit pas &tre tenn, ‘pour responsable. 1a fait ee qu'll 2 pu et a eoplé de son. mieux un manuserit dsj défectucus. Les aliteurs ont eu beaucoup & faire pour eméliorer, dans Je mesure du possible, so lectures’. ‘Let autres manuserita dérivent tous, dizectement ou Indirectement, du cadex dAréihas, Aussi peuvent-lls tre a peu prés négligts, Dérivent directement du Paris, 451 : 1. Cod, Mutinonsis 111 D 7, composé do deux parties Ja promigre, du x11 siele, derite avee soln, renferme Ie Proireptique et 1e Pédagogue de Clement PAlexandcie, ta lettre & Zenas et la Coforlatio du Pseudo-Sustin, ’Oratio de. Tatien, 'Bxpositi fidet du Pseude-Justin; la seconde est tun fragment d'un manuserit du x1° sidele, copie tres nnegligemment; lle coatient la fn de YOratio de Tatien, 1a ‘Suppligue et ta Resurrection €°Athénagore. 2. Cad. Parisinus yraee. 174, saee. XFXIL. La Suppligque Yy ovcupe les {s8 163y-17ly, 43, Cod. Parisinus grace, 490, eopié en 1364, Le Suppligue Yy figare f 4330-151, Du Mutinensis dérivent six manusevits, dont le plus important parait avoir €1¢ un ondex Argenteralensts % ce manuscrit a été brilé Ie 24 aodt 1870, lors de incendie de Ja bibliothique de Straskourg; il contoneit les deux traités d’Athenagore et avait été collationné par E, Cunitz pour T'élition d'Otto pour ce qui regarde notre auteun, ‘Le manteit aAndthos a été tolgnsueeeat sollatioan’ paz ©. vose Gaawaxhr, Der swthowotes Dene, Ginter. 464 (Beste dnd Unteracamngen, 13 Lespn, inks). CEA. Hanae, Die tiene ferung der qiechisien Apaegten des zaeter doteminaerts (1. Uo Tapp. 370189. oe manuserit cat le seul gu realerme les tela cuveages sue gus de sin destin, es tous spelen ee Disgue sv ox Knypa INTRODUCTION 67 est inutile de signaler les autres menusorits, qui sont nombreux, pulsyue nous pessécons encore dix eopies qui dérivent du Paris. 174, une qui se rattaehe a Paris, 450 ct cing qui semblent se rattacher & une copie perdue du mannsorit d’Aréthas, 20 Editions. La premigre Sdition de la Supplique fut publiée & Zarieh par C. Gesner en 1557, La méme année, la Supplique et le trad de la Résurrection parurent & Paris, par les scins dH. Estienne, avec la traduction latine de Gesner. Le traité seul De la Résurrecion avait deja été publié par P, Nenaius a Louvain, 1641, puis réimprimé a Bale, 15 Tl faut citer ensuite les editions dans lesquelies Athé- rnagore figure & sa place avec les autres apotogistes = F, Morel, Paris, 1615, 1636; Coloyne, 1680, D. Maran, Paris, 1742 et Venise 1747. Lédition de Dom Maran, qui eorrige Ia traduction de Gesner, améliore Je texte et contient des notes noinbreuses, a été repreduite par Gallandi, Bibliitcea veterum Pairum, et yar Migne, P. G, LVL, col, 887-1024, avee d'importantes notes sritiques de J. H. Nolte. Plus récente est V'édition d'Otto dens le Corpus Apotogetarura saecult seoandt, *, VIL, Iona, 18585 ‘on y trouve dabondants prolayoménes, des notes eopleuses, une version latine et des indices au nombre de quatre, 1 faut enfin signaler quatre éiitions nouvelles : celles GE. Schwartz, Athenagorce lidellus pro ahristianis, Oratio de resurrectione mertorum (Texte und Untersuchungen, IV, 2), Leipzig, 1891; de J. Getfeken, Ziel grieehisehe Apologcter, Leiprig et Berlin, 1907 (Apologie d'Aristide et Supplique d’Athénagore avee ua abondaat commentaire et ume histoire do Papologétique dans Pantiquit de F. Goodspeed, Die ditesion Apologeten (Justin, Tatien ot Athénagore), Gottingue, 1915; de P, Ubaldl, Athenagoras, La Supplica per icristtani, Testo erin ¢ commento, Turin, 1921 68 anulxacont: 39 Traductions. Les traductions de la Suppliqe sont ‘rs nombreuses. On a déj® signalé Ta version Tatine de Gesner, revue par Dom Maran ct celle €”Otto, Une autre traduction latino, due & Suffridus Petri, a paru & Cologne: on 1867, La premizre traduction frangaise ost due a Gaussart; elle 2 paru A Paris en 1574 et a été faite d'aprés Ja version latine de Suilridus Petri, Une autre traduction est due Arnold do Ferron, Une troisiéme ost louvre de Goujet, ehanoine de Saint-Jecques de VHopital 2 Paris. Une quatrieme @ ponr autour le P. Le Renter, Breslau, 1758, Plus récemment, la Légation a encore été traduite par BL de Genoude, Les Pires de PBglise, Paris, 1897, t. 1. Enfin d'importants fragments da méme ouvrage figurent en francais dans Io livre ce J. Riviere, Les apologises dz Ue sidele, Pavis, 1908. Les overages d’Athénayore ont été tradults en anglals par D. Humpbreys, Londres, 1714; Je Legation a été traduite en italien par Jérdme Faleti, Vérone, 1957; pui avec le traits Dela résurresiion, par JB. Galliceioli, Venise, 1801, Une demitee traduetion italienne de la Légatlon est due & P. Unalai, Turin, 1821. Parmi les traductions allamandes, nous nous conten terons de signaler celle. de A. Beringer, Die Sehwtjten des divist, Philosophen Atuenagoras aus Aien, Kempten, 1875, qui init partic de la Bibliothek der Kizchenvater. ‘La présente traduction « été faite d'apres les editions de Geffeken et c'Uhald, mais Je ne me suis pas eru oblige de autre. Upaldi revient souvent au texte du manuserit Ay 9 en quoi il ne fant pas hésiter a Iai donner raison, Ses préddcessours, Gefleken ot plus oncore Schwartz, avaleat falt aux hypotheses et aux corrections une place si grande de réagir. En bien des cas Hail devenn nécess se dans leurs moindres détails les textes de un ou de | INTRODUCTION 09 eependant, le retour av raanuscrit est vraiment impossible. I est névessaire druser alors de conjectures et toute trae duction sc ressent foreément (Pune telle manitre de faire ‘Je me suis efforcé d'autre part de serrer Ie texte autant, que possible. Voici des sidcles que l'on dieeute de optima genere inierpretand! et Yon a'a pas encore fini de Ie faire Par la force des choses, un'traducteur est obligé de choi cntre deux inconvénients : sil rend littéralement le texte quill a cous los yeux, i mangue aux lois de l'élégance, sinon de ts comection du langage; s'il veut au contraire obsir at agénie de sa propre Tangue maternelle, il risque de teahlr la pensée de Vauteur qu'il traduit, De ces deax ineonvé- nieats, Ie premier me semble de beaucoup le moindre Une traduction est pos faite pour séduite ua lecteur; colle se propose avant tout de rendre service, en permettant A des Lravailleurs de suivee les details de original, dans toute la mesure du possible. On m'exsusera done si j'ai cera devoir préfirer le fidélité a Mbarmonic des phrases. SUPPLIQUE Av suser DES CHRETIENS Aux empereurs Mare-Auréle Antonin et Lucius Auréle Commode, arméniques, sarmatiques, et ce qui est Ie plus important, philosophes. EXORDE, I. Dans la terre qui yous est soumise, grands parmi les rois, chaque peuple a des mozurs et des lois différentes eb personne, ft-ce par une loi ou par Je erainte dun chatiment, ne saurait étre empéché de chérir les usages traditionnelst, méme sls sout ridicules. Le Troyen dit qu'Hector est-un dieu et. adore eléne en qui il voit Adrastée. Le Lacédémonien honore Agamemnon (comme s'il était) Zeus et Phyloncé, fille de Tyndare, sous le nom d’Enodia® 2 eet hen 1 a point capital Tout mage est permis, vole recom= mandate, et momento Il sit appuyer sur une cuullon, Le wea poche due Fou aurese ava curtens ext doe pas voir entire, dene pas adovr les Gea pstermels, Gouna epondroae qu'en rls Jar eligi cst In plus atoenn do toute, plaques hertd dae Araaitions jl MiDe tele Shundrations eoxt tosctionnsloe. CE Cesnex, De roiura deeram, Ul, 15 38 2 Neo var. wal alge Inert frentiem ‘desieer®posivta, fam et conadero, quae cleuniur 2 Stoke sane enim ig Inpesttorur peer Syl Veuerantar, owe fae genus besriun Acgyptil vensewaverant,Inzvero in Greed fuller Habest ex Hominibas dios, Alabanduan Aleberdl, ‘Tened R ATHENAGORE: L/Athénien sacrifie & Erechtée Poseidon; il! ctlébre des initiations ct des mystéres & Agraulos ot Pandrosos qui, d’aprés lui, ont commis une impiété en ouvraat le coffre, En un mot, suivant les nations ¢t les peuples, les hommes célebrent les sacrifices et les mystéres quiils yeulent. Les Egyptiens tiennent pour des dicux les chats, les crocodiles, les serpents, Tes aspies et les chiens Et 4 tous ces eultes, vous accordez la liberté, vous et les Iois, ear vous regerdez comme impie et suerilége de ne pas eroire en une divinité, comme nécessaire de laisser ehacun adorer les dieux qu'il veut, afin qu'on évize Injustice par la nye, Lewotiearn quo ft Iapel sins Paicemonon Alum, cunet Greig, Heron, Aseelaniam, Tyandess» Euetest Juppe (Geile 2: Deorurt cant 12 Da mite, tans Papologitiqhe fe fats Vapologtique chréuenne " JosrN, 1a. 24 teeentaey Apotog, XEN, 5 ay. + olat allay Geum, shes oye, ah a ine patti nudes numeret ora alias lacenar alas saa deo Sto veveat, alias hei, Atgus deo et Negyotis perl el tam vanaa mperstitione potostes aoibus ot becky conscorandls ek apitedarmartat, qu liguem huiaemed eeuan oeeierins Unie tian proving ‘of iltas site dens est ut Syrian Mlygati Arabiae Duss, ul Notte Beles, ot Atae Cacletis, We Ma tnine repult su. Sed nos soll arcamur & religions propeetae! signe hina ible vos ae une Soe a@Hileste, of nous adoptoas, la lecture propesés pnt Sehyarte, itsh que cola do Geflkon “Apren dolar La legon nad Porras Teérebios (et. Cacswos;, Vers I, 1, 15 Devs deers ily {by 99) Strat plas simple et mere pis stitairant, nls he bral pas Feaehatnement naturel des (ove, Heltne (tt penser Lacécémone bf len Lacedenoteas 1appelion ks Aténlene Avonens eopendant fqull ya spavent den associations inated 7 Le taste insee fel ta nouveau sujet AOyraog: ot ce méone mot ut encore pte faidiatoment evant k verbe dyovovs ldo eee Supprine au meine te fle. Schaar mltiple Ie covtetions dane ferpastage quest ens ite. Le mio en dese tepprocher autem "tue posto ae Je tration rane La motos éaypteane avec Io ete des antmanx qu'elle omporie Tait specataent objet des rales des apnetistes Gh, Catsener o'Auexssoney Prete, IL, 392 ANSHOR, ADOly 12 Ae Apoll, 21, f encore Casas bi Jéavsaisay Galechy Vy 10, SUPPLIQUE AU SUJET DES cHRETIENS 73 crainte du divin’, (Chez nous au contraire, bien que vous-mémes ne soyez pas, comme la plupart des hommes, offensés en Ventondant, notre nom est objet de haine, Mais les noms ne méritent pas la hain c'est Linjustice qui mérite peine ct chatiment’). Cest pourquoi, admirant votre douceur, votre mansuétade, I'esprit de paix ot de eharité que vous apportez. en tout, les individus sont régis par des lois égales; les cités, selon leur dignité, participent des honneurs égeus: univers entier jouit, grace a votre sagesse, d'une paix profonde Mais nous, qu'on appelle chrétiens’, vous ne prenez n de nous; et bien que nous ne commettions nous conduisions de pas d'injustice, mais que m la manire la plus pieuse et I plus juste, eomme la suite le montrera, tant a Végard de Ta divinite qu’. Pégard de votre empire, vous permettez qu'on nous poursuive, qu'on nous enléve, qu'on nous chasse; que la plupart nous combattent 4 cause de notre om seul. Nous osons pourtant vous manifester ce gui nous concerne : notre diseours vous prowvera que nous soufirons injustement, contre toute loi et * Chocam peut cdorer ses dione aationain. Lresventel act dao tune eiigion et de goes a tration des anodes ot ct ays. Se Fathetme est Hagareusencentecnicamane, eo In pertenne de 2% Drei repesentant Otagoris. 'Gatte phnase est 2zjlie 4 bon droit par Setar, elt, ft jagent prématurse Pudiuation quelle apporte, Wns 14s guostlon dea chréien, Avant de pronase leur défense, dt ot présier Is pete quran woul entre eux S Catt Inaction pemet de iste Te date dala Sappiique. Ch sniradutton, Athenagaee ‘ie se croft pas obige dexpliqver origins ot le stgulteeton du nom de chreters, comme te st encore in. Tout Jemma coniall-eésrmais eo nom et atk 3 eet Papi 74 ATHENAgORE contre toute raison; et nous vous demandons d'exa- miner en notre fayeur le moyen de n'etre plus les victimes des délatenrs. Car ce n'est pas A nos richesses que font tort nos persécuteurs, ni A notre condition de libres citoyens quils portent atteinte, ni a des biens de moindre importance qu’ils nuisent. Tout cela, nous le mépri- sons, quoique pour la plupart des hommes cela paraisse important, ear nous avons appris non seulement & ne pas rendre & celui qui nous Frappe et & ne pas poursulvre en justice ceux qui nous pillent, et nous dépoutlient, mais & présenter & Tun, méme stil nous outrageusement frappés sur une joue, Vautre Joue & soufleter; @ donner aux autres notre unique, sls ont enlevé notre manteau!, Crest & 0s corps et & nos ames quills s'attaquent, quand nous avons renoneé a nos richesscs, en répandant contre nous une multitude d'accusations, dont le soupgon meme ne nous offense pes, mais qui sont Te propre es bevarde ct des gens de leur espice. TL. Que si l'on peut nous convainere d'une injustice, petite ou grande, nous ne refusons pas d’étre punis, mais nous acceptons de subir Ie chatiment, quelque cruel et impitoyable qu'il soit. Si par contre l'accu- sation ne va pas plus loin que le nom — du moins 2 Lapologte sappeto fei Vensepicncnt dann par te ans ie esenis sarin montagne Starry We ts bee Ve 1 ajpate un trait emprnte d-eaere Pauly 4 Cor, Wy By & savas Vinerdltion te poursarrs et fastice In agressours dime’ injtaes Tne cite pas exteiement er textes ot en donne pas a eee Lev empercira ne seralent pas nterscen rappers que eos belles Jepons sont cendsnie darn Brie regan connie sae SUPPLIOUE AU SUJET DES CHRériENS 75 jusqu’au jour présent, tous les faux brults quils répandent sur nous sont les cancans communs et invérfiables des hommes ot pes un seul chrétien n! 6té convainew d'injustieet — il vous appartient maintenant, A yous les plus grands, les. (plus!) humains, les plus instruits deo empereurs, de nous cébarrasser par une loi de la calomnie, afin quo, de méme que le monde entier prend sa part de vos bienfaits, les individus tout comme les cités, nous aussi nous rendions gréces en vous glorifient de niétre plus calomniés* Ine convient pas en effet & votre justice que les autres, Iorsqu'ils sont accusés d'un crime, ne sofent pas punis avant davoir éé convaincus, mais que pour nous seuls Ie nom ait une plus grande force que les preuves juridiques et que nos juges ne se demandent pas si Paccusé est coupable, mais qu’ils se déchainent contre le nom comme s'il était un crimes, En Tuiememe et pour Ini-méme, un nom n'est 2 Ly 2 Mune abe revendleation, al est encore expres par ‘TunruLsse, Apotog, NEY, pre Mowvates Four, Oe KAS Sf par dastece” On overs iicdement le pronaee Ale flee, Nie buted ic cot foc ere tlbpus: ports le mar de phe Lee iaanusche portent ie guadpcincey. Dep Estee, Ie aja réaisent te seria, bone mahiten Te paraetie fie tes adjects . ‘Mumrvsaney, Apeogs NAVIL, menace Ie opens ane i duaeet tie putens, Athenngore ne dave ren Cant quo UIs en Past aves le pouotr Iss vontante de demiandar une Int contre I ‘Si alee dace gu er les ee sek Cee’ Atnenagere ex nsomparabiement ps eyes: ela ext fandée sur Tigpottese «run aceommodenient posible entre TEalbe CL esrisy £ Apoly {¥, 1 = Ua nom ales nk bon at muvals ce eon lor etlone gut sy allochent gu fou juger A'se cenidoe 76 ATHENAGORE, nibon ni mauvais : c'est par les actes bons on manvais qui leur sont attribués que les noms sont bons on méprisables. Vous savez tout cela mienx que persone, puisque vous étes versés dans In philosophic et pourvus de toute instruction. Crest pourquoi, ceux qui sont juggs devant vous, méme stils sont aceus’s des plus grands. erimes, prennent conflance (et), sachant que vous examinez leur vie sans vous attacher aux noms, s'ls sont vides, nj aux motifs apportés par les accusateurs, s'ls sont faux, ils regoivent de la méme-maniére la sentence qui condamne et celle qui absout. Par suite, nous réclamons nows aussi Je méme traitement que tous Jes autres : ne pos tre hais ot chétiée parce que nous portons le nom de chrétiens — pour nous, qu’est-ce que te nom importe & la méchaneeté? — mais étre juges sur ce pour quoi nous sommes traduits en justice et alors, ow bien étre acquittés si mous écartons les accusations, ow bien étre condamnés si nous sommes convaincus de méchanceté, non pas A cause du nom, —car il n'y a pas de chrétien qui soit méchant, & moins qu'il simule Ja doctrine, — mais & cause du crime. Crest de la sorte que sont aussi jug’ les philosoph quo ce nom qul now accune, Hows sommes Iss plas vertueux des Hommes oan ne. persone pas quil soit juste te pretendre ete ur aolze nau sel, 5 ows somihes convainets de mes, Leet prouve qu notes geno ae so tact pas lu co [able que notre nom, vot devoin eet de fir toe vor ellis ous fe pa tre rpenenis om sco om pian jst dee Ys alonetion kod ett! ape pots néescar. Hla a he ase par Entec, dont In Toon 0 Ge euopte par Gefchen et Ghul, SUPPLIQUE AU SuSE DES cHnémeNs 7 ‘nous le oyons. Nul d'entre eux, avant de passer en Justice, n'est regard8 par le juge comme hon on mauvais 4 cause de sa science on de son art; mais s'il paratt étre injuste, il est chatié, sans faire endosser aucune geeusation & 1a philosophies — car eelti-la est méchant qui ne philosophe pas comme c'est 1a Joi, et lo science n'en est pas responsable; — s'il se libére des accusations, il est absous%. Qu'il en soit de meme aussi pour nous : qu’on examine la vie de ‘ceux gui sont mis en jugement ct qu’on laisse le nora, degogé de tout grief. IL est nécessaire, an moment oft je commence A prendre Ia défense de notre doctrine, de vous demander, t7és grands empercurs, de nous écouter avec équité et de ne pas yous laisser occuper ou ‘entrainer par les bruits courants et déraisonnables, mais de tourner votre amour de la science et de la érité vers Ja doctrine qui nous concerns, Ains ‘yous ne pécherer pas par ignorance, et nous, une fois délivrés des cacontars injustifiés de la multitude, nous cesserons d'etre combattus® \ oem, 1 Apot, 1V, 8, 9,.cappreehe également attitude qu’on ager Te espe de ale avn dele pore Pee es Co depen vm beaucoup pit lok “duo Etat oe disotcreve nasi corplatonent dela qucstsn rligeuse fue de In quetion pilesopiique ce qu eet proprement le prinelpe fin bere sonsclence, Une valle atsitade etait Impeesble 818 Viaos, acl, p18 et «Sens coutela valeur dun jugement lus dela selsnee que-du notre Use Jugs » pe pls haters lai du cap, J Vapotegste domeudlt fans cmperave quils emplchert Jes chctins d'etre orgie par Tes ASletour Le mot était tte fort. Toy 1 pefew ans exproseon cdcucle Stinane done pls exaesn i uit que Tor cttiee cosent etre Combats 78 amuéNacone DIVISION DE La SUPPLIQUE IIT, On lence contre nous trois griefs : Mathéisme, Jes repas de Thyeste, les incestes a la maniére aGEAipe’, Si cela est vrai, n’epargnez aueune classe, Punissez jusqu’eu bout ces crimes, mettez-nous & mort avec nos femmes ct nos enfants, détruisez- nous jusqu’a la racing, s'il y a du moins un homme pour vivre a la maniére des bétes, Et eneore, mémo les bétes ne slattaquent pes & leurs congénéres; elles sfaccouplent selon Ia loi de Ia nature ct seulement au temps de la procréation, non pour 1a Tieence;. elles reconneissent méme ceux qui leur viennent en aide’ S'il se trouve donc un homme plus sauvage que les ‘étes, quelle peine subira-til pour de tels crimes, qui paraisse Gtre un chétinent proportionné? Per contre, s'il n'y a 14 que des racontars et de aines calomnies — naturellement Ie mal est opposé 4a verin et la loi divine® fait que les contraires se 2 Athinagors expose dlaroment Ie plan gui extend ser, on dt roi ne arestane ql on prepesn a etter atone et fh, NXVL 7 2 Api, XU, 2 le, our pare es yee wii, 1s «Dich serle: Ine ef pest. cowviviam certo, sod everores lumina canes, leone soit tenbrara, fe Ibilisnn inpiona wereeunciam precsrent © Maveare Pat Carns. TX, XXViIL, XX Om senerntes ence lee hemes Bel ‘tae Hostage eile par Vacaruve Mase, IU 35 Mest provable fue ce ouvrage dat Porpsre te meliear de'su documentation. Gra Ta am Tien comma do ht pridication evaleotefeee GF, Sixbews, Be ira 1 8; Dtony Orel, Ny A; REVIT 15, ete alot nine of a ture connent des emai gnement erbiabls Gretnoye De net dears Me Parra ces aneigaoments ce ture apposition sas conten Bovertre, Dicer fy 12, 16, Senge, pis, 122, 5 SUPPLIQUE AU SWET DES cHRETIENS 79 font la guerre les uns aux autres, vous étes daillenrs ‘tomoins que nous ne sommes coupables ancun de ees crimes —, vous ordonnerez non pas de confesser (aotre nom)’, mais de faire devant vous une enquéte sur notre vie, mos opinions, notre 28Je et notre obéissance envers vous, votre maison, votre empire; et en agissant ainsi, vous ne nous coneéderer tien de plus qu'a nos persécuteurs. Car nous les yainerons ep donnant sans hésiter méme nos vies pour la veritas UNITE DE DIEU + ‘PREDVE PHILOSOPHIQUE PAR LE TEMOIGNAGE TY. Que nous ne soyons pas des athées — je répon- drai A chacun des griefs qu'on nous fait —, j'ai peur quill ne soit risible ce réfuter eeux qui aflirment que nous le sommes. Les Athéniens en effet repro- chaient A bon droit Yathéisme & Disgoras qui, non content d'exposer publiquement la doctrine d’Orphée, dévoilait encore les mystéres d’Bleusis et coux des Kabires et qui mettait en moreeaux la statue d'Hérakles afin de faire enire ses raves, avouant 2 Le texto do ee pestage et mal sauet. Nowe adoplons dans ta ‘amc es cereections praposdes pa Semtwants(addtion de pits dBvxaty)et pat LisNi elite rodoye iu de dpoiocts Aus A) Le sent obtenu v acne vee ei es pasoges pales autres apologises: Jesri, 1 Apple LV, be Muses Prue, Ota, NOVI, 3p Tercisaze, palo 1y 10, Vk 2 * Gt Jone, 1 Apely LVit, 22 La mort ne ots fall pes peur tot inne a ul fat ami Sn Ge mend 9 lek Aenonvean » Teisetati Ad Sou, Les patene sont pha pore ‘repreeher tux seis lar courage en face dela ment ley olen Yobtiers, comme Mauo-Avueuny Pens, Xl 8 une. sftation Iddtal, ou comme Ervertry Dierks TY, 7, 6 une sere og ele Ch Mister Pass, Olen, Vill, 5. 80 ATEENAGORE, ainsi sans détour qu'll n'y avait absolument pas de Diet, Mals nous qui distinguons Dieu de la matiére, qui montrons qu’autre chose est la matiere, autre chose est Dieu et qu’entre les deux il y a beaucoup de difference — car le divin est inerée éterncl, visible 2 Diagorae a 46 pour toate Hontiqulté Ie type ds Yathée. Som store est etameart ma coon #18 Tsgende pen A pea ajoke fe nouveas traits & ceux dont Hl cai dea ie neses AnitonaN. ‘ez, 107; Renee, 020 Slt seucsnot qu'il eal anys Ces nye Bent Gee he nt dar I, 9, By cot basco sts Foutelgad :« At Diagora, vam Samoihmtianh venisct, Athoos Ie gat distur, stque sf quia seus ¢'Ta qe) dos Putas bunsann Seaigee nome aninaivestis, cx tot tabuneplti quem mall Yo ‘im tempetatisetigint ih pertamque sat perceneint? Ha A {gui eau wusqusva piesa, qa naenga focerar, i ra tus perlruut». Krapologeicue pense, autamt que In ive et In Ghrétlane, a po de lu Ch, Parvo Pucranoun, Pala, (7, 1s Gactnosy Deak dery I, 3 530; Sexes Ermey Adi, ics 164, bo; Bums, De nel Tarvin, Oraty 2 Cues, De ree Pein, Glare Vath, 2 Leaeraoten, Din. I mane, 108 Sub le reprache datneisme aorese aux chiens of A. HARsAC, ‘Der Vora des Atetans inert ersten tanifuncren este tind Untvauchangen, No, Le mo A porte ie dydneqror ct vest Ia Jecnre gu’ presente nabituctoment: a plupert de Eitsarscmigent en dyryray, tort fener is logon Sydnnros eo besacoup.mlshe stele ‘on seulement pour Athénagnr uke pour ler sues apologies et Doarsain renee Le prinege qa trop couveatinpvedececmacions ‘bites est hy dacinetion semantqae formule par tant dean Baatsetne¢7try7es salen procul. dyeovqror aonengetre, Nal ects aitincion tat A pour ts Saconnae Wes ante ul tmplolent interment Fan, 94 Paul terme: Le problene us te Buen et aca uch 1 yo dvs Fe a Alcon, lamoniesearble apparent su sven ect yeryzdee Dew Sstdyéryror: queigiexune tentro vox prstent le mee aeiibat 8 ame Pour tes stoviens au conrsire,lemondeseastle et €peoyroe {heres auteurs chrliens fw sel a mene susion se pony nals Pun peat de vue ident, car ia categorie devente ash Galle da eve + Diu seal cot Inve, tenis que Ta matlee deviea; tile eet corruptibe, done oust produits, Ct Leancros, Hétere da ogre dete Seine. 1, pp. Boned. Taste des atuute de Baan ot tout A alt cusigue, Lise que ‘leu eit coona par Tesprt ete Yakonrement ext Haideane = De itu, narod, ap. Sram Et, SteaeR, Nt. goes VU, 30 SUFPLIQUE AU SUTER DES cHRETIENS ——8L uniquement a Yesprit ct @ la raison, tondis que 1a matiere est créee ot corruptible —, a’est-il pas absurde de nous attribuer le nom de lathéisme? Si nous avions des idoles cemblables A celles de Diagoras, alors que nous possédons tant de raisons pour vénérer Dicu, Vordre, Pharmonie totale, la grandeur, la couleur, Ia figure, le disposition du monde, o'est & bon droit qu'on nous ferait la xép) tation de ne pas adorer Dieu et qu'on aurait motif de nous perséeuter. Mais, puisque notre doctrine professe un seul Dieu, créatcur de ect univers, Ini sans. devenir, puisque ce n'est pas ce qui est qui devient mais ce qui n'est pas, — et toutes choses ayant été faites par lui, par le moyen du Verbe? qui vient de lai —, c'est sans raison que nous souffrons & Ta fois dire mal nommés et etre perséeutss V. Les podtes et Jes philosophes n'ont pas été tonus pour athées parce qu’ils ont réfléchi sur Dieu. Euripidet exprime son embarras au sujet de eeu que 4 atndvagure esgulsse It Varaument de ordre eu monde: 3) 7 review pis loin Prouve Chssijue day le steeimey et Malis Fats developpée paris epelogstss! Dlisuivs Peat, Octan, NTR ‘Tusopuany Ad Lately Gj Pearviasesy Apolegs VI, Latrayen, "Premiere tention du Varbe, Les formalee A Athinagors sont angie tenpiurare* fe, 1, 42 U3 ie etnies he son us ie eeels n renecbir sur Dina et epotsse’ les doctdnes dela reliston popula, Petts et pesos ley nt pees dans celle vel, sas que pesoane y zcuve dete GE, Jom ? aol, 0, cant la Sibylle ot Hywarpe les sfelelens Pinion, Mdoandre; Nontenus date, Geary X15 Cobonn, Pres Vit Dhsietrs dee texts invoguse par les cpologeter sant Cale Awerypnes SSEMpnE, ff. 98) Nawehs, co patsee west con que par supp. a este ‘ 82 Arubxacone Yopinion commune appelle faussement des dieux + Zeus, du moins s'il existe au cial, ne doit pas le rendre malhenreux. Mais lorsqu’il donne son opinion sur cel intelligible par la scicnee, il dit qui est Vois-tu Péther infini en hauteur qui entoure la terre dans ses bras humides? Pense que celui’ est Zeus, regarde-le comme [aiew. Des premiers, 0 n'a vu ni que Jes essences awe quelles peut s‘appliquer le nom étaient réellement existantes : Cav Zeus, qui que soit Zens, je ne le connais qu'en parolest, ni que les noms étaient dits conformément aux réalités substantielles, car ce dont Iessonce n'est pas, subsistante, qu’est-ee do plus qu'un nom? Le second au contraire, il Ya yu par ses couyzes; il a compris que les phénoménes rendaient visibles les choses invisibles®... Par suite, cclui dont ils sont les ecuvres, par Fesprit de qui ils sont conduits, il a compris que C'était Dien, Sophocle est aussi daccerd avec Ini : Athénogore. Le taste di pre vers est incomplt; en peut te pupil stant kpc. Nan peor iv da pee ‘lage. MU Boniribe, f, 41 Nouch, CH également par Cason, De nl egy Ty Bo, 6 Cle Luctesy Jue fags (nti, fr 480 Nauk. CE Lue, se it 1) ext probate aqyAlhinagers ot Leon on emp ce dos ngente 4 "Texte onronpi Ins esals de restieaion, nomen, sont Ii rete Suistalsants [est plus prea! ce senoneer te SUPPLIQUE AU SUIT DES crRETIENS 83 Unique en vérité, unique est Diew quia fait Te ciel et ta vaste terret; et il enseigne, rolativemont a Ia nature (de Diew)* ui remplit univers de sa beaute, qu'il faut que Diew soit et quill faut qu'il soit un, ‘VIL Philolacs® lui aussi, en disant que toutes choses nt ét6 enfermées par Dieu comme dans une prison, montre qu'il est unique et quil est supériour a Ia matiore Lysis et Opsimust définissent Dieu 'ua le nombre ineffable, autre Vexeédent du plus grand des hombres sur le nombre Ie phis voisin, $i, comme le disent les Pythagoriciens, dix est le plus grand des nombres, parco qu‘ eat le tetrachtyst et quill enve- loppe toutes les proportions avithmétiques et harmo= * Sormoctny fs 1025 Newcks Le fragment est (naushentiques até cupendant pas Varro Jem, Gotorty 18; De money 2, Custer, Protn VIL, Ts Steamy V. Lh 1ise rao monn Gate off ce Da Clomont Ie ete plas comploiemeat apron Hcontce Able, eu ‘vest ps pony ne ate afin conan Le cexte est obscur Ubsil propose eiacer We rants ro eos uae Sohwarts replace pur 703” obpesos. Gattesen corseyt Ia Tego dts, mais sugpoge qu'un mot est tombe upcts éadrepan ‘nislque chose comme gpa "Philosophie pythagorsion, dhicple Arehytas de Tare, ‘onternpaain te Socate, souvent dt pur Plato On ne potstdo de Tat que pss de fragments athentlgnes Sty # des changer pour te eto quest ete ete We sepa, eae il emble ylkter Ae ne Mofelenies, comme ut autre Aagibent ee par Phos, De opi rand I, 24 a elé longiezps fla tale Ge fake sya su Usmck ‘oa tl spp es ptingr ean "Pollcophee pythagerefes. Le prose, orsinsice de arent, tut ome Ub poosinondee Ls seca ue Lenihan et beasene Due vnrement lta pa ex anche be tetrenty et nme pe Ih Somme 1-41-8444, eu est de 4 10: Ge nome enveuppe tones ks proportions ans fue Fexphe Sextos Enruucn ae, melieasy Wil, 9 8 ATHENAGORE vyoisin est Te neuk: niques, coli quien est le ph Gone Dien est monade, eest-ddire un : car Je plus ‘grand des nombres surpass? son proche voisin de ui’ Platon et Atistotet, je n'exposeral pas a fond quiils ont dit sur Dieu, et je n'ai pas @ démontrer es opinions des philosophes dune maniére scrapie leuse, Je sais en effet qu'autant vous dépasser tous tes hommes par ['intelligence el. par Ia puissance de empire, autant vous Temportez sur tous par la connaissance exacte de toutes les disciplines et que: ‘yous yous comportez par rapport & chacume des parties de Fenseignement comme ne Je font méme pas ceux qui s’en sont reserve um seul fragment. Mais, puisqu'il est impossible de montrer, sans citer des noms, que nous ne sommes pas les seuls a enfermer Dieu dans la monade, je me suis adre aux Moriléges*, Platon dit donc ; Découvrir auteur et Je pére de cet univers, c'est un grand exploit et quand on. Ta déeouvert, il est impossible de le divulgner a tonst », TI pense, en parlant ainsi, qu'unique est Le texte aMéres La toadneton ittrale srait © « Unitets enim sagt es supra froin mor Pe PA psine commence, ka phraeeinterompt par ube emerge Fagolegsty le reper us tom par ae ation de PAU sores excuse We expose ees thoes te Latdenet et iecnaplementy Vexp AUT enpbic, fal rds Bagus Erpncune, eat cuss have AQUI ae te pao de prvnitre ine Les Beas teste de Ph ict en ovat se en opporte fait ne revolt pas gulcn contests hesuooup ln deerrina piatoateenie e Efeacist dn tavisme. A. POON, Les apobatstes ares, Do 79s T'Thua, pate ete conrennment dans ia Lerause apo tique Justis, 2 Apots X,8: Cutan, Prof, Wl 68 2; Cobar, NERVE, SUPFLIQUE AU StJEP DES cHRétIENS 85 Diew inoré6 et éternel. S'l en connait d'autres, comme: Jp soleil, 1a une, las étoiles, il les connait comme exéés, « Diews, fils des dioux, dont je suis auteur et dies couyres do qui je suis le pere, ees wuvres sont indissolubles tant que je ne voudrai pas les cissoudrs Car tout composé est corruptible? ». Par suite, si Pleton neat pas um athée en pensant que le démiunge de univers est unique, Diew ineré®, nous-ne sommes: pas non plus des athées en reeonnaissant et en alfirmant que celuisl est Dieu par la parole de qui Vunivers a été fait et par Vesprit de qui univers esé contenu. Aristote et ses. disciples, introduisant un étze analogue a un vivant composé, disent que Dieu est cconslitué par une Ame ct par un eorps®. Ils pensent que son corps est Téther et les astres errants et Ta sphire des éteiles fixes, tout cela élant_md Pun pt cireulalre; «que son Ame est Ja raison préposte au mouvernent du corps, étant elle-méme immobile ot Ia canse de ve mouvement Quant aux stoiciens, bien qu'ils multiplient nomi- alement le divin par les appellations qu‘lls lui estan, Meoph . 228, Gessmann; Tenrou Misery Pizex) Gees, X18, 2 Lagan, Dio, Ine I Draep. ate Xi 32st ‘De ef, Dey Hy Ih alvsons vas JUIN, Dep 1s ats, Ontn, XXXIV, 4 3 Llapaloghte pourralt ise selene & Afcleph Xt, 7,8 malas focmile senble exehve toute eation reste Gh Ts Peeranoue, De plocts pil, 1,7, 10; Besta, Praep. om, SV, 10) 8. Ex eal fe Loot poh Ia otitine @Anetoke gue 3 empty wale called fo Brorvertn Ife! ligiens es Gres ol angie 85 araéNacone donnent’selon les changements de la matigre a travers Taquelle, disent-ils, pendtre V'Esprit- de Dieu, en réalité, lls pensent que Dieu est unique. Si en effet Dieu est le feu artisan, avaneant sur une route dans a gendse du monde, embrassant toutes les raisons séminales selon lesquelies toutes ehoses se produisent conformément & Ia destinée, tandis que son esprit se répand 4 travers le monde entier, Dieu est unique pour eux On Vappetle Zeus & cause du houillonne- ment de Ja matiére; Hera A cause de 'ait® ob ainsi de suite, selon les diverses parties do la matiére & travers laquelle il cizeule. VIL Lors done que tous, quand ils arzivent a traiter 4es principes des choses, sont complétement d’accord, miéme sils ne le veulent pas, pour dire qu'unique cst le divin, et lorsque nous affirmons que celui qui a ordonné tout cet univers est Diew, quelle est la raison pour laquelle les uns peuvent en toute séewité dire et écrire sur le divin ce qu’ils veulent, tandis, qu'il y a une loi contre nous? qui avons le moyen Cétablir par des signes et des arguments véritables 4 Gb Ps, Puoraneve, De plan pi 7, 1% 6 1M, 2257 those Lammer, Vly 3 = flameto la Zee sont sd eC “pa dip oa eriataion ies deere, Mase elles talent eourantes, "Ow wet demande tell eli celts it Atnénagore seme Me parler wane Tot crate, valale pur Loat Festa en verde Tequeie les hstions arent ps le vit eater, Teavosies ty eera dane -Apoiogtipas eon devrait om fates ronson ong A Neren. CL eraone 1" Eiee nism pp 24a. Dae a pratagun, Te ol to Névon teapots te ansitee tae derntes salon feromnstanes: mn ees este, version se constant fia aoe de Louies es mesures ease Dein or SUPPLIQUE AU SUIET DES cHmérieNs 87 ce que nous pensons et ce que nous croyons a juste tite, & savoir, qu'il n'y a qu'un seul Dien? Les poétes ot Les philosophos, ie) comme ailleurs, ont procédé d'une maniére conjecturale!; ils ont été poussés chacun par sa propre ame, selon la sympathie du soufile de Dieu, a chercher s'il était possible de trouver et do comprendre ln vérilé et ils ont réussi 4 coneovoir, non & trouver étre, car ils n'ont pas daigné apprendre de Dieu ce qui coneerne Dieu, mais chacun a appris de soi-méme, C'est pourquoi chacun a 6mis une opinion diflérente sur Dieu, sur la matiére, sur les formes et sur Je monde. Pour nous, au contraire, nous avons comme témoins de ce que nous pensons et de ce que nous croyons des prophites qui ont paré par Vesprit di et de Diew et des choses divines. Diriez-vous, vous aussi, qui dépascez les autres par votre sagesse et votre piété 4 légard de ce qui est vraiment divin, quill est déraisonnable de cusser de eroire & PEsprit de Dien qui met en mouvement les bouches des prophetes comme des instruments et de s‘attacher & des opinions humaines? culsimpoie ala ison aut cw'a ifr apportet es arguments USfapputene sur dy crocs ane Les atau pens a some Se fourvent que des conjectures: CE Chases Str Uy 2, stitpeat st i dn mal al youu em vod. 4, Lagraxce, Din, Inaly jp Natura howinia Deve vee al en expats fect mai ant do fa parante Eig Dice Topmm ee 2 al Sas “ind ndngen tos oxpeopai UB cand tSBlpbere Us emt te ta ce wate pa idee ev pls Tee eed Acie 88 ATHENAGONE PREUVE RATIONNELUE DE W'UNITE DE Dru VII, Et maintenant, que, dés te commencement, Dieu, le eréateur de cet univers, est unique, considérez- Je de maniére & posséder aussi la raison de notre foi. Si, dés le commencement, il y avait deux dieax ou un plus grand nombre, ou bien ees diews étaient dans un seul et méme (tre), ou bien chaeun deux. avait son étre propre. Or ils ne pouvaient pas étre dans un seul et momo bere, Car, sils étaient des dieux, ils n'étaient pas semblables, mais parce qu'ls étaient. Ineréts, ils étaient diflérents'. Les choses eréées en: eflet sont semblables 4 leurs modéles (incréés); les choses incréées sont différentes, puisqu’elles ne sont faites ni par quelqu’un ni pour quelqu'un. $i done, comme la main, I'l, le pied sont des parties consti= tutives relativement i un seul corps, (ces dieux) sont des partics coustitutives de Pun d'entre eux, Dieu est unique. Socrate?, en lant que eréé et corrupe Py Dansage est pas t48 cla. Le conrectane dim. Ay apts yar iet sige ve Rel port cate staat alan ce que tout fe ralgoaneien porte Sur le earacter ne des ets Gorrenex,p. 177, explqucs« Wen sle Gilera, v snd se Meh fic, soniban ale on Wesen wagieie On peut eacone ve emer il sogit lel dela place quvoceupersint les dew comm I peusent Maren, Dito, Getter ot de leu sts rive, anal gue eet al a seconde ‘nterpretation est plue prebabin © Atbenugore ne visb fis il Te earattte couerel ou ncerporel le Dieu tent monte Som unis tit n'a pan dgeate su elk de residence 2 aw A porte ata byaotyres. Nays adoptont i earrection propia por Schverts © oterdnperroct. CL Cust Sten 5 Te nom de Sarat ost cousamnmant omployS das ngumen talon stecique pour sic uu hemwae on inde CO Sees Eavuaaun Hops it it Ao ones NL TPE Proobse Lace, vin ie SUPPLIQUE AU SUJET DES GHRETENS 89 tible, est vraiment composé ot civisible on parties, Mais Dieu est ineréé, impassible, indivisible; par suite, i n’est pas composé de parties Si, au contraire, chacun des diewx existe dans som &tre propre, puisque celui qui a fait le monde est plus Alevé gue les choses eréées, supérieur & ce qu'il a fait ct ordonné, oi réside um autre Dieu, ou bien tous les autres? Si, en effet, Le monde constitué en forme de sphére a pour limites les cercles du cil et si le créateur du monde est au-dessus des choses créges qu'il retient par sa providence, quelle est la place de autre Diew cou de tous Tes antres!? Ce n’est pas dans le monde, puisque le monde appartient & un autre; ce n’est pas autour du monde, puisque te eréateur di monde est auadessus de ce mond2. S'il n'est ni dans le monde ni autour di monde, (ear tout ee qui est autour du monde est oecupé par le eréateur) oft esteil? Plus haut que Te monde et que Dieu, dans un autre monde et autour d'un autre monde? Mais s'il est dans et autour d'un autre monde, il n'est plus autour de nous (car il n'a pas de pouvoir sur le monde}; 1 n'est pas grand par sa puissance (ear il est dans un Liew limits), Et s'il Dest ni dans un autre monde (car tout est. rempli par lo eréateur) ni autour d'un autre monde (ear tout appartient au eréatew), il n’est pas non plus, car il n'y a pas de lieu oi il puisse ret, 4 el viet Be prone de la place eccupes par Dieu, Propkene daalgut ey Caetnose De nat dear Ty SP Trond di I 5) dusvis, Diets CXNVIL, & Pannows De ove) igs 195) De Prete Gains Tp 4885 Lep.alegu 1,68 + Divas cupping par Wiltmety et Sohwaet, vals serieue! pre aeeepter vette suppression La 90. ATHENAGONE Que fait d’ailleurs ee diew, puisqu'il y en @ un autre 4 qui appartient le monde et qui, iui est plus haut que le créateur du monde, n’étant nj dans Je monde ni autour du monde? Mais i quelque chose autre ott se tionme (le dieu e786 par opposition a celui qui est (réollement)?? Mais Diou ct les choses de Dieu sont avedessus de Ini, It quel sera son lieu, da moment que le eréateur remplit ce qui est au-dessus du monde? Est-il providence? Certes, il n'est. pas davantage providence s'il n'a pas fait le monde, $' ne fait pas le monde, s'il n'est pas non plus providence, sill n'y a pas d'autre Liew ott il soit, dés le commen cement unique et seul est le Dieu exéateur du monde. PREUYE SCRIPTURAIRE TX. Si nous nous contentions de tels arguments, ‘on pourrait eroire que notre doctrine est humaine. ‘Mais puisque les paroles des prophétes confirment nos raisonnements, — je suppose que vous, qui étes trés savants et trés instruits, n’étes pas sans con- naitre les (paroles) do Moise, et celles d'lsaie, de tun peu longue et Yon pout trouver que Vapologate n'aurit prs 11 besoin ost si erences, ma enews appactien ps 4 retae sen trzval. I aleme en, comme ses eenterpraiae, ue Dieu et spiitucl: cla ne Tempeeho pas eso demanrer eet "Manas note 2 propos de ces mos = Pugwane Mee vera cnh Athenagorae seatentia, gut lo duobuy Als dis, quoe aan caus fing ta pata, a ultumqoe ingenitum ct icseataas ae pride dlisimilem ovo pect... Quumobrem ae soos in diterpetand Fg, oe aetna este Ute ah en qul pr aldiderat sino ‘oven at yore, wt oi a, praetor eententiam Athanageto, ale ingen aire SUPPLIQUE AU SUJET DES CHRENIENS 91 Jérémie et des autres prophétes', qui, sortis de leurs propres pensées, prononcérent, sous le motion de Fesprit divin, ce qui était fait en enx, car Esprit se servait deux comme le fitiste qui sole dans sa Adte*.... Que disaient done ces hommes? « Le Seigneur est notre Dieu; il n'en sera pas compté autre que Tui». Bt encore : «Je suis Diew, le premier et apres cola, et hors de moi il n'y a pas de Dieu », Semblable- ment : » Avant moi, i n'y a pas d’autre Dieu et apres moi il n'y en aura pas. Je shis Dien et il n'y en a pas en dehors de moi® », Et au sujet de sa grandeur : v Le ciel est mon trong, la terre est ’eseabeau: de mes pieds. Quelle maison construisez-vous pour moi, ou quel sera le lieu de mon repost? » Je vous laisse le soin de vous pencher sur leurs livres eux-mémes ot d'examiner aveo plus de soin leurs propheties, de tolle maniére que vous vous débarrassiez, avec les arguments convenables, ces accusations portées contre nous. “ ypatnese sénéreune, mais bien irobable. Si btu gue MareAtl, ila davai new connie des prophgees heb LaBibla itu bvosoe, retait dlrongtte & in formation clasiqos Dalat vet des masons patinlives oo sintéester am juaiene bu-c srnttnnieme pour aborder elect, Phan ot Joss, par Diseop tres, "aesentmmtipha. ies etots pat eter Is spris des (reset es seman ers es ees de tuclea Teste Tie ae aeubleat pas avoir obtemu beavcmup ds avec ‘Aubenegare he pretend pas, comme te font Justin, Tallon ot \Vautrse ae Ter propaios sont pve ancien gue ls poses et lil Siphes dela Crd! te aostion de ange tar empeuste 1 en (hom ot Los peoples av et ea pen que eluent spree de Sw Ciba Goer ib ae My I, 10; Ono Des Mh Mp, 206; he open tegy Ate Te 3 6k Bea, XX 280 La ction nest pas Hae UBUSER, Gf dey SLUT, Th, Che de, LNG ai 92 ATHENAGORE: 1A TRINETE X. Nous ne sommes done pas des athées!, Nous Feconnaissons un seu! Dicu, Ineréé, éternel, invisible, impassible, incomprénensible, impossible & citeon- serire, saisi uniquement par Iesprit et par la raison, enveloppé d'une lumiere, d'une beauts, d'Gn esprit, une force inénarrables, par qui V'univers a été erdé, fa été ordonné, ost conserve, par l'intermédiaine da ‘Verbe (qui est auprés)? de lui, Voila eo que j'ai montré clairement, ‘Nous reconnaissons aussi en effet un Fils de Dieu. Et qu'on ne trouve pes risible que, pour moi, Diew ait un Fils. Ce n'est pas en effet de la méme manigre que vos postes l'imaginent? en montrant des diews: qui ne sont en rien meilleurs que les hommes, que nous pensons sur Dieu le Pére ou sur le Fils, Mais Ie Fils de Diew est Verbe du Pére en idée et en puissance. Tout a été feit selon lui et par son intermédizixe, Ie Pere et le Fils étant un, Le Fils étant dans le Pore * Avant dtexposer la dectcine de a Trini, AUAEnagore va rapper aasord Tor ativas de Diaty tee que It taben kes dacouvre, Ses ‘xpresins cont cloighcs et fe plapurt on leur cor ponian das In theelogie taisimmno. Ch Meseetos Fises, Oatuny NVLIT 30 ‘Mle vier nin potest © vist chaior este compshondl ¢ tot Duo est: ee aes «Sensis mor et, sits, ot Solt si taatas auaitas st setts, Nobis ve nteloetimn pete Anastum ty celdeo sie eu dg seta ka Janest a ets Aisiwus.s mgatincm Dal gut se patat nose mn ul ton Sl Ininuer, aon novit Tesretaney poems So tee X pie Guar fe coco Ge | a5 abr ‘Nons adopcant Ta ceecton de Sanur Gul ext an moi det lah ‘rusebbies " MCh TAGDPUILE, Ad AUML, C1, 22; Jose, Dial, CXXVLL, 2 SUPPLIQUE AU SUJET DES CURETIENS 93. et Ie Pére dans Je Fils’, par Vunité et la. puissance deV Esprit le Fils de Dieu est esprit et verbe de Dieu. Et si, gréce & P'éléyation de votre intelligence, il vous plait. examiner ce que veut dice Fils!, je vous le dirai en peu de mots, Le Fils est le premier rejeton du Peret, non pas qu'il soit eréé, — ear dds le come meneement Dien, qui est wn esprit éternel, avait Iuiememe en Ini le Verbe’, il est éternellement raison= nable —, mais paree qu'il procéde (de Dien), toutes Jes choses materielles étant (Pahord sans qualités et de terre inerte?, et Tes plus épaisses élant mélangées aux plus légéres, de manire a etre pour elles une idée ot une énergie?. L’esprit -prophétique est aussi @aceord avec Ia raison : « Car Te Selgnewr, cit-i, mia créé, prineipe de ses voies pour ses cauvres? * esos Kh 1 125%, FX, 386 NHL, 31-39, Toes oe eres se eolgucai ye a Papel hearalt fe guasene enae "Time sat pas encore ket te Esprit Sunk ex ny a pas earl sievnt metros, Athovogers veut smploment monte gue tes ‘SSlume pomence pitas one do coh dle matte: Mie tien ‘Se ieammation, ies met sur ie mystere dela coke Cell vests Iestandain ccs Gam Ill et pat fede site se mt est Tngaqe as Verde, lem: ee employ fel une sayeuratebtque: men ralet 1 postion deyencante da Fis} Mégaro de sen Per, sale comame ‘a crust In peophate «Isto i iheplique pes pa laameme ‘ie thiologie subordiatierne $F CE leery, 1 pol, NSS, ts NL, 2 EXT, LXUL d: CXRIG, Mace, Oral, Ve © Lp teste iit oie comempa. Le ms A porte yp Spas. Les aiears'se'Sont ingens a afcouvrls hn yrale gon ane eaten ee Sots: tt Sagi de uel evel a datance qu slpane le Nero ‘byont et simple dee hoses motée : "On yetrours Valance dee dowx mts 13éa ical érdpyeea, adi cmmployée plas haut. Le Verbe nest pas reviamnt 146s echoes, ear model it ott snsbre leu freo, leur puss; crest 1 ge ran, VIN 22 -AlnGvagere It Jet ere, comme les Septante 4 arniNagon® En vérits, PEsprit-Seint qui agit par ceux qui parlent en prophéties est, disons-nous, tine dérivation de Diew. Il en découle et y rentre comme un rayon de soleil®, Qui done, apres cela, ne s‘étonnerait pas entendre appeler athdes ceux qui admettent un Dieu Pere, un Dieu Fils et Esprit-Saint ct qui enseignent leur puissance dans l'unité et leur distinction dons Je rang’ Et notre doctrine théologique ne s'en tient pos encore 1a; mais nous disons qu'il y a aussi une foule anges, de ministres, que Je eréateur et démiurge du monde, Dieu, par Vintermédiaire du Verbe qui vient de Ini, a répartis et ordonnés, pour qu’ils Soceupent des éléments, des cieux, du monde et de ce qui est en lui, et de leur harmonic. st comme les autre apologies, sro, Diop, LX, 9; Taxrotaan Si. tlermag. XVIMC Aa Prot Vik *adppove et wn lete sentir: eh Sep) Vile 28. Ch Tenvesstes, Apelor, 2X1, 96 Me ex Deo prelatuay dtc et proletionegencrsbum idlpo ean Dees Deum alten {&raatesobetantie. Nowy es Dews Spitas Etim corn rocias ia portiur, porte ox sumone; sed so eit In vaio, qua sl ot Teh eaten exon» iy tea Vivi tactance Di tnt TY. 2, : Te anviises Ad Pr, ti kori veranettim que sniatem br tite daposi, trea eins, pete et Baa {pit tanctum, tvs autor non cath se grad nee substantia fedTiormay ne poesia aol apscay vis avert sbstantan tus sate of oie potsstatis, ola tive Deus ex gun et gros EE ee specs iy emine tes et espe Sa) feputentar cme Tus Api Wh Athos eat, enna EiSiaec ucla uocttnecneione; main da sh dee poles le, ome aval fal Justin, ext le Fie Pape SUPPLIQUE AU SCART DES CHRETIENS 95 CONSEQUENCES MORALES DE LA FOr CHRETIENNE XL. Si fexpose d'une maniére exacte notre doctrine, nen soyez pas étonnés : c'est pour que vous ne soyer pas entrainés par Vopinion commune et déraison- able, mais que vous soyez capables de connatize la vérité, que je parle avec exactitude, D'ailleurs, c'est aussi par les préceptes mémes auxquels nous, sommes attachés, quiine sont pas des préceptes humains mais qui ont été dits et enseignés par Diew, que nous pouvons yous persuader de ne pas nous regarder comme des athées’, Quelles sont done les paroles dans lesquelles nous sommes nourris? « Je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissea ceux. qui yous maudissent, priez pour ceux qui vous persé= cutent, de maniére a étre les fils de votre Pére qui est dans les ciews, qui fait lever son soleil sur les mauvais el sur les bons et qui pleut. sur les justes et sur les injustes* ». Tei, permettez-moi de potusuivre en toute liberté ce discours qui a été éouts avec beaucoup de clameurs® : e’est devant des empereurs philosophes que je porte ma défense, Quels sont, parmi ceux qui analysent des syllogismes, qui résolvent des. équi- voques, qui déterminent des étymologies, qui enseignent) les homonymes, Jes synonymes, les eattgorémes, les axiomes, qui savent ce qu'est le 2 cht aiesss, tata, ¥, 445 * Atlangoreexprime come it aysit Soule par son dlsconrs ley rtrd te tude, imple formule eraoine CE. Tarte, OM XVIE Jere # Apo NU 7 96 ATiENAGonE sujet et ce qu’est Pattihut®, les hommes qui pro- matient de rendre heureux leurs diseiples par ces paroles ou des paroles semblables? Oa sont ceus qui ont Tame assez purifiée pour aimer leurs ennemis au Jie de les hair, pour bénir ceux qui commencent les insulter su lien de Jes traiter durement, ee qui est le plus ordinaite, pour prier pour etx qui tendent des embiches 4 leur vie? Av contraife, ees hommes ne cessent de creuser leurs mystires avee de mau- vvaises dispositions, de constamment disirer faire le mal, de regarder comme leur aflaire art des mots et non Ia preuve des actes?, Chez nous, vous pourriea trouver des ignorants, des travaillours manuels, des petites corvellos : si en paroles ils sont ineapables exposer Futilité de leur doctrine, par leurs actions ils démontrent Patilité de leurs prineipes*, Ils ne savent pas par corur des paroles, mais ils exposent de bonnes ceuvres: frappés, ils ne rendent pas les 2 Lidge que toute to sophitique avec ss angutin ea tlie parce aquellos conduit ni «la voreu nit bonhews nt AQ dans Sedov Epiat, SV, G2 « Guat min vou simitodines ietingab?.© sh Uliqee ie verboninn ammiguitates didacere, hee nes doce beatum Tet eo ese, ue VUNgussppetia qu me detines m2 qe 1 Ine devideevoy appellas, te quo tain Iroram compost GSP" Be ola ite ineatear * bane coureue, hae WerUH utas es eee Ch Cuisies, Stam 1 8 22 2h Ontctss, ©. Ce Ih nus De oa pe His Tatas ine, ps Tete Cas drelens, enmame Oniacee pe tare Lactanee, Gat beaaeoup soutert du teproce tle ela ares de aval femme fers et reiion que des enfants, dey Seles ferns Ces Fgorants. Is ont cher & monies le contra, mals sent ad feconaltee que daas Tenable lo reproche tat fonée. Pat conte, Hs ont anisté sur le stpdsonte do In morale cndeonne, ct sor oo taovin ie etetent ivlasbles. Ch Hens, Der teson nd ase ling tes Chritentis Ly Saw uivantes: Rantoans he pale fersiratmienne, 138-153 invests Pita, Osten, SNE, ips NIM Oy Ad SUPPLIGUE AU SUSET DES CHRETIENS 97 coups; pillés, ils ne poursuivent pas en justice; ils donnent a ccux qui leur demandent et ils aiment leur prochain comme eux-mémes, XUL En vérité, sii nous ne pensions pas qu'un Dieu préside an genre humain, est-ce que nous vivrions dens une telle purcté? Il est pas possible de le dite, Mais, puisque nous som sures. de deveir rendre compte de toute la vie d'ici-has 4 Diew qui a fait ct aous-méines et Je monde, nous prenons pour nous la vie modérée, charitable et méprisable’, Nous croyons en effet que nous ne souilrizons pas as de mal aussi grand, méme si Von nous enléve la vie, que (Ja récompense)® que nous obtiendrons Hichaut dune vie douce, charitable, modeste de In part du grand juge. Platon a dit que Minos et Rhadamanthe jugeront of puniront Jes méehants?, Pour nous, qui que soit un Minos, ou un Rhadamantie, on leur péret, nous disons que meme celui.ta a’évitera pos le jugement de Diew. Et puis, ily a des hommes qui regardent cette vie: « Mangeons et buyons, demain nous mourrons® » et qui font de la mort un profond sommeil et um oubli* Le sommeil et la mort sont jumeanx?. Ct Rom, VK, 18. Le texto sombie comompy. Noni adoptens 1a emrection de Wines, gui Hts clop fect eowaijeds . # Gorgias, p. $8082 wy Apel Suen, perdi a. Ch. Jems, 1 Apo, Vill Tenoreues, Apniog, SNL, 33) Ad nat i 3 De spetae, XXX. ‘THe pe de Mois et Zeus taker, 2 Gh sy NRE, 13; Sapo, Ul G1 Cars XY, 92 1 Paasche Apa Sor, p40 cd. Mlads, XV, 35 ek Finontny Aen Vi, 278 98 ATHENAGORE Et Von croit qu’ils sont pienx! Mais il y a d'autres hommes qui regardent la vie d'ici-bes comme digne de peu destime et de prix, qui se laissent condaire ppar le (désir de) connaftre le vrai Dieu et le Verbe qui vient de lui, (de savoir) quelle est Punité du Fils par rapport au Pére, quelle est Pooion du Pére par rapport au Fils, ce qu'est Esprit, quelle est Punion de couxeei et Ia distinction des (personnes) unies, Esprit, le Fils, le Pere, quisavent que la vie attendue est besueoup meilleure qu'on ne peut Ie dire si, Gant puss de toute injustice, nous y parvenons, qui sont A ce point bienveillants qu’ils n'aiment pas seulement leurs amis — car, si vous aimez ceux qui Vous aiment, dit I'Keriture, et si vous prétez de Vargent cous qui vous prétent, quelle réeompense aurez-vous!? — Eh bien! nous qui sommes tels, qui ‘vivons une tolle vie, pour éviter d’étre jugs, on me croit pas que nous sommes piews! Ce sont IA de petites choses parmi de grandes, pew de choses parmi beaucoup, afin de ne pas yous ennuyer davantage’. Car ceux qui apprécient le miel et le pelit lait & petite dose, apprécient le tout s'il est bon. CRITIQUE DE La THEOLOGIE PAIENNE SUR LES SAGRIFIGES XIIL. Puisque Ja plupart-de ceux qui nous accusent Wathoisme, sans connaltre méme en songe ce qu’est £ CL Lus, VI, 823% Murn, W, 42 et 4, 4 Senéragore’ va runiptonit pasar a Yattoque ¢ es vériabies sagas Sout Tes adoratous des Uintéspatenues SUPPLIQUE AU SUJET DES cimémeNs 99) Dieu, ne sachant et ne considérant pes plus Ia physique que Ia théologie et mosurant Ja pisté A Ja Joi des saerificest, nous aecasent de ne pas avoir Jes memes dienx que les cités, examinez-moi, empe- Tents, ces dewe griefs, et d'abord accusation de ne pas saerifier Le démiurge et pére de cot univers n'a pas besvin du sang ni de Vodour de la graisse, mi du parfum des flours et de Vencens*, Lul-méme est lo parfum parfait; §lne manque de rien; il n'a besoin de tion, Mais le-plus Grand sacrifice a ses yeux, serait de comnaitre qui a tendu les cioux* ot leura donné la forme Pune sphere, Gui a fondé Ja terre a la manigre d'un centre, qui a rassemblé eau en miers et a séparé la lumiére et les ténebres, quia orné d’astres le ciel ct a donné ala terre de produire toute semence, qui a fait Iesétres vivantst ct a formé Phomme. Lors done que nous possédous Ja démiurge, Dieu, qui contient et regarde toutes choses par la science et "habileté selon Tesquelles il conduit, Punivers, nous Ievons vers lui des. mains purest : quel besoin e-t-l encore dhéeatombes? 3 On comnalt la défnition de Cicinox, De nat dear J, 41,3105 + Eat eal pletes Ista adversumn deve Seer Apaly Milly 2s Penrvisses, Ad Seep. Hl, 11. Cf ala Pesim, XEIK, 1213. CE Tuts, Aah Hoe, 1V, 14, $+ pve quidem anus horans ‘st inaigns, est enim semper plenes omninns Rete, ommencue ‘ove suavitals et ores sua eoke nn vaperaLones fans Is ‘“counalue Dieu est Fesseiiel, tout le reste se aucuie Valeur 4 cats de ceo science unlqaey ss Joy XVIL 2 Poatny CHIL) 2 Pee Gen, 1 it. XT, 95 Tonronaas, dpotog, Dialog CXVLL, 1 et aia Gesten, deat deer, (1, 7U. Ih west pase question de VEushae Hills Atvnagare 8 pis 8 eu pater, ge eonterte dexclne ts Soerifees sanlant : 100 ATHENAGORE Crest aver des offrandes et de douces priéres, des libations et la fumée des sacrifices que les hommes les fléchissent, quand ils vienaent les implorer apres quelque famte ou ercenrt, Que mrimportent les holocaustes dont, Dieu n’a pas hesoin? En verité il faut lui offrir un sacrifice non sanglant, Tul présenter une adoration raisonnable’, SUR LES CU! TES TRADITIONNELS XIV. Pour co qui cst de accusation de ne pas accepter et de ne pas vénérer les mémes dioux que les cités, elle est tout a fait nette de leur part : mais méme ceux qui aous accusent Wathéisme parce que hous ne reconnaissons pas les mémes diewx auxquels ils croient, ne sont pas d’accord avec cux-mémes. ‘au sujet des dicux®, Les Athéniens installent comme Giewx Celeos et Méianiret; les Lacédémoniens, § Jude 135, 199 » Chom. RMI, 3p Aco Apel, 7. Cachnes, De net der Wh alt {See + «Cat autem Saseams ct optimus Mirage eat sThnaeatqoaanetisrmus plentrinsusgue pletits, Wt 20: sempee pur, Integr, eereapte et tent et voce voter i Stehenegersrosert sun polnt qui sat dja conene an aebut Sans wate M dépiies le prem, ear Ht mapatte que Les putes ne ‘Sucoordent pas onire eux ares dleus qa fut adore, tle queston {nt de savoir poargapt le cline advent gas les dle anton dnl Mail veel ators ls fais, pare que ybine ele es pater iy a de nevenuedleus, ole qwantinas. 1 poaratt, semble tvve plus de pout supeendie ua ement eno" Deawetup santos Spologistes © Tantiquts de ia region Joo Wav rive 1 allen ‘heetenne, Le pot ce ‘we aque se pace ne Tal permet as Ginastera cet. areument "Gens ent una e'Eleasis, pus de Métanine, Une lgende fit SUPFLIOUE AU SUJET DES CHRETIENS 101 Menelatis, & qui lls offrent des sacrifices ot des fetes; les Troyens, qui ne veulent méme pas entendre ce nom, exaltent Hector; les Céens adorent Aristés, quils croiont tre & la fois Zeus et Apollon; les Thosions, Théagéne, par qui un meurtre fut commis aux jeux Olympiques’s les Samicns, Lysandr, pour tant de mourires ot tant de maux (qu'il a aecom- plis}® ... Jes Ciliciens, Niobé; les Siciliens, Philippe, le fils de Boutakidos; Jes gens d’Amathotis, One- silaos; les Carthaginois, Hamilcar*, Le jour me man- ‘do TeiptltensIoue Ms. Le nem as Céldos ot de Métane Mgurent ‘dans Is sit aur Tongine os mystars @Eleutl, Malo Athenee owt le oul a mou apprmdre quo Motenire tait'© Athinas Feber homers dine "frist, selon es ngs ¢Ursnes et do Ga, soi Tes res, fas @Apolion et de Circ. Vino, Georg, IV, 283, Ie presente Gomine ie protecieur des troupeain, des vigies sk des olives. Ee ‘chore e’athengore, zeae ane ierition, C2364, ident Akpoiton. Pas feaqoento eet con kon itenton 8 Zeus Findon abt cbr, ple pr Ive Dane fe Tmaeagene qr by ors, ease Ta wort can om. Comin, tu peu pls bas, Pausanbs” parte run wutse athlete, Checmtde Pastspolées qa! salt ta en Ge ses rfvaus aux jose slyapieues, Schnares mapper, aprés Ia mention ue Tagine, ube Tacuke Tot Gens erAstypalee heverent Clemnine. Hyoothse sulle 4tkdnagors Reet bien pa confontve ue devs fait, e su toute siguoneexpetsion {Gv empleke pourat Paeerder aver le emer rele de Basan (Eto Charny Lavin ta pnste aipense cee lems, pS 4 ct Puusunoie, Pusinter, 18 “Texte cotnape, Ot os ens d'Sleman et soe, pus de ate et de Niche. Las ou presi pouralent uo une glo, introdaite per ee secur, pour iadguer quAlema ct Heslods Drie de Risbé st do sor ecants. Sehwasta Deopoe ton comretion Gigante | lee Acamaniens, Amphiloqus, fs. Medes, Dots) ex Gilson, Mops, Mal est coreetin semis bien eign a texte IN Glilns ne eprespond atrembat Je no aucune ONIN yee noms de Piilope Ms do Bulelde, Ones, do Gherls, aianitan, eénralcathadiocs, enneat’ Tteodete, V, 47; V, 104 Nite t07, ques ase des soureas preeres @°Athénagire. se peut he Faplegte alt tu dana dos toiiger Jor rete soneerpant SBE perdoanages mals ll post steal vein hv dirveterent histor 102 ATHENAGORE. quera pour dresser le catalogue de cette multitude Puis dono qu'is ne sont pas d'aceord les uns aver les autres, a sujet dos dieux qui sont 4 eux, pourquol nous reprochent-ié de n’étre pas d'accord avec etx? Et pour ee qui est des Egyptions, n'est-ce pas risible? 1s 60 feappont en eflet la pottrine dans les teraples, a cours des oérémonies, comme on le fait pour des morte et is offrent des sacrifices comme & des dieux. Et il n'y a tien @’étonnnnt a cola : ls regardont tes animaux comme des dieaxy ils se rasont lersqu'ils meurent, les enterrent dans les temples ot is orga nisent des jeux publics. En vérite si, parce que nous ne vénérons pas les mémes dicux qu’eux, nous sommes des impies, toutes les cités, toutes les nations sont impies, cer zucame ne reconnait les mémes dieu’, 1st imete de crere que tes Castheginae sent rene un cate a Hamilear: Herocets auzs Peut-ire contanda ce born avec elu Dart ie Glew ve Carthage. Hsodete est souvent UUlse par 28 Bhlleophes ou les apologster deren de reporter do views rel Pek sueoe, aiiice waleiee. Cl, Déswostubnay Pro corey 296) Caztnony De ral der Tl, 225 vit auptout Hedny XI, 32 ne piasantovior eet dos cles Sgypane st. quelgys sorte defegin Ct Prscrancrn, De supa, ill, pits De Jet! Os, Justa Lise ae conn, 6 Lee Romain emote es pte avons ete Ture latentatoas + SEsEOUE. 35, JUVENAL Sly Nir 500 05 Ley aveloistes reverent qalureianeat sur te suet CC sinseeros Pius, Oct, XXTH, 1» Conadere denlgue sera ipsa 2 ipmn mpetaria * invonicy suit triste, fata et fanemn ot fects ‘yuo platotus msarorurs deoru. Tee perieam flier cum Cyn. Sepald eup ef calvis sacerdetibar Iaget) plangee inguty et aaa Imig exedat pectose et dolerem ines mate inant fox invents patvilp gaudet Tes eliant sacerdotes, Newtek itunes ve) gere quod cols, vel colete quod loess? » CLISa Uy 2h, 8 i Dass Arenson, ap. Esto, Mis, eels VEE, 11, 8 SURPLIQUZ AU SUJET DES CHHETIENS 103, DISTINGTION DE DIEU EY DE LA Magione XV. Mais admettons qu'elles reconnaissent. les mémes dieux?. Quoi donc? Parce que la multitude, incapable de discerner ce qu’est 1a mati¢re, ce qu’est Diew, ce qu'il y a entre Pune et Pautre, va vers les ‘doles qui sont faites de matigre, nous qui discernons, ct stparons Vineréé et le crsé4, Petre et Io nonttre, Vintelligible et Ie sensible et qui donnons & chacune Ge ces choses le nom qui lut convient, nous deveions, ppoue leur faire plaisir, aller vers les idoles et les adorer? Sila matitre’ et Dieu sont ume seule et méme chose, deux noms pour un seul étre, nous sommes des impies, pare que nous ne regardons pas comme des dieux Ia pierre et le bois, Por et Vargent. S'ils different totalement I'un de l'autre, autant que artisan et les ressources dont il dispose pour son art, pourquoi sommes-nous accusés? Il en est comme du potier et deYargile : Pargile ost la matiére, lo potior est Partisan 4 Ltapologeto va meintenent pourveo son eventage, Momo of los paane avsiont wn ete common, leas diate otal pae rine ce fn di stant tern BL mas Ait tet 73 dyearqcay kab 13 yerydy. Lappostion| fest ous corsectemeat marquee cate ces deus wots Fan enupteid que Mea des alteus aleat-cszige Te promi eu dyéeyror. {ast ‘ite snon imposse. de Aelder, pulsqaey sits Ve scm Silence do sgniftestien était & pou prs mule on déplt de ortho ‘raphe et, Feymelogi Ss ol Gdn cag ches Athinagore tantOt ia tire premirs, tantit In matt serene des poioeophes. La eotexta neta le ie prets dans Teguel faut Tene Larguraeat 2 1voqns fst lnteresant et a ee pares eaploye: Papal compare Fsrube vec laquelle le pole fabrigue des vases et la mative premire ea ‘eet au déniorge 4 fabrquer ie monde Lanoneus que nous col Felecena Aetustant, Contra Goal, 3, ott dee eeu evel aca ‘atte conparaicon,