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PAPUS

NOUVELLE MBUOTHEQUH CES THËOSOPtUSTES, DES ENFANTS DE


LA VEUVE, DES KAMALISTES ET DES OCCULDSTES

~0~
CONTEMPORAIN

~'Occidcmcst)efon))))cncemM)L
"P!)"cet)'()ricnt)Ct-ommen-
<'en)em de la théorie.
R)PLËE.

Lo.JfSLuCAS.–WROXSKt.

Em'HAgLEM.–SA~T-YvESD'ALVEYDRE.

M"'BLAVATSKY.

PARIS

.~O.R.GES CARRE,
~fBRA~RE-.ËB.
IM, Boulevard Saint-Germain, l'l'2~~$i~
1887 ~J'
A

LOUIS LUCAS
DE <( LA CHIMIE
j
x
AUTEUR NOUVELLE
PRÉFACE

Donner aux Enfants de la Veuve (d'après les


conseils de leur auteur sacré Ragon) aux Kabbalistes
et aux Thcosophistes une bibliographie qui leur per-
mette d'étendre le domaine de leurs connaissances,
fourni)' aux critiques le moyen de savoir ce dont ils
parlent, ce qui ne leur arrive pas toujours, remettre en
lumière des savants injustement ignorés comme
Louis Lucas ou Hoëne Wronski, enfin montrer à tous
la réaction anti-matérialiste qui se produit en ce mo-
ment, telles sont les fins que je me propose en publiant
ce petit traité. Je compte qu'il sera lu par tous ceux
qui pensent, ce sera ma plus belle récompense.
Autant que possible de nombreux renvois prou-
vent ce que j'avance et je ne regrette qu'une chose,
c'est que le cadre trop étroit de ce traité ne m'ait
pas permis de faire autant de citations que je l'aurais
désiré. De toute façon j'offre au public le fruit d'un
long et difficile travail et non le produit d'une ima-
gination plus ou moins fertile.
PAPUS.
Juin 1887.
PREMIERE PARTIE

INTRODUCTION

Il n'est pas aujourd'hui d'homme vraiment ins-


truit qui ne sache que la science ne repose sur
aucun fondement stable.
Quel rapport établir entre l'attraction universelle,
la cohésion, l'afnnité et l'attraction moléculaire, alors
que les lois ne, sont plus identiques pour toutes les
forces ? La loi du carré est trop faible pour expliquer
l'attraction moléculaire et la loi ducubëësttrop forte.
Quelle confiance accorder aux tRéories chimiques,
en apparence si solides que Tisomérie est venue con-
tredire ? Que croire des affirmations contemporaines,
après les travaux chimiques de Louis Lucas (1) ?
Enfin que dire de ces médecins qui se vantent
avec orgueil de ne pas étudier la vie autrement que
par ses effets ? Est-ce en essayant de rebâtir les
murailles d'une ville, à mesure que l'artillerie enne-
mte ou, bien-en faisant taire cette artillerie
qu'on protège les citoyens? Vous aurez beau recon-
struire, le canom détruira toujours, m~
aurez beau traiter les sympto~es,~ la' cause de la
maladie qui~ious~i~
Qn a voulu faire une. science des faits, et les faits
sont venus détruire IM~dOilnéesadinis~s 2)."
~Ji~nt~cescontrad~ les, c~ercheurs
~o~G!~cieux~se~80~d~ "s'il pas
~uit&,aHtre;~ciÉnce~i, L' '?'
,(~ LouisLucas:Paris,, 1854;in~8.
i .2J(8)V. resY.JesfBit~
Bealletzrts'de:
La~Sôéiétérde
40'És~ctioloeie
`~syoleôlogie
Physiolo-
Éh~siolo-
~~de Paris,~88!)~.T,986. f-
8
C'est alors qu'ils ont entrevu, à travers les âges,
une science toujours la même et toujours soigneuse-
ment cachée, aussi riche en idées que la nôtre était
riche en faits c'est la science occulte.
Courageusement ils se sont lancés en avant, mais
bientôt les déceptions sont venues abattre la plupart
d'entre eux. Comment deviner ce qui se cachait der-
rière cet amas de termes obscurs, d'hiéroglyphes
bizarres et de recettes faussées à dessein. Peu ont
poursuivi l'étude, les autres se sont remis a 'étudier
la science de leur temps.
C'est qu'elle est bien belle malgré tout, l'induction
magnifique qui procède à l'établissement de nos
connaissances contemporaines. Que nous importe
d'abandonner l'étude des principes généraux quand
les détails révélés par l'expérience viennent jeter de
si vives lumières sur chaque branche de notre savoir.
Nous avons construit à la face du ciel un monument
dont chaque pierre a été travaillée par nos meilleurs
esprits, disent lés savants, que nous importe de n'en
pas connaître les bases.
Mais cet inconnu sur lequel vous avez bâti fera un
jour crouler votre monument, disent tes occultistes,
et d'autres viendront mettre sur ses bases soudes tes
pierres qui vous ont donné tant de mat.
Laissant à ceux qui fouillent les détails la considé-
ration et les honneurs, les audacieux ont poursuivi
la route. Après un;travait assidu tes symboles ont
commencé à parler, les chercheurs ont va la science
de toutes les époques apparaître aumilieu des mots
incompréhensibles aux profanes, ils ont deviné der-
rière une pensée toute une autre., époque plus ins-
truite que'la nûtre(l).

(1) V. Louis Lucas,le Roman <tMtM!?Meet S~int-Yves


Missiondes Juifs.
_d'A)veydre,
9
Enfin l'alliance des découvertes modernes et de la
science occulte dans l'éternelle vérité s'est laissé
entrevoir aux vrais chercheurs et la synthèse s'est
manifestée à leur esprit (1).
C'est alors qu'ils se sont tournés vers leur coliè-
guë de jadis pour le prier d'unir ses découvertes à
leurs idées. Mais l'homme n'est plus le même, il a
vieilli dans une douce quiétude, flatté par sés' con-
temporains, malheur à celui qui s'est dévoyé, a celui
qui a méprisé l'étude du détail. Quand il vient offrir
ses idées de synthèse il est traité d'utopiste, de songe
creux, on ne veut même pas écouter ses rapports (2)
et quandil n'est plus là le savant illustre se prend
à jalouser celui qui a su lire dans le livre fermé pour
lui et l'adepte meurt de misère (3) ou de silence (4).
Tout cela est arrivé et peut-être n'est pas
encore fini. Quand donc les hommes comprendront-
ils que leur personnalité n'est rien dans la Vérité?
C'est quand le grain de blé pourri dans la terre
semble mort pour jamais que la vie s'élance du
chaos qui la renfermait et manifeste une plante;
c'est quand le successeur de Philippe le Bel se croit
plus solidement établi sur le trône que jamais, que
le successeur de Jacques B. Mollay l'enferme dans le
Temple et se venge. Toute action nécessite une
réaction égale.
Des hommes vraiment instruits ont succombé sous
le complot du silence, ils sont morts de misère et
de faim, de leur supplice naitront des écoles qui
répandront partout la parole qu'on voulait cacher
et quelque jour la renommée scientifique de'quel-

(1) Voyezles travauxde Lucas,Wronski,Lacuriaet Eitphas


Levi.
(2)WronsH.
(3)Wronski.
(4) LouisLucas.
–10-

ques-uns s'effondrera sous le ridicule dont ils ont


voulu couvrir ceux qui les gênaient.
C'est de tous ces inconnus~l'hier et de demain que
je veux parler aujourd'hui, de ceux qui luttent dans
l'ombre pour la Science et non pour un titre ou un
collier honorifique quelconque., des enfants à qui la
Liberté a légué quelques-unes de ses volontés (1).
Mais je le répète encore, les occultistes n'ont traité
particulièrement que le côté général, métaphysique
de la nature (2) tandis que les savants traitaient le
particulier.
Prise séparément pour tout expliquer, la méta-
physique est aussi fausse que la physique. C'est en
s'appuyant l'une sur l'autre seulement qu'elle peu-
vent donner naissance à la synthèse scientifique,
sociale et religieuse.

(1) Voyez le Testament de la ~t'Ao'M d'E)ipbas Levi.


(3) A l'exception cependant de Louis Lucas.
DEUXIÈME PARTIE

LE MAGNÉTISME,LE SPIRITISME ET LES SAVANTS

Parler d'un mouvement contemporain n'est certes


pas chose faciles-Dés qu'un temps quelconque s'est
écoulé depuis la production des faits, ils ont pu subir
un commencement de classification, ce qui n'a pas lieu
pour le sujet qui nous occupe.
Quelque attention que l'on fasse, il est impossible
de ne pas laisser échapper un livre, une personne
ou une action importante. Aussi je prie d'avance le
lecteur de me pardonner les omissions ou les erreurs
qui pourraient s'être glissées dans mon travail.
Dans le mouvement en faveur des sciences
occultes qui s'est manifesté depuis 1848, plusieurs
courants se sont établis.
Les uns, tout entiers aux découvertes pratiques de
Mesmer, ne voient dans la science occulte que le
magnétisme fluidique, d'autres, venus un peu plus
tard, ne voient que manifestations d'intelligences
appartenant ou ayant appartenu aux humains, d'autres
enfin se sont élevés assez pour édifier une synthèse
générale.
Les deux premiers seuls, magnétiseurs et spirites,
se sont trouvés en lutte directe avec les savants les
autres, retranchés dans le domaine de la théorie, ont
échappé jusqu'ici à une polémique vraiment active.
Voyons d'abord les adversaires en présence.
D'un côté se trouvent des gens peu instruits, anciens
ouvriers (1), petits bourgeois (2) ou officiers en

(1)CahagMt.
(2)RtCMt).
12
retraite produisant des phénomènes à tort et à travers
sans la moindre méthode scientifique, mais sûrs de
l'existence du fluide mesmérien.
De l'autre, se trouvent les savants, hommes instruits,
sceptiques à l'égard de ce qu'ils n'ont pas découvert,
aussi nécessaires à l'inventeur que la résistance à la
production de la force.
Comme le savant est le même, ou à peu près, à
toutes les époques, voyons la façon dont les juge un
esprit élevé qui a été à même de les connaître et de
les étudier Goëthe.
« Les questions scientifiques sont très souvent des
questions d'existence. Une seule découverte peut faire
la célébrité d'un homme et fonder sa fortune sociale.
Voilà pourquoi règnentdans les sciences cette rudesse,
cette opiniâtreté, cette jalousie des aperçus décou-
verts par les autres. Dans l'empire du beau tout
marche avec plus de d'ouceur; les pensées sont toutes
plus ou moins une propriété innée, commune à tous
les hommes le mérite est de savoir les mettre en
œuvre et il y a naturellement là moins de place pour
lajalousie. Mais dans les sciences la forme n'est
rien tout est dans t'aperçu découvert.
« Il n'y a là presque rien de commun a tous les
phénomènes qui renferment les lois de la nature
sont devant nous comme des sphinx immobiles, fixes
et muets chaque phénomène expliqué est une
découverte, chaque découverte une propriété. Si on
touche a une de ces propriétés, un homme accourt
aussitôt avec toutes ses passions pour ta défendre.
JMaisce que les savants regardent aussi comme leur
propriété, c'est ce qu'on leur a trsmsaus et ce qu'Us
ont appris a l'Université. Si quelqu'un arrive appor-
tant du nouveau, il semetenoppositipm parla même
avec le credo que depuis des années nous ressassons
et répétons sans cesse aux autres et menace de ren-
13

verser ce credo alors tous les intérêts et toutes les


passions se soulèvent contre lui, et on cherche par
tous les moyens possibles à étoulfer sa voix. On
lutte contre lui comme on peut on fait comme si on
ne l'entendait pas, comme si on ne le comprenait
pas on parle de lui avec dédain comme si ses idées
ne valaient pas la peine d'être examinées et c'est
ainsi qu'une vérité peut très longtemps attendre pour
se frayer son chemin (1). »
GOETHE.

Maintenant que nous connaissons chacun des deux


adversaires, voyons-les en lutte.
PREM!ÈRE PÉRIODE LE MAGNÉDSME

A la suite des divulgations de Mesmer, divers


centres de magnétiseurs s'étaient formés qui luttaient
à coups d'expériences contre les académies. Celles-ci
niaient dans leurs rapports tous les phénomènes pro-
duits par leurs adversaires en tant que dépendant
d'un fluide spécial. Elles les mettaient sur le compte
de la naïveté et de l'imagination des adeptes.
Deleuze (2), Du Potet (3), Puysëgur, Cahagnet(4),
Ricard (5), Chardel (6), luttaient dans le camp des
magnétiseurs.
Il faut avouer que ces auteurs donnaient prise aux
critiques des savants en publiant comme Cahagnet!
des livres sur l'état de l'âme dans l'autre monde
d'après les révélations de plusieurs somnambules

(1) CoHMMaMotM, t. J, p. 75, et Caro, /a B/tt'<o~op/<i'e


de
Goëthe,8' édition,1880,p. 81.
(2) 7<Mf)t«'(toK~)'c~«e ~M' MM~MeHMM <MM'm<t< (1883,gr.
in-8).
(3)~tt~:e<<<'t)0t<ee
(Saint-Germain,1875).
(4)~lTagie
magnétigue.
(5) ~MttMCtC/t
<?<MMt~tf~MftO'(L846).
(6)~M~B de<ftnature /tMMt(M'tM (recommandéspécialement
aux occultistes).
2
14
extatiques. C'était brusquer un peu les révélations.
Quoi qu'il en soit, la lutte devenait d'autant plus
vive que les gens du monde y avaient pris part et les
salons étalent partagés en deux camps les savants
retranchés dans leurs scepticisme et leur dédain, et
les révolutionnaires de la science endormant à tort
et à travers, guérissant les incurables, proclamant
partout l'existence du fluide mesmérien et mettant
sur la couverture de leurs livres des épigraphes dans
le genre de celle-ci
Si les soi-disant savants refusent encore d'avaler
la vérité que je proclame avec tant de persévé-
rance, je finirai par la leur ingurgiter (1).
Comme on te voit, l'accord n'était pas facile et les
académiciens,piqués dan&leuramourpropre, faisaient
la sourde oreille. L'infatigable magnétiseur Ricard
alla même jusqu'à en endormir quelques-uns (2), les
autres prétendirent que c'étaient des compères 1 1
Toutefois les savants, sous l'influence des écrits de
leurs adversaires invoquant tous la haute antiquité
de leurs phénomènes, s'étaient mis à étudier quelques
branches de ces fameuses sciences occultes. ·
Louis Figuier publiait une belle étude t'~cAMMM
et les Alchimistes (3) (1856), dans laquelle il nie
l'existence de la pierre philosophale en fournissant
lui-même à son insu la preuve irréfutable de trois
transmutations (4).
A. Franck publiait un remarquable travail sur
Kabbale (5), à laquelle il ne comprend rien, pss plus

(1) J. J. A. RiCM'd,~<HMMMM/K&(NM~MMtM'wa~Me pour


1846.
(ZWd.
(3)L. Figuier, MMt'mMe<les~c/ttm~<e~,Paris, 1856,in-8.
(4) Voirla y'Mn'ephilosophale~'Otteee~<M'
e~ raits (Papus)
n''3du7.ot!M(juinl887).
A. La
(5) Franck, Kabbale,Paris,1863,in-8;
15
que Figuier à l'Alchimie, faute° de connaissances spé-
ciales suffisantes.
En même temps, on étudiait les mystiques d'où
semblaient provenir les idées philosophiques des
Adeptes.
La critique s'exerçait sur Claudede Saint-Martin (1),
« le philosophe inconnu », dont les idées avaient
nourri deux des plus grands hommes de l'époque
Balzac et Sainte-Beuve.
Successivement parurent la Réflexion sur les idées
de ZoMM-C~MC~e de tS'MtK~-J~r~Mde Moreau (1850),
L'Étude sur la philosophie mystique en France et
sur ~atM<-Mar~M et Martinez Pasqualis, de A.
Franck, membre de l'Institut, 1866, etc., etc.
De toutes ces études et de l'existence de plus en
plus évidente de la réalité des iaits produits parles
magnétiseurs, les savants entraient peu à peu dans la
voie de la conviction mais leurs paroles antérieures
ne leur permettaient pas de s'avouer publiquement
convaincus.
Sur ces entrefaites, arriva la guerre franco-alle-
mande qui jeta quelques troubles dans les travaux
des deux partis.

DENXtÈME PÉRIODE L'HYPNOTISME

Après la guerre, les académies trouvèrent un sau-


veur dans la personne d'un docteur anglais, Braid.
Celui ci annonça au monde savant qu'il arrivait à
produire la plupart des phénomènes invoqués par les
magnétiseurs à l'appui de leurs doctrines, sans le
moindre fluide, en fatiguant le regard par des procédés
tout mécaniques. On désigna le nouveau procédé sous
le nom d'hypnotisme, et les académies se mirent à

(1) Je recommandeaux occultistesla lecture du Cf'oeotK/e,


de Saint-Martin,paru en l'an H de la République.
–16–
étudier les phénomènes nouvellement produits par
ses membres comme si le reste n'avait jamais existé.
Il faut avouer toutefois que tes études furent ma-
gistralement conduites comme toutes celles qui sont
sérieusement entreprises par la science contempo-
raine. On retrouva un à un tous les faits précédem-
ment découverts par les magnétiseurs mais en dé-
terminant exactement le moyen et ~tadurée de leur
production et en établissant une classification qui
rendit claire et simple l'énorme nomenclature des
phénomènes produits sans ordre et sans méthode
par les premiers magnétiseurs.
Toutefois, les physiologistes et les médecins qui
poursuivaient cette étude, et qui la poursuivent
encore, étaient trop matérialistes pour entrer dans
tés vues théoriques des disciples de Mesmer.
Fiers, de la production mécaniquedes phénomènes,
ils niaient toute existence dé fluides spéciaux quand
un un les faits produits par eux-mêmes vinrent
leur donner un démenti.
Aussitôt, deux écoles se formèrent au sein des
sociétés savantes: les uns niaient tous tes phénomènes
capables d'infirmer les doctrines matérialistes, les
autres soutenaient énergiquement la possibilité de
produire tes phénomènes à distance et par suite l'exis-
tence d'un agent impalpable et invisible transmet-
teur(H faut lire les comptes-rendus de la Société
d'Etudes de psychôlpgie-physiologique de farts
et les disputes homériques de Richet et dé ses col'
lègues pour se rendre compte de l'acharnement qu'on
montre des deuxçotés).
En somn~e, la mêmelutte ouvertp autrefois emt~~
.les magnétiseurs et tes savants, et qui Snit par la
défaite de ces derniers, se reproduit aujourd'hui
entre les partisans du ftuide et ses détracteurs. Nous
verrons bientôt qui l'emportera.
17

TROISIÈME PÉRIODE LE SPIRITISME

Quelque temps après le magnétisme, une nouvelle


doctrine apparaissait, qui bientôt allait suivre les
mêmes phases que son aînée c'était le spiritisme.
D'Amérique, la nouvelle venue se répandit en Àn-
gleterre, et de là en France, donnant naissance à une
littérature spéciale et à une polémique aussi vive que
le magnétisme.
Les principaux écrivains spirites furent en France
Allan-Kardec (1), Auguez (2), Esquiros, Delanne,
Delaage(3),etc.,etc.
Je recommande la lecture des oeuvres d'Auguez et
de Delaage aux travailleurs consciencieux.
Aùguex fournira des renseignements et une biblio-
graphie sérieux.
Delaage, est un des modernes qui ont le plus tra-
vaillé à répandre l'initiation aux mystères antiques et
nous devons l'en remercier' particulièrement. Son
livre est un résumé excellent en tous points.
Le spiritisme rencontra de nombreux détracteurs
niant, sans vouloir les constater, tous les phénomènes.
Mais bientôt les savants américains se déclarèrent
convaincus, puis quelques savants anglais, entr'autres,
Crbokès,etennn, Malgré le traitement prescrit par la
médecine pour les spirites qui sont considérés comme
des hallucinés (4), un ancien interne des hôpitaux de
Paris, préparateur au Muséum, le D~Paul Gibier,
vient de publier un livre dans lequel il se déclare con-
"~&.
(1) Les deux principaux ouyMgessont:
es sont le liv. des
/e/)u. SM~m'i~
Ee)rits
(1862)./e~<<tttM:s (1863).
(2) Z.e~!mct<tt/es(a!MdM des E~ (1857), des Elus de <4-
MM~(1858).
(3) La dernière oeuvre de Delaage c'est la Science du Vrai
(1.885},Behtu.iR-8".
de ~Ë'Mo/c~o~'fHe <<M
(4) Article spiritisme de des ~'C!et:eM
Sciences ?)<'<<<-
médi-
M~deDechambre.
9'
-18-
vaincu. Il revèle en même temps l'existence très
ancienne de tous ces phénomènes dans l'Inde (1).
Il faut voir l'article de critique consacré à- Paul
Gibier et à son livre dans la Revue scienti fique pour
comprendre la rage sourde des corps savants devant
ces phénomènes.
Ne pouvant mettre en doute la sincérité des expé-
riences irréfutables du savant anglais Crookes, la
critique s'attaque à celles de Gibier qui, je crois, a
eu tort de les publier. Elle le blâme de vouloir former
une société pour l'étude des phénomènes et avoue
que des savants s'en occupent en secret.
« M. Gibier appelle de ses vœux la formation d'une
« société pour étudier cette nouvelle branche de la
« physiologie psychologique, et parait croire qu'il est
« chez nous le seul, sinon le premier, parmi les savants
« compétents, à s'intéresser à cette question. Que
« M. Gibier se rassure etsoitsatisfait.Uncertainnom-
<( tre de chercheurs très compétents, ceux mêmes qui
« ont commencé par le commencement et ont déjà mis
« un certain ordre dans le fouillis du surnaturel, s'oc-
« cupent de cette question et continuent leur œuvre.
« SANSENENTRETENIR LEPUBLIC.»
(ReM<e Scientifique13nov. 1886,n°20, pp. 631et 6S3).
Si jamais cette assertion étaitconnrmée, cela jette-
rait un singulier jour sur les procédés de ceux qui
pratiquent ces études expérimentales. Il me semblait
pourtant que la divulgation était à l'ordre du jour ?
p'ar te D'Paul Gibier,Paris, 1887,in-18.
(1)Le .S~tWtMHKe,
TROISIÈME PARTIE

LA SCIENCE OCCULTE APPLIQUÉE AUX


SCIENCES MODERNES

LOUISLUCAS
(1816-1863)
Etudier tous les philosophes anciens, chercher le
point commun entre leurs doctrines si différentes au
premier abord puis réunir en une seule synthèse
philosophique l'oeuvre des Alexandrins, d,es Alchi-
mistes et des Scolastiques pour en tirer les principes
premiers. D'autre part, étudier expérimentalement
les sciencesmodernes-surtout la physique, la chimie,
la physiologie et la médecine, et baser ces travaux
pratiques sur les théories philosophiques précé-
dentes, telle est l'oeuvre entreprise et menée a bonne
fin par Louis Lucas.
Mourir ignoré, étouffé peut-être par certaines per-
sonnalités jalouses et ofncielles, être indignement
pillé par les théoriciens de toute école, n'être men-
tionné ni par eux ni par aucun dictionnaire ou aucune
biographie soi-disant universelle, telle est la récom-
pense de tous ces travaux.
Du reste, Louis Lucas me s'était fait aucune illusion
sur ce qu'il attendait puisqu'il écrivait
.L'auteur voue aux principes gënëraux doit, en com-
mençant son travail, être complètement désillusionné
sur l'importance du fruit qu'il en retirera, quand il n'a
pas à s'armer encore d'un nouveau courage pour com-
battre les dangers qui naitront de ses écrits. Il faut sur-
tout, comme les anciens, se trouver porM eoM<~Mset
20
marcher en avant avec cette ga!te du pauvre qui s'abrite
derrière la médiocrité de ses désirs (1).
Si j'avais affaire à un de ces mille théoriciens qui
croient chacun bouleverser l'univers parce qu'ils ont
eu une idée souvent vieille comme le monde et neuve
uniquement pour eux, je ne protesterais pas comme
je le fais contre l'oubli du nom d'un homme.
Mais c'est un savant que j'ai découvert et que je
suis peut-être le premier à remettre au jour, c'est
un praticien autant qu'un théoricien qui joint une
expérience personnelle à chacune des hypothèses
qu'il avance, c'est un homme qui a fait plusieurs
découvertes, entr'autres le Biomètre, dont une seule
servirait à faire entrer un ambitieux dans les sociétés
savantes officielles, c'est un homme dont le nom est
soigneusement cachéetles idées soigneusement pillées
par ceux qui connaissent ses œuvres.
Pourquoi ses ouvrages tirés à de nombreux exem-
plaires sont-ils introuvables'?
J'ai mis deux ans à me procurer la <Chimie nou-
M~e~. Pourquoi?
Quelques savants modernes profiteraient-ils de
l'oubli qui s'est fait autour de lui pour ïe copier?
Lisez avec conscience la Chimie nouvelle, ~puis par-
courez les théories soi-disant nouvelles sur la philo-
sophie des sciences depuisla thermo-chimie jusqu'aux
calculs récents sur l'éther et vous pourrez yé.ri&er là
plupart des faits que je me permets d'avancer. r
La critique scientifique qui fait de si belles choses
devrait bien s'adresser aux œuvres de Louis Lucas.
Elle verrait qu'il s'est trompé quelqueibis, ce qpi
amye à tout écrivain, efMM'e Att~MMM~e~; mais
elle serait bien forcée d'avouer qu'il a eu raispn le
plus souvent.

(1)LouisLucM,C/t<m!e)toMoe~e,
p. 18.
21
Vous avez des laboratoires bien montés, vérifiez
ses expériences chimiques et biologiques, montrez
celles qui ne réussissent pas mais montrez aussi
celtes qui sont vraies et tachez de les expliquer
autrement que lui.
D'ailleurs vous n'avez rien a craindre, Louis Lucas
est mort en 1863 et il ne vous fera pas concurrence
la première fois que vous vous présenterez à une
place honorifique.
Du reste, si vous persistez à taire son nom et ses
œuvres, l'étranger le fera, je l'espère. L'occultisme
devient de plus en plus puissant et Louis Lucas se
vante avec orgueil d'être un disciple de ces alchi-
mistes (1) à qui il a consacré une de ses plus belles
œuvres (2). ,n.
Au point de vue des sciences occultes, Louis Lucas
a retrouvé la force universelle désignée sous tant de
noms (ignis, lumière astrale, magnès, azoth, etc.,
etc.).
Il a désigné cette force sous le nom dé mauvement
et il étudie ses lois sous le nom de lois de la série
dont la série trinitaire est la base. Une fois ces lois
connues, il aborde l'expérience en les appliquant.
Après avoir fait ressortir les contradictions et les
erreurs théoriques des savants modernes sur les
questions générales, il applique ses découvertes dans
les cas où la science balbutie et, quand il le faut, il
appuie son dire d'une expérience inédite ou d'un
appareil nouveau.
Il n'emploie aucun terme symbolique, ses ouvrages
sont écrits dans !a langue des savants de son
époque.
Toutefois plusieurs choses rendent l'étude de ses
œuvres désagréable à la critique. premier lieu, le
().)jf~MectMe p. 15 (tome!).
MOMfeMe,
(2) Le Roman oMMM~Me.
22
nombre énorme de faits cités dans ses livres et les
connaissances qu'il possédait dans plusieurs branches
très différentes du savoir humain (particulièrement
en chimie et en musique) nécessitent une certaine
instruction générale enfin, les railleries et les criti-
ques mordantes dont il accable certains savants le
font traiter de dément par ceux à qui elles sont
adressées.
Il avoue toutefois son admiration pour les vrais
savants qu'il cite avec joie et ne réserve ses attaques
que pour les pédantes médiocrités qui encom-
brent la science comtemporaine.
Il a débuté en publiant, en 1849, une Révolution
dans la musique, essai d'application à la musique
d'MKe ~eo~ep~osop~M~Me, par Louis Lucas, rédac-
teur en chef du journal le Dix décembre, précédé
d'une préface par Théodore Bamille et suivi du
traité d'Euclide et du dialogue de Plutarque sur la
musique (1).
Cet ouvrage fut édité à Paris en 1849 che~ Paulin
et Lechevalier, rue Richelieu 60.
C'est là que Lucas ébauche les théories qu'il déve-
loppera plus tard dans ses autres volumes.
En 1854, paraissait son chef-d'ceuvre, un véritable
de fefMm natura contemporain, qui contient une
foule de faits et d'expériences encore inconnus en
1887. C'est la Chimie MOMoe~eappuyée sur des
découvertes importantes qui modifient profondément
l'étude de l'électricité, du magnétisme, de la lumière,
de l'analyse et, des affinités chimiques, avec une
Histoire dogmatique des Sciences physiques. \P~M-
que, Chimie, Physiologie, .Met!ecM!e,Histoire MS<M-
relle, par Louis Lucas, éditée par l'auteur.

(1) Ce livre se trouve à la Bibliothèquenationale,salle des


Imprimés,lettre V.
–23--
Voici ~épigraphe de cet ouvrage
La plus grande difficulté que rencontre t'esprit
humain dans l'étude des principes naturels est juste-
ment l'extrême simplicité de ces principes. Le savant
ne veut pas y croire et il passe outre.
Enfin voici son dernier ouvrage qui reste obscur
si l'on n'a pas lu et travaillé la chimie nouvelle La
~<MecMtfnouvelle basée sur des principes de physique
et de chimie transcendantales et sur des expériences
capitales qui font voir mécaniquement l'origine du
principe de la vie, par Louis Lucas, auteur de la
Chimie de l'Acoustique nouvelle, etc. Paris, 1862,
Dentu et Savy, 2 vol. in 8. C'est son ouvrage le
moins rare.
Entre temps avait paru
Le Roman Alchimique, merveilleuse analyse
occulte, sociale et philosophique sous forme de
roman (1857).
Tous ces ouvrages se trouvent à la Bibliothèque
Nationale.
HOÈNEWRONSKI
Il est une partie de nos sciences modernes que
Louis Lucas n'a pas cru devoir aborder autant que
les autres (1) je veux parler des mathématiques.
Ce travail a été entrepris par le polonais Hoêne
Wronski.
Celui-ci est moins inconnu que Louis Lucas.
L'Encylopédie universelle de Larousse lui consacre
quelques lignes. Erdan, dans la France Mystique,
daigne le < blaguer pendant un chapitre et les
savants ses contemporains se sont conduits envers
lui d'une façon que je laisse aux lecteurs impartiaux
le soin de qualifier.

(1) Il aborde toutefoisla géométrieet donne quelquesidées


généralessur elle dans la C/ttKMe
MOMfeHe, p. 85.
24
Toutefois Wronski criait à chaque nouvelle injus-
tice (1) et protestait chaque fois qu'un membre de
l'Institut daignait s'attribuer une de ses décou-
vertes.
Cette conduite scandaleuse vis-à-vis de la science
porta les fruits qu'elle devait porter (2).
Après avoir vu en l'année 1822 ses ouvrages
presque entièrement détruits, Hœne Wronski mourut
de misère et presque de faim le 9 août 1853.
Lisez le récit de sa. mort dans l'oeuvre que lui con-
sacre un témoin oculaire (3).
Quant à la preuve de destruction de ses ouvrages,
la voici
Nous prions le lecteur de remarquer qu'en 1823,
lorsque Fauteur publia à Londres te .3° de ses opuscu-
les, il venait de recevoir de Paris la nouvelle que ses
ouvrages mathématiques allaient être vendus au poids
du papier et que cette triste nouvelle lui arrivait
ainsi au moment où il venait d'éprouver de la part
des savants anglais la spoliation dont il est question.
(Wronski. PfoMyotK~te de Messianisme, p. 306 (note).

Maintenant, si vous voulez savoir poMf~MOtses ou-


vrages furent détruits, reportez-vous à ta page 243
de ce même volume et vous tirezce qui, suit
Après le décès de Lagrange, aucun géomètre en'
France, sans doute par suite de préoccupations d!<fe–
rentes, n'a pas pu trouver le temps pour eMdter M,?ar~
conséquent, approfondir ces vérités NOt)tEH.EsETGENÉ-
v
(1) Voir ~es ProM~omeKM.~M~MM'aMts' j
t2) Voyez ci-dessus )e jugement ~de Goethe sur ta co~dùtte
des savants vis-à-vis des noYateurs et YérMez-ieem~ .1'appli-,
quant à LouisLucas et à 'WMnski. :L~
(3) Voyez LaxarëAuge. otice sur ~f(BKeWfotM&ParM, 1865,
gr. in-8, librairie phitosbphique de Ladrangè, rue gt-~ndfe
des Arts, 44 (se trouve àla BiMiothèque n~ a l'ïtidiëa-
tion suivante ~L~ S?'n/7)~r,
25
RAtESque l'Institut avait qualifiées ainsi (1); au point
que le propriétaire des ouvrages mathématiques qui
venaient d'être publiés sur la demande de ces géomètres
ne pouvant les céder aux libraires français chez lesquels
ONles avait (~r!~ comme ne contenant que des rêveries
fut forcé de les vendre au poids du papier à la halle de
Paris.
N'est-ce pas toujours l'application de ce procédé
si bien décrit par Goëthe?
Du reste, un second rapport fut présenté à l'Institut
par Arago et Legendre. Ce rapport était entièrement
le contraire du précédent dont les rapporteurs igno-
raient sans doute l'existence; Wronski pour se ven-
ger publia !es deux rapports côte à côte (2).
Wronski prétend avoir découvert une méthode
grâce à laquelle on parvient facilementà la connais-
sance de l'absolu.
Cette méthode il l'applique dans ses ouvrages qui
sont très obscurs et il faut les étudier patiemment
pour voir la vérité apparaître magnifique de place
en place.
Il tire ses données de la Kabbale, comme l'a bien
vu Eliphas Levi 1-
Cet admirable résume magique de Paracelse peut ser-
vir de clef aux ouvrages obscurs du cabaliste Wronski,
savant t'emarquaMe, qui s'est laissé entraîner plus d'une
fois hors de son absolue raison par le mysticisme de sa
nation et des~pëcul~tipns pécuniaires indignes d'un pen-
seuraussiitiustre(3).
En effet, dans sa vie privée, Wronski a été mêlé à
plusieurs affaires; d'argent. Du reste, je ne comprends

(1) Voirlé Mpport,étogieux de .Lagrange sur Wronski a


l'Instituten 1810.Pfo~omeMej <<<*Jtfe~amMMM, p. 24t.
(2) Yoir .R<<M'MM p. tXÏ J 2° vol., et
<<ttS'ftfOtr/tMMN!M:
Réfutation <<<* la ?7teo)-Mdes ronctionsanalytiques de La-
grange.
(3) Dogme de la F<tt<<e
~ct~t'e(VU),~e ?'t-t~M<<<e Pttt'~e~e.o
26
guère les arguments de ces gens qui, pour combattre
les doctrines d'un auteur, sortent toutes les sales
histoires qu'ils peuvent trouver sur son compte.
Qu'importe tout cela à la science et à la vérité ? De
nos jours on emploie le même « truc contre Saint-
Yves d'Alveydre et M"" Blavatsky. Pour montrer la
fausseté de leurs idées on s'attaque à leurs personnes.
Qu'est-ce que cela prouve ?
D'après Landur (1), Wronski aurait puisé à trois
sources principales Jacob Fœ/Mne, <S'o!Mt<a~t'K,
la Kabbale.
Dans ces derniers temps les « Décadents ont
publié dans leur revue « La Vb~Meune étude
sur Hœne Wronski et quelques-uns de ses écrits
inédits.
Je conseille à ceux qui voudront étudier la philo-
sophie de Wronski de lire d'abord l'ouvrage de Lan-
dur intitulé Exposition abrégée de la Philosophie
absolue d'FœMe Wronski, paru en 1857.
Cet ouvrage se trouve à la Bibliothèque Nationale
aux indications R 8886.
Voici une liste par année des ouvrages de
Wronski je l'extrais de l'opuscule de Lazare Augé.
Les curieux trouveront un portrait de Wronski
dans la France Mystique de Erdan.
1800. Le Bombardier polonais.
1801. Mémoiressur <'<t6err<t<M~d'Mastres tKo6t<es.
1802. Philosophie antique découverte par Kant et
fondée définitivement sur le principe absolu
du savoir.
1810. Premiers principes des méthodes algorith'-
miques comme base de la Technie des
mathématiques (Mémoire à. l'Institut
Rapport favorable de Lagrange.)
(t) Landur,Recherchedes Principes du Savoir et de Me-
tion,Paris, 1865,in-8.
–27–
1811. Philosophie des Mathématiques.
1812. Programme d'MKcours de Philosophie trans-
cendantale.
1814. Philosophie de l'Infini.
1815-1817. Philosophie algorithmique.
1818. Réponse au mémoire d'Arson.
1819. Critique de la théorie des fonctions généra-
trices de Laplace.
Le Sphinx.
1820. Solution duproblème des réfractions astro-
nomiques.
1821. Introduction à un cours de mathématiques
(en anglais).
1827. Canons de Logarithmes.
1829. Problème fondamental de la politique mo-
derne.
Machines à vapeur.
1831. Prodrome du Messianisme.
1832. Bulletins messianiques.
1833. 'S'<M'< téléologique du hasard.
1835. Nouveaux systèmes de machines à vapeur.
./0 opuscules SM~ /OCOtMO<tOM spontanée.
1839. Question décisivesur Napoléon.
1840. La MetapoH~Mg.
1840. Le Faux M~oMomtSMM.
1842. Zed~<<Mdc~~o!Mce,de~MetKa~Me et de
la Russie comme Prolégomènes du Mes-
SMMMtKe(1).
1848. Réforme du 'S'aoQ! FMM!«!M (2). Adresse
aux nations slaves sur les destinées du
monde.
Epitre au prince 6'Zœ~O~sAt sur les
destinées de la Pologne.
1849. Derniers épitres aux hommes supérieurs.

(1) Op.cit. ci-dessus.


(2) Le plus importantde ses ouvrages.
-28-
1850.ZesceK<p<t<)'MfMcMM)M.
1851.Fp~reoi<'etmpereMfde~tMMe.
Ept~eà ZoMM Napoléon.
DocMmeM~ ~Mtoft~ttessur lesnationssla-
fM.
1852.~M<oWo~op/Me.
~ecfe< poH<t~Me de~VapoMoM.
1852-1853. sur lesMafëM.
OjjMscM~es
1855.ffopedeM~t~Me ~esstatu~Me.
1861.Deoe<o~pemem< pro~fesst/'et 6M~/!MCt! de
F/tMMKtMtte.
Cesdeuxderniersouvrages sontposthumes,ilsont
étépubliéspar M" veuveWronskiquia aussifait
paraîtresoussonnom Pe<t< <fttttede ~e<ap/n/M~Me
eMtMeM<<ttfe,Paris,1854,in-8.

LES OCCULTISTES
ÉLIPHASLEYt
Cet auteur ouvre la série de ceux qui traitent
principalement de l'occultisme en lui-même sans
s'appliquer à l'alliance delà science contemporaine
avec lui.
Dans ce genre d'études, il faut bien noter qu'un
auteur est rarement complet par lui même. C'est
pourquoi, quoique les œuvres d'EliphasLçvi doivent
être le vade mecum de tout étudiant en occultisme, H
est nécessaire de les compléter par celles de Lacuria,
de Cyliani, de Wronski et de Louis Lucas.
C'est alors qu'on pourra aborder avec frutt J'ëtude
des publications plus modernes de MmeBlavatshy.
--29–
Eliphas Lévi a d'abord écrit des ouvrages socia-
listes dont -l'un d'eux, le Testament de la Liberté,
lui a valu quelques mois de prison (1848).
Disciple de Fourier et de Wronski (1), il a surtout
travaillé la Kabbale et la Genèse d'Henoch.
Desbarolles (2) l'appelait une bibliothèque vivante
et de fait c'est le plus savant de tous les occultistes
contemporains.
Ses principaux ouvrages sont en occultisme
(J[861) Dogme et Rituel de la Haute-Magie (Théo-
rie).
(1860) Histoire de la Magie (Réalisation).
(1861) Clef des grands mystères (Adaptation).
(1862) Fables et Symboles.
(1861) Le Sorcier de Meudon.
(1860) La Science des /~W<s.

LACumA
Encore un inconnu. Il a fait un livre, Harmonies
de l'Etre exprimées par les nombres, Paris, 1847,
2 vol. in-8 avec planches qui ne dit pas grand'chose
par lui-même, mais qui devient merveilleux comme
complément des œuvres d'Eliphas Lévi et de
Wronski.

CYLIANI
Un des derniers alchimistes qui aient écrit sur la
pierre philosophale. A fait en 1832 un ouvrage
anonyme que je recommande à tous les occultistes
Hermès dévoilé, in-8. Les Enfants de la veuve y
trouveront des symboles instructifs 'pour eux.

(1)Voir LazareAuger,o!<f.ct< p. 10.


(2)Mystèresde la mtttt: (dernièreédition)préface.
-30-

ËMtLEBERTRAND
A publié plusieurs ouvrages dont l'un est remar-
quable c'est: Le x!x° siècle et l'avenir, Paris, 1860,
in-8.
Enfin je citerai comme un résumé très peu connu
et fort bien fait de la Kabbale le livre de LENAIN:
La Science cabalistique, publié à Amiens en 1823.
Tous ces ouvrages se trouvent à la Bibliothèque
nationale.

CHRISTIAN

S'est surtout occupé de l'astrologie; a publié deux


volumes L'homme rouge des Tuileries (1854).
Histoire de la Magie (1870).
Enfin je citerai dans un ordre de sciences qui se
,rapporte aux sciences occultes, l'abbé MICHON,
auteur d'une Méthode de graphologie ou jugement
des caractères d'après l'écriture.
QUATRIÈME PARTIE

LES OCCULTISTES VIVANTS

Aujourd'hui l'occultisme recrute des adhérents de


plus en plus nombreux et de plus en plus instruits.
Au premier rang des Français je dois citer

SAINT-YVESD'ALVEYDRE

Qui a fait trois ouvrages merveilleux tant pour le


travail qu'ils comportent que pour le style tout à fait
spécial qui les caractérise. Le marquis Saint-Yves
d'Alveydre traite surtout la partie historique et sociaie
de l'occulte c'est un brillant défenseur de la Synar-
chie déjà entrevue par Wronski et par Saint-Martin.
Dans ces derniers temps, cet auteur a été en butte
aux plus viles calomnies, ce qui ne doit pas étonner
ceux qui savent ce qui a toujours attendu les occul-
tistes instruits. Je n'ai pas l'honneur de connaître
M. d'Alveydre, mais la lecture de ses ouvrages suffit
pour l'estimer. En admettant, ce que je ne crois pas,
que les viles accusations portées contre lui aient un
semblant de vérité, cela ne touche qu'à- l'homme et
n'atteint en rien l'écrivain des trois missions Mission
des ouvriers. Mission des souverains 1882 (ano-
nyme). Mission des juifs (1884). Son ouvrage te
plus célèbre est le dernier. Il a exercé une grande
influence sur tous ceux qui s'occupaient de la ques-
tion. 11 suffit pour le constater de lire les écrits
postérieurs à son apparition.
Ainsi un autre auteur, ALBERT JHOUNEY, vient de
publier'm livre oui! s'inspire surtout de la ~tMo~e.
32
Il a un talent d'exposition tout à fait personnel; mais
beaucoup de ses idées sont tirées des écrits d'Eliphas
Levi (pour la Kabbale) de Lacuria (pour la religion)
et de Saint-Yves (pour la synarchie). Ceux qui
écrivent savent bien que souvent on ignore avoir
copié quelqu'un. Ainsi je suis persuadé que M. Jhou-
ney ne connaît pas Lacuria et qu'il a trouvé seul les
belles choses qu'il nous dit. C'est pourquoi je salue
un des Kabbalistes gnostiques les plus instruits de
notre temps dans l'auteur du Royaume de Dieu (1).
Des écrits des occultistes et particulièrement d'Eli-
phas Levi est née une école littéraire dont les pro-
ductions ont fait sensation. J'ai nommé L'ÉCOLE SYM-
BouQUEreprésentée principalementpar Josephin Pela-
dan, un des décadents sérieux de notre époque. Il
publie une éthopée,laDécadence latine en qnatre vo-
lumes, trois ont déjà paru ce sont Le vice suprême
Curieuse L'initiation sentimentale un va
paraître A c<BMfperdu.
A cette école se rattache DE GUAITA,qui a publié
une belle brochure intitulée Au seuil dM~/stère (2),
dans laquelle il résume dans un merveilleux style les
idées d'Eliphas Levi et de Saint-Yves d'Alyeydre.
Citons encore un auteur scientifique de ce groupe,
Chartes Henry, qui a publié plusieurs études imtéres-
,santés et des écrits de Wronski dans la Fo~Merevue
des décadents.
A côté de tous ces auteurs, se rangent les vulgari-
sateûrs de la science occulte parmi lesquels je citerai
DtJRVILLE (3), magnétiseur qui lutte avec persevé-
rancepourlàscience. Il afaitpara!tredanscesdérniers
temps des études fort intéressantes complétant celles

(1) Pans,1887,CMrérré éditeur.


(8)ChezCarré.',C,"a,
(1)Y. les œuvresde Dèc)eet ChMarainqui demandentpour
eux la priorité des découvertesdé cet auteur.
33
du Baron de Reichemback sur la polarité humaine (1)
et sur une force universelle, qu'il aurait découverte.
Cette force'est celle si bien étudiée par Louis Lucas
dans ses applications physiques et médicales, et par
Eliphas Levi dans ses applications occultes. Lucas
l'appelle le mouvement (comme Durville) et Eliphas
la lumière astral. Quoi qu'il en soit, je salue en
Durville un zélé vulgarisateur de la science magné-
tique.
Parmi les vulgarisateurs, signalons encore M° LOUIS
MOND (2), écrivain lyonnais qui a une tendance
fâcheuse à s'attribuer les découvertes de Mesmer et
d'Eliphas Levi sans citer ses maîtres. ELY STAR (3)
qui a fait un excellent petit résumé de Christiam,
écrit dans un style qui ne rappelle heureusement pas
celui de l'écrivain précédent.
Citons encore pour mémoire l'Histoire de l'occulte
de Fa6s~< (Paris, 1885), pleine de renseignements
précieux et que je pense connue de tous les occul-
`
tistes.'
Mais le grand mouvement contemporain nous vient
de l'Inde. Sous l'inspiration de grands initiés orien-
taux une société a été fondée à New-York en 1875.
Cette société a acquis aujourd'hui une énormee
importance. Elle a 136 branches dans différentes
villes du monde (4), des librairies, des journaux et
des correspondants partout c'est la Société Théo-
sophique.
Une société d'Anglais prétend que les initiés du
Thibet n'existent que dans l'imagination des socié-

(1)7'MMfe e.cptMm<'M<(t<
e«/M')'a~ett<MMedu mtMMe<M6tt)', par
H. Durville(1885-1886).
(2)CoM)' c !e~<tj?Me<Mmee<Cours(~ G'f<tp/to<o~Mà ta Biblio-
thèque universelle34
thcque rue de
universeUe34 rue de la.
!a Montagne
Montagne Sainte-Geneviève
Sainte-Geneviève,
Paris (chaquevolume0,30e. franco).
(3) CoM)'~ <<ro<o.f?te (0.50c. même librairie).
(4) Voir le nom et t'adresse .de ces branches dans le
~.o<!M,revue française de la Société.
34
taires. Pour mon compte, je ne le pense pas et de
toutes façons une lettre d'un de ces initiés Kouth-Houmi
insérée dans la Mission des Jui fs et dans 'le Monde
occulte, dénote un esprit si supérieur que je n'hésite
pas à regarder celui qui l'a écrite, initié ou mystifica-
teur, comme un vrai maitre dans le sens complet de
ce mot. Les Enfants de la Veuve me comprendront
peut-être.
A ce mouvement oriental étudiant particulièrement
le bouddhisme ésotérique, se rattachent les auteurs
et les écrits suivants~:

M"" BLAYATSKY
Initiée en Orient. Calomniée un peu partout. Se-
crétaire de la~Société et écrivain très distingué, a
écrit un ouvrage admirable sur l'occultisme inti-
tulé Isis unveiled (1). C'est un des seuls auteurs
vivants qui, à notre connaissance, joigne la pratique à
la théorie. 1
Elle s'occupe, paraît-il, actuellement, d'un autre
travail intitulé la Doctrine secrète. Je ne regrette
qu'une chose c'est qu'elle n'écrive pas assez souvent
en français, car ses articles sont vraiment remarqua-'
bles (2). Comme tous les adeptes elle a été l'objet
d'attaques très vives de la part de ses contemporains,
E!lea été traitée de Charlatan, de Mystificatrice, etc.,
etc.. Elle supporte du reste gaiement ces petits désa-
gréments et fait preuve de beaucoup d'esprit dans ses
réponses aux reporters affamés que, les articles con~
tre elle font vivre (3).
Citons encore dans le même sens les .eofits de
SINNET Occult ~0~-M et jE'sotefM; 6M~AM~

(1)New-York,1877,2 vol. im8. Se trome Ma .BtMioth~W


Nationalela marquesuivante :R 1404.
(X)Voirte /,o<tM,Carre/éditeur.
(3)Voirlen'4du"Lo<tM' i
35
dont le premier a été traduit en français par
un traducteur consciencieux que nous devons remer-
cier des services qu'il rend aux occultistes français en
prenant sur ses études un temps précieux pour
mettre à notre portée les grands ouvrages étrangers.
Je veux parler de GABORIAU (1). Ajoutons à ces
noms celui du Président de l'Isis, une des branches
françaises de la Société Théosophique, DRAMARD,
auteur d'une brochure intéressante intitulée la
Science occulte (chez Carré).
Il faut aussi citer comme un des vulgarisateurs
des doctrines théosophiques Lady CAITHNESS, du-
chesse de Ppmar, qui a écrit plusieurs ouvrages ins-
pirés par le Bouddhisme ésotérique de Sinnet (2). La
duchesse a été présidente d'une branche française de
la Société. Elle dirige une revue qui a pour but, si
j'ai bien compris de montrer aux catholiques l'unité
des cultes du Christ et du Bouddha. Fera-t-elle
cesser l'intolérance bien connue des religions d'Oc-
cident ? Félicitons-la toutefois de sa tentative. Enfin,
je ne puis terminer avec cette société à qui l'occul-
tisme doit tant sans citer Ch. BARLET, un des
meilleurs écrivains contemporains dans la question
qui a publié une série d'articles dans le Lotus et le
poète J.RAMEAU, jeune et déjà célèbre.
Au dernier moment je reçois'un ouvrage absolu-
ment remarquable que je regrette de ne pouvoir que
citer: ZM/bt'cM non définies, par A. de ROCHAS
(chëzMasson).
En somme, aujourd'hui encore deux camps philo-
sophique.s se trouvent en présence, les occultistes
et. leursdétracteurs. Ces derniers ne savent généra-

(l)~e jMoMde
occMi!~ Sinnët, traduit par Gaboriau, chez
Came.
?) ï'AeoMpA<e
BoM~/tt~, 1886,in-8 (Carré).a~MM~ de
j!7M(MCp/MeoeCMMe(CMTé).
36

lement rien des questions qu'ils combattent. Ce n'est


donc pas en les insultant et en froissant leur amour-
propre mais bien en les instruisant qu'on les con-,
vaincra. On peut être très fort mathématicien, très
fort physiologiste ou très fort médecin et être un `
âne en alchimie ou en astrologie. Mais il ne faut pas
décrier ce que l'on ne connaît pas et le médecin qui
raille la science occulte est semblable à la concierge
qui « blague s les médecins. La preuve de ceci c'est
le ton que prennent les journaux scientifiques pour
parler du spiritisme (1) maintenant que des savants
officiels s'en sont occupés (2). Ce journal n'eût certes
pas parlé ainsi il y a dix ans.
Laissons donc marcher le mouvement et compre-
nons bien qu'à un moment donné les courants
noient dans leur tourbillon ceux qui veulent s'oppo-
ser à leur marche.
Aussi ne saurais-je en terminant exhorter trop les
occultistes à laisser là les questions de personnalité
ou de doctrines arrêtées. Groupez vous si vous ne
voulez pas former une société ou entrer dans une de
celles qui existent, allez-vous voir mutuellement.
Faites la connaissance de ceux qui s'occupent de la
même question et bientôt les sciences occultes pren-
dront lapidée qu'elles méritent dans l'ordre des con-
naissances humaines.

(l)Voir)aAet)Me~eteK<t/!?Me,<oe.cM.
(2) W. Crookes Cox Walace, de l'Académie royate, de
Londres. ZœUner, professeur, correspondant de notre Institut
en AUen)agne. Voir en outre les noms des littérateurs illustres
citésparFabar),p.l20.
p i'i°é ~t

_j. ~?S~
Tours, imp.E.ARR.T et Cie.)