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Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

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V É R O N I Q U E

I N F O R M A T I O N S

E T

A N A L Y S E S

S U R

L E

C H E M L A

M O Y E N - O R I E N T ,

P R I N C I P A L E M E N T

I S R A Ë L ,

L ' A N T I S É M I T I S M E ,

L A

G É O P O L I T I Q U E ,

D R O I T S

D E

L ' H O M M E ,

L A

C U L T U R E ,

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J U I F S ,

L E

J U D A Ï S M E ,

L ' H I S T O I R E

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L ' A V I A T I O N .

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B L E S S U R E

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R A P P R O C H É E

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S O L E I L "

( R E N É

C H A R )

 

Affaire al-Dura/Israël

Avion/Mode/Science/Sport

Chrétiens/Christianisme

Il ou elle a dit

Judaïsme/Juifs

Monde arabe/Islam

Shoah (Holocaust)

Culture

France

Articles in English

S A M E D I

2 5

O C T O B R E

2 0 1 4

P

R O T E C T I O N

D E

M O N

Un paysage médiatique français Juif contrasté

B

L O G

P A R

L E

D R O I T

(1/9)

Journaux, radios,

télévision, sites, blogs et

Les

médias Juifs français sont

variés, mais certains

s’avèrent problématiques

en raison de leur manque

de professionnalisme :

lectures ou paraphrases

fréquentes de dépêches

d’agences de presse au registre lexical biaisé, rares couvertures physiques

d'événements, étroite proximité avec la communauté française Juive

institutionnalisée, manquements à la déontologie journalistique, plagiats

et contrefaçons d'articles et de photographies, absence d'analyses sur la

situation communautaire et d'autocritiques, contenus parfois non

attrayants, non-journalistes comme directeurs de publication ou

rédacteurs d'articles, népotisme, etc. Autres raisons : leur mode de

management - opacité financière, non respect du droit du travail,

autoritarisme -, leur recours tardif et piètre aux nouvelles technologies de

l'information et leur audience essentiellement communautaire, souvent

déclinante et exprimant une insatisfaction croissante à leur égard. Des

témoignages de vitalité intellectuelle sont devenus des indicateurs de

faiblesses multiples et persistants. Des signes inquiétants pour les

Français Juifs et leurs organisations, et ce, en pleine recrudescence du

nombre d’actes antisémites et de guerre médiatique et idéologique contre

Israël. Dossier actualisé. Le compositeur français Henri

Dutilleux (1916-2013) est, en mars 2015, au centre

d'une polémique ternissant à tort son honneur, et à laquelle

sont mêlés Christophe Girard, maire du IVe arrondissement

de Paris, et Karen Taïeb, une de ses adjoints et conseillère de

et Karen Taïeb , une de ses adjoints et conseillère de groupes sur Internet Tout le

groupes sur Internet

Tout le contenu de mon blog - articles, photos, etc. - est protégé par le droit de la propriété littéraire et artistique.

Q U I

Ê T E S - V O U S

?

littéraire et artistique. Q U I Ê T E S - V O U S ?

VÉRONIQUE CHEMLA

et artistique. Q U I Ê T E S - V O U S ? VÉRONIQUE

9 cercles

86
86

Journalist for Pajamas Media,

American Thinker, Ami and

FrontPage Mag. Former

correspondent for Guysen

International News. I wrote articles

for Haaretz and L'Arche.

2015: Middle East Forum

Grantee (Bourse).

I publish documented messages, but

not defamating remarks. Je publie les

réactions exprimant des opinions

argumentées, mais non celles

diffamatoires.

Contact me

Follow @VeroniqueChemla onTwitter

https://www.facebook.com/veroniqu

e.chemla.7

http://www.youscribe.com/veroniqu

echemla5/

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Paris, et "journaliste santé" sur RCJ, radio du Fonds social

Juif unifié (FSJU), révélant un « mélange d'inculture et

d'ingratitude » (Thierry Hillériteau, Le Figaro, 18 mars

2015).

http://fr.slideshare.net/veroniqueche

mla7

https://independent.academia.edu/V

%C3%A9roniqueChemla

https://issuu.com/veroniquechemla

2e partie : La réaction de Philippe Meyer, directeur d'Information

Juive

3e partie : La réaction de Laurent Munnich, directeur d’Akadem

4e partie : La réaction de Virginie Guedj-Bellaïche, journaliste à

Actualité juive hebdo et Osmose

5e partie : La réaction d'Alain Granat, directeur de Jewpop

6e partie : La réaction de Michaël Blum, journaliste à Actualité

juive hebdo et à l’AFP

7e partie : La réaction de Michel/Meir Azoulay pour Carole

Azoulay, journaliste à Actualité juive hebdo

8e partie : L'affaire al-Dura ? Une conspiration selon Jean Corcos

et Rudy Reichstadt

9e partie : Laurent-David Samama, ancien rédacteur en chef

de L’Arche

C'est le paradoxe : avec entre 500 000 et 600 000 âmes, la communauté

française Juive est la première numériquement en Europe, mais le nombre et

l'audience de ses médias se réduit en peau de chagrin.

Ce qui contribue à perdre la guerre de la communication et a laissé la

narratif palestinien imprégner profondément et durablement la doxa, et ce, au

détriment de la vérité historique.

Et ce qui fragilise la lutte contre les ennemis du peuple Juif. Jérusalem a

accueilli le Sommet des médias Juifs (Jewish Media Summit, 22-25 juin 2014)

sur le thème The Challenges of Reporting on Israel and the Jewish

World (Les Défis du journalisme sur Israël et le monde Juif). Parmi les

orateurs, un seul journaliste français de médias Juifs s'est exprimé : Shlomo

Malka, directeur d'antenne de RCJ, radio du FSJU (Fonds social Juif unifié),

et ce, dans le cadre de la table-ronde sur Le problème de l'image d'Israël. Le

22 juin 2014, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a listé les trois défis à

relever par Israël et les médias Juifs dans le monde : "Combattre la montée de

l'antisémitisme, en particulier en Europe et constitué d'une alliance de

l'antisémitisme de la gauche dure, de la droite dure et de l'islamisme,

cimenter l'identité Juive, notamment celle des jeunes, qui se délite, et les

dangers dans la région, en particulier éviter que des armes de destruction

massive ne tombent dans les mains de musulmans radicaux :animés par la

haine vieille de centaines d'années entre les sunnites et les chiites et

émergeant avec la chute de régimes laïc l'ayant contenue - les

milices chiites et sunnites se battent avec barbarie ; toutes deux sont des

ennemies de l'humanité".

AFFICHER MON PROFIL COMPLET

A R C H I V E S

D U

2015 (346)

2014 (211)

B L O G

décembre (28)

novembre (18)

octobre (20)

« La collectionneuse » de Carole Bellaïche

Frank Lalou, calligraphe

« Diffamation » de Yoav Shamir

« Lise Meitner, mère de la bombe atomique » de Wol

« Le monde des olives », d’Albert Knechtel

Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9

Pluriel. Regards sur l’art contemporain israélien

« L'assassinat d'Ilan Halimi » de Ben Izaak (5/5)

La Mer Morte

La lutte « politiquement correcte » de l’UNESCO co

« La Place Vendôme. Art, pouvoir et fortune », sou

L’intégrisme islamiste et le terrorisme

Le théâtre yiddish en France

Des donateurs pour l’Etat palestinien grugés, mais

Marrocos a Europa. Seis séculos no olhar do outro

« Ushpizin » de Gidi Dar

Gil Taieb, vice-président du CRIF et du FSJU, memb

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Médias en crises

Occultés dans les revues de presse des médias nationaux, ces médias

communautaires traversent plusieurs crises.

Crise de positionnement : équilibre délicat entre spécificité Juive et

ouverture au monde, entre contre-pouvoir et flagornerie,

"communautairement correct" et indépendance, entre attentions à l'égard de

l'institution Juive française soutenant le média et liberté éditoriale, etc.

Crise liée au management : trois directeurs généraux du FSJU (Fonds

social juif unifié) - Jacques Bénichou, puis Robert Ejnès, et depuis début 2014

Patrick Chasquès - en trois ans (2011-2014), oppositions idéologiques et

parfois personnelles entre médias, opacités décisionnelle, financière et

salariales, absence d’adaptations aux bouleversements technologiques,

manque d’anticipations des mutations de lectorats, prises de décisions sans

concertation avec des experts, incompétence, vanité et autoritarisme de

dirigeants, carence généralisée d'institutions représentatives du personnel,

notamment les syndicats, etc.

Crise liée à la proximité et aux relations complexes avec la communauté

française Juive institutionnalisée ainsi que des organisations et

politiciens israéliens : celles-ci constituent des annonceurs publicitaires

majeurs que nul ne songerait à s'aliéner. Voici quelques années, le directeur

d'un média important Juif français a déploré les mesures de rétorsion

d'annonceurs israéliens furieux d'un numéro désagréable à l'égard d'Israël :

plus de publicités payantes dans ce média ! Et le directeur de ce média a

sollicité le président d'une organisation Juive française importante afin qu'il

plaide sa cause auprès de ces annonceurs. Heureuse intervention de ce

dirigeant communautaire : ces annonceurs ont de nouveau payé des annonces

publicitaires dans ce média. Flagornerie, absence d'analyses et esprit critique

émoussé, voire absent, caractérisent l'esprit de nombres de ces médias

manquant à leur devoir d'éclairer leurs lecteurs.

« Un billet de train pour… Israël » de Grit Merten

Jean-Léon Gérôme (1824- 1904). L'Histoire en specta

Hajj, le pèlerinage à La Mecque

septembre (22)

août (22)

juillet (20)

juin (17)

mai (18)

avril (11)

mars (13)

février (9)

janvier (13)

2013 (86)

2012 (52)

2011 (57)

2010 (28)

2009 (4)

T I M E L I N E

D E

T W I T T E R

Crise entretenue par les fautes stratégiques d’organisations

communautaires : succession de trois rédacteurs en chef en un an et deux

directeurs de la publication en deux ans à L'Arche, magazine du FSJU,

soutien à feu "Proche-Orient.info" au lieu de l’agence de presse israélienne

Guysen International News (Guysen) qui avait développé un groupe

médiatique sous la direction de Guy Senbel et Dominique Fitoussi, principe

de Peter observable dans des institutions.

Crise liée à une adaptation tardive et insuffisante à Internet et à une

perception erronée du Web : loin de réduire les coûts de production, la toile

requiert des financements lourds, des spécialistes excellents, une actualisation

rapide des informations, des stratégies ciblées fragmentant les publics et

conjuguant site, blogs de journalistes et réseaux sociaux, etc.

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Crise de lectorat : faible écho et rare influence de ces médias au-delà de

Juifs français, évolution des modes de consommation culturelle au détriment

de la presse imprimée payante, baisse de l’audience de médias, inadéquation

des contenus à l'intérêt des lecteurs/auditeurs, reprise de dépêches d'agences

de presse à l'identique ou légèrement rewrités - donc sans valeur ajoutée -, etc.

Un aperçu des relations entre ces médias communautaires et leurs

lecteurs/auditeurs/Internautes est donné lors des forums des auditeurs, lors des

courriers des lecteurs, et sur les réseaux sociaux. Ainsi, le 19 mai 2013, le

journaliste Méir Ben-Hayoun s'est indigné sur Facebook de la reprise par

RCJ (radio soutenue par le Fonds Social Juif Unifié) d'une dépêche de l'AFP

(Agence France Presse) critiquée pour sa couverture partiale des évènements

au Proche-Orient. Trente-deux Internautes ont aimé son message. Quant aux

commentaires, ils étaient peu amènes à l'égard de médias communautaires

français. Ce débat sur Facebook révèle de vives critiques visant des médias

qui en semblent inconscients ou refusent toute remarque non flatteuse à leur

égard.

Crise de crédibilité par le non respect des principes déontologiques

élémentaires : conflits d'intérêts, publi-reportages présentés comme

informations, etc.

Crise financière malgré des ressources disparates - ventes par numéros

ou abonnements, ressources des annonces publicitaires, des petites annonces,

du rédactionnel, des suppléments au profit d'associations ou d'entreprises,

aides étatiques (réduction postale, etc.), etc. - : opacité sur les tirages et

chiffres d'affaires, nombre réduit et réticences d’annonceurs, en terme

d’image, à intégrer dans leur campagne publicitaire ou media-planning des

médias Juifs ou politiquement orientés en faveur d’Israël, pratique du "low

cost".

Crise de qualité : carences dans la formation des journalistes,

insuffisante rigueur dans la terminologie, licenciements injustifiés de

journalistes talentueux, népotisme, absence d'analyse et de critiques

d'évènements communautaires majeurs, tel le diner annuel du CRIF (Conseil

représentatif des institutions juives de France), registre lexical biaisé

-"colonie" au lieu de "localité", "territoires palestiniens" au lieu de "Judée et

Samarie", etc. -, incapacité ou refus de dénoncer la propagande anti-

israélienne, censure d'intellectuels ou de thèmes sensibles, indifférence des

historiens et des chercheurs à l'égard de ces journaux non cités en référence de

leurs ouvrages, etc. La programmation radiophonique estivale est à cet égard

révélatrice : rediffusion d'émissions, diffusion non stop et monotone de

chansons déjà multidiffusées, etc. Pourquoi ? Souci d'économies ? Craintes

des animatrices que leurs remplaçantes s'avèrent meilleures qu'elles ?

Crise par la "peopolisation communautaire" : textes flattant l'ego de

dirigeants communautaires, articles inintéressants sur des "filles de", etc.

Tweets Follow Véronique Chemla 2h  @VeroniqueChemla Le musée d'art de Ein Harod présentera une
Tweets
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Véronique Chemla
2h
@VeroniqueChemla
Le musée d'art de Ein Harod
présentera une exposition du
peintre Jacques (Yaacov)
(Grinberg (1941-2011). Un
fb.me/7jF0QCAOL
Véronique Chemla
16h
@VeroniqueChemla
La rafle du Vélodrome d’hiver. Les
Archives de la police
goo.gl/fb/5QyFFZ
Expand
Véronique Chemla
17h
@VeroniqueChemla
La Mairie du IIIe arrondissement
de Paris a présenté l’exposition
éponyme accompagné d'un livret.
Des documents
fb.me/3R0LViZGp
Véronique Chemla
16 Jul
@VeroniqueChemla
Magie. Anges et démons dans la
tradition juive goo.gl/fb/Z7jnuK
Tweet to @VeroniqueChemla

P U B S ,

É V È N E M E N T S

Rédactionnel, publicité, annonces

d'évènements, flyers

leurs conception, réalisation et mise en ligne en cliquant ici

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L I B E L L É S

Al-Dura (73)

Antisémitisme (454)

Arabes (209)

Autorité palestinienne (104)

Avion (43)

Boycott (38)

Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

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Ce qui ne manque pas d’inquiéter des institutions communautaires : si la

presse Juive au lectorat essentiellement Juif disparaît et se fragmente en

éclatant les lectorats en micro-cibles et en limitant le périmètre des sujets

traités, comment ces associations vont-elles communiquer en direction des

Juifs français ? Comment les autorités politiques françaises vont-elles

considérer la communauté Juive française ?

Et quel tableau de la communauté Juive française donnent ces médias à

un historien l'étudiant en ces décennies dramatiques !?

Enfin, le succès d'audience de mon article, malgré sa longueur,

témoigne de l'intérêt des Internautes pour ces médias français Juifs. L'absence

de toute autre étude sur ce thème révèle qu'il s'agit d'un sujet tabou.

Médias et journalistes

Ces médias communautaires commandent des articles à des journalistes,

souvent Juifs, parfois diplômés d'écoles de journalisme, souvent des femmes,

et partageant généralement leurs sensibilités politiques et religieuses. Ils

recourent aussi à des animateurs bénévoles - dirigeants associatifs, etc. - et

aux métiers variés : notaire, avocats, médecin, etc. Certains journalistes

bénéficient de "rentes de situations" qui les mettent à l'abri de la précarité

infligée à leurs collègues.

S'abritant derrière une opacité financière, nombre de ces médias

communautaires s'affranchissent du respect du droit du travail - remises de

bulletins AGESSA (Sécurité sociale des auteurs) au lieu de bulletins de paie,

refus de remettre l'attestions Assedic ou le certificat de travail à la fin de la

collaboration de journalistes, etc. -, du droit d'auteur, de la parole donnée :

articles commandés non payés ou/et non publiés. Un comportement décevant

de la part d'employeurs-parangons de vertus juives, donneurs de leçons de

Un

principe talmudique ne dit-il pas : "La loi du pays est la loi" (dina

demalkhouta dina) ?

morale, distributeurs de bons et mauvais points dans la communauté

Comme leurs homologues non Juifs, de nombreux médias Juifs français

versent des rémunérations très/trop faibles aux rédacteurs de leurs articles : de

23 € à 38 € bruts par feuillet (25 lignes de 60 signes et espaces), soit deux à

presque trois fois moins que des tarifs syndicaux. La longueur moyenne d'un

article publié est un feuillet à un feuillet et demi. Ce qui enfonce des

journalistes pigistes dans la misère sociale.

Ces médias ne remboursent généralement pas les frais professionnels de

journalistes, ne leur assurent aucune visite médicale du travail, aucune

formation continue, etc.

En outre, des institutions représentatives du personnel sont absentes

d'organes de presse juive française. Ce qui accroit la vulnérabilité de ces

journalistes.

CD (11)

Chrétiens (463)

Congo (4)

CRIF (70)

CSA (22)

Danse (30)

Darfour (2)

Dhimmitude (47)

DVD (37)

Etats-Unis (USA) (250)

Eurabia (20)

Exposition (345)

Film (298)

FMS (9)

France (627)

France 2 (50)

Islam (127)

Israël (387)

Jihad (55)

Judaïsme (303)

Juifs (678)

Livre (428)

MGF (Mutilations génitales féminines) (2)

Mode (56)

Musique (106)

Musulmans (186)

Nazis (232)

Négationnisme (11)

OCI (15)

ONG (11)

ONU (32)

Opération Plomb durci (14)

Palestiniens (165)

Projet Aladin (4)

Révisionnisme (12)

Sciences (44)

Shoah (258)

Sports (31)

Terrorisme (135)

Théâtre (38)

Tsahal (IDF) (91)

Télévision (212)

UE (Union européenne) (208)

UNESCO (18)

Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

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A noter que l'Association des journalistes Juifs, "qui s’était fixé pour

mission de lutter contre la diffamation anti-israélienne dans les médias et la

montée de l’antisémitisme en France" et a été présidée de 2000 à 2006 par

Clément Weill-Raynal, n'est pas très active dans ces médias communautaires.

Faits révélateurs ? Le 24 février 2011, c'est par une lettre-circulaire

électronique, que Jacques Bénichou, alors directeur général du FSJU, a

annoncé aux 73 collaborateurs - journalistes, universitaires, dessinateurs, etc.

- de L’Arche « une pause dans leur collaboration » et les a exclus de la

réflexion sur l’avenir du magazine. Un envoi collectif que Pierre Besnainou,

président du FSJU, qualifiera de « maladresse ». Le 9 mars 2012, sur RCJ, ce

dernier s'est prévalu d'une "décision du Bureau exécutif du FSJU après une

réflexion de 18 mois" à laquelle n'ont pas été conviés des journalistes

professionnels et compétents, et a qualifié d'"inacceptable dans la

forme" l'envoi par Internet de ce courrier-type numérique.

Et dans son n°1289 (13 février 2014), Actu J réalise la prouesse de

consacrer un dossier intitulé Travail et éthique : mode d'emploi, sans effectuer

la moindre enquête sur ces médias et associations communautaires qui

s'affranchissent du droit et de la Torah.

Et si un journaliste impudent ose solliciter l'augmentation d'une

rémunération demeurée fixe pendant douze ans, on lui dit clairement qu'il est

remplaçable

C'est si français cette propension à couper les têtes qui

dépassent

Précisons qu'au sein d'un même groupe médiatique, on peut

observer une grande variété de situations : certains journalistes détiennent la

carte de presse, véritable Sésame pour être accrédité auprès d'organisateurs

d'évènements, d'autres ne peuvent la solliciter auprès de la Commission de la

carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP) car leur employeur ne

leur a pas versé la rémunération à laquelle ils ont légalement droit, d'autres

encore reçoivent des bulletins AGESSA, etc.

Voici quelques années, une organisation communautaire a licencié sans

cause réelle et sérieuse la rédactrice en chef de son magazine alors qu'elle lui

donnait toute satisfaction. Mais elle a conservé sa directrice de la

communication et son adjointe qui émaillaient leurs communiqués de fautes

de français, avaient conçu un flyer sans y indiquer le logo de l'association, etc.

Deux rédactrices en chef s'étaient plaintes, en vain, auprès du directeur de

l'association de cette directrice de la communication : entraves à leur travail

par des rétentions d'informations ou un interventionnisme intempestif ou un

rewriting malmenant la langue française, soutien à un maquettiste

problématique par ses carences et son refus de respecter l'autorité de la

rédactrice en chef, etc. L'une de ces journalistes a vécu cette situation comme

un harcèlement moral. Ces deux rédactrices en chef étaient sépharades, et ces

deux communicantes, comme les dirigeants de cette association, des

ashkénazes. Vraisemblablement de pures coïncidences

Si, faute de règlement amiable, un journaliste ou un photographe de

médias communautaires s'aventure à saisir la justice pour défendre ses droits,

malheur à lui : d'une part, il signe sa mort professionnelle dans ce milieu, et

UNRWA (2)

A

R T I C L E S

L E S

P L U S

C

O N S U L T É S

R T I C L E S L E S P L U S C O

« L’affaire Klimt » de Jane Chablani et Martin Smith

« L’affaire Klimt » ( Stealing Klimt ), documentaire passionnant de Jane Chablani et Martin Smith (2006) retrace le combat diffi

Jane Chablani et Martin Smith (2006) retrace le combat diffi Magie. Anges et démons dans la

Magie. Anges et démons dans la tradition juive

Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) présente l ’exposition éponyme ésotérique. Souvent méprisée en tant qu’éléme

ésotérique. Souvent méprisée en tant qu’éléme Velázquez Après le Kunsthistorisches Museum de Vienne

Velázquez

Après le Kunsthistorisches Museum de Vienne (Autriche), le Grand Palais présente une exposition monographique sur Diego Velázquez (1599

une exposition monographique sur Diego Velázquez (1599 La Flandre et la mer Le musée départemental de

La Flandre et la mer

Le musée départemental de Flandre à Cassel présente l’exposition La Flandre et la mer . consacrée à la représentation de la mer dans

et la mer . consacrée à la représentation de la mer dans L’enfance de Arcady Alexandre

L’enfance de

Arcady

Alexandre

Réalisateur, scénariste et producteur, Alexandre Arcady est le fils d’Alexandre, d’origine hongroise, et Driffa Egry, et l’aîné d’une fr

hongroise, et Driffa Egry, et l’aîné d’une fr Amy Winehouse: A Family Portrait Après le musée

Amy Winehouse: A Family Portrait

Après le musée Juif de Londres et le musée Juif de Vienne ( Jüdisches

Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

Page 7 sur 95

d'autre part, il affronte plusieurs parties dans ce combat du pot de terre contre

le pot de fer : en effet, ses anciens employeurs se liguent contre lui. Et ils

instrumentalisent la justice par de coûteux assignations et appels sans

fondement juridique, mais visant à faire pression sur leur ancien employé, en

vue d'une proposition de règlement transactionnel à leur seul bénéfice.

Particulièrement choquant : lors d'une audience judiciaire, l'avocat d'une

célèbre organisation communautaire a sollicité un faible quantum du tribunal

devant statuer sur l'indemnisation concernant une photographie reproduite

sans autorisation de son auteur. Brandissant la photo litigieuse, il a déclamé :

"Ce n'est tout de même pas la photographie de l'enfant Juif du ghetto de

Varsovie ! Vous ne pouvez pas allouer" la somme réclamée par le

photographe. Et le tribunal a alloué un montant ridicule de dommages et

intérêts à ce photographe. Celui-ci a alerté des responsables communautaires

sur cette instrumentalisation de la Shoah : certains ont exprimé leur

indignation, mais l'organisation partie au procès est demeurée silencieuse. Qui

ne dit mot consent ? Vraisemblablement. Certes, la parole de l'avocat est libre,

mais il incombe à son client de lui indiquer les limites à ne pas franchir. Et

que doivent penser les tribunaux de ces agissements ?

Ne cherchez pas les condamnations judiciaires de ces médias ou

organisations communautaires dans leurs documents publics. Vous ne les y

trouverez pas : ces médias et organisations ne communiquent ni sur leurs

condamnations ni sur les honoraires élevés - 500 €/heure HT voire plus - de

leurs avocats de cabinets installés dans des quartiers huppés parisiens (plaine

Monceau, Champs-Elysées). L'une de leurs avocates a réclamé 15 000 € au

titre des frais de justice de sa cliente.

Shocking ! Poursuivie pour d'énièmes contrefaçons, une des principales

associations communautaires françaises, qui a pourtant des partenariats en

Israël - gage de sionisme pour ses donateurs ? -, recourt, face à une justiciable

pauvre, à une firme britannique internationale d'avocats, implantée

notamment au Qatar et en Turquie - vous savez, ces pays qui financent et

soutiennent les mouvements terroristes tel le Hamas qui veut détruire l'Etat

d'Israël -, ainsi qu'aux Emirats Arabes Unis. Bref, trois amis d'Israël

Assignée à quatre reprises en particulier pour licenciement injustifié et

contrefaçons, elle a préféré des procédures judiciaires à

des règlements amiables. Ce qui représente pour elle au moins 60 000 €

d'honoraires versés à ses avocats, soit plus de trois ans de salaires de ses

salariés les plus modestes.

Museum de Judenplatz ), le Beit Hatfutsot-Musée du peuple J

Museum de Judenplatz ), le Beit Hatfutsot-Musée du peuple J Modigliani et l’École de Paris La

Modigliani et l’École de Paris

La Fondation Pierre

Gianadda

l’exposition éponyme . Près de cent œuvres d’ Amedeo

a présenté

Modigliani

(1884-1920) et d’autres

ar

R E C H E R C H E R

D A N S

C E

B

L O G

 

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À

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A B O N N E M E N T

A U

B L O G

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Tout ceci est caché, car cela risquerait de nuire à l'image de ces

organisations et de dissuader leurs donateurs de savoir que leurs dons

contribuent à augmenter les chiffres d'affaires de cabinets d'avocats

florissants. A moins que certaines organisations communautaires ne fassent

payer l'Etat pour leurs condamnations et frais judiciaires

Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

Page 8 sur 95

Des comportements d'autant plus choquants alors que les Français, Juifs et non Juifs, traversent une grave crise économique et, telle Ruth Smadja, subissent en plus des agressions antisémites sans avoir les moyens financiers d'emménager ailleurs.

Quant aux publications judiciaires de ces condamnations, la justice, a fortiori en droit du travail, rechigne à les accorder.

Donc, tant que les donateurs, notamment les artistes célèbres et autres VIP prêtant leur image et leur caution, ainsi que les lecteurs n'exigeront pas la transparence financière et une rectitude morale des dirigeants d'organisations et de médias communautaires, ces médias et organisations s'obstineront dans leurs comportements peu respectueux du droit et des valeurs du judaïsme dont ils se réclament.

Si rares sont les journalistes ayant ouvert un blog et l'alimentant régulièrement par leurs articles, ils sont nombreux à privilégier les réseaux sociaux - Facebook, Twitter - à des fins personnelles, et subsidiairement professionnelles.

Curieusement, si les lecteurs lambda renchérissent sur les observations et analyses de cet article, ce sont certains journalistes ou dirigeants de médias communautaires qui ne l'ont pas apprécié, et me l'ont fait savoir, parfois avec une agressivité blessante. Ainsi, en vociférant, l'une de mes consœurs m'a invectivée publiquement en me traitant de "journaliste nulle" entre autres gracieusetés. Refus des critiques ? Incapacité à se remettre en question et à argumenter ? Ignorance de la courtoisie ? Découverte de l'ampleur du fossé séparant ces médias d'une partie du public ? Conception du journalisme comme synonyme de flagornerie ? Révélateur du climat pesant sur ces médias : les journalistes collaborant à ces médias et m'ayant fait part de leur analyse concordante avec la mienne, l'ont fait officieusement. Par crainte de représailles.

l'ont fait officieusement. Par crainte de représailles. Des sujets tabous " Des sujets tabous il y

Des sujets tabous "Des sujets tabous il y a plusieurs années ont aujourd'hui parfaitement

leur place dans les colonnes du journal. Je pense notamment aux libéraux, à

, Bellaïche, journaliste pour Actualité juive (surnommée Actu J) et Osmose.

l'homosexualité, au sida, etc

affirme la journaliste Virginie Guedj-

Certes, et on pourrait ajouter d'autres thèmes, telle la bat-mitsva.

Mais

des

sujets

tabous

abondent,

et

minent

la

crédibilité

de

médias généralement "communautairement corrects".

Juifs

par L'Arche, un dossier d'articles

noirs,

noirs.

Exemples

les

:

les

Commandé

Juifs

sur

Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

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médiatique français Juif contrasté (1/9) Page 9 sur 95 comportant notamment l'interview de Guershon Nduwa ,

comportant notamment l'interview de Guershon Nduwa, président de la Fédération des Juifs Noirs de France (FJN), n'a jamais été publié par ce magazine du FSJU. Et ce, depuis plus de quatre ans. Pourquoi ? Si Tribune juive a consacré un dossier à ces Juifs Noirs et

si Radio J interviewe souvent et gracieusement Guershon Nduwa, RCJ, radio du FSJU, sous la direction de Shlomo Malka puis de Paule-Henriette Lévy, et Radio Shalom n'ont jamais invité ce dirigeant. Par ailleurs, la FJN a du payer, chèrement, un média Juif français, pour obtenir la publication d'articles sur ses activités. Pourquoi ?

la publication d'articles sur ses activités. Pourquoi ? Akadem , campus numérique Juif et le Fondation

Akadem,

campus numérique Juif

et le

Fondation pour la Mémoire de la Shoah, il n'a pas

financé

Quant

par

à

le

FSJU

éditorialisé les vidéos

de

deux

manifestations

de

la

FJN - un diner-débat (janvier 2011) et une conférence de Guershon N'duwa sur la fierté d'être juif (novembre 2009). Akadem "est intégralement financé par des subventions du

Fonds Social Juif Unifié et de de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Si nous n'avons pas publié cette conférence, c'est entre autre faute de moyens

financiers. Si cette conférence peut vous être utile

l'Appel unifié juif de France (l'organe de collecte du FSJU), sera très apprécié. Pour votre information, le coût moyen d'une heure de numérisation et mise à disposition est de l'ordre de 20 €". Aucune de ces deux organisations importantes de la communauté Juive française n'aurait les 80 € nécessaires à numériser ces deux vidéos (4 heures) pour les présenter aux Internautes avec leur "apparat critique" !? Akadem dispose du budget pour numériser un concert d'Ishtar (février 2013) ou la table-ronde Ouverture (novembre 2009) avec des dirigeants du FSJU et de l'OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), et manquerait de moyens financiers pour ces deux évènements concernant les Juifs noirs !? Et depuis 2009 !?

un don à l'ordre de

Juifs noirs !? Et depuis 2009 !? un don à l'ordre de Commandé en 2009 par

Commandé en 2009 par L'Arche, un article critique sur le controversé projet

Aladin, soutenu en particulier par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), n'a jamais été publié par ce magazine.

Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

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Hormis Radio J qui a diffusé au printemps 2009, la chronique Les deux fautes de la FMS de Shmuel Trigano, aucun autre média communautaire n'a critiqué ce projet.

Aux Etats-Unis, JCC Watchn fondé par Richard Allen, a critiqué des organisations Juives pour leur accueil de mouvements soutenant les BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) contre l'Etat d'Israël. Vote Watch Europe analyse la manière dont les eurodéputés assurent leur fonction. Deux initiatives inenvisageables pour la communauté française Juive, et non assumées même partiellement par ces médias qui occultent des questions fondamentales concernant ces dirigeants.

Le leadership communautaire assure-t-il ses missions de manière satisfaisante ? La multiplicité des organisations communautaires est-elle adaptée en ce début de XXIe siècle dans une France en mutations profondes ? Quel est le taux d'absentéisme ou d'assiduité des leaders communautaires ? Le fonctionnement de ces organisations est-il efficient ? Assiste-t-on à l'avènement d'une ère de dirigeants destructeurs ou/et médiocres après celles des constructeurs ? La communauté Juive française peut-elle se passer des Rothschild ? Pourquoi ceux-ci ont-ils laissé leurs enfants à l'écart de ces organisations, sans les préparer à occuper certaines fonctions comme leurs parents l'avaient fait pour eux ? Pourquoi occulter le passé trouble de certains dirigeants communautaires ? Pourquoi ces organisations invitent-elles des orateurs israéliens généralement de gauche, voire d'extrême-gauche ?

Les fonctions les plus importantes de ces organisations sont assurées par les mêmes personnalités, généralement des hommes, qui se succèdent, cumulent les titres, se cooptent selon des critères aberrants - appartenance à des réseaux, actions "communautairement correctes", stratégies carriéristes cyniques, comportement clanique, principe de Peter - souvent sans rapport avec la compétence, passent d'une institution à une autre, etc.

Ma série de portraits de dirigeants communautaires sur Pierre Besnainou, Roger Fajnzylberg, et Gil Taieb dénote donc dans ce paysage médiatique qui accoutume ces leaders à des pouvoirs non contrebalancés par des devoirs assumés : combien de ces dirigeants présentent le bilan de leur mandat ? Lequel s'est interrogé sur son éventuelle démission après notamment les assassinats antisémites du djihadiste Mohamed Merah en 2012 ?

Qui est payé combien ? Les rémunérations des principaux dirigeants sont-elles méritées ? Y a-t-il des exemples d'enrichissement personnel parmi les dirigeants communautaires ? Ces questions-taboues s'avèrent d'autant plus aiguë en raison de l'opacité sur les revenus - salaires et autres avantages - des dirigeants d'organisations Juives françaises ainsi que de responsables de ces médias, des appels pour la Tsedaka et de la crise économique durable qui affecte aussi les Français Juifs.

Deux

exemples. Le salaire mensuel

du directeur

d'une

des principales

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organisations communautaires s'élève à environ 10 000 €. De quoi faire pâlir d'envie de modestes chefs d'entreprises, certains cadres du secteur privé, voire de certains hauts fonctionnaires. Me Patrick Klugman, avocat du grand rabbin Gilles Bernheim, a déclaré au Monde, à propos de l'indemnité que le Consistoire versera à son client, que celui-ci "a obtenu de quoi tenir en partie jusqu'à ses droits à la retraite avec l'équivalent de son salaire mensuel" (entre 5 000 et 9 000 euros)". Pourtant, des rumeurs ont allégué que

le montant de ce salaire avoisinait les 15 000 €, voire les 17 000 €. Un

communiqué de Sammy Ghozlan, membre du Conseil d'administration du Consistoire central de France, a révélé le 28 février 2014, et sur Facebook, que le "montant mensuel total du salaire et des services" du Grand rabbin de

France "s'élèvent à plus de 25 000 euros", et "à 34 000 euros par mois, si on rajoute son staff". Un communiqué guère repris par les médias

Quand le grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk a

communautaires

quitté ses fonctions en 2008, c'est Claude Barouch, alors dirigeant de l'UPJF (Union des patrons et professionnels Juifs de France) qui a négocié ses indemnités de départ, faute selon lui d'un texte fixant les modalités de calcul de cette somme. La situation a-t-elle changé ?

A

ces revenus exagérés, s'ajoutent une stabilité de l'emploi similaire à celle de

la

fonction publique - rares licenciements -, le cumul des jours fériés laïcs -

Noël, le Jour de l'an - et des fêtes juives, les avantages de conventions collectives, la prime lors du départ à la retraite de certains - un mois de salaire

par année d'ancienneté -, etc. Il est aussi difficile de joindre par téléphone des salariés d'organisations communautaires le vendredi dès la fin de la matinée ou en fin d'après-midi d'un jour de semaine. Précisons toutefois que des pigistes de médias communautaires sont exclus de ce statut si avantageux.

En cette période de crise, la réforme de ces organisations n'est pas à l'ordre du jour. Et pourtant

Les organisations communautaires françaises gagneraient à fixer dans un règlement les devoirs de leurs dirigeants : neutralité politique, usage limité des réseaux sociaux, transparence sur leurs revenus, etc. Ne serait-ce que pour être sûr de l'absence d'enrichissement personnel.

Et aucune de ces organisations ne communique le montant de ses condamnations judiciaires, de ses honoraires d'avocats - minimum 500 €

HT/heure - de cabinets, parfois américains, de quartiers huppés parisiens lors

de procès à rebondissements, etc.

Nul n'est surpris de voir Gil Taieb, dentiste devenir communicant événementiel avec un piètre succès en 2010, ou Me Ariel Goldman, ancien vice-président du CRIF, porte-parole du SPCJ (Service de protection de la communauté Juive) et candidat à la présidence du FSJU, réaliser lors du dîner du 4 mars 2014, grâce à son téléphone mobile, un selfie avec Christine Taubira, ministre de la Justice.

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Et, quand des dirigeants communautaires feront leur aliyah, ils reproduiront

vraisemblablement en Israël leurs pratiques hexagonales leçons de leurs échecs et carences.

Sans tirer les

leçons de leurs échecs et carences. Sans tirer les Illustration de questions occultées : la "

Illustration de questions occultées : la "cérémonie de reconnaissance" à Pierre Besnainou, à la fin de son mandat de président du FSJU et de l'AUJF (Appel unifié juif de France) - organe central de collecte dans le cadre de l'Appel national pour la Tsedaka -, et le cocktail en présence de nombreuses

personnalités ont lieu au Centre communautaire de Paris, le 3 mars 2014, à 18 h 30. Qui paie ? Quel média communautaire a analysé son bilan ?

Et la reconnaissance pour quels faits ? La gestion par Pierre Besnainou laisse dubitatif : problèmes déontologiques non résolus, transformation problématique de L'Arche, etc. Le site du FSJU n'informe pas sur sa gestion des dossiers d'indemnisation récente par la Claims Conference des Juifs du Maroc et de Tunisie. Malgré la décision en 2012 de Pierre Besnainou d'affecter un gardien de sécurité à des lieux communautaires, un individu a pu se faire photographier faisant une quenelle devant l'école Ozar HaTorah (Toulouse), lieu de l'assassinat djihadiste antisémite de quatre Franco- Israéliens Juifs. Ni le site du FSJU ni celui destiné au vote électronique ne présente les modalités et les candidats à l'élection au Conseil national du FSJU le 9 mars 2014. A la différence de ses homologues, Pierre Besnainou a soutenu un candidat à une élection législative. Etc. Etc. Etc. Radio de la communauté juive soutenue par le Fonds social juif unifié, RCJ a elle aussi marqué la fin du mandat de Pierre Besnainou. Ainsi, le 20 mars 2014, Sandrine Sebbane a interviewé Pierre Besnainou, son supérieur hiérarchique. Qui a-t-elle choisi pour témoigner sur son invité ? Le comédien Michel Boujenah, Gil Taieb, longtemps vice-président du FSJU, et Paule-Henriette Lévy, journaliste sur RCJ et directrice de l'Action culturelle du FSJU ! Tous trois, que dis-je, tous quatre ne tarissent pas d'éloge, ne trouvent aucun défaut à son action. La seule autocritique de Pierre Besnainou concernant l'absence d'un garde près d'une école Juive ne suscite aucune analyse. Alors que de nombreux Français Juifs peinent à imaginer leur avenir en France, la prochaine aliyah de ce dirigeant communautaire pendant huit ans n'interpelle aucun des quatre.

Le dernier mardi de chaque mois, Paule-Henriette Lévy a animé l'émission d'une heure Hors antenne avec Jacqueline Rémy et Annette Lévy-Willard, journalistes respectivement à Marianne et Libération. Le 25 mars 2014, elle a exprimé son "malaise" à interroger Pierre Besnainou, "président de sa propre

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radio". D'entrée, elle lui a accordé "quelques jokers" afin qu'il puisse s'exonérer de répondre à des questions qui l'embarrasseraient. En fin d'émission, elle a fait allusion aux critiques concernant certaines de ses actions, mais sans expliciter. Pas une seule de ces trois journalistes n'a posé de questions embarrassantes à Pierre Besnainou. Deux cas d'école pour les Instituts de formation des journalistes ! Et d'autres émissions similaires en hommage à Pierre Besnainou ont été programmées sur RCJ

Aucun média Juif français n'a relaté les circonstances de la capture du soldat franco-israélien Guilad Shalit révélées par Ben Caspit dans le Jerusalem Post du 29 mars 2013 : un rapt par des terroristes palestiniens sans les avoir combattus. Ce journaliste avait pourtant souligné aussi l'importance de la vie par les Juifs, notamment Israéliens, l'urgence pour Tsahal de tirer les leçons de ce rapt et le

recours avec plus de parcimonie au terme "héros". Pourquoi ce silence ? Pour ne pas décevoir tous les Français Juifs que des institutions communautaies ont mobilisé pour sa libération ? Pour ne pas s'aliéner les organisations communautaires ayant organisé au printemps 2013 des soirées dont Guilad Shalit était invité d'honneur et ayant payé des annonces publicitaires dans ces médias ? Quelle différence avec le Jewish Tribune, journal du B'nai B'rith (BB) Canada ! En effet, ce magazine canadien a publié les critiques de cette honorable organisation Juive à l'égard du Jewish National Fund (JNF) qui organise plusieurs soirées à l'automne 2013 dont l'invité d'honneur est Guilad Shalit : celui-ci, qui n'est pas un héros, véhicule davantage une image de faiblesse à l'égard des ennemis d'Israël. Le 26 juin 2013, le B'nai B'rith international s'est distancé de la position du BB Canada :

le Forum des jeunes adultes du BB Europe avait reçu Guilad Shalit en invité d'honneur à Londres en novembre 2012 : "Guilad Shalit y a été chaleureusement accueilli". "Deux cents délégués de vingt pays d'Europe, des Etats-Unis et d'Israël étaient présents quand le jeune homme a été fait membre d'honneur du BB international".

a été fait membre d'honneur du BB international ". De plus, en avril 2013, des médias

De plus, en avril 2013, des médias communautaires français ont affiché la stupeur quand a été révélée la "non- agrégation" de philosophie du Grand rabbin Gilles Bernheim. Pourtant, la rumeur circulait déjà lors de la campagne pour l'élection du Grand rabbin de France au printemps 2008 - Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, l'avait publiée

directeur de Media-Ratings , l'avait publiée file:///C:/Users/Chemla/AppData/Local/Temp/Low/1ZP1T0CZ.htm

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le 22 mai 2006 sans être poursuivi en justice par l'intéressé - et m'était alors parvenue. En avril 2013, la rédaction d'Actu J était divisée sur Facebook : le 6 avril 2013, Sandrine Szwarc, responsable des pages Culture et qui avait encensé ce grand rabbin, interrogeait : "Le rôle des Juifs de France n'est-il pas de soutenir un des leurs plutôt que de le lyncher ?" Autre journaliste, autre opinion : le 10 avril 2013, sur son blog puis sur son compte Facebook, Virginie Guedj-Bellaiche, appelait le grand rabbin à démissionner. Cet hebdomadaire a publié la lettre de Lydia Benattar, directrice de cette publication, au grand rabbin Gilles Bernheim le 8 avril 2013 : l'assurant de son soutien, elle l'y exhortait à "ne pas se murer dans le silence" et à dire "la vérité", sa vérité. Sur son compte Facebook, Sandrine Sebbane, "journaliste sur RCJ, radio du FSJU, publiait le 3 avril 2013 un texte louant ce grand rabbin, notamment sa "rigueur intellectuelle". Un texte apprécié par de nombreux dirigeants communautaires, et au ton si véhément qu'un Internaute lui rappelait qu'il ne s'agissait pas de l'affaire Dreyfus. Aucun de ces médias communautaires n'a présenté la moindre analyse de ces scandales : plagiats et "non agrégation". Ni le moindre mea culpa. Et dans son n°1288 (6 février 2014), Actu J consacre une page entière au compte-rendu d'une conférence de Gilles Bernheim "devant la communauté juive ashkénaze des Lilas (93)" - dans cette ville se trouve le siège du journal - et à sa communication sur les réseaux sociaux où il "poursuit dans une analogie à peine masquée avec sa vie personnelle". Nul ne s'indigne, et notamment pas cet hebdomadaire, de cette discrimination entre Juifs : un Ashkénaze parle aux seuls Ashkénazes ! Et qui plus est, un ancien grand rabbin de France.

Curieusement, alors que des radios communautaires telle Radio J ont interrogé, sans citer les passages problématiques, le rabbin Haïm Korsia sur les rumeurs de plagiats visant deux de ses livres : Être juif et français. Jacob Kaplan le rabbin de la

République (2006), et La Kabbale pour débutants (2007), Actualité juive a omis ce sujet à la fois lors de la campagne électorale pour le Grand rabbinat de France au printemps 2014 et après son élection.

de France au printemps 2014 et après son élection. Un conseil : si vous vous rendez

Un conseil : si vous vous rendez au siège du Consistoire central de France, ne prononcez pas le mot "plagiat". Ainsi que l'a dit un important rabbin à l'automne 2014 : "On ne parle pas de la corde du pendu dans la maison du pendu".

Dans quelles circonstances le professeur Shmuel Trigano, a-t-il quitté en 2013 l'Alliance Israélite universelle (AIU) dont il a dirigé- fondé le Collège des Etudes Juives (1986-2013 ), et ce, moins d'un an après l'hommage que cette organisation lui avait rendu ? Cette

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médiatique français Juif contrasté (1/9) Page 15 sur 95 question ne suscite pas d'intérêt dans Et

question ne suscite pas d'intérêt dans

Et

c'est désormais hors de l'AIU qu'il a fondé à l'automne 2013 l'Université populaire du judaïsme

ces médias communautaires

Par ailleurs, aucun média

relayé

l'information relative à la signature

communautaire n'a

par Roger Fajnzylberg, actuel délégué général de la Fondation OSE-MES (Mémoire Enfance Solidarité) abritée par la Fondation du judaïsme français, d'un appel de Confluences publié dans Le Monde (7 novembre 1996) "grâce aux contributions des signataires". Promu par les Amis de La Paix Maintenant, cet appel s'indigne des "déclarations d'intransigeance de M. Netanyahou et son souhait affiché

d'imposer la paix dans l'annexion

Jérusalem, capitale éternelle et indivisible d’Israël, est au cœur du judaïsme. En outre, Roger Fajnzylberg a déclaré en février 2013 souhaiter se "rendre disponible pour des institutions communautaires comme le CRIF ou le Fonds Social Juif Unifié"

ou la judaïsation de Jérusalem-Est". Or,

" ou la judaïsation de Jérusalem - Est ". Or, En outre, aucun média communautaire n'a

En outre, aucun média communautaire n'a relaté le refus de l'ayant-droit d'Andrée Salomon, résistante française Juive, de voir le nom de celle-ci associé, par un plaque apposée au printemps 2013 sur le mur

d'une maison d'enfants de l'OSE (Œuvre de secours aux enfants) à Eugène Schueller, "fondateur de

L'Oréal [ayant] honteusement collaboré avec l’Occupant pendant la Deuxième Guerre mondiale".

l’Occupant pendant la Deuxième Guerre mondiale ". Pourquoi ce silence ? Volonté de ne pas contrarier

Pourquoi ce silence ? Volonté de ne pas contrarier la campagne publicitaire de l'OSE et de sa fondation - manne financière importante pour ces médias - afin de collecter des fonds à l'approche des déclarations d'impôts sur les revenus ? Crainte de manquer une éventuelle annonce publicitaire du groupe de produits cosmétiques ?

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Les affaires d'antisémitisme ? Bien que sollicités, d'importants médias communautaires n'enquêtent pas, et donc occultent certaines affaires d'antisémitisme graves. Surtout si elles révèlent aussi le refus d'institutions communautaires de s'en saisir ou leur incapacité à défendre victorieusement, efficacement, rapidement les Français Juifs victimes. Deux exemples :

l'affaire Krief et l'affaire Smadja.

Médecin nucléaire réputé dans deux centres d'imagerie médicales situés à Creil et à Compiègne, le Dr Lionel Krief a été la cible de propos antisémites et demeure victime d'une entente visant à le spolier et attestée par la lettre d'un avocat, Me Baube. Caractéristique alarmante : sous les présidences Sarkozy et Hollande, aucune autorité publique - ministres de la Santé, Agence régionale de Santé (ARS) de Picardie, etc. - n'a mis un terme à cette affaire où la santé des patients atteints souvent de maladies graves n'a pas été suffisamment prise en compte et où des conflits d'intérêts sont patents.

Depuis 2009, Ruth Smadja et ses deux enfants sont victimes de graves agressions antisémites - menaces de morts, tags nazis, boite aux lettres cassée, etc. - à Goussainville, ville située dans la banlieue nord de Paris, a été révélé par des blogs. L'affaire Smadja révèle cet "exil intérieur" en France que des Français Juifs sont contraints d'envisager et de mettre en œuvre, quand elles disposent de suffisamment de moyens financiers, pour quitter un environnement antisémite agressif et assurer leur sécurité dans une autre ville.

"Les responsables communautaires "ont-ils compris désormais qu'il ne fallait plus minimiser les faits et désigner les vrais coupables", s'indigne Lydia Benattar dans son éditorial du 24 juillet 2014 (Actu J, n° 1309). Il ne tient qu'à elle que ces deux affaires soient évoquées dans son hebdomadaire incontournable.

L'assassinat de Sébastien Selam en 2003 ? Aucun média communautaire ne l'a analysé, et nombre de ces médias se sont contentés de lire des dépêches d'agences de presse. Dans son éditorial pour le 33e anniversaire de son hebdomadaire (n°1282, 24 décembre 2013), Lydia Benattar a omis de le mentionner

dans sa liste des assassinats antisémites en France depuis la Libération. Oubli ? Ou sujet tabou ? A noter que si, lors du 28e diner du CRIF le 20 mars 2013, Richard Prasquier, alors président de cette fédération, avait évoqué Sébastien Selam dans la liste des victimes de tueries antisémites, le Président François Hollande l'avait occulté, et lors du 29e diner du CRIF du 4 mars 2014, Roger Cukierman a omis de citer Sébastien Selam. De même, aucun média communautaire n'a relevé que le nom de Sébastien Selam est absent des annonces de Roger Cukierman et

Selam est absent des annonces de Roger Cukierman et file:///C:/Users/Chemla/AppData/Local/Temp/Low/1ZP1T0CZ.htm

Véronique Chemla: Un paysage médiatique français Juif contrasté (1/9)

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Gil Taieb sur la fréquence Juive francilienne et des affiches du rassemblement

du 19 mars 2014 sur le thème "La haine des Juifs, ça suffit !", "contre

l'antisémitisme et pour la fraternité républicaine" organisé, à Paris et en

province (Toulouse, Bordeaux), par le CRIF qui y a convié des politiciens et

des intellectuels. A Paris, lors de l'allumage des bougies, et après que des voix

dans le public aient crié "Sébastien Selam", une bougie à la mémoire du jeune

DJ a été allumée. Une fois encore, les médias communautaires n'ont pas été

en phase avec les Juifs lambda, et ce sont deux Internautes, Frédéric Brasil

puis moi qui, le 17 mars 2014, sur la page Facebook de ce rassemblement ont

rappelé la mémoire du DJ assassiné en novembre 2003. Le 27 mai 2014,

Paule-Henriette Lévy a évoqué sur RCJ, radio du FSJU dont elle est

rédactrice en chef, les Français Juifs assassinés en France depuis

l'Intifada II sans citer Sébastien Selam - Jacqueline Rémy (Marianne),

Annette Lévy-Willard et d'autres journalistes présents n'ont pas réagi

-, et vers 19 h 20, sur Radio Shalom, Pierre Gandus a oublié lui aussi ce

jeune DJ tué en 2013 en interviewant le rabbin Haïm Korsia, qui n'a

pas rectifié.

Le 15 octobre 2014, Sandrine Sebbane a interviewé le journaliste-

producteur français Juif Paul Amar. Evoquant. Curieusement, en

listant les assassinats antisémites en France depuis l'Intifada II, ni

Paul Amar ni elle n'ont évoqué le meurtre antijuif de Sébastien Selam.

Pourtant, Paul Amar avait invité Me Axel Metzker, alors avocat de la

famille Selam, dans son émission Revu & Corrigé.

Les modalités du dialogue judéo-musulman ne sont jamais

abordées par ces médias. Le 7 octobre 2014, seule Radio J a interviewé

le Professeur Francis Weill, délégué du CRIF pour Besançon/Franche-

Comté, sur sa lettre de démission comme membre du Comité directeur

du CRIF, en date du 9 septembre 2014. Auteur en particulier

du Dictionnaire alphabétique des sourates et versets du

Coran (2009), Chrétiens et Juifs, Juifs et Chrétiens. L'inéluctable

fraternité (2013) et Ethique et imagerie médicale, cet éminent

professeur de médecine a contesté dans ce courrier interne la ligne

suivie par le CRIF :

"La montée de l’antisémitisme musulman et de l’antisionisme-antisémitisme de gauche sont un échec majeur du CRIF. Nous avons été constamment alertés par P.A. Taguieff, par J. Tarnero, par Mme Bat Ye'or, par C. Caldwell et d’autres; j’ai moi aussi tenté de contribuer à cette alerte par mes propres livres.Voici onze ans que je tente d’expliquer que la voie du dialogue avec les rares musulmans dits modérés est une impasse. Les relations avec l’islam, ce ne sont ni quelques autobus de l’amitié, ni des repas partagés de clôture de Ramadan, ni une commission d’opérette pour nos relations avec les musulmans. Dans le monde d’aujourd’hui, l’islam c’est le Coran ; le Coran ne laisse pas de place à l’angélisme. Le Coran, que le CRIF a choisi de ne jamais interpeller, malgré mes incitations répétées, est un texte violemment antijuif : nous sommes des singes et

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des porcs (Coran, 5:59-60), ou encore des singes abjects; nous

Pour toute personne croyant en un

Coran « incréé » ce sont là des articles de foi appelés à être enseignés jour après jour dans un climat de mépris et de haine. Des témoignages de musulmans ayant quitté leur foi initiale le confirment. Tout ce que nous reprochons aux salafistes et autres califes autoproclamés en matière d’intolérance, de violence, d’impérialisme, d’entreprises de génocide, et même de cruauté relève de prescriptions coraniques (par ex. : « Voici quelle sera la récompense de ceux qui combattent D. et Son apôtre, et qui emploient toute leur force à commettre des désordres sur la terre : vous les mettrez à mort ou vous leur ferez subir le supplice de la croix ; vous leur couperez les mains et les pieds alternés. 5 :33. Vous couperez les mains des voleurs, homme ou femme, en punition de leur crime. C’est la peine que D. a établie contre eux ; Il est puissant et sage. 5 :38″). Le silence prolongé de la majorité des institutions et communautés musulmanes face aux exactions de l’état islamique en Irak en est la preuve : un musulman, même simple pratiquant, même adepte d’une observance attiédie, ne peut en aucun cas s’élever contre les prescriptions coraniques. La récente déclaration du recteur Boubakeur en faveur des minorités d’Orient mérite une lecture attentive : monsieur le recteur déclare acquis le droit des trois religions à rester implantées en Orient – il oublie un peu vite le sort réservé aux juifs de ces pays ! Il oublie aussi de parler de la dhimmitude. Il ne fait aucune référence au Coran en parlant des chrétiens et du christianisme ; or le Coran fait des chrétiens des blasphémateurs, ce qui est une faute gravissime dans l’islam. Et il oublie que le Coran dénie au christianisme sa légitimité théologique Si on m’avait écouté, au lieu de rejeter systématiquement mes messages d’alerte adressés à la newsletter, nous aurions centré notre action sur les messages violents du Coran (et sur la charte du Hamas), en cherchant inlassablement à en faire connaître les dangers. Dès lors il n’y eut plus eu, dans notre pays, un seul journaliste, un seul homme politique, un seul citoyen ignorant cette violence. Face à la diffusion des versets dits « terribles » du Coran, les institutions musulmanes eussent été contraintes de se situer. Plus personne ne méconnaîtrait celles d’entre elles que leur adhésion à la violence rend « insolubles dans la république ». Cela aurait alerté l’opinion de façon positive et facilité la tâche des pouvoirs publics. Aurions-nous alors connu les crimes et les manifestations antisémites de masse auxquelles nous avons été et nous serons confrontés? Je ne le pense pas. Hélas nous avons choisi le silence et la passivité pour privilégier quelques réactions immédiates et la gestion de nos relations avec les institutions de la république. Nous n’avons récolté ainsi que d’inefficaces paroles d’indignation. Nous avons tendu la main et reçu en échange le malheur et l’impuissance. Lors de notre dernière conférence téléphonique, tu m’as dit, mon cher président [Roger Cukierman], que j’avais mille fois raison, mais que tu n’entreprendrais pas ce combat. La main du Seigneur est-elle trop courte pour sauver ?(Is. 50:2). Non bien sûr. Mais la main du CRIF ?

tordons l’Ecriture, etc etc

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Bientôt le CRIF n’aura plus qu’une seule raison d’être :

faciliter l’exil des juifs français; ils n’auront en effet plus besoin d’une représentation politique: ce sera trop tard. Ils auront besoin de bonnes agences de voyage et d’efficaces agences immobilières. Ce n’est pas ma conception de la défense des juifs et des valeurs du judaïsme. Je ne veux pas continuer à être complice de cette absence déterminée de courage et de clairvoyance, indigne de nos pères fondateurs".

Sur Radio J, ce professeur a déclaré à Michel Zerbib le 7 octobre 2014 :

alors président du CRIF, "Roger Cukierman m'a dit : "Je ne me battrai pas

contre 1,3 milliard de musulmans"

Il se trouve que l'islam a pour fondement le Coran

extrêmement violent à l'égard des Juifs, de tous ceux qui ne sont pas

musulmans, de nos frères chrétiens

obligatoirement en état d'acceptation des "versets terribles" comme des

articles de foi. Pour l'immensité des musulmans, la haine des Juifs est une

On ne peut amorcer ces relations que devant le Coran,

en demandant à nos interlocuteurs : quelle est votre position face à ces

versets terribles ? On peut dire "Avec vous, on peut avoir des relations" ou

"Si vous ne changez pas votre attitude face au texte, nous ne pouvons pas en

avoir". Et de conclure : "Le CRIF comme les pouvoirs publics commettent une

L'islam est une religion de paix envers les autres

erreur majeure

prescription de Dieu

Les tenants du Coran incréé sont

qui est un texte

Il faut se placer sur le plan de la vérité

musulmans, mais c'est une religion de guerre envers ceux qui ne le sont pas".

Le 16 février 2015, la directrice de la rédaction de RCJ, Paule-

Henriette Lévy désigne le terroriste ayant commis les attentats à

Copenhague comme un "jeune", sans le nommer : Omar Abdel Hamid

El-Hussein. Pas d'amalgame ?!

Par ailleurs, le passé pro-palestinien de Manuel Valls et ses discours

virulents contre l'Etat d'Israël que j'avais révélés dès 2012 dans mon article Le

gouvernement Ayrault, c'est bien pour les Français Juifs ? Aucun média

communautaire ne les a évoqués.

En outre, qui savait quoi et quand sur

l'enlèvement et la séquestration d'Ilan

Halimi en janvier-février 2006 parmi ces

dirigeants communautaires ? C’est une

question dérangeante, mais qui

taraude.

? C’est une question dérangeante, mais qui taraude. Un jeune Français Juif est kidnappé, et le

Un jeune Français Juif est kidnappé, et

le ministre de l’Intérieur, alors Nicolas

Sarkozy, « ami » de la communauté

française Juive, n’aurait pas téléphoné

à au moins un des principaux dirigeants communautaires pour assurer

qu’il suivait avec attention cette affaire dramatique, et que la Crim

avait mis ses plus fins limiers sur les traces des kidnappeurs ?! En

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début d’enquête, afin de déterminer le profil du jeune homme kidnappé, les policiers de la Crim ont interrogé les amis d’Ilan Halimi, et aucun d’eux n’aurait interrogé des dirigeants du FSJU, employeur de Ruth Halimi ?! Cela semble d’autant plus improbable que Ruth Halimi recevait quotidiennement de très nombreux appels téléphoniques des kidnappeurs, et que la direction du FSJU lui a accordé un congé au début de la période de séquestration d'Ilan.

Ajoutons que vers janvier-février 2014, le Café des Psaumes, lié à l'OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants) a refusé que soient déposés les tracts et collée sur une vitrine du Café l'affiche de la Fraternité judéo-noire (FJN) invitant à se réunir lors de la cérémonie de recueillement à la mémoire d'Ilan Halimi. La raison ? Le refus d'une "affiliation politique" !?

Le 31

2014, JSSNews publiait l'article Sacha Reingewirtz, Président de l’UEJF, humilie les Juifs de France. Il révélait que l'UEJF (Union des étudiants Juifs de France) avait refusé, fin septembre 2014, de rencontrer Naftali Bennett, ministre israélien de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi et chargé de la Diaspora, président du parti sioniste religieux Habayit Hayehudi (Foyer Juif), lors de sa récente visite à Paris. Naftali Bennett aurait souhaité rencontrer des représentants des étudiants français Juifs pour évoquer des problèmes cruciaux, tels les équivalences de diplômes ou l'antisémitisme sur des campus. Le motif de ce refus ? L'UEJF aurait considéré Naftali Bennett comme « trop extrémiste ».

octobre

Naftali Bennett comme « trop extrémiste ». octobre Une polémique s'est est suivie, non tarie par

Une polémique s'est est suivie, non tarie par la communication défaillante de l'UEJF qui n'a pas répondu par un communiqué aux graves accusations de JSSNews. C'est sur Twitter que Sacha Reingewirtz, président de l'UEJF, a choisi de réagir le 31 octobre 2014 : à 17 h, il twittait : "Mon soutien à Israël est connu.Je ne me laisserai pas impressionner par ceux qui se prétendent plus sioniste en mode chasse aux sorcières !"

Le 2 novembre 2014, JSSNew publiait l'article Boycott d’un ministre israélien par l’UEJF: les étudiants réclament la démission de Sacha Reingewirtz. Il rectifiait - il s'agissait d'une conférence, et non d'une rencontre - et mettait en cause le bureau exécutif de l’UEJF. Et de résumer : "Les deux seules personnes à qui l’UEJF refuse de parler sont Marine Le Pen et Dieudonné M’Bala M’Bala".

Sacha Reingewirtz

réagissait

par trois

voies. Le

5 novembre 2014, il

signait

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l'article Etudiants Sionistes Juifs de France ! sur un blog du Times of Israel. Il y écrivait : "Le soutien à la démocratie israélienne est un combat de chaque instant pour les étudiants juifs de France". Il listait ensuite les combats de l'UEJF sur des campus universitaires contre les antisionistes, rappelait la présence de membres de l'UEJF en Israël lors de l'opération Bordure protectrice. Il

concluait : "Nous rencontrons tout le monde en Israël, et surtout ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord. Je n’ai jamais refusé de voir un ministre israélien, et je rencontrerai les politiques de droite comme de gauche lors de mon prochain déplacement en Israël en décembre. Nous n’avons de leçon de sionisme à recevoir de personne".

de leçon de sionisme à recevoir de personne ". C'est au pure player Alliance.fr (5 novembre

C'est au pure player Alliance.fr (5 novembre 2014) et à Actualité juive hebdo (6 novembre 2014), qui, souffre de problèmes de distribution et n'a pas jugé utile de publier son article sur son site Internet, que Sacha Reingewirtz, "choqué", "abasourdi" par la violence de la polémique, a réservé ses explications. Il leur a indiqué n'avoir pas été invité par l'ambassade d'Israël en France à le rencontrer avec d'autres dirigeants communautaires - une faute de cette ambassade problématique ou une mise en cause injustifiée de l'ambassade par l'UEJF ? - et il a ajouté : "Lorsqu'on nous a demandé de lui organiser une conférence, j'ai simplement répondu que nous ne pouvions pas le faire à ce moment-là. On reçoit des dizaines de demandes d'organisation de conférences et il s'avère que, selon le contexte et le timing, il n'est pas toujours possible de les accepter" et "l’UEJF n’est pas un prestataire de conférence". Et de conclure que l'UEJF rencontre des ministres israéliens de tous bords, et prochainement le député israélien Yoni Chetboun du même parti que Bennett, en France et en Israël. La rencontre de l'UEJF avec le président Abbas/Mazen ? Y "étaient présents tous les dirigeants des institutions juives dont le président du CRIF", répond Sacha Reingewirtz à Alliance.fr. Quand bien même tous les autres dirigeants communautaires français l'auraient rencontré - or, je n'ai pas trouvé dans les médias mention de représentants du Consistoire de France, de SIONA ou du BNVCA, lors de cette rencontre -, ce n'est pas une raison. Et Sacha Reingewirtz d'alerter sur le danger d'"une police de la pensée". Mais la cette "police de la pensée" existe déjà dans les médias et conférences de la communauté juive institutionnalisée, notamment dans ceux de l'UEJF : nul orateur ne parle de "territoires disputés", de la conférence de San Rémo en 1920, etc.

Las ! Le 9 novembre 2014, JSSNews persistait et signait dans l'article Les mensonges de Sacha Reingewirtz sont-ils nés de l’esprit du « gourou » de l’UEJF, Judith Cohen-Solal ?. Et de citer un courriel de "la présidente de l’UEJF de l’Université Descartes (Salomé Choukroun) [expliquant] que la raison pour laquelle cette rencontre n’a pas été organisée, « c’est parce qu’il

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(ndlr/ Naftali Bennett) est d’extrême droite et que le message que porte son parti va à l’encontre des valeurs que portent l’UEJF. » L’organisation des étudiants amis d’Israël de HEC, elle, est partie à la rencontre de Naftali Bennett (et a accepté cette demande de rencontre organisée par l’Agence Juive sans réfléchir)".

Selon JSSNews, la quinquagénaire Judith Cohen-Solal, surnommée “le gourou”, joue depuis longtemps un rôle occulte, déterminant, dans le formatage des dirigeants de l'UEJF et leur alignement sur la ligne politique du parti travailliste et de La Paix Maintenant.

Le long silence des médias et organisations communautaires à propos de ce scandale, et du rôle de Judith Cohen-Solal surprend. Comme d'habitude, cette occultation n'a pas permis d'éviter une affaire qui laissera des traces.

C'est d'autant plus grave que d'anciens présidents de l'UEJF occupent des postes stratégiques de la communauté française Juive institutionnalisée : Yonathan Arfi, vice-président du CRIF, ancien conseiller de Richard Prasquier lors de son second mandat à la présidence du CRIF et secrétaire général adjoint de l'OSE dès le mandat de Roger Fajnzylberg, Raphaël Haddad, coordinateur de la convention du CRIF du 13 janvier 2013 qui, dans un premier temps, avait "oublié" de mentionner Philippe Karsenty dans le programme de la convention du CRIF Demain les Juifs de France du 20 novembre 2011, etc. Et certains ont des engagements politiques, tel Patrick Klugman, Conseiller socialiste de Paris.

Par ailleurs, et nous souhaiterions clore cette liste, certains entrepreneurs français Juifs sont généreux à l'égard de leurs coreligionnaires pauvres dans le cadre de la Tsedaka : ils offrent des centaines de places gratuites à leurs spectacles, etc. Or, des employés d'associations communautaires confisquent impunément ces places pour les distribuer à des dizaines et des dizaines de privilégiés qui ont l'heur de figurer dans leur parentèle et dans leur réseau amical.

A l'initiative d'organisations communautaires - UPJF, BNVCA, SIONA, etc. -, deux rassemblements des 28 novembre et 2 décembre 2014 près

de l'Assemblée nationale pour exprimer l'opposition à une résolution, proposée par deux députés socialistes de Seine-Saint-Denis, Benoit

Hamon et Elisabeth Guigou, et invitant la

"Palestine" n'ont été ni annoncés ni relatés par RCJ et d'autres médias

communautaires. Parce que le CRIF avait choisi une autre stratégie ?

France à reconnaître la

Exemple de cet "islamiquement correct" : le 7 janvier 2015, c'est Roger Cukierman, président du CRIF, qui assène et répète au journaliste réticent de l'édition de midi, que la rédaction de Charlie Hebdo a été victime d'un attentat terroriste.

Enfin, pourquoi n'existe-t-il aucune autre étude des médias français Juifs,

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hormis la mienne ? Pourtant, en juillet 2013, le Shalom Hartman Institute a rendu publics les résultats de son sondage auprès de journalistes Juifs de médias Juifs.

Marshall Weiss, président de l’Association de la presse américaine Juive (AJPS), et Alan Abbey, directeur des relations avec les médias au sein du Shalom Hartman Institute, ont évoqué dans leur article Toward Real Journalism in America’s Jewish Communities sur EJewishPhilanthropy (24 février 2015) une problématique double : soucieuses d’éviter l’ire de donateurs, les North American Jewish Federations, fédérations Juives nord-américaines, évitent que les journaux Juifs bénéficiant de leur soutien financier, couvrent des sujets perçus négativement. Ce qui induit une fuite des journalistes talentueux et une crise de crédibilité dans ces journaux. D'autant que l'indépendance des journalistes est peu tolérée :

tout article s'écartant de la doxa dominante est perçu, non comme l'exercice de l'indépendance et de la déontologie journalistiques, mais comme "la volonté de détruire".

Des intellectuels et politiciens boycottés De nombreux médias communautaires recourent à des personnalités pour des tribunes hebdomadaires. Les professeurs Shmuel Trigano et Raphaël Drai ainsi que Me Gilles-William Goldnadel, président de l'association France-Israël, lisent leurs billets sur Radio J. Sur Judaïques FM, Théo Klein, ancien président controversé du CRIF, Gérard Akoun et André Nahum commentent l'actualité politique ou communautaire, et Antoine Spire assure la critique de livres. L'équipe de billetistes de RCJ, radio du FSJU, a compris les journalistes Clément Weill-Raynal, qui a mis un terme à ses chroniques à la fin des années 2000, Luc Rosenzweig qui a lu sa dernière tribune en 2014, et Gil Taieb, vice-président du FSJU, qui continue d'éditorialiser. Actu J publie les tribunes des billettistes de Radio J, de journalistes de RCJ, et de dirigeants des principales institutions Juives françaises.

Mais pour un intellectuel français Juif, tenir une tribune dans un média Juif n'empêche pas d'être boycotté par d'autres médias communautaires. Quand la thématique de ses œuvres relève du judaïsme ou des Juifs, ce boycott pénalise le succès et l'audience des livres, la carrière des auteurs et de leurs attachés de presse. La blogosphère peut pallier partiellement ces boycotts, mais pour les seuls lecteurs/auditeurs Internautes.

Des œuvres majeures d'auteurs d'envergure internationale - en 2010, L'Europe et le spectre du califat, par Bat Ye'or, L'exil au Maghreb. La condition juive sous l'islam 1148-1912, par David G. Littman et Paul B. Fenton, et qualifié d'"incontournable" par l'historien Georges Bensoussan - n'ont pas été chroniquées par des médias communautaires

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importants. Pour Bat Ye'or, à la censure du Quai d'Orsay, s'est donc ajoutée celle de médias français Juifs unis dans le "politiquement correct". Signes du déclin de l'influence de médias Juifs

français ou des

l'incompétence de journalistes qui ont ignoré sciemment l'intérêt suscité par ces deux livres auprès du public : ces deux ouvrages et les conférences de leurs

auteurs ont connu un succès public - nouveau tirage en 2011 et réédition en 2012 de L'exil au Maghreb. La condition juive sous l'islam 1148-1912 par les PUPS - grâce à la blogosphère, espace d'information qui a suppléé les carences de médias communautaires français. Responsable des pages Cultures d'Actualité Juive, Sandrine Szwarc a justifié par "la liberté de savoir" son choix de rédiger la critique du livre controversé Le suicide français d'Eric Zemmour (Actualité juive, n°1323, 11 décembre 2014). Pourquoi cette auteur du livre Les intellectuels Juifs de 1945 à nos jours n'a-t-elle pas fait bénéficier ces trois historiens éminents Juifs de la "liberté de savoir" des lecteurs ? Pourquoi a-t-elle consacré deux articles à ce livre, dont un uniquement sur la thèse "complètement erronée" alléguant que "la France de Vichy a livré aux nazis les Juifs étrangers pour mieux protéger les Juifs français" (n°1318, 6 novembre 2014), sans indiquer que cette thèse est reprise du livre d'Alain Michel dont la préface est signée par Richard Prasquier, alors président du CRIF ?

signée par Richard Prasquier, alors président du CRIF ? œillères, voire de Ainsi des auteurs Juifs

œillères, voire de

Ainsi des auteurs Juifs célèbres, français ou non, universitaires - Raphaël Israéli qui a forgé le vocable "islamikaze" - ou non, ainsi que des politiciens israéliens - Moshé Feiglin de Manhigut Yehudit (The Jewish Leadership Movement) - ne sont (quasiment) pas interviewés par certains médias Juifs français.

Le 30 septembre 2014, lors d'une réunion publique à la Mairie du XVIIe arrondissement de Paris sur l'antisémitisme en France, Sammy Ghozlan, président du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), a déclaré n'être jamais invité sur RCJ car on le trouve "alarmiste".

Et le réalisateur Jean-Pierre Lledo constate que ses articles ne sont plus publiés depuis plusieurs mois par la newsletter du CRIF.

Les raisons de ces ostracismes ?

Antagonismes

inconscience de l'importance de ces livres et de ces auteurs ? Rarement. La

ou

personnels

raison

réside

souvent

dans

les idées exprimées

par

ces

personnalités

bannies.

Des

idées

distinctes

du "communautairement

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correct" qui occulte ou minore la dhimmitude, évoque peu ou pas l'exode d'environ un million de Juifs des pays arabes, de Turquie et d'Iran, vante un "dialogue judéo-musulman" au contenu imprécis, déplore les victimes d'une Shoah "islamiquement correcte", nomme la Judée et la Samarie des "territoires palestiniens", etc.

et la Samarie des " territoires palestiniens ", etc. Plagiats et contrefaçons Est-ce un hasard si

Plagiats et contrefaçons Est-ce un hasard si les scandales des plagiats du grand rabbin Bernheim n'ont été ni révélés ni analysés par des médias communautaires ayant hâte de "tourner la page" ?

Manque de temps ou de moyens financiers et humains ? Mauvaises habitudes ? Abondance d'informations sur Internet ? Inconscience ou partialité délibérée ? De nombreux journalistes, de médias Juifs et non Juifs, lisent ou reproduisent des dépêches d'agences de presse. Mais les médias Juifs le mentionnent rarement, et souvent ne rectifient pas la terminologie biaisée ("colonies", "occupation") de ces dépêches. Ce qui suscite l'ire de lecteurs/auditeurs et participe de la campagne de délégitimation d'Israël.

Ignorance du droit d'auteur ? Pas vu, par pris ? Dédain à l'égard des journalistes et photographes ? Paresse, incompétence, malhonnêteté, cynisme ou amoralité de dirigeants et journalistes ? Sentiment d'impunité né du faible risque de poursuites judiciaires et des montants dérisoires alloués par la justice aux auteurs victimes de contrefaçons ou de plagiats ? Facilité des Copier/Coller sur Internet ? Manque lamentable de professionnalisme ? Adossés ou non à des organisations françaises Juives, nombre de magazines reproduisent articles et photographies sans l'autorisation de leur auteur, sans les créditer et sans les rémunérer. Sans aucune autorisation, certains publient des articles sciemment sur deux pages, au lieu d'une page, afin d'insérer deux encarts publicitaires.

Ce qui certes valorise ces périodiques sans bourse délier, augmente leurs bénéfices, mais n'est ni respectueux ni conforme au droit et à ces auteurs. Et ce qui occasionne de rares condamnations judiciaires, non dissuasives en raison des faibles montants d'indemnisation, et non mentionnées aux lecteurs de ces médias ou aux membres et donateurs de ces institutions françaises Juives.

Comme les magistrats réduisent à une peau de chagrin le droit de la propriété littéraire et artistique, ils condamnent sévèrement le journaliste/photographe qui a l'impudence de défendre ses droits d'auteur. Un journaliste/photographe a rencontré un des dirigeants communautaires les plus importants afin de

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solliciter qu'il intervienne en faveur d'un règlement transactionnel, c'est-à-dire amiable, dans des procédures judiciaires l'opposant à une organisation française Juive incontournable. Il lui a transmis trois décisions judiciaires :

l'une condamnant cette importante organisation communautaire pour violation du droit du travail et reproduction sans autorisation de plusieurs de ses photographies, et les deux autres le condamnant pour avoir revendiqué ses droits d'auteur non reconnus par les magistrats contre cette même organisation française Juive "serial plagieuse", faisant appel aux donateurs, et recourant aux services onéreux - environ 60 000 € dépensés en quatre procédures judiciaires - d'une avocate d'un des principaux cabinets internationaux dont les bureaux se trouvent au Qatar, aux Emirats arabes unis, etc. Quelle ne fut pas sa stupéfaction d'entendre ce dirigeant communautaire lui dénier la qualité de victime : "Mais c'est vous qui avez lancé les procédures judiciaires ! Et vous avez été condamné. Vous n'êtes pas la victime". Si, au début de l'affaire Dreyfus, la famille du capitaine Dreyfus avait rencontré ce dirigeant communautaire, celui-ci aurait-il refusé de le défendre en raison d'une condamnation ? Un jugement n'est qu'une "vérité judiciaire". Ce journaliste a dit à ce dirigeant combien il était choqué par sa désignation erronée de la victime et lui a rappelé que, jusqu'à l'audience de plaidoirie, les parties au procès peuvent choisir le règlement transactionnel.

Certains dirigeants communautaires utilisent les œuvres de photographes dans des appels aux donateurs - ce qui contribue à augmenter considérablement le volume des dons -, voire à des fins privées, sans autorisation de leur auteur, sans rémunérer, sans créditer. Des plagiats systématiques qui révèlent une faiblesse morale, un dépassement de la frontière entre le Bien et le Mal, entre la légalité et l'illégalité d'autant plus graves qu'ils émanent de ceux devant donner l'exemple et se prévalant de valeurs.

Ces serial plagiaires s'avèrent un des maux de cette communauté.

L'affaire al-Dura L’affaire al-Dura a opéré un clivage entre ces médias - du silence à de rares articles prudents -, et une unanimité pour ne présenter aucune analyse des implications de cette affaire.

présenter aucune analyse des implications de cette affaire. Est-ce un hasard si la quasi-totalité des analyses

Est-ce un hasard si la quasi-totalité des analyses sur cette grave affaire ont été et sont publiés dans des médias non communautaires : Metula News Agency, Guysen, Causeur, etc. Je remercie Guy Senbel, directeur-fondateur de Guysen, agence de presse israélienne, pour m'avoir laissé libre de couvrir cette affaire, les procès principaux, et ceux annexes, et avoir publié mes analyses éclairant notamment sur les enjeux de cette affaire. De même, le 21 novembre 2007,

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alors correspondante à Paris de Guysen, j'ai été la seule à interroger, sous les applaudissements de spectateurs, David Martinon, alors porte-parole du Président Nicolas Sarkozy, sur cette affaire lors de la réunion publique organisée par le CRIF. Parmi le public de cette réunion : des dirigeants communautaires, des Juifs lambda et des journalistes. Nombre d'entre eux m'ont félicitée à l'issue de la réunion. Mais si je n'avais pas interpelé David Martinon, ce qui a conduit Richard Prasquier, alors président du CRIF, à souligner la gravité de ces images, qui l'aurait fait ?

L'Arche a consacré à cette affaire un long article au début puis à la fin des années 2000, et une enquête de Luc Rosenzweig, journaliste ayant mené des investigations pendant plusieurs années pour la Metula News Agency, dans son numéro de l'été 2013.

Actu J a couvert les principaux rebondissements de cette affaire en étant divisée. Le 18 novembre 2004, après la conférence de presse au siège de France Télévisions, la journaliste de cet hebdomadaire est restée silencieuse alors que j'interpelais Arlette Chabot, alors directrice de l'information de France 2, sur l'absence de sang sur les vêtements de Jamal al-Dura supposé avoir été blessé par balles, etc. Pour Michaël Blum, un de ses correspondants en Israël, "il n’y a pas eu de mise en scène d’Enderlin et les soldats de Tsahal n’ont pas tué Mohamed Al Dura".

Or, Clément Weill-Raynal, chroniqueur judiciaire de cet hebdomadaire, a enquêté sur les blessures de Jamal al-Dura, a interviewé le Dr Yehuda David et a exprimé des doutes sur l'authenticité des faits allégués par ce reportage controversé. Actu J représenté par Serge Benattar, directeur de la publication, Clément Weill-Raynal, et le Dr Yehuda David ont été assignés en justice par Jamal al-Dura pour diffamation. « J’aurais aimé continuer [d’enquêter]. Les poursuites judiciaires ont fait qu’il y a moins d’article sur cette affaire dans Actualité juive. C’est peut-être le but recherché… », a déploré Clément Weill-Raynal devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris, 8 février 2011. Ce Tribunal les a condamnés tous deux pour diffamation.

Le 15 février 2012, l'arrêt de la Cour d'appel de Paris a relaxé le Dr Yehuada David et a condamné le journaliste Clément Weill-Raynal, pour les phrases incriminées dans sa réponse au droit de réponse de Charles Enderlin, à 1 000 euros d'amende avec sursis, 1 000 euros de dommages-intérêts et 6 000 euros de frais de justice. Un texte que Clément Weill-Raynal a confié lors des audiences judiciaires avoir rédigé, malgré ses réticences, à la demande de Serge Benattar, directeur de l'hebdomadaire. Serge Benattar "avait fait appel de la première condamnation mais en février 2012, les juges de la Cour d'appel, n'avaient pu que constater l'arrêt de poursuites à son encontre en raison de son décès", explique Clément Weill-Raynal en 2013.

Actualité juive hebdo a alors titré en encadré en bas de sa couverture de son n° 1199 (23 février 2012) sur la « victoire posthume de Serge Benattar »,

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directeur de la publication et fondateur du journal. La quasi-totalité de la page 26 de ce numéro est consacrée à l’affaire al-Dura : « Le Dr Yehuda David gagne son procès en appel et Serge Benattar (zal) est mis hors de cause » et « Victoire posthume de Serge Benattar », ce titre-ci étant surmonté par « Reconnaissance ». Or, le décès de Serge Benattar en 2011 a induit la fin des poursuites contre ce journal qui n'était donc plus partie à ce procès en appel. En outre, la condamnation de son chroniqueur judiciaire, c'est la "victoire posthume de Serge Benattar » ?! Une condamnation sévère de Clément Weill-Raynal occultée par ces articles

En septembre 2013, la Cour de cassation "casse sans renvoi" cet arrêt de la Cour d'appel de Paris : elle relaxe Clément Weill-Raynal ainsi que le Dr Yehuda David et déboute Jamal al-Dura de ses demandes. Que fait Actu J ? Bis repetita, cet hebdomadaire titre en couverture de son n°1269 (17 septembre 2013) : "Affaire al-Dura : la victoire posthume mais éclatante de Serge Benattar", et consacre trois articles sur une page à cet arrêt de la Cour de cassation. L'un de ces articles claironne Clément Weill-Raynal et "Actualité Juive" gagnent définitivement le procès intenté par Jamal al- Dura". Bref, que Clément Weill-Raynal soit condamné ou relaxé, qu' Actu J soit ou non partie au procès, ce journal gagne toujours le procès. Comprenne qui pourra

Incompréhension de l'enjeu juridique du procès contre Philippe Karsenty devant la Cour d'appel de Paris en 2013 ? Actu J a titré à tort "La cour d'appel rejette la thèse de la mise en scène dans l'affaire Al Dura" (n° 1261, 4 juillet 2013). Or, la Cour d'appel a jugé diffamatoires des expressions utilisées par Philippe Karsenty en 2004, sans se prononcer sur l'authenticité ou la mise en scène des faits relatés dans ce reportage. Dans son n° 1262 (11 juillet 2013), Actu J a publié une lettre de Philippe Karsenty précisant que "la cour d'appel n'a nullement rejeté ma démonstration de la mise en scène. Elle m'a condamné pour des raisons techniques".

Radio J a couvert l'affaire dès l’origine en partageant les doutes sur l'authenticité des faits allégués par ce reportage controversé de Charles Enderlin et de Talal Abu Rahma diffusé par France 2 le 30 septembre 2000. Dès le début des années 2000, Michel Zerbib, rédacteur en chef de la station, a donné la parole à Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l'agence de presse israélienne Metula News Agency (ou Mena) ayant interviewé le physicien Nahum Shahaf, mené l'enquête et affirmé les premiers la mise en scène des images filmées. Le 16 novembre 2004, Michel Zerbib a aussi interrogé Arlette Chabot à une époque où filtraient des informations sur le visionnage des rushes du 30 septembre 2000 par les journalistes Luc Rosenzweig, Denis Jeambar et Daniel Leconte. France 2 a alors associé une stratégie de communication - interviews et conférence de presse de la seule Arlette Chabot auprès de médias Juifs français - à une tactique judiciaire en assignant, au côté de Charles Enderlin, pour diffamation Charles Gouz, webmaster de Desinfos.com, Pierre Lurçat et Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings.

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Puis, vers 2005-2006, Radio J a questionné Philippe Karsenty, poursuivi en justice jusqu'à ce que ce dernier exprime son indignation que Radio J ait invité à son diner de collecte de fonds Me Francis Szpiner, avocat devant la Cour d'appel de Paris de France 2 et de Charles Enderlin, et alors défenseur de la famille d'Ilan Halimi.

Le 26 octobre 2006, Pierre Lurçat, auteur sous le nom de Paul Landau, a remercié Guysen pour s'être déplacé - seul média à l'avoir fait - à l'audience judiciaire le visant devant le Tribunal correctionnel de Paris, contrairement aux "journalistes des "radios juives " parisiennes qui sont restés au chaud dans leurs bureaux". Ceux d'autres médias Juifs n'étaient pas là non plus Les autres radios ont hésité, voire souvent évité d’interviewer ceux qui ont douté de l’authenticité de ce reportage. Lors de la conférence de presse du 18 novembre 2004 organisée par Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, au siège parisien de France Télévisions, le directeur de la rédaction d'une de ces radios Juives a assuré Arlette Chabot que, s'il recevait les articles de la Mena, il se gardait bien de les lire et ne croyait pas en la thèse de la mise en scène.

Voici quelques années, lors d'une conférence de presse au CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), j'ai interpelé cet organisme chargé d'"assurer le respect des obligations des chaines" notamment dans le domaine de l'"honnêteté de l'information". Le président, alors Michel Boyon, s'est réjoui des félicitations de Richard Prasquier, alors président du CRIF, sur son action, et Rachid Arhab, alors co-président du groupe de travail "Déontologie des contenus audiovisuels" du CSA, a refusé toute intervention du CSA auprès de France Télévisions au vain prétexte de la procédure judiciaire en cours. Plusieurs mois plus tard, Rachid Arhab était interviewé lors d'une émission matinale de Judaïques FM, sans que son intervieweur, un dirigeant communautaire, ne l'interroge sur l'affaire al-Dura !

Directeur d’antenne de RCJ, le journaliste-écrivain Shlomo Malka a interviewé, le 14 février 2012, Simon Epstein, auteur du livre « 1930, une année dans l’histoire du peuple juif ». Cet historien a alors déclaré sur l’affaire al-Dura La réalité est qu’on ne peut pas savoir qui a tiré car les balles venaient de tous les côtés. Donc on ne peut pas affirmer que ce sont les Israéliens. Pas plus qu’on ne peut affirmer que ce sont les Palestiniens. La faute d’Enderlin a été de faire confiance à son représentant cameraman palestinien [Nda : Talal Abu Rahma] qui bien évidemment, de manière tout à fait naturelle, tout à fait humaine, a dit que c’est les Israéliens. Au début de l’Intifada il ne pouvait pas dire que ce sont peut-être les Palestiniens qui l’ont tué ». Curieusement, Shlomo Malka, dont les réparties généralement fusent, ne s’est pas indigné de cette justification au manquement à une obligation journalistique essentielle.

Lors de la convention du CRIF du 13 janvier 2013, Philippe Karsenty, maire-adjoint de Neuilly, a notamment indiqué que la seule radio de la

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fréquence Juive francilienne à l'avoir interviewé sur l'affaire al-Dura est Radio

J.

Aucun journaliste de ces médias communautaires n'a assisté à l'audience du 16 janvier 2013 devant la Cour d'appel de Paris dans la procédure pour diffamation intentée par Charles Enderlin et France 2 contre M. Karsenty.

La

publication le 19 mai 2013 du rapport du gouvernement israélien sur l'incident al- Dura et l'affirmation par ce rapport d'une mise en scène des faits allégués marquent

un tournant majeur.

Alléluia !

faits allégués marquent un tournant majeur. Alléluia ! Comme l'a relevé le journaliste Méir Ben-Hayoun, RCJ

Comme l'a relevé le journaliste Méir Ben-Hayoun, RCJ a annoncé ce

rapport par

une dépêche de l'AFP.

a annoncé ce rapport par une dépêche de l'AFP . Dès le 20 mai 2013, Shlomo

Dès

le

20

mai

2013, Shlomo Malka

a

interviewé Philippe Karsenty

lors du journal de RCJ à 12 h

30. RCJ

comme "avocat".

l'a présenté à tort

Correspondante aux Etats-Unis de RCJ, la

journaliste et écrivain Clémence Boulouque écrit un article sur l'antisémitisme

en France et publié par le magazine américain Tablet le 23 mai 2013

évoquer l'affaire al-Dura. Par ignorance de la nouvelle ligne de RCJ ? Par oubli ?

sans

Le 11 juin 2013, sur Radio Shalom, Bernard Abouaf a enfin interviewé Philippe Karsenty afin que celui-ci réponde à la question d'un auditeur posée la veille.

Le n°1261 (4 juillet 2013) d'Actualité Juive a publié un article sur la rencontre peu avant l'assemblée générale du CRIF du 30 juin 2013, de Roger Cukierman, élu le 26 mai 2013 avec la presse juive. Auteur de cet article, Pierre Assouline ne mentionne pas cette affaire. Pourquoi ? Roger Cukierman aurait-il éludé ce sujet ? Ou aucun

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représentant de la presse juive n'aurait questionné le président du CRIF sur cette affaire ? Or, Roger Cukierman avait en 2008 exprimé, notamment dans son autobiographie Ni fiers ni dominateurs et lors d'une interview qu'il m'avait accordée pour L'Arche, le regret de pas s'être "assez battu dans l'affaire al-Dura" lors de ses mandats et avait déclaré : "Il est essentiel que la vérité soit établie".

Le 7 juillet 2013, lors de Dis-moi qui tu cites, je te dirai qui tu es, émission de l'Alliance israélite universelle (AIU), Ilana Cicurel a interviewé Olivier Schrameck, président du CSA, sur l'objectif de cet organisme public et les enjeux affrontés, sans l'interroger sur l'affaire al-Dura. Alors que Philippe Karsenty venait d'être condamné par la Cour d'appel de Paris le 26 juin 2013, n'était-ce pourtant pas le moment pour Ilana Cicurel de questionner le président du CSA sur ces images aux conséquences tragiques ?

du CSA sur ces images aux conséquences tragiques ? Comment expliquer l'attitude de la majorité des

Comment expliquer l'attitude de la majorité des médias communautaires ? Oublis ? Désintérêt ? Malaise ? Extrême tact, courtoisie exquise, formation universitaire ou trait de caractère conduisant à éviter

des questions délicates ? Indifférence ? Naïveté à l'égard de scènes qu'on ne pourrait suspecter de mise en scène ? Incompétence ? Ignorance de l'instrumentalisation des images lors d'une guerre médiatique ? Freins intellectuels à admettre Pallywood, industrie de la propagande audiovisuelle de l'Autorité palestinienne ? Illusion vaine qu'en occultant l'affaire al-Dura on obtiendra des résultats positifs dans d'autres domaines ? Pusillanimité ou fascination inhibante à l'égard des puissants, de membres de l'establishment, que l'on convie sans embarrasser et dont la présence ou fréquentation cajole la vanité ou/et l'ego : communauté Juive française institutionnalisée, France 2, CSA, ministre de la Culture et de la Communication, etc. ? Conformisme, "légalisme" ou suivisme à l'égard de la position officielle, communautaire française ou/et israélienne ? Conscience des graves implications de l'affaire al-Dura : mise en cause du narratif palestinien, inaction ou actions par intermittences de dirigeants communautaires, "partenaires pour la paix" producteurs de blood libels (accusations diffamatoires et infondées selon lesquelles les Juifs tueraient des enfants non juifs pour utiliser leur sang à des fins rituelles), mouvements "pacifiques" se fourvoyant, etc. ? Craintes d'entraver le "dialogue judéo- musulman" en révélant la Taqiyya et les règles de la guerre islamique ? Réticences à présenter un mea culpa pour n'avoir pas informé conformément à la déontologie journalistique les lecteurs/auditeurs sur cette affaire depuis

les lecteurs/auditeurs sur cette affaire depuis file:///C:/Users/Chemla/AppData/Local/Temp/Low/1ZP1T0CZ.htm

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une dizaine d'années ? Volonté de journalistes tentés de ne pas enfreindre le "médiatiquement correct", de ne pas se voir qualifiés de "complotistes" et de ne pas s'aliéner des employeurs, actuels ou potentiels ?

Résultats ? Ces médias accentuent leur déphasage par rapport aux Juifs lambda. Par rapport à ceux qui luttent pour faire émerger la vérité sur ce reportage sont marginalisés, et qui apparaissent dénués de tout soutien médiatique communautaire. Et l'affaire al-Dura semble ainsi minorée, sans intérêt.

Le 22 septembre 2013, j'ai interrogé le CSA afin de connaitre "l'avis du président Olivier Schrameck, ainsi que de Nicolas About et Mémona Hintermann-Afféjee, respectivement président et vice-présidente du Groupe de travail Déontologie de l'information et des programmes audiovisuels, sur le reportage de Charles Enderlin et Talal Abu Rahma, diffusé par France 2 le 30 septembre 2000, et alléguant la mort de Mohamed al-Dura et les blessures de Jamal al-Dura, et savoir "si ces trois membres du CSA envisagent des actions afin de faire émerger la réalité sur les faits allégués, et notamment par la réunion du « groupe de travail d'experts indépendants » constitué en 2008 avec l'accord de France 2". En vain.

Le 22 juin 2015, lors de son émission Côté jardin sur RCJ, Me Jacques Benhamou, notaire, a interviewé Olivier Mazerolle, "un grand journaliste". Près de trente minutes de louanges à cet ancien directeur de la rédaction sur France 2 (2001-2005) sans une question sur l'affaire al-Dura !? Oubli ? Pas le temps ? Ignorance ? Incompréhension ?

Médias communautaires et conflits d'intérêts Articles sur des évènements écrits par leurs organisateurs et publiés sans informer les lecteurs de la qualité de leur auteur, liens familiaux entre

Les conflits

intervieweurs et interviewés non indiqués aux auditeurs d'intérêts s'avèrent protéiformes dans ces médias.

Le 21 septembre 2012, lors du journal de 12 h 30, RCJ a évoqué l'inauguration du Mémorial de la Shoah près de l'ancien camp de transit et

d'internement de Juifs à Drancy. Son envoyée sur place était Rachel Rimmer, responsable de la Communication de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS) qui a financé ce Mémorial. Rachel Rimmer a alors annoncé la

Philippe Allouche, directeur de la FMS qui a été

présence à ses côtés de

interviewé par le journaliste responsable de l'édition de la mi-journée de RCJ sans que soit posée la moindre question sur des éléments faisant débat :

absence de "prise en charge" par l'Etat, devenir du Centre dans une ère où le devoir de mémoire est perçu de manière moins aigu, etc. Rachel Rimmer

prépare aussi Mémoires Vives, émission dominicale de la FMS sur

RCJ.

L'auditeur aurait été intéressé de connaitre les fonctions variées exercées par Rachel Rimmer et comment elle a alors concilié, simultanément, le journalisme et la communication.

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Correspondante

en

Israël

d'Actu

J,

Caroll

Azoulay curieusement allègue

sur

ses profils Lindekin et Yatedo avoir

cessé de collaborer à Actualité juive depuis 2010, et présente comme ses

deux

seules

activités

actuelles

:

rédactrice

en

chef

du

Petitjournal.com/TelAviv

et

directrice

de

l'agence

de

communication French Projection.

de l'agence de communication French Projection. Dans son n°1261 (4 juillet 2013), Actu J publie, dans

Dans son n°1261 (4 juillet 2013), Actu J publie, dans la rubrique Immobilier et sur une demi-page, l'article Berggruen Residential : le nec plus ultra jamais encore construit en Israël. Signé par Caroll Azoulay, cet article vante un projet immobilier "exceptionnel" luxueux à Tel-Aviv. Emplacement,

superficie et prix de vente du penthouse, piscines, espaces verts

manque pour les acheteurs potentiels, excusez-moi, pour les lecteurs. On a l'impression de lire un publi-reportage ou du rédactionnel (publicité payée par l'annonceur et présentée comme un article), mais qui ne serait pas indiqué comme tel aux lecteurs. Si ce projet est quasi-historique, pourquoi Caroll Azoulay ne lui a-t-elle pas consacré un article dans le Petitjournal.com/TelAviv qu'elle dirige ? Qui a écrit l'article publié par Actu J : la correspondante d'Actu J ou la directrice de French Projection, agence israélienne de communication qui "donne accès au monde francophone", assure les "relations presse (francophone, israélienne, anglophone, russophone"), etc. ? Une lecture plus attentive de l'édition à Tel Aviv du Petitjournal.com montre qu'il ne s'agit pas d'un journal : "Le contenu et l'activité commerciale de l’édition Tel Aviv sont gérés par la société de droit israélien French Projection". Les articles de Caroll Azoulay pour Actu J relèvent-ils de la même logique ? Et avec l'accord de cet hebdomadaire ? Au vu de ces articles problématiques, ces questions se posent.

Rien ne

articles problématiques, ces questions se posent. Rien ne Dans son n°1268 du 12 septembre 2013, Actu

Dans son n°1268 du 12 septembre 2013, Actu J a publié l’article La Chambre de Commerce Israël-France ouvre à Jérusalem, signé par… Caroll Azoulay, devenue depuis juillet 2013 coordinatrice de la Chambre de commerce Israël-France à Jérusalem. Le monde est vraiment petit… Après avoir annoncé le « développement du desk Jérusalem [de la CCIIF]avec pour objectif d'apporter aux entreprises un maximum

de services (juridiques, fiscaux, études de marché, emploi, etc.) », mais sans indiquer sa fonction, et après avoir donné la parole à

Daniel Rouach, président de la CCIIF, donc son patron, enfin, l'un de ses patrons, Caroll Azoulay conclut : « Affaire à suivre… » Par Caroll Azoulay ?

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La journaliste ? La coordinatrice de la Chambre de commerce Israël-France à Jérusalem ? Ou la codirigeante de l’agence de relations publiques French Projection ?

Dans son n°1273 du 24 octobre 2013, Actu J a publié une interview d'Edouard Cukierman - une pleine page - sur la 11e édition de Go4 Europe organisée par la banque d'affaires Cukierman Investment House et Catalyst Ltd Fonds. Un "événement désormais incontournable dans le monde des affaires créé par un brillant homme d'affaires franco-israélien". Un article signé par… Caroll Azoulay, qui oublie cependant de signaler qu'Edouard Cukierman est aussi membre du Board de la CCIIF, et que celle- ci est l'un des partenaires de Go4 Europe. Quand on vous disait que le monde était petit

En 2014, l'ours de cet hebdomadaire indique Lydia Benattar comme rédactrice en chef et directrice de la publicité et Caroll Azoulay comme contact en Israël pour les publicités dans sa version imprimée et sur son site Internet. Eclairant.

Médias communautaires et politique Début 2009, Christine Boutin, alors ministre du Logement, a convié des journalistes de médias communautaires pour une réunion à son ministère. En cette veille de fête juive, une demi-douzaine de journalistes de ces médias, dont moi, participaient à cette réunion. Alors que mes confrères babillaient, j'ai alerté sur ces défilés d'une "rue arabe" pro-palestinienne haineuse lors de l'Opération Plomb Durci (décembre 2008-janvier 2009), sur la tolérance de slogans et de banderoles antisémites ou d'organisations terroristes, sur le danger pour la république française de ces manifestations, etc. Un de ces journalistes a minoré l'antisémitisme en France au motif que son fils scolarisé dans un établissement prestigieux parisien n'a jamais été victime d'acte antisémite. "Evidemment, c'est un célèbre lycée d'un quartier bourgeois !", ont entonné en chœur ces journalistes. J'ai rappelé alors l'agression antisémite, en toute impunité, contre un élève français Juif commise par deux élèves musulmans de ce même célèbre lycée. Christine Boutin a écouté avec intérêt ces propos. Quelle image aurait-elle eu de la situation des Français Juifs sans mes interventions ?

En 2012, Actu J et Tribune Juive ont obtenu les interviews des candidats Nicolas Sarkozy (UMP) et François Hollande (PS). Dans l'hebdomadaire, Nicolas Sarkozy a affirmé le caractère Juif de l'Etat d'Israël, alors qu'il l'avait contesté lors d'une précédente interview sur la fréquence Juive francilienne. Tribune juive a recueilli l'opinion des candidats, notamment sur leur vision de la diplomatie française à l'égard du conflit. Les deux candidats ont affirmé qu'ils se rendront en Israël en cas de victoire. "Ce voyage fera partie de mes projets", a indiqué François Hollande, "opposé au boycott des produits israéliens, qui est illégal et qui ne sert pas la cause de la paix", et favorable à la solution à "deux Etats voisins et souverains, dont chacun respecte la légitimité de l'autre. "Nous devrons être d'une très grande

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fermeté à l'égard de l'Iran, dont le programme nucléaire représente un danger vital pour Israël et pour la paix du monde". Nicolas Sarkozy était plus précis :

"Dès le lendemain de ma réélection, si tel est le choix des Français, j'irai en Israël et je prendrai une initiative en faveur de la paix au Proche-Orient." Une interview relayée par l'AFP, et de nombreux médias, nous a précisé Sylvie Bensaid, le 26 octobre 2014, sur Facebook.

Fin juin 2012, Serge Hajdenberg, président de Radio J, a lu sur Radio J une tribune critiquant de manière virulente Richard Prasquier, président du CRIF , l'accusant de s'être prononcé pour un des deux candidats à l'élection présidentielle, et s'achevant par "Dégage !" Le 30 juin 2012, Richard Prasquier niait tout soutien à un candidat et qualifiait Serge Hajdenberg d'"individu isolé qui utilise sa radio pour exhaler ses haines et ses frustrations". Lors de l'assemblée générale du CRIF du 1er juillet 2012, un vote de confiance à son président et à son bureau exécutif a recueilli 98% des suffrages exprimés à main levée. Le 5 juillet 2012, sur Radio J, Serge Hajdenberg a relaté le déroulement de ce vote, et a réitéré ses questions, notamment pourquoi l'absence de convocation d'assemblée générale (AG) extraordinaire après la tuerie antisémite à Toulouse ? Il a conclu en espérant une réflexion sur le travail en profondeur à entamer concernant la communauté française Juive, dont la future direction du CRIF, et l'espoir que les candidats à la présidence du CRIF présente rapidement leurs programmes afin qu'ils soient critiqués. Le 9 juillet 2012, lors de sa chronique hebdomadaire sur Judaïques FM, Roger Cukierman a stigmatisé l'absence de courtoisie du directeur de Radio J ainsi que les "attaques vulgaires" et autres "invectives". Le 11 juillet 2012, la polémique rebondit avec l'interview de Serge Hajdenberg par Guy Rozanowicz. Serge Hajdenberg maintient ses dires - "conflits personnels [Nda : de Richard Prasquier] avec des responsables communautaires : Sammy Ghozlan, SIONA", "les AG du CRIF ne servent à rien sinon à approuver les comptes", "haine [Nda : de Richard Prasquier] pour des médias Juifs" car il aurait "peur de la critique" -, et leur forme. Et affirme avoir le soutien d'autres dirigeants communautaires.

En 2012, se présentaient aux élections législatives françaises dans la 8 e circonscription des Français de l’étranger incluant l'Etat d'Israël, en particulier Daphna Poznanski, candidate socialiste, Valérie Hoffenberg, candidate UMP, Philippe Karsenty et Gil Taïeb, vice-président du FSJU.

Caroll

Azoulay, correspondante en

Israël d'Actu J, a été la "conseillère

en communication et en presse" (Communication and press advisor), au sein de French Projection, société de

En

2012,

au sein de French Projection, société de En 2012, file:///C:/Users/Chemla/AppData/Local/Temp/Low/1ZP1T0CZ.htm

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communication qu'elle co-dirige, de Valérie Hoffenberg. Ce qui révèle un conflit d'intérêt grave.

Dans son n° 1212 (31 mai 2012), Actu J a publié des interviews des dix candidats : les interviews de Daphna Poznanski et de Valérie Hoffenberg, ainsi que les portraits de quatre autres candidats, n'étaient pas signés.

Curieusement, Philippe Karsenty n'a été interviewé par aucune des quatre radios Juives franciliennes. Quand Bernard Abouaf, directeur de la rédaction de Radio Shalom, a interviewé "l'ensemble des candidats les

plus crédibles, qui ont une chance d'accéder à cette élection" dans cette circonscription, il a omis Philippe Karsenty : il a interviewé Valérie Hoffenberg (UMP) le 30 mai 2012 (environ 15 minutes) et Gil Taieb, loué par le socialiste Jack Lang, le 31 mai 2012 (environ 11 minutes) - deux personnalités souvent invitées par cette radio. Bernard Abouaf a alors annoncé qu'il allait interviewer la candidate socialiste le 1er juin 2012 Daphna Poznansky - celle-ci sera interviewée le 5 juin 2012 sur Radio Shalom. Soit quelques jours avant le premier tour de scrutin du 3 juin 2012. Philippe Karsenty est arrivé en tête des votes en Israël en y incluant Jérusalem non pris en compte par le ministère des Affaires étrangères, suivi par Gil Taieb, Daphna Poznansky puis Valérie Hoffenberg.

par Gil Taieb, Daphna Poznansky puis Valérie Hoffenberg. Force est de constater que tous les autres

Force est de constater que tous les autres candidats n’ont pas pu s’exprimer sur RCJ avec un temps de parole similaire à celui de Gil Taïeb, titulaire d'une chronique hebdomadaire dominicale sur cette radio du FSJU sur la fréquence Juive francilienne.

cette radio du FSJU sur la fréquence Juive francilienne. Le 25 mai 2012, RCJ a AFP
cette radio du FSJU sur la fréquence Juive francilienne. Le 25 mai 2012, RCJ a AFP

Le 25 mai 2012, RCJ a

AFP

intitulée Israël : Campagne

publié

la

dépêche

passionnelle

chez

les

Français

de

l’étranger

et

illustrée par une photo de…

Gil

Taïeb

lors

de

sa

campagne

électorale

à

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Netanya qui abrite une importante communauté francophone. Avec 9,92% des suffrages exprimés dans cette circonscription, Gil Taïeb est arrivé en 4e position lors du premier tour de scrutin du 3 juin 2012, mais en 2e position en Israël (Jérusalem inclus) avec 1 304 voix, soit 26% des suffrages exprimés. Il a donné "rendez-vous dans cinq ans".

Il a donné " rendez-vous dans cinq ans ". Pour cette élection politique, Gil Taieb a

Pour cette élection politique, Gil Taieb a bénéficié du soutien notamment de Pierre Besnainou, président du FSJU. Ce soutien soulève des questions éthiques qui n'ont pas été relevées par les médias français Juifs. D'autant que les dirigeants communautaires français s'abstiennent de toute

ingérence dans les élections politiques françaises sous la forme d'un soutien à l'un des candidats. Si Richard Prasquier, président du CRIF, signale seulement le danger de l'extrême-droite, il n'a exprimé de soutien à aucun des candidats, notamment pas en faveur de Philippe Karsenty, dont il partage sa quête de la vérité dans l'affaire al-Dura, ni de Gil Taïeb, président de l'ABSI (Association pour le bien-être du soldat israélien) Keren Or, association membre du CRIF. Comme d'autres médias communautaires, RCJ ne s'est pas étonnée de cette intervention de Pierre Besnainou dans une élection politique.

Ce soutien surprend d'autant plus de la part de Pierre Besnainou que celui-ci s'était distancé en tant que président du FSJU, et dans une tribune publiée par Libération (16 mai 2012), des voix qui « au nom de la communauté juive de France, ont exprimé, ici ou là, en particulier sur Internet, les inquiétudes les plus graves" à l'égard de la possible victoire d'un des deux candidats à l'élection présidentielle : « Les institutions représentatives de la communauté juive (Consistoire, CRIF et Fonds social juif unifié) n’ont pas vocation à se livrer à cet exercice, aucune n’ayant la légitimité pour exprimer une position qui refléterait l’avis politique concerté des juifs de France ».

Daphna Poznanski a été élue en juin 2012. Le 15 février 2013, son élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel. Des élections législatives partielles ont donc lieu en mai 2013 dans cette 8e circonscription qui inclut l’Etat d’Israël. Parmi les candidats : Valérie Hoffenberg, qui a gardé sa conseillère en communication Caroll Azoulay, Meyer Habib, vice- président du CRIF et candidat UDI (Union des démocrates et indépendants), Jonathan-Simon Sellem, fondateur de JSS News et candidat du Parti libéral démocrate (PLD).

Le 17 avril 2013, vers 8 h 17, lors du bulletin d'information de RCJ, Paule-Henriette Lévy, rédactrice en chef de cette radio Juive francilienne, a

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annoncé la réunion politique de Valérie Hoffenberg, ce jour-là en présence de Jean-François Copé, président de l'UMP, et de Claude Goasguen, député- maire du XVIe arr. de Paris. Ce n'est qu'après avoir promu cette réunion politique que Paule-Henriette Lévy a évoqué un sondage sur l'antisémitisme de jeunes Varsoviens. On peut douter de la pertinence de sa hiérarchie des informations. Cette journaliste n'a pas annoncé les réunions d'autres candidats à cette élection.

Le 25 avril 2013, l'article Quelques questions aux candidats de la 8e circonscription de Michael Blum publié sur son blog - Valérie Hoffenberg échappait curieusement au feu de ses critiques accablant d'autres candidats - a suscité une polémique sur Internet. Un des candidats, Jonathan Simon-Sellem, lui a vivement répondu.

Dans son n° 1252 (25 avril 2013), Actu J a publié l'article de Caroll Azoulay titré "J.F. Copé et C. Goasguen en Israël", illustré par une photographie de ces politiciens entourant Valérie Hoffenberg, et publié sur un fond coloré pour bien le distinguer des autres articles. Dans son n° 1256 (30 mai 2013), ce journal a publié la longue interview par Caroll Azoualy de Claude Brightman, qui dirige le Collège académique de Netanya ayant remis, lors de la campagne électorale pour ces élections partielles, un "diplôme honoris causa" à cet ancien Président de la République. Claude Brightman a alors déclaré : "En octobre dernier, j'ai transmis cette invitation relayée par la vice-présidente des Amis français du campus francophone, Valérie Hoffenberg". Or, cet article "oublie" d'indiquer que Claude Brightman soutient la candidate Valérie Hoffenberg et est une des responsables de sa campagne électorale en 2013.

une des responsables de sa campagne électorale en 2013. La revue de la presse de la

La revue de la presse de la candidate Valérie Hoffenberg ne mentionne curieusement aucun de ces articles d'Actu J. Par contre, neuf des 22 articles de cette revue de presse proviennent du site Internet Lepetitjournal.com. Sur ces neuf articles, deux sont publiés par le site du Petitjournal/Tel Aviv dont la directrice est Caroll Azoulay et dont le contenu est géré par French Projection dirigée par cette

dernière. Intitulé Meeting UMP - V. Hoffenberg : "Je veux que ce qui se passe ici soit mieux compris à Paris" (21 avril 2013), cet article est signé Justine Simonin qui ne figure pas dans la rubrique Contact du site. On peut relever d'étranges similitudes entre cet article et celui, signé par Caroll Azoulay et publié par Actu J (n° 1252, 25 avril 2013), sous le titre "J.F. Copé et C. Goasguen en Israël" : mêmes citations, extrait de phrases, même photographie, etc.

Sur quel critère Actu J a-t-elle choisi la seule Caroll Azoulay, une de ses quatre correspondants en Israël, pour couvrir ces deux événements liés à

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Valérie Hoffenberg ? N'y-a-t-il pas là un grave conflit d'intérêts pour cette journaliste et "conseillère en communication et en presse" de cette candidate ? Actu J en était-elle informGée ? En tout cas, les lecteurs ne l'ont pas été, et ont trouvé des informations cruciales ailleurs, dans des sites Internet - JSS News, Dreuz.info, etc. - ou blogs tel que le mien. Ne serait-il pas temps qu'Actu J informe ses lecteurs sur la double/triple fonction de Caroll Azoulay et veille avec plus de rigueur au respect de la déontologie journalistique, gage de crédibilité ? Devant ce cumul problématique de casquettes professionnelles par Caroll Azoulay, on peine à distinguer qui a payé ces articles : Actu J ou/et French Projection ou/et Valérie Hoffenberg ? Les comptes de campagne de cette candidate UMP retracent-ils toutes les prestations de sa "conseillère en communication et en presse" Caroll Azoulay ?

Hamodia, hebdomadaire distribué en France et en Israël, vise à "informer dans un esprit de rassemblement, de tolérance et d'ouverture sans jamais faire le moindre compromis sur le respect scrupuleux des mitzvot". Il a consacré deux articles visibles sur son site Internet au candidat Meyer Habib :

« Aux valeurs communes de la France et d'Israël, je rajoute celles de la Torah » - citation extraite de l'interview de ce candidat par Serge Golan - (8 mai 2013), puis Comment Meyer Habib a réussi à passer (29 mai 2013). Le 3 mars 2013, Michaël Blum, correspondant d'Actu J en Israël, a évoqué "la campagne d’Hamodia pour Meyer Habib". Mais comment qualifier la couverture par Actu J de cette campagne législative ?

Dans son n°1258 (13 juin 2013), Actu J a publié l'article Meyer Habib élu député signé par Caroll Azoulay. Quel dommage que ces informations intéressantes sur la campagne électorale de ce candidat élu député UDI aient

après son

été portées à la connaissance des lecteurs de cet hebdomadaire élection.

Actu J va-t-elle couvrir les élections consistoriales du 24 novembre 2013 comme elle a couvert cette élection législative ? Sa directrice Lydia Benattar a déclaré : "Les prochaines élections au Consistoire vont créer beaucoup de remous dès la rentrée et nous essaierons d'être impartiaux "

comme à l'accoutumée

(Actu J, n°1261, 4 juillet 2013)

Curieusement, aucun média communautaire ne s'est interrogé sur le fait que Meyer Habib a mené sa campagne électorale sans mettre un terme à sa fonction au CRIF, et qu'élu député, il demeure membre du Comité directeur du CRIF.

Lors de la campagne pour les élections municipales 2014, les radios communautaires ont ouvert leur antenne aux candidats de la gauche et de la droite républicaines. Un journal communautaire a publié la photo, prise rue des Rosiers dans un des quartiers historiques Juifs, de Gil Taieb parlant avec Anne Hidalgo, candidate socialiste à la Mairie de Paris, et de Christophe Girard, maire du IVe arrondissement de Paris et candidat socialiste à sa succession, dialoguant avec Karen Taieb, conseillère socialiste et n° 2 sur la

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liste menée par Christophe Girard. Nul média ne s'est interrogé : quand Gil Taieb arpente un quartier parisien longtemps associé aux Juifs avec Anne Hidalgo, le fait-il à titre privé ou/et comme vice-président du CRIF ou d'une autre de ses fonctions dans le monde associatif Juif français ? Un leader communautaire français est-il astreint à un devoir de neutralité politique ? Karen Taieb, journaliste de RCJ, peut-elle soutenir Anne Hidalgo, qui s'est inclinée devant le mausolée du terroriste Arafat le 5 décembre 2013 et s'est tue devant l'incitation à la haine et au terrorisme de l'Autorité palestinienne ?

Médias français Juifs et institutions communautaires Les élections à la direction d'instances Juives françaises - CRIF, Consistoires Israélites - rythment l'actualité communautaire et sont couvertes par ces médias, sans instance de contrôle pour vérifier l'égalité de traitement accordée aux candidats.

Elles représentent une manne publicitaire précieuse.

Fait rare : en 2004, l’élection à la présidence du CRIF a opposé Roger Cukierman, président sortant réélu, à Serge Hajdenberg, président de Radio J.

Curieusement, aucun média communautaire n'a révélé lors de la campagne pour l'élection du Grand rabbin de France au printemps 2008 que l'un des deux candidats, le grand rabbin Gilles Bernheim n'avait pas l'agrégation de philosophie dont il se prévalait. On peut s'étonner que la rumeur qui circulait alors n'ait pas été relayée par des médias familiers des arcanes communautaires. En outre, bien que commandé par L'Arche, mon article évoquant le coût financier élevé de cette campagne et prônant une régulation n'a pas été publié par ce magazine.

Candidat malheureux à la présidence du CRIF au printemps 2013 puis

candidat élu lors de l'élection au Consistoire de Paris du 24 novembre 2013, Gil Taieb lit sa chronique dominicale sur RCJ, radio du FSJU dont il est le

Ce qui lui a conféré un avantage : lors de la campagne

électorale au Consistoire de Paris, les radios communautaires ont diffusé pendant plusieurs semaines des spots de trois minutes au cours desquelles chaque candidat présente sa candidature. Cependant, lors de son journal de 18 h, Radio Shalom a interviewé Alexandre Elicha, PDG de The Kooples et candidat sur la liste Pour un Consistoire uni et fort avec Joël Mergui. Quant à Actualité juive, cet hebdomadaire a publié les interviews des têtes de listes, sans analyse des bilans et programmes.

vice-président

En juillet 2010, j'avais publié sur mon blog un article critique sur le rassemblement du 22 juin 2010, organisé par la communauté Juive française institutionnalisée sur le parvis des droits de l'homme (place du Trocadéro à Paris), en soutien à l'Etat d'Israël et en faveur de la libération du franco- israélien Guilad Shalit. J'avais souligné la faible mobilisation - quelques milliers de personnes, essentiellement Juives -, mauvais timing, etc. Mécontent par mes remarques, un leader communautaire avait alors allégué

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que je pratiquais la "désinformation". Ce qui était révélateur du refus des critiques par maints dirigeants communautaires, et de questionnements sur leurs actions et leur bilan. Le 13 février 2012, sur Radio Chalom, Bernard Abouaf, directeur de la rédaction de Radio Chalom, a déclaré avoir eu l'initiative, avec Gil Taieb et Raphaël Haddad, de ce rassemblement du 22 juin 2010, que tous trois avaient suggéré au CRIF.

Le 18 mars 2014, la veille du rassemblement sur le thème "La haine des Juifs, ç a s u f f i t ! " , " c o n t re l ' a n t i s ém i t i s me e t p o u r l a f r a t e r n i t é républicaine" organisé, sur le même lieu et en province (Toulouse, Bordeaux), par le CRIF et soutenu par les principales organisations communautaires, du B'nai B'rith France à JCall, Bernard Abouaf a estimé dans son compte Facebook que "cette manifestation n'a aucun sens" et qu'il n'y participera pas. Une déclaration publique rare dans le milieu médiatique communautaire, mais tardive. Combien de personnes à ce rassemblement ? "Plusieurs centaines" selon Actualité juive hebdo. Nul média n'a analysé ce déclin.

juive hebdo. Nul média n'a analysé ce déclin. Au printemps 2014, un scandale concernant le guet

Au printemps 2014, un scandale concernant le guet (acte de divorce juif religieux) a éclaté et a été dénommé un "guet-apens". Le 18 mars 2014, lors d’une réunion au siège du Consistoire israélite et en présence du couple séparé, de membres de la famille de l'ex-épouse, de Michel Gugenheim, grand rabbin de Paris et grand rabbin de France par

interim, du rabbin Betslalel Levi, responsable du service des divorces au Consistoire, et des Rabbins Betsalel Levy, Salomon Malka et Haïm Perez, tous trois membres du Service des divorces au Consistoire, ainsi que de Yossef Itshak Pevzner, directeur des Institutions scolaires Sinaï (mouvement Loubavitch), un mari récalcitrant a obtenu contre la remise du guet à son ex-femme Anaëlle d’une part un chèque de banque de 90 000 € libellé à l’ordre des Institutions scolaires Sinaï, et d’autre part une attestation de l’ex-épouse reniant son témoignage dans la procédure civile de divorce. Ce scandale a éclaté non pas dans les médias communautaires, mais par les articles Agounot : le Consistoire français rétrograde ? de Sarah Lévy dans le Jérusalem Post du 1er avril 2014, puis Divorces : Lettre adressée aux rabbins en France et de France, sous- titré Dysfonctionnements ou dérives du service des Divorces du Consistoire ? de Liliane Vana, "spécialiste en droit hébraïque, talmudiste et philologue" publié sur JForum le 6 avril 2014, suivi de Divorces religieux, un scandale parmi d’autres au Consistoire ! d’Eliette Abécassis sur JForum (30 avril 2014). Leur diffusion sur les réseaux sociaux a suscité indignation et incrédulité.

Cette affaire a été rendue publique par des radios communautaires - interviews de protagonistes sur Radio Shalom, Radio J et RCJ -, tardivement

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et en donnant la parole, d'abord et exclusivement, à la seule famille de l'ex- épouse. On a perçu aucune enquête préalable, mais en premier lieu des témoignages à charge contre le Consistoire et l'ex-mari qui a livré tardivement sa version.

Il en ressort une certaine incapacité journalistique, non spécifique aux médias communautaires français, à appréhender la complexité des situations. Ce qui laisse perdurer bien des questions : que dit le jugement prononçant le divorce et les autres jugements rendus dans les affaires connexes ? Quelles sont les raisons des trois années de procédure civile de divorce ? Qui a vu intégralement la vidéo de la réunion ? Le 15 mai 2014, Bernard Abouaf a reconnu sur Radio Shalom ne pas l'avoir vue intégralement. Comment se déroule cette réunion filmée ? Qui a lu les SMS échangés entre les rabbins et les beaux-frères ? Le journaliste Michel Zerbib a affirmé sur Radio J ne pas les avoir lus. L'ex-mari avait-il été contacté et avait-il refusé initialement de s'exprimer ? Et pourquoi ? Par pudeur ? Pour éviter d'assombrir l'image de la mère de son fils auprès de celui-ci ? Curieusement, nul ne s'interroge sur le silence de l'ex-épouse inversement proportionnel à l'activisme volubile de ses père, oncle, frères et sœur. Des médias communautaires ont-ils refusé de couvrir l'affaire par souci d'enquêter ou pour ne pas se priver de la manne publicitaire en faveur de la Fondation du Consistoire ? Aucun des médias imprimés communautaires - Actualité juive, Hamodia - n'a nommé les organisateurs de cette affaire.

Si les médias communautaires français avaient couvert cette affaire dès son apparition sur la Toile, soit en avril 2014, et ce, de manière honnête, ils auraient vraisemblablement épargné à la communauté française Juive et au judaïsme ce scandale, et auraient contrecarré une campagne biaisée visant le Consistoire.

On peut d'autant plus regretter le réveil tardif de médias communautaires que c'est à partir de ces bribes d'informations glanées au fil de quelques interviews que s'est formé le jugement de l'opinion publique et celui manichéen et stigmatisant ("racket au guet") de certains journalistes, dont Caroline Fourest.

L'auditeur/lecteur ? Il a eu l'impression gênante d'avoir été voyeur d'une affaire dont il ne percevait pas tous les enjeux et dont certaines informations, lui permettant de se former une opinion fondée, lui manquaient.

En marge de manifestations haineuses de la « rue arabe » hostile à l’opération israélienne défensive « Protective Edge » (Bordure protectrice), les synagogues de Belleville (75020), de la rue de la Roquette (75011) et des Tournelles à Paris ont été visées les 12 et 13 juillet 2014 par des attaques violentes de « Blacks, Blancs, Beurs », portant souvent des keffiehs, dissimulant leur visage par des capuches, armés de projectiles, de battes de base-ball et parfois de hache, brandissant des drapeaux palestiniens, et scandant « Allah Aqbar » (Allah est le plus grand) ainsi que « Mort aux Juifs

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». Seule radio de la fréquence Juive francilienne, RCJ a évité dans son bulletin matinal du 14 juillet 2014 de restituer la gravité de cette attaque antisémite contre la synagogue de la rue de la Roquette. Par contre, Radio Shalom qui a révélé en direct ce pogrom, Radio J et Judaïques FM ont couvert cet événement grave immédiatement, par le recueil de témoignages de témoins, etc.

Médias communautaires et Israël L'Etat d'Israël est une thématique particulière et privilégiée pour ces médias en raison de l'actualité au Proche-Orient, de l'approfondissement des liens entre les Français Juifs et l'Etat Juif, etc.

Et pourtant, rares sont les journalistes communautaires exprimant une terminologie conforme à l'Histoire et au droit. Beaucoup ânonnent la propagande anti-israélienne sous couvert de couverture de l'actualité. Ignorance ? Attitude "palestiniennement correcte" ? Conformisme idéologique ? Foi sans questionnement en la "solution-à-deux-Etats" ? Confusion entre journalisme et militantisme de gauche ?

Lors de conflits menés par cet Etat, tel celui contre le Hezbollah au Liban en 2006, certains journalistes de radios juives françaises ont effectué des reportages en Israël.

Responsable des projets culturels à l'ambassade d'Israël en France, Francine Lutenberg présente sur la fréquence Juive francilienne (RCJ, Radio J, Judaïques, FM) l'actualité culturelle israélienne à Paris. En y incluant les manifestations "artistiques" biaisées contre Israël. Et ce, sans que ceux qui l'interviewent ne lui fassent la moindre remarque.

Voici quelques années, lors d'un

déjeuner organisé par le CRIF pour la presse communautaire, l'un des sujets évoqués a été le boycott d'Israël. Indigné, l e r é d a c t e u r e n c h e f d ' u n m é d i a communautaire s'est alors exclamé : "Il faudrait une loi en France pour interdire le boycott !" Avec tact, le président du CRIF l'a informé qu'une telle loi existait

Et dire que le CRIF a envoyé son

déjà

étude intitulée Le boycott d'Israël : que dit le droit ? à tous les journalistes, et notamment à ceux des médias

communautaires

et notamment à ceux des médias communautaires Actu J a été au centre d'une controverse grave

Actu J a été au centre d'une controverse grave révélant des carences informatives ou un parti pris idéologique, l'absence de contrôle par une personnalité compétente, etc. Dans son n°1201 (8 mars 2012), Eric Keslassy, sociologue et politologue, a écrit : « Le droit international n’est pas favorable à Israël. Jérusalem-Est est considéré comme un « territoire palestinien

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occupé » par l’ONU – s’appuyant notamment sur la résolution 242 qui réclame « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés « suite à la guerre des Six-jours ».

Le n°1202 (15 mars 2012) d’Actu J a publié une « Mise au point » de Meyer Dadi, vice-président de SIONA, puis la réponse d’Eric Keslassy.

Meyer David rappelait : « La traduction est volontairement tendancieuse, alors que la version anglaise qui est celle qui a été votée et qui dit : « Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent

conflict » parle de « retrait de territoires »

droit international concernant Jérusalem puisque pour le droit international, toutes les frontières supposée ne sont que des lignes d’armistice, donc provisoires en attendant un règlement définitif. Par ailleurs, cette résolution parle de retrait des forces armées israéliennes et non de céder la souveraineté des territoires ». Eric Keslassy lui a répondu : « Le français est l’une des six langues officielles utilisées par l’ONU… C’est le texte de la résolution 58/292 adoptée par l’Assemblée générales des Nations unies le 14 mai 2004 qui fait état de Jérusalem-Est comme un « territoire palestinien occupé ». Or, le droit international, notamment la conférence de San Remo (1920), soutient les revendications territoriales de l'Etat Juif. En outre, les rédacteurs et promoteurs - de cette résolution (22 novembre 1967) ont clairement indiqué que « Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » signifiait le retrait « de territoires », et non « des » ou « de tous les territoires ». La version en anglais fait donc seule foi. De plus, pour Arthur Goldberg, ambassadeur américain aux Nations Unies, la résolution 242 ne fait pas obstacle à la réunification israélienne de Jérusalem. Par ailleurs, composée de pays arabes alliés à des Etats du bloc des non-alignés, la majorité automatique anti-israélienne sévit à l’ONU, notamment à son Assemblée générale. Enfin, « Jérusalem-Est » est repris de la propagande palestinienne. « ‘Jérusalem-Est’ n’existe pas en tant qu’entité administrative. Ce terme regroupe l’ensemble des quartiers et espaces de Jérusalem situés à l’est de la « ligne verte », l’ancienne ligne de cessez-le-feu israélo- jordanienne en vigueur de 1949 à 1967. Rattachés à la Jérusalem israélienne (« Jérusalem-Ouest») en juin 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours, ils se situent en fait au nord, à l’est et au sud de celle-ci.

Il est inapproprié de parler de

Dans son n°1288 (6 février 2014), Actu J publie l'article de Steve Nadjar sur l'association Paris-Tel Aviv, créée par les étudiants de Sciences Po Paris. Ni cet hebdomadaire ni l'auteur de l'article ne s'étonnent du parallèle entre Paris, capitale de la France, et Tel Aviv qui n'est pas la capitale d'Israël, ni d'actions curieuses organisées par cette association dont le "but est de faire connaître Israël, sa culture, son histoire, sa diversité" : un "shabbat laïc", une "tombola de Chrismukkah", un voyage en Israël comprenant la "visite à Jérusalem du Saint Sépulcre, de l'Espanade des Mosquées, du Mur des Lamentations", etc.

Il est révélateur que ces médias communautaires, en phase avec la

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communauté juive institutionnalisée, n'ont jamais considéré, depuis des décennies, le cas de Jonathan Pollard comme une cause à soutenir ou autour de la quelle se mobiliser, etc.

Les relations avec l'ambassade d'Israël ? Quelques exemples les illustrent.

Au début des années 2000, lors de la visite en France de Natan Sharanski, alors membre du cabinet du gouvernement israélien, tient deux conférences de presse à l'ambassade d'Israël en France : l'une pour les médias non-communautaires, puis l'autre pour les médias communautaires.

Un ambassadeur d'Israël en France s'est rendu voici quelques années au siège d'Actu J : ce n'est pas la direction de cet hebdomadaire qui s'est alors déplacée à l'ambassade d'Israël en France. De plus, cette ambassade organise une réception annuelle pour l'anniversaire de la refondation de l'Etat Juif (Yom Haatsmaout, 5 Iyar 5708). Le 17 avril 2013, quelques numéros d'Actu J, avaient été amenés par Lydie Bénattar et Sandrine Szwarc, respectivement directrice et responsable des pages Culture de cet hebdomadaire, et déposés gracieusement dans la Salle Wagram accueillant l’événement. Dans son article laudateur publié par Actu J du 26 avril 2013 et immédiatement promu par Nosnondits, "blog non officiel du service de presse de l'ambassade d'Israël en France", Sandrine Szwarc évoque des "