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SYNTHESE n°1 : Risque et Progrès

SYNTHESE

Le parlement français vient d’entériner une loi sur l’immigration qui fait
scandale. En effet, elle propose de vérifier par un test ADN la filiation des enfants
d’immigrés avant de procéder à un regroupement familial. Voici un exemple parmi
tant d’autres qui illustre comment les possibilités offertes par la science peuvent
prêter à controverse.
Il s’agit également du thème abordé par le philosophe Edgard Morin, le prix
Nobel de médecine René Frydman et la journaliste Marie Paule Virard dans leurs
œuvres respectives. Le corpus de document qui reprend leurs opinions se compose
d’une part, de deux extraits de livre, le premier d’E. Morin Science avec Conscience
(1982), le second de Pouvoirs (1991) par R. Frydman et d’autre part de passages
issus de l’article « Faut-il encore croire au progrès ? » de M.-C. Virard dans le
mensuel Enjeux les echos en mars 2004. Au travers de ces trois textes argumentés,
ils présentent leurs points de vue sur les risques sous-jacents aux avancées de la
science. La question se pose alors en ces termes : quels sont les enjeux de la
science et des progrès quelle engendre ?
Trois axes majeurs de réflexion sont développés par ces auteurs, tout d’abord
la description et l’explication du rôle prépondérant que joue la science dans la
société moderne, puis les conséquences qui en découlent, pour enfin proposer des
solutions pour parer à ces effets potentiellement néfastes.

Le monde ne serait pas ce qu’il est devenu aujourd’hui sans les progrès de la
science.
Ainsi, E. Morin met en avant ses caractères enrichissant et élucidant ; grâce
aux progrès réalisés depuis le XIXe siècle, l’homme comprend mieux son univers et
a pu améliorer ses conditions sociales (énergie nucléaire…). Autrement dit la science
a permit d’augmenter le savoir humain, de mieux maîtriser son environnement et
donc de vivre mieux que par le passé.
De même, M.-C. Virard rappelle à quel point les hommes, considèrent le
progrès comme essentiel puisqu‘il offre la possibilité de vivre mieux et plus

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longtemps. D’ailleurs, un sondage montre que les Français positionnent en tête de


leurs préoccupations, les améliorations de la Santé.
Pourtant, les trois auteurs constatent que le progrès scientifique devient de
plus en plus anxiogène pour la société. Aujourd’hui les avancées sont telles que les
hommes ont peur de l’impact d’éventuelles dérives. Selon R. Frydman certaines
d’entre elles pourraient nuire à la pérennité de l’espèce humaine par exemple avec
des manipulations génétiques non contrôlées.

A ce propos, les trois textes s’attardent largement sur les effets positifs et
négatifs de la science : à la fois émancipatrice et source d’un potentiel
assujettissement.

Ambivalentes, telles sont donc les conséquences du développement


scientifique.
De fait comme le souligne M.-C. Virard, le progrès fait l’objet d’une critique sur
deux plans, d’une part au travers des dégâts causés à l’environnement et d’autre
part en raison de la mauvaise redistribution des richesses ainsi créées. Elle prédit
d’ailleurs qu’à l’avenir le débat sur l’emploi de la science ne cessera de s’intensifier
tant qu’il se fondera sur le principe du « tout économique », sans s’embarrasser
d’équité sociale dans le monde.
E. Morin insiste quant à lui sur l’importance des dangers relatifs à la science
vue l’étendue des domaines qu’elle conditionne. A titre d’illustration il note que la
science initie les mutations sociales, et détermine des actions économique et
politique.
Le philosophe déplore consécutivement à cela la dépossession des
connaissances des scientifiques par le monde des affaires et des pouvoirs publics.
Comme ça a pu être le cas avec l’eugénisme nazi que R. Frydman tient à différencier
de la recherche médicale génétique. Selon ce dernier la distinction est simple.
L’eugénisme impose l’existence une catégorie de « sous – hommes » considérés
nuisibles, alors que la recherche vise à améliorer la santé de tous et respecte les
choix de chacun.

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Aussi, les trois textes se rejoignent lorsqu’ils soulignent l’importance de


poursuivre les efforts en matière de recherche et proposent des solutions pour en
limiter les risques.

Les résultantes néfastes de la science ne sont pas une fatalité. Les moyens
pour prévenir ce genre d’éventualités existent.

Pour commencer, les trois écrits font tous passer un message clair : il faut
déconstruire la manière de considérer la science. En effet le premier vecteur de
crainte chez l’homme provient de sa vision du monde scientifique : trop manichéenne
d’après E. Morin, souvent confuse selon R. Frydman, ou trop égoïste ironise M.-C
Virard en faisant référence à la dichotomie entre les peuples développés et les
autres. Ceux du nord ne voient plus que les inconvénients du progrès alors que ceux
du « Sud » aimeraient bien bénéficier des avantages qu’il procure.

En contrepartie ils proposent de redéfinir la conception que l’homme se fait de


la science. E. Morin préconise d’initier la réflexion à mener par le postulat de base
qu’est l’ambivalence des conséquences scientifiques. M.-C Virard va même jusqu’à
citer une philosophe (Dominique Méda) et son idée de création d’une philosophie du
progrès.

Parallèlement au développement de cette réflexion les trois extraits


reprennent l’idée que la science doit continuer de progresser. R. Frydman ajoute que
contrairement à une réflexion éthique et nuancée, la science ne doit surtout pas être
soumise à des règles uniformes et collectives. Tandis que l’article d’Enjeux les
echos, conseille de poursuivre les avancées mais avec un suivi constant.

Par conséquent, que ce soit Le philosophe E. Morin, le grand scientifique R.


Frydman ou la journaliste M.-P. Virard, tous s’accordent sur la nécessité de faire
progresser la science. Selon eux, s’il faut tenir compte des dangers qui peuvent être
susciter notamment par les utilisations du nucléaire ou de la génétique, mais il n’est
pas question de brider la recherche scientifique. Les apports du progrès sont
cruciaux pour l’homme. Ils ne croient d’ailleurs pas à l’opposition d’une science

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bénéfique à une autre aux objectifs plus néfastes parce que tout progrès porte en lui
les germes d’une bonne ou d’une mauvaise application. De fait les arguments de ces
trois textes tendent plutôt vers le développement d’une pensée éthique qui puisse
canaliser dans le bon sens l’usage de la science : celui du respect de la dignité
humaine et de l’équilibre biologique.

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