BUDGET DE L'EXERCICE 1996

LA GESTION DES CREDITS BUDGETAIRES
42. Les mesures de régulation budgétaire, qui ont fait l'objet d'analyses détaillées dans le rapport sur l'exécution
du budget de 1995, ont été reconduites en 1996. Les annulations de crédits correspondantes ont atteint 40,2
milliards. Elles ont permis, pour partie, de compenser les ouvertures effectuées par décrets d'avances en cours
d'année (17,7 milliards). Cependant ces annulations ont massivement porté sur les crédits de la dette publique
(19 milliards, soit 47 % du total), qui sont des crédits évaluatifs. Elles ont été importantes, également, sur les
dépenses en capital (14,1 milliards), en particulier, comme en 1995, au budget de la défense (8,5 milliards). En
revanche, les annulations ont été moins élevées sur les dépenses ordinaires (7 milliards), après les fortes
régulations de 1993 (17,3 milliards) et 1995 (12 milliards).
Comme les années précédentes, les conditions dans lesquelles la régulation a été appliquée ont parfois entraîné
une désorganisation de la gestion, le non-respect par l'Etat de certains engagements et des reports de charges à
l'exercice suivant (pages 262 à 264).
43. Le solde net des modifications de crédits effectuées sur le budget général en 1996 s'est élevé à 106,2
milliards, soit près de 6 % des crédits initiaux, contre 85,8 milliards en 1995 (5 %).
Les crédits reportés de 1995 ont majoré les dotations du budget général de 55,4 milliards. Sur les budgets
annexes, les reports se sont élevés à 0,55 milliard ; ils ont atteint 11,8 milliards sur les comptes spéciaux du
Trésor. Les améliorations déjà constatées dans le calendrier des reports se sont confirmées en 1996.
Certaines ouvertures de crédits effectuées par décret d'avances ne répondent pas à la condition d'urgence requise
par l'ordonnance organique du 2 janvier 1959 sur les lois de finances, mais tendent plutôt à pallier des
insuffisances dans la prévision (pages 282 et 283).
Les fonds de concours rattachés atteignent 73,3 milliards, soit près de 4,1 % des crédits initiaux, contre 65,3
milliards et 3,8 % en 1995. Cette augmentation provient en grande partie des fonds de concours européens.
Plusieurs rattachements sont intervenus tardivement, créant des difficultés de gestion et entraînant des reports de
crédits.
44. Les modifications opérées en cours de gestion dans la répartition des crédits se sont élevées à 166 milliards,
en hausse de près de 7 % sur 1995. Elles représentent 9,2 % des crédits initiaux du budget général.
En ce qui concerne les répartitions de crédits globaux (12 milliards), inscrits pour des dépenses non encore
ventilées, la Cour relève à nouveau la pratique regrettable de "chapitres-réservoirs" qui masquent l'objet ou le
montant des dépenses réelles. Leur caractère répétitif montre bien que les crédits concernés pourraient être
inscrits directement aux chapitres qui supportent les dépenses effectives. D'autres répartitions altèrent la nature
des dépenses autorisées, en contradiction avec les dispositions de l'article 7 de l'ordonnance organique.
Les transferts de crédits au sein du budget général se sont montés à 151,8 milliards (+6,1 %). Certains sont
inutiles, les crédits pouvant être inscrits directement en loi de finances initiale aux chapitres d'accueil, d'autres,
par leur complexité, nuisent à la clarté de la gestion budgétaire. Quelques arrêtés de transfert sont excessivement
tardifs ou ne sont pas publiés alors qu'ils ne présentent aucun caractère confidentiel.
Les virements de crédits, qui modifient la nature de la dépense, s'élèvent à 1,9 milliard. Ils progressent fortement,
de plus de 70 %, par rapport à 1995.
45. Les dépassements de crédits, c'est-à-dire les dépenses payées au-delà des crédits disponibles, ont atteint, sur
le budget général, 23,2 milliards, en augmentation de 44 %. Ils représentent 1,2 % des dépenses contre 0,9 % en
1995. La quasi-totalité des dépassements porte sur des crédits évaluatifs et ne constituent pas des irrégularités. Il
est constaté toutefois, contrairement à 1995, un dépassement de 8,2 millions sur des crédits limitatifs, consécutif
à des retards dans des rétablissements de crédits. Il conviendra de le régulariser.
Mais tous les dépassements ne sont pas traduits dans les comptes, certains engagements, pris en dépassement des
crédits ouverts, étant dissimulés par des reports de charge à l'exercice suivant (cf. ci- après).

fait apparaître une diminution du montant de leurs créances sur l'Etat.au budget de la défense. Il en est ainsi. à hauteur de 823 millions contre 570 en 1995. . Enfin.4 milliards à la fin de 1995 à 4. les fonds d'avances. Pour la première fois. qui contreviennent au principe de l'annualité budgétaire et hypothèquent les budgets des années ultérieures. Certains ont déjà été signalés par la Cour et revêtent un caractère répétitif . sur les budgets des affaires étrangères. C'est ainsi que les impayés vis à vis du Crédit lyonnais.1 270.343.au budget de l'agriculture.sur les comptes spéciaux retraçant les opérations de privatisation. pour les échéances de 1995 et de 1996.739. 47.1 milliards pour l'échéance 1995 et 8. incombera à l'Etat. l'autorisant à consommer 5. s'élèvent à près de 11.4 Imprimerie Nationale UGAP (hors véhicules) SNCF . . pour un montant total de 1.5 milliards (cf. des reports importants ont lieu au titre des dépenses d'alimentation de l'armée de terre et sur les rémunérations du service de santé des armées . constatés à la fin de 1996. Le ministère a bénéficié d'un arbitrage favorable en fin d'année. du travail.14. de l'emploi et de la formation professionnelle.au budget de l'enseignement scolaire. dont 3. il convient d'y mettre un terme rapidement.3 423. à hauteur de 5 milliards.Enfin. . assimilable à un report de charges sur 1997 .6 600. ci-dessus). Ils concernent principalement. n'ont pas couvert. de l'action sociale et de la solidarité et de la défense (pages 302 à 305). dans la loi de finances initiale.1 158. En outre ces impayés entraînent des pénalités de retard.0 Dettes 329. diverses dépenses de santé et d'action sociale.735.au budget de la recherche. .36 en 1995) . Les reports de charges.3 Créances .sur le même budget.9 Solde . un retard dans l'ouverture de près de 2. .9 1 275.0 514.1 253. Le recours à l'EPFR pour financer ces dépenses par l'emprunt ne peut avoir pour effet que de reporter une charge qui. les dépenses d'investissement. des routes.46 milliard (contre 1. Les versements supportés par l'Etat et qui transitent par l'EPFR. dont 4. La situation. de l'agriculture. l'intégralité des montants dus au Crédit lyonnais au titre des intérêts des prêts consentis pour sa restructuration. Celles-ci sont en effet passées de 6.1 milliards de crédits de paiement.0 . hors intérêts moratoires. DETTES DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES SELON LES COMPTABILITES DES ORGANISMES CREANCIERS (en millions de francs) Organismes Dettes au 31 décembre 1994 Dettes au 31 décembre 1995 Dettes au 31 décembre 1996 455. de la coopération.6 1 171.au budget des affaires sociales. ce qui traduit une nette amélioration (11.0 . le report sur 1997 du dernier versement de la subvention au CNASEA (537 millions) .4 milliards pour les administrations centrales (pages 314 à 317). en toute hypothèse. même réguliers. notamment. l'enquête menée par la Cour auprès des principaux fournisseurs publics. demeurent à des niveaux élevés.9 milliards en 1995). des reports d'un montant total de 506 millions de charges de rémunérations . . 46.6 . sur ce point. les dépassements de crédits évaluatifs traduisent parfois l'insuffisance des efforts menés.0 170.9 milliards à la fin de 1996. s'est dégradée en 1996.4 milliards pour celle de 1996. Les cas d'imputations irrégulières demeurent trop nombreux. en 1996: . pour ajuster les dotations aux dépenses prévisibles.2 milliards de reports de crédits .3 .

Les chapitres de centres de responsabilité bénéficient de la même amélioration. d'un montant de 33. En revanche des progrès restent à faire pour les reports de crédits des budgets militaires. L'amélioration des délais amorcée en 1994 se poursuit en 1995 pour les budgets civils. Déjà évoquée dans la Contribution au débat d'orientation budgétaire (pages 23 à 25). pour la première fois. qui n'étaient pas achevés à la date de rédaction du rapport de la Cour." Les développements correspondants figurent pages 265 à 287 du rapport. 48.7 6 668.0 514. au lieu du 24 août l996 pour les reports de 1995 sur 1996.9 2 596.5 165.8 milliards. Ceux-ci. sur des montants d'une particulière ampleur. Le calendrier des reports de crédits sur l'année suivante a connu une nouvelle amélioration.8 . recensés par la Cour. Dernière mise à jour : LA GESTION DES AUTORISATIONS BUDGETAIRES 51.C.8 21.0 1 718.RATP Air inter Europe La Poste France Télécom Documentation française Air France EDF GDF Total . 31.3 6 371.5 milliards soit 6.les répercutions de la régulation sur la gestion de ministères.9 1 972. . Les principaux développements.8 7. .2 1 676.2 246.1 milliards.3 N. Les reports sur crédits d'investissements ont été publiés le 7 mai au lieu du 9 juin en 1996. le rapport de la Cour sur l'exécution des lois de finances peut faire état. en hausse de 20 %. les derniers arrêtés de reports de 1996 sur 1997 ont été publiés le 1er juin 1997.9 38.la part prépondérante donnée au budget d'investissement de la défense.3 5.7% en 1994).45. en 1995. représentent près de 40 % des crédits votés. les mesures prises en 1995 étant comparées aux pratiques suivies dans la gestion des budgets 1992 à 1994. Pour les budgets civils.8 53. Les reports de crédits sur les budgets annexes sont également intervenus à une date plus précoce.7 Au total. Leur avancée permettrait au Parlement d'examiner le dernier budget exécuté à une date plus proche de sa clôture.4 6. avec des arrêtés datés du 6 novembre 1995. Grâce à ces améliorations. Les reports de crédits d'investissement en constituent la majeure partie (65 %). Le solde net des modifications de crédits opérées en 1995 par la voie administrative au budget général a atteint 85. . Les crédits reportés de 1994 ont majoré de 47.25.0 637.2 1. Des commentaires généraux sont ensuite fournis sur le thème : "Régulation : Droit budgétaire et répartition des pouvoirs. s'élèvent à 26.7 11.2 2 538. 52. les arrêtés correspondants intervenant du 26 janvier au 5 mai 1995.9 milliards les dotations ouvertes en 1995. des montants définitifs des reports de crédits des budgets civils sur l'exercice suivant : 51. Les mesures de régulation budgétaire ont porté.0 2 496.les mesures de régulation prises tout au long de l'année. soit 5% des crédits initiaux (111. les impayés et reports de charges de 1996.3 milliards. y compris pour les dépenses en capital. La situation reste en revanche peu satisfaisante pour les reports des crédits militaires. la régulation budgétaire a fait l'objet d'une appréciation d'ensemble.7 milliards. portent sur : .5 4 899.0 165. où les retards s'aggravent.0 643.

les exemples d'imputations irrégulières sont. ces dépassements ne concernent que des crédits évaluatifs et ne sont pas constitutifs d'irrégularités au sens de l'ordonnance de 1959. interviennent trop tardivement pour permettre une utilisation complète des crédits (huit arrêtés ont été pris après le 15 décembre). après avoir atteint 15.5%. deux cas seulement de contractions de recettes et de dépenses. mais comparable à celui de 1993 (29 milliards). Certains. cotisations et prestations sociales.6 milliards en 1994. s'élèvent à 143.8 milliards en 1993. déjà relevés lors des exercices précédents. 54.la nette diminution de certains dépassements constatés les années antérieures (frais de justice et réparations civiles. avec 6. aucun dépassement de crédits provisionnels ou limitatifs. 55.1% du montant des crédits initiaux du budget général. en raison d'une réduction des dépenses ou d'une meilleure estimation des dotations initiales. . le montant des crédits annulés (28. pour des montants réduits.1 milliard au lieu de 1. plus nombreux et parfois répétitifs.8 milliards.3 milliards. concernant les seuls personnels militaires. soit 9. Corrélativement. Les virements de crédits continuent de diminuer (1. enfin. fonds national de chômage). Hors titre I. notamment sur les budgets des Affaires étrangères.4 en 1994) est due en partie aux crédits en provenance des fonds structurels européens. une amélioration des délais de rattachement a été constatée. ont porté sur 155.6 milliards.6 millions manquant sur le chapitre de rémunération des personnels militaires.2 milliards) diminuent de 28.9% des dépenses. en baisse de 2.3 milliards. s'établissant à 33.9 milliards pour les seuls crédits d'investissement de la défense) est près de trois fois supérieur à celui de 1994. alors qu'elles atteignaient 6.6 milliards en 1994 et 7.un important dépassement des crédits affectés aux primes d'épargne populaire qui constitue. après intervention de l'arrêté dit de "grande répartition militaire" qui a comblé les 33.8 milliards. voire leur disparition (bonification d'intérêts). Parallèlement aux transferts répétitifs. d'autres donnent lieu à des mouvements dont la complexité nuit à la clarté de l'utilisation des crédits. contre 13 milliards en 1994. L'augmentation de 3% du montant des fonds de concours (65. soit une augmentation de 48. Les répartitions en provenance du budget des charges communes au profit des mesures exceptionnelles en faveur de l'emploi et de la formation professionnelle n'ont pas dépassé 3. ci-dessus. essentiellement sous l'effet de la réduction des répartitions pour dépenses non encore ventilées. .5% par rapport à 1994) et les mesures qui les ont précédées ont fortement marqué la gestion budgétaire de 1995. soit 0. dont l'économie pourrait être faite en ouvrant directement les crédits sur les chapitres supportant la dépense. En dehors du cas signalé dans l'oservation n°29. L'ampleur des annulations (43. Les répartitions de crédits globaux (11. Les modifications opérées en cours d'exercice dans la répartition des crédits.9 millions).La pratique du gel et des annulations de crédits redevient en 1995 un instrument essentiel de la régulation budgétaire.3 milliards contre 63. Cependant.3% sur 1994. On peut noter : . 41% du total des dépassements du budget général. dont le montant est stable.2 en 1994). en revanche.6 milliards. inexistant depuis 1992 . limitées à 10. . n'a été relevé. de la Coopération et de la Défense.la réapparition d'un dépassement sur les crédits de pensions (241. contre 255. comme celle des "chapitres-réservoirs" masquant l'objet voire le montant des dépenses réelles ou celle de répartitions altérant la nature des dépenses autorisées. des pratiques regrettables se poursuivent. Essentiellement concentrés sur les dépenses ordinaires des services civils. dont 11. Les dépassements de crédits portent sur 16 milliards (contre 11.8 millions en 1994. ont été relevés par la Cour. les ajustements. 53. dont les recouvrements atteignent 13.2 milliards.1 milliards.8 milliards en 1994 et 24 milliards en 1993). L'amélioration de la gestion des crédits de personnels continue. Les transferts de crédits. En revanche.6 millions.

D.1 milliards. dont l'ampleur croissante était déjà signalée l'an passé pour la plupart des ministères.6 milliards.F.M.3 milliard. La procédure de confirmation directe des créances de certains organismes publics envers l'Etat fait apparaître une dette des administrations de 7 milliards.Pour le budget général. Sont particulièrement concernés : . ont été aggravés fin 1995 par les mesures de régulation budgétaire et l'annonce tardive du raccourcissement de la période complémentaire. dont l'arrêté général de reports de crédits d'investissements pour 10. la totalité des reports a été réalisée avant le 30 juin 1996. Après 1.Pour les comptes spéciaux du Trésor. ce sont 11.D. pour les budgets civils. 57. .2 milliard par des paiements anticipés au titre des "contrats initiative emploi" . . peuvent être évalués à 28.le budget des Affaires sociales et de la santé pour lequel. Les plans d'apurement n'ont pour l'instant pas amélioré la position vis à vis de France Télécom.6 milliard) pour des factures d'énergie. La publication des derniers arrêtés de reports de crédits civils étant intervenue le 29 août 1996. seule l'attente des derniers arrêtés de reports de crédits ordinaires du budget de la Défense retardera légèrement l'établissement des comptes définitifs de l'Etat. . . est évalué à 2.5 milliards. (0. (2 milliards) et de G. dont les créances se sont alourdies de 2.8 milliards) intervenus en cours d'année n'ont apparemment pas suffi à entraîner une limitation corrélative des engagements de crédits pour au moins minimiser les reports de charges . Les importantes annulations d'autorisations de programme (21. interviendra dans des délais améliorés d'un mois par rapport à l'an passé . . L'Etat reste débiteur vis à vis d'E.les comptes retraçant les opérations de privatisation pour 1. et 1. de l'emploi et de la formation professionnelle.5 milliards pour le R. les reports de charges vers 1996 sont évalués à 1.9 milliards dont l'ordonnancement a dû être reporté sur 1996.9 milliards . l'armée de terre étant la plus touchée.le budget d'investissement de la Défense pour lequel. deux arrêtés de report de crédits militaires ayant été signés à cette date. . Le calendrier des reports de crédits vers 1996 a connu une sensible amélioration. par manque ou indisponibilité de crédits.2 milliards en 1994. ses créances étant ramenées à 269 millions contre 455 en 1994. Les reports de charge. l'établissement des comptes définitifs. compensés à hauteur de 0. après 3.le budget de la Recherche pour lequel le retard dans l'ouverture des crédits de paiement.6 milliards .6 milliard l'année précédente. cette légère amélioration est due aux ouvertures de crédits de la loi de finances rectificative du 4 août 1995 (3. avec le financement des exonérations de cotisations sociales pour lesquelles le report de charges est de 2. .F.5 milliards à 2. 50 milliards étaient déjà reportés le 5 juillet 1996.3 milliard pour l'Allocation aux adultes handicapés) .56. l'ensemble des arrêtés de reports était publié le 31 mai 1996. Les dépenses auxquelles les services de l'Etat n'ont pas pu faire face en 1995. assimilable à un report de charges sur 1996. les résultats sont meilleurs vis à vis de l'Imprimerie Nationale pour des montants moindres.Pour les budgets annexes.le budget du Travail.4 milliard. .I.