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2 | VENDREDI 31 JUILLET 2015 | LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ

VOUS&NOUS

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LE BILLET

PAR GEORGES BOURQUARD

Rebsamen, moi maire, moi ministre…

François Rebsamen a retenu la leçon de Coluche, il prend les choses du bon côté. Quand tombent les chiffres du chômage chaque fin de mois, c’est le monsieur qui explique que c’est pas plus mal que si c’était pire. Rebs pour les intimes est bien placé pour parler du chômage, il est ministre du Travail. Rebsamen avait laissé à Alain Millot son fauteuil de maire de Dijon pour entrer au gouvernement. Selon la règle gravée dans le marbre par le moi président Hollande : pas de cumul, chacun chez soi et les sans- emploi seront bien gardés. Alain Millot venant de décéder, Rebsamen est soudain saisi d’une bouffée de nostalgie dijonnaise. La mairie lui manque, la présidence d’agglomération aussi. Rebsamen aurait-il épuisé les charmes de la fonction de ministre ? La courbe du chômage qui traîne à s’inverser serait-elle plus têtue que lui ? Rien de tout ça. Rebsamen veut tout, rester ministre mais aussi être maire, président d’agglo et tout le saint-frusquin. Dommage que le siège de duc de Bourgogne soit passé de mode, il l’aurait lorgné. C’est un dur à la tâche, Rebsamen, avec lui Valls peut dormir sur ses deux oreilles. Au lieu de ça, le Premier ministre le rappelle sèchement au règlement : c’est Paris ou Dijon, pas les deux. Et Rebsamen qui se croyait malin avec ses dons d’ubiquité… Il manque vraiment d’humour Manuel Valls, un petit couac gouvernemental au cœur d’un été à l’ambiance de plomb n’aurait fait de mal à personne.

ULA QUESTION DU JOUR

L’absence de permis de conduire peut-elle être moins gravement sanctionnée ?

@ LA RÉPONSE À LA QUESTION D’HIER :

Michel Platini ferait-il un bon président de la Fifa ?

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En vidéo : en Afrique du Sud, un éléphanteau agacé par des oiseaux

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à lire sur le site du Dauphiné Libéré : ledauphine.com LEDOSSIERDUJOUR | ENISÈRE Le vendredi 30juillet
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LEDOSSIERDUJOUR | ENISÈRE

Le vendredi 30juillet 2010, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, tenait, en fin de matinée à la préfecture de l’Isère, ce qui demeure comme “le discours de Grenoble” en réponse aux violences survenues dans le quartier de la Villeneuve. Qu’en reste-t-il cinq ans plus tard ? Éléments de réponse avec Olivier Ihl, directeur honoraire de l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble, professeur de science politique.

P our le politologue Olivier Ihl, plusieurs aspects se dégagent aujourd’hui.

1 Une stratégie politique qui n’est plus d’actualité

« Il reste le souvenir d’une stratégie politique, d’une su­ renchère sécuritaire pour qu’une partie de l’électorat de l’UMP ne rejoigne pas le Front national. Les élections européennes et les Régiona­ les de 2009et 2010 s’étaient révélées favorables au parti d’extrême droite, et, à l’ouverture qui a présidé au début du mandat de Nicolas Sarkozy, vont succéder les débats sur l’identité nationa­ le, l’islam et la République.

Aujourd’hui, il veut repro­ duire le siphonnage de l’électorat d’extrême droite opéré en 2007. Ce n’est plus à l’ordre du jour aujourd’hui chez Les Républicains, à part peut­être en Provence­Al­ pes­Côte d’Azur où Christian Estrosi est obligé de courir après Marion Maréchal­Le Pen… »

2 Un désastre politique, juridique et moral

« Si l’on prend un peu de re­ cul, la plupart des mesures qu’il avait annoncées ont été soit abandonnées par l’UMP – comme la déchéance de nationalité pour les person­ nes d’origine étrangère

ayant porté atteinte à la vie d’une personne dépositaire de l’autorité publique – soit – la plupart ! – retoquées par le Conseil constitutionnel, c’est­à­dire considérées comme non conformes au droit français et aux valeurs de la République. Je note d’ailleurs que NicolasSarko­ zy a lui même fait son mea culpa l’année dernière sur la question ».

3 La stigmatisation d’une ville et d’un quartier

« Localement, il reste la stig­ matisation d’un quartier ! Quant à l’image de la ville, elle a été ternie par cette cor­ rélation à la violence… »

4 La progression de ces “idées” dans l’opinion

publique

« Ce qui est frappant, c’est de voir comment la question du lien entre sécurité, nationali­ té et immigration a progressé dans l’opinion publique.De plus en plus portées au pina­

Ce que le président Nicolas Sarkozy avait annoncé ce jour-là à Grenoble

Ü La création d’un Gir

départemental

«Je demande que soit créé à Grenoble et dans l’Isère un Gir (Groupe d’inter­ vention régional) départe­ mental qui pourra porter l’effort d’investigation ju­ diciaire au plus près des besoins. Et j’entends que les services fiscaux soient pleinement associés à cet­ te expérimentation.»

Ü Le nouveau préfet

endroit.»

Ü Le “Grenelle de la

sécurité”

«Si je n’étais pas venu, on m’aurait reproché de ne pas prendre la mesure de la situation ; je viens et on me reproche de stigmati­ ser. Quant au “Grenelle de la sécurité”, pourquoi pas ? Mais si je dis “j’orga­ nise un colloque”, qui m’aurait pris au sérieux ?»

Ü La vidéosurveillance

crier à l’atteinte aux liber­ tés individuelles. Je les

laisserai faire…»

Ü Les polices

d’agglomération

«Dans le même esprit, la création des polices d’ag­ glomération permet de re­ grouper les moyens de la police et de la gendarme­ rie dans les grandes mé­ tropoles. C’est déjà le cas depuis l’an dernier en ré­ gion parisienne. Lille, Lyon et Marseille seront bientôt concernées…»

Ü Les peines

planchers

Ü Le bracelet

électronique

Ü

peines planchers Ü Le bracelet électronique Ü des digues morales ont cédé. La France se montre

des digues morales ont cédé. La France se montre inquiè­ te, anxieuse ; le climat n’est pas sain politiquement. Il convient de retrouver de la sérénité dans tout cela ».

7 Les oubliettes de l’Histoire

« Pour autant, symbole de la démission du chef de l’État par rapport aux valeurs de la République, ce discours sera rejeté dans les oubliettes de l’Histoire, d’autant que son propre auteur s’en est dé­ marqué. Nicolas Sarkozy tente son retour avec un tout autre profil… »

Propos recueillis par Philippe GONNET

Le 8 octobre, à Toulouse : alors

«La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait vo­ lontairement porté attein­ te à la vie d’une personne dépositaire de l’autorité publique. Je souhaite que l’acquisition de la nationa­ lité française par un mi­ neur délinquant au mo­ ment de sa majorité ne soit plus automatique.»

Ü Les établissements de réinsertion scolaire

ISÈRE | En réponse aux émeutes de la Villeneuve, survenues après le braquage du

Grenoble a­t­elle oublié

survenues après le braquage du Grenoble a­t­elle oublié C’était le 30 juillet 2010, à la préfecture

C’était le 30 juillet 2010, à la préfecture de l’Isère (de gauche à droite), Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Justice, Nicolas Sarkozy, président de la République, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, et Eric Le Douaron, préfet de l’Isère. Photo Le DL/Lisa MARCELJA

cle, ces thématiques s’impo­ sent de plus en plus comme une évidence sociale, et les attentats dejanvier n’ont rien arrangé… »

5 La gauche a été touchée

« Même à gauche, on as­ siste à un abandon de doctri­ ne sur ce terrain.Au nom du “réalisme”,il y a des propos – je pense à ceux du Premier ministre… – qui sont très dif­ ficilement entendables sur les Roms ».

6 Un effet paradoxal

« Alors même que cette emphase a été invalidée juri­ diquement et politiquement,

LA PHRASE

} Si c’était à refaire ? Je ne le referais pas pareil. ~

Nicolas Sarkozy

candidat à la présidence de l’UMP. L’ancien chef de l’Etat est revenu sur le “célèbre” discours de Grenoble, prononcé en 2010.

une réforme fondamenta­ le. Elles s’appliquent aujourd’hui aux multiréci­ divistes. Je souhaite qu’el­ les soient désormais éten­ dues à toutes les formes de violences aggravées, c’est­à­dire sur des per­ sonnes dépositaires d’une autorité publique.»

«Je souhaite le dévelop­ pement de son champ d’application à l’égard des multirécidivistes, sous le

contrôle du juge. En cas de nouvel incident, cela permettrait aux policiers ou aux gendarmes d’inter­ venir rapidement.»

La déchéance de la

Oui

58 %

Non

42 %

La déchéance de la Oui 58 % Non 42 % «Il y a eu un grand

«Il y a eu un grand débat pour savoir si un policier pouvait être préfet. Un po­ licier est un serviteur de l’État ; un préfet aussi. Il ne faut pas condamner l’action de son prédéces­ seur. Mon devoir de chef de l’État est de mettre la bonne personne au bon

«Qui peut penser que quelques îlotiers suffi­ ront ? La vidéosurveillan­ ce, on en a besoin. 60 000 caméras seront installées d’ici 2012 et certaines se­ ront embarquées sur les véhicules patrouillant la nuit. J’entends certains

«Je vais demander au Par­ lement d’examiner dès la rentrée les peines plan­ chers aux auteurs de vio­ lences aggravées. C’est

nationalité française

«Nous allons ouvrir à la rentrée une vingtaine d’établissements de réin­ sertion scolaire, qui dispo­ seront d’un encadrement renforcé et adapté. Je sou­ haite qu’un tel établisse­ ment soit ouvert à Greno­ ble ou dans l’Isère.»