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GEJ4 de Jacob Lorber

CH120,2 : De la procréation chez les animaux et chez les hommes. Chez tous les
animaux, l'acte d'accouplement n'est qu'une stimulation de ce qui est déjà présent dans le
corps de la femelle ; car les amas de vie animique des plantes et des animaux s'assemblent
en nombre et en ordre déterminé au lieu prévu de la matrice.
Une fois là, ils excitent d'abord la mère, dont l'excitation à son tour stimule le mâle, et
celui-ci vient alors féconder la femelle, non en y déposant une nouvelle semence, mais
seulement pour éveiller à l'activité l'amas vivant déjà présent dans la mère.
Voici comment cela se produit : la semence du mâle„ constituée d'esprits vitaux plus libres
et non liés, provoque pour cette raison même une véritable révolution chez les esprits vitaux
liés dans l'amas vivant maternel et les contraint à l'activité, contrainte sans laquelle ils
s'oublieraient dans leur douce oisiveté et ne s'assembleraient jamais pour constituer
intérieurement une créature.
Les esprits de la semence du mâle taquinent et démangent sans relâche les esprits vitaux
qui sont dans la femelle et ne leur laissent pas de paix, ce à quoi les esprits vitaux de la
mère résistent également sans relâche, parfois jusqu'au point, s'ils sont suffisamment forts,
de réduire au silence les esprits de la semence du mâle, et les paysans disent que la
semence ne prend .pas. Car les esprits vitaux de l'amas maternel sont trop enclins au repos
pour accepter de bon gré une quelconque activité continue et ordonnée.
14 : Mais il ne faut pas transposer cet exemple à la conception et à la formation d'un être
humain de cette terre ; bien qu'il y ait là, bien des choses semblables, elles ont une cause
fort différente ! II est vrai que la femme de l'espèce humaine a aussi déjà en elle une
substance naturelle ; mais lorsque la conception intervient, une petite masse de substance
est bien sûr là aussi fécondée et stimulée, mais elle est transportée comme un grain de
raisin détaché d'une grappe à la place qui doit être la sienne, et une âme déjà achevée la
rejoint alors et prend soin pendant quelque temps de ce grain de vie jusqu'à ce que la
substance de celui-ci en arrive au point où elle-même concentrée, peut pénétrer dans
l'embryon d'une consistance plus fluide, tâche à laquelle l'âme se consacre pendant deux
lunes.
Une fois qu'elle a pris pleine possession de l'embryon dans le sein de la mère, l'enfant prend
vie de façon sensible, et il croît ensuite rapidement jusqu'à la taille normale. Tant que les
nerfs de l'enfant de chair ne sont pas pleinement constitués et actifs, l'âme travaille
consciencieusement et avec le plus grand zèle, pour organiser le corps selon ses besoins ;
mais une fois que tous les nerfs sont constitués et que l'esprit qui n'a cessé de se
développer en eux fonctionne de façon tout à fit ordonnée, l'âme s'adonne de plus en plus au
repos et finit par s'endormir complètement dans la région des reins.
Elle n'est désormais plus du tout consciente 'elle-même et se contente de végéter, sans le
moindre souvenir de l'ancien état de nature où elle était nue. Ce n'est que quelques
semaines après la naissance, qu'elle commence peu à peu à se réveiller, ce que l'on
remarque bien avec la diminution de la somnolence ; mais il faut encore du temps pour
parvenir à quelque forme de conscience. Quand l'enfant entre en possession du langage,
alors seulement une véritable conscience se fait jour dans l'âme sans aucun souvenir; car
aussi bien, ceux-ci ne serviraient à rien pour la poursuite du développement supérieur de
l'âme. A présent, l'âme, contenue toute entière dans la chair, ne voit ni ne connaît rien
d'autre, pour le moment, que ce que lui représentent les sens du corps, et elle ne peut rien
reconnaître d'autre en elle-même, parce qu'elle est et doit être plongée dans l'obscurité par
la masse de sa chair de telle sorte que, le plus souvent, elle ne sait pas du tout qu'elle
pourrait exister par elle-même et sans la chair.
Pendant très longtemps, elle se sent parfaitement identique à la chair, et il en faut beaucoup
pour amener une âme incarnée jusqu'au point où elle commence à se sentir et à se
considérer comme quelque chose en soi, ce qui est pourtant de la plus haute nécessité ; car
sans cela, elle ne pourrait renfermer l'esprit en elle et bien sûr encore moins l'éveiller. C'est
seulement quand l'esprit commence à s'éveiller dans l'âme que la lumière se fait peu à peu
en elle; elle commence à mieux se connaître et à découvrir tout au fond d'elle-même des
choses cachées dont, bien sûr, elle ne sait encore guère que faire.
Ce n'est que lorsque l'esprit et sa puissante lumière sont un fait pleinement accompli dans
l'âme, que celle-ci retrouve toute sa mémoire, mais cela bien sûr sous un nouveau jour
radieux. II n'y a plus lors, ni erreur ni illusion, mais seulement une vérité céleste éclatante, et
l'âme elle-même devient une avec son esprit divin, et tout en elle et au dehors devient toute
joie et toute félicité