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Le matériel et les fournitures pédiatriques

d’urgence nécessaires en cabinet


Comité de la pédiatrie communautaire, Société canadienne de pédiatrie (SCP)

Paediatrics & Child Health 1999;4(3):219-220


No de référence : CP98-05

Révision en cours en février 2007

La révision par les pairs et les documents pédiatriques récents permettent d’avancer que les
médecins en cabinet qui soignent des enfants doivent disposer du matériel, des fournitures et
des médicaments d’urgence de base pour faire face aux situations occasionnelles constituant
un danger de mort et susceptibles de se produire en cabinet.

Le matériel, les fournitures et les médicaments ‹‹recommandés›› sont considérés comme


optimaux pour prendre l’enfant en charge jusqu’à son arrivée au département d’urgence de
l’hôpital. Le choix des articles dépend du type de pratique et de l’emplacement du cabinet.
Par exemple, un médecin dont le cabinet se trouve à plus d’une demi-heure de l’hôpital pourra
garder en réserve un plus grand nombre d’articles ‹‹souhaitables››.

S’il ne détient pas une trousse d’urgence de base, le médecin s’expose à des problèmes
médicolégaux. Par ailleurs, tous les médecins qui s’occupent d’enfants devraient être au fait
de la méthode de réanimation cardiorespiratoire pour les enfants et se tenir à jour.

La Société canadienne de pédiatrie recommande que le médecin possède dans son cabinet les
articles énumérés dans les tableaux ci-dessous. Tous les médicaments devraient être conservés
dans un contenant de matériel d’urgence verrouillé, dont il faudrait vérifier la date de
péremption régulièrement. Le coût de ces articles totalise moins de 1 000 $.

TABLEAU 1 : Fournitures recommandées en cabinet pour les troubles vasculaires

Recommandées
Accès vasculaire
Aiguilles papillons (diamètre 25, 23, 21)
Cathéters à demeure (diamètres 24 à 18)
Solutés et tubes à perfusion intraveineuse
Soluté physiologique normal
(deux sacs de 500 ml)
Soluté physiologique normal avec dextrose 5 %
(deux sacs de 500 ml)
Tubulure de rallonge
Chambres compte-gouttes (Solusets)
Seringues (1 cc, 5 cc, 10 cc) et aiguilles
Diachylon
Garrot (bande de caoutchouc, tubulure)
Tensiomètre (avec brassards assortis)
Souhaitables
Connecteurs en T
Planches à bras
Aiguilles intraosseuses (diamètre 16)

TABLEAU 2 : Médicaments d’urgence recommandés en cabinet

Recommandés
Épinéphrine pour anaphylaxie
(solution 1:10 000 : 0,1 mL/kg)
(solution 1:1 000 : 0,01 mL/kg)
Diazépam (0,1 mg/kg toutes les 5 minutes,
maximum de 0,3 mg/kg par voie intraveineuse
ou de 0,5 mg/kg par voie rectale [maximum de 10 mg/dose])
ou Lorazépam (0,1 mg/kg par voie intramusculaire ou intraveineuse)
Dextrose (25 % : 1 à 2 mL/kg et 10 % : 2,5 à 5 mL/kg)
Salbutamol en aérosol, de trois à six bouffées
Cartes ou ruban de dosage
Souhaitables
Salbutamol pour nébuliseur (0,03 mL/kg; maximum de 1 mL)
Nébules de Salbutamol de 2,5 mL:
< 10 kg: 2,5 mg
> 10 kg: 5 mg
ou épinéphrine (1:1 000) sous forme de nébulisation en cas d’obstruction
des voies respiratoires (p. ex., croup);
0 à 10 kg : 2,5 mL, 10 kg : 5,0 mL
Facultatifs
Bicarbonate de soude (concentration régulière et demi-concentration)
(1 à 2 méq/kg par voie intraveineuse)
Naloxone (0,1 mg/kg, jusqu’à un maximum de 2,0 mg,
par voie intraveineuse ou intramusculaire)

TABLEAU 3 : Fournitures et matériel divers recommandés en cabinet pour les


traumatismes

Recommandés
Tubes nasogatriques (calibres 10 et 16) français
Contenant de matériel d’urgence (boîte pour chariot)
Liste des numéros de téléphone d’urgence (police, hôpital, etc.)
Gants sans latex
Souhaitables
Pansements, bandages, attelles
Stéristrips
Sphygmo-oxymètre
TABLEAU 4 : Fournitures recommandées en cabinet pour les troubles respiratoires

Recommandées
Masque et ballon (autogonflable avec réservoir)
Volume pour enfants : 100 à 700 mL
Volume pour adultes : 700 à 1 000 mL
Masques à oxygène (adulte, enfant, nourrisson)
Bonbonne à oxygène et valvule avec débimètre
Tubulure à oxygène
Chambre d’inhalation pour médicaments en aérosol
(pour adultes et pour nourrissons)
Souhaitables
Laryngoscope et lames avec canules endotrachéales
(diverses dimensions)
ou masques pour tubage laryngé (diverses dimensions),
selon le niveau d'expertise
Machine et cathéter pour aspiration
Embouts d’aspiration (Yankauer)
Compresseur, nébuliseur et masque
Facultatives
Canules nasales

QUELLE(S) TROUSSE(S) D’URGENCE POUR L’AFRIQUE ?


P. Hemou1, F. Tounou2, P. Mouzou3, T. Mouzou 4, A. Aholu1, S. Eho 5 M. Bodjona 6
1DAR Cochin Paris, 2 DAR Avicenne, 3 Hôpital de Châteauroux, 4 CHU Lomé, 5 CH Lentz Lille 6 Hôpital Ledantec Dakar

RATIONNEL
Outre la pénurie en personnel médical, paramédical et médico-technique qualifié, les obstacles au maintien de la chaîne de
survie en Afrique tropicale relèvent de multiples contraintes :
- situations de précarité pré-hospitalières et hospitalières ;
- contraintes climatiques et pharmacologiques avec les problèmes de conservation des produits, en particulier le maintien de
la chaîne de froid pour certains médicaments et vaccins ; contraintes liées à l’isolement et à l’hostilité du relief ;
- contraintes opérationnelles propres aux évacuations sanitaires (EVASAN): poids, volume et robustesse du matériel.

Le but de ce travail est de proposer un paquet minimum de médicaments et de matériels, obligation médico-légale de
moyens et maillon essentiel de la chaîne de survie, de la trousse standard au chariot d’urgence et de réanimation. Cette
trousse doit répondre aux critères d’efficacité immédiate, de tolérance, de sécurité et de facilité d’emploi, en cohérence avec
les priorités et les réalités du terrain, dans un but d’harmonisation à défaut de standardisation des pratiques.
P. HEMOU : Quelle trousse d’urgence pour l’Afrique ? Revue Africaine d’Anesthésiologie et de Médecine d’Urgence (RAMUR), Tome
4, Supplément 1, 1999
MATERIELS ET METHODE
Analyse des contraintes à l’occasion des missions successives de l’association «Coopération Internationale pour la Médecine
d’Urgence» (CIMU) aussi bien pédagogiques depuis 1999 que de partenariats hospitaliers France-Togo depuis 2000, avec
nécessités de réajustements imposés par les bilans de suivis périodiques.

RESULTATS ET DISCUSSION

Au regard de ces contraintes et de certains critères tels que efficacité, tolérance, robustesse et facilité de transport et de
conservation, nous avons abouti à des propositions conjointes avec nos partenaires de Kara et de Lomé, avec deux
options complémentaires, sujettes à discussion et ouvertes aux propositions d’améliorations:
1. trousse dite « minimum vital » : avec des consommables à visée diagnostique et thérapeutique ((thermomètre ;
tensimètre ; appareil à dextro ; matériel pour prélèvements ou perfusion ; canule de Guedel pour libérer les voies
aériennes ; gel d’eau ) ainsi que 15 médicaments dont le plus petit dénominateur commun (non exhaustif) est constitué
par : les analgésiques oraux, parentéraux ou locaux, les antiseptiques, l’adrénaline (ANAPEN®), une benzodiazépine,
les sprays de B2+( salbutamol) et de trinitrine, des ampoules de glucosé et de salé hypertoniques; un anti paludéen
(quinine ?), un AB d’urgence (métronidazole ?)
2. trousses en fonction du plateau technique, des conditions locales, des circonstances cliniques et du terrain ( adulte,
femme enceinte, enfant, etc) : un aspirateur de mucosités au moins mécanique, un ballon auto-remplisseur type Ambu,
un masque à haute concentration d’oxygène et pour aérosols et une mention spéciale pour l’intubation difficile
(mandrins spéciaux, masque laryngé fastrack, mini trach percutanée, fibroscope ??) et le micro-hématocrite
( HEMOCUE). Toujours prévoir les possibilités de suppléance manuelle ainsi que les garanties de maintenance et
d’approvisionnement en pièces détachées ou en pharmacie.)

CONCLUSION
En situation d’urgence, le pronostic ultérieur des patients dépend toujours de la mise en condition initiale.
Ainsi cette démarche d’harmonisation des bonnes pratiques cliniques sur le continent devrait contribuer à l’amélioration de
la prise en charge sur place des urgences vitales hospitalières et extrahospitalières en Afrique, en complément des gestes de
survie : « Airway-Breath-Circulation » et Immobilisation, toujours prioritaires et d’actualité (le « Drug » faisant partie de la
trousse d’urgence) . Ne seront pas négligés les positions d’attente et gestes tels : PLS chez le comateux , maintien de « l’axe
tête-cou-tronc » chez le polytraumatisé, surélevation de jambes chez le sujet choqué, compressions vasculaires à but
hémostatique.
Les limites tiennent cependant à la fragilité de certains médicaments. De même il faudra privilégier les conditionnements en
matière plastiques et non les ampoules qui sont cassables ( dans une valise d’urgence à roulettes ?).
Problèmes à résoudre : ceux de la miniaturisation en situations de précarité pour l’épuration d’eau, l’autonomie d’énergie
(électricité ; torche à disposition ), l’extraction d’oxygène, les moniteurs multiparamétriques munis d’un DSA ?

Proposition de contenu d’une trousse d’urgence destinée au


généraliste
AINS diclofénac amp. 75 mg/3 ml (i.m.)

Antibiotique - amoxicilline 1 g (i.m.)


- céfuroxime 750 mg (i.m. et i.v.)

Analgésique - paracétamol à usage o ral


- morphine amp. 10 mg/1 ml (s.c. - i.m. - i.v.)

Antagoniste naloxone amp. 0,4 mg/1 ml (i.m. - i.v. - s.c.)


morphinique
Antiagrégant acide acétylsalicylique compr. efferv. d’enviro n 300 mg

Antiangoreux dinitrate d'isosorbide compr. sublingual 5 mg

Antiarythmique - vérapamil amp. 5 mg/2 ml (i.v. lente)


- aadénosine amp. 6 mg/2 ml (i.v. rapide)

Anticholinergique atropine amp. 0,5 mg/ml (i.v.)

Antiémétique métoclopramide amp. 10 mg/2 ml (i.m. - i.v.)

Antiépileptique - diazépam amp. 10 mg/2 ml (i.v. ou par vo ie


intrarectale à l'aide d'une rectiole)
- lorazépam amp. 4 mg/1 ml (i.v.)

Antihistaminique H1 prométhazine amp. 50 mg/2 ml (i.m.)

Antipsychotique halopéridol amp. 5 mg/1 ml (i.m.)

Anxiolytique benzodiazépine o rale (durée d'act ion intermédiaire)

Bronchodilatateur - salbutamol aéro so l do seur


- bromure d’iprat ro pium aérosol doseur

Corticostéroïde méthylprednisolone amp. 125 mg/2 ml (i.m. - i.v.) (de


préférence sans agent co nservat eur) et compr. 32 mg
- bétaméthasone 0,5 mg/ml

Diurétique furosémide amp. 20 mg/2 ml (i.m. - i.v.)

Médicament - glucagon 1 mg/1 ml (i.m. - i.v. - s.c.)


- glucose amp. 3 ou 5 g/10 ml (i.v.)
hyperglycémiant
Ocytocique méthylergomét rine amp. 0,2 mg/1 ml (i.m. - s.c.)

Spasmolytique butylhyoscine bro mure amp. 20 mg/1 ml (i.m. - i.v. -


s.c.)

Sympathicomimétique épinéphrine amp. 1 mg/1 ml (1/1.000) (i.m.)

3. MATERIELS

tensiomètre, stéthoscope

marteau réflexe

Canule de Gedel

Seringue à insuline

Dextro + lancettes

Boîte de petite chirurgie

Bistouris

Doigtiers

Vaseline

Fer à repasser AMG

Thermomètre

Gants

Fils à sutures, stéristrips

Pinces

4. MEDICAMENTS

4.1. urgences:

G30 ou sucre

ADRENALINE (1 rinçure en IV ou 1/2 amp SC)

TEMGESIC
SPASFON

AINS

ASPIRINE

VALIUM

BARALGINE (?)

MORPHINE SC

CODOLIPRANE

LASILIX

BRICANYL inj + Ventoline Spray

SOLUMEDROL (ou SOLUDECADRON, HYDROCORTISONE..)

CELESTENE GOUTTES

VALIUM ((+ canule rectale enfants

DICYNONE INJ

EQUANIL

DOGMATIL, BARNETYL inj

PRIMPERAN

SALBUTAMOL

TANGANIL inj

POLARAMINE inj

4.2. VO

BZD

ADALATE 20 LP OU 10

NATISPRAY OU RISORDAN 5

PRIMPERAN

STEDIRIL

MECHES COALGAN

AINS
LASILIX

IMODIUM

ASPEGIC

Prise en charge symptomatique d’une mastocytose


systémique
Martine Morisset, Patricia Sergeant, Simone Widmer, GisèleKanny
Médecine Interne, Immunologie Clinique et Allergologie. Hôpital Central. 54035
NANCY cedex.
Traitement symptomatique
- Anti-H1
- Cromoglycate de sodium per os : prévention de la dégranulation des
mastocytes digestifs
- Biphosphonates : si ostéoporose
- Puvathérapie : sédation des lésions cutanées prurigineuses
- Trousse d’urgence et rédaction d’un protocole de soins et
d’urgence
- Adrénaline IM si détresse cardio-circulatoire (choc anaphylactoïde).
Disponible en stylo autoinjectable,
Anapen® dans les pharmacies des hôpitaux français.
- Beta2 mimétique (salbutamol ou terbutaline) en spray avec chambre
d’inhalation
- Corticoïdes per os
(Le traitement de fond est évalué au cas par cas : corticothérapie, interferon alpha,
imatinib (inhibiteur de la tyrosine
kinase)…et n’est pas l’objet de cette fiche pratique)
Service de Médecine Interne, Immunologie Clinique et Allergologie - Hôpital Central - 29, Av. de Lattre de
Tassigny - 54035 NANCY Cedex
http://www.cicbaa.org
Mesures hygiéno-diététiques
- Limiter les stimuli déclenchants : frictions, chocs thermiques (bains),
voire exercice physique ou
émotions intenses
- Eviter les piqûres d’insectes et en particulier les hyménoptères (abeille,
guêpe), le contact de méduses,
raie, chenilles processionnaires, les morsures de serpents, etc…
- Eviter les aliments histamino-libérateurs
Type d’aliment Aliments à éviter
Végétaux Choucroute, fraises, tomates (sauce tomate ++), épinards
Viandes Charcuterie (saucisson ++), gibier faisandé, abats
Poissons
Fruits de mer
Fruits de mer, poissons fumés, poisson à chair rouge (thon,
maquereau, saumon …), anchois, sauce nuoc man
Autres produits d’origine
animale
Fromages à pâte cuite : gruyère, beaufort, gouda. Blanc
d`oeuf en quantité importante
Boisson
Vins (alcool)
Autres Chocolat, aliments très épicés, abus de caféine ou thé
Médicaments contre-indiqués
Aspirine, Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
Codéine et dérivés morphiniques
Dextromethorphane bromhydrate (anti-tussifs sédatifs ++)
Amphétamines
Antibiotiques HL : Vancomycine ++, polymyxine B +/- colistine, Quinolones
Anti-hypertenseurs : bétabloquants ++, inhibiteurs de l’enzyme de
conversion (IEC), réserpine,
hydralazine.
Divers : Protamine, amphotéricine B iv, Scopolamine (soins palliatif
essentiellement), pilocarpine
(collyre), thiamine injectable, quinine ?, néomycine ?
En cas de réalisation d’examen avec produits de contraste
iodés (PCI):
Utiliser un PCI normo-osmolaire avec prémédication par hydroxyzine la
veille et 1 heure avant
l’examen et corticothérapie _ mg/kg j à débuter 3 jours avant l’examen.
En cas d’anesthésie locale,
Utiliser de préférence un anesthésiant de type lidocaïne, sans
conservateur ni vasoconstricteur.
Service de Médecine Interne, Immunologie Clinique et Allergologie - Hôpital Central - 29, Av. de Lattre de
Tassigny - 54035 NANCY Cedex
http://www.cicbaa.org
En cas d’anesthésie générale et d’intervention chirurgicale
- Rassurer le patient et si possible proposer une intervention
«programmée »
- Prémédication par anti-H1 (hydroxyzine) la veille et 1 heure avant
l’intervention.
Corticothérapie débutée 3 j avant, si possible.
- La température de la salle d’opération ne doit pas être trop basse (avis
spécialisé si CEC
envisagée…) ainsi que celle du matériel (table d’intervention ++), ou des
solutés de remplissage.
- Eviter les solutés de remplissage à base de dextrans.
- Limiter les facteurs d’irritation cutanée (adhésifs)
- Intubation douce (éviter les traumatismes des fosses nasales ou du
tractus laryngé)
- Eviter les positions traumatiques en protégeant les points d’appuis.
- Monitoring invasif à éviter sauf si impératif chirurgical
- Antalgiques post opératoires : éviter la morphine, histaminolibératrice
- Si nécessité d’un curare, injection lente (une mn), plutôt qu’en bolus
(éviter Atracurium et
Mivacurium, histaminolibérateurs).
- Si gaz narcotique, utilisation préférentielle parmi les halogénés de
l'Isoflurane
- Seringue d’adrénaline (1 mg dans 9 ml de NaCl9°/°°) et aérosol de
broncho-dilatateur (prêts à
l'emploi)
NB : dans le cas exceptionnel où une mastocytose serait associée
indépendamment, à une allergie vraie
(alimentaire, respiratoire, médicamenteuse…), des évictions liées à cette
affection spécifique pourraient
s’ajouter.
Service de Médecine Interne, Immunologie Clinique et Allergologie - Hôpital Central - 29, Av. de Lattre de
Tassigny - 54035 NANCY Cedex
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QUELLES URGENCES POUR NOTRE SYSTEME DE SOINS ?
A. BOUHROUM
Service des Urgences Médicales
C.H.U. Constantine
LABORATOIRE DE LA QUALITE DES SOINS
Laboratoire de la Qualité des Soins A.N.D.R.S. Université de Constantine Algérie
1. INTRODUCTION
Les urgences sont très fréquentes et très diverses dans leur expression clinique. Elles touchent
tous les âges sans distinction de sexe et toutes les catégories sociales. Elles varient durant
toute
l'année et dépendent de nombreuses circonstances (temps, jours, nuits, vacances, domiciles,
voie
publique etc.).
Elles concernent toutes les spécialités médicales sans exception. Les services d'urgence, bien
que souvent délaissés, sont la vitrine de l'hôpital et l'opinion qu'on se fera de ce dernier dans
son
ensemble passe bien souvent par l'impression vécue lors d'une première visite ou d'une nuit
passée
au niveau du service d'urgence.
Les urgences constituent actuellement une préoccupation dans tous les pays du monde et les
médias ne s'y trompent pas lorsqu'elles les traitent comme un phénomène fascinant la société:
Réorganisation des urgences en France, série américaine "Urgences" qui est largement suivie
aussi
bien à l'étranger que dans notre pays.
Chez nous, tous les Ministres de la santé qui se sont succédés depuis l'indépendance se sont
préoccupés des urgences, mais les actions entreprises ont rarement été menées à leur terme.
En cette période de raréfaction des ressources, les urgences doivent constituer pour nous, l'une
des premières préoccupations, au même titre que la médecine préventive.
En effet, la médecine d'urgence, aussi bien hospitalière que pré-hospitalière peut être
considérée
comme une médecine de prévention de l'aggravation des pathologies dès les premières
minutes
suivant l'accident, car elle agit le plus tôt possible et le plus efficacement possible avec tous
ses
effets à long terme. Les individus meurent moins, les lésions, plus précocement traitées
cicatrisent
plus vite, le préjudice fonctionnel est moindre et donc le poids économique de ces pathologies
pour
la collectivité est diminué.
2. QU’EST CE QU'ON ENTEND PAR URGENCES ?
Si on ne réfère au Dictionnaire Larousse.....
Urgences: signifie caractère de ce qui est urgent, c'est à dire qui ne peut être différé, qui
doit être fait, décidé sans délai. L'urgence nécessite d'agir vite ce qui équivaut en médecine à
une
intervention médicale ou chirurgicale rapide.
Service d'Urgence: Service d'un hôpital ou sont dirigés les blessés et les malades dont
l'état
nécessite un traitement immédiat.
Dans la réalité de tous les jours, répondons-nous à ces définitions ?
Si tout le monde est d'accord sur le caractère urgent et c'est normal pour la population
médicale,
l'unanimité n'est pas faite concernant le service d'urgence.
• Tous les services prétendent faire de l'urgence, ce qui n'est pas toujours évident.
• Les services prétendant être des services d'urgence ne répondent pas souvent à la
définition.
Pour une hiérarchisation des urgences, d'autres définitions méritent d'être mentionnées.
• Urgences absolues : dont le traitement ne souffre aucun retard
• Urgences potentielles: qui nécessitent une surveillance médicale continue
Laboratoire de la Qualité des Soins A.N.D.R.S. Université de Constantine Algérie
• Urgences différées: qui peuvent être évacuées vers des lieux mieux équipés et moins
précaires.
• Urgences dépassées: pour lesquelles, aucun geste utile ne peut être accompli dans
l'immédiat, du moins sur les lieux de l'accident.
Si on se réfère à la population, l'urgence est ressentie différemment et dans ce cas, nous
pouvons
parler :
• d'urgences vraies: mettant en jeu le pronostic vital ou fonctionnel
• d'urgences ressenties: états morbides susceptibles par leur intensité ou leur soudaineté
d'apparaître comme un état d'urgence pour une personne ou un entourage non qualifié.
3. HISTORIQUE
Auguste Comte disait : " qu'on ne connaît bien une science que lorsqu'on en connaît l'histoire
".
Pour cette raison, nous allons faire un rappel historique sur la prise en charge des urgences.
Depuis, l'aube de l'humanité, l'homme s'est préoccupé de l'urgence ou du moins des soins
urgents et il faut d'emblée signaler que la guerre a toujours constitué un moteur important des
progrès de la médecine d'urgence.
Durant la période préhistorique, bien que la maladie soit perçue comme un phénomène
étranger
à l'individu en rapport avec des causes surnaturelles, des pratiques thérapeutiques plus
pragmatiques
se sont développées exclusivement destinées à la cure de maux apparents et accessibles, telles
que
les blessures survenant lors d'affrontements.
Durant la civilisation Egyptienne des papyrus Ebers et Edwm Smith respectivement
découverts
à Louxor et à Thèbes remontant à 2700 avant JC proposaient un éventail de conduite à tenir
en
situation d'urgence (suture par cautérisation, immobilisation de fractures, potions
analgésiantes à
base d'opiacés).
A la même période de l'humanité et cette fois en Mésopotamie au XIIe siècle avant JC, le
code
d'Hammourabi énonce droits et devoirs de la profession de chirurgien et propose une
définition de
la notion d'urgence.
Durant l'antiquité Greco-Romaine Hypocrate (460-377 Av JC) qu'avait l'intuition d'une
physiopathologie clinique fondée sur les tempéraments humains (Sanguin, bilieux,
lymphatiques
atrabilaire) définit la notion d'urgence en écrivant:
"Il faut parfois agir vite, comme lors des défaillances ou ne peuvent pas couler l'urine, ni
sortir
les matières fécales ou encore en cas de suffocation et quand les femmes font de fausses
couches.
Les moments favorables pour intervenir passent promptement et la mort survient si on a trop
différé, il faut profiter de l'occasion de porter secours avant qu'elle n'échappe et on sauvera
le
malade pour avoir su en profiter. Il existe ainsi des occasions opportunes dans toutes les
maladies "
Galien (131-201 après JC) qui partage les idées d'hypocrate propose que "les médecins aient
toujours sous la main, leurs appareils et leur trousse pour des soins à donner d'urgence.
Il s'agit là de la première trousse d'urgence, encore d'actualité de nos jours.
Laboratoire de la Qualité des Soins A.N.D.R.S. Université de Constantine Algérie
Dans la civilisation Arabo-musulmane on s'est également préoccupé des urgences.
Er- Rhazi (Rhazes 841-926) écrit une encyclopédie médico-chirurgicale dans laquelle il décrit
des
méthodes de traitement des fractures et d'extractions de flèches.
Ibn Sina (Avicenne 980-1037) décrit la première intubation dans son traité le canon de la
médecine.
Rappelons également que les Arabes sont les premiers à encourager l'attitude éthique de
bienveillante neutralité vis à vis de l'ennemi blessé, ceci bien avant la naissance de la croix
rouge
internationale.
Par la suite, il faut citer Ambroise Paré (1509-1590) médecin des armées qu'on appelait "
"père
du soldat" qui a mis en place la notion de soins à l'avant et évacuation vers l'arrière.
Il faut aussi insister particulièrement sur un médecin Ecossais Stephen Bradwell qui des
siècles
avant Peter Safar et ce en 1633 propose le premier guide de secours d'urgence à l'usage civil
des
médecins et des profanes.
Le livre intitulé "Helps for Sudden accidents "constitue un essai de catégorisation des
accidents
et de définition de l'urgence selon le cas observé. Bradwell y traite des envenimations, des
empoisonnements, des chutes, des asphyxies par strangulation, par noyade ou par corps
étranger,
des plaies et des brûlures.
Il propose, pour chacun de ces cas, sur la base d'observations empiriques dont certaines ne
sont
pas dénuées de bon sens, des mesures curatives en insistant également sur la prévention.
Ainsi, il
préconise un siècle à l'avance, de prendre les noyés par les pieds ou de les faire vomir, de
sucer la
plaie envenimée en cas de morsure de serpent ou encore de provoquer la toux en cas
d'asphyxie par
corps étranger.
Il achève ses recommandations en soulignant à chaque fois la nécessité d'un relais médical
secondaire.
Bradwell est d'après nous le précurseur de cet aspect non négligeable de la médecine
d'urgence
que représente le secourisme.
Cependant, ce n'est qu'à la fin du XVIII et au début du XIXe siècles que l'on assiste à
l'apparition d'une véritable science de l'urgence médicale.
Les premières sorties de l'hôpital en dehors de ses structures remontent à 1956 grâce à Ibsen à
Copenhague lors de l'épidémie de poliomyélite.
Durant la deuxième guerre mondiale, les services de santé des armées américaines
généralisent
les soins sur les champs de bataille et lors des transports.
Les premiers transports médicalisés héliportés remontent à la guerre de Corée (1950-53)
• Xavier Bichat (1771-1802) fait les premières observations physiopathologiques.
• Larrey, médecin des armées Napoléoniennes évoque le premier la notion de tri
sanitaire et met au point en 1792 les premières ambulances médicalisées.
• Claude Bernard (1813-1878) décrit l'homéostasie qui constitue la clé de voûte de
l'urgence et de la Réanimation contemporaine.
• Henry Dunant (1828-1919) est le père de la croix rouge internationale créée en
1864.
Laboratoire de la Qualité des Soins A.N.D.R.S. Université de Constantine Algérie
Je terminerai cet historique des urgences par une définition de la Réanimation par Jean
Hamburger en 1950 et qui peut parfaitement correspondre à la médecine d'urgence.
" Au concept physiologique de constance du milieu intérieur, des médecins doivent
répondre par un dispositif de surveillance permanente et de correction immédiate de tout
désordre éventuel de l'homéostasie"
4. L'ORGANISATION DES URGENCES A L'ETRANGER.
Consécutivement à cette évolution des urgences et de la médecine en général que nous avons
résumé précédemment, les urgences dans les pays occidentaux se sont organisées de
différentes
manières en fonction des systèmes de santé avec cependant la même finalité " une prise en
charge
optimale de l'urgence". Nous avons pris quelques exemples d'organisation.
4.1. En Allemagne:
Il existe 237 centres de contrôle de secours, chacun contrôlant toutes les opérations de secours
dans une région précise. Cette coordination des secours dirige toutes les missions d'urgence
dans
une région dans un rayon de 30 à 50 km Le centre de contrôle reçoit tous les messages, donne
l'alarme, contrôle et régule les moyens d'intervention d'urgence sur le terrain et les hôpitaux
de
destination.
Les médecins de l'urgence doivent être spécialiste ou au moins dans leur troisième année de
spécialité en chirurgie, en anesthésie ou en Médecine Interne. Ils doivent également avoir
travaillé
au moins 6 mois dans une unité de soins intensifs.
Les connaissances théoriques sont régulièrement mises à jour à l'aide d'une formation
continue
obligatoire.
Les jeunes médecins sont accompagnés de collègues ayant plus d'expérience pendant les
premiers mois de leurs activités:
Les paramédicaux doivent participer à un enseignement d'urgence et sont aussi initialement
accompagnés par des collègues mieux entraînés.
Les ambulanciers doivent avoir des qualifications en techniques de secourisme et de
traitements
médicaux d'urgence.
Le transport d'un patient stabilisé se fera non pas à l'hôpital le plus proche mais à l'hôpital
approprié qui est déjà informé de l'arrivée du patient.
4.2. En France
Il existe une régulation médicale régionale (SAMU) qui dirige les urgences vers les centres
spécialisés en s'assurant dès avant l'arrivée du patient de la mobilisation de l'hôpital pour son
accueil.
Les SAMU (centre 15) n'orientent pas tous les malades sur les hôpitaux, certains sont orientés
vers le médecin de ville lorsqu'il s'agit d'urgences relevant de sa compétence, réduisant ainsi
le
nombre de patient s'adressant directement à l'hôpital avec pour effet de désengorger quelque
peu
les services d'urgence.
Les transports sanitaires sont assurés par les SMUR et les sapeurs pompiers qui sont le plus
souvent médicalisés.
Laboratoire de la Qualité des Soins A.N.D.R.S. Université de Constantine Algérie
L'accueil : 2 types
• les S.A.U : services d'accueil d'urgence en mesure d'accueillir tous les types d'urgence
• Les ANACOR : Antennes d'accueil et d'orientation des urgences qui ont pour vocation
d'accueillir les patients relevant de la médecine générale et de mettre en condition les
patients relevant d'autres spécialités.
4.3. Aux U.S.A:
Il existe une régulation régionale et des services d'accueil des urgences pluridisciplinaire, une
différence avec les pays européens, les transports primaires sont le plus souvent non
médicalisés
obéissant à la théorie "Scoop and Run" qui a toujours ses défenseurs.
5. QU'EN EST-IL DES URGENCES DANS NOTRE PAYS ?
Aussi bien le personnel de la santé que les usagers se plaignent et sont unanimes pour
dénoncer
la situation actuelle des urgences.
Où se situent les problèmes ?
Nous les retrouvons chez le personnel soignant et chez la population, car la perception de
l'urgence est différente pour les deux partis et nous dirons même qu'elle est différente au sein
même
de la corporation médicale.
Perception de l'urgence par le personnel soignant.
Dans notre pays le concept de médecine d'urgence n'est pas encore admis par tous les
spécialistes traditionnels qui prétendent tous faire de la médecine d'urgence dans leurs
services,
alors qu'être confronté à l'urgence de temps en temps dans le cadre de la spécialité et vivre
dans un
service d'urgence sont deux choses diamétralement opposées.
Dans les services d'urgence, il ne s'agit pas de se pencher sur de "beaux cas" mais de
manipuler
le mieux possible un ensemble hétéroclite de patients. Il s'agit de soulager une douleur, de
soigner
une lésion, sans oublier que la solitude, la misère sociale, l'humeur suicidaire, l'inquiétude
d'avoir
un cancer sont des raisons de consultations ou d'admission qui nécessitent une réponse
adéquate.
Perception de l'urgence par les malades ou leur entourage.
Nous nous plaignons tous, des patients qui consultent pour des problèmes non urgents à des
horaires inappropriés.
Or cette situation traduit en réalité la défaillance de notre système de consultation et les
difficultés pour se faire hospitaliser ou hospitaliser un proche.
Beaucoup de patients ne peuvent avoir accès à l'hôpital que par le biais des urgences. Ainsi,
les
services d'urgence semblent être des consultations hors horaire car les personnes travaillant la
journée ne peuvent consulter qu'aux urgences de l'hôpital.
En plus de cela, les patients ont l'impression d'être mieux pris en charge et bénéficier
d'examens
complémentaires rapidement et sans discussion.
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Le problème des structures.
Comme nous l'avons mentionné précédemment, tous les établissements hospitaliers signalent
qu'ils accueillent les urgences sans que pour autant, cette activité repose sur une obligation de
moyens aussi bien matériels qu'humains.
Ainsi nous sommes fréquemment en présence de structures inadaptées dépourvues de moyens
et
les patients qui consultent sont frapper par la vétusté et l'inconfort des locaux, le bruit et la
promiscuité. En résumé, ils constatent une déshumanisation totale.
Le problème du personnel. Ceux qui travaillent aux urgences ne sont pas forcément les
meilleurs et ne sont pas ou peu formés pour cette mission.
Ceci est à l'origine de situations conflictuelles parfois justifiées. Les patients se plaignent de
l'accueil et du caractère désinvolte du personnel.
Cet état des urgences est la conséquence du fait que le service des urgences est dans la plupart
des cas un service impersonnel ou très souvent il est l'appendice, l'annexe lointaine de quelque
chose d'autre (un autre service) ou de quelqu'un d'autre (un autre chef de service) avec une
structure
floue où l'autorité s'exerce à distance et où la répartition des responsabilités est souvent
diffuse et
confuse.
Parfois, c'est le personnel paramédical qui par son dévouement et son esprit d'initiative pallie
les
faiblesses de l'organisation.
le personnel médical
L'accueil des malades est le plus souvent assuré par de jeunes médecins ou des internes dans
les
C.H.U qui sont le plus souvent livrés à eux même, subissant la pression aussi bien de la
population
que des services hospitaliers qui leur refusent les hospitalisations.
Cette jeunesse, ajoutée à l'absence ou l'insuffisance de formation à l'urgence n'est pas sans
conséquences, nous en citerons trois.
• Conséquences économiques: du fait de la prescription abusive d'examens complémentaires
• Conséquences économiques et surtout humaines du fait d'hospitalisations excessives pour
se
couvrir.
• Conséquences médicales faites d'erreurs diagnostiques de traitements inadaptés,
d'accidents
thérapeutiques et dans de rares cas de complications graves.
6. Les urgences pré-hospitalières et le transport des malades.
La prise en charge de ce type de malade est nouvelle dans notre pays, elle a le mérite d'exister.
La médicalisation des ambulances de la protection civile et la création des UMUR au niveau
des
grands centres urbains seront d'un apport certain.
Cependant, cette sortie de l'hôpital en dehors de ses frontières habituelles nécessite une bonne
coordination et une adhésion des praticiens privés, de l'ensemble des hôpitaux et des services
d'un
même hôpital pour l'accueil des patients ramenés de leur domicile ou du lieu de l'accident.
Laboratoire de la Qualité des Soins A.N.D.R.S. Université de Constantine Algérie
Pour ce qui est du transport des patients à l'intérieur d'un hôpital ou entre hôpitaux, nous
accusons un retard considérable. Les transferts parfois injustifiés et s'effectuant dans de très
mauvaises conditions sont parfois à l'origine d'aggravations secondaires.
7. QUE DEVRONS NOUS FAIRE ?
Le maintien de la sécurité dans le domaine des urgences médicales est une des missions
fondamentales du service public au même titre que la sécurité du maintien de l'ordre public ou
la
prévention des accidents et incendies.
Les structures.
Il semble dangereux de maintenir des structures d'urgence ne disposant pas de moyens
médicaux ni techniques adaptés apportant une fausse sécurité à la prise en charge des
urgences.
Il faut définir un service d'urgence en fonction de critères précis et déterminer son
emplacement
en fonction de critères objectifs.
Tous nos hôpitaux prétendent faire de l'urgence, alors que la réalité est tout autre. Il faut donc
une réflexion approfondie pour décider de l'implantation d'un service d'urgence. Une fois les
implantations faites, il faut établir une cartographie des urgences pour savoir qui fait quoi
pour
éviter des déplacements de malades coûteux et risqués.
Le transport.
Elargir l'expérience des SAMU à d'autres villes en fonction des sites d'urgence. Les transports
doivent être assurés au minimum par un technicien de la santé formé à l'urgence.
Les médecins privés:
Ils font partie intégrante de notre système de soins. Leur association permettra de traiter un
certain type d'urgence, ce qui soulagera les structures hospitalières.
La communication:
Elle doit être prioritaire avec des centres de régulation régionaux des urgences en fonction des
sites cités précédemment. Il faut également revoir les communications intra et inter
hospitalières.
La sensibilisation de la population:
Elle se fera par l'intermédiaire des médias et du système associatif. L'une des priorités est
l'apprentissage large du secourisme.
La responsabilité et stabilisation des équipes :
Les médecins responsables doivent avoir une compétence en médecine d'urgence. Tous les
spécialistes peuvent répondre à cela, mais il est évident que les médecins anesthésistes
réanimateurs
sont les mieux préparés à cette tache. Parallèlement, il faut motiver les équipes exerçant au
niveau
de ces structures.
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La formation.
Elle concerne toutes les catégories de personnel.
La formation médicale, Le Lancet en 1969 définissait ainsi le médecin des urgences. "Il n'est
ni médecin, ni chirurgien, mais plutôt une combinaison des deux. Travaillant dans un
service qui
repose tellement sur la bonne volonté de tous les autres départements hospitaliers, il doit
être
doué en abondance de tact et de compréhension. Tout repose sur son habileté à coopérer
avec ses
impatients collègues, sa réussite finale dépend de ses efforts personnels dans le diagnostic
précoce et de l'ardeur à réanimer ".
Cette définition est la plus large possible et traduit toutes les difficultés que rencontre un
médecin des urgences.
Pour notre part nous proposons:
Pour la graduation: jusqu'en 1995, il n'y avait pas d'enseignement de médecine d'urgence, un
effort a été fait depuis, mais nous pensons qu'il reste insuffisant. Que représentent une dizaine
d'heure de cours, lorsqu'on voit l'étendue du champ d'intervention de la médecine d'urgence.
Pour la post graduation: Jusqu'à maintenant seul le DEMS en anesthésie réanimation assurait
une formation en médecine d'urgence. De nombreuses initiatives ont été entreprises pour
former des
médecins à l'urgence (Constantine, Alger, Oran) et qui restaient insuffisantes.
La nouvelle législation portant création des CES va certainement combler le vide existant.
Cette
formation doit être complétée par un enseignement de formation continue à destination des
médecins de santé publique et du secteur privé.
La formation paramédicale: Il faut également intégrer des questions sur les urgences dans le
cursus
des techniciens de la santé et multiplier les stages dans les structures d'urgences. Il faut aussi
penser
à une formation continue comme pour les médecins. La formation de TS en soins intensifs et
en
anesthésie réanimation est à encourager et le personnel formé doit être utilisé de façon
adéquate.
8. CONCLUSION
Tous les médecins aimeraient bien travailler dans de belles structures propres où l'activité est
réglementée et programmée. Cependant dans les circonstances actuelles, il faudrait que tous
les
praticiens participent à l'amélioration de l'accueil et de la prise en charge des patients en
détresse.
Les urgences doivent être l'affaire de tous, car il y va de notre crédibilité.
Si les autres nations réfléchissent actuellement sur des problèmes organisationnels et éthiques,
c'est qu'ils ont maîtrisé leur problème de prise en charge des urgences en préhospitalier et à
l'hôpital.
Si nous voulons maîtriser les autres fonctions qui nous sont assignés à savoir, formation et
surtout recherche, maîtrisons d'abord ce qui est à notre portée, à savoir les soins de base et
en
premier lieu la médecine d'urgence.