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Élections Régionales Rhône-Alpes – mars 2010 – Fédération des Compagnies professionnelles du spectacle vivant

Fédération des Compagnies Professionnelles du Spectacle Vivant Chambéry / Savoie / Région Rhône-Alpes.

POLITIQUE CULTURELLE RÉGION RHÔNE-ALPES

SPECTACLE VIVANT (THÉÂTRE / DANSE)

Madame, Monsieur,

Vous conduisez une liste aux élections Régionales Rhône-Alpes de mars prochain. Notre Fédération défend le maintien des emplois des Compagnies professionnelles (théâtre, danse) qui sont victimes, pour le plus grand nombre, de la politique culturelle discriminatoire menée par l’exécutif sortant de la Région.

Afin d’informer nos adhérents et les Compagnies professionnelles sur les options prises par les différents candidats au scrutin électoral prochain concernant leurs craintes et préoccupations immédiates quant à leur environnement professionnel, nous souhaitons que nous fassiez connaître votre point de vue sur les constats et propositions que nous faisons :

comptes vient de faire un rapport

sévère et critique sur les crédits d’intervention du Ministère

de la culture au spectacle Vivant. Opacité des dépenses, opacité des critères d’attributions, manque d’évaluation, manque de statistiques, flou du cahier des charges etc…

Rappel 1 : La

Cour des

Rappel 2 : La politique menée par l’exécutif actuel

est une copie quasi conforme de la politique de

l’Etat. Pire, elle l’aggrave. Toujours

riches, discrimination culturelle, censure. De plus, elle empêche la création de nouveaux emplois dans le secteur et menace ceux existants dans un secteur déjà très fragilisé. La Région n’a pourtant aucune obligation de suivre à 100% la même politique que l’Etat. Précisons que depuis des années, l’État s’est désengagé en grande partie des financements au secteur culturel (environ un tiers pour l’Etat / deux tiers

pour les Collectivités locales).

plus d’argent aux

Verts, PRG

(PS, PC,

)

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Aménagement du Territoire et Aide aux Équipes Artistiques

A)Sur l’aménagement du territoire

Nous demandons de cesser de distribuer sans aucune réelle évaluation des Millions d’euros aux structures institutionnelles (Opéra, Théâtre des Célestins, Scènes Nationales et Régionales) où l’argent public est gaspillé. Nous vous demandons, d’ailleurs, la publication des comptes de résultats détaillés de toutes ces institutions afin que le citoyen contribuable puisse vérifier les chiffres. Il n’y a, actuellement, aucune transparence en ce domaine.

Nos Propositions :

1) Diminuer de façon importante de plusieurs millions d’euros, les structures budgétivores évoquées et réaffecter les sommes afin d’équiper des salles des fêtes, polyvalentes selon des bassins de population dans les départements (son, lumières, boite noire, pendrillons, barres d’accroche, alimentation électrique aux normes…). Il s’agit de donner une dimension « spectacle » qui va permettre de recevoir en milieu rural et semi-rural des spectacles professionnels (petites et moyennes formes) mais qui servira, également, à la troupe amateur locale, à la chorale, au groupe de musique et aux écoles qui pourront, ainsi, présenter leur travail dans des conditions décentes. Les conditions de réception des spectacles seront, également, améliorées pour le spectateur. Atouts : Créer du lien social, des emplois, élargir les publics.

Ce n’est pas prestigieux, ce n’est pas une « opération de Com’ » mais c’est un vrai projet culturel d’aménagement du territoire. La décentralisation culturelle ne peut s’arrêter aux seules « Institutions » qui ne peuvent répondre à toutes les attentes Culturelles, très diverses. La conquête des publics et la démocratisation culturelle passent obligatoirement par le milieu rural ou semi rural qu’il faut encourager et stimuler.

5 ème du Budget de certaines Institutions - 8 millions d’euros

pour 8 départements – on pourra équiper 160 lieux sur la Région

s’ajoutant aux petits et moyens lieux existants qui seront confortés.

Exemple :

avec 50 000 €

Exemple : avec 50 000 € x 20 salles = 1 Million d’Euros, 1/

x 20 salles = 1 Million d’Euros,

Exemple : avec 50 000 € x 20 salles = 1 Million d’Euros, 1/

1/

2)

Créer une ligne budgétaire pour aider à l’accueil des Compagnies, ces nouveaux lieux équipés.

3)

Ne plus soutenir financièrement les Villes où les élus empêchent l’accès aux bâtiments publics équipés aux équipes artistiques locales (sauf exceptions qui servent d’alibi), et concentrent les moyens sur les seules institutions, d’ailleurs non démocratiques (conseils d’administration totalement verrouillés).

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4) Suppression des labels « scènes régionales Rhône-Alpes» et « scènes nationales » labels injustifiés qui pénalisent tous les petits lieux et les équipes artistiques non labellisés, en monopolisant l’argent public et en les empêchant d’être éligibles à une subvention. Argument de poids : l’excellence et la qualité, tout comme le talent ne se décrètent pas et les institutions ne peuvent se prévaloir d’être « détenteur du bon goût ».

B)Soutien aux Équipes Artistiques

La Région fait exactement la même politique que l’État et s’appuie, sans le dire, sur les membres du Comité d’experts de la DRAC, composé de directeurs de Scènes Nationales, Régionales, de Présidents de ces mêmes Institutions, ou de représentant de Compagnies conventionnées qui prétendent détenir, eux-aussi, le monopole du « bon goût ». C’est la « Copinocratie », la consanguinité, déjà dénoncée de nombreuses fois. Il y a conflit d’intérêts.

Une Compagnie, cooptée et bénéficiant d’une subvention de la DRAC va voir toutes « les fées penchées sur son berceau » -Région, Département, Ville- une véritable rente de situation pour des années, certaines depuis plus de 20 ans, là aussi sans aucune évaluation sérieuse.

Les Compagnies non soutenues (la grande majorité) sont donc victimes d’une concurrence déloyale très injuste à plusieurs niveaux (conditions de création, de diffusion, de communication, moyens financiers) par rapport aux Compagnies légitimées qui sont protégées et de plus, libérées des contraintes du marché.

Nos Propositions :

1) Renouvellement complet du comité d’experts avec interdiction de siéger pour les Directeurs, Salariés, Présidents, membres des Institutions et Compagnies éligibles aux subventions. Et en tous cas, pour la Région, non prise en compte des avis de ce comité non démocratique.

2)

Revoir le cahier des charges des directeurs d’institutions. (actuellement, carte blanche et chèque en blanc) autorisant toutes les dérives.

3)

Dès cette année 2010, ne plus subventionner les Compagnies soutenues de façon significative par la DRAC ou diminuer sérieusement les aides. Le différentiel sera reporté sur les Compagnies Professionnelles qui font des demandes et n’obtiennent rien. Donc, cesser de donner toujours plus d’argent aux « Riches » et répartir selon une grille d’analyse très simple et des critères objectifs. Les privilégiés, les Nantis vont hurler au « saupoudrage », mais c’est toujours le propos de ceux qui veulent garder tout le « sucrier » pour eux. Le Saupoudrage, c’est une répartition équilibrée de l’Argent public qui peut se faire avec une grille d’analyse simple.

4) Nous demandons, également, un plafond obligatoire concernant les subventions aux Compagnies, des sommes beaucoup trop importantes étant concentrées toujours sur les mêmes équipes.

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5) Supprimer immédiatement le critère discriminatoire : « être soutenu (produit ou diffusé) par plusieurs Scènes Régionales ou Nationales pour être éligible à une subvention de la Région » qui pénalise injustement de nombreuses Compagnies qui font, elles aussi, un travail de qualité.

6) Obligation pour les structures subventionnées par la Région de mettre à disposition leurs équipements, payés par le contribuable, pour les équipes locales selon un planning établi en toute transparence avec toutes les parties.

7) Publication des chiffres (comptes de résultats détaillés des institutions avec coût d’achat des spectacles, les recettes, les déficits) afin que les citoyens soient informés. Sans transparence, pas de démocratie. Cela aura, également, le mérite de faire taire certaines rumeurs que nous ne cautionnons pas.

De manière générale, défendre les valeurs de partage, de SOLIDARITÉ, permettre le droit à l’existence pour tous et favoriser l’émergence de nouvelles compagnies locales.

Les élus ne doivent plus céder au lobbying permanent des « institutions » qui ont tissé leur toile et captent toutes les lignes budgétaires intéressantes qui bénéficient quasi exclusivement à leurs réseaux. De plus, Les élus ne doivent plus déléguer aux seuls « bureaucrates » les décisions qui pèsent sur la vie et les emplois. Toutes Les propositions devront se traduire par des textes de lois.

Sortir du 17eme siècle et des pratiques féodales. Cesser de donner toujours plus d’argent aux riches. Créer des emplois et conforter ceux existants. La culture est un réel secteur économique qu’il faut prendre en compte et il ne doit pas profiter toujours aux mêmes lieux et aux mêmes équipes artistiques. Une meilleure répartition des aides publiques permettra, d’ailleurs, un vrai maillage du territoire et une réponse optimisée aux attentes culturelles très diverses des populations auxquelles ne peuvent répondre les seules institutions.

Nous plaidons pour un rééquilibrage des aides dans le secteur et cela peut et doit débuter le 15 mars prochain.

Merci de nous donner vos réactions et propositions écrites sur ce sujet. Nous les transmettrons aux Compagnies Professionnelles Rhône-alpines et aux membres de nos ateliers de théâtre.

Fédération des Compagnies Professionnelles du Spectacle Vivant

23 rue croix d’or, 73000 Chambéry

fedecpsv@free.fr