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La Bible de la liberté / par l'abbé Constant Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de
La Bible de la liberté / par l'abbé Constant Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de

La Bible de la liberté / par l'abbé Constant

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Constant, Alphonse (1810-1875). La Bible de la liberté / par l'abbé Constant. 1841. 1/ Les
Constant, Alphonse (1810-1875). La Bible de la liberté / par l'abbé Constant. 1841. 1/ Les

Constant, Alphonse (1810-1875). La Bible de la liberté / par l'abbé Constant. 1841.

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LA

LA

BIBLE

DE

LIBERTÉ.

a

6

TYPOGRAPHIE DE MICHEL FOSSONE,

Avenue de Sainl-Clnud

3

5 VenaïUi»

LA BIBLE

LIBERTÉ,

DE

LA

PAR

iabbé

rttifiÀas

CONSTANT.

-Cevf.')

LE

PARIS,

GALLOIS, EDITEUR

En vente

CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DE LA FRANCE ET DE l'ÉTRAÎSGÎiK.

1841

PRÉFACE.

A vous tous

cœurs souffrans, malades

et

brisés, qui avez besoin d'amour, etqu'on n'aime

en ce monde mauvais.

qui

pas

y

A vous exilés

sur la terre sans

voyagez

trouver une patrie, et

qui pleurez en regardant

le ciel.

Espérez

mes frères

car le consolateur ne

tardera pas à venir.

Lorsque

le

Christ, abandonnant

la

terre,

s'éleva glorieux dans les nuées du ciel, ses disci-

ples se croyaient orphelins et pleuraient.

Mais des

hommes de

les consolèrent en leur disant

anges

Galilée, pourquoi restez-vous pleu-

rant et regardant le ciel? celui qui s'en va revien-

dra plus glorieux encore.

Et c'est ce

je vous dis, à

que

vous,

pauvres

brebis délaissées d'une religion qui semble avoir

quitté la 1crre.

Ne

des hommes de

soyons pas

monde entier est

notre patrie.

Galilée

le

Et notre

Dieu n'est pas

seulement le Dieu de

Jérusalem ou de Rome

c'est le Dieu de toutl'Uni-

vers. La synagogue

promesses

venu une

fois

des Juifs croyait avoir seule des

d'Eternité; et voilà que le Christ est

et a aboli la loi de Moïse

en l'ac-

complissant d'une manière plus sublime.

Il est

vrai que Moise avait annoncé un autre

prophète.

Mais le Christ n'a-t-il l'esprit d'intelligence qui

annoncé la venue de

pas

enseignera toute vérité,

et qui fera de l'humanité une famille de prophètes?

J'ai encore beaucoup de choses à vous ensei-

dit-il à ses apôtres

mais vous ne pouvez

ajoute

le con-

gner,

maintenant les supporter.

Il est nécessaire

que car si je

ne

le sauveur

je quitte la terre

m'en vais point

solateur no viendra point; mais lorsque je m'en irai, je vous l'enverrai.

Le Christ doit donc faire place sur la terre au consolateur.

Si le grain jeté dans la terre ne meurt point, dit encore le maître, il reste seul et infructueux;

mais s'il se corrompt et meurt, il rapporte des

fruits en abondance.

La semence du Christ

a

donc mourir

pour

germer.

pourquoi, pauvre peuple attelé àla char-

C'est

la moisson sera belle.

console-toi

rue,

Voici venir le tems annoncé par le prophète

Joël.

En cesjours-là, dit le Seigneur, je répandrai mon esprit sur mes serviteurs et sur mes ser-

vantes

et l'homme ne dira plus à son

frère

connais le Seigneur

car tous le connaîtront et

l'aimeront dans la liberté de l'esprit. Voici ces jours de plénitude qui succéderont

à la stérilité et à la grande apostasie; ces jours

de la virilité chrétienne dontparle Tapôtre, lors-

qu'il promet

délivrée des

à I humanité qu'elle sera un jour

lisières de la hiérarchie et du des-

potisme des prêtres.

est devenue stérile

yeux ma-

La nouvelle s) nagogue

et cette Lia, aux

comme r ancienne

lades, est jalouse des eiilansde Rachel.

J'entends déjà le

conscil de

Caïphe

crier

a blnsphimë\ Et des voix hypo-

il mérite lamortl

contre moi

il,

crites répondre- snurdemfMil

Je ne m'cn

étonne pas; j'ai lu le récit de la

passion du înaiire.

Mais

connue Fancienne

la nouvelle syna-

doit confesser son impuissance devant les

crucifiez-

gogue

Césars dont elle est l'esclave, et dire

le

car il ne nous est plus permis de tuer per-

sonne.

Le sceptre

est donc tombé des mains de

que

Judas

et vous êtes obligés de flatter ceux

vous haïssez

afin qu'ils se fassent bourreaux

et

qu'ils servent à votre haine.

Frères

je vous pardonne et je vous plains

Dieu m'est témoin que

pour vous

hommes.

mais

je voudrais être ana-

et

thème

qu'aux

j'obéirai à Dieu plutôt

Les signes annoncés ont

le cadavre

et l'éclair de l'intelligence brille

paru

attire les aigles

de l'orient à l'occident.

Voilà le second avènement du Christ incarné

dans l'humanité

qui se révèle.

voilà Thomme-peuple et Dieu

Ilosannah à celui qui vient au nom du Sei-

gneur

I.

DIEU.

l'être. Il est parce

est est Dieu.

qu'il existe quelque

Dieu est

et ce qui

chose

qui existe nous concevons l'être et

pas

le néant

nous ne pou-

mais nous ne

est.

Dans tout ce

nous ne

comprenons

vons douter

savons pas

La

l'homme

de l'existence de l'être

pourquoi il

est, ni ce qu'il

raison première de

ne peut

l'être est un mystère que

il faut

pourtant

que

pénétrer

cette raison existe et qu'elle ait existé toujours

rien puisse naître

intelligente, puisque

car nous

ne supposons pas que

raison

doit être

de rien. Cette

l'intelligence existe elle doit être bonne puisque

le mal n'est qu'une privation d'être,

nitude de l'être

la plé-

et que

soit au moral, soit au

physique

constitue ce

Or,

une et la bonté

nous appelons le bien.

que

intelligence bonne doit être expansive,

qui

s'épanche

n'est autre chose

que

l'amour. La raison première est donc intelligence

et amour. Mais la raison de l'être n'est

autrement l'être

ne

hors de l'être;

pas

hors

pas

serait plus. Dieu n'est

de la nature, puisque les hommes sont convenus

d'appeler Dieu la cause première

Dieu est dans

qui existe;

dit qu'il crée toute chose,

toujours, n'a jamais

ce

qui existe

sans

tout ce

parce

mais

die

on

qu'il est la cause

cette cause produire

de l'existence de toute chose

existé

ayant

son

effet. ïlien de

sans n'a commencé;

cesse,

et les formes

qui varient

sont elles-mêmes le résultat ue'cessah'e des

combinaisons éternelles des nombres, qui se meù-

cercle autour de la grande unité.

> eut

une

la

en

Quand une heure sonne à ce cadran immense, création nouvelle apparaît; mais elle sort de

le tems sort clu

11

sans

comme pour

l'éternité

t infini

nous roule et déroule

et les insectes qui pul-

rouages comptent

les

mouvemens

précédente,

l'horloge de

teins

cesse son mouvemen

lulent dans la

poussière de ses

Ce longues suites de siècles entre

lapides de

'V quoi

mière,

balancier.

son

compareiai- je

encore la

cause pre-

dans son repos laborieux au centre du cycle

éternel?

Elle est comme une bouche qui aspire, respire et aspire sans

cesse.

Son souffle chasse dans l'espace des milliers de

mondes nouveaux

s1 entrouvrent

fable.

puis

lèvres mystérieuses

ses

etles attirent par une aspiration inef-

Ainsi Dieu

rejette et absorbe, il réprouve et il attirer, et

ne repousse que pour

monde

qui finit sont

les élus d'un

choisit; mais il

les damnés d'un

monde qui commence.

Car 1 être

qui

le néant s'épanche

et

reponsse

néant

l'être qui attire le

absorbe la mort dans la

vie.

Dieu est comme la nier qui a son llux et son

que ses eaux

augmentent

le ciel

ou

re-

flux, sans

diminuent.

pourquoi cher-

O hommes qui regardez

chez-vous Dieu hors de

sentez

vous? Est-ce que vous ne

mais qu'est-

Il

votre existence?

pas est eu vous puisque vous êtes Dieu est en vous?

puisque vous aimez. 11

puisque

Dieu

ce que

Il

est intelligence; puisque

forme et la voix,

vous comprenez.

est

expansion

est amour;

nar

la

vous avez imu

forme et une voix. Et maintenant pourquoi me di-

tes-vous du vous montrer le Père ? Regardez-vous

vous-mêmes

le Père; regardez-

est eu

et vous aurez

en

vu

moi, et vous aurez vu

nous et nous sommes Allez à l'Orient et à l'Occident

Dieu,

lui.

car le Père

montez sur le

char volan! des

nuages et courez sur l'aile des venta:

vous

pourrez,

un autre Dieu.

volez à travers

étoiles du matin

et entendre

oreille, mais

Que parlez

l'immensité sur les sentiers des oir d'autres formes

des voix jusqu'alors inconnues à voire

vous ne verrez pas

vous

du ciel? Le

oie] est l'espace- oii

habitez est

qm

Je

flottent les mondes. La terre

que vous

un atome perdu dans l'atmosphère céleste ei

reluit dans ciel; et la terre n'est

un

ravon

Que

d'une étoile. Vous êtes dans

que

l'escabeau

de vos piedi.

sur la terre

vouiez-vous chercher dans l'espace?P

pas plus dans le ciel

que

Dieu n'est

mais il est dans

tout ce qui est, et il est tout ce qui est.

et il n'est contenu nullc

se

cache

Il est tout entier partout part.

Il se révèle ou

dans les ténèbres

se

manifeste la vie; et il

qui nous font rêver la mort.

tuais la mort n'est

que

pas: car elle ne

et le

peutStre

9

en

la vie

pas.

des

être

même tems

néant ne p

lorsqu'il

n'est

que Que celui qui a

plique à entendre!

oreilles pour entendre s'ap-

Pourquoi êtes-vous tristes et délaisse's, enfans altérés de vérité et d'amour?

regardez et

combien Dieu est beau

il

Oh

voyez

il resplendit

dans le soleil! comme

firmament

est

comme il rit

comme

suave

dans

l'azur du

dans l'air

embaumé par les fleurs!

comme il est

riche sur la terre

Eh

quoi! vous secouez la tête et vous pleurez!

vide clans votre coeur et vous vous

vous sentez un

découragez de vivre

sachez qu'il n'y

Oli

point de vide

a

en vous

c'est la plénitude de Dieu qui déchire votre âme

la dilater.

pour

Vous êtes tristes parce que l'heure de l'enfante-

et vous ne sentez

le mal,

que

du bien.

ment est venue

parce que

Consolez-vous

le mal en vous est en travail

le bien existe

le bien est e'ier-

nel

le bien c'est Dieu.

Et c'est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons et

que nous sommes.

Ne pleurons

pas, eufans nouveaux-nés,

parce

qui

ne voyons pas encore notre mère

que nous

nous a enveloppés

de langes, et qui nous berce sur

son cœur.

Encore quelques jours

et

nos yeux et nous verrons les siens nous sourire.

s'ouvriront,

II.

L'HOMME.

L'homme est le fils de Dieu et l'héritier de son

royaume.

Le

de Dieu c'est la forme qui est régie

C'est

si l'on veut employer ce lan-

deux

royaume

par la pensée.

gage,

la matière qui doit obéir à l'esprit.

l'être est un

Mais la matière et l'esprit ne sont

en

cela

que

et

pas

êtres, et c'est

Car

les philosophes

ont erré.

ce qui est n'est que dans

l'unité.

L'homme est Dieu,

parce qu'il

car

mais

est;

poui

pas.

être, il faut qu'il soit libre Il est le membre de son

l'esclave ne vit

maître, et son maître

seul vit

lui.

en

Si l'homme n'eût

manifesté

lui-même la

pas

en

liberté de Dieu, l'homme n'eût été qu'un anima!

mais à l'animal docile il a préféré l'auge

et il a entraîné Dieu dans sa chute.

pourquoi

du fond de cette chute

su-

triomphant avec le Christ et

du ciel.

royaume

est

le règne de l'intel-

docile

rebelle

Et c'est

blime, il se relè\e

entre glorieux dans le

Car le

ligence et

royaume

de

du ciel

l'amour

et l'intelligence et l'amour

sont enfans de la liberté.

Dieu a donné la loi à l'homme comme un rem-

qu'il devait emporter d'assaut pour entrer

part,

dans la vie.

Il

donné à l'homme la liberté comme une

mais

pour

et sa

éprouver

fiancée le

a

douce et virginale amante

son coeur,

spectre

il

a

fait surgir entre lui

effrayant de la mort.

L'homme il l'a aimée; et

a

venait de faire

vu la beauté de cette jeune reine et

pour

pour

elle il a fait tout ce

lui

Dieu

que vie que

il a donné cette

Dieu lui avait donnée

Il l'a

aimée, non plus déjà comme peut aimer

d'un

un homme, mais plus fort que la

amour

l'enfer.

doit aimer

Dieu

comme

mort, plus invincible un que

Et il s'est élancé

au devant de l'aiguillon de la

royale

amante; et

avait

après avoir épouse années de

l'homme

sept

mort, les> bras tendus le fantôme vaincu s'est

embrassé la vie.

Rachel

servitude

vers sa

évanoui

Mais comme Jacob, qui,

dut l'acheter

encore par

payer

l'homme doit

sa liberté par sept

travaux.

meurt

car l'hu-

mille ans de luttes et de pénibios

Ne

croyez pas que

n'a qu'une

manité

ration en génération.

l'homme

grande âme qui passe de géné-

L'homme est le phénix

symbolique qui se con-

sume et renaît de lui-mêoie.

Les atomes qui figuraient bon

son âme

corps

de

la vie,

se transfor-

corps

ment en d'autres

animale s'écoule

dans l'atmosphère

ou plutôt

et son esprit retourne

mouvoir

demeure en Dieu.

Et les atomes

cesseront de

que lorsque la plénitude de l'intelligence leur révèlera

ne

se

l'ordre parfait alors toutes les formes ébauchées dans la suite des tems se réaliseront et c'est ainsi ressusciterons glorieux.

nous

que C'est alors aussi que l'image de la mort sera dé-

truite

le

la vie triomphante

temps, et

avec

que

resplendira seule dans le grand jour de l'éternité.

Alors Dieu soufflera de nouveau et lancera dans

l'infini

une Et nous dante vie

création nouvelle. vivrons alors en lui d'une plus abon-

et nous descendrons dans ses œuvres

avec le souflle

de

nouveaux

de

pensée

sa

nous parcourrons

amour.

les

lieux

les ailes de son

sur

Nous serons les aînés d'une race nouvelle

des hommes à venir.

messagers

anges

Nous irons,

célestes,

limites de l'infini des nouvelles de

porter jusqu'aux

Dieu.

Pour traverser l'océan de l'espace, les étoiles

seront nos blanches nacelles.

Nous nous transformerons

Nous

la rosée

sur

douces visions

en

pour

reposer les yeux

rayonnans en secouerons

lys

qui pleurent; nous cueillerons des

dans des prairies inconnues, et nous

la terre.

toucheronsla paupière de l'enfant qui s'en-

dort, et nous réjouirons doucement le coeur de sa

mère au spectacle de la beauté de son fils bien-aimé.

III.

LA FEMME.

L'homme est l'amour de l'intelligence, la femme est l'intelligence de l'amour.

et la complaisance de

Dieu, la fin de sa révélation et la couronne de ses

La

femme est le

repos

œuvres.

La femme est avant l'homme

qu'elle est

parce

mère, et l'homme

enfante avec

doit l'honorer, parce qu'elle

douleur.

Dans l'essence de Dieu, l'intelligence est avant

l'amour

mais dans la manifestation

l'amour pré-

cède l'intelligence. C'est pourquoi la femme est plus que l'homme

dans le monde.

Elle a aussi précédé l'homme dans le péché et

elle a donné sa vie

pour

en

pour la liberté,

donné sa vie

elle. absorbant son être

dans la gloire et l"homme

a

Ainsi elle s'est fait Dieu

dans un

rayon

alors si belle,

de la

divinité

qu'il l'a adorée.

et l'homme l'a vue

Mais bientôt le

s'est

glissé dans son

serpent

coeur,

et l'homme a voulu disputer la

divinité à sa com-

pagne.

Or, servir de

l'amour ne convoite pas,

il

a

eu recours

à

il n'a

comme

pu se

l'amour

la force.

Et il s'est vengé de la captivité de son cœur en enchaînant brutalement les mains délicates de sa

reine.

Et la femme a été une mère de douleurs frappée

la main de ses enfans.

par L'homme a convoité sa beauté, et a voulu faire

rentrer dans son

flanc cette portion de sa

propre

chair si glorieusement

déifiée.

Et

il

a régné

par une

aveugle

sur celle que son

Maîtresse.

puissance matérielle et amour est forcé d'appeler

Et la femme a été

le Christ,

qui

comme

a con-

quis le monde

O Eve

je

sa patience dans les douleurs.

par salue et je t'adore dans ta chute

te

triomphante

O

Marie

je

te

salue

et

je t'adore dans tes

larmes

Car tu

toi.

été crucifiée avant Jésus

et tu mou-

as

rais pour lui tous les jours avant qu'il ne mourut

pour

Mais tu vas avec lui ressusciter glorieuse et

vous consommerez dans la gloire votre mariage

éternel.

nommé Dieu son Seigneur; Jésus la

et moi je

dirai ma Mars.

servi; les chré-

Moïse

a

appelé son

Israël a

tiens ont

père

craint le Seigneur et l'a

honoré le Père et se sont soumis jusqu'à a

la mort à l'exemple du Fils. Mais les enfans de la nouvelle Eve adoreront H

aimeront leur mère dans les délices de l'esprit d'amour.

Et la mère les

dans ses bras, les nour-

portera

les

rira de sa mamelle

et les endormira

Et tous les

consolera par ses carcstu'b

simples

et

douv

sur son cœur.

seront

hommes

comme de petits enfans; ils se verront tous sou-

riant au

même sourire et se réunissant sous le;»

mêmes baisers.

Et ils

sentiront qu'ils sont frères, et ils se ten-

dront les bras.

Et dans

douce et naïve étreinte ils

di-

une

se

ront qu'il est bon d'être ensemble et de s'aimer.

IV.

LA CREATION.

L'amour féconde

l'intelligence

à

et l'être jaillit

sement éternel

de leur bonheur.

un emLras-

par

flots de l'extase

L'être est

création incessante dont la forme,

une

inépuisable dans ses richesses, raconte les inef- fables merveilles. L'intelligence est le miroir où l'amour veut

se

regarder, et il revêt tour-à-tour les figures de tous

les êtres

comme une jeune fiancée qui essaie ses

parures la veille de son hymen

et sous

a

et il se regarde

toutes ces formes il se trouve beau et aspire

et les êtres

reproduire. Il embrasse la beauté qu'il aime

se

descendent par couples du sein fécond de la 1 ie 1-

aimée.

Et ces couples

images de l'amour, s'aiment,

s'embrassent et

reproduisent.

se

Et dans l'union qui les féconde ils sentent la

divinité tout

entière

car leurs sens deviennent

âme n'est plus qu'amour;

qui

s'épanche

ils

sentent

alors une âme, et leur

Et dans cet

amour

jaillir de leur sein la fécondité éternelle.

Car la création n'a jamais commencé

et elle ne

finira jamais.

La pensée divine s'est produite dans le monde

des

images successives; et dans ces images, r

regardait dans son

ouvrage et il se recon-

qu'il

et il s'est adoré vivant dans ce

par

Dieu se parlait à lui-même.

11 se

naissait Dieu

avait fait.

Dès qu'il se fut reposé dans l'homme le septième

jour,

ver

il se mit à

regarder son ouvrage et à le trou-

parfaitement beau.

Et l'homme adora Dieu successivement dans

toutes les merveilles de sa puissance.

Les e'iémens, les

les r eptiles

autels

seaux, eurent des

astres,

les

c'est

complut en elle-même

s'aima

sous

les poissons, les oi-

animaux et l'homme même

la création se

ainsi que

Dieu se connut et

et

que les magnifiques vêtemens dont une se-

maine mystérieuse et solennelle le voyait changer

tous les

jours.

Et la création, qui s'était accomplie sur la terre,

se reproduisait dans le ciel.

Les six mille ans qu'a déjà duré notre monde

sont la grande semaine de la création divine.

Le Christ a été

PA.dani céleste que Dieu a fait à

jour.

soli image le sixième

Maintenant cet homme s'ennuie d'être seul, et

il est tombé dans

la lance

profonde

léthargie.

une Et Dieu va tirer la femme de son

et cette femme

la

côté ouvert

par

mère des vivans

et le ciel et la terre t'adoreront. sera

Elle sortira du côté

du Ch;-ist, dont elle est déjà

son

épouse,

et leur

bonheur (lui ne

la mère; et elle deviendra

premier

baiser aura pour fruit un

finira plus.

Elles

et les

aveugles,

et les boiteux

pauvres,

au

seront conviés

robe nuptiale,

festin des

et recevront la

d'une

noces et les affligés seront saisis

grande joie, et ils se regarderont les uns les autre»

grande douceur et

ineffable sourire

avec une

parce

qu'ils auront pleuré long-lems. un

IA TRINITE.

Quand l'homme encore enfant eut enchaîné sa mère, il tomba sous la puissance d'un père inflexi- ble et jaloux. Le destin eut des lois de fer, Arimanes s'eni-

de larmes

et Moloch dévora

sur

enfans.

vra Jéhovah tonna

ses

le mo:it Sinaï; et Jupiter,

assis au sommet nébuleux de l'Olympe, ébranla

l'univers d'un mouvement de

ses sourcils.

Mais Dieu n'était si terrible

la

que pour

con-

science troublée d'un enfant

coupable

car l'en-

fance de l'humanité eut aussi ses

que

le

le

jeux et ses fêtes

sourire

et

ciel bénissait d'un mystérieux

père, comme enivré

laissait échapper alors les

secrets de

son cœur.

Le Zépliyre enlevait Psyché dans les palais

en-

chantés de l'Amour; et la désobéissance de l'amante

•i

z

faisait une épouse et une

déesse, après les

en ('preuves de l'exil et de la de Venus.

mort, sous la colère

victime du sanglier qu'il avait

immolé,

révé-

la ré-

Adonis

Beauté et l' Amour. Ainsi se

faisait pleurer la

lait déjà le triomphe douloureux du Christ et

future de l'humanité exilée.

compense Une loi fut alors donnée au monde

pour renou-

veler la tentation d'Adam. Cette loi établissait un

de servitude qui

aurait pour

se

prix des jouis-

pacte

sances animales. Les esclaves

et se perdirent

la liberté

par

et furent sauvés

soumirent à la loi

la loi. Les enfans n'obéirent qu'à

l'amour.

par C'est pourquoi les juifs furent réprouvés et déi-

cides, et c'est pelés au salut.

pourquoi aussi les gentils furent ap-

C'est pourquoi

qui se croient

promesses,

ceux

encore au-

jourd'hui les héritiers des

les

et qui sont Sauveur

une

esclaves de la loi crucifient le

seconde fois, tandis

l'esprit descend sur les

que réprouvés de ce monde

belles.

et sur les enfans des re-

Moïse

a protesté contre Pharaon, Jésus contre

Luther contre les faux

les faux zélateurs de Moïse zélateurs de Jésus, et

contre quiconque n'est

l'esprit proteste à la fois

pas

avec Moise

Jésus et

Luther, l'apôtre de la liberté.

Car toute loi qui comprime l'élan de l'humanitéd

la vie

épreuve de l'amour.

est une

vers

Pour se sauver

parla loi

il faut l'enfreindre; et

être digne de Dieu il faut oser lui désobéir.

pour

Mais

croyez-vous