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Thèse présentée pour l’obtention du grade de

Docteur de l’Université Louis Pasteur


Strasbourg I

Discipline : Physique Nucléaire

par Sébastien Bianchin

Multifragmentation :
Rôle de la masse et de l’isospin

Soutenue publiquement le 21 Septembre 2007

Membres du jury

Pr. Wolfgang Trautmann Co-Directeur de thèse (GSI Darmstadt)


Dr. Fouad Rami Co-Directeur de thèse (IPHC & ULP Strasbourg)
Pr. Abdelmjid Nourreddine Président du jury (IPHC & ULP Strasbourg)
Dr. Christian Beck Rapporteur interne (IPHC & ULP Strasbourg)
Dr. Abdelouahad Chbihi Rapporteur externe (GANIL Caen)
Pr. Helmut Oeschler Rapporteur externe (Université de Darmstadt)
Remerciements

Mes premiers remerciements iront tout naturellement à messieurs Fouad Rami et


Wolfgang Trautmann pour m’avoir donné l’opportunité de travailler dans un domaine
de recherche aussi passionnant. Je tiens à ce titre à remercier particulièrement monsieur
Trautmann ainsi que tous mes collègues du groupe ALADiN pour leur accueil, leur dispo-
nibilité et pour les échanges souvent fructueux que l’on a pu avoir. Je pense notamment à
Arnaud Le Fèvre, Jerzy Lukasik, Carsten Schwarz, Alexander Botvina, Uli Lynen, Khalid
Kezzar et Titti sans la collaboration de qui ce travail n’aurait certainement pas pu se faire.

Je tiens également à remercier le professeur Abdelmjid Nourreddine ainsi que tous les
membres du jury (messieurs Christian Beck, Abdelouahad Chbihi et Helmut Oeschler)
pour m’avoir fait l’honneur de leur présence, pour l’intérêt qu’ils ont porté à la lecture
de ce document, mais aussi pour leur enthousiasme et leurs remarques bien souvent per-
tinentes.

Un immense merci également à toute l’équipe rédactionnelle du chapitre 6 (Antoine Bac-


quias, David Boutin, Audrey Chatillon, Tudi Le Bleis, Christophe Rappold, Titti et Ni-
colas Winckler) pour leurs commentaires et leurs corrections, mais surtout pour m’avoir
permis de terminer la rédaction de ce manuscrit sans trop déborder sur les délais.
J’aimerais, à ce titre, adresser un remerciement spécial et tout particulier à celle qui restera
de loin ma "collègue" préférée (Audrey Chatillon) sans le soutien de qui, c’est certain (si,
si !), je n’aurais jamais été capable de terminer dans les temps. Merci de m’avoir poussé,
de m’avoir tenu tête et d’y avoir cru quand je n’y croyais plus. J’espère sincèrement avoir
tort et que les ponts ne s’écrouleront pas.

Merci à toutes les personnes que j’ai pu rencontrer au cours de ces presque quatre an-
nées passées à GSI et que j’apprécie énormément : Lucia Caceres, Juan Castillo, la french
connexion, Stoyanka "Tania" Ilieva1 , Adam Klimkiewicz, Olga Lepyoshkina (thanks for
the dances) Barbara Soulignano (merci pour ces longues conversations tardives à GSI),
Martino Trassinelli (merci pour ces longues conversations tardives au restaurant), Sergiy
Trotsenko et bien sûr ............................2 .

Je tiens également à remercier mes "non-GSI friends"3 , ainsi que leurs familles respec-
tives4 , pour leur soutien : Hassan (de loin mon meilleur ami), Aurélien, Cédric, Claire
(merci encore pour tout), Clément, Danaé, Kathia et Nico, Julie et Bérangère (n’atten-
1
Cette petite phrase en français n’est rien que pour toi.
2
Si j’ai oublié votre nom, merci de l’inscrire ici.
3
"Mes amis éxtérieurs à GSI" pour les non anglophones.
4
Mension spéciale à la famille Cherradi pour leur hospitalité et leur gentillesse.
6

dons pas encore 10 ans pour nous revoir), Sam, Stéphane, Thomas, ............................5 et
bien entendu Isa pour avoir toujours été là même si je ne l’ai pas toujours vu (j’espère
qu’un jour tu seras cap de me pardonner).

Et parce que la vie ne s’arrête pas après la thèse (loin de là !), je voudrais également
remercier monsieur Takehiko Saito ainsi que tous les membres du groupe HypHI (Olga
Borodina, Myroslav Kavatsyuk, Shizu Minami, Daisuke Nakajima et Christophe Rappold)
pour m’avoir accueilli si chaleureusement parmi eux.

Bien entendu, je terminerais en remerciant ma famille à qui je dois tout et sans qui je ne
serais littéralement pas là où j’en suis aujourd’hui. Je pense bien sur à ma famille proche :
mon père (ma plus grande source d’inspiration), Geneviève, mes deux soeurs que j’adore
Amandine et Aurélie, le petit Valentin, Kévin et Régis et leur petite famille respective,
mais également à tous mes oncles, tantes, cousins et cousines aux quatre coins de la France
et bien sûr une pensée spéciale pour Amélie (on pense tous très fort à toi).

5
Voir 2 .
À ma famille
Table des matières

Introduction 15

1 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds 17


1.1 Équation d’état de la matière nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.1.1 Notion de saturation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.1.2 Énergie de saturation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.1.3 Module d’incompressibilité de la matière nucléaire . . . . . . . . . . 20
1.2 Diagramme de phases de la matière nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3 Les transitions de phases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.4 Les collisions entre ions lourds aux énergies relativistes . . . . . . . . . . . 23
1.4.1 Mécanismes réactionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.4.2 Courbe calorique nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.5 Motivations physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

2 Dispositif expérimental 35
2.1 Le complexe accélérateur GSI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.2 Le séparateur de fragments FRS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.2.1 Production de faisceaux radioactifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3 Les détecteurs auxiliaires et la partie diagnostic du faisceau . . . . . . . . . 38
2.3.1 Le détecteur Veto . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.3.2 Le détecteur STELZER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.3.3 Le détecteur start . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.4 Le détecteur de position . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.5 L’hodoscope de Catane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.4 L’aimant ALADiN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.5 La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.5.1 Les chambres d’ionisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.5.2 Les compteurs proportionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.5.3 L’électronique de lecture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.5.4 Performances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.6 Le mur de temps de vol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.6.1 Principe de détection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.6.2 Électronique associée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
10 TABLE DES MATIÈRES

2.7 Le détecteur de neutrons LAND . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52


2.8 Systèmes étudiés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

3 Mesure de la masse des fragments 55


3.1 Reconstruction de la trajectoire des fragments . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.1.1 Identification des traces dans la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV 55
3.1.2 Reconstruction des trajectoires à l’intérieur de l’aimant ALADiN . . 56
3.2 Détermination de la masse des produits de réaction . . . . . . . . . . . . . 57
3.2.1 Sélection en charge des fragments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.2.2 Étalonnage des photomultiplicateurs du mur de temps de vol . . . . 58
3.3 Détermination des taux de production des différents isotopes . . . . . . . . 63

4 Propriétés générales des événements de fragmentation 71


4.1 Définition de la source spectatrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.2 Sélection du paramètre d’impact - l’observable Zbound . . . . . . . . . . . . 72
4.3 Multiplicité moyenne de fragments de masse intermédiaire - le "Rise and
Fall" de la multifragmentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.4 Charge du plus gros fragment détecté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.5 Effets pair-impairs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

5 Mesure de la température 83
5.1 Méthodes de mesure des températures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
5.2 Notion de température isotopique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.3 Choix du thermomètre isotopique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
5.4 Étalonnage des thermomètres isotopiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.5 Résultats expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.5.1 Analyse des rapports des taux de production isotopiques . . . . . . 90
5.5.2 Mesures de températures pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La et 107 Sn 91
5.5.3 Comparaison entre les systèmes pour les températures THeLi et TBeLi 92

6 Isoscaling et énergie de symétrie 97


6.1 Le phénomène d’isoscaling . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
6.2 Énergie de symétrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107

Conclusion 119

Appendices 123

A Le modèle statistique de multifragmentation SMM 123

B Taux de production isotopiques mesurés 127

Bibliographie 147
Table des figures

1.1 Densités nucléaires obtenues pour différents noyaux . . . . . . . . . . . . . 18


1.2 Équation d’état de la matière nucléaire à T = 0 . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.3 Diagramme de phases de la matière nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.4 Équation d’état de la matière nucléaire à T 6= 0 . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5 Illustration de la notion participant-spectateur . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.6 Les différentes étapes de la multifragmentation . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.7 Courbe calorique nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.8 Masse moyenne du préfragment et énergie d’excitation en fonction de Zbound 27
1.9 Températures limites prédites par le modèle Hartree-Fock . . . . . . . . . . 28
1.10 Courbe calorique obtenue pour des données provenant de différentes expé-
riences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
1.11 Températures limites expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1.12 Compositions isotopiques et masses des fragments prédites par le modèle
statistique SMM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
1.13 Courbes caloriques prédites par le modèle SMM pour les systèmes 124 Sn,
124
La et 197 Au . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

2.1 Le complexe accélérateur GSI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36


2.2 Le séparateur de fragments FRS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3 Composition isotopique des faisceaux secondaires utilisés . . . . . . . . . . 39
2.4 Le détecteur de position . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.5 Profil des faisceaux dans le détecteur de position . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.6 L’hodoscope de Catane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.7 Le dispositif expérimental ALADiN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.8 La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.9 Coupe horizontale du détecteur TP-MUSIC IV . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.10 Électronique de lecture du détecteur TP-MUSIC IV . . . . . . . . . . . . . 47
2.11 Spectre en charge obtenu grâce au détecteur TP-MUSIC IV . . . . . . . . 48
2.12 Corrélation entre la charge mesurée à l’aide des compteurs proportionnels
et celle mesurée à l’aide des chambres d’ionisation . . . . . . . . . . . . . . 49
2.13 Module du mur de temps de vol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.14 Le mur de temps de vol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.15 Performances du mur de temps de vol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
12 TABLE DES FIGURES

2.16 Logique de lecture du mur de temps de vol . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52


2.17 Le détecteur de neutrons LAND . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

3.1 Reconstruction des traces dans la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV . . . 56


3.2 Sélection en charge des fragments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.3 Correction du walk . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.4 ∆A en fonction du numéro de scintillateur avant les corrections de walk . . 60
3.5 Corrections fines appliquées à la fonction de walk . . . . . . . . . . . . . . 62
3.6 ∆A en fonction du numéro de scintillateur après les corrections de walk . . 63
3.7 Spectres en masse obtenus pour le système 124 Sn . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.8 Spectres en masse obtenus pour le système 124 La . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.9 Spectres en masse obtenus pour le système 107 Sn . . . . . . . . . . . . . . . 66
3.10 Variation de σ en fonction de la masse des fragments. . . . . . . . . . . . . 67
3.11 Ajustement du bruit de fond . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
3.12 Ajustement d’un spectre en masse obtenu pour le système 124 Sn . . . . . . 69
3.13 Rapport signal sur bruit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

4.1 Dynamique de la réaction et détection des fragments . . . . . . . . . . . . 71


4.2 Spectre en vitesse (β) et sélection de la source spectatrice . . . . . . . . . . 72
4.3 Distributions de l’observable Zbound pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La et
107
Sn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.4 Multiplicité moyenne de fragments de masse intermédiaire <MFMI > . . . . 75
4.5 Multiplicité moyenne de fragments de masse intermédiaire - Comparaison
avec le modèle SMM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.6 Corrélation entre les observables Zmax et Zbound . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.7 Zmax /Zproj moyen en fonction de Zbound /Zproj . . . . . . . . . . . . . . . . 78
4.8 Valeurs de <N>/Z en fonction du numéro atomique Z pour différentes
centralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.9 Rapport <N/Z> en fonction du numéro atomique Z . . . . . . . . . . . . 80
4.10 Rapport <N>/Z en fonction du numéro atomique Z - Comparaison avec
les données FRS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81

5.1 Différentes méthodes de mesure de température des systèmes hadroniques . 84


5.2 Valeurs des paramètres α et ∆B pour différentes combinaisons de paires
d’isotopes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.3 Température apparente obtenue pour plusieurs thermomètres isotopiques . 88
5.4 Etalonnage des thermomètres isotopiques grâce au modèle statistique QSM 90
5.5 Rapports des taux de production de quelques paires d’isotopes en fonction
de Zbound /Zmax . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
5.6 Températures isotopiques mesurées pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La et
107
Sn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
5.7 Températures isotopiques THeLi et TBeLi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
TABLE DES FIGURES 13

6.1 Rapport R21 entre les taux de production isotopiques et isotoniques pour les
réactions 124 Sn+124 Sn et 112 Sn+112 Sn en fonction de N et Z respectivement 98
6.2 Rapport R12 en fonction de t3 = (N − Z)/2 . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
6.3 Rapports des taux de production obtenus pour les réactions 124 Sn+Sn et
107
Sn+Sn en fonction de N et Z - résultats de la méthode d’ajustement ❶ 100
6.4 Valeurs de α et β obtenues par ajustement bidimentionnel (méthode d’ajus-
tement ❶) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
6.5 Rapports des taux de production obtenus pour les réactions 124 Sn+Sn et
107
Sn+Sn en fonction de N et Z - résultats de la méthode d’ajustement ❷ 102
6.6 Valeurs moyennes de α et β obtenues par ajustement individuel des isotopes
et isotones (méthode d’ajustement ❷) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
6.7 Rapports des taux de production obtenus pour les réactions 124 Sn+Sn et
107
Sn+Sn en fonction de N et Z - résultats de la méthode d’ajustement ❸ 104
6.8 Valeurs de α et β obtenues en supposant α = −β (méthode d’ajustement ❸)105
6.9 Rapport réduit S(N) pour le système réactionnel (124 Sn/107 Sn) . . . . . . . 106
6.10 Paramètres d’isoscaling α et β en fonction de Zbound . . . . . . . . . . . . 108
6.11 Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie
de symétrie entre les deux systèmes réactionnels isobares (124 Sn/124 La) et
isotopiques (124 Sn/107 Sn) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
6.12 Paramètre α, température isotopique THeLi et terme d’énergie de symétrie
γapp obtenus grâce au détecteur INDRA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
6.13 Corrélation entre les deux observables liées au paramètre d’impact dans le
cas du détecteur INDRA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
6.14 Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie
de symétrie à partir des données collectées grâce aux détecteurs INDRA et
ALADiN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
6.15 Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie
de symétrie en utilisant les valeurs de la température mesurée grâce aux
thermomètres THeLi et TBeLi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
6.16 Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’éner-
gie de symétrie à partir des données collectées grâce aux détecteurs IN-
DRA et ALADiN, mais également dans le cadre de l’expérience menée par
D.V. Shetty et al. [She07] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
6.17 Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie
de symétrie en utilisant la méthode d’isoscaling pour les fragments pro-
duits lors de la réaction et le rapport des taux de production de neutrons
libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116

A.1 Les ensembles thermodynamiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123

B.1 Taux de production pour le système 124


Sn (0, 0 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 2) . . . 129
124
B.2 Taux de production pour le système Sn (0, 2 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 4) . . . 130
B.3 Taux de production pour le système 124
Sn (0, 4 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 6) . . . 131
14 TABLE DES FIGURES

B.4 Taux de production pour le système 124


Sn (0, 6 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 8) . . . 132
B.5 Taux de production pour le système 124
Sn (0, 8 ≤ Zbound /Zproj ≤ 1, 0) . . . 133
B.6 Taux de production pour le système 124
Sn (données inclusives) . . . . . . . 134
107
B.7 Taux de production pour le système Sn (0, 0 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 2) . . . 135
B.8 Taux de production pour le système 107
Sn (0, 2 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 4) . . . 136
B.9 Taux de production pour le système 107
Sn (0, 4 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 6) . . . 137
B.10 Taux de production pour le système 107
Sn (0, 6 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 8) . . . 138
B.11 Taux de production pour le système 107
Sn (0, 8 ≤ Zbound /Zproj ≤ 1, 0) . . . 139
107
B.12 Taux de production pour le système Sn (données inclusives) . . . . . . . 140
B.13 Taux de production pour le système 124
La (0, 0 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 2) . . . 141
B.14 Taux de production pour le système 124
La (0, 2 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 4) . . . 142
B.15 Taux de production pour le système 124
La (0, 4 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 6) . . . 143
B.16 Taux de production pour le système 124
La (0, 6 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 8) . . . 144
B.17 Taux de production pour le système 124
La (0, 8 ≤ Zbound /Zproj ≤ 1, 0) . . . 145
B.18 Taux de production pour le système 124
La (données inclusives) . . . . . . . 146
Introduction

Les collisions entre ions lourds aux énergies relativistes ont pour objectif principal de
produire des noyaux dit "chauds", c’est-à-dire des noyaux dans lesquels la matière nu-
cléaire est soumise à des conditions extrêmes de température et de densité. L’étude de ces
collisions permet donc d’explorer le diagramme des phases de cette matière nucléaire et,
finalement, d’en écrire son équation d’état.
Des questions se posent actuellement concernant le rôle de l’isospin dans ces réactions et
notamment dans le processus de multifragmentation. Afin de répondre à ces questions,
des données ont récemment été collectées grâce au spectromètre ALADiN auprès du syn-
chrotron d’ions lourds SIS (SchwerIonen Synchrotron). La décroissance des projectiles de
différentes compositions isotopiques a été mesurée en cinématique inverse. La reconstruc-
tion de traces, couplée à des mesures de temps de vol, permet de déterminer l’impulsion
et la masse des fragments produits. Des faisceaux stables de 197 Au et de 124 Sn, ainsi que
des faisceaux radioactifs secondaires de 124 La et de 107 Sn, disponibles grâce au séparateur
de fragments FRS, ont été utilisés dans le but de couvrir une large gamme de compo-
sitions massiques et isotopiques, permettant ainsi une étude comparative du processus
de multifragmentation des systèmes spectateurs formés aux énergies relativistes (dans le
cadre de ce travail de thèse Eproj = 600 MeV/nucléon) en fonction de la masse (124 Sn,
197
Au) et de la composition isotopique du système. Pour ce dernier point, la paire d’iso-
bares 124 Sn/124 La et la paire isotopique 124 Sn/107 Sn sont utilisées. La cinématique inverse
offre l’avantage de s’affranchir d’un seuil de détection des fragments lourds ainsi que des
résidus, ce qui permet un accès unique à la dynamique de la réaction. De plus, le dispositif
ALADiN permet la détection de tous les produits de la réaction. Des progrès significatifs
dans l’interprétation de l’énergie cinétique des fragments et dans la compréhension du
mécanisme de multifragmentation peuvent alors être espérés.

Dans les collisions entre ions lourds, la multifragmentation du projectile spectateur peut
être considérée comme universelle. Cette universalité a été démontrée par la collabora-
tion ALADiN durant ses premières campagnes d’expériences [Sch96]. Une des principales
motivations de la campagne S254 est de vérifier si cette universalité est invariante par
rapport à l’isospin.
Outre ce dernier, la masse peut également jouer un rôle important dans le processus de
fragmentation. En effet, cette influence a été suggérée pour la température limite [Nat02],
qui gouverne la courbe calorique (température en fonction de l’énergie d’excitation). Cette
quantité représente la température maximale au-delà de laquelle les noyaux n’existent
16

plus comme des systèmes auto-liés dans les calculs de type Hartree-Fock [Bes89]. Pour les
systèmes les plus légers, la température limite est plus élevée, principalement parce que
l’énergie coulombienne y est plus faible. Toutefois, l’approche statistique SMM (Statisti-
cal Multifragmentation Model) prédit que la température est pratiquement invariante en
masse dans la région de coexistance liquide-gaz [Bon95].

Nous nous attendons donc, avec ce choix de projectiles, à ce que les influences relatives
de la masse et de l’isospin, ainsi que le rôle de la température limite dans la décroissance
multi-fragments puissent être discernés et étudiés. La comparaison de deux systèmes de
masses différentes devrait donc permettre de distinguer si la température de breakup est
déterminée par l’énergie de liaison du système nucléaire "chaud" (description microsco-
pique) ou par l’espace des phases accessible par fragmentation (description statistique).
La même comparaison peut être faite en variant l’isospin du système.
Chapitre 1

Propriétés de la matière nucléaire et


collisions entre ions lourds

La matière nucléaire se caractérise essentiellement par sa densité élevée et par la nature


fermionique de ses constituants, les nucléons, dont les interactions sont régies à la fois par
l’interaction forte, l’interaction faible et la force électromagnétique. Bien que différente
de la matière "visible" ou macroscopique, la matière nucléaire peut être décrite par les
mêmes grandeurs thermodynamiques (densité, température et pression). Etudier la ma-
tière nucléaire dans des conditions extrêmes de température et/ou de pression (densité)
permet alors de mieux comprendre et d’appréhender son comportement, et ainsi d’établir
ce que l’on appelle l’équation d’état de la matière nucléaire. Une fois établie, cette dernière
permet de décrire totalement l’évolution des systèmes nucléaires et ainsi de prédire leurs
éventuelles transitions de phases. Au-delà de l’équation d’état de la matière nucléaire,
ces études approfondissent nos connaissances sur la formation de la matière au début de
l’Univers, la structure des étoiles à neutrons, ainsi que sur les mécanismes d’explosion des
supernovæ.

1.1 Équation d’état de la matière nucléaire


L’équation d’état d’un système est la relation qui lie des grandeurs thermodynamiques
telles que la pression P , la densité ρ et la température T . Cette équation est un outil fon-
damental de physique statistique et de thermodynamique qui permet, par exemple, de
prédire l’existence de transitions de phases liquide-gaz dans les fluides réels de type Van
der Waals. Dans le cas des noyaux, qui sont des systèmes à faible nombre de constituants,
il est possible de définir un système idéal infini que l’on appelle la matière nucléaire.
Un des points de l’équation d’état de la matière nucléaire à température nulle est connu
expérimentalement : le point dit de "saturation". Les caractéristiques de ce dernier cor-
respondent essentiellement à celles du fluide nucléaire qui compose la partie centrale des
noyaux lourds.
18 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

1.1.1 Notion de saturation


Dès les premières expériences de mise en évidence des noyaux atomiques, au début du
siècle, l’on s’est aperçu que les noyaux n’étaient pas ponctuels. Dès lors, de nombreuses
expériences ont été réalisées dans ce domaine, notamment par diffusion d’électrons [Hof56].
Il a alors été établi que la densité de charge, au centre des noyaux massifs, est pratiquement
indépendante du noyau considéré, démontrant ainsi que la densité totale des nucléons au
centre des noyaux lourds est, elle aussi, indépendante du noyau.

Fig. 1.1 – Densités nucléaires déduites par diffusion électronique (figure extraite de [Dan01]).

On exprime cette indépendance de la densité centrale des noyaux lourds en disant que la
densité de nucléons "sature" pour une densité appelée densité de saturation (ou encore
densité normale), ρ0 = 0, 16 ± 0, 02 fm−3 (Fig. 1.1). L’incertitude sur cette valeur provient
essentiellement des incertitudes sur la densité des neutrons et sur le fait que la densité au
cœur des noyaux présente de petites oscillations dûes à des effets quantiques. Ces mêmes
expériences de diffusion d’électrons ont également permis de déterminer avec une bonne
précision que les rayons des noyaux obéissent à une relation de la forme :

R = r0 A1/3 (1.1)
où r0 ≈ 1, 2 fm est indépendant du noyau considéré et où A est le nombre de masse de ce
Équation d’état de la matière nucléaire 19

dernier. Un nucléon occupe donc ainsi le même volume élémentaire 4πr03 /3 ≈ 6 − 7 fm3 à
l’intérieur de n’importe quel noyau.

1.1.2 Énergie de saturation


Le concept de matière nucléaire infinie (ou symétrique) permet de se représenter les
noyaux comme de minuscules échantillons de matière nucléaire. Cette représentation est
valable pour la partie centrale des noyaux constituée d’un fluide de matière nucléaire.
E (AMeV)

60

E th
40

20

EC

0
1 2 3 ρ/ρ0

−16
Point de
saturation

Fig. 1.2 – Comportement prédit de l’équation d’état de la matière nucléaire à température


nulle. L’énergie par nucléon E est représentée en fonction de la densité ρ normalisée à la densité
normale ρ0 . L’énergie totale du système à température nulle, symbolisée par la ligne horizontale
en pointillés, se compose d’une partie thermale Eth et d’une autre liée à la compression EC .
La valeur de l’énergie de liaison à température nulle au point de saturation E0 = −16 AM eV
correspond à la valeur minimale de l’énergie totale.

Afin de décrire les noyaux réels, ce modèle simple doit être corrigé en introduisant des
effets dits de taille finie, et en particulier les forces coulombiennes entre les protons, ainsi
que des effets de surface modélisant la zone intermédiaire entre la partie centrale dense
du noyau et l’extérieur vide. Une correction supplémentaire, dite d’asymétrie, est enfin
nécessaire pour pouvoir considérer les noyaux pour lesquels N 6= Z. Cette représentation
des noyaux sous forme de fluide fini est à l’origine du modèle dit de la goutte liquide qui
permet de rendre compte de certaines propriétés globales des noyaux. L’intérêt de tels
20 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

modèles est lié au succès des formules de masse de type Bethe-Weizsäcker, par le biais
desquelles l’énergie de liaison B d’un noyau peut être reproduite à l’aide d’une expression
du type :

2
2 − 31 (N − Z)2 1
B = av A − as A − ac Z A
3 − aa ± ap A− 2 (1.2)
A

Le premier terme, av , représente ici la contribution dite de volume, associée à la partie


intérieure du noyau. Le second, as , correspond à la contribution de la surface nucléaire, le
troisième, ac , est la contribution coulombienne. Le terme aa , quant à lui est la contribution
due à l’asymétrie du système et, enfin, ap représente le terme d’appariement permettant
de tenir compte des effets quantiques.
Du point de vue de la matière nucléaire, le terme de volume av correspond à l’énergie
liée aux interactions nucléaires, d’un système infini, symétrique, à la densité ρ0 . La valeur
empirique de l’énergie de liaison par nucléon dans la matière nucléaire infinie vaut donc :

E0 /A = −16 ± 1MeV (1.3)


Cette valeur, comme on le voit sur la figure 1.2, correspond au minimum de l’équation
d’état de la matière nucléaire

1.1.3 Module d’incompressibilité de la matière nucléaire


Il est intéressant d’avoir davantage d’informations sur l’équation d’état au voisinage
du point de saturation. La courbure de l’équation d’état E/A = E/A(ρ), à la densité
de saturation permet par exemple d’explorer le proche voisinage du point de saturation,
autrement dit les petites perturbations en densité des noyaux autour de leur état d’équi-
libre. Cette courbure est appelée le module d’incompressibilité K de la matière nucléaire
infinie et n’est définie qu’au point de saturation par l’expression :
2

2 d Ec (ρ, T = 0)

K = 9ρ (1.4)
dρ2
ρ=ρ0

Le module d’incompressibilité est en général étudié par diffusion de particules α [You01,


Ito01] ou dans le cadre d’études liées à l’astrophysique [Gle88]. Les valeurs communément
admises pour ce module d’incompressibilité K se situent entre 200 et 400 MeV. Si la valeur
de K est faible (≈ 200 MeV), l’équation d’état est dite "molle" (sof t), car l’énergie de
compression nécessaire pour atteindre des densités élevées est faible. Si, au contraire, la
valeur de K est élevée (≈ 400 MeV), on parle d’une équation "dure" (hard), car l’énergie
de compression à fournir pour atteindre ces même densités est supérieure. L’équation
d’état au voisinage du point de saturation s’écrit alors :

K (ρ − ρ0 )2
E/A(ρ) ∼
= E/A(ρ0 ) + · (1.5)
18 ρ20
Diagramme de phases de la matière nucléaire 21

1.2 Diagramme de phases de la matière nucléaire


A l’instar de la matière macroscopique, la matière nucléaire peut être décrite en quatre
phases distinctes représentées sur la figure 1.3 :
• La phase liquide correspond aux régions de faibles températures et de densité proche
de celle du noyau dans son état fondamental (ρ0 ).
• La phase solide (ou condensat) correspond à ce que l’on appelle la matière "froide"
(faibles températures), mais cette fois à des densités très élevées. Cette phase est
proche de la structure des étoiles à neutrons.
• La phase gazeuse, quant à elle, se présente sous la forme d’un gaz de hadrons à
température élevée.
• Enfin, la phase plasma apparaît pour des densités 5 à 10 fois supérieures à celle
du noyau dans son état fondamental ainsi que pour des températures supérieures à
150 MeV. Cette phase se caractérise par le déconfinement des quarks à l’intérieur
des nucléons et aboutit à la formation d’un plasma de quarks et de gluons.

200
Température (MeV)

150

plasma de
quarks et
100 gaz de hadrons de gluons

       

       

      

coexistence


50       

gaz−plasma


       

       

matière
    

            

    

phase liquide
    

condensée
    

       
    

    

    

    

       
    

    

    

0
    

       
    

0 1 2 3 4 5 6 7 8
ρ/ρ0

Fig. 1.3 – Diagramme de phases de la matière nucléaire. La température est représentée en


fonction de la densité ρ normalisée à la densité normale ρ0 . Les quatre états de la matière nucléaire
sont représentés : phase liquide, matière condensée, gaz de hadrons et plasma de quarks et de
gluons.
22 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

1.3 Les transitions de phases


Les transitions de phases sont des propriétés universelles de la matière. Elles sont
étudiées depuis plus d’un siècle pour des systèmes macroscopiques pour lesquels on est
proche de la limite thermodynamique, autrement dit pour des systèmes composés d’une
infinité de constituants. Une transition de phase se produit lorsqu’un état de la matière
devient instable pour certaines conditions thermodynamiques décrites par les variables
de contrôle que sont la température T et la pression P . Il y a maintenant une trentaine
d’années, l’analogie entre l’interaction nucléon-nucléon dans les noyaux et les forces in-
tramoléculaire de Van der Waals dans les fluides macroscopiques a conduit à émettre
l’hypothèse de l’existence d’une transition de phase liquide-gaz pour la matière nucléaire
[Lam78, Jaq83, Sie83]. Il est également possible d’observer une région de coexistence de
phases, ainsi que l’existence d’un point critique pour cette transition de phase, lié à la
forme de l’interaction nucléon-nucléon, répulsive à courte portée et attractive à longue
et moyenne portée [Eva55, Lac80]. Tous les calculs sur la matière nucléaire estiment la
température critique Tc de la transition liquide-gaz aux alentours de kTc ≈ 16 − 18 MeV
et la densité associée ρc ≈ 0, 05 − 0, 06 fm−3 .
pression (MeV.fm −3 )

1.5
Fig. 1.4 – Équation d’état de la
T=20 matière nucléaire à température non
1 nulle calculée pour une force de
Skyrme. La pression (en MeV.fm−3 )
est représentée en fonction de la den-
sité (en fm−3 ) pour chaque isotherme
0.5
(températures exprimées en MeV).
16

Tc=17.9
         





























La courbe en trait gras intercep-
12





























tant les isothermes délimite la région
0          

de coexistence des phases liquide et


0.05 0.1 0.15 densité (fm−3) gaz. Le point critique correspond à
         

         

kTc = 17, 9 MeV. La partie délimi-


         

         

         

tée par la courbe en pointillés repré-


8
         

−0.5 





























sente la région spinodale (figure adap-






























4 tée de [Sau76]).
         

         

La figure 1.4 représente l’équation d’état de la matière nucléaire pour différentes tem-
pératures calculées à partir d’une force de Skyrme. Une région de coexistence de phases
liquide-gaz peut être observée pour des températures inférieures à la température critique
Tc = 17, 9 MeV , ainsi qu’une région de basse densité appelée région spinodale. Cette der-
Les collisions entre ions lourds aux énergies relativistes 23

nière est caractérisée par une instabilité mécanique pour laquelle les perturbations ne sont
plus amorties (comme c’est le cas pour la matière nucléaire à la densité normale), mais
au contraire, amplifiées. Cette région est associée au phénomène de multifragmentation :
les noyaux y entrant éclatent en fragments de différentes tailles [Gua96, Gua97].

1.4 Les collisions entre ions lourds aux énergies relati-


vistes
Les collisions nucléaires et notamment les collisions entre ions lourds aux énergies
relativistes sont le seul moyen dont disposent de nos jours les physiciens pour étudier en
laboratoire la matière nucléaire dans des conditions extrêmes de température et/ou de
densité.

1.4.1 Mécanismes réactionnels


Lorsque deux noyaux entrent en collision, la nature de l’évènement dépend de ce que
l’on appelle le paramètre d’impact b. Ce dernier correspond à la distance séparant les
lignes de vol des centres des deux noyaux entrant en collision. Il nous renseigne sur la
centralité, et donc sur la violence de la collision.
Si le paramètre d’impact b est supérieur à la somme des rayons des deux noyaux projectile
et cible (Rp + Rc ), la réaction est largement dominée par les effets coulombiens à cause de
la faible portée de l’interaction nucléaire. À faible énergie de faisceau, correspondant à une
énergie dans le centre de masse de l’ordre de la barrière coulombienne, soit typiquement
quelques dizaines à quelques centaines de MeV, la trajectoire est fortement défléchie par
la répulsion coulombienne. À plus haute énergie, en revanche, cet effet est négligeable.
L’interaction nucléaire commence à jouer un rôle dans le processus collisionnel lorsque les
deux noyaux se recouvrent, autrement dit lorsque b < Rp + Rc .
Dans les collisions périphériques pour lesquelles b reste comparable à Rp +Rc , deux types de
réactions sont observées en fonction de l’énergie du faisceau. Pour des énergies inférieures
à quelques dizaines de MeV par nucléon, le processus dominant est une diffusion dite
profondément inélastique. Dans une telle réaction les deux noyaux gardent globalement
leur identité, mais échangent matière, impulsion et énergie. Une grande partie de l’énergie
cinétique disponible est ainsi dissipée dans les degrés de liberté collectifs et nucléoniques.
Durant cet échange, on peut se représenter le système comme un état moléculaire à deux
noyaux en rotation sur lui-même (en raison du paramètre d’impact élevé, le moment angu-
laire du système est en général très élevé). À plus haute énergie de faisceau, typiquement
au delà d’une centaine de MeV par nucléon, le mécanisme change. L’énergie est alors trop
élevée pour que les deux noyaux restent "collés" comme dans le cas précédent. La vitesse
du projectile provoque une séparation, quasi-immédiate, des deux noyaux. Seuls les nu-
cléons appartenant à la zone de recouvrement sont ainsi effectivement impliqués dans le
processus collisionel. Ils sont arrachés de la cible et entraînés avec une vitesse inférieure
à celle du résidu du projectile. On parle dans ce cas de mécanisme participant-spectateur
24 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

pour bien signifier la différence entre les résidus non affectés du projectile et de la cible,
et la zone participante, appelée f ireball (ou boule de feu) correspondant à la zone de
recouvrement. Ce concept de participant-spectateur est illustré de manière schématique
sur la figure 1.5.
Dans ce travail de thèse, nous étudierons principalement la décroissance (ou la désexcita-
tion) du projectile spectateur.

Projectile
Projectile spectateur
Fireball

Cible Cible
spectatrice

Fig. 1.5 – Lors de collisions entre ions lourds aux énergies relativistes, il existe trois différentes
sources de fragments et/ou de particules légères en fonction du paramètre d’impact. Les noyaux
du projectile et de la cible ne participant pas directement à la collision constituent respectivement
le projectile spectateur et la cible spectatrice. Les noyaux directement impliqués dans la collision
et correspondant à la zone de recouvrement entre le projectile et la cible constituent le f ireball
ou boule de feu.
.

Le scénario de multifragmentation se décompose en trois étapes majeures. D’abord, les


deux noyaux s’interpénètrent, ce qui a un effet de compression et d’échauffement au cours
duquel la température peut atteindre quelques dizaines de MeV et la densité peut être
2 à 5 fois supérieure à la densité de saturation ρ0 . Une fois que la densité maximale est
atteinte (environ 15 fm/c, soit 5.10−23 s après la collision), une phase d’expansion a lieu
jusqu’à ce que les produits de réaction n’interagissent plus entre eux. C’est ce que l’on
appelle la phase de f reeze-out ou gel. À ce moment, le système se dissocie en aggrégats.
Une première émission de particules légères (n, p, t, 3 He, 4 He) est observée. Au moment
du désassemblage du système, appelé breakup, une émission de particules légères, de
fragments de masse intermédiaire (3 < Z < 30) ainsi que de fragments lourds (Z > 30) a
lieu. La figure 1.6 illustre ce scénario de désexcitation.
Les collisions entre ions lourds aux énergies relativistes 25

POINT DE DEPART POINT DE DEPART


DES DES
MODELES DYNAMIQUES MODELES STATISTIQUES

émission
du pré−équilibre

fragments (Z>2)
=
gouttes liquides

Au "freeze−out": équilibre thermique et chimique

Fig. 1.6 – Scénario possible de la multifragmentation. Les modèles statistiques, et en particulier


le modèle statistique de multifragmentation SMM, sont décrits en détail en Annexe A.

1.4.2 Courbe calorique nucléaire


Les différentes campagnes expérimentales menées ces dernières années par la colla-
boration ALADiN [Kun96, Sch96] ont permis une bien meilleure compréhension du pro-
cessus de fragmentation du projectile spectateur aux énergies relativistes (entre 400 et
1000 MeV par nucléon). Il a ainsi pu être démontré qu’un équilibre est atteint au moment
du breakup [Sch96]. De plus, la courbe calorique interprétée comme une signature de la
transition de phases liquide-gaz, a également été établie, suggérant qu’au cours de ces
réactions, la région de coexistence est explorée [Poc95] (cf. Fig. 1.7).

Cette courbe calorique représente la variation de la température déterminée à partir des


doubles rapports entre les taux de production isotopique (cf. Chap. 5) et l’énergie totale
d’excitation par nucléon du système. Cette dernière quantité est obtenue par calorimétrie
en sommant les énergies cinétiques mesurées de toutes les particules et fragments issus
de la décroissance du projectile spectateur et en ajoutant la chaleur de réaction Q de
chacune des réactions [Cam94]. À ce titre, la figure 1.8 montre la dépendance de l’énergie
d’excitation en fonction de la variable Zbound (cf. Chap. 4). On observe également que
la taille du projectile spectateur, dans la représentation participant-spectateur, dépend
également de Zbound .
26 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

12 197 197
Au+ Au, 600 AMeV
12 18 nat 197
C, O + Ag, Au, 30-84 AMeV
22 181
10 Ne+ Ta, 8 AMeV

√10
√ <E0>/<A0>
8
THeLi (MeV)

-23-- (<E0>/<A0> - 2 MeV)


2

0
0 5 10 15 20
<E0>/<A0> (MeV)

Fig. 1.7 – Courbe calorique nucléaire montrant la dépendance de la température isotopique


THeLi en fonction de l’énergie d’excitation par nucléon (figure extraite de [Poc95]).

La courbe calorique, représentée sur la figure 1.7, peut être divisée en trois sections dis-
tinctes. Dans la continuité des précédentes études du régime de fusion-évaporation, l’aug-
mentation de la température THeLi pour des énergies d’excitation inférieures à 2 MeV
par nucléon est compatible avec l’approximation à basse température d’un système fer-
mionique. Dans une gamme de <E0 >/<A0 > comprise entre 3 et 10 MeV par nucléon,
où le régime de multifragmentation domine sur le processus de fusion-évaporation, une
valeur quasi-constante de la température THeLi d’environ 4,5-5 MeV est observée. Fina-
lement, au dessus d’une énergie d’excitation totale d’environ 10 MeV par nucléon, une
augmentation de la température THeLi est de nouveau observée pour une augmentation
de <E0 >/< A0 >.
À mesure que l’on augmente la température du noyau, les nucléons se mettent à occuper
un continuum d’états non-liés de manière similaire à un gaz entourant une goutte d’eau
chaude. Macroscopiquement, les nucléons à l’intérieur de la goutte sont dans la phase
liquide de la matière nucléaire, alors que les nucléons de la vapeur sont dans la phase
Les collisions entre ions lourds aux énergies relativistes 27

Fig. 1.8 – Masse moyenne du préfragment <A0 > et son énergie d’excitation <E0 >/<A0 >
en fonction de la variable Zbound pour différentes sélections de Zmax (cf. Chap. 4). Les barres
horizontales (panneau supérieur) représentent la taille attendue du préfragment dans le cas d’une
géométrie "participant-spectateur" idéale (figure extraite de [Poc95]).

gazeuse.
La similarité de cette courbe calorique avec une transition de phase liquide-gaz de premier
ordre pour les systèmes macroscopiques est à l’origine d’important débats au sein de la
communauté scientifique et un effort particulier est consacré à comprendre le rôle de la
masse et de l’isospin du système nucléaire dans cette transition de phase.

Il a été montré [Lev85] que, en raison de la pression coulombienne, il existe une tempé-
rature limite Tlim qui représente la température maximale à laquelle les noyaux existent
comme des objets auto-liés dans les calculs de type Hartree-Fock [Bes89].
28 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

107 124 124 197


Sn , Sn , La , Au

Fig. 1.9 – Position des quatre projectiles étudiés dans le plan (N,Z). Les lignes de contour
représentent les températures limites (exprimées en MeV) prédites par [Bes89], alors que la ligne
en pointillés correspond à la vallée de stabilité. La droite pleine, enfin, correspond à la valeur
N/Z = 1, 49 du projectile 197 Au.
.

La figure 1.9 montre la température limite calculée en fonction du nombre de protons Z


et du nombre de neutrons N. Comme on peut le voir, une dépendance en masse de cette
température limite est prédite : on s’attend en particulier à ce que cette dernière diminue
à mesure que la masse du noyau augmente. De plus, dans le cas des noyaux riches en
protons, une disparition de cette température limite est prédite.
La dépendance de la température de breakup sur l’énergie d’excitation pourrait alors être
gouvernée par la température limite [Nat95, Cib00]. À partir de cette considération, il a
été observé [Nat02] que l’ensemble des données existantes donne une image plutôt consis-
tante, dans les cas pour lesquels une dépendance en masse de la courbe calorique est prise
en compte. Des données de différentes mesures ont été combinées pour construire des
courbes caloriques pour cinq régions différentes de la masse nucléaire (cf. Fig. 1.10). Ces
courbes caloriques sont qualitativement similaires, et présentent des plateaux aux énergies
d’excitation plus élevées.
Motivations physiques 29

14

12

10
T (M eV)

0
0 5 10 15
E*/A (M eV/nucleon)

Fig. 1.10 – Courbe calorique obtenue pour des données provenant de différentes expé-
riences [Hag88, Wad89, Cus93, Chulick, Gon90, Poc95, Ode99, Hau00, Wad97, Kwi98, Mor96,
Cib00, Hag00, Rua02] (figure extraite de [Nat02]).

Pour chaque gamme de masse, la température asymptotique du plateau a été extraite et


représentée en fonction de la masse du système (cf. Fig. 1.11). Comme on peut le voir à
partir de la corrélation obtenue, il existe une décroissance monotone de la température
limite à mesure que la masse du système augmente. Il est bien entendu, intéressant de
déterminer si ce comportement, prédit par les modèles théoriques (cf. Fig. 1.9), est égale-
ment observé expérimentalement.

1.5 Motivations physiques


Il y a une dizaine d’années, H. Müller et B.D. Serot [Mül95] ont prédit, grâce à une ap-
proche thermodynamique basée sur un modèle relativiste de champ moyen [Ser86, Ser92],
que la nature bifluide (protons et neutrons) de la matière nucléaire est responsable de son
comportement dans la région de coexistence des phases liquide et gaz. Différentes compo-
sitions isotopiques sont ainsi prédites pour ces deux phases dans la zone de coexistance
et notamment un enrichissement en neutrons de la phase gazeuse par rapport à la phase
liquide dans le cas de la matière asymétrique (N 6= Z). Cette différence dans les composi-
tions isotopiques est due à la décroissance de l’énergie de symétrie de la matière nucléaire
avec la densité. L’amplitude de cette dépendance est cependant fonction du modèle utilisé
30 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

10
T (MeV)

0
0 100 200 300 400
A

Fig. 1.11 – Températures limites extraites des doubles rapports entre les taux de production
isotopiques (triangles pleins) et par des mesures de bremsstrahlung (carrés ouverts). Les lignes
représentent les températures limites calculées en utilisant les interactions proposées par Go-
gny [Zha96] et par Furnstahl [Zha99] (figure extraite de [Nat02a]).

et les données existantes ont du mal à la reproduire [Bom91]. De plus, il est à noter que
les prédictions de Müller et Serot ne s’appliquent qu’à la matière nucléaire infinie et ne
tiennent pas compte de la force coulombienne.

Des études théoriques dans le cas de systèmes nucléaires finis montrent que la désintégra-
tion successive des produits de réactions tend à modifier certains des effets prédits par
les précédents calculs [Lar99]. Les rapports entre les taux de production mesurés pour
différents isotopes [Wad87] varient fortement en fonction du rapport N/Z de la source
émettrice, suivant ainsi les prédictions théoriques [Bar88, Hah88]. Récemment, des diffé-
rences significatives de comportement entre les systèmes riches et les systèmes pauvres en
neutrons ont été observées lors de réactions entre projectiles et cibles de 112,124 Sn [Xu00]
en même temps qu’un enrichissement en neutrons de la phase gazeuse pour une augmen-
tation du rapport N/Z du système, ce qui est en accord avec les prédictions de Müller et
Serot [Mül95]. Le rôle de l’énergie d’excitation dans le processus de multifragmentation
a également été étudié [Mil00], démontrant, en accord avec les prédictions du modèle
statistique de multifragmentation SMM [Bon95], que la production d’isotopes riches en
neutrons augmente avec l’énergie d’excitation.
La campagne d’expériences au centre de ce travail de thèse a pour principal objectif
d’étudier les effets de la masse et de l’isospin dans la multifragmentation du projectile
spectateur.
L’utilisation de faisceaux secondaires radioactifs (cf. Chap. 2) permet d’étendre la gamme
de compositions isotopiques bien au delà de celle accessible avec des faisceaux stables. Les
réactions utilisant ces faisceaux représentent alors un outil unique pour l’étude des effets
Motivations physiques 31

de l’isospin dans le processus de la multifragmentation. Les prédictions SMM relatives à


la fragmentation de deux systèmes isobares de masses A = 124, le 124 Sn riche en neutrons
(N/Z = 1, 48) et le 124 La pauvre en neutrons (N/Z = 1, 18), sont représentées sur la
figure 1.12. Les compositions isotopiques des fragments chauds produits au moment du
breakup sont globalement très différentes et tendent vers les rapports N/Z de leur pro-
jectile primaire respectif lorsque le nombre de masse A augmente (cf. Fig. 1.12, panneaux
supérieurs). Malgré une dépendance de l’énergie d’excitation prédite différente dans le cas
des noyaux riches en neutrons et des noyaux riches en protons, la dépendance en masse
est plutôt faible. Les courbes de masses calculées sont ainsi sensiblement les mêmes pour
les deux systèmes (cf. Fig. 1.12, panneaux inférieurs). L’étude expérimentale de ces dé-
pendances est importante pour notre compréhension du rôle de l’espace des phases dans
le processus de multifragmentation.

As=124, Zs=50 As=124, Zs=57


N/Z

N/Z

fragments primaires chauds fragments primaires chauds


Taux de production relatifs
Taux de production relatifs

3 AMeV 5 AMeV 3 AMeV 5 AMeV


4 AMeV 8 AMeV 4 AMeV 8 AMeV

A, nombre de masse des fragments A, nombre de masse des fragments

Fig. 1.12 – Compositions isotopiques N/Z (panneaux supérieurs) et masses des fragments
primaires chauds (panneaux inférieurs) produits au moment du breakup pour les deux systèmes
de même nombre de masse A = 124 obtenues grâce au modèle SMM. Les lignes correspondent à
quatre énergies d’excitation différentes comprises entre 3 et 8 MeV par nucléon. Il est important
de remarquer que l’axe des ordonnées est différent pour les panneaux supérieurs (figure adaptée
de [Sfi05]).

Comme on a pu le voir sur la figure 1.9, la température limite prédite par les modèles de
type Hartree-Fock est plus élevée dans le cas des systèmes légers, principalement parce
que l’énergie coulombienne y est plus faible. Le modèle SMM, quant à lui, prédit, comme
illustré sur la figure 1.13, que les températures dans la région de coexistence sont prati-
quement indépendantes de la masse. La comparaison de deux systèmes ayant des masses
très différentes devrait donc permettre de distinguer si la température au moment du
32 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds

Fig. 1.13 – Courbes caloriques pour les trois systèmes 124 La


(Z = 57), 124 Sn (Z = 50) et
197 Au(Z = 79) prédites par le modèle statistique de multifragmentation SMM (figure adaptée
de [Ogu02]).
.

breakup est déterminée par les propriétés de liaisons des systèmes nucléaires excités ou,
au contraire, par l’espace des phases accessible par multifragmentation.

Pour tenter de répondre à ces questions, une étude systématique de la décroissance du


projectile spectateur aux énergies relativistes a été réalisée. Cette dernière est l’objet du
présent travail de thèse. Pour cela, la fragmentation de quatre projectiles différents, 124 Sn,
197
Au, 124 La et 107 Sn, tous ayant une énergie incidente de 600 AMeV sur des cibles de 116 Sn
197
et Au a été étudiée à l’aide du spectromètre ALADiN au laboratoire GSI de Darmstadt.
Les deux derniers faisceaux, obtenus par fragmentation d’un faisceau primaire de 142 Nd
sur une cible de production de 9 Be, ont été délivrés par le séparateur de fragments FRS.
L’utilisation d’un second faisceau radioactif pauvre en neutrons (N/Z = 1, 14) de 107 Sn
est également utilisé pour permettre, via la comparaison avec 124 Sn, de mieux comprendre
l’importance des neutrons dans le processus de multifragmentation.

La cinématique inverse offre, de plus, la possibilité de s’affranchir du seuil de détection


des fragments lourds et des résidus, permettant ainsi un accès unique à la dynamique de
la réaction. Le dispositif expérimental ALADiN autorise la détection de tous les produits
de réaction de charge Z > 1 entrant dans l’acceptance de l’aimant (cf. Chap. 2), permet-
tant ainsi de déterminer l’impulsion de toutes les particules chargées, y compris celle des
fragments les plus lourds.

Le chapitre 2 de ce travail de thèse est consacré à la description du dispositif expérimental


Motivations physiques 33

utilisé au cours de la campagne S254.

Le chapitre 3 décrit les méthodes utilisées pour la reconstruction des trajectoires, ainsi
que la détermination de la masse de chacun des fragments détectés.

Le chapitre 4, quant à lui, présente les propriétés générales des évènements de fragmen-
tation.

L’analyse et la mesures des températures isotopiques est présentée dans le chapitre 5.

Enfin, le 6eme et dernier chapitre de ce mémoire est, quant à lui, consacré à l’étude de
l’isoscaling et à la détermination du terme de symétrie de l’équation d’état de la matière
nucléaire.
34 Propriétés de la matière nucléaire et collisions entre ions lourds
Chapitre 2

Dispositif expérimental

Au cours de l’année 2003, la campagne expérimentale S254 a été conduite par la colla-
boration ALADiN auprès de l’accélérateur du laboratoire GSI à Darmstadt en Allemagne.
Durant cette campagne, plusieurs systèmes projectiles-cibles ont été étudiés à travers l’uti-
lisation de deux types de faisceaux : des faisceaux primaires stables de 197 Au et de 124 Sn,
ainsi que des faisceaux secondaires radioactifs de 124 La et de 107 Sn. Ces différents projec-
tiles ont été choisis de façon à permettre l’étude des effets de la masse et de l’isospin dans
le processus de multifragmentation.
En effet, les deux projectiles 197 Au et 124 Sn ont sensiblement le même rapport N/Z (1,49
et 1,48 respectivement), mais des masses différentes, alors que les projectiles 124 Sn et
124
La ont la même masse, mais des rapports N/Z très différents (1,48 et 1,18 respective-
ment). Le spectromètre ALADiN est spécialement conçu pour l’étude de la décroissance
du projectile spectateur en cinématique inverse.
Ce chapitre est consacré à la description des détecteurs qui composent le dispositif expé-
rimental ALADiN.

2.1 Le complexe accélérateur GSI


Le complexe accélérateur GSI (Gesellschaft für SchwerIonenforschung), présenté sur la
figure 2.1, est composé de deux structures accélératrices : l’accélérateur linéaire UNILAC
(UNIversal Linear ACcelerator) et le synchrotron SIS (SchwerIonen Synchrotron). La
première de ces structures, d’une longueur de 120 m, est capable d’accélérer les ions
provenant de différentes sources [Spä98]. À titre d’exemple, l’accélérateur linéaire UNILAC
permet d’accélérer les ions 238 U28+ jusqu’à une énergie de 11,4 MeV/nucléon (énergie
d’injection) avec une vitesse d’environ 0,16 c. À ce stade, le faisceau peut être soit délivré
aux aires expérimentales de faibles énergies, soit transféré dans le synchrotron d’ions lourds
SIS [Ste92]1 pour y subir une seconde accélération à l’intérieur d’un anneau de 216 m de
circonférence composé d’une succession de dipôles magnétiques. Le pouvoir de déflection
maximale du synchrotron SIS (18 Tm) permet d’obtenir des faisceaux d’énergie maximale
1 238
L’injection des ions U28+ se fait par paquets de 1010 à 1011 ions pendant environ 100 µs.
36 Dispositif expérimental

comprise entre 1 GeV pour les noyaux de Au et de U et 4,5 GeV pour les protons. Une fois
l’énergie désirée atteinte, le faisceau d’ions est acheminé, via le séparateur de fragment
FRS ou directement, vers les aires expérimentales dites de hautes énergies. Dans le cas de
la campagne S254, le faisceau est acheminé vers l’aire expérimentale B avec une énergie
de 600 AMeV.

Aire expérimentale B

Fig. 2.1 – Schéma du complexe accélérateur GSI comprenant l’accélérateur linéaire UNILAC,
le synchrotron d’ions lourds SIS, l’anneau de stockage ESR (non utilisé dans la campagne S254)
et le séparateur de fragments FRS.

2.2 Le séparateur de fragments FRS


Le séparateur de fragments FRS [Gei92], présenté sur la figure 2.2, est un spectro-
mètre magnétique achromatique composé de quatre sections indépendantes. Chacune de
ces sections est constituée d’un dipôle magnétique assurant la séparation des fragments
provenant de la fission ou de la fragmentation du faisceau primaire en fonction de leur
rapport A/Z (A et Z étant, respectivement, la masse et la charge du fragment) et d’un
groupe de quadrupôles responsables de la focalisation du faisceau au niveau des plans
focaux S1, S2, S3 et S4. Des sextupôles sont aussi présents pour les corrections du second
ordre.
Afin de permettre une sélection en charge des fragments, et ainsi obtenir un faisceau
isotopiquement pur, un dégradeur en aluminium d’épaisseur variable peut être utilisé au
niveau du plan focal S2. Lorsqu’un fragment traverse le dégradeur, sa perte d’énergie
est fonction de sa charge. La pureté du faisceau est ainsi directement liée à l’épaisseur du
Le séparateur de fragments FRS 37

dégradeur : plus le dégradeur est épais, plus le faisceau est isotopiquement pur. Cependant,
la pureté du faisceau est obtenue au détriment de son intensité. Pour cette raison, aucun
dégradeur n’a été utilisé lors de la campagne S254 permettant ainsi d’obtenir des faisceaux
secondaires d’intensité suffisamment élevée, et de bénéficier d’une statistique acceptable.
Afin de vérifier la pureté isotopique du faisceau délivré, des mesures supplémentaires sont
effectuées dans la deuxième moitié du séparateur de fragments (après le plan focal S2).
Ainsi, le temps de vol des noyaux qui composent le faisceau est mesuré sur une distance de
36 m entre deux scintillateurs plastiques d’une épaisseur de 5 mm placés respectivement
aux plans focaux S2 et S4. Ces mêmes scintillateurs servent également à mesurer la perte
d’énergie du faisceau. La position de ce dernier est, elle aussi, mesurée avec précision
événement par événement. Pour cela, des chambres proportionnelles à gaz multifils de type
MWPC (MultiWire Proportional Counter) similaires au détecteur STELZER (cf. §2.3.2)
et orientées de façon à déterminer la position des noyaux dans les deux directions du plan
perpendiculaire à la direction du faisceau sont placées sur le parcours de ce dernier.

S1 S3

S4

Quadrupôle Dipôle
S2 (Dégradeur)
Fig. 2.2 – Le séparateur de fragments FRS. Dans le cadre de la campagne d’expériences S254,
des scintillateurs plastiques sont placés en lieu et place du dégradeur.

2.2.1 Production de faisceaux radioactifs


Afin d’étendre au maximum la gamme de compositions isotopiques des systèmes
spectateurs étudiés, quatres projectiles différents, chacun ayant une énergie incidente de
600 MeV par nucléon, ont été utilisés dans le cadre de la campagne d’expériences S254, per-
mettant ainsi de disposer de différentes combinaisons en masses et en rapports N/Z pour
la voie d’entrée. Deux de ces projectiles, le 124 La et le 107 Sn, sont obtenus par fragmenta-
tion d’un faisceau primaire de 142 Nd (Z=60) d’énergie incidente 895 AMeV ou 875 AMeV
sur une cible de production de 9 Be ayant une épaisseur de 4009 mg/cm2 . Les fragments
ainsi produits sont conduits vers le séparateur de fragments FRS à l’intérieur duquel les
ions sont séparés en fonction de leur rapport A/Z. Les mesures de position effectuées au
niveau du plan focal S2, ainsi que la mesure du temps de vol effectuée le long des 83 m
qui séparent le séparateur de fragments du dispositif expérimental ALADiN permettent
38 Dispositif expérimental

de déterminer le rapport A/Z des projectiles sélectionnés avec une grande précision via
la formule :

∆x γ02 (t − t0 )
   
A A
= . 1+ + (2.1)
Z Z 0 D t0

Le premier terme de cette équation est le rapport A/Z correspondant à la valeur nominale
du faisceau désiré et a pour valeur (A/Z)0 = 2, 175 et (A/Z)0 = 2, 14 pour un faisceau
de 124 La et de 107 Sn respectivement. ∆x = x − x0 est la différence entre la position
horizontale x du faisceau mesurée à l’aide des scintillateurs plastiques situés au plan focal
S2 et celle correspondant au faisceau nominal, alors que D = −6, 81 cm/% représente la
dispersion maximale au niveau de ce même plan focal [Gei92]. t, quant à lui, est le temps
mesuré par le détecteur plastique se trouvant à la sortie du séparateur de fragments (plan
focal S8) et t − t0 représente la différence entre ce temps de vol mesuré et le temps de
vol t0 du faisceau nominal. En cas de nécessité, une sélection plus précise de la charge
du projectile peut être obtenue en utilisant les détecteurs de diagnostic situés en amont
de la cible. La composition du faisceau délivré par le séparateur de fragment FRS est
représentée sur la figure 2.3. Dans le cadre de l’analyse présentée par la suite, et afin de
bénéficier d’une statistique suffisante, le faisceau délivré par le séparateur de fragment est
utilisé sans sélection supplémentaire. La masse et la charge moyenne du faisceau sont alors
déterminées par la moyenne arithmétique des masses et des charges de tous les isotopes
qui le composent.

2.3 Les détecteurs auxiliaires et la partie diagnostic du


faisceau
2.3.1 Le détecteur Veto
Le détecteur Veto, aussi appelé "ROLU" pour "Rechts-Oben-Links-Unten", permet
une vérification grossière de la focalisation et de l’alignement du faisceau avant que ce
dernier n’atteigne la chambre à cibles. Il se compose de quatre scintillateurs plastiques
mobiles (de dimension 10 x 10 x 0,5 cm3 ) munis chacun d’un photomultiplicateur. Deux de
ces scintillateurs sont placés dans la direction verticale (haut et bas) de part et d’autre de
la ligne de faisceau alors que les deux autres sont placés, toujours de part et d’autre de la
ligne de faisceau, dans la direction horizontale (gauche et droite) de façon à délimiter une
fenêtre d’une surface maximale de 36 x 36 mm2 et permettant le passage du faisceau. Les
paramètres de ce dernier sont alors ajustés de façon à obtenir la plus petite fenêtre possible
sans qu’aucun des scintillateurs qui la composent ne soit touché (ou très peu) lors de son
passage. Dans le cas du faisceau stable de 124 Sn utilisé, la focalisation est telle que toutes
les particules du faisceau passent par l’acceptance du détecteur ROLU. En revanche, dans
le cas des faisceaux secondaires (124 La et 107 Sn), environ 30% des fragments qui composent
le faisceau frappent le détecteur, et ce même pour une ouverture maximale.
Les détecteurs auxiliaires et la partie diagnostic du faisceau 39

124
La runs 1740-1903, beam trigger 130
104 124
2.24 " La"

2.22 128

2.2 103 1

2.18
126 5

A
46
A/Z

2.16 102
124 2 22
2.14
12 1
2.12
10
122 7
2.1
1
2.08 Cs Ba La Ce Pr 120 1
1
54 55 56 57 58 59
ZMUSIC 55 56 57 58 59
ZDA

107
Sn runs 1911-1996, beam trigger
107
2.24 112 " Sn"

2.22
103
2.2
110 2

2.18
A 11 2
102 108 1 34
A/Z

2.16
7 15
2.14
106 16 1
2.12 10
1 6
2.1
104 1
2.08 Cd In Sn Sb Te 1
1
47 48 49 50 51 52
ZMUSIC 48 49 50 51 52
ZDA

Fig. 2.3 – Composition isotopique des faisceaux nominaux de et de 107 Sn (panneaux 124 La

supérieurs et inférieurs respectivement) délivrés par le séparateur de fragments FRS. Panneaux


de gauche : seuls les évènements faisceaux sont sélectionnés et uniquement pour certains runs.
Panneaux de droite : la composition des faisceaux (exprimée en %) est obtenue en sélectionnant
cette fois les évènements de physique ("trigger" d’interaction), pour toute la statistique disponible
et par une méthode d’analyse discriminante [Luk07].

2.3.2 Le détecteur STELZER


Le détecteur STELZER, du nom du Dr. Herbert Stelzer (GSI-Darmstadt), est une
chambre proportionnelle à gaz multifils ou MWPC (MultiWire Proportional Chamber)
à deux étages amplificateurs [Ste91]. Le passage du faisceau dans le volume actif de la
chambre crée des électrons primaires dans le gaz. Grâce à la différence de potentiel existant
entre les deux électrodes du premier étage amplificateur, ces électrons sont multipliés par
100. Les électrons secondaires ainsi créés se dirigent vers les fils d’anodes où, grâce au
champ électrique au voisinage de ces derniers, leur nombre est multiplié par 1000. Il est
à noter que, dans le cadre de la campagne S254, aucune différence de potentiel n’a été
appliquée dans le premier étage amplificateur et que, par conséquent, le gain total obtenu
est de 103 et non de 105 . Au final, ce dispositif permet, tout comme le détecteur Véto
présenté plus haut, de vérifier la focalisation du faisceau.
40 Dispositif expérimental

2.3.3 Le détecteur start


Le détecteur start est un scintillateur plastique de 100 µm d’épaisseur (76 µm dans
le cas de faisceaux secondaires radioactifs de 107 Sn et de 124 La), incliné à 45◦ par rapport
à l’axe du faisceau, situé à 1,24 m en amont de la cible et dont la surface active est de
50 x 50 mm2 . La surface rugueuse de celui-ci ne permettant pas de reflexions internes, la
lumière produite lors du passage du faisceau est collectée et transformée en signal élec-
trique par l’intermédiaire de deux photomultiplicateurs d’une résolution intrinsèque de
60 ps placés de part et d’autre du faisceau incident et à la verticale du point d’impact de
ce dernier avec le scintillateur plastique. Le détecteur start est ainsi capable de produire
un signal pour chaque ion détecté (les ions qui composent le faisceau arrivent par paquets
de 103 à 104 ions pendant environ 1 seconde). Ce détecteur est utilisé pour déclencher la
mesure du temps de vol ainsi que du temps de dérive dans le détecteur TP-MUSIC IV.

2.3.4 Le détecteur de position


Afin de reconstruire les impulsions des fragments, il est essentiel de déterminer avec
précision le vertex d’intéraction du projectile avec la cible. Pour cela, une feuille de scin-
tillateur plastique de type BC418 de 160 µm d’épaisseur (200 µm dans le cas de faisceaux
secondaires radioactifs) pour une surface active de 69 x 69 mm2 est utilisée [Ott03].

Fig. 2.4 – Le détecteur de position. Panneau de gauche : guide de lumière en plexiglas. Panneau
de droite : le scintillateur plastique est placé sur le guide de lumière, lui même connecté à quatre
photomultiplicateurs.

Cette feuille de scintillateur est placée dans un guide d’onde en plexiglas (cf. Fig. 2.4)
de forme carrée de 126 mm de coté, de 5 mm d’épaisseur et recouvert d’une couche
de Mylar afin d’empêcher la dispersion de la lumière. Ce guide d’onde est, à son tour,
connecté à 4 photomultiplicateurs ayant un gain maximum de 7.106 . En combinant les
Les détecteurs auxiliaires et la partie diagnostic du faisceau 41

amplitudes venant de ces photomultiplicateurs, il est alors possible de reconstruire la


position incidente des ions dans le plan perpendiculaire à la direction du faisceau. Deux
détecteurs silicium à pistes ont été utilisés pour étalonner le détecteur de position. Chacun
des détecteurs en question est subdivisé en 40 pistes de 1 mm de large pour une surface
active de 40 x 40 mm2 et une épaiseur de 300 µm. Ces deux détecteurs silicium ont été
placés perpendiculairement à l’axe du faisceau et orientés de façon à mesurer la position
des ions dans les deux directions du plan perpendiculaire à celui-ci.

Fig. 2.5 – Panneau de gauche : profil d’un faisceau stable de 124 Sn. Panneau de droite : profil
d’un faisceau secondaire de 124 La.

Une fois étalonné, le détecteur de position a une résolution de 1 mm dans les deux direc-
tions du plan. La figure 2.5 montre la position des ions dans le détecteur après étalonnage
dans le cas d’un faisceau stable (124 Sn) et d’un faisceau secondaire (124 La). Comme on
peut s’y attendre, la distribution spatiale des ions est bien plus large dans le cas des
faisceaux instables.

2.3.5 L’hodoscope de Catane


L’hodoscope de Catane est composé de 90 cristaux de CsI(Tl). Chacun de ces cristaux,
de forme pyramidale tronquée (34 x 31 x 60 mm3 ), est associé à une photodiode (cf.
Fig. 2.6, panneau de gauche). Les cristaux sont alors diposés entre la cible et l’aimant
ALADiN et permettent de détecter les fragments les plus légers (Z=1 ainsi que certains
Z=2) pour lesquels la dispersion est telle qu’ils n’entrent pas dans l’acceptance de l’aimant.
Les cristaux sont disposés de façon à délimiter une fenêtre (cf. Fig. 2.6, panneau de
droite) mesurant 20 cm de large sur 10 cm de haut [Pin90, Kre89, Kun90] et symbolisant
l’acceptance de l’aimant (tous les fragments passant par la fenêtre sont donc détectés par
la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV).
42 Dispositif expérimental

Fig. 2.6 – Panneau de gauche : un des téléscopes de l’hodoscope de Catane. Panneau de droite :
disposition des téléscopes dans la configuration utilisée lors de la campagne S254 à GSI : les 90
cristaux de CsI(Tl) sont agencés de façon à laisser passer les fragments produits par fragmentation
du quasi-projectile spectateur dans l’acceptance de l’aimant ALADiN.

Par ailleurs, l’utilisation de photodiodes plutôt que de scintillateurs est motivée par le fait
que ces premières sont d’un encombrement réduit, mais surtout qu’elles sont insensibles
aux champ magnétique. Cette qualité est d’autant plus appréciée et indispensable que
ces photodiodes sont placées à proximité de l’aimant ALADiN. Cependant, les signaux
délivrés en sortie des photodiodes sont d’amplitude bien plus faible que ceux produits par
un photomultiplicateur.

2.4 L’aimant ALADiN


Le pouvoir de déflection maximum de l’aimant ALADiN (A Large Acceptance Dipole
magNet) est de 2,3 Tm pour une intensité de courant parcourant les bobines de 2500 A.
L’un des atouts majeurs de cet aimant est qu’il offre, comme son nom l’indique, une
grande ouverture physique : tous les fragments sortant de l’aimant sont détectés par la
chambre d’ionisation TP-MUSIC IV. L’aimant ALADiN assure la séparation des différents
fragments produits lors des réactions de collision en fonction de leur rigidité magnétique.
En effet, la trajectoire d’un ion soumis à un champ magnétique B est défléchie et le rayon
ρ de sa trajectoire dans l’aimant est lié à sa charge q (ou Ze) ainsi qu’à son impulsion p
par la relation :
p
Bρ = (2.2)
q
La valeur du champ magnétique à l’intérieur de l’aimant est fixée de façon à ce que les
La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV 43

Fig. 2.7 – Le dispositif expérimental ALADiN. Le faisceau venant par la gauche traverse les
détecteurs de diagnostic placés en amont de la cible. Les fragments produits par multifragmen-
tation du quasi-projectile spectateur entrent dans l’acceptance de l’aimant ALADiN où ils sont
défléchis en fonction de leur rigidité magnétique avant d’être détectés et identifiés par la chambre
d’ionisation TP-MUSIC IV et par le mur de temps de vol. Les neutrons émis avec un angle de
0◦ sont, quant à eux, détectés par le détecteur de neutrons LAND. Les fragments n’entrant pas
dans l’acceptance de l’aimant sont identifiés grâce à l’hodoscope de Catane.

ions du faisceau n’intéragissant pas soient défléchis d’un angle d’environ 7 ◦ , assurant alors
leur passage au travers du trou découpé au centre du mur de temps de vol ainsi que dans
la partie droite (à proximité de la cathode) de la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV.

2.5 La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV


L’utilisation de la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV [Sfi03] (Time-Projection MUlti
Sample Ionisation Chamber) permet, à la fois, une identification en charge et une re-
construction de la trajectoire de toutes les particules chargées (de Z=2 à la charge du
projectile). Cette chambre d’ionisation mesure 2,1 m de large, 1,8 m de long et 1 m de
haut. Elle est composée d’un plan cathodique placé à un potentiel électrique d’environ
15 kV la séparant en deux espaces de dérive (cf. Fig. 2.8). Chaque moitié de la chambre
est équipée de quatre sections de compteurs proportionnels ainsi que de trois sections de
chambres d’ionisation intercalées entre les compteurs proportionnels. En fonctionnement,
la chambre est remplie de gaz P10 (90% Ar + 10% CH4 ). Lors du passage d’une particule
au travers du détecteur, celui-ci est ionisé et les électrons ainsi produits le long du par-
cours de la particule dérivent perpendiculairement au plan de cathode.

L’identification en charge se fait par utilisation combinée des compteurs proportionnels


44 Dispositif expérimental

et des chambres d’ionisation. Pour les ions les plus légers (Z ≤ 8), les compteurs pro-
portionnels permettent d’obtenir un signal très peu bruité et fortement amplifié grâce
à un phénomène d’avalanche. En revanche, dans le cas de fragments de charge élevée
(Z>8), la résolution en charge obtenue grâce aux compteurs proportionnels se détériore
(cf. Fig. 2.12). Les chambres d’ionisation sont alors les détecteurs les mieux adaptés à la
mesure de la charge des fragments.

Plans d’anodes
des chambres d’ionisation

Mur de
temps de vol
O

Plan cathodique
Sections de compteurs
proportionnels

Fig. 2.8 – Vue schématique de la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV. Le plan de cathode
est placé parallèlement à la direction du faisceau (axe Z) et divise le détecteur en deux parties
égales. De chaque côté du détecteur, les plans d’anodes des chambres d’ionisation (numérotés de
0 à 5) sont segmentés chacun en 8 bandes. De la même façon, les huit sections des compteurs
proportionnels sont chacune divisées en 3 sous-sections numérotées de 0 à 23.

2.5.1 Les chambres d’ionisation


Six sections de chambres d’ionisation constituent le détecteur TP-MUSIC IV (3 de
chaque côté du plan de cathode). Chacune de ces sections est elle même divisée en 8
bandes (3 cm x 1 cm) d’anodes verticales, augmentant ainsi la résolution de détection des
fragments. La charge collectée au niveau de ces bandes d’anodes nous permet d’obtenir la
position longitudinale de ces derniers à l’intérieur de la chambre (axe Z). De plus, le temps
de dérive des électrons primaires de la trajectoire des fragments aux bandes d’anodes nous
La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV 45

permet d’accéder à la position de ces mêmes fragments dans le plan dispersif (axe X). Afin
d’obtenir une largeur du signal quasi-indépendante de la position à laquelle le fragment
traverse le détecteur, ces chambres d’ionisation sont équipées d’une grille de Frisch.

2.5.2 Les compteurs proportionnels


Les compteurs proportionnels sont des détecteurs gazeux à l’intérieur desquels le
champ électrique au voisinage des fils d’anodes est suffisamment élevé pour atteindre
des gains d’amplification de l’ordre de 102 à 105 (dans le cas du détecteur TP-MUSIC IV,
les gains d’amplification des compteurs proportionnels sont compris entre 1000 et 1500).
Chaque particule incidente crée alors une avalanche d’électrons. De plus, la magnitude de
l’avalanche étant proportionnelle à la perte d’énergie de la particule, la charge collectée
au niveau de l’anode est donc proportionnelle à la charge de celle-ci. En particulier, le fait
d’avoir des gains d’amplification si élevés permet la détection des particules légères pour
lesquelles la perte d’énergie est faible.

La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV est équipée de 8 sections de compteurs proportion-


nels réparties équitablement de part et d’autre du plan de cathode (cf. Fig. 2.8). Chacune
de ces sections est divisée en trois sous-sections. Les sous-sections hautes et basses me-
surent 36 cm de long alors que les sous-sections centrales ne mesurent que 24 cm de long
en raison du taux de comptage plus élevé qu’elles doivent être capables de supporter.
Chacune des huit sections de compteurs proportionnels est composée de deux plans de
cathodes et d’un plan d’anodes. Le premier de ces plans de cathodes (le plus proche du
centre du détecteur) est composé de fils verticaux de 74 µm de diamètre espacés de 2 mm.
Le plan anode, quant à lui, est composé de fils horizontaux (90 pour les sections hautes
est basses et 60 pour les sections centrales) de 20 µm de diamètre, distant de 4 mm et
connectés entre eux via des résistances de 30 Ω. Le deuxième plan de cathodes, enfin, est
constitué de pads (30 pour les sections hautes et basses et 20 pour les sections centrales)
d’une largeur de 12 mm (cf. Fig. 2.10).
Afin d’empêcher les ions positifs créés au cours de l’avalanche de remonter dans le volume
actif du détecteur, une grille dite de "portillonnage" (gating grid ) constituée de fils de
50 µm de diamètre et espacés de 1 mm est placée devant le premier plan de cathodes
de chaque section de compteurs proportionnels. Cette grille est maintenue à un poten-
tiel électrique de +100 V durant les 25 µs correspondant au temps de dérive maximal
des électrons vers les fils d’anodes. Elle est ensuite placée à un potentiel de -100 V, per-
mettant de rejeter les électrons provenant de l’extérieur des compteurs proportionnels et,
dans le même temps, d’attirer et de neutraliser les ions positifs présents à l’intérieur de
ceux-ci. Le second intérêt de cette grille de "portillonnage" réside dans le fait que les
charges ne sont plus collectées durant le temps mort de l’acquisition, réduisant ainsi le
nombre de traces parasites et la probabilité d’empilement. Afin de se prémunir contre le
bruit engendré par les variations de potentiel de la grille de "portillonnage", une grille
de protection (shielding grid ) est placée juste devant le premier plan de cathode. Cette
grille permet également d’uniformiser le champ entre les compteurs proportionnels et les
46 Dispositif expérimental

chambres d’ionisation, assurant ainsi un meilleur découplage de leurs signaux respectifs.


CP CI CP CI CP CI CP
Pads 1,2 kV
1 kV

Fils cath. ± 0,1 kV

Gating grid

Cathode
-15 kV

Frisch grid

Shielding grid 0 kV
0,32 kV
2,64 kV
Fil d’anode
Bandes d’anodes

Fig. 2.9 – Coupe horizontale de la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV. La position des plans
d’anodes et des plans de cathodes pour chaque type de détecteur est représentée. La position
des grilles de "portillonnage" (gating grid) et de protection (shielding grid), ainsi que la tension
appliquée à chaque électrode sont également reportées.

2.5.3 L’électronique de lecture


L’électronique associée à la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV est capable à la
fois de fournir des mesures avec une très grande résolution dans une large gamme dy-
namique, mais également de discriminer plusieurs coups d’un même évènement (multi-
échantillonnage). Afin d’extraire le signal de chaque section de compteurs proportionnels
tout en minimisant les voies d’électronique, sept pré-amplificateurs sensibles à la charge
sont utilisés : deux pour les sorties haute et basse du pont de résistances du plan anode
et cinq pour la lecture des pads reliés entre eux modulo 5 (cf. Fig. 2.10). L’incertitude sur
le pad touché (6 cm) est levée grâce à la mesure, plus grossière, fournie par la différence
des signaux collectés aux deux extrémités du pont de résistances des fils d’anode. La com-
binaison de ces deux techniques permet alors une meilleure détermination de la position
des fragments dans le détecteur.
Les signaux ainsi pré-amplifiés sont alors numérisés par des flash ADC de 14 bits avant
d’être stockés et traités avec un taux d’échantillonnage pouvant atteindre 40 MHz dans
un système contenant des structures de type FPGA (Field Programmable Gate Array) et
des puces de types DSP (Digital Signal Processor) permettant, à la fois, la mise en forme
du signal, mais aussi la détermination de la charge des fragments détectés ainsi que de
La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV 47

Fig. 2.10 – Électronique de lecture du détecteur TP-MUSIC IV. Les signaux provenant des fils
d’anode ainsi que des pads des compteurs proportionnels sont amplifiés par des pré-amplificateurs
sensibles à la charge avant d’être numérisés par des flash ADC, stockés et mis en forme dans
un système contenant des FPGA (Field Programmable Gate Array) et des DSP (Digital Signal
Processor).

leur temps d’arrivée.

2.5.4 Performances
L’amplitude du signal dans le détecteur TP-MUSIC IV est fonction de la perte d’éner-
gie de la particule qui traverse le gaz. Donc, en première approximation, on obtient :
√ Z
AMP ≈ , (2.3)
v

où AMP , Z et v sont, respectivement, l’amplitude du signal mesuré, la charge de la


particule et sa vitesse. La figure 2.11 montre la charge des fragments déterminée par les
compteurs proportionnels (panneau de gauche) et par les sections de chambres d’ionisation
(panneau de droite). Une bonne résolution permettant une identification en charge est
obtenue (∆Z = 0, 6 (FWHM2 ) pour les fragments de charge Z = 10 et ∆Z = 0, 3
(FWHM) pour les fragments de charge Z ≈ Zproj ). La figure 2.12, quant à elle, montre la
corrélation entre la charge mesurée par les compteurs proportionnels (ZPC ) et la charge
2
FWHM (Full Width Half Maximum) est la valeur de la largeur à mi-hauteur d’une fonction gaus-
sienne.
48 Dispositif expérimental

mesurée par les chambres d’ionisation (ZIC ). La linéarité observée pour les fragments de
charge Z ≥ 10 confirme le bon fonctionnement de ces deux types de détecteurs. On peut
également remarquer que les fragments les plus légers sont mieux résolus en utilisant les
compteurs proportionnels. Ces derniers seront donc utilisés pour la détection des fragments
de charges Z ≤ 8. Les chambres d’ionisation seront, quant à elles, utilisées pour déterminer
la charge des fragments les plus lourds.

10 4

10 4

Nombre de coups
10 3
Nombre de coups

10 3
10 2

10 2 10

0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Z PC Z IC

Fig. 2.11 – Panneau de gauche : spectre en charge obtenu à l’aide des compteurs proportionnels.
Panneau de droite : spectre en charge obtenu à l’aide des chambres d’ionisation.

2.6 Le mur de temps de vol


Le mur de temps de vol utilisé lors de la campagne S254 est constitué de deux plans
successifs de scintillateurs plastiques regroupés en 12 modules de 8 scintillateurs chacun,
soit 96 scintillateurs pour chacun des deux plans (cf. Fig. 2.13). Chacun de ces scintilla-
teurs a une hauteur de 110 cm, une largeur de 25 mm et une épaisseur de 10 mm. Il est
situé à une distance de 6,5 m de la cible, derrière la chambre d’ionisation TP-MUSIC
IV, et possède une couverture angulaire allant de -6,5◦ à 6,5◦ . La totalité du détecteur se
trouve à l’intérieur d’une chambre remplie d’azote et séparée de la chambre contenant le
détecteur TP-MUSIC IV par une fenêtre en acier. Les plans avant et arrière sont décalés
d’une demi-largeur de scintillateur (soit 12,5 mm) permettant ainsi la détection de parti-
cules passant entre deux scintillateurs de l’un ou l’autre des deux murs. Trois scintillateurs
ont été découpés à l’endroit du passage du faisceau formant ainsi un trou de 3,4 cm de
hauteur sur 7,5 cm de largeur de façon à ne pas endommager le plastique (cf. Fig. 2.14).
Enfin, chaque scintillateur plastique est équipé d’un photomultiplicateur à chacune de
ses extrémités. Ce dispositif permet ainsi, non seulement une mesure de la charge des
particules et de leur temps de vol, mais aussi une estimation de leur position verticale.
Le mur de temps de vol 49

track.z_pc:track.z_ic {norolu && (nopileup) && (!tbeam) && (tint)}

45

40

35

30

25
Z PC

14

20 12

10

15 8

Z PC
6

10 4

5 0
5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Z IC

0
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Z IC

Fig. 2.12 – Corrélation entre la charge mesurée à l’aide des compteurs proportionnels (ZPC ) et
la charge mesurée à l’aide des chambres d’ionisation (ZIC ). L’encart en bas à droite correspond
à un agrandissement de la région correspondant aux fragments les plus légers.

Fig. 2.13 – Vue schéma-


tique d’un des modules du
mur de temps de vol. Cha-
cun de ces modules est com-
posé de 8 scintillateurs plas-
tiques d’une longueur de
110 cm, d’une largeur de
25 mm et d’une épaisseur de
10 mm et équipés d’un pho-
tomulitiplicateur à chacune
de leurs extrémités.

2.6.1 Principe de détection


Lorsqu’une particule chargée traverse un scintillateur plastique, elle y dépose une cer-
taine quantité d’énergie et, par conséquent, excite les atomes qui le composent. Ces der-
50 Dispositif expérimental

niers se désexcitent alors en émettant des photons. La lumière, ainsi produite, est guidée
vers les photomultiplicateurs situés à chaque extrémités du scintillateur en question. L’ef-
fet photoélectrique convertit alors les photons collectés au niveau de la photocathode de
chacun de ces tubes photomultiplicateurs en un signal électrique de faible amplitude. Ce
dernier est alors amplifié au niveau de la première dynode qui, par émission secondaire,
émet d’autres électrons, eux même multipliés par la seconde dynode et ainsi de suite pour
les 8 étages d’amplification qui composent les photomultiplicateurs utilisés pour ce détec-
teur. Le signal électrique mesurable délivré par chacun des photomultiplicateurs est alors
codé en signaux amplitude (ADC) et en signaux temps (TDC). La charge des particules
est finalement déterminée à partir des amplitudes détectées par chacun des photomulti-
plicateurs d’un même scintillateur. La quantité de lumière créée dans le plastique est en
effet proportionnelle, au premier ordre, à l’énergie déposée par la particule.

La position verticale des fragments est obtenue par la différence de temps d’arrivée des
signaux entre les 2 photomultiplicateurs d’un même scintillateur plastique, connaissant la
vitesse de transmission de la lumière à l’intérieur de celui-ci.
La vitesse de chacun des fragments est déterminée par la connaissance du temps de vol
ainsi que par sa longueur de vol. Le premier est mesuré par la différence de temps entre
le détecteur start décrit précédemment et le mur de temps de vol. La longueur de vol,
quant à elle, dépend du rayon de courbure de la trajectoire du fragment dans l’aimant
ALADiN. Sa détermination nécessite donc la reconstruction de sa trajectoire du mur de
temps de vol à la cible (cf. Chap. 5). La résolution en temps, ∆t, du mur de temps de vol
est d’environ 150 ps pour les fragments les plus lourd et de 400 ps pour les fragments plus
légers (Z ≤ 8). Cette résolution temporelle permet de discriminer en masse les fragments
de charge inférieure à Z ≈ 15.
La figure 2.15 représente la matrice étirée ("stretched") pour les signaux de tous les
photomultiplicateurs superposés. Il est possible de voir que la grille d’identification est
commune à tous les fragments, atteignant une haute résolution en charge jusqu’à Z=11.
La charge des fragments les plus légers (Z ≤ 11) sera donc déterminée par l’information
en charge de la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV couplée à la charge déterminée à
l’aide du mur de temps de vol (cf. Chap. 3).

2.6.2 Électronique associée

Le signal électrique amplifié produit par les photomultiplicateurs du mur de temps


de vol est conduit vers un diviseur de signaux afin de discriminer les signaux en temps
des signaux en amplitude. Le signal en amplitude est alors retardé de 450 ns par rapport
au signal en temps grâce à un retard de câble. Il est ensuite numérisé dans les ADC. Le
signal en temps, quant à lui, passe par des discriminateurs à fraction constante (DFC)
avant d’être retardé, grâce à des modules de retard, de 500 ns. Il est finalement numérisé
dans les TDC.
Le mur de temps de vol 51

240 cm 1,25 cm
mur arrière

mur avant
mur arrière

mur avant

110 cm

7,2 cm

Fig. 2.14 – Panneau de gauche : le mur de temps de vol. Chaque bande verticale représente
un module de 8 scintillateurs plastiques. Le rectangle noir désigne le trou effectué dans le mur
à l’endroit du passage du faisceau. Panneau de droite : détail de la disposition en quinconce des
scintillateurs qui composent les murs avant et arrière. Le trou découpé dans le mur et représenté
par le petit rectangle noir mesure 3,4 cm de hauteur sur 7,5 cm de largeur.

Fig. 2.15 – Corrélation entre le temps et l’amplitude du signal pour tous les modules superposés.
La grille d’identification est commune à tous les fragments.
52 Dispositif expérimental

Fig. 2.16 – Logique de lecture du mur de temps de vol. Les signaux provenant des photomul-
tiplicateurs sont divisés en signaux temps et en signaux amplitude. Les signaux amplitude sont
alors retardés avant d’être numérisés dans les ADC. Les signaux temps, quant à eux, doivent
d’abord passer dans des discriminateurs à fraction constante (DFC) avant d’être retardés à leur
tour et enfin numérisés dans les TDC.

2.7 Le détecteur de neutrons LAND


Le détecteur de neutrons LAND (Large Area Neutron Detector) [Bla92] est utilisé pour
la mesure de l’impulsion et de la multiplicité des neutrons produits lors des réactions de
fragmentation. Ce détecteur a une surface active de 2 x 2 m2 pour une épaisseur de
1 m. Il est composé de 10 plans de détection ; chacun de ces plans étant constitué de 20
scintillateurs plastiques de 10 cm de large orientés alternativement selon l’axe horizontal et
vertical et équipés d’un photomultiplicateur à chaque extremité. Les neutrons ne perdant
pas d’énergie par ionisation lorsqu’ils traversent un milieu, des couches de fer de 5 mm
d’épaisseur sont placées en alternance avec les scintillateurs de chaque module servant
ainsi de convertisseur et permettant d’obtenir des particules chargées (gerbe hadronique).
La figure 2.17 représente de manière schématique la disposition de ces modules à l’intérieur
du détecteur LAND. Ce dispositif permet ainsi la mesure du temps d’arrivée du signal
généré par la gerbe hadronique ainsi que de l’énergie déposée. Comme précédemment pour
le mur de temps de vol, la différence de temps entre deux photomultiplicateurs d’un même
module permet d’accéder à la position de la particule selon l’axe vertical ou horizontal en
fonction de l’orientation du module en question.
Systèmes étudiés 53

Fig. 2.17 – Panneau de gauche : vue schématique du détecteur de neutrons LAND. Panneau
de droite : détail des modules du détecteur de neutrons LAND. Chaque module est composé
d’une alternance d’une couche de convertisseur (Fe) et d’une couche de scintillateur plastique de
5 mm d’épaisseur chacune. Un photomultiplicateur est placé à chaque extrémité de ces modules.
Ces derniers sont alors disposés tour à tour horizontalement et verticalement pour composer le
volume actif du détecteur LAND.

2.8 Systèmes étudiés


La campagne expérimentale S254 a eu lieu sur deux périodes durant l’année 2003.
La première période a concerné l’utilisation des faisceaux stables de 197 Au et de 12 C. La
seconde période, quant à elle, a concerné l’utilisation du faisceau stable de 124 Sn ainsi
que des faisceaux secondaires radioactifs de 107 Sn et de 124 La. Le tableau 2.1 présente
les différents systèmes étudiés au cours de cette campagne. L’énergie des faisceaux, ainsi
que l’épaisseur de la cible utilisée sont également indiquées dans ce tableau. Rappelons
que l’utilisation de la paire isotopique 124 Sn et 107 Sn permet d’étudier le rôle des neu-
trons. Le choix de la paire d’isobares 124 Sn et 124 La, quant à lui, est motivé par l’étude
des effets d’isospin dans la fragmentation du projectile spectateur. Le rôle de la masse
(température limite) est quant à lui étudié via le projectile lourd 197 Au. Enfin, un fais-
ceau de 12 C est également utilisé afin de comparer nos résultats à ceux de l’expérience de
Goldhaber [Gol74].
54 Dispositif expérimental

E/A Cible
Projectile (MeV) C Ni Au Sn
3 3 3 3 3 3
202 mg/cm 80 mg/cm 440 mg/cm 80 mg/cm 516 mg/cm 505 mg/cm 1000 mg/cm3
197
79 Au 600 • • • • •
12 600 • • •
6C
1000 • •
124
50 Sn 600 • • •
124
57 La 600 • •
107
50 Sn 600 • •

Tab. 2.1 – Systèmes étudiés au cours de la campagne S254.


Chapitre 3

Mesure de la masse des fragments

3.1 Reconstruction de la trajectoire des fragments


3.1.1 Identification des traces dans la chambre d’ionisation TP-
MUSIC IV
Afin de reconstruire les 3 composantes (px , py , pz ) du vecteur impulsion p~ de chacun
des fragments, il est nécessaire de reconstruire leur trajectoire après leur déflection par
le champ magnétique de l’aimant ALADiN. Le champ magnétique à l’intérieur du détec-
teur TP-MUSIC IV étant négligeable, les fragments y ont des trajectoires linéaires. La
détermination de ces trajectoires requiert la connaissance de la position des fragments à
l’intérieur de la chambre d’ionisation dans les trois directions de l’espace.

Sur un plan donné perpendiculaire à la direction du faisceau incident, la position hori-


zontale (en X) du point d’intersection de la trajectoire d’un fragment est obtenue à partir
du temps de dérive du cortège d’électrons, créés par l’ionisation du gaz au passage du
fragment, jusqu’aux fils d’anodes qui composent les quatre plans verticaux de compteurs
proportionnels.
Pour les fragments de charge Z > 12, ce temps est extrait depuis les bandes d’anodes. La
position verticale (en Y) est, quant à elle, directement déterminée à partir de la position
verticale de dérive des électrons le long des compteurs proportionnels en utilisant la tech-
nique des pads et de la division de charge.

La chambre d’ionisation TP-MUSIC IV étant un détecteur multi-traces, l’algorithme de


reconstruction des trajectoires a pour objectif d’associer tous les points d’intersection
d’une même trace sur les quatre plans de compteurs proportionnels. L’association de ces
points d’intersection s’effectue sur des critères d’amplitude et de position. En effet, pour un
coup au niveau du premier plan de compteurs proportionnels, tous les coups d’amplitude
compatible (à un facteur 2 près) dans le troisième plan sont considérés. Ces plans sont dits
primaires. Une ligne fictive est alors tracée entre ces deux points et la distance à cette
droite de chacun des coups des deuxième et quatrième plans de compteurs proportionnels
56 Mesure de la masse des fragments

2 2 2 2 2 2 13 4 1

1500

1000

34
2

2
4

5
4

6
3

9
4
500

36

11
5

3
3
7
3
6

7
6
7
4
6

3
0

35

10
4

5
5

5
4

3
4
4
-500
36
4

7
3
5

6
5

3
9

run 1400
1000 500 0 -500 -1000

Fig. 3.1 – Traces reconstruites dans le plan de courbure (XZ) de la chambre d’ionisation TP-
MUSIC IV. Les points de couleur correspondent aux coups à l’intérieur du détecteur, alors que
les flèches rouges représentent les traces reconstruites. Les chiffres indiqués symbolisent, quant à
eux, les amplitudes relatives mesurées. Les valeurs indiquées sur les axes sont exprimées en mm.

est évaluée. Si cette distance est inférieure à une certaine valeur (typiquement 10 mm), le
coup est associé à la trace prédéfinie par les plans primaires. À partir de la connaissance
de la position de trois ou quatre coups associés à une même trace, une trajectoire est alors
reconstruite par régression linéaire entre ces coups. Nous disposons ainsi de l’équation de
la trajectoire linéaire de toutes les particules détectées en sortie de l’aimant. La résolution
intrinsèque du détecteur TP-MUSIC IV étant de l’ordre de 100 microns, l’incertitude sur
la détermination de la position du fragment est de l’ordre de 1 mm.

3.1.2 Reconstruction des trajectoires à l’intérieur de l’aimant ALA-


DiN
La trajectoire des fragments à l’intérieur de l’aimant est déterminée grâce à la connais-
sance du champ magnétique B. ~ L’intensité de ce dernier a préalablement été mesurée à
l’aide d’une sonde en tout point de l’aimant pour différentes valeurs du courant électrique
afin de constituer ce que l’on appelle des "cartes de champ". Connaissant la position de
chacun des fragments à l’intérieur de la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV, il est alors
possible, à l’aide d’une première hypothèse sur leur rigidité magnétique, de déterminer
leur trajectoire à l’intérieur de l’aimant et de la prolonger jusqu’au plan d’interaction avec
la cible. La différence entre la position ainsi obtenue au niveau de ce plan et la position du
Détermination de la masse des produits de réaction 57

vertex d’interaction mesurée grâce au détecteur de position (cf. Chap. 2) est alors évaluée
et la valeur de départ de la rigidité est modifiée en fonction de cette différence. Cette
opération est ainsi répétée jusqu’à ce que la position du point d’interaction avec la cible
obtenue par backtracking coïncide avec la position mesurée. La valeur finale de la rigidité
est alors déterminée à l’aide d’une interpolation entre les valeurs de la rigidité magnétique
initialement choisie correspondant aux deux valeurs de position les plus proches du point
d’interaction mesuré. La résolution en position obtenue au niveau de la cible ne contribue
pas significativement à la résolution en rigidité.

3.2 Détermination de la masse des produits de réaction


Une fois la rigidité magnétique Bρ des produits de réaction obtenue grâce à la méthode
itérative décrite plus haut, il nous est alors possible de déterminer leur impulsion et, par
conséquent, leur masse via la formule suivante :

m(A, Z)βc m0 βcA


p = qBρ = p ≈p (3.1)
1 − β2 1 − β2

La masse A des produits de réaction peut alors être extraite de l’équation (3.1) :

~ 1 − β2
p
0, 3Z|R|
A= , (3.2)
m0 β
~ est le
où m0 = 0, 9315 GeV/c2 , Z est la charge du fragment considéré, β = v/c et |R|
module de la rigidité magnétique (exprimé en Tm).
La résolution en masse ∆A ainsi obtenue est due de manière équitable aux résolutions
mesurées en rigidité ∆R et en vitesse ∆β.

3.2.1 Sélection en charge des fragments


La charge des fragments, nécessaire à la mesure de leur masse, est déterminée en
appliquant une coupure circulaire de rayon rZ autour de la charge nominale désirée (Znom )
dans le plan (ZTP−MUSIC IV , ZToF Wall ) représenté sur la figure 3.2.
p
(ZTP−MUSIC IV − Znom )2 + (ZToF Wall − Znom )2 ≤ rZ (3.3)

La corrélation entre la charge déterminée par le mur de temps de vol (ZToF Wall ) et celle
déterminée par la chambre d’ionisation (ZTP−MUSIC IV ) est quasi-parfaite pour les frag-
ments lourds (Z ≥ 8). En revanche, pour les fragments les plus légers, et particulièrement
pour les isotopes d’hélium (Z = 2) et de lithium (Z = 3), l’accord entre les deux dé-
tecteurs est moindre. En effet, en observant l’encart situé dans le coin inférieur droit de
58 Mesure de la masse des fragments

ztofzmusic htp
Entries 307301

Mean x 4.095

30 Mean y 3.958

RMS x 4.968

RMS y 5.048

25

20
Z TOF Wall

c htp1
Entries 272546

9 2.616

15 8
2.463

1.446

1.662

10 5

2
5
1

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9

0
0 5 10 15 20 25 30
Z TP-MUSIC IV

Fig. 3.2 – Corrélation entre la charge mesurée par la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV et
celle mesurée à l’aide du mur de temps de vol. Une coupure circulaire de rayon rZ autour de
la charge désirée est effectuée. La région correspondant aux fragments de charge 1 ≤ Z ≤ 9 est
agrandie dans l’encart inférieur droit.

la figure 3.2 et représentant un agrandissement de la zone des charges comprises entre


Z = 1 et Z = 9, on remarque la présence de queues dans les distributions de charges et
notamment pour ZTP−MUSIC IV . La masse des fragments est alors mesurée pour un rayon
de coupure rZ = 0, 5 (en unité de charge).

3.2.2 Étalonnage des photomultiplicateurs du mur de temps de


vol
Correction du walk
Lorsqu’une particule chargée traverse un scintillateur plastique, elle produit des pho-
tons sur son parcours. La corrélation entre le signal logique produit par le discriminateur
et le temps d’arrivée au niveau du scintillateur dépend alors de l’amplitude du signal
lumineux reçu au niveau de la photocathode d’un photomultiplicateur. Autrement dit,
pour deux particules différentes traversant un scintillateur plastique au même instant t à
une distance identique l du photomultiplicateur, les réponses en temps respectives sont
différentes. Cette dépendance en amplitude peut être générée par le photomultiplicateur
lui-même (variation de la forme du pulse) ainsi que par le discriminateur (niveau de dé-
clenchement). Ce phénomène, essentiellement du dans le cas présent à une saturation dans
la chaîne d’amplification des tubes photomultiplicateurs, est appelé walk. Afin de corriger
cet effet, il est nécessaire de déterminer la fonction de correction en temps à appliquer
Détermination de la masse des produits de réaction 59

51 Scint. #62 (photo. multiplicateur haut) - Mur avant


50

49
t (en ns)

48

47

46

45

44
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180

ADC

Fig. 3.3 – Ajustement du walk par la fonction d’ajustement fwalk définie au paragraphe 1.3.2.

à chacun des photomulitplicateurs qui composent le mur de temps de vol en fonction de


la quantité de lumière créée dans le scintillateur qui, comme nous l’avons vu précédem-
ment, est liée à la valeur ADC. Pour cela, des mesures d’étalonnage (runs "wegde"1) sont
réalisées préalablement aux prises de données physiques. Ces mesures consistent, pour
chaque scintillateur, à bombarder une pièce d’aluminium biseautée (wedge) apposée sur
ce dernier avec un faisceau d’ions lourds énergétiques (typiquement Sn à 600 AMeV)2 .
Il est alors possible, par fragmentation du faisceau primaire sur cette pièce d’aluminium,
de produire des fragments dans une large gamme de tailles et d’énergies. Ces derniers
sont partiellement stoppés dans le wedge en raison de sa forme en biseau. La figure 3.3
représente la réponse√ en temps du photomultiplicateur (exprimée en ns) en fonction du
signal amplitude ( ADC). Deux régimes distincts sont observés : le premier pour des
noyaux de charge inférieure à une certaine valeur Zs correspondant à une amplitude de
seuil (Zs = 4 pour la majorité des photomultiplicateurs) et le second pour les fragments
de charge supérieure à Zs .
La fonction de walk est alors extraite grâce à un ajustement du deuxième régime (Z >
Zs ) par une fonction de Fermi et par un ajustement du premier régime (Z ≤ Zs ) par
une fonction f qui est la somme de la précédente fonction de Fermi et d’une fonction
polynômiale d’ordre 5 [Kez05]. Les résolutions en temps ainsi obtenues sont de l’ordre de
∆t < 400 ps pour les fragments de charge Z = 2 et ∆t < 120 ps pour le projectile.
1
Le terme wedge signifie "cale" en anglais et fait référence à la forme en biseau de la pièce d’aluminium
utilisée lors de ces runs d’étalonnage
2
Afin d’assurer un balayage complet du mur de temps de vol, un faisceau d’ions 12 C (200 AMeV) a
été utilisé
60 Mesure de la masse des fragments

Correction fines
La résolution en temps résultant de la correction du walk permet de discriminer en
masse les isotopes de charge comprise entre Z = 2 et Z ≈ 12 (dans le cadre de ce travail
de thèse, nous limiterons notre étude au cas des fragments de charge comprise entre
Z = 2 et Z = 10). Après application des corrections en temps du walk, les spectres en
masse de chacun de ces fragments légers sont obtenus pour tous les photomultiplicateurs
qui composent le mur de temps de vol. Ces derniers sont ensuite ajustés à l’aide d’une
fonction multigaussienne de la forme :
6
(A − Ai )2
X  
fmulti = Ni .exp − (3.4)
i=0
2σ 2
Pour un numéro atomique Z donné, une masse nominale de référence Aref , généralement
celle de l’élément se trouvant au milieu de la distribution isotopique, est soustraite aux
valeurs moyennes des masses obtenues par ajustement multigaussien Ames pour former
la quantité ∆A = Ames − Aref , représentée sur la figure 3.4 en fonction du numéro du
scintillateur touché. Le tableau 3.1 regroupe les valeurs de Aref utilisées dans le cadre de
cette analyse.

4 Z=4 Aref=9
2

∆A 0
-2

-4

100 110 120 130 140 150 160 170 180 190 200

Numéro de scintillateur
Fig. 3.4 – ∆A en fonction du numéro de scintillateur pour les isotopes de charge Z = 4 après
application des corrections en temps du walk. La ligne en pointillés (∆A = 0) correspond à la
masse de référence Aref = 9 (cf. Tab. 3.1). Les symboles jaunes, verts, rouges et bleus représentent
les valeurs moyennes obtenues par ajustement multigaussien pour les masses nominales A = 11,
A = 10, A = 9 et A = 7 respectivement. Les fragments sont produits par la collision 124 Sn+Sn.

Comme l’illustre la figure 3.4, les corrections en temps apportées par la fonction de walk
ne sont pas entièrement satisfaisantes si l’on souhaite obtenir une résolution en masse
globale inférieure à 0,25 (en unité de masse) pour les fragments de charge Z inférieure
à 10. Ceci s’explique par le fait que les conditions d’intensité de particules au cours des
Détermination de la masse des produits de réaction 61

Élément Isotope de référence


He (Z=2) 4
He (Aref = 4)
Li (Z=3) 7
Li (Aref = 7)
Be (Z=4) 9
Be (Aref = 9)
B (Z=5) 11
B (Aref = 11)
13
C (Z=6) C (Aref = 13)
N (Z=7) 15
N (Aref = 15)
O (Z=8) 16
O (Aref = 16)
F (Z=9) 19
F (Aref = 19)
Ne (Z=10) 22
Ne (Aref = 22)

Tab. 3.1 – Masse de référence Aref pour les fragments de charge 2 ≤ Z ≤ 10 ; celle-ci correspond
la plupart du temps à la masse de l’isotope stable le plus abondant.

runs d’étalonnage du walk utilisant la pièce d’aluminium ne sont pas celles des runs
physiques. En effet, dans le premier cas, les particules produites par fragmentation du
faisceau sur le dégradeur le sont à très faible distance du mur de temps de vol et, par
conséquent, la fréquence de pics de photons (intensité lumineuse) collectés au niveau des
photomultiplicateurs est bien plus élevée que dans le cas de runs physiques. La réponse
en temps des photomultiplicateur dépendant de l’intensité de lumière reçue au niveau de
la photocathode, il est alors nécessaire d’introduire des corrections fines aux corrections
obtenues grâce à la fonction de walk afin de corriger plus précisement les temps dans
les runs physiques. Il est à noter que ces corrections fines sont cette fois déterminées en
fonction de la charge des fragments Z et non plus en fonction de la valeur ADC.
Pour cela, la différence en masse ∆A est convertie en une différence temporelle ∆t qui
sera à son tour ajoutée aux corrections de walk. La relation qui lie ∆t et ∆A est obtenue
par dérivation de l’équation (3.2).

∆t m20 A2 l2 ∆A
= , (3.5)
t 0, 32R2 Z 2 t2 c2 A
où t est le temps de vol de chacun des fragments sur le parcours de longueur l (typiquement
de l’ordre de 25 ns). La fonction de walk de chaque photomultiplicateur du mur de temps
de vol est alors corrigée de la quantité ∆t. La figure 3.5 montre les corrections en temps à
apporter à la fonction de walk appliquée à quatre photomultiplicateurs du mur de temps
de vol.
Au delà de la charge Z = 8, il devient très difficile, en raison de la faible statistique de
déterminer les corrections ∆t. Pour cette raison, et compte tenu d’un effet de saturation
en fonction de la charge, les corrections en temps correspondant aux fragments de charge
Z ≥ 9 sont obtenues par interpolation entre les valeurs obtenues pour les fragments de
charge Z = 8 et celles obtenues pour les fragments de charge Z = Zproj .
La figure 3.6 montre les valeurs de ∆A en fonction du numéro de scintillateur, obtenues
après l’application de ces corrections en temps pour chacun des scintillateurs plastiques
62 Mesure de la masse des fragments

Scintillateur #40 - photomultiplicateur haut Scintillateur #140 - photomultiplicateur haut

0 -0.4

-0.1 -0.5

-0.2 -0.6

∆t
∆t

-0.3 -0.7

-0.4
-0.8

-0.5
-0.9
-0.6
-1

0 2 4 6 8 10 12 0 2 4 6 8 10 12
Z Z

Scintillateur #40 - photomultiplicateur bas Scintillateur #140 - photomultiplicateur bas

-0.5
-0

-0.2 -0.6

-0.4
-0.7
-0.6
∆t

-0.8
∆t

-0.8
-0.9
-1

-1.2 -1

-1.4
-1.1
-1.6
2 4 6 8 10 2 4 6 8 10
Z Z

Fig. 3.5 – Valeurs des corrections fines appliquées à la fonction de walk pour les photomulti-
plicateurs haut et bas (panneaux supérieurs et inférieurs respectivement) du scintillateur #40
de la partie avant du mur de temps de vol (panneaux de gauche) et du scintillateur #140 de la
partie arrière (panneaux de droite). La différence en temps ∆t est ici exprimée en ns.

du mur de temps de vol.


La réponse en temps de ce dernier est à présent indépendante du photomultiplicateur
considéré. Les spectres en masse finaux sont alors obtenus par superposition des réponses
de chacun des scintillateurs du détecteur. La résolution en masse ainsi obtenue est d’en-
viron 3% pour les fragments de charge Z = 2 et décroît jusqu’à 1,5% pour les fragments
les plus lourds.
La contribution dominante à l’incertitude sur la détermination de la masse,
s 2  2
∆A ∆R ∆t
= + γ 2 , (3.6)
A R t
est celle de l’erreur sur le temps, amplifiée par le facteur γ 2 qui, pour une énergie de
600 MeV/nucléon, est égal à 2,6. En considérant que la rigidité magnétique des fragments
est déterminée avec une résolution d’environ 1% pour Z ≈ Zproj , une résolution en temps
de ∆t ≈ 280 ps (FWHM) peut être déduite pour les fragments les plus légers et ∆t ≈
120 ps (FWHM) pour les fragments les plus lourds.
Détermination des taux de production des différents isotopes 63

4 Z=4 Aref=9 (après correction de la fonction de walk)

∆A 0
-2

-4

100 120 140 160 180 200

Numéro de scintillateur
Fig. 3.6 – ∆A en fonction du numéro de scintillateur pour les isotopes de charge Z = 4 après
correction en temps de la fonction de walk de chacun des photomultiplicateurs. La valeur ∆A = 0
indiquée par la ligne en pointillés correspond à l’isotope de référence 9 Be (cf. Tab. 3.1).

Les figures 3.7, 3.8 et 3.9 représentent les spectres en masse des fragments de charge
comprise entre Z = 2 et Z = 10 obtenus pour les 3 systèmes 124 Sn, 124 La et 107 Sn
respectivement. L’influence de la composition isotopique du projectile spectateur, qui sera
abordé en détail au prochain chapitre, peut d’ores et déjà être observée en comparant ces
trois figures. En effet, on constate que les taux de production d’isotopes riches en neutrons
sont bien plus élevés dans le cas du système riche en neutrons 124 Sn que pour les systèmes
124
La et 107 Sn pauvres en neutrons.

3.3 Détermination des taux de production des diffé-


rents isotopes
Comme nous l’avons vu, la résolution en masse des fragments permet d’identifier indi-
viduellement les isotopes les plus légers (Z ≤ 10). Les spectres en masse obtenus pour les
trois systèmes 124 Sn, 124 La et 107 Sn permettent ainsi de déterminer les taux de production
des différents isotopes qui, nous le verrons dans les chapitres suivants, sont importants
pour la mesure de plusieurs observables, et notamment la température isotopique (cf.
Chap. 5) ainsi que le coefficient γ du terme d’énergie de symétrie de l’équation d’état, via
la détermination des paramètres d’isoscaling α et β (cf. Chap. 6). Afin de déterminer ces
taux de production, cinq méthodes d’ajustement des spectres en masse ont été étudiées.
La première de ces méthodes consiste à ajuster les spectres en masse obtenus à l’aide de
la fonction fG1 qui est la somme de 9 fonctions gaussiennes simples de largeur identique
σ. La distance d entre deux gaussiennes voisines est constante.
64 Mesure de la masse des fragments

×103
15000 4000
150
He Li Be
3000
10000
100

2000

50 5000
1000

0 0 0
1 2 3 4 5 6 7 4 5 6 7 8 9 10 11 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Nombre de coups

6000 B 2500 C 2000


N
2000
1500
4000
1500
1000
1000
2000
500 500

0 0 0
6 8 10 12 14 16 8 10 12 14 16 18 10 12 14 16 18 20

400
800

O 300
F Ne
600 300

200 200
400

200 100 100

0 0 0
12 14 16 18 20 22 16 18 20 22 24 26 16 18 20 22 24 26 28

A
Fig. 3.7 – Spectres en masse obtenus grâce à la méthode de reconstruction des trajectoires et à
la mesure du temps de vol dans la réaction 124 Sn + Sn à 600 AMeV pour les fragments de charge
comprise entre Z=2 et Z=10.

8
(A − Ai )2
X  
fG1 = Ni .exp − (3.7)
i=0
2σ 2

La gaussienne centrale, centrée autour de la masse de référence A4 , est représentée par


une courbe dorée sur la figure 3.12. Une fonction gaussienne i sera alors centrée autour
de Ai = A4 + (i − 4)d. Les valeurs de référence A4 correspondent aux valeurs reportées
dans le tableau 3.1 sauf dans le cas des isotopes d’oxygène (Z=8) et de fluor (Z=9) pour
lesquels A4 = 18 et A4 = 20 respectivement.
Cette méthode fait ainsi intervenir 12 paramètres d’ajustement indépendants : les ampli-
tudes Ni des 9 fonctions gaussiennes simples, la valeur de A4 , la largeur σ et la distance
d séparant deux gaussiennes.
Détermination des taux de production des différents isotopes 65

40000
He 3000 Li 1500
Be
30000

2000 1000
20000

1000 500
10000

0 0 0
1 2 3 4 5 6 7 4 5 6 7 8 9 10 11 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Nombre de coups

600

1500 B 1000
C N
800
400
1000 600

400 200
500
200

0 0 0
6 8 10 12 14 16 8 10 12 14 16 18 10 12 14 16 18 20

300
O 100 F 80 Ne
80
200 60
60
40
40
100
20
20

0 0 0
12 14 16 18 20 22 16 18 20 22 24 26 16 18 20 22 24 26 28

A
Fig. 3.8 – Spectres en masse obtenus grâce à la méthode de reconstruction des trajectoires et à
la mesure du temps de vol dans la réaction 124 La + Sn à 600 AMeV pour les fragments de charge
comprise entre Z=2 et Z=10.

La seconde méthode consiste, à l’instar de la précédente, à utiliser une fonction d’ajuste-


ment fG2 qui est la somme de 9 fonctions gaussiennes simples, en faisant cette fois varier
les largeurs σi de chacune d’entre elles. Le nombre de paramètres d’ajustement passe alors
de 12 à 20.

8
(A − Ai )2
X  
fG2 = Ni .exp − (3.8)
i=0
2σi 2

L’utilisation de la fonction fG2 représente ainsi un meilleur ajustement de la masse des


fragments pour lesquels la distribution est large, comme c’est le cas, par exemple, pour
les noyaux de 6 He (cf. Fig. 3.12).
66 Mesure de la masse des fragments

4000
60000

He Li 2000 Be
3000
40000 1500

2000
1000
20000
1000
500

0 0 0
1 2 3 4 5 6 7 4 5 6 7 8 9 10 11 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Nombre de coups

1200 600

1500 B 1000 C N
800 400
1000
600

400 200
500
200

0 0 0
6 8 10 12 14 16 8 10 12 14 16 18 10 12 14 16 18 20

100
300
O 80
F 100 Ne
80
200
60
60

40
100 40

20 20

0 0 0
12 14 16 18 20 22 16 18 20 22 24 26 16 18 20 22 24 26 28

A
Fig. 3.9 – Spectres en masse obtenus grâce à la méthode de reconstruction des trajectoires et à
la mesure du temps de vol dans la réaction 107 Sn + Sn à 600 AMeV pour les fragments de charge
comprise entre Z=2 et Z=10.

La figure 3.10 montre qu’il existe une dépendance linéaire entre la largeur de chacune des
gaussiennes σ et la masse A des fragments pour un numéro atomique Z donné.
La troisième méthode utilisée pour la détermination des taux de production isotopiques
consiste alors à faire varier linéairement la largeur σ, réduisant ainsi le nombre de pa-
ramètres d’ajustement à 13. Les nouveaux paramètres σ4 et a, obtenus par régression
linéaire des valeurs de sigma dans le plan (σ(A), A), sont respectivement la largeur de la
fonction gaussienne centrale et le coefficient directeur de la droite de régression définie
par :

σ(A) = a.(A − A4 ) + σ4 (3.9)


On définit alors la fonction d’ajustement fG3 de la façon suivante :
Détermination des taux de production des différents isotopes 67

0.6 σ(A) = 0.043 * A -0.064


He 0.6 σ(A) = 0.030 * A -0.057
Li 0.6 σ(A) = 0.025 * A -0.049
Be
0.4 0.4 0.4

0.2 0.2 0.2

0 0 0
3 4 5 6 6 7 8 9 10 8 10 12

0.6 σ(A) = 0.040 * A -0.250


B 0.6 σ(A) = 0.025 * A -0.100
C 0.6 σ(A) = 0.032 * A -0.247
N
σ(A)

0.4 0.4 0.4

0.2 0.2 0.2

0 0 0
10 11 12 13 14 12 13 14 15 16 14 15 16 17 18

0.6 σ(A) = 0.028 * A -0.222


O 0.6 σ(A) = 0.031 * A -0.311
F 0.6 σ(A) = 0.021 * A -0.141
Ne
0.4 0.4 0.4

0.2 0.2 0.2

0 0 0
16 18 20 18 19 20 21 22 20 21 22 23 24

A
Fig. 3.10 – Variation de σ en fonction de la masse des fragments. Les lignes noires représentent
les droites d’ajustement obtenues pour chacun des fragments de charge comprise entre Z=2 et
Z=10. Les paramètres d’ajustement ainsi obtenus sont indiqués.

8 8
(A − Ai )2 (A − Ai )2
X   X  
fG3 = Ni .exp − = Ni .exp − (3.10)
i=0
2(σ(A))2 i=0
2[a(A − Ai ) + σ4 ]2

Les deux dernières méthodes d’ajustement utilisées prennent en compte la dépendance


linéaire de σ, mais proposent également une paramétrisation du bruit de fond présent
dans les spectres en masse. Ce dernier est extrait des spectres en masse par soustraction
du signal ajusté par la fonction multigaussienne fG3 . Un filtre de lissage de type Savitzky-
Golay [Sav64] est préalablement appliqué au spectre obtenu, permettant ainsi un meilleur
ajustement de celui-ci. Deux fonctions différentes sont alors proposées pour rendre compte
de ce bruit de fond.
La première de ces fonctions est une fonction de Fermi de type :
aFermi
fFermi =   + cFermi (3.11)
A−AFermi
1 + exp bFermi

La seconde, quant à elle, notée fegg , est la somme d’une fonction exponentielle et de deux
fonctions gaussiennes.
68 Mesure de la masse des fragments

(A − Ag1 )2 (A − Ag2 )2
   
fegg = exp(ae .A + be ) + Ng1 exp − + Ng2 exp − (3.12)
2σg1 2 2σg2 2

La figure 3.11 représente le spectre du bruit de fond obtenu pour chacun des fragments
de charge comprise en Z = 2 et Z = 10 et ajusté à l’aide des fonctions fegg et fFermi ,
représentées respectivement par une courbe mauve et par une courbe rose.

Les deux dernières méthodes d’ajustement des spectres en masse permettant de détermi-
ner les taux de production des différents isotopes consistent alors à ajouter les fonctions
fegg et fFermi ainsi obtenues à la fonction fG3 précédemment définie (voir Eq. 3.10).

3000 90
300
2500 He 250 Li 80
70 Be
2000 200 60
50
1500 150 40
100 30
1000
20
50 10
500
0 0
Nombre de coups

0
1 2 3 4 5 6 7 4 5 6 7 8 9 10 11 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14

70
60
50
B 40
C 20

15
N
30
40
20 10
30
20 10 5
10
0 0
0
6 8 10 12 14 16 8 10 12 14 16 18 10 12 14 16 18 20

10 6
3.5
8 O 3
2.5
F 5 Ne
4
6 2
1.5 3
4 1 2
2 0.5
1
0
0 -0.5 0
-1
12 14 16 18 20 22 16 18 20 22 24 26 16 18 20 22 24 26 28

A
Fig. 3.11 – Ajustement du bruit de fond présent dans les spectres en masse pour chacun des
isotopes de charge 2 ≤ Z ≤ 10 par la fonction de Fermi fFermi (cf. Eq. B.5) et par la fonction
fegg (cf. Eq. B.4) après lissage du spectre par un filtre de Savitzky-Golay [Sav64].

La figure 3.12 montre les spectres en masse obtenus pour le système riche en neutrons
124
Sn. Les différentes méthodes d’ajustement y sont représentées.
Les taux de production mesurés de chaque isotope en fonction de la méthode d’ajustement
utilisée pour les trois systèmes étudiés ainsi que pour différentes sélections de la centralité
Zbound /Zproj (voir Chap. 4) sont reportés en Annexe B.
Détermination des taux de production des différents isotopes 69

5 4
10

4
He
10
3
10
Li 10
3
Be
10
2
2
10 10
3
10
10 10
2
10
1
1
1 2 3 4 5 6 7 4 5 6 7 8 9 10 11 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Nombre de coups

4
10

3
10 B 10
3
C 10
3
N
2 2
2
10 10 10

10 10 10

1 1
1
6 8 10 12 14 16 8 10 12 14 16 18 10 12 14 16 18 20

3
10

2
10
O 10
2 F 10
2 Ne
10 10
10

1 1 1

12 14 16 18 20 22 16 18 20 22 24 26 16 18 20 22 24 26 28

A
Fig. 3.12 – Ajustement d’un spectre en masse obtenu pour le système Les cinq diffé- 124 Sn.

rentes fonctions d’ajustement y sont représentées. La fonction gaussienne centrale de référence


est représentée par une courbe de couleur or.

En comparant les taux de production obtenus pour chaque isoptope avec et sans ajuste-
ment du bruit de fond, la contribution de ce dernier est estimée. La valeur la plus élevée
de cette contribution (environ 4 %) est atteinte pour les fragments de charge Z = 2 et
décroît, comme le montre la figure 3.13, pour les fragments lourds (Z ≥ 8), pour lesquels
elle est pratiquement nulle. On observe également que le choix du rayon de coupure rZ
utilisé pour sélectionner la charge des fragments n’a que très peu, voire aucune influence
sur le rapport signal sur bruit. Par conséquent, une valeur de rZ = 0, 5 est retenue pour
déterminer les taux de production de chacun des isotopes produits lors de la réaction.
Pour finir, il est également à souligner que la soustraction du bruit de fond n’a que très peu
d’influence sur les observables obtenues à partir des rapports de ces taux de production,
car dans ce cas, les contributions s’annulent. De telles observables, comme la température
ou les paramètres d’isoscaling α et β, seront étudiées dans les prochains chapitres.
70 Mesure de la masse des fragments

rZ
5
0.2
0.3
Bruit de fond / Signal [%]

0.4
4 0.5

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Z

Fig. 3.13 – Contribution du bruit de fond dans la détermination des taux de production de
chacun des isotopes de charge Z en fonction du rayon de coupure rZ .
Chapitre 4

Propriétés générales des événements de


fragmentation

4.1 Définition de la source spectatrice

Y-Axis Hodoscope
acceptance

β∼β
Projectile Beam
Projectile rapidity source

β=β
Beam

Mid rapidity source


TOF-wall
acceptance
Target

Z-Axis
Fig. 4.1 – En raison de la cinématique, le dispositif expérimental (cf. Chap. 2) permet la
détection de tous les fragments de charge Z ≥ 2 provenant du projectile spectateur (zone bleue)
ainsi qu’une partie des fragments légers provenant de la boule de feu (fireball) (zone rose).

Le spectromètre ALADiN utilisé lors de la campagne expérimentale S254 et décrit


de façon détaillée au chapitre 2 permet, comme nous l’avons vu, la détection de tous
les fragments de charge Z ≥ 2 issus de la décroissance du projectile spectateur. Pour
les collisions les plus centrales, cependant, certains fragments, et particulièrement les
72 Propriétés générales des événements de fragmentation

fragments les plus légers, émis par la boule de feu, i.e. par la zone de recouvrement des
noyaux de la cible et du projectile, peuvent entrer dans l’acceptance de l’aimant et ainsi
être détectés par la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV (cf. Fig. 4.1).

β = 0,675
10 4 Z = Zproj (trigg. faisceau)

2
Z=
Nombre de coups

10 3
3
Z=
4

10 2
Z=

Z=6

10

1
0.5 0.55 0.6 0.65 0.7 0.75 0.8 0.85 0.9 0.95 1

β
Fig. 4.2 – Spectre en vitesse (β) mesuré dans la réaction 124 Sn+Sn à 600 AMeV, pour les
fragments de charge Z=2, 3, 4, 6 et Z = Zproj (trigger faisceau).

Il est alors nécessaire de discriminer les fragments provenant de cette zone de ceux émis
par le projectile spectateur. Ces derniers étant bien localisés en vitesse (β = v/c), une
coupure en β est effectuée et seuls les fragments ayant une vitesse proche de celle du
projectile sont sélectionnés. Cette coupure (β ≥ 0, 675), appliquée aux fragments détectés
par la chambre d’ionisation TP-MUSIC IV ainsi que par le mur de temps de vol, est
visible sur la figure 4.2 représentant les spectres en vitesse (β) dans la réaction 107 Sn+Sn
à 600 AMeV pour les fragments de charge Z=2, 3, 4, 6 et Z = Zproj .

4.2 Sélection du paramètre d’impact - l’observable Zbound


Comme nous l’avons vu précédemment (cf. Chap. 1), les collisions entre ions lourds aux
énergies relativistes sont caractérisées par le paramètre d’impact b qui permet d’évaluer la
centralité, et donc la violence des réactions en question. En l’absence de mesures directes
de ce paramètre d’impact, la caractérisation des collisions étudiées est obtenue par l’uti-
lisation d’observables fortement corrélées avec celui-ci et/ou, dans certains cas, par des
Sélection du paramètre d’impact - l’observable Zbound 73

1400
124
Sn
124
La 4000
1200 107
Sn
3500

1000
3000

Yield (a.u)
Yield (a.u)

800 2500

2000
600

1500
400
1000

200 500

0
10 20 30 40 50 10 20 30 40 50
Zbound Zbound

Fig. 4.3 – Distributions de l’observable Zbound pour les trois systèmes et 107 Sn. 124 Sn, 124 La

Les valeurs expérimentales (panneau de gauche) sont comparées avec les prédictions du modèle
statistique SMM (panneau de droite).

calculs de simulation basés sur des modèles microscopiques comme BUU1 [Ber84, Aic85]
ou QMD2 [Aic88, Aic91, Pei89, Pei92].
La variable Zbound est une des observables utilisées dans le cadre de la campagne expéri-
mentale S254 pour rendre compte de la centralité des collisions. Celle-ci est définie comme
la somme des charges de tous les fragments de charge supérieure ou égale à Z = 2 et peut
ainsi s’écrire :
Z=Zp
X
Zbound = NZ .Z, (4.1)
Z=2

où NZ est le nombre de fragments de numéro atomique Z émis au cours d’un même évè-
nement et où Zp est la charge du projectile.
En première approximation, Zbound représente donc la charge du projectile spectateur ori-
ginal réduite du nombre d’isotopes d’hydrogène émis lors de la décroissance de celui-ci.
Des valeurs élevées de Zbound correspondent à de gros projectiles spectateurs c’est à dire
à des collisions périphériques, alors que de faibles valeurs de Zbound correspondent à de
petits projectiles spectateurs et donc à des collisions plus centrales [Hub91, Ogi93].
1
Le modèle BUU (Boltzmann-Uehling-Uhlenbeck) est basé sur l’équation de Vlasov-Uehling-
Uhlenbeck qui décrit les collisions en suivant l’évolution de la distribution à 1 corps des nucléons dans
l’espace des phases, f (~r, ~
p, t), comme la propagation d’un nucléon dans un champ moyen généré par les
autres nucléons du noyau et subissant des collisions avec ces derniers.
2
Le modèle QMD (Quantum Molecular Dynamics) est basé sur une théorie à N corps et tient compte
des effets quantiques. Il permet une analyse évènement par évènement des collisions entre ions lourds.
74 Propriétés générales des événements de fragmentation

Au cours des collisions entre ions lourds aux énergies relativistes, l’excitation du projectile
spectateur est principalement due aux réactions de knock-out et dépend ainsi essentielle-
ment du paramètre d’impact de la collision. L’observable Zbound étant, comme nous venons
de le voir, fortement corrélée avec ce dernier, celle-ci est alors non seulement une mesure
du paramètre d’impact, mais aussi de l’énergie d’excitation (cf. §1.4.2, Fig. 1.8). La fi-
gure 4.3 montre les distributions de l’observable Zbound obtenues pour les trois systèmes
124
Sn, 124 La et 107 Sn. Un premier effet lié à l’isospin est alors observé entre le projectile
stable et les projectiles instables. En effet, alors que dans le premier cas, la distribution
est centrée autour de la charge du projectile initial, les systèmes pauvres en neutrons pré-
sentent des distributions centrées autour de valeurs légèrement inférieures à la charge des
projectiles en question. Une possible interprétation de cette différence réside dans le fait
que pour des collisions périphériques, i.e. pour des valeurs élevées de Zbound , les systèmes
pauvres en neutrons faiblement excités commencent à évaporer des protons qui ne sont
pas pris en compte dans le calcul de Zbound , alors que le système riche en neutrons émet,
quant à lui, préférentiellement des neutrons.

Afin de confronter les résultats expérimentaux obtenus dans le cadre de la campagne S254
aux valeurs théoriques, le modèle statistique de multifragmentation SMM [Bon85, Bon95]
(cf. Annexe A) a été choisi. Ce dernier utilise, pour ses calculs, une multitude de sources
excitées représentant l’ensemble des systèmes spectateurs produits au cours de la réac-
tion [Bot95].
Les distributions de Zbound ainsi prédites par le modèle SMM pour les trois systèmes 124 Sn
(ligne rouge), 107 Sn (ligne verte) et 124 La (ligne bleue) sont représentées sur le panneau
de droite de la figure 4.3. Un accord qualitatif avec les résultats expérimentaux (panneau
de gauche de la figure) est observé et les valeurs de Zbound correspondant aux maxima des
distributions sont similaires aux valeurs obtenues dans le cadre de la campagne S254.

4.3 Multiplicité moyenne de fragments de masse inter-


médiaire - le "Rise and Fall" de la multifragmenta-
tion
La corrélation existant entre la multiplicité moyenne de fragments de masse intermé-
diaire <MFMI >, définie précédemment et la variable Zbound , également appelée "Rise and
Fall" en raison de la forme de la distribution [Ogi91], pour les quatre projectiles 197 Au,
124
Sn, 124 La et 107 Sn est représentée sur la figure 4.4. Aux faibles énergies d’excitation, i.e.
pour des valeurs élevées de Zbound , les courbes décroissent et s’arrêtent pour des valeurs de
Zbound proches de la charge de chacun des projectiles originaux (à savoir, respectivement,
Z = 79, Z = 50, Z = 57 et Z = 50). En effet, par définition, la valeur de l’observable
Multiplicité moyenne de fragments de masse intermédiaire - le "Rise and Fall" de
la multifragmentation 75

3 2.2
197
Au 124
Sn
124
Sn 2 124
124
La La
107 107
2.5 Sn 1.8 Sn

1.6
2
1.4
<MFMI>

<MFMI>
1.2
1.5
1

0.8
1
0.6

0.5 0.4

0.2

0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Zbound Zbound

Fig. 4.4 – Panneau de gauche : multiplicité de moyenne de fragments de masse intermé-


diaire <MFMI > (3 ≤ Z ≤ 30) en fonction de Zbound pour les réactions 124 Sn+Sn (étoiles
bleues), 124 La+Sn (cercles rouges), 107 Sn+Sn (carrés verts) et 197 Au+Sn (triangles roses) à
E/A = 600 M eV . Panneau de droite : la même multiplicité moyenne de fragments de masse
intermédiaire <MFMI >, mais cette fois les données correspondant au système 197 Au+Sn ne sont
plus représentées.

Zbound peut, au maximum, être égale à la charge du projectile3 . Le panneau de droite de


la figure 4.4 permet, cependant, de remarquer que cette décroissance est plus rapide dans
le cas du système riche en neutrons 124 Sn.
Cette différence de comportement entre ce système et les systèmes pauvres en neutrons
s’explique par le fait que, comme nous l’avons vu au paragraphe précédent, les résidus
lourds faiblement excités émettent préférentiellement des neutrons contrairement aux sys-
tèmes riches en protons pour lesquels cette voie de désexcitation est supprimée.

En se dirigeant, à présent, vers les collisions les plus centrales, on constate un maxi-
mum dans la distribution de la multiplicité moyenne de fragments de masse intermédiaire
<MFMI > correspondant approximativement à Zbound = 30 pour le projectile 197 Au et
Zbound =20 pour les 3 autres systèmes. La valeur de cette multiplicité moyenne est bien
plus élevée dans le cas du système 197 Au que pour les autres. En observant la partie
droite de la figure 4.4, on remarque un maximum de multiplicité plus faible dans le cas
de l’isotope le plus léger 107 Sn, alors que les deux systèmes de masses A = 124 présentent
des valeurs de multiplicité moyenne identiques. Cet effet de masse semble quelque peu
surprenant dans la mesure où la définition des fragments de masse intermédiaire est basée
3
En principe, le processus d’échange de charge peut produire des noyaux résiduels de charge supérieure
à celle du projectile, mais la section efficace est faible [Rub95].
76 Propriétés générales des événements de fragmentation

2.4
124
2.2 Sn
124
La
2 107
Sn
1.8

1.6

1.4
<MFMI >

1.2

0.8

0.6

0.4

0.2

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Z bound

Fig. 4.5 – Comparaison entre les multiplicités de fragments de masse intermédiaire mesurées
dans le cadre de la campagne expérimentale S254 (cf Fig. 4.4) et celles prédites par le modèle
statistique de multifragmentation SMM.

sur leur charge et non sur leur masse. Celui-ci peut cependant être interprété comme un
effet de structure nucléaire.

La figure 4.5 représente la comparaison entre les distributions des multiplicités moyennes
de fragments de masse intermédiaire obtenues expérimentalement et celles prédites par le
modèle statistique SMM dans le cas des trois systèmes 124 Sn, 107 Sn et 124 La. Un accord
qualitatif est de nouveau observé et la décroissance plus rapide dans le cas du système
riche en neutrons 124 Sn est reproduite, ainsi que la différence entre les valeurs des maxima
obtenues pour la paire d’isobares de masse A = 124 et le système 107 Sn.

4.4 Charge du plus gros fragment détecté


La charge maximale détectée pour chaque événement, Zmax , fournit, après Zbound , une
seconde façon de caractériser la voie de sortie de chaque collision. La corrélation existant
entre ces deux observables, représentée sur la figure 4.6 pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La
et 107 Sn, illustre l’évolution de la décroissance du quasi-projectile spectateur du régime
d’évaporation (valeurs de Zbound élevées) jusqu’à la désintégration totale (ou vaporisation)
Charge du plus gros fragment détecté 77

124 124 107


Sn La Sn
50 50

45 45
50

40 40

35 40 35

30 30
Zmax

Zmax
Zmax

30
25 25

20 20
20
15 15

10 10
10

5 5

0 0 0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 0 10 20 30 40 50 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50

Zbound Zbound Zbound

Fig. 4.6 – Corrélation entre les observables Zmax et Zbound pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La
et 107 Sn.

de ce dernier (faibles valeurs de Zbound ).

Par définition, la charge maximale Zmax est au plus égale à la valeur de Zbound . Tous les
événements sont alors localisés sur, ou sous, la diagonale principale Zmax = Zbound du plan
(Zmax ,Zbound ). Les points appartenant à cette dernière correspondent aux événements où
seul un fragment a été détecté, alors que les points au voisinage de cette diagonale princi-
pale sont des événements typiques d’évaporation pour lesquels au moins deux particules
complexes ont été observées, mais où la plus grande partie de la charge est toujours por-
tée par l’une d’elles. Dans les collisions périphériques, le fragment le plus gros contient
la plupart de la charge liée et Zmax peut ainsi être identifié comme le résidu lourd après
évaporation. Pour les collisions les plus centrales, en revanche, Zmax devient une petite
fraction de Zbound . De larges fluctuations de la charge maximale détectée sont observées
pour des valeurs de Zbound comprises entre Zbound = 20 et Zbound = 40 correspondant au
régime de multifragmentation.

Sur la figure 4.7, la valeur moyenne de la charge du plus gros fragment détecté <Zmax >,
normalisée à la charge du projectile, décroît avec Zbound /Zproj . Cette décroissance est plus
rapide pour des valeurs de Zbound /Zproj comprises entre 0,8 et 0,5 indiquant ainsi une
transition entre les évènements pour lesquels la charge totale est principalement portée
par un seul fragment et ceux pour lesquels elle est distribuée de façon plus équitable entre
plusieurs fragments.
78 Propriétés générales des événements de fragmentation

Une fois normalisée à la charge du projectile, la corrélation entre Zmax et Zbound est
pratiquement identique pour les trois systèmes étudiés.

124
Sn
0.9 124
La
107
Sn
0.8

0.7
<Z max /Zproj >

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Z bound /Zproj

Fig. 4.7 – Zmax /Zproj moyen en fonction de Zbound /Zproj pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La

et 107 Sn. Les barres d’erreur sont, dans la plupart des cas, plus petites que le symbole.

Les caractéristiques générales de la fragmentation du projectile sont sensiblement les


mêmes pour tous les systèmes étudiés.

4.5 Effets pair-impairs


Le rapport N/Z moyen de la distribution en masse des fragments de charge comprise
entre Z = 2 et Z = 10, pour différentes sélections en Zbound , est présenté sur la figure 4.8
en fonction du numéro atomique Z du fragment en question pour les deux systèmes de
masse A = 124. Les valeurs correspondant aux fragments de charge Z = 4 ont été pré-
ablement corrigées afin de tenir compte du taux de production manquant de l’isotope 8 Be,
particulièrement instable, qui décroît aussitôt formé en deux particules alpha (4 He). Pour
cela, une estimation de ce taux de production a été obtenue en calculant la moyenne arith-
métique des taux de production des isotopes 7 Be et 9 Be. Cette correction, bien qu’ayant
un effet négligeable dans le cas des systèmes pauvres en neutrons 107 Sn (non représenté)
et 124 La, fait baisser la valeur de <N>/Z de 1,24 à environ 1,18 dans le cas du système
Effets pair-impairs 79

124
Sn, rendant ainsi la variation paire-impaire plus visible.

<N/Z> = f(Z) pour Sn124 avec la correction pour le 8Be <N/Z> = f(Z) pour La124 avec la correction pour le 8Be

1.3 Selection de la centralite


1.3 Selection de la centralite
0.2 < Zbound/Z proj < 0.4 0.2 < Zbound/Z proj < 0.4
0.4 < Zbound/Z proj < 0.6 0.4 < Zbound/Z proj < 0.6
1.25 0.6 < Zbound/Z proj < 0.8 1.25 0.6 < Zbound/Z proj < 0.8

1.2 1.2

1.15 1.15
<N>/Z

<N>/Z
1.1 1.1

1.05 1.05

1 1

0.95 0.95

0.9 0.9
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Charge Z du fragment Charge Z du fragment

Fig. 4.8 – Valeurs moyennes <N >/Z des fragments légers (2 ≤ Z ≤ 10) produits par frag-
mentation des projectiles 124 Sn et 124 La à 600 MeV par nucléon pour 3 différentes sélections en
Zbound .

En observant la figure 4.8, on s’aperçoit que, comme on pouvait s’y attendre en raison
du rapport N/Z plus élevé du projectile original, les valeurs obtenues pour le système
124
Sn sont plus élevées que celles obtenues pour le système 124 La. Selon les prédictions
du modèle SMM on s’attend à ce que le rapport N/Z des fragments chauds (avant la
décroissance secondaire) soit proche de celui du projectile spectateur [Buy05]. Apparem-
ment, cette décroissance secondaire modifie la richesse en neutrons des fragments issus de
la réaction. Cet effet est plus important dans le cas du système riche en neutrons 124 Sn.
L’effet pair-impair observé est en revanche bien plus prononcé dans le cas du système
pauvre en neutrons 124 La.

Cet effet pair-impair est caractérisé par une valeur moyenne du rapport N/Z plus faible
dans le cas des noyaux de charge paire. Ce comportment peut être interprété comme une
manifestation de la stucture nucléaire due à l’énergie de liasion plus élevée des noyaux de
type α (pair-pair N=Z). Ces noyaux attirent une large fraction des taux de production
des produits de réaction au cours de l’évaporation secondaire [Ric04]. Cet effet est, ap-
paremment, plus important si le fragment chaud est déjà proche de la symétrie N = Z,
comme c’est le cas pour la fragmentation des systèmes 124 La et 107 Sn (Fig. 4.9).

Des données inclusives (sans sélection de l’énergie d’excitation, i.e. de Zbound ) récemment
collectées auprès du séparateur de fragments FRS par fragmentation de faisceaux de
238
U [Ric04] et de 56 Fe [Nap04] sur des cibles de titane à une énergie de 1 GeV confirment
la systématique d’un tel comportement. La figure 4.10, représentant les données collectées
dans le cadre de la campagne S254 pour les deux systèmes 124 Sn et 107 Sn ainsi que celles
obtenues auprès du séparateur de fragments FRS, témoigne dans le même temps des effets
80 Propriétés générales des événements de fragmentation

1.35
0.2 < Zbound/Z proj < 0.4

1.3

1.25

1.2
<N/Z>

1.15

1.1

1.05
124
Sn
1 124
La
107
Sn
0.95

2 4 6 8 10 12
Z

Fig. 4.9 – Rapport N/Z en fonction du numéro atomique Z pour les évènements avec 0, 2 ≤
Zbound /Zproj ≤ 0, 4. Les divers symboles représentent les données expérimentales pour les trois
systèmes étudiés. Les courbes, quant à elles, correspondent aux prédictions du modèle SMM.

de structure nucléaire caractéristiques pour les isotopes produits ainsi que des effets de mé-
moire significatifs de la composition des systèmes excités desquels ces fragments sont issus.

En raison de sa forte dépendance par rapport au numéro atomique Z, le rapport <N>/Z


d’une quelconque distribution de fragments n’est pas une observable utile pour l’étude
des propriétés de la matière nucléaire. D’autres méthodes lui sont alors préférées et no-
tamment les mesures d’isoscaling pour lesquelles les effets de structures dispaissent (cf.
Chap. 6).
Effets pair-impairs 81

Fig. 4.10 – Valeurs inclusives (aucune sélection en Zbound ) de <N>/Z pour les fragments légers
3 ≤ Z ≤ 9 produits par fragmentation de faisceaux de 107 Sn, 124 Sn (600 AMeV, ALADiN), 56 Fe et
238 U(1 AGeV, FRS) en fonction du numéro atomique Z. Le panneau de droite montre les résultats
obtenus pour les fragments de charge Z = 8 en fonction de la valeur N/Z du projectile. Les
courbes représentent le comportement général des données (ligne pleine) et <N >/Z=(N/Z)proj
(ligne en pointillés).
82 Propriétés générales des événements de fragmentation
Chapitre 5

Mesure de la température

5.1 Méthodes de mesure des températures


Lorsque l’on veut mesurer la température d’un système nucléaire excité, il est im-
portant de garder à l’esprit que les noyaux sont des systèmes fermés et isolés, et que,
par conséquent, la température thermodynamique d’un système ne peut pas être pré-
déterminée, mais doit au contraire être reconstruite à partir de ses produits de décrois-
sance. Pour un ensemble microcanonique, la température thermodynamique d’un système
peut être définie en termes de densité d’état. Une détermination expérimentale de cette
dernière et de sa dépendance en énergie est cependant impossible. On a donc recours à
des observables "simples" qui constituent, au moins pour certains cas idéaux, une bonne
approximation de la véritable température thermodynamique.

La figure 5.1 représente trois différentes méthodes d’extraction de la température pour un


système hadronique. Pour de faibles énergies d’excitation, les paramètres de pente décri-
vant les énergies cinétiques ou les distributions de masse transverse des particules émises
constituent une bonne mesure de la température. Cependant, pour des énergies intermé-
diaires et dans le cas d’interactions nucléaires aux énergies relativistes, ces distributions
souffrent de possibles effets dûs, entre autres, à la décroissance secondaire [Poc87].
Alors que les distributions spectrales sont indispensables pour distinguer les effets ther-
miques des phénomènes collectifs, une méthode plus directe, permettant de vérifier qu’un
équilibre thermique local est atteint et de déterminer une température, consiste à étudier
de façon détaillée l’abondance de chaque particule [Alb85, Hah88, Bra95, Pan96].
Finalement, la température dite d’émission peut être déduite à partir des populations re-
latives de deux états d’un même fragment. Alors que cette dernière analyse nécessite des
mesures précises de coïncidence des produits de la décroissance, les températures isoto-
piques, quant à elles, sont extraites à partir des simples taux de production des différents
fragments ou particules.

Au vu de sa relative simplicité, cette dernière méthode, décrite en détail au paragraphe 5.2,


est adoptée dans le cadre de la campagne expérimentale S254 afin de déterminer la tem-
84 Mesure de la température

pérature des fragments au moment du breakup.

slope parameter ln(dY/dE)


p,d,t,α,...
e-E/T
π,K,p...
Energy
1 3 4
isotopic
composition 2
3 4 6 7
( He/ He)/( Li/ Li)
Y /Y
- - - ln 1 2 ~(∆B - ∆B )/T
(π /K-)/(Σ /Ξ ) 12 34
Y /Y
3 4

5
internal Li 16.66 MeV
excitation 3
d+ He
5 5
Li16.66/ Ligs N
16.6 -∆E/T
~e
N
∆/N g.s. g.s.
p+α

Fig. 5.1 – Illustration des différents thermomètres utilisés pour les systèmes hadroniques :
paramètre de pente inverse (panneau supérieur), double rapport isotopique (panneau central) et
population relative des états (panneau inférieur).

5.2 Notion de température isotopique


La température isotopique [Alb85] est déterminée à partir des taux de production des
différents fragments produits par les réactions de collision (cf. Chap. 3). Cette méthode
est basée sur l’hypothèse d’un équilibre chimique et thermique entre les nucléons libres
et les fragments composés contenus à l’intérieur d’un certain volume d’intéraction V et
maintenus à une température T . Dans le modèle thermodynamique, la densité ρ(A, Z)
d’une particule (A, Z) composée de Z protons et de N = A − Z neutrons liés peut être
exprimée de la façon suivante :

N (A, Z) A3/2
ρ(A, Z) = = 3 ω(A, Z)eµ(A,Z)/T , (5.1)
V λ
Notion de température isotopique 85

1
où N (A, Z) est le nombre de particules (A, Z) à l’intérieur du volume V , λ = h/(2πm0 T ) 2
est la longueur d’onde thermique, µ(A, Z) est le potentiel chimique de la particule (A, Z)
et T est la température exprimée en MeV. La fonction de partition interne de la particule
(A,Z), ω(A, Z), s’écrit, quant à elle :
X
ω(A, Z) = [2sj (A, Z) + 1]exp[−Ej (A, Z)/T ], (5.2)
j

où sj (A, Z) et Ej (A, Z) sont respectivement le spin et l’énergie de l’état j.

En considérant, à présent, que le système thermodynamique étudié est également à l’équi-


libre chimique, son potentiel chimique s’écrit alors :

µ(A, Z) = Zµp + (A − Z)µn + B(A, Z), (5.3)


où B(A, Z) est l’énergie de liaison du fragment (A, Z) et où µp et µn sont les potentiels
chimiques des protons libres et des neutrons libres respectivement. En combinant les
équations (5.1) et (5.3), la densité ρ(A, Z) de la particule (A, Z) peut être exprimée de la
façon suivante :

A3/2 λ3(A−1) ω(A, Z) Z A−Z


 
N (A, Z) B(A, Z)
ρ(A, Z) = = ρ ρ exp (5.4)
V (2sp + 1)Z (2sn + 1)A−Z p n T

ρp et ρn sont ici les densités de protons libres et de neutrons libres, respectivement, à


l’intérieur du même volume d’interaction V à la température T .
Sur la base d’un tel modèle thermodynamique, le rapport Y1 /Y2 entre les taux de produc-
tion expérimentaux de deux fragments (A1 ,Z1 ) et (A2 ,Z2 ) s’écrit :

3/2  A1 −A2


λ3

Y1 ρ(A1 , Z1 ) A1 ω(A1, Z1 ) Z1 −Z2 (A1 −Z1 )−(A2 −Z2 ) (B1 −B2 )/T
= = ρ ρn e
Y2 ρ(A2 , Z2 ) A2 ω(A2, Z2 ) p
2
(5.5)
Dans le cas de deux isotopes (Z1 = Z2 ), cette expression se simplifie pour finalement
s’écrire :
3/2  A1 −A2
λ3

Y1 A1 ω(A1 , Z1 ) (A1 −Z1 )−(A2 −Z2 ) (B1 −B2 )/T
= ρ e (5.6)
Y2 A2 2 ω(A2 , Z2 ) n

De la même façon, le rapport entre les taux de production de deux fragments isotones
(A1 − Z1 = A2 − Z2 ) s’écrit :
3/2  A1 −A2
λ3

Y1 A1 ω(A1 , Z1 ) Z1 −Z2 (B1 −B2 )/T
= ρ e (5.7)
Y2 A2 2 ω(A2 , Z2 ) p
86 Mesure de la température

Si l’on considère à présent que les fragments ont la même origine, pour une température
T fixée de la source émettrice, les densités de protons et de neutrons libres sont indépen-
dantes du rapport entre les taux de production utilisé. Pour un tel système, une mesure de
la température T peut être obtenue via le double rapport entre les taux de production de
deux paires de fragments, (A1 ,Z1 /A2 ,Z2 ) et (A3 ,Z3 /A4 ,Z4 ), différant par le même nombre
de neutrons et/ou de protons. On obtient ainsi :

Y1 /Y2 ω(A1 , Z1 )/ω(A2 , Z2 ) [(B1 −B2 )−(B3 −B4 )]/T


R= =C· e = αe∆B/T (5.8)
Y3 /Y4 ω(A3 , Z3 )/ω(A4 , Z4 )

La température T est alors extraite de manière simplifiée via l’expression :


∆B
T = (5.9)
ln(R/α)
Ici, α est un facteur statistique déterminé par des valeurs de spin ainsi que par des facteurs
cinétiques. Le facteur ∆B, quant à lui, représente la double différence entre les énergies de
liaison de chacun des différents isotopes. Le tableau représenté sur la figure 5.2 référence
les valeurs des paramètres α et ∆B pour les paires d’isotopes les plus légers.

5.3 Choix du thermomètre isotopique


Pour que la température isotopique déterminée grâce à l’équation (5.9) ait un sens, il
faut que le double rapport entre les taux de production à partir desquels elle est extraite
soit suffisamment sensible à la température du système, mais également qu’il soit mesu-
rable pour une large gamme d’énergies. Par dérivation de l’équation (5.9), il est possible de
déduire qu’une erreur relative (ou une modification due aux désintégrations successives)
sur le double rapport R entraîne un changement relatif de la température définie par la
relation :
∆T T ∆R
=− (5.10)
T ∆B R

La sensibilité du thermomètre utilisé est par conséquent directemeent liée à la double


différence d’énergies de liaison ∆B. Celle-ci est en effet d’autant plus grande que ∆B est
élevée. La figure 5.3 représente à ce propos, les températures obtenues à l’aide d’environ
200 thermomètres isotopiques différents (basés sur une gamme de fragments de charge
inférieure à Z = 10), définis par l’équation (5.9) en fonction de la double différence ∆B
(notée ici B) pour les deux systèmes 124 Sn et 107 Sn. Une divergence des valeurs de la tem-
pérature ainsi obtenue est observée pour des valeurs de ∆B inférieures à environ 10 MeV.
Choix du thermomètre isotopique 87

Fig. 5.2 – Valeurs des paramètres α (notée ici a) et ∆B (notée ici b) introduites par l’équa-
tion (5.8) et définissant les thermomètres isotopiques pour différentes combinaisons de paires
d’isotopes. La partie se trouvant au dessus de la diagonale correspond aux thermomètres basés
sur le rapport de paires isotopiques. La partie inférieure, quant à elle, correspond aux paires de
noyaux pour lesquels ∆Z = 1.

En raison de la différence élevée existant entre les énergies de liaison des isotopes 3 He et
4
He (∆B = 20, 6 MeV), les thermomètres utilisant cette paire isotopique, et en particulier
le thermomètre hélium-lithium (THeLi ) défini par l’équation (5.11), sont parmi les plus
utilisés.

13, 33 (MeV)
THeLi,0 = 
Y6 Li /Y7 Li
 (5.11)
ln 2, 18 Y3 /Y4
He He

Plusieurs autres combinaisons isotopiques permettent néanmoins, comme on peut le voir


sur la figure 5.3, d’obtenir la sensibilité nécessaire à la mesure de températures de l’ordre
de quelques MeV. Les températures TBeLi,0 , TCLi,0 et TCC,0 , respectivement définies par les
équations (5.12), (5.13) et (5.14), sont à ce titre analysées en détail pour les trois systèmes
étudiés 124 Sn, 124 La et 107 Sn.
88 Mesure de la température

Fig. 5.3 – Inverse de la température apparente obtenue pour différents thermomètres isotopiques
en fonction de la différence d’énergie de liaison ∆B pour les réactions 124 Sn+Sn (panneau de
gauche) et 107 Sn+Sn (panneau de droite). La ligne représentée en pointillés correspond à la
température apparente Tapp = 4 MeV.

11, 28 (MeV)
TBeLi,0 = 
Y /Y
 (5.12)
ln 1, 76 Y79 Be /Y86 Li
Be Li

11, 47 (MeV)
TCLi,0 = 
Y /Y
 (5.13)
ln 5, 90 Y116 Li /Y712Li
C C

13, 77 (MeV)
TCC,0 = 
Y12 C /Y13 C
 (5.14)
ln 7, 92 Y11 /Y12
C C

5.4 Étalonnage des thermomètres isotopiques


L’indice 0 apposé à chacune des températures définie par le biais des équations (5.11),
(5.12), (5.13) et (5.14) indique que ces dernières sont valables uniquement pour les popu-
lations des états fondamentaux des isotopes considérés au moment du breakup ; on parle
alors de température apparente. Les taux de production isotopiques mesurés expérimenta-
lement contiennent des noyaux issus de la désintégration successive. Il est alors nécessaire
d’appliquer, pour chacun des thermomètres étudiés, une correction tenant compte des
Étalonnage des thermomètres isotopiques 89

effets de cette décroissance.

À ce titre, le modéle statistique QSM (Quantum Statistical Model) [Hah88, Kon94] pre-
nant en compte ces effets, permet de comparer la température "véritable" du système au
moment du breakup avec la température extraite des doubles rapports entre les taux de
production isotopiques. Ce modèle est basé sur l’hypothèse d’un équilibre thermique et
chimique au moment du breakup au cours duquel le système fragmentant est caractérisé
par une densité ρ (que l’on désigne par le terme "densité de breakup"), une température
T et par sa composition isotopique N/Z.

Les résultats ainsi obtenus pour différents thermomètres, dont les quatre définis précédem-
ment, à savoir THeLi , TBeLi , TCLi et TCC , sont représentés sur la figure 5.4. La température
apparente obtenue en utilisant les formules (5.11), (5.12), (5.13) et (5.14), notée Tapp est
représentée en fonction de la "véritable" température du système à l’équilibre déterminée
par le modèle QSM (notée Tinput ) pour des valeurs de densité au moment du breakup
comprises entre ρ = 0, 1ρ0 et ρ = 0, 5ρ0 .

À faible température, les états excités de chacun des isotopes sont faiblement peuplés
et, par conséquent, les valeurs de Tapp et de Tinput sont très proches pour la totalité des
thermomètres représentés. Les déviations observées pour des températures supérieures à
3 MeV, sans être négligeables, sont plus faibles dans le cas du thermomètre THeLi . Pour
ce dernier, à Tinput = 6 MeV, la température apparente Tapp mesurée est comprise entre
4,5 et 5,5 MeV en fonction de la densité considérée. En règle génerale, la différence entre
Tinput et Tapp est d’autant plus grande que la densité de breakup est élevée. Dans le
cas du thermomètre THeLi , qui rappelons-le est l’un des plus utilisés pour déterminer la
température des systèmes nucléaires, la correction prédite, pour une densité ρ = 0, 3ρ0 , est
bien reproduite par Tinput = 1, 2 · Tapp , suggérant ainsi un facteur de correction global de
1,2. Une valeur moyenne similaire a également été obtenue pour ce facteur de correction
à partir d’autres modèles statistiques [Poc95] comme les modèles GEMINI [Cha88a] et
MMMC [Gro90, Gro97].

Les déviations prédites de Tapp par rapport à Tinput pour des températures plus élevées
sont considérablement plus importantes pour les autres thermomètres et notamment pour
le thermomètre TCC , pour lequel une faible différence de Tapp correspond à une large dif-
férence de Tinput , réduisant ainsi la précision des mesures de température (cf. §5.5.2).

Les températures mesurées et présentées dans la suite de ce travail de thèse (sauf indication
contraire) correspondent aux températures apparentes et n’incluent par conséquent aucun
facteur correctif déterminé via le modèle QSM. Néanmoins, pour des raisons de clarté et
de lisibilité, l’indice 0 indiquant que chacun des isotopes condidérés est pris dans son état
fondamental est supprimé.
90 Mesure de la température

10 10
Tapp (MeV)

8 THeLi THedt 8
6 6
4 ρ/ρ0=0.1 4
ρ/ρ0=0.3 THepd
2 ρ/ρ0=0.5 2
0 0
8 TtHeLiBe TBeLi 8
6 6
4 4
2 2
0 0
8 TCLi TCC 8
6 6
4 4
2 2
0 0
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8 10
Tinput (MeV)

Fig. 5.4 – Températures apparentes Tapp en fonction des températures Tinput utilisées dans
les calculs basés sur le modèle de statistique quantique QSM [Hah88, Kon94] (lignes pleines)
pour différents thermomètres isotopiques dont les thermomètres THeLi , TBeLi , TCLi et TCC . Les
symboles utilisés représentent trois hypothèses différentes de la valeur de la densité du système
au moment du breakup. Ces dernières sont indiquées sur le panneau supérieur gauche. Les lignes
en pointillés symbolisent la diagonale Tapp = Tinput (figure extraite de [Ode99, Tra07]).

5.5 Résultats expérimentaux


5.5.1 Analyse des rapports des taux de production isotopiques
Les rapports isotopiques mesurés pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La et 107 Sn en fonc-
tion de Zbound sont représentés sur la figure 5.5. Une dépendance de la composition iso-
Résultats expérimentaux 91

topique du système spectateur est observée pour tous les rapports présentés à l’exception
du rapport 3 He/4 He pour lequel la différence entre les systèmes riches et les systèmes
pauvres en neutrons est faible. Cette différence de comportement s’explique notamment
par le nombre important de particules alpha produites par désintégration successive des
fragments primaires. Par conséquent, les effets de structure mentionnés précédemment
et responsables de la variation paire-impaire des rapports N/Z des fragments de masse
intermédiaire (cf. Chap. 4, Fig. 4.8) jouent, ici encore, un rôle important.
De plus, dans le cas du projectile spectateur 124 Sn, tous les rapports, à l’exception cette
fois encore du rapport 3 He/4 He (∆B = 20, 6 MeV), sont pratiquement indépendants
de Zbound . La valeur de ce dernier rapport est, en effet, 4 fois plus élevée dans le cas
des collisions les plus centrales (faibles valeurs de Zbound ) que dans celui des collisions
les plus périphériques (Zbound ≈ Zproj ), alors que cette variation atteint difficilement un
facteur 2 dans le cas des autres paires isotopiques comme par exemple la paire 9 Be/8 Li
(∆B = 16, 9 MeV).
Il semble alors qu’il y ait une corrélation claire entre la différence d’énergie de liaison ∆B
des isotopes utilisés et Zbound , i.e. l’énergie d’excitation du système [Tra07] : plus ∆B est
élevée et plus la variation avec Zbound du rapport isotopique correspondant est forte. Pour
les systèmes pauvres en neutrons, en revanche, tous les rapports (à l’exception peut-être
de 7 Be/6 Li) présentent une forte dépendance avec l’énergie d’excitation du système.

5.5.2 Mesures de températures pour les trois systèmes 124Sn, 124La


et 107Sn

Les températures mesurées pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La et 107 Sn, pour chacun
des thermomètres isotopiques étudiés sont représentées sur la figue 5.6.

À l’exception des deux thermomètres utilisant les isotopes de carbone TCLi et TCC , les tem-
pératures mesurées augmentent lentement à mesure que l’on se dirige vers les collisions
les plus centrales (faibles valeurs de Zbound ). Les valeurs de température ainsi observées
varient approximativement entre 4 et 6 MeV dans le cas des collisions périphériques et
entre 8 et 9 MeV pour les collisions les plus violentes. Cette élévation de température,
également observée pour le thermomètre TBeLi , n’est donc pas une conséquence du com-
portement singulier de la paire 3 He/4 He (cf. Fig. 5.5).

Les températures mesurées à l’aide des thermomètres utilisant les isotopes de carbone TCLi
et TCC demeurent quant à elles constantes autour de 5 MeV. Ce comportement s’explique
par le fait que, comme nous venons de le voir, les températures TCLi et TCC présentent un
effet de saturation. Ces thermomètres présentent les déviations les plus élevées. On peut
alors supposer que les fragments les plus lourds proviennent de régions plus froides.
92 Mesure de la température

Fig. 5.5 – Rapports des taux de production des paires d’isotopes nécessaires à la mesure des
températures définies par les équations (5.11), (5.12), (5.13) et (5.14) en fonction de Zbound /Zmax
pour les trois systèmes étudiés.

5.5.3 Comparaison entre les systèmes pour les températures THeLi


et TBeLi
Afin de permettre une comparaison directe entre les trois systèmes 124 Sn, 124 La et
107
Sn, les températures THeLi et TBeLi pour chacun des projectiles spectateurs étudiés sont
représentées sur la figure 5.7. En comparant plus particulièrement les deux systèmes de
Résultats expérimentaux 93

masse A = 124, une différence moyenne de ∆THeLi = 0, 7 ± 0, 1 MeV est observée entre
les températures THeLi , alors qu’il n’y a pratiquement aucune différence (à peine 0,1 MeV
en moyenne) dans le cas du thermomètre TBeLi . Cette différence entre les deux types de
thermomètre est principalement due au fait que la dépendance du rapport 6 Li/7 Li avec
la composition isotopique du projectile original (cf. Fig. 5.5) n’est pas compensée par la
faible dépendance du rapport 3 He/4 He.
Dans le cas du thermomètre TBeLi , en revanche, la dépendance des deux rapports 7 Be/6 Li
et 9 Be/8 Li avec la composition des deux systèmes de même masse s’annule en formant le
double rapport isotopique (cf. Eq. (5.8)).
Cette invariance de la température apparente en fonction de la composition isotopique
du système considéré est en désaccord avec la notion de température limite [Bes89] (cf.
Chap. 1, Fig. 1.9) prédisant une différence de température d’environ 2 MeV entre les
deux systèmes 124 Sn et 124 La, mais semble en revanche favoriser une interprétation statis-
tique [Bot06] (cf. Chap. 1, Fig. 1.13).
94 Mesure de la température

Fig. 5.6 – Températures isotopiques mesurées pour les trois systèmes 124 Sn, 124 La
et 107 Sn en
fonction de Zbound /Zmax à l’aide des quatre thermomètres isotopiques THeLi , TBeLi , TCLi et TCC
symbolisés respectivement par des cercles, des carrés, des triangles et des étoiles.
Résultats expérimentaux 95

Fig. 5.7 – Températures isotopiques THeLi et TBeLi mesurées pour les trois systèmes 124 Sn

(cercles rouges),124 La(triangles bleus) et107 Sn (carrés verts) en fonction de l’observable Zbound
normalisée à la charge du projectile étudié Zproj .
96 Mesure de la température
Chapitre 6

Isoscaling et énergie de symétrie

6.1 Le phénomène d’isoscaling


Afin de s’affranchir des effets dus à la désintégration successive des fragments primaires
instables (cf. Chap. 4, §4.5), l’étude des effets d’isospin peut être éffectuée en comparant
les mêmes observables pour deux réactions similaires.

En effet, lorsque deux réactions 1 et 2 (nous adopterons par convention que la réaction
2 correspond au système le plus riche en neutrons) ne diffèrent que par leur asymétrie
d’isospin, le rapport R21 (N, Z) entre les taux de production Y1 et Y2 mesurés pour chacun
des isotopes (ou isotones) présente une dépendance exponentielle en fonction du nombre
de neutrons N et du nombre de protons Z de la forme :

R21 (N, Z) = Y2 (N, Z)/Y1(N, Z) = C.exp(αN + βZ). (6.1)

Y1 (N, Z) et Y2 (N, Z) représentent respectivement les taux de production de l’isotope (N,Z)


mesurés pour les réactions 1 et 2. α et β sont appelés les paramètres d’isoscaling et le pa-
ramètre C correspond à une constante de normalisation. Cette dépendence exponentielle,
appelée isoscaling (contraction de isotopic scaling) et représentée sur la figure 6.1, est
un phénomème observé pour de nombreux types de réactions [Tsa01, Bot02, Sou03, Fri04].

Il a en particulier été observé que les paramètres d’isoscaling α et β présentent des va-
leurs relativement proches mais de signe opposé. Par exemple, pour la multifragmentation
induite par des collisions centrales 124 Sn+124 Sn et 112 Sn+112 Sn à 50 MeV par nucléon (cf.
Fig. 6.1), les valeurs α = 0, 361 et β = −0, 417 ont été obtenues par ajustement des
rapports entre les taux de production isotopiques pour des fragments de masse comprise
entre A = 1 et A = 18 [Tsa01].

Ces paramètres suggèrent une mise à l’échelle approximative basée sur la troisième com-
posante du terme d’isospin t3 = (N − Z)/2 de la forme :
98 Isoscaling et énergie de symétrie

Fig. 6.1 – Rapport des taux de production isotopiques représentés en fonction du nombre de
neutrons N (panneaux supérieurs) et du nombre de protons Z (panneaux inférieurs) pour les
réactions 124 Sn+124 Sn et 112 Sn+112 Sn (collisions centrales) à 50 AMeV. Les lignes représentées
sur le panneau supérieur gauche correspondent au meilleur ajustement (avec une pente commune)
pour les différents éléments. Les lignes représentées sur le panneau inférieur gauche correspondent,
quant à elles, à l’ajustement des isotones. Sur le panneau supérieur droit, le rapport réduit S(N)
(cf. Eq. 6.9) est construit en utilisant β = −0, 417. De la même façon, sur le panneau inférieur
droit, le rapport réduit S(Z) (cf. Eq. 6.10) est représenté en fonction de Z en utilisant α = 0, 361
(figure extraite de [Tsa01b]).

R21 (N, Z) = C.exp[α(N − Z)].exp[(α + β)Z] ≈ C.exp(2αt3 ) (6.2)

Cette relation est obtenue à partir de l’équation (6.1) en considérant α + β ≈ 0.


Un phénomène d’isoscaling de ce type a été observé pour la première fois dans le cas de
réactions utilisant des protons ayant une énergie incidente de 660 MeV sur des cibles de
112,124
Sn [Bog74, Bog76] et, par la suite, pour d’autres réactions impliquant des protons,
des deutérons ainsi que des particules alpha aux énergies relativistes [Bot02]. La figure 6.2
représentant le rapport R12 en fonction de l’observable t3 montre la qualité d’une telle
mise à l’échelle. La faible variation du paramètre βt3 peut être attribuée à l’augmentation
de la température à mesure que l’énergie du projectile augmente.
Avec la notation choisie dans ces précédents travaux,

R12 (N, Z) = Y1 (N, Z)/Y2 (N, Z) = C.exp(−βt3 t3 ), (6.3)


Le phénomène d’isoscaling 99

des valeurs du paramètre βt3 proches de βt3 = 0, 7 ont été obtenues dans le cas de ré-
actions induites par des protons (0.66, 1.0 et 6.7 GeV), des deutérons (3.1 GeV) et des
particules alpha (15.3 GeV) (cf. Fig. 6.2). Cette valeur est assez proche du double de
la valeur obtenue pour le paramètre α pour les réactions symétriques Sn+Sn [Tsa01] et,
d’après l’équation (6.2), suggère un comportement similaire dans le cas de réactions de
fragmentation induites par des ions légers aux énergies relativistes.

Fig. 6.2 – Rapport isotopique R12 , normalisé par rapport à R12 (6 Li), en fonction de la troisième
composante d’isospin t3 des fragments. Les cinq réactions (p+112,124 Sn (0.66, 1.0 et 6.7 GeV),
d+112,124 Sn (3.1 GeV) et 4 He+112,124 Sn (15.3 GeV)) sont décalées les unes par rapport aux autres
par des multiples de 3 et sont identifiées par l’énergie totale du projectile exprimée en GeV (figure
extraite de [Bot02]).

Le rapport R21 déterminé au cours de la campagne expérimentale S254 dans le cas des
réactions 124 Sn+Sn et 107 Sn+Sn est représenté sur les figures 6.3, 6.5 et 6.7 en fonction
du nombre de neutrons N (panneau supérieur) et du nombre de protons Z (panneau in-
férieur) pour les fragments de charge Z comprise entre Z = 3 et Z = 10. Dans le premier
cas, les isotopes d’un même élement sont représentés par le même symbole, alors que dans
le second cas, les noyaux représentés par un symbole identique sont des noyaux isotones,
i.e. des noyaux ayant le même nombre de neutrons. Il est important de mentionner que
les données représentées ici sont des données inclusives et que par conséquent aucune sé-
lection de la centralité n’est effectuée.

Les paramètres d’isoscaling α et β sont alors déterminés grâce à un ajustement de type


100 Isoscaling et énergie de symétrie

exponentiel de ces données. Pour cela, trois différentes méthodes d’ajustement ont été
étudiées.

❶ - La première de ces méthodes d’ajustement, symbolisée par les lignes rouges sur la fi-
gure 6.3, consiste à utiliser une fonction du même type que celle définie par la formule (6.1),
soit :

f2D = C2D .exp[α2D .N + β2D Z] (6.4)

Fig. 6.3 – Rapports entre les taux de production R21 (N, Z) (cf. Eq. (6.1)) pour les isotopes de
charge comprise entre Z=3 et Z=10 obtenus par fragmentation des projectiles 124 Sn et 107 Sn à
600 AMeV en fonction du nombre de neutrons N (panneau supérieur) et du nombre de protons
Z (panneau inférieur) dans le cas de données inclusives. Les lignes rouges représentent le résultat
d’un ajustement exponentiel à deux dimensions (cf. Fig. 6.4).
Le phénomène d’isoscaling 101

Fig. 6.4 – Représentation en deux dimensions des rapports R21 en fonction du nombre de protons
Z et du nombre de neutrons N . La grille représentée sur le panneau supérieur correspond au
plan défini par l’équation (6.1). Sur le panneau inférieur, le point d’observation est dans le plan
de la grille, ce qui permet d’évaluer la qualité de l’ajustement.

L’indice "2D" signifie ici que les valeurs du rapport R21 (N, Z) représentées à la fois en
fonction du nombre de protons Z et du nombre de neutrons N sont ajustées à l’aide
d’une fonction exponentielle à deux dimensions. Le plan d’ajustement (en échelle loga-
rithmique) est représenté sur la figure 6.4 sous différents angles permettant ainsi d’ap-
précier l’accord existant entre celui-ci et les données expérimentales. Les valeurs des pa-
ramètres d’isoscaling obtenues par le biais de cette méthode d’ajustement sont alors
α2D = 0, 470 ± 0, 004 et β2D = −0, 490 ± 0, 004.

❷ - La deuxième méthode, illustrée sur la figure 6.5, consiste à ajuster individuellement


les données correspondant à chacun des isotopes ou des isotones à l’aide de fonctions
exponentielles du type Cα .exp(αZ N) pour les isotopes et Cβ .exp(βN Z) pour les isotones.
Les valeurs des paramètres α et β ainsi obtenues sont reportées sur la figure 6.6.
102 Isoscaling et énergie de symétrie

Fig. 6.5 – Rapports entre les taux de production R21 (N, Z) (cf. Eq. (6.1)) pour les isotopes de
charge comprise entre Z=3 et Z=10 obtenus par fragmentation des projectiles 124 Sn et 107 Sn à
600 AMeV en fonction du nombre de neutrons N (panneau supérieur) et du nombre de protons Z
(panneau inférieur) dans le cas de données inclusives. Les lignes en pointillés sont le résultat d’un
ajustement exponentiel pour chacun des isotopes et isotones pris individuellement (cf. Fig. 6.6).

On observe alors une indépendance de ces paramètres en fonction du nombre de protons Z


et du nombre de neutrons N. Les lignes en pointillés présentes sur la figure correspondent
aux valeurs moyennes <αZ >= 0, 472 ±0, 004 et <βN >= −0, 501 ±0, 005 obtenues à l’aide
d’un ajustement par une constante des valeurs de α et β obtenus pour chacun des isotopes
et isotones.

❸ - La troisième et dernière méthode d’ajustement, représentée par les lignes visibles sur
la figure 6.7, repose sur l’hypothèse d’une égalité entre les paramètres α et β, ces derniers
étant cependant de signe opposé.
Le phénomène d’isoscaling 103

Sn124/Sn107 | Zbound: Inclusive | Err | NoHe


1.5
〈αZ〉 = 0.472 ± 0.004
1

α(Z)
0.5

-0.5
β(N)

-1
〈β 〉 = -0.501 ± 0.005
N
-1.5
0 2 4 6 8 10 12 14
Z | N

Fig. 6.6 – Valeurs des paramètres de pente α(Z) et de β(N ) obtenues par un ajustement
exponentiel de chacun des isotopes et isotones pris individuellement. Les valeurs moyennes <αZ >
et <βN > sont alors obtenues à l’aide d’un ajustement par une constante de ces mêmes paramètres
de pente.

Ces paramètres sont obtenus en ajustant le rapport R21 (N, Z) en fonction de l’excès de
neutrons N − Z (cf. Fig. 6.8) à l’aide d’une fonction exponentielle de la forme :

fN−Z = CN−Z .exp[αN−Z (N − Z)] (6.5)

Une analyse similaire peut être effectuée, dans le cas des noyaux isotones, en fonction de
l’excès de protons Z − N à l’aide d’une fonction de la forme :

fZ−N = CZ−N .exp[−βZ−N (Z − N)] (6.6)

Par définition, on obtient alors les paramètres d’isoscaling αN−Z = −βZ−N = 0, 468 ±
0, 004.

Le tableau récapitulatif 6.1 montre l’indépendance des paramètres d’isoscaling α et β


en fonction de la méthode d’ajustement utilisée, et notamment le paramètre α qui nous
intéresse en raison de son lien avec l’énergie de symétrie (cf. §6.2). La méthode d’ajus-
tement basée sur une fonction bidimentionnelle est adoptée car la fonction en question
reproduit mieux la dépendance du rapport R21 (N, Z) en fonction du nombre de neutrons
et de protons.

La différence de 10% observée entre les valeurs des paramètres α et β obtenues dans le
cas du système réactionnel (124 Sn/107 Sn)1 et celles obtenues pour le système (124 Sn/124 La)
1 124 107
Par souci de clarté et de lisibilité, la paire de réactions Sn+Sn et Sn+Sn est désignée par le
terme "système réactionnel" noté (124 Sn/107 Sn).
104 Isoscaling et énergie de symétrie

Fig. 6.7 – Rapports entre les taux de production R21 (N, Z) (cf. Eq. (6.1)) pour les isotopes de
charge comprise entre Z=3 et Z=10 obtenus par fragmentation des projectiles 124 Sn et 107 Sn à
600 AMeV en fonction du nombre de neutrons N (panneau supérieur) et du nombre de protons Z
(panneau inférieur) dans le cas de données inclusives. Les lignes correspondent à un ajustement
exponentiel défini par les équations (6.5) et (6.6).

reflète la différence de composition isotopique moyenne existant entre ces derniers.


 
A Z1 Z2
∆ = − = 0, 0597 (6.7)
Z (124 Sn/107 Sn) A1 A2
 
A Z1 Z2
∆ = − = 0, 0538 (6.8)
Z (124 Sn/124 La) A1 A2

Des valeurs moyennes du rapport A/Z de 2,188 et de 2,160 sont ainsi déterminées pour
les systèmes 124 La et 107 Sn respectivement et la différence de compositions isotopiques
Le phénomène d’isoscaling 105

α N-Z = -βN-Z = 0.468 ± 0.004

10
R21(N,Z)

-4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6
N-Z

Fig. 6.8 – Ajustement de la distribution des rapports entre les taux de production isotopiques
R21 par une fonction exponentielle identique pour tous les isotopes. Les paramètres α et β ont
alors la même valeur (ici 0,468 ± 0,004), mais sont de signe opposé.

alors observée entre les deux systèmes réactionnels (cf. Eq. (6.7) et (6.8)) est également
de 10%.
Les paramètres d’isoscaling α et β dépendent donc linéairement de la composition iso-
topique des systèmes réactionnels considérés. Une telle dépendance a notamment été ob-
servée dans le cas de réactions de fragmentation et de spallation induites par des protons
ayant une énergie de 1 GeV [And01], ainsi que dans le cas de réactions aux énergies in-
termédiares [She07].

124
Sn/107 Sn 124
Sn/124 La
Meth. α β α β
❶ 0,470 ± 0,004 -0,490 ± 0,004 0,424±0,004 -0,436±0,005
❷ 0,472 ± 0,004 -0,501 ± 0,005 0,421±0,004 -0,447±0,005
❸ 0,468 ± 0,004 -0,468 ± 0,004 0,423±0,004 -0,423±0,004

Tab. 6.1 – Paramètres d’isocaling α et β obtenus à partir des 3 méthodes d’ajustement pour
les 2 systèmes réactionnels (124 Sn/107 Sn) et (124 Sn/124 La).

Une des façons les plus simples d’étudier la dépendance des paramètres d’isoscaling α
et β en fonction de la variable Zbound , i.e. de l’énergie d’excitation, est de supprimer la
dépendance du rapport R21 (Z, N) par rapport au nombre de protons Z et au nombre
106 Isoscaling et énergie de symétrie

de neutrons N, respectivement. Pour cela, les quantités S(N) et S(Z), définies par les
équations (6.9) et (6.10) sont formées.

S(N) = R21 (N, Z)exp(−βZ) = C.exp(αN) (6.9)

S(Z) = R21 (N, Z)exp(−αN) = C.exp(βZ) (6.10)


Les valeurs du rapport réduit S(N) ainsi obtenues en utilisant les valeurs du paramètre
β préalablement déterminées par un ajustement exponentiel à deux dimensions sont re-
présentées sur la figure 6.9 en fonction du nombre de neutrons N dans le cas du système
réactionnel (124 Sn/107 Sn).

104

Zbound
[0.0-0.2]
(0.2-0.4]
(0.4-0.6]
(0.6-0.8]
(0.8-1.0]
103
S(N)

102

Z
3
4
5
6
10 7
8

2 4 6 8 10 12 14
N

Fig. 6.9 – Rapport réduit S(N ) en fonction du nombre de neutrons N pour le système réac-
tionnel (124 Sn/107 Sn).

Le coefficient directeur α des droites représentées diminue considérablement avec le para-


mètre d’impact des réactions passant ainsi de α = 0, 853 pour les collisions périphériques
à α = 0, 340 pour les collisions les plus centrales (cf. Tab. 6.2 et Fig. 6.10).
Une différences de 10% est à nouveau observée entre les deux systèmes réactionnels
(124 Sn/107 Sn) et (124 Sn/124 La) en raison de la différence de composition isotopique de
Énergie de symétrie 107

ces dernier. Cette différence explique également le fait que les valeurs du paramètre α
sont plus faibles dans le cas du système réactionnel (124 Sn/124 La) que pour le système
(124 Sn/107 Sn).
124
Zbound Sn/107 Sn 124
Sn/124 La
/Zproj α β α β
0,0 - 0,2 0,340 ± 0,001 -0,309 ± 0,012 0,291 ± 0,009 -0,361 ± 0,010
0,2 - 0,4 0,432 ± 0,006 -0,442 ± 0,007 0,387 ± 0,007 -0,405 ± 0,007
0,4 - 0,6 0,511 ± 0,007 -0,523 ± 0,008 0,468 ± 0,007 -0,467 ± 0,008
0,6 - 0,8 0,630 ± 0,011 -0,651 ± 0,012 0,560 ± 0,012 -0,580 ± 0,014
0,8 - 1,0 0,853 ± 0,034 -0,870 ± 0,038 0,709 ± 0,037 -0,802 ± 0,041

Tab. 6.2 – Valeurs des paramètres d’isoscaling α et β obtenues en fonction des valeurs de
l’observable Zbound pour les systèmes réactionnels (124 Sn/107 Sn) et (124 Sn/124 La).

6.2 Énergie de symétrie


L’étude des paramètres d’isoscaling, et en particulier du paramètre α, est motivée par
la relation qui lie ce dernier au coefficient γ du terme de symétrie Esym = γ(A − 2Z)2 /A
de l’équation d’état de la matière nucléaire. Cette relation a été établie via différentes
méthodes [Tsa01, Bot02, Ono03].

Il est possible, dans l’approximation grand-canonique, de démontrer que les paramètres


d’isoscaling α et β sont liés aux potentiels chimiques neutronique et protonique respec-
tivement via la température :

α = ∆µn /T (6.11)

β = ∆µp /T (6.12)
où ∆µn et ∆µp sont les différences de potentiels chimiques.
Cette différence de potentiel chimique des systèmes pour différents rapports N/Z est di-
rectement responsable du phénomène d’isoscaling.

Il a de plus été démontré [Bot02] que ces potentiels chimiques sont liés au coefficient γ de
l’énergie de symétrie :
 2
Z22

Z1
∆µn = µ2 − µ1 ≈ 4γ − (6.13)
A21 A22
où Z1 , A1 et Z2 , A2 représentent la charge et le nombre de masse des systèmes 1 et 2,
respectivement. Les différences de potentiels dépendent ainsi essentiellement du coefficient
108 Isoscaling et énergie de symétrie

1
124 107
Sn/ Sn
0.8 124
Sn/ 124
La

0.6
α

0.4

0.2

-0

-0.2
β

-0.4

-0.6

-0.8

-1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Zbound
Fig. 6.10 – Paramètres d’isoscaling α (panneau du haut) et β (panneau du bas) en fonction de
Zbound pour les systèmes réactionnels (124 Sn/107 Sn) et (124 Sn/124 La).

γ et de la composition isotopique du système étudié. Il est alors possible de déterminer


expérimentalement l’énergie de symétrie de ce système en combinant les équations (6.11)
et (6.13) :
 2
Z22

Z1
αT ≈ 4γ − (6.14)
A21 A22
Le modèle SMM a confirmé que l’équation (6.14) est valable, quelque soit la tempéra-
ture dans l’approximation grand-canonique et, par le biais de calculs microcanoniques,
pour le régime de multifragmentation à des températures proches ou supérieures à T =
5 MeV [Bot02].
Pour cela, les paramètres d’isoscaling, ainsi que l’asymétrie des sources émettrices doivent
au préalable être extraits des données expérimentales et la température doit être mesurée
de manière indépendante.
Énergie de symétrie 109

Afin de comparer les résultats obtenus pour les paramètres d’isoscaling, il est nécessaire
de considérer l’observable α/∆(Z 2 /A2 ) afin de supprimer la dépendance de l’asymétrie
du système et pour étudier la systématique du terme de symétrie.

À partir de l’équation (6.14), et en utilisant les températures isotopiques mesurées (cf.


Chap. 4), le paramètre α précédemment déterminé ainsi que la composition isotopique
des systèmes réactionnels, le coefficient γ du terme de symétrie de l’équation d’état de la
matière nucléaire peut être déterminé.

Fig. 6.11 – Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie de
symétrie entre les deux systèmes réactionnels isobares (124 Sn/124 La) et isotopiques (124 Sn/107 Sn).

La figure 6.11 montre ainsi la variation de ce coefficient en fonction du paramètre d’im-


pact pour les systèmes réactionnels étudiées (124 Sn/124 La) et (124 Sn/107 Sn). Ces derniers
présentent des résultats similaires aussi bien qualitativement que quantitativement. À me-
sure que l’on se rapproche du domaine des collisions centrales, i.e. des faibles valeurs de
Zbound , l’énergie de symétrie diminue pour atteindre une valeur de saturation d’environ
17 MeV. Dans le cas des collisions périphériques, en revanche, le facteur γ peut atteindre
des valeurs proches de 25 MeV correspondant à sa valeur à température nulle et à la
densité normale ρ0 (cf. Chap. 1). Ces résultats dépendent fortement de l’évolution du
système fragmentant à mesure que celui-ci approche du f reeze-out chimique, mais aussi,
de manière plus qualitative, de la façon dont la désintégration successive est traitée au
cours de l’analyse.
110 Isoscaling et énergie de symétrie

Récemment, en se basant sur l’équation (6.14) et en faisant l’hypothèse que les compo-
sitions isotopiques des sources émettrices sont pratiquement égales à celles des systèmes
originaux, un coefficient de symétrie apparent, i.e. qui ne tient pas compte des effets dus
à la désintégration successive, noté γapp a pu être déterminé grâce aux données collectées
par la collaboration INDRA [Lef05].

E/A (MeV)
0.6 300
600
α

0.4

0.2

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1

10
THeLi (MeV)

6
112
Sn
4 124
Sn
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1

25
γapp (MeV)

20

15

10
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
1-b/b max

Fig. 6.12 – Paramètre α (panneau supérieur), température isotopique THeLi (panneau central)
et terme d’énergie de symétrie γapp (panneau inférieur) pour E/A = 300 MeV (symboles pleins)
et E/A = 600 MeV (symboles ouverts) en fonction de la centralité de la collision (1 − b/bmax )
obtenus grâce aux données collectées par le détecteur INDRA. Les températures obtenues pour
des cibles de 112 Sn et de 124 Sn sont représentées, respectivement, par une ligne pleine et par une
ligne en pointillés (figure extraite de [Lef05]).

Les résultats observés sont proches de la valeur du coefficient γ à la densité normale dans
le cas des collisions périphériques (cf. Fig.6.12, panneau inférieur). Cependant, ces va-
leurs diminuent pour des paramètres d’impact correspondant à des collisions centrales.
Énergie de symétrie 111

En effet, la décroissance des valeurs du paramètre d’isoscaling α observée en fonction de


la centralité (cf. Fig. 6.12, panneau supérieur) n’est pas compensée par l’augmentation
de la température correspondante (cf. Fig. 6.12, panneau central), et nécessite alors un
terme d’énergie de symétrie γ décroissant dans la description statistique du processus de
fragmentation. En règle générale, les propriétés de l’isoscaling sont préservées après les
décroissances secondaires, car les énergies d’excitation par nucléon sont similaires pour
tous les fragments et ainsi le contenu relatif de nucléons décroît de manière similaire. Ce-
pendant, puisque les désexcitations secondaires des fragments produits peuvent influencer
les paramètres d’isoscaling, les corrections correspondantes sur γ ont été appliquées. Si
ces corrections pour la désintégration successive des fragments après le breakup sont prises
en compte, les valeurs du coefficient γ résultantes, pour les collisions centrales, sont encore
plus faibles.

Fig. 6.13 – Corrélation entre les deux observables liées au paramètre d’impact dans le cas du
détecteur INDRA.

Afin de pouvoir comparer les ensembles de données, une variable commune liée au pa-
ramètre d’impact est choisie. Dans le cas du spectromètre 4π INDRA, les réactions
12
C+112,124 Sn ont été étudiées et le paramètre d’impact a été calculé par le biais de la
multiplicité de particules légères chargées puisque le détecteur ne permet pas d’identifier
les fragments lourds. Il est alors nécessaire, afin de comparer les résultats obtenus avec
ceux de notre expérience, de déterminer la variable Zbound
INDRA
[Tur02] définie par :

INDRA
Zbound = Zcible − MZ=1 (6.15)
où MZ=1 est la multiplicité de fragments de charge Z = 1 (isotopes d’hydrogène) détectés
112 Isoscaling et énergie de symétrie

par le spectromètre INDRA.

La figure 6.13 montre la corrélation existant entre le paramètre d’impact réduit b/b0 et
l’observable Zbound
INDRA
définie par l’équation (6.15). Il est à noter que, dans le cas de l’expé-
rience INDRA, les atomes de 12 C ne permettent pas d’atteindre les régions correspondant
aux faibles valeurs de Zbound (0, 0 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 4).

Cette procédure ne fournit qu’une estimation de Zbound en raison des seuils de perte d’éner-
gie dans le détecteur : la multiplicité des atomes d’hydogène MZ=1 à 45◦ ≤ θlab ≤ 142◦ a
été mesurée et normalisée sur 4π. Elle n’est donc qu’une approximation dans la mesure
où aucune des sources de protons n’est isotrope [Tur04]. De plus, dans cette région angu-
laire, l’énergie maximale des protons détectés est de 138 MeV. Par conséquent, une partie
des protons très énergétiques, et notamment dans le cas des collisions centrales, n’est pas
détectée. Dans ce cas, seule l’émission de la cible est prise en compte bien qu’une étude
plus précise nous oblige à considérer également l’émission du projectile dont les particules
ne sont pas identifiées par le spectromètre INDRA. Néanmoins, cette estimation de Zbound
permet de représenter les résultats obtenus pour les deux expériences en fonction de la
même observable Zbound utilisée dans le cadre de la campagne expérimentale S254.

Fig. 6.14 – Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie de
symétrie à partir des données collectées grâce aux détecteurs INDRA et ALADiN.

La comparaison entre les résultats obtenus par la collaboration INDRA [Lef05] et ceux
obtenus dans le cadre de la campagne S254 est ainsi représentée sur la figure 6.14.
L’accord entre les données est remarquable pour la plupart des collisions périphériques et
Énergie de symétrie 113

semi-centrales. La décroissance du coefficient γ en fonction du paramètre d’impact est, en


revanche, plus prononcée dans le cas des données INDRA que dans celui des données de
cette expérience (notées ALADiN2000). Cette différence de comportement est due au fait
que, comme nous l’avons vu, la décroissance du paramétre d’isoscaling α en fonction de la
centralité n’est pas compensée par l’augmentation de la température isotopique. Les pré-
dictions du modèle statistique montrent que la décroissance du paramètre γ est renforcée
lorsque les effets des désintégrations successives sont pris en compte [Lef05]. Néanmoins,
à ce stade de notre analyse, nous ne pouvons tirer de conclusion sur la façon dont ces ef-
fets influencent le comportement de nos données. Une des probables raisons du désaccord
observé dans le cas des collisions les plus centrales réside dans une différence d’intervalle
de charges utilisées dans les expériences pour extraire le paramètre d’isoscaling α. En
effet, alors que dans le cadre de la campagne expérimentale S254, les fragments de charge
comprise entre Z = 3 et Z = 10 sont utilisés, les paramètres d’isoscaling sont déduits,
dans le cas du détecteur INDRA, pour des fragments de charge inférieure à Z = 5.

Fig. 6.15 – Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie de
symétrie en utilisant les valeurs de la température mesurée grâce aux thermomètres THeLi et
TBeLi dans le cas des systèmes réactionnels (124 Sn/107 Sn) et (124 Sn/124 La).

Afin de prendre en compte de telles différences, plusieurs thermomètres isotopiques sont


utilisés. La figure 6.15, par exemple, montre les valeurs de γ extraites en utilisant respecti-
vement les thermomètres isotopiques THeLi et TBeLi (cf. Chap. 5). On peut remarquer que,
même si une décroissance de la valeur de γ avec le paramètre d’impact est plus prononcée
dans le second cas, un plateau semble cependant être observé dans les deux cas pour
des collisions centrales. Il est néanmoins important de remarquer que ce comportement
de décroissance, des collisions périphériques vers les collisions centrales, est toujours pré-
114 Isoscaling et énergie de symétrie

sent et semble être indépendant de la charge des fragments considérés pendant l’analyse
d’isoscaling ainsi que du thermomètre utilisé durant l’analyse des paramètres α et β.

Une étude similaire, portant sur des données provenant de collisions centrales aux énergies
intermédiaires, a récemment été menée. L’énergie de symétrie, la température, la densité
et les paramètres d’isoscaling, dans les réactions 58 Ni+58 Ni, 58 Fe+58 Ni et 58 Fe+58 Fe aux
énergies de faisceau respectives de 30, 40 et 47 MeV par nucléon, ont été étudiés en fonc-
tion de l’énergie d’excitation de la source de fragments. Il a ainsi été montré [She07]
que les décroissances de la densité et de l’énergie de symétrie sont liées à l’augmentation
de l’énergie d’excitation. La décroissance de l’énergie de symétrie est principalement une
conséquence de la diminution de la densité correlée à l’augmentation de l’excitation plutôt
qu’à l’augmentation de la température [Li06].

Fig. 6.16 – Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie de
symétrie à partir des données collectées grâce aux détecteurs INDRA et ALADiN, mais également
dans le cadre de l’expérience menée par D.V. Shetty et al. [She07].

Puisqu’à ce stade de l’analyse, aucune information sur l’énergie d’excitation des specta-
teurs n’a pu être obtenue, une comparaison directe avec ces données ne peut se faire qu’au
travers d’hypothèses sur les valeurs de Zbound correspondant aux énergies d’excitation at-
teintes dans ces collisions centrales. À partir d’une précédente analyse calorimétrique de
la désintégration des fragments spectateurs dans les collisions 197 Au+197 Au à 600 AMeV,
la corrélation entre l’énergie d’excitation déposée dans le système et les valeurs de Zbound
a été déduite (cf. Chap. 1, Fig. 1.8). De cette analyse, nous pouvons estimer que les
intervalles respectifs [0,2-0,4], [0,3-0,6] et [0,5-0,6] de Zbound /Zproj correspondent, respec-
Énergie de symétrie 115

tivement, aux énergies d’excitation 5, 7 et 9,5 MeV/u [She07].

La comparaison entre les résultats obtenus dans le cadre de la campagne S254 et ceux de
la référence [She07] est présentée sur la figure 6.16. Un très bon accord entre ces résultats
peut à nouveau être observé bien que les données se rapportent à deux types de réactions
différentes. L’intervalle d’énergie d’excitation couvert dans le cas de l’expérience menée
par D.V. Shetty et al., n’est pas suffisamment important pour nous permettre de tirer
des conclusions fermes sur le comportement du paramètre γ dans le cas de collisions très
centrales.

L’étude des neutrons permet de pousser plus loin notre analyse. Il est en effet possible,
dans l’approximation grand-canonique, de démontrer qu’à partir du rapport des taux de
production neutroniques, le terme de symétrie de l’équation d’état de la matière nucléaire
peut être déterminé une fois la température et la composition isotopique des systèmes
connues [Bot02]. En particulier, le nombre de neutrons émis par une source excitée dépend
de façon exponentielle de la température et du potentiel chimique neutronique du systéme :

Yneutron ∝ exp(µneutron /T ) (6.16)


En calculant le rapport entre les taux d’émission neutronique de deux sources différentes
à la même température, il est alors possible d’éliminer les autres dépendances :

Yn1 µ1n − µ2n


   
∆µ
= exp = exp (6.17)
Yn2 T T
Finalement, en reliant cette dernière équation avec (6.13), nous obtenons :

Yn1 Z12 Z22


   
T.ln = ∆µ = 4γ − (6.18)
Yn2 A21 A22
Le coefficient γ peut ainsi être calculé en mesurant les taux d’émission neutroniques de
deux systèmes une fois leur température et leur composition isotopique connues. Aux éner-
gies relativistes, cette dernière, d’après les pédictions du modèle de cascade intranucléaire
ainsi que du modèle RBUU1 [Lef05], ne varie que très peu par rapport à la composition
isotopique du projectile original.
Comme nous l’avons vu dans le chapitre 2, les neutrons ont également été mesurés dans
l’expérience S254, grâce au détecteur LAND. Sur la figure 6.17, la multiplicité moyenne
des neutrons, mesurée et corrigée de l’angle solide puis rapportée à la masse du projectile,
est correlée à la valeur de Zbound . Pour des collisions périphériques, les valeurs de la mul-
tiplicité représentent le nombre de neutrons disponibles de la voie d’entrée. À mesure que
l’on se dirige vers les collisions centrales, le nombre de neutrons émis est progressivement
déterminé par le rapport N/Z.

1
Relativistic Boltzmann-Uehling-Uhlenbeck model
116 Isoscaling et énergie de symétrie

Fig. 6.17 – Comparaison des résultats obtenus pour le coefficient γ du terme d’énergie de
symétrie en utilisant la méthode d’isoscaling pour les fragments produits lors de la réaction et
le rapport entre les taux de production des neutrons libres.

Les neutrons sont importants pour établir l’équilibre entre la masse et l’énergie, et en par-
ticulier pour compléter les études calorimétriques entreprises avec la mesure des tempéra-
tures isotopiques (cf. Chap 5). Il est par conséquent crucial d’identifier les neutrons spec-
tateurs et de les distinguer de ceux provenant du f ireball. Une analyse préliminaire des
distributions invariantes de la multiplicité de neutrons a permis d’identifier les sources neu-
troniques spectatrices. Ces dernières sont caractérisées par des températures d’au moins
4 MeV, probablement dues à la forte contribution des phénomènes d’évaporation.

En utilisant les taux de production neutroniques ainsi que les températures isotopiques
mesurées, il est possible, par le biais de l’équation (6.18), de déterminer le coefficient γ du
terme d’énergie de symétrie. La figure 6.17 montre la variation de ce dernier en fonction
de la centralité de la collision exprimée par le rapport Zbound /Zproj. Ces résultats sont
comparés à ceux de l’analyse d’isoscaling.

À mesure que les valeurs de Zbound diminuent, l’énergie de symétrie diminue également
jusqu’à atteindre une valeur minimale dans la région correspondant au régime de multi-
fragmentation (0, 3 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 5) avant d’augmenter à nouveau.
De plus amples analyses sont alors nécessaires afin d’expliquer les raisons de ce comporte-
ment et de comprendre d’où proviennent les différences entre les résultats de l’isoscaling
et ceux obtenus en étudiant les neutrons. Il est néanmoins encourageant d’observer qu’à
la fois la décroissance, mais également la valeur absolue (au moins pour les collisions les
Énergie de symétrie 117

plus périphériques) sont reproduites dans le cas de cette analyse neutronique.


118 Isoscaling et énergie de symétrie
Conclusion

Le dispositif ALADiN du laboratoire de recherche GSI de Darmstadt a été utilisé pour


étudier les effets de la masse et de l’isospin dans le processus de multifragmentation du
projectile spectateur. Des faisceaux stables de 124 Sn et 197 Au ainsi que des faisceaux se-
condaires de 107 Sn et 124 La, pauvres en neutrons, délivrés par le séparateur de fragments
FRS ont été utilisés et permettent de couvrir une large gamme de compositions mas-
siques et isotopiques. Afin d’atteindre l’intensité nécessaire à cette étude, les exigences
sur la pureté des faisceaux ont été réduites et un faisceau composé de plusieurs isotopes a
été sélectionné pour les réactions impliquant des faisceaux radioactifs. Néanmoins, il est
possible, grâce aux détecteurs positionnés le long du faisceau, de mesurer évènement par
évènement le rapport A/Z de ce dernier et, en cas de nécessité, la charge de chacun de
ces isotopes peut être obtenue par le biais d’une analyse discriminante.

Les résolutions obtenues (0, 3 ≤ ∆Z ≤ 0, 6 et ∆A/A ≈ 1, 5%) permettent d’identifier tous


les fragments issus de la réaction dans une gamme de charge allant de Z = 1 à la charge du
projectile utilisé. De plus, l’excellente résolution en masse obtenue par reconstruction de
la trajectoire des fragments couplée à la mesure de leur temps de vol permet de distinguer
sans ambiguité chacun des isotopes de charge inférieure à Z = 10.

Les fragments issus de la source spectatrice ayant une vitesse proche de celle du projectile
ont été distingués de ceux issus du f ireball en appliquant une coupure en vitesse (β =
0, 675). La variable Zbound , obtenue en sommant les charges Zi de tous les fragments de
charge Z ≥ 2 et liée au paramètre d’impact de la collision, a été utilisée pour sélectionner
les évènements en fonction de la violence de la réaction.
Les multiplicités de fragments de masse intermédiaire (MFMI ) observées en fonction de
la variable Zbound sont en accord avec les systématiques existantes ainsi qu’avec les pré-
dictions du modèle statistique SMM. Les effets liés à l’évaporation peuvent expliquer les
faibles différences observées pour des valeurs de Zbound élevées.

Les rapports N/Z moyens des distributions isotopiques des fragments légers présentent,
comme nous l’avons vu, des effets isotopiques spécifiques. En particulier, la variation paire-
impaire observée est bien plus prononcée dans le cas des systèmes pauvres en neutrons.
Celle-ci peut s’expliquer en terme de concurrence à la fois des effets de structure caracté-
ristiques pour les isotopes produits et des effets de mémoire de la composition isotopique
des systèmes excités dont ces fragments sont issus.
120

Les températures de breakup ont été déduites à partir des doubles rapports entre les
taux de production isotopiques mesurés. Différents thermomètres ont alors été étudiés et
notamment les thermomètres THeLi , TBeLi , TCLi , TCC . Il a ainsi pu être observé que les va-
leurs obtenues par le biais du thermomètre TBeLi , basé sur les paires d’isotopes 7 Be/6 Li et
9
Be/8 Li, sont équivalentes à celle obtenues avec le thermomètre isotopique le plus couram-
ment utilisé THeLi . Les simples rapports entre les taux de production des isotopes utilisés
pour déterminer ces températures montrent une dépendance en Zbound en accord avec la
différence d’énergie de liaison ∆B à l’équilibre chimique.

Seuls les doubles rapports basés sur les isotopes de carbone sont en désaccord avec la
tendance générale observée d’une élévation de la température à mesure que l’énergie
d’excitation augmente. Ce résultat semble alors indiquer qu’un équilibre thermique et
chimique au moment du f reeze-out est exclu pour les atomes de carbone, mais probale-
ment également pour les isotopes plus lourds, indiquant ainsi que ces derniers pourraient
provenir de régions plus froides du système comme le suggère le modèle dynamique QMD.

Il a également été observé que les températures obtenues sont pratiquement indépendantes
de la composition isotopique N/Z des sources spectatrices. Seul THeLi présente une légère
différence (environ 0,7 MeV en moyenne) entre le système riche en neutrons 124 Sn et les
deux systèmes pauvres en neutrons 107 Sn et 124 La. Cette dernière peut cependant, au
moins partiellement, être attribuée aux effets de structure observés dans les distributions
du rapport moyen <N/Z>. En effet, la production plus importante de particules alpha
dans le cas des systèmes pauvres en neutrons a pour conséquence de faire baisser la tem-
pérature de breakup.
Cette quasi-invariance de la température en fonction de la composition isotopique de la
voie d’entrée est en désaccord avec le concept de température limite, reproduisant pour-
tant la dépendance en masse des courbes caloriques, et semble favoriser une interprétation
statistique.

Le phénomène d’isoscaling a été observé pour les systèmes réactionnels (124 Sn/107 Sn) et
(124 Sn/124 La) à une énergie de 600 MeV par nucléon pour des fragments de charge com-
prise entre Z=3 et Z=10. Trois différentes méthodes d’ajustement ont été appliquées et
induisent des valeurs des paramètres α et β très proches l’une de l’autre (en valeur ab-
solue). La dépendance du paramètre α en fonction du paramètre d’impact de la collision
a également été étudiée et sa décroissance à mesure que l’énergie d’excitation augmente,
observée auparavant par la collaboration INDRA, a été confirmée qualitativement.

De plus, la relation entre ce paramètre d’isoscaling α et le terme d’énergie de symétrie


de l’équation d’état de la matière nucléaire a été démontrée, et l’évolution du terme de
symétrie γ en fonction de l’énergie d’excitation a été comparée aux résultats obtenus par
d’autres collaborations ainsi qu’à ceux utilisant les taux de production neutroniques.
Tous ces résultats montrent un accord qualitatif, et même quantitatif pour les collisions
121

les plus périphériques, dans la décroissance du facteur γ à mesure que l’on se dirige vers
les collisions les plus centrales.

Des études complémentaires sont néanmoins nécessaires pour comprendre le comporte-


ment singulier observé dans le cas des résultats obtenus à partir des taux de production
neutroniques ainsi que pour établir de manière quantitative la réduction de ce terme
d’énergie de symétrie. Les corrections des effets dus aux désintégrations successives des
fragments sont, bien entendu, importantes, mais l’évolution des compositions isotopiques
au cours de la réaction mérite également une attention particulière.
122
Annexe A

Le modèle statistique de
multifragmentation SMM

Les modèles statistiques décrivant le processus de multifragmentation supposent que


l’équilibre chimique et thermique est atteint par la source avant l’émission des fragments
dans les ensembles microcanoniques, canonique ou grand-canonique (illustrés sur la fi-
gure A.1). Les différences entre les différentes approches statistiques concernent deux
aspects :
- Le processus du "breakup" : en ce qui concerne l’émission de fragments et sur la nature
du processus (est-il spontané ou lent durant lequel les fragments sont émis séquentielle-
ment ?).
- La manière dont chaque noyau est inclu invididuellement dans le modèle.

LES ENSEMBLES THERMODYNAMIQUES


∆E
∆E

MICROCANONIQUE CANONIQUE GRAND-CANONIQUE


Système isolé Echange d’énergie Echange d’énergie
T=constante et de particules
Etot =constante

Fig. A.1 – Les trois différents ensembles thermodynamiques : microcanonique, canonique et


grand-canonique (figure adaptée de [Tur02]).
124 Le modèle statistique de multifragmentation SMM

Le modèle statistique de la multifragmentation SMM [Bon85, Bon95] est utilisé dans


différentes versions pour prédire la partition des fragments à la densité de "freeze-out",
c’est une approche microcanonique qui utilise la prescription canonique des particules. Il
suppose que les fragments sont distribués dans un certain volume (le volume de "freeze-
out") selon la statistique de Boltzmann. La densité de "freeze-out" correspond à la phase
de coexistence liquide-gaz dans le diagramme des phases. Le volume libre Vf qui détermine
l’entropie de translation est donné par :

Vf = χ.V0 (A.1)
alors que le volume total de "freeze-out" Vtot est donné par :

Vtot = (1 + χ).V0 (A.2)


χ est un facteur qui dépend de la multiplicité et s’écrit :
!3
d0 ·(M 1/3 − 1)
χ= 1+ 1/3
−1 (A.3)
r0 ·A0
d0 et r0 sont des paramètres du modèle qui ont pour valeur respective 1,4 fm et 1,17 fm.
La structure interne des fragments est décrite par le modèle de la goutte liquide [Eva55],
et la contribution de chaque fragment à l’énergie libre totale est donnée par :

X sym  3 Z02 e2
Ff (V, T ) = Fftr + vol
NAZ FAZ surf
+ FAZ Coulomb
+ EAZ + FAZ + (A.4)
5 R
(A,Z)

sym
Fftr , FAZ
vol surf
, FAZ Coulomb
, EAZ et FAZ sont respectivement l’énergie thermique, de volume, de
surface, coulombienne et de symétrie.
Pour une partition f de fragments de masse A et de charge Z, ces contributions sont
données par :

X 
Vf 3/2
  
Vf 3/2

Fftr = −T NAZ · ln gAZ 3 A − ln(NAZ !) + T ln A (A.5)
λT λ3T 0
(A,Z)

vol
FAZ = (−W0 − T 2 /0 ).A (A.6)

5/4
Tc2 − T 2

surf
FAZ
= β0 2 2
.A2/3 (A.7)
Tc + T
"  1/3 #
Coulomb 3 Z 2 e2 V0
EAZ = · 1/3
1− (A.8)
5 r0 A V
125

sym (A − 2Z)2
FAZ =γ (A.9)
A
où :
gAZ est le facteur de dégénérescence.
Tc est la température critique.
λ est la longueur d’onde thermique.
NAZ est le nombre de fragments de masse A et de charge Z dans la partition.
W0 est l’énergie de liaison par nucléon de la matière nucléaire infinie à la densité de satu-
ration.
0 est le paramètre de densité de niveaux inverse donné par le modèle du gaz de Fermi
(0 = 16 MeV).
β0 est le terme de surface correspondant à la formule de Bethe-Weizsäcker (β0 = 18 MeV).
γ est le terme symétrie correspondant à la formule de Bethe-Weizsäcker (γ = 25 MeV).

Dans cette approche, la température T est calculée en utilisant le principe de la conser-


vation de l’énergie totale donnée par :

3 Z 2 e2
 
X ∂FAZ 3
Etot = E0∗ + Qf = · 0 1/3 + NAZ FAZ − T + T (m − 1) (A.10)
5 r0 A0 tous les f ragments
∂T 2

où :
E0∗ est l’énergie d’excitation mesurée par rapport à l’état fondamental du noyau composé
(A0 , Z0 ).
Qf est la chaleur de réaction de la voie f .
vol surf Coulomb sym
FAZ = PFAZ + FAZ + EAZ + FAZ .
m = NAZ est la multiplicité totale de fragments.

La distribution de probabilité pour une partition de fragments (p.f) est donnée par :

exp(−Fp.f /T )
P (p.f) = X (A.11)
exp(−Fp.f /T )
tous les p.f

où Fp.f est l’énergie libre pour une partition de fragments donnée.

Dans le modèle statistique de la multifragmentation SMM, la masse et la charge sont


conservées pour chaque partition, et les fragments produits (fragments chauds) sont exci-
tés et décroissent par un processus de décroissance secondaire ou séquentielle. La voie de
désexcitation dépend de la masse du fragment chaud.
Ainsi, dans le cas des fragments les plus légers (A ≤ 16) pour lesquels la moindre énergie
d’excitation peut être comparable à leur énergie de liasion, le principal mécanisme de
désexcitation est une décroissance explosive du noyau excité en plusieurs fragments plus
126 Le modèle statistique de multifragmentation SMM

légers ("Fermi breakup"). Les fragments les plus lourds en revanche (A > 16) se désex-
citent principalement par évaporation de particules légères [Bon95, Bot87].

Dans l’approche statistique SMM, la transition entre la phase pour laquelle l’évaporation
de particules légères de la source est dominante et la phase pour laquelle la multifragmen-
tation devient prépondérante est estimée à une température de 6 MeV [Bot87].
Annexe B

Taux de production isotopiques mesurés

Les taux de production isotopiques mesurés pour chacun des trois systèmes 124 Sn, 107 Sn
et 124 La en fonction de l’énergie d’excitation représentée par l’observable Zbound /Zproj sont
reportés dans les pages suivantes (Fig. B.1-Fig. B.18). Ces valeurs sont obtenues, comme
nous l’avons vu au chapitre 3, par cinq méthodes différentes d’ajustement des spectres en
masse.

La première de ces méthodes, notée meth1, consiste à utiliser la fonction multigaussienne


fG1 définie au chapitre 3 pour ajuster les spectres en masse :
8
(A − Ai )2
X  
fG1 = Ni .exp − (B.1)
i=0
2σ 2

La seconde méthode, appelée meth2, consiste à utiliser la fonction fG2 pour laquelle la
largeur σ des gaussiennes n’est plus fixée, mais, au contraire, varie avec la masse des
fragments.
8
(A − Ai )2
X  
fG2 = Ni .exp − (B.2)
i=0
2σi 2

La méthode d’ajustement notée meth3 exploite la dépendance linéaire de la largeur σ de


chacune des gaussiennes utilisées en fonction de la masse des fragments. La fonction fG3
s’écrit alors (cf. Chap. 3) :

8 8
(A − Ai )2 (A − Ai )2
X   X  
fG3 = Ni .exp − = Ni .exp − (B.3)
i=0
2(σ(A))2 i=0
2[a(A − Ai ) + σ4 ]2

La quatrième méthode d’ajustement (meth4) consiste à utiliser la fonction fegg qui est la
somme d’une fonction exponentielle et deux fonctions gaussiennes pour rendre compte du
bruit de fond présent sur les spectres en masse.
128 Taux de production isotopiques mesurés

(A − Ag1 )2 (A − Ag2 )2
   
fegg = exp(ae .A + be ) + Ng1 exp − + Ng2 exp − (B.4)
2σg1 2 2σg2 2

La cinquième et dernière méthode d’ajustement, notée meth5, consiste, quant à elle, à


ajuster le bruit de fond à l’aide d’une fonction de Fermi de type :
aFermi
fFermi =   + cFermi (B.5)
A−AFermi
1 + exp bFermi

Pour chacune de ces méthode d’ajustement, les taux de production Y mesurés sont indi-
qués ainsi que les erreurs statistiques correspondantes (Y _err) en fonction de la masse
A des isotopes de charge comprise entre Z = 2 et Z = 10.

Pour plus de détails sur les différentes méthodes d’ajustement, le lecteur est invité à se
reporter au chapitre 3.
129

fout_a.par_mass_Sn124_zbound_final_0.0_0.2
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 60756.2 2.9 54167.7 4.4 54136.7 5.0 49218.9 4.7 50411.6 4.7
4 166379.6 4.7 168924.4 5.0 168949.4 5.0 164678.9 4.9 164726.7 4.9
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 3162.6 2.5 5234.7 7.1 4346.7 3.1 4251.5 3.2 4167.8 3.1
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 13098.7 3.8 12422.1 5.3 12355.6 6.3 11669.0 6.1 11666.9 6.1
7 20013.1 4.8 20311.2 4.6 20409.8 5.3 19949.6 5.2 19949.8 5.2
8 4455.5 2.9 5193.4 6.3 4937.7 3.6 4874.3 3.5 4876.7 3.5
9 1034.2 2.8 1401.3 6.9 1258.3 3.4 1263.7 3.2 1258.8 3.3
10 18.1 2.8 23.9 5.1 25.5 3.4 25.9 3.3 24.3 3.2
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ##########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 3886.3 4.0 3566.7 4.6 3556.9 6.5 3395.2 6.3 3385.0 6.3
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 3359.4 3.7 3458.9 5.4 3509.3 4.0 3386.1 4.0 3381.1 4.0
10 3059.2 3.5 3450.4 5.7 3417.8 4.3 3360.2 4.3 3363.8 4.3
11 210.3 2.6 306.7 6.3 260.2 3.1 254.0 2.9 255.0 2.9
12 76.0 2.6 101.1 5.9 100.1 3.3 99.2 3.0 98.9 3.0
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 190.2 2.6 214.4 3.1 155.6 2.3 101.0 2.3 100.5 2.3
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 1748.2 3.0 1742.3 4.1 1672.4 3.0 1600.1 4.5 1599.5 4.5
11 4617.7 4.7 4587.1 4.7 4626.9 4.7 4576.3 4.6 4577.3 4.6
12 1085.0 2.7 1190.6 5.5 1138.8 2.8 1128.8 3.4 1133.2 3.4
13 374.3 2.6 431.9 5.5 412.3 2.8 409.3 3.0 412.2 3.0
14 33.7 2.6 42.0 5.8 39.3 2.9 37.5 2.6 39.3 2.6
15 9.9 2.6 12.8 4.8 12.4 2.9 11.2 2.6 12.4 2.7
########### Z=6_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 111.2 2.8 123.7 3.1 93.4 2.6 80.1 2.5 81.2 2.5
11 499.9 2.9 554.2 6.9 463.9 2.8 454.6 2.7 458.4 2.8
12 1679.1 3.9 1611.7 5.4 1638.4 3.9 1624.4 3.9 1634.0 3.9
13 1781.4 4.0 1795.8 5.5 1802.5 4.0 1788.0 4.0 1798.6 4.0
14 895.2 3.1 937.6 6.0 939.3 3.2 933.9 3.2 936.5 3.2
15 120.9 2.8 147.0 6.2 132.2 3.0 131.4 2.9 130.1 2.9
16 40.9 2.8 46.5 6.4 47.1 3.1 46.8 2.9 45.0 2.9
17 7.1 2.8 10.7 7.1 8.3 3.2 8.2 2.8 6.1 2.7

########### Z=7_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 38.7 3.0 43.3 3.4 32.7 2.8 30.4 2.7 30.5 2.8
13 70.2 3.0 80.8 5.9 65.6 2.8 64.4 2.9 65.2 3.0
14 362.6 3.4 354.0 4.7 351.5 3.3 350.0 3.4 351.1 3.4
15 914.7 4.9 903.7 5.1 916.3 4.9 915.7 4.9 915.7 4.9
16 206.3 3.1 223.1 5.8 212.6 3.2 212.5 3.2 212.2 3.2
17 118.6 3.0 113.3 7.7 125.9 3.2 125.8 3.1 125.5 3.1
18 23.7 3.0 57.5 46.4 25.8 3.2 25.8 3.0 25.5 3.0
19 11.9 3.0 6.3 10.2 15.1 3.1 15.1 3.0 14.8 3.1
########### Z=8_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
14 14.1 3.1 15.8 3.4 11.6 2.8 8.8 2.8 9.0 2.8
15 52.5 3.1 60.2 3.5 49.0 3.1 47.6 3.0 48.4 3.0
16 316.8 4.4 311.4 5.7 310.3 4.5 309.2 4.5 310.1 4.3
17 208.2 3.7 210.7 6.1 209.9 3.9 208.1 3.8 209.8 3.7
18 199.5 3.7 181.3 6.9 205.9 3.8 203.3 3.8 205.8 3.7
19 70.0 3.2 97.8 8.7 74.3 3.5 73.7 3.4 74.3 3.4
20 21.8 3.1 11.6 64.8 22.7 3.5 22.7 3.3 22.8 3.3
21 8.9 3.1 13.4 7.2 9.3 3.5 9.3 3.3 9.3 3.3
22 4.9 3.1 3.6 3.8 4.8 3.3 4.8 3.1 4.8 3.1
########### Z=9_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
16 4.8 3.3 5.6 4.3 4.3 5.2 3.7 3.7 4.0 3.8
17 12.1 3.4 9.0 3.0 11.8 5.7 10.6 5.8 11.5 5.9
18 24.5 3.6 19.9 5.5 23.7 7.0 23.1 7.5 23.4 7.2
19 58.7 4.4 65.4 7.6 58.0 8.3 57.6 9.0 57.6 8.6
20 52.5 4.3 43.3 7.8 53.2 4.3 52.6 4.3 52.8 4.3
21 27.1 3.6 36.0 9.0 28.2 4.8 28.0 5.0 27.8 4.9
22 8.5 3.3 5.5 7.0 8.3 3.9 8.3 3.9 8.0 3.9
23 6.2 3.3 5.2 5.8 6.3 3.9 6.3 4.0 5.9 3.9
24 0.0 30.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_Sn124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ##########


18 4.4 3.1 7.9 5.7 4.2 4.3 2.8 2.8 3.4 2.7
19 10.0 3.0 5.0 2.9 9.1 2.8 8.8 2.9 8.6 3.0
20 18.0 3.3 29.6 11.8 17.4 3.2 17.3 3.4 16.9 3.3
21 57.6 4.7 52.0 7.5 56.8 4.7 56.7 4.8 56.2 4.8
22 50.0 4.5 32.4 3.1 50.5 4.5 50.5 4.6 50.0 4.5
23 23.5 3.4 30.5 9.5 23.8 3.5 23.7 3.5 23.3 3.5
24 10.8 3.1 17.6 9.4 11.6 3.4 11.6 3.3 11.2 3.3
25 1.2 3.1 0.0 4.1 1.3 1.2 1.2 2.0 0.9 1.7
26 1.1 2.9 3.0 4.3 1.3 1.2 0.9 1.9 0.8 1.8

Fig. B.1 – Taux de production obtenus pour le système 124 Sn (0, 0 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 2).
130 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_Sn124_zbound_final_0.2_0.4
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 39777.9 2.7 35730.8 4.8 35661.5 4.8 30968.6 4.3 32001.1 4.4
4 203355.7 5.0 204102.1 5.1 204128.4 5.1 199079.7 5.0 199726.0 5.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 3476.1 2.6 5659.8 7.5 4532.5 3.1 4596.9 3.2 4488.0 3.2
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 16737.6 3.8 15783.7 5.3 15671.1 6.2 14798.6 5.9 14810.9 5.9
7 28133.8 5.0 28514.5 5.7 28679.7 5.5 27925.7 5.4 27915.2 5.4
8 6075.4 3.0 7276.0 6.9 6787.1 3.7 6649.5 3.6 6656.4 3.6
9 1490.7 2.9 2004.2 7.2 1828.0 3.5 1824.9 3.3 1822.2 3.3
10 17.1 2.5 29.1 4.8 29.7 3.2 29.8 3.4 29.3 3.4
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 5389.5 3.7 4817.3 4.6 4794.2 5.2 4605.8 5.1 4572.3 5.1
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 6910.2 4.0 6907.2 5.7 6994.4 4.1 6791.4 4.0 6783.8 4.0
10 6466.9 3.9 7037.4 5.8 6982.6 4.5 6890.8 4.4 6898.0 4.4
11 487.1 2.7 642.2 6.8 569.6 3.2 560.8 2.9 564.1 3.0
12 195.2 2.7 220.1 5.6 236.9 3.3 235.8 3.0 236.2 3.0
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 283.1 2.6 321.3 3.2 231.1 2.5 141.6 2.3 129.2 2.3
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 4071.4 2.9 4066.4 5.7 3898.8 2.9 3729.5 4.3 3742.7 4.4
11 12459.0 4.8 12367.3 5.0 12473.2 4.8 12361.8 4.8 12358.3 4.8
12 2781.6 2.8 3074.1 5.9 2912.0 2.9 2903.3 3.6 2909.2 3.5
13 1033.9 2.6 1179.5 6.1 1134.9 2.8 1138.2 3.1 1141.5 3.1
14 92.8 2.6 148.4 8.4 110.9 2.9 108.8 2.7 110.6 2.7
15 29.4 2.6 24.8 4.5 35.6 3.0 33.8 2.7 34.4 2.7
########### Z=6_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 244.8 2.8 280.7 3.3 185.4 2.5 151.3 2.4 149.3 2.4
11 1400.1 2.9 1383.4 6.3 1262.7 3.3 1217.6 3.4 1237.4 3.3
12 5590.4 3.9 5338.5 5.1 5375.3 5.5 5308.2 5.5 5349.6 5.5
13 6015.3 4.1 6054.7 4.2 6098.3 4.3 6065.1 4.3 6081.3 4.3
14 3211.7 3.2 3502.2 5.4 3439.0 4.1 3435.4 4.1 3428.4 4.1
15 469.3 2.8 536.7 5.9 526.2 3.3 523.9 3.2 514.2 3.2
16 143.7 2.8 167.6 7.1 168.1 3.3 166.5 3.2 155.2 3.2
17 27.5 2.8 26.3 6.6 30.9 3.4 29.5 3.2 16.1 3.4

########### Z=7_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 82.6 2.9 87.4 3.5 68.5 2.9 60.8 2.6 60.1 2.6
13 244.2 2.9 292.6 5.9 222.2 2.8 220.4 2.8 218.4 2.8
14 1974.8 3.3 1997.8 6.0 1907.1 3.2 1895.9 3.3 1902.5 3.3
15 5606.3 5.0 5546.4 5.6 5615.0 5.0 5603.1 5.0 5608.6 5.0
16 1227.0 3.1 1273.3 6.3 1265.3 3.2 1264.1 3.2 1260.8 3.2
17 765.9 3.0 811.0 6.7 817.0 3.2 816.6 3.2 812.3 3.1
18 143.0 2.9 195.0 9.9 155.5 3.2 155.4 3.1 151.0 3.0
19 48.1 2.9 37.2 6.0 54.3 3.3 54.3 3.0 49.4 3.1
########### Z=8_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
14 48.8 3.1 53.4 3.7 43.5 2.9 39.8 2.9 39.3 2.9
15 250.2 3.2 260.8 6.6 241.4 3.0 241.0 3.0 240.9 3.0
16 2056.3 4.4 2030.6 6.2 2010.4 4.5 2010.0 4.5 2010.2 4.5
17 1405.4 3.9 1401.8 6.1 1414.0 4.0 1412.8 3.9 1413.9 4.0
18 1309.5 3.7 1324.0 6.8 1349.5 3.9 1346.9 3.9 1349.4 3.9
19 404.0 3.2 419.9 7.3 418.7 3.5 418.1 3.4 418.7 3.4
20 154.0 3.1 170.5 6.5 166.0 3.5 166.0 3.3 166.0 3.3
21 27.3 3.1 40.3 6.5 29.9 3.7 29.9 3.3 29.9 3.3
22 5.0 3.1 0.1 9.4 5.5 3.3 5.5 3.2 5.5 3.2
########### Z=9_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
16 18.2 3.4 14.0 7.6 14.9 2.7 11.5 2.9 11.6 2.9
17 79.2 3.4 100.5 5.0 74.5 3.2 73.7 3.2 74.2 3.2
18 414.4 3.6 367.2 5.9 397.6 4.7 397.0 4.7 397.2 4.7
19 1162.1 4.6 1156.6 7.4 1131.8 6.2 1131.5 6.3 1131.4 6.3
20 1174.5 4.7 1170.9 8.4 1188.2 5.1 1188.1 5.1 1187.9 5.1
21 657.8 3.9 694.9 8.3 686.6 4.9 686.8 4.9 686.5 4.9
22 170.6 3.4 164.6 10.1 174.8 4.0 174.8 4.0 174.6 4.0
23 48.5 3.4 66.7 9.3 52.2 3.9 52.2 3.9 52.0 3.9
24 7.0 3.4 0.0 5.7 5.2 3.7 5.3 3.6 5.0 3.6
########### Z=10_Sn124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ##########
18 18.8 3.3 19.3 3.8 16.4 3.2 14.3 3.2 14.2 3.0
19 60.4 3.3 64.8 4.3 59.1 3.0 58.9 3.2 58.7 3.1
20 412.4 3.7 422.8 7.7 399.8 3.5 399.8 3.6 399.6 3.6
21 936.4 4.7 902.1 7.9 923.8 4.7 923.8 4.8 923.5 4.7
22 1012.4 4.8 1044.4 8.4 1027.2 4.8 1027.2 4.9 1026.9 4.9
23 346.5 3.6 314.7 7.7 354.0 3.7 354.0 3.8 353.8 3.8
24 110.1 3.3 148.8 10.3 112.0 3.5 112.0 3.3 111.7 3.6
25 39.6 3.3 27.8 9.0 42.2 3.6 42.3 3.4 42.0 3.6
26 2.3 3.3 2.3 5.9 0.5 3.2 0.0 1.3 0.3 0.7

Fig. B.2 – Taux de production obtenus pour le système 124 Sn (0, 2 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 4).
131

fout_a.par_mass_Sn124_zbound_final_0.4_0.6
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 28323.8 2.7 25820.3 5.0 25733.4 5.1 21337.8 4.4 22092.1 4.5
4 195983.2 5.2 196282.6 5.3 196304.1 5.3 190668.2 5.2 191872.6 5.2
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 3063.1 2.7 4786.2 7.7 3852.6 3.2 4105.8 3.3 3926.7 3.3
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 13382.5 3.9 12728.8 5.7 12613.7 6.5 11842.8 6.2 11868.7 6.2
7 22761.0 5.3 22968.9 5.0 23127.2 5.7 22364.7 5.6 22365.2 5.6
8 5106.1 3.1 6067.2 7.5 5620.6 3.8 5466.1 3.7 5478.3 3.7
9 1246.6 3.0 1688.8 7.3 1502.1 3.6 1494.3 3.4 1494.8 3.4
10 28.6 2.9 36.4 4.7 43.8 3.4 43.6 3.4 43.6 3.4
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 3778.9 3.6 3357.6 4.9 3334.8 5.0 3158.2 4.9 3144.0 4.9
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 6144.4 4.4 6068.8 5.7 6127.2 4.3 5933.7 4.2 5928.2 4.2
10 5771.7 4.2 6122.5 6.0 6108.8 4.8 6016.9 4.7 6021.2 4.7
11 493.1 2.9 670.9 7.1 565.2 3.2 554.0 3.0 560.2 3.0
12 154.6 2.8 176.3 5.2 190.3 3.3 189.1 3.1 189.8 3.1
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 188.5 2.7 216.3 3.0 133.7 2.2 72.7 2.0 60.8 2.1
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 3299.8 3.0 3224.7 5.8 3093.1 4.5 2912.7 4.4 2946.3 4.4
11 10388.4 5.0 10278.0 5.3 10390.5 5.0 10266.5 5.0 10265.6 5.0
12 2517.1 2.9 2852.4 6.3 2683.5 3.9 2684.2 3.8 2689.1 3.8
13 886.1 2.7 999.5 6.3 1008.0 3.5 1016.1 3.4 1018.6 3.4
14 73.3 2.7 122.8 10.0 88.3 3.2 83.6 3.1 86.1 3.1
15 25.3 2.7 13.8 3.5 30.7 3.4 27.9 3.2 28.8 3.2
########### Z=6_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 158.8 2.9 173.2 3.6 123.7 2.6 105.7 2.6 117.3 2.6
11 1000.1 3.0 1066.8 6.4 909.9 3.2 892.7 3.3 909.1 3.3
12 4897.5 4.0 4622.0 5.6 4717.7 5.6 4685.4 5.6 4716.9 5.6
13 5329.9 4.1 5428.1 5.5 5378.3 4.3 5358.7 4.3 5378.1 4.3
14 3117.7 3.4 3279.0 6.4 3295.0 4.3 3292.8 4.3 3295.2 4.3
15 523.9 3.0 575.6 5.9 562.6 3.4 562.6 3.3 562.5 3.3
16 199.4 2.9 196.0 6.1 221.5 3.4 221.6 3.3 221.4 3.3
17 24.0 2.9 44.9 9.5 25.2 3.5 25.0 3.3 25.0 3.3
########### Z=7_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 51.7 3.0 56.1 3.7 43.0 3.1 37.9 2.8 38.0 2.7
13 174.0 3.0 187.3 6.4 161.1 2.9 158.2 3.0 159.0 3.0
14 1592.9 3.3 1663.9 7.2 1539.5 3.2 1532.9 3.2 1537.0 3.2
15 5182.9 5.2 5075.6 6.4 5184.3 5.2 5180.7 5.2 5180.8 5.2
16 1191.7 3.2 1279.6 6.8 1225.6 3.3 1224.8 3.2 1223.1 3.2
17 677.9 3.1 710.8 7.9 715.8 3.2 714.7 3.2 713.3 3.2
18 191.6 3.0 204.1 6.8 203.3 3.3 201.9 3.1 200.8 3.1
19 42.4 3.0 45.0 4.8 45.2 3.4 42.7 3.0 42.4 3.0
########### Z=8_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
14 36.1 3.2 34.0 14.9 31.1 3.1 27.5 2.8 29.7 2.8
15 193.0 3.2 231.1 3.6 185.9 3.3 184.0 3.2 185.6 3.2
16 2036.2 4.5 1938.0 5.9 1978.4 9.4 1976.4 9.4 1978.0 9.4
17 1409.3 3.9 1451.1 6.9 1414.1 5.4 1412.9 5.5 1413.7 5.4
18 1420.5 3.8 1430.2 7.2 1467.0 5.1 1466.3 5.1 1466.7 5.1
19 444.2 3.2 486.2 8.4 463.0 3.9 462.6 3.8 462.7 3.8
20 167.9 3.2 185.8 7.5 181.6 3.6 180.6 3.5 181.3 3.5
21 31.9 3.2 17.2 2.5 30.6 3.7 27.1 3.3 30.3 3.6
22 6.8 3.2 15.7 7.5 7.2 3.5 5.7 3.1 6.9 3.5
########### Z=9_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
16 11.5 3.4 13.7 3.9 9.7 3.3 7.8 3.3 9.3 3.1
17 76.6 3.5 83.1 6.1 75.8 3.1 75.4 3.3 75.8 3.3
18 441.9 3.8 429.7 7.0 428.9 3.7 428.1 3.7 428.9 3.7
19 1167.0 4.9 1147.7 8.4 1147.8 4.9 1147.0 4.9 1147.8 4.9
20 1141.0 4.9 1144.3 8.8 1150.3 4.8 1150.2 4.8 1150.3 4.8
21 641.7 4.0 634.1 9.6 659.0 4.0 659.0 4.0 659.0 4.0
22 160.1 3.5 215.2 14.4 163.6 3.8 163.6 3.6 163.6 3.6
23 51.5 3.4 20.6 5.3 53.4 3.8 53.4 3.8 53.4 3.8
24 4.7 3.4 14.8 10.5 3.7 3.4 3.7 3.3 3.7 3.3
########### Z=10_Sn124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
18 18.7 3.4 13.0 4.8 17.4 3.0 16.8 3.1 16.4 3.2
19 41.1 3.5 55.0 5.8 43.9 3.4 44.0 3.3 43.7 3.3
20 499.4 4.0 477.3 7.4 483.7 6.0 483.7 6.1 483.6 6.0
21 1013.1 5.0 998.8 9.8 995.9 6.9 995.8 6.9 995.8 6.8
22 1277.0 5.5 1293.9 7.0 1295.3 6.2 1295.3 6.4 1295.3 6.3
23 402.6 3.9 402.8 7.5 409.9 4.8 409.9 4.7 409.9 4.8
24 185.1 3.5 206.2 9.1 192.4 4.2 192.4 4.1 192.4 4.2
25 26.6 3.4 13.0 3.6 23.4 3.8 23.4 3.8 23.4 3.7
26 4.9 3.4 11.8 10.4 5.5 3.4 5.5 3.5 5.5 3.5

Fig. B.3 – Taux de production obtenus pour le système 124 Sn (0, 4 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 6).
132 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_Sn124_zbound_final_0.6_0.8
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 16037.4 2.7 14998.0 5.4 14884.6 2.6 11829.2 4.5 12203.1 4.6
4 140748.3 5.3 140831.1 5.3 140847.8 5.4 136854.8 5.3 137703.7 5.3
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 1714.4 2.6 2828.7 8.1 2073.6 3.1 2289.5 3.4 2207.4 3.3
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 7616.6 4.1 7151.0 5.5 7107.8 6.8 6694.0 6.5 6684.5 6.5
7 12472.6 5.3 12673.5 6.1 12745.3 5.9 12355.9 5.7 12355.1 5.7
8 2708.9 3.1 3263.5 7.8 3042.3 3.9 2970.7 3.8 2970.2 3.8
9 611.6 3.0 804.8 6.9 758.9 3.7 756.8 3.6 754.2 3.6
10 11.6 3.0 20.7 5.1 21.6 3.1 21.5 3.7 21.2 3.7
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 1853.8 3.5 1628.5 4.8 1623.7 4.8 1536.0 4.7 1525.6 4.7
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 3500.9 4.5 3470.3 5.7 3480.5 4.4 3370.0 4.3 3367.5 4.3
10 3091.1 4.2 3265.7 5.5 3270.1 4.9 3216.7 4.7 3218.2 4.7
11 220.7 2.9 294.8 6.7 253.2 3.2 246.3 3.1 250.5 3.1
12 76.8 2.9 87.6 5.2 94.3 3.4 93.6 3.2 94.1 3.2
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 93.8 2.7 106.8 2.9 71.1 2.2 40.9 2.1 36.6 2.1
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 1551.5 3.0 1541.2 5.7 1460.3 4.3 1379.6 4.2 1393.3 4.2
11 5072.5 5.0 5012.9 4.8 5074.1 5.0 5017.1 4.9 5015.9 4.9
12 1203.0 2.9 1364.8 5.8 1277.5 3.7 1278.2 3.7 1279.7 3.7
13 424.4 2.7 490.5 5.8 482.9 3.4 488.9 3.3 488.8 3.3
14 33.7 2.7 69.1 8.1 42.8 3.1 42.7 3.0 43.1 3.0
15 11.9 2.7 4.4 2.9 13.9 3.3 13.6 3.1 13.8 3.1
########### Z=6_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 56.5 2.9 60.5 3.3 44.9 2.8 40.3 2.7 40.9 2.8
11 385.9 3.0 423.8 7.0 356.7 3.0 350.1 3.1 353.9 3.1
12 2318.7 4.0 2229.1 5.7 2245.0 5.7 2231.1 5.7 2240.9 5.7
13 2420.6 4.1 2418.5 6.0 2442.2 4.2 2434.7 4.2 2438.2 4.2
14 1388.3 3.3 1480.3 6.4 1459.4 4.3 1458.9 4.3 1456.0 4.3
15 202.5 2.9 209.9 6.9 218.8 3.3 219.0 3.2 215.7 3.2
16 65.7 2.9 120.1 12.5 77.4 3.3 77.5 3.2 74.0 3.1
17 17.9 2.9 3.0 3.8 21.4 3.4 21.4 3.2 17.8 3.0

########### Z=7_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 28.7 3.0 33.5 3.3 24.5 2.9 20.7 2.8 21.6 2.7
13 73.0 3.0 71.1 4.4 67.6 2.8 65.0 2.9 66.2 2.9
14 673.9 3.3 719.9 5.0 650.0 3.2 644.2 3.3 648.6 3.2
15 2256.9 5.2 2195.8 4.5 2254.6 5.1 2250.2 5.2 2252.6 5.2
16 506.2 3.1 549.8 4.7 521.5 3.3 521.1 3.2 520.1 3.2
17 301.1 3.0 299.4 4.9 319.4 3.2 319.2 3.2 317.9 3.2
18 77.3 3.0 140.1 6.8 85.7 3.2 85.5 3.1 84.3 3.2
19 17.2 3.0 0.1 12.2 19.6 3.3 15.7 2.8 18.1 2.9
########### Z=8_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
14 11.6 3.3 8.7 2.0 12.1 2.9 10.3 3.0 9.7 3.0
15 78.5 3.4 73.7 4.5 78.6 3.4 78.6 3.5 78.5 3.5
16 818.8 4.7 810.7 4.9 798.9 10.2 798.8 10.2 798.9 10.2
17 555.5 4.1 539.4 5.0 558.0 5.9 557.5 5.9 558.0 5.9
18 517.1 4.0 544.6 5.3 532.2 5.3 531.7 5.4 532.2 5.4
19 185.8 3.4 179.6 5.2 191.6 4.1 191.6 4.1 191.6 4.1
20 78.5 3.3 101.2 6.1 84.6 3.8 84.6 3.6 84.7 3.6
21 5.8 3.3 0.0 3.7 4.4 3.4 4.4 3.3 4.4 3.3
22 0.0 23.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
16 4.7 3.4 4.2 3.6 3.7 3.8 3.3 2.4 3.4 2.4
17 14.9 3.5 16.0 8.9 13.4 2.2 13.2 2.9 13.0 2.9
18 141.8 3.7 144.2 6.6 133.1 4.7 132.7 4.8 132.6 4.8
19 455.0 4.8 402.1 7.2 435.2 7.1 434.8 7.0 434.7 7.0
20 478.6 4.9 547.2 10.0 487.5 5.7 487.2 5.7 487.5 5.7
21 250.8 4.0 211.4 8.2 265.2 5.5 265.1 5.4 265.3 5.4
22 67.8 3.6 101.1 11.2 70.7 4.4 70.7 4.5 70.7 4.5
23 15.4 3.4 2.8 9.6 14.7 4.2 14.7 4.3 14.7 4.3
24 2.3 3.4 5.3 6.3 2.1 3.5 2.1 3.6 2.1 3.6

########### Z=10_Sn124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


18 9.7 3.4 9.5 5.8 8.4 3.2 6.8 3.2 6.9 3.3
19 9.2 3.5 16.6 11.3 10.4 2.9 9.4 3.3 8.9 3.2
20 177.5 4.0 149.9 7.2 171.9 4.1 171.4 4.1 170.9 4.0
21 411.3 5.0 440.0 9.8 405.4 5.2 405.1 5.2 405.3 5.2
22 461.6 5.3 445.1 8.6 468.1 5.2 467.9 5.2 467.9 5.2
23 161.3 3.9 174.3 12.6 164.1 3.9 164.1 3.9 164.1 3.9
24 65.1 3.6 61.2 7.7 67.8 3.8 67.8 3.9 67.8 3.9
25 7.6 3.4 5.8 21.3 5.6 3.6 5.6 3.6 5.6 3.6
26 2.2 3.4 3.0 5.5 2.5 3.2 2.5 4.4 2.5 4.4

Fig. B.4 – Taux de production obtenus pour le système 124 Sn (0, 6 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 8).
133

fout_a.par_mass_Sn124_zbound_final_0.8_1.0
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 4200.9 2.8 4004.7 6.2 3904.7 2.6 3019.4 4.7 3048.9 4.7
4 42845.6 5.5 42856.9 5.5 42865.6 5.5 41614.4 5.4 41824.6 5.4
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 381.8 2.7 639.8 8.7 458.0 3.0 403.1 3.4 489.3 3.4
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 1422.5 4.1 1349.4 5.7 1347.7 6.9 1263.9 6.6 1263.2 6.6
7 2382.3 5.4 2419.7 5.5 2421.5 5.9 2351.1 5.8 2351.3 5.8
8 481.7 3.1 519.4 7.3 523.5 3.8 509.0 3.8 509.2 3.8
9 86.9 3.0 132.3 9.0 105.1 3.5 104.0 3.4 103.4 3.4
10 3.0 3.0 2.2 4.9 4.7 5.0 4.7 3.3 4.2 3.2
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 323.2 3.6 261.1 4.5 267.0 5.1 252.4 4.9 253.4 5.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 607.1 4.6 624.4 5.9 601.4 4.4 593.3 4.3 594.3 4.4
10 520.1 4.2 534.9 6.3 563.1 4.8 558.3 4.8 561.1 4.8
11 38.1 3.0 59.4 8.2 45.5 3.5 45.0 3.5 45.0 3.5
12 9.7 3.0 8.7 4.5 12.9 3.7 12.9 3.7 12.7 3.7
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 14.0 2.7 16.5 3.0 10.8 7.9 4.5 2.1 4.2 2.2
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 269.5 3.1 260.8 4.2 259.7 49.9 247.5 4.8 248.2 4.8
11 740.8 5.0 740.9 4.3 742.9 5.0 732.1 5.0 732.0 5.0
12 154.0 2.8 165.0 4.9 160.5 26.5 159.1 3.5 159.1 3.5
13 61.4 2.7 68.0 4.5 66.7 20.6 67.3 3.2 67.3 3.2
14 3.1 2.7 2.3 8.3 3.2 4.4 3.2 2.6 3.2 2.6
15 1.3 2.7 1.0 4.5 1.3 1.9 1.3 2.3 1.3 2.3

########### Z=6_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 7.0 2.9 8.0 4.8 5.5 2.3 4.8 2.4 5.1 2.4
11 62.6 2.9 64.4 6.2 57.1 3.3 56.1 3.3 57.0 3.0
12 305.1 4.0 293.6 5.4 294.2 5.9 293.2 5.9 294.0 4.6
13 309.3 4.0 309.6 5.5 313.9 4.3 313.8 4.3 313.8 3.7
14 155.2 3.2 160.9 6.0 165.7 4.1 165.8 4.1 165.5 3.3
15 25.7 2.9 47.5 10.0 29.1 3.3 29.1 3.3 28.9 3.2
16 8.3 2.9 0.3 24.9 8.9 3.3 8.9 3.3 8.7 3.2
17 1.1 2.9 3.9 3.5 1.7 1.7 1.7 3.0 1.5 2.9
########### Z=7_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 8.5 3.0 9.3 5.3 5.6 3.9 5.3 5.1 5.6 2.6
13 6.8 3.0 7.0 3.4 5.6 4.9 5.2 2.9 5.5 2.4
14 75.8 3.3 73.3 6.5 68.4 4.9 66.8 10.5 68.3 5.0
15 220.0 5.0 212.3 6.0 218.8 5.1 217.7 5.0 218.7 5.0
16 57.1 3.2 69.9 6.6 62.2 4.3 62.4 7.2 62.1 4.3
17 25.1 3.0 20.8 7.7 28.1 4.1 28.2 6.1 28.0 4.2
18 5.5 3.0 12.8 11.4 5.5 3.7 5.4 3.8 5.4 3.5
19 5.2 2.9 3.0 2.3 6.3 3.8 6.4 4.2 6.2 3.8
########### Z=8_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
14 0.8 3.3 1.4 1.1 0.7 0.6 0.7 1.2 0.8 1.2
15 6.0 3.4 3.8 2.7 5.9 2.8 5.9 3.2 6.0 3.2
16 69.6 4.7 84.2 7.7 68.2 6.1 68.0 6.1 68.2 6.1
17 46.9 4.2 29.5 2.8 47.2 4.4 47.0 4.5 47.2 4.5
18 47.1 4.0 59.5 8.5 48.4 4.1 48.3 4.1 48.4 4.1
19 13.7 3.5 6.0 22.1 13.7 3.7 13.7 3.7 13.7 3.7
20 9.4 3.3 10.1 5.2 9.7 3.4 9.7 3.4 9.7 3.4
21 0.4 6.0 0.6 1.2 0.1 0.5 0.1 0.2 0.1 0.2
22 3.4 3.2 2.9 6.4 3.7 4.8 3.7 3.2 3.7 3.2

########### Z=9_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


16 0.0 233.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
17 0.6 4.2 0.0 0.6 0.6 0.6 0.6 1.1 0.4 1.2
18 10.9 3.4 14.5 7.8 10.2 3.2 10.1 3.2 9.9 3.2
19 37.5 4.3 36.6 6.8 37.0 4.4 36.9 4.4 36.7 4.2
20 36.5 4.3 39.4 7.3 36.9 4.4 36.0 4.4 36.7 4.2
21 26.9 3.9 20.6 4.4 27.7 4.1 26.4 4.1 27.4 3.9
22 1.4 3.2 2.0 3.2 1.0 1.2 0.9 1.3 0.8 1.5
23 0.0 219.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
24 0.0 277.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_Sn124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


18 0.0 19.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
19 3.4 3.8 4.2 5.0 2.9 3.1 2.7 2.5 2.9 2.6
20 13.9 4.3 10.5 2.8 13.8 4.4 13.6 4.5 13.8 4.5
21 31.0 6.0 24.0 13.1 28.0 5.6 28.0 5.6 28.0 5.7
22 42.6 6.6 47.7 25.3 44.2 5.9 44.1 5.8 44.2 5.8
23 13.0 4.6 17.1 22.0 15.0 5.0 15.0 5.2 15.0 5.1
24 2.3 3.7 2.7 4.6 2.4 3.4 2.4 4.1 2.4 4.1
25 1.3 3.6 0.0 0.1 1.0 1.9 1.0 2.0 1.0 1.8
26 1.8 3.5 2.9 4.2 2.5 3.3 2.3 4.1 2.5 4.3

Fig. B.5 – Taux de production obtenus pour le système 124 Sn (0, 8 ≤ Zbound /Zproj ≤ 1, 0).
134 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_Sn124_zbound_final_Inclusive
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn124_Inclusive ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 150649.6 2.7 134117.6 4.7 133930.9 4.9 116054.6 4.4 119660.8 4.5
4 750867.4 5.1 754031.4 5.2 754107.6 5.2 733487.6 5.1 736306.0 5.1
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 11906.6 2.6 19161.7 7.6 15769.6 3.2 15917.5 3.3 15506.6 3.3
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=3_Sn124_Inclusive ###########
3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 1 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 52293.9 3.9 49455.5 5.5 49126.4 6.4 46264.8 6.1 46291.2 6.1
7 85783.2 5.1 86924.8 4.6 87404.6 5.6 84903.6 5.4 84873.4 5.4
8 18825.0 3.0 22260.7 6.9 20907.0 3.7 20423.1 3.6 20444.4 3.6
9 4470.7 2.9 6062.3 7.1 5455.2 3.6 5437.0 3.4 5428.2 3.4
10 77.6 2.5 110.4 4.7 124.9 3.4 125.1 3.4 123.3 3.4
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=4_Sn124_Inclusive ###########


5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 15341.6 3.7 13627.8 4.7 13580.1 5.3 12943.7 5.1 12883.9 5.1
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 20501.0 4.2 20548.1 5.6 20710.4 4.2 20057.7 4.1 20029.8 4.1
10 18891.5 3.9 20428.1 5.9 20368.1 4.6 20057.4 4.5 20074.1 4.5
11 1444.1 2.8 1977.2 6.9 1698.7 3.2 1663.4 3.0 1677.5 3.0
12 508.6 2.8 596.8 5.4 635.5 3.3 631.3 3.1 632.8 3.1
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn124_Inclusive ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 776.2 2.7 882.5 2.9 615.8 2.5 361.1 2.2 329.9 2.2
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 10950.2 3.0 10837.0 5.7 10433.2 4.4 9868.5 4.3 9927.5 4.4
11 33287.1 4.9 33010.5 5.2 33319.0 4.9 32953.0 4.9 32944.0 4.9
12 7745.6 2.8 8648.1 6.1 8148.5 3.7 8159.0 3.7 8171.1 3.6
13 2780.2 2.7 3197.9 6.0 3085.3 3.3 3121.9 3.2 3129.9 3.2
14 236.1 2.7 349.5 8.3 284.2 3.0 279.1 2.9 285.6 2.9
15 78.7 2.7 67.9 5.4 94.2 3.2 89.2 2.9 92.4 2.9
########### Z=6_Sn124_Inclusive ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 582.7 2.9 655.3 3.2 456.1 2.6 379.9 2.5 383.9 2.5
11 3365.7 2.9 3495.1 6.5 3064.7 3.2 2985.9 3.3 3023.4 3.3
12 14806.1 4.0 14113.3 5.5 14286.4 5.6 14154.1 5.6 14245.7 5.5
13 15875.0 4.1 16014.4 5.9 16052.7 4.3 15980.3 4.2 16027.2 4.2
14 8770.6 3.3 9392.5 6.4 9300.6 4.2 9293.6 4.2 9285.9 4.1
15 1343.6 2.9 1516.0 6.5 1473.0 3.3 1471.8 3.2 1455.4 3.2
16 455.9 2.9 510.8 7.6 523.2 3.3 522.8 3.2 504.4 3.2
17 76.7 2.9 101.7 10.8 87.6 3.4 86.6 3.2 65.9 3.4

########### Z=7_Sn124_Inclusive ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 210.1 3.0 228.0 3.4 174.4 3.0 154.9 2.7 156.6 2.7
13 568.7 3.0 649.1 5.8 522.9 2.9 513.6 3.0 514.2 2.8
14 4688.2 3.3 4789.4 6.6 4529.3 3.2 4499.4 3.2 4519.0 3.3
15 14201.8 5.1 13973.4 5.9 14210.8 5.1 14190.5 5.1 14196.3 5.1
16 3189.3 3.1 3410.6 6.6 3285.4 3.2 3281.9 3.1 3275.2 3.2
17 1890.8 3.0 1952.1 7.1 2006.9 3.2 2002.7 3.1 1996.3 3.2
18 440.9 3.0 587.9 10.9 476.8 3.2 471.2 3.3 466.5 3.3
19 123.9 3.0 94.3 5.8 139.0 3.4 129.1 3.0 127.7 3.0
########### Z=8_Sn124_Inclusive ###########
14 112.6 3.2 103.7 6.4 101.1 3.4 94.8 2.9 96.0 2.9
15 582.0 3.2 669.2 28.0 564.0 3.2 564.0 3.1 563.1 3.1
16 5302.1 4.5 5142.1 6.3 5180.2 4.5 5179.6 4.5 5178.8 4.5
17 3627.9 3.9 3665.1 7.2 3645.0 4.0 3642.6 4.0 3643.8 4.0
18 3496.9 3.8 3524.0 7.5 3599.1 3.9 3594.2 3.9 3597.8 3.9
19 1117.7 3.3 1212.4 8.2 1159.8 3.5 1158.9 3.4 1158.8 3.4
20 432.3 3.2 461.3 7.6 463.5 3.5 463.5 3.4 462.4 3.4
21 75.1 3.2 83.2 8.3 76.1 3.6 76.1 3.3 75.0 3.3
22 19.1 3.2 10.0 39.3 19.8 3.6 19.8 3.3 18.6 3.3
########### Z=9_Sn124_Inclusive ###########
16 37.6 3.4 38.9 4.0 32.1 3.1 26.4 3.2 28.1 3.2
17 182.0 3.4 205.8 6.2 177.6 3.2 176.4 3.3 177.6 3.3
18 1031.5 3.7 973.2 6.8 997.4 4.8 995.2 4.8 997.3 4.8
19 2888.8 4.8 2822.8 7.8 2830.2 6.4 2828.0 6.4 2830.0 6.4
20 2890.1 4.8 2958.5 8.9 2918.0 5.2 2917.9 5.2 2918.0 5.2
21 1605.6 3.9 1596.2 8.5 1658.9 5.0 1659.2 4.9 1659.1 4.9
22 405.5 3.5 483.3 10.9 413.6 4.0 413.7 3.9 413.6 3.9
23 121.2 3.4 78.3 6.6 126.1 3.8 126.2 3.6 126.1 3.6
24 13.5 3.4 28.8 7.1 10.1 3.7 10.1 3.5 10.2 3.5

########### Z=10_Sn124_Inclusive ###########


18 49.8 3.4 46.8 3.9 44.7 3.2 41.5 3.1 40.5 3.0
19 125.3 3.4 152.7 4.0 126.9 3.2 126.9 3.3 125.9 3.3
20 1122.6 3.9 1073.7 7.3 1089.9 3.7 1089.9 3.8 1089.6 3.8
21 2453.8 4.9 2445.5 8.9 2417.5 4.9 2417.3 4.9 2417.3 4.9
22 2847.1 5.2 2895.3 7.7 2887.4 5.2 2886.9 5.2 2887.2 5.1
23 947.3 3.8 905.4 7.6 964.7 3.8 964.3 3.8 964.7 3.8
24 374.8 3.5 439.8 9.0 386.0 3.6 386.0 3.6 386.1 3.5
25 77.2 3.4 37.9 3.5 74.0 3.7 74.0 3.7 74.0 3.6
26 12.2 3.4 28.8 6.7 11.6 3.7 11.7 3.6 11.7 3.6

Fig. B.6 – Taux de production obtenus pour le système 124 Sn (données inclusives).
135

fout_a.par_mass_Sn107_zbound_final_0.0_0.2
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 25973.1 3.4 22932.7 4.5 22931.1 5.9 21213.5 5.7 21470.4 5.7
4 47986.1 4.7 49816.9 5.3 49819.0 5.3 48404.3 5.2 48291.5 5.2
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 487.0 2.6 911.4 9.1 728.1 3.6 673.2 3.5 661.4 3.4
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 4609.7 4.7 4375.4 5.7 4365.5 8.7 4169.2 8.3 4149.4 8.3
7 5116.4 4.9 5305.7 6.2 5337.9 6.1 5222.9 6.0 5235.6 6.0
8 781.8 3.1 1028.5 8.0 912.8 3.8 901.5 3.7 900.1 3.7
9 171.9 3.0 206.3 6.4 218.7 3.7 218.9 3.8 217.9 3.8
10 3.5 3.0 7.5 4.6 6.0 3.3 5.9 3.9 5.7 3.8
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 1800.5 5.0 1753.1 4.2 1752.8 14.1 1690.5 14.0 1692.6 13.8
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 697.2 3.1 784.2 5.7 788.7 4.7 771.8 4.7 774.0 4.7
10 424.3 2.8 517.8 5.0 519.6 4.2 514.0 4.1 515.6 4.1
11 27.0 2.7 53.7 10.1 38.0 3.7 37.3 3.6 37.2 3.5
12 5.0 2.7 3.1 3.6 7.7 3.6 6.5 3.4 7.0 3.5
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 116.5 3.0 128.4 3.5 104.0 3.0 80.0 3.3 80.6 3.3
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 675.9 3.7 656.2 5.8 657.5 4.2 634.8 5.7 634.4 5.7
11 1228.1 4.8 1227.5 6.1 1236.4 4.8 1234.5 5.1 1235.3 5.1
12 216.3 3.0 241.6 6.5 224.5 3.2 227.1 3.5 226.6 3.5
13 51.4 3.0 40.0 4.9 54.1 3.2 54.9 3.2 54.7 3.2
14 4.6 3.0 17.2 10.4 4.9 2.9 4.7 3.0 4.5 2.9
15 3.4 3.0 0.1 12.4 3.9 4.8 4.2 3.1 3.9 3.0
########### Z=6_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 52.9 3.1 61.8 3.4 48.1 2.9 43.1 2.9 40.6 2.9
11 264.8 3.6 256.0 6.4 255.7 3.6 255.4 3.7 254.4 3.7
12 460.8 4.3 458.1 5.8 458.0 4.4 457.6 4.4 457.0 4.4
13 346.9 3.8 351.9 5.9 354.3 3.9 353.5 3.9 353.5 3.9
14 127.7 3.2 130.5 7.5 133.4 3.4 132.4 3.4 133.0 3.4
15 8.6 3.1 4.8 2.5 7.9 3.3 7.7 3.1 7.5 3.1
16 5.4 3.1 14.6 10.8 7.0 2.9 7.0 3.2 6.6 3.1
17 2.8 3.1 0.6 13.0 3.5 4.3 3.5 2.9 3.0 2.8

########### Z=7_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 8.4 3.3 9.2 5.5 7.7 3.0 7.1 3.0 6.6 3.0
13 49.4 3.5 50.8 7.0 47.5 3.4 47.5 3.5 47.3 3.5
14 171.7 4.4 171.6 6.3 168.7 4.7 168.7 4.5 168.6 4.5
15 228.2 5.0 219.1 5.8 231.4 5.1 231.4 5.0 231.3 5.0
16 34.4 3.4 49.0 8.1 35.0 3.5 34.7 3.5 35.0 3.4
17 19.4 3.3 11.4 4.7 20.0 3.5 19.1 3.4 20.0 3.4
18 6.8 3.3 5.1 3.5 6.3 3.4 6.1 3.2 6.3 3.2
19 1.6 3.3 5.4 8.0 1.8 2.2 1.9 3.2 1.8 3.2
########### Z=8_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
14 6.3 3.7 5.8 4.0 6.0 3.8 6.0 4.0 5.8 4.0
15 20.4 4.6 24.0 10.6 19.8 6.8 19.7 6.7 19.6 6.8
16 49.8 6.2 45.1 7.0 50.3 10.3 50.4 10.2 50.0 10.2
17 17.1 4.4 19.8 8.6 17.3 4.7 16.6 4.8 17.1 4.8
18 18.9 4.2 13.2 7.6 19.6 4.4 17.5 4.4 19.4 4.4
19 3.8 3.8 2.8 2.5 3.3 4.8 3.0 5.5 3.1 5.5
20 1.8 3.7 6.8 7.8 2.1 2.5 2.2 3.7 1.9 3.5
21 0.9 4.1 0.0 0.8 0.9 1.2 0.9 1.8 0.7 1.9
22 0.0 210.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
16 3.9 4.4 3.0 4.1 3.1 3.6 4.1 3.7 4.3 3.8
17 0.9 6.1 0.0 1.5 0.9 0.6 1.6 1.5 1.6 1.5
18 5.6 4.7 8.6 10.5 5.1 5.2 5.0 3.6 5.0 3.6
19 8.3 7.6 3.1 14.5 7.8 8.9 8.6 5.9 8.6 5.8
20 28.9 10.9 28.5 11.6 28.2 8.1 27.5 7.4 27.5 7.4
21 9.7 7.7 15.1 11.7 10.7 5.7 10.8 5.6 10.9 5.6
22 5.8 6.1 4.3 6.0 6.7 8.2 6.1 5.6 6.1 5.5
23 2.1 5.5 1.6 5.8 0.9 3.6 1.4 1.1 1.4 1.1
24 2.5 4.7 3.6 6.6 3.5 4.2 3.2 5.8 3.1 5.8
########### Z=10_Sn107_Zbound_Zp=0.0_0.2 ##########
18 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 2.1
19 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 2.3
20 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 2.6
21 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 2.8
22 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 2.9
23 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 3.1
24 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 3.3
25 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 0.0 3.5
26 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 −0.0 −0.0 −3.6

Fig. B.7 – Taux de production obtenus pour le système 107 Sn (0, 0 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 2).
136 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_Sn107_zbound_final_0.2_0.4
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 24468.4 3.1 21365.6 4.8 21363.1 5.3 19094.0 4.8 19371.4 4.9
4 88351.6 5.4 89224.2 5.5 89225.8 5.5 86913.9 5.4 86928.0 5.4
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 710.6 2.8 1134.2 8.3 974.7 3.7 954.9 3.6 926.6 3.5
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 7977.4 4.8 7520.4 5.8 7508.6 8.6 7212.4 8.4 7189.1 8.4
7 9073.4 5.0 9419.8 6.1 9461.8 6.1 9298.3 6.1 9315.3 6.1
8 1373.0 3.2 1737.7 8.0 1599.4 4.1 1579.4 3.9 1582.9 3.8
9 231.2 3.1 269.3 6.0 296.5 4.0 297.1 4.0 295.4 3.9
10 6.2 3.1 16.9 11.1 7.9 4.1 7.7 4.0 7.4 4.1
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 3975.2 4.9 3792.2 5.2 3792.5 11.9 3686.6 11.6 3681.4 11.6
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 2104.0 3.4 2400.3 6.1 2396.3 5.0 2341.4 4.9 2342.4 4.9
10 1185.3 2.9 1460.4 6.5 1468.3 4.2 1451.1 4.2 1449.5 4.1
11 51.3 2.7 83.6 5.4 76.0 3.5 75.3 3.7 74.1 3.7
12 13.8 2.7 22.9 5.3 23.7 3.9 23.5 3.8 23.3 3.8
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 262.8 2.9 287.4 3.6 236.2 2.8 192.6 3.0 189.2 3.0
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 2303.4 3.7 2265.6 4.5 2242.2 3.9 2199.0 6.0 2195.5 6.0
11 4061.4 4.8 4034.6 4.5 4095.3 4.7 4085.7 5.3 4090.8 5.2
12 579.1 3.0 693.1 5.2 604.1 3.1 604.7 3.4 608.2 3.3
13 156.5 2.9 152.0 4.7 170.4 3.1 170.5 3.2 172.6 3.1
14 13.3 2.9 36.6 5.8 16.3 3.1 15.6 3.3 16.9 3.1
15 1.2 2.9 0.0 0.8 1.2 1.4 0.4 2.6 1.2 2.0
########### Z=6_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 178.5 3.1 199.1 3.4 161.7 2.9 151.8 2.9 152.5 2.9
11 1210.1 3.4 1212.0 4.8 1153.1 7.2 2883.0 7.2 2887.3 7.2
13 2163.6 3.9 2252.1 4.9 2219.7 5.4 1145.1 5.3 1150.0 5.4
12 2923.9 4.5 2809.1 4.6 2890.4 7.2 2883.0 7.2 2887.3 7.2
13 2163.6 3.9 2252.1 4.9 2219.7 4.8 2217.6 4.8 2218.1 4.8
14 728.3 3.2 792.9 5.1 771.2 3.8 771.4 3.8 770.0 3.8
15 76.3 3.0 65.2 4.5 76.8 3.4 76.7 3.3 75.0 3.4
16 12.2 3.0 21.6 5.9 13.5 3.4 13.6 3.3 11.7 3.4
17 2.0 3.0 0.2 1.6 1.8 2.9 1.8 3.2 0.0 4.2

########### Z=7_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 40.0 3.2 26.0 5.5 36.0 3.1 33.0 3.0 32.6 3.1
13 165.2 3.3 212.9 10.1 160.5 3.7 157.8 3.7 159.9 3.7
14 1088.6 4.2 1004.4 7.5 1061.3 7.2 1057.9 7.3 1060.7 7.3
15 1772.2 5.2 1836.2 7.4 1792.6 6.0 1792.8 6.0 1792.9 6.0
16 243.6 3.4 204.0 5.9 248.0 3.9 248.2 3.9 248.1 3.9
17 101.7 3.3 144.3 7.0 107.4 3.6 107.7 3.6 107.5 3.6
18 11.1 3.2 0.1 6.5 10.6 3.5 10.6 3.3 10.6 3.3
19 2.9 3.2 6.2 6.9 3.3 4.3 3.4 3.0 3.3 3.0

########### Z=8_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


14 31.6 3.3 29.6 13.5 30.3 3.1 28.3 3.1 28.8 3.1
15 237.9 3.6 269.1 8.7 230.1 3.7 229.3 3.5 230.1 3.5
16 929.8 5.3 895.6 8.3 919.8 5.7 919.0 5.6 919.7 5.6
17 538.6 4.2 506.1 8.0 546.5 4.3 546.3 4.3 546.3 4.4
18 283.7 3.6 315.9 11.5 292.9 3.8 292.9 3.7 292.9 3.7
19 66.8 3.4 94.5 10.9 70.0 3.7 70.1 3.6 70.0 3.6
20 11.8 3.3 0.1 8.5 11.3 3.7 11.3 3.4 11.2 3.4
21 3.5 3.3 6.4 9.6 3.6 4.8 3.6 3.2 3.5 3.2
22 2.8 3.3 2.5 5.7 3.2 4.2 3.2 3.1 3.1 3.1
########### Z=9_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
16 12.2 3.6 11.2 4.2 11.5 3.3 9.3 3.4 10.2 3.4
17 54.1 4.0 61.2 29.3 52.7 3.7 52.9 3.8 52.9 3.8
18 207.3 5.2 206.1 9.5 201.6 5.2 201.5 5.3 201.5 5.3
19 327.4 6.3 340.8 11.5 327.4 6.1 327.1 6.4 327.2 6.5
20 230.3 5.4 211.5 9.2 234.9 5.2 234.5 5.4 234.8 5.4
21 99.4 4.2 98.9 9.6 101.2 4.3 101.0 4.2 101.2 4.2
22 23.9 3.8 26.5 6.9 24.6 4.1 24.7 3.9 24.7 3.9
23 1.7 3.6 0.0 5.2 1.3 2.0 1.3 2.1 1.3 2.0
24 0.6 4.9 1.7 2.2 1.0 0.9 1.0 1.5 0.9 1.5
########### Z=10_Sn107_Zbound_Zp=0.2_0.4 ##########
18 33.1 3.5 59.5 5.4 32.6 3.5 31.4 2.9 31.4 3.0
19 109.0 4.9 101.8 8.6 129.4 5.1 136.3 4.2 136.9 4.2
20 172.0 5.0 168.5 19.2 117.6 7.7 107.7 4.8 107.8 4.8
21 264.3 6.5 152.8 10.5 237.7 7.6 220.6 5.5 220.8 5.5
22 187.3 5.3 206.9 19.0 128.9 7.7 120.8 4.8 120.8 4.8
23 100.2 4.5 143.2 14.6 156.0 3.4 152.9 4.5 153.4 4.5
24 17.1 3.4 12.8 1.7 28.1 1.2 54.5 1.8 54.6 1.7
25 9.9 3.4 20.9 5.8 17.2 1.0 13.6 3.2 14.7 3.2
26 4.5 3.3 20.4 21.0 8.3 1.5 15.4 1.8 15.5 1.7

Fig. B.8 – Taux de production obtenus pour le système 107 Sn (0, 2 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 4).
137

fout_a.par_mass_Sn107_zbound_final_0.4_0.6
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 19432.1 3.0 17153.0 5.3 17150.2 5.5 14726.4 4.9 15007.2 5.0
4 96113.6 5.6 96528.7 5.7 96529.7 5.7 93976.3 5.6 94093.3 5.6
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 519.3 2.9 862.4 9.2 694.2 3.7 695.6 3.6 677.7 3.6
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 7120.4 5.0 6811.4 4.8 6797.7 9.6 6504.4 9.2 6482.2 9.2
7 7339.6 5.1 7589.0 5.2 7655.9 6.5 7490.5 6.3 7503.9 6.3
8 972.4 3.2 1322.9 6.5 1128.5 3.8 1114.7 3.8 1112.0 3.8
9 158.7 3.2 173.2 5.0 205.1 4.1 205.1 3.9 204.0 3.9
10 5.1 3.2 16.0 5.9 7.8 3.9 7.6 4.0 7.4 4.0
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 3182.0 5.1 2996.0 5.2 2995.1 11.4 2885.0 11.3 2888.1 11.3
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 1837.2 3.6 2085.0 6.2 2095.6 5.1 2052.0 5.1 2053.2 5.1
10 949.4 3.0 1204.1 6.9 1191.6 4.2 1180.7 4.3 1181.2 4.2
11 46.5 2.7 67.2 5.2 66.5 3.8 66.2 3.7 65.9 3.7
12 9.4 2.7 8.4 5.3 11.5 3.7 11.4 3.9 11.5 3.7
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 206.7 3.0 229.8 3.3 176.4 3.1 139.1 2.9 134.6 2.9
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 2065.1 3.7 1991.5 4.5 1999.1 6.3 1955.7 6.3 1952.7 6.3
11 3676.2 4.8 3705.0 4.6 3712.4 5.3 3706.2 5.4 3709.8 5.4
12 519.0 3.0 562.5 5.1 541.7 3.5 544.9 3.5 545.2 3.5
13 147.8 3.0 161.1 4.8 160.6 3.3 162.4 3.3 161.9 3.3
14 11.0 3.0 9.8 4.2 10.8 3.3 10.4 3.2 9.6 3.1
15 2.9 3.0 2.2 6.5 3.1 4.3 3.1 2.9 2.2 2.6
########### Z=6_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 157.8 3.1 152.7 5.2 141.0 2.9 134.4 3.1 133.2 3.1
11 992.7 3.4 1028.7 6.9 935.2 5.3 928.4 5.4 931.2 5.4
12 2829.8 4.7 2673.1 6.4 2788.6 8.1 2783.9 8.1 2786.0 8.1
13 1914.0 3.9 2034.4 7.7 1975.2 5.0 1975.6 5.0 1975.0 5.0
14 642.0 3.2 693.1 9.5 686.0 3.9 686.8 3.9 686.1 3.9
15 81.3 3.1 73.4 5.6 79.8 3.7 79.7 3.5 79.2 3.5
16 27.0 3.1 31.0 5.4 29.3 3.6 29.4 3.5 28.7 3.5
17 0.0 9.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=7_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 41.2 3.3 54.0 3.7 38.3 3.1 34.9 3.2 34.4 3.2
13 158.4 3.4 132.4 5.2 156.4 3.2 156.4 3.3 156.3 3.3
14 1030.5 4.3 1057.6 7.3 1007.5 4.3 1007.2 4.4 1007.4 4.4
15 1759.4 5.4 1720.1 8.0 1779.5 5.5 1778.6 5.5 1779.2 5.5
16 226.5 3.5 263.9 8.3 230.7 3.5 230.6 3.5 230.7 3.5
17 71.7 3.3 75.7 9.0 75.4 3.5 75.5 3.4 75.5 3.4
18 9.8 3.3 4.1 3.3 8.6 3.6 8.6 3.3 8.6 3.3
19 2.3 3.3 1.8 7.3 2.0 3.0 2.0 3.5 2.0 3.5
########### Z=8_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
14 13.2 3.4 8.2 6.3 13.6 3.1 12.6 3.2 12.4 3.2
15 205.5 3.7 234.5 8.8 198.7 3.8 198.7 3.8 198.5 3.8
16 964.7 5.7 944.1 8.3 955.4 6.9 955.4 7.0 955.3 6.8
17 522.2 4.3 455.9 8.6 530.1 4.5 530.0 4.6 530.0 4.6
18 261.0 3.7 354.4 14.1 270.2 3.9 270.2 3.9 270.2 3.9
19 58.1 3.5 27.6 6.1 59.5 3.8 59.5 3.7 59.5 3.8
20 15.4 3.4 26.5 7.1 15.3 3.7 15.3 3.6 15.3 3.6
21 0.0 8.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
22 0.0 356.2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
16 6.4 3.7 8.5 4.5 6.2 2.9 6.1 3.3 6.2 3.3
17 57.1 3.9 69.1 6.5 56.0 3.6 55.7 3.7 56.0 3.7
18 257.5 5.1 252.2 9.6 250.3 5.3 250.0 5.3 250.3 5.3
19 411.4 6.1 382.6 11.5 410.0 6.3 409.9 6.3 410.0 6.3
20 267.3 5.0 250.7 10.3 272.3 5.0 272.3 5.0 272.3 5.0
21 83.6 4.0 137.2 11.1 86.6 4.1 86.6 4.1 86.6 4.2
22 16.1 3.7 0.1 1.4 16.4 3.9 15.8 3.9 16.4 4.0
23 1.3 3.6 2.9 2.6 1.4 1.2 0.9 2.2 1.4 2.1
24 0.0 44.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_Sn107_Zbound_Zp=0.4_0.6 ##########


18 10.6 3.8 5.1 5.1 8.6 3.1 8.0 3.2 8.0 3.2
19 50.7 4.6 60.6 7.4 46.4 5.3 46.4 5.3 46.4 5.3
20 271.8 6.1 245.8 9.6 258.2 14.3 258.0 14.6 258.0 14.6
21 398.5 7.6 406.0 17.0 395.6 15.2 395.5 15.6 395.5 15.6
22 318.4 6.8 348.3 12.6 340.7 10.8 340.9 11.3 340.9 11.3
23 56.2 4.9 33.6 7.5 53.9 6.8 53.9 6.8 53.9 6.8
24 11.2 3.8 20.9 7.5 11.6 4.6 11.6 4.8 11.6 4.8
25 1.5 3.8 0.0 6.4 1.3 1.9 1.3 2.1 1.3 2.1
26 1.9 3.7 1.9 3.3 2.1 2.6 2.0 3.4 2.0 3.4

Fig. B.9 – Taux de production obtenus pour le système 107 Sn (0, 4 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 6).
138 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_Sn107_zbound_final_0.6_0.8
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 11649.8 3.0 10513.5 5.6 10511.9 5.8 8822.5 4.9 8887.5 5.0
4 71364.2 5.7 71512.2 5.8 71512.7 5.7 69714.8 5.6 69764.3 5.6
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 234.4 2.9 415.2 10.3 302.4 3.5 313.3 3.6 308.4 3.6
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 3862.8 5.3 3712.0 4.7 3710.4 11.2 3564.3 10.9 3559.4 10.9
7 3152.9 4.6 3335.3 5.2 3345.5 6.4 3276.8 6.3 3280.8 6.3
8 360.3 3.1 461.5 6.2 424.6 3.7 419.7 3.9 419.4 3.9
9 36.5 3.1 42.0 5.0 48.2 3.8 48.2 4.0 47.9 4.0
10 0.6 4.0 2.5 3.4 1.2 0.8 1.1 1.8 1.1 1.8
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 1504.1 4.9 1426.6 5.1 1427.5 11.8 1384.2 11.7 1381.9 11.7
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 835.0 3.5 965.9 6.2 954.5 5.2 938.2 5.1 938.0 5.1
10 402.8 2.9 483.3 6.3 497.6 4.1 494.2 4.2 493.7 4.2
11 20.1 2.7 26.0 5.4 24.6 3.9 24.6 3.7 24.4 3.7
12 7.7 2.7 5.7 20.4 8.8 3.8 8.8 3.7 8.8 3.7
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 86.7 2.9 92.9 7.2 77.6 3.0 62.9 2.9 61.2 2.9
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 954.5 3.8 938.6 5.6 931.3 5.8 910.0 6.6 909.7 6.6
11 1428.8 4.7 1421.1 5.5 1444.1 4.6 1439.3 5.4 1440.0 5.4
12 176.1 3.0 221.6 6.7 185.0 3.2 186.1 3.3 186.1 3.3
13 35.6 2.9 27.2 4.4 38.0 3.2 38.3 3.1 38.3 3.1
14 0.0 38.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
15 0.0 51.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=6_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 61.2 3.1 66.3 4.8 54.2 2.9 53.2 3.0 53.2 2.9
11 424.4 3.4 417.4 4.6 400.4 5.6 400.3 5.7 399.8 5.7
12 1220.1 4.7 1173.7 4.6 1207.2 8.8 1206.4 8.8 1206.4 8.8
13 695.4 3.7 753.7 5.1 722.0 4.9 720.0 4.9 721.5 4.9
14 243.0 3.2 250.3 5.2 261.7 3.9 260.9 4.0 261.2 4.0
15 21.9 3.0 22.0 4.5 20.1 3.6 20.2 3.6 19.6 3.5
16 2.7 3.1 3.3 5.2 3.5 4.3 3.5 3.2 3.0 3.1
17 0.6 4.0 3.0 2.8 1.3 0.7 1.4 2.0 0.7 2.3

########### Z=7_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 14.4 3.2 9.2 4.3 12.7 4.8 12.1 3.0 12.5 4.5
13 54.8 3.3 75.5 9.7 52.7 10.5 51.4 3.5 52.5 9.5
14 419.9 4.2 393.1 7.6 410.8 37.0 408.1 7.3 410.4 33.1
15 629.3 5.1 635.6 7.3 636.3 6.0 636.0 6.0 636.0 5.9
16 73.1 3.3 84.5 9.8 74.9 6.9 75.0 3.6 74.7 6.4
17 24.9 3.2 24.9 6.1 26.4 5.2 26.4 3.4 26.1 4.8
18 2.6 3.2 1.9 7.7 2.2 3.4 2.1 3.8 1.9 3.6
19 0.0 62.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=8_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
14 5.1 3.4 6.7 4.3 5.0 5.1 4.5 3.0 4.2 3.0
15 82.1 3.7 81.6 6.8 79.4 7.1 79.4 3.6 79.3 7.1
16 381.9 5.7 370.9 7.6 378.0 21.6 378.0 6.1 378.0 21.7
17 165.2 4.1 178.1 8.9 168.9 8.2 168.9 4.3 168.9 8.2
18 87.8 3.6 83.0 7.8 90.8 5.3 90.7 3.8 90.8 5.4
19 24.8 3.5 31.5 9.2 25.5 4.1 25.4 3.8 25.5 4.1
20 4.8 3.4 2.9 11.9 4.3 3.4 4.3 3.5 4.3 3.5
21 0.0 20.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
22 0.0 565.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
16 3.2 3.6 3.3 4.4 2.6 3.0 2.6 3.0 2.6 3.0
17 26.8 4.0 33.2 17.7 24.4 10.8 24.3 10.8 24.3 10.8
18 119.0 6.0 103.1 8.5 111.9 26.9 111.9 26.8 111.9 26.9
19 102.2 5.6 84.3 23.3 103.7 11.8 103.6 11.8 103.6 11.8
20 69.1 4.7 91.8 47.9 74.1 4.9 74.1 4.9 74.1 5.1
21 24.4 4.7 30.6 42.6 27.9 6.0 27.9 6.1 27.9 6.2
22 4.0 3.8 2.5 10.5 2.5 5.7 2.5 4.4 2.4 4.3
23 0.0 14.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
24 0.4 8.4 1.0 1.5 0.7 0.6 0.0 0.9 0.6 1.3

########### Z=10_Sn107_Zbound_Zp=0.6_0.8 ##########


18 5.3 3.2 5.0 4.2 4.9 2.6 4.4 2.9 4.3 2.9
19 11.6 3.4 14.1 4.1 11.4 3.1 11.4 3.3 11.4 3.3
20 80.1 4.6 77.1 6.6 78.3 5.8 78.3 5.8 78.3 5.9
21 93.4 5.1 85.2 8.7 92.5 5.8 92.4 5.8 92.5 5.8
22 86.6 4.8 106.8 9.8 88.1 5.1 87.7 5.1 88.1 4.9
23 45.1 3.9 27.6 3.4 46.1 4.4 45.8 4.3 46.1 4.3
24 13.3 3.3 20.7 6.7 13.6 4.0 13.6 4.0 13.6 4.0
25 2.3 3.2 0.6 3.2 1.7 2.8 1.7 3.0 1.7 3.0
26 1.8 3.1 2.9 5.0 2.2 2.6 2.2 3.9 2.2 3.9

Fig. B.10 – Taux de production obtenus pour le système 107 Sn (0, 6 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 8).
139

fout_a.par_mass_Sn107_zbound_final_0.8_1.0
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 3004.8 3.1 2884.1 7.1 2834.2 2.9 2350.1 5.6 2284.6 5.5
4 23184.4 5.9 23193.6 5.9 23198.2 5.9 22723.1 5.8 22760.3 5.9
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 38.2 3.0 88.5 5.6 44.1 3.2 43.4 3.4 33.2 3.7
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 619.1 5.9 593.7 4.9 594.9 7.4 573.1 6.2 572.4 6.3
7 372.7 4.3 403.9 5.5 415.2 4.4 407.4 4.3 407.6 4.4
8 31.3 3.2 67.9 56.6 40.7 4.0 40.2 3.9 40.3 4.1
9 6.4 3.2 1.8 2.1 9.4 4.1 9.3 4.1 9.3 4.3
10 0.4 5.7 1.3 1.5 0.7 0.9 0.7 1.1 0.7 1.1
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 231.6 5.4 226.2 5.6 226.2 17.2 219.5 17.4 221.2 17.2
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 86.5 3.2 98.1 6.4 98.1 5.3 96.4 5.4 96.6 5.5
10 34.8 2.9 42.2 6.5 42.2 3.9 42.1 4.0 41.9 3.9
11 0.0 59.9 0.0 0.0 0.1 0.1 0.1 0.1 0.0 0.2
12 0.0 319.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=5_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 14.6 2.9 16.4 7.1 6.4 6.8 5.2 1.9 4.7 1.8
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 142.7 4.7 129.2 5.3 134.0 21.1 129.1 5.3 129.7 5.2
11 130.2 4.3 144.0 6.3 138.4 4.2 136.4 4.2 136.8 4.2
12 12.2 2.9 11.7 4.6 13.9 3.6 13.9 3.3 14.0 3.3
13 1.2 2.8 1.1 2.2 0.5 2.4 0.6 0.9 0.6 0.9
14 0.0 262.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
15 0.0 263.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=6_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 8.4 3.0 9.2 5.5 7.4 2.8 7.0 2.9 7.3 2.9
11 50.9 3.3 53.2 4.5 48.4 5.9 48.2 6.0 48.3 5.9
12 130.4 4.8 122.9 5.2 130.2 9.1 129.9 9.2 130.2 9.1
13 62.2 3.5 70.5 7.4 65.1 4.6 64.9 4.7 65.0 4.7
14 13.3 3.0 16.0 5.3 14.8 3.4 14.8 3.4 14.8 3.5
15 0.6 3.4 0.0 0.6 0.8 0.7 0.8 1.3 0.7 1.4
16 0.3 8.4 1.1 1.1 0.5 0.4 0.5 0.9 0.5 0.9
17 0.0 295.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=7_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 1.8 3.1 0.0 1.1 1.5 1.8 1.3 2.5 1.5 2.6
13 4.6 3.2 18.9 16.3 4.4 5.0 3.9 3.1 4.4 3.3
14 45.7 5.0 27.2 15.4 45.0 7.9 44.0 7.9 45.0 7.9
15 32.4 4.3 41.8 5.8 33.1 4.3 32.7 4.3 33.1 4.3
16 3.0 3.3 0.1 14.6 2.7 3.8 2.8 2.8 2.7 2.8
17 1.2 3.2 2.1 3.5 1.2 1.1 1.2 1.8 1.2 1.9
18 0.0 2.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
19 0.0 3.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=8_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
14 2.4 2.7 2.3 2.5 2.1 2.8 1.8 2.2 2.0 2.7
15 6.2 2.9 5.3 6.0 5.8 4.4 5.5 3.7 5.7 5.0
16 27.4 4.6 27.2 5.2 26.9 14.6 26.8 10.9 26.8 16.7
17 8.9 2.9 9.6 4.7 9.5 5.1 9.5 4.3 9.4 5.6
18 5.5 2.8 5.3 4.8 5.9 4.0 5.8 3.5 5.8 4.0
19 0.1 34.8 0.4 0.3 0.2 0.2 0.1 0.3 0.2 0.3
20 0.0 51.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
21 0.0 51.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
22 0.0 51.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
16 1.4 2.8 1.0 0.9 1.4 1.3 1.4 2.4 1.4 2.4
17 0.0 23.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
18 10.6 4.3 10.4 5.9 10.4 3.8 10.4 4.4 10.4 4.4
19 7.4 3.8 8.1 5.6 7.6 3.1 7.6 3.7 7.6 3.7
20 3.2 3.0 2.4 2.7 3.2 3.9 3.2 2.9 3.2 2.9
21 0.5 4.1 1.6 1.5 0.6 0.7 0.6 1.3 0.6 1.3
22 2.7 3.0 2.0 7.4 2.7 3.7 2.7 4.6 2.7 4.6
23 0.0 29.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
24 0.0 34.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_Sn107_Zbound_Zp=0.8_1.0 ##########


18 0.0 22.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
19 0.0 18.2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
20 5.4 4.4 3.3 4.4 4.8 2.6 4.8 4.2 4.8 4.2
21 3.7 3.8 7.8 9.0 3.6 4.1 3.6 3.3 3.6 3.3
22 5.5 4.4 3.4 8.1 5.9 3.1 5.9 4.0 5.9 4.1
23 0.0 17.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
24 1.0 3.1 0.7 4.0 0.9 1.4 0.9 1.5 0.9 1.5
25 0.0 17.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
26 0.0 14.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Fig. B.11 – Taux de production obtenus pour le système 107 Sn (0, 8 ≤ Zbound /Zproj ≤ 1, 0).
140 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_Sn107_zbound_final_Inclusive
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_Sn107_Inclusive ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 85703.3 3.1 74384.4 5.0 74377.4 5.4 65771.7 4.9 66791.1 4.9
4 328202.5 5.5 331098.2 5.6 331102.3 5.6 322241.2 5.5 322304.2 5.5
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 2041.6 2.8 3405.2 9.0 2839.7 3.8 2867.9 3.6 2689.8 3.6
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=3_Sn107_Inclusive ###########
3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 24222.3 4.9 23045.2 5.4 23010.5 9.3 22036.9 9.0 21970.9 9.0
7 25078.8 5.0 26088.7 6.4 26232.9 6.3 25708.2 6.2 25756.1 6.2
8 3528.3 3.2 4588.0 8.2 4113.0 4.0 4060.1 3.8 4061.4 3.8
9 606.7 3.1 704.4 6.0 780.2 3.9 781.3 4.0 777.1 4.0
10 15.4 2.8 40.7 6.8 22.8 4.3 22.3 4.2 21.6 4.2
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=4_Sn107_Inclusive ###########


5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 10698.6 5.0 10206.2 5.1 10206.1 12.1 9879.9 12.0 9876.4 12.1
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 5556.5 3.4 6337.9 6.1 6337.7 5.0 6205.9 5.0 6208.5 5.0
10 2996.0 2.9 3717.6 6.6 3724.6 4.1 3692.8 4.1 3688.8 4.1
11 145.0 2.7 224.0 5.7 206.9 3.8 206.4 3.6 204.4 3.6
12 36.0 2.7 44.9 5.5 52.2 4.0 52.1 3.8 51.8 3.8
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_Sn107_Inclusive ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 688.2 2.9 758.4 3.3 607.1 3.3 484.8 3.0 475.2 3.0
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 6152.5 3.7 5995.1 5.2 5979.4 6.3 5839.3 6.2 5831.8 6.2
11 10543.0 4.8 10541.9 5.6 10639.6 5.3 10622.2 5.3 10633.3 5.3
12 1502.6 3.0 1736.6 7.1 1568.8 3.4 1578.2 3.4 1582.5 3.4
13 391.2 3.0 377.3 5.4 423.5 3.2 427.1 3.2 429.4 3.2
14 28.5 2.9 66.8 6.6 31.5 3.3 30.1 3.1 31.2 3.1
15 7.5 2.9 0.9 1.7 8.2 3.3 7.6 3.1 7.9 3.1
########### Z=6_Sn107_Inclusive ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 460.7 3.1 513.0 3.5 413.8 3.0 390.5 2.9 395.1 2.9
11 2956.0 3.4 2956.3 4.8 2807.9 5.5 2796.6 5.6 2800.6 5.5
12 7576.0 4.6 7257.3 4.6 7488.0 7.6 7477.0 7.8 7480.3 7.7
13 5191.5 3.9 5475.0 4.9 5343.4 4.8 5340.2 4.9 5339.3 4.8
14 1755.1 3.2 1879.9 5.2 1865.7 3.9 1865.7 3.8 1862.4 3.8
15 187.6 3.1 168.2 4.6 184.8 3.5 184.2 3.4 180.1 3.5
16 47.7 3.1 68.1 5.5 54.5 3.6 54.5 3.6 49.6 3.5
17 5.1 3.1 0.1 11.0 3.9 3.4 3.9 3.3 0.0 6.6

########### Z=7_Sn107_Inclusive ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 106.3 3.3 118.6 3.7 97.5 3.1 90.3 3.1 90.6 3.1
13 433.1 3.4 445.4 6.5 423.4 3.1 420.9 3.3 423.0 3.2
14 2760.6 4.3 2697.9 7.3 2700.8 4.2 2698.3 4.3 2700.6 4.3
15 4427.3 5.2 4455.4 7.6 4476.0 5.3 4475.1 5.3 4475.7 5.3
16 579.9 3.4 591.6 7.8 590.2 3.5 590.3 3.4 590.3 3.4
17 218.6 3.3 261.4 8.5 229.7 3.4 229.8 3.3 229.8 3.3
18 29.5 3.3 10.8 13.5 27.1 3.6 27.1 3.3 27.1 3.3
19 7.4 3.3 13.8 5.7 7.4 3.7 7.4 3.2 7.4 3.3
########### Z=8_Sn107_Inclusive ###########
14 56.8 3.4 50.9 4.4 55.0 3.2 51.6 3.2 51.6 3.2
15 553.1 3.7 618.4 8.7 535.4 3.6 533.9 3.6 535.3 3.6
16 2353.5 5.5 2285.3 8.4 2330.6 5.7 2329.4 5.7 2330.2 5.7
17 1253.3 4.2 1185.4 8.2 1272.2 4.4 1272.1 4.4 1272.0 4.4
18 658.1 3.6 758.3 10.9 680.1 3.8 680.0 3.8 679.9 3.8
19 155.0 3.5 159.8 11.1 160.2 3.7 160.2 3.7 160.0 3.6
20 34.3 3.4 27.0 6.2 33.2 3.8 33.3 3.5 33.1 3.6
21 5.2 3.3 7.4 10.1 4.2 3.4 4.2 3.3 4.0 3.2
22 2.5 3.3 5.0 9.1 3.0 3.3 3.0 3.1 2.8 3.0
########### Z=9_Sn107_Inclusive ###########
16 32.0 3.7 30.5 4.5 30.1 3.4 27.9 3.6 29.8 3.4
17 142.0 4.0 173.9 9.1 139.7 3.8 139.6 3.8 139.6 3.8
18 602.8 5.4 569.7 9.1 586.9 5.7 586.8 5.6 586.7 5.6
19 865.3 6.3 830.9 13.4 864.4 6.5 864.2 6.4 864.2 6.4
20 580.5 5.2 556.1 15.2 591.5 5.3 591.4 5.1 591.3 5.1
21 224.8 4.3 306.7 23.4 232.2 4.4 232.2 4.5 232.0 4.5
22 50.5 3.8 26.9 15.2 51.1 3.9 51.1 4.0 50.9 4.0
23 6.4 3.6 14.5 13.0 5.8 3.7 5.7 3.6 5.6 3.7
24 0.0 17.2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_Sn107_Inclusive ###########


18 21.8 3.7 34.3 4.5 15.8 2.7 14.2 2.9 13.8 2.9
19 113.4 4.3 92.4 8.0 105.2 5.3 104.6 5.6 104.9 5.7
20 603.8 5.9 580.8 9.5 559.4 15.1 558.4 15.6 558.7 15.7
21 873.0 7.2 806.9 15.7 871.2 15.8 870.5 16.3 870.8 16.3
22 622.3 6.2 755.8 17.0 684.3 10.5 684.1 10.7 685.1 10.8
23 116.2 4.7 59.8 8.0 108.3 6.4 107.3 6.8 108.3 6.8
24 26.8 3.8 55.4 11.8 27.5 4.8 27.6 5.3 27.5 4.9
25 6.1 3.7 0.2 4.3 5.4 4.1 5.3 5.2 5.4 4.6
26 0.7 4.9 1.4 2.5 0.4 1.1 0.4 0.7 0.4 0.7

Fig. B.12 – Taux de production obtenus pour le système 107 Sn (données inclusives).
141

fout_a.par_mass_La124_zbound_final_0.0_0.2
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 21725.6 3.4 19188.7 4.8 19186.5 5.9 17581.9 5.5 17815.5 5.6
4 45970.9 5.0 47270.5 5.5 47273.0 5.5 45958.6 5.4 45903.5 5.4
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 514.9 2.7 938.5 9.4 746.7 3.7 699.7 3.5 680.1 3.5
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 5281.6 4.6 5028.7 5.8 5020.2 8.3 4818.2 8.0 4799.3 8.0
7 6038.1 4.9 6229.9 6.2 6250.3 6.0 6171.2 5.9 6184.5 5.9
8 1021.5 3.1 1218.5 7.2 1158.8 3.7 1158.3 3.8 1159.0 3.8
9 195.9 3.1 259.9 7.1 246.5 3.9 248.6 3.7 248.9 3.8
10 5.2 3.1 7.7 5.2 8.7 3.4 8.7 3.8 8.7 3.9
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 2198.4 4.9 2107.5 5.1 2107.7 12.1 2032.2 11.8 2034.3 11.9
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 1044.6 3.2 1190.3 5.9 1186.5 4.7 1161.9 4.7 1165.6 4.7
10 640.1 2.9 777.2 6.5 786.8 4.1 778.2 4.1 782.7 4.1
11 51.9 2.7 84.1 11.0 68.9 3.7 67.7 3.6 68.7 3.6
12 16.9 2.7 16.1 4.5 22.7 3.8 22.6 3.7 22.7 3.7
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 130.0 2.8 143.6 3.1 113.8 2.6 89.4 2.5 88.5 2.6
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 903.5 3.5 954.9 4.7 875.5 3.5 855.4 3.5 854.2 3.4
11 1664.5 4.8 1618.4 4.3 1678.7 4.8 1668.3 4.8 1669.6 4.8
12 264.9 2.9 303.6 4.8 277.2 3.0 275.9 2.9 275.6 2.9
13 96.5 2.8 103.2 4.6 105.6 3.0 105.1 2.9 104.6 2.9
14 5.0 2.8 13.8 9.4 6.0 2.9 6.0 2.8 5.4 2.8
15 2.5 2.8 0.5 4.3 3.1 3.8 3.1 2.6 2.3 2.4
########### Z=6_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 78.7 3.0 86.5 4.4 72.2 3.0 68.0 2.8 68.7 2.8
11 364.1 3.3 369.6 5.9 348.9 3.3 348.7 3.4 348.4 3.4
12 828.5 4.3 812.6 5.8 821.2 4.4 820.8 4.4 820.5 4.4
13 607.5 3.8 615.1 6.1 620.4 3.9 619.6 3.8 619.8 3.8
14 230.9 3.1 227.7 7.1 241.7 3.3 240.4 3.3 241.2 3.3
15 32.6 3.0 62.7 11.3 35.7 3.3 35.5 3.1 35.4 3.1
16 8.3 3.0 0.1 7.9 9.8 3.2 9.9 3.1 9.5 3.1
17 0.5 4.4 1.9 2.4 0.6 0.7 0.6 1.2 0.2 1.5

########### Z=7_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 13.5 3.1 14.6 6.6 11.9 3.1 11.0 3.2 11.1 3.2
13 52.6 3.2 54.6 5.0 50.1 3.1 49.9 3.2 49.9 3.2
14 273.7 4.0 278.4 5.0 267.8 4.1 267.3 3.6 267.6 3.6
15 419.3 4.9 413.4 4.8 424.2 4.9 423.6 4.0 423.9 4.0
16 60.1 3.2 62.0 5.0 61.1 3.4 60.9 3.2 61.0 3.2
17 31.2 3.2 29.0 4.5 32.3 3.4 32.2 3.2 32.1 3.2
18 7.4 3.1 6.7 4.2 7.2 3.3 7.2 3.1 7.1 3.1
19 0.7 3.7 2.3 3.1 0.9 0.6 0.9 1.3 0.6 1.5
########### Z=8_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
14 11.1 3.2 13.5 6.1 10.0 5.5 8.7 6.0 8.9 6.1
15 41.8 3.5 38.1 6.1 40.6 13.8 40.1 17.3 40.3 17.2
16 147.5 5.1 148.3 6.3 146.2 30.6 145.9 39.2 146.0 38.7
17 65.2 3.7 60.7 5.5 66.2 7.5 66.1 9.2 66.1 9.1
18 38.6 3.4 48.4 8.8 40.2 3.6 40.0 3.6 40.2 3.7
19 10.6 3.3 6.4 4.9 11.2 3.7 10.2 3.6 11.2 3.8
20 5.2 3.2 3.8 15.1 5.1 3.3 4.7 3.4 5.1 3.5
21 0.6 4.1 2.2 2.4 0.7 0.6 0.7 1.3 0.6 1.4
22 0.0 261.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########
16 2.8 3.8 2.1 3.3 2.4 2.6 2.8 3.0 2.7 3.0
17 9.1 4.0 11.8 7.0 7.9 4.3 7.9 4.4 7.7 4.3
18 25.6 4.9 20.7 5.6 25.1 7.0 25.1 6.9 25.0 6.9
19 57.3 6.7 59.1 10.6 58.3 8.6 58.3 8.4 58.2 8.5
20 35.7 6.0 40.5 14.4 39.5 6.5 39.5 6.4 39.4 6.6
21 5.1 4.2 2.8 4.9 2.7 6.5 2.7 4.6 2.6 4.5
22 2.4 3.8 2.7 4.7 2.5 3.9 2.5 4.4 2.3 4.2
23 0.0 29.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
24 0.0 114.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_La124_Zbound_Zp=0.0_0.2 ###########


18 0.2 14.8 0.4 0.4 0.1 0.1 0.0 0.1 0.0 0.2
19 0.0 12.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
20 9.1 4.8 4.7 3.6 5.3 3.5 5.3 3.7 5.3 3.7
21 14.2 6.0 15.7 14.3 15.7 12.8 15.6 5.1 15.6 5.1
22 4.5 5.3 5.0 8.8 4.4 5.1 4.4 3.9 4.4 3.9
23 12.5 5.2 14.4 9.1 14.1 4.4 14.1 4.5 14.1 4.5
24 0.0 4.2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
25 4.2 3.8 4.1 5.4 4.7 5.7 4.7 3.7 4.7 3.7
26 0.0 8.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Fig. B.13 – Taux de production obtenus pour le système 124 La (0, 0 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 2).
142 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_La124_zbound_final_0.2_0.4
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 16294.0 3.1 14179.7 5.0 14177.8 5.4 12588.4 4.8 12811.8 4.5
4 63625.2 5.5 64154.3 5.7 64155.4 5.7 62694.7 5.6 62682.1 5.1
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 519.9 2.9 821.4 8.6 713.2 3.8 680.8 3.6 668.3 3.7
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 6878.8 4.6 6609.8 5.9 6593.1 8.3 6344.8 8.1 6311.6 8.0
7 8210.1 5.1 8393.6 6.2 8439.0 6.1 8300.4 6.0 8321.6 6.0
8 1245.8 3.2 1552.3 7.7 1387.6 3.8 1377.1 3.7 1377.9 3.7
9 212.6 3.1 250.2 6.6 255.5 3.8 256.9 3.6 255.9 3.6
10 3.6 3.1 5.6 6.8 5.2 5.8 5.2 3.5 4.9 3.5
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 3160.0 4.8 2986.9 5.3 2986.3 9.4 2901.1 9.3 2898.6 9.3
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 1964.6 3.6 2151.8 5.8 2157.0 4.7 2122.6 4.7 2123.7 4.7
10 1268.6 3.1 1505.2 5.4 1501.6 4.3 1486.7 4.2 1490.2 4.2
11 62.8 2.8 88.1 6.4 82.9 3.7 79.8 3.6 81.2 3.6
12 20.2 2.8 23.4 5.9 26.7 3.9 25.9 3.7 26.3 3.7
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 225.9 2.8 249.6 3.5 198.6 2.6 161.8 2.8 159.5 2.8
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 2013.3 3.5 1969.4 5.0 1954.1 3.6 1899.0 5.5 1901.2 5.5
11 3815.7 4.8 3814.6 4.6 3841.4 4.9 3823.6 5.1 3826.2 5.1
12 588.0 2.9 653.5 5.7 614.0 3.1 614.6 3.3 616.6 3.3
13 134.6 2.9 138.0 5.5 145.8 3.1 145.7 3.0 147.0 3.0
14 11.9 2.8 28.7 6.5 13.3 3.2 12.6 2.9 13.4 2.9
15 3.3 2.9 0.1 1.6 3.6 4.6 3.1 2.7 3.7 2.8
########### Z=6_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 133.4 3.0 151.4 3.6 118.9 2.9 111.1 2.8 110.1 2.8
11 894.2 3.2 882.3 6.0 847.7 4.8 840.6 4.7 845.7 4.7
12 2707.0 4.5 2627.7 5.9 2667.3 7.3 2661.3 7.3 2665.9 7.3
13 1938.2 3.8 1999.1 6.5 1987.7 4.7 1987.7 4.7 1987.8 4.7
14 702.6 3.1 734.6 7.0 746.3 3.8 747.1 3.8 746.5 3.8
15 72.4 3.0 135.3 9.0 79.2 3.4 79.3 3.3 78.9 3.3
16 18.0 3.0 0.1 9.2 20.9 3.4 20.9 3.3 20.6 3.3
17 2.5 3.0 5.0 5.7 2.7 3.9 2.7 4.6 2.4 2.7

########### Z=7_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 46.5 3.2 49.5 20.2 41.6 3.1 40.3 2.9 40.8 2.9
13 141.9 3.2 151.3 7.5 137.1 3.1 135.6 3.1 136.7 3.1
14 916.9 4.0 901.2 7.4 895.6 3.9 893.5 4.0 895.0 4.0
15 1700.6 5.2 1690.6 7.2 1715.7 5.2 1715.0 5.2 1715.1 5.2
16 208.0 3.3 233.3 7.9 213.4 3.4 213.4 3.3 213.0 3.3
17 80.1 3.2 87.4 8.9 85.2 3.3 85.2 3.2 84.7 3.2
18 18.5 3.2 27.0 9.0 20.8 3.4 20.8 3.2 20.3 3.2
19 2.3 3.2 0.0 1.7 2.4 3.3 2.4 4.1 1.8 3.9
########### Z=8_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
14 22.5 3.3 15.1 3.9 22.1 3.2 21.6 3.2 22.1 3.1
15 195.4 3.5 220.4 8.5 189.1 3.7 189.1 3.6 189.1 3.6
16 913.0 5.3 879.3 6.8 904.9 6.4 904.6 6.3 904.8 6.3
17 452.8 4.0 471.6 8.5 459.5 4.2 458.7 4.2 459.5 4.3
18 289.0 3.7 295.7 8.4 300.1 3.9 299.5 3.9 300.1 3.9
19 46.4 3.3 39.0 6.2 44.7 3.6 44.7 3.6 44.7 3.6
20 15.7 3.3 25.2 7.5 17.1 3.7 17.1 3.7 17.1 3.7
21 1.8 3.3 0.0 1.5 1.2 1.9 1.2 1.6 1.2 1.7
22 2.0 3.3 2.3 4.2 2.3 3.0 2.3 3.9 2.3 3.9
########### Z=9_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########
16 8.2 3.4 8.9 2.3 7.4 3.1 4.6 3.1 4.8 3.1
17 53.4 3.7 0.6 3.3 49.9 3.5 49.8 3.5 50.0 3.5
18 211.4 4.4 450.8 12.6 207.3 4.4 207.2 4.5 207.2 4.5
19 331.8 5.4 153.3 5.9 333.4 5.5 333.3 5.5 333.3 5.5
20 220.9 4.5 176.3 8.9 225.9 4.6 225.8 4.7 225.8 4.7
21 96.9 3.8 112.7 14.3 99.0 4.0 99.0 4.0 99.0 4.0
22 14.5 3.5 35.2 21.4 13.4 3.8 13.5 3.5 13.4 3.5
23 2.4 3.4 1.8 1.7 2.2 3.3 2.3 3.9 2.3 3.9
24 0.0 31.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_La124_Zbound_Zp=0.2_0.4 ###########


18 6.4 3.5 3.0 5.5 6.3 2.8 6.3 3.2 6.3 3.2
19 40.1 3.8 48.3 4.3 38.5 3.6 38.5 3.6 38.5 3.6
20 198.3 4.6 175.6 5.7 193.7 4.7 193.7 4.8 193.7 4.8
21 284.3 5.5 325.3 11.1 283.1 5.7 282.6 5.7 283.1 5.7
22 254.8 5.1 232.3 8.0 262.4 5.3 261.9 5.2 262.4 5.2
23 43.8 3.7 46.0 5.5 42.1 4.0 42.1 3.9 42.1 3.9
24 24.0 3.5 20.2 4.8 24.8 3.8 24.8 3.6 24.8 3.6
25 4.1 3.5 3.6 4.0 3.6 5.1 3.6 3.1 3.6 3.2
26 0.4 8.5 1.6 1.8 0.7 0.4 0.7 1.3 0.7 1.3

Fig. B.14 – Taux de production obtenus pour le système 124 La (0, 2 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 4).
143

fout_a.par_mass_La124_zbound_final_0.4_0.6
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 13337.5 3.1 11688.5 5.5 11686.1 5.6 9970.3 5.0 10148.4 5.0
4 69293.0 5.7 69566.1 5.9 69567.0 5.9 67823.1 5.7 67854.9 5.7
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 405.4 2.9 677.0 9.5 549.1 3.9 540.9 3.8 531.2 3.8
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 6154.7 5.0 5867.9 6.1 5852.4 9.3 5625.7 9.0 5602.5 9.0
7 6537.0 5.1 6748.2 5.4 6819.7 6.4 6693.1 6.3 6709.2 6.3
8 925.2 3.2 1278.4 7.3 1082.9 4.0 1072.8 3.9 1070.8 3.8
9 145.6 3.2 155.4 4.7 190.4 3.9 190.9 4.0 189.7 4.0
10 4.8 3.2 20.5 18.5 8.0 3.7 7.9 4.1 7.7 4.1
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 2587.2 4.8 2434.5 5.1 2434.3 9.9 2351.1 9.1 2357.6 9.1
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 1794.4 3.8 1956.3 5.6 1957.7 5.0 1917.9 4.9 1921.4 4.9
10 1022.4 3.2 1199.7 6.1 1199.2 4.4 1183.8 4.1 1189.7 4.1
11 42.7 2.8 56.5 5.8 53.6 3.5 51.2 3.5 53.1 3.6
12 5.7 2.8 8.7 5.5 8.6 3.6 8.1 3.5 8.5 3.6
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 150.2 2.9 167.0 3.2 132.5 2.8 105.3 2.7 98.3 2.7
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 1747.4 3.6 1725.5 4.6 1699.6 3.6 1673.3 3.6 1671.4 3.6
11 3187.0 4.8 3185.7 4.5 3211.3 4.8 3199.7 4.8 3200.5 4.8
12 455.4 3.0 488.7 4.7 472.8 3.1 472.1 3.1 472.2 3.1
13 121.6 2.9 126.6 4.7 130.2 3.2 130.0 3.0 130.0 3.0
14 7.7 2.9 19.5 5.7 8.7 3.1 8.8 2.9 8.8 2.9
15 2.0 2.9 0.0 1.5 2.4 3.1 2.4 4.0 2.4 4.0
########### Z=6_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 120.9 3.1 137.7 3.6 105.4 2.9 99.3 2.9 99.7 2.9
11 741.5 3.3 728.7 5.1 699.0 4.8 694.7 4.9 697.9 4.9
12 2350.8 4.6 2267.1 6.0 2311.0 7.7 2306.8 7.7 2310.0 7.7
13 1730.1 3.9 1805.0 7.1 1781.0 4.9 1779.9 4.9 1781.1 4.9
14 586.0 3.2 621.0 7.9 625.3 3.9 625.4 3.9 625.5 3.9
15 54.5 3.1 72.5 9.7 55.2 3.5 55.1 3.5 55.0 3.5
16 11.8 3.1 4.5 2.4 12.1 3.5 12.1 3.5 11.8 3.4
17 0.4 2.0 1.4 1.2 0.3 0.8 0.3 0.6 0.0 0.7

########### Z=7_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 24.8 3.2 28.6 12.7 23.1 2.9 21.2 2.9 22.2 2.9
13 122.2 3.2 116.9 6.0 118.7 3.1 117.4 3.1 118.7 3.2
14 826.2 3.9 819.2 7.3 806.5 4.0 804.7 4.2 806.4 4.1
15 1555.7 5.2 1558.9 7.0 1569.2 5.2 1568.6 5.2 1569.2 5.2
16 193.6 3.3 183.1 7.0 197.8 3.4 197.8 3.3 197.8 3.3
17 80.3 3.2 122.8 8.4 86.5 3.4 86.5 3.2 86.5 3.2
18 9.4 3.2 0.3 2.1 10.4 3.3 10.4 3.2 10.4 3.2
19 4.3 3.2 7.6 4.9 5.2 3.0 5.2 3.1 5.2 3.1
########### Z=8_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
14 6.8 3.3 3.3 3.3 7.5 2.6 6.9 3.1 7.2 3.1
15 177.9 3.6 201.3 7.7 172.4 6.0 172.4 6.0 172.4 6.0
16 818.5 5.5 788.6 7.8 809.2 15.4 809.2 15.7 809.2 15.6
17 389.6 4.1 374.5 8.2 394.7 5.3 394.7 5.4 394.7 5.4
18 251.1 3.6 269.7 9.4 260.5 3.8 260.5 3.8 260.5 3.8
19 31.2 3.4 56.6 9.3 31.5 3.6 31.5 3.6 31.5 3.6
20 8.6 3.3 0.2 22.6 9.8 3.5 9.8 3.5 9.8 3.5
21 1.0 3.3 2.3 3.1 1.4 1.0 1.4 2.2 1.4 2.2
22 0.0 87.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ###########
16 1.2 3.4 0.3 1.1 1.5 0.9 0.0 3.6 0.8 2.0
17 51.1 3.6 54.7 7.4 49.1 3.4 49.1 3.5 49.1 3.5
18 226.1 4.3 216.2 8.5 221.0 4.5 220.9 4.6 220.9 4.6
19 327.0 5.1 335.5 8.7 327.4 5.1 326.8 5.2 327.4 5.2
20 207.7 4.2 203.6 7.3 212.2 4.3 211.4 4.3 212.1 4.3
21 89.9 3.7 96.5 5.7 92.5 3.9 92.4 3.8 92.5 3.8
22 17.8 3.4 13.4 9.8 16.9 3.7 16.9 3.6 16.9 3.6
23 1.1 3.4 2.2 3.4 0.7 1.1 0.7 1.3 0.6 1.3
24 0.0 73.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_La124_Zbound_Zp=0.4_0.6 ##########


18 5.0 3.5 1.9 3.6 5.3 5.2 5.0 3.1 4.8 3.1
19 41.7 3.9 51.5 6.8 40.3 4.5 40.4 4.5 40.3 4.5
20 208.0 4.9 202.0 8.5 201.8 10.0 201.8 10.0 201.8 10.0
21 281.4 5.8 261.6 13.3 280.6 9.7 280.6 9.7 280.6 9.7
22 219.1 5.1 231.3 12.2 227.2 7.2 227.2 7.2 227.2 7.2
23 33.6 3.7 38.8 14.5 32.8 4.4 32.8 4.5 32.9 4.5
24 11.1 3.6 16.6 10.1 13.2 3.9 13.2 4.0 13.2 4.0
25 0.7 4.6 0.0 0.7 0.1 0.7 0.1 0.2 0.1 0.2
26 1.2 3.5 0.9 4.1 1.3 1.3 1.3 1.7 1.3 1.7

Fig. B.15 – Taux de production obtenus pour le système 124 La (0, 4 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 6).
144 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_La124_zbound_final_0.6_0.8
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 7092.7 3.1 6269.3 5.8 6267.7 5.9 5265.4 5.1 5252.2 5.0
4 44041.4 5.9 44141.4 6.0 44141.8 5.9 43137.9 5.8 43132.8 5.8
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 158.3 3.0 340.8 5.7 219.6 3.8 221.8 3.8 223.4 3.8
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 2854.7 5.3 2742.6 6.0 2740.8 10.6 2631.4 10.3 2624.6 10.3
7 2536.4 4.8 2659.1 5.8 2667.9 6.5 2619.4 6.4 2623.0 6.4
8 325.1 3.2 404.4 7.1 377.3 3.8 374.6 3.9 373.8 3.9
9 40.4 3.2 47.5 6.3 51.7 4.2 51.8 3.9 51.5 3.9
10 1.5 3.2 2.4 4.0 2.0 2.5 2.0 3.5 2.0 3.5
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 1038.2 4.9 984.9 4.9 984.9 10.5 952.3 10.4 946.9 10.3
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 699.9 3.8 786.8 5.6 786.0 5.3 764.0 5.3 768.7 5.2
10 341.0 3.0 413.2 6.2 414.2 4.1 407.1 4.1 407.7 4.1
11 10.9 2.7 12.9 6.1 13.4 3.4 13.3 3.6 12.4 3.6
12 1.7 2.7 5.2 5.8 4.0 4.2 3.9 3.4 3.7 3.4
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 56.0 2.8 64.1 3.1 47.4 2.8 33.0 2.8 35.0 2.7
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 732.9 3.7 723.5 4.4 713.3 3.7 697.2 8.4 696.8 6.1
11 1195.6 4.8 1174.7 4.4 1208.1 4.6 1196.5 4.7 1196.8 4.8
12 153.3 2.9 221.8 6.0 161.6 3.0 160.1 3.3 160.4 3.1
13 26.3 2.8 14.5 3.7 29.4 3.0 29.2 2.9 29.2 2.9
14 0.8 2.8 3.3 4.0 1.3 0.9 1.3 2.2 1.3 2.2
15 0.5 4.2 0.3 0.9 0.7 0.5 0.7 1.2 0.7 1.2
########### Z=6_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 44.3 3.0 46.4 21.9 40.9 3.0 38.8 2.8 38.6 2.9
11 276.5 3.2 293.1 4.9 264.6 3.2 264.3 3.2 264.5 3.2
12 970.1 4.7 953.3 4.5 961.8 4.8 959.7 4.8 961.7 4.8
13 607.4 3.8 582.4 4.6 621.2 3.8 618.8 3.8 621.1 3.8
14 183.8 3.1 250.0 5.8 195.4 3.3 195.0 3.2 195.4 3.3
15 11.3 3.0 0.1 8.4 12.0 3.3 12.0 3.1 12.0 3.1
16 0.7 3.1 2.3 2.4 0.5 1.0 0.5 1.1 0.5 1.1
17 0.3 7.7 0.3 1.2 0.6 0.4 0.5 1.1 0.5 1.2

########### Z=7_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 5.3 3.2 4.6 4.0 4.6 2.4 3.9 2.7 3.6 2.7
13 33.4 3.2 39.8 5.3 32.2 3.2 32.2 3.4 32.1 3.4
14 284.2 4.1 268.9 4.6 275.4 6.9 275.3 6.8 275.3 6.8
15 473.9 5.1 490.9 5.0 480.5 5.9 478.1 5.9 480.6 5.9
16 60.2 3.3 35.7 4.0 61.5 3.8 59.3 3.7 61.5 3.7
17 27.0 3.2 56.2 7.5 29.3 3.6 28.9 3.5 29.3 3.5
18 6.7 3.2 0.2 2.3 7.4 3.4 7.4 3.5 7.4 3.5
19 1.0 3.2 0.7 2.6 0.5 1.7 0.5 0.8 0.5 0.8
########### Z=8_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
14 6.3 3.4 4.3 3.5 5.5 2.8 4.9 3.0 5.0 3.0
15 46.7 3.7 55.4 5.1 43.9 6.6 43.8 6.7 43.8 6.6
16 283.6 5.8 266.8 7.3 278.6 25.2 278.3 25.7 278.5 25.5
17 125.3 4.3 135.8 12.0 127.1 9.5 126.8 9.7 127.1 9.7
18 81.1 4.0 86.5 10.2 88.9 6.6 89.0 6.7 89.1 6.6
19 9.1 3.4 6.0 3.2 6.2 4.1 6.0 4.2 6.0 4.3
20 0.2 13.7 0.6 0.7 0.4 0.4 0.8 0.9 0.8 0.9
21 0.0 450.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
22 0.0 462.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=9_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########
16 2.9 3.3 3.5 3.6 2.9 3.4 2.9 2.8 2.9 2.8
17 17.1 3.5 17.1 10.2 16.5 4.8 16.5 4.8 16.5 4.8
18 85.0 4.5 87.9 7.6 82.5 12.1 82.5 12.1 82.5 12.1
19 98.7 4.9 83.2 6.9 98.9 8.8 98.9 8.8 98.9 8.8
20 57.4 3.9 65.1 12.2 59.2 4.8 59.2 4.9 59.2 4.9
21 14.2 3.4 23.0 21.9 15.0 3.7 15.0 3.8 15.0 3.8
22 7.4 3.4 5.8 13.3 8.3 3.6 8.3 3.7 8.3 3.7
23 1.0 3.3 0.9 3.9 0.7 1.5 0.7 1.3 0.7 1.3
24 0.0 197.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_La124_Zbound_Zp=0.6_0.8 ###########


18 5.2 3.3 3.4 5.0 5.0 5.0 5.0 3.1 4.9 3.1
19 24.7 3.6 29.2 4.5 22.0 4.8 21.9 5.0 22.0 5.0
20 61.5 4.3 58.0 6.1 59.6 7.7 59.2 8.0 59.6 8.0
21 86.8 5.0 72.3 8.6 85.5 8.0 85.2 8.1 85.5 8.1
22 68.7 4.5 89.2 8.9 73.6 6.2 73.6 6.3 73.6 6.3
23 13.7 3.5 8.1 2.9 12.6 4.3 12.6 4.5 12.6 4.5
24 6.5 3.3 8.2 5.8 6.5 3.7 6.5 3.6 6.5 3.6
25 1.0 3.3 0.5 1.7 0.7 1.8 0.7 1.4 0.7 1.4
26 0.0 166.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Fig. B.16 – Taux de production obtenus pour le système 124 La (0, 6 ≤ Zbound /Zproj ≤ 0, 8).
145

fout_a.par_mass_La124_zbound_final_0.8_1.0
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 1848.5 3.2 1646.8 6.9 1646.4 6.9 1320.3 5.4 1291.6 4.3
4 14437.9 6.1 14451.3 6.4 14451.3 6.1 14136.2 5.9 14154.8 5.9
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 39.7 3.1 87.0 5.5 51.0 4.0 45.0 4.0 36.6 4.0
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=3_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 465.8 5.4 457.7 6.1 457.3 11.7 446.6 11.5 445.5 11.7
7 363.0 4.7 365.6 6.7 375.8 6.8 370.3 6.7 374.3 6.7
8 21.7 3.3 48.5 10.0 24.8 3.6 24.1 3.5 24.8 3.6
9 5.3 3.3 0.8 5.2 6.6 3.4 6.6 3.5 6.5 3.6
10 0.0 170.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=4_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 160.7 4.6 158.7 4.5 156.4 5.1 153.0 5.0 152.1 5.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 109.5 3.7 108.5 4.4 116.0 3.8 114.9 3.7 115.0 3.7
10 31.3 2.9 44.9 6.6 36.4 3.3 36.2 3.2 36.1 3.2
11 1.4 2.8 1.0 4.5 1.4 1.9 1.4 2.4 1.4 2.4
12 0.0 325.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 9.6 2.8 10.6 6.8 8.5 2.6 7.7 2.6 7.9 2.6
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 99.5 3.8 102.3 5.1 97.2 3.9 96.3 3.9 96.3 4.0
11 135.9 4.5 132.0 5.5 138.0 4.5 136.9 4.4 137.0 4.5
12 12.9 2.9 17.6 7.7 13.6 3.0 13.5 2.9 13.6 2.9
13 4.4 2.8 3.9 3.7 4.8 2.8 4.8 2.8 4.8 2.8
14 0.0 237.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
15 0.0 246.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=6_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 5.0 3.0 3.4 5.5 4.2 2.7 4.0 2.7 4.0 2.7
11 45.7 3.3 55.1 7.8 43.4 8.5 43.1 5.4 43.3 5.2
12 126.1 4.9 113.3 6.7 125.2 12.3 124.5 8.7 125.1 8.2
13 77.9 3.8 81.5 6.8 80.6 5.1 80.4 5.1 80.5 5.0
14 11.8 3.0 19.8 8.2 12.8 3.4 12.8 3.4 12.7 3.3
15 2.5 3.0 1.0 4.2 2.6 3.5 2.6 4.4 2.5 4.4
16 0.0 198.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
17 0.0 261.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=7_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 2.9 3.5 2.2 2.5 2.2 1.7 2.2 2.5 2.2 2.5
13 3.1 3.5 3.8 4.5 3.2 3.3 3.2 2.6 3.2 2.6
14 20.3 4.1 16.7 5.2 18.9 4.2 18.9 4.3 18.9 4.3
15 63.0 6.2 66.5 7.6 64.0 5.9 64.0 6.0 64.0 6.0
16 5.1 3.8 5.0 7.6 5.7 3.5 5.7 4.0 5.7 4.0
17 1.0 3.4 0.8 3.9 0.7 1.8 0.7 1.3 0.7 1.3
18 0.0 136.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
19 0.0 156.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=8_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########
14 0.0 18.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
15 5.0 4.1 4.6 3.7 5.6 5.8 5.6 4.1 5.6 4.3
16 33.8 6.0 34.0 8.2 31.7 9.3 31.7 9.2 31.7 9.3
17 14.2 4.4 15.1 7.3 14.5 4.7 14.4 4.7 14.4 4.7
18 6.6 3.8 4.9 18.4 7.4 4.0 7.3 4.4 7.4 4.3
19 0.0 17.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
20 0.0 90.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
21 0.0 103.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
22 0.0 77.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=9_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


16 0.0 10.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
17 0.0 7.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
18 5.5 3.4 7.7 8.4 4.9 4.4 4.9 4.5 4.9 4.5
19 4.9 3.3 4.1 4.3 4.8 3.5 4.8 3.6 4.8 3.6
20 5.9 3.5 6.2 3.2 6.3 3.8 6.3 3.9 6.3 3.9
21 1.6 2.6 3.2 5.0 2.1 2.8 2.1 3.7 2.1 3.7
22 0.0 7.2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
23 0.0 7.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
24 0.0 10.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_La124_Zbound_Zp=0.8_1.0 ###########


18 0.0 13.2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
19 0.1 8.2 0.3 0.2 0.1 0.2 0.0 0.1 0.0 0.1
20 3.7 2.0 5.5 5.9 3.3 3.9 2.8 4.2 3.0 4.1
21 6.5 2.9 6.1 2.2 6.7 4.8 5.8 4.3 6.1 4.5
22 1.1 1.6 4.1 4.8 1.5 1.9 1.0 2.1 1.1 2.3
23 0.0 12.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
24 1.4 1.6 1.0 4.0 1.4 2.5 1.4 2.4 1.4 2.5
25 0.0 11.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
26 0.0 13.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Fig. B.17 – Taux de production obtenus pour le système 124 La (0, 8 ≤ Zbound /Zproj ≤ 1, 0).
146 Taux de production isotopiques mesurés

fout_a.par_mass_La124_zbound_final_Inclusive
Y_meth1 Y_meth2 Y_meth3 Y_meth4 Y_meth5
A Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err Y Y_err

########### Z=2_La124_Inclusive ###########


0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 −0.0 0.0 0.0 0.0
2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
3 61076.9 3.2 52759.5 5.1 52752.7 5.5 46552.6 5.0 47236.0 5.0
4 237856.7 5.6 239903.9 5.8 239907.8 5.8 233900.4 5.7 233828.7 5.7
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 1677.4 2.9 2858.0 9.6 2356.8 3.7 2269.2 3.8 2216.3 3.8
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=3_La124_Inclusive ###########
3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 21638.0 4.8 20732.4 5.9 20689.6 8.8 19818.6 8.5 19799.2 8.5
7 23713.6 5.0 24417.6 5.4 24554.1 6.2 24154.3 6.1 24203.7 6.1
8 3546.2 3.2 4467.8 7.2 4024.7 3.8 3993.5 3.8 3997.0 3.8
9 603.9 3.2 726.4 6.4 751.1 4.0 755.2 3.8 752.3 3.8
10 14.8 2.8 32.0 7.1 23.7 3.8 23.5 3.9 23.0 3.9
11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=4_La124_Inclusive ###########


5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
7 9166.5 4.8 8689.2 5.0 8688.4 9.9 8404.1 9.8 8406.9 9.8
8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
9 5612.6 3.6 6202.9 5.3 6210.4 4.8 6089.2 4.8 6098.9 4.8
10 3299.9 3.1 3943.9 6.3 3940.7 4.1 3892.3 4.1 3907.2 4.1
11 169.9 2.8 235.7 6.6 220.5 3.8 212.1 3.6 217.3 3.6
12 44.9 2.8 56.0 5.9 61.9 4.0 60.0 3.7 61.2 3.7
13 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
########### Z=5_La124_Inclusive ###########
7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
8 574.2 2.9 637.4 3.2 504.0 2.7 405.0 2.7 397.5 2.7
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 5504.0 3.6 5484.8 5.1 5346.6 3.6 5240.6 3.5 5235.6 3.5
11 10012.8 4.8 9948.3 5.7 10091.2 4.8 10034.5 4.8 10041.2 4.9
12 1480.2 2.9 1666.9 5.7 1545.0 3.1 1534.9 3.0 1540.9 3.0
13 385.8 2.9 394.1 5.5 418.2 3.1 413.2 3.0 417.2 3.0
14 25.5 2.9 64.6 6.4 29.3 3.2 26.9 2.8 29.4 2.9
15 8.7 2.9 0.8 3.5 10.0 3.2 8.5 2.8 10.0 2.9
########### Z=6_La124_Inclusive ###########
9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
10 382.2 3.0 428.1 3.3 346.8 3.1 324.9 2.9 326.3 2.9
11 2324.2 3.2 2320.6 4.7 2219.5 4.9 2206.0 4.8 2216.2 5.0
12 6988.2 4.5 6793.3 4.5 6904.4 7.5 6892.1 7.5 6901.5 7.5
13 4967.1 3.9 5087.5 4.8 5082.3 4.7 5079.9 4.7 5082.8 4.7
14 1718.7 3.1 1858.7 5.1 1814.6 3.8 1815.4 3.7 1815.4 3.7
15 174.0 3.0 251.5 6.7 185.9 3.4 186.0 3.3 185.7 3.3
16 39.3 3.0 8.1 3.0 43.4 3.5 43.5 3.2 43.0 3.2
17 3.5 3.0 13.0 12.6 3.9 5.0 3.9 3.0 3.4 2.9

########### Z=7_La124_Inclusive ###########


11 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
12 92.2 3.2 101.0 3.8 83.4 3.1 78.5 2.9 79.9 2.9
13 351.7 3.2 363.5 6.3 340.3 3.1 337.7 3.2 340.2 3.2
14 2324.4 4.0 2288.7 7.2 2270.5 3.9 2267.1 4.0 2270.1 4.0
15 4215.9 5.1 4219.9 7.3 4254.9 5.2 4253.6 5.2 4254.3 5.2
16 528.5 3.3 531.8 7.7 540.0 3.4 540.0 3.3 539.8 3.3
17 220.7 3.2 286.8 12.1 235.0 3.3 235.0 3.2 234.7 3.2
18 40.5 3.2 27.0 13.2 43.9 3.5 43.9 3.2 43.6 3.2
19 8.6 3.2 15.5 10.3 9.6 3.4 9.6 3.2 9.3 3.1
# ########## Z=8_La124_Inclusive ###########
14 46.1 3.3 34.8 5.2 45.7 3.3 43.9 3.1 44.4 3.2
15 467.0 3.6 509.7 8.5 452.9 4.1 451.4 4.2 452.9 4.1
16 2200.1 5.4 2136.3 7.8 2178.5 8.2 2177.2 9.1 2178.5 8.5
17 1051.5 4.0 1062.9 8.6 1065.9 4.4 1065.8 4.6 1065.9 4.5
18 665.9 3.6 718.1 8.7 692.1 3.8 692.0 3.8 692.1 3.8
19 97.3 3.4 62.5 6.4 94.2 3.6 94.3 3.6 94.2 3.6
20 29.4 3.3 58.2 7.8 32.0 3.7 32.0 3.6 32.0 3.7
21 3.5 3.3 0.0 1.7 3.2 4.7 3.2 3.2 3.2 3.2
22 1.9 3.3 1.7 3.1 1.9 2.7 1.9 3.3 1.9 3.3
########### Z=9_La124_Inclusive ###########
16 14.5 3.4 10.2 5.9 13.6 3.3 8.6 3.2 9.3 3.2
17 127.3 3.6 145.5 4.3 121.5 3.5 121.4 3.5 121.6 3.5
18 558.4 4.4 550.9 8.3 546.1 4.4 546.0 4.5 546.0 4.5
19 817.6 5.2 802.8 9.3 818.9 5.3 818.0 5.3 818.8 5.3
20 532.3 4.4 543.9 9.0 544.3 4.4 543.5 4.5 544.2 4.5
21 211.2 3.7 211.6 6.7 216.4 3.9 216.4 3.9 216.4 3.9
22 41.4 3.5 43.1 6.8 40.0 3.8 40.1 3.7 40.0 3.7
23 4.2 3.4 3.5 4.1 3.4 5.3 3.4 3.2 3.4 3.3
24 0.0 21.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

########### Z=10_La124_Inclusive ###########


18 16.9 3.5 7.5 7.0 17.0 3.0 15.9 3.2 15.6 3.3
19 111.0 3.8 133.6 4.5 106.8 3.7 106.8 3.7 106.9 3.6
20 489.0 4.8 466.7 7.7 478.7 5.1 478.7 5.3 478.7 5.2
21 670.5 5.6 662.2 11.7 668.4 5.7 668.4 5.9 668.4 5.8
22 561.5 5.1 587.8 9.9 578.1 5.0 578.1 5.1 578.1 5.1
23 92.7 3.7 70.0 6.8 89.9 3.9 89.9 3.8 89.9 3.8
24 45.3 3.5 67.6 8.3 48.1 3.7 48.1 3.7 48.1 3.5
25 6.5 3.5 0.0 4.0 5.0 3.6 5.0 3.5 5.0 3.4
26 1.9 3.5 3.7 4.3 2.4 2.8 2.4 4.2 2.4 4.2

Fig. B.18 – Taux de production obtenus pour le système 124 La (données inclusives).
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152 BIBLIOGRAPHIE
Multifragmentation : rôle de la masse et de l’isospin
RESUME : L’objectif principal des collisions entre ions lourds aux énergies relati-
vistes est de produire des noyaux dits "chauds", c’est à dire des noyaux dans lesquels
la matière nucléaire est soumise à des conditions extrêmes de température et de densité.
L’étude de ces collisions permet alors d’explorer le diagramme des phases de la matière
nucléaire et ainsi d’en déterminer son équation d’état. Des données récemment collectées
grâce au spectromètre ALADiN auprès du synchroton SIS (SchwerIonenSynchrotron) du
laboratoire GSI de Darmstadt ont pour vocation d’étudier ce type de réactions et, en par-
ticulier, les effets de la masse et de l’isospin dans le processus de multifragmentation du
quasi-projectile spectateur. Pour cela, des faisceaux stables de 197 Au et de 124 Sn ainsi que
des faisceaux secondaires radioactifs de 124 La et de 107 Sn, disponibles grâce au séparateur
de fragments FRS, ont été utilisés dans le but de couvrir une large gamme de compositions
massiques et isotopiques. Les mesures effectuées en cinématique inverse offrent, de plus,
la possibilité de s’affranchir du seuil de détection et ainsi de bénéficier d’un accès unique
à la dynamique du système étudié.

DISCIPLINE : Physique Nucléaire


MOTS-CLES : Multifragmentation, température de breakup, isoscaling, énergie de
symétrie.
—————————————————————————————————————

Multifragmentation : role of the mass and isospin


ABSTRACT : The principal objective of heavy ion collisions at relativistic energies
is to produce hot nuclei, i.e. nuclei in which nuclear matter is in extreme conditions of
temperature and density. The study of such collisions permits then to explore the phase
diagram of nuclear matter and, thus, to establish its equation of state. Data recently col-
lected with the ALADiN spectrometer at the synchrotron SIS (SchwerIonenSynchrotron)
of the GSI laboratory in Darmstadt aim to study this type of reactions and, especially,
mass and isospin effects in the quasi-projectile multifragmentation process. For this pur-
pose, stable beams of 197 Au and 124 Sn as well as radioactive secondary beams of 124 La
and 107 Sn, delivered by the fragment separator FRS, were used in order to cover a large
range of isotopic compositions. The measurements performed in inverse kinematics offer,
moreover, the possibility of a background-free detection and, thus, give an unique access
to the dynamics of the system.

DOMAIN : Nuclear Physics.


KEY WORDS : Multifragmentation, breakup temperature, isoscaling, symmetry energy.
—————————————————————————————————————
Université Louis Pasteur
4, Rue Blaise Pascal, F-67070 Strasbourg Cedex, France