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Participation sociale et développment local dans la commune de Păuleşti

Ana-Maria Braghină
Université de Bucarest

Le but de l’étude présente est de réaliser un suivi et une évaluation


des comportements et affections afférentes à la notion du capital
social, en tant que réponse aux problèmes actuels de la communauté1,
en même temps suivis dans la perspective du développement
communautaire au niveau de la commune de Păuleşti. On a également
considéré la communauté juste comme l’univers de la recherche pour
bien surprendre non seulement les caractéristiques du capital social
communautaire, le potentiel de développement, mais aussi leurs
rapports : comment les deux manifestations se mêlent-elles dans le
cadre des pratiques de type individuel ou colectif.
L’analyse envisage a priori la notion du capital social en tant que
théorisation des catégories de ressources sociales et leurs modalités
d’utilisation. L’étude se construit également autour de la théorie du
capital humain, comme élément de base du développement individuel
et communautaire.
La méthodologie combine l’enquête basée sur le questionnaire
(questionnaire omnibus) et les entretiens détaillés, cherchant à
identifier des éléments de manifestation de la confiance et soutien
réciproques, expériences des pratiques collectives et participation
active à la vie communautaire.

Délimitations conceptuelles : capital social et dévelopement


communautaire

Du point de vue opérationnel, « le capital social fait référence aux


caractéristiques de l’organisation sociale, telles confiance, normes et
relations, capables d’améliorer l’efficience sociale afin de facilliter les
actions coordonnées » (Putnam, 2001 : 188).
En tant qure bien public, le capital social tient de la structure sociale, il
n’est quand même une caractéristique exclusivement individuelle. Les
stocks du capital social favorisent l’accès des personnes aux
ressources publiques dont les autres membres de la communauté en
disposent permettant la satisfaction d’intérêts personnels et collectifs.
Leur réalisation dépend de la façon de manifestation de la confiance
interpersonnelle et institutionnelle, de la disponibilité vers participation
et association.

1
Pour une explication du sens de la notion de communauté, j’ai considéré le village comme unité de
l’analyse

1
Pour l’étude présente, on a notamment considéré la confiance,
coopération et participation civique comme dimensions principales
d’analyse.
Le développement communautaire suppose une série de valeurs et
actions orientées « vers et pour la communauté » (Sandu, 2004 :7).
Bien qu’il soit un concept difficile à définir (en grande partie grâce aux
difficultés et controverses sur la définition de la notion de
communauté), l’élément commun de toutes les interprétations le
constitue l’idée de « mieux » comme effet de tels types d’actions.
Le lien du capital social avec le développement est réalisé par la
composante participative, « par communauté » relevant la mobilisation
et participation des membres de la communauté respective.
Bien des études de terrain concernant le capital social ont bien
démontré son rôle important en vue de privilégier les processus de
dévleoppement local2. On a affaire quand même, à terme court, d’une
relation inverse : les communautés plus évoluées (l’hypothèse en est
aussi valable au niveau du ménage et de l’ individu) sont en plus
grande mesure « porteuses » de capital social par rapport aux plus
pauvres. Il s’agit d’un cercle vicieux qui pourrait agir de la façon
suivante: d’une part, la confiance, les relations d’association, les
actions collectives pour la communauté, la participation mènent au
développement ; d’autre part, une expérience de tel genre et un
niveau élevé de développement favorisent de nouvelles actions
associées au capital social, et bien sûr, bénéficiaires de bien-être.
Caractéristiques de la communauté
La commune a été fondée en l’an 2003 et formée de deux villages
Păuleşti et Hălişca, qui jusqu’à cette date faisaient partie de la
commune de Tulnici. Elle est située au nord-ouest du département de
Vrancea, à une distance de 74 km de la ville de Focşani, 107 km du
minicipe de SF.Gheorghe et environ 273 km de Bucarest. Une distance
de 80 km ouest la sépare de la voie ferrée Bucarest-Ploieşti-Buzău –
Râmnicu Sărat –Focşani –Adjud-Bacău-Suceava.
Le territoire communal est emplacé dans l’ouest de la Dépression de
Vrancea , au pied de nord-est des Monts de Vrancea, dans le bassin
hydrographique supérieur de Putna. Les habitats ruraux se trouvent à
une altitude de 400 mètres environ, les hauteurs environnantes
dominent nettement l’espace habité.
Le relief est divers, formé de collines allongées, fragmentées par des
vallées profondes. Concernant la géologie, les grès, les schistes
marneuses et conglomérats dominent, situation défavorable pour les
cultures agricoles. Des atouts, comme la position dans une zone de
transition colline-montagne, la beauté et la variété du paysage, sont
propices au tourisme, mais les routes inaccessibles par un temps

2
On ne discute plus la nature de la motivation (intérêt particulier/communautaire), si le résultat de l’action
est un bien public.

2
défavorable, ainsi que les équipements faibles des logements, ne
permettent pas le déploiement de telles pratiques.
Le climat est un peu frais (7ºC température moyenne annuelle), avec
des précipitations abondantes pendant l’été et des hivers froids. La
végétation qui prédomine est celle formée de forêts, près et
pâturages.
Comme ressources naturelles, on remarque des gisements de sel
gemme, l’exploitation du bois (malheureusement, il n’existe pas de
possibilités de transformation le bois au niveau local ; l’institution qui
s’en occupe avec l’administration de la forêt, fait vendre le bois
comme matière primaire en ne tenant pas compte des avantages que
la communauté obtiendrait suite à la vente du bois tout transformé).
Située plus près de la périphérie du département que du centre (74 km
de Focşani), la commune de Păuleşti est plutôt une commune isolée,
avec des routes inaccessibles pendant l’hiver. Les stations de bus sont
inexistantes. Sauf leurs propres voitures (17% déclarent d’en avoir
une ; notamment, il s’agit des personnes qui ont travaillé à l’étranger
ou leurs familles), le lien avec l’extérieur s’effectue par l’intermède
d’un microbus, qui est en fait le résultat d’une affaire attribuée à un
habitant de la commune. Celui ci réalise des transports pour les
personnes, chaque jour, vers Focşani.
La situation précaire des réseaux de communication est doublée par le
manque des postes de téléphonie fixe et d’un office de poste au
niveau communal. L’infrastructure déficitaire et ses conséquences
négatives sur la communauté envisagée constituent dès le départ un
premier (et important) indicateur pour le degré réduit du
développement de la commune.
La cause principale de cette situation on pourrait la trouver en l’an
2003, lorsque les localités Păuleşti et Hăuleşti étaient déjà villages
intégrés à la commune de Tulnici, et alors, elles n’ont pas bénéficié
des fonds suffisants pour des raisons édilitaires.
Le capital humain3 représente un facteur essentiel situé à la base du
niveau de développement : un village est riche lorsqu’il a des
personnes de haute formation, douées d’une bonne situation
économique dans leurs ménages, potentiel démographique élevé,
grande propension d’en adopter les valeurs modernes et d’en avoir de
bons rapports avec le monde urbain (Sandu, 2003 :137).
Le capital éducatif de la commune de Păuleşti est très pauvre, d’une
différenciation marquante entre les deux villages comsposants (fig.1).
Bien que Păuleşti soit le centre administratif communal, le village de
Hăulişca détient environ 10% de la population d’un niveau de
formation plus élevé. Les implications de ces différences on les
retrouvent également au niveau des pratiques communautaires afin de
les faciliter (l’esprit de l’initiative et d’association plus évolués), l’idée
3
On fait notamment référence à la composante éducative, mesurée par le nombre d’années d’études
(diplômées)

3
qui sera soutenue par le tableau de ce type d’activités au niveau de
chaque village.

% 60

50
40
30 haulisca
paulesti
20
10
0 élémentaire

collège

lycée

université
sans études

professionnelle
Fig.1. Le niveau de formation de la population

Du point de vue du potentiel humain, malgré des apparences, la


commune de Păuleşti se place à un niveau relativement élevé,
situation relevée aussi par la structure par âge et par sexe de la
population qui montre un certain équilibre tant au niveau des groupes
d’âge élevés ainsi qu’au niveau des deux sexes (fig.2).
P E S T
7 5 - - 7 9 PEST
7 0 - - 7 4
75--79
6 5 - - 6 9
70--74
6 0 - - 6 4
65--69
5 5 - - 5 9
60--64
55--59
5 0 - - 5 4 50--54
4 0 - - 4 4 40--44
3 5 - - 3 9 35--39
3 0 - - 3 4 30--34
2 5 - - 2 9 25--29
2 0 - - 2 4 20--24
1 5 - - 1 9 15--19
1 0 - - 1 4 10--14
5 - - 9 5--9
0 - - 4 0--4
7 0 6 0 5 0 4 0 3 0 2 0 1 0 0 0 1 0 2 0 3 0 4 0 5 0 6 0 7 0 35 30 25 20 15 10 5 0 0 5 10 15 20 25 30 35

Village Păuleşti Village Hăulişca

Fig.2. La structure par âge et par sexe

Les données statistiques relatives à ce type de structure ne se


retrouvent pas en concordance avec la réalité sur le terrain. Ce
décalage est issu du poids élevé des migrants internationaux au
niveau de la commune. Les études de spécialité montrent que les
migrants sont, en règle générale, des jeunes gens doués d’un capital
humain élevé :
Mais, vous nous le observez pas quand même, ‘y a plus de jeunes
gens, ils ont constaté qu’on y était au bout de la patience et l’on file !
Ils ont décampé vers la ville, à l’étranger, voilà ça y était notre chance,
peut-être que notre village était autrement, si on avait encore là-bas

4
une jeune âme, un bras de fer, ils auront à quoi affaire (…) et ben,
c’est leur tour d’en faire quelque chose (homme, Păuleşti).

Par conséquence, leur départ touche directement le stock de capital


humain au niveau des deux villages, lorsqu’il s’agit notamment d’un
flux migratoire assez révélateur (environ 13-15% des personnes du
total). Le maire de la commune signale également:
presque 50% du nombre de ménages où quelqu’un serait à jamais
parti à l’étranger.
Le niveau relativement limité de la formation corrélé aux événements
migratoires se présente comme un facteur déterminant, mais aussi
dans un effet d’isolation de la commune, aux emplois massifs en
agriculture et aux possibilités très réduites de taux d’occupation dans
d’autres secteurs d’activités.

Confiance et soutien réciproques


Quoiqu’il n’existe pas dans la littérature une unanimité d’opinions sur
les dimensions composantes du capital social, la majorité d’auteurs
considère le rôle très important de la confiance dans la définition et
l’analyse. Selon Dumitru Sandu : la confiance diffuse est la
composante la plus importante du capita social. Ce type de confiance
se manifeste surtout par confiance interpersonnelle, tolérance
ethnique et réactions interpersonnelles pour les visites, discussions ou
fêtes (Sandu, 1999 :89.
En général, la notion de confiance diffuse fait référence à l’idée que
l’autre va agir selon ses attentes et ses désirs. Elle suppose le rapport
direct avec un « autre » (connu ou inconnu), un type d’association
informelle et de communication. En révanche, la méfiance est
l’expression du besoin de la rassurance, dans le contexte d’une vie
dure :
…et ben, le monde est devenu indifférent (….) car ‘y a du stress
aujourd’hui, ‘y a une autre façon de vivre sa vie, j’sais pas moi,
auparavant, le monde n’était pas comme ça, on avait le coeur léger,
sans souci,…’y a des gros frais à nos jours, tous les trucs sont
chers….combien coûte le câble par satellite, l’enfant à l’école…c’est
pourqoui tout le monde est tel quel, les gens ne s’intéressent qu’à leur
bourse et leur pognon….tout le monde veut qu’on le soit bel et
bien….et ben, ‘y a plus de confiance en personne… (institutrice,
Păuleşti).

De plus en plus, les gens envisagent le coût d’une telle relation ; soit,
on garde la confiance, soit on la trahit, selon la logique de combien
auraient-ils de gagner de chacune des ces situations présentes.
Analysant les données, 49% des personnes questionnées déclarent
qu’on y peut avoir de la confiance aux gens, et le reste de 51% ont

5
donné une réponse négative. Est-ce qu’on pourrait parler, à cet égard,
d’une polarisation de la société ?
La confiance a des valeurs plus élevées aux personnes qui affirment
que tous les gens de leur village s’accordent bien et très bien (48%),
ce qui réside que pour les habitants de ce milieu, l’espace de
manifester la confiance est représenté par l’homme connu, habituel,
avec lequel la vie réagit.
On parle aussi de la confiance pour ceux qui bavardent avec les
voisins, avec d’autres personnes du village, ceux qui « sortent devant
leur porte » (58,4% sortent dans le vilage pour se mettre à la causette
tous les jours et quelques fois par la semaine). « Le banc devant la
porte » est un indicateur révélateur pour le degré de la sociabilité4 des
villageois, non seulement par l’existence proprement-dite, mais surtout
par l’existence et manifestation des comportements associés à celle-ci.
On remarque notamment leur fréquence évidente dans le village de
Hăulişca :
…ici (Păuleşti) les gens sèment de la discorde (…) faut qu’ils soient
unis, ils ne bavardent plus, à Hăulişca, ils parlent devant leur porte,
chemin faisant, chez nous, ils ne le font pas encore (femme, Păuleşti).
Voilà un premier indice de la présence des liens plus forts entre les
habitants du village, d’un esprit communautaire plus développé à
Hăulişca.
Par rapport au soutien réciproque entre les villageois5, l’analyse nous
indique une association entre eux, manifestée par des comportements
d’entraide, par des déclarations participatives aux noces, baptêmes,
sorties pour des discussions avec les gens. On pourrait considérer
quand même cette liaison basée sur une culture de la sociabilité,
confiance généralisée et complémentarité d’intérêts. Cependant,
toutes les informations issues auprès des enquêtes montrent que la
majorité de réactions de ce type se manifestent notamment entre les
parents et voisins. Dans le contexte d’une économie de subsistance
qui caractérise la commune de Păuleşti, le rôle et le soutien de la
famille deviennent plus importants : il est plus rentable de s’entraider
plutôt d’en faire payer des gens pour les travaux agricoles ou pour de
constructions.
La même idée est aussi valable dans le cas des ménages où il existe
des jeunes gens partis (soit pour des études, le plus souvent à Vidra ou
Focşani, soit pour ceux qui se sont déménagés dans une autre
localité). Ils arrivent surtout en week-end, en vacances/congés payés
pour offir de l’aide aux travaux dans les ménages, aux labours en
acceptant en échange des produits alimentaires6.

4
dans le sens de la sociabilité productive mentionnée par D. Sandu (2003:15): relation sociale de type
positif, avec des bénéfices actuels ou potentiels pour tous les acteurs impliqués
5
affirmation soutenue par les entretiens, observations et discussions avec les gens du village
6
évalué par des questions de type: „Combien de fois recevez –vous/donnez-vous un coup de main aux
constructions, aux labourages, dans le ménage”, „Combien de fois prêtez-vous de l’argent, outils…”

6
Le voisinage se constitue par un critère en quelque sorte naturel et
d’entraide :
…ben, avec qui puis-je m’aider moi, les enfants vivent dans la ville,
avec les voisins, ben, avec qui ? Qu’on appelle quelqu’un d’autre bout
du village, quand les voisins y sont là-bas ? Pourqoui j’appelle moi un
autre, quand moi aussi j’ pas envie d’en faire appel (femme, Păuleşti).

Dès lors, pour la majorité des questions de ce type, les villageois


s’adressent aux parents et voisins, mais, l’échange est réglé par une
réciprocité spécifique7 :

…aux labourages, ‘y a de soutien, mais pas n’importe quelle personne,


toujours parmi les voisins, avec la famille…et alors on le sait : demain,
lendemain, après une semaine, je me présente moi aussi chez eux aux
labourages.. (femme Hăulişca)

Ce genre de réciprocité spécifique , de type contractuel, est très bien


illustré aux cas des noces et baptêmes :
…bien que les gens n’aient plus un sou et envie de se divertir comme
jadis, t’vas aux noces, alors tu en penses, ben voilà mon aussi dans ce
cas, j’ai une fille à marier, ‘y a plus personne chez moi, et alors on
dit : Elle n’est pas venue chez nous quand même…..(institutrice,
Păuleşti)

La forme dans laquelle l’entraide se manifeste est le prêt des outils


(59% prêtent souvent et très souvent) et de l’argent (54% prêtent et
empruntent de l’argent souvent et très souvent). La fréquence est
faible dans le cas d’entraide pour les travaux agricoles, grâce de la
méfiance évidente de la façon d’en labourer les terres d’uen autre
personne.
Le prêt de l’argent s’en fait ressentir aussi dans l’espace du voisinage
et de la parenté :

…avec le pognon ben, on le prête, on l’emprunte encore parmi les


voisins, car j’sais moi qu’à la pension on me les rend, le fric…qu’est-ce
qu’on fasse, les gens sont pauvres, ils n’ont pas un sous…, alors, s’ils
l’auront, ils ne me le prêtent plus. (femme, Hăulişca).
On a aussi trouvé des situations où le prêt d’argent est considéré en
tant que facteur de prestige et renom de la perspective d’une bonne
position matérielle bonne et très bonne. C’est surtout le cas des
familles de migrants à l’étranger :

….comment pourrais-je prêter de l’argent, moi, j’ai été sept ans à


l’étranger, j’ai été parmi les premiers partis du village, moi, je prête de
l’argent, qu’ils veuillent venir me le prêter, seulement qu’ils me re
7
en opposition avec la réciprocité généralisée, plutôt désintéressée, de tel type „quelque chose pour rien”

7
rendent, car, moi aussi j’ai tout à fait bossé, je leur donne de l’argent,
qu’ils voient ben…on dit qu’on laisse tomber au lit ma mère toute
malade..et alors ils partent n’importe où, je leur prête, et maintenant
qu’ils voient que je me sens à l’aise…(homme, Păuleşti).

En conclusion, on peut apprécier que le plus souvent l’entraide se


pratique entre les parents et voisins, ayant comme base la familliarité
eet les motivations de type économique. L’association est naturelle,
donc elle n’implique pas des coûts de confiance trop élevés, le coup de
main est accordé sur de bases de relations de parenté et voisinage ;
les réseaux de connaissances et relations sont limités à la famille et
voisins tenant compte des particularités du « repli en soi » de la
communauté, surtout par l’infrastructure déficitaire.

…ici les gens du village se connaissent bien, même si au plus


souvent, ça ne te sert à rien, à la ville ‘y a autre chose, tu connais à
droite, à gauche, quelqu’un t’aide avec quelque chose, un autre avec
toute autre chose, ici à la campagne, voilà, tu les connais, car tu les
vois tous les jours….. (homme, Păuleşti).

Institutions et participation communautaire 8


L’analyse sur la confiance généralisée nous est utile aussi pour la compréhension
des mécanismes d’approbation de la confiance institutionnelle10.
Même si la confiance diffuse représente le fondement sur lequel se bâtit la
confiance dans les institutions, le principal facteur qui la conditionne est le
fonctionnement efficace de celles-ci.
Dans la littérature spécialisée, ce mécanisme est mis en liaison avec la notion du
capital relationnel ; dans le sens du développement d’une culture de type clientéliste, dans
le cas d’une inefficacité institutionnelle : "Si le marché, le dispensaire, l’école, le palais
de justice ou la mairie fonctionne comme il convient, de façon transparente et efficace, en
concordance avec les demandes de la population locale, alors le besoin de relations avec
des personnes de ces institutions ou avec des personnes qui peuvent avoir un accès facile
à leur niveau est réduit " (Sandu, 2003 : 34).

8
mesurée par la présence aux activités institutionnelles locales : présence au vote, participation aux
rencontres des habitants de la communauté, la pratique religieuse à l`église, la contribution aux fêtes
religieuses, la participation aux réunions avec les parents et aux autres activités organisés par l`école, etc.
10
mesurée par les questions de type : ” Dans quelle proportion avez-vous confiance dans la
mairie/communauté/…”

8
La relation avec la participation active peut se faire sous la forme de deux
modalités : une activité institutionnelle transparente et efficace stimule l’implication,
mais d’autre part, une efficacité élevée peut déterminer la diminution du besoin d’être
actif à la vie communautaire. Par conséquent, une proportion réduite de participation
publique ne suppose pas impérativement un niveau réduit du capital social, mais elle peut
être le résultat du fait que "les choses vont comme il se doit" au niveau des organisations
locales. Dans ce sens là, le concept de compétence civile11 est très important, c'est-à-dire
la perception des gens sur leur propre pouvoir d’influencer le fil des choses (fig. 3).
% 50

40

30

20

10

0
Dans une très grande mésure Dans une moindre mesure Pas du tout
Dans une grande mesure Dans une mesure très réduite

Fig. 3 La perception du pouvoir d`influence sur les autorités du village


On parle d’une discordance entre le niveau déclaratif et le niveau actionnaire en
ce qui concerne le pouvoir des villageois d’influencer les décisions qui sont prises à leur
intérêt. Même si plus de 70 % des villageois croient qu’ils peuvent influencer dans une
grande et très grande mesure les décisions prises au niveau des autorités locales, en
réalité, on n’a pas rencontré une action de ce type.
Un exemple dans ce sens là est représenté par l’initiative des villageois de mettre
au point une affaire dans le domaine de l’usinage du bois, initiative qui a été empêchée et
abandonnée à cause du manque d’intérêt des autorités locales et, implicitement du
manque de n’importe type d’action de la part des institutions locales.

11
Almond G., Sidney V, La culture civique, Attitudes politiques et démocratie dans cinq nations, Bucarest,
1996

9
Institutions locales
a. L’église
Au niveau de la commune Păuleşti, existent trois églises (deux à Hăulişca et une
à Păuleşti) et un prêtre dans chaque village. Ceux-ci sont parmi les personnes considérées
comme les plus importantes dans leur village, dans lesquelles les gens ont confiance et
écoutent les conseils qu’ils donnent : 88% des interrogés tiennent compte dans une
mesure élevée et très élevée de l’opinion du prêtre.
L’initiative du prêtre de Hăulişca de mobiliser les gens pour construire une petite église
du bois; suite au fait que la "grande église" avait brûlé dans un incendie, représente un
potentiel communautaire qui mérite d’être exploiter. Les habitants ont contribué avec
leurs ressources matérielles et avec leur travail pour la construction de la nouvelle église ;
qui a été prête dans neuf jours :
"…chacun a aidé avec ce qu’il a pu, celui qui n’était pas capable de travailler
donnait d’argent, celui qui été pauvre et n’avait pas d’argent venait pour construire, les
femmes cuisinaient pour les ouvriers" (femme, Hăulişca).
La construction de la petite église en bois est une raison de fierté pour les
habitants de Hăulişca, les histoires sur leur mobilisation, sur la façon dont chacun a
participé constitue une bonne occasion de mettre en évidence du plus en plus nettement
l’idée de l’existence d’un esprit communautaire supérieur à Hăulişca.
"… les habitants de Hăulişca sont plus solidaires que les habitants de Păuleşti et
s’ils ont une idée dans la tête, ils la réalisent […] c’est leur façon d’être, au travail et dans
toutes les situations, ils s’aident réciproquement ; par exemple, si quelqu’un a apporté un
morceau de bois et s’il ne peut pas se débrouiller tout seul ou il peut pas, ils
communiquent entre eux et ils viennent à l’aide de l’autre et pour creuser, ils s’aident
aussi (femme, Păuleşti).
Malgré tout cela, l’existence et la réussite d’une action de ce type ne peuvent pas
être mises exclusivement sur la conscience de l’appartenance à la communauté et de la
participation à son cours. N’oublions pas qu’il s’agit de l’église (dans laquelle 82 % des
personnes inclues dans l’échantillon ont beaucoup de confiance), les gens se rapportant
dans cette situation à la croyance en Dieu et au respect de l’autorité traditionnelle et
morale du prêtre.

10
b. L’école
L’école est une institution centrale dans la vie de la communauté dont dépend
premièrement la formation du capital humain. Un aspect très important dans le sens de la
croissance du capital humain est représenté par les investissements de la communauté
dans l’éducation et l’attitude des gens vis-à-vis de l’école. Le plus souvent, les parents
comprennent le fait que l’éducation représente une condition nécessaire à la réussite de
leurs enfants, l’école étant vue comme une „rampe de s’affirmer” dans la vie :
„…je veux ni entendre ces petits qu’ils ne font pas leurs devoirs ou qu’ils vont pas à
l’école, si non “c’est le feu” ! Maintenant on peut plus vivre à la campagne, il faut
toujours travailler, ça n’est pas la vie” (femme, Hăulişca).
Pourtant, le dernier temps, ayant en considération l’insécurité de trouver et garder
un emploi, aussi que l’impact que le phénomène migratoire au niveau du village,
l’importance accordée à l’éducation a diminué :
”..ils partent à l’étranger pour faire de l’argent et ils laissent seuls leurs enfants ou avec
un parent, finalement l’enfant n’étant pas suffisamment gardé. Les enfants vont à l’école,
ils n’arrivent pas à l’école, ils apprennent pas, ils écoutent pas,...Chez nous il y a pas eu
beaucoup de ces cas, mais dans les derniers temps, j’observe qu’ils abandonnent l’école,
ce qui est un peu inquiétant pour notre futur[..] ils ont commencé à penser à autre chose,
ils ont vu les autres qui ont redoublé l’année, ils sont partis à l’étranger, ils sont venus
avec de l’argent et maintenant, ils s’y croient” (maire).
De la même problématique parle aussi la directrice de l’école de Păuleşti : „il y a
des cas d’abandon scolaire, il s’agit en spécial de l’école Hăulişca, des élèves dont leurs
parents sont partis pour travailler à l’étranger et les enfants sont restés avec les grands-
parents, les parents les envoient de l’argent, des portables et eux ils ne pensent plus à
l’école.”
Le manque des parents de la maison sur une période plus longue, corrélé avec les
sommes d’argent importantes qui entrent dans la maison et avec l’idée que:”on peut faire
de l’argent même si on n’a pas l’école” (homme, Păuleşti), conduit à la perte de l’intérêt
pour l’institution de l’école et pour le processus éducationnel. Le manque d’intérêt est
grand aussi vis-à-vis des réunions avec les parents :

11
„Les parents des bons élèves sont ceux qui viennent à l’école pour s’intéresser, les
parents des enfants qui apprennent et qui malgré tout n’ont pas de problèmes, mais les
autres parents ne viennent pas. Nous leur disons de venir à l’école, pour leur parler, leur
expliquer la situation. Il y a eu des cas où nous avons frappé à leur porte pour leur dire
que l’enfant est en train de redoublé l’année...mais sans résultat” (directrice).
Il y a trois écoles au niveau de la commune Păuleşti, une à Hăulişca (les classes 1-
8), et deux à Păuleşti (parmi lesquelles seulement une avec le primaire, localisée dans le
village de Fundătura, qui, du point de vue administratif, appartient au village Păuleşti).
Toutes les trois écoles ont un directeur commun (une dame professeur de biologie, de
Tulnici). Un des principaux problèmes est le fait que, d’un total de 16 cadres didactiques
de la commune, 10 ont des cours aux deux écoles (celles qui incluent aussi le collège).
D’une autre coté, seulement 8 professeurs sont habitants de la commune, le reste faisant
la navette de Tulnici, Coza ou Vidra.
Il y a aussi le problème du manque de qualification de certains cadres didactiques
(même si nous n’avons pas pu apercevoir leur nombre exact de ceux-ci, il y a au moins 4
professeurs qui n’ont pas suivi les cours d’une forme d’enseignement supérieur; parmi
ceux-là, 2 étaient inscrits à la faculté au moment de la réalisation de la recherche).

c. La mairie
La mairie de Păuleşti a été crée en 2003, après 37 ans d’appartenance de la Mairie
Tulnici. Le contexte est expliqué par le maire dans la façon suivante :” Apres 1990, grâce
aux constructions de Lepşa, Tulnici a gagné d’importantes sommes d’argent […], et ces
sommes là, il fallait les investir dans notre village pour des routes et des écoles. A partir
de 1990 jusqu’à présent, des travaux ont été réalisés à Tulnici, parce que c’était le centre
de la commune, et quand le tour de Păuleşti est venu, ils ont dit :<<On va la transformer
en commune, pour qu’on leur donne plus et qu’ils se fassent tout seuls>>”.
Le principal contentement des villageois en ce qui concerne la création de la
commune de Păuleşti est représenté par le fait que:”...c’est plus près, ici, à coté de chez
nous, nous ne ferons plus 5 kilomètres jusqu’à Tulnici pour un seul document, le maire
nous connaît, parce qu’il est des nôtres, il est plus conciliant avec nous et il connaît nos
problèmes” (femme, Păuleşti).

12
Le maire est originaire du village de Hăulişca, il a travaillé comme fonctionnaire à
la mairie de Tulnici. Sur la base de cette fonction, il a réussi à attirer une partie des fonds
financiers de la mairie de Tulnici pour résoudre quelques problèmes à Hăulişca: l’apport
de l’eau, l’élargissement de l’espace de l’école avec deux salles de classe, la construction
d’un foyer cultural. La participation des membres de la communauté a été un appui réel
dans la réussite de ces projets. L’esprit communautaire des villageois sort à la surface de
nouveau, mais cette fois-ci de façon plus “intense”, surtout ayant en considération le fait
qu’à Păuleşti nous n’avons pas cette sorte d’exemple :
“...les gens de Hăulişca ont été plus solidaires, ils ont été à l’école, ils ont agrandi
l’école avec deux salles de classe - réalisées par moi avec l’argent des gens. Donc, je ne
sais pas si dans toute la Roumanie il y a une école construite avec d’argent des gens ;
chacun donnait 100.000 lei, je demandais à un chauffeur d’apporter une voiture de
ballaste, j’allais chez un maître d’exploitation pour me donner une voiture pleine de
bois, on trouvait des solutions” (maire de la commune).
L’esprit d’initiative et le fait que “il nous comprend, il se porte bien avec nous”
(femme, Păuleşti), fait que le maire soit une figure centrale dans la vie de la
communauté, à Hăulişca, ainsi qu’à Păuleşti aussi. L’appel favorable des villageois au
maire et au vice-maire constitue un facteur important de la manifestation de la confiance
de la population dans l’institution de la mairie : 31 % d’entre eux déclarent qu’ils ont
confiance dans la mairie dans une proportion très élevée, et 45% qu’ils ont confiance
dans la mairie dans une proportion élevée.
Ayant en considération que la mairie est une institution nouvelle formée au niveau
de la commune de Păuleşti, il est possible que le mécanisme d’approbation de confiance
ne se base pas sur la vraie activité de la mairie. Les principaux facteurs déterminants sont
la confiance dans le maire et vice-mairee et l’investissement avec confiance comme
“donné fondateur”12, dans l’espoir d’un fonctionnement efficace, qui répond aux besoins
des citoyens.

d. ”Obştea” (la communauté villageoise)

12
idée elaborée par D. Sandu (1999:73): ”Surtout pour les nouvelles institutions, la confiance apparaît
comme donnée fondateur, comme investissement utile pour l’assurance d’un milieu symbolique de
fonctionnement de l’institution”

13
“Obştile” Păuleşti et Hăulişca ont été fondées, dans les formes actuelles, suite au
processus de l’action de rétrocéder des forêts à la base de la loi 1/2000. L`activité
principale est celle d`administration du fond forestier des deux villages.
L`organisation interne de cette institution est constituée comme suit: un président,
un conseil d`administration et un organisme de contrôle, qui vérifient l`activité de
l`”obşte”. Ceux-ci sont élus, ayant droit de vote toutes les personnes de plus de 18 ans,
indifférent du sexe.
A partir de l`analyse des données du questionnaire, résulte le fait que 66 % des
sujets compris dans l`échantillon ont beaucoup de confiance en ”obşte”. En conclusion,
on peut parler d`un niveau élevé de la confiance dans cette institution. En effet, ce chiffre
est fort influencé par le facteur de désirabilité que la réponse à ce type de question
suppose, par l`investissement avec confiance comme symbole du “donnée fondateur”, de
laquelle nous parlions aussi dans le cas de la mairie.
Les interviews ont montré un modèle du manque de confiance et de
mécontentement vis-à-vis de l’“obşte”, surtout par rapport à la “obştea” du passé:
“Quelques voleurs et bandits qui mangent la forêt, ont vendu les montagnes... le
président de l`”obşte” mange, avec l’agent forestier, les terrains, mangent et restent au
chaud, […] il faut que tu ailles pour qu`ils te le marquent et ils te les donnent avec des
chicots ou pourris” (homme, Păuleşti).
Une autre raison de mécontentement est l`enrichissement du pouvoir de l`”obşte”
pendant un intervalle de temps très court, la perception que :
“...avant, tous mangeaient sur le dos de l`”obşte”, maintenant seuls certains mangent
[…] au lieu de lutter pour le village, ils luttent pour leur propre poche” (homme,
Păuleşti).
“Avant c`était le village qui mangeait, maintenant 1-2 personnes mangent, c`est
comme ça, et avec ça je crois que je vous ai dit presque tout ” (homme, Păuleşti).
L`expression du vote et la participation aux réunions de l`”obşte” n`ont pas
toujours comme résultat la mise en pratique des idées soutenues par les villageois, surtout
si celles-ci contreviennent aux intérêts du pouvoir de l`”obşte” :
“...moi j`ai proposé ainsi, en fait, j’ai donné mon avis... des contrôles
toutes les 2 semaines, des rapports pour dire ce qu`ils font là, parce

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que nous aussi nous ne sommes pas bêtes, ici vit une population
saine” (homme, Păuleşti).
A tout cela, on ajoute l`indifférence du pouvoir de l`”obşte ” vis-à-vis du “futur de
la forêt”: des replantations ne se font pas, même si nous nous confrontons à une
exploitation massive de la forêt (des coupes intensives).
“Pourquoi ils planteront, ils ne pensent pas à ça, mais normalement il faudrait
planter, couper et après remettre en place, parce qu’à la fin où pourront-ils couper ? Ils
ont dit qu`ils vont remettre, mais d’une on dit, de l’autre on fait ; vous allez voir, dans 3-
4 ans les forêts vont disparaître” (femme, Păuleşti).

Conclusions
 La longue distance de la ville, l`infrastructure déficitaire, le stock réduit de capital
humain et aussi du potentiel démographique, sont les principaux indicateurs du
stade réduit de développement de la communauté de référence ;
 Le potentiel de développement, identifié avec l`activité du tourisme et la
possibilité de la création dans la commune d`une entreprise de l’usinage du bois,
est retardé justement à cause de la qualité détériorée des routes, des états vétustes
et pauvres des habitations et à cause du manque d`initiative au niveau des élites
locales ;
 Le contexte actuel de la pauvreté et du manque de perspectives, de “la vie
difficile”, fait que les gens sont plus réticents dans leurs rapports avec les autres,
plus orientés vers la manifestation de la confiance au niveau de la famille et des
proches;
 Le manque de participation des gens aux activités des institutions locales est le
résultat du manque de confiance dans leur activité, manque de perspective pour le
futur de leurs enfants (surtout en ce qui concerne l’école). Toutefois, les
implications de ce manque de confiance peuvent être graves, surtout si on tient
compte de la situation négative du potentiel démographique et du niveau du
capital éducationnel présent au niveau de la commune entière.

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