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La génération spontanée

La terre naturelle chap. 14 intitulé PROCRÉATIONS DE LA TERRE EN


TANT QU'ÊTRE MÂLE-FEMELLE, et chap. 15

Que la Terre produise vraiment des semences pour toutes sortes de plantes
et d'animaux, on peut le déduire de nombreuses apparitions sur la surface
terrestre. Parmi ces apparitions il faut énumérer le boisement initial des
montagnes, de même que le croissance des mousses et des herbes sur des
steppes autrefois désertes sur lesquelles pendant un millier d'années absolument
rien n'avait jamais poussé. Les moisissures et les champignons n'ont encore
jamais eu jusqu'à aujourd'hui de semence d'une autre façon. Aux phénomènes
qui contribuent à éclairer cela appartient ensuite aussi ce genre d'apparitions
- certes plus rares, mais cependant assez fréquentes - qui sont des pluies de
graines de céréales et de toutes sortes d'autres grains, de même que celles, ayant
dans notre cas valeur de preuve par excellence, de ce que l'on appelle la pluie de
poissons, de couleuvres, de grenouilles et autres, dont personne parmi les
naturalistes - comme ils ont coutume de s'appeler - si jamais il dispose d'un seul
grain de saine intelligence, ne pourra jamais soutenir que ces animaux sont
soulevés de terre par la force d'un quelconque tourbillon d'air et ensuite jetés à
nouveau en bas ; parce que, ceci posé, il devrait être en mesure de démontrer de
quelque manière qu'il y a sur la Terre une localité capable de pouvoir donner
asile à un nombre de semblables êtres qui, souvent, atteint le trillion, et si même
il était capable de démontrer cela, il ne ferait rien autre que prouver avec une
évidence d'autant plus grande justement la potentialité génératrice de la Terre,
c’est-à-dire comment elle peut par elle-même procréer de semblables êtres. Mais
quelle est la manière dont se déroulent ces phénomènes, ceci est une chose que
nous allons considérer encore de plus près lors d'une prochaine occasion.

CHAPITRE 15

L'ÉCHELLE DE L'ÉVOLUTION DES ÊTRES VIVANTS

-22 janvier 1847-


Ces phénomènes se manifestent bien sûr sous un tel aspect qu'il peut
faire croire à certains qu'ils soient l'effet de certaines trombes d'air balayant le
terrain et soulevant en l'air ces êtres, qui sont ainsi rassemblés en amas et qui
retombent à terre quand la force du tourbillon vient à diminuer. Mais, pour un
esprit investigateur qui veut aller tant soit peu au fond des choses, ce genre
d'explication ne sera certes pas suffisant ; parce que pour soulever un nombre si
grand de grenouilles, de poissons et de serpents il faut un ouragan tourbillonnant
de bien vastes proportions, ou tout bonnement un cyclone. Mais, en premier lieu,
si ces corps animaux encore peu consistants étaient balayés de terre et soulevés
par la furie destructrice du vent, ils seraient lacérés en très menus morceaux
avant de retomber à terre, et en ce cas la possibilité de vie serait certainement
très discutable ; en second lieu ensuite, pour nettoyer peut-être entièrement un
lac quelconque ou un marais large et long parfois de plusieurs heures de marche,
une semblable trombe d'air devrait elle-même avoir un diamètre énorme, ainsi
qu'une force telle que même une montagne ne pourrait lui résister, chose
qu'aucun savant ou naturaliste ne pourra facilement admettre ; en troisième lieu
enfin un tel vent ou une semblable violente trombe d'air devrait vider le lac de
son eau jusqu'à la dernière goutte, ou bien nettoyer un marais entier de façon à
n'y laisser pas même un seul grain de sable ; en suite de quoi, si cette pluie
d'animaux se vérifiait, avec eux, devraient tomber aussi beaucoup d'eau, de vase
et une quantité d'autres ingrédients ; ce qui n'est généralement pas le cas lors de
ces pluies d'amphibies, comme on les appelle.

Ces phénomènes, par contre, ont l'origine suivante :


La Terre en sa qualité d'être double engendre en un quelque endroit hors
de ses viscères une quantité d'habitude énorme de tels ovules ; ceux-ci sont très
petits, et ils sont poussés au-dehors facilement à travers les innombrables pores
et canaux de la Terre ; à cause ensuite des éléments de fermentation propre à de
semblables germes, plus ceux-ci montent et d'autant plus ils se dilatent ; raison
pour laquelle ils finissent par devenir plus légers que l'air, et quand ils ont atteint
le surface terrestre, ils commencent à s'élever dans l'atmosphère sous forme d'un
nuage sombre, comme les ballons aérostatiques, jusqu'à une certaine hauteur, où
ils arrivent dans l'influence de quelque forte zone électrique, ce qui arrive
facilement puisque celle-ci exerce une particulière attraction sur de semblables
germes. Dans ce courant, les germes vont rapidement mûrir et les petits animaux
sont, pour ainsi dire, mis au monde souvent en nombre de nombreux milliers de
millions. Mais puisque ces petits animaux se sont formés, à partir de l'air, un
corps spécifiquement plus pesant que lui par l'action du courant électrique, il
arrive qu'ils ne peuvent pas se soutenir plus longtemps dans l'air ; et ils
commencent à retomber vers la terre ; cependant comme ils sont encore assez
légers, la descente n'est pas aussi rapide au point de provoquer leur écrasement
par l'effet de la chute, et par suite leur mort immédiate ; mais bien plutôt ils
atteignent la terre dans un état encore passable, et ils peuvent vivre durant
quelques autres heures après avoir touché le sol.
…….
Je crois qu'au penseur non superficiel ces explications suffiront pour lui
démontrer la puissance génératrice et reproductrice de la Terre dans sa qualité
d'être double, et comment ces phénomènes extérieurs tirent dans la manière
susdite leur origine principalement du rein terrestre, parce que c'est là qu'est
élaborée la substance séminale universelle et qu'elle y est fécondée pour être
apte à l'engendrement selon les voies qui ont été décrites.
…..