Vous êtes sur la page 1sur 202
Huet, Pierre-Daniel (1630-1721). Traité de l'origine des romans, par Huet, suivi d'observations et de jugemens surici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr . " id="pdf-obj-0-2" src="pdf-obj-0-2.jpg">
Huet, Pierre-Daniel (1630-1721). Traité de l'origine des romans, par Huet, suivi d'observations et de jugemens surici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr . " id="pdf-obj-0-4" src="pdf-obj-0-4.jpg">

Huet, Pierre-Daniel (1630-1721). Traité de l'origine des romans, par Huet,

suivi d'observations et de jugemens sur les romans français, avec l'indication des meilleurs romans qui

... ont paru surtout pendant le XVIIIe siècle jusqu'à ce jour. 1798.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :

*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service.

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque

municipale de

...

(ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

1 T

Ë

\~ji%~

L'I~

1

e

G 1

N E

D E S R 0 M A N S~

T

R A 1

D

B

T É

(

I/

0

R 1 G I

N E

D E S PAR

R 0 M A

IItJJE'I

~V~QUE D'AVRAN(

SuïVï d'observationset de jugemeas sur les Romans'Françaia, avec l'indication de& jmeilteursRomans qui ontparu, sur-tout, pendant le dix-huitieme siecle jusqu'à *ce jour.

A PARIS,

ChezN.L.M.DBBMSA&'M, éditeur,unp.-Hb., meda 33t~N~-Ffan$eis, <m coindelaPlacedel'Odeon.

Ae VÏL

PRÉFACE

D ]Ep=-Jt':ÉD 1 T E U R.

~R.

J. J. Ra&ss~a dit que les N~o~ c<MTompues ont besotn de ~oBfMHM, comme les mabdes ont besoin de re- mèdes. Il vaudrait beaucoup mieux,i ~ans doute, qu'elles pussent se passer de ces palliatifs mais, puis<~n'~ la En du dix-huitième siecle nous sommer ~our le moins aussi corrompus <~ ~ps ancêtres; puisqu'il est nécessaire jquenous ayons des Romans, on trou- ~et~ cer~nement utile et me~e jj~

PREFACE dispensable de connaître leur ori-

gine. Un desécrivainsles plus éclairés du

dix-septième siecle ( le célebre Huet évoque d'Avranches ) nous a laissé un ouvrage précieux sur cette ma- cère. Des censeurs atrabilaires osèrent dans~ le tems blâmer ce savant pré- lat, d'avoir mis au jour cet excellent traité. Les hypocrites de toutes les classes devaient, en eHet savoir mauvais gré à un évéque de faire

l'éloge des romans, et sur-tout de prou- ver que les hommes les plus gravesde. l'antiquité/et même les pontifes lés plus austères de toutes les religions,

~E

Y~BITBUS:

n'avaient pas dédaigné de s'occuper de ce genre de littérature. Mais c'est envain que la critique a voulu s'atta- cher à la savante production de l'é- véque d'Avranches son traité <~e 7~/TgMM des Romans passera à la postérité la plus reculée. J'ai donc cru que le public accueil- lerait favorablement une nouvelle édition de cet ouvrage, qui est de- venu très-rare. J'y ai ajouté des obser- vations et des jugemens sur les Ro- mans JErançaisque j'ai puisés dans les ouvrages d'un littérateur qui a donné

dans ce genre l'exemple et le pré- cepte. J'ai enËnterminé ce recueil en

indiquant les Romans qu; ont eulej

ari& A c t.

É, t

  • l <.

ect~

phxsdesuccès, stBF-tont depuis le dts~ ht:dtieHie~ede. J'aime &cfoire qae cette ï~tmioa p~dM~ ~t qn~eUe sera u~te à ceax i<s<e des

qeâ s~~ea&peM Ren~uM.

TRAITÉ

TRAITÉ

s s

I/

0 R 1

G 1 N E

E~

R 0 M A N S. *~c~~

LVo~K~<6urio8itéest bieh raison-

nable, et iÏ sied bien dé savoir

rOï-igIne des Romans à ceim qui

entend si b~en ràrt de tes Mre.

Mais je ne sala, Monsieur (~) s~l

~le sied bien attssi d'entreprendre

de satisfaire votredesir. Je suis san&

( ) Cette dissertationfut adresséeà

Segr~is, attteurduRùmande Zayde.

t

a

DE

I.'ORICXNB

livres j'ai présentement la tête rem-~

plie de toute~autre chose y et je

connais combien cette recherche est

embarrassante. Ce n'est, ni ~en Pro-

vence ni en Espagne, comme plu-

sieurs le croyent qu'il faut espérer

de, trouver les premiers commence-

mëns <~e cet agréable amusement dea

honnêtes paresseux il faut lés aller

chercher dans des pays pijus éloi-

gnés et dans l'antiquité la plus re-

culée. Je ferai pourtant ce que vous

souhaitez car comme notre an-

cienne et étroite amitié vous donne

droit de me demandertoutes choses

elle m'ôte aussi la liberté de vous

rien refuser.

Autrefois, sous le nom de Romans,

on comprenait, non-seulement ceux

qui étaient écrits en prose, mais plus

BES

H OMANS.

souventencore ceux qui étaient écrits

en vers. Le Giraldi et le Pigna, son

disciple dans leurs Traités

A?-

TM~M~, n'en reconnaissent presque

point d'autres, et donnent le Boiardo,

et l'Arioste pour modeles. Mais au-

jourd'hui l'usage contraire a prévalu,

et ce que l'on appèlle proprement

Romans sont desfictions d'aventures t'

amoureuses, écrites en prose avec

art, pour le plaisir et l'instruction

deslecteurs. Je dis des actions, pour

les distinguer des histoires véritables.

J'ajoute d'aventures amoureuses

parce que l'amour doit être le prin-

cipalsujet du Roman. II faut qu'elles soient écrites en prose, pour être

conformes à l'usage de ce siècle: Il

faut qu'elles soient écritesavec art, et

jsousde certaines règles autrement

v 4

DB

Ï/ORIGI~B

ce sera un amas confus sans ordre

et sans beauté. La fin principale ip~ des

Romans, ou du moins celle qui doit

t'être et que se doivent proposer

ceux qui les composent, est l'instruc"

tion des lecteurs à qui il faut tou-

jours faire voir la vertu couronnée ,¡

et le vice châtié. Mais comme l'esprit

de l'homme est naturellement en

nemi des enseignemens, et que son

amour-propre le révolte contre les ins-

tructions il le faut tromper par l'ap-

pas duj)laisir, et adoucir la sévérité

des préceptes, par l'agrément de$

exemples et corriger ses défauts en

les condamnant dansun autre.Ainsile

divertissement du lecteur, que le Rc~

mander habile semble se proposer

pour but, n'est qu'une nn subordon-

née à ta .principale qui e&t l'in&truc- 1

DES

ROMANS.

5

tion de l'esprit, et la correction des

mœurs; et les Romans sont plus ou

moins réguliers, selon qu'ils s'éloi-

gnent plus

oumoinsde cettedéfinition

et de cette fin. C'est seulement de

ceux-là que je prétends vous entrete-

0;

=

nir et je croisaussi que c'est-là que

se borne votre curiosité.

Je ne parle donc point ici des Ro-

mans en vers, et moins encore des

poëmes épiques, qui, outre qu'ils

sont en vers ont encore des diffé-

ïences essentielles qui les distinguent

'des Romans quoi qu'ils aient d'ail

leurs un très-grand rapport, et que

suivant la maxime d'Aristote, qui en-

/seigne que le poëte est plus poëte par

les fictions qu'il invente, que parles

vers qu'il compose, on puisse mettre

'lesfaiseursde Romans au nombre des

DE 3t/ 0 R1 CÏ NB

poètes. Pétrone dit que les poèmes

doivent s'expliquer par de grands dé"

tours, par le ministèredes Dieux, par

des expressions libres et hardies, de

sorte qu'on les prenne plutôt pour des

oracles, qui partent d'un esprit plein

de fureur, que pour une narration

exacte et fidele les Romans sont

plus simples moins élevés moins

Rgurés dans l'invention et dans l'ex--

pression. Les poèmes ont plus demer-

veilleux, quoique toujours vraisem-

blables lesRomansont plus du vrai-

semblable, quoiqu'ils aient quelque-

fois du merveilleux. Les poèmes sont

plus réglés, èt plus châtiés dans l'or-

donnance, et reçoivent moins de ma-

tiere d'événemens, et d'Episodes

les Romans en reçoivent davantage

parce qu'étant moins élevés etmoina

DES S HO M AN S.

7

figurés, ils ne tendent pas tant l'es-

prit, et le laissent en état de se char-

ger d'un plus grand nombre de diffé-

rentes idées. Enfin, les poëmes ont

pour sujet une action militaire ou

politique, et ne traitent l'amour que

par occasion les Romans au contraire

ont l'amour pour sujet principal, et

ne traitent la politique e~ la guerre

jqu&par incident. Je parle desRomans

réguliers, car la plupart desvieux Ro-

mans français .italiens, et espagnols

sont bien moins amoureux qùe niili-

taires. C'est ce qui a fait croire à Gi-

raldique le nom de Roman vient d'un

mot grec, qui signiRe la force et lava-

leur parce que ceslivresne sontfaits

que pour vanter la force et la valeur

des paladins mais Giraldis'est abusé

en cela, comme vous verrea dans

s

DB t/ORXÛt~S

Jtasuite.Je ne comprends point ici non

plus ces histoires qui sont reconnues

pour avoir beaucoup de faussetés,

telles que sont celle d'Hérodote, qui

pourtant en a bien moins que l'on ne

croit, la navigation d'Hannon, la vie

d'Apollonius écrite par Philostrate

~plusieurs semblables. Ces ouvrages

sont véritables dans le gros, et fau~

seulement dans quelques parties.JLea

Romans au contraire sont véritable~

dans quelques parties, faux dans I<9

gros. Les uns sont des vérités mélée~

~e quelques faussetés, les autres son~

des faussetésmêlées ~e quelques vé-

rités. Je veux dire que la vérité tien~

le dessusdans ces histoires, et que 1~

fausseté prédomine tellement ~~s les

Romans, qu'ils peuvent même être

entieremenjE ~ox et en gros et e~

OBS

~O~A~a.

9

Détail.Aristote enseigne que la tragé-

die dont l'argument est connu, et

pris dans l'histoire, est la ph)s par,

&ite parce qu'elle est plus vfaiaeïnv

blable que celle dont rargtjunent es~

Nouveau, et entierement controuve

<Btnéanmoins il ne con<~anjme pas

icette derniere. Sa raison est, qu'en"

more que l'argument d'une tragédie

poit t~é de l'histoire, il est pourtant

jgnoré de la plupart des spectateufs,

et nouveau à leur égard, et que ce~

pendant il ne laisse pas de divertir

tout le monde. n faut dire la même

chose des Romans, avec cette distine'-

tton toutefois que la fiction totale

<derargun;entest plus recevable dans

~es Romans dont les actems sont de

~aed~oepe for~ume, cornue dans les

J~om~as ~om~ïMs, i~oe dans

Us

I/ORYGI~B

grands Romans dont les princes et

les cpnquérans sont les acteurs~ et

dont les aventures sont illustres et

mémorables parce qu'il ne serait

pas vraisemblable que de grands évé-

nemens fussent demeurés cachés au

monder et négligéspar les historiens

et la vraisemblance,qui ne se trouve

pas toujours dans l'histoire, est essen-

tielle au Roman. J'exclus aussi dit

nombre des Romans de certaines his-

toires entierement controuvées, et

dans le tout et dans les parties, mais

inventées seulement au défaut de la

vérité. Telles sont les origines imagi-

naires de la plupart des nations, et

même des plus barbares. Telles sont

encore ces histoires si grossièrement

par le moine Annius de

le moine

-A de

8npposées'par

supposées

~terbe, qui on~mérHérindi§naHoa.

tt

B

S ? 0 M A ? S.

ï~

T.-

bu le mépris de tous les savans.Je

mets la même différence entre les

Romans, et ces sortes d'ouvrages,

qu'entre ceux qui par un artifice in-

nocent se travestissent etse masquent

pour se divertir en divertissant les

autres; et ces scélérats qui prennant

le nom et l'habit de gens morts <9W

absens,,usurpent leurs biens à la fa-

veur de quelque ressemblance.Enfin

je mets aussiles fables hors de~mon

sujet car les Romanssont desfictions

de choses qui ont pu être, et qui n'ont

point été et les fables sont des Re-

tiens de choses qui n'ont point été >

et n'ont pu être.

Après être convenus des ouvrages

qui méritent proprement le nom de

Romans, je dis que l'invention en est

due aux Orientaux je veux dire aux

&B

t'OtUGÏ~S

J~gyptiens, aux Arabes, aux Perses

et aux Syriens. Vous l'avouerez, sans

doute, quand je vous aurai montré

jque la plupart de grands Romancie~a

~e l'antiquité sont sortis de ces peu-

ples. Cléarque, qui avait fait des Ïjt-

!M'@s d'amour, était de Cilicie, pro-'

j~Me voisine de Syrie. ImMique, qui

a écrit les aventures de Rhodanes et

ide Sinonis, était né de parens Sy-

j~ens, et ~nitétevé à Babylone. Héïio"

)dpre, auteur du Roman deihégén~ o

~tde Cha~clée, é~dt d'Emese, ville

jde P~nieie. Lucien, qui a écrit

~étamorphose de ~Leciusen âne,ri

était de Samosate, capitale de ~~oma.-

géne, province de Syrie. Aehillés Ta-

~ins, qui nous a appris les amours de

Cïitophon ~t de Leucippe, était d'A-

~ea~ndïie d*jEgypte< L'histoire &b~

BES S ROMAND.

13

leuse deBarlaam et de Josaphat a été

composée par Saint-Jean de Damaâ

capitale de Syrie. Damascius, qui

avait fait quatre livres de Retiens,$

non-seulement incroyables comme

les avait intitulées, mais même gros-

sieres et éloignées de toutes vraisem-

blance, comme l'assure Photius, était

aussi de Damas. Des trois Xénopnoï~

romanciers dont parle Suidas, l'un

était d'Antioche de Syrie, et l'autre

de Chypre ile voisine de la même

contrée. De sorte que tout ce paya

mérite bien mieux d'être appelé le~

des fables que la Grèce, où

pays

elles n'ont été quetransplantées, mais

où elles ont trouvé le terroir si bon

qu'elles y on~ a,cuniraHement bien

pris racine.

~.ussi à peine e&t-il croyable co~-

DB

J~ORÏÛÏ~S

t~1

bien tous ces peuples ont l'esprit poé-

tique, inventif, et amateur des fic-

tions tous leurs discours sont figu-

rés, ils ne s'expliquent que par allé-

gories leur théologie, leur philo-

sophie, et principalement leur poli-

tique et leur morale

sont toutes

enveloppées sous des fables et des

paraboles.

Les Hyéroglyphes des Egyptiens

font voir à quel point cette nation

était mystérieuse. Tout s'exprimait

chez eux par images tout y était

déguisé leur religion était tottte

voilée on ne la faisait connaitre

aux profanes que sous le masque

des fables, et on ne levait ce masque

que pour ceux qu'ils jugeaient dignes

d'être initiés dans leurs mystères.

Hérodote dit que les greca avaient

~B8 ROMANS.

ï5

pris d'eux leur théologis mytholo-

gique, et il rapporte des contes qu'il

avait appris des prêtres d'Egypte et

que tout crédule et fabuleux qu'il est

lui-même il rapporte comme des

sornettes. Cessornettes ne laissaient

pas d'être agréables, et de toucher

fortl'esprit curieux des grecs, comme

Héliodore le témoigne, gens dési-

reux d'apprendre et amateurs des

nouveautés Et ce fat sans doute de

..

ces prêtres que Pythagore et Platon,

aux voyages qu'ils Rrent~n Egypte,

apprirent à travestir leur philosophie,

et à la cacher dans l'ombre des mys-;

teres.et dès déguisemens.

Pour les Arabes si vous consultés

leurs ouvrages vous n'y trouyerez

que métaphores tirées par les che-

yeux, que similitudes et que fictions;A

t6

De

L'ORÏGINB

Leur Alcoran est de cette sorte. Ma-

T~t

<

~<~

~~«t

homet dit qu'il l'a fait ainsi àRn que

les hommes pussent plus aisément

l'apprendre

et plus difneilement

y oublier. Ils ont traduit les fablea

d'Esope en leur langue et quelques"

uns d'entr'eux en ont composé de

~ëtuMâbles.Ce Loëman, si renommé

dans tout l'orient, n'était autre qu'E-

sope. Ses fables, que les Arabes ont

ramassées en un volume fort ample,

lui acquirent tant d'estime parmi eux,

que l'Alcoran son

savoir dans

un chapitrer qui, pour cela, est in-

ûtulé du nom de Locman. Les vies

de leurs patriarches, de leurs pro-

phètes

et de leurs apôtres sont

toutes fabuleuses. Ils R~ntleurs dé-

lices de la poësie, et c'est Fctude la

p~ ordin~e de Ictu-sbeaux espritSt

Cette

DSS

HO M A NS.

'7

Cette inclination ne leur est pas nou-

velle elle les possédait même devant

Mahomet, et ils ont des poëmes de

ce tems-là. Erpéhius assure que tout

le reste du.monde ensemble n'a point

eu tant de poètes que la seule Arabie,

Ils en content soixante, qui sont

entr'eux comm& les princes de la

poésie et qui ont de grandes troupes

de poëtes sous eux. Les plus habiles

ont traité l'amour en des églogues,

et quelques-uns de leurs livres sur

cette matière, ont passé en occident.

Plusieurs de leurs califes n'ont pas

tenu la poésie indigne de leur ap-

plication. Ab~alla, l'un d'enfr'eux,

s'y signala, et Rt un livre de simi-

litudes comme rapporte Elmacin.

C'est des Arabes, à mon avis, que

jnous tenons fart de rimer, et je

a

a8

DE

î.'

0 & Ï û ï JfB

vois assez d'apparence que les vers

Léonins ont été faits à l'exemple des

leurs car il ne paraît point que les

rimes eussent cours dans l'Europe

avant l'entrée de Tarie et de Muça

en Espagne, et l'on en vit quantité

dans les siecles suivans quoiqu'il

me fût aisé de 'vous faire voir d'ail*

leurs, que les vers limés ne furent

l

pas tout-à-fait inconnus aux anciens

  • o. Romains.

Les Perses n'ont point cédé aux

Arabes en l'art de mentir agréable"

ment car encore que lè mensonge

leur fut autrefois fort odieux dans

l'usage de la vie, et qu'ils ne d~fen~

dissent rien à leurs enfans avec tant

de sévérité néanmoinsil leur plaisait

mnnfment dans les livres et dans le

Commercedes lettres, sitoutefois les

DBS

&OMA NS.

~9

notions se doivent àppeUer men-

songe. Pour en tomber d'accord, il

ne faut que lire les aventures fa-

buleuses de leur législateur Zo-

roastre. Strabon dit que les maîtres

parmi eux donnaient à leurs disciples

des préceptes de morale enveloppés

de fictions.Il dit en un autre endroit

que l'on n'ajoute pas beaucoup de foi

aux anciennes histoires des Perses,

des Medes et des Syriens, à cause

de l'inclination que leurs écrivains

avaient à conter des fables car

voyant que ceux ~ai en écrivaient de

profession étaient en estime ils cru-

rent qu'on prendrait plaisir à lire des

relations fausses et controuvées, si

elles étaient écrites en forme d'his-

toires. Les fables d'Esope ont été si

JpMrtàleur goût, qu'ils se sput appro~

BB ï/ORÏCÏtfB A

ao

prié 1 auteur.C'est ce même Locman

del'Alcoran.dontje vous ai parlé,

qui est si renommé parmi tous les

peuples du levant ils ont voulu

dérober à la Phrygie l'honneur de sa

naissance, et se l'attribuer car le&

Arabes disent qu'il était de la race des

Hébreux, et les Perses disent qu'il

était Arabe noir, et qu'il passa sa vie

dans la ville de Caswin, qui était

l'Arsacle dès anciens.' D'autres aut

contraire', voyant que sa vie écrites

par Mirkond a beaucoup de rapport

avec celle d'Esope, que Maximua

Planudes nous a laissée, et ayant

remarqué que comme les Anges don-

nent la sagesse à Locman dans Mir<

kond, Mercure donne la &Me a~

Ësope dans Philostrate, ils se son<

pC~uadés ~ue ~es ~rec~ avaient d~

D ES

&OMANS.

ax

tobé Locman aux orientaux, et en

avaient fait leur Esope. Ce n'est pas

ici le lieu d'approfondir cette ques-

tion je dirai seulement en passant t

qu'il faut se souvenir de ce- que dit

Strabon

que les histoires de ces

peuples d'orient sont pleines de men-

songes, qu'ils sont peu exacts et peu

fideles et qu'il est assez vraisem-

blable qu'ils ont été fabuleux en par-

lant de l'auteur et de l'origine de~

fables, comme en tout le reste; que

les Grecs sont plus diligens et de;

meiUeure foi dans la chronologie et

dans l'histoire et que la conformité

du Locman de Mirkond avec l'Esope

de PIanuc~és et de Plulostrate, ne

prouve pas davantage qu'Esope soit

jLocman, qu'elle prouve que Loeman

soitJSsope. Les JPefses ont donné

aa

ni

ï.'ORtÛÏÏTB

JLocmanle surnom de Sage, parce

qu'en effet, Esope a été mis au nom-

bre des Sages ils disent qu'il était

profondément savant dans la méde-

cine, qu'il y trouva des secrets ad-

mirables, et entr'autres celui de faire

revivre les morts.Ils ont si bien glosé,

paraphrasé, et augmenté ses fables t

qu'ils en ont fait comme les Arabes

un très-grosvolume, dont on voit un

exemplaire dans la bibliothèque du

Vatican. Sa réputation a passé jus-

qu'en Egypte et dans la Nubie, o&

son nom et son savoir sont en grande

vénération. Les turcs d'aujourd'hui

ja'en Jtont pas moins de cas

et

croyent comme M'rkond, qu'il a

vécu au tems de David en quoi, s'il

est véritablement Esope, et s'il faut

ajouter foi à la chronologie grecque~

BBS

ROMANS:

a3

ilsse trompent d'environ quatre cens

cinquante ans

mais les Turcs n'y

regardent pas de si prés. Cela con-

viendrait mieux à Hésiode/qui fut

contemporain de Salomon, et & qui Ir

suivant le rapport de Quintilien, on

doit la gloire delaprèmiere invention

des fables,que l'on a attribuée à Esope.

Il n'y a point da poètes qui égalent les

Perses en la licence qu'ils se donnent

dementir dansles viesdeleurs Saints,

~ur l'origine de leur religion, et dans

leurs histoires, Ils ont tellement déR-

guré celles dont nous savonsla vérité

par les relations des Grecs et des Ro-

mains qu'on ne les reconnait pas.

Et même dégénérant de cette louablè

aversion qu'ils avaient autrefois con-

tre ceux qui se servaient du men-

songe pour leuFs intérést~ ils s'en

&4

ttB Ï/ORtGINB

font aujourd'hui un honneur. Ils ai-

ment passionnément la poësie c'est

le divertissement des grands et du

peuple le principal manquerait à un

fégal, si la poësie y manquait. Aussi

tout y est plein de poëtes, qui se

font remarquer par leurs habillemens

extraordinaires. Leurs ouvrages de

galanterie et leurs histoires amou-

i~uses ont été célèbres, et décou-

vrent l'esprit Romancier de cette

nation.

Les Indiens même, voisins ~ea

Perses, avaient l'esprit porté comme

eux aux inventions fabuleules. San-

dabet, indien, avait composé des pa-

raboles, qui ont été traduites par les

Hébreux, et que l'on trouve encore

aujourd'hui dans les bibliotheqoea

des curieux, Le père Poussin, jé~

0&8

ROMANS.

a5

suite a joint à son Pachymere,

~1.

s

'Ir6_

qu'il a fait imprimer depuis peu'à

Rome, un dialogue entre Absalom,

roi des Indes, et'un Gymnosophiste,t

sur diverses questions de morale, où.

ce philosophe ne s'explique que par

paraboles et par fables à la maniere

d'Esope. La préface porte que ce livre

avait été composé par les plus sages

et

les plus savans de cette nation,

et qu'il ~tait soigneusement gardé

dansle trésor des chartes du royaume;

que Perzoës, médecin de Chosroës,

Mt de Perse, le traduisit d'Indien en

Persan, un autre de Persan en Arabe,

et Siméon Sethi, d'Arabe en Grec.

Ce livre est si peu diHerent des apo-

logues qui portent le nom de l'in-

dien Pilpay, et qui ont paru en &an-

~ais depuis quelques années, qu'on

a6

DB Ï/OR

tOÏNB

ne peut pas douter qu'il n'en soi~

l'original ou la copie car on dit que

ce Pilpay fut un Bramine, qui eut

part aux grandes affaires et au gou-

vernement de l'état des Indes sous

le roi Dabchelin

qu'il renferma

toute sa politique et toute sa morale

dans ce livre qui

les rois-des Indes,

fut conservé par

comme un trésor

de sagesse et d'érudition que la ré-

putation de ce livre étant allée jus-

qu'à Nouchiveron, roi de Perse il

en eut une

copie pas

le moyen de son médecin, qui le

traduisit en Persan que le calijE&

.AJbuja&r Almansor le fit traduire

de Persan en Arabe et un autre

d'Arabe en Persan; et qu'après toutes

ces traductions peraiennes on en nt

~ncofe une nouvelle, différente des

&BS ROMANS.

ay

précédentes, sur laquelle on a fait la

française. Certainement qui lira

l'histoire des prétendus patriarches,

des indiens Brammon et Bremmaw,s

de leurs descendans, et de leurs peu-

plades, ne cherchera point d'autre

preuve de Famourde ce peuple pour

les fables. Je croirais donc volon-

tiers que quand Horace a appelle fa-

buleux le ReuveHydaspe, qui a sat

source dansla Perse et son embou-

chure dans les Indes, il

avoulu dire

qu'il commence et qu'il finitsa course

des peuples fort adonnés aux

?

parmi

feintes et aux déguisemens.

Ces feintes et ces paraboles que

vous avez vues pro&nesdans les na~i

tions dont je viens de vous parler r

ont été sanctifiéesdans la Syrie. Lea

a~teur~ sacirésa'accommodamtà l'es-!

a8

BB Ï~ORÏOtïtB

prit des )ui&, s'en sont -servis pour

exprimer les inspirations qu'ils rece<

vaient du ciel. L'écriture-sainte est

toute mystique toute allégorique,

toute énigmatique. Les Talmudistes

ont ccu que le livre de Job n'est

qu'une parabole de l'invention des

Hébreux. Ce livre celui de David t

les proverbes, l'ecclesiaste le can-

tique des cantiques, ettous les autres

cantines sacres sont des ouvragea

poëûtptes, pleins de n~ïres quipa"

raitraient hardies et violentes dana

nos écrits,et qui sont ordinaires ~ns

ceux de cette naSon. Le livre des

proverbes est autrement intitu~ les

paraboles, parce que les proverbea

de cette sorte, selon la dé&oitionde

QuintiUen ne sont que des nctiona

eu pamboles en mcourcL Le can-

DBa

ROMANS.

.4%^ a9

cqae des canttques est une plece

dra- dm-

matique, où les sentimens,~passion-

nés de répoux et de l'épouse sont

exprimés d'une manière si tendre et

si- touchante, que non? en serions

charmés si ces expressions et ces

figures avaient un~peuplus de rapport

avec notre génie OtL que nous pu&*

sions nous dièdre de cette in~ustOt

préoccupation qui nous fait désap"

prouver tout ce qui s'éloigne tant

soitpen de noa meeurs.En quoi nous

nous condamnons nous-mêmes, sans

nous en appercevoir puisque notre

légèreté nenous permet pas de. per"

sévérer long-tems dans le~ mémea

coutumes. Notre Seigneur lui-même

ne donne presque point de précepte~

aux juifs que sous le voile des para-'

~otes. ~e~a~u~ cont~ntun mH~

So

M.

DB

ï/ORtûHTB

de fables, toutes plus impertinentes

les unes que les autres: plusieurs

rabbins les ont depuis expliquées,i

conciliées, ou ramassées dans des

ouvrages particuliers, et ont composé

d'ailleurs beaucoup de poésies de

proverbes, et d'apologues. Les Cy-

priots, et les Ciliciens voisins de la

Syrie ont inventé de certaines fables

qui portaient le nom de~es peuples:

et l'habitude que les Ciliciens en

leur particulier avaient au mensonge

a été décriée par un des plus anciens

proverbes qui aient eu cours dans la

Grèce. Enfin les fables étaient en si

grande vogue dans toutes ces con-

trées, que parmi les Assyriens et lea

Arabes, selon le témoignage de Lu-

cien, il y avait de certains person-

nages dont la seule profession était

DBS ROMANS.

St

d'expliquer les fables; et ces gens me-

naient une vie si réglée, qu'ils vi-

vaient beaucoup plus long-tems que

lesautres hommes.

Mais il ne suffit pas d'avoir dé*

couvert la source des Romans, il

faut voir par qu'elle chemin ils se

sont répandus danala Grèce et dans

l'Italie et s'ils ont passé de là jus-

qu'à nous, ou si nous les tenons

d'ailleurs. Les Ioniens peuples de

l'Asie mineure, s'étant élevés à une

grandepuissance,et ayantacquisbeau-

coup de richesses, s'étaient plongés

dansle luxe, et dans les voluptés, com~

pagnes inséparables de l'abondance.

Cyrus les aiant subjuguéspar la prise

de Crésus, et toute l'Asie mineure

étant tombée avec eux sous la puis-

sance des Perses, ils reçurent leur,

Sa

D S L'ORÏûINS

encours avec leurs lois, et mêlant

=

leurs débauches avec celles où leur

s

inclination les avait déjà portés, ils

devinrent la plus voluptueuse nation

du monde. Ils raffinerent sur les

plaisirs de la table/ils y ajoutèrent

les fleurs et les parfums; ils trou-

verent de nouveaux omemens pour

les b&timens les lainea les plus fines

et les plus bélier tapisseries du monde

venaient. de chez eux; ils furent au"

teurs d'une danse lascive, que l'on

nomma Ionique; et ils se signalèrent

si bien par.leur molesse, qu'elle passa

en proverbe, Mais entre euxlesMi-f

lésions l'emportèrent en la science

des plaisirs, et en délicatesse ingé-

nieuse, Ce furent eux qui., les pre-<

miers, apprirent des Perses l'art de

&ire de Romans, et y t~v~erenc

DBS RÛMANS.

33

si heureusement que les fablesMile-'

siennes, c'est-à-dire leurs Romans,

pleines d'histoires amoureuses et d~

récits dissolus, furent en réputation.

Il y a assez d'apparence que les Ro-

mans avaient été innoéens jusqu'à

eux, et ne contenaient que dés aven-

tures singulières et mémorables

qu'ils les corrompirent les premiers

et les remplirent de narrations las*

cives et d'événemens amoureux. 1~

tems a consumé tout ces ouvrages

et à peine a-t-i~ conservé le nom

d'Aristide, le plus célèbre de leut~

Romanciers, qui avait écrit plusieurs

livres de fables surnommées Mi<

lésiennes.Je trouve qu'un Denis Mi"

îésien

qui vécut sous le premier

Darius., avait écrit des histoires Ja."

bu~uses îna~s n'étant pas certain

5

S4

BE

ï/ORX

6 ÏNN

que ce ne fut point quelque com-

pilation de fables anciennes, et ne

voyant pas assez de fondement pour

croire que ce fussent des fables pro-

prement appellées Milésiennes, je ne

le mets point au rang des faiseurs.

de Romans.

Les Ioniens, qui étaient sortis de

FAttiqùe et du Péloponese, se sou-

venaient de leur origine, et entrete-

naient un grand commerce avec les

Grecs. Ils s'envoyaient réciproque-

ment leurs enfans pour les dépayser,

et leur faire apprendre

les moeurs

les uns des autres. Dans cette com-

munication si fréquente, la Gréée

qui était assez portée aux fables

d'elle même apprit aisément des

Ioniens Fart de composer les Romans,

~t le cultiva avec succès.Mais pour

t)

BS R0 M AKr-a.

35

-ne point confondre les choses j'es-

saierai de rapporter selon l'ordre du

tems, ceux des écrivains Grecs, qui

se sont signalés danscet art.

Je n'en vois aucun devàntAlexan-

dre-Ie-Grand et cela me persuade

que la science romanesque n'avait

pas fait de grands progrés parmi les

Grecs, avant qu'ils l'eussent apprise

des Perses même

lorsqu'ils les

subjuguèrent, et qu'ils eussentpuisé

.à la source. Cléarque de Soli, ville de

Cilicie, qui vécut du tems d'Alexan-

dre, et

fut comme lui disciple d'A-

ristote, est

le premier que je trouve

-Avoirécrit deslivres d'amour. Encore

,ne sai-je pas bien