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TRADUCTION EN FRANÇAIS des Textes de JETON KELMENDI par Skender SHERIFI

Traduction en français des textes originaux de Jeton Kelmendi en albanais


faite par l’écrivain Skender SHERIFI - à Bruxelles en mai 2 0 0 9
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INSINUATION

Si je deviens vieux
Sans avoir écrit quelques vers d’amour
Vous pourrez dire : « quel vieux solide comme une pierre ! »
Il avait la solidité d’une pierre, disaient-ils
Si je deviens vieux
Sans chanter des chansons d’amour
Dans le feu du silence
Je m ‘enflamme
Amour
Beauté et Vers coulent ensemble
Pour toi et la Patrie
NUDITE
Je ne changerais ma langue
Avec personne
Excepté avec toi, ce soir
Une heure
Deux
Trois
Jusqu’à pouvoir toucher le fin fond du mot
Je te dirai tout
Nu
Comme lors du premier baiser
Tu m’apparais si glacée à mes yeux
Et si enflammée en-dedans
Nue
Je ne t’échangerais
Avec personne
ECHO
Prend un peu de ton ciel
D’aujourd’hui
Personne n’a recouvert notre peau
Je ne pense pas que je verrai
Les autres Pôles
Sans que ton ciel ou le mien
Ne soient par-dessus nos têtes
Repose-toi, ma bien- aimée
Je t’offrirai un brin de ciel du fond de ma respiration
Je transformerai mes Mots en Oiseaux
Leurs chants enivrants te réveilleront

UN PEU PLUS TARD

Tu viendras
Au rocher de la Parole
Pour toi, je viendrai
J’attendrai encore longtemps
Tous les départs
Et les arrivées
Ensuite, je partirai

LA BEAUTE DES BEAUTES

Qui porte la beauté


Aussi bien que la Dulcinée ?
Dans ses Yeux d’été
Coule l’amour libéré
Quelle incroyable beauté
Le vers magique de ma Dulcinée !
Oh suprême Beauté !

22 H 10 à TIRANA

Ce soir l’automne avalera la nuit


La lune se reflète à ma fenêtre
Pour toi
J’écrirai mes meilleurs
Vers
Ce soir
Belle amie brune
Peut-être t’es-tu endormie
Avant qu’il ne soit
dix heures dix
Mais je musicaliserai mes vers
Le mot a suffisamment de nuit
Et de silence
On vient de passer
Onze heures
Le ciel est descendu sur mes vers
Ainsi que les rares étoiles

Ton visage m’apparaît


Oh ma beauté aux Yeux dorés !
Comme aux époques anciennes
Mon regard te croisa par-delà les collines

LA BRUNE

Je fus pour cette Brune


Une expérience peu commune
Rien que de son ombre
Poussent les herbes
Les discussions avec ma brune deviennent des hymnes
Chantés à la gloire de l’amour
Au coin de mon regard, je vois ses yeux bleus
Posés au bord de ma pensée, je deviens silencieux
Et dès le lendemain
Il n’y a que moi qui lui manque !

SON RÊVE

Elle est venue chercher la vue des quatre côtés


Cette demoiselle qui nourrit mon vers
Elle me laissa un vrai dilemme
Est-elle la Poésie
Ou mes Mots sont-ils la Demoiselle ?
Reine aux pensées changeantes
Même le Rocher le sait
Jusqu’à ce que mon Soleil
Illumine son Visage
Elle cherche la voix de mon cœur
Cette année me fut désastreuse
Et cependant, elle m’aime encore
Alors que mon vers brûle de plus en plus fort

LETTRES

Demain, qui allons-nous appeler ?


Quel vent a emporté les courriers
Et dire, qu’aucun de ses messagers
Ne s’est surpassé !
Ils se sont tellement raréfiés

Cela fait des jours


Qu’un Oiseau noir
Tarde à arriver
Une de ses ailes couvrirait la moitié du ciel
Qui héritera de l’autre moitié ?
Sur la paume de la main
Tu te vois serein
Dis-moi
Qui allons-nous appeler demain ?

QUELQUE PART A L’EXTERIEUR

L’égo de l’âme d’un personnage


ou performance gigantesque

J’ai décidé
Comme on dit
D’un seul coup
De traverser les longues routes
Jusqu’à la porte
De ton âme
Et toi, si tu le souhaites
Fais-moi la Fête !
Si je sombre dans la chaleur
De ton été
Ouvre un peu la fenêtre de ton cœur
Et laisse entrer la fraîcheur
Des Mots
Si tu le veux
Fais de sorte
Que je me sente bien
Pas seulement pour y abriter ma tête
Dans le miroir de tes yeux
Je me sens telle une étoile dans le ciel
De tes pensées
Peut-être
Qu’il arrivera comme on dit
Que l’air
Entre par le trou de l’aiguille
Si tu le souhaites ferme la porte
De ton âme
Ecris mon nom avec des lettres rouges
Et pose-le au seuil de la porte
De ton âme
Alors chacun saura que cette Forteresse
A bien un maître des lieux ( responsable en chef )

ELLE VECUT AU-DELA D’ELLE-MÊME

A présent, arrivée à son vrai moi


Elle vit avec les anges ( Mère Théresa )
Que d’années sont passées
Depuis son grand départ
Elle vécut un vrai miracle, au-delà d’elle-même, Albanika
Avec deux âmes
L’une pour Dieu, l’autre pour l’Humanité
Elle était un peu Gonxhe, un peu Calcutta
Surtout Albanika et encore plus Lumière
Pour l’Humanité entière
Elle pria jusqu’à devenir
Elle-même Prière
Illirika
Notre Mère Théresa
En 1978 la Paix épousa ton Nom
Cette année-là, Oh mère
Je vins moi-même en ce Monde
A présent
Lorsque j’ai besoin d’un brin de Fierté
Je vais à Kruje chez les Kastriotes
Et j’appelle Georges
Lorsque j’ai besoin d’une étoile
De l’Univers
Je cours vers la Colline du Soleil
Et j’appelle Rugova
Oh notre Mère Théresa
Avec tes Prières, je me suis couché
Et réveillé
Dardanne
Tous les Anges qui vivent aux cieux
Ont sourit en attendant ton arrivée parmi eux
Tellement géante
Combien d’années ont passé
Et la Patrie s’apprête
A vivre une nouvelle destinée
Albanika
Continue à prier pour l’Humanité
Tes orphelins
Et ta terre si sacrée
Qu’on nomme ILLYRIE
Que d’années ont passé
Depuis ton départ
Ici, viennent d’autres temps
Gonxhe
« Je connais des paroles de pierre «
Je l’ai appris à Shkrel
Et j’ai même un Palais des Rêves quelque part
Dit Kadaré
Et à présent
Bénis les traces de pas à Prekaz
Et à Glloxhan
Ces réalités horribles que nous vîmes de nos yeux
Notre Père qui êtes aux cieux
Jette sur nous un regard bienveillant !
Dis encore un mot
En albanais
Que Dieu bénisse l’Arberie !
Allume une bougie éclairante
Illyrienne
C’est la première
Chacun le sait
Oh mère, tu es la Lumière
Le départ n’est souhaitable
Pour personne
Mais lorsqu’on s’en va comme toi, oh mère
C’est un départ miraculeux
Même Jésus connaissait les albanes
Mais nous connûmes des temps défavorables
Et que faire contre l’acharnement du sort ?
Nous héritâmes de ces voisins-là
Tu as vécu au-delà de toi-même
Et à présent tu vis en toi-même
Eternellement
Parmi les anges
Notre avenir prochain
Offre-le nous dès à présent
Prie, Oh mère encore une fois
Car ce mois de Décembre m’a effrayé
Et j’ignore ce que voient mes yeux
J’ai l’impression que le grand froid de la Dardannie
A retardé l’apparition du printemps
Dardanika
N’oublie pas nos quatre parties
séparées
Oh mère, tu es notre nom à tous qui brille
Sur la terre comme dans les cieux !

12. A la première personne

Appelez-le
lui-même qu'il vienne avec vous
Quand vous partez
partez ensemble
Ensemble vous y arriverez

13. Là-bas tout commence du début

(A l'ancienne ville d'Ulpiane *)

Là-bas tout commence du début


Les nuits
Se referment amèrement
Dans les ruines en larmes
Comme dans le noir incarcéré
Ses mots anciens je les sens
Avec le feu des cendres
Ravivé dans les pupilles
Ulpiane
Soif
Qui secoue la canicule de la journée

* Ulpiana a été fondée par l’empereur Trajan dans ce qui constituait alors la province de
Mésie supérieure, actuellement un quartier de Prishtina.

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