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IAE ECONOMIE ET SCIENCE ECONOMIQUE On trouve des notions d’économie dans la Grèce antique, qui

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IAE ECONOMIE ET SCIENCE ECONOMIQUE On trouve des notions d’économie dans la Grèce antique, qui se

ECONOMIE ET SCIENCE ECONOMIQUE

On trouve des notions d’économie dans la Grèce antique, qui se sont enrichies tout au long du Moyen-âge (St-Thomas d’Aquin). Jusqu’au XVI ème siècle l’économie n’est pas autonome par rapport à la morale religieuse. Avec la Renaissance, on assiste en France et en Europe occidentale à l’émergence de

nouveaux Etats, qui sont limités par des frontières difficiles à garder. Il faut donc des armées permanentes. Les 1 ers économistes vont s’intéresser à la question de la richesse des souverains car il faut des ressources pour entretenir une armée. Le 1 er économiste à avoir publié un ouvrage « Traité d’économie politique » en 1616 est Antoine de Montchrestien. Il se demande comment faire pour enrichir le souverain car richesse = puissance. Montchrestien va créer une des premières écoles de pensée, les Mercantilistes. La caractéristique fondamentale des économies d’alors est que ce sont des économies sans industrie où l’enrichissement vient surtout des échanges marchands. Dès la fin du XVI ème siècle, une autre préoccupation va intéresser les économistes. Ils voient que le commerce n’est pas tout et que si on consomme il faut produire. Certains vont se pencher sur le lien entre l’agriculture et l’économie :

-le

travail

-le

grain, la semence

-la

nature (indépendante de la volonté de l’homme)

Les économistes seront bloqués par ce constat. Il y a quelque chose qu’on ne peut pas contrôler. Ils vont essayer de théoriser cet état.

A la fin du XVI ème siècle, les Physiocrates vont introduire une notion fondamentale de

l‘économie, l’ordre naturel.

Cet ordre naturel est ce qui permet à la nature de tout mettre en ordre pour que tout se passe correctement.

Ils vont mettre en cause la supériorité de l’Etat. Selon eux, il existe des lois économiques qui

s’imposent aux hommes.

Dès le XVIII ème arrivent les Classiques, qui vont évoluer. Ils arrivent en Angleterre au début du siècle, pendant la révolution industrielle. Ils vont approfondir les questions de lois économiques. D’où vient la richesse ? La production ? L’échange ? La formation de la valeur,

du prix ? Adam Smith, 1 er des économistes classiques ; David Ricardo ; Robert Malthus sont

des représentants de cette école, qui « vécut » de 1730 environ jusqu’en 1848. Ils présenteront

un modèle économique simplifié, le modèle Classique, qui conduit à la conclusion pessimiste

que l’économie industrielle d’alors va directement dans le mur. Ricardo appellera ça l’état

stationnaire. Milieu du XIX ème , fin de l’école classique car évolution des pensées, le message des auteurs classiques (état stationnaire) est remit en cause par d’autres classiques, qui s’appelleront les Néoclassiques.

Le XIX ème est un siècle de profonde injustice sociale, qui provoque l’émergence de théories

qui vont s’efforcer de démontrer pourquoi cette économie n’a pas d’avenir. Dès 1948, premiers écrits néoclassiques. Si l’échange se réalise dans de bonnes conditions, la

situation économique est un équilibre économique. Cet équilibre est la meilleure solution économique pour tous. C’est en même temps un équilibre social (=satisfaisant pour la société). Ils vont appeler ça un optimum économique. Quelques Néoclassiques : Stanley Jevons, Karl Menger, Alfred Marshall, Léon Walras, Vilfredo Pareto.

1

Fin du XIX ème , expansion économique. La pensée néoclassique domine. Elle n’est pas favorable à l’intervention de l’Etat dans l’économie. Pourtant on va sortir de la crise grâce à l’intervention de l’Etat : chantier du Métropolitain (métro1) sur Paris par exemple. 1929 crise économique, on prend conscience que la théorie néoclassique n’a pas été capable de l’anticiper. Après cette crise, émergence dans les années 30 de la théorie keynésienne (John Maynard Keynes) et mise en place de ses applications dans cette économie. On voit donc une profonde évolution entre 1615 et 1950 des théories économiques, compréhensible entre autres, par le changement des économies elles-mêmes.

1.Mercantilistes

2.Physiocrates / Classiques (équilibre = stagnation) 2b.Karl Marx (équilibre = fin du capitalisme) 3.Néoclassiques (équilibre = meilleure situation pour tous)

4.Keynésiens

Comment définir l’économie : identification de l’économie

Il y a plusieurs dénominations de l’économie :

-Ecopo -sciences économiques -analyse économique.

La première étape commence avec les Mercantilistes. L’économie sert à définir la façon d’enrichir au mieux le souverain. Les Classiques s’occupent de l’économie industrielle. Définition 1 : « L’économie veut expliquer la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses » par Jean-Baptiste Say dans « Traité d’économie politique ». C’est la science de la richesse.

Les Néoclassiques sont la nouvelle référence pour les décideurs (fin 19 ème ). L’économie peut parvenir à l’équilibre qui est harmonieux et équitable, par l’échange. On échange des biens économiques ou des services. Ces biens ont un prix ! C’est l’échange marchand. Définition 2 : « C’est la science de l’échange marchand ». Mais à quel prix ? Néoclassiques = théorie de la formation des marchés et des prix

WWII nécessite l’intervention massive de l’Etat dans l’économie car il faut reconstruire

les villes dévastées (rupture par rapport aux autres théories). Il y a nécessité pour l’Etat d’intervenir dès lors que le marché ne peut pas régler le problème tout seul. Comme on ne peut pas tout faire en même temps, il faut choisir quoi reconstruire en premier = arbitrage. Les économistes trouvent là une nouvelle fonction : l’aide à la décision politique. L’économie est devenue une science des choix efficaces. Définition 3 : « C’est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usage alternatif » par Lionel Robbins en

1947.

Recherche de la meilleure adéquation objectifs / moyens rares.

L’économie est-elle une science ?

Oui mais c’est une science capable de se remettre en question. Ex : l’inflation

2

Controverse de 1590 entre l’université de Paris et les pouvoirs publics (le roi). Le roi va confier à Monsieur de Boisguillebert la mission de savoir pourquoi les prix augmentent. Jean Bodin, professeur à la faculté de Paris va proposer une autre explication que celle de Boisguillebert. L’histoire lui donnera raison sans toutefois donner tort à Boisguillebert. Pourquoi le prix du grain augmente ? Boisguillebert fait ouvrir les livres de comptes des paysans et il constate que 10 ans auparavant le quintal de blé valait 1 pièce d’or, contre 1 pièce d’or + 1 Louis d’argent au moment de l’enquête. Son hypothèse est : le processus d’échange de monnaie où les pièces passent de main en main fait que les pièces s’usent. Pour lui la hausse des prix est donc due à l’usure des pièces. Plus l’argent circule vite, plus il s’use donc plus les prix augmentent. Il fait vérifier cela par les orfèvres qui montrent que les vieilles pièces ont un poids en or plus faible. Jean Bodin, professeur à la Sorbonne, enquête bien qu’il n’ait pas les mêmes possibilités d’investigation. Il regarde les livres des fermiers généraux mais n’arrive pas à la même conclusion que Boisguillebert. Il constate une modification dans l’économie : la quantité d’or en stock a augmenté (pillages des conquistadors en Amérique du Sud). Pour lui les hausses de prix sont causées par la hausse du stock d’or, l’expansion monétaire.

Or × 2; Grain = Prix × 2

Or

× 2; Grain = Prix × 2

M = P × T

Dans le courant du XIX ème , cette opération sera résumée par d’autres économistes sous la forme suivante, qui est l’équation quantitative de la monnaie:

(où M est la masse monétaire, P l’indice de prix et T le volume des

transactions)

Le roi ne donne pas raison à Bodin car c’est trop complexe pour être compris, par rapport à la réponse intuitive de Boisguillebert. Dans les deux théories, certaines hypothèses n’étaient pas vérifiées. Dans celle de Boisguillebert M est constant ; cependant il a raison sur le point que l’inflation est liée à la vitesse de circulation de la monnaie. Dans celle de Bodin, La vitesse de circulation n’est pas essentielle ; cependant il a raison sur le fait que M a augmenté.

la boîte à outils des économistes – les modèles et la confrontation avec la réalité

L’économie est une science car elle suit une méthode. L’économie construit, propose une méthode explicative = modèle. C’est un résumé, une synthèse la plus explicative possible de la réalité.

Ex : M = PT

Ensuite ce modèle est confronté à la réalité (analyse au travers de faits statistiques, données réelles,…). Cette phase de confrontation n’est pas toujours satisfaisante. On va donc reformuler les hypothèses et reconstruire le modèle. Si la confrontation est satisfaisante on retient la réponse. Mais ça ne veut pas dire que ce soit la seule explication !

3

4

4

1. DE

LA

DESCR IPTION

A

LA

REPRESEN TATION

DE

L’ECONOMIE : L ’ANALYSE EN TERME DE C IRCUIT

Il y a deux conceptions de l’éc onomie :

1-L’économie comme un circ uit

Elle fonctionne comme un

réaction d’autres agents écono miques.

Ex : une entreprise paie des

donc faire baisser le prix d’a chat. Il y a deux approches du circuit, celui

nationale (description du circu it économique) et la théorie keynésienne (ex plication du circuit

économique).

de la comptabilité

circuit plus ou moins complexe. Toute ac tion provoque une

salaires. Si elle les baisse, cela va faire bais ser les dépenses et

2-Comme un ensemble de ma rchés L’économie est un ensemble de marchés. On va chercher à savoir com ment se forment les prix et se concluent les échang es. Les Classiques (Smith, Marx,…) et les N éoclassiques.

La représentatio n simplifiée du circuit économique

Les Physiocrates vont proposer une représentation simplifiée en t erme de circuit (1 er François Quesnay).

Hypothèses simplificatr ices :

1-économie fermée 2-pas de banque, d’insti tutions financières (2 agents : ménages et en treprises)

Le marché ici est un lie u d’échanges, et il y a deux marchés, celui d es biens et services et celui du travail

marchés, celui d es biens et services et celui du travail Ce circuit économique simplifié possède

Ce circuit économique simplifié possède plusieurs propriétés :

5

-tout circuit est double (flux réels, flux monétaires) -tout circuit est doublement équilibré (équilibre par marché et par agent)

par marché

:

travail

+

O

=

O

B

S

=

D

D

par agent

:

ménages

entreprise

salaire

=

recettes

consommation

=

dépenses

-tout circuit constitue un lien d’interdépendances (si on touche aux coûts de production, on va affecter les recettes de production) = toute décision a une conséquence sur le

reste de l’économie.

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1.a. LES GRANDES OPERATIONS ECONOMIQUES

1.a.1. La production et les productivités

1.a.1.1.

1.a.1.1.1. Les facteurs de production

LA PRODUCTION DE BIENS ET SERVICES ET LES FACTEURS DE PRODUCTION

Pour bien produire, l’entreprise a besoin de locaux, de personnel, d’équipements, de terrains, de matières premières, de consommations intermédiaires. Les théories économiques nous disent qu’il faut distinguer deux choses :

-les facteurs de production -les consommations intermédiaires CI (produit incorporé dans le nouveau produit, partie qu’on prélève et qui disparaît)

Les Physiocrates, majoritairement français et occupés par l’agriculture vont discerner ces deux choses de la façon suivante :

Facteurs = travail, terre, matériel (capital)

CI = semence

Les Classiques étudient les économies industrielles qui sont en train de se développer, pour eux :

Facteurs = travail (L), capital (K), terre

Pour Marx enfin :

Facteurs = travail, capital (pas la terre, car elle n’est pas rare)

Ces deux facteurs L et K sont rares, ils ont donc un prix. Ils sont chers et les entreprises vont devoir choisir entre les 2 = arbitrer. Ils sont également reproductibles.

1.a.1.1.2. Les techniques de production : domaine techniquement efficace et situations économiquement acceptables

Ces facteurs ne sont en eux-mêmes pas suffisants pour produire. Pour pouvoir produire, il va falloir combiner ces facteurs entre eux. La manière dont on les combine dépend du choix de la technique de production qu’on a retenu.

Ex : On veut produire de l’électricité -Dynamo = capital, celui qui pédale = travail

-Usine thermique = capital, ceux qui la font tourner = travail

La centrale thermique utilise beaucoup de capital mais nécessite peu de salariés donc

peu de travail. Pour la dynamo il faut peu de capital et beaucoup de travail.

La technique de production va résumer l’ensemble des connaissances et des savoirs techniques dont on dispose au sein de la société. Le choix qui sera fait sera

probablement celui de la meilleure technique de production. Et la meilleure technique

de production est celle qui permettra de fabriquer le plus avec le moins de travail. C’est

le meilleur choix pour nous aussi bien technologiquement qu’économiquement. La rationalité des agents économiques les conduit en permanence à retenir les techniques de production qui sont technologiquement efficaces (on élimine le risque de gaspillage technique) et économiquement acceptables (on élimine le risque de gaspillage économique, on produit aux coûts de production les plus faibles par exemple).

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Quand on aura choisi une technique de production qui a ces deux critères, on dira qu’on a sélectionné une fonction de production. La fonction de production va donc résumer l’ensemble des choix techniques et économiques de l’entreprise et va nous permettre d’associer à tout vecteur de facteur de production (L,K) un niveau de production Y

Y = F(K, L)

où F représente la fonction de production

Exemple de fonction de production :

y = αK + βL

Fonction linéaire à facteur substituable (on peut choisir d’utiliser un facteur plus qu’un autre sans changer le niveau de production. α et β sont des coefficients techniques, c’est-à-dire des coefficients de transformation d’un facteur en niveau de production

Y

= K

α

β

L

Fonction non linéaire à facteur substituable

1.a.1.1.3. Les fonctions de production : substituabilité et complémentarité

Toutes les fonctions de production ne sont pas à facteur substituable. Certaines sont à facteur complémentaire, ce qui veut dire que la quantité de travail et de capital sont liées de façon rigoureuse.

1.a.1.2.

1.a.1.2.1. Productivité totale, productivité moyenne et productivité marginale

LA MESURE DE LA PRODUCTIVITE

On parlera de productivité totale lorsqu’on mesurera la productivité de Y=F(K,L).

On va mesurer une productivité moyenne notée PM, qui est le nombre d’unités de production que fournit en moyenne chacune des unités de facteur travail employée.

Elle est notée

Si par exemple PM L > PM K on peut dire qu’on aurait peut-être avantage à utiliser plus de travail.

PM

L

=

Y

PM

K

=

Y

 

L

K

Cette mesure n’est pas suffisante. Ex1 : la production de blé au XVII ème sur un champ de 1 hectare. Il y a de la terre et du travail. Au début le paysan est seul, il aura probablement un mauvais rendement car il n’arrivera pas à faire tout le travail. On met un 2 ème paysan, la PM L va augmenter. Elle s’améliore encore avec un 3 ème . Avec un 4 ème paysan on va améliorer la qualité de travail des 3 autres, cependant ça ne va pas accroître la PM L mais la faire baisser. A partir d’un certain nombre de paysans il y aura un encombrement. La PM L va augmenter, stagner puis baisser. Ex2 : chaîne de production de pots de yogourts. Il y a un certain nombre de postes de travail (par exemple 5). On a ici du capital et du travail. Avec un ouvrier on aura du mal, donc une PM faible. Si on en met deux ça sera un peu mieux. Avec 3, 4 et 5 il y a encore une amélioration. Ce sera encore probablement le cas avec un 6 ème ouvrier, qui sera multifonction et qui va remplacer pendant les pauses. Au-delà de 6 la PM va sûrement baisser (rien à faire, papotage,…). La PM ne permet pas de mesurer ça.

8

La productivité marginale. Un 2 ème ouvrier arrive, ça fait augmenter la productivité.

Cette augmentation est sa productivité marginale. On appelle productivité marginale du

travail (

facteur travail employée.

On appelle

travail ou capital employée.

la variation de production imputable à la deuxième unité de facteur

L ), la quantité de production supplémentaire apportée par la dernière unité de

P

m

L

P

m

apportée par la dernière unité de P m L P m K P m ∆ P

K

P

m

P

Y

K

Y

P

L

 

=

=

m

m

∆ ∆

L

K

En

général on considère que ces variations sont petites.

Ex

: production de blé, un facteur de production (L)

Ex : production de blé, un facteur de production (L) Courbe de productivité totale K et

Courbe de productivité totale

K et

fractionnables. L* est le maximum de la production

L

seront

pour

nous

des

variables

continues

(

discrètes),

c’est-à-dire

L* est le maximum de la production L seront pour nous des variables continues ( ≠

9

L

P

m

nulle quand on est au maximum de la production L*. Elle est maximale au point

^

L . Jusqu’à

^

L

L

P

m

d’inflexion de la courbe de productivité totale

et L* la productivité marginale diminue et au-delà de L* elle est nulle.

la

augmente. Entre

^

L

1.a.1.2.2. Rendements factoriels et rendements d’échelle

1.a.1.2.3. La loi des rendements factoriels décroissants

1.a.1.3.

1.a.1.3.1. Production et consommations intermédiaires : l’approche microéconomique

1.a.1.3.2. Production et consommations intermédiaires : la mesure globale

1.a.1.3.3. La valeur ajoutée

DE LA PRODUCTION A LA VALEUR AJOUTEE

La production n’est pas toujours synonyme de richesses créées. On va appeler valeur ajoutée la production nette des consommations intermédiaires nécessaires.

VA = Y CI

La particularité de cette V.A. est qu’elle est indépendante des choix de techniques de production et d’organisation de la production.

Ex : production d’épingles Entreprise 1 = extraction de minerai de fer Entreprise 2 = transport de minerai (à dos d’homme) Entreprise 3 = manufacture d’épingles

Entreprise

Y

CI

VA

1 100

1 100 2 150 3 200

2 150

3 200

-

100

 

100

50

150

50

total économie nouvelle entreprise

450

250

200

200

-

200

Nouvelle société qui a acheté les champs de minerais et qui s’est établie à côté de ces champs. Même technique de production. La V.A. est la même car elle est indépendante de la technique de production ou de l’organisation de l’entreprise.

Quand on parlera de création de richesse, on parlera de V.A. et pas de production.

1.a.2. La formation des revenus

Les auteurs classiques vont connaître une organisation économique et sociale moderne. L’industrie appelle une nouvelle forme d’organisation du travail, le salariat. Il se caractérise par le fait que l’ouvrier est lié à l’entreprise par une relation de travail (peut-être même par un contrat de travail). Le premier à voir cette nouvelle forme d’organisation apparaître et se développer est Adam Smith car c’est le 1 er à s’intéresser à l’organisation du travail dans les manufactures. Début XVIII ème (1776), 1 ère publication d’Adam Smith, qui est une réflexion sur cette nouvelle forme d’organisation. La question de la formation des revenus se pose depuis cette période.

1.a.2.1.

1.a.2.1.1. La formation du salaire chez les Classiques et chez Marx

LA FORMATION DES SALAIRES ET DES PROFITS

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Le vrai théoricien de cette question ne sera pas Adam Smith mais un autre Classique, David Ricardo. Ricardo va commencer par définir ce qu’est le salaire : « le prix naturel du travail ». Le prix naturel du travail est celui qui fournit aux ouvriers le moyen de subsister et de perpétuer leur espèce sans accroissement ni diminution (2 nd moitié du XVIII ème ).

Cette définition souligne trois aspects principaux :

-salaire = prix naturel du travail (prix = quelque chose qui dépasse la volonté des hommes, se fixe selon une loi qui s’impose) -subsister = le salaire doit permettre de survivre (c’est une théorie du minimum « vital ») -perpétuer = se minimum permet de perpétuer sa race

Robert Malthus va présenter une loi économique qualifiée de naturelle. Une loi naturelle est une loi imposée par la nature et contre laquelle les hommes ne peuvent rien faire. Cette loi s’appelle « loi du développement de la population » ou « loi de la population ». Elle dit que la population, si elle ne se heurte à aucun obstacle, va doubler tous les 25 ans. Malthus est considéré comme le 1 er démographe économique. Sa loi pose un problème car Ricardo a démontré, dans le même temps, que dans l’agriculture on était confronté à une autre loi naturelle « la loi des rendements décroissants » qui dit que la productivité marginale est décroissante. Donc lorsque la population double, la production ne double pas, cela va poser un problème car la Demande de blé < Production de blé.

Comment va-t-on fixer le prix naturel du travail ? Pour Malthus il sera fixé au minimum vital. Ce minimum doit juste permettre de perpétuer l’espèce (Malthusianisme). Si on le paie moins que le minimum, le travailleur meurt et l’espèce ouvrière se décompose (et le capitalisme aussi). Si le salaire est supérieur au minimum vital, l’ouvrier se reproduit et la population va s’élever plus vite, ce qui va rapidement augmenter la quantité de travail et la productivité marginale va donc baisser, ce qui va faire que la production de blé va croître moins vite et tous les nouveaux travailleurs n’auront pas à manger. Il y aura une famine et l’ouvrier le plus faible ne va pas résister. La population va baisser et les meilleurs resteront (Darwinisme) puis tout va rentrer dans l’ordre. Selon Malthus il ne faut pas céder aux exigences des ouvriers, le taux de salaire doit être le minimum vital, pour le bien de tous.

Ricardo, quant à lui, pensait au minimum sociologique. Il note que le besoin de l’ouvrier n’est pas le même partout. Il va analyser deux économies indépendantes, l’Angleterre et le Portugal. L’Angleterre produit des tissus qu’elle vend aux Portugais et les Portugais sont plus habiles dans les métiers de la terre notamment la production de Porto. Comment fixer le prix du Porto ou du tissu ? Le minimum vital n’est pas le même pour les deux car les Anglais vivent dans des conditions climatiques plus dures est nécessitent donc plus de salaire.

Pour Marx, les capitalistes cherchent toujours à fixer le salaire au minimum vital. A un moment donné (grâce au syndicalisme), le salaire est un minimum vital qui tient compte des forces en présence (pouvoir des syndicats). C’est un minimum historique = dépend du développement social d’une économie donnée.

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_

Classiques

Où W est la masse salariale,

W

= w L

_

w le minimum vital et L la quantité de travail.

1.a.2.1.2. L’analyse marginaliste de la formation des salaires

Cette théorie n’arrive pas à expliquer pourquoi les ouvriers ont un meilleur niveau de vie que leurs ancêtres. Les Néoclassiques vont proposer une autre théorie « la rémunération des facteurs de production à leur productivité marginale ».

1.a.2.1.3. La détermination du profit

Situation 0 :

Où W est la masse salariale, Π le profit, w le taux de salaire et π le taux de profit (salaire naturel du capital).

= + = +

Situation :

( )

∶

= =

Les Néoclassiques disent que si on respecte cette forme de rémunération, il n’y aura pas d’inégalité dans la distribution des revenus. Elle permet de traiter en même temps la rémunération du travail et du capital.

1.a.2.2.

REVENUS PRIMAIRES ET REVENUS DE TRANSFERT

Néoclassiques :

K

π = P

m

Classiques :

_

Y =W + Π + R = w L + Π + R

Les Classiques déterminent le salaire et la terre, le profit est le solde. En fait,

_

Π = Y w L R .

R se détermine par la théorie de la rente foncière, qui elle-même se détermine par la loi des rendements décroissants (car l’agriculture n’a pas encore bénéficié des développements industriels). Ricardo constate que les terres agricoles les plus fertiles et accessibles ont été mises en culture parmi les premières. Avec la progression de la civilisation, elles sont transformées en terres d’habitation. Elles sont remplacées par de nouvelles terres moins fertiles et moins accessibles. Il faudra plus de travail pour produire la même quantité de

blé. La

a baissé, le prix du blé augmente et les anciennes terres fertiles bénéficient

d’une rente foncière (=résultat de productivités toujours plus faibles dans l’agriculture du fait de la loi des rendements décroissants). Le profit est donc destiné à diminuer inexorablement (théorie du profit résiduel).

L

P

m

_ _

Π = Y w L R , si R ou

w L augmentent, Π diminue.

1.a.2.3.

RENOUVELLEMENTS

Selon les Néoclassiques :

-le profit ne baisse pas inexorablement -apparition de nouvelles formes de rémunération du capital imperfections des marchés

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Les Classiques ne se soucient pas de ça, pour eux le marché est parfait (sur lequel il y a une liberté d’entreprendre, pas d’entraves ou règlementations, information gratuite et parfaite).

Les économistes s’aperçoivent cependant que les marchés sont loin d’être parfaits :

-émergence de syndicats, quelques inférences de l’Etat -pas de liberté d’entreprendre ou fortement dénaturée (trust,…) -information payante et non parfaite

Alfred Marshall va commencer à représenter ce qu’est un marché et comment il fonctionne pour la première fois. Ensuite les économistes vont étudier les monopoles et la concurrence monopolistique. Ils montrent alors que le profit est plus élevé sur un marché imparfait que ce qu’on observe sur un marché à concurrence parfaite. Il y a apparition d’un profit exceptionnel = au-delà de la rémunération normale du capital. Dans les années 1930, on va découvrir une 2 ème cause de hausse des profits, le rôle des entrepreneurs (Joseph Schumpeter). Les entrepreneurs cherchent à innover, leur capital devient plus productif. L’entrepreneur va bénéficier pendant un temps d’une rente de situation, jusqu’à ce que les autres entrepreneurs se rendent compte qu’il a innové et adoptent le même procédé technique. Il y a également une troisième explication, l’incertitude. L’entrepreneur va prendre des décisions en faisant des paris. Cela justifie l’existence des profits simplement parce que l’entrepreneur est un calculateur avisé qui gagne souvent ses paris. C’est Knight qui va poser le principe de ce fondement. La probabilité est la mesure que l’on associe à la survenance d’un événement. Si l’événement est très probable cela signifie que la probabilité est très forte et un événement peu probable a une probabilité faible. On parle de probabilité en économie parce que si on peut mesurer une probabilité cela signifie qu’on peut à peu près prévoir tel ou tel événement. Au niveau démographique, Malthus a calculé le taux de mortalité pour avoir une table de mortalité au fil des ans.

La loi de la probabilité permet de dire que telle ou telle personne née à telle date risque de mourir au temps X = espérance de vie (statistiques). En économie, présence d’une multitude de questions qui relèvent de cette probabilité. Ex : risque d’incendie : que faut-il faire ? Prendre un contrat d’assurance incendie et donc le jour où le risque survient, la compagnie d’assurance va rembourser le coût du sinistre.

Quand on parle d’incendie on parle de risque assurable, qui est un type d’événement (maladie, incendie) pour lequel on a pu mesurer une loi de probabilité qui mesure la survenance de l’événement. Cependant il y a un événement qu’on ne peut pas mesurer :

le divorce (pas assurable pour des raisons morales ou économiques). Ex : les perturbations climatiques, les tornades, les tempêtes et ouragans. Les climatologues sont capables de mesurer la survenance d’un ouragan. Mais le risque n’est pas assurable car il est tellement élevé que personne ne pourrait le proposer (de couvrir les risques).

Il existe des situations où il est impossible de mesurer la probabilité.

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Ex : la récession économique, on ne peut pas mesurer sa probabilité. Dans ce cas on ne parle pas de risque mais d’incertitude (situation qu’un individu ou une petite population ne peut traiter, à la limite un pays ou une grande structure pourrait le faire). C’est l’entreprise qui réussira à déjouer la récession et à venir en tirer des profits.

1.a.2.4.

REVENUS ET REVENU NATIONAL

1.a.3. La consommation et l’épargne

Quand on regarde comment fonctionne l’économie, les différentes variables, on se rend compte que la consommation a une place très importante. Les ménages consomment 85% de leur revenu. La consommation c’est à peu près 2/3 de l’activité économique. Les administrations consomment et les entreprises aussi (CI). La consommation finale détruit les produits et la consommation intermédiaire les incorpore.

Opération de consommation finale des ménages :

Dans les théories économiques, la question de la consommation a été absente de réflexion jusqu’aux auteurs néoclassiques. Les Classiques (Marx) parlent sans aborder la question du comportement de ceux qui consomment et donc jusqu’aux Néoclassiques on n’en parlait pas.

Les auteurs néoclassiques disent que les ménages sont rationnels et donc qu’ils choisissent de consommer pour se procurer le plus de satisfaction possible, faire le bon usage des produits qu’ils ont. L’analyse microéconomique permet d’expliquer un comportement individuel dans des questions plus généralisées sans porter sur une économie générale. Par exemple ces auteurs ont expliqué les comportements individuels sans pour autant avoir pu expliquer les causes de la crise de 1929. Pour l’expliquer, Keynes va proposer une analyse de la consommation des ménages (approche globale). On appelle cela une approche macroéconomique.

1.a.3.1.

LA FONCTION DE CONSOMMATION KEYNESIENNE

Le but est d’expliquer pourquoi à un moment donné le niveau de la consommation des ménages est celui que l’on observe. On fait une approche globale de la consommation des ménages (agrégats, consommation globale).

1.a.3.1.1. La loi psychologique fondamentale

Il va répondre à cette question en définissant ce qu’on appelle « la loi psychologique fondamentale », énoncée dans l’ouvrage qu’il publie en 1936 « La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ». Elle s’énonce comme suit : « en moyenne et la plupart du temps, les hommes tendent à accroître leur consommation à mesure que le revenu croît, mais pas d’une quantité aussi grande que l’accroissement du revenu ». Δ < ΔY

Présence de trois propositions dans la loi. En moyenne et la plupart du temps, il montre qu’il existe une fonction de

consommation. Par exemple il existe une forme fonctionnelle C

stable qui est

une relation positive entre revenu et consommation, mais la croissance de la consommation est inférieure au revenu.

=

C(Y )

+

14

0

<

dC

dY

=

C

<

1

0

<

dC

C Y

(

)

avec

+ dY

<

1

Dans la théorie générale, Keynes présente une représentation graphique.

1.a.3.1.2. La représentation de la fonction de consommation

La représentation de la fonction de consommation La croissance qui ralentit signifie que la Pmc décroît,

La croissance qui ralentit signifie que la Pmc décroît, elle est inférieure à 1. Le revenu explique la consommation moyenne et la plupart du temps la pente de la courbe est positive.

Keynes introduit deux concepts fondamentaux dans son analyse appelée « la propension à consommer ». Elle peut être moyenne, dans ce cas c’est la PMC ou elle peut être marginale, dans ce cas c’est la Pmc.

PMC =

C

Y

Pmc =

dC

=

dérivée deC

dY

 

dérivée deY

Cette théorie keynésienne de la consommation est essentielle. Il y a deux expressions analytiques de cette fonction que l’on va trouver partout :

1 ère forme = fonction linéaire

trouver partout : 1 è r e forme = fonction linéaire Proposition 1 : vérifiée la

Proposition 1 : vérifiée la plupart du temps oui Proposition 2 : les hommes tendent à accroître leur consommation avec l’accroissement du revenu oui

0 < c < 1

avec

c = Pmc

La particularité de cette fonction est que la dérivée dC dY

15

=

c

=

PMC

=

C

Y

Proposition 3 : pas vérifiée Cette première forme est presque bonne mais pas complètement, il va donc proposer une 2 nd forme.

2 ème forme = fonction affine

2 n d forme. 2 è m e forme = fonction affine C = C 0
2 n d forme. 2 è m e forme = fonction affine C = C 0

C = C

0

+ cY

Proposition 1 : il existe une forme fonctionnelle stable oui Proposition 2 : les hommes tendent à augmenter leur consommation quand leur revenu augmente oui 0 < c=Pmc < 1 Proposition 3 : n’est pas mieux vérifiée mais elle est moins mal vérifiée. Cette 3 ème proposition dit que la Pmc doit décroître, pourtant ici elle est stable

 

= +

 

 

=

=

+ > =

La propension moyenne décroît. C’est un substitut, une mauvaise lecture mais fréquemment utilisée parce que c’est la plus simple à utiliser.

1.a.3.1.3. La fonction d’épargne

L’épargne est la partie non consommée du revenu dans la théorie keynésienne :

S = Y-C Donc il existe une fonction d’épargne compte tenu de cette définition

S = Y C = Y (C

0

+ cY ) = Y C cY = (1 c )Y C

0

0

Où (1-c) est la propension marginale à épargner.

16

C 0 S = = niveau d’épargne pour lequel le revenu est nul. La valeur

C

0

S

=

= niveau d’épargne pour lequel le revenu est nul. La valeur de Y pour laquelle

0

(1

)

c Y

C

0

=

0

Y

=

C

0

1 c

1.a.3.2.

LES REMISES EN CAUSE DE LEXTENSION

Un des points fondamentaux de la théorie keynésienne : le chômage déstabilise les démocraties parlementaires. Dans le chômage il y a un risque. Keynes propose une théorie active de lutte contre le chômage. Elle dit que c’est parce que les ménages ne consomment pas assez qu’il y a du chômage et donc il faut relancer la consommation des ménages.

1.a.3.2.1. Les tentatives de vérification empirique

La première tentative de vérification de la théorie keynésienne de la consommation va être proposée en 1946 par un économiste américain, Kuznets, en se basant sur la comptabilité nationale. Il travaille sur la consommation des ménages entre 1869 et 1938 et il représente tout d’abord les observations qu’il a pu faire, la consommation et les revenus.

qu’il a pu faire, la consommation et les revenus. Proposition 1 : stable Proposition 2 :

Proposition 1 : stable Proposition 2 : oui Proposition 3 : pas vérifié

17

et

il trouve que c’est une droite qui passe par l’origine et qui a une pente de 0,86. Pmc = PMC parce que c’est une fonction linéaire qui ressort. Le problème c’est que la théorie keynésienne est en partie vraie. C’est le premier doute qui se pose depuis sur cette théorie.

Chaque couple d’observations, c’est le revenu x consommation de l’année (

Y

A

,

C

t

)

D’autres économistes au cours des années 1950 vont s’efforcer d’approfondir cette question. Ils ont à disposition des enquêtes de consommation auprès des ménages, qui consistent à prendre un échantillon représentatif de consommateurs américains et de mesurer la consommation et le revenu de chaque consommateur à une période donnée. Elle permet de connaître pour un nombre de consommateurs important, la consommation de chacun d’entre eux et son revenu.

la consommation de chacun d’entre eux et son revenu. N = nombreconsommateurs { C i ,

N

= nombreconsommateurs

{

C

i

,

Y

i

};

i

=

1,

,

N

Représentation de l’ensemble des consommateurs. On trouve une fonction de consommation, mais la propension marginale à consommer est toujours stable bien que faible (0.4 - 0.5 au maximum). Comme l’enquête est de durée limitée, on parle de

propension marginale à consommer de courte période

. fonction affine un peu meilleure que la précédente mais guère mieux. Kuznets a une approche sur séries chronologiques. Les autres ont une approche en coupe instantanée. L’approche de Kuznets est appelée analyse synchronique alors que celle en coupe instantanée est appelée analyse diachronique. Comme aucune de ces analyses n’a réussi à vérifier la fonction, ils vont essayer de l’étendre.

On trouve ici une

Pmc

CP

1.a.3.2.2. Les extensions de la représentation

On chercher à comprendre pourquoi le résultat en courte période et en longue période est différent. Les premiers travaux vont s’efforcer de demander pourquoi on trouve une fonction affine en courte période et si c’est compatible avec la représentation de longue période. C’est un économiste, Duesenberry qui en 1949 va proposer sa théorie « la théorie de l’effet de démonstration ». Son approche a consisté à montrer que chaque consommateur décide de sa consommation en tenant compte de deux catégories d’informations. -situation globale de son revenu, qui est un indicateur de richesse générale (Y)

18

-situation du groupe auquel il appartient Car on ne consomme pas seulement en fonction de son revenu mais aussi pour maintenir son image sociale, forgée par le groupe auquel on appartient (effet de démonstration).

C = f Y caractéristiques

i

(

;

LT

CT

)

Duesenberry justifie et illustre la différence entre ces deux cas mais il ne débouche pas sur une nouvelle fonction de consommation.

En se fondant sur l’analyse de Duesenberry, Brown en 1952 va proposer une extension de la théorie keynésienne « théorie de l’effet de mémoire » ou « théorie de cliquet ». Il repart de Duesenberry, se dit que la consommation est fonction de deux paramètres :

-le revenu courant -la consommation d’aujourd’hui dépend de celle d’hier Brown va proposer une expression de la fonction de consommation qui est la suivante :

C

t

=

αC

t

1

+

cY

t

Cette fonction présente des caractéristiques importantes :

-en courte période les habitudes ne vont pas se modifier et le consommateur ne prend en compte que le revenu, donc la consommation antérieure est une donnée (constante).

C

CP

= C

ste

+ cY

antérieure est une donnée (constante). C CP = C ste + cY On retrouve le résultat

On retrouve le résultat de l’analyse diachronique -en longue période tout est variable car le revenu change et les habitudes de consommation vont évoluer. En longue période on se place en situation de régime permanent, qui est une situation qui se caractérise par une variation conjointe de toutes les variables. Dans cette situation de régime permanent il y a une situation particulière où plus rien n’aura à bouger car on aura atteint une situation d’équilibre. En l’occurrence ici il existe un niveau de revenu qui satisfait les consommateurs au point qu’ils ne vont plus modifier leurs habitudes de consommation.

cY

on peut résoudrecette formule

C C

Lp

=

α

LP

+

LP

C C

(1

C

LP

LP

α

)

α

=

cY

=

cY

LP

LP

LP

(1

1

α )

C

LP

=

cY

LP

19

L’approche de Brown permet donc d’englober l’analyse de CP et l’analyse de LP (travaux d’enquête et travaux de Kuznets).

Les auteurs keynésiens paraissent satisfaits car ils ont une fonction de consommation

qui présente toutes les bonnes caractéristiques :

-la fonction de consommation existe -la fonction est stable -Pmc PMC -Pmc < PMC Tout laisse penser que cette Pmc peut bien diminuer. La loi psychologique

fondamentale est respectée.

A la

macroéconomiques basés sur les modèles que Brown a présentés.

fin

des

années

1950

les

économistes

vont

développer

des

1.a.3.2.3. La remise en question de Friedman

modèles

Un autre économiste, Friedman, va publier en 1957 un ouvrage qui remet en cause cette

théorie keynésienne.

Il va proposer de distinguer deux composantes dans le comportement des

consommateurs :

-CP

-LP

LP :

Pour lui en effet les consommateurs sont rationnels, normal il fait partie des Néoclassiques. Le consommateur est capable de se projeter dans le futur sans trop se tromper.

Aujourd’hui le consommateur est doté d’un capital qui va lui permettre de produire les revenus dont il a besoin pour financer sa consommation. Ce capital est composé de deux grandes catégories d’éléments : le capital humain et le capital matériel.

Le capital physique : titres de propriété, logements, actifs monétaires/financiers,

rendements de ses immeubles par exemple. Il peut anticiper les revenus de ce capital physique. Le capital humain est l’ensemble des connaissances qu’il a pu acquérir dans le cadre de sa formation. Les revenus de ce capital humain vont être les revenus d’activités (salaires, revenus d’indépendants). Le consommateur peut définir son profil de carrière pour les prochaines années et peut anticiper ses revenus. Pour Friedman il y a un revenu permanent. Comme le consommateur est rationnel et qu’il peut connaître son revenu permanent, il peut donc aussi connaître sa consommation permanente.

C

P

= cY

P

CP :

En courte période, même si le consommateur est rationnel, il ne peut pas maîtriser tout

son environnement (maladie, sinistres et promotions par exemple). Ses revenus peuvent

donc être inférieurs à ce qu’il a anticipé sur le long terme. La consommation peut être affectée (si on est malade on consomme moins) sans que cela ait un rapport avec le revenu. Le revenu peut aussi être supérieur à ses prévisions.

20

Y

Y

CP

CP

<

>

Y

Y

LP

LP

C

C

CP

CP

C

C

LP

LP

Comme il existe un revenu permanent, il existe un revenu transitoire, qui correspond aux variations inattendues/inespérées du revenu. Il n’est pas associé aux fluctuations de consommation, qui elles sont liées à l’existence d’une consommation transitoire qui est le reflet d’une situation inattendue.

Y

T

C

T

+

f

(

Y

T

)

Y

=

Y

P

+

Y

T

C

=

C

p

+

C

T

=

cY

P

+

C

T

On n’est donc pas capable d’expliquer la propension à consommer, qu’elle soit moyenne ou marginale. Cela signifie qu’il n’existe pas de fonction de consommation stable et donc il n’existe pas non plus de Pmc. Il n’y a pas de lien clair et précis entre revenu et consommation. Pour Friedman, la fonction de consommation keynésienne est une illusion et tout ce qui en découle n’a aucun lien théorique ou logique.

Pourquoi s’y attarder ? Parce que tous les gouvernements ont adopté des politiques économiques keynésiennes :

-lutte contre le chômage est une priorité absolue -il est de la responsabilité de l’Etat d’intervenir si naturellement les marchés ne conduisent pas au plein emploi.

1.a.3.3.

1.a.3.3.1. Le multiplicateur keynésien

LES ENJEUX DE LA REPRESENTATION (KEYNESIENNE)

Il y a quelque chose qui se cache derrière la représentation keynésienne. On va imaginer une économie très simplifiée. Il y a les entreprises et les ménages. On va simplifier les habitudes de consommation des ménages. Les entreprises produisent deux biens (de consommation, d’investissement). Un modèle = représentation simplifiée, qui est composée d’équations. Dans ce modèle il y a deux équations.


C

Y

=

=

cY

+

C

+

_

I

_

C

0

comportement consommateurs

comportement entreprises

On a un modèle.

constant et

ensuite l’équation ci-dessus pour trouver Y :

est la consommation incompressible ou autonome. I est donné,

aussi. On trouve donc deux équations et deux inconnues ici. On résout

C

0

C

0

Y C

=

=

Y

Y

Y

+

cY

I

+

(

C

0

C

0

)

+

+

I

(1

cY

c

=

)

+

C

0

+

I

I

21

(1

1

c

)

Y =

[

C

0

+

I

]

Maintenant qu’on a résolu l’équation, on interprète. S’il y a du chômage c’est que l’activité est insuffisante. Il faut donc augmenter la production pour augmenter la quantité de travail et donc diminuer le chômage.

⇒↗ ⇒↘ ℎô

Sinon, augmenter

est incompressible, il faut donc augmenter I, mais

les entreprises ne le font pas car elles n’ont aucune raison de le faire. Donc c’est l’Etat qui va investir (politique de grands travaux).

C

0

ou I. Mais

C

0

1

⇒↗ é

1 = é

Ex :

Selon Kuznets c=0.85, donc le multiplicateur vaut 1/(1-0.85)=1/0.15=environ 6.5 Dans ce cas un investissement entraîne une activité 6.5 fois supérieure. Cette théorie légitime une intervention de l’Etat.

1.a.3.3.2. Le choix de la politique monétaire

Friedman va contredire la théorie ci-dessus car la fonction de consommation n’existe pas et on ne peut donc pas en tirer le multiplicateur. Selon Friedman, le chômage vient d’un déséquilibre du marché du travail (coûts trop élevés par exemple). Pour relancer l’investissement il faut donc jouer sur les conditions d’investissement, en jouant sur les taux d’intérêts.

⇒↗

Dans les années 1960 les économistes keynésiens vont s’intéresser à la manière d’accroître l’efficacité du multiplicateur keynésien sans pour autant augmenter les investissements publics. Pourquoi ? Parce que le financement public est financé par les impôts ou l’endettement. On peut faire ça en touchant au niveau du multiplicateur

Y

=

1

1 c

I

Rien de plus simple, il faut redistribuer les richesses. En effet, si on considère que l’économie est composée de ménages pauvres et de ménages riches, en donnant plus aux pauvres et moins aux riches on va augmenter c, car les riches consomment plus. La politique de redistribution des revenus vise à accroître C, c’est ce qu’on appelle en France les 30 Glorieuses.

Comment redistribuer ?

Y P

Y R

Y

c =

C

C

C

P

R

=

= c Y

P

P

= c Y

R

R

C

P

C

+ c Y

R

=

P

P

+

c Y

R

R

Y

Y

P

+ Y

R

Y

P

+

Y

R

α = Yp/(Yp+Yr), α est la part du revenu national accordé aux pauvres, on obtient donc

22

c =αc

P

+

(1

)

α c

R

Avec la loi psychologique fondamentale, on sait que Pmc diminue quand le revenu

augmente, donc

On sait que la valeur du multiplicateur (1/(1-c)) augmente si c augmente. Donc en augmentant la proportion de la richesse qui est distribuée aux pauvres, on accroît la Pmc de l’économie et la valeur du multiplicateur. Cette analyse a fondé les stratégies économiques de redistribution que les Etats occidentaux ont appliquées.

c

P

> c

R

.

Pour les monétaristes, cette stratégie est intolérable. Ils ont proposé une politique monétariste à la place des politiques d’intervention keynésiennes.

1.a.3.3.3. Des options difficilement conciliables

23

1.b. L’APPROCHE DE LA COMPTABILITE NATIONALE

La comptabilité nationale propose un système comptable à l’échelle d’un pays. Ensemble de règles, comptes, conventions, qui permettent de retracer l’activité économique d’un pays. C’est une représentation économique simplifiée qui s’inscrit dans la logique du circuit économique.

Les systèmes de comptabilité nationale sont récents, un peu plus de 50 ans. L’apparition du

système de comptabilité nationale date de la fin de WWII.

Les

systèmes de comptabilités privées sont nettement plus anciens, ils apparaissent à la fin du

XIX

ème . Ils apparaissent car les grandes entreprises sont en train de se développer. Elles font

appel à des actionnaires et des emprunts, elles font donc appel à l’épargne des particuliers. Le problème est la question de l’information des actionnaires quant à la santé de l’entreprise. L’idée se propage qu’il faut mettre en place un système d’information qui doit être commun à toutes les entreprises et permettre de donner les grandes informations financières des entreprises. Ce système doit être crédible. Le premier système de comptabilité d’entreprise a

une particularité, il est limité à l’élaboration d’un bilan, qui retrace la richesse et les dettes de l’entreprise.

Les Etats, qui cherchent à moderniser leur fiscalité, veulent connaître les informations sur les

entreprises. On va donc voir apparaître le compte d’exploitation.

Buts de la comptabilité privée :

-mieux connaître pour les prêteurs -mieux connaître pour avoir une fiscalité plus efficace

Jusqu’au années 1940, on ne parle pas de comptabilité nationale. Pourtant avec la théorie générale de Keynes, les économistes vont se poser la question de la mesure (consommation

des ménages, des entreprises,

Des économistes vont se demander comment on peut calculer

ces agrégats. Ils vont penser à transposer la comptabilité privée au niveau du pays = comptabilité nationale.

).

Arrivée de WWII :

-transformation de l’économie en économie de guerre, qui est fortement planifiée = administration des économies en cas de conflit. -problèmes de reconstruction, qui nécessitent une intervention très forte de l’Etat

La comptabilité nationale va permettre d’y remédier. Les systèmes de comptabilité nationale vont donc apparaître et se développer dès la fin des années 1940.

Il y a alors deux systèmes de comptabilité nationale qui voient le jour :

1-système de l’organisation européenne de coopération économique en 1950 : OECE, qui va devenir l’OCDE. L’OECE propose dès 1950 un système de comptabilité nationale dit « normalisé » = système de normes partagées par les pays. Il a pour ambition de mesurer les grands agrégats économiques. Ce système propose un système de mesure de chaque agrégat. La consommation finale est la consommation des ménages et autres, sans les investissements et la consommation intermédiaire. Ce système va être repris par l’ONU et amélioré. 2-le système français à la fin des années 1940, début des années 1950. Système de comptabilité nationale française CNF. Le pays est doté d’une comptabilité comme chaque grand agent économique. En regroupant toutes ces comptabilités on peut sortir la valeur des agrégats économiques. Ce système est capable d’expliquer la raison de la mesure alors que le système normalisé ne permet que de prendre une mesure.

24

Le CNF va rester en vigueur en France jusqu’en 1976. A partir de là, les comptabilités nationales vont commencer à se rapprocher. Le principe d’une comptabilité est intégré par l’ONU et la CNF, qui jusque là ne s’intéressaient qu’à la production marchande (administrations ne produisaient pas, ni les associations, qui étaient considérées comme des administrations privées), va se rapprocher du système normalisé. Dès 1976 apparaît le SECN, système élargi de comptabilité nationale. Elargit car on intègre notamment la partie non marchande des activités. L’autre enjeu est l’harmonisation de toutes les comptabilités nationales : Europe. Dans tous les états de l’Europe en construction, la mesure de la richesse doit être la même. Les systèmes de comptabilités nationales devront s’adapter. Dès 1995 est mis en place un nouveau système de comptabilité nationale, le SEC, qui permet de mesurer tous les comptes. Pour l’instant il n’évolue plus dans ses principes et méthodes, il est figé pour un certain nombre d’années. A chaque fois qu’on change le système de comptabilité nationale, il faut refaire les calculs pour les années antérieures.

1.b.1. Le champ et la méthode

1.b.1.1.

L’ANALYSE EN TERMES DE FLUX

Les systèmes de comptabilité nationale sont des systèmes en termes de flux. Elle s’intéresse à la manière dont la richesse est créée, (re)distribuée et utilisée. Ces opérations se mesurent en termes de flux. Les comptables nationaux vont être amenés à distinguer des comptes de flux mais aussi à enrichir l’analyse de ces comptes par des comptes de stock.

1.b.1.1.1. Flux et stocks

Flux compte central, une contrainte de cohérence globale est imposée à ce compte Stock/patrimoine comptes satellites (ex : compte patrimoine des ménages)

1.b.1.1.2. Flux bruts et flux nets

1.b.1.1.3. Amortissements, dépréciation, obsolescence

1.b.1.2.

1.b.1.2.1. La convention monétaire

L’ANALYSE EN TERMES MONETAIRES

La comptabilité nationale propose aussi une analyse en termes monétaires. Flux monétaire = contrepartie d’une activité économique réelle (ici réelle signifie non- monétaire). Cela ne signifie pas que les comptables nationaux vont se désintéresser de ce qui est non monétaire. Mais ce qui est non monétaire ne sera pas traité dans le cadre du compte central, mais dans les comptes satellites.

Ex :

dépenses de R&D = le compte central nombre de chercheurs, brevets et autres = comptes satellites

1.b.1.2.2. Ouverture du droit ou date de versement

Comment mesurer les opérations économiques ? A l’ouverture du droit ou au moment du paiement ?

Ex 1:

Consommation alimentaire d’1 paquet de riz. On paie le paquet achat + paiement

25

Il y a identité entre la date d’ouverture du droit et la date de versement (se sont les mêmes) Ex 2 :

Achat d’une voiture à crédit. Date d’ouverture = date de signature du contrat et d’obtention du prêt Date de versement = premier versement après 30 jours.

Les systèmes de comptabilité nationale sont des systèmes en date d’ouverture du droit, c’est-à-dire que l’opération économique est comptabilisée au moment de la naissance, de la transformation ou de la disparition d’une valeur économique. Plus précisément dans le SEC on parle de comptabilisation en droit constaté. Cela signifie qu’il faudra, dans un autre compte, décrire la manière dont les financements sont effectués. Ce principe de droit constaté pose un problème à l’Etat mais pas aux entreprises, qui connaissent déjà ce principe dans la comptabilité privée.

1.b.1.2.3. Valeurs et volumes

Les comptables nationaux sont confrontés à un problème : la comparaison des valeurs à différentes périodes de temps.

Par exemple la production de 2006 par rapport à celle de 1995. Le problème c’est qu’il

y a eu une augmentation des prix, mais elle n’est pas la même pour tous les produits.

Ils ont donc été obligés de construire des indices de prix très compliqués. C’est avec ces indices de prix imparfaits que les comptables nationaux corrigent les valeurs

monétaires pour construire ce qu’on appelle des évaluations en volume. Et ils précisent

« évaluation en volume au prix de l’année 1995 ».

1.b.1.3.

LE CADRE COMPTABLE

Les systèmes de comptabilités nationales s’inscrivent aujourd’hui dans une approche comptable. Le principe d’un système comptable est le respect permanent de l’équilibre emplois/ressources.

1.b.1.3.1. L’inscription comptable

Toute opération économique est inscrite dans un compte

Toute opération économique est inscrite dans un compte 1.b.1.3.2. La comptabilité en partie double Double

1.b.1.3.2. La comptabilité en partie double

Double écriture : toute opération est inscrite deux fois dans les comptes nationaux =

« principe de comptabilité en partie double ». Car toute opération économique constitue simultanément l’emploi pour un agent économique et une ressource pour un autre. Ex :

26

Salaire versé par une entreprise

entreprise


salarié

Consommation

entreprise


ménage

ressource

emploi

ressource

emploi

1.b.1.3.3. L’équilibre emplois-ressources

1.b.2. Les conventions

1.b.2.1.

1.b.2.1.1. Le cadre spatial

LE CADRE SPATIAL ET TEMPOREL

On va s’intéresser aux opérations qui sont réalisées par des agents économiques sur ce qu’on appelle le territoire économique de référence. En économie française ce cadre regroupe :

-la France métropolitaine (y compris la Corse) -Drom (départements et régions d’outre-mer) C’est donc le territoire national.

Toutes les opérations effectuées sur ce territoire économique de référence sont comptabilisées, sauf deux exceptions :

-les enclaves étrangères sur le territoire national, de deux sortes principalement : les territoires des ambassades qui bénéficient du principe d’extra-territorialité -les concessions faites à des pays étrangers +enclaves territoriales françaises à l’étranger

Les ambassades n’ont pas à rendre de compte au pays d’accueil, il n’est donc pas possible de connaître les opérations économiques qui ont lieu sur leur territoire. Les concessions territoriales : les cimetières étrangers sur le sol national par exemple. Les concessions sont hors du système de la comptabilité nationale.

Le système de CN commence par rappeler ce qu’est le cadre spatial.

1.b.2.1.2. Le cadre temporel

Le cadre temporel est l’année civil. Pourquoi avoir pris ce cadre temporel ? à des fins d’harmonisation ! Une exception : les comptes trimestriels.

Pour alimenter les comptes de la Nation, les comptables nationaux mobilisent une grande diversité de sources statistiques (comptabilité d’entreprise, comptes de la Sécu, comptes des administrations publiques, statistiques d’origine fiscale). Il faut donc remonter à l’INSEE (en charge de la comptabilité nationale) les fichiers statistiques correspondant à ces 4 sources. Ex : sources fiscales A priori ces sources sont exhaustives. Donc sauf en cas de fraude, omission, mauvaises déclarations, elles permettent de connaître les revenus de tous les agents. La déclaration générale des impôts (DGI) doit être remontée à l’INSEE.

Ces sources sont remontées dès qu’on en a connaissance. Par exemple les revenus 2006 sont connus dès que les déclarations (bénéfices non commerciaux, impôt sur les

27

sociétés IS, impôt sur le revenu) ont été renvoyées à l’administration fiscale, donc au cours du mois de mai 2007. Ces infos sont analysées, vérifiées et cela permet de disposer d’une information collectée et vérifiée à partir de septembre 2007. En fait à cette période, la marge d’erreur est d’environ 5% à cause des omissions (erreurs de bonne foi), des mauvaises déclarations et des fraudes (courant dans les professions libérales et dans certains secteurs comme l’hôtellerie par exemple). A partir de l’automne 2007 l’administration fiscale commence à corriger les erreurs et omissions et procède aux contrôles et redressements fiscaux. L’administration fiscale va procéder à une première vague de correction d’ici à l’été 2008. Il reste 2% de marge d’erreur. Entre l’été 2008 et l’été 2009, le reste des redressements fiscaux seront effectués. Il restera alors une marge d’erreur de 1%.

Il est important d’avoir des données fiables, pour connaître la part des versements de la France aux institutions européennes.

Si on s’intéresse aux comptes de la Nation de 2006, une première version de ces comptes va être publiée au printemps 2007 (version provisoire). La marge d’erreur est de l’ordre de 3-4%, ce qui est énorme. Au cours de l’année 2007, les estimations seront améliorées et une version semi-définitive sera présentée au printemps 2008 avec une marge d’erreur de 2%. Une publication définitive des comptes de la Nation de 2006 interviendra au printemps 2009. Cette estimation est définitive tant que la CN ne change pas de base (SEC base de 1995 aujourd’hui). On change de base environ tous les dix ans et cela prend environ 3 ans. C’est un travail considérable car sur l’année de base les comptables nationaux rassemblent l’information avec une marge d’erreur quasi nulle. Ex : passage de SECN au SEC base 1995 La croissance économique a été corrigée de 0.6 points. L’élaboration des comptes de la Nation prend du temps.

Il est évident cependant que les agents économiques ont besoin d’une information économique beaucoup plus rapidement comptes trimestriels

1.b.2.1.3. Les comptes trimestriels

Les comptes trimestriels constituent une version trimestrielle provisoire des comptes de la Nation. Décalage de l’ordre de quatre mois (en novembre 2007 on dispose d’une connaissance provisoire du 2 ème trimestre 2007). Les comptables nationaux mobilisent les sources d’informations conjoncturelles. On connaît les revenus par l’intermédiaire des versements de sécurité sociale, qui sont semestriels.

1.b.2.2.

1.b.2.2.1. Le découpage en secteurs institutionnels

LE DECOUPAGE EN SECTEURS INSTITUTIONNELS

Les comptables nationaux ont choisi de regrouper les centres de décisions (entreprises, ménages,…) en secteurs institutionnels. Ils ne parlent pas d’agents économiques mais de centres de décisions. Quand ils veulent parler d’une unité économique élémentaire (un ménage par exemple) ils vont parler d’une unité institutionnelle. L’ensemble de ces unités est regroupé en secteurs institutionnels. Il y a cinq secteurs institutionnels + 1 (car ce n’est pas un secteur institutionnel au sens précis du terme).

28

Ces secteurs sont représentés par : un nom + initiales + numéro -1 er : S11 = les sociétés non financières (SNF) ensemble des entreprises -2èmé : S12 = sociétés financières (SF) ensemble des banques, des institutions financières et compagnies d’assurances -3 ème : S13 = administrations publiques (APU) Etat, administrations, collectivités locales -4èmé : S14 = les ménages, dont les entrepreneurs individuels (EI) question d’identification des comptabilités -5 ème : S15 = institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM)

Ces cinq secteurs ont une particularité qui s’identifie par le point commun que leur code commence par S12. Ils définissent le total des secteurs résidents : S1

-6èmé : S2 = reste du monde

La particularité d’un secteur institutionnel est qu’il va être doté d’une comptabilité complète, c’est-à-dire une comptabilité permettant de retracer l’ensemble de ses opérations. Le reste du monde n’a pas de comptabilité. Les comptables nationaux regroupent selon une logique qui renvoie à des concepts fondamentaux en CN :

-concept de fonction principale -concept de ressource principale

1.b.2.2.2. Fonctions principales et ressources principales

La fonction principale est l’activité économique principale des unités institutionnelles (ex : pour les ménages c’est consommer). Les ressources principales permettent d’identifier l’origine des revenus dont dispose le secteur institutionnel.

Secteur institutionnel

Fonction principale

Ressource principale

SNF = S11

Produire des biens et services marchands (qui s’échangent sur le marché en contrepartie d’une redevance, d’un prix, taxe, péage) non financiers (seuls les services peuvent être financiers, pas les biens)

Produits de la vente

SF = S12

Financer et/ou assurer -financer veut dire collecter, transformer, répartir des disponibilités financières -assurer veut dire garantir un paiement en cas de réalisation d’un risque assurable

Financer : fonds résultant des engagements financiers contractés (intérêts sur prêts)

Assurer : primes contractuelles ou cotisations sociales volontaires

APU = S13

Produire des services non

Versements obligatoires

29

-APUC = administrations centrale (Etat-Ministères) -APUL = administrations locales (communes, départ.) -ASSOC = administration de la Sécu

marchands qui sont destinés à la collectivité (le bénéficiaire n’est pas individuellement identifiable) ou effectuer des opérations de redistribution des revenus

effectués par les autres secteurs institutionnels (impôts, taxes, cotisations sociales)

Ménages + EI = S14

Consommer Et en tant que EI, produire des biens et des services marchands non financiers

Rémunérations versées par les autres secteurs institutionnels ou produits de la vente

Fonction accessoire :

autoproduction, qui a 4 composantes : le bricolage, production de jardins familiaux, employeurs, producteurs de service du logement

ISBLSM = S15

Production de biens et services destinés en exclusivité aux ménages

Contributions volontaires uniquement

Ressources accessoires :

Fonction accessoire :

Production de biens et services marchands (dont le produit de la vente ne peut excéder 50% du revenu de l’association)

subventions versées par les administrations

1.b.2.2.3. Les spécificités rencontrées

1.b.2.3.

LES CATEGORIES DOPERATIONS

Pourquoi créer des catégories ? Car le nombre d’opérations qu’une UI peut effectuer est considérable (+ de 500'000 opérations réalisables par une UE = estimation).

Il y a trois grandes catégories d’opérations que distinguent les comptables nationaux :

-les opérations sur biens et services : ensemble des opérations nécessaires pour produire et opérations qui résument l’utilisation des biens et services qui ont été créés. -les opérations de répartition : opérations de répartition des richesses créées (distribution et redistribution = comment par l’intermédiaire des impôts et prélèvements obligatoires on redistribue les richesses entre les SI). -les opérations financières, qui vont décrire comment se forment, circulent et disparaissent les créances et les dettes, contreparties des activités économiques. Ex : le salaire = créance du salarié sur l’entreprise, qui naît par le travail effectué et meurt par le paiement du salaire, opération = virement du salaire.

1.b.2.3.1. Les opérations sur les biens et services

30

P1 : la production

On trouvera dans les comptes nationaux, une distinction entre production marchande (P11), production pour comptes propres (P12), autres productions non marchandes

(P13).

P12 = autoproduction, pour consommer soi-même, pour un emploi final. On ne comptabilise pas ici l’autoproduction de CI ! P11 SF, SNF, EI P12 Ménages (hors EI) P13 APU, ISBLSM

« La production se définit comme l’activité socialement organisée des unités résidantes, consistant à créer des biens et services habituellement échangés sur le marché et obtenus à partir de facteurs de production s’échangeant sur le marché. »

Pourquoi doit-elle être obtenue à partir de facteurs de production s’échangeant sur le marché ? -car la production doit être marchande. C’est la façon d’intégrer ce qui est non marchand. -car il va falloir mesurer cette production. Comment ? Pour ce qui est marchand il y a un prix mais pas pour ce qui est non marchand, dont la valeur sera calculée à partir des coûts de production, calculés eux-mêmes à partir du prix des facteurs de production qui eux ont un prix car ils s’échangent sur le marché.

On va mesurer la production, dès lors qu’elle est marchande, au prix de base. Le prix de base est le montant que le producteur reçoit de l’acheteur, le prix d’acquisition diminué (-) des impôts sur les produits et augmenté (+) des subventions sur les produits (la PITT est un impôt sur les produits par exemple et comme exemple de subventions on peut citer celles reçues des agriculteurs). Il reste donc le revenu effectif du producteur. Le prix de base est donc la recette que le producteur retire de la vente de sa production. Il y a par contre une marge dans un prix de marché, c’est l’ensemble des coûts de production + la marge du producteur. Une production non marchande (pas de marge) sera comptabilisée aux coûts de production. Ex : comment sera comptabilisé le coût de production des jardins familiaux ? Ils additionnent l’ensemble des coûts nécessaires à la production (graines, brouette, arrosoir,…) Ex2 : comment va-t-on comptabiliser l’autoproduction des services domestiques des ménages ? Par les coûts de production, ici le salaire du personnel de maison (les comptables nationaux disposent des clés de redressement nécessaires pour faire une bonne évaluation)

P2 : La consommation intermédiaire

« C’est la valeur des biens autres que le capital fixe, valeur des biens et services marchands consommés au cours de la période de production. »

P3-4 : Consommation finale

C’est ce qui va concerner la consommation finale. Mais les comptables nationaux distinguent deux opérations différentes de consommation finale, car toute une partie de l’activité des administrations publiques et ISBLSM produit des services non

31

marchands. Ils parleront alors de consommation finale individuelle. Egalement car les administrations publiques et ISBLSM ne mettent pas directement à disposition cette consommation, appelée consommation finale collective.

P3 = dépenses de consommation finale :

individuelle

collective (santé, enseignement,…) P4 = consommation finale effective

P4 : consommation finale effective

C’est l’ensemble de la consommation des ménages, c’est-à-dire la somme de la dépense de consommation des ménages (P3) et des consommations individualisables (= on est capable d’identifier l’utilisateur final) incluses dans la dépense de consommation finale des administrations publiques et ISBLSM. La consommation finale est donc beaucoup plus large que la simple dépense de consommation finale, car on incorpore ce qui est appelé la consommation individualisable qui se trouve dans les comptes des APU et ISBLSM.

La dépense de consommation finale des ménages se limite donc aux dépenses qu’ils supportent directement. Elle comprend la part des dépenses de santé, logement, éducation restant à leur charge après les remboursements éventuels. On y inclut aussi le loyer que le propriétaire est sensé se verser à lui-même pour occuper son propre logement, appelé par les comptables nationaux le loyer imputé.

Dépenses de consommation finale = Dépenses directement imputées

+ part des dépense de loyer restant à charge (loyer net d’allocation par exemple)

+ dépenses de santé restant à charge éventuellement (mutuelle, pas obligatoire, donc ses remboursements ne sont pas déduits)

+ part des dépenses d’éducation restant à charge

+ partie des dépenses individualisables des APU et ISBLSM (allocations logement)

P3 ménages + P3 (APU + ISBLSM)

= P3 ménages + P3 individuelle (APU + ISBLSM) + P3 collectif (APU + ISBLSM)

= P4 ménages + P3 collectif (APU + ISBLSM)

P5 : Formation brute de capital (FBC)

Brute veut dire non corrigée des amortissements.

P51 = formation brute de capital fixe (investissement productif) P52 = variations de stocks = production encore en stock dans l’entreprise à la fin de l’année : que pour des biens et services qui vont incorporer le capital fixe ou la CI, pas possible pour les biens de consommation finale.

P6 : Exportations

Ce qui caractérise ces opérations de biens et service, c’est l’existence d’une relation d’équilibre qui les unit, appelée équilibre ressources/emplois. Cela signifie que :

( 7) + ( 1) = ( 2) + + ( 5)

L’équation d’équilibre R/E résume la comptabilité nationale.

R = Productions + importations

E= CI + exportations + consommation finale La consommation qu’on va prendre en considération est la dépense de consommation finale = consommation effective des ménages + dépenses de consommation effective des APU et ISBLSM.

1.b.2.3.2. Les opérations de répartition

Derrière l’acte de production il y a une autre réalité économique, une richesse est créée. Les opérations de répartition ont pour objet d’examiner la distribution et la redistribution des revenus issus de la production ainsi que des flux de revenus issus du reste du monde. Ce n’est rien d’autre que l’application de ce qu’on a rappelé précédemment avec l’équilibre ressources/emplois. Les opérations de répartition sont beaucoup plus nombreuses que celles sur les biens et services. Les opérations de répartition vont venir s’organiser au sein des comptes qui constituent

la CN.

D1 : Rémunération des salariés

Concerne tous les secteurs institutionnels. Cette opération se distingue en deux rubriques :

D11 = salaires et traitements bruts D12 = cotisations sociales à la charge des employeurs

La rémunération des salariés a 3 composantes :

-le salaire net (net de toutes cotisations sociales) -les cotisations sociales à charge des salariés -les cotisations sociales à charge des employeurs Les deux premières représentent D11 et la troisième D12

Quand on mesure le coût global du travail, on intègre ces trois composantes. L’ensemble des cotisations sociales sont celles des employés et des employeurs. « Rémunération des salariés » est l’ensemble des versements faits par l’employeur au titre de rémunération du travail accompli.

D2 : Impôts sur la production et les importations

Ces impôts sont des prélèvements obligatoires réalisés sur les producteurs à raison du niveau de leur production ou des importations de biens et services.

On trouve :

-la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) -la TVA -la taxe professionnelle -la vignette automobile

33

Le prix de vente

subventions (+).

est corrigé à raison de ces

impôts (-) mais aussi à raison des

D3 : Subventions

Elles sont de deux ordres :

-sur les produits (affectée à un producteur pour un type de production : céréales, lait,…) -d’exploitation (affectée à une activité) Le but de la subvention est de permettre au producteur de continuer à produire sans déficit d’exploitation majeur.

D4 : Revenu de la propriété

On s’intéresse à l’affectation de la richesse créée. Ce revenu de la propriété distingue plusieurs composantes :

-les dividendes -les intérêts -les revenus de la propriété intellectuelle -les revenus de la propriété agricole

Ce sont des revenus de la propriété de l’entreprise. On est donc resté sur la distribution primaire des revenus (issus de la production aux facteurs de production) jusqu’ici. On doit parler de la redistribution, mais pour cela il faut d’abord prélever.

D5 : Impôts courants (sur le revenu et le patrimoine)

IR = impôt sur le revenu ISF = impôt sur la fortune

D6 : Cotisations sociales

De D1, les cotisations des employés et employeurs et de D5 car on prélève une cotisation sociale sur la fortune ? L’ensemble des cotisations prélevées sur l’ensemble des secteurs institutionnels.

Attention, quand les comptables nationaux parlent de cotisations sociales, cela peut être :

D61 = cotisations sociales effectives (effectivement imputées) D62 = prestations sociales (partie redistribuée : retraites, ass. maladie, ass. chômage)

Les comptables nationaux précisent qu’ils parlent des prestations sociales en espèce. Cela signifie que ces prestations sociales correspondent à un versement qui est identifiable. A distinguer des prestations sociales appelées transferts courants en nature. D63 = transferts courants en nature

D7 : Autres transferts courants

Courant = habituel, il n’y a rien d’exceptionnel On trouve principalement les primes et indemnités d’assurance chômage.

On trouve tout un ensemble d’opérations de répartition qui sont des opérations qu’on va prendre en compte par exemple pour le financement des investissements de l’entreprise. -aides à l’investissement (très important)

D7 et D9 sont importantes mais inessentielles car elles ne représentent pas grand-chose. D8 n’est pas traité car trop complexe.

1.b.2.3.3. Les opérations financières

Ce sont les opérations relatives à la création et à la circulation des moyens de paiement, des placements et des financements.

Les moyens de paiement correspondent à l’ensemble des formules misent à disposition des secteurs institutionnels (SI) pour assurer les paiements de leurs opérations sur biens et services ou leurs opérations de répartition. On y trouve les pièces et les billets, la monnaie scripturale. En général tous les titres de paiement acceptés dans une économie à un moment donné. On va trouver les origines (création) de ces moyens de paiement et comment ils circulent entre les SI.

Les SI disposent de capacité de placement plus ou moins importante. Cela va s’appeler notamment de l’épargne. Elle n’est pas conservée par les SI mais placée. Ces placements vont correspondre à l’ensemble des produits d’épargne, à l‘ensemble des produits d’investissement financier mis à disposition des SI :

-les comptes à vue dès lors qu’ils sont rémunérés -les produits (de placement obligataire, actions, épargne retraite)

Le financement c’est la capacité d’endettement, les produits d’endettement mis à disposition des SI.

1.b.3. Les comptes réels et le compte financier

Réel = non financier Le compte financier n’est pas celui qui permet d’articuler les opérations financières. C’est le dernier des comptes réels (bien que ce n’en soit pas un), qui permet de faire apparaître ce qui se passera sur les opérations financières.

La particularité de ces comptes est qu’ils seront tous équilibrés (par construction : principe de l’inscription comptable en partie double, principe des systèmes de CN).

Ces comptes feront toujours apparaître un solde (un compte=un solde). Chaque solde a une signification économique très précise. Et d’ailleurs ces soldes vont permettre de définir ce qu’on appelle les agrégats (grandeur économique significative) de la CN.

Ces comptes sont articulés entre eux, ils sont emboîtés les uns dans les autres. La CN propose donc un système de comptes emboîtés.

Il y a cinq comptes (1-5 comptes réels) + 1 compte = 7 comptes en fait 1)le compte de production 2)le compte de distribution primaire du revenu 3)le compte de distribution secondaire du revenu 4)le compte d’utilisation du revenu

35

5)le compte de redistribution du revenu 6)le compte de capital et le compte financier (=2 comptes)

Exemple de solde :

Le compte de production à un solde appelé VA, qui est un agrégat économique.

Quand on construit des comptes on a une double vérification à faire :

-toute opération a bien sa contrepartie dans un autre compte -équilibre opération par opération (équilibre en ligne, un compte d’opération). Ex :

Les ménages reçoivent des rémunérations qui viennent bien de quelque part. La rémunération = le versement.

1.b.3.1.

LES COMPTES DE PRODUCTION ET DEXPLOITATION

Le compte de production a pour but de faire apparaître la VA créée par les SI résidants. Le solde apparaît toujours du côté des emplois dans les différents comptes et il est repris à l’identique en ressources du compte immédiatement inférieur.

Le compte d’utilisation primaire du revenu a deux comptes :

-exploitation -affectation du revenu primaire Le compte d’exploitation a pour objectif la description de la manière dont se forme l’excédent d’exploitation des entreprises. Le compte d’affectation du revenu primaire a pour objectif de faire ressortir SI par SI le niveau de leur revenu primaire.

Compte

Emplois

Ressources

C7 Production

CI

Production (prix base)

VA brute (solde qui va apparaître du coté des

emplois car prod>CI)

Cpte utilisation primaire du revenu 1/ compte d’exploitation

Rémunération salariés Impôts sur la production (nets des subventions)

Excédent brut d’exploitation (solde)

Valeur ajoutée brute

Rémunérations salariés Impôts sur la production (- subventions d’exploitation)

2/ compte d’affectation du revenu primaire

Revenus de la propriété

Excédent brut d’exploitation (EBE)

Revenus de la propriété

Solde brut des revenus primaire

1.b.3.2.

LES COMPTES DE REVENU, DUTILISATION DU REVENU ET DE CAPITAL

Le solde de ce compte va être fondamental car va permettre de faire apparaître le revenu national.

36

C3 Distribution secondaire Impôt sur revenu et patrimoine Cotisations salariales Prestations en espèces Autres
C3 Distribution secondaire
Impôt sur revenu et patrimoine
Cotisations salariales
Prestations en espèces
Autres transferts courants
Revenu disponible brut (RDB)
Solde des revenus primaires
Impôt sur revenu et patrimoine
Cotisations sociales
Prestations sociales en espèces
C4 Compte d'utilisation des
revenus
Dépense de consomm finale
Epargne brute
Redistr. Revenu en nature
Utilisation du RD ajusté
Transferts sociaux
courants en nature
RDB ajusté
RDB
pour les ménages
Consommation
RDB ajusté
Transferts sociaux
finale effective
en nature
Epargne brute
Redistr. Revenu en nature
Utilisation du RD ajusté
Transferts sociaux
RDB
pour les APU
Consommation
RDB ajusté
en nature
finale effective
RDB ajusté
Epargne brute

La 6 ème catégorie de comptes va nous permettre d’étudier la manière dont les SI affectent leur épargne brute. On simplifie en faisant disparaître un compte intermédiaire sans intérêt et en construisant un compte de capital (des acquisitions, acquis non financiers).

C6 Compte de capital

FCBF Variation de stocks

Epargne brute

Capacité (besoin) de financement

L’épargne brute va avoir deux affectations principales plus quelques autres qu’on va ignorer. La formation brute de capital fixe (FBCF) et les variations de stocks. Ces emplois ne vérifient pas la règle d’équilibre par ligne car ils représentent deux des équations d’équilibre ressources/emplois. Le solde de ce compte a une particularité, le solde « capacité de financement » est positif pour les ménages et négatif pour les SNF « besoin de financement ». Mais il apparaîtra toujours du côté des emplois qu’il soit positif ou négatif. Appart les ménages, les autres secteurs ont en général un besoin de financement.

La somme capacité/besoin de financement ne s’annule jamais car :

-la comptabilité est imparfaite -il y a le reste du monde Si elle s’équilibrait entre les SI, cela signifierait que l’épargne des uns serait égale aux besoins de financement des autres. Mais en réalité ce n’est pas le cas car le reste du monde intervient dans l’investissement. S’il n’y a pas d’imperfection, si la somme des besoins/capacités est positive, cela signifie que l’épargne est excédentaire et qu’il y a un transfert de capitaux vers le reste du monde. Dans le cas inverse, la balance des paiements est déficitaire et c’est l’inverse. Mais il n’y a aucun raison, même si la comptabilité est parfaite, pour que le solde besoins/capacités de financement soit équivalent au solde de la balance commerciale.

37

L’équilibre ressources / emplois dit :

+ = + ∆ + . + = − ( + + . )

Si le solde (X-M) est positif, cela signifie qu’on a crée plus de richesse qu’on en a utilisées. On dit que le solde de la balance commerciale n’a aucune raison d’être équivalent au solde besoins/capacités de financement car il y a tous les transferts de ressources entre le reste du monde.

1.b.3.3.

LE COMPTE FINANCIER

1.b.4. La synthèse des comptes

1.b.4.1.

LES TABLEAUX DE SYNTHESE

1.b.4.2.

UN TEE SIMPLIFIE

38

1.c. LA REPRESENTATION KEYNESIENNE SIMPLIFIEE

Circuit économique simplifié car :

-2 agents (entreprises, ménages) -1 Etat -3 marchés (marché des biens et services – consommation, marché du travail, marché des biens d’investissement)

Cette analyse permet de tester les hypothèses de politiques économiques dans le but d’arriver à la structure du plein emploi. C’est une théorie en rupture avec celles qui la précèdent car elle considère que la recherche du plein emploi est la priorité.

Keynes est un économiste anglais né en 1883, juste après la disparition de Marx. Il fait des études à Cambridge. Ses professeurs sont les têtes de file de la pensée néoclassique, dont Alfred Marshall.

Marshall est celui qui va introduire l’analyse, la réflexion sur le fonctionnement des marchés. Il va notamment représenter le marché en concurrence pure et parfaite, mais de manière isolée du reste de l’économie (approche en termes d’équilibre partiel). Il va ouvrir la porte aux réflexions permettant de comprendre l’imperfection des marchés en mettant en évidence les conditions nécessaires à un marché parfait.

Un autre professeur de Keynes, Chamberlain, va commencer à développer la théorie de la concurrence imparfaite, qui va montrer qu’en réalité, les marchés peuvent fonctionner loin d’un équilibre parfait même s’ils ne produisent pas tous les avantages d’une économie de marché.

Ensuite, Keynes est pris dans la tourmente de la WWII et va participer en tant que conservateur aux conférences préparatoires de ce que sera le Traité de Versailles et notamment participer à la conférence de préparation du Traité de Paix. Durant cette conférence, deux grandes thèses vont s’affronter. -la thèse française qui veut que l’Allemagne paie toutes les réparations des dommages causés -la thèse anglaise, qui est plus mesurée car elle ne veut pas que la France sorte grandie (traité de paix avec réparations limitées) John Maynard Keynes va aller plus loin et théoriser cette thèse anglaise. Il va expliquer que faire payer l’Allemagne c’est créer une récession économique en Europe. Car les réparations demandées sont exorbitantes et l’Allemagne devra consacrer une très grande quantité des richesses créées aux réparations, ce qui va freiner la demande intérieure et faire s’effondrer son économie et celles des pays autour. Mais c’est la thèse française qui gagne.

En 1919 Keynes publie « les conséquences économiques de la paix », qui est une théorie macroéconomique car elle considère les agrégats globaux. Il explique que la question des répartitions va plonger l’Allemagne dans une récession économique. Il n’a pas été écouté mais il avait raison.

Churchill (ennemi de Keynes) aura comme stratégie pour redresser l’Angleterre, la mise en œuvre d’une politique économique restrictive. L’Angleterre ca connaître une crise d’inflation au lendemain de la guerre et les économistes en vogue vont y appliquer une économie monétaire restrictive.

39

Cette théorie dit que si la masse monétaire augmente, cela va engendrer une hausse des prix. Pour combattre l’inflation il faut donc diminuer la masse monétaire. La Banque d’Angleterre le fait en augmentant les taux d’intérêt. Comme cela ne suffit pas, en 1924 Churchill réévalue la livre. L’économie britannique entre en crise.

Keynes en profite pour publier en 1930 son « Traité de la monnaie ». Ce traité est fondamental car c’est dans celui-ci que Keynes va développer sa théorie monétaire. Jusqu’alors la théorie monétaire dominante était la théorie quantitative de la monnaie dont on

connaît une des expressions :

. Cette théorie propose une explication du monde

économique qui s’appelle l’approche dichotomique. Selon cette approche il y a deux secteurs dans l’économie, le secteur réel et le secteur monétaire. Dans le secteur réel on détermine T et dans le secteur monétaire on détermine M, du coup on peut trouver P.

= ×

Secteur réel : analyse de la production, de la formation de la demande, de la formation des échanges. C’est dans ce secteur que se forment les rapports d’échange qui nous expliquent pourquoi une quantité x d’une marchandise va s’échanger contre une quantité y d’une autre marchandise

Secteur monétaire : où se forment les prix nominaux, monétaires. On va expliquer comment se forment les prix. C’est l’équilibre de la théorie quantitative de la monnaie M=P*T

Dans cette approche il y a donc deux niveaux d’analyse. Les auteurs qui adhérent à cette approche ont l’habitude de dire que pour comprendre le fonctionnement réel de l’économie, il faut lever le voile monétaire (superflus) afin de comprendre la partie importante (le réel). Ce qui va constituer la rupture de la théorie monétaire keynésienne c’est que selon lui seule une approche monétaire permet de comprendre le fonctionnement réel de l’économie.

Ex : une augmentation de i entraîne une contraction de l’activité économique. Keynes va également proposer une explication différente de l’inflation. Dans la théorie quantitative, l’inflation est due à une masse monétaire trop importante par rapport à la production. Pour Keynes l’inflation est le résultat d’une mauvaise anticipation des agents économiques ou d’une absence de réalisation de leurs anticipations.

Ex : économie à deux secteurs (biens de consommation et biens d’investissement) Les entreprises (agents) prennent la décision aujourd’hui pour qu’on utilise la production demain. Introduction de la notion de temps. Il y a donc deux types d’entreprises, celles qui produisent du C a et celles qui produisent du I a . Pour produire elles vont embaucher des travailleurs. La production Y a qu’elles anticipent va nécessiter un certain niveau d’emploi. + I = En contrepartie de ces salaires elles vont verser le revenu Y

+ =

Et ça correspond au niveau de la production anticipée

+ = Les ménages (agents) reçoivent des revenus et épargnent la partie non consommée

( ) + =

Si les anticipations des entreprises sont réalisées, les ménages vont consommer ce que les

entreprises avaient prévu : ( ) = On trouvera sur le marché des biens de consommation exactement ce que les ménages vont consommer. L’épargne sera de même niveau que l’investissement prévu. = En cas d’erreur d’anticipation des entreprises < ( )

40

On va rétablir l’équilibre par un phénomène purement monétaire par une hausse des prix des biens de consommation. Situation de pression inflationniste car il y a une demande plus forte que prévu. Du même coup > , donc les entreprises sont obligées de baisser le prix des biens d’investissement ou de faire des stocks. Ce qui va entraîner une baisse de l’activité (cf. multiplicateur). Parce qu’il y a trop de demande il y a une dépression économique.

En 1929, effondrement de la bourse de New York. L’ensemble des économies rentrent en récession. La crise de 1929 provoque un désordre dont beaucoup ne voient pas encore les conséquences en 1930, le chômage. Dans la seconde moitié des années 1920 le chômage explose en Allemagne. Ensuite toutes les économies sont touchées. Cette montée du chômage déstabilise les économies.

1936 « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » de Keynes. Il va présenter l’analyse qui va marquer sa rupture définitive avec l’approche des auteurs précédents. Son analyse est simple. Si le chômage persiste à un niveau aussi important c’est parce que les marchés sont défaillants. Lorsque les marchés sont défaillants il y a nécessité pour l’Etat d’intervenir : par de l’investissement public. Il va justifier cela par sa théorie du multiplicateur d’activité. Après WWII sa théorie sera mise en œuvre dans la quasi-totalité des pays occidentaux.

1.c.1. L’approche keynésienne

1.c.1.1.

LE CADRE DE LANALYSE

Cadre largement esquissé dans l’introduction mais dont on va rappeler les trois grands principes :

1.c.1.1.1. Une approche monétaire

La théorie keynésienne rompt avec l’approche dichotomique des auteurs précédents.

1.c.1.1.2. Une approche en termes de circuit

Jusqu’à présent les approches proposées sont fondées sur un principe d’interdépendance des marchés. Léon Walras, père de la théorie de l’équilibre économique général. Dernier quart du XIX ème siècle. L’économie est constituée d’un ensemble de marchés. Chaque marché peut fonctionner à l’équilibre (équilibre partiel de Marshall). Qu’est-ce qui peut nous garantir que tous les marchés pris ensemble seront alors à l’équilibre ? Loi de Say- Walras (car Say l’a explicitée avant mais ne l’a pas démontrée). Elle dit que s’il y a équilibre sur N-1 marchés, alors il y aura équilibre sur le Nième marché. Analyse en termes d’interdépendance des marchés. O=D donc pas de chômage ni d’inflation car O monnaie = D monnaie et D travail = O travail . Donc c’est un monde économique parfait.

Pour Keynes, cette approche en termes d’interdépendance ne peut être retenue pour plusieurs raisons :

Les décisions des agents économiques sont séquentielles, c’est-à-dire pas instantanées (pour les théories antérieures les décisions sont instantanées). Pour Keynes si une entreprise décide de produire il faudra embaucher, ce qui prendra du temps, et rendre effective la production avant de pouvoir la consommer. Il va se passer du temps entre anticipation/Y/distribution/C.

41

En introduisant la notion de temps, Keynes introduit la notion de séquence dans les opérations économiques. Cette "séquentialité" a une conséquence : les marchés ne peuvent pas se trouver à l’équilibre instantanément. Les marchés sont hiérarchisés. Etudier le marché du travail avant celui des biens et services et étudier les anticipations des entreprises avant le marché du travail.

1.c.1.1.3. Une approche en sous-emploi

Jusqu’à Keynes les économies sont des économies de plein emploi. Pour deux raisons principales :

-le salaire est flexible, il peut monter ou baisser selon les circonstances, en raison du jeu de la concurrence -il y a concurrence, les travailleurs se font concurrence, ce qui les amènent à accepter un salaire plus bas

L’analyse est atemporelle dans ces analyses. Le jeu de la concurrence et la flexibilité peuvent entraîner leurs conséquences car il n’y a pas de notion de temps. Il y a donc plein emploi en permanence car salaires flexibles, concurrence parfaite et temps de réalisation des conséquences infini.

La théorie keynésienne est une approche en termes de sous-emploi. Il y a sous-emploi car la décision d’embaucher est préalable à la réalité de la production et à l’utilisation de la production. L’entreprise décide de produire aujourd’hui, anticipe une production pour demain et embauche en conséquence. Elle peut être pessimiste et anticiper un niveau de production faible et donc faiblement embaucher, ce qui va entraîner du chômage. Selon Keynes, il y a en permanence sous-emploi car le niveau de l’activité anticipé par les entreprises est insuffisant pour assurer le plein emploi. Pas de place pour des mécanismes correctifs car ce sont des décisions séquentielles.

CLASSIQUES ET NEOCLASSIQUES

des décisions séquentielles. CLASSIQUES ET NEOCLASSIQUES L O = offre par les travailleurs L D =

L O = offre par les travailleurs L D = demande par les entreprises = taux naturel du travail

Plus le salaire est élevé, moins les entreprises vont demander de travail (L D ). Equilibre = intersection entre offre et demande Il y a plein emploi. C’est-à-dire que tous les salariés qui acceptent de travailler au taux de salaire en vigueur trouvent un emploi. Ça ne dit pas que tout le monde est employé.

42

Dire qu’il y a plein emploi signifie que tout chômage est et ne peut être que volontaire, parce que ceux qui n’ont pas d’emploi sont ceux qui refusent de travailler au taux de salaire en vigueur. Si le salaire est plus élevé que , l’offre de travail des salariés est supérieure à la demande de travail des entreprises. On est donc en situation de chômage. Selon Malthus, la concurrence entre salariés ou les gens qui meurent de faim vont faire redescendre le salaire au prix d’équilibre car L O va descendre et L D va augmenter. Il y a plein emploi car les salaires sont flexibles, on est en longue période (ajustements possibles) et il y a concurrence entre les salariés. Ce modèle est cohérent, c’est un point important.

KEYNES

Salaires non flexibles car avant de commencer à travailler, les entreprises négocient avec les salariés le taux de rémunération auquel ils vont être payés. Analyse en courte période (analyse dans le temps de production, temps d’un cycle de production). Sur ce point Keynes utilise la distinction que Marshall avait introduite. Marshall distinguait :

Long ou très long terme : tout est flexible, les entreprises peuvent décider de changer la quantité de travail (L), la quantité de capital (K) et la technique de production

Moyen terme : la technique de production n’est pas flexible, mais le travail et le capital le sont. Le Mt c’est au moins 1-2 ans

Court terme : l’entreprise confrontée à une modification de sa demande ne peut pas modifier son capital. Seul le travail est flexible à court terme. Court terme = quelques mois

Ultra-court terme : ni le travail, ni le capital ne sont flexibles. La seule possibilité est de jouer sur les stocks. Ultra-court terme = quelques semaine, quelques jours, voire quelques heures

L’analyse keynésienne s’inscrit dans une analyse de courte période, seul le travail est flexible. En courte période, il y a du capital sous-employé dans l’analyse keynésienne. Cette analyse keynésienne considère également que la concurrence est imparfaite, notamment parce qu’il existe des syndicats qui sont susceptibles de contrarier la flexibilité du salaire.

43

Keynes va dire qu’il y a du chômage mais qu’il est involontaire. Tous les salariés

Keynes va dire qu’il y a du chômage mais qu’il est involontaire. Tous les salariés qui acceptent de travailler au taux de salaire en vigueur ne trouvent pas forcément un emploi. Imaginons un plein emploi avec un emploi L PE . Les entreprises vont quand même décider de la quantité de travail. Pour arriver au plein emploi, il faudrait largement baisser les salaires, ce qui n’est pas possible. Il faut donc déplacer la demande de travail, par une politique de grands travaux (intervention de l’Etat) qui consiste à inciter les entreprises à subventionner les emplois.

1.c.1.2.

1.c.1.2.1. Elasticité de l’offre et niveau des prix

LES HYPOTHESES DU MODELE KEYNESIEN

Imaginons qu’on soit en situation de plein emploi et qu’on veuille accroître la production. Pour produire plus, les entreprises nouvelles ont besoin de K et L, pour les entreprises existantes, elles auront au moins besoin de plus de L. Pour produire plus, les entreprises vont proposer aux entreprises du secteur des biens d’équipement de payer les machines plus cher pour pouvoir les avoir plus facilement (concurrence par les prix). Le prix du capital est plus élevé. Pour avoir plus de travailleurs, elles vont aller débaucher des employeurs dans d’autres entreprises. Il n’y aurait donc pas plus de travail vu qu’on serait déjà en plein emploi, mais les prix seraient juste plus élevés.

∶ ↗ ⇒ ↗ ⇒ ↗

En plein emploi, peut-il y avoir une variation (augmentation) de l’offre consécutive à

une variation de la production ? NON

 

Δ

Δ

Δ

= 0 = é é à

44

Si l’élasticité de l’offre à la demande est nulle, toute augmentation de la demande provoquera une hausse des prix. Dans une situation de plein emploi, les outils keynésiens seraient inefficaces.

Si on est en situation de sous-emploi, il y a donc du chômage du facteur travail. Il y a une réserve de travailleurs disponibles. Il y a également sous-emploi du facteur capital, les capacités de production sont donc sous-utilisées. Par une intervention publique, il y a une augmentation de la demande. On peut accroître la production sans tension sur les prix. L’élasticité de l’offre à la demande est positive en situation de sous-emploi et une augmentation de la demande n’entraîne pas une hausse des prix. Il est important de diagnostiquer ensuite le niveau d’emploi où on se trouve, car si on arrive au plein emploi (ce qui est le but) et qu’on continue cette politique, on va faire augmenter les prix.

continue cette politique, on va faire augmenter les prix. Y P E = niveau de production

Y PE = niveau de production de plein emploi, où il n’y a pas de chômage des facteurs travail et capital. PE = pas de chômage involontaire = barrière de pleine emploi.

On est au départ dans une situation de sous-emploi. L’action des pouvoirs publics a pour but de se rapprocher du plein emploi. On se rapproche du plein emploi et au début l’accroissement de la production peut se faire sans tension inflationniste (inflation contenue mais pas nulle). Plus on se rapproche de la barrière de plein emploi, plus les tensions inflationnistes seront fortes. Ensuite en plein emploi, toute tentative d’accroissement de la production se soldera par une hausse des prix.

1.c.1.2.2. L’équilibre

Cette hypothèse dit qu’à tout moment l’économie est en équilibre, ce qui ne signifie pas qu’on est en plein emploi, ni que D=O. C’est ce qu’on pourra appeler un équilibre de circuit, qui est un équilibre global et pas marché par marché. C’est un équilibre entre l’offre globale et la demande globale (analyse macroéconomique en termes de circuit). Pour le comprendre on va repartir de l’analyse que Keynes propose.

Pour simplifier on se place dans une économie fermée (pas de X ni de M) à deux agents.

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/1/ = équation de définition de l’équilibre sur le marché des produits (B&S) La demande des deux agents /2/ D = C + I L’équation /1/ est ce qu’on appellera plus tard une équation d’équilibre comptable. L’équation /2/ est une équation de définition, on définit la demande des entreprises et des ménages. Il y a deux façons d’apprécier l’offre, au travers de l’activité des entreprises (par la fonction de production) ou à travers les conséquences qui sont les siennes du fait de la distribution des prix que l’offre implique. /3/ Y = C(Y) + S Cette offre par l’intermédiaire des revenus permet aux ménages de consommer et d’épargner. /1/ Y = D /2/ et /3/ dans /1/ C(Y) + S = C + I

On est à priori dans une approche comptable. Cela signifie notamment que les décisions des agents économiques ont été prises. C(Y) est la consommation. Ce qui revient à dire qu’il y a égalité si S=I. C’est ce qu’on appelle une équation d’équilibre ex post (une fois les décisions prises). Au plan comptable l’équilibre est toujours réalisé.

Dans le « Traité de la monnaie » on distingue ce qui est anticipé de ce qui est réalisé. Dans l’équation C(Y) + S = C + I, C et I sont réalisés et C(Y) et S sont anticipés. ⇒ C (Y) + S = C + I Si tout se passe bien, les ménages vont bien consommer comme les entreprises l’avaient anticipé. Il n’y a pas de déséquilibre macroéconomique. Les entreprises investissent d’après leurs anticipations. I=S approche par anticipations, qui est un équilibre d’anticipation, ex ante (avant décision)

La théorie keynésienne, lorsqu’elle dit qu’il y a équilibre sur le marché des B&S, nous propose une approche macroéconomique globale. C’est une égalité qui sera toujours vérifiée au plan comptable (approche d’équilibre de circuit) mais surtout c’est une approche où on considère que les anticipations des agents économiques sont bien toujours réalisées (appelé équilibre d’anticipation).

1.c.1.2.3. Le multiplicateur d’investissement

L’existence d’une fonction d’investissement stable se manifestant toujours par la présence d’un multiplicateur.

1 = 1 −
1
=
1 −

Tout accroissement du niveau de l’investissement sera à l’origine d’une variation du niveau de la production, démultiplié à raison du niveau du multiplicateur. Plus c est élevé, plus le niveau du multiplicateur est fort.

Le multiplicateur va permettre d’expliquer comment arriver au plein emploi, volume d’investissement nécessaire pour y arriver. Action volontariste qui permet d’arriver au plein emploi. Mais comment financer cet investissement ? Ce n’est pas une question importante pour Keynes, c’est un faux problème. Explications.

46

I est la variation de l’investissement réalisée à la fin de l’année O

t

Y induite

C

S

1

I

cI

(1-c) I

2

cI

c

2 I

c(1-c) I

3

c

2 I

c

3 I

c 2 (1-c) I

4

… …

 

 

… …

 

En t2 : c ΔI + (1 − c)cΔI = cΔI(c + 1 − c) = cΔI

Au total que s’est-il passé ? Y :

I + cI + c 2 I + …. = I(1+c+c 2 +…) progression géométrique de raison c = ΔI pour c < 1

1 → ∆ → 1 −
1
→ ∆
1 −

Le multiplicateur aura joué par les productions nouvelles allouées à la distribution des revenus, revenus consommés par les ménages. Le jeu de la consommation explique le pourquoi et le comment du multiplicateur.

C :

c∆I + c ∆I + 1 = ∆ 1 −
c∆I
+
c ∆I
+
1
= ∆
1 −

c ∆I =

∆I(c + c + c … ) = c∆I(1 + c + c + ⋯ )

S :

∆Y − ∆C = ∆I 1 c − c∆I

1

= ∆
=

1

1 − c = I

1

1 c (1 − c)

Donc en fait, l’activité économique supplémentaire générée par l’investissement procure un surcroit d’activité démultiplié (principe de multiplicateur keynésien). Mais aussi l’épargne supplémentaire créée est de même montant que l’investissement initial qui a été décide, c’est pourquoi le problème de l’investissement n’est pas important pour Keynes.

Comment faire ? -le déficit public est une nécessité dès lors qu’il se justifie par la lutte contre le chômage dans la théorie de Keynes -on passe par l’impôt et on redistribue et on relance l’investissement public.

1.c.1.3.

LE PRINCIPE DE LA DEMANDE EFFECTIVE

Dans la théorie classique puis dans la théorie néoclassique, il y a en permanence équilibre sur le marché des produits (B&S). Qu’est-ce qui nous permet d’en être sûr ? L e jeu de la concurrence parfaite. Si la concurrence est imparfaite, l’équilibre n’est pas atteint. Dans cette théorie, une loi résume cet équilibre permanent, la loi de Say (Jean- Baptiste). Cette loi dit que l’offre crée sa propre demande. Toute la théorie classique est construite autour de ça. Les Néoclassiques, Walras, vont la démontrer dans la loi de Say/Walras. Dans les années 1950 elle sera démontrée mathématiquement par Debreu. Elle dit que si il y a équilibre sur N-1 marchés alors il y a équilibre sur le nième marché. Cette loi dit donc qu’en permanence, l’économie est à l’équilibre. Cela a des

47

conséquences, notamment sur le marché du travail où le chômage ne peut être que volontaire.

Pour Keynes il y a changement radical de perspective. Il y a du chômage involontaire car la production est insuffisante. Il peut donc pour lui y avoir un équilibre de sous- emploi (des facteurs travail et capital). Du même coup il peut y avoir équilibre sur le marché des B&S sans être au niveau maximum de production possible. On explique cela grâce au principe de la demande effective. « Nous appellerons demande effective le montant du produit attendu au point de la courbe de la demande où elle est coupée par celle de l’offre globale », Keynes. Deux idées fortes :

-attendue = anticipée -intersection entre O g et D g Donc les entreprises anticipent la demande effective, qui correspond au point d’intersection de l’offre globale et de la demande globale. « En d’autres termes, elle est la somme des dépenses de consommation et des dépenses d’investissement telles que les entrepreneurs les prévoient lorsqu’ils fixent le volume de l’emploi ». Donc en fonction du volume de l’activité prévu par eux, les entrepreneurs vont fixer le niveau de l’emploi.

Le principe de la demande effective, si on voulait le schématiser, nous dirait la chose suivante :

C , I = demande globale ⟶ volume emploi ⟶ produire donc distribuer des revenus ⟶ C, S

Le principe de la demande effective est ce qui permet de comprendre que le niveau de la production observé à un moment donné dans l’économie est le résultat des anticipations que les entreprises ont pu nourrir auparavant. Si elles sont optimistes, elles vont anticiper un volume d’activité important et donc fixer l’emploi à un niveau très élevé. Mais si elles sont pessimistes elles vont anticiper un faible volume d’activités et embaucheront peu, il y aura donc du chômage. Le principe de la demande effective permet de comprendre pourquoi il y a du chômage involontaire, c’est parce que les entreprises anticipent un faible niveau d’activité.

C’est une théorie fondamentale -comprendre pourquoi il y a du chômage -équilibre de sous emploi = une économie peut durablement rester dans un état de sous emploi

Ce n’était pas possible avec la théorie classique. Il y avait pression sur les prix, qui amenait les entreprises à produire plus.

1.c.2. Le modèle keynésien simplifié

1.c.2.1.

QUEST-CE QUUN MODELE ?

C’est une représentation simplifiée de la réalité. Cela signifie qu’il va falloir préciser la manière dont on simplifie la réalité :

-1 ère : économie fermée -2 ème : pas de sociétés financières (banques) -3 ème : pas d’Etat pour le moment

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Le modèle keynésien simplifié est un modèle à 4 équations.

= + é /1/

= +

 

é /2/ é /3/

= =

 

é /4/

Les équations /1/ et /3/ sont des équations de comportement Les équations de comportement sont l’expression des choix que la théorie a pu faire. Ces choix concernent la représentation des décisions que les agents économiques peuvent faire. /2/ est une équation d’équilibre comptable Tous les agents économiques respectent un équilibre comptable /4/ est une équation de définition Les équations ont pour objet de mettre des variables en perspective.

1.c.2.1.1. Les types de variables

Dans ce modèle, C, Y, S, I et i sont des variables. C 0 , c, α et β sont des paramètres.

On distingue deux types de variables :

-les variables expliquées -les variables explicatives

 

Expliquée

Explicative

C

/1/ /2/

/2/

Y

/2/

/2/

S

/2/ /4/

/2/ /4/

I

/3/ /4/

/4/

i

 

/3/

La seule vraie variable explicative est i.

On distingue également les variables :

-exogènes (dont le niveau se détermine à l’extérieur du modèle) i -endogènes (dont le niveau se détermine à l’intérieur du modèle) C, S, Y, I

On utilise exogène/endogène pour expliquer le périmètre de détermination de la variable. On utilise expliquée/explicative pour qualifier la variable dans l’équation, mais ça n’a de sens que pour les équations de comportement.

/1/

Y explicative

C expliquée

/3/

i explicative

I expliquée

1.c.2.1.2. Les relations d’un modèle

1.c.2.1.3. Forme structurelle et forme réduite

Le modèle de 4 équations écrit ici est sous forme structurelle. Sous forme structurelle on n’est pas capable de déterminer ce qui détermine quoi. On va donc s’efforcer d’expliquer les variables endogènes uniquement en fonction des variables exogènes. On obtiendra une transformation du modèle et on aura une nouvelle écriture du modèle sous la forme réduite, qui est le résultat de sa résolution analytique. On peut résoudre analytiquement le modèle keynésien car il y a autant d’équations que de variables endogènes.

49

1.c.2.2.

LE MODELE SIMPLIFIE

1.c.2.2.1. La fonction de consommation

1.c.2.2.2. La fonction d’investissement

L’efficacité marginale du capital (taux de rentabilité interne). C’est le taux d’escompte qui, appliqué à la série d’annuités constituées par le rendement escompté de ce capital, rend la valeur actuelle des annuités égales au prix d’offre de ce capital. Le taux d’escompte sert à transformer les valeurs futures en valeurs actuelles. Ex :

( ) = valeur actuelle, e = taux d’escompte

Pourquoi appliquer ce principe ? Le principe d’analyse de rendement d’un placement qui est effectué au taux de rémunération annuelle e. Ex :

Une entreprise place un capital. Quelle est la valeur du placement à la période 1 ? + = (1 + ) = Elle le réinvestit pour une période supplémentaire. Quelle est la valeur en période 2 ? + = (1 + ) = (1 + ) = Au bout de n années de réinvestissement, quelle est la valeur du capital qu’elle va récupérer ? = (1 + ) Cette opération est appelée opération de capitalisation. On incorpore les intérêts de période en période et on accroît le capital d’autant. La transformation de la valeur future en valeur actuelle est appelée opération d’escompte.

=

(1 + )

On va maintenant considérer une entreprise qui réalise un investissement I à la fin de

l’année 0. L’intérêt de l’investissement est qu’il va permettre de produire et procurer des recettes R t . R t avec t=1,…,n Chaque période on va voir des charges apparaître d’un montant C t .

A chaque période elle va dégager un bénéfice d’exploitation B t = R t - C t

Si on veut connaître B, qui est le bénéfice total qu’aura généré l’investissement, on n’additionnera pas les B car on sait que la valeur future n’est pas comparable à la valeur actuelle. Comment va-t-on l’actualiser ? On va prendre un taux d’escompte qui va nous permettre de transformer les bénéfices futurs en valeur d’aujourd’hui.

B = ensemble des bénéfices actualisés

(1 + ) + +

(1 + )

=

= (1 + )
= (1 + )

(1 + )

= (1 + )

Selon Keynes, on vient de calculer la série d’annuités constituées par les rendements escomptés (actualisés) de ce capital. La somme des valeurs actualisées des bénéfices est appelée VA (valeur actuelle) des flux générés par l’investissement.

50

Ensuite l’entreprise va procéder à un calcul économique. A quoi sert cette VA ? Ce bénéfice est l’ensemble des ressources à disposition d’une entreprise (=cash flow) une fois qu’elle a fait face à l’ensemble de ses coûts de production et de fonctionnement. Elle sert donc normalement à remplacer le capital. La VA doit donc être au moins égale à l’investissement réalisé (VA I). Si la VA<I le projet est déficitaire et il sera abandonné sauf si l’entreprise reçoit par exemple une subvention de capital. Si la VA=I le projet est équilibré, c’est une opération blanche, c’est-à-dire que ça ne rapporte rien mais permet juste de couvrir l’investissement initial. Si la VA>I le projet est bénéficiaire et l’entreprise le réalisera sans aucun doute.

= − (1 + )
=
(1 + )

L’entreprise va réaliser tous les projets qui ont une VAN>0.

Dernière étape, l’efficacité marginale du capital = r. c’est le taux d’escompte tel que la VAN=0. Tout simplement car à ce taux r la somme des valeurs escomptées = I.

: = 0

: = 0

La fonction d’investissement de l’entreprise (microéconomique) Capital initial I, affecté à des projets d’investissement. Ils sont plusieurs et fractionnables (elle peut réaliser une partie d’entre eux). L’entreprise va classer les projets d’investissement en fonction de leur TRI (décroissant). On peut représenter graphiquement les choix auxquels l’entreprise est confrontée.

les choix auxquels l’entreprise est confrontée. L’entreprise produira donc tout le projet I1, tout le

L’entreprise produira donc tout le projet I1, tout le projet I2 et une partie du projet I3. Elle va investir du projet le plus rentable vers le moins rentable (jusqu’à épuiser son budget). Au total, quelle est la rentabilité marginale de l’investissement ? C’est l’efficacité marginale du dernier projet utilisé. On ne peut pas se contenter de cette approche car en général l’entreprise ne traite pas le problème en partant d’un capital initial, elle a aussi la possibilité de s’endetter ou de faire appel à ses actionnaires.

On va maintenant présenter les projets d’investissement de façon discrète.

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Deux situations possibles : Situation 1 I ̅ est le capital dont elle dispose pour

Deux situations possibles :

Situation 1

Deux situations possibles : Situation 1 I ̅ est le capital dont elle dispose pour faire

I ̅ est le capital dont elle dispose pour faire de l’investissement industriel ou des placements. Le taux d’intérêt de l’économie (i) est faible.

̅

On va constater que l’entreprise investit I , qui lui procure une productivité marginale r

de la dernière unité de capital investit. r est largement supérieur à i.

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L’entreprise va emprunter, s’endetter jusqu’à ce que r rejoigne i. Le montant de

l’investissement qu’elle va réaliser est donc I. Comment va-t-elle le financer ?

̅

Par des fonds propres (autofinancement : I ) et par de l’endettement pour la différence

̅

(I-I ). Donc la notion d’efficacité marginale du capital nous permet de construire la courbe des opportunités d’investissement. Et le niveau des investissements de l’entreprise se détermine le long de cette courbe en fonction du taux d’intérêt en vigueur dans

l’économie.

Situation 2

d’intérêt en vigueur dans l’économie. Situation 2 Taux d’intérêt de l’économie élevé. Avec ce i,

Taux d’intérêt de l’économie élevé. Avec ce i, l’entreprise ne trouvera presque pas de projets rentables. Elle va investir dans les projets industriels tant que r >i. Elle ne va pas faire d’investissement au-delà de I car r serait inférieur à i. la différence I-I ̅ sera placée au taux d’intérêt i. On a ci une situation qui nous permet de comprendre ce qu’est le comportement d’investissement de cette entreprise. Le niveau de I se détermine le long de la courbe des opportunités d’investissement au taux i en vigueur. Relation inverse entre niveau d’investissement et niveau de i.

La fonction d’investissement (macroéconomique) L’économie est composée d’un grand nombre d’entreprises. Chaque entreprise est rationnelle donc chacune des entreprises est dotée d’une fonction d’investissement. Supposons par exemple qu’il y ait deux entreprises.

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Elles n’ont pas le même comportement. La première entreprise, si on prend une faible variation

Elles n’ont pas le même comportement. La première entreprise, si on prend une faible variation de i, la conséquence sur le niveau d’investissement est faible. Une variation identique de i pour la deuxième entreprise entraîne un plus grand changement de I. on dira que la fonction d’investissement de la 1 ère entreprise est inélastique au taux d’intérêt et celle de la 2 ème est élastique (sensibilité de I par rapport à i). La fonction d’investissement de l’économie est la somme des fonctions d’investissement de toutes les entreprises. On la construit point par point. C’est une fonction qui relie de manière inverse le niveau d’investissement et i.

une fonction qui relie de manière inverse le niveau d’investissement et i. = − On va

= On va traiter deux cas :

une fonction qui relie de manière inverse le niveau d’investissement et i. = − On va

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La courbe 1 nous dit que l’investissement macroéconomique est faiblement sensible au niveau des taux d’intérêt = situation d’inélasticité. La courbe 2 nous dit que I est très sensible à i = situation très élastique, forte élasticité.

1.c.2.2.3. Les conditions de l’équilibre

1.c.2.3.

1.c.2.3.1. La résolution analytique

LA RESOLUTION DU MODELE

= = (1 − )

=

c’est la courbe IS

Cette définition est celle de l’équilibre du marché des biens et services dans le modèle keynésien. Cette droite IS faite apparaître la variable exogène du modèle keynésien (i), les deux paramètres (α et C 0 ) et l’élasticité de l’investissement au taux d’intérêt (β). Si β faible ( 0 < | | < 1), l’investissement est relativement inélastique au niveau du taux d’intérêt. Une variation de i a une faible incidence sur I. Si β est élevé (| | > 1), l’investissement est normalement, voire fortement élastique au niveau du taux d’intérêt. Une variation de i a une incidence marquée sur le niveau de I.

IS fait également apparaître une variable, le multiplicateur keynésien (

Cette droite IS nous dit que pour parvenir au plein emploi, pour augmenter le niveau d’activité jusqu’au plein emploi, on a trois leviers de politique économique :

- ⇒↗ amplifié par le biais du multiplicateur keynésien

- Jouer sur les composantes autonomes de la demande globale (C 0 = consommation autonome et α = investissement autonome). Il est cependant très dur de jouer sur C 0 . On va donc jouer sur α (par des investissements publics ou des entreprises). L’impact est amplifié par le jeu du multiplicateur.

- La redistribution des revenus, qui va avoir comme effet d’augmenter la propension marginale à consommer (c). on augmente le niveau du multiplicateur, ce qui augmente le niveau de l’activité. Action sur les taux d’intérêt Elle nécessite une politique monétaire active, c’est-à-dire qui soit capable de provoquer une baisse/hausse du niveau des taux d’intérêt. On peut imaginer une Banque Centrale qui va jouer sur les taux d’intérêt (c’est le cas aux USA et dans l’UE). Cela peut aussi être une action sur la masse monétaire. La théorie keynésienne considère que le marché des capitaux (de la monnaie) fonctionne comme un vrai marché (les salaires ne sont pas flexibles, ils ne changent pas en fonction de l’offre et de la demande). En revanche il considère que sur le marché des capitaux les prix (i) sont flexibles. Le taux d’intérêt peut donc changer en fonction de l’offre et la demande. Donc si la masse monétaire (M) est plus importante, l’offre augmente et le prix i va baisser. En revanche si on réduit M, les taux d’intérêt vont monter. La politique monétaire est efficace si elle provoque une variation de l’investissement. Pour cela il faut que l’investissement soit sensible au niveau des taux d’intérêts = normalement élastique au taux d’intérêt ( élevé). Dans la théorie keynésienne, la politique monétaire est inefficace parce que la fonction d’investissement est inélastique.

).

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Dans la théorie néoclassique (plus exactement monétariste) la politique monétaire est efficace car la fonction d’investissement est élastique au taux d’intérêt.

d’investissement est élastique au taux d’intérêt. Jouer sur les composantes autonomes de la demande globale

Jouer sur les composantes autonomes de la demande globale Le principe : une dépense publique (directe : grands travaux financés par l’Etat ou indirecte : aide fiscale à l’investissement) ou un déficit public qui redistribue aux ménages (prestations sociales qui sont habituellement presque totalement consommées). Cette dépense est à l’origine d’un accroissement d’activité car il y a derrière le jeu du multiplicateur d’activité. Quand cette action est-elle efficace ? Elle est efficace si le multiplicateur d’activité est élevé. Pour qu’il soit élevé, il faut que la propension à consommer soit forte. Le surcroit d’activité génère un surcroit d’épargne d’un montant équivalent au déficit public initial. Donc à priori cette politique est efficace mais elle peut avoir des inconvénients. Lesquels ?

Le déficit public signifie au départ qu’une partie de l’épargne va être orientée vers le financement de cette action publique. Si c’est une partie de l’épargne qui finance le déficit cela va provoquer une raréfaction des ressources d’épargne sur le marché des capitaux. L’offre baisse, ce qui veut dire que le prix i va monter. Pour les auteurs keynésiens cela n’est pas gênant car la fonction d’investissement est inélastique au taux d’intérêt. Mais cela est gênant pour les Classiques et Néoclassiques car la fonction d’investissement est selon eux élastique au taux d’intérêt. Donc pour eux la hausse de i annulera peut-être l’action publique initiale.

Le déplacement de la frontière entre secteur privé et secteur public. Les Néoclassiques considèrent que toute l’activité développée sur le secteur public est inefficace. Seul le secteur privé est productif. Pour les auteurs keynésiens l’inconvénient n’existe pas car ils disent que s’il y a sous emploi c’est que le secteur privé est inefficace, donc il faut lui substituer une action publique. Les auteurs monétaristes rajoutent que la fonction de consommation n’existant pas, il n’y a pas de multiplicateur, donc l’argument de la composante autonome de la demande globale n’a pas de fondement.

56

1.c.2.3.2. L’analyse graphique

(1) é é â à (1) (2)

(2)

(3) =

= (1 − )

(4) é é

=

On part d’un niveau de revenu. Si il y a Y, il y a épargne. S’il y a équilibre sur le marché des biens et services alors I=S. Donc il existe un niveau d’intérêt compatible

avec niveau de revenu Y. = =

Y. → → = → → → = → Ce graphique est appelé graphique Hicks-Hansen. On

Ce graphique est appelé graphique Hicks-Hansen. On part d’un niveau (n°1 dans le graphique) d’activité donné, qui est le niveau de revenu distribué aux ménages. Le premier des cadrans permet de déterminer le niveau de l’épargne. S’il y a équilibre sur le marché des B&S alors on peut trouver le niveau de l’investissement. On peut ensuite déterminer le taux d’intérêt compatible avec le niveau de revenu. On obtient un premier point mais cela ne suffit pas pour tracer la droite. On part maintenant d’un niveau d’intérêt plus élevé (n° 2 dans le graphique) car l’investissement est trop élevé. Cela fait baisser le niveau de l’investissement. Le niveau d’épargne sera donc plus faible, car associé à un niveau de revenu plus faible. Donc l’activité est moindre. On obtient un deuxième point.

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On relie les deux points et on obtient la droite IS, qui est l’ensemble des points d’équilibre sur le marché des B&S. Un équilibre sur le marché des B&S se définit par la donnée du couple taux d’intérêt et niveau d’activité.

Comment va-t-on faire pour atteindre l’équilibre de plein emploi si on n’y est pas ? La situation de départ est la suivante : le couple Y/i n’est pas celui du plein emploi. Comment y parvenir ?

Action sur les taux d’intérêt ⇒ é Elle est efficace car la fonction d’investissement est normalement élastique.